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11/21/25

 


La liberté n’a pas de prix et elle reste

une valeur fondamentale de notre programme politique. Nous devons, encore

plus aujourd’hui qu’hier, être vigilants

sur la contestation larvée de notre condition de peuple libre.

Choisir le Front National, c’est aussi

choisir le camp de la Liberté !

Propos recueillis

par Jérôme BOURBON,

<jeromebourbon@aol.com>.

sonnel, je serais toujours plus proche

idéologiquement d’Antony que de

Mégret. Cela demande donc de tout

prendre en compte et pas le seul cas de

Bruno Mégret.

Par ailleurs, il y a deux démarches très

différentes dans l’union patriotique. Il y

a celle de Timmermans, qui dit en substance : « on s’est trompé et aujourd’hui,

sans contreparties, on apporte notre soutien politique à Le Pen pour l’avenir du

courant national ». Je trouve cette

démarche logique, sincère, prometteuse

et respectable. L’autre démarche, c’est de

claironner partout : « nous avons des

contentieux avec le Front National qui ne

sont pas réglés, nous ne regrettons rien

de ce que nous avons fait. Nous sommes

prêts à monnayer notre éventuel soutien

à Le Pen contre un nombre de circonscriptions pour les législatives, etc… »

Vous jugerez avec moi qu’il s’agit là

d’une autre attitude qui ressemble beaucoup aux marchandages qu’ont coutume

de réaliser nos adversaires du système sur

le dos des électeurs et pour le plus grand

malheur de la France ! Sans compter sa

dernière condamnation dans une affaire

exclusivement tournée en 2002 contre le

FN, il s’agissait en effet pour Mégret

d’empêcher la candidature présidentielle

de Le Pen pour rabattre vers l’UMP et

Chirac une partie de notre électorat…

En politique, la droiture, la morale et les

sentiments comptent aussi ! Comme l’a

toujours dit le président, « je préfère être

battu sur mes idées qu’élu sur celles des

autres. »

EVITONS LES

MAUVAISES QUERELLES

R. : Quid des tensions entre Marine et

la « vieille garde » ?

L.A. : Il y a eu des tensions, c’est vrai,

mais elles ne sont plus d’actualité. Ce que

vous appelez « la vieille garde » s’est

rendu compte qu’on ne voulait pas sa

peau. Le combat qu’elle a mené pour préserver l’Empire français est un exemple

de courage et de sacrifice pour beaucoup

d’entre nous !

Marine a bien compris les inquiétudes

qui s’étaient exprimées, même si un certain nombre de reproches infondés ou

grossiers l’ont particulièrement blessée.

Nous sommes un front, avec des parcours, des caractères différents. Tant

mieux. Certains ont

préféré lancer des “fatwas” plutôt que de

jouer la concorde.

Marine préfère le rassemblement des

patriotes aux rigidités

de l’esprit. Sa vie de

fille Le Pen est là pour

témoigner de son attachement, de son expérience et de sa fidélité au combat national. Avec son âge, ses

yeux, ses idées, sa conception de la politique, elle secoue quelquefois le cocotier

national, mais il vaut mieux un bon débat

qu’un faux consensus. Aujourd’hui, les

choses vont mieux. Ce qui ne veut pas

dire qu’il n’y a pas, comme c’est

d’ailleurs inévitable dans tout parti politique, des divergences de point de vue,

mais elles ne sont pas fondamentales et

l’on arrive tous à œuvrer dans le même

sens, au service de la France, de notre

peuple et de notre civilisation conformément à notre programme.

R. : La question portait moins sur les

rivalités de personnes que sur les

inflexions doctrinales et programmatiques (avortement, homosexualité…)

et celles-ci paraissent plus importantes

qu’au moment de la scission mégrétiste, qui était, au moins à première

vue, davantage motivée par des querelles d’ambition et de préséance…

L.A. : Je crois qu’il s’agit là d’une mauvaise querelle et tout le programme du

FN ne se résume pas à cette question.

Tout le monde au Front est contre l’avortement et contre son remboursement par

la Sécurité sociale comme s’il s’agissait

d’une simple grippe, ce qui est profondément choquant. La doctrine en la matière

Louis Aliot : “Tous derrière Le Pen !”

● Secrétaire général du Front national depuis octobre 2005, quand il

succéda à Carl Lang, Louis Aliot, 37

ans, et membre du mouvement de

Jean-Marie Le Pen depuis 1990,

époque où il s’occupait du FNJ dans

l’Ariège, est également président du

groupe FN en Midi-Pyrénées où il a

pris la suite de Bernard Antony.

Ancien secrétaire général de Générations Le Pen, et donc considéré

comme proche de Marine, ex-directeur de cabinet de Le Pen (1999-

2000), ce Toulousain est enfin docteur en droit et a enseigné à l’université de Toulouse avant de se consacrer totalement à la cause nationale.

4 N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL

Le premier scandale s’est produit le

27 octobre en Seine-et-Marne où une

soixantaine de voyous, membres de gangs

rivaux et armés de battes de base-ball, de

pistolets tirant des balles de caoutchouc,

etc., avaient finalement été interpellés

après diverses violences et la dégradation

de nombreux véhicules. Or, le directeur

départemental de la sécurité publique,

Jean-Claude Menault, a ordonné à

ses hommes de démenotter les lascars interpellés, qu’il a fait relâcher après leur avoir tenu un petit

discours moralisateur. D’où la

fureur des policiers dont plusieurs

syndicats, de la droite (Synergie)

à la gauche (UNSA), dénoncent

« cette décision scandaleuse pour

les victimes et les collègues qui

sont intervenus » et réclament une enquête

de l’inspection générale de la police nationale. Action police s’apprête même à porter plainte contre Jean-Claude Menault

pour « échec à l’exécution de la loi par

personne dépositaire de l’autorité

publique ». « Ce type d’affaires classé sans

suite par une certaine élite de la police

plus soucieuse de son déroulement de carrière que de l’intérêt général renforce le

sentiment d’impunité chez les

délinquants », estime en effet Michel

Thooris, secrétaire général de ce syndicat.

Le haut fonctionnaire mis en cause argue

quant à lui des « problèmes d’ordre

public » qu’aurait posés l’arrestation des

meutes alors que les esprits étaient déjà

surexcités en ce « week-end très chaud »

marquant le premier anniversaire des

« émeutes du ramadan ».

