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11/21/25

 


1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

Liban : psychose de coup d’Etat et de guerre civile

● De Odile BONNIVARD, responsable de

Solidarité Des Français (BP 10906, F-75829

Paris cedex 17 ou www.associationsdf.com) :

ET LES NÔTRES, DANS TOUT ÇA ?

Nous le disons depuis longtemps, la Cour des

Comptes le confirme aujourd’hui : le SAMU

social de Paris (115), créé pour héberger les

sans-abri parisiens, répond en priorité aux

demandes des familles

d’origine étrangère qui

débarquent en masse dans

la capitale et font la loi

dans les centres d’hébergement. Au détriment des

plus démunis des nôtres,

rejetés, laissés pour compte

et obligés de se débrouiller seuls.

Les chiffres sont accablants : les seuls frais

d’hôtels, pour 2006, que le SAMU social

consacre aux miséreux venus de loin s’élèvent à 37 millions d’euros, contre 24 millions

pour l’année 2004, soit déjà un boom de

54 %. Plus scandaleux : environ 150 hôteS ÉGOLÈNE ROYAL parle au Hezbollah mais ne le comprend pas

encore très bien, comme sa tournée

aventureuse dans un Orient apparemment

trop compliqué pour elle (même si, dit-on,

elle avait auparavant été “briefée” par l’ancien ministre des Affaires étrangères

Hubert Védrine) l’a démontré. Mais sa

candidature s’en remettra certainement, la

démocratie étant devenue ce qu’elle est, et

son petit déplacement sera vite oublié par

les Libanais et Israéliens qui ont d’autres

soucis en tête que l’image internationale de

la compagne de François Hollande.

Car ce qui menace le Liban, c’est le

retour de la guerre civile ou un coup

d’Etat. La guerre civile serait d’une autre

nature que celle précédant la période de

« paix syrienne » car le rapport de forces

intercommunautaire a changé : non seulement les chrétiens sont de moins en moins

nombreux en raison d’une plus faible natalité et d’un exode continu, mais ils demeurent plus divisés que jamais. Une prise de

pouvoir des chiites par la rue n’est donc

pas exclue, pas plus qu’un coup d’Etat

militaire pour empêcher la mise à mort de

la constitution garantissant les subtils équilibres d’un Liban rêvé.

RÉVOLUTION ORANGE,

RÉVOLUTION VERTE

Une question vient immédiatement à l’esprit. Que se passerait-il si les chiites s’emparaient du pouvoir par un coup de force ?

Que ferait Israël ? Et si Israël décidait d’intervenir au nom de sa sacro-sainte sécurité,

que ferait la FINUL ? Et, au cœur de la

FINUL, la France qui en fournit le plus

gros contingent et soutient l’actuel gouvernement libanais ?

Il faut bien voir que l’aveu par les USA

du désastre irakien et l’obligation de négocier pour s’en tirer avec les ennemis

syriens et iraniens est une catastrophe pour

le camp occidental au Liban. Cela renforce

le camp arabo-islamiste et anti-“croisé”.

Les Libanais les plus lucides parmi les

chrétiens le savent bien. Après l’échec de

l’opération israélienne « Châtiment équitable » (sic), puis la défaite annoncée de

Washington, les périls s’accumulent sur le

Liban multiconfessionnel.

L’opposition au gouvernement pro-occidental ne faiblit pas comme l’a montré la

gigantesque manifestation du 10 décembre.

Les contestataires occupent jour après jour

la place face au Sérail où se trouve assiégé

le gouvernement du sunnite Fouad Siniora.

Les extrémistes verts ont bien assimilé la

tactique des révolutions “orange” dites

démocratiques et manipulées largement par

Washington. La mort d’un jeune chiite de

20 ans transformé en martyr n’a pas dégénéré lors de ses obsèques mais a permis à

la mobilisation du Hezbollah et des partisans du général Aoun de se maintenir. Le

président du Parlement Nabih Berri, une

influente personnalité chiite appartenant à

l’opposition pro-syrienne, a lancé un nouvel appel au calme mais promis que l’opposition ne désarmerait pas. Le chef de

l’opposition chrétienne, Michel Aoun, lui,

a promis une « escalade de la pression

populaire » si le gouvernement refuse de

négocier sur la formation d’un gouvernement d’union nationale réclamé par l’opposition, soit l’alliance entre chiites et une

partie de la communauté chrétienne. Craignant un dérapage, la France et l’Allemagne ont fait appel à la Syrie pour jouer

un rôle modérateur — c’est en fait pour

Paris, qui soutient à travers le Premier

ministre Siniora le camp du défunt Rafic

Hariri, une façon d’admettre, avec du

retard, que rien ne se fera sans Damas.

