se réduisit comme peau de chagrin. Que
l’on pense notamment au fameux harcèlement démocratique institué à partir de
1990 par Jean-Christophe Cambadélis et à
la promotion de mouvements subversifs et
liberticides comme Ras l’Front.
S’il est vrai que l’homme de la Francisque garantit l’amnistie aux membres
de l’OAS en 1982, qu’il secourut discrètement certains vieux amis de la Cagoule
et qu’il fit fleurir la tombe du maréchal
Pétain six ans durant, de 1987 à 1992,
sous la pression grandissante de Klarsfeld, il finit par y renoncer, instituant
même chaque 16 juillet une journée en
souvenir des persécutions antisémites
sous Vichy. D’autre part, si le 8 mai 1995
à Berlin, lors du cinquantième anniversaire de l’armistice, il rendit un hommage
remarqué aux soldats allemands
« patriotes et courageux », et ce quelle
que soit « l’idée qui habitait leur uniforme » (!), il joua néanmoins un rôle
Dix ans après sa mort,
le vrai bilan
de Mitterrand
(Dessin de CHARD.)
4 N° 2746 — 13 JANVIER 2006 — RIVAROL
empêcher ces désordres, le président de
l’UMP, lui, prend l’exact contre-pied de
ces mesures salvatrices, leur préférant
« celles de SOS-Racisme ». En effet, « audelà de ses déclarations tonitruantes
(“nettoyer les cités au Kärcher”),
le bilan de Nicolas Sarkozy est
celui d’une mise en œuvre systématique des revendications les plus
emblématiques de l’extrêmegauche immigrationniste avec
l’institutionnalisation de “l’islam
de France”, le financement par
l’État de la construction des mosquées et de la formation des
imams, etc. »
Or, observe J.-M. Le Pen,
« depuis le début de l’immigration de
masse en France, au début des
années 1980, aucun budget de l’Etat n’a
été en équilibre… Le déficit des comptes
sociaux (assurance-retraite, assurancemaladie et assurance-chômage) ne cesse
quant à lui de se creuser d’année en
année : après le trou de 9,8 milliards en
2003, celui de 15,9 milliards d’euros en
2004, il a atteint 11,4 milliards d’euros en
2005, soit 75 milliards de francs… Les
simples intérêts de la dette représentent
45 milliards d’euros chaque année, soit
20 % du budget, 85 % de l’impôt sur le
revenu… Contrairement à ce qu’affirme
le gouvernement, la dette de la France
dépasse les 2 500 milliards d’euros selon
les normes comptables internationales,
puisque, aux 1 100 milliards de la dette
officielle, il faut rajouter les 900 milliards
d’euros d’engagement pour les retraites
des fonctionnaires, les 360 milliards de
dette des entreprises du secteur public (à
capital majoritairement détenu par
l’Etat), et 150 milliards réfugiés dans des
comptes divers (dette sociale, infrastructures, structures de “défaisance” intégrant par exemple l’ardoise du Crédit
lyonnais…) La dette n’atteint donc pas
66 % mais 145 % du PIB ! La France
s’endette de 1 500 euros par seconde ! »
Une situation intolérable que l’arrivée de
l’« immigration choisie » aggravera
encore alors que l’addition des trois
semaines pendant lesquelles « 30.000
émeutiers ont lancé un défi à la France
dans toutes les banlieues du pays, brûlant
10.000 voitures, incendiant bâtiments
publics et privés », dépasse les 250 millions d’euros selon les R.G.
Citant Pascal Perrineau du
Cevipof, pour lequel « il ne reste que
trois forces politiques en France : la
gauche, la droite et le Front National »,
le président du mouvement se dit confiant
pour la présidentielle malgré le boycottage systématique des media audiovisuels
et les pressions sur les maires afin que
ceux-ci lui refusent leur parrainage (dont
Le Pen a à nouveau demandé la confidentialité). D’où son « souhait qu’au bout de
50 ans d’expérience personnelle et pour
le Front National au bout de 30 ans d’enracinement dans la vie politique française, avec 15 % des voix, nous soyons
traités de façon démocratique dans un
pays qui est la risée du monde à cause
des rodomontades moralistes de ses dirigeants » et que sautent enfin « tous les
murs, barrages, redoutes et pièges dressés pour empêcher le peuple français de
s’informer et d’exprimer son opinion qui
pourtant est la vraie loi de la
République ». Parmi ces pièges, bien sûr,
la liberticide loi Gayssot, dont le président du Front national, s’appuyant sur la
pétition “Liberté pour l’histoire”, a derechef condamné la nature stalinienne et les
dispositions d’une “extravagante” sévérité.
