Translate

Search This Blog

الترجمة

Search This Blog

coinad

str

str

2

str

z

2

str

z

bitadx

11/21/25

 


Les représailles de Doudjail furent

sanglantes. Mais quel est le bilan de la

“libération” de l’Irak par la grande démocratie américaine ? Selon la revue médicale britannique The Lancet que nous citions dans

notre n° du 20 octobre, « près de 655 000

Irakiens ont été tués depuis l’invasion militaire de mars 2003 », soit « plus de 4 000

morts par semaine » dont six sur dix tués par

balles et trois sur dix « directement imputables aux forces de la Coalition sans distinction entre civils et militaires ». Ainsi,

grâce à Bush, le pays arraché aux griffes de

“Saddam-Hitler” subit, toujours selon The

Lancet, « un 11-Septembre tous les 5 jours ».

« 655 000 morts en trois ans, plus de trois

fois le total des victimes de la guerre au

Darfour. Si ce n’est pas un génocide, c’est

en tout cas une hécatombe », écrivionsnous en commentant ces chiffres accaperdu », a menacé Aleksandar Vucic,

secrétaire général des ultranationalistes du

SRS, première formation au Parlement à

Belgrade.

Des élections générales devraient être

organisées en Serbie dans la foulée du référendum. Elles seront dominées par la question du Kossovo. La volonté populaire s’exprimera une nouvelle fois pour l’intégrité de

la nation historique, mais sans doute en vain.

La communauté internationale a réaffirmé que l’issue du référendum en Serbie

n’aurait pas de conséquences sur les négociations actuellement en cours sous les

auspices de l’ONU pour doter le Kossovo

d’un nouveau statut international. Mais les

Albanophones insinuent que ces différents

scrutins sont autant de manœuvres dilatoires de la part de Belgrade pour décaler

l’agenda des négociations sur l’avenir du

Kossovo, négociations qui auraient dû

aboutir avant la fin de l’année. La foi

orthodoxe et le nationalisme chevillés au

cœur, la Serbie joue la montre et multiplie

les artifices en espérant un miracle.

Et il semble bien que seul un miracle

puisse maintenant sauver le Kossovo albanisé et islamisé par la faute de ses dirigeants

et d’une Europe qui préfère on ne sait pourquoi les Turcs aux Slaves. Mais même nourris aux dollars et aux euros de la démocratie, les hommes pour vivre ont besoin de

leurs racines. L’ex-Yougoslavie et l’Est

européen le rappellent à chaque vote. Il n’est

pas forcément nécessaire d’espérer pour

voter avec son cœur contre les raisons de

l’ennemi.

Pierre-Patrice BELESTA.

o-fascisme et terrorisme du mensonge

blants. L’auteur de la “Busherie” sera-t-il

un jour jugé ? Et s’il passait par miracle

devant un tribunal, aurait-il le panache de

l’Irakien qui, à aucun moment de son interminable procès, n’a montré la moindre

crainte, témoignant au contraire le plus parfait mépris aux magistrats qu’il a connus

prosternés à ses pieds et qu’il traite à

juste titre de “collabos” et de

« traîtres vendus à l’étranger », qu’il

assigne devant le tribunal de Dieu ?

C’est début octobre qu’a été commémorée, fort discrètement

d’ailleurs, la clôture en 1946 des procès de Nuremberg dont les condamnés furent pendus… L’histoire repassant les plats, celui qui s’était employé à

faire une nation de cette construction aussi

récente qu’artificielle qu’est l’Irak se voit

aujourd’hui promis au même sort humiliant, au risque pour ses bourreaux d’aggraver encore le « choc des civilisations » et

d’attiser la guerre civile dans l’ex-Mésopotamie. Incompréhensible, sauf pour ceux

qui se souviennent que l’objectif avoué des

neo-conservatives américains et notamment de leur idéologue Michael Ledeen est

d’instaurer dans le « Grand MoyenOrient » de leur rêve messianique non pas

la paix et la démocratie mais bel et bien « le

chaos », seule chance de survie de leur

Terre promise.

Camille GALIC.

des réformateurs que le peuple pourrait

suivre. Cela reste à prouver.

LE CAS IRANIEN

Reste le cas atypique de l’Iran. La République islamique est-elle, comme le fut le

régime du shah, un fascisme qui est devenu

religieux plutôt que d’être monarchique ? Ce

n’était certes pas l’objectif de Khomeiny qui,

lui, voulait comme ses continuateurs revenir

aux temps anciens et apparaît comme un prophète de la régression. Mais l’Iran est la plus

vieille civilisation à avoir été islamisée. Le

chiisme est en partie un refus identitaire et ethnique de se plier à l’islam sunnite des Arabes.

Il y aurait beaucoup à dire du reste sur la colonisation arabe (et exempte de toute repentance) par la religion, notamment en terres

berbères. Il est d’ailleurs curieux que nos anticolonialistes, qui flétrissent les Croisades et la

christianisation forcée des Amériques, se

moquent de la conquête et de l’islamisation

par le cimeterre puis le yatagan du monde

méditerranéen et de ses peuples premiers, sans

parler de régions entières de l’Europe (voir

l’article de Georges Laffly en page 11). Les

Perses, peuple premier s’il en est, européen

mais oriental comme l’avait pressenti

Alexandre, rival de Rome, du Turc et des

Mongol, peuvent connaître un islamisme particulier. Leur passé n’a en tout cas rien à voir

avec celui des pillards caravaniers de la péninsule arabique. Ni le même sang, ni la même

histoire ni vraiment la même religion, cela fait

beaucoup de divergences. Et l’islamisme des

chiites n’est pas celui des Séoudiens et ne le

sera jamais.