LES CHRÉTIENS DÉCHIRÉS

Les diplomates sont sur le qui-vive et

l’armée libanaise est soumise à rude

épreuve. Elle tente d’éviter les affrontements intercommunautaires et se déploie

également aux frontières. Les Israéliens

n’hésitent pas à annoncer un coup d’Etat

du Hezbollah fomenté par Damas pour le

plus grand profit de l’Iran et leur presse

n’écarte pas l’hypothèse d’une prochaine

nouvelle guerre libanaise contre le Hezbollah.

Le dilemme des chrétiens est de faire le

bon choix pour sauver leur identité et les

racines historiques du Liban. L’ancien

général Michel Aoun, antisyrien de toujours, joue paradoxalement la carte du

Hezbollah, qu’il juge incontournable. Pour

lui, l’organisation chiite est un mouvement

de résistance plus anti-israélien que prosyrien. Cette approche est jugée suicidaire

par Samir Geagea et le reste du camp chrétien : le chef des Forces libanaises joue les

sunnites et les druzes pour sauver, grâce à

leurs particularismes, les chrétiens du

Liban. L’homme est devenu plus pragmatique pendant son long embastillement et

veut regrouper tous les chrétiens, même les

partisans d’Aoun. Il compte énormément

sur la France pour mobiliser l’Europe en

faveur d’un Liban des équilibres communautaires.

Le Hezbollah, bras armé de la Syrie et de

l’Iran, et le gouvernement libanais, suppôt

des USA, voilà une sacrée simplification,

mais elle s’est imposée. Tout le monde le

dit, il règne à Beyrouth une atmosphère de

veillée d’armes et chacun se dit prêt à en

découdre comme si un bol éphémère de

liberté avait fait oublier le martyre des

années 1980. Le Liban enivré de convictions contraires, de passions opposées et de

fanatisme est à nouveau au bord de la fracture nationale, avec tous les dangers que

cela implique au niveau régional.

P.-P. B.

liers “parisiens” se partagent ce juteux marché. Loyer mensuel d’une chambre pratiqué

par ces marchands de sommeil : 2 040

euros ! Les besoins excédant dramatiquement l’offre, les dames patronnesses du

SAMU social, totalement débordées, ont

délégué à des “privés” la recherche de nouveaux « gisements hôteliers ». Prestation facturée : 383 000 euros… Dans ce système

infernal, les nôtres, une fois de plus, passent

après les autres, autrement dit jamais !

[SdF organise une Soupe de Noël le 22 décembre

à 20 h. Tous les concours sont les bienvenus].

● De Michel BELLE :

BÉCASSE DU POITOU

Ségolène Royal est d’une indécence et d’un

cynisme inouïs. Durant le mois de juillet 2006,

mois de saccage du Liban, mois du massacre

des innocents, le PS est resté muet, paralysé

par la peur et l’incompétence. La bécasse du

Poitou part néanmoins en visite au Liban, le

temps de quelques images utiles à sa propagande. D’emblée, elle a montré l’étendue de sa

sottise, de sa maladresse et de sa stupidité. Elle

n’a rien entendu, en dépit de ses grandes

oreilles, de ce que disait le député du Hezbollah — ce pitoyable mensonge réflexe ne

trompe personne. Chirac aurait dû lui prêter

son sonotone.

● De René S. (Versailles) :

AVIS AUX AAARGHONAUTES

Certains internautes se sont inquiétés à la

suite d’un message du 24 novembre intitulé

« Site AAARGH : les fournisseurs d’accès doivent filtrer ! » Ils ne savaient pas, en effet, que

l’AAARGH avait su déjouer les pièges tendus

par les censeurs puisque ce site peut être

consulté sans peine à l’adresse suivante:

<http://aaargh.k0nsl.com/>.

● De Christophe B. (courriel) :

LA RÉVOLUTION RACIALE

EST EN MARCHE

Le combat des cultures et des religions a peu

à peu remplacé la lutte des classes devenue

caduque. Notre pays façonné par des siècles

d’histoire chrétienne et gauloise, éclairé d’une

certaine manière par quelques avantages issus

de la révolution française, connaît depuis vingt

ans une pression sans précédent de la part

d’une population étrangère venue s’installer

sans se défaire de son mode de vie et de ses

habitudes.

Confronté à des mœurs d’importation dont

l’influence est grandement facilitée par la plupart des décisions gouvernementales (discrimination positive, aides sociales en tous

genres, etc.), le socle identitaire de notre nation

se trouve chaque jour un peu plus déstabilisé.

