La liberté n’a pas de prix et elle reste
une valeur fondamentale de notre programme politique. Nous devons, encore
plus aujourd’hui qu’hier, être vigilants
sur la contestation larvée de notre condition de peuple libre.
Choisir le Front National, c’est aussi
choisir le camp de la Liberté !
Propos recueillis
par Jérôme BOURBON,
<jeromebourbon@aol.com>.
sonnel, je serais toujours plus proche
idéologiquement d’Antony que de
Mégret. Cela demande donc de tout
prendre en compte et pas le seul cas de
Bruno Mégret.
Par ailleurs, il y a deux démarches très
différentes dans l’union patriotique. Il y
a celle de Timmermans, qui dit en substance : « on s’est trompé et aujourd’hui,
sans contreparties, on apporte notre soutien politique à Le Pen pour l’avenir du
courant national ». Je trouve cette
démarche logique, sincère, prometteuse
et respectable. L’autre démarche, c’est de
claironner partout : « nous avons des
contentieux avec le Front National qui ne
sont pas réglés, nous ne regrettons rien
de ce que nous avons fait. Nous sommes
prêts à monnayer notre éventuel soutien
à Le Pen contre un nombre de circonscriptions pour les législatives, etc… »
Vous jugerez avec moi qu’il s’agit là
d’une autre attitude qui ressemble beaucoup aux marchandages qu’ont coutume
de réaliser nos adversaires du système sur
le dos des électeurs et pour le plus grand
malheur de la France ! Sans compter sa
dernière condamnation dans une affaire
exclusivement tournée en 2002 contre le
FN, il s’agissait en effet pour Mégret
d’empêcher la candidature présidentielle
de Le Pen pour rabattre vers l’UMP et
Chirac une partie de notre électorat…
En politique, la droiture, la morale et les
sentiments comptent aussi ! Comme l’a
toujours dit le président, « je préfère être
battu sur mes idées qu’élu sur celles des
autres. »
EVITONS LES
MAUVAISES QUERELLES
R. : Quid des tensions entre Marine et
la « vieille garde » ?
L.A. : Il y a eu des tensions, c’est vrai,
mais elles ne sont plus d’actualité. Ce que
vous appelez « la vieille garde » s’est
rendu compte qu’on ne voulait pas sa
peau. Le combat qu’elle a mené pour préserver l’Empire français est un exemple
de courage et de sacrifice pour beaucoup
d’entre nous !
Marine a bien compris les inquiétudes
qui s’étaient exprimées, même si un certain nombre de reproches infondés ou
grossiers l’ont particulièrement blessée.
Nous sommes un front, avec des parcours, des caractères différents. Tant
mieux. Certains ont
préféré lancer des “fatwas” plutôt que de
jouer la concorde.
Marine préfère le rassemblement des
patriotes aux rigidités
de l’esprit. Sa vie de
fille Le Pen est là pour
témoigner de son attachement, de son expérience et de sa fidélité au combat national. Avec son âge, ses
yeux, ses idées, sa conception de la politique, elle secoue quelquefois le cocotier
national, mais il vaut mieux un bon débat
qu’un faux consensus. Aujourd’hui, les
choses vont mieux. Ce qui ne veut pas
dire qu’il n’y a pas, comme c’est
d’ailleurs inévitable dans tout parti politique, des divergences de point de vue,
mais elles ne sont pas fondamentales et
l’on arrive tous à œuvrer dans le même
sens, au service de la France, de notre
peuple et de notre civilisation conformément à notre programme.
R. : La question portait moins sur les
rivalités de personnes que sur les
inflexions doctrinales et programmatiques (avortement, homosexualité…)
et celles-ci paraissent plus importantes
qu’au moment de la scission mégrétiste, qui était, au moins à première
vue, davantage motivée par des querelles d’ambition et de préséance…
L.A. : Je crois qu’il s’agit là d’une mauvaise querelle et tout le programme du
FN ne se résume pas à cette question.
Tout le monde au Front est contre l’avortement et contre son remboursement par
la Sécurité sociale comme s’il s’agissait
d’une simple grippe, ce qui est profondément choquant. La doctrine en la matière
Louis Aliot : “Tous derrière Le Pen !”
● Secrétaire général du Front national depuis octobre 2005, quand il
succéda à Carl Lang, Louis Aliot, 37
ans, et membre du mouvement de
Jean-Marie Le Pen depuis 1990,
époque où il s’occupait du FNJ dans
l’Ariège, est également président du
groupe FN en Midi-Pyrénées où il a
pris la suite de Bernard Antony.
Ancien secrétaire général de Générations Le Pen, et donc considéré
comme proche de Marine, ex-directeur de cabinet de Le Pen (1999-
2000), ce Toulousain est enfin docteur en droit et a enseigné à l’université de Toulouse avant de se consacrer totalement à la cause nationale.
4 N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL
Le premier scandale s’est produit le
27 octobre en Seine-et-Marne où une
soixantaine de voyous, membres de gangs
rivaux et armés de battes de base-ball, de
pistolets tirant des balles de caoutchouc,
etc., avaient finalement été interpellés
après diverses violences et la dégradation
de nombreux véhicules. Or, le directeur
départemental de la sécurité publique,
Jean-Claude Menault, a ordonné à
ses hommes de démenotter les lascars interpellés, qu’il a fait relâcher après leur avoir tenu un petit
discours moralisateur. D’où la
fureur des policiers dont plusieurs
syndicats, de la droite (Synergie)
à la gauche (UNSA), dénoncent
« cette décision scandaleuse pour
les victimes et les collègues qui
sont intervenus » et réclament une enquête
de l’inspection générale de la police nationale. Action police s’apprête même à porter plainte contre Jean-Claude Menault
pour « échec à l’exécution de la loi par
personne dépositaire de l’autorité
publique ». « Ce type d’affaires classé sans
suite par une certaine élite de la police
plus soucieuse de son déroulement de carrière que de l’intérêt général renforce le
sentiment d’impunité chez les
délinquants », estime en effet Michel
Thooris, secrétaire général de ce syndicat.
Le haut fonctionnaire mis en cause argue
quant à lui des « problèmes d’ordre
public » qu’aurait posés l’arrestation des
meutes alors que les esprits étaient déjà
surexcités en ce « week-end très chaud »
marquant le premier anniversaire des
« émeutes du ramadan ».
