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coinad

11/18/25

 


possédait une carabine en 22 long rifle à

répétition, acquise de façon tout à fait légale

là aussi ; la meilleure preuve est que l’administration n’a eu aucun mal à retrouver

l’arme et son propriétaire. Mais, là encore,

l’Etat a changé la règle du jeu : détenir cette

arme est désormais illégal. L’ancien militaire a bien essayé de discuter. Peine perdue… Alors, il l’a rapportée au commissariat. Non sans avoir… découpé sa carabine

à la disqueuse ! « Je ne pourrai peut-être

plus m’en servir, mais au moins, je suis sûr

qu’elle ne servira pas contre moi ! » Car les

exemples ne manquent pas en effet de

postes de police pillés par les “potes”…

Enfin, troisième exemple : un homme

d’une soixantaine d’années, ancien

conseiller municipal UDF, tireur licencié

à la FFT depuis plusieurs années, s’est

brusquement vu retirer son autorisation

de détention. Il a donc dû rapporter son

pistolet au commissariat.

Ces trois cas se sont produits dans la

même commune des Bouches-du-Rhône.

On peut donc supposer que dans d’autres

communes, dans d’autres départements,

l’Etat a organisé la même chasse aux

tireurs.

D’autant que d’autres personnes — des

collectionneurs cette fois — ont également été pourchassées. A chaque fois, tout

est parti d’un salon d’armes anciennes.

Un homme achète une pièce — chargeur,

percuteur ou autre — pour une arme de

collection qu’il détient. Illégalement il est

vrai, mais on fait rarement des révolutions, ou même des braquages de banque,

avec des armes de collection… A la sortie, il est interpellé par deux policiers en

civil : « Bonjour Monsieur, vous avez

acheté une pièce pour une arme dont la

possession est soumise à une autorisation

de détention de telle catégorie. Avez-vous

une détention pour cette arme ? » Le collectionneur répondant par la négative, il

est aussitôt placé en garde à vue, pendant

que le procureur délivre une commission

rogatoire autorisant une perquisition chez

l’interpellé. Là, les policiers découvrent

non pas « un arsenal », comme aime à

l’écrire la grosse presse qui joue à se faire

peur, mais une petite collection de

quelques armes. Epilogue : l’homme a

comparu devant le tribunal correctionnel,

a été condamné à trois ans de prison avec

sursis, et sa collection (de plusieurs milliers d’euros) a été confisquée.

L’Etat désarme les Français !

Les profs lâches, et lynchés

Page “Ecole” de l’album de Chard

LA FRANCE MÉTISSE DE A À Z — 5 € l’exemplaire ou 7 €

franco. Les 4 : 18 € ou 22 € franco. Dédicace sur demande.

Chèque à Editions des Tuileries: 1 rue d’Hauteville — 75010 Paris.

DIEUDO ET TAUBIRA

PÉTAINISTES ?

Avis aux naïfs qui croient encore que

Le Figaro est « de droite » : interviewé

par Actualité juive le 29 décembre, AlainGérard Slama, éditorialiste vedette du

quotidien, s’explique sur son dernier

livre, Le Siècle de Monsieur Pétain (éd. Perrin, hélas). « Monsieur Pétain, et non le

Maréchal puisqu’il a été déchu de son titre »,

précise Slama, avant d’affirmer péremptoirement : « Je prends ici Pétain au sens du

défaitisme et surtout au sens du rejet de l’héritage des Lumières. » Or, « le judaïsme, c’est

fondamentalement l’héritage des Lumières ».

En revanche, poursuit l’essayiste, les

revendications actuelles des musulmans

ou des Noirs traduisent « la pétainisation

des esprits », qui survient « lorsque, à un

moment donné, le surmoi craque ». « Ce surmoi est aujourd’hui désactivé et il est grand

temps de le réactiver », conclut-il doctement. Et ce personnage, non content

d’intoxiquer les lecteurs du Figaro et les

auditeurs de France Culture, est professeur à Sciences Po !

l’Américain Clinton ou passant le témoin

comme Tony Blair devrait le faire bientôt.

Il était irréaliste également de miser sur la

résignation russe. Certes, Moscou a été dépassée par la stratégie américaine des « révolutions démocratiques ». Son espace géopolitique historique s’est réduit comme peau de

chagrin en 2005. Union européenne, OTAN,

révolutions dans les anciennes républiques, le

sentiment d’encerclement et même d’étranglement est devenu inacceptable. Pour Poutine, les Occidentaux ont franchi la ligne

rouge avec la révolution orange de Kiev.