C’est mu par le même souci que le préfet du Nord a interdit le 21 octobre aux

gendarmes venus sur commission rogatoire de perquisitionner à Roubaix au

domicile d’un trafiquant de drogue, interpellé dans la Drôme avec 6 kilos d’héroïne (valeur marchande : 1 million d’euros). Là encore, fureur des enquêteurs qui

ont inscrit noir sur blanc dans leur procès-verbal : « Le préfet du département

du Nord n’autorise pas les opérations de

police dans ce secteur sensible actuellement pour des raisons d’ordre

public » — fac-similé publié dans

Le Parisien. Ne soyons pas naïfs : ce n’est évidemment pas par hasard que sont divulgués

ces faits si révélateurs de l’impuissance

de l’Etat de droit, et donc de nature à

totalement discréditer Sarkozy et son

administration, surtout juste après que le

ministre de l’Intérieur eut imputé au

laxisme des magistrats la chienlit dans les

cités. Mais pour deux faits (révoltants)

connus, combien restent ignorés du grand

public ? On admirera ainsi l’exquise discrétion observée par France 2 sur l’attaque à Clichy-sous-Bois le 31 octobre de

l’une de ses équipes, dont un journaliste

a été grièvement blessé à la tête par trois

ados armés de barres de fer… et s’est vu

délester de sa caméra.

HONNEUR AUX BARBUS !

Mais sans doute l’Exécutif compte-t-il sur

de précieux pacificateurs pour rétablir

l’ordre. « S’ils n’avaient pas été là les 27 et

28 octobre, je ne sais pas ce qui serait

arrivé ». Ils, ce sont les islamistes de la

Seine-Saint-Denis et c’est à eux que le

“national” Eric Raoult, député-maire UMP

du Raincy, rendait ainsi hommage le

1er novembre au journal méridien de

France 3. Un hommage que leur avait déjà

rendu l’an dernier à la même époque le

maire socialiste de Clichy-sous-bois admettant que, « de toute évidence, leur présence

(des islamistes) a contribué à apaiser les

choses »…

Dans son n° du 2/11/2005, Le Monde

nous avait en effet montré en action les

« Grands frères » musulmans : « Reconnaissables à leur tenue traditionnelle et

à leur barbe », ils exhortaient les Jeunes

de Clichy-sous-Bois à « rester tranquilles », à quelques mètres des CRS qui

« se protègent avec leurs boucliers et

apprécient l’intervention ». Et le quotidien de référence de se féliciter alors du

« rôle de médiation, voire de maintien de

l’ordre, que prennent et revendiquent les

représentants de l’islam dans les quartiers sensibles (…) à l’occasion de tels

accès de violences ». Au point que,

comme l’avouait au quotidien un cadre

des Renseignements généraux de SeineSaint-Denis : « dans ces quartiers, les

maires ne peuvent plus rien faire sans les

représentants de la communauté musulmane. »

Et il ne vient à l’esprit d’aucun de nos

brillants élus et gouvernants que les « représentants de l’islam » pourraient exacerber le

climat dans « les quartiers sensibles » à seule

fin de prouver qu’ils sont incontournables et

que, nolens volens, le pouvoir-sic doit en

passer par eux pour rétablir un semblant de

calme ?

Jacques LANGLOIS.

E N L’ABSENCE de Nicolas Sarkozy

retenu loin de l’Assemblée nationale

par des « impératifs

internationaux » (il était en fait à Rabat

pour y rencontrer Mohammed VI), c’est

Dominique de Villepin qui a annoncé le

1er novembre l’interpellation dans les

quartiers Nord de Marseille de cinq Jeunes

de 15 et 17 ans, « auteurs présumés » de

l’incendie de l’autobus 32 où a été

grièvement brûlée une FrancoSénégalaise. Un crime théoriquement passible de trente ans de prison. Les suspects, un sixième

ayant été interpellé deux jours

plus tard, sont-ils d’origine marocaine ? Ce qui expliquerait la

visite éclair rendue à “M6” par le

ministre de l’Intérieur qui, de

Marseille cette fois, proclamait quelques

heures plus tard que ces incendiaires

seraient « traités en criminels » et châtiés

de manière exemplaire.

On voudrait le croire. Malheureusement

la divulgation le même jour de deux scandales impliquant directement la Place

Beauvau laisse planer le doute sur la

répression annoncée.

PARRAINAGES :

LA DERNIÈRE

DES “SAGES”

Le 31 octobre, le Conseil constitutionnel a fait savoir qu’en 2007, la liste intégrale des parrainages d’élus reçus par les

candidats à l’élection présidentielle ne

serait plus publiée, seuls 500 noms, tirés

au sort, devant être rendus publics,

contrairement à 1988, à 1995 et à 2002,

quand la liste complète des “parrains”

avait été affichée pendant deux jours

dans les locaux du Conseil… Où l’on

avait ainsi pu s’apercevoir que les candidats “institutionnels” avaient récolté des

milliers de signatures, asséchant volontairement le terrain des autres.

C’est ce qui sera dissimulé au bon

peuple cette-fois-ci, alors que la véritable

équité aurait exigé un anonymat total,

afin que maires et conseillers généraux

ou régionaux pussent donner leur signature en toute démocratie sans craindre

de représailles, électorales ou autres, de

la part des “grands” qui redoutent toute

dispersion des voix au

premier tour. Candidat

de la LCR, Olivier

Besancenot n’aurait

ainsi obtenu que 300

promesses de parrainage

et, s’il en a réuni 400,

Jean-Marie Le Pen n’en

est pas moins inquiet car

les 500 signatures doivent être collectées dans

« au moins 30 départements

ou collectivités d’outre-mer » comme le stipule la loi. Or, le temps presse. C’est

« aux environs du 19 mars 2007 » que le

Conseil constitutionnel publiera ses

listes. D’ici là, les “filleuls” devront absolument avoir trouvé leurs “parrains”

sous peine d’être éliminés.

PRÉFÉRENCE

ETHNIQUE

Après s’être rallié en 2002 à Jean-Pierre

Chevènement, le juge Eric Halphen,

actuellement en disponibilité mais qu’on

retrouvera l’an prochain vice-président

du tribunal de grande instance de Paris,

a déclaré cette fois « préférer, de loin, la

candidature de Laurent Fabius » dont les

idées sont celles qu’il « partage le plus. »

Ancien “enragé” et leader de Mai-68,

l’ex-maoïste Alain Geismar, désormais

inspecteur général de l’éducation nationale (la révolution mène à tout…), en

pince en revanche pour le très libéral

DSK : « Je voterai sans hésitation Dominique

Strauss-Kahn », a-t-il confié au Monde.

