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Mécanisme
d’action
Renforcement des voies inhibitrices descendantes, en augmentant les concentrations de
noradrénaline et de sérotonine dans les fentes synaptiques au niveau spinal et supra-spinal.
Antidépresseurs tricycliques sont plus efficaces que les ISRS mais moins bien tolérés.
Les ISRNa ont un profil d’efficacité similaire aux tricycliques et un meilleur profil de tolérance.
CLASSES THÉRAPEUTIQUES ET EFFICACITÉ
Antidépresseurs
tricycliques :
exemple
l’Amitriptyline
Action :
§ Inhibition de la recapture de la NAD et de la sérotonine
§ Anticholinergique
§ Antihistaminique
Traitement recommandé pour :
§ Douleurs neuropathiques périphériques ou centrales
§ Prévention des céphalées de tension ou les migraines
§ Co analgésique dans la lombalgie chronique ou la fibromyalgie
Effets secondaires :
§ Sédation, sensation vertigineuse, bouche sèche, constipation
§ Sujet âgé : hypotension orthostatique, confusion.
Durée maximale de prescription pour tous les opioïdes forts.
NB : si l’ordonnance est présentée dans les 24 h qui suivent la prescription, le pharmacien sera tenu
de dispenser les quantités totales prescrites. Au-delà de ce délai, la dispensation sera limitée à la
durée du traitement restant à couvrir. Le pharmacien ne pourra délivrer deux ordonnances de
stupéfiants qui se chevauchent sauf mention expresse du prescripteur sur l’ordonnance établie en
second.
Les IRSNa
Comprend : la venlafaxine, la duloxétine, et le milnacipran.
Moins d’effets indésirables que les tricycliques car dépourvu d’effet anticholinergique et
antihistaminique cliniquement significatif.
La venlafaxine La duloxétine Le milnacipran
Douleurs chroniques
neuropathiques ++ (mais
utilisés dans plusieurs types
de douleurs chroniques)
EI : nausées, hypertension
artérielle, voire proarythmogène.
Efficacité démontrée dans la
polyneuropathie diabétique
et la fibromyalgie.
Efficacité plus rapide que les
tricycliques.
EI : nausées ++
Surtout dans la fibromyalgie.
EI : nausées ++
Les ISRS
Moins efficaces que les tricycliques ou les IRSNa.
Utilisés surtout si comorbidité dépressive majeure car bénéfice sur la thymie est important.
EI : Essentielle digestifs mais risque de syndrome sérotoninergique (anxiété, confusion,
dysautonomie avec diarrhées).
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ANTALGIQUES ANTIHYPERALGÉSIQUE - ANTIÉPILEPTIQUES
GÉNÉRALITÉS
Les
antiépileptiques
classiques
La carbamazépine Clonazépam Autres antiépileptiques
- Bloque les canaux
sodiques membranaires
(en partie responsables des
douleurs neuropathiques)
- Traitement de référence de
la névralgie du trijumeau
- Pas en première ligne au vu
des EI.
- Benzodiazépine, très
utilisée en pratique mais ne
dispose pas de l’AMM
dans la douleur
neuropathique.
- Usage limité à l’épilepsie
avec une prescription
initiale par une neurologue
sur ordonnance sécurisée.
- La phénytoïne : unique
indication étant la
névralgie du trijumeau car
beaucoup d'EI. Non utilisée
pour la douleur
neuropathique en France.
- Le valproate de sodium :
pas indiqué dans la
douleur neuropathique
Les
antiépileptiques
de nouvelle
génération
La gabapentine La prégabaline Les autres antiépileptiques
- Modulateur des canaux
calciques membranaires
- Indiqué dans les douleurs
neuropathiques
périphériques.
- EI : sédation, vertige, ataxie
locomotrice.
- Bonne tolérance
- Traitement de première
intention de la douleur
neuropathique.
- Mode d’action identique à
la gabapentine
- Indiqué dans les douleurs
neuropathiques
périphériques et
centrales.
- EI : sédation, ataxie
psychomotrice et prise de
poids.
- Seconde intention dans la
douleur neuropathique
car EI plus fréquents que
pour la gabapentine.
- Ne disposent pas de
l’AMM pour les douleurs
neuropathiques mais
peuvent être utilisés en 2nd
intention.
- Lamotrigine :
polyneuropathie
diabétique et post AVC
- L’oxcarbazépine : chez les
patients avec une
composante paroxystique
prédominante.
- Le lacosamide,
topiramate, ou le
lévétiracétam.
La carbamazépine Clonazépam Autres antiépileptiques
- Bloque les canaux
sodiques membranaires
(en partie responsables des
douleurs neuropathiques)
- Traitement de référence de
la névralgie du trijumeau
- Pas en première ligne au vu
des EI.
- Benzodiazépine, très
utilisée en pratique mais
ne dispose pas de l’AMM
dans la douleur
neuropathique.
- Usage limité à l’épilepsie
avec une prescription
initiale par une
neurologue sur
ordonnance sécurisée.
- La phénytoïne : unique
indication étant la
névralgie du trijumeau car
beaucoup d'EI. Non
utilisée pour la douleur
neuropathique en France.
- Le valproate de sodium :
pas indiqué dans la
douleur neuropathique
Stratégie de
prescription
Les études récentes sur les douleurs neuropathiques ne retrouvent aucune différence
convaincante entre molécules antiépileptiques et molécules d’autres classes pharmacologiques
concernant le niveau global d’antalgie obtenue, sauf pour les tricycliques et les opioïdes, qui
s’avèrent un peu plus efficaces par voie orale pour la douleur neuropathique périphérique mais au
prix d’une tolérance et d’une sécurité d’emploi bien moindres.
