Si l'insertion proximale ne change pas, et si l'insertion
distale s'éloigne du centre de rotation, on constate que
la composante R diminue par rapport à A.
Donc un muscle A dont l'insertion mobile est proche
du centre de rotation est un muscle plus dynamique.
Inversement, un muscle B dont l'insertion mobile est
loin du centre de rotation est un muscle plus statique;
ainsi les mouvements provoqués par le muscle A seront
plus rapides et ceux du muscle B, plus lents. Le muscle A est dit muscle accélérateur et le B, muscle stabilisateur.
3 I Rôle statique
li relève de la contraction musculaire isométriq11e. lei
la force musculaire équilibre une résistance. D'où la
comparaison avec les leviers (fig. 4.20) :
• le point d'appui (A), point fixe autour duquel tourne
le levier, est l'articulation;
• la résistance (R) est la force à vaincre;
• la puissance (P) qui tend à déplacer la résistance, est
l'action du muscle.
Suivant la situation respective de ces éléments, on distingue, comme en mécanique, trois types de leviers:
• le levier du premier genre, ou inter-appui, ou levier
d'équilibre;
• le levier du second genre, ou inter-résistant, ou de
force (rare chez l'homme);
• le levier du troisième genre, ou inter-puissant, ou de
vitesse.
R
P. puissance
R. résistance
4 I Rôle dynamique
li relève de la contraction musculaire isotonique qui
provoque le mouvement de rotation du muscle ou
1110111cnt de la force musculaire (M).
a) Le moment dépend de trois facteurs
• L'intensité de la force du muscle.
Elle est fonction du nombre de fibres musculaires et
proportionnelle à la surface de sa section (soit 5 à
10 kg/cm2).
• La longueur ( l) du bras de levier osseux.
C'est la distance séparant l'axede rotation de l'insertion du tendon.
• L'angle d'application de la force du muscle.
C'est l'angle que font entre eux le bras de levier et le
muscle.
M = Fxsinax 1
b) Corollaire
• Pour une même valeur de Let de F,
- si la valeur de a avoisine 180° ou 0°, sinus a tend
vers 0; donc M est minimum;
-si <X avoisine 90°, sinus a tend vers 1 ; donc M est
maximum .
• En conclusion, le maximum d'efficacité est atteint
lorsque la direction de la force est perpendiculaire
au bras de levier. L'effet de rotation est plus important
lorsqu'il existe w1 certain degré de flexion.
5 I Conséquences anatomiques (fig. 4.21)
Selon MacConaill M.A., l'action de tous les muscles
peut se ramener à deux lois fondamentales: l'approximation et la détorsion.
A
_____ SYSTÈME MUSCU~
a) Loi d'approximation
Quand un muscle se contracte, il tend à rapprocher son
origine et sa terminaison.
b) Loi de détorsion
Quand un muscle se contracte, il tend à amener son
origine et sa terminaison dans un même plan, supprimant ou diminuant ainsi une torsion formée par ses
fibres musculaires.
Exemple: le muscle sterno-cléido-masto1dien droit
(SCM) .
Lorsque la face est dirigée en avant, la contraction du
muscle SCM droit entraine le rapprochement du côté
droit de la tête, de l'épaule (loi d'approximation). De
plus, la face se tourne vers le côté gauche de façon à ce
que les insertions crâniennes du muscle soient parallèles aux insertions sterno-claviculaires (loi de détorsion) (jig. 4.22).
6 I Notions de chaîne musculaire
Une chai ne musculaire est l' ensem bic des mus cl es associés en vue d'un mouvement commun. Exemple: les
muscles extenseurs des membres inférieurs dans le saut.
Lorsqu'un maillon de la chaîne varie, la fonction et
l'efficacité de la chaîne s'en trouvent modifiées.
La synchronisation de la chaîne est l'un des buts
de l'entraînement sportif et de la rééducation.
îlG, 4.21. Lois fondamentales de l'action des muscles (selon MacConnail)
A. loi d'approximation
8. loi de détorsion
59
ANATOMIE GÉNÉRALE
FIG. 4.22. Mouvements du muscle sterno-cléido-mastoïdien
A. position de départ B. selon la loi d'approximation C. selon la loi de détorsion
7 1 Classification fonctionnelle des muscles
a) Le muscle agoniste est un muscle qui lutte contre
des résistances et provoque le mouvement (muscle
mobilisateur principal).
b) Les muscles co11gé11ères sont des muscles qui
concourent au même mouvement. Exemple: le biceps
brachial et le brachial dans la flexion de l'avant-bras.
c) Le muscle antagoniste agit ou peut agir en s' opposant à l'action des muscles agonistes. li contrôle la
vitesse et donne plus de précision au mouvement.
d) Le muscle syr1ergique est un muscle antagoniste
partiel.