Jacques LANGLOIS. _____
NB. Aux questions des journalistes sur l’éventuelle exclusion de Marie-France Stirbois et de
Philippe de Beauregard, le président du FN a
répondu que « le problème n’était pas d’actualité » et qu’au surplus, « Mme Stirbois étant
actuellement en mauvaise santé, il convenait de
ne pas ajouter à ses ennuis ».
LE NIET DU CRIF
A MARINE
Si Marine Le Pen, qui s’est récemment
inscrite au groupe Europe-Israël du parlement de Strasbourg, comptait être
accueillie prochainement dans l’Etat
hébreu, ce projet semble compromis pour
le moment. Par la voix de Marc Knobel,
le CRIF a solennellement fait savoir le
16 décembre à Tel-Aviv qu’« il serait incompréhensible que Marine Le Pen puisse se rendre
en Israël ».
QUI avait dit que Jean-Marie Le Pen
ménageait Nicolas Sarkozy ? Le
3 janvier, à l’occasion de ses vœux à
la presse qu’il transforma en remarquable
« discours sur l’état » économique et
sociétal de la France, il se livra
à une dénonciation en règle du
ministre de l’Intérieur. Lequel,
étrange coïncidence, confirmait
le même jour cette analyse en
réenfourchant son dada de « la
lutte contre l’immigration
subie » par « la promotion de
l’immigration choisie »… Ce
qui signifie que la seconde
s’ajoutera à la première, contre
laquelle Sarkozy reste impuissant. Comme il l’est d’ailleurs face à la
criminalité : alors qu’il avait juré au plus
fort des émeutes que tous les incendiaires
étrangers condamnés (124 en tout)
seraient expulsés, pourrait-il nous préciser combien ont effectivement été reconduits à la frontière ? Entre 0 et 5, à en
croire les policiers. On est très loin du
compte.
Le président du Front national a donc eu
beau jeu de souligner que, si « la lepénisation des esprits » ne cesse en effet de
progresser depuis les affrontements de
novembre, et pour cause puisque « le FN
avait prédit il y a trente ans tout ce qui
s’est produit » et élaboré justement un
programme de gouvernement propre à
SOUMISES… AU
POLITIQUEMENT
CORRECT
Un ouvrier marocain de 24 ans qui avait
tenté d’étrangler à trois reprises sa compagne, une étudiante de 19 ans également
marocaine désireuse de le quitter, sera
jugé le 17 janvier prochain non par les
assises de la Loire mais, en dépit de la gravité de ses actes, par les juges correctionnels de Saint-Etienne. Une disposition que
l’association Ni putes ni soumises pourtant dédiée à la défense et illustration des
« filles des cités » n’a pas contestée, de
même qu’elle n’a pas critiqué la remise en
liberté du furieux, interpellé à son retour
du Maghreb.
En revanche, Fadela Amara, présidente
des NPNS, est intervenue en personne
auprès du chef de l’Etat le 23 décembre
pour lui demander « grâce pour les mineurs
incarcérés suite aux violences urbaines » de
novembre. « Après la sanction, le temps de
l’analyse, de la compréhension et de la main tendue est venu », écrit Mme Amara en réclamant « un geste de réconciliation » de l’Etat
avec cette belle jeunesse « réduite à la loi du
silence, écrasée sous le poids des discriminations,
épuisée de lutter pour être reconnue, prête à
détruire le peu qu’elle a pour se faire entendre ».