Il a encaissé, un genou à terre, puis il a préparé sa riposte. Elle est énergique et énergétique. Il entend désormais utiliser l’arme des

hydrocarbures pour renforcer ses positions

internationales. L’Ukraine est la première victime de ce regain de puissance volontariste.

L’argument avancé par Moscou

pour augmenter les prix de son

gaz est a priori parfaitement recevable. Kiev, qui aspire à rejoindre

l’Union européenne et l’OTAN,

doit être prête à respecter les

règles du marché. Hérités des

temps soviétiques, les — très

bas — prix de vente du gaz dont

l’Ukraine continuait à bénéficier

n’ont plus de raison d’être et doivent s’aligner sur les cours mondiaux.

Dans l’affaire ukrainienne, le

Kremlin a clairement des visées

politiques, comme affaiblir le président Victor Iouchtchenko. Cette

vengeance intervient à trois mois

à peine de législatives qui s’annoncent très difficiles pour le nouveau pouvoir ukrainien divisé

politiquement et discrédité économiquement. Les anciens alliés du

Kremlin peuvent revenir en force

au parlement alors que le président jouit de moins de pouvoirs

suite à une réforme se voulant

plus démocratique de la Constitution.

Poutine n’a jamais accepté la

“sécession” ukrainienne mais il

voit au-delà de Kiev. Quand il fait

passer le prix du gaz de 50 à

230 dollars les 1 000 m3, le message est aussi pour d’autres. La

Biélorussie s’est inclinée devant

Gazprom tout comme le Turkménistan. La Géorgie voit le prix

passer à 160 dollars comme la

Moldavie alors que l’Arménie

reste à 54 dollars. L’augmentation

touche les Etats baltes et aussi le

Kazakhstan. La pression est générale et va même au-delà de l’exURSS. Les anciens pays satellites

de l’Europe centrale dépendant

largement du gaz russe craignent

la pénurie. L’arme énergétique

devient arme de dissuasion massive vis-à-vis de ceux qui voudraient aller trop loin vers l’Ouest.

Pétrole et gaz sont les enjeux de

demain.

Les USA font des guerres

pour obtenir le contrôle

mondial des ressources

énergétiques ; la Russie

vient de montrer que, sur ce

front, elle avait des moyens

de riposter, même si certains estiment qu’avec ses

coupures de gaz, elle a

donné à Kiev le prétexte

attendu pour le grand virage

atlantique. L’Union européenne a en tout cas été

prise de court et la France,

qui voyait comme d’habitude le Tchernobyl gazier

s’arrêter à ses frontières, a

vite déchanté.

Et le retour à la normale

de l’approvisionnement

russe ne devrait pas trop

vite rassurer. Il s’agit bien

d’un coup de semonce.

Moscou agite à la fois la

carotte et le bâton.

Tout cela intervient alors

même que la Russie prend

la tête du G8 et que Poutine

en présidera l’été prochain

le sommet à Saint-Pétersbourg, sa ville natale. Le

maître du Kremlin savoure son accession à la

tête des pays les plus riches, c’est pour lui la

confirmation du retour de la grandeur russe au

premier plan des nations. Il va s’en attribuer

tout le mérite, relayé par les media qu’il

contrôle, comme il contrôle Gazprom.

LE RACISME ? “MARGINAL”

La stratégie de l’image renforce celle des

pressions économiques. Ces pressions s’exercent en soutien aux opposants aux régimes

pro-occidentaux. La contre-attaque russe suit

les lignes des grands oléoducs contrôlés par

Moscou vers le centre de l’Europe, la Baltique, la Turquie et la Chine via l’ancienne

route de la soie. Les cartes de ces tuyaux font

penser à des cartes d’offensive militaire, et

c’est bien de cela qu’il s’agit. L’Occident est

embarrassé, inquiet en fait des conséquences

de son audace imprudente. Le chantage au gaz

n’a guère été condamné, pas plus que la

répression en Tchétchénie ou la multiplication

en Russie des agressions contre les étrangers,

notamment les étudiants noirs. Elles se multiplient pourtant à Moscou et à Saint-Pétersbourg où une manifestation organisée pour

dénoncer le racisme après la mort d’un Camerounais a regroupé à peine 200 personnes,

essentiellement… des Africains ! Les Russes

ont d’autres soucis et parlent plus de hooliganisme que de racisme. D’ailleurs, comme l’a

prouvé un sondage, l’opinion publique estime

ce problème “marginal”. Tout comme elle ne

semble nullement s’émouvoir des « scandaleux dérapages négationnistes » du président

de l’Iran, auquel Moscou avait proposé un

plan d’enrichissement de l’uranium (plan provisoirement rejeté par Téhéran qui veut maîtriser l’intégrité de sa filière nucléaire).

