élargie la production de sucre.
Cependant qu’à Cayenne, où la
Compagnie hollandaise des Indes
occidentales a signé en 1659 « avec
David Nassie et ses partenaires —
des réfugiés juifs du Brésil hollandais — un document par lequel ils
devenaient “Patroon et Patroons
dans une colonie sur l’île de
Cayenne” » si bien qu’un missionnaire français y découvrira « un
fort, une synagogue, une plantation
de cannes à sucre, quelques très
bons moulins à sucre et entre 300 et
400 Juifs ».
Au Surinam même, après la
conquête anglaise, « les Juifs
étaient considérés comme citoyens
anglais à part entière, avec tous les
droits qui leur revenaient… liberté
de religion, droit de posséder des
synagogues, des cimetières, des
écoles et des tribunaux ». Les Hollandais revenus, malgré les offres alléchantes de Londres de s’installer dans des
territoires britanniques, « les Juifs ont préféré le Surinam et la Savanna Juive est devenue un grand centre sucrier. En 1694, la
Savanna avait 570 Juifs dans 40 plantations
et 9 000 ouvriers. Au milieu du XVIIIe siècle,
elle comptait 2 000 Juifs (la
majorité de la population
blanche), 115 plantations et
une dizaine de milliers d’ouvriers… Entre 1700 et 1750,
les exportations de sucre ont
triplé… Les plantations sont
devenues des villages portant
des noms bibliques tels que
Goshen, Carmel, Beersheva,
Gilgal, Dothan, etc. Il y avait même une
petite ville, capitale de la Savanna Juive, du
nom de “Jérusalem près de la rivière”…
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle —
après une occupation française destructrice
et par suite du développement de la production de sucre de betterave en Europe et des
rébellions d’esclaves —, la Savanna Juive a
été peu à peu abandonnée et les Juifs sont
partis pour Paramaribo », conclut Mordechai Arbell et précisant que « les Juifs séfarades aiment les activités relatives au sucre.
Aujourd’hui, les industries sucrières à
Panama et au Salvador sont aux mains des
Juifs séfarades. Au début du XXe siècle, les
Juifs séfarades établis à Cuba étaient actifs
dans le domaine du sucre. La compagnie
française “Sucre et Denrées” appartient
d’ailleurs à des Juifs séfarades ».
Mais on reste sur sa faim : sur les dix mille
ouvriers que comptait la « Savanna juive »,
combien étaient des esclaves d’origine africaine ? Sans doute l’immense majorité
d’entre eux, comme il en allait de Cuba à La
Barbade, partout où prospérait la culture de
la canne qui, avec celle du coton, fut à l’origine de la traite négrière. Laquelle était très
largement aux mains d’autres séfarades
venus du Portugal, tels les Mendès devenus
Mendès France et qui, à Bordeaux, étaient
les principaux trafiquants d’esclaves comme
en témoigne le document ci-dessus. Le
« respect des droits de l’Homme » si cher
aux Juifs à en croire M. Arbell ne s’étendait
apparemment pas aux Nègres.
J. L.
Les Séfarades, le sucre… et l’esclavage
et d’implantations ? Avait-il
renoncé par pragmatisme au
tout-sécuritaire de la force
brutale ? Avait-il choisi de
sauvegarder le plus Grand
Israël possible, renonçant à
l’Israël biblique ? On peut le
penser sans en être sûr. Avaitil été gagné, à la fin de sa vie,
par une sorte de grâce pacifiste ? On peut en douter.
C’est pourtant ce que tendent
à faire croire les réactions de
la classe politique et médiatique occidentale. Comme elle
ne voit jamais, encore une
fois, que ce qu’elle veut voir,
elle se lamente plus que de raison sur la disparition de celui
qui était devenu, après avoir
été comparé à Hitler, un
“juste” de la cause de la paix.
