ANATOMIE GÉNÉRALE
2 I Le tendon et l'aponévrose
lis sont constitués de volumineuses fibres collagènes
de même direction. li n'y a pas de continuité entre les
fibres collagènes et les myofibrilles car elles sont séparées par le sarcolemme. Entre les fibres se localisent les
te11dit1ocytcs.
Les fibres se groupent en faisceaux qui sont séparés par
des plans longitudinaux de tissu conjonctiflâche contenant les vaisseaux. Ce tissu conjonctif est dénommé:
• e11dotendo11, autour des faisceaux primaires;
• péri tendon autour des faisceaux secondaires;
• épi tendon, autour du tendon.
Cette structure fasciculée explique la tendance des
fi ls de sutures au lâchage. D'où la nécessité de certains artifices lcchniqucs, telle la suture en lacet
(fig. 4.6).
Au niveau de l'os, les fibres se fixent sur le périoste et
pénètrent le tissu osseux (fibres perforantes), ce qui
explique les arrachements osseux dans certaines lésions
(fig. 4.7).
Chez le vieillard, le tendon peut s'ossifier sur une certaine longueur. Le tendon présente parfois des expansions fibreuses constituant des attaches secondaires.
(
(
X
(
(
/
/
FIG. 4.6. Suture en lacet d'un tendon
52
FIG. 4. 7. rnsertion tendineuse
1. fibres perforantes 2. périoste 3. os compact
3 1 La texture du muscle (fig. 4.8)
a) Les faisceaux musctllaires
• Dans le muscle plat, ils ont la même direction parallèle que les faisceaux des tendons.
• Dans le m11sc/e fusiforme, ils convergent vers l'extrémité des tendons.
• Dans le muscle 1111ipcm1é, ils se fixent sur le côté latéral d'un tendon.
• Dans le muscle bipenné, ils se fixent sur les deux
côtés d'un tendon.
• Dans le muscle m11ltipe1111é, ils se fixent sur les côtés
des subdivisions d'un tendon.
b) L'intersection tendineuse
C'est une lame tendineuse située transversalement
da11s le ventre musculaire (fig. 4.9).
FI ANNEXES DU MUSCLE (Jig.4.IOet4.ll)
1 1 Le fascia musculaire
C'est une forma i ion conjonctive dense qui entoure un
muscle. Il est au contact de l'épirnysium et contient des
fibres élastiques et des faisceaux de fibres collagènes.
Cette lame contentive, qui se prolonge avec le périoste
ou le périchondre au niveau des insertions musculaires,
renforce ces insertions et par conséquent l'efficacité de
la contraction musculaire.
Les muscles sont recouverts en surface de la peau doublée du fascia superficiel ou toile sous-cutanée (voir
Chapitre 7) et du fascia profond qui est au contact des
fascias musculaires. Le fascia profond porte le nom de
la région, exemple : fascia brachial.
La déchirure du fascia d'un muscle favorise la hernie musculaire à travers la brèche fasciale.
- 1
2 2
A u
flG. 4.8. Texture du muscle
A. m. plat D. m. bipenné
B. m. fusiforme E. m. multipennê
C. m. unipennê
FIG .. 9. Intersections tendineuses ( 1) du muscle droit
de l'abdomen
c
2
2
3
4
2
f)
2
1. ventre
2 tendon
SYSTÈME MUSCULA ~
2
~
s
6
7
8
6
FIG. 4 10 Fascias (coupe transversale de la jambe droite)
1. fascia profond
2. sepwm intermusculaire
3. fascia superficiel
4. fibula
5. peau
6. loges musculaires
7. tibia
8. membrane interosseuse
53
ANATOMIE GÉNÉRALE
flG. 4.11 Boutses synoviales
(coupe sagittale de l'articulation
huméro-ulnaire)
1. m. brachial
2. m. biceps brachial
3. bourse bicipito-radiale
4. m. triceps brachial
5. bourse subtendineusc
du m. triceps brachial
6. bourse intratendineuse
de t'olécrane
7. bourse sous-cutanée
olécranienne
2 1 Le septum intermusculaire
li correspond à une cloison conjonctive séparant des
groupes musculaires.
3 1 Les membranes interosseuses
Ce sont les septums tendus entre des os.
4 I La bourse synoviale
C'est un sac conjonctif rempli d'une lame de synovie.
li favorise le glissement d'un muscle contre un os, un
autre muscle ou une articulation.
Elle s'enile sous l'effet de l'inflammation ou de
l'infection (bursite).
5 I Les gaines des tendons (fig. 4.12)
a) La gnine fibreuse du tendon est une lame fibreuse,
arciforrne, entourant un tendon.