Ce qui compte pour les Russes, c’est la

reprise en main de l’économie et l’amélioration du niveau de vie des plus pauvres, les

retraités notamment, la fin des oligarques, la

lutte contre le terrorisme et la restauration

d’une grandeur impériale. A tort ou à raison,

ils voient dans le programme de Poutine la fin

des humiliations subies pendant l’ère postsoviétique.

A deux ans de la fin de son deuxième mandat, l’empire repart donc à l’assaut. L’avenir

dira si son tsar élu a vraiment les moyens et le

talent de sa politique. Son bilan reste contrasté

et sa personnalité ambiguë.

Il sait que les réserves de popularité sont

comme les gisements de gaz et peuvent

s’épuiser. Il faut en profiter tant qu’il est

temps.

Poutine entend bien d’ici à 2008, et peut-être

au-delà, rétablir la grandeur russe avec le

maximum… d’énergie.

Pierre-Patrice BELESTA.

Dernière heure. Le 10 janvier au soir, le

Parlement ukrainien a refusé de ratifier l’accord gazier conclu entre Kiev et Moscou et

destitué le gouvernement ukrainien.

6 N° 2746 — 13 JANVIE

L’AUTRICHE a accédé le 1er janvier

pour six mois à la présidence de

l’Union européenne, succédant ainsi à

la présidence britannique dont le bilan est

peu probant. Vienne a affiché ses ambitions :

« donner un nouvel élan à l’Europe », mais

en précisant immédiatement vouloir le faire

avec le soutien de l’Allemagne. Volonté aussitôt illustrée par une mondanité symbolique : le premier jour

de sa présidence semestrielle, le chancelier

Wolfgang Schüssel a

reçu dans l’ancienne

capitale des Habsbourg

la Känzlerin Merkel

pour le traditionnel

concert du Nouvel An qui correspondait

cette année au 250e anniversaire de la naissance de Mozart, génie germanique majeur

s’il en est.

2006 commence par une charmante et

assez étonnante tout de même petite

musique d’Anschluss. On est loin du temps

où l’Autrichien mal dénazifié était sur le

point d’être exclu de l’Europe des idéologies

démocratiques. Wolfgang Schüssel, le chancelier conservateur, doit savourer avec une

délectation particulière de se retrouver au

centre de l’échiquier institutionnel, lui qui,

en janvier-février 2000, avait été mis au ban

de l’Europe des Quinze pour son alliance

avec le FPÖ, les nationaux

libéraux classés à l’extrême

droite de Jörg Haider. Six ans

plus tard, il n’est plus, loin

s’en faut, le paria d’une

Europe désormais élargie à

vingt-cinq, et ses partenaires

européens attendent de lui

qu’il trouve un moyen de

relancer l’Union après les

non français et néerlandais

au référendum sur la Constitution européenne. Il est également considéré comme

habile. On le crédite des difficultés traversées depuis la

création de la coalition par

les populistes autrichiens

qu’il aurait ainsi neutralisés.

Schüssel a fait sienne la

devise du président du CSU

bavarois Edmund Stoiber:

« Personne à notre droite. »

Avec cette démarche, il a

exacerbé les luttes de clans

au sein du FPÖ une fronde de

l’aile radicale du parti a provoqué une scission majeure

en avril dernier. Haider a

fondé un nouveau parti —

l’Alliance pour l’avenir de

l’Autriche ou BZÖ qu’ont

ralliée les membres ex-FPÖ

VLADIMIR Poutine a normalement deux ans

devant lui. Deux ans pour

réaliser sa promesse : refaire de

la Russie une incontestable puissance mondiale. En 2008 se terminera normalement son second

mandat et la présidence qu’il

exerce depuis 2000. Selon la

constitution russe, il ne peut briguer une troisième fois la charge

suprême. Les observateurs

russes cherchent donc le successeur éventuel du tsar et estiment

le plus souvent que la constitution ne sera pas changée et que

Poutine ne pense pas à rester au

pouvoir — une hypothèse hasardeuse. Le président pourrait

n’être tenté de partir que si son

bilan était totalement positif et

s’il était sûr de ses dauphins et

de leur fidélité. On parle de Serguei Ivanov, l’actuel ministre de

la Défense et ancien lui aussi du

KGB, qui a également été

nommé le 15 novembre 2005

vice-premier ministre. On parle

aussi du « grand vizir » Dmitri

Medvedev, patron de l’économie, donc de Gazprom, et qui à

ce titre engrange pour l’Etat les pétrodollars.