Certes une partie de la planète ne supporte pas ce qui
rend faible et largement illisible l’avenir de l’Etat sioniste
dont la fondation est une réparation, et la survie un devoir
subliminal. Cet acharnement à
donner le beau rôle aux Israéliens et à sublimer le destin juif
peut être irritant ou insupportable mais il ne doit pas cependant occulter l’importance
objective de l’événement. La
disparition politique définitive
de Sharon, acteur majeur depuis
soixante ans des confits israélo-arabes, a
jeté, par la peur du vide, l’inquiétude et le
désarroi dans de nombreux pays.
C’est vrai que s’ouvre pour Israël et la
région, avec la fin du règne du « roi Arik »,
une période d’incertitude périlleuse. Sharon était un Samson ; il a d’ailleurs, à sa
8 N° 2746 — 13 JANVIER 2006 — RIVAROL
manière, emporté les portes de Gaza. Un
peu plus d’un an après la mort de son éternel ennemi Yasser Arafat, face à des
échéances électorales incertaines, plus rien
n’est à coup sûr prévisible. Les deux
peuples sont affaiblis et ont perdu leurs
géants controversés. Mais ce constat n’est
pas suffisant pour transformer le guerrier
de toutes les guerres, même les plus sales,
en irréprochable bâtisseur de la paix.
Le mur mondial des lamentations
déclenchées par l’hémorragie cérébrale
de l’homme qui ordonna d’évacuer Gaza
ne peut faire oublier que le même fit ériger le mur de séparation et créa de nouvelles “colonies” en Cisjordanie. Le
passé certain ne peut être ignoré au nom
du présent ambigu.
GAULLISTE OU KÉMALISTE ?
Militant terroriste de la Haganah en
1945, Ariel Scheinerman alias Sharon,
issu de parents arrivés de Russie, participe
à 17 ans à la guerre de 1947 et crée en
1953 des commandos chargé de représailles en territoire arabe. En 1956, il est
para dans le Sinaï, en 1967 il participe à la
conquête de Jérusalem et en 1973, désobéissant aux ordres de son état-major, il
franchit le canal de Suez à la tête de ses
blindés. Ministre de la défense en 1982, le
militaire devenu homme politique planifie
l’invasion du Liban et porte la responsabilité, en tant que chef suprême, des massacres des camps de Sabra et Chatila. Le
Liban sera évacué comme le Sinaï précédemment sous Menahem Begin, créateur
du Likoud (Sharon n’a donc pas inventé
l’évacuation de territoires occupés). En
2000, sa visite provocatrice sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem déclenche
la deuxième Intifada, qui ruine le processus de paix, ce qui était son objectif.
Enfin, en 2002, il lance l’opération Rempart — érection du mur de sécurité, apartheid de béton — et cloître Arafat, sa bête
noire, dans le ghetto de Ramallah — dont
seul Israël possède les clés.
Il a ainsi enterré un processus de paix dont
il ne voulait pas pour imposer unilatéralement sa vision, celle de la sécurité des juifs
dans un Etat hébreu qui ne serait menacé ni
par les Palestiniens ni par les Arabes.
L’évacuation unilatérale de Gaza est
l’arbre qui cache la forêt, le geste qui
camoufle la politique. Sharon, nous
l’avons déjà écrit, n’est pas gaulliste mais
kémaliste : il voulait sauver la nation israélienne de l’environnement arabe. Le guerrier n’est pas devenu pacifiste, il a changé
de tactique, cherchant, avec l’appui de
Washington, à imposer un état de paix
israélien au monde arabo-musulman, dans
la mouvance de la guerre contre le terrorisme et le Grand Moyen-Orient américain.
Les pays arabes ne le pleurent pas, les
Palestiniens le haïssent mais redoutent le
vide qu’il laisse.
Quant aux juifs religieux qui l’ont maudit, ils se lamentent et prient (pas tous)
pour lui, mais font remarquer qu’on ne
peut trahir impunément la cause
biblique… Ainsi en fut-il de Begin, de
Rabin et aujourd’hui de Sharon, comme
si une malédiction pesait sur les métamorphosés de Sion, ceux qui cherchaient
une autre voie que celle, exclusive, du
glaive au service du peuple élu.