Si la présidente de Ni putes ni soumises
est entendue de l’Elyséen (qui l’a déjà
reçue à cinq reprises et a
tenu à saluer son « combat
exemplaire »), espérons
que les mineurs à peine
libérés n’en profiteront pas
pour battre à mort, brûler
vive ou soumettre à une
“tournante” la première
adolescente venue, histoire
de prendre leur repos du guerrier après
leurs affrontements avec les policiers.
LES DRAMES
DU “HADJ”
En cette Aït el-Kebir 2006, 25 000 “Français” pour la plupart d’origine maghrébine
et turque effectuent le grand pèlerinage
(Hadj) de La Mecque — où l’effondrement
d’un hôtel trop hâtivement construit vient
d’ailleurs de causer la mort de 53 personnes
dont 13 “Auvergnats” et “Lyonnais” — et,
grande première, le tiers d’entre eux ont
moins de trente ans, ce qui donne la mesure
du retour à l’islam de tradition chez les
« enfants de la République ». Retour favorisé « avant tout par les programmes de télévision venus du Moyen-Orient », affirme Mohammed
Bechari, président de la Fédération des
musulmans de France, qui s’émerveille de
cet effet positif de « la mondialisation ». Mais combien seront pleinement satisfaits de leur voyage ? Créée en 2005 par
un informaticien de retour de La Mecque
où, avec sa mère âgée, il avait vécu un
cauchemar alors qu’il avait déboursé la
bagatelle de 2 700 euros par personne
pour le transport et le logement, l’association SOS-Pèlerin a déjà recensé plus de
7 500 victimes d’arnaques et d’escroqueries ! Et, selon Le Figaro, le Conseil français du culte musulman (créé par Sarkozy
et présidé par Dalil Boubakeur, recteur de
la grande mosquée de Paris), « qui devait
s’en charger, n’a toujours rien proposé pour moraliser ces pratiques ». D’autant plus condamnables qu’elles sont le fait de musulmans
contre d’autres musulmans alors que le
Coran interdit théoriquement de s’engraisser sur le dos d’un “frère”.
J.-M. Le Pen : “Depuis le début de l’immigration de
masse, aucun budget de l’Etat n’a été en équilibre”
QUESTIONS
SUR “MAM”
C’est sur la frégate Courbet patrouillant
en mer d’Oman dans le cadre de l’opération Enduring Freedom (Liberté
immuable) de lutte contre le terrorisme
que le ministre français de la Défense
Michèle Alliot-Marie a réveillonné cette
année, en hommage aux marins « loin du
territoire et de leur famille ». Louable préoccupation. Toutefois,
dans les milieux concernés, certains se
demandent si MAM n’a pas cette année
privilégié la marine
plutôt que l’armée de
terre afin d’échapper à
toute question sur sa
gestion — très contestée — de l’affaire
Mahé, du nom du bandit ivoirien liquidé par
des soldats de l’opération Licorne qui lui
imputaient nombre de
meurtres et de viols. Et les mêmes
milieux de se demander aussi si, en donnant le maximum de publicité à cette
affaire qui a abouti à la mise en examen
du général Poncet, commandant en chef
de Licorne, et du colonel Burgaud, Paris
n’avait surtout pas voulu donner une
leçon aux Américains, la MaisonBlanche et le Pentagone ayant au
contraire observé la plus grande retenue
sur les débordements des GIs à la prison
d’Abou-Ghraïb ou dans leurs opérations
de sécurisation de Bagdad à Falloudja.
POUR SÉGOLÈNE,
SANTIAGO ÉTAPE
VERS L’ELYSÉE ?
C’est Ségolène Royal, et non Jack
Lang, réduit au rôle d’escorte, que le
Parti socialiste a choisie pour conduire
la délégation qui s’est rendue du 8 au
11 janvier au Chili afin d’y soutenir la
candidature de la socialiste Michelle
Bachelet à l’élection présidentielle.