Toujours commencer par une monothérapie, par voie orale, puis discuter switch pour une autre
monothérapie ou une association si échec.
Le choix de la monothérapie dépend de la tolérance, des précautions d’emplois, CI, comorbidités
et traitements en cours.
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AUTRES MÉDICAMENTS ANTALGIQUES
Les
anesthésiques
locaux :
indications
Traitement et prévention des douleurs aiguës :
§ L’EMLA (mélange eutectique d’anesthésiques locaux) : L’application cutanée de doses allant
de 1 g (nourrisson) à 50 g (adulte) pendant 1 à 4 heures sur une surface de 10 cm2 entraîne
une anesthésie cutanée superficielle qui dure une à deux heures.
§ Les techniques de blocs
En prévention des douleurs neuropathiques chroniques :
§ Les douleurs sont fréquentes après chirurgie
§ L’infiltration anesthésique locale des filets nerveux, juste avant la section, et à condition
qu’elle soit poursuivie au moins trois jours, permet de diminuer de près de 50 % la survenue
de douleurs secondaires.
§ De façon similaire, l’infiltration anesthésique locale d’un foyer opératoire articulaire assure
une prévention du syndrome douloureux régional complexe de type 1.
Dans le traitement de certaines douleurs chroniques :
§ Emplâtre de lidocaïne : douleurs neuropathiques de topographie limitée.
§ Blocs sensitifs répétés ou continus
§ Blocs nerveux répétés aux anesthésiques locaux
Capsaïcine
Mécanisme :
§ Agoniste des canaux TRPV1 (canaux impliqués dans la nociception au chaud, aux protons… et
largement concernés par la sensibilisation des nocicepteurs).
§ Effets excitateurs initiaux de l’application de capsaïcine fait suite, lors des applications
répétées, une désensibilisation des nocicepteurs portés par les fibres fines.
Indications :
§ Douleurs neuropathiques de topographie limitée Blocs nerveux répétés aux anesthésiques
locaux
Corticoïdes
Peu d’action antalgique propre, agissent avec leur action anti-inflammatoire.
Utilisés soit par voie systémique, péri ou intra-articulaire soit en injection péridurale.
Indications :
§ Tendinites et ténosynovites
§ Radiculalgies irritatives
§ Certaines douleurs d’origine articulaire
ORDONNANCE SIMPLE
« DIMITRIE »
• Date
• Identité médecin
• Médocs : DCI, Poso, durée
• IMC : poids et taille (obligatoire < 15 ans)
• Tampon
• Renouvelable/non substituable
• Identité malade
• Emargé
SEVRAGE AUX OPIOÏDES
« tu te vides, t’en peux plus et t’as mal partout »
• Tu te vides : sueurs, diarrhée, hyperthermie, déshydratation
• T’en peux plus : agitation, anxiété, insomnie...
• T’as mal partout : myalgies, céphalée, troubles digestifs...
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FICHE E-LISA N°136
GÉNÉRALITÉS
Les
différentes
modalités
La consultation
préanesthésique
(CPA)
Idéalement 1 à 2 semaines avant l’acte programmé et jusqu’à 48h avant [3 mois
avant – 48h avant].
Objectifs : évaluer l’état de santé du patient, informer et planifier le parcours de
soins.
Doit être faite par un médecin anesthésiste réanimateur, résultats consignés dans
un document écrit avec d’éventuels examens complémentaires. Document gardé
dans le dossier médical.
La visite
préanesthésique
(VPA)
Mesure de sécurité obligatoire.
Ne se substitue par à la CPA.
Doit être faire par un MAR, dans les heures précédant l’intervention.
Indispensable en cas d’acte chirurgical en urgence (=/= CPA) !!
ANESTHÉSIE GÉNÉRALE
Composants § L’hypnose : perte de conscience et amnésie => Hypnotiques par voie IV (thiopental, propofol) ou
par inhalation (gaz halogénés).
§ L’analgésie : limiter les réponses somatiques et du SNA aux stimuli nociceptifs => Morphinique
§ La relaxation musculaire => les curares (dépolarisants ou non dépolarisant)
Déroulement
1. L’induction : administration d’agents anesthésique puis intubation ou masque laryngé. Induction
en séquence rapide chez les sujets non à jeun.
2. L’entretien : maintien de l’anesthésie à la profondeur souhaitée. Hypnotiques administrés par voie
pulmonaire via le circuit du respirateur ou par voie IV en perfusion continue
3. Le réveil : dès la fin de l’intervention par interruption de l’administration des agents anesthésiques
et après obtention des critères d’extubation (si patient intubé). Transfert en salle de réveil dès
récupération d’un état de conscience et d’une ventilation spontanée.
=> Le médecin anesthésiste doit être présent pendant l’induction et le réveil.
Complications
Complications cardiovasculaires :
§ Hypotension artérielle : diminution de la pré charge, de la contractilité myocardique, ou
diminution des résistances vasculaires périphériques.