Il n’est pas besoin de malédiction pour,
obèse et presque octogénaire, être brisé
par ses errements, et l’acharnement thérapeutique, même juif, ne peut que différer l’inévitable. C’est le temps qui a manqué à Sharon qui, s’il était Samson,
n’était pas Josué.
P.-P. B.
L A SURVIE clinique d’Ariel Sharon, aussi prolongée soit-elle, ne
changera rien à sa disparition politique. On ne saura jamais ce qu’il avait
vraiment en tête. Il va emporter son mystère et ses secrets. Où le Bulldozer israélien fonçait-il, hors de la feuille de route,
dans ses contradictions de retrait, de mur
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(Dessin de CHARD.)
N° 2746 — 13 JANVIER 2006 — RIVAROL 9
ouvraient la marche, toutes bannières haineuses déployées.
Ce n’est un secret pour personne que les
bagarres entre supporters de l’OM et du
PSG sont à large connotation ethnique.
Comme celles d’ailleurs qui, opposant
entre eux les supporters du PSG, selon les
quartiers et banlieues d’où ils viennent,
donnent une image singulière de la
fameuse « intégration à la française ». Il
importe donc d’observer que toute la responsabilité des troubles du Parc des
Princes est systématiquement imputée
aux “néo-nazis” et aux “skins” racistes.
Jamais la moindre allusion aux gestes,
inscriptions, insultes anti-Blancs qui émanent des gradins occupés par les djeunes. La politique des dirigeants du PSGCanal + depuis des années est de culpabiliser le Kop Boulogne. Afin petit à petit
d’en interdire l’accès aux groupes de supporters d’extrême droite, laissant le terrain libre aux autres, ainsi que cela a été
fait à Marseille.
Espère-t-on par la répression mettre fin
à des comportements dont on se garde
bien d’inventorier les causes ? Au premier
rang desquelles l’exaspération de supporters excédés par l’africanisation de leurs
équipes au mépris de toute nécessité sportive et par pure idéologie. Dans ce combat, les associations de supporters noyautées par les différents partis communistes
ou groupuscules gauchistes et contrôlées
par les ministres européens de l’Intérieur
ont une fonction essentielle : servir de
relais à la propagande médiatique faisant
du sport, et particulièrement du football,
le vecteur privilégié du métissage de l’Europe. On ne s’étonnera donc pas que le
site officiel de l’OM soit le seul à figurer
sur le site <chevaliers.76.free>, centrale
de liens gauchistes qui comporte des
dizaines d’adresses Internet.
René BLANC.
S’accentue l’attaque en règle
contre l’un des ultimes microespaces où s’exprime encore un
souffle d’esprit libre : quelques
tribunes des grands stades où
l’on relègue ceux que l’on
appelle les “socios”, estrades
“populaires”, rejetées à la périphérie, où s’agglutinent,
bruyants, colorés, animés, les
petits Blancs, victimes conjointement du naufrage économique
et de la férocité des lois néoracistes.
Certains, l’ayant modelé en
paria, ont fait du capitaine de la
Lazio de Rome, Paolo Di Canio,
la cible de l’idéologie anti-européenne qui, à travers toute l’Europe, fait son lit sur les ruines des
empires morts. Le quotidien L’Equipe, depuis des années transformé en brûlot
politique, mercenaire des grandes causes
mondialistes — néo-racisme, philosémitisme, métissage, éradication des identités
blanches etc… — a pris en France la tête
de ce djihad et dissèque au téléobjectif tous
les dérapages qui, dans les stades, servent
sa cause.