Il y a bien tentative au sein de la religion de

mobiliser le peuple vers la modernité avec des

références à un passé glorieux bien avant le

déferlement des cavaliers du Prophète. Les

positionnements idéologiques de l’Iran vis-àvis du dernier conflit mondial méritent également de s’interroger sur la nature très spéciale

de cet islamisme révisionniste diraient certains

(encore que l’ancien président Khatami ait

récemment déclaré, à l’encontre de son successeur Ahmadinejad, que lui ne contestait

nullement la version officielle de la Shoah).

Mais même s’il y a là une exception, elle

confirme la règle. L’islamisme n’est pas un

fascisme, affirmer et imposer le contraire

relève de la désinformation et de la propagande. L’empire de la bonne conscience et du

Bien autoproclamé est aussi un empire du

mensonge.

Pierre BOISGHILBERT.

Nuremberg-sur-Tigre

Ahmadinejad lors de son passage du 21 septembre à New York,

en compagnie de rabbins américains antisionistes. D.R.

Un Noir musulman à la Chambre,

un autre à la Maison-Blanche ?

ALORS que tout le monde veut se

séparer de tout le monde et que

l’apartheid devient la seule solution

pour éviter les génocides et la tyrannie impitoyable du plus grand nombre, on a obligé

les Blancs d’Afrique du Sud à renoncer à la

seule forme de gouvernement qui assurait,

au-delà de leur domination, leur simple survie. L’idéologie antiraciste n’a

qu’un ennemi, l’homo europaeus

non islamisé ou non métissé. La

tribu blanche d’Afrique a été trahie

par des chefs indignes ou naïfs,

incapables de “maintenir” comme

aurait dit Guillaume d’Orange.

Pieter W. Botha, qui avait dirigé

l’Afrique du Sud de 1978 à 1989, jusqu’à

ce que ses problèmes cardiaques le forcent

à passer la main à Frederik De Klerk, s’est

éteint le 31 octobre à l’âge de 90 ans, au

contraire de son maître Hendrik Frensch

Verwoerd (8 septembre 1901-6 septembre

1966), fondateur de la “Republik”

d’Afrique du Sud et qualifié de « grand

architecte de l’apartheid », qui fut poignardé à mort en plein parlement du Cap

par Dimitri Tsafendas, d’origine portugaise

et mozambicaine (jugé irresponsable, Tsafendas échappa à la peine de mort).

Les media ont répété que Botha avait été

surnommé « Groot Krokodil » (le Grand

crocodile en afrikaans), car son mandat

correspondait aux les années les plus dures

du régime de l’apartheid. En fait, arrivé au

pouvoir après les émeutes de Soweto, il se

considérait plutôt comme un réformateur

de l’apartheid, défendant un régime de

ségrégation raciale évolutif. Il avait ainsi

levé les restrictions sur le mariage mixte,

tout en déclenchant, en 1986, l’état d’urgence et une grande vague de représailles

pour faire face à la contestation, notamment dans les centres urbains, et en défendant le « développement séparé » dans

l’enseignement et l’habitat. De même, artisan des “bantoustans” dotés de larges

droits politiques, refusa-t-il d’accorder le

droit de vote aux noirs du reste de la

“Republik”, mais en assouplissant néanmoins certaines dispositions du

régime.

Il a toujours dit que « ne pas vouloir mélanger les gens n’était pas

les mépriser mais tenir compte de

leurs différences ». Dans une interview accordée récemment à l’approche de son 90e anniversaire, Botha affirmait qu’il n’avait jamais considéré les

Noirs comme inférieurs mais il il regrettait

l’évolution du pays enfoncé dans une criminalité provoquant l’exode des blancs et

paralysant l’économie.

Né le 12 janvier 1916, Pieter W. Botha,

fils d’un agriculteur de l’Etat libre

d’Orange, avait abandonné ses études

universitaires en 1935 pour travailler à

l’organisation du Parti national. Durant

la Seconde Guerre mondiale, il rejoignit

la Ossewabrandwag, une organisation

favorable à l’Allemagne. Elu au Parlement en 1948, l’année de l’arrivée au

pouvoir du Parti national, qui commence

à élaborer la législation de l’apartheid, il

entra au gouvernement en 1961, fut

nommé ministre de la Défense en 1966

puis Premier ministre en 1978, enfin président en 1984. Victime d’une attaque en

janvier 1989, Botha abandonna la tête du

parti National où lui succéda De Klerk,

alors ministre de l’Education. Mais resté

à la présidence, il organisa une rencontre

secrète avec Mandela (qu’il avait refusé

de libérer de sa — très confortable —

résidence surveillée de Robben Island

malgré la pression internationale). Dans

ses Mémoires, Mandela décrit Botha

comme « un homme charmant, aimable,

surprenant mais intransigeant ». Un

mois plus tard, Botha sent le danger, provoque — et perd — un bras de fer politique avec Frederik de Klerk. Il est

contraint de démissionner. Les électeurs

blancs ne le savent pas, mais ils viennent

en votant pour la facilité trompeuse du

compromis de condamner à mort leur

Afrique du sud. La commission Vérité et

Réconciliation, instituée ensuite par le

gouvernement de Mandela pour enquêter

sur les abus sous le régime de l’apartheid,

avait conclu en 1998 que Pieter Botha

avait commis des violations flagrantes

des droits de l’Homme. Quel chef d’un

Etat en guerre n’en commet pas ? Il refusera en tout cas de se présenter devant la

Commission présidée par l’archevêque

Desmond Tutu, dénonçant un “cirque”.