54
Elle constitue avec l'os un canal ostéo-fibreux dans
lequel glisse le tendon entouré de sa gaine synoviale.
b) La gaine synoviale du tendon est une membrane
séreuse entourant certains tendons. Elle est constituée:
de deux lames séreuses, délimitant une cavité virtuelle
remplie de liquide synoviaJ et de culs-de-sac au niveau
de la réflexion des deux lames.
• La lame sére11se i11teme est unie à l'épi tendon par un
tissu conjonctif lâche.
• La lame séreuse externe est recouverte par la gaine
fibreuse du tendon.
• Un mésote11don unit, à certains niveaux, ces deux
lames séreuses.
Leur infection (phlegmon des gaines) suivie d'adhérences peut limiter la course du tendon et partant, la fonction du muscle.
flG. 4. 2. Gaine synoviale
ouverte d'un tendon
1. tendon
2. cul-de·sac proximal
3. mésotendon
4. lame séreuse ext.
!>. lame s~reuse int.
6. cul·de-sac distal
6 I La trochlée musculaire (fig. 4.13)
Elle forme un anneau fibreux ou fibro-cartilagineu.x
servant de poulie de réflexion à un tendon.
7 I Le vinculum et le mésotendon (fig. 4.14)
Ce sont des formations conjonctives indépendantes ou
en continuité l'une avec l'autre, et confondues dans ce
cas.
a) Le vit1culum est une formation unissant le tendon
à l'os sous-jacent. On distingue des vincuhuns longs et
courts.
b) Lemésote11do11 unit le tendon à la gaine synoviale. Il
contient des vaisseaux et des nerfs destinés au tendon.
Sa préservation au cours de la chirurgie du tendon
est donc souhaitable, voire indispensable.
8 I Le rétinaculum des tendons
Il correspond à une large lame fibreuse de maintien des
tendons. Ceux-ci, entourés de leurs gaines synoviales,
flG. ".13. Trochlée musculaire (3)
1. tendon musculaire
2. gaine synoviale
4. os
FIG. 4 l •· Vincutums :
tendons des muscles
llechisseurs superficiel
et profond des doigts
1. fléchisseur profond
d~ doigts
2 · fléchisseur superficiel
des doigts
3. phalange proximale
4. vincutum long
S. vincutum court
6. phalange intermédiaire
1 · phalange distale
SYSTÈME MUSCULA~
glissent sous le rétinaculum, tendu entre deux os.
Exemple: le rétinaculum des fléchisseurs.
G 1 VASCULARISATION
1 I Les anères musculaires
Nombreuses, elles proviennent des troncs artériels voisins. Les muscles ayant une même fonction sont souvent vascularisés par des artères issues d'un même
tronc.
Le point de pénétration de l'artère principaJe est souvent constant. Cette pfoétration peul se faire au même
point que le nerf (muscle polarisé) ou à un point différent (muscle non polarisé).
Les artères se divisent en multiples branches capillaires
dans le périmysium; de ces branches naissent les capillaires dont la direction est parallèle aux fibres musculaires.
On note à la section 2 000 capillaires pour 1 mm!
environ. Le ventre est plus richement vascularisé que
le tendon.
Un muscle hypovascularisé se fatigue très vite avec
des troubles (crampes ... ).
2 1 Les veines musculaires
Elles sont nombreuses et munies de nombreuses valvules.
Le massage, les exercices (course) favorisent le
retour sanguin danslemuscleel indirectement son
débit artériel qui est multiplié par 50.
3 1 Les lymphatiques musculaires
Us accompagnent les artères et les veines pour rejoindre
les lymphonœuds profonds.
5
55
ANATOMIE GÉNÉRALE
H 1 INNERVATION
L'innervation est assurée par des nerfs mixtes. De nombreux muscles ont une innervation plurisegmentaire;
ces muscles reçoivent des neurofibres provenant de
plusieurs nerfs spinaux. Les muscles ayant une fonction
similaire sont innervés par Je même nerf. Le lieu de
pénétration du nerf dans le muscle est le point
moteur.
La trophicité du muscle dépend de son innervation. La
destruction du nerf rend le muscle atrophique et flacide.
Le diagnostic d'une lésion nerveuse peut donc se
faire cliniquement par le biais de la fonction musculaire.
Exemple: le réflexe achilléen permet, en provoquant la contraction du triceps suraJ, d'explorer le
nerf sciatique (fig. 4.15 ).
1 1 Le ventre musculaire (fig. 4.16 et 4.17)
a) L'innervation motrice est assurée par des fibres
myélinisées.
Chaque neurofibre se ramifie à son extrémité distale et
chaque ramification se termine au niveau d'une fibre
muscuJaire par la plaque motrice. La cellule motrice de
la corne antérieure de la moelle et le groupe de fibres
musculairesqu'ellecommande forment l'unité motrice.
