• Il est avasculaire et se nourrit essentiellement par
imbibition par l'intermédiaire du liquide synovial à
travers les canaux cartilagi11cux de 60 Â de diamètre.
Cette imbibition est favorisée par les mouvements
articulaires qui déterminent un phénomène de
« pompage ».
• Une fois détruit, le cartilage ne se régénère pas; l'os
sous-jacent prolifère de façon exubérante.
L'arthrose est liée à des altérations primitives des
cartilages articulaires: altérations de sénescence
ou mécaniques.
2 1 La synovie
C'est un liquide transparent, visqueux, incoagulable,
rappelant le blanc d' œuf.
• Elle est constituée grossièrement comme un dialysat
du plasma privé des plus grosses molécules protidiques, mais riche en mucine. Elle contient quelques
cellules mononucléées.
• Sa viscosité est fonction des pressions qu'elle subit,
et diminue avec la vitesse du mouvement. L'augmentation de pression entraîne sa gélification,
conformément à la loi physique " de déplacement
de l'équilibre ».
C 1 STRUCTURES D'ADAPTATION
DES SURFACES ARTICULAIRES
Ce sont des fibro-cartilagesqui assurent la congruence
des surfaces articulaires en présence.
Selon leur forme, on distingue le labrum, le ménisque
et le disque articulaires.
1 1 Le labrum ou bourrelet articulaire
C'est un anneau marginal, triangulaire à la coupe. Il
présente une face libre et deux faces adhérentes, l'une,
à la capsule articulaire, l'autre, à une surface articulaire
(fig. 3.14).
2 1 Le ménisque articulaire
C'est un anneau marginal avec deux faces libres et une
face adhérente à la capsule articulaire. Leurs extrémités
sont parfois maintenues par un ligament méniscal
(fig. 3.15 ).
3 1 Le disque articulaire
C'est une cloison intra-articulaireadhérant à la capsule
par son bord périphérique. li subdivise la cavité articulaire (fig. 3.16 et 3.17).
A
FIG. 3.1•. Labrum
2
4
5
6 _______ .____ 4
SYSTÈME ARTICULAIRE
A. coupe longitudinale d'une articulation
8. vue supérieure de la moitié du labrum
1. membrane fibreuse de la capsule 4. cartilage articulaire
2. membrane synoviale de la capsulE' 5. cavité articulaire
3. os
2
3
4
5
6
4
FIG, 3.!S. Ménisque articula.ire (coupe longitudinale
d'une articulation)
1. membrane fibreuse
de la capsule
2. metaphyse
3· membrane synoviale
de la capsule
4. cartilage articulaire
5. ménisque
6. cavité articulaire
6. labrum
FIG. 3.16. Disque articulaire (vue supérieure d'une moitié
de disque)
1. membrane fibreuse de la capsule
2. disque articulaire
3. cavité synoviale
4. cartilage articulaire
6
4
3
2
3
4
37
ANATOMIE GÉNÉRALE
2
3
4
5
6 .......---;;;;;=-..,.-.......--;.+- 5
7
FIG. 3.17. Disque articulaire (coupe longitudinale
d'une articulation)
1. membrane fibreuse
de la capsule
2. métaphyse
3. membrane synoviale
de la capsule
4 I Structure
4. 1" cavité articulaire
5. cartilage articulaire
6. disque articulaire
7. 2• cavité articulaire
Ces fibro-cartilages sont constitués de trois parties:
• une partie centrale, essentiellement cartilagineuse,
forme ses trois quarts; elle se nourrit par imbibition;
• une partie périphérique, surtout fibreuse;
• et une partie adhérente, vascularisée par contiguïté;
c'est la zone régénératrice (fig. 3.18).
Détachés de leurs allaches, ils deviennent des corps
étrangers intra-articulaires qu'il convient d'enlever.
D 1 STRUCTURES DE MAINTIEN
Elles s'opposent à la dislocation de l'articulation.
Leurs élongations et leurs ruptures sont responsables des entorses. L'élongation est une lésion bénigne mais très douloureuse. La rupture ou la déchirure ligamentaire entraînent des troubles
fonctionnels avec douleur exquise et ecchymose.
1 I La membrane fibreuse de la capsule articulaire.
Elle constitue un des moyens d'union les plus importants.
38
1
.....,,,=----"--- 2
- --3
FIG. 3.18. Anatomie schématique du ménisque
(vue supéro-interne)
1. partie périphérique fibreuse
2. partie centrale cartilagineuse
3. ligament méniscal
4. partie adhérentielle
vascularisée
5. branche méniscale
6. membrane fibreuse
de la capsule articulaire
7. membrane synoviale
de la capsule articulaire
2 I Les ligaments 3 (fig. 3.19)
Ce sont des lames fibreuses unissant les pièces constitutives d'une articulation.
a) Les ligaments capsulaires sont des épaississements
de la membrane fibreuse de la capsule.