Reconnu coupable d’outrage à la cour

pour avoir refusé de témoigner sur son

rôle en tant que président du redouté

Conseil de sécurité sud-africain, il est

condamné à un an de prison avec

sursis — mais il devait gagner en appel

sur un point de procédure.

Entre le bâtisseur Verwoerd et le bradeur

De Klerk, le « vieux crocodile » tenta de

sauver ce qui pouvait l’être dans un univers

en pleine mutation où l’Occident, dont la

“Republik” se croyait à la fois une place

forte et le coffre-fort pour l’or et les diamants, trahit sans pitié la « tribu blanche »

d’Afrique du Sud, abandonnée à son sort.

P.-P. B.

RSA : mort du “Grand Crocodile”

est encore plus excessive sur cette question

que ne le sont George Bush ou John Kerry.

Lorsqu’il siégeait à la Chambre de l’Illinois,

Obama était considéré comme « plus à

gauche que Mao-Tsé-Toung ». Certes, il lui

faudra modérer son tiers-mondisme, son

anti-occidentalisme, ainsi que ses positions

en faveur de l’avortement, du mariage

homosexuel, des trafics génétiques ou de

l’immigration, assez proches, il est vrai, de

celles d’Hillary Clinton. Cela suffira-t-il

pour qu’une Amérique encore très blanche

et conservatrice cède à une révolution aussi

brutale ? On peut en douter et un ticket les

rassemblant ne serait-il pas la plus sûre

recette pour une reconduction inespérée des

Républicains ?

Néanmoins, il faut savoir que ce Barack

Hussein Obama, à peu près inconnu il y a

deux ans hors de l’Illinois, a depuis effectué

une irruption tonitruante dans la politique

américaine. La « rock star du Parti Démocrate », orateur que l’on s’arrache dans les

réunions publiques où se collecte le financement des élections et qui pose en Superman

sur son propre site Internet (voir ci-dessus),

possède un appui médiatique fortement sus8 N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL

pect : pas de doute le personnage est dressé

pour devenir, à défaut du premier président

noir américain, au moins son premier viceprésident de couleur. Ni son addiction avérée aux drogues inhalées ni la conversion

opportune de ce musulman au christianisme ne semblent pour le moment gêner

quiconque. Né à Hawaii, fils d’un étudiant

kényan devenu économiste international et

d’une mère issue d’une grande famille du

Kansas, son impeccable cursus universitaire s’acheva à Harvard. Où il fut le premier Noir nommé à la direction de la prestigieuse Harvard Law Review. La carrière

politique « sous protection » de ce quasiinconnu, du Parlement de l’Illinois au

Sénat fédéral, fut singulièrement facilitée

lorsqu’on lui offrit de prononcer le discours

d’inauguration de la Convention démocrate

de 2004. Ayant fait de son expérience

métisse, le miroir de l’Amérique future —

« Il n’y a pas l’Amérique noire, l’Amérique

blanche, l’Amérique latino. Il y a les EtatsUnis d’Amérique » —, il se vit catapulté à

l’avant-scène du Parti. Que depuis, encensé

par les media, il n’a plus quittée. Seuls

quelques irréductibles font encore observer

que son manque d’expérience soulève de

légitimes inquiétudes pour la gouvernance

de l’Amérique. D’autres s’interrogent sur sa

propension à s’intéresser « beaucoup plus à

sa propre idée d’Obama qu’à la réalité de

la politique ».

Et il est vrai qu’il fut ces derniers temps

surtout préoccupé par la communication de

son dernier livre : « Audace et Espérance :

retrouver le Rêve américain ».

Jim REEVES. _____

NDLR. On lira dans la livraison de décembre

2006 de notre revue Ecrits de Paris un long

portrait d’Obama, également dû à Jim Reeves

dont nous recommandons tout particulièrement

aussi l’étude, que devraient lire tous les nationaux pour mieux comprendre le « Nouvel

Ordre mondial » sur les véritables maîtres des

media états-uniens et donc internationaux,

France comprise — « Liban, Irak, Afghanistan, Shoah : Qui dirige réellement l’Amérique », livraison d’octobre 2006 d’Ecrits de

Paris, 5 € ou 6 € franco.

PINOCHET A

LA QUESTION

Depuis qu’un journal gouvernemental

chilien avait révélé le 25 octobre l’existence de plus de 9 tonnes d’or en lingots

au nom de l’ex-président Augusto Pinochet dans le coffre de la banque HSBC de

Hong Kong, cette nouvelle sensationnelle

authentifiée comme “crédible” par le chef

de la diplomatie Alejandro Foxley avait

fait les gros titres des media mondiaux. Et

la Cour d’appel de Santiago avait

demandé aussitôt l’ouverture d’une

enquête sur cette affaire bien que la

famille et les avocats de Pinochet (91 ans)

aient formellement démenti la présence de

ce trésor à Hong Kong ou ailleurs.