Voilà qui nous amène à la crise du gaz ukrainien qui a tant surpris les Européens.

REVANCHE SUR

LA RÉVOLUTION ORANGE

Quand on considère le remaniement ministériel de novembre et la situation de début janvier, on peut estimer que Poutine a en fait préparé janvier en novembre. Plus que des dauphins, il a positionné une tour et un cavalier

pour un coup de maître consistant à rappeler à

ceux qui l’avaient oublié que la Russie était

une puissance mondiale énergétique. Plus que

sa succession, ce qu’il a préparé, c’est une

contre-attaque de l’empire. Il a deux ans pour

la mener à bien et ensuite il verra. Mais honnêtement, on l’imagine mal s’effaçant comme

L’UE relan

Hitler et les trésors

européens

En avril 1943, face à l’ampleur des destructions causées par les bombardements aériens anglo-américains

(lire de Jörg Friedrich L’Incendie. L’Allemagne sous les

bombes 1940-1945, Paris, Ed. de Fallois, 2004), Adolf

Hitler, soucieux de préserver le patrimoine culturel allemand et européen, prit une décision importante. Dès le

début des hostilités, en 1939, les autorités du Reich

avaient pris des mesures pour la protection et l’évacuation des œuvres d’art menacées.

Mais, en 1943, il s’agit d’autre chose. Considérant le

nombre toujours croissant des églises, des monastères

et des palais détruits par les bombes, Hitler « donna

l’ordre de faire des photos en couleur des plafonds et

des murs sur lesquels se trouvaient des fresques de

valeur. On commença par les districts occidentaux de

Cologne, Düsseldorf, Aix-la-Chapelle et on prit en

même temps des photos des sculptures, des stalles et du

mobilier. Un an et demi plus tard, Hitler décréta :

“Compte tenu du nombre croissant de biens artistiques

et culturels irremplaçables détruits par la guerre

aérienne, je crois souhaitable qu’on photographie de

toute urgence et aussi largement que possible — c’està-dire dans leurs moindres détails — les monuments de

valeur et les œuvres d’art fixes” » (Friedrich, op. cit.,

qui cite Olaf Groehler, Bombenkrieg gegen Deutschland, Berlin, 1990).

L’opération fut organisée et financée par le ministère de

la Propagande dirigé par le Dr Goebbels, sous le nom

« Hauptabteilung Bildende Kunst ». Les équipes de photographes, qui comprenaient également des universitaires,

des historiens de l’art et des chimistes, prirent à travers

toute l’Allemagne et l’Europe occupée plusieurs dizaines

de milliers de clichés de très grande qualité.

Ce sont ces photographies, ou tout au moins une partie

d’entre elles, récemment exposées pour la première fois

à l’Institut d’histoire de l’art de Munich (Zentralinstitut

für Kunstgeschichte), qui sont depuis le 21 octobre

accessibles sur Internet, sur le site

<www.zi.fotothek.org>. Jusqu’à une date récente, l’existence de cette collection n’était connue que d’un petit

nombre de chercheurs. Il est inutile de souligner l’intérêt que représentent pour les historiens et les restaurateurs d’art ces photographies qui permettent de faire

revivre en couleurs des œuvres aujourd’hui disparues.

E. F.

(Dessin de CHARD.)

Russie : l’empire contre-attaque

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE DE

JANVIER 2006

Jérôme BOURBON : De 1905 à 2005, cent ans de

fanatisme laïciste — Jean FERMANVILLE : Le rêve

le plus long de l’Histoire… des banlieues — René

BLANC : Dette, or, immigration, les peuples plus que

jamais mystifiés — Jérôme MOREAU : Le bon sens

commande le taux d’imposition unique — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES LIVRAISONS —

Petrus AGRICOLA : Le leurre du Plan Climat —

Pierre PERALDI : La colonisation en question —

Carrefour des lecteurs — Jean NAUX : La Sarre,

une migraine qui ne passe pas — Jacques-Marie

URVOY : Bloc-notes d’un catholique : de Lacarrière

à Tanoüarn — Arnaud CHALLE : Un tournant de

l’entre-deux-guerres : le conflit d’Ethiopie

(1935–1936) — Georges LAFFLY : Les livres… de

Moudenc — Patrick LAURENT : Tiercé gagnant

pour notre 7e Art — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel

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ER 2006 — RIVAROL 7

parti social-démocrate, les formations politiques invitent donc l’ex-chancelier à

renoncer à ce poste grassement rémunéré.