Exemple: les ligaments gléno-huméraux.
Entre ces ligaments existent des points faibles constituant les voies de passage des luxations.
b) Les ligaments extracapsulairessont des formations
autonomes, indépendantes de la capsule articulaire, et
situées en dehors de la cavité articulaire.
c) Les ligaments intracapsulaires situés dans la cavité
articulaire sont entourés d'un manchon synovial.
Exemple: le ligament sterno-costal intra-articulaire.
3 1 Les tendons musculaires
périarticulaires
lis jouent aussi un rôle de contention très important.
L'atrophie des structures de maintien favorise les
luxations récidivantes.
3. Dénommés parfois• ligament~ passifs • par opposition aux ten·
dons musculaires ou • ligaments actifs•.
ni;. 3.1 'l . Différents types de Ugaments :
uitkutations de l'épaule (we antérieure)
A. ligarnent5 capsulaires
B. tigarnent5 extracapsulaires
c, ligament5 intracapsulaires
E I STRUCTURES DE GLISSEMENT
El les favorisent le déplacement des surfaces articulaires,
sQit directement, soit indirectement.
1 1 Le cartilage articulaire
Grâce à sa surface exceptionnellement lisse, le cartilage articulaire réduit le coefficient de friction artic ilaire.
n effet, les aspérités constatées sont extrêmement
r •duites, de 100 à 2 000 A; ce qui est près de 100 fois
i 1férieur aux meilleures performances industrielles.
VAISSEAUX ET NERFS
A 1 VAISSEAUX (fig. 3.20)
U vascularisation des articulations est très riche.
1 1 Les artères et les veines
E lies proviennent des cercles artériels et veineux périarti culaires. Certaines artères pénètrent dans l'os un peu
e l dehors de l'insertion de la capsule. D'autres appartiennent en propre aux ligaments et à la capsule.
1 Les lymphatiques 1 . . s ~e o1gnen t les nœuds lymphatiques profonds de la
r :g1on.
SYSTÈME ARTICULAIRE Il
2 1 La synovie
Elle joue le rôle d'un lubrifiant qui gomme les aspérités
des cartilages.
L'irritation mécanique ou infectieuse de la membrane synoviale augmente sa production (hydarthrose).
3 1 Le labrurn, le ménisque et le disque
articulaires
Ils favorisent l'étalement de la synoviale au cours des
mouvements.
B 1 NERFS (fig. 3.21 )
La capsule articulaire et les ligaments sont richement
innervés. Ils reçoivent deux types de nerfs: des filets
sensitifs véhiculés par les nerfs articulaires, et des filets
vasomoteurs formant des plexus nerveux péri-artériels.
• Les nerfs innervant une articulation innervent aussi
les muscles moteurs de cette articulation et la peau
recouvrant l'insertion de ces muscles (loi de
Hilton).
• Ils participent à la régulation réflexe des mouvements et des postures.
39
ANATOMIE GÉNÉRALE
La perturbation de la fonction proprioceptive des
articulations peut entraîner des troubles graves de
la statique et des mouvements.
FIG. 3.20. Artères d'une articulation
1. aa. épiphysaires
2. anastomose
3. membrane fibreuse
de la capsule
{moitié gauche réséquée)
4. a. métaphysaire
S. membrane synoviale
de la capsule
6. réseau synovial
2
3
7 10
8
FJG. 3.21. Innervation d'une articulation (d'après Gardner)
1. périoste
2. v. épiphysaire
3. a. êpiphysaire
4. fibres sensitives nociceptives
S. fibre sympathique
6. fibre sensitive proprioceptive
7. membrane fibreuse de la capsule
8. membrane synoviale de la capsule
9. pli synovial
10. cartilage articulaire
MÉCANIQUE ARTICULAIRE
A 1 STATIQUE ARTICULAIRE
1 1 Les contraintes
Les articulations subissent des contraintes très variées.
li s'agit essentiellement de tractions, de torsions ou de
pressions.
Les microtraumatismes professionnels ou sportifs
peuvent entraîner des lésions responsables d'arthrose.
a) Les pressions
Elles sont particulièrement importantes au niveau de
la colonne vertébrale et des membres inférieurs.
40
Une mauvaise répartition des pressions entraîne l'usure
du cartilage puis une condensation osseuse. La correction chirurgicale entraîne la réparation des lésions
mécaniques.
• Ces pressions peuvent être très importantes.
Exemple: a11 11ivea11 de la lw11c11e. La résultante des
forces de pression subies par chaque hanche est oblique (fig. 3.22).