UN MITTERRAND

ENFIN CONDAMNÉ

La Cour de cassation ayant rejeté le

pourvoi déposé par Jean-Christophe

Mitterrand contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris le condamnant en janvier à

30 mois d’emprisonnement avec sursis

pour fraude fiscale,

cette condamnation

est donc désormais

définitive. Rappelons

que le fils de l’ancien

président de la République avait “oublié”

de déclarer à l’administration fiscale les fastueux honoraires

que lui avait versés l’homme d’affaires

Pierre Falcone (également bienfaiteur de

Charles Pasqua et de son fils Pierre), se

considérant alors comme résident mauritanien. Ce qui lui avait évité de payer

la bagatelle d’environ 600 000 euros…

et donne une idée des sommes perçues.

CLUSES : UN CADRE

FN AGRESSÉ

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, alors

qu’il collait des affiches (sur des panneaux autorisés) dans le quartier des

Ewües, le secrétaire FN du canton de

Cluses (Haute-Savoie) a été agressé par

quatre Jeunes encapuchonnés dont l’un

lui a assené un violent « coup de boule ».

Bien que la victime ait subi une interruption de travail de dix jours, ni le

maire de Cluses ni la presse locale n’ont

manifesté la moindre émotion.

L’abdication du pouvoir devant les islamistes

LE 25 OCTOBRE, le ministre délégué à la Promotion de l’égalité des

chances ne s’est pas gêné pour

exprimer son indignation, mais comme

c’était devant le Club de la Presse arabe,

cela n’a guère suscité d’écho, sauf dans

le quotidien algérois El Watan. Plaignez l’intéressé… Il aurait essuyé

« pendant de longues semaines, voire des

mois », des apostrophes insultantes du

genre « Arabe de service » ou « Arabe de

Villepin ». Mais qui donc le traitait ainsi ?

Il dit “On” sans autres précisions mais

chacun sait que le méchant serait Sarkozy. Azouz Begag est d’autant plus

énervé que, comme il le rappelle avec

complaisance, il a écrit quarante livres,

été chercheur au CNRS pendant vingt ans

et passe pour « le spécialiste de l’immigration et de l’égalité des chances ». On

compatit.

Dans la foulée il explique sa vision

d’avenir pour les jeunes des banlieues.

C’est « la diversité, source de rentabilité

économique et sociale ». Personne ne

peut s’y opposer. Même Le Pen (nommément cité) serait pour. Prudent sur le droit

de vote des immigrés car il faut procéder

par “étapes”, Begag déplore que la question de l’immigration — qu’il chiffre à

15 millions de personnes, triplant sans

complexes le chiffre officiel de l’Insee,

voir ci-contre — soit « polluée par l’utilisation politique ». Il se

réjouit que les « trois

quart des jeunes musulmans » pratiquent le ramadan, qui n’est pas contradictoire avec la

citoyenneté française. D’ailleurs, « on est

dans la construction identitaire » (sic).

Prophétisant qu’à l’issue des législatives

de 2007, il n’y aurait que six à sept députés issus des « minorités visibles », Azouz

Begag a confié au Progrès de Lyon le

29 octobre qu’il se présenterait à ces élections dans une circonscription (pas encore

choisie) de sa bonne ville de Lyon où il

veut incarner une « troisième voix ou une

troisième voie » (brillante formule !) entre

Gérard Collomb et Dominique Perben. Ce

qui complique la situation locale. Azouz

Begag ne cache pas qu’il veut récupérer

les voix de la droite hostile au président

de l’UMP, précisant : « Je suis content

quand Sarkozy me demande de fermer ma

gueule, ça prouve que lorsque je l’ouvre,

ça marche. »

Le porte-parole de l’UMP Luc Chatel a

traité par l’ironie la candidature de

Begag, « de nature à faire déplacer une

voix, la sienne ». Mais si le gone de

Chaâba réussit à mobiliser ses “pays”, ses

chances électorales seront des plus

sérieuses. Surtout pour les municipales.

Jean-Paul ANGELELLI.

L’“ÉMIR DES

CRIQUETS”

VOTE VILLEPIN

« Grand Témoin » de Radio Classique

le 25 octobre, Azouz Begag s’est montré

égal à lui-même, déclarant qu’il n’a

qu’« un candidat, c’est Villepin ». « C’est lui

qui a eu le courage de me faire entrer dans ce

gouvernement avec le Président de la République, et même s’il n’est pas candidat, Villepin, eh bien moi je voterai pour lui ! »

Et si le Premier ministre se présente

effectivement à la présidentielle, nul

doute que M. Begag fera voter pour lui

l’armée des “criquets” qu’il exhortait en

décembre dernier, dans le magazine Respect, à « aller chez les indigènes là-bas, les descendants de Vercingétorix », ajoutant : « Il

faut casser les portes, et si elles ne veulent pas

s’ouvrir, il faut y aller aux forceps. Partout où

la diversité n’existe pas, ça doit être une invasion de criquets, dans les concours de la fonction publique, dans la Police nationale. Partout

de manière à ce qu’on ne puisse pas revenir en

arrière. »

Nonobstant, le Premier ministre a tenu

à commencer sa conférence de presse

mensuelle, tenue le 26 octobre à l’Université de Cergy-Pontoise, en saluant

son « cher Azouz », présent — et vibrionnant — dans la salle.

Azouz la colère

ENTRE NOUS

(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)

Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres

rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un

numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.

Les textes doivent nous parvenir dix jours

avant la parution et être rédigés en caractère

d’imprimerie très lisibles.

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parue à l’Homme Libre. Tél : 06-11-36-54-84.

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N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 5

100 MILLIARDS

D’EUROS POUR

LES CITÉS !