Il aide l'action d'un muscle en neutralisant ou en supprimant une action indésirable d'un muscle lors de
l'exécution d'un mouvement donné.
Exemple: il est difficile de serrer fortement le poing
quand le poignet est fléchi.
Les muscles fléchisseurs des doigts sont à la fois fléchisseurs des doigts et du poignet. Pour fléchir les doigts,
les extenseurs du poignetsecontractentdoncen même
temps et suppriment l'indésirable flexion du poignet.
Les extenseurs du poignet sont donc des synergiques
des fléchisseurs des doigts.
e) Lemusclefixateur(oustabilisateur) immobilise une
articulation.
f) Le muscle polyarticulaire est un muscle qui croise
plusieurs articulations. Il possède de ce fait de nombreuses fonctions.
60
Exemple: le biceps brachial croise les articulations de
l'épaule et du coude. Il est donc fléchisseur de l'avantbras sur le bras et fléchisseur du bras sur l'épaule.
g) Selon les mouvements 011 distingue: les muscles
fléchisseurs, extenseurs, rotateurs, adducteurs ...
J 1 ÉTUDE CLINIQUE DE LA FORCE
MUSCULAIRE
La force musculaire est évaluée en clinique par le bilan
111usculaires (fig. 4.23 ).
Le bilan musculaire est une étude subjective qui juge
la réaction d'un muscle par la palpation de ce dernier
pendant l'exécution d'un mouvement donné.
La cotation est la suivante:
0 = absence de contraction musculaire
l = contraction musculaire perceptible, sans mouvement
2 = possibilité de mouvements si l'action de la
pesanteur est compensée
3 = possibilité de mouvements contre la pesanteur
4 = possibilité de mouvements contre une résistance
5 = possibilité de mouvements et de force normale.
5. Tc51Îng des Anglo-Saxons.
FIG. 4.23 Bilan musculai.Je
1. mouvement actif
2. résistaoce
'
MUSCLES LISSES
Plus nombreux que les muscles squelettiques, les
muscles lisses sont constitués de cellules fusiformes,
non striées, à noyau unique et plus petites que celles
des fibres musculaires striées (fig. 4.24).
A 1 STRUCTURE
Les muscles lisses se composent:
• soit de cellrtles isolées, mêlées à d'autres tissus,
conjonctif en particulier.
Exemple: la capsule de certains viscères, le corps
caverneux ...
• soit de ce/111/es groupées en un muscle bien individualisé. Selon leur forme, on distingue:
- les muscles lisses plats (exemple: le dartos);
- les muscles lisses annulaires (exemple: le muscle
constricteur de l'iris);
- les muscles lisses tubulaires (exemple: la tunique
musculeuse de l'intestin);
- et les muscles lisses sacculaires (exemple: le myomètre).
SYSTÈME MUSCULA~
FIG. 4.24. Fibres musculaires Usses
1. fibre lisse (coupe longitudinale)
2. conjonctif interfibriltaire
3. noyau
4. fibre lisse (coupe
transversale)
S. conjonctif interfascicutaire
61
ANATOMIE GÉNÉRALE
B 1 VASCULARISATION
Les muscles lisses sont peu vascularisés. Certains sont
même avasculaires et se nourrissent par imbibition.
Exemple : les muscles des petits vaisseaux.
C 1 INNERVATION
Elle est assurée par des neurofibres amyéliniques appartenant au système sympathique.
li est rare que chaque fibre musculaire reçoive une neurofibre. La fibre musculaire innervée est donc directement excitée. Puis l'excitation se transmet de proche
en proche par l'intermédiaire des nexus (ou maculas
de communication).
01 ANATOMIE FONCTIONNELLE
• L'étirement soudain du muscle lisse entraîne une
tension immédiate importante mais avec un retour
au stade initial rapide, en quelques minutes. Cette
réaction te11sio11-relax11tio11 permet aux viscères
creux de gonfler rapidement sans exercer de pression sur leur contenu.
• La contraction du muscle lisse, lente, entraîne un
raccourcissement plus important que celle du
muscle squelettique. D'où la puissance contractile
importante du muscle lisse.
Ceci permet des réductions importantes des cavités
viscérales.