§ HTA peropératoire
§ Hémorragie
§ Arythmies peropératoires : de bradycardies minimes aux troubles du rythme ventriculaires
§ Embolie pulmonaire fibrino-cruorique, gazeuse, de ciment, ou amniotique
Complications respiratoires :
§ Pneumopathie d’inhalation
§ Bronchospasme
§ Hypoxémie peropératoire
Item 136 – ANESTHÉSIE LOCALE, LOCORÉGIONALE ET
GÉNÉRALE
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Complications liées au terrain : ischémique myocardique du coronarien, hypoglycémie du diabétique
…
Autres complications :
§ Liées à la position : compression du nerf ulnaire
§ Infections péri opératoires
§ Hypothermie peropératoire
§ Hyperthermie maligne
§ Réactions anaphylactiques
§ Mémorisation peropératoire
§ Nausées et vomissements postopératoires
ANESTHÉSIE LOCALE ET LOCO-RÉGIONALE
Les
anesthésiques
locaux
Blocage de la transmission du courant de dépolarisation des fibres nerveuse, avec successivement :
§ Bloc sympathique
§ Bloc sensitif
§ Bloc moteur
La régression se fait dans le sens inverse.
Anesthésie
locale
Actes peu douloureux.
2 types :
1. Par infiltration : intradermique ou sous cutanée
2. Anesthésique topique
Méthode simple, pouvant être réalisée en consultation.
Anesthésie
loco-régionale
Blocage transitoire de la transmission des influx nociceptifs entre le site opératoire et le SNC.
2 types d’ALR :
1. Anesthésie médullaire (bloc central) : anesthésique local administré à proximité de la moelle
épinière
2. Blocs nerveux périphériques : anesthésique local administré à proximité d’un plexus ou tronc
nerveux
Avantages de l’ALR :
§ Éviter certains risques liés à l’AG
§ Analgésie complète et puissante
§ Préserve les fonctions cognitives
§ Permet une récupération fonctionnelle rapide
§ Reprise précoce de l’alimentation
Le principal inconvénient est le risque d’échec.
APPLICATION À L’OBSTÉTRIQUE
Plusieurs
options
§ La rachianesthésie : injection intrathécale, dans le LCR. Ponction entre L4-L5. Bloc sensitivomoteur rapide, profond, et prolongé. Exemple : La césarienne.
§ La péridurale : anesthésiques locaux dans l’espace péridural, entre la dure-mère et le ligament
jaune. Ponction au niveau lombaire ou thoracique. Exemple : analgésie obstétricale.
§ Les principales complications de la péridurale : effraction durale, céphalées post-brèche duremérienne, toxicité des anesthésiques locaux
§ Péri-rachianesthésie combinée : combinaison des deux.
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FICHE E-LISA N°143
GÉNÉRALITÉS
Aspects
spécifiques en
réanimation
�
2 cas de figure possibles :
1. Patient capable d’exprimer sa volonté : principe d’autonomie = la décision du patient
prévaut
2. Patient incapable d’exprimer sa volonté : directives anticipées/personne de confiance
mais toute décision de LAT doit être prise au cours d’une procédure collégiale définie par
la loi Léonetti, la LAT pouvant concerner tout ou une partie des TTT.
Au stade palliatif en réa :
§ Limitation des TTT pour définir le degré d’intensivité judicieux pour un patient donné, à un
moment donné. En réa, la limitation peut porter sur certaines suppléances sans limiter la
suppléance d’autres (ex : traiter un état de choc mais ne pas dialyser)
§ Arrêt = interruption d’un/plsrs TTT prodigué(s), +++ s’ils ne font que maintenir en vie
artificiellement. Un arrêt des TTT ne correspond jamais à une euthanasie, car l’objectif n’est
pas de provoquer le décès
§ Soins élémentaires à poursuivre quelle que soit la décision prise, pour le confort du patient
Éléments du dossier médical du patient à considérer :
§ Le pronostic de la maladie aiguë (ex : absence de réponse au traitement ou pathologies très
avancée)
§ Le pronostic de la ou des maladies sous-jacentes (ex : pathologie chronique incurable)
§ La qualité de vie antérieure du patient (ex : dépendance, altération cognitives…)
§ La qualité de vie estimée à l'issue du séjour en réanimation (ex : dommages irréversibles
compromettant la QDV…)
§ La volonté du patient : Selon la loi, un patient a le droit de refuser tout TTT.
- S'il est en état d'exprimer sa volonté, le médecin doit l'informer des TTT administrés,
des bénéfices et des risques encourus. Si le patient refuse le TTT, il doit être informé
par le médecin des conséquences de cette décision. Le médecin accompagnera alors
son patient dans le cadre du projet de soins établi avec lui, dans les limites demandées
par le patient.
- Si le patient n'est pas en mesure de s'exprimer, il faut rechercher des directives
anticipées et, à défaut, interroger la personne de confiance et l'entourage, dont le rôle
est de témoigner des volontés exprimées par le patient.
§ Le témoignage des proches
§ La collégialité de la décision. La discussion collégiale implique :
- L’ensemble de l’équipe soignante
- Les autres médecins habituellement en charge du patient
- Un intervenant médical extérieur au service, sans lien hiérarchique avec le(s)
médecin(s) du service de soins intensifs-réanimation
§ L'avis d'un médecin extérieur au service
Attention : toutes les décisions de limitation sont révisables et réversibles
Item 143 – PARTICULARITÉS DES SOINS PALLIATIFS
EN RÉANIMATION
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Obstination
déraisonnable
�
Gravité des patients en réa associée à la nécessité d’en accompagner une partie vers la fin de vie.
Devant l’étendue des techniques de PEC et leur caractère invasif, il est important
d’éviter l’obstination déraisonnable par la réalisation d’examens ou gestes techniques
inutiles/disproportionnés.