Vous pensiez que les 35 milliards d’euros débloqués par Dominique de Villepin

pour les “cités” — ou, plus exactement,

pour y acheter la paix civile et raciale —

suffisaient ? Erreur. Dans un communiqué diffusé le 29 octobre, le Parti radical

de gauche estime, lui, qu’il faut consacrer

« 100 milliards d’euros sur cinq ans » à « un grand programme d’intégration républicaine

nécessaire à la reconstitution du lien social » dans les banlieues ! Car, ajoute le PRG,

« révoltants, les incendies de bus ou d’écoles

maternelles sont aussi les témoignages d’une brisure sociale à l’ampleur désormais tragique,

appelant une véritable mobilisation

républicaine ». Tout le monde en est d’accord : « la

République est en danger ». Mais les radicaux-cassoulet croient-ils vraiment que

« financer par l’impôt le grand programme d’intégration républicaine nécessaire à la reconstitution du lien social » restaurera l’ordre et la

loi, ou veulent-ils faire oublier par cette

proposition d’une rare démagogie leur

refus de laisser concourir la pasionaria

Taubira à la présidentielle du moment

que le PS leur garantit un groupe parlementaire ?

L’ANTIJUDAÏSME

EN HAUSSE ?

Ariel Goldman, porte-parole du Service

de Protection de la Communauté juive

(SPCJ) est en émoi : d’août 2005 à janvier 2006, les actes antisémites ont augmenté de 22 % et les menaces antisémites

de 8 %, résultat évidemment de l’opération « Châtiment équitable » lancée par

Tsahal contre le Liban. Mais si les pourcentages sont spectaculaires, les chiffres

le sont moins puisque l’on n’a recensé en

tout que 30 actes antisémites (de l’arrachage d’une kippa à des inscriptions injurieuses sur une porte) et 54 menaces également antisémites — terme d’ailleurs

impropres puisque la quasi-totalité des

“antifeujs” sont eux aussi sémites.

A comparer avec les 15 policiers agressés et les 115 voitures incendiées non pas

en huit mois mais chaque jour selon

Le Parisien du 18 octobre.

s’empêcher de penser que cette sous-estimation n’était pas involontaire. Comme

pour les sondages d’intention de vote ou

de cotes de popularité, comme le font les

instituts de sondage, Michèle Tribalat de

l’INED (Le Figaro du 24/08/06) affirme

que l’Insee « avait corrigé de manière

factice pour retomber sur ses pieds. » Il

faut insister sur le peu de fiabilité des

chiffres officiels relatifs à l’immigration.

Avant que le ministre Begag ne chiffre le

25 octobre à 15 millions le nombre des

immigrés (voir-ci contre), certaines estimations corrigeaient déjà les bilans de

l’Insee dans des proportions allant du

simple au double.

5, 10 OU 15 MILLIONS

D’ALLOGÈNES ?

Le Parisien du 21 août 1987 écrivait

ainsi : « Six millions de musulmans en

France. C’est le chiffre qu’avance le recteur de la mosquée de Paris, ajoutant

qu’il y a en France plus de musulmans

que dans certains Etats musulmans ». A

l’automne 2003, l’Institut de Géopolitique des Populations, à l’occasion d’un

colloque tenu à Paris, estimait à 8 ou

10 millions (soit une approximation de

25 % !) le nombre des migrants dont

5 millions de musulmans, soit une “évaporation” de 1 million par rapport au recteur Boubakeur. Le 22 mars 2004, lors

d’un face à face avec Michèle Tribalat,

l’Algéro-Français Yazid Sebeg, président

de la Compagnie des Signaux (partenaire

de la Défense nationale) et auteur d’un

rapport de l’Institut Montaigne sur « Les

oubliés de l’égalité des chances », estimait que « les minorités visibles représentent au bas mot huit millions d’individus, nationaux ou étrangers ». Il précisait : “visibles”. Pour Michèle Tribalat,

en revanche, « le nombre de personnes

d’origine maghrébine, sur trois générations, en 1999 ne dépasse pas 3

millions ».

Alors, combien : près de 5 millions ou

10, ou 15 ?

Le 28 juin 2006, interrogé dans

Le Figaro sur l’intégration de ses compatriotes en France, le Premier ministre turc

Recep Tayyip Erdogan répondait : « Seuls

100 000 des 500 000 Turcs installés en

France sont devenus citoyens français. ». L’Insee n’en dénombre que 225 000. Par

quelle aberration mathématique, du reste,

ces fameux Turcs représenteraient, toujours selon l’Insee, 4 % du nombre des

immigrés, alors que 4 % de 4,9 millions

n’a jamais fait que 196 000 ?

Sur la base des chiffres — 500 000 — du

Premier ministre turc qui, lui, sait compter

ses ressortissants, et ceux de l’Insee — la

moitié — on peut évaluer le nombre d’immigrés à près de 11 millions, soit environ

18 % de la population française. Et ce n’est

qu’un début. Fin 2000, un rapport de

l’ONU préconisait l’arrivée en France,

dans les vingt prochaines années, de

23 millions d’immigrés non européens. Le

18 octobre 2002, dans Valeurs actuelles, Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire

général de l’ONU ensuite promu par Chirac patron de la Francophonie, enfonçait le

clou et déclarait : « Trois ou quatre millions de Nord-Africains se trouvent déjà en

France ; dans les prochaines années, il

pourrait y en avoir de 15 à 20 millions. »

(Voir Ecrits de Paris, mai 2006, « L’immigration “choisie”, mauvais coup pour les

salariés français »).

A-t-on demandé l’avis des vieillissants

descendants des derniers Gallo-Romains ?

Pour combien de temps encore la carte

représentant les régions où le mouvement

national réalise ses meilleurs scores correspondra à celle des régions où les immigrés sont les plus nombreux ? Quoiqu’il en

soit, le temps presse !

Pierre PERALDI.

L’INSEE ne peut évidemment plus

dissimuler ce que le spectacle de la

rue, et en particulier les sorties

d’école, démontre d’une façon éclatante.

Selon son dernier rapport, il n’y aurait que

4,9 millions d’immigrés, soit 8,1 % de la

population en France. Le nombre d’immigrés en provenance d’Afrique subsaharienne, autrement dit d’Afrique noire, a

augmenté de 45 % entre 1999 et 2005.

Remarquons que l’Insee reconnaît la

très mauvaise qualité du recensement de

1999 qui sous-estimait le solde migratoire. De mauvais esprits ne pourront

demment glisser vers une catégorie “off”. »

Ainsi ont faussement été déclarés en France

2,5 millions de chômeurs seulement et les

politiques se targuaient, toute honte bue, de

ce « glissement contrôlé » sous la barre (psychologique) des 10 % de la population

active. Or, toutes catégories confondues, on

a réellement près de 4 millions de sansemploi, soit 15 % de la population active !