Di Canio, âgé de 37 ans, est le personnage qu’il fallait. A 15 ans, il militait déjà
dans la frange nationaliste des ultras, ceux de la Curva Norte de la Lazio, les
Irreducibili, furieusement d’extrême
droite. Il a toujours revendiqué cette
appartenance “laziale”, la fidélité à ses
origines populaires et l’affirmation de
positions qu’il fallait un grand courage
pour proclamer sur tous les stades d’Europe. Une brillante carrière qui, outre la
Lazio, le conduisit au Milan AC, à la
Juventus de Turin, au Celtic de Glasgow
et aux clubs anglais de Sheffield, Charlton et West Ham où il marqua 46 buts en
118 matches. Mais peu de sélections dans
la squadra azzura : le lourd prix de l’insoumission. Le garçon force le respect,
pourtant. En décembre 2000, lors d’un
match contre Everton, seul devant le but
vide, il refusa de marquer et porta secours
au gardien qui venait de se blesser. Ce qui
lui valut en 2002 le Prix Fair Play de la
FIFA. En 18 ans de carrière, aucun footballeur de couleur n’a jamais pu porter
contre lui la moindre accusation. De lui,
le Franco-Sénégalais Ousmane Dabo
disait, le 3 novembre 2004, lorsqu’il est
arrivé à la Lazio : « Hormis sa technique
fabuleuse et sa connaissance du football
il a prouvé qu’il était quelqu’un d’exceptionnel. Il est extrêmement humble, toujours optimiste. » Un an plus tard, le ton
est devenu arrogant : « Je ne lui parle
jamais, déclare-Dabo à France Soir… ça
me fait ch… de jouer avec un mec comme
lui… Le plus déroutant c’est qu’il est
sympa avec nous les Blacks. » On ne peut
mieux illustrer qui sont les véritables
racistes. Aussi ne pardonnera-t-on pas à
Di Canio, en janvier 2005, de saluer le
bras tendu ses supporters. Ce qui lui valut
10 000 € d’amende. Geste qu’il a renouvelé le 11 décembre à Livourne, ville
communiste (et largement sépharade)
dont le capitaine du club, Lucarelli, se dit
ouvertement “guevariste”. Si l’on se souvient que le « salut fasciste » est d’abord
l’antique salut romain et que le Romain
Di Canio joue dans une équipe romaine,
n’est-il pas scandaleux de lui reprocher
de cultiver ainsi ses racines ?
Il est vrai que Di Canio n’est pas le seul
montré du doigt. Gian-Luigi Buffon, l’actuel titulaire du poste de gardien de but
italien et considéré comme l’un des
meilleurs du monde, arbora un jour un
pull-over portant le chiffre 88 (HH ou
Heil Hitler, pour les non-initiés), ce qui
lui valut la colère des associations de
défense juives. Une autre fois, il exhiba
devant ses supporters un maillot portant
l’inscription « boïa chi molla » — « mort
aux lâches » —, cri de ralliement des Jeunesses fascistes.
L’Italie est “chaude”. En pleine guerre
de Yougoslavie, le Serbe Sinisa Mihaïla
portait un T-shirt à la gloire du capitaine
Arkan, le héros de la résistance antimondialiste, et, lors d’un match contre la
Lazio, il alla saluer les “ultras” de la
Curva Norte qui déployaient une
immense banderole en l’honneur du
« tigre Arkan ». On se souvient des croix
celtiques du kop Boulogne tandis que les “ultras” du stade Bernabeu à Madrid ne
manquent jamais de placer bien en vue
une immense bannière parsemée de sieg
sulfureux.
