possédait une carabine en 22 long rifle à
répétition, acquise de façon tout à fait légale
là aussi ; la meilleure preuve est que l’administration n’a eu aucun mal à retrouver
l’arme et son propriétaire. Mais, là encore,
l’Etat a changé la règle du jeu : détenir cette
arme est désormais illégal. L’ancien militaire a bien essayé de discuter. Peine perdue… Alors, il l’a rapportée au commissariat. Non sans avoir… découpé sa carabine
à la disqueuse ! « Je ne pourrai peut-être
plus m’en servir, mais au moins, je suis sûr
qu’elle ne servira pas contre moi ! » Car les
exemples ne manquent pas en effet de
postes de police pillés par les “potes”…
Enfin, troisième exemple : un homme
d’une soixantaine d’années, ancien
conseiller municipal UDF, tireur licencié
à la FFT depuis plusieurs années, s’est
brusquement vu retirer son autorisation
de détention. Il a donc dû rapporter son
pistolet au commissariat.
Ces trois cas se sont produits dans la
même commune des Bouches-du-Rhône.
On peut donc supposer que dans d’autres
communes, dans d’autres départements,
l’Etat a organisé la même chasse aux
tireurs.
D’autant que d’autres personnes — des
collectionneurs cette fois — ont également été pourchassées. A chaque fois, tout
est parti d’un salon d’armes anciennes.
Un homme achète une pièce — chargeur,
percuteur ou autre — pour une arme de
collection qu’il détient. Illégalement il est
vrai, mais on fait rarement des révolutions, ou même des braquages de banque,
avec des armes de collection… A la sortie, il est interpellé par deux policiers en
civil : « Bonjour Monsieur, vous avez
acheté une pièce pour une arme dont la
possession est soumise à une autorisation
de détention de telle catégorie. Avez-vous
une détention pour cette arme ? » Le collectionneur répondant par la négative, il
est aussitôt placé en garde à vue, pendant
que le procureur délivre une commission
rogatoire autorisant une perquisition chez
l’interpellé. Là, les policiers découvrent
non pas « un arsenal », comme aime à
l’écrire la grosse presse qui joue à se faire
peur, mais une petite collection de
quelques armes. Epilogue : l’homme a
comparu devant le tribunal correctionnel,
a été condamné à trois ans de prison avec
sursis, et sa collection (de plusieurs milliers d’euros) a été confisquée.
L’Etat désarme les Français !
Les profs lâches, et lynchés
Page “Ecole” de l’album de Chard
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DIEUDO ET TAUBIRA
PÉTAINISTES ?
Avis aux naïfs qui croient encore que
Le Figaro est « de droite » : interviewé
par Actualité juive le 29 décembre, AlainGérard Slama, éditorialiste vedette du
quotidien, s’explique sur son dernier
livre, Le Siècle de Monsieur Pétain (éd. Perrin, hélas). « Monsieur Pétain, et non le
Maréchal puisqu’il a été déchu de son titre »,
précise Slama, avant d’affirmer péremptoirement : « Je prends ici Pétain au sens du
défaitisme et surtout au sens du rejet de l’héritage des Lumières. » Or, « le judaïsme, c’est
fondamentalement l’héritage des Lumières ».
En revanche, poursuit l’essayiste, les
revendications actuelles des musulmans
ou des Noirs traduisent « la pétainisation
des esprits », qui survient « lorsque, à un
moment donné, le surmoi craque ». « Ce surmoi est aujourd’hui désactivé et il est grand
temps de le réactiver », conclut-il doctement. Et ce personnage, non content
d’intoxiquer les lecteurs du Figaro et les
auditeurs de France Culture, est professeur à Sciences Po !
l’Américain Clinton ou passant le témoin
comme Tony Blair devrait le faire bientôt.
Il était irréaliste également de miser sur la
résignation russe. Certes, Moscou a été dépassée par la stratégie américaine des « révolutions démocratiques ». Son espace géopolitique historique s’est réduit comme peau de
chagrin en 2005. Union européenne, OTAN,
révolutions dans les anciennes républiques, le
sentiment d’encerclement et même d’étranglement est devenu inacceptable. Pour Poutine, les Occidentaux ont franchi la ligne
rouge avec la révolution orange de Kiev.
Il a encaissé, un genou à terre, puis il a préparé sa riposte. Elle est énergique et énergétique. Il entend désormais utiliser l’arme des
hydrocarbures pour renforcer ses positions
internationales. L’Ukraine est la première victime de ce regain de puissance volontariste.