Las, le 27 octobre, la banque HSBC

annonçait officiellement que les documents

qui lui avaient été fournis par le gouvernement chilien étaient « des faux » et qu’« en

outre, aucun compte appartenant à Augusto Pinochet n’a été découvert ». Et la nouvelle sensationnelle disparaissait des moteurs de

recherches sur Internet… aussitôt remplacée, il est vrai, par l’annonce que l’ex-président allait être inculpé pour tortures.

QUAND L’IVG

DIVISE LES SIOUX

Seconde femme portée à la tête d’une

grande tribu indienne — en l’occurrence

celle des célèbres Sioux Oglala —, Cecelia

Fire Thunder a fait l’objet d’une procédure

de destitution engagée par le conseil tribal.

Celui-ci approuve en effet la décision prise

en mars dernier par le Parlement du

Dakota du Sud d’interdire totalement

l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, alors que Mme Fire Thunder, infirmière de profession, la refuse, et avait

même décidé d’ouvrir sur le territoire tribal

une clinique de planning familial.

Comme on s’en doute, la plupart des

organisations progressistes et des journaux

américains soutiennent la “rebelle” et d’autant plus qu’à l’occasion des élections de mimandat ce 7 novembre, les électeurs du

Dakota du Sud doivent également se prononcer sur la loi anti-avortement. Or, ce

n’est nullement au nom du progrès mais au

contraire de l’identité indienne que se bat

l’ancien chef des Sioux Oglala qui reproche

à ses compatriotes leur adhésion aux thèses

chrétiennes et surtout leur « trop grande assimilation ». « Dans la culture traditionnelle, il y

avait des remèdes pour interrompre les grossesses.

Mais nous sommes tellement colonisés que nous ne

savons plus distinguer ce qui nous appartient de ce

que nous avons copié », affirme-t-elle.

AL’ISSUE des élections de mi-mandat, si défavorables à Bush que son

parti a perdu la majorité à la

Chambre des Représentants (la situation au

Sénat étant encore confuse à l’heure où

nous bouclons), laChambre basse étatsunienne va innover sur deux plans : son

président sera pour la premlière fois une

femme, la démocrate Nancy Pelosi, et y

siègera un musulman, le Noir Keith Ellison. Mais c’est un autre Noir qui fait

aujourd’hui le plus parler de lui outreAtlantique.

Quand, le 22 octobre, le sénateur démocrate de l’Illinois Barack Obama annonce

qu’il pourrait être candidat à présidentielle

de 2008, la stupéfaction est d’autant plus

grande qu’il avait jusqu’ici véhémentement

nié une telle intention. Aussitôt, Hollywood

bruit de plaisir : tout ce qui va contre

l’Euro-Amérique est bon pour la société du

spectacle. L’ultra Bo-Bo George Clooney,

en exhibition en Europe, envoie aussitôt un

courriel enthousiaste au Los Angeles

Times : « Ce serait un électrochoc comme le

Parti Démocrate n’en n’a pas connu depuis

John Kennedy ». Rob Reiner, acteur, producteur, metteur en scène de sitcoms

célèbres compare le futur candidat à Abraham Lincoln. Hillary Clinton, à l’ombre de

laquelle toute la carrière d’Obama s’est

déroulée, s’est aussitôt félicitée de cette

décision. A ceci près que, le même jour, elle

avait également admis que passé le scrutin

parlementaire du 7 novembre, elle pourrait

elle-même faire acte de candidature. Le journaliste Carl Limbacher, qui vient de publier

un livre provocateur, « Hillary’s Scheme »,

n’a pas le moindre doute sur l’ambition de

l’ex-première dame, non seulement de se

présenter mais aussi de réintégrer la MaisonBlanche. Selon Limbacher, depuis 2004 elle

déroule minutieusement un plan qui devrait

l’y conduire. Sauf à en faire un vice-président, Obama lui serait plutôt une gêne.

D’une part parce qu’il aspirerait une partie

considérable du vote africain-américain.

Mais également à cause de leurs points de

vue irréconciliables sur la guerre d’Irak.

Lui s’y est toujours opposé alors qu’Hillary Clinton, très en phase avec le sionisme,

1, rue d’Hauteville, 75010 Paris

CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K

www.rivarol.com

Rédaction : galic@rivarol.com

Adminstration : contact@rivarol.com

Rédaction — Administration

Tél. : 01-53-34-97-97

Fax : 01-53-34-97-98

Fondateur-directeur (1951-1970) :

René Malliavin

Directeur (1970-1973) : Pierre Dominique

Directeur (1973-1983) : Maurice Gaït

Directeur de la publication et de la rédaction,

Editorialiste : (Mme) Camille-Marie Galic

CONSEIL DE RÉDACTION :

J.-P. Angelelli, P.-P. Belesta,

J. Bourbon, Chard, J. Langlois,

Cl. Lorne, Petrus Agricola, R. Versais.

Les manuscrits ne sont pas renvoyés —

Il n’est pas tenu compte

des lettres et courriels anonymes.

ABONNEMENTS : 2 ans : 176 € — 1 an : 104 € — 1

an avec reliure : 134 € — 6 mois : 58 € — 3 mois : 33 €

— Soutien : 160 € — Propagande : 192 € — 80 € pour

étudiants et chômeurs.

ETRANGER : 6 mois : 68 € — 1 an : 115 €).

● Supplément par avion : 21 €.