En situation d’échec thérapeutique ou de pronostic défavorable, il faut savoir ne pas exposer les
patients à la poursuite de gestes techniques invasifs ou d’examens qui pourraient induire un
inconfort sans pour autant améliorer les chances de survie à réévaluer l’indication à introduire
ou poursuivre les TTT tout au long de l’évolution de l’état de santé.
Non-admission en
réanimation
�
Certaines situations exposent le patient à une PEC réanimatoire rapide, sans laisser le temps à la
tenue d’une procédure collégiale pour la prise de décision de LAT. Dans ces situations d’urgence,
la volonté du patient est toujours prioritaire, exprimée par le patient lui-même, à défaut par ses
directives anticipées et enfin par la personne de confiance.
Décision de non-admission en réanimation possible sur le principe de proportionnalité, en
fonction de l’état clinique du patient au moment de la sollicitation, après examen du projet
thérapeutique et avis collégial des différents intervenants.
Limitation ou
arrêt
thérapeutique ?
�
§ Limitation thérapeutique :
La limitation des thérapeutiques s'entend comme le maintien des traitements en cours, sans
escalade si aggravation ou apparition d'une nouvelle défaillance d'organe.
Ex : en cas de détresse respiratoire, les techniques non invasives d'oxygénation ou de
ventilation sont appliquées, mais l'intubation jugée déraisonnable est d'emblée exclue de la
prise en charge. Cette réflexion peut s'appliquer à toutes les techniques de suppléance
d'organe disponibles en réanimation ou à une non-prise en charge chirurgicale éventuelle.
§ Arrêt thérapeutique :
L'arrêt des thérapeutiques signifie l'arrêt de traitements en cours, jugés être de l'obstination
déraisonnable, en dehors de ceux permettant d'assurer le confort du malade. Il s'agit d'un
processus de « démédicalisation » chez un patient en fin de vie chez lequel l'objectif
prioritaire du soin est l'accompagnement de fin de vie. L'arrêt des traitements de suppléance
peut conduire à l'accélération de la survenue du décès. Le plus souvent, un traitement
sédatif et antalgique doit précéder et accompagner l'arrêt des traitements pour éviter la
souffrance du patient. La ventilation artificielle invasive, la nutrition artificielle ou
l'hydratation font partie intégrante des traitements qui peuvent être arrêtés dans ce
contexte.
Soins palliatifs
�
§ Les soins palliatifs sont des soins actifs, s'intégrant dans une approche globale de la
personne atteinte d'une maladie « terminale ».
§ Ils consistent en la prise en charge de la douleur physique, mais aussi psychique, sociale ou
spirituelle.
§ Il s'agit d'une prise en charge interdisciplinaire, dans laquelle les soins vont s'articuler autour
du patient et de son entourage.
§ L'information du patient et de ses proches est constante, claire et adaptée.
§ La gestion médicale et paramédicale de la douleur est centrale dans la prise en charge du
patient. Le patient doit alors être confortable avec évaluation régulière par des échelles
objectives d'évaluation du confort. Les médicaments recommandés sont l'association d'une
benzodiazépine et de morphine.
§ Si l'état du patient le justifie, il peut être nécessaire de prescrire une sédation profonde et
continue jusqu'au décès.
§ Il est primordial de proposer également un accompagnement des proches, tout en
respectant leur intimité, d'accéder à leurs demandes et de surveiller très régulièrement
l'état de confort du patient.
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FICHE E-LISA N°151
GÉNÉRALITÉS
Définition
�
§ Méningite = inflammation des méninges, dans la plupart des cas d’origine infectieuse.
§ Méningo-encéphalite infectieuse = inflammation des méninges et de l’encéphale.
Une bactérie, un virus et plus rarement un champignon ou un parasite peuvent être à
l’origine des méningites et des méningo-encéphalites.
L’origine infectieuse d’une encéphalite sans méningite associée est rare.
§ Abcès cérébral = collection de pus dans le parenchyme cérébral. Il peut ne pas être associé à
une méningite.
Symptômes
�
La méningite est suspectée sur un syndrome méningé fébrile :
§ Céphalées violentes, en casque
§ Photophobie
§ Nausées / vomissements
§ Raideur de nuque
§ Fièvre
En cas d’atteinte encéphalitique, des troubles neurologiques centraux sont présents :
§ Trouble de la conscience
§ Focalisation
§ Troubles des fonctions supérieures
§ Crises convulsives
La première cause infectieuse est virale, liée à HSV1. L’hyperthermie est volontiers modérée.
L’apparition de troubles de la personnalité, d’un syndrome frontal et/ou temporal, de troubles de
la mémoire, d’hallucinations sont fréquents dans cette infection.
� Le diagnostic d'abcès cérébral est difficile à évoquer sur la clinique uniquement :
§ La fièvre est inconstante
§ L'absence de syndrome méningé est la règle mais les céphalées sont fréquentes, parfois
associées à des signes d’HTIC.