Sans un changement radical de politique et

d’hommes capables d’appliquer les bonnes

décisions, le Sud, fécond et miséreux, absorbera notre beau pays, enlisé par son attachement incompréhensible à la religion des droits

de l’homme, véritable dogme de la préférence

étrangère.

● De S. L. (Paris) :

MORT D’UN BRETON

Je ne partage pas la passion de ce sport

spectacle qu’est le foot, et n’arrive toujours

pas à comprendre les réactions des supporters ou des clubs incriminés. Mais je

déplore la mort du jeune Breton Julien

Quémener et la blessure grave d’un autre

supporter qui a pour prénom Mounir, tous

deux ont été victimes le 23 novembre des

balles d’un policier antillais (RIV. des 1er et

8 décembre). Je vous laisse imaginer si le

policier avait été breton et les victimes

antillaises alors qu’il ne fut entendu que

comme témoin assisté, on croit rêver. Mais

casser du facho n’est pas un crime bien sûr.

De plus, quand on donne raison à

M. Zidane qui agresse un joueur adverse, il

ne faut pas s’étonner ensuite des débordements des stades.

8 N° 2790 — 15 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL

Bibliothèque RIVAROL

— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €

— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— CHARD : - 7 cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 € franco

- 20 ans de malheur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 €

- La France métisse de A à Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 €

— Pierre CHASSARD : Du marxisme théorique et pratique . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Gilbert COMTE : Notes sur un temps rompu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Georges DILLINGER : Mai-68 ou la mauvaise graine . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

- Chronique de la France asservie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 €

— Christophe DOLBEAU : Les parias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Roland GAUCHER-Philippe RANDA : Les réseaux de Georges Albertini . . . 24 €

— Philippe GAUTIER : La Toussaint blanche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 €

- Le Racisme anti-allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Une nuit blanche à Honfleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

— Marc LAUDELOUT : RIVAROL, l’hebdomadaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Robert POULET : L’homme qui n’avait pas compris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 €

NOUVEAUX TITRES

— Anne BRASSIÉ : Brasillach ou encore un instant de bonheur . . . . . . . . . . . 27 €

— CHARD : Ma déclaration des droits de l’homme . . . . . . . . . 10 € ou 12 € franco

— Eric DELCROIX : Manifeste libertin (contre l’ordre moral antiraciste) . . . 18 €

— Pierre DESCAVES : La Salsa des cloportes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 €

— Pierre GILLIETH : B.A.-BA Gaulois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Anne KLING : La France LICRAtisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 €

— Georges LAFFLY : Monnerot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— P.-L. MOUDENC : Livres propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 €

— Dr Jean-Claude PÉREZ : L’islamisme dans la guerre d’Algérie . . . . . . . . . 35 €

— Franck NICOLLE : Tables d’Hôte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Pain d’épice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,50 €

— Pol VANDROMME : La Droite buissonnière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Les saisons de Drieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 €

Port et emballage : 4 € par titre, 6 € à partir de 2 livres.

Règlement : Editions des Tuileries 1, rue d’Hauteville, 75010 Paris.

CCP Paris 4532-19 K.

EN RAISON DE LA FERMETURE DE NOS BUREAUX, LES COMMANDES DOIVENT NOUS PARVENIR AVANT LE 21 DÉCEMBRE.

1, rue d’Hauteville, 75010 Paris

CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K

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Rédaction : galic@rivarol.com

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dernière bande (ou indiquer l’ancienne adresse). Ecrire

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SARL “Editions des Tuileries”, au capital de 51 900 €

pour 99 ans, à partir du 20 mai 1949. Maquettiste : Bruno

Archier — Imprimerie Rotos 93, 3 rue du Parc, 93155

Le Blanc-Mesnil cedex — Dépôt légal : à parution —

Principaux associés : M.-L. Wacquez, J.-B. d’Astier de

la Vigerie, F. Pichard. Gérant : Quitterie Saclier de

la Bâtie. CPPAP n° 0208 I 82763, ISSN n° 0035 56 66.

N° 2790 — 15 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 9

Amérique latine : le bon et le tyran

Né en 1928 en Argentine, Ernesto Rafael

Guevara de la Serna périt le 8 octobre 1967

à La Higuera, en Bolivie. A l’approche de

ce 40e anniversaire, attendons-nous à un

florilège d’hommages et c’est Christian

Birebent, ancien élève de Sciences Po, docteur en histoire, qui ouvre le feu avec ce El

Che sous-titré « Une vie pour la révolution ».