Les journaux parlent d’un pécule d’un

million de dollars par an. « Schröder a

causé un tort considérable à la renommée

des hommes politiques en Allemagne »,

estime le ministre-président CDU de

Basse-Saxe, Christian Wulff, qui ajoute

qu’il devrait « éviter de donner l’impression que le poste en question est une

récompense pour son engagement en

faveur du gazoduc ».

De plus, le consortium a son siège dans le

canton de Zug. Or, depuis des années, les

sociaux-démocrates font campagne contre

les milliardaires allemands, « mauvais

patriotes », résidant dans ce canton helvétique.

SCANDALE D’ETAT

Enfin, cerise sur le gâteau, le gérant du

consortium du gazoduc est un certain Matthias Warnig qui fut jusqu’en 1989 l’un des

chefs du service d’espionnage de la RDA

communiste. Ami de la famille Poutine (le

jeune kagébiste Vladimir fut longtemps en

poste à Leipzig), il dirige aujourd’hui l’andu gouvernement. Aux municipales, en

octobre dernier, le BZÖ n’a cependant

obtenu que 1,2 % des voix à Vienne alors

que le FPÖ maintenu, dirigé par

H.C. Strache, rassemblait, lui, 14,9 % des

suffrages après une campagne musclée.

Avec sa stratégie de diviser pour régner,

Schüssel peut mener en confiance sa coalition jusqu’aux législatives de l’automne.

Devancé nettement dans les sondages par les

socialistes du SPÖ, il espère redorer son blason avec la présidence de l’UE. Les “bruxellistes” pensent que son exemple pourrait

aider d’autres pays comme la Pologne à

gérer la participation au gouvernement de la

droite radicale — c’est-à-dire à la dissoudre.

Le fourrier du néo-fascisme en est devenu le

liquidateur. L’axe Berlin-Vienne a donc la

bénédiction de Bruxelles surtout que les

deux puissances germaniques sont de loin

les plus influentes politiquement et économiquement dans tout l’espace élargi à l’Est.

Le poids de cet axe au sein de l’Europe va

s’en trouver considérablement renforcé, au

détriment semble-t-il du couple franco-allemand, d’autant qu’en 2000, Jacques Chirac

avait été l’un des plus hystériques contempteurs de Schüssel.

La présidence autrichienne a toutefois

débuté sur un scandale : celui des affiches

pornos de soi-disant artistes. Jugées choquantes, deux affiches ont dû être retirées :

l’une d’entre elles montrait une orgie entre

trois personnes nues arborant les masques de

Jacques Chirac, de la reine Elizabeth II et de

George W. Bush. « L’Autriche s’est couverte

de honte », titrait la Kronen Zeitung, grand

journal populaire opposé à l’Union européenne et qui fera campagne pour le référendum de défiance à l’UE que le FPÖ maintenu veut organiser en mars.

La présidence autrichienne ne sera peutêtre pas le Danube tranquille que certains

prévoient. Mais l’essentiel pour Bruxelles,

on l’a bien compris, c’est qu’à Vienne on

joue du Mozart ou du Johann Strauss, mais

surtout pas du Wagner. Il en est de la

musique comme des Anschluss, ils peuvent

être ou ne pas être politiquement corrects.

Hermann TRAPIER.

tenne russe de la Dresdner Bank allemande.

L’ancien chancelier employé des anciens

du KGB, voilà qui a de quoi étonner, indigner et surtout inquiéter. Faudra-t-il un

jour étudier ses mandats à la lumière de ses

amitiés ex soviétiques ? Dans un pays où

une taupe soviétique, l’espion Peter Lohse,

alias Gunther Guillaume, fut longtemps le

plus intime conseiller d’un autre chancelier social-démocrate, Willy Brandt

(contraint à la démission quand la chose fut

découverte en 1974), la très imprudente

reconversion de Schröder pourrait déboucher

sur un scandale d’Etat.