§ L'apparition progressive de signes de focalisation orientent vers ce diagnostic
Étiologies
infectieuses
�
Méningites purulentes
Méningite à méningocoque
§ Bactériologie : diplocoque gram négatif encapsulé, fragile. 5 sérogroupes principaux (A,
B,C,Y,W). En France sérotype B > C. Portage nasopharyngé asymptomatique temporaire
(adolescents et jeunes adultes)
§ Contexte : pas de terrain particulier habituellement, rechercher déficit en complément ou
asplénie, sujet jeune (< 25 ans) non immun (absence de vaccination) saison hivernale, cas
groupés
§ Clinique : début brutal, syndrome méningé franc, sepsis franc avec altération franche de l'état
général, pas de signe de localisation neurologique, purpura
Item 151 – MÉNINGITES ET MÉNINGOENCÉPHALITES
DE L’ADULTE
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Méningite à pneumocoque :
§ Bactériologie : Cocci Gram positif encapsulé, classiquement en diplocoque
§ Contexte : facteurs de risque à rechercher : âges extrêmes, immunodépression (éthylisme,
asplénie anatomique ou fonctionnelle, infection par le VIH, hypogammaglobulinémie,
traitements immunosuppresseurs ...), absence de vaccination portes d'entrée à rechercher :
infection ORL (otite, mastoïdite), infection pulmonaire, brèche ostéoméningée (traumatisme
crânien récent ou ancien, chirurgie de la base du crâne, rhinorrhée claire chronique
positionnelle ...)
§ Clinique : début brutal, contexte d'infection des VADS récente ou en cours, syndrome
méningé franc, signes de localisation neurologique fréquents, convulsions, coma
Méningocoque Pneumocoque
Méningites lymphocytaires hypoglycorrachiques
Méningite à Listeria monocytogenes
§ Bactériologie : Bacille gram positif
§ Contexte : terrain à risque : âge > 50 ans, éthylisme chronique, dénutrition,
immunodépression, grossesse
§ Clinique : début progressif, rhombencéphalite : signes d'atteinte du tronc cérébral (atteinte
des paires crâniennes)
§ LCR : typiquement panaché, parfois purulent ou lymphocytaire, hypoglycorrachie
Méningite tuberculeuse
§ Bactériologie : Mycobacterium tuberculosis : bacille acido-alcoolo-résistante visible en
coloration spécifique
§ Contexte : patient originaire de pays de forte endémie, immunodéprimé (VIH++), sujet âgé,
antécédent de primo-infection tuberculeuse non traitée
§ Clinique : début très progressif, altération de l'état général au premier plan, fièvre sueurs,
syndrome méningé fruste, signes de localisation neurologiques fréquents
§ LCR : lymphocytaire, hypoglycorrachique, protéinorrachie élevée > 1 g/L, examen direct le
plus souvent négatif (cultures longues, +/- PCR)
Physiopathologie
�
La plupart des méningites virales ou bactériennes surviennent après une colonisation des voies
aériennes. Diffusion hématogène
L’infection de contiguïté est également possible pour les méningites bactériennes (foyer infectieux
ORL).
La méningo-encéphalite herpétique est liée à une réactivation du virus HSV1 au sein des ganglions
de Gasser entrainant une infection de l’encéphale par contiguité.
Les abcès cérébraux se forment :
§ Par contiguité (> 50%)
§ Par diffusion hématogène (30%)
§ Inoculation directe (post chirurgicale, traumatisme)
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Épidémiologie
�
Résultat
macroscopique Liquide trouble Liquide clair
Formule Prédominance
neutrophile Prédominance lymphocytaire ou panachée
Rapport
glycorachie/glycémie < 0,4 < 0,4 > 0,4
Protéinorachie > 0,4 g/L > 0,4 g/L Variable
Micro-organismes
Streptococcus
pneumoniæ
Neisseria meningitidis
Listeria
monocytogenes
Hæmophilus influenzæ
Escherichia coli et
autres
entérobactéries
Mycobacterium
tuberculosis
Listeria monocytogenes
Autres bactéries au stade
précoce de l’infection
Oreillons
Étiologies virales
Leptospiroses
Maladie de Lyme
Brucellose
Syphilis
Méningoencéphalite :
Virus Bactéries Fongique
HSV 1 Pneumocoque Cryptococcus neoformans
Autres herpesviridae Listeria monocytogenes
VIH Tuberculose
Enterovirus Borreliose
Rage Syphilis
� Abcès
Souvent origine polymicrobienne (contiguité)
§ Streptocoques oraux (contiguité)
§ Anaérobies (contiguité)
§ S. aureus (post-chirurgical ou hématogène)
§ P. aeruginosa (post-chirurgical)
§ Listeria monocytogenes (hématogène)
§ Mycobacterium tuberculosis (hématogène)
§ Toxoplasma gondii (réactivation in situ ou hématogène)
§ Micromycètes
EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
Indication d’une
PL
�
Toute suspicion clinique de méningite doit pouvoir bénéficier d’une ponction lombaire en urgence.
Il existe des contre-indications à sa réalisation immédiate :
§ Instabilité hémodynamique
§ Infection du site de point de ponction
§ Troubles de l’hémostase suspecté cliniquement ou connu
§ Signe de focalisation
§ Crise convulsive persistante
§ Glasgow < 12
§ Signes d’engagement cérébral
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Examens
�
En l’absence de contre-indication à la PL :
1. PL et hémocultures en urgence
2. Si LCR trouble : déxametasone (DXM) + antibiothérapie immédiate
3. Si LCR clair : attente de la cyto-biochimie :
a. En faveur d’une cause bactérienne : DXM + antibiothérapie
b. En faveur d’une autre cause : abstention thérapeutique (sauf méningo-encéphalite à
liquide claire)
En cas de contre-indication à la PL :