L’argument avancé par Moscou
pour augmenter les prix de son
gaz est a priori parfaitement recevable. Kiev, qui aspire à rejoindre
l’Union européenne et l’OTAN,
doit être prête à respecter les
règles du marché. Hérités des
temps soviétiques, les — très
bas — prix de vente du gaz dont
l’Ukraine continuait à bénéficier
n’ont plus de raison d’être et doivent s’aligner sur les cours mondiaux.
Dans l’affaire ukrainienne, le
Kremlin a clairement des visées
politiques, comme affaiblir le président Victor Iouchtchenko. Cette
vengeance intervient à trois mois
à peine de législatives qui s’annoncent très difficiles pour le nouveau pouvoir ukrainien divisé
politiquement et discrédité économiquement. Les anciens alliés du
Kremlin peuvent revenir en force
au parlement alors que le président jouit de moins de pouvoirs
suite à une réforme se voulant
plus démocratique de la Constitution.
Poutine n’a jamais accepté la
“sécession” ukrainienne mais il
voit au-delà de Kiev. Quand il fait
passer le prix du gaz de 50 à
230 dollars les 1 000 m3, le message est aussi pour d’autres. La
Biélorussie s’est inclinée devant
Gazprom tout comme le Turkménistan. La Géorgie voit le prix
passer à 160 dollars comme la
Moldavie alors que l’Arménie
reste à 54 dollars. L’augmentation
touche les Etats baltes et aussi le
Kazakhstan. La pression est générale et va même au-delà de l’exURSS. Les anciens pays satellites
de l’Europe centrale dépendant
largement du gaz russe craignent
la pénurie. L’arme énergétique
devient arme de dissuasion massive vis-à-vis de ceux qui voudraient aller trop loin vers l’Ouest.
Pétrole et gaz sont les enjeux de
demain.
Les USA font des guerres
pour obtenir le contrôle
mondial des ressources
énergétiques ; la Russie
vient de montrer que, sur ce
front, elle avait des moyens
de riposter, même si certains estiment qu’avec ses
coupures de gaz, elle a
donné à Kiev le prétexte
attendu pour le grand virage
atlantique. L’Union européenne a en tout cas été
prise de court et la France,
qui voyait comme d’habitude le Tchernobyl gazier
s’arrêter à ses frontières, a
vite déchanté.
Et le retour à la normale
de l’approvisionnement
russe ne devrait pas trop
vite rassurer. Il s’agit bien
d’un coup de semonce.
Moscou agite à la fois la
carotte et le bâton.
Tout cela intervient alors
même que la Russie prend
la tête du G8 et que Poutine
en présidera l’été prochain
le sommet à Saint-Pétersbourg, sa ville natale. Le
maître du Kremlin savoure son accession à la
tête des pays les plus riches, c’est pour lui la
confirmation du retour de la grandeur russe au
premier plan des nations. Il va s’en attribuer
tout le mérite, relayé par les media qu’il
contrôle, comme il contrôle Gazprom.
LE RACISME ? “MARGINAL”
La stratégie de l’image renforce celle des
pressions économiques. Ces pressions s’exercent en soutien aux opposants aux régimes
pro-occidentaux. La contre-attaque russe suit
les lignes des grands oléoducs contrôlés par
Moscou vers le centre de l’Europe, la Baltique, la Turquie et la Chine via l’ancienne
route de la soie. Les cartes de ces tuyaux font
penser à des cartes d’offensive militaire, et
c’est bien de cela qu’il s’agit. L’Occident est
embarrassé, inquiet en fait des conséquences
de son audace imprudente. Le chantage au gaz
n’a guère été condamné, pas plus que la
répression en Tchétchénie ou la multiplication
en Russie des agressions contre les étrangers,
notamment les étudiants noirs. Elles se multiplient pourtant à Moscou et à Saint-Pétersbourg où une manifestation organisée pour
dénoncer le racisme après la mort d’un Camerounais a regroupé à peine 200 personnes,
essentiellement… des Africains ! Les Russes
ont d’autres soucis et parlent plus de hooliganisme que de racisme. D’ailleurs, comme l’a
prouvé un sondage, l’opinion publique estime
ce problème “marginal”. Tout comme elle ne
semble nullement s’émouvoir des « scandaleux dérapages négationnistes » du président
de l’Iran, auquel Moscou avait proposé un
plan d’enrichissement de l’uranium (plan provisoirement rejeté par Téhéran qui veut maîtriser l’intégrité de sa filière nucléaire).