Mme Royal (qui a ainsi zappé les cérémonies de Jarnac à la mémoire de Mitterrand) « aura l’occasion de partager le combat
de Michelle Bachelet, et de tous ceux qui avec
elle se battent pour un Chili plus juste », précisait la rue de Solferino en signalant que
Lang, lui, se bornerait à participer « au nom du Parti socialiste au meeting final du
12 janvier » — alors que, selon Le Parisien, c’est à l’ancien ministre de la Culture en
personne que l’invitation du Parti socialiste chilien avait été adressée.
Est-ce François Hollande qui a décidé
d’imposer au contraire sa compagne, à
laquelle beaucoup de camarades reprochent sa méconnaissance des questions
internationales ? Et faudrait-il en induire
que le premier secrétaire du PS est bien
décidé à promouvoir la candidature de
Ségolène à l’Elysée ?
CALAIS : LA MÉMOIRE
COURTE DE LA CGT
« Visas, visas, visas », clamaient les Algériens lors de la visite de Chirac dans la
Ville blanche. « Passport, passport,
passport », clamaient les Afghans, Irakiens et autres Pakistanais qui ont manifesté le 4 janvier à Calais en exigeant :
« Ouvrez les frontières ou donnez-nous des
papiers » dans des mégaphones obligeamment prêtés par des militantes CGT, qui
ont également distribué des gâteaux aux
migrants.
Ces bonnes âmes auraient-elles donc
oublié le drame du 13 octobre, quand un
couple de Calaisiens de souche fut attaqué par deux migrants originaires
d’Afrique de l’Est, l’homme étant mis
hors de combat et la femme « brutalisée et
violée dans des conditions sordides » selon le
parquet ? Une agression d’autant plus
ignoble que les victimes étaient des handicapés. Il est vrai que le procureur, le
maire (communiste) et le sous-préfet de
Calais avaient dans un communiqué
commun « appelé la population à éviter les
amalgames », le représentant de Sarkozy
osant même préciser : « L’émoi est compréhensible mais j’espère que tout le monde sera
assez responsable pour ne diaboliser personne et
surtout pas un groupe ethnique » (RIV.
n° 2735).
IDÉES D’AVANCE
Le 2 janvier, Luc Chatel, porte-parole de
Sarkozy, énumérait les « idées d’avance pour
notre pays » que son patron (qui devait
détailler hier son agenda pour la nouvelle
année) « entend continuer d’avoir en 2006 »
après avoir, en 2005, « permis de regarder la
réalité en face » et réhabilité « les valeurs de
travail ou de fermeté » (prière de ne pas rire)
grâce à son « excellente collaboration » avec
Dominique de Villepin.
Que le ludion de Neuilly prenne garde
à ne pas confondres idées d’avance et
idées avancées, lesquelles sont souvent
blettes avant que d’être exprimées.
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N° 2746 — 13 JANVIER 2006 — RIVAROL 5
ON a connu le temps où l’école
“sélectionnait” sans qu’on s’en
offusquât, ce qui permettait à chacun de trouver une place dans la société,
pas seulement du point de vue économique. Or, l’utopie éducative, qui prédomine de façon outrancière depuis cinquante ans, est la Vérité sur laquelle se
fondent toutes les décisions prises par le
ministre en charge de l’Education, mais
aussi par tous ceux qui, psychologues,
coordinateurs, responsables syndicaux,
sont présentés comme de sages références.
RÉUSSITE OBLIGATOIRE
Désormais, l’échec scolaire n’existe
plus, tout le monde doit réussir. C’est
grotesque, mais c’est ainsi. Dans le cadre
d’une discrimination positive officialisée,
et acceptée par une opinion publique bien
travaillée au corps, 200 collèges EP1
(éducation prioritaire) seront dotés de
gros moyens. Le ministère communiquera d’ici deux mois la liste des heureux
élus. Pour cela, quatre critères d’incompétence sont reconnus : le taux de redoublement, la faiblesse du niveau à l’arrivée en sixième, la situation sociale des
familles et le pourcentage de non-francophones. Ce qui revient à considérer le fait
d’être immigré comme un facteur négatif, voire une tare. Les 600 autres établissements seront classés en EP2 et EP3,
collèges déclarés favorisés pour lesquels
les moyens à terme seront supprimés,
alors qu’ils sont loin d’être à l’abri des
problèmes. On installe donc une ségrégation dont on est fier, et les syndicats
crient déjà à l’injustice, car près de 200
établissements perdront le label ZEP
(zone d’éducation prioritaire). En fait, on
a l’impression que Monsieur le ministre
mène une simple opération de transfert de
fonds dans des véhicules publicitaires.