C’est mu par le même souci que le préfet du Nord a interdit le 21 octobre aux
gendarmes venus sur commission rogatoire de perquisitionner à Roubaix au
domicile d’un trafiquant de drogue, interpellé dans la Drôme avec 6 kilos d’héroïne (valeur marchande : 1 million d’euros). Là encore, fureur des enquêteurs qui
ont inscrit noir sur blanc dans leur procès-verbal : « Le préfet du département
du Nord n’autorise pas les opérations de
police dans ce secteur sensible actuellement pour des raisons d’ordre
public » — fac-similé publié dans
Le Parisien. Ne soyons pas naïfs : ce n’est évidemment pas par hasard que sont divulgués
ces faits si révélateurs de l’impuissance
de l’Etat de droit, et donc de nature à
totalement discréditer Sarkozy et son
administration, surtout juste après que le
ministre de l’Intérieur eut imputé au
laxisme des magistrats la chienlit dans les
cités. Mais pour deux faits (révoltants)
connus, combien restent ignorés du grand
public ? On admirera ainsi l’exquise discrétion observée par France 2 sur l’attaque à Clichy-sous-Bois le 31 octobre de
l’une de ses équipes, dont un journaliste
a été grièvement blessé à la tête par trois
ados armés de barres de fer… et s’est vu
délester de sa caméra.
HONNEUR AUX BARBUS !
Mais sans doute l’Exécutif compte-t-il sur
de précieux pacificateurs pour rétablir
l’ordre. « S’ils n’avaient pas été là les 27 et
28 octobre, je ne sais pas ce qui serait
arrivé ». Ils, ce sont les islamistes de la
Seine-Saint-Denis et c’est à eux que le
“national” Eric Raoult, député-maire UMP
du Raincy, rendait ainsi hommage le
1er novembre au journal méridien de
France 3. Un hommage que leur avait déjà
rendu l’an dernier à la même époque le
maire socialiste de Clichy-sous-bois admettant que, « de toute évidence, leur présence
(des islamistes) a contribué à apaiser les
choses »…
Dans son n° du 2/11/2005, Le Monde
nous avait en effet montré en action les
« Grands frères » musulmans : « Reconnaissables à leur tenue traditionnelle et
à leur barbe », ils exhortaient les Jeunes
de Clichy-sous-Bois à « rester tranquilles », à quelques mètres des CRS qui
« se protègent avec leurs boucliers et
apprécient l’intervention ». Et le quotidien de référence de se féliciter alors du
« rôle de médiation, voire de maintien de
l’ordre, que prennent et revendiquent les
représentants de l’islam dans les quartiers sensibles (…) à l’occasion de tels
accès de violences ». Au point que,
comme l’avouait au quotidien un cadre
des Renseignements généraux de SeineSaint-Denis : « dans ces quartiers, les
maires ne peuvent plus rien faire sans les
représentants de la communauté musulmane. »
Et il ne vient à l’esprit d’aucun de nos
brillants élus et gouvernants que les « représentants de l’islam » pourraient exacerber le
climat dans « les quartiers sensibles » à seule
fin de prouver qu’ils sont incontournables et
que, nolens volens, le pouvoir-sic doit en
passer par eux pour rétablir un semblant de
calme ?
Jacques LANGLOIS.
E N L’ABSENCE de Nicolas Sarkozy
retenu loin de l’Assemblée nationale
par des « impératifs
internationaux » (il était en fait à Rabat
pour y rencontrer Mohammed VI), c’est
Dominique de Villepin qui a annoncé le
1er novembre l’interpellation dans les
quartiers Nord de Marseille de cinq Jeunes
de 15 et 17 ans, « auteurs présumés » de
l’incendie de l’autobus 32 où a été
grièvement brûlée une FrancoSénégalaise. Un crime théoriquement passible de trente ans de prison. Les suspects, un sixième
ayant été interpellé deux jours
plus tard, sont-ils d’origine marocaine ? Ce qui expliquerait la
visite éclair rendue à “M6” par le
ministre de l’Intérieur qui, de
Marseille cette fois, proclamait quelques
heures plus tard que ces incendiaires
seraient « traités en criminels » et châtiés
de manière exemplaire.
On voudrait le croire. Malheureusement
la divulgation le même jour de deux scandales impliquant directement la Place
Beauvau laisse planer le doute sur la
répression annoncée.
PARRAINAGES :
LA DERNIÈRE
DES “SAGES”
Le 31 octobre, le Conseil constitutionnel a fait savoir qu’en 2007, la liste intégrale des parrainages d’élus reçus par les
candidats à l’élection présidentielle ne
serait plus publiée, seuls 500 noms, tirés
au sort, devant être rendus publics,
contrairement à 1988, à 1995 et à 2002,
quand la liste complète des “parrains”
avait été affichée pendant deux jours
dans les locaux du Conseil… Où l’on
avait ainsi pu s’apercevoir que les candidats “institutionnels” avaient récolté des
milliers de signatures, asséchant volontairement le terrain des autres.
C’est ce qui sera dissimulé au bon
peuple cette-fois-ci, alors que la véritable
équité aurait exigé un anonymat total,
afin que maires et conseillers généraux
ou régionaux pussent donner leur signature en toute démocratie sans craindre
de représailles, électorales ou autres, de
la part des “grands” qui redoutent toute
dispersion des voix au
premier tour. Candidat
de la LCR, Olivier
Besancenot n’aurait
ainsi obtenu que 300
promesses de parrainage
et, s’il en a réuni 400,
Jean-Marie Le Pen n’en
est pas moins inquiet car
les 500 signatures doivent être collectées dans
« au moins 30 départements
ou collectivités d’outre-mer » comme le stipule la loi. Or, le temps presse. C’est
« aux environs du 19 mars 2007 » que le
Conseil constitutionnel publiera ses
listes. D’ici là, les “filleuls” devront absolument avoir trouvé leurs “parrains”
sous peine d’être éliminés.
PRÉFÉRENCE
ETHNIQUE
Après s’être rallié en 2002 à Jean-Pierre
Chevènement, le juge Eric Halphen,
actuellement en disponibilité mais qu’on
retrouvera l’an prochain vice-président
du tribunal de grande instance de Paris,
a déclaré cette fois « préférer, de loin, la
candidature de Laurent Fabius » dont les
idées sont celles qu’il « partage le plus. »
Ancien “enragé” et leader de Mai-68,
l’ex-maoïste Alain Geismar, désormais
inspecteur général de l’éducation nationale (la révolution mène à tout…), en
pince en revanche pour le très libéral
DSK : « Je voterai sans hésitation Dominique
Strauss-Kahn », a-t-il confié au Monde.