● Reliure : 30 € au guichet, 36 € franco.

● Pour tout changement d’adresse joindre 1,60 € et la

dernière bande (ou indiquer l’ancienne adresse). Ecrire

nom et adresse en CAPITALES. Délai dix jours.

Règlement par chèque établi sur une

banque domiciliée en France, à l’ordre

d’Editions des Tuileries

ou virement à notre compte :

La Banque Postale FR69 3004 1000 0104

5321 9K02 023 (BIC = PSSTFRPPPAR).

SARL “Editions des Tuileries”, au capital de 51 900 €

pour 99 ans, à partir du 20 mai 1949. Maquettiste : Bruno

Archier — Imprimerie Rotos 93, 3 rue du Parc, 93155

Le Blanc-Mesnil cedex — Dépôt légal : à parution —

Principaux associés : M.-L. Wacquez, J.-B. d’Astier de

la Vigerie, F. Pichard. Gérant : Quitterie Saclier de

la Bâtie. CPPAP n° 0208 I 82763, ISSN n° 0035 56 66.

N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 9

de la SMPS, une société à 51 % SMPS

chargée de la construction en Corée d’une

usine de 352 millions de dollars. Dont la

production annuelle de 30 000 tonnes de

nickel, à partir de minerai calédonien, est

destinée à l’aciérie que Posco achève à

Dalian dans la province chinoise de Liaoning, et qui produira 600 000 tonnes

d’acier inoxydable par an.

La SMPS, étant devenue le premier

exportateur mondial de nickel, quid des

affirmations lénifiantes d’un Néaoutyne ?

Et du blocage de la construction de GoroNickel qui n’exportera que du minerai raffiné “utilitary” vers les cinq usines qu’Inco

possède en Chine ?

Les prétextes invoqués pour les troubles

actuels en Nouvelle-Calédonie ne sont pas

dérisoires. Inco est bien en train de dévaster une région qui récemment encore postulait au classement au Patrimoine mondial

de l’Humanité. Outre le complexe métallurgique et la centrale thermique, un port

en eau profonde, des dizaines de kilomètres de canalisations d’eau, des routes

d’accès, le déversement de quantités aberrantes de manganèse, nickel, cobalt dans le

lagon, les risques qui, selon certains des

meilleurs spécialistes mondiaux, menacent

la flore corallienne, le creusement d’une

fosse de 80 mètres de profondeur et 1,2 km

de longueur destinée à recueillir des

déchets solides dont nul ne mesure à

moyen terme les effets toxiques, enfin les

incidences que ce gigantisme et une urbanisation brutale font courir à la sociologie

environnementale. Tout cela, n’en déplaise

à CURD, à Inco et au Gouvernement territorial de Nouvelle-Calédonie, ressortit à ce

terrorisme industriel, en train, sous prétexte de mondialisation, de progrès, de

croissance, de mettre la planète en coupe

réglée.

Mais on nous permettra de douter de la

sincérité des glapissements des troupeaux

de tartuffes “zoreils” relayés par leurs avatars calédoniens — Les Verts, Cap 21 de

Mme Lepage ou La Ligue des Droits de

l’Homme —, alliés aux Kanaks de Rheebuu Nuu ou du Caugern et aux syndicalistes du CSTNC, dont le combat, certes

naïf, n’en n’est pas moins pleinement identitaire.

Révélateur est le silence jeté sur ce qui se

trame dans le Nord et son projet jumeau de

celui du Sud. Là où les imposteurs à chapeau vert et cravate rouge se taisent.

René BLANC.

«DANS le site de la mine il y a des sites

tabous, des sites sacrés, des lieux de

passage, des sentiers, des crânes, des

coquillages, des toutoutes. C’est là que

vivent les ancêtres. Si Goro-Nickel fait le

projet, il prend ses responsabilités mais

nous on dit non. » Avant de disparaître, le

grand chef de Goro, Charles Attiti, évoquait ainsi la révérence due aux sépultures

éparpillées. Lesquelles sont menacées par

la construction, sur 22 hectares des steppes

latéritiques du Sud de la Nouvelle-Calédonie, d’une usine métallurgique à la mesure

du XXIe siècle, adossée à une centrale

thermique dévoreuse de 60 000 litres de

gazole/jour. Un respect de la coutume

exprimé avec fermeté pour Goro-Nickel

d’Inco mais, curieusement, jamais évoqué

à propos du Koniambo du Nord.

Reprenons la chronologie.

Les Accords de Matignon, signés le

28 juin 1988, par Michel Rocard, Jacques

Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, prétendaient mettre fin aux violences

“politiques”. Ils ouvraient sur un référendum qui, le 6 novembre de la même année,

donnait une large majorité contre l’indépendance. Un nouveau référendum fut

donc fixé à 1998. A l’approche de celui-ci,

au résultat évident, on changea de stratégie. Le 1er février 1998, les Accords de

Bercy, initiés par Lionel Jospin, alors Premier ministre, décidaient de transférer aux

Kanaks le Koniambo, premier gisement

mondial de nickel, détenu par ErametSociété Le Nickel. A condition qu’avant le

31 décembre 2005 soit pris l’engagement

de construire dans le Nord avec les Canadiens de Falconbridge une usine métallurgique de même ampleur que celle projetée

dans le Sud par Inco.