Sa meilleure protection

est la participation de

ses amis à la Grande

Coalition mise en place

à Berlin avec Angela

Merkel. Au point que

certains se demandent

maintenant si son effacement et son activisme en faveur de cette solution bâtarde

n’étaient pas guidés avant tout par la

recherche d’un palladium politique.

H. T.

I

L A quitté la Chancellerie mais ne cultive pas uniquement l’art d’être père

(d’une petite Russe très récemment

adoptée). Il a sans doute peur de s’ennuyer,

d’où une hyperactivité très affairiste. Le

social-démocrate est décidément dans le

capitalisme comme un poisson dans l’eau.

Voilà donc Gerhard

Schröder conseiller

auprès de la maison

d’édition suisse Ringier

contre des honoraires

pharamineux, mais l’essentiel est ailleurs :

l’homme de la rigueur

sociale s’est fait, on le

sait nommer à la tête du

conseil de surveillance

germano-russe du consortium du gazoduc

qui doit traverser la Baltique. Société basée

en Suisse mais, et c’est là où le bât blesse,

dont le géant russe Gazprom détient 51 %

du capital. Pour la presse allemande, c’est

un cadeau de remerciement de Poutine,

l’ex-chancelier s’étant battu bec et ongles

pendant son mandat pour la construction

de ce gazoduc qui lèse les Etats baltes et la

Pologne. Mirifique cadeau car le salaire est

absolument exorbitant. A l’exception du

ncée par le “nouvel Anschluss” ?

CHURCHILL :

IRVING AVAIT

RAISON

Publiés pour la première fois le

1er janvier, des documents d’archives

britanniques datant de 1942-1945 ont

ébahi le grand public, stupéfait d’apprendre que l’illustre Winston Churchill, alors Premier ministre, avait

préconisé de laisser mourir le

mahatma Gandhi si ce dernier entreprenait une grève de la faim et, surtout, envisageait d’exécuter Hitler

sans procès. Qui plus est, par chaise

électrique ! Qu’il avait même suggéré

d’importer des Etats-Unis, « dans le

cadre du Lease Lend » — accord de

livraison d’armes américaines au

Royaume-Uni.

Sir Winston avait de bonnes raisons

pour cela : « Un procès (d’Hitler et des

dignitaires du IIIe Reich) serait une

farce… Toutes sortes de complications apparaissent dès que vous admettez un procès équitable », prévoyait-il avec une certaine

lucidité, d’où son idée de faire « exécuter les principaux criminels comme des horsla-loi, si aucun Allié ne les veut ». Sans doute ces révélations sur l’inhumanité et le cynisme du feu Premier

britannique, encore considéré en 2002

comme « le plus important Britannique de

tous les temps » selon une grande enquête

de la BBC, n’étonneront-elles pas ceux

qui ont lu la décapante biographie de

Churchill par David Irving. Mais une

ironie cruelle veut que l’historien britannique, dont l’Allemagne a demandé

l’extradition à l’Autriche pour contestation de la Shoah, soit depuis septembre dernier incarcéré à Vienne, où

son sort sera décidé en février.

MÉTHODES

FASCISTES ?

Pour un ambulancier, est-ce une

simple faute de goût ou au contraire

une « faute lourde » que d’arborer une

moustache à la Hitler et de marcher au

pas de l’oie lors d’une soirée costumée

organisée dans le cadre de son travail ?

En tout cas, la sanction n’a pas traîné

pour le Londonien Stephen Marsham

qui, moins de deux mois après la soirée fatale, a été licencié de l’hôpital

Princesse Alexandra de Harlow pour

« mauvaise conduite caractérisée ». On ne

sache pas que les syndicats aient protesté contre cette procédure expéditive.

Rappelons qu’en janvier 2005, le

prince Harry, troisième dans l’ordre de

succession au trône, avait fait scandale

en apparaissant lors d’une soirée dans

un déguisement évoquant (de très loin)

un uniforme de l’Afrika Korps, avec

brassard frappé de la croix gammée.

SUICIDAIRE

SIONISME

Si Tsahal n’a déploré la mort que de

66 soldats en 2005 (pour combien de

Palestiniens liquidés ?), il faut savoir

que la moitié d’entre eux ne sont pas

tombés au combat mais se sont suicidés, un phénomène en pleine expansion dans l’armée israélienne où le

taux de suicide a fait un bond de 15 %

entre 2004 et 2005 selon un rapport

présenté à la Knesseth par le général

Avi Zimmer qui a déploré la « détresse

morale » des appelés. Mais cette détresse

ne serait-elle pas consécutive à la sale

guerre qu’on leur fait mener ? Il aura

suffi en tout cas de moins d’un siècle

pour que le sionisme, censé créer un

« homme nouveau », se révèle, même

pour ses adeptes, une idéologie mortifère.