1. Hémocultures (40 à 60 mL : 2 à 3 paires, si besoin sur une seule ponction veineuse)
2. DXM + antibiothérapie
3. Scanner cérébral si contre-indication neurologique à la PL
4. Correction des contre-indications non neurologiques à la PL (instabilité hémodynamique ...)
5. PL dès que sa contre-indication est levée
ð Dans tous les cas : adaptation de l’antibiothérapie aux résultats microbiologiques
ATB probabiliste
�
Résultats de
l’examen direct
Principaux microorganismes suspectés Traitement initial
Cocci à Gram
positif
Streptococcus pneumoniæ
Streptococcus agalactiæ
Céfotaxime 300 mg/kg/j IV après une dose de
charge de 50 mg/kg
ou Ceftriaxone : 100 mg/kg/j IV
Cocci à Gram
négatif Neisseria meningitidis
Céfotaxime 200 mg/kg/j IV après une dose de
charge de 50 mg/kg
ou Ceftriaxone : 75 mg/kg/j IV
Bacille à Gram
positif Listeria monocytogenes Amoxicilline 200 mg/kg/j IV + Gentamicine 10
mg/kg/j IV
Bacille à Gram
négatif
Hæmophilus influenzæ
Escherichia coli
Céfotaxime 200 mg/kg/j IV après une dose de
charge de 50 mg/kg
ou Ceftriaxone : 75 mg/kg/j IV
Examen direct
négatif
Streptococcus pneumoniæ
Streptococcus agalactiæ
Neisseria meningitidis
Céfotaxime 300 mg/kg/j IV après une dose de
charge de 50 mg/kg
ou Ceftriaxone : 100 mg/kg/j IV
Examen direct
négatif Si Listeria suspectée
Céfotaxime 300 mg/kg/j IV après une dose de
charge de 50 mg/kg
ou Ceftriaxone : 100 mg/kg/j IV +Amoxicilline
200 mg/kg/j IV+ Gentamicine 10 mg/kg/j IV
Méningite
infectieuse non
purulente
�
Une méningite infectieuse d’origine virale sans encéphalite associée se traite de manière
symptomatique.
En cas de cellularité panachée, le diagnostic d'infection à Listeria, de tuberculose ou de méningite
bactérienne décapitée se discute au cas par cas
Suspicion de méningo-encéphalite herpétique : L’introduction d’un antiviral par voie intraveineuse
(ACICLOVIR) est une urgence thérapeutique.
Mesures
générales
�
Précautions complémentaires respiratoires de type gouttelettes
Les infections invasives à méningocoque sont des maladies à déclaration obligatoire : Les cas
confirmés ou probables doivent être signalés sans délai par les cliniciens et biologistes aux Agences
régionales de santé (ARS) qui recherchent les sujets contacts autour des cas
Mesures de prévention individuelle des sujets contact (antibioprophylaxie, et dans certains cas
vaccination)
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CAT DEVANT UNE MÉNINGIO-ENCÉPHALITE (ME) DE L’ADULTE
Au domicile ou
au cabinet
Prise en charge identique à la prise en charge d’une méningite avec hospitalisation systématique en
service spécialisé et si besoin en réanimation
Prise en charge
Ponction Lombaire :
Les analyses demandées sont les mêmes que pour la méningite avec ajout PCR HSV-1, VZV et
entérovirus.
TRAITEMENT :
1. TTT étiologique
Devant toute ME à liquide clair, l’HSV-1 et le Listeria monocytogène doivent être évoqué en
priorité.
- Absence d’hypoglycorachie à TTT anti HSV-1 par aciclovir en urgence
- Présence d’hypoglycorachie à TTT anti-listéria.m en urgence par amoxicilline +
gentamycine
- Si absence d’orientation à cibler les 2 pathogènes.
2. TTT symptomatique
- O2 si désaturation
- Équilibre hydro-électrolytiques
- Antipyrétique
- Lutte contre l’œdème cérébrale
Imagerie cérébrale :
Elle est systématique mais ne doit jamais retarder la prise en charge
§ IRM cérébrale à T1, T2, FLAIR, Diffusion, Séquence vasculaire sans et avec injection de
gadolinium. Examen à faire en 1er intention car plus sensible que la TDM.
§ TDM cérébrale à Élimine les diagnostics différentiels. Elle est le plus souvent normal en cas
d’encéphalite. Peut également montrer des anomalies tardives.
EEG :
§ Cet examen est à réaliser en seconde intention après l’initiation des thérapeutiques
spécifiques.
§ Anomalies non spécifiques le plus souvent mais permettant d’affirmer l’atteinte encéphalique.
Bilan sanguin :
Le bilan sanguin permet d’évaluer le retentissement général de la ME, donne une orientation
étiologique et recherche les diagnostics différentiels.
§ NFS, plaquettes, CRP
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§ Iono, créat, BHC
§ Glycémie capillaire
§ Hémocultures
§ Dépistage VIH systématique après informations du patient
§ Selon le contexte, d’autres examens peuvent être ajoutés.
ABCÈS CÉRÉBRAUX
Physiopathologie
Plusieurs mécanismes sont possibles :
Souvent origine polymicrobienne (contiguité)
§ Streptocoques oraux (contiguité)
§ Anaérobies (contiguité)
§ S. aureus (post-chirurgical ou hématogène)
§ P. aeruginosa (post-chirurgical)
§ Listeria monocytogenes (hématogène)
§ Mycobacterium tuberculosis (hématogène)
§ Toxoplasma gondii (réactivation in situ ou hématogène)
§ Micromycètes
Épidémiologie
§ Âge de survenue : pic vers 60 ans
§ Morbidité : séquelles possibles déficit ou épilepsie chez 30%
§ Mortalité de 20%
Clinique
Tableau très variable :
§ Céphalées
§ Signes neurologiques centraux
§ Fièvre (absente dans la moitié des cas)
Imagerie
L’examen de référence est l’IRM cérébrale ou à défaut TDM injectée.