LONGUE, LONGUE CUILLER

DE BOIS POUR LE FLNKS

Vieux rêve du Front de Libération Nationale Kanake Socialiste (FLNKS) pour

lequel, hors la détention de mines, toute

concession politique ne serait jamais qu’un

marché de dupes : « Nous, les Kanaks, se

plaignait Tjibaou, on est dans la benne du

camion, pas dans la cabine. » Paul Néaoutyne, l’un des fondateurs du FLNKS, président de la province Nord et dirigeant de

la Société Métallurgique du Pacifique Sud

(SMPS) attaquait violemment la SLN dans

son livre « L’indépendance au présent » :

« Avec (elle), nous avons subi une multinationale qui s’est fait de l’argent ici et qui a

réinvesti ailleurs. ». Et d’avertir : « Si nous

devons entrer dans l’activité du nickel,

notre philosophie est que le minerai

devrait être transformé ici. »

Le 5 mai 1998, à l’instigation de Jospin,

Jacques Lafleur et Wamytan, successeur de

Tjibaou, chacun convaincu d’avoir mystifié l’autre, s’entendaient sur les Accords de

Nouméa : report du référendum à

vingt ans. Corps électoral gelé, pour les

Blancs, en 1998 — disposition aussitôt

rejetée par le Conseil Constitutionnel.

Attributs de la souveraineté progressivement délégués au Territoire. Les Kanaks

reconnus comme seuls héritiers de la légitimité culturelle et sociale. Enfin, prétextant un « rééquilibrage économique » entre

le Sud, blanc et développé, et le reste, surtout kanak et tribal, la création, à coups de

milliards de francs, de véritables entités

bananières kanaks et la réaffirmation de

l’urgence d’une usine dans le Nord.

Or, depuis les Accords de Matignon, les

troubles n’ont jamais cessé. Depuis des

mois, par l’action syndicale, l’USTKE et

le CSTNC paralysent le Territoire en état

d’anarchie chronique en instaurant un véritable blocus des travaux de construction de

Goro-Nickel.

En décembre 2005, le FLNKS lance un

mot d’ordre de mobilisation générale. Il

s’agit de faire pression dans le procès en

référé devant le TGI de Paris initié par le

français Eramet, afin de récupérer ses

droits spoliés. La décision confirmera les

Accords de Bercy — « une priorité absolue » avait dit Chirac — et, le 31 décembre

2005, tous les titres détenus par Eramet sur

le domaine minier du Koniambo seront

transférés à la SMPS. Le 6 mars 2006, le

ministre des TOM-DOM François Baroin,

distribuant à la Province Nord quelques

centaines de millions d’euros, pose la première pierre d’une usine que le député

UMP Frogier, « ministre des Affaires

étrangères » en froid avec ses collègues de

l’Exécutif territorial, assure n’être « viable

ni industriellement, ni techniquement, ni

économiquement ».

C’est que la situation a singulièrement

changé. Depuis deux ans, avec l’explosion des prix des matières premières la

bataille fait rage sur le front des métaux.

En 2004, le Canadien Noranda achète

Falconbridge, dont il prend le nom, après

avoir échappé à une OPA du premier

groupe minier mondial, le brésilien Companhia Vale Do Rio Doce (CURD). Il y a

quelques mois, nous expliquions longuement dans note revue Ecrits de Paris

(livraison de mars 2006 : « La NouvelleCalédonie livrée au capitalisme international ») qu’Inco, en s’emparant de Falconbridge, s’appropriait la plus riche partie du territoire français. Les deux géants

annonçaient en effet en octobre 2005 une

fusion faisant d’Inco le premier producteur mondial de nickel. Puis un autre

Canadien, Teck Cominco, lançait une

OPA sur Inco. Lequel ripostait en faisant

intervenir un « chevalier blanc », l’Américain Phelps Dodge, un des principaux

producteurs de cuivre au monde. A son

tour, le Suisse Xstrata fondait sur Falconbridge, faisant capoter en août 2006

l’union de celui-ci avec Inco. Le Brésilien revenait alors à la charge, cette fois

sur Inco, lequel le 16 octobre 2006

signait son rachat par CURD.

OÙ L’ON REPARLE

DE GLENCORE

Or le principal actionnaire de Xstrata est

Glencore, gigantesque conglomérat créé

par le redoutable “raider” Marc Rich (RIV.

des 13 et 27/10/06) . Sa fusion, le

10 octobre 2006, avec deux géants emblématiques de la mafia dite russe, SUAL et

RUSAL, dont les PDG, Deripaska (5e fortune russe) et Vekselberg sont, comme Ivan

Glasenberg, PDG de Glencore, très liés

avec Israël — en fait le premier fabriquant

d’aluminium du monde. Impliqué dans

tous les scandales de ces vingt dernières

années — Irakgate, Angolagate (affaire

Falcone/J.-C. Mitterrand) Oilgate (financement occulte en 1994 de l’ANC de Mandela), Libye, Cuba, Russie, MetalEurop

etc., Glencore est un partenaire cocasse

pour les guévaristes de Kanaky. D’autant

que Xstrata, qui a acheté Falconbridge plus

pour la valeur de ses actifs que pour le

Koniambo, ne cache pas que, « sous sa

forme actuelle », le projet de l’usine du

Nord ne l’intéresse pas.

Mais ce n’est pas tout.