LES STADES LIVRÉS AUX
BOLCHEVIKS MULTIRACIAUX
Si on parle tant des groupes de supporters
nationalistes et si, à dessein, le Media
orchestre des campagnes diffamatoires
contre eux, c’est bien pour les faire interdire. Même ces quelques accès de fièvre
sont encore trop pour l’immense machine
à décérébrer. Lorsque Di Canio provoque
les supporters communistes de Livourne,
c’est d’abord parce que le car dans lequel
il se trouvait avait été attaqué par ces derniers. Et ne paraîtront incongrues ni à
l’Equipe ni aux media électroniques, toujours prompts à dénoncer « le fascisme sur
les stades », les banderoles antiracistes qui
fleurissent autour de la plupart des terrains
de foot d’Europe. Les faucilles et les marteaux. Les portraits du Che Guevara omniprésents. Le Stade-Vélodrome de Marseille, qui récemment accueillit la Lazio
par un déluge de projectiles, en est le
meilleur exemple : inscriptions en arabe,
drapeaux algériens, slogans racistes et gravures obscènes du chevelu à béret, rien n’y
manque. Il suffit de parcourir les innombrables blogs de supporters pour entendre
répéter en boucle que ni les fascistes ni les
racistes n’oseraient s’y montrer, moins
encore s’y afficher. Lors de la manifestation de masse “antifasciste” qui défila à
travers Marseille entre les deux tours de la
dernière présidentielle, ce sont d’autres
ultras, ceux de l’OM, gauchistes, qui
Foot : le combat perdu de Di Canio
et des “ultras” identitaires européens
ALORS que l’effondrement, sous le
poids de sa propre incurie et de
son intrinsèque nocivité, du « bloc
de l’Est » semblait avoir entériné la victoire absolue et définitive du capitalisme,
la boulimie de ce dernier alliée à son
irresponsabilité croissante l’ont conduit à
son tour au bord du gouffre.
Dramatiques menaces sur l’environnement, violents réveils identitaires et spirituels, paupérisation grandissante de populations toujours plus nombreuses et,
parallèlement, neurasthénie galopante des
Occidentaux suralimentés, étouffés de
vacuité dépressive… La voie capitalistolibérale mène-t-elle aussi au désastre ?
A l’heure de ce constat d’échec du
double paradigme central de la
modernité finissante, il n’est pas
inintéressant de redécouvrir les
penseurs qui, conscients des
insuffisances et des tares de ces
deux ogres idéologiques, ont
cherché à établir et à théoriser
une « troisième voie » politique et économique ne réduisant pas l’homme à une
seule de ses dimensions.
Parmi ceux-ci, le Belge Henri de Man
n’est pas le plus connu malgré l’originalité de sa pensée et l’influence non négligeable de son œuvre dans divers pays
européens et notamment en Italie.
Fils d’une famille aisée, Henri de Man
constata très vite le décalage entre le
confort de son milieu et les réalités sociales
de “l’extérieur”. Cette analyse le conduisit
logiquement au socialisme, puis, après un
séjour en Allemagne, au marxisme le plus
rigide mais cette belle orthodoxie se fissura
au contact des communistes autrichiens
qu’il côtoya durant un semestre universitaire et qui lui firent prendre conscience du
problème des nationalités.
A partir de cette période, le Belge
cherche à établir une critique antimatérialiste du marxisme, tentant de faire
découler le socialisme d’une norme
éthique supérieure (comparable à celle du
christianisme) et rejoignant par là certaines thèses de George Sorel.
Pour lui, le socialisme devait être un
modèle d’action et un style de vie au service d’une nouvelle synthèse d’aspirations spirituelles plutôt qu’une antithèse
de telle ou telle réalisation bourgeoise ou
capitaliste.
Pour parvenir à un tel résultat, Henri
de Man prône « l’assainissement » de la
démocratie belge.
Professant que « toute démocratie sans
responsabilité et sans autorité personnelles, sans auto-discipline et sans direction consciente, ne peut pas
résister aux manipulations
démagogiques ni à l’auto-destruction », il opte donc pour une
« démocratie puissante, vitale et
autoritaire » contre toutes les
formes de dictature.
Sur le plan économique, Henri de Man
élabore la doctrine du planisme, que certains historiens rapprochent des expérimentations fascistes, consistant en une
économie mixte et dirigée, étroitement
soumise à des directives d’intérêt général
(création d’un double exécutif, l’un politique, l’autre économique ; remplacement
du Sénat par un Conseil économique…)
Après la défaite militaire de 1940, il
croit voir dans le fascisme une puissance
révolutionnaire capable de balayer par la
force tous les obstacles ayant toujours
empêché la justice sociale et la paix européenne.
Le sort des armes en décida autrement
et le Manifeste qu’il rédigea à l’époque
pour appeler à la dissolution du parti
socialiste et à la création d’un parti
unique réunissant tous les Belges autour
du Roi lui vaudra d’être condamné en
1944 à vingt ans de détention.