• Le muscle lisse est susceptible d'hypertrophie
importante. Exemple: l'utérus gravide qui passe de
50 g à près de l 500 g au terme de la grossesse.
MUSCLE CARDIAQUE
Le muscle cardiaque (fig. 4.25) est le constituant
presque exclusif du myocarde. Il est responsable de
l'action de la pompe cardiaque caractérisée par la
contraction simultanée des deux atriums, puis des deux
ventricules.
Les myofibresdu muscle cardiaque sont striées et reliées
entre elles pour former un muscle d'aspect plexiforme.
Les jonctions des myofibres cardiaques, situées à leurs
extrémités, constituent les disques intercalaires.
Chaque disque intercalaire renferme des mac11lnsadhére11tes (ou desmosomes) et de nombreuses jonctions
co111m11nicantes6 (ou nexus), qui permettent la propagation de l'influx électrique. Cet influx est engendré et
contrôlé par deux innervations intrinsèques et extrinsèques (voir Tome 3).
L'activité contractile du muscle cardiaque, qui repose
sur le métabolisme aérobique, nécessite un apport
continu et important d'oxygène. Cette exigence
explique la riche vascularisation du myocarde.
6. ~ n anglais : gap 11111Ctio11.
62
•
-
I
FIG. 4.25. Muscle cardiaque (coupe longitudinale
et transversale)
1. myofibre 4. noyau myofibritlaire
2. disque interulaire 5. noyau de fibroblaste
3. capillaire et hémati~ 6. tissus conjonctif
2
3
4
5
6
lil Système cardiovasculaire
Le système cardiovasculaire est l'ensemble des structures anatomiques destinées à véhiculer
le sang (vaisseaux sanguins) et la lymphe (vaisseaux, organes et nœuds lymphatiques).
Ce système fermé est constitué :
• d'un carrefour : le cœur;
• d'une voie efférente du cœur : les artères;
• d'une voie afférente au cœur : les veines. Celles-ci drainent les conduits lymphatiques
terminaux.
l'étude du système circulatoire constitue l'angiologie.
, '
ORGANOGENESE
Le système circulatoire dérive du mésoderme. C'est le
premier système à fonctionner chez l'embryon. li est
necessaire à la poursuite de son développement 1
•
Dans le mésenchyme, se mettent en place presque
simultanément deux réseaux vasculaires, l'un extraembryo1111aire ( 16• jour du développement), l'autre
i11tra-e111bryo1111aire ( 19< jour), et le cœur primordial
( 19< jour) (fig. 5. 1 ).
FIG. 5.1. Développement du système circulatoire
(embryon de 19 jours)
1. cavité amniotique
2. embryon
6. amas d"angioblastes
7. villosités choriales
3. cœlome pericardique 8. allanto1de 4. cœur primordial 9. chorion
5. sac vitellin
La circulation s'établit lorsque les deux réseaux et le
cœur primordial font jonction (21 •jour). Les premières
contractions du cœur apparaissent dès ce moment
(23• jour).
L'activité cardiaque est mise en évidence par
l'exploration ultrasonique habituellement vers la
8• semaine d'aménorrhée, mais elle peut être décelée dès la 6• SA.
A 1 RÉSEAU VASCULAIRE
EXTRA-EMBRYONNAIRE
Il se développe dans le mésenchyme adjacent au sac
vitellin et à l'allantoïde.
Les amas d 'angioblastcs se disposent en cordons qui se
canalisent pour former:
• Je réseau vitellin qui régresse, après avoir participé à
la formation des vaisseaux mésentériques supérieurs;
• le réseau alla11toïdie11 qui devient placentaire.
B 1 RÉSEAU VASCULAIRE
INTRA-EM BRYON NAIRE
Dans le mésoderme cardiogénique situé dans la région
crâniale sous le coelome péricardique, se forment les
deux tubes cndocardiqucs ou cœurs primordiaux.
Ceux-ci fusionnent très vite en un tube unique,le cœur
tubulaire simple (fig. 5.2).
63
ANATOMIE GÉNÉRALE
A
2
0
t
t
10
c
B
Du cœur primordial se développent dans le sens crânial, les aortes et dans le sens caudal, les veines.
1 1 Développement du cœur
Le cœur tubulaire simple est constitué dans le sens crânio-caudal:
• du bulbe cardiaque primitif, d'où partent les deux
aortes;
• du ventricule primitif;
• de la jonction atrio-ventriculaire;
• de l'atrium primitif;
• et du sinus veineux primitif, qui draine les veines
vitellines et la veine cardinale commune.