UN MITTERRAND
ENFIN CONDAMNÉ
La Cour de cassation ayant rejeté le
pourvoi déposé par Jean-Christophe
Mitterrand contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris le condamnant en janvier à
30 mois d’emprisonnement avec sursis
pour fraude fiscale,
cette condamnation
est donc désormais
définitive. Rappelons
que le fils de l’ancien
président de la République avait “oublié”
de déclarer à l’administration fiscale les fastueux honoraires
que lui avait versés l’homme d’affaires
Pierre Falcone (également bienfaiteur de
Charles Pasqua et de son fils Pierre), se
considérant alors comme résident mauritanien. Ce qui lui avait évité de payer
la bagatelle d’environ 600 000 euros…
et donne une idée des sommes perçues.
CLUSES : UN CADRE
FN AGRESSÉ
Dans la nuit du 26 au 27 octobre, alors
qu’il collait des affiches (sur des panneaux autorisés) dans le quartier des
Ewües, le secrétaire FN du canton de
Cluses (Haute-Savoie) a été agressé par
quatre Jeunes encapuchonnés dont l’un
lui a assené un violent « coup de boule ».
Bien que la victime ait subi une interruption de travail de dix jours, ni le
maire de Cluses ni la presse locale n’ont
manifesté la moindre émotion.
L’abdication du pouvoir devant les islamistes
LE 25 OCTOBRE, le ministre délégué à la Promotion de l’égalité des
chances ne s’est pas gêné pour
exprimer son indignation, mais comme
c’était devant le Club de la Presse arabe,
cela n’a guère suscité d’écho, sauf dans
le quotidien algérois El Watan. Plaignez l’intéressé… Il aurait essuyé
« pendant de longues semaines, voire des
mois », des apostrophes insultantes du
genre « Arabe de service » ou « Arabe de
Villepin ». Mais qui donc le traitait ainsi ?
Il dit “On” sans autres précisions mais
chacun sait que le méchant serait Sarkozy. Azouz Begag est d’autant plus
énervé que, comme il le rappelle avec
complaisance, il a écrit quarante livres,
été chercheur au CNRS pendant vingt ans
et passe pour « le spécialiste de l’immigration et de l’égalité des chances ». On
compatit.
Dans la foulée il explique sa vision
d’avenir pour les jeunes des banlieues.
C’est « la diversité, source de rentabilité
économique et sociale ». Personne ne
peut s’y opposer. Même Le Pen (nommément cité) serait pour. Prudent sur le droit
de vote des immigrés car il faut procéder
par “étapes”, Begag déplore que la question de l’immigration — qu’il chiffre à
15 millions de personnes, triplant sans
complexes le chiffre officiel de l’Insee,
voir ci-contre — soit « polluée par l’utilisation politique ». Il se
réjouit que les « trois
quart des jeunes musulmans » pratiquent le ramadan, qui n’est pas contradictoire avec la
citoyenneté française. D’ailleurs, « on est
dans la construction identitaire » (sic).
Prophétisant qu’à l’issue des législatives
de 2007, il n’y aurait que six à sept députés issus des « minorités visibles », Azouz
Begag a confié au Progrès de Lyon le
29 octobre qu’il se présenterait à ces élections dans une circonscription (pas encore
choisie) de sa bonne ville de Lyon où il
veut incarner une « troisième voix ou une
troisième voie » (brillante formule !) entre
Gérard Collomb et Dominique Perben. Ce
qui complique la situation locale. Azouz
Begag ne cache pas qu’il veut récupérer
les voix de la droite hostile au président
de l’UMP, précisant : « Je suis content
quand Sarkozy me demande de fermer ma
gueule, ça prouve que lorsque je l’ouvre,
ça marche. »
Le porte-parole de l’UMP Luc Chatel a
traité par l’ironie la candidature de
Begag, « de nature à faire déplacer une
voix, la sienne ». Mais si le gone de
Chaâba réussit à mobiliser ses “pays”, ses
chances électorales seront des plus
sérieuses. Surtout pour les municipales.
Jean-Paul ANGELELLI.
L’“ÉMIR DES
CRIQUETS”
VOTE VILLEPIN
« Grand Témoin » de Radio Classique
le 25 octobre, Azouz Begag s’est montré
égal à lui-même, déclarant qu’il n’a
qu’« un candidat, c’est Villepin ». « C’est lui
qui a eu le courage de me faire entrer dans ce
gouvernement avec le Président de la République, et même s’il n’est pas candidat, Villepin, eh bien moi je voterai pour lui ! »
Et si le Premier ministre se présente
effectivement à la présidentielle, nul
doute que M. Begag fera voter pour lui
l’armée des “criquets” qu’il exhortait en
décembre dernier, dans le magazine Respect, à « aller chez les indigènes là-bas, les descendants de Vercingétorix », ajoutant : « Il
faut casser les portes, et si elles ne veulent pas
s’ouvrir, il faut y aller aux forceps. Partout où
la diversité n’existe pas, ça doit être une invasion de criquets, dans les concours de la fonction publique, dans la Police nationale. Partout
de manière à ce qu’on ne puisse pas revenir en
arrière. »
Nonobstant, le Premier ministre a tenu
à commencer sa conférence de presse
mensuelle, tenue le 26 octobre à l’Université de Cergy-Pontoise, en saluant
son « cher Azouz », présent — et vibrionnant — dans la salle.
Azouz la colère
ENTRE NOUS
(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)
Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres
rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un
numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.
Les textes doivent nous parvenir dix jours
avant la parution et être rédigés en caractère
d’imprimerie très lisibles.
BIBLIOPHILIE
◆ Ch. biographie sur Trevor Lubitch Lincoln
parue à l’Homme Libre. Tél : 06-11-36-54-84.
DIVERS
◆ Vigneron rivarolien vd vin rouge sélectionné 2,50 € la bouteille, vin blanc chardonnay 3 € (prix départ). François CATHALA,
« Les Pouzets », 11100 Narbonne. Tél : 04-
68-32-08-75.
◆ Artisan : rénovation, instal, décoration,
transformation. Dépannage 24/24 plomberie,
chauffage, électricité, vitrerie, serrurerie,
peinture. Débarras appt, cave, grenier. Déplacements et devis gratuits. 06-64-65-35-45
(24/24) — 01-45-75-60-21.
RELATIONS
◆ H. 34 ans souhaite correspondre avec lecteurs et lectrices de RIVAROL pour amitié et
échanges sur travail, famille, monde rural,
environnement. Ecr. 2785/1270.
MONNEROT
par Georges LAFFLY
Collection “Qui suis-je ?”