Exilé, il se tua en 1953 dans un accident
de voiture.
Xavier EMAN.
Henri de Man, un socialiste éthique
Noël 2005
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Paolo Di Canio (D.R.)
MONNEROT
par Georges LAFFLY
Collection “Qui suis-je ?”
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En vente à nos bureaux (14 € fco)
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Pierre-Robert LECLERCQ
LE LIBRAIRE DE
LA RUE POLIVEAU
Tout commence par l’improbable rencontre, au fond d’une obscure librairie
parisienne, d’une femme de ménage peu
portée sur la lecture et d’un bouquiniste
peu intéressé par le négoce. Ils n’ont en
commun que d’être nés à Saint-Abdon et
d’avoir l’un et l’autre fréquenté la boulangerie Mirouët. Ce qui s’ensuit est proprement inénarrable. Souvenirs dévidés, récits
imbriqués et entrecroisés, fictions et réalité, enjolivements, digressions, défaillances
de la mémoire, un récit labyrinthique où se
confondent auteur et narrateur — quand
les nègres ne s’en mêlent pas, pour
embrouiller encore l’histoire.
Outre les deux protagonistes initiaux, on y
croise des communistes et des nazis, vrais ou
supposés. On y séjourne au Paraguay, avec
Jacques Méval, qui fut professeur de
musique au lycée Sainte-Beuve, en compagnie d’anciens SS émigrés à Nueva Germania, cette communauté créée par Elisabeth
Nietzsche, la sœur de Frédéric. On y traque
en vain le trésor de Pizarre. A moins que
Méval n’ait croupi au Goulag durant une
longue période. Rien n’est sûr et tout est possible.
Autant d’aventures éclatées, de jeux de
miroir, de personnages pittoresques interrogeant le passé pour les besoins d’une enquête
dont la progression constitue l’objet même
de ce récit à plusieurs voix.
Auteur d’une œuvre copieuse où essais et
récits voisinent avec des pamphlets, des nouvelles, des romans et des fictions radiophoniques, Pierre-Robert Leclercq signe, avec le
dernier en date de ses romans, un ouvrage
original, à la construction fort ingénieuse.
Ses personnages de provinciaux sont attachants. Il les campe avec une malicieuse tendresse rappelant la manière de Marcel Aymé,
ce qui n’est pas rien. Çà et là perce la griffe
du pamphlétaire. Comme le rythme ne faiblit pas de la première à la dernière page, que
le dénouement, indéfiniment retardé, ne
déçoit pas, le tout se lit avec délectation.
P.-L. M. _____
220 pages, 14 €. Editions Les Belles Lettres.
10 N° 2746 — 13 JANVIER 2006 — RIVAROL
STORA L’IMPARTIAL
Comme contribution au débat sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005, le Figaro
Magazine, que l’on croit à tort de droite, a
donné la parole dans son numéro du
17 décembre à l’universitaire Benjamin
Stora (1) qui en profite d’abord (on n’est
jamais si bien servi que par soi-même) par
faire la pub de son livre (collectif) sur la
« Guerre d’Algérie 1954-2004 » édité par
Laffont en 2004 et comme par hasard dans
la collection de poche Pluriel en 2005.
Un livre écrit par « vingt-cinq historiens
des deux pays » et diffusé en Algérie et où
l’on trouve un peu de tout, y compris une
étude très documentée sur « L’histoire des harkis et français-musulmans : la fin d’un tabou ? » due au sociologue Mohand Hamoumou et
à un jeune doctorant, Moummen. « Bravo,
dira-t-on, enfin Stora est “objectif” ». Sauf
que, dans sa préface, il écrit ceci : « Nous
(Stora et son compère Mohamed Harby,
Algérien et trotskiste comme lui) devons nous
distancier de ce texte dont l’analyse se fonde sur la
négation du fait national algérien. » Comme
Stora, lui, nie tout côté positif à la colonisation en Algérie (et ailleurs), c’est vraiment
la paille et la poutre.