Chiffres auxquels il faut ajouter le bon million de personnes laissées volontairement

sur la touche par les pouvoirs publics : les

jeunes non indemnisés, les vieux dispensés

de recherche d’emploi, les RMIstes non inscrits, les lassés du pointage… Au final, ce

sont 5 millions de chômeurs, 19 % de la

population active, comme n’a cessé de le

clamer Le Pen !

Dans la même veine, Fabienne Brutus

épingle les radiations abusives, la paperasserie inefficace, l’argent public gaspillé, les

offres d’emplois fictifs ; les dysfonctionnements se traduisant par une « organisation

inadaptée », une « complexité des

parcours », un « accompagnement insatisfaisant », « l’absence d’écoute dans le traitement du chômage »… Elle déplore que le

« suivi mensuel personnalisé » du chômeur

se résume à des entretiens téléphoniques ou

par groupes de 50 personnes.

LES CHÔMEURS PAYENT

LA RÉÉLECTION

DES POLITICIENS

La mission initiale de l’ANPE, créée par

Chirac alors secrétaire d’Etat à l’Emploi du

gouvernement Pompidou, en 1967 (encore

une de ses réussites) était de favoriser la rencontre entre les employeurs et les chômeurs.

Ce but n’a jamais été atteint et la situation

C’EST avec jubilation que Chirac en

personne a annoncé le 31 octobre les

« excellents chiffres » du chômage :

seulement 2 129 300 demandeurs d’emploi

en septembre, soit 8,8 % des actifs avec une

nette embellie chez les 18-25 ans, dont le

Premier ministre crédite l’ANPE. Un éloge

qui étonnera fort ceux qui ont lu Chômage,

des secrets bien gardés — La vérité sur

l’ANPE (1), témoignage accablant de

Fabienne Brutus (non, ce n’est pas un

pseudo) qui, « conseillère à l’emploi » dans

l’Aude, voit plutôt dans l’ANPE (Assurance

Nulle Première Embauche) une voie de

garage pour des millions de chômeurs,

consentants ou non. Après un rapport sévère

de la Cour des comptes, en date du 23 mars,

sur l’hyper-techno-structure, Mme Brutus

n’a plus supporté d’être la “collabo” (sic) de

la grande mascarade triomphaliste sur la prétendue baisse du chômage organisée par le

gouvernement à l’automne 2005, alors que

tout démentait cet optimisme outrancier.

L’auteur appartient à Attac et au syndicat

Sud mais son coup de gueule ne doit rien,

selon elle, à ses choix politiques. Elle

démontre le déplacement insolent des chômeurs d’une “catégorie” vers une autre afin

de fausser les statistiques du chômage.

Certes, les chiffres sont publics, mais le

Bureau international du Travail ne retient

pour définition que la « catégorie 1 » (les

personnes sans emploi, immédiatement disponibles, recherchant un CDI à temps plein).

Aussi, dans le calcul final, ne sont pas comptabilisées les sept autres catégories (les personnes non disponibles immédiatement

parce qu’en formation, recherchant un CDD

ou CDI à temps partiel, etc.) F. Brutus

indique même que « l’obtention de n’importe quel contrat précaire, occupation

momentanée, stage de formation, fait éviest devenue si “extrême” que l’Etat, impuissant, sous-traite l’accompagnement des chômeurs à des cabinets privés, encore plus

inefficaces que l’ANPE, et qui se graissent

au passage sur le dos des demandeurs d’emploi et des contribuables.

En insistant sur l’instrumentalisation, à des

fins électoralistes, de la « politique du chômage » — dans un contexte de démantèlement du Code du travail, de mise en place

d’un faux plan « de cohésion sociale », de

raréfaction des CDIs, de tentatives d’imposer des contrats de travail bidon, etc. —,

Fabienne Brutus met les pieds dans le plat,

redonnant un peu d’espoir aux chômeurs et

aux travailleurs précaires qui veulent vraiment du boulot.

Jean DORVAL,

<jean-dorval@wanadoo.fr>. _____

(1) Ed. Jean-Claude Gawsewitch, 270 pages, 19 €.

Chômage : les chiffres… et la réalité

L’immigration et l’Insee :

manipulation ou incompétence ?

Article 13/2 : 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de

revenir dans son pays.

Extrait du dernier album de CHARD : Ma Déclaration des Droits de l’Homme

10 € l’exemplaire (12 € franco) ou 25 € les 3 (29 € fco).

Dédicace sur demande. Chèques à Editions des Tuileries,

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

10, 11 et 12 novembre au Bourget

FÊTE DES

BLEU-BLANC-ROUGE

RV au stand RIVAROL/Ecrits de Paris

(près de l’Espace enfants et du mur d’escalade)

Entrée : 5 € pour les 3 jours.

Navettes gratuites au départ de la Porte Maillot à Paris

et de la station RER B Le Bourget

à Volen Siderov qui devenait trop puissant.

Ataka est en effet désormais la quatrième

formation du pays, en récoltant l’année dernière près de 9 % des suffrages aux élections

parlementaires. M. Siderov a donc très justement souligné que son parti avait plus que

doublé son résultat par rapport aux législatives, précisant : « Pour moi, ce n’est pas

une défaite, mais une étape dans le développement de notre parti, sur la route de la

conquête du pouvoir. »

Volen Siderov a 50 ans, il a été le talentueux rédacteur en chef du premier journal

anticommuniste bulgare et su fédérer les

partisans de la défense de la nation bulgare

historique, ethnique et orthodoxe et les laissés-pour-compte de la libéralisation, tout

comme les marginalisés de l’ancien régime.

Il combat pour « la Bulgarie aux Bulgares »

et se montre très hostile aux minorités rom

et turque, qui représentent près de 18 % de

la population. La Bulgarie n’oublie

pas que son unité nationale s’est

faite dans la lutte contre le Turc pour

retrouver une indépendance perdue

sous le joug des Ottomans. Pour

Siderov, il ne peut y avoir de parti

turc en Bulgarie et l’adhésion à

l’Europe doit être renégociée afin de

sauvegarder les intérêts nationaux

bulgares. Il peut donc croire en son

avenir politique malgré la relative

déconvenue du 29 octobre.

Une large partie de l’Europe de

l’Est et balkanique a retrouvé son

indépendance dans la lutte contre le

Turc (et le Russe). Elargir l’Union

européenne à ces pays, en voulant y

faire entrer également l’ennemi

héréditaire asiatique, au nom d’une

idéologie démocratique partagée, est

donc une imbécillité dangereuse.