Ed. Pardès, 127 p., 12 €
En vente à nos bureaux (14 € fco)
chèque à Editions des Tuileries.
N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 5
100 MILLIARDS
D’EUROS POUR
LES CITÉS !
Vous pensiez que les 35 milliards d’euros débloqués par Dominique de Villepin
pour les “cités” — ou, plus exactement,
pour y acheter la paix civile et raciale —
suffisaient ? Erreur. Dans un communiqué diffusé le 29 octobre, le Parti radical
de gauche estime, lui, qu’il faut consacrer
« 100 milliards d’euros sur cinq ans » à « un grand programme d’intégration républicaine
nécessaire à la reconstitution du lien social » dans les banlieues ! Car, ajoute le PRG,
« révoltants, les incendies de bus ou d’écoles
maternelles sont aussi les témoignages d’une brisure sociale à l’ampleur désormais tragique,
appelant une véritable mobilisation
républicaine ». Tout le monde en est d’accord : « la
République est en danger ». Mais les radicaux-cassoulet croient-ils vraiment que
« financer par l’impôt le grand programme d’intégration républicaine nécessaire à la reconstitution du lien social » restaurera l’ordre et la
loi, ou veulent-ils faire oublier par cette
proposition d’une rare démagogie leur
refus de laisser concourir la pasionaria
Taubira à la présidentielle du moment
que le PS leur garantit un groupe parlementaire ?
L’ANTIJUDAÏSME
EN HAUSSE ?
Ariel Goldman, porte-parole du Service
de Protection de la Communauté juive
(SPCJ) est en émoi : d’août 2005 à janvier 2006, les actes antisémites ont augmenté de 22 % et les menaces antisémites
de 8 %, résultat évidemment de l’opération « Châtiment équitable » lancée par
Tsahal contre le Liban. Mais si les pourcentages sont spectaculaires, les chiffres
le sont moins puisque l’on n’a recensé en
tout que 30 actes antisémites (de l’arrachage d’une kippa à des inscriptions injurieuses sur une porte) et 54 menaces également antisémites — terme d’ailleurs
impropres puisque la quasi-totalité des
“antifeujs” sont eux aussi sémites.
A comparer avec les 15 policiers agressés et les 115 voitures incendiées non pas
en huit mois mais chaque jour selon
Le Parisien du 18 octobre.
s’empêcher de penser que cette sous-estimation n’était pas involontaire. Comme
pour les sondages d’intention de vote ou
de cotes de popularité, comme le font les
instituts de sondage, Michèle Tribalat de
l’INED (Le Figaro du 24/08/06) affirme
que l’Insee « avait corrigé de manière
factice pour retomber sur ses pieds. » Il
faut insister sur le peu de fiabilité des
chiffres officiels relatifs à l’immigration.
Avant que le ministre Begag ne chiffre le
25 octobre à 15 millions le nombre des
immigrés (voir-ci contre), certaines estimations corrigeaient déjà les bilans de
l’Insee dans des proportions allant du
simple au double.
5, 10 OU 15 MILLIONS
D’ALLOGÈNES ?
Le Parisien du 21 août 1987 écrivait
ainsi : « Six millions de musulmans en
France. C’est le chiffre qu’avance le recteur de la mosquée de Paris, ajoutant
qu’il y a en France plus de musulmans
que dans certains Etats musulmans ». A
l’automne 2003, l’Institut de Géopolitique des Populations, à l’occasion d’un
colloque tenu à Paris, estimait à 8 ou
10 millions (soit une approximation de
25 % !) le nombre des migrants dont
5 millions de musulmans, soit une “évaporation” de 1 million par rapport au recteur Boubakeur. Le 22 mars 2004, lors
d’un face à face avec Michèle Tribalat,
l’Algéro-Français Yazid Sebeg, président
de la Compagnie des Signaux (partenaire
de la Défense nationale) et auteur d’un
rapport de l’Institut Montaigne sur « Les
oubliés de l’égalité des chances », estimait que « les minorités visibles représentent au bas mot huit millions d’individus, nationaux ou étrangers ». Il précisait : “visibles”. Pour Michèle Tribalat,
en revanche, « le nombre de personnes
d’origine maghrébine, sur trois générations, en 1999 ne dépasse pas 3
millions ».
Alors, combien : près de 5 millions ou
10, ou 15 ?
Le 28 juin 2006, interrogé dans
Le Figaro sur l’intégration de ses compatriotes en France, le Premier ministre turc
Recep Tayyip Erdogan répondait : « Seuls
100 000 des 500 000 Turcs installés en
France sont devenus citoyens français. ». L’Insee n’en dénombre que 225 000. Par
quelle aberration mathématique, du reste,
ces fameux Turcs représenteraient, toujours selon l’Insee, 4 % du nombre des
immigrés, alors que 4 % de 4,9 millions
n’a jamais fait que 196 000 ?
Sur la base des chiffres — 500 000 — du
Premier ministre turc qui, lui, sait compter
ses ressortissants, et ceux de l’Insee — la
moitié — on peut évaluer le nombre d’immigrés à près de 11 millions, soit environ
18 % de la population française. Et ce n’est
qu’un début. Fin 2000, un rapport de
l’ONU préconisait l’arrivée en France,
dans les vingt prochaines années, de
23 millions d’immigrés non européens. Le
18 octobre 2002, dans Valeurs actuelles, Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire
général de l’ONU ensuite promu par Chirac patron de la Francophonie, enfonçait le
clou et déclarait : « Trois ou quatre millions de Nord-Africains se trouvent déjà en
France ; dans les prochaines années, il
pourrait y en avoir de 15 à 20 millions. »
(Voir Ecrits de Paris, mai 2006, « L’immigration “choisie”, mauvais coup pour les
salariés français »).
A-t-on demandé l’avis des vieillissants
descendants des derniers Gallo-Romains ?
Pour combien de temps encore la carte
représentant les régions où le mouvement
national réalise ses meilleurs scores correspondra à celle des régions où les immigrés sont les plus nombreux ? Quoiqu’il en
soit, le temps presse !
Pierre PERALDI.
L’INSEE ne peut évidemment plus
dissimuler ce que le spectacle de la
rue, et en particulier les sorties
d’école, démontre d’une façon éclatante.
Selon son dernier rapport, il n’y aurait que
4,9 millions d’immigrés, soit 8,1 % de la
population en France. Le nombre d’immigrés en provenance d’Afrique subsaharienne, autrement dit d’Afrique noire, a
augmenté de 45 % entre 1999 et 2005.