A la fin de l’entretien (très complaisant)
publié par le Mig-Mag, Stora se vante de
compter parmi ses thésards « cinq ou six étudiants algériens, ou d’origine algérienne » qui travaillent évidemment sur des sujets bien
choisis. C’est confirmer qu’il a la haute
main sur ce genre d’études, mais il regrette
que les “moyens” (mot magique) soient insuffisants. Et suggère que, chaque année,
vingt-cinq bourses soient attribuées aux
chercheurs en France et même que l’Etat
français accorde des visas aux thésards algériens pour leur permettre d’effectuer des
recherches en France, cela dans le cadre
d’une « Fondation pour l’histoire coloniale ». On imagine les réactions de l’historien et de ses alter ego s’il y avait en France
une Fondation sur l’histoire du communisme (Monnerot en avait vainement souhaité la création) aux mains d’antimarxistes
frénétiques. Il nous est d’ailleurs revenu
qu’au Service Historique de l’Armée de
terre à Vincennes, ces dernières années, on
s’était inquiété des investigations très poussées d’étudiants chercheurs (pas uniquement algériens) dans certains documents
mis à leur disposition. Quant aux archives
algériennes, elles sont verrouillées à double
tour. Certains universitaires français anticolonialistes patentés en ont fait la pénible
expérience.
J.-P. A. _____
(1) Sur le curriculum professionnel de Stora (qui
n’est pas agrégé mais a bénéficié de certaines
filières politiques), voir sa notice dans le tome 2
de l’Encyclopédie politique d’Emmanuel Ratier, sur
laquelle nous reviendrons prochainement.
COMMUNAUTARISME
A l’instigation de Bertrand Delanoë, dont
l’humoriste est un ami, le Conseil de Paris
vient de confier à Elie Semoun la gestion
d’une salle de théâtre de 1 600 places, située
sous le pont Alexandre III et qui était désaffectée depuis plusieurs années. Dans cette
entreprise, Elie Semoun sera associé au producteur Albert Cohen — simple homonyme
de l’auteur de « Belle du Seigneur ».
Philipppe DELORME
SCANDALEUSES
PRINCESSES
Bien avant Ira de Furstenberg ou Lady Di,
princesses et reines s’engagèrent sur de tortueux sentiers, dont peu sortirent indemnes.
Souvent parce qu’elles étaient mal mariées,
parfois à des princes « dont le goût n’étaient
pas des dames », comme Isabelle, « la Louve
de France » fille de Philippe Le Bel et
épouse d’Edouard II Plantagenêt, roi d’Angleterre, ou Isabelle II d’Espagne dont le
descendant actuellement sur le trône, Juan
Carlos, serait issu par Alphonse XII des
amours adultères de la souveraine avec le
capitaine Enrique Puig Molto. Parfois parce
qu’elles n’étaient pas faites pour leur destin
royal, comme Christine de Suède ou Caroline de Brunswick dont les extravagances
lassèrent son cousin et époux, George IV
d’Angleterre. Et n’oublions pas Jézabel,
Cléopâtre, Theodora, Frédégonde ou
Catherine II de Russie — femmes de pouvoir, elles, et prêtes à tout pour l’obtenir ou
le conserver, mais que leur ambition mena
justement à de funestes extrémités.
Biographe de plusieurs reines (Marie
de Médicis, Aliénor d’Aquitaine, Isabeau
de Bavière, Anne d’Autriche) qu’il s’est
efforcé de réhabiliter, l’auteur s’est sans
doute amusé à évoquer rapidement ces
princesses « criminelles ou volages » (ce qui
n’empêcha pas certaines d’avoir une fin très
chrétienne, telle la trop décriée Lucrèce
Borgia, plus victime sans doute que criminelle et dont le portrait par Bartolomeo
Veneto illustre joliment la couverture de
l’ouvrage — voir ci-contre) et sa compilation se lit sans ennui.
J. L. _____
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