Ce qui compte pour les Russes, c’est la
reprise en main de l’économie et l’amélioration du niveau de vie des plus pauvres, les
retraités notamment, la fin des oligarques, la
lutte contre le terrorisme et la restauration
d’une grandeur impériale. A tort ou à raison,
ils voient dans le programme de Poutine la fin
des humiliations subies pendant l’ère postsoviétique.
A deux ans de la fin de son deuxième mandat, l’empire repart donc à l’assaut. L’avenir
dira si son tsar élu a vraiment les moyens et le
talent de sa politique. Son bilan reste contrasté
et sa personnalité ambiguë.
Il sait que les réserves de popularité sont
comme les gisements de gaz et peuvent
s’épuiser. Il faut en profiter tant qu’il est
temps.
Poutine entend bien d’ici à 2008, et peut-être
au-delà, rétablir la grandeur russe avec le
maximum… d’énergie.
Pierre-Patrice BELESTA.
Dernière heure. Le 10 janvier au soir, le
Parlement ukrainien a refusé de ratifier l’accord gazier conclu entre Kiev et Moscou et
destitué le gouvernement ukrainien.
6 N° 2746 — 13 JANVIE
L’AUTRICHE a accédé le 1er janvier
pour six mois à la présidence de
l’Union européenne, succédant ainsi à
la présidence britannique dont le bilan est
peu probant. Vienne a affiché ses ambitions :
« donner un nouvel élan à l’Europe », mais
en précisant immédiatement vouloir le faire
avec le soutien de l’Allemagne. Volonté aussitôt illustrée par une mondanité symbolique : le premier jour
de sa présidence semestrielle, le chancelier
Wolfgang Schüssel a
reçu dans l’ancienne
capitale des Habsbourg
la Känzlerin Merkel
pour le traditionnel
concert du Nouvel An qui correspondait
cette année au 250e anniversaire de la naissance de Mozart, génie germanique majeur
s’il en est.
2006 commence par une charmante et
assez étonnante tout de même petite
musique d’Anschluss. On est loin du temps
où l’Autrichien mal dénazifié était sur le
point d’être exclu de l’Europe des idéologies
démocratiques. Wolfgang Schüssel, le chancelier conservateur, doit savourer avec une
délectation particulière de se retrouver au
centre de l’échiquier institutionnel, lui qui,
en janvier-février 2000, avait été mis au ban
de l’Europe des Quinze pour son alliance
avec le FPÖ, les nationaux
libéraux classés à l’extrême
droite de Jörg Haider. Six ans
plus tard, il n’est plus, loin
s’en faut, le paria d’une
Europe désormais élargie à
vingt-cinq, et ses partenaires
européens attendent de lui
qu’il trouve un moyen de
relancer l’Union après les
non français et néerlandais
au référendum sur la Constitution européenne. Il est également considéré comme
habile. On le crédite des difficultés traversées depuis la
création de la coalition par
les populistes autrichiens
qu’il aurait ainsi neutralisés.
Schüssel a fait sienne la
devise du président du CSU
bavarois Edmund Stoiber:
« Personne à notre droite. »
Avec cette démarche, il a
exacerbé les luttes de clans
au sein du FPÖ une fronde de
l’aile radicale du parti a provoqué une scission majeure
en avril dernier. Haider a
fondé un nouveau parti —
l’Alliance pour l’avenir de
l’Autriche ou BZÖ qu’ont
ralliée les membres ex-FPÖ
VLADIMIR Poutine a normalement deux ans
devant lui. Deux ans pour
réaliser sa promesse : refaire de
la Russie une incontestable puissance mondiale. En 2008 se terminera normalement son second
mandat et la présidence qu’il
exerce depuis 2000. Selon la
constitution russe, il ne peut briguer une troisième fois la charge
suprême. Les observateurs
russes cherchent donc le successeur éventuel du tsar et estiment
le plus souvent que la constitution ne sera pas changée et que
Poutine ne pense pas à rester au
pouvoir — une hypothèse hasardeuse. Le président pourrait
n’être tenté de partir que si son
bilan était totalement positif et
s’il était sûr de ses dauphins et
de leur fidélité. On parle de Serguei Ivanov, l’actuel ministre de
la Défense et ancien lui aussi du
KGB, qui a également été
nommé le 15 novembre 2005
vice-premier ministre. On parle
aussi du « grand vizir » Dmitri
Medvedev, patron de l’économie, donc de Gazprom, et qui à
ce titre engrange pour l’Etat les pétrodollars.