Remarquons que l’Insee reconnaît la
très mauvaise qualité du recensement de
1999 qui sous-estimait le solde migratoire. De mauvais esprits ne pourront
demment glisser vers une catégorie “off”. »
Ainsi ont faussement été déclarés en France
2,5 millions de chômeurs seulement et les
politiques se targuaient, toute honte bue, de
ce « glissement contrôlé » sous la barre (psychologique) des 10 % de la population
active. Or, toutes catégories confondues, on
a réellement près de 4 millions de sansemploi, soit 15 % de la population active !
Chiffres auxquels il faut ajouter le bon million de personnes laissées volontairement
sur la touche par les pouvoirs publics : les
jeunes non indemnisés, les vieux dispensés
de recherche d’emploi, les RMIstes non inscrits, les lassés du pointage… Au final, ce
sont 5 millions de chômeurs, 19 % de la
population active, comme n’a cessé de le
clamer Le Pen !
Dans la même veine, Fabienne Brutus
épingle les radiations abusives, la paperasserie inefficace, l’argent public gaspillé, les
offres d’emplois fictifs ; les dysfonctionnements se traduisant par une « organisation
inadaptée », une « complexité des
parcours », un « accompagnement insatisfaisant », « l’absence d’écoute dans le traitement du chômage »… Elle déplore que le
« suivi mensuel personnalisé » du chômeur
se résume à des entretiens téléphoniques ou
par groupes de 50 personnes.
LES CHÔMEURS PAYENT
LA RÉÉLECTION
DES POLITICIENS
La mission initiale de l’ANPE, créée par
Chirac alors secrétaire d’Etat à l’Emploi du
gouvernement Pompidou, en 1967 (encore
une de ses réussites) était de favoriser la rencontre entre les employeurs et les chômeurs.
Ce but n’a jamais été atteint et la situation
C’EST avec jubilation que Chirac en
personne a annoncé le 31 octobre les
« excellents chiffres » du chômage :
seulement 2 129 300 demandeurs d’emploi
en septembre, soit 8,8 % des actifs avec une
nette embellie chez les 18-25 ans, dont le
Premier ministre crédite l’ANPE. Un éloge
qui étonnera fort ceux qui ont lu Chômage,
des secrets bien gardés — La vérité sur
l’ANPE (1), témoignage accablant de
Fabienne Brutus (non, ce n’est pas un
pseudo) qui, « conseillère à l’emploi » dans
l’Aude, voit plutôt dans l’ANPE (Assurance
Nulle Première Embauche) une voie de
garage pour des millions de chômeurs,
consentants ou non. Après un rapport sévère
de la Cour des comptes, en date du 23 mars,
sur l’hyper-techno-structure, Mme Brutus
n’a plus supporté d’être la “collabo” (sic) de
la grande mascarade triomphaliste sur la prétendue baisse du chômage organisée par le
gouvernement à l’automne 2005, alors que
tout démentait cet optimisme outrancier.
L’auteur appartient à Attac et au syndicat
Sud mais son coup de gueule ne doit rien,
selon elle, à ses choix politiques. Elle
démontre le déplacement insolent des chômeurs d’une “catégorie” vers une autre afin
de fausser les statistiques du chômage.
Certes, les chiffres sont publics, mais le
Bureau international du Travail ne retient
pour définition que la « catégorie 1 » (les
personnes sans emploi, immédiatement disponibles, recherchant un CDI à temps plein).
Aussi, dans le calcul final, ne sont pas comptabilisées les sept autres catégories (les personnes non disponibles immédiatement
parce qu’en formation, recherchant un CDD
ou CDI à temps partiel, etc.) F. Brutus
indique même que « l’obtention de n’importe quel contrat précaire, occupation
momentanée, stage de formation, fait éviest devenue si “extrême” que l’Etat, impuissant, sous-traite l’accompagnement des chômeurs à des cabinets privés, encore plus
inefficaces que l’ANPE, et qui se graissent
au passage sur le dos des demandeurs d’emploi et des contribuables.
En insistant sur l’instrumentalisation, à des
fins électoralistes, de la « politique du chômage » — dans un contexte de démantèlement du Code du travail, de mise en place
d’un faux plan « de cohésion sociale », de
raréfaction des CDIs, de tentatives d’imposer des contrats de travail bidon, etc. —,
Fabienne Brutus met les pieds dans le plat,
redonnant un peu d’espoir aux chômeurs et
aux travailleurs précaires qui veulent vraiment du boulot.
Jean DORVAL,
<jean-dorval@wanadoo.fr>. _____
(1) Ed. Jean-Claude Gawsewitch, 270 pages, 19 €.
Chômage : les chiffres… et la réalité
L’immigration et l’Insee :
manipulation ou incompétence ?
Article 13/2 : 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de
revenir dans son pays.
Extrait du dernier album de CHARD : Ma Déclaration des Droits de l’Homme
10 € l’exemplaire (12 € franco) ou 25 € les 3 (29 € fco).
Dédicace sur demande. Chèques à Editions des Tuileries,
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.
10, 11 et 12 novembre au Bourget
FÊTE DES
BLEU-BLANC-ROUGE
RV au stand RIVAROL/Ecrits de Paris
(près de l’Espace enfants et du mur d’escalade)
Entrée : 5 € pour les 3 jours.
Navettes gratuites au départ de la Porte Maillot à Paris
et de la station RER B Le Bourget
à Volen Siderov qui devenait trop puissant.
Ataka est en effet désormais la quatrième
formation du pays, en récoltant l’année dernière près de 9 % des suffrages aux élections
parlementaires. M. Siderov a donc très justement souligné que son parti avait plus que
doublé son résultat par rapport aux législatives, précisant : « Pour moi, ce n’est pas
une défaite, mais une étape dans le développement de notre parti, sur la route de la
conquête du pouvoir. »
Volen Siderov a 50 ans, il a été le talentueux rédacteur en chef du premier journal
anticommuniste bulgare et su fédérer les
partisans de la défense de la nation bulgare
historique, ethnique et orthodoxe et les laissés-pour-compte de la libéralisation, tout
comme les marginalisés de l’ancien régime.
Il combat pour « la Bulgarie aux Bulgares »
et se montre très hostile aux minorités rom
et turque, qui représentent près de 18 % de
la population. La Bulgarie n’oublie
pas que son unité nationale s’est
faite dans la lutte contre le Turc pour
retrouver une indépendance perdue
sous le joug des Ottomans. Pour
Siderov, il ne peut y avoir de parti
turc en Bulgarie et l’adhésion à
l’Europe doit être renégociée afin de
sauvegarder les intérêts nationaux
bulgares. Il peut donc croire en son
avenir politique malgré la relative
déconvenue du 29 octobre.