BELGRADE : UN OUI

D’ABORD AU KOSSOVO

Confirmation par le référendum

serbe : les Serbes ont finalement

voté oui au référendum de réforme

constitutionnelle mais essentiellement pour manifester leur volonté

de conserver le Kossovo. C’est une

tentative formaliste pour légaliser

comme “inaliénable” la souveraineté de Belgrade sur la province

historique. Mais c’est également

un vote en trompe-l’œil. Le Kossovo est maintenant peuplé à 90 %

d’albanophones musulmans, et un

processus s’est mis en route, soutenu par la « communauté internationale », qui doit déboucher sur

l’indépendance de la province. Le

vote des Serbes a peu de chance

d’y changer grand-chose, car Belgrade n’a plus les capacités politiques, diplomatiques, économiques et militaires d’appuyer

dans les faits sa déclaration de

principe, même solennelle.

L’hypothèse de la partition, pourtant plus réaliste, paraît malgré tout

également bien improbable. C’est

ce qui explique sans doute que si

96 % des électeurs ont voté pour le

Kossovo serbe, ils n’aient été qu’un peu

plus de 51 % à s’être déplacés pour la

défense de la terre historique par le Préambule de la nouvelle Constitution, destinée

à remplacer celle promulguée en 1990 sous

le régime Milosevic et à marquer une rupture avec cette époque.

La loi fondamentale approuvée les 28 et

29 octobre définit pour la première fois

depuis 1918 la seule Serbie comme un

pays indépendant, prenant ainsi en compte,

le démantèlement de la Yougoslavie,

achevé en mai dernier avec le choix du

Monténégro de devenir indépendant. Après

la sécession de la Slovénie, de la Croatie,

de la Macédoine, de la Bosnie et du Monténégro, la Serbie aura du mal à affronter

le départ du Kossovo, auquel la communauté internationale devrait accorder l’indépendance à la fin de l’année.

Ce référendum ressemble à un exorcisme.

A l’origine, la consultation devait être boycottée par les partis nationalistes pour manifester leur opposition au pouvoir; mais avec

le rajout sur le Kossovo, il leur était difficile

de rejeter le texte. Ils n’ y croient pas, mais

ils ne pouvaient pas faire autrement. Pour

eux cependant le Kossovo ne sera pas sauvé

seulement par un vote.

Les critiques et les rares partis d’opposition ayant appelé au boycottage estiment à

juste titre que l’opération avait surtout

pour objectif de permettre au gouvernement et à son chef, Vojislav Kostunica, de

se maintenir au pouvoir. « En faisant croire

aux Serbes que le Kossovo leur appartient

toujours, en se présentant comme le protecteur de la nation, Kostunica se protège

des critiques des ultranationalistes qui ne

manqueront pas de fuser lorsque l’indépendance du Kossovo sera annoncée par

l’ONU », commente ainsi Dragan Bujosevic, journaliste au quotidien Nin. « Depuis

qu’il a été élu, Kostunica n’a tenu aucune

de ses promesses. Il avait juré de préserver l’union entre la Serbie et le Monténégro ; il prétendait faire entrer le pays dans

l’Europe ; il avait promis de garder le Kossovo. » Le bilan en effet n’est pas glorieux.

Crédité de 31,7 % d’intentions de vote, ce

qui en fait la plus importante formation de

Serbie, le Parti radical officiellement dirigé

par Tomislav Nicolic mais en réalité par

son fondateur Vojislav Seselj depuis sa cellule de la prison du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à

La Haye, le Parti radical a été très actif,

dans la partie serbe du Kossovo notamment. « Ici, c’est la Serbie », pouvait-on

lire sur les ruines de maison kossovares.

Les militants ont scandé à plusieurs

reprises à Kossovska Mitrovica, ville divisée symbole, le nom du général Ratko Mladic, leur héros, inculpé de génocide depuis

plus de dix ans par le TPIY.

Le Parti socialiste de Serbie, la formation de l’ancien président Slobodan

Milosevic, a clamé également que « le Kossovo est

et restera toujours serbe »,

« Le Kossovo n’est pas perdu. Ce qui est

perdu, en revanche, c’est cette poignée

d’ordures politiques en Serbie qui le croit

6 N° 2785 — 10 NOVEMB

APRÈS l’hystérie provoquée dans le

monde islamo-musulman par les

propos du pape sur l’(indéniable)

incitation à la violence de certaines sourates

du Coran, les néo- conservateurs américains

et le président Bush doivent se réjouir, eux

qui tentent depuis quelques années d’imposer une expression, celle d’“islamofascisme”. Il s’agit une fois de plus d’instaurer par la « dictature sémantique » du politiquement correct l’idée que la guerre contre

le terrorisme islamique est dans la continuité

du combat des démocraties contre les totalitarismes. Le fascisme est considéré comme

LA référence du mal absolu, et son éradication justifierait donc tout. On notera que les

neo-cons ne parlent pas d’islamosoviétisme : le totalitarisme bolchevik ne

saurait être, lui, un mal absolu (il n’est qu’un

« empire du mal » mais relatif) puisqu’il a

participé à la Croisade des démocraties,

contre le fascisme justement.

Cette assimilation de l’islamisme au fascisme fait partie du « terrorisme du mensonge », arme de destruction massive au serLE SECOND tour de la présidentielle

bulgare, et le résultat positif, le même

jour, du référendum constitutionnel

serbe, ont été généralement présentés

comme des succès des pro européens de ces

deux pays de l’Est. Si, en Bulgarie, ce n’est

pas totalement faux, en Serbie c’est très

contestable.

SIDEROV, LE LE PEN DE SOFIA

Il est évident qu’en Bulgarie, le président

sortant Georgi Parvanov, célébré pour avoir

« conduit son pays aux portes de l’Europe »,

a été réélu largement le 29 octobre avec

76 % des suffrages lors du second tour de

l’élection à la magistrature suprême qui

l’opposait au nationaliste Volen Siderov,

lequel a reconnu sa défaite « J’ai perdu

contre un adversaire d’une force disproportionnée, qui avait le soutien de presque tous

les autres partis. »

Il y a eut des comparaisons entre le premier

tour de la présidentielle bulgare et un certain

21-Avril français. Le succès de Parvanov est

donc lui aussi en trompe-l’œil, une sorte de

chiraquetterie bulgare. L’événement bien

sûr, ce n’est pas le score au soir du

29 octobre du président sortant, mais celui,

au premier, du charismatique leader d’Ataka

(Attaque). La société bulgare est en voie de

sidérovisation et le cordon sanitaire de tous

contre Volen ne peut l’occulter que dans une

approche superficielle.