Le nombre de fibres musculaires par unité motrice est
inversement proportionnel à la précision des mouvements. Ainsi chaque unité motrice du muscle quadriceps comprend 1600 fibres tandisquecelledesmuscles
de I' œil comprend 5 fibres.
b) L'innervation sensitive est assurée par des fibres
myél inisées dont les récepteurs sont les fuseaux neuromuswlaires.
-
2 3
56
4
FIG. 4.15. Réflexe calcanéen ou acltilléen
1. triceps sural
2. tendon calcanéen
Elle renseigne les centres nerveux sur le degré de tension
et d'étirement du muscle.
c) L'fonervation vaso-motrice est assurée par des
fibres amyélinisées sympathiques destinées aux vaisseaux musculaires.
2 I Le tendon
Les corpuscules tendineux sont situés à la jonction
musculo-tendineuse.
Ils sont le point de départ des réflexes tendineux provoqués (exemple: réflexe patellaire).
5
FIG. 4.16. Unité
motrice
1. coupe de la moelle
spinale
2. corne ventrale
6 3. n. spinal
4. neurone moteur
5. fibre musculaire
6. plaque motrice
FIG. 4,17. Plaque motrice
1. gaine de myéline
2. neurolemmocyte
3. axone
4. neurofibre
5. endonèvre
6. neurolemmocyte terminal
7. plis de la membrane basale
s. terminaison axonale
9. fibre stritt
10. noyau de la plaque motrice
-
I 1 ANATOMIE FONCTIONNELLE
La principale propriété du muscle strié est de pouvoir
transformer son énergie chimique 4 en énergie mécanique ou contraction musculaire. Le muscle squelettique étant constitué de myofibres isolées, l'influx nerveux stimulateur de chaque myofibre ne se propage pas
aux myofibres contigües.
La contraction d'un muscle squelettique sera donc
graduée en fonction du nombre de myofibres stimulées. Cette contraction est responsable de la statique du
corps et des mouvements.
1 I Rôles du ventre et du tendon
a) Le ventre
ll produit la force et la puissance.
Les possibilités de raccourcissement d'un muscle sont
fonction de la longueur des fibres musculaires. Ce raccourcissement représente environ la moitié de la longueur de ses fibres musculaires (loi de Weber et Fick).
Ainsi, les muscles longs produisent des mouvements
de plus grande amplitude que les muscles cou rts.
Si l'on tient compte des tendons, la plupart des muscles
ne peuven t se raccourcir de plus de 30 % (Hoyle et
Smyth).
Inversement, la durée de contraction des muscles longs
sera plus importante que celle des muscles courts; ces
derniers seront donc des muscles rapides.
b) Le tendon
Il transmet la force au bras de levier osseux.
L'hyperactivité sportive agresse le tendon et favorise les
tendinites.
4. la rig1dite cadavérique due à un durcissement des muscles est la
con>équence de réactions enzymatiques, en particulier la dispantion de l'adénosine-triphosphate. Elle debute à la face ''ers la
4• heure el disparan en 2 ou 3 1ours. En fait, le début et la durée
dcpendent de~ conditions climatiques et étiologiques.
SYSTÈME MUSCULAIRE a
2 1 Composantes de la force musculaire
Afin de préciser les principes de la biodynamique musculo-articulaire, nous prendrons comme exemple le
cas simple du muscle brachial. La direction de la force
musculaire est en général rectiligne, et tendue entre les
insertions du muscle.
Comme le muscle aborde l'os obliquement, la force
engendrée par la contraction se décompose selon deux
composantes partant du point d'insertion (fig. 4.18).
a) Une composante longiwdinale (A), ou articulaire
Elle suit le grand axe de l'os et compense la tendance à
la dislocation due à la force centrifuge. Elle a un rôle
statique et stabilisateur.
~ L
a
. .
nG. 4.18. Composantes de la force musculaire
O. centre de rotation
A. composante longitudinale
R. composante perpendiculaire
F. force musculaire
L. longueur du bras de levier
a. angle d'application de la force
musculaire
57
ANATOMIE GÉNÉRALE
b) Et une composante perpendiculaire (R)
Elle est perpendiculaire à la précédente et provoque la
rotation du bras de levier. Elle a un rôle dynamique et
accélérateur.
A
b
c
FIG. 4.19. Action des muscles en fonction de la distance
A et a. m. accélérateur
B et b. m. stabilisateur
C. explication biomécanique
FIG. 4.20. Principaux leviers chez l'homme
l. levier de ~ genre
2. levier de 2' genre
58
2:o;li
A
3. levier de 3• genre
A. point d'appui
t
R
c) Corollaire pratique (fig. 4.19)
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