COMME A

BAGDAD

Bien qu’en permission dans sa famille

à New York, le GI Danny Carpio

continuait de se croire sans doute en

Irak puisqu’il tirait au fusil tous azimuts. Bilan : une mère de famille tuée

le 29 décembre alors qu’elle se trouvait

à la fenêtre de son appartement du cinquième étage.

Quand Schröder sent le gaz

FRÉDÉRIC CHARPIER, auteur l’an dernier de Génération Occident accueilli de

façon controversée dans nos milieux,

risque cette fois-ci de faire l’unanimité…

contre lui. L’obsession du complot, écrit à la

va-vite, manque cruellement de recul et de

réflexion tant l’auteur fait preuve d’une étroitesse d’esprit et d’une partialité désolantes.

Son livre se veut une histoire de « la théorie

du complot » des origines à nos jours avec

pour finalité d’en démontrer l’absence totale

de fondements. Sa conclusion ne laisse planer

aucun doute : « Le conspirationnisme prospère sur la simplicité attractive de son discours. Il profite d’une crise de la pensée,

d’une perte d’appréciation des réalités complexes, d’un recul des connaissances ainsi que

d’une défiance générale envers les grands

médias écrits et audiovisuels. » Si nous ne

contestons pas ce dernier point, que dire des

affirmations précédentes ? L’abbé Barruel,

Edouard Drumont, Léon Daudet, Jacques

Bainville ou Henry Coston doivent se retourner dans leur tombe, les Emmanuel Ratier,

Pierre de Villemarest, Dominique Venner, Eric

Delcroix, Guillaume Faye et tant d’autres

amis bien vivants doivent se frotter les yeux

d’incrédulité à la lecture de tels énoncés ! Que

de réelles manipulations aient été effectuées

(les Protocoles des Sages de Sion) pour inventer des complots imaginaires, est évident. Prétendre que les “conspirationnistes” sont dans

l’« incapacité (…) de comprendre un phénomène historique » relève d’une ignorance

outrancière. Mais Charpier n’en est pas à une

ineptie près et la lecture de son livre prouve

qu’il s’agit surtout d’un ouvrage de propagande antinationale : « L’extrême droite à

l’origine du conspirationnisme » ; « L’esprit

plutôt obtus et sectaire des

conspirationnistes » ; « La France est un

vieux pays de cocagne pour les thèses conspirationnistes . Les autels qu’elle a érigés à la

Raison ne l’ont pas empêchée de vouer à l’irrationnel un culte persévérant ». Etc.

Ce livre serait-il un gage de « bonne

conduite politiquement correcte » destiné à

tous ceux qui soupçonneraient l’auteur d’accointances avec la « Bête immonde », notamment après Génération Occident ? La

construction de sa démonstration et les

exemples cités le laissent à penser. Le sentiment d’être victime de complot(s) est, selon

Charpier, un sentiment qui a pris naissance

exclusivement dans notre famille de pensée.

Depuis les — passionnants — Mémoires de

l’abbé Augustin Barruel (sur l’influence de la

maçonnerie dans la révolution française) jusqu’au bulletin Faits et documents de Ratier,

l’« extrême droite » répandrait partout le

venin conspirationniste. L’auteur ne s’arrête

pas là. Selon lui, les «thèses délirantes» du

rouge Thierry Meyssan (sur les attentats du

11 septembre 2001), les supputations “gratuites” sur les causes “cachées” du suicide

d’un Bérégovoy ou de l’accident d’une lady

Diana Spencer, voire le contenu douteux du

roman à succès de Dan Brown (Da Vinci

Code), prendraient leur source dans la même

idéologie “noire”. Autrement dit, l’auteur

confond (volontairement ?) les observations

et analyses politiques les plus sérieuses avec

les fantaisies d’illuminés en mal de reconnaissance médiatique. Impossible de ne pas y voir

une opération savamment menée pour déconsidérer notre courant de pensée auprès de lecteurs (et d’électeurs) naïfs ou incultes.