Une large partie de l’Europe de
l’Est et balkanique a retrouvé son
indépendance dans la lutte contre le
Turc (et le Russe). Elargir l’Union
européenne à ces pays, en voulant y
faire entrer également l’ennemi
héréditaire asiatique, au nom d’une
idéologie démocratique partagée, est
donc une imbécillité dangereuse.
BELGRADE : UN OUI
D’ABORD AU KOSSOVO
Confirmation par le référendum
serbe : les Serbes ont finalement
voté oui au référendum de réforme
constitutionnelle mais essentiellement pour manifester leur volonté
de conserver le Kossovo. C’est une
tentative formaliste pour légaliser
comme “inaliénable” la souveraineté de Belgrade sur la province
historique. Mais c’est également
un vote en trompe-l’œil. Le Kossovo est maintenant peuplé à 90 %
d’albanophones musulmans, et un
processus s’est mis en route, soutenu par la « communauté internationale », qui doit déboucher sur
l’indépendance de la province. Le
vote des Serbes a peu de chance
d’y changer grand-chose, car Belgrade n’a plus les capacités politiques, diplomatiques, économiques et militaires d’appuyer
dans les faits sa déclaration de
principe, même solennelle.
L’hypothèse de la partition, pourtant plus réaliste, paraît malgré tout
également bien improbable. C’est
ce qui explique sans doute que si
96 % des électeurs ont voté pour le
Kossovo serbe, ils n’aient été qu’un peu
plus de 51 % à s’être déplacés pour la
défense de la terre historique par le Préambule de la nouvelle Constitution, destinée
à remplacer celle promulguée en 1990 sous
le régime Milosevic et à marquer une rupture avec cette époque.
La loi fondamentale approuvée les 28 et
29 octobre définit pour la première fois
depuis 1918 la seule Serbie comme un
pays indépendant, prenant ainsi en compte,
le démantèlement de la Yougoslavie,
achevé en mai dernier avec le choix du
Monténégro de devenir indépendant. Après
la sécession de la Slovénie, de la Croatie,
de la Macédoine, de la Bosnie et du Monténégro, la Serbie aura du mal à affronter
le départ du Kossovo, auquel la communauté internationale devrait accorder l’indépendance à la fin de l’année.
Ce référendum ressemble à un exorcisme.
A l’origine, la consultation devait être boycottée par les partis nationalistes pour manifester leur opposition au pouvoir; mais avec
le rajout sur le Kossovo, il leur était difficile
de rejeter le texte. Ils n’ y croient pas, mais
ils ne pouvaient pas faire autrement. Pour
eux cependant le Kossovo ne sera pas sauvé
seulement par un vote.
Les critiques et les rares partis d’opposition ayant appelé au boycottage estiment à
juste titre que l’opération avait surtout
pour objectif de permettre au gouvernement et à son chef, Vojislav Kostunica, de
se maintenir au pouvoir. « En faisant croire
aux Serbes que le Kossovo leur appartient
toujours, en se présentant comme le protecteur de la nation, Kostunica se protège
des critiques des ultranationalistes qui ne
manqueront pas de fuser lorsque l’indépendance du Kossovo sera annoncée par
l’ONU », commente ainsi Dragan Bujosevic, journaliste au quotidien Nin. « Depuis
qu’il a été élu, Kostunica n’a tenu aucune
de ses promesses. Il avait juré de préserver l’union entre la Serbie et le Monténégro ; il prétendait faire entrer le pays dans
l’Europe ; il avait promis de garder le Kossovo. » Le bilan en effet n’est pas glorieux.
Crédité de 31,7 % d’intentions de vote, ce
qui en fait la plus importante formation de
Serbie, le Parti radical officiellement dirigé
par Tomislav Nicolic mais en réalité par
son fondateur Vojislav Seselj depuis sa cellule de la prison du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à
La Haye, le Parti radical a été très actif,
dans la partie serbe du Kossovo notamment. « Ici, c’est la Serbie », pouvait-on
lire sur les ruines de maison kossovares.
Les militants ont scandé à plusieurs
reprises à Kossovska Mitrovica, ville divisée symbole, le nom du général Ratko Mladic, leur héros, inculpé de génocide depuis
plus de dix ans par le TPIY.
Le Parti socialiste de Serbie, la formation de l’ancien président Slobodan
Milosevic, a clamé également que « le Kossovo est
et restera toujours serbe »,
« Le Kossovo n’est pas perdu. Ce qui est
perdu, en revanche, c’est cette poignée
d’ordures politiques en Serbie qui le croit
6 N° 2785 — 10 NOVEMB
APRÈS l’hystérie provoquée dans le
monde islamo-musulman par les
propos du pape sur l’(indéniable)
incitation à la violence de certaines sourates
du Coran, les néo- conservateurs américains
et le président Bush doivent se réjouir, eux
qui tentent depuis quelques années d’imposer une expression, celle d’“islamofascisme”. Il s’agit une fois de plus d’instaurer par la « dictature sémantique » du politiquement correct l’idée que la guerre contre
le terrorisme islamique est dans la continuité
du combat des démocraties contre les totalitarismes. Le fascisme est considéré comme
LA référence du mal absolu, et son éradication justifierait donc tout. On notera que les
neo-cons ne parlent pas d’islamosoviétisme : le totalitarisme bolchevik ne
saurait être, lui, un mal absolu (il n’est qu’un
« empire du mal » mais relatif) puisqu’il a
participé à la Croisade des démocraties,
contre le fascisme justement.
Cette assimilation de l’islamisme au fascisme fait partie du « terrorisme du mensonge », arme de destruction massive au serLE SECOND tour de la présidentielle
bulgare, et le résultat positif, le même
jour, du référendum constitutionnel
serbe, ont été généralement présentés
comme des succès des pro européens de ces
deux pays de l’Est. Si, en Bulgarie, ce n’est
pas totalement faux, en Serbie c’est très
contestable.
SIDEROV, LE LE PEN DE SOFIA
Il est évident qu’en Bulgarie, le président
sortant Georgi Parvanov, célébré pour avoir
« conduit son pays aux portes de l’Europe »,
a été réélu largement le 29 octobre avec
76 % des suffrages lors du second tour de
l’élection à la magistrature suprême qui
l’opposait au nationaliste Volen Siderov,
lequel a reconnu sa défaite « J’ai perdu
contre un adversaire d’une force disproportionnée, qui avait le soutien de presque tous
les autres partis. »
Il y a eut des comparaisons entre le premier
tour de la présidentielle bulgare et un certain
21-Avril français. Le succès de Parvanov est
donc lui aussi en trompe-l’œil, une sorte de
chiraquetterie bulgare. L’événement bien
sûr, ce n’est pas le score au soir du
29 octobre du président sortant, mais celui,
au premier, du charismatique leader d’Ataka
(Attaque). La société bulgare est en voie de
sidérovisation et le cordon sanitaire de tous
contre Volen ne peut l’occulter que dans une
approche superficielle.