Voilà qui nous amène à la crise du gaz ukrainien qui a tant surpris les Européens.
REVANCHE SUR
LA RÉVOLUTION ORANGE
Quand on considère le remaniement ministériel de novembre et la situation de début janvier, on peut estimer que Poutine a en fait préparé janvier en novembre. Plus que des dauphins, il a positionné une tour et un cavalier
pour un coup de maître consistant à rappeler à
ceux qui l’avaient oublié que la Russie était
une puissance mondiale énergétique. Plus que
sa succession, ce qu’il a préparé, c’est une
contre-attaque de l’empire. Il a deux ans pour
la mener à bien et ensuite il verra. Mais honnêtement, on l’imagine mal s’effaçant comme
L’UE relan
Hitler et les trésors
européens
En avril 1943, face à l’ampleur des destructions causées par les bombardements aériens anglo-américains
(lire de Jörg Friedrich L’Incendie. L’Allemagne sous les
bombes 1940-1945, Paris, Ed. de Fallois, 2004), Adolf
Hitler, soucieux de préserver le patrimoine culturel allemand et européen, prit une décision importante. Dès le
début des hostilités, en 1939, les autorités du Reich
avaient pris des mesures pour la protection et l’évacuation des œuvres d’art menacées.
Mais, en 1943, il s’agit d’autre chose. Considérant le
nombre toujours croissant des églises, des monastères
et des palais détruits par les bombes, Hitler « donna
l’ordre de faire des photos en couleur des plafonds et
des murs sur lesquels se trouvaient des fresques de
valeur. On commença par les districts occidentaux de
Cologne, Düsseldorf, Aix-la-Chapelle et on prit en
même temps des photos des sculptures, des stalles et du
mobilier. Un an et demi plus tard, Hitler décréta :
“Compte tenu du nombre croissant de biens artistiques
et culturels irremplaçables détruits par la guerre
aérienne, je crois souhaitable qu’on photographie de
toute urgence et aussi largement que possible — c’està-dire dans leurs moindres détails — les monuments de
valeur et les œuvres d’art fixes” » (Friedrich, op. cit.,
qui cite Olaf Groehler, Bombenkrieg gegen Deutschland, Berlin, 1990).
L’opération fut organisée et financée par le ministère de
la Propagande dirigé par le Dr Goebbels, sous le nom
« Hauptabteilung Bildende Kunst ». Les équipes de photographes, qui comprenaient également des universitaires,
des historiens de l’art et des chimistes, prirent à travers
toute l’Allemagne et l’Europe occupée plusieurs dizaines
de milliers de clichés de très grande qualité.
Ce sont ces photographies, ou tout au moins une partie
d’entre elles, récemment exposées pour la première fois
à l’Institut d’histoire de l’art de Munich (Zentralinstitut
für Kunstgeschichte), qui sont depuis le 21 octobre
accessibles sur Internet, sur le site
<www.zi.fotothek.org>. Jusqu’à une date récente, l’existence de cette collection n’était connue que d’un petit
nombre de chercheurs. Il est inutile de souligner l’intérêt que représentent pour les historiens et les restaurateurs d’art ces photographies qui permettent de faire
revivre en couleurs des œuvres aujourd’hui disparues.
E. F.
(Dessin de CHARD.)
Russie : l’empire contre-attaque
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE
JANVIER 2006
Jérôme BOURBON : De 1905 à 2005, cent ans de
fanatisme laïciste — Jean FERMANVILLE : Le rêve
le plus long de l’Histoire… des banlieues — René
BLANC : Dette, or, immigration, les peuples plus que
jamais mystifiés — Jérôme MOREAU : Le bon sens
commande le taux d’imposition unique — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES LIVRAISONS —
Petrus AGRICOLA : Le leurre du Plan Climat —
Pierre PERALDI : La colonisation en question —
Carrefour des lecteurs — Jean NAUX : La Sarre,
une migraine qui ne passe pas — Jacques-Marie
URVOY : Bloc-notes d’un catholique : de Lacarrière
à Tanoüarn — Arnaud CHALLE : Un tournant de
l’entre-deux-guerres : le conflit d’Ethiopie
(1935–1936) — Georges LAFFLY : Les livres… de
Moudenc — Patrick LAURENT : Tiercé gagnant
pour notre 7e Art — Notes de lecture.