Au cours de la 4• semaine du développement, le cœur
tubulaire simple subit une plicature en Set devient le
cœ11rsigmoïde.Àla fin de la plicature, l'atrium et le sinus
veineux deviennent dorsaux par rapport au bulbe et
au ventricule.
Simultanément, le bulbe, le ventricule, l'atrium et la
jonction atrio-ventriculaire se cloisonnent pour former le cœur quadricavitaire.
64
FIG. 2. Développement du cœur (vues ventrales)
A. cœurs primordiaux (21 jours)
B. cœur tubulaire simple (22 jours)
(. cœur sigmoïde (24 jours)
1. tube cardiaque
2. 1" arc aortique
3. atriums primordiaux
4. bulbe cardiaque
S. ventricule primitif
6. atrium primitif
7. sinus veineux primitif
8. vv. vitellines
9. vv. ombilicales
10. v. cardinale commune
Le septum interatrial 2 n'est pas complet chez le fœtus;
il est traversé par le foramen ovale qui se ferme à la
naissance.
2 1 Développement des artères
Les deux aortes primitives poursuivent leur développement dans le sens crânio-caudal en effectuant une
courbure céphalique. On distingue à chaque aorte:
• une partie initiale, l'aorte ventrale primitive;
• une courbure, le premier arc aortique branchial;
• une partie terminale, l'aorte dorsale primitive.
a) Les aortes ventrales primitives (fig. 5.3)
Elles fusionnent pour former le sac aortique qui donne
naissance à cinq paires d'artères courbes, les arcs aortiq11es branchiauxqui rejoignent les aortes dorsales (soit
au total six paires d'arcs aortiques branchiaux).
Après des régressions et diverses transformations,
• le Jt arc donne les artères carotides;
2. Voir Tome 3.
A
5
18
17 -~
16 --
13 12
• le 4• arc, l'arc aortique définitif et l'artère subclavière droite;
• le 6• arc, les artères pulmonaires et le conduit artériel.
b) les aortes dorsales primitives (fig. 5.3)
les aortes dorsales fusionnent au-delà du 6• arc aortique et émettent les artères intersegmentaires.
• Les artères intersegmentaires dorsales donnent:
- les artères de la paroi du tronc et du cou (artères
vertébrales thyro-cervicales et costo-cervicales);
- l'artère subclavière gauche et l'artère subclavière
droite partiellement. Donc l'axe artériel du membre
supérieur.
• Les artères intersegmentaires latérales forment les
artères phréniques, suprarénales moyennes, rénales
et gonadiques.
7
8
9
10
Il
B
19 20 21 22
FIG. 5.3. Développement se.hématique
des artères {embryon de 5 semaines)
A. vue latérale
B. coupe transversale
1. 1" arc aortique disparu
2. 2' arc aortique disparu
3. 3• arc aortique
4. 4• arc aortique
5. aortes dorsales
6. s• arc aortique disparu
7. 6• arc aortique
8. a. pulmonaire
9. tronc cœliaque
10. a. mésentérique sup.
11. a. mésentérique inf.
12. a. iliaque commune
13. a. iliaque int.
14. aa. ombilicales
15. intestin primitif
16. estomac primitif
17. cœur sigmoïde
18. sac aortique
19. a. segmentaire ventrale
20. a. segmentaire latérale
21. aorte fusionnée
22. a. segmentaire dorsale
• Les artères intcrsegmentaires ventrales comprennent:
- les artères vitellines qui donnent le tronc cœliaque
et les artères mésentériques;
- les artères iliaques externes;
- les artères ombilicales qui donnent les artères iliaques internes et l'artère glutéale inférieure;
- l'axe artériel primitif du membre inférieur (voir
Chapitre 7).
3 1 Développement des veines (fig. 5.4)
Le développement des veines est complexe en raison
de la formation d'anastomoses multiples et de régressions veineuses partielles. L'embryon de 4 semaines de
développement présente quatre paires de veines principales: les veines vitellines, ombilicales, précardinales
65
ANAlrOMIE GÉNÉRALE
2
3
4
nG. S .4. Développement schématique des veines
(embryon de 5 semaines)
1. v. cardinale cr~niale droite
2. sinus veineux
3. v. vitelline
4. intestin primitif
5. vv. ombilicales
6. v. précardinale gauche
7. v. subclavière
8. v. cardinale commune
9. v. post-cardinale gauche
10. v. cardinale caudale droite
11. vv. subcardinates
12. anastomoses inter·
subcardinales
Il
12
No comments:
Post a Comment
اكتب تعليق حول الموضوع