Georgi Parvanov, historien de 49 ans et
ancien chef du Parti socialiste, est cependant
le premier chef d’Etat bulgare à être réélu
depuis la chute du communisme en 1989.
« Sa réélection pour un second mandat de
cinq ans serait en réalité un référendum proeuropéen des citoyens bulgares ». C’est ce
qu’a estimé devant la presse le Premier
ministre Sergueï Stanishev.
Le sortant s’était prudemment présenté en
tant qu’indépendant et la plupart des partis
lui ont apporté leur soutien. Des hommes
politiques de droite ont aussi appelé à voter
pour lui, ne serait-ce que pour barrer la route
Islamo
HELVÉTOMASOCHISME
A Roggwil, en Suisse alémanique, la Commission
scolaire est présidée par le frénétique Fredy Lindegger, politicien issu du mouvement Akzänt, dont
l’idéologie se veut « alternative
de gauche ». Cette Commission
a donc a interdit aux écoliers et
lycéens le port « d’effets vestimentaires provocants ». Mais attention,
par “provocants”, le camarade
Lindegger n’entend pas les jeans
taille basse découvrant un
“string” ou un débardeur moulant la poitrine mais
« les vêtements ornés du symbole national de la Confédération Helvétique, la croix blanche sur fond rouge ». Porter
en groupe le symbole national suisse pourrait, précise la Commission citée par notre bon confrère
berlinois Junge Freiheit, « générer en certaines circonstances un effet de provocation et influencer négativement le
climat social » — c’est bien sûr du climat racial qu’il
s’agit, les « chances pour la Suisse » étant aussi susceptibles que les nôtres.
Interrogé par la Berner Zeitung époustouflée par
sa décision, Lindegger a déclaré que les jeunes
filles qui se joindraient à un tel groupe de « Croix
suisses », en montrant leur bonne humeur,
« seraient particulièrement provocantes ». « Au même titre,
précise-t-il, que les “uniformes militaires” et les “tenues
de combat” ».
Comme la Croix-Rouge, la Suisse va-t-elle
devoir remplacer sa croix séculaire par un diamant, symbole moins connoté… et plus maçonnique ?
CONFUSION DES GENRES
C’est lors d’un débat télévisé avec Vladimiro
Guadagno, alias Luxuria, qu’Alessandra Mussolini avait lancé sa fameuse apostrophe : « Mieux
vaut être fasciste que pédé. »
Moins directes que la petite-fille du Duce, certaines élues italiennes à la Chambre des députés
n’en sont pas moins très méchantes avec Luxuria,
célèbre transsexuel et accessoirement élu du parti
Refondation communiste, puisqu’elles lui interdisent l’accès aux toilettes pour dames. Et comme
les messieurs ne veulent pas non plus de Luxuria
dans leurs commodités, l’élu(e), qui crie au
“racisme”, risque fort de connaître des ennuis de
prostate.
(Dessin de CHARD.)
Bulgarie – Serbie : votes en trompe-l’œil
Concours iranien :
Une mise au point de Chard
Une dépêche Associated Press consacrée au « concours iranien de caricatures de
l’Holocauste, qui a suscité de vives protestations internationales », m’a appris le
2 novembre que le premier prix de ce concours est échu au dessinateur marocain
Abdollah Derkaoui et que « la dessinatrice française Chard, qui publie régulièrement dans l’hebdomadaire d’extrême-droite RIVAROL, a obtenu le deuxième prix,
doté de l’équivalent de 6 300 euros, ex-aequo avec le Brésilien Carlos Latuff ».
Je ne peux que répéter ce que j’avais déjà précisé en août au Nouvel Observateur
quand l’un de ses journalistes m’avait interrogée sur ma “participation” à ce
concours (voir RIV. du 1er septembre 2006) : je n’ai jamais envoyé le moindre dessin à quelque Iranien que ce soit, qu’il s’agisse du personnel de l’ambassade ou
des organisateurs du concours — dont je m’étonne qu’ils n’aient pas pris soin
d’authentifier les dessins retenus et de s’assurer de l’accord de leur auteur —, je
n’ai jamais eu le moindre contact avec un officiel iranien, avant ou après la publication du“palmarès”
Quant au dessin “primé”, que j’ai vu pour la première fois le 3 novembre sur
quelques sites Internet, il était destiné à un usage strictement privé… et il date
d’une bonne dizaine d’années.
J’ajoute que je n’ai aucune intention d’encaisser le montant du prix (en fait,
4 000 dollars selon le site iranien publiant le “palmarès”) qui, s’il était un jour
versé, irait intégralement au Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens
(CEPE), à l’exception d’un don au “Refuge du Chat”.
CHARD, 3 novembre 2006.
MBRE 2006 — RIVAROL 7
S ELON un sondage récemment réalisé
dans plusieurs pays alliés des EtatsUnis, la majorité des habitants des
nations concernées considèrent George
W. Bush comme la pire « menace pour la
paix dans le monde » devant l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Nord-coréen Kim
Jong Il. C’est ainsi le cas des Canadiens
(62 %) mais surtout des Britanniques (69 %).
Une mauvaise opinion que ne risque guère
d’améliorer la condamnation à mort de Saddam Hussein le 5 novembre, soit deux jours
avant les élections de mi-mandat qui s’annonçaient catastrophiques pour le Parti républicain. Un minutage parfait encore qu’inutile puisque les électeurs ont refusé le piège,
dont s’était aussitôt félicité le président américain. « Ce procès est un jalon dans les
efforts du peuple irakien pour remplacer la
loi d’un tyran par l’État de droit. C’est une
réussite majeure pour la jeune démocratie
irakienne et son gouvernement constitutionnel… Les Irakiens ont reçu une marque de
justice dont beaucoup croyaient qu’elle ne
viendrait jamais », a osé déclarer Bush jr.
SADDAM : 148 MORTS
BUSH : 655 000 MORTS
Si la condamnation prononcée dimanche
par le Haut tribunal irakien n’est pas cassée pour vice de forme, Saddam Hussein
sera, ainsi que son demi-frère Barzan Ibrahim al Tiktiti, qui dirigeait les services
vice de la bonne conscience manichéenne.