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ER 2006 — RIVAROL 7
parti social-démocrate, les formations politiques invitent donc l’ex-chancelier à
renoncer à ce poste grassement rémunéré.
Les journaux parlent d’un pécule d’un
million de dollars par an. « Schröder a
causé un tort considérable à la renommée
des hommes politiques en Allemagne »,
estime le ministre-président CDU de
Basse-Saxe, Christian Wulff, qui ajoute
qu’il devrait « éviter de donner l’impression que le poste en question est une
récompense pour son engagement en
faveur du gazoduc ».
De plus, le consortium a son siège dans le
canton de Zug. Or, depuis des années, les
sociaux-démocrates font campagne contre
les milliardaires allemands, « mauvais
patriotes », résidant dans ce canton helvétique.
SCANDALE D’ETAT
Enfin, cerise sur le gâteau, le gérant du
consortium du gazoduc est un certain Matthias Warnig qui fut jusqu’en 1989 l’un des
chefs du service d’espionnage de la RDA
communiste. Ami de la famille Poutine (le
jeune kagébiste Vladimir fut longtemps en
poste à Leipzig), il dirige aujourd’hui l’andu gouvernement. Aux municipales, en
octobre dernier, le BZÖ n’a cependant
obtenu que 1,2 % des voix à Vienne alors
que le FPÖ maintenu, dirigé par
H.C. Strache, rassemblait, lui, 14,9 % des
suffrages après une campagne musclée.
Avec sa stratégie de diviser pour régner,
Schüssel peut mener en confiance sa coalition jusqu’aux législatives de l’automne.
Devancé nettement dans les sondages par les
socialistes du SPÖ, il espère redorer son blason avec la présidence de l’UE. Les “bruxellistes” pensent que son exemple pourrait
aider d’autres pays comme la Pologne à
gérer la participation au gouvernement de la
droite radicale — c’est-à-dire à la dissoudre.
Le fourrier du néo-fascisme en est devenu le
liquidateur. L’axe Berlin-Vienne a donc la
bénédiction de Bruxelles surtout que les
deux puissances germaniques sont de loin
les plus influentes politiquement et économiquement dans tout l’espace élargi à l’Est.
Le poids de cet axe au sein de l’Europe va
s’en trouver considérablement renforcé, au
détriment semble-t-il du couple franco-allemand, d’autant qu’en 2000, Jacques Chirac
avait été l’un des plus hystériques contempteurs de Schüssel.
La présidence autrichienne a toutefois
débuté sur un scandale : celui des affiches
pornos de soi-disant artistes. Jugées choquantes, deux affiches ont dû être retirées :
l’une d’entre elles montrait une orgie entre
trois personnes nues arborant les masques de
Jacques Chirac, de la reine Elizabeth II et de
George W. Bush. « L’Autriche s’est couverte
de honte », titrait la Kronen Zeitung, grand
journal populaire opposé à l’Union européenne et qui fera campagne pour le référendum de défiance à l’UE que le FPÖ maintenu veut organiser en mars.
La présidence autrichienne ne sera peutêtre pas le Danube tranquille que certains
prévoient. Mais l’essentiel pour Bruxelles,
on l’a bien compris, c’est qu’à Vienne on
joue du Mozart ou du Johann Strauss, mais
surtout pas du Wagner. Il en est de la
musique comme des Anschluss, ils peuvent
être ou ne pas être politiquement corrects.
Hermann TRAPIER.
tenne russe de la Dresdner Bank allemande.
L’ancien chancelier employé des anciens
du KGB, voilà qui a de quoi étonner, indigner et surtout inquiéter. Faudra-t-il un
jour étudier ses mandats à la lumière de ses
amitiés ex soviétiques ? Dans un pays où
une taupe soviétique, l’espion Peter Lohse,
alias Gunther Guillaume, fut longtemps le
plus intime conseiller d’un autre chancelier social-démocrate, Willy Brandt
(contraint à la démission quand la chose fut
découverte en 1974), la très imprudente
reconversion de Schröder pourrait déboucher
sur un scandale d’Etat.
Sa meilleure protection
est la participation de
ses amis à la Grande
Coalition mise en place
à Berlin avec Angela
Merkel. Au point que
certains se demandent
maintenant si son effacement et son activisme en faveur de cette solution bâtarde
n’étaient pas guidés avant tout par la
recherche d’un palladium politique.