Le 4 juin 2006 était constituée à Séoul

entre le Coréen Young-Tae-Won, PDG de

Posco — 5e sidérurgiste mondial — et le

Calédo-Vietnamien André Dang, président

Nickel néo-calédonien : radioscopie

d’une imposture d’extrême gauche

UN NOUVEAU fléau s’est abattu sur

la Chine : Internet. Les autorités estiment que sur les 123 millions d’internautes recensés actuellement dans l’Empire du Milieu, 5 millions sont devenus en

quelques années dépendants pathologiquement du Net, et leur nombre progresse d’une

façon exponentielle.

La dépendance à la Toile et notamment aux

jeux en ligne violents est particulièrement

marquée chez les moins de 25 ans et touche

surtout les gosses d’une dizaines d’années,

chez qui elle provoque angoisses, crises de

panique, problèmes de sommet récurrents,

abandon de l’école et des amis au profit du

« surf sur la Toile ». Cela peut même mener

au suicide et au meurtre : un gamin accro au

“Web” a tué pour voler à sa victime l’équivalent de 5 euros afin d’aller jouer dans un

cybercafé ! Selon le ministère de l’Information, plus de 70 % des actes de délinquance

juvénile dans le pays seraient liés à cet

opium “virtuel” que représentent Internet et

en particulier les jeux en ligne.

Voilà qui fait désordre s’agissant du géant

asiatique, aux ambitions hégémoniques, qui

réalise d’impressionnants investissements de

modernisation dans « le capital humain ».

Les écoliers de Shanghai et de Pékin reçoivent dès le primaire un enseignement très

poussé en math, en sciences et en langues,

devançant ainsi les Américains. Un des

grands défis de ce siècle sera de contrôler les

manipulations génétiques sur l’espèce

humaine. Les diplômés et savants chinois

devraient être ainsi les mieux préparés et les

plus nombreux : l’hyperpuissance asiatique

se substituant à l’hyperpuissance américaine, comme en rêve l’empire du Milieu…

Si le système éducatif est très performant

dans les villes, le niveau scolaire et le

niveau de vie sont en revanche très faibles

dans les zones rurales. Les internautes sont

donc en majeure partie des citadins, parmi

lesquels se recrutent les élites et les drogués électroniques. A quoi sert-il d’investir intensivement dans l’éducation, si le

nouveau fléau frappe particulièrement les

jeunes, futures élites, ayant plus que jamais

besoin de leur dose d’adrénaline quotidienne sur le Net ? Les autorités ont donc

décidé d’agir.

Première mesure : limiter l’accès des

mineurs aux cybercafés avec contrôle

d’identité obligatoire et limitation à

cinq heures (ce qui est encore énorme de

jeu consécutives par jour pour les moins de

18 ans. Mais les adolescents falsifient leurs

papiers et la dépendance aux jeux en ligne

progresse de plus belle.

S bien que les autorités ont créé l’an dernier un programme spécial de désintoxication des jeunes dans un hôpital de

Pékin. La cure est dirigée par un médecin

militaire autrefois spécialiste des soldats

dépendants de la morphine après des

interventions traumatisantes : entraînement intensif, techniques psychiatriques,

électrothérapie. Le service ne désemplit

pas, les parents y amenant leur progéniture accro à Internet, même si les soins

sont facturés 30 euros par jour, pendant

un à trois mois. Mais rien n’y

fait, les jeunes se montrent

particulièrement rétifs. Habitués à être traités par leurs

parents en « petits

empereurs » du fait de la politique de l’enfant unique, ils

supportent mal les contraintes.

Un proverbe local affirme que

le poisson pourrit par la tête. La

Chine communiste va-t-elle laisser les « fils du Ciel » pourrir en se droguant

à l’opium virtuel, laissant ainsi le pays se

désagréger lentement mais sûrement ? Nul

doute qu’elle enrayera le fléau qui s’est

abattu sur elle, en éliminant les drogués irrécupérables et en forçant les autres à marcher

dans le droit chemin par des mesures coercitives. Quand bien même, partisans des

drogues “douces”, les professionnels de la

démocratie et des droits de l’homme crieraient au scandale.

Noëlle SACLET.

La Chine et l’opium virtuel

(Dessin de CHARD.)

Voisin, La France Catholique de Fabrègues,

La Parisienne de Laurent ou dans notre presse,

les anciens d’Idées ont participé à une entreprise de renouvellement de la droite intellectuelle nationale dans les années 1950, contre

les Sartriens et les marxistes. Là-dessus, il reste

beaucoup à écrire. Vu les circonstances intérieures et extérieures, l’échec d’Idées était

inévitable mais son héritage fut considérable.

J.-P. A. _____

357 pages, 31 euros. L’Harmattan, 5-7 rue de

l’Ecole Polytechnique, 75005 Paris.

Luciano DE CRESCENZO

HISTOIRE DE LA

PHILOSOPHIE MODERNE

De la fin du Moyen Âge

à Emmanuel Kant

Peut-on être à fois féru de philosophie,

vulgarisateur et humoriste ? Sans nul

doute, et Luciano De Crescenzo en apporte

la preuve. Avec, du reste, la caution de Pascal écrivant dans ses Pensées que « se moquer

de la philosophie, c’est vraiment philosopher ». La phrase figure en exergue de ce

nouvel ouvrage regroupant en un volume

les deux tomes parus en Italie en 2003 et

2004.