On visualise des images typiques en cocarde avec un centre
nécrotique en hyposignal et une capsule réhaussée.
Diagnostique
étiologique
Devant toute suspicion d’abcès cérébral, on doit systématiquement réaliser une sérologie VIH.
Les autres examens complémentaires dépendent des hypothèses diagnostiques.
IRM cérébrale en T1après injection de produit
de contraste et mettant en évidence des lésions
hypo intenses au centre et avec un
rehaussement périphérique.
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FICHE E-LISA N°152
GÉNÉRALITÉS
Définition
�
Endocardite infectieuse (EI) = infection de l'endocarde intéressant le plus souvent une ou plusieurs
valves cardiaques natives mais pouvant également toucher l'endocarde pariétal ou du matériel
prothétique (prothèse valvulaire, sondes de stimulateur cardiaque...) ; le plus souvent liée à une
infection bactérienne, plus rarement à un champignon et 2ndaire à la circulation sanguine du germe,
provenant d’une porte d’entrée et infectant secondairement l'endothélium valvulaire cardiaque.
Physiopathologie L'inflammation est secondaire à des turbulences du flux au niveau valvulaire → les bactéries
adhèrent à l'endocarde lésé → multiplication (cœur gauche +++ > cœur droit). Seuls certains agents
infectieux sont capables de causer une EI car ils doivent être équipés de facteurs d'adhésion à
l'endothélium lésé → ex : Cocci Gram + mais pas les entérobactéries qui ne sont que très
exceptionnellement responsables d'EI /!\
Épidémio
�
EI = maladie rare (incidence annuelle d’environ 35 cas/million d’habitants) mais grave (mortalité
hospitalière proche de 20%). Au cours des années, incidence stable mais modification du profil des
patients avec augmentation des EI liées à des procédures médicales à risque (cathéters, implantation
de stimulateur cardiaque, procédures endovasculaires...), représentant désormais 25-30% des cas.
Infection principalement des sujets d’âge mûr et du sujet âgé (âge moyen de survenue = 62 ans)
avec une prépondérance chez l’homme (x 3).
Situations à risque
�
Les facteurs de risques d’endocardites sont :
§ Prothèses valvulaires ou sonde endocavitaire (PM ou DAI)
§ Valvulopathie pré existantes (scléroses dégénratives) : Cependant, 40% des EI chez des sujets
au cœur apparemment sain, ou EI parfois révélatrice d’une anomalie valvulaire méconnue
§ Toxicomanie IV : endocardite sur cœur droit !
§ Procédures nosocomiales à risque de bactériémie
+ Collège de médecine interne : diabète, mauvaise hygiène bucco-dentaire, hémodialyse.
Ainsi on classe les patients à risque d’endocardite en deux groupes à risques :
Cardiopathie à haut risque =
groupe A
Cardiopathie à risque intermédiaire =
groupe B
- Prothèse valvulaire (mécanique, bio,
homogreffe)
- ATCD d’endocardite infectieuse
- Cardiopathie congénitale : toute cardiopathie
congénitale cyanogène NON opérée,
cardiopathie congénitale réparée avec un
matériel prothétique pendant les 6 mois après
la procédure, ou à vie s’il existe un shunt
résiduel
- Valvulopathies : IA > IM > RA
- Prolapsus de la valve mitrale
- Bicuspidie aortique
- Cardiopathies congénitales non
cyanogènes (sauf CIA isolée)
- CMH obstructive (avec souffle à
l’auscultation)
*Cf. bas de fiche pour prophylaxie concernant le groupe A
Item 152 – ENDOCARDITE INFECTIEUSE
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Germes causaux
�
Agent infectieux Part des EI Porte d’entrée
Staphylococcus aureus, staphylocoques
coagulase négative
30% Peau, KT/matériel, toxicomanie IV
Streptocoques oraux 20% Bucco-dentaire
Steptococcus gallolyticus (D) 13% Digestive
Entérocoques 10% Digestive, urinaire
Staphylocoques blancs 10% Peau, KT
Autres :
- Bactéries HACEK
- Bactéries IC : Coxiella burnetii,
Bartonella spp…
- Candida
8%
Bucco-dentaire
Spécifique à chaque germe
Peau, KT/matériel, toxicomanie IV
Endocardite à hémocs négatives 5-10%
DIAGNOSTIC
Signes cliniques
�
Tout souffle et toute insuffisance cardiaque fébrile est une endocardite JPDC
Signes cliniques multiples +++, devant faire suspecter l’EI devant :
§ Signes généraux : fièvre aiguë ou prolongée, frissons, AEG
§ Signes cardiaques : apparition/modification d’un souffle,signes d’IC gauche +++ et/ou droite (10%)
§ Signes extracardiaques = localisations infectieuses, complications emboliques, manifestations
immuno pouvant révéler le diagnostic :
- Cutanés : purpura vasculaire, lésions emboliques cutanées voire tableau d’ischémie
aiguë, faux panaris d’Osler (nodosités douloureuses, fugaces de la pulpe), érythème
palmoplantaire de Janeway (photos : purpura vasculaire, panaris d’Osler, nécrose sur
ischémie aiguë) hippocatrisme digital, hémorragies sous ungéales et sous conjonctivales
(dues à la rupture de petits anévrysmes mycotiques)
- Respi : toux, dyspnée par emboles pulmonaires sur EI du cœur droit
- Neuro, parfois inauguraux et révélateurs de complications (emboles, hémorragies,
méningite, abcès) : déficit neuro (AIT/AVC), convulsions, tbs de la conscience
- Rhumato : douleur rachidienne (spondylodiscite), articulaire (arthrite), musculaire
- Ophtalmo : purpura conjonctival, taches de Roth au FO
Formes trompeuses fréquentes cependant : fièvre nue ou absente, AEG, arthralgies/lombalgies
fébriles, signes neuro fébriles, embols.