H. T.
I
L A quitté la Chancellerie mais ne cultive pas uniquement l’art d’être père
(d’une petite Russe très récemment
adoptée). Il a sans doute peur de s’ennuyer,
d’où une hyperactivité très affairiste. Le
social-démocrate est décidément dans le
capitalisme comme un poisson dans l’eau.
Voilà donc Gerhard
Schröder conseiller
auprès de la maison
d’édition suisse Ringier
contre des honoraires
pharamineux, mais l’essentiel est ailleurs :
l’homme de la rigueur
sociale s’est fait, on le
sait nommer à la tête du
conseil de surveillance
germano-russe du consortium du gazoduc
qui doit traverser la Baltique. Société basée
en Suisse mais, et c’est là où le bât blesse,
dont le géant russe Gazprom détient 51 %
du capital. Pour la presse allemande, c’est
un cadeau de remerciement de Poutine,
l’ex-chancelier s’étant battu bec et ongles
pendant son mandat pour la construction
de ce gazoduc qui lèse les Etats baltes et la
Pologne. Mirifique cadeau car le salaire est
absolument exorbitant. A l’exception du
ncée par le “nouvel Anschluss” ?
CHURCHILL :
IRVING AVAIT
RAISON
Publiés pour la première fois le
1er janvier, des documents d’archives
britanniques datant de 1942-1945 ont
ébahi le grand public, stupéfait d’apprendre que l’illustre Winston Churchill, alors Premier ministre, avait
préconisé de laisser mourir le
mahatma Gandhi si ce dernier entreprenait une grève de la faim et, surtout, envisageait d’exécuter Hitler
sans procès. Qui plus est, par chaise
électrique ! Qu’il avait même suggéré
d’importer des Etats-Unis, « dans le
cadre du Lease Lend » — accord de
livraison d’armes américaines au
Royaume-Uni.
Sir Winston avait de bonnes raisons
pour cela : « Un procès (d’Hitler et des
dignitaires du IIIe Reich) serait une
farce… Toutes sortes de complications apparaissent dès que vous admettez un procès équitable », prévoyait-il avec une certaine
lucidité, d’où son idée de faire « exécuter les principaux criminels comme des horsla-loi, si aucun Allié ne les veut ». Sans doute ces révélations sur l’inhumanité et le cynisme du feu Premier
britannique, encore considéré en 2002
comme « le plus important Britannique de
tous les temps » selon une grande enquête
de la BBC, n’étonneront-elles pas ceux
qui ont lu la décapante biographie de
Churchill par David Irving. Mais une
ironie cruelle veut que l’historien britannique, dont l’Allemagne a demandé
l’extradition à l’Autriche pour contestation de la Shoah, soit depuis septembre dernier incarcéré à Vienne, où
son sort sera décidé en février.
MÉTHODES
FASCISTES ?
Pour un ambulancier, est-ce une
simple faute de goût ou au contraire
une « faute lourde » que d’arborer une
moustache à la Hitler et de marcher au
pas de l’oie lors d’une soirée costumée
organisée dans le cadre de son travail ?
En tout cas, la sanction n’a pas traîné
pour le Londonien Stephen Marsham
qui, moins de deux mois après la soirée fatale, a été licencié de l’hôpital
Princesse Alexandra de Harlow pour
« mauvaise conduite caractérisée ». On ne
sache pas que les syndicats aient protesté contre cette procédure expéditive.
Rappelons qu’en janvier 2005, le
prince Harry, troisième dans l’ordre de
succession au trône, avait fait scandale
en apparaissant lors d’une soirée dans
un déguisement évoquant (de très loin)
un uniforme de l’Afrika Korps, avec
brassard frappé de la croix gammée.
SUICIDAIRE
SIONISME
Si Tsahal n’a déploré la mort que de
66 soldats en 2005 (pour combien de
Palestiniens liquidés ?), il faut savoir
que la moitié d’entre eux ne sont pas
tombés au combat mais se sont suicidés, un phénomène en pleine expansion dans l’armée israélienne où le
taux de suicide a fait un bond de 15 %
entre 2004 et 2005 selon un rapport
présenté à la Knesseth par le général
Avi Zimmer qui a déploré la « détresse
morale » des appelés. Mais cette détresse
ne serait-elle pas consécutive à la sale
guerre qu’on leur fait mener ? Il aura
suffi en tout cas de moins d’un siècle
pour que le sionisme, censé créer un
« homme nouveau », se révèle, même
pour ses adeptes, une idéologie mortifère.