Le monde que l’on veut nous imposer diabolise toujours ce qui prétend s’opposer à lui
par des références au dernier conflit mondial, aidé par des falsifications de l’histoire
plus ancienne encore.
DÉFENDRE LE PASSÉ
POUR PRÉSERVER L’AVENIR
Voilà qui permet de redire quelque chose
de fondamental. J’entends parfois des
reproches qui concernent aussi bien notre
journal que la stratégie de la droite de fidélité. “Pourquoi, nous objecte-t on, vous
entêter à défendre ce qui est considéré
comme indéfendable, vous obstiner à combattre pour la relativité de la vérité historique, pour le droit à une vérité plurielle ?
Tournons la page et allons de l’avant.» Le
problème c’est que, pour que la guerre soit
finie, il faut être deux à cesser le feu.
Nos jeunes amis souvent haussent les
épaules tant leur mal-être, ô combien réel,
de « petits Blancs » menacés physiquement dans leur vie quotidienne dans les
banlieues pourries où les relègue leur
impécuniosité leur paraît éloigné de l’engagement de certains dans la résistance ou
sur le front de l’Est. Et puis, leur maîtrise
de l’informatique leur fait croire qu’en
inventant des voies futures et enthousiasmantes, on peut éviter les chemins par trop
escarpés empruntés par les anciens. Eh
bien, il faut l’écrire, le dire et le redire sans
cesse, c’est pécher par courte
vue. Autant il faut encourager
l’adaptation des jeunes aux technologies les plus pointues, combattre le folklore obsolète,
inutile, provocateur et favorable
à tous les flicages, et la nostalgie
des brutes avinées, autant il ne
faut rien céder sur les racines du
combat des idées. Croire qu’il
faut accepter la vision passée du
plus puissant pour mieux exister
au présent, c’est renoncer à un
avenir libre. Nous devons combattre pour la plus longue
mémoire mais aussi pour la
mémoire déformée et confisquée — et rappelons une fois de
plus que la loi Gayssot de 1990
qui a établi le dogme historique,
est aussi celle qui interdit de
mettre en garde contre l’immigration-invasion. Accepter le
vocabulaire de l’autre, c’est ne
plus être capable de comprendre sa langue
et de la perpétuer.
BEN LADEN OU
L’ANTI-MUSSOLINI
Faire de Ben Laden le continuateur du
Duce est une imbécillité, mais surtout une
insigne mahonnêteté. Tous les derniers travaux historiques le prouvent, il faut
d’ailleurs parler de “fascismes” et non de
fascisme. Le modèle italien était exportable à condition d’être nationalisé par le
pays concerné. Le fascisme, premier point
capital de différence avec l’islamisme,
n’est pas un mondialisme. Deuxième point,
ce n’est pas un obscurantisme : bien au
contraire, c’est un moyen d’accéder à la
modernité par la fierté de la tradition historique d’une culture unique. Mussolini
n’a jamais demandé aux Romains de revêtir la toge pour jouer un remake des temps
anciens, il voulait voir ses compatriotes
retrouver les valeurs de l’Urbs pour aider,
mens sana in corpore sano, à la construction de l’Italie de demain. Le fascisme veut
donner au peuple uni dans le développement de la nation un sentiment d’appartenance à une communauté aristocratique.
En cela, par une volonté (théorique peutêtre, hélas) de pousser la masse vers une
conception élitiste de la vie, il s’oppose
bien sûr à la démocratie qui prétend faire
le bonheur de tous par la divinisation de
l’individu ordinaire et content de l’être. Le
fascisme, ce serait « le moins peut le plus »
et la démocratie « le moins vaut le plus ».
L’islamisme veut au contraire ramener
l’homme à l’état de la révélation du prophète, à l’uniformité du livre unique, à la
sclérose d’un enseignement figé et indépassable. L’islamisme se revendique comme un
retour au passé et un refus du monde
moderne, le fascisme veut unir la tradition
enracinée à la modernité assumée. L’islamisme est une inversion de la religion
musulmane.
Il est d’ailleurs frappant de noter deux
points.
Le retour en force de l’islamisme a été provoqué par l’échec de régimes socialistes et/ou
nationalistes arabes dans la lutte contre Israël.
Des régimes qui, eux, présentaient des points
de comparaison avec le fascisme ou s’efforçaient d’en imiter certains aspects. Ainsi de
l’Egypte de Nasser mais aussi de l’Irak de
Saddam Hussein, voire de la Libye de Kadhafi dans sa période initiale. La modernité en
terre musulmane passait par la lutte contre
l’obscurantisme, la séparation du politique et
du religieux, en quelque sorte par des accords
de Latran ! Le président irakien a toujours
considéré que les islamistes menaçaient son
régime baasiste comme ils menacent le frère
ennemi syrien (qui les réprima si durement
dans leur fief de Hama) et l’Egypte, sans parler de la Tunisie.
C’est pourquoi le mensonge américain sur
la collusion Saddam-Ben Laden était une
évidence avant d’être reconnue par le
Congrès américain soi-même
(voir édito du 15 septembre).
Les rares fois où l’islamisation
de la société a été mise en échec,
cela a été dans des pays faisant
appel à un passé prémusulman
comme en Turquie, en Irak et un
peu avec le nouveau culte de
Carthage en Tunisie. Cela a
échoué en Turquie cependant
dans le temps et paraît peu possible en terre arabe puisqu’en
Egypte, une fatwa de l’université
Al Azhar vient d’interdire la
détention chez soi d’“idoles”,
copies de figurines pharaoniques.
L’involution religieuse bloque
les tentatives d’évolution qui ne
peuvent passer que par l’improbable révolution interne de l’islam. La modernité musulmane ne
paraît pas pouvoir faire l’économie d’une guerre de religion si
l’islam est capable de sécréter
secrets, et Aouad Ahmed al Bandar, juge de
l’ancien tribunal révolutionnaire, pendu
dans un délai de trente jours à compter du
verdict pour crimes contre l’humanité : le
massacre de 148 chiites de Doudjaïl, qui
avait suivi une tentative d’assassinat contre
le Zaïm, en 1982. C’est-à-dire avant l’éclatement de la guerre Iran-Irak, quand
tout le monde courtisait Saddam Hussein. Une période sur laquelle nul, de
Washington à Paris — où “Ch’Irak”
se montre particulièrement
silencieux — n’a intérêt à faire la
lumière.
No comments:
Post a Comment
اكتب تعليق حول الموضوع