Georgi Parvanov, historien de 49 ans et

ancien chef du Parti socialiste, est cependant

le premier chef d’Etat bulgare à être réélu

depuis la chute du communisme en 1989.

« Sa réélection pour un second mandat de

cinq ans serait en réalité un référendum proeuropéen des citoyens bulgares ». C’est ce

qu’a estimé devant la presse le Premier

ministre Sergueï Stanishev.

Le sortant s’était prudemment présenté en

tant qu’indépendant et la plupart des partis

lui ont apporté leur soutien. Des hommes

politiques de droite ont aussi appelé à voter

pour lui, ne serait-ce que pour barrer la route

Islamo

HELVÉTOMASOCHISME

A Roggwil, en Suisse alémanique, la Commission

scolaire est présidée par le frénétique Fredy Lindegger, politicien issu du mouvement Akzänt, dont

l’idéologie se veut « alternative

de gauche ». Cette Commission

a donc a interdit aux écoliers et

lycéens le port « d’effets vestimentaires provocants ». Mais attention,

par “provocants”, le camarade

Lindegger n’entend pas les jeans

taille basse découvrant un

“string” ou un débardeur moulant la poitrine mais

« les vêtements ornés du symbole national de la Confédération Helvétique, la croix blanche sur fond rouge ». Porter

en groupe le symbole national suisse pourrait, précise la Commission citée par notre bon confrère

berlinois Junge Freiheit, « générer en certaines circonstances un effet de provocation et influencer négativement le

climat social » — c’est bien sûr du climat racial qu’il

s’agit, les « chances pour la Suisse » étant aussi susceptibles que les nôtres.

Interrogé par la Berner Zeitung époustouflée par

sa décision, Lindegger a déclaré que les jeunes

filles qui se joindraient à un tel groupe de « Croix

suisses », en montrant leur bonne humeur,

« seraient particulièrement provocantes ». « Au même titre,

précise-t-il, que les “uniformes militaires” et les “tenues

de combat” ».

Comme la Croix-Rouge, la Suisse va-t-elle

devoir remplacer sa croix séculaire par un diamant, symbole moins connoté… et plus maçonnique ?

CONFUSION DES GENRES

C’est lors d’un débat télévisé avec Vladimiro

Guadagno, alias Luxuria, qu’Alessandra Mussolini avait lancé sa fameuse apostrophe : « Mieux

vaut être fasciste que pédé. »

Moins directes que la petite-fille du Duce, certaines élues italiennes à la Chambre des députés

n’en sont pas moins très méchantes avec Luxuria,

célèbre transsexuel et accessoirement élu du parti

Refondation communiste, puisqu’elles lui interdisent l’accès aux toilettes pour dames. Et comme

les messieurs ne veulent pas non plus de Luxuria

dans leurs commodités, l’élu(e), qui crie au

“racisme”, risque fort de connaître des ennuis de

prostate.

(Dessin de CHARD.)

Bulgarie – Serbie : votes en trompe-l’œil

Concours iranien :

Une mise au point de Chard

Une dépêche Associated Press consacrée au « concours iranien de caricatures de

l’Holocauste, qui a suscité de vives protestations internationales », m’a appris le

2 novembre que le premier prix de ce concours est échu au dessinateur marocain

Abdollah Derkaoui et que « la dessinatrice française Chard, qui publie régulièrement dans l’hebdomadaire d’extrême-droite RIVAROL, a obtenu le deuxième prix,

doté de l’équivalent de 6 300 euros, ex-aequo avec le Brésilien Carlos Latuff ».

Je ne peux que répéter ce que j’avais déjà précisé en août au Nouvel Observateur

quand l’un de ses journalistes m’avait interrogée sur ma “participation” à ce

concours (voir RIV. du 1er septembre 2006) : je n’ai jamais envoyé le moindre dessin à quelque Iranien que ce soit, qu’il s’agisse du personnel de l’ambassade ou

des organisateurs du concours — dont je m’étonne qu’ils n’aient pas pris soin

d’authentifier les dessins retenus et de s’assurer de l’accord de leur auteur —, je

n’ai jamais eu le moindre contact avec un officiel iranien, avant ou après la publication du“palmarès”

Quant au dessin “primé”, que j’ai vu pour la première fois le 3 novembre sur

quelques sites Internet, il était destiné à un usage strictement privé… et il date

d’une bonne dizaine d’années.

J’ajoute que je n’ai aucune intention d’encaisser le montant du prix (en fait,

4 000 dollars selon le site iranien publiant le “palmarès”) qui, s’il était un jour

versé, irait intégralement au Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens

(CEPE), à l’exception d’un don au “Refuge du Chat”.

CHARD, 3 novembre 2006.

MBRE 2006 — RIVAROL 7

S ELON un sondage récemment réalisé

dans plusieurs pays alliés des EtatsUnis, la majorité des habitants des

nations concernées considèrent George

W. Bush comme la pire « menace pour la

paix dans le monde » devant l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Nord-coréen Kim

Jong Il. C’est ainsi le cas des Canadiens

(62 %) mais surtout des Britanniques (69 %).

Une mauvaise opinion que ne risque guère

d’améliorer la condamnation à mort de Saddam Hussein le 5 novembre, soit deux jours

avant les élections de mi-mandat qui s’annonçaient catastrophiques pour le Parti républicain. Un minutage parfait encore qu’inutile puisque les électeurs ont refusé le piège,

dont s’était aussitôt félicité le président américain. « Ce procès est un jalon dans les

efforts du peuple irakien pour remplacer la

loi d’un tyran par l’État de droit. C’est une

réussite majeure pour la jeune démocratie

irakienne et son gouvernement constitutionnel… Les Irakiens ont reçu une marque de

justice dont beaucoup croyaient qu’elle ne

viendrait jamais », a osé déclarer Bush jr.

SADDAM : 148 MORTS

BUSH : 655 000 MORTS

Si la condamnation prononcée dimanche

par le Haut tribunal irakien n’est pas cassée pour vice de forme, Saddam Hussein

sera, ainsi que son demi-frère Barzan Ibrahim al Tiktiti, qui dirigeait les services

vice de la bonne conscience manichéenne.