COMME A
BAGDAD
Bien qu’en permission dans sa famille
à New York, le GI Danny Carpio
continuait de se croire sans doute en
Irak puisqu’il tirait au fusil tous azimuts. Bilan : une mère de famille tuée
le 29 décembre alors qu’elle se trouvait
à la fenêtre de son appartement du cinquième étage.
Quand Schröder sent le gaz
FRÉDÉRIC CHARPIER, auteur l’an dernier de Génération Occident accueilli de
façon controversée dans nos milieux,
risque cette fois-ci de faire l’unanimité…
contre lui. L’obsession du complot, écrit à la
va-vite, manque cruellement de recul et de
réflexion tant l’auteur fait preuve d’une étroitesse d’esprit et d’une partialité désolantes.
Son livre se veut une histoire de « la théorie
du complot » des origines à nos jours avec
pour finalité d’en démontrer l’absence totale
de fondements. Sa conclusion ne laisse planer
aucun doute : « Le conspirationnisme prospère sur la simplicité attractive de son discours. Il profite d’une crise de la pensée,
d’une perte d’appréciation des réalités complexes, d’un recul des connaissances ainsi que
d’une défiance générale envers les grands
médias écrits et audiovisuels. » Si nous ne
contestons pas ce dernier point, que dire des
affirmations précédentes ? L’abbé Barruel,
Edouard Drumont, Léon Daudet, Jacques
Bainville ou Henry Coston doivent se retourner dans leur tombe, les Emmanuel Ratier,
Pierre de Villemarest, Dominique Venner, Eric
Delcroix, Guillaume Faye et tant d’autres
amis bien vivants doivent se frotter les yeux
d’incrédulité à la lecture de tels énoncés ! Que
de réelles manipulations aient été effectuées
(les Protocoles des Sages de Sion) pour inventer des complots imaginaires, est évident. Prétendre que les “conspirationnistes” sont dans
l’« incapacité (…) de comprendre un phénomène historique » relève d’une ignorance
outrancière. Mais Charpier n’en est pas à une
ineptie près et la lecture de son livre prouve
qu’il s’agit surtout d’un ouvrage de propagande antinationale : « L’extrême droite à
l’origine du conspirationnisme » ; « L’esprit
plutôt obtus et sectaire des
conspirationnistes » ; « La France est un
vieux pays de cocagne pour les thèses conspirationnistes . Les autels qu’elle a érigés à la
Raison ne l’ont pas empêchée de vouer à l’irrationnel un culte persévérant ». Etc.
Ce livre serait-il un gage de « bonne
conduite politiquement correcte » destiné à
tous ceux qui soupçonneraient l’auteur d’accointances avec la « Bête immonde », notamment après Génération Occident ? La
construction de sa démonstration et les
exemples cités le laissent à penser. Le sentiment d’être victime de complot(s) est, selon
Charpier, un sentiment qui a pris naissance
exclusivement dans notre famille de pensée.
Depuis les — passionnants — Mémoires de
l’abbé Augustin Barruel (sur l’influence de la
maçonnerie dans la révolution française) jusqu’au bulletin Faits et documents de Ratier,
l’« extrême droite » répandrait partout le
venin conspirationniste. L’auteur ne s’arrête
pas là. Selon lui, les «thèses délirantes» du
rouge Thierry Meyssan (sur les attentats du
11 septembre 2001), les supputations “gratuites” sur les causes “cachées” du suicide
d’un Bérégovoy ou de l’accident d’une lady
Diana Spencer, voire le contenu douteux du
roman à succès de Dan Brown (Da Vinci
Code), prendraient leur source dans la même
idéologie “noire”. Autrement dit, l’auteur
confond (volontairement ?) les observations
et analyses politiques les plus sérieuses avec
les fantaisies d’illuminés en mal de reconnaissance médiatique. Impossible de ne pas y voir
une opération savamment menée pour déconsidérer notre courant de pensée auprès de lecteurs (et d’électeurs) naïfs ou incultes.