A quoi serviront donc ces moyens ? A
embaucher des professeurs (?) « qui ne
seront pas dans des classes », mais qui
« accompagneront les élèves et les jeunes
enseignants ». On peut évidemment se
demander où ? Probablement aux toilettes pour ce qui concerne les premiers,
et à l’infirmerie pour les autres. On
accueillera mieux les parents, on les
aidera à déchiffrer les bulletins scolaires
(pourquoi ne pas les rédiger en anglais,
langue universelle ?), on multipliera les
réunions avec les professeurs (qui apprécieront, à n’en pas douter). Et puis, le
“redoublement” sera interdit. Là aussi, on
peut dire que les enseignants ont été progressivement imprégnés de son inutilité.
LE LYCÉEN,
APPRENTI BOUCHER
Toutes les décisions prises l’ont été au
bénéfice des Jeunes et de leurs familles.
Les professeurs, abandonnés à euxmêmes depuis longtemps, doivent
apprendre à apprendre (comme on dit
dans les milieux branchés de la psychohaine » à l’égard de son agresseur. Celuici a fui avant de se rendre à la police. Il
n’a d’abord exprimé aucun remords
(Le Parisien du 19 décembre), mais
grâce aux bons conseils, il déclare maintenant regretter son geste. Le Monde du
20 décembre s’empresse de préciser que
Kevani Wansale n’a pas de casier judiciaire, qu’il était dans un « état dépressif
sévère » et « souffrait d’un parcours
familial
chaotique ». Il
avait été exclu
trois jours et
l’avait caché à sa
mère, prévenue
par le professeur
agressé, son professeur principal.
Le mobile du
crime ? Il est
fourni par le journaliste du Parisien : « L’enseignante a détruit le
monde de mensonges qu’il
s’était construit et
il fallait qu’elle
paie. » Belle
envolée, haute en
psychologie. Personne n’a évoqué
les raisons de
l’exclusion, ni
celles qui ont
conduit les juges à
le placer récemment dans un
foyer, ni l’éventualité d’un crime
raciste. Comme le
drame s’est produit la veille des
vacances, il est tombé presque immédiatement dans l’oubli, sauf quand il s’est
agi de prendre en considération le malheur qui s’abat sur ce jeune, mis en examen et écroué. Jusqu’à quand d’ailleurs ?
LA VIOLENCE ENTRETENUE
Des milliers de professeurs sont gravement insultés, molestés, frappés par leurs
élèves, sans que cela n’émeuve outre
mesure ceux qui administrent les établissements scolaires. Une fois dans la
classe, ils sont à la merci de cas de plus
en plus incontrôlables. Tout comme ses
prédécesseurs, le ministre a donc proposé
quatre idées pour juguler la violence :
renforcer le rôle des parents, en créant
des salles de rencontre parents-professeurs dans les établissements difficiles
(pourquoi pas des salles d’attente aussi,
car il va y avoir du monde et de l’ambiance !), installer des portiques de détecteurs de métaux, créer une permanence
police-justice dans les établissements, ce
qui a provoqué une levée de boucliers de
la part des professeurs et des syndicats.
Mais la meilleure idée consisterait,
paraît-il, à former les enseignants à l’autorité. Or, contrairement à ce qu’affirme
Monsieur le ministre, l’autorité est innée,
elle ne s’acquiert pas. On a toujours vu
des professeurs bardés de diplômes, et
chahutés. On ne donnera pas des cours
d’autorité mais, comme cela existe déjà
pour le bonheur de quelques fêlés, des
conférences de motivation, qui reviennent toutes à prouver que l’adulte est la
plupart du temps dans son tort. A chaque
fois qu’on demande à un spécialiste ce
qu’il faut faire, on obtient toujours les
mêmes réponses : dialoguer et comprendre, éviter de sanctionner, donner
encore une chance. En conséquence inéluctable, les actes de violence augmentent d’année en année. Mais l’aveuglement a la vie dure.