On y retrouve l’écrivain-cinéaste de Ainsi

parlait Bellavista et d’autres histoires de la

philosophie, à la fois érudit — mais d’une

érudition souriante — et rigoureux, ne

cédant jamais à la facilité ou aux simplifications. Capable, c’est là tout son art, de faire

descendre sur terre les concepts les plus abstraits, de leur donner corps, de les animer,

de les traduire, sans les trahir, dans la vie courante, de les illustrer par des anecdotes. Cela,

sans se départir d’un humour, voire d’une

ironie dont il est souvent la propre cible.

Délectable, ce mélange de portraits, de

théories, de récits allégrement conduits,

d’exemples puisés dans la vie de l’auteur.

Ouvert avec Nicolas de Cuse, il se clôt avec

Emmanuel Kant. C’est dire la vastitude du

paysage embrassé. Entre temps, le lecteur

aura croisé Pic de La Mirandole, Léonard,

Erasme, Montaigne et Francis Bacon, entre

beaucoup d’autres représentants de l’humanisme des XVe et XVIe siècles. Ensuite,

10 N° 2785 — 10 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL

Descartes, Pascal, Spinoza, Malebranche,

les philosophes des Lumières, sans oublier,

au fil du temps, Condillac et Rousseau. Une

promenade étourdissante d’intelligence où

le profane ne se sentira nullement dépaysé.

P.-L. MOUDENC. _____

Traduit de l’italien par Davide Luglio. 236 pages,

23 €. Editions de Fallois.

Guy DAROL

JOSEPH DELTEIL

BRILLE POUR

TOUT LE MONDE

Plus qu’une biographie — encore qu’y soient

réunis tous les éléments sérieux, chronologie,

bibliographie, discographie, sites internet qui

la rendent crédible —, une célébration lyrique

de cet écrivain inclassable, nouvelle édition

« revue et longuement pétrie » du Tombeau de

Joseph Delteil publié il y douze ans. Amateur

d’insolite, essayiste féru lui aussi de calme et de

campagne, Guy Darol était fait pour rencontrer Delteil — fût-ce par œuvre interposée.

Ainsi s’approprie-t-il l’auteur de Sur le fleuve

Amour. Il le raconte et se raconte, entremêlant

leurs vies, leurs idées, leur rêve commun d’une

fraternité universelle. Il le tire hors du temps,

le place en pleine lumière, l’élève jusqu’à l’universel. Il professe que « le seul rêve possible provient du ciel et de ses éclats », cite Guy Debord

et Maurice Blanchard, auteur méconnu des

Barricades mystérieuses. Avec eux, Delteil partage sa haine de la civilisation moderne, celle

qui broie l’individu, qui engendre une société

inhumaine.

L’univers de Darol est peuplé d’elfes et de

fées, d’arbres et de senteurs agrestes. C’est une

transposition de la Deltheillerie, cette vieille

métairie perdue dans la garrigue du côté de

Montpellier dont Delteil avait fait son havre.

Univers parallèles. Je soupçonne ces deux écrivains, parcelles du cosmos, ivres de rêve et de

liberté, de s’y rejoindre, les soirs de pleine lune,

pour fuir notre monde épuisé en contemplant

la voie lactée.

P.-L. M. _____

EST Samuel Tastet Editeur (www.esteditura.com).

127 pages, 15 €. Diff. Jean-Michel Place, 3 rue

Lhomond 75005 Paris. Tél. 01-44-32-05-98.

Antonin GUYADER

LA REVUE IDÉES

(1940-1944)”

« La Révolution en marche se refusera à imiter telles ou telles expériences étrangères. » Qui

écrit cela en mars 1942 dans la revue Idées

paraissant à Vichy et tirant à quelques milliers d’exemplaires ? Notre ancien rédacteur

en chef Maurice Gaït, directeur de RIVAROL de 1973 jusqu’à sa mort le

10 novembre 1983. Chef de cabinet d’Abel

Bonnard, commissaire général à la Jeunesse

en 1944, ensuite poursuivi mais

bénéficiant en 1947 d’un nonlieu « pour faits de résistance »,

notre cher Maurice Gaït a toujours été très discret sur cete

période, détestant autant la gloriole que ce qu’il appelait « le

radotage d’anciens

combattants ».

Antonin Guyader a sous-titré

son livre (tiré d’une thèse, avec

les défauts du genre, trop de

citations, d’analyses, etc.) : « Des

non-conformistes en Révolution

Nationale ». Et pas des moindres

comme le prouvent, à la fin de

l’ouvrage, l’index des noms cités

et les notices biographiques.

Telles celles de Pierre Andreu,

Jacques Laurent (qui signait Pierre Bostan),

François Sentein — dernier témoin de la

rédaction d’Idées. Outre Gaït (que l’on voit

ici croqué par Chard lors du procès que lui

avait intenté en 1973 la ploutocrate

Edmonde Charles-Roux-Defferre), deux

autres futurs collaborateurs de RIVAROL,

Pierre Dominique et Charles Caillemer

(Mauban dans nos colonnes) et aussi Jean

de Fabrègues, Jean Maze, François Gravier,

Drieu, Michel Mohrt, La Varende… Et

même un certain François-Charles Bauer,

futur François Chalais qui écrivait dans

l’hebdomadaire de la Milice, Combats, mais

obtint plus tard la médaille de la Résistance,

couvert par une prétendue “infitration” sur

ordre. Passons…

No comments:

Post a Comment

اكتب تعليق حول الموضوع