Quant à nous, même si le terme de “complot” (dans le sens d’« entreprise réfléchie,
planifiée et organisée ») nous paraît exagéré
pour expliquer tous les événements qui nous
dépassent ou que nous subissons, nous nous
garderons de disqualifier telle théorie ou telle
forme d’esprit du moment qu’elle serait cataloguée “conspirationniste”. « La pensée
conspirationniste est une pensée engagée.
Derrière ses masques, ses vitupérations et ses
théories, elle est le fourrier d’une politique
intrinsèquement antidémocratique », écrit
Charpier. Certes, mais en quoi serait-il “antidémocratique” de juger librement, de savoir
mettre en doute, de respecter les différences,
de combattre l’anarchie et le totalitarisme de
la pensée ?
Chose curieuse, l’auteur n’évoque jamais
l’une des plus meurtrières théories conspirationnistes de tous les temps : le marxisme. Au
nom d’un prétendu complot de la bourgeoisie
contre le prolétariat, combien de dizaines de
millions de victimes ? Mais s’il “oublie” ce
conspirationnisme « de gauche », c’est sans
doute pour ne pas nuire à sa démonstration…
Cet acharnement à décrédibiliser systématiquement toute forme de conspirationnisme
« de droite » ne prendrait-il pas finalement sa
source chez certains de nos adversaires
conspira… sionistes ?
Arnaud CHALLE. _____
L’obsession du complot, de Frédéric Charpier, Bourin Editeur, 232 pages, 19 €.
Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme par l’abbé Barruel. Réédition en deux
tomes (49 € les deux, avec longue introduction de Christian Lagrave et index) par les
Editions de Chiré, 86190 Chiré-en-Montreuil.
Conspira… sionistes contre conspirationnistes ?
Ariel Sharon, un singulier “homme de paix”
L’ESCLAVAGE tant décrié aujourd’hui est-il une conséquence de l’expulsion des juifs de la péninsule ibérique et de leur diaspora dans les terres
chaudes ? C’est ce qu’on peut induire,
encore que ce ne soit jamais dit, d’une étude
très intéressante mise en ligne sur le site
<http://www.sefarad.org/publication/lm/042
/4.html> et consacrée par Mordechaï Arbell
à la prépondérance des juifs espagnols et
surtout portugais dans les cultures sucrières
outre-Atlantique.
« Lorsque l’Inquisition fut instituée au
Portugal vers le milieu du XVIe siècle, écrit
M. Arbell, les Juifs qui continuaient à pratiquer le judaïsme cherchèrent un moyen de
quitter le Portugal, partant souvent vers les
colonies portugaises, en particulier l’île de
Madère », lusitanienne depuis 1400 et qui
« commença alors à devenir productrice de
sucre ». « En 1516, le roi
Manuel 1er décréta que les personnes désirant émigrer au Brésil pour se lancer dans
la production du sucre recevraient de la couronne tout le matériel nécessaire, ainsi que
l’assistance d’experts pour produire le sucre
au Brésil », où des documents attestent bientôt la participation des juifs dans un « triple
domaine : la culture de la canne à sucre, la
production du sucre et la
commercialisation ». Le Dr Herbert Bloom,
dans ses études sur le Brésil, note ainsi :
« Les Juifs étaient propriétaires d’énormes
plantations de sucre… et contrôlaient le
commerce du sucre au Brésil. »
Où l’Inquisition arrive bientôt, d’où l’interpellation « des “Nouveaux Chrétiens”
accusés de pratiquer la religion juive ».
Mais, en 1630, les Hollandais occupent la
province de Pernambouc, avec les villes de
Recife et Olinda où « la population juive
constituait plus d’un tiers — si ce n’est la
moitié — de la population blanche ». Les
Portugais réoccupent la région en 1654.
Qu’à cela ne tienne, « la majeure partie des
juifs cherche refuge en Guyane et aux
Antilles » où les Hollandais font leur possible pour promouvoir cette implantation.
Remarquant, selon M. Arbell, que « le pôle
d’attraction le plus important pour les Juifs
restait le respect des droits de l’Homme »,
les Bataves « promulguent une série de
décrets en faveur des Juifs dans ce domaine
et les Anglais, voyant les progrès que les
Hollandais avaient faits dans le commerce
du sucre grâce à cette attitude, décidèrent
d’imiter leur politique à l’égard des Juifs ».
Lesquels essaiment donc dans les colonies
britanniques, en particulier La Barbade, où
un certain David Rafael de Mercado de
Recife invente « un procédé de séchage et
de cristallisation du sucre grâce à une nouvelle technique », puis au Surinam où est
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