Le monde que l’on veut nous imposer diabolise toujours ce qui prétend s’opposer à lui

par des références au dernier conflit mondial, aidé par des falsifications de l’histoire

plus ancienne encore.

DÉFENDRE LE PASSÉ

POUR PRÉSERVER L’AVENIR

Voilà qui permet de redire quelque chose

de fondamental. J’entends parfois des

reproches qui concernent aussi bien notre

journal que la stratégie de la droite de fidélité. “Pourquoi, nous objecte-t on, vous

entêter à défendre ce qui est considéré

comme indéfendable, vous obstiner à combattre pour la relativité de la vérité historique, pour le droit à une vérité plurielle ?

Tournons la page et allons de l’avant.» Le

problème c’est que, pour que la guerre soit

finie, il faut être deux à cesser le feu.

Nos jeunes amis souvent haussent les

épaules tant leur mal-être, ô combien réel,

de « petits Blancs » menacés physiquement dans leur vie quotidienne dans les

banlieues pourries où les relègue leur

impécuniosité leur paraît éloigné de l’engagement de certains dans la résistance ou

sur le front de l’Est. Et puis, leur maîtrise

de l’informatique leur fait croire qu’en

inventant des voies futures et enthousiasmantes, on peut éviter les chemins par trop

escarpés empruntés par les anciens. Eh

bien, il faut l’écrire, le dire et le redire sans

cesse, c’est pécher par courte

vue. Autant il faut encourager

l’adaptation des jeunes aux technologies les plus pointues, combattre le folklore obsolète,

inutile, provocateur et favorable

à tous les flicages, et la nostalgie

des brutes avinées, autant il ne

faut rien céder sur les racines du

combat des idées. Croire qu’il

faut accepter la vision passée du

plus puissant pour mieux exister

au présent, c’est renoncer à un

avenir libre. Nous devons combattre pour la plus longue

mémoire mais aussi pour la

mémoire déformée et confisquée — et rappelons une fois de

plus que la loi Gayssot de 1990

qui a établi le dogme historique,

est aussi celle qui interdit de

mettre en garde contre l’immigration-invasion. Accepter le

vocabulaire de l’autre, c’est ne

plus être capable de comprendre sa langue

et de la perpétuer.

BEN LADEN OU

L’ANTI-MUSSOLINI

Faire de Ben Laden le continuateur du

Duce est une imbécillité, mais surtout une

insigne mahonnêteté. Tous les derniers travaux historiques le prouvent, il faut

d’ailleurs parler de “fascismes” et non de

fascisme. Le modèle italien était exportable à condition d’être nationalisé par le

pays concerné. Le fascisme, premier point

capital de différence avec l’islamisme,

n’est pas un mondialisme. Deuxième point,

ce n’est pas un obscurantisme : bien au

contraire, c’est un moyen d’accéder à la

modernité par la fierté de la tradition historique d’une culture unique. Mussolini

n’a jamais demandé aux Romains de revêtir la toge pour jouer un remake des temps

anciens, il voulait voir ses compatriotes

retrouver les valeurs de l’Urbs pour aider,

mens sana in corpore sano, à la construction de l’Italie de demain. Le fascisme veut

donner au peuple uni dans le développement de la nation un sentiment d’appartenance à une communauté aristocratique.

En cela, par une volonté (théorique peutêtre, hélas) de pousser la masse vers une

conception élitiste de la vie, il s’oppose

bien sûr à la démocratie qui prétend faire

le bonheur de tous par la divinisation de

l’individu ordinaire et content de l’être. Le

fascisme, ce serait « le moins peut le plus »

et la démocratie « le moins vaut le plus ».

L’islamisme veut au contraire ramener

l’homme à l’état de la révélation du prophète, à l’uniformité du livre unique, à la

sclérose d’un enseignement figé et indépassable. L’islamisme se revendique comme un

retour au passé et un refus du monde

moderne, le fascisme veut unir la tradition

enracinée à la modernité assumée. L’islamisme est une inversion de la religion

musulmane.

Il est d’ailleurs frappant de noter deux

points.

Le retour en force de l’islamisme a été provoqué par l’échec de régimes socialistes et/ou

nationalistes arabes dans la lutte contre Israël.

Des régimes qui, eux, présentaient des points

de comparaison avec le fascisme ou s’efforçaient d’en imiter certains aspects. Ainsi de

l’Egypte de Nasser mais aussi de l’Irak de

Saddam Hussein, voire de la Libye de Kadhafi dans sa période initiale. La modernité en

terre musulmane passait par la lutte contre

l’obscurantisme, la séparation du politique et

du religieux, en quelque sorte par des accords

de Latran ! Le président irakien a toujours

considéré que les islamistes menaçaient son

régime baasiste comme ils menacent le frère

ennemi syrien (qui les réprima si durement

dans leur fief de Hama) et l’Egypte, sans parler de la Tunisie.

C’est pourquoi le mensonge américain sur

la collusion Saddam-Ben Laden était une

évidence avant d’être reconnue par le

Congrès américain soi-même

(voir édito du 15 septembre).

Les rares fois où l’islamisation

de la société a été mise en échec,

cela a été dans des pays faisant

appel à un passé prémusulman

comme en Turquie, en Irak et un

peu avec le nouveau culte de

Carthage en Tunisie. Cela a

échoué en Turquie cependant

dans le temps et paraît peu possible en terre arabe puisqu’en

Egypte, une fatwa de l’université

Al Azhar vient d’interdire la

détention chez soi d’“idoles”,

copies de figurines pharaoniques.

L’involution religieuse bloque

les tentatives d’évolution qui ne

peuvent passer que par l’improbable révolution interne de l’islam. La modernité musulmane ne

paraît pas pouvoir faire l’économie d’une guerre de religion si

l’islam est capable de sécréter

secrets, et Aouad Ahmed al Bandar, juge de

l’ancien tribunal révolutionnaire, pendu

dans un délai de trente jours à compter du

verdict pour crimes contre l’humanité : le

massacre de 148 chiites de Doudjaïl, qui

avait suivi une tentative d’assassinat contre

le Zaïm, en 1982. C’est-à-dire avant l’éclatement de la guerre Iran-Irak, quand

tout le monde courtisait Saddam Hussein. Une période sur laquelle nul, de

Washington à Paris — où “Ch’Irak”

se montre particulièrement

silencieux — n’a intérêt à faire la

lumière.

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