En appui unipodal, le bassin reste horizontal en raison de l'action des muscles. Ce système en équilibre
peut être assimilé à un levier de premier genre. Pour
des raisons de conformation anatomique, le fléau
latéral est égal au 1/3 du fléau médial. Donc la tête
fémorale supporte environ 4 fois le poids du corps, soit
--------------- --- SYSTÈME ARTICULAIRE Il
,
,
i
3P
3 1
• p
FIG. 3.22. Pression sur la hanche en appui
unipodal {d'après Pauwels)
P. poids du corps
M. force de contrebalance (m. moyen fessier)
R. résultante des forces de pression
250 à 300 kglcm2 (voir schéma) pour un sujet de 60
à 100 kg4• Durant la marche normale, cette charge
sur la tête fémorale augmente et peut atteindre 6 fois
le poids du corps. Durant la course et lesaut,elle varie
de 8 à 10 fois.
b) Les tractions
Elles tendent à éloigner les surfaces articulaires en présence. Pour s'opposer à cette dislocation, interviennent
la capsule, les ligaments, les muscles périarticulaires et
la pression intra-articulaire. Celle-ci est légèrement
négative et de l'ordre de 3 à 20 mbar.
Elles sont marquées au niveau des membres supérieurs.
D'où la nécessité d'un appui des membres supérieurs
dans certains postes de travail pour réduire la fatigue.
~ Braune cl l'ischer ont montré que le poids du tronc + la tête +
b deux membre; supérieurs C>I d 'environ 37 kg chez un sujet de
60 kg.
c) Les torsions
Ce sont des contraintes fréquemment subies par la
colonne vertébrale.
Au niveau des membres, elles sont responsables
des fractures spiroïdes.
2 1 La position de repos
Elle est réalisée lorsque la capsule et les muscles périarticulaires sont relâchés au maximum. C'est aussi la
position antalgique des affections articulaires.
Les articulations pathologiques qui s'ankylosent
spontanément se fixent dans cette position qui
peut compromettre la fonction articulaire.
41
ANATOMIE GÉNÉRALE
3 1 La position de fonction
C'est la meilleure position d' une articulation en vue
d'une fonction donnée. C'est donc la position dans
laquelle une articulation sera immobilisée pour permettre quelques mouvements de suppléance efficaces.
Exemple: l'immobilisation du coude à 90°, avec l'avantbras en position intermédiaire entre pronation et supination, permet d'écrire ou de manger.
4 I La position de confort
C'est un compromis entre les positions de repos et de
fonction. Elle fait intervenir des facteurs socioculturels
(position assise, accroupie ... selon les races).
Son étude est importante en ergonomie pour l'amélioration des postes de travail.
B 1 DYNAMIQUE ARTICULAIRE
Les articulations sont les centres privilégiés du mouvement. Seules participent au mouvement les articulations synoviale et cartilagineuse.
1 I Classification fonctionnelle
Les articulations sont classées en fonction de leur degré
de liberté, c'est-à-dire leur possibilité de rotation autour
d'un axe principal anatomique (Steindler).
Ainsi une articulation uniaxiale possède un degré de
liberté.
Une articulation biaxiale, deux degrés de liberté.
Une articulation triaxiale, trois degrés de liberté.
3
FIG. 3.23. Centres du mouvement articulaire
1. centre de rotation simplifié
2. centres instantanés de rotation
3. détermination des centres instantanés
42
2
2 1 Le centre du mouvement articulaire
(fig. 3.23)
Les surfaces articulaires ~ont presque toujours irrégulières. Aussi un mouvement présente-t-il une succession de centres de rotation qui correspondent chacun
à un instant du mouvement. Ces centres primaires du
mouvement constituent «les centres instantanés de
rotation » (Dempster).
En pratique, on admet qu'il n'existe qu'un seul centre
de rotation par lequel passent les axes du mouvement.
3 1 Les mouvements articulaires
En clinique, on distingue les mouvements actifs et passifs.
• Le mouvement actif est effectué spontanément par
un sujet, sans aucune aide.
• Le mouvement passif est effectué avec une aide. Son
amplitude est souvent plus marquée que celle du
mouvement actif (fig. 3.24).
Son appréciation doit être exclue si l'on soupçonne
l'existence d'une lésion traumatique récente et
grave.
a) Les mouvements simples (jig. 3.25 et 3.26)
Ce sont des mouvements qui s'effectuent autour d'un
axe de rotation.
La mesure de la valeur des angles des mouvements
articulaires simples constitue le bilan articulaire.
Cette évaluation objective s'effectue grâce à un
goniomètre.
FIG. 3.24. Mouvement passif. Flexion de l'articulation
de la hanche
SYSTÈME ARTICULAIRE n
--~
j//l
A
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