NB : alternance fièvre - apyrexie : la récidive de la fièvre à l’arrêt de l’ATB est très évocatrice du
diagnostic d’EI.
Penser à rechercher systématiquement l’endocardite pour :
§ Tout souffle cardiaque fébrile
§ Tout AVC fébrile
§ Toute fièvre inexpliquée + valvulopathie
Critères diagnostic
�
Les critères de Duke vont permettre d’établir le diagnostic d’EI :
Critères mineurs :
§ Prédisposition : atteinte cardiaque prédisposante⁎ ou toxicomanie IV
§ T° ≥ 38 °C
§ Phénomènes vasculaires : embolie artérielle majeure, infarctus pulmonaire septique,
anévrysme mycotique, hémorragie intracrânienne, hémorragies conjonctivales, lésions de
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Janeway Phénomènes immunologiques : glomérulonéphrite, nodosités d'Osler, taches de
Roth, facteur rhumatoïde
§ Évidence microbiologique : hémoculture(s) positive(s) ne réunissant pas les critères majeurs,
ou évidence sérologique d'une infection évolutive due à un micro-organisme pouvant causer
une EI.
Critères majeurs :
§ 2 hémocultures différentes positives à : Streptococcus viridans, Streptococcus gallolyticus,
bactérie du groupe HACEK, S. aureus ou entérocoques
§ Hémocultures positives persistantes aux germes susceptibles d'engendrer une EI: au moins
2 hémocultures prélevées à plus de 12 heures d'intervalle, ou 3/3, ou la majorité (si > 3)
prélevées à plus d'1 heure d'intervalle entre la première et la dernière
§ 1 seule hémoculture positive à Coxiella burnetii ou titre d'anticorps anti-phase I IgG > 1/800e
§ –Échocardiographie montrant des signes d'EI : végétations, abcès, pseudo-anévrysme, fistule
intracardiaque, perforation ou anévrysme valvulaire ; ou désinsertion prothétique partielle
récente
§ Activité anormale autour du site d'implantation d'une prothèse valvulaire
§ Lésion paravalvulaire en scanner cardiaque
à Ainsi, grâce aux critères de Duke, on évalue la probabilité de l'endocardite.
Examens
complémentaires
�
2 examens-clés pour le diagnostic positif : hémocultures et échographie cardiaque.
Hémocs = exploration de référence pour isoler le germe et ainsi orienter la recherche de la porte
d’entrée. Modalités :
§ Au moins 3 prélèvement veineux avec culture aérobie + anaérobie
§ Espacés d’au moins 1 heure, sur 24 heures
§ Avec un volume de sang suffisant (> 40-60 mL chez l’adulte)
§ À répéter après 24 heures en cas d’hémocultures demeurant négatives
Échocardiographie = imagerie de référence permettant de :
§ Visualiser les végétations valvulaires
§ Rechercher des complications cardiaques associées (rupture de cordage, abcès, destruction
valvulaire, désinsertion de prothèse, fuite paravalvulaire)
§ Évaluer la sévérité des fuites valvulaires et leur retentissement cardiaque
Évaluation échocardiographique en 2 temps :
1. ETT systématique en première intention dès la suspicion clinique car rapide, non invasive et
disponible dans de nombreux centres mais sa sensibilité n’est que de 70% pour le diagnostic
positif
2. ETO ensuite réalisée en cas d'ETT positive mais aussi en cas d'ETT négative avec suspicion
clinique d'endocardite : meilleure sensibilité (≥ 90%), ++ si EI sur prothèse ; et évaluation des
complications au niveau valvulaire
Stratégie en cas
d’hémocultures
négatives
�
Hémocultures négatives = absence d’identification d’un pathogène après 5 jours de culture. Dans
moins de 5 à 10% des cas, il peut s’agir de :
§ Bactéries à croissance lente ou difficile :
- Bactéries du groupe HACEK à croissance lente
- Streptocoques déficients (ex : Granulicatella spp., Abiotropria spp...)
- Bactéries à développement IC et non cultivables (ex : Coxiella burnetii, Bartonella spp…)
§ Levure (Candida étant le plus fréquemment en cause)
§ Antibiothérapie préalable
§ Endocardites non infectieuses : rares endocardites lupiques ou marastiques d'origine
néoplasique
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Première cause à évoquer = administration préalable d’ATB +++, qu'il convient de rechercher à
l’interrogatoire. Dans ce cas, interrompre les ATB pour 72h avant de répéter les hémocs
(3 prélèvements sur 24h), en absence de critères nécessitant un traitement urgent (sepsis ou choc
septique, végétation, abcès ou destruction valvulaire).
En absence d’ATB préalable, compléter le bilan d’EI à hémocultures négatives :
§ Hémocultures à incubation prolongée
§ Sérologie Coxiella burnetti
§ Sérologie Bartonella spp
§ Avis spécialisé à demander en informant le labo de microbio sur la suspicion d’EI pour discuter
d'investigations complémentaires (PCR, sérologies, techniques particulières d'hémocultures...)
Enfin, si indication chir posée avant identification du germe : analyse bactério de la valve, des
végétations ou de tout matériel retiré pour essayer d'étayer le diagnostic.
Échographie
�
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