Jean-Paul MATHISS.
Outre le fait que ceux qui ont déclaré les
armes qu’ils possèdent ont eu tort et que
les personnes qui possèdent une ou plusieurs armes ont intérêt à ne pas le signaler aux autorités, cet ensemble de petites
histoires vraies convergent vers un point :
incapable de défendre les particuliers,
comme l’ont démontré les émeutes de
novembre, l’Etat veut enlever aux Français les moyens de se défendre euxmêmes la prochaine fois…
Luc DELONCLE.
MOBILISATION
Saluant la naissance du Conseil représentatif des associations noires (CRAN),
le sociologue Michel Wiervioka y voit
dans Libération du 19 décembre un événement qui « tombe à pic » et dont il faut
se réjouir car, à l’en croire, le CRAN
« marginalise Dieudonné » et ses « dérives
antisémites ». Ce que rien ne permet d’affirmer.
Mais, pour le sociologue, il y aura un
autre aspect positif pour la « mémoire en
histoire ». Il précise :
« Après tout, si, aujourd’hui, notre connaissance
du régime de Vichy a pénétré jusqu’aux manuels scolaires, c’est bien parce qu’il
y a eu une mobilisation
dans laquelle des membres
d’un groupe particulier, en
l’occurrence juif, ont exercé
une pression considérable.
On est en droit d’attendre
le même type de progrès (sic) du nouveau mouvement “noir” (pourquoi ces
guillemets ?) »
Sans commentaire, sauf qu’une fois de
plus se confirme ce qui a été si souvent
écrit dans RIVAROL : dans notre
Douce France — comme ailleurs —, les
lobbies ne se neutralisent pas l’un
l’autre, ils s’additionnent…
pédagogie) à se dépatouiller, à leurs
risques et périls. Ainsi, le 16 décembre,
le jeune Français, originaire de la République démocratique du Congo, poignardait en plein cours d’arts plastiques (!)
son professeur de 24 ans, mère de deux
enfants. La victime est aujourd’hui hors
de danger (après avoir échappé de peu à
la mort) et confie, pour le plus grand plaisir des media, qu’elle n’a « pas de
APRÈS les émeutes qui ont secoué
notre pays pendant plus de trois
semaines, le gouvernement a, une
fois n’est pas coutume, décidé d’agir. Il a
entamé une vaste opération visant à
désarmer… les honnêtes gens !
Les fusils d’assaut, les pistolets
mitrailleurs, et même les lance-grenades
que la police découvre parfois dans des
caves des cités ? Broutilles que cela. Ce
qui inquiète le Pouvoir, ce sont les carabines 22 long rifle ou les fusils de chasse
que les Français détiennent depuis parfois dix ou vingt ans. En voici trois illustrations, survenues à la fin de 2005 dans
les Bouches-du-Rhône.
Un quadragénaire, licencié de longue
date à la Fédération française de tir,
reçoit un jour un courrier lui enjoignant
de rapporter au commissariat, dans les
plus brefs délais, le fusil de chasse qu’il
avait acquis, voici quelques années, le
plus régulièrement du monde puisqu’il
l’avait acheté dans une armurerie en laissant une photocopie de sa carte d’identité. Il a eu beau protester, expliquer que
lorsqu’il l’a achetée, cette arme était en
vente libre, et qu’elle lui avait tout de
même coûté, voici une dizaine d’années,
4 000 francs, rien n’y a fait. Son interlocuteur lui a répliqué que, content ou pas,
c’était le même tarif et que s’il ne rapportait pas son fusil, l’administration se
chargerait de supprimer l’autorisation de
détention qu’il possède pour une autre
arme. Et donc qu’il devrait se séparer
aussi de cette seconde arme. Il a obéi…
Le deuxième exemple concerne un septuagénaire, ancien sous-officier en Algérie. Il
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