Quant à nous, même si le terme de “complot” (dans le sens d’« entreprise réfléchie,

planifiée et organisée ») nous paraît exagéré

pour expliquer tous les événements qui nous

dépassent ou que nous subissons, nous nous

garderons de disqualifier telle théorie ou telle

forme d’esprit du moment qu’elle serait cataloguée “conspirationniste”. « La pensée

conspirationniste est une pensée engagée.

Derrière ses masques, ses vitupérations et ses

théories, elle est le fourrier d’une politique

intrinsèquement antidémocratique », écrit

Charpier. Certes, mais en quoi serait-il “antidémocratique” de juger librement, de savoir

mettre en doute, de respecter les différences,

de combattre l’anarchie et le totalitarisme de

la pensée ?

Chose curieuse, l’auteur n’évoque jamais

l’une des plus meurtrières théories conspirationnistes de tous les temps : le marxisme. Au

nom d’un prétendu complot de la bourgeoisie

contre le prolétariat, combien de dizaines de

millions de victimes ? Mais s’il “oublie” ce

conspirationnisme « de gauche », c’est sans

doute pour ne pas nuire à sa démonstration…

Cet acharnement à décrédibiliser systématiquement toute forme de conspirationnisme

« de droite » ne prendrait-il pas finalement sa

source chez certains de nos adversaires

conspira… sionistes ?

Arnaud CHALLE. _____

L’obsession du complot, de Frédéric Charpier, Bourin Editeur, 232 pages, 19 €.

Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme par l’abbé Barruel. Réédition en deux

tomes (49 € les deux, avec longue introduction de Christian Lagrave et index) par les

Editions de Chiré, 86190 Chiré-en-Montreuil.

Conspira… sionistes contre conspirationnistes ?

Ariel Sharon, un singulier “homme de paix”

L’ESCLAVAGE tant décrié aujourd’hui est-il une conséquence de l’expulsion des juifs de la péninsule ibérique et de leur diaspora dans les terres

chaudes ? C’est ce qu’on peut induire,

encore que ce ne soit jamais dit, d’une étude

très intéressante mise en ligne sur le site

<http://www.sefarad.org/publication/lm/042

/4.html> et consacrée par Mordechaï Arbell

à la prépondérance des juifs espagnols et

surtout portugais dans les cultures sucrières

outre-Atlantique.

« Lorsque l’Inquisition fut instituée au

Portugal vers le milieu du XVIe siècle, écrit

M. Arbell, les Juifs qui continuaient à pratiquer le judaïsme cherchèrent un moyen de

quitter le Portugal, partant souvent vers les

colonies portugaises, en particulier l’île de

Madère », lusitanienne depuis 1400 et qui

« commença alors à devenir productrice de

sucre ». « En 1516, le roi

Manuel 1er décréta que les personnes désirant émigrer au Brésil pour se lancer dans

la production du sucre recevraient de la couronne tout le matériel nécessaire, ainsi que

l’assistance d’experts pour produire le sucre

au Brésil », où des documents attestent bientôt la participation des juifs dans un « triple

domaine : la culture de la canne à sucre, la

production du sucre et la

commercialisation ». Le Dr Herbert Bloom,

dans ses études sur le Brésil, note ainsi :

« Les Juifs étaient propriétaires d’énormes

plantations de sucre… et contrôlaient le

commerce du sucre au Brésil. »

Où l’Inquisition arrive bientôt, d’où l’interpellation « des “Nouveaux Chrétiens”

accusés de pratiquer la religion juive ».

Mais, en 1630, les Hollandais occupent la

province de Pernambouc, avec les villes de

Recife et Olinda où « la population juive

constituait plus d’un tiers — si ce n’est la

moitié — de la population blanche ». Les

Portugais réoccupent la région en 1654.

Qu’à cela ne tienne, « la majeure partie des

juifs cherche refuge en Guyane et aux

Antilles » où les Hollandais font leur possible pour promouvoir cette implantation.

Remarquant, selon M. Arbell, que « le pôle

d’attraction le plus important pour les Juifs

restait le respect des droits de l’Homme »,

les Bataves « promulguent une série de

décrets en faveur des Juifs dans ce domaine

et les Anglais, voyant les progrès que les

Hollandais avaient faits dans le commerce

du sucre grâce à cette attitude, décidèrent

d’imiter leur politique à l’égard des Juifs ».

Lesquels essaiment donc dans les colonies

britanniques, en particulier La Barbade, où

un certain David Rafael de Mercado de

Recife invente « un procédé de séchage et

de cristallisation du sucre grâce à une nouvelle technique », puis au Surinam où est

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