Déjà excessive du temps d’un communisme triomphant, la légende d’“El Che”

et la faveur dont il continue à jouir auprès

des jeunes sont incompréhensibles quatre

décennies plus tard. Faut-il en effet que les

gamins soient lobotomisés pour afficher

sur leur tee-shirt ou dans leur chambre le

portrait d’un homme qui multiplia les

échecs et, par ses excès, découragea ou

dégoûta ses compañeros ? Eût-il vécu plus

longtemps, nul doute d’ailleurs que ce fou

furieux eût été liquidé sur l’ordre de Castro dont, jeune étudiant en médecine, il

avait rejoint le Mouvement du 26 juillet,

groupe paramilitaire dirigé par le Barbudo

supremo avant la prise de pouvoir de 1959.

Ministre très en vue du nouveau gouvernement cubain, il se planta en effet dans

toutes ses entreprises,

notamment l’industrialisation du pays et, comprenant

enfin qu’il y avait loin de la

théorie révolutionnaire à la

pratique, préféra en 1965

aller semer la révolution

d’abord au Congo-Léopoldville (nouveau revers) puis en Bolivie où,

dénoncé par les paysans qu’excédaient son

autoritarisme, sa cruauté et l’avidité de ses

commandos, il fut capturé et exécuté

sommairement par l’armée. Une

aubaine pour La Havane qui, ainsi

débarrassée par «la Réaction» d’un

agitateur si encombrant qu’il en était

devenu insupportable, put en toute

quiétude organiser le culte de cet

Argentin bizarrement élevé par Castro au rang de « Cubain de naissance ». Egalement très soulagés, les Soviétiques que ce fils de grands bourgeois

avait souvent critiqués pour leur pratique trop faible selon lui du « vrai

socialisme ».

Cet homme dont le gauchisme occidental a fait une icône avait les mains

ruisselantes de sang. « Brute

sociopathe » selon les réfugiés cubains,

il aurait pris plaisir à ordonnancer

lui-même la mise à la torture et l’exécution de centaines de personnes

dans les prisons castristes, mais aussi

parmi les pauvres paysans dans les

zones contrôlées par ses guérilleros.

Ce qui est sûr, c’est qu’il fut l’organisateur du goulag cubain, dont le premier camp fut créé sous sa surveillance à Guanahacabibes, et que

le titre de « boucher de la Cabaña » qui lui fut

donné n’était pas usurpé.

Dressant le « bilan historique de l’action du

Che », M. Birabent admet qu’il a « largement

échoué » et estime que, dans son cas, « l’histoire réelle risque de s’estomper au profit de la seule

légende ». Mais, sur l’histoire réelle, ce livre

est trop allusif pour combattre la légende.

J. L. _____

El Che, par Ch. Birebent, 272 pages, 22 €.

Editions Grancher.

“El Che” Guevara, légende et réalités

qui n’existe plus. L’erreur des indianistes

n’est pas d’être fiers de leur identité mais de

vouloir faire comme si leur monde n’avait

pas été changé à jamais par la colonisation.

Quoi qu’il en soit, Rafael Correa, ancien

ministre de l’Economie, candidat de la

gauche anti-yankee et ami de Chavez, l’a

emporté avec environ 57 % des suffrages,

contre 43 % pour le milliardaire Alvaro

Noboa, alors que les sondages annonçaient

un scrutin serré. Le candidat conservateur

Noboa a immédiatement contesté sa défaite

et demandé un recomptage des bulletins de

vote dans une situation à la mexicaine inversée puisque, dans l’ancienne patrie des

Aztèques, c’est au contraire le socialiste

Obrador qui n’admet toujours pas sa défaite

du 2 juillet dernier devant le conservateur

Felipe Calderon — lequel a finalement été

investi le 1er décembre.

Alvaro Noboa, l’homme le plus riche d’Équateur grâce à la banane, avait fondé son

discours sur la peur du “communisme”, agitant la menace qu’avec Rafael Correa, l’Équateur deviendrait un « nouveau Cuba »,

qu’il pourrait plonger dans la « guerre

civile ». En face, le candidat social-national

soutenu par une bonne partie des Indiens (la

moitié de la population) affirmait au

contraire que la politique de Noboa mènerait à un « fondamentalisme d’extrême

droite ». Noboa est en effet réputé proche

des évangélistes et des néo-conservateurs

américains.

Trois semaines après l’élection du sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua, avec l’appui d’Hugo Chavez, l’Équateur est ainsi une

nouvelle ligne de front entre le président

vénézuélien et l’Administration américaine.

Après son incontestable victoire du

3 décembre, Chavez risque donc d’être

l’homme de l’année 2007 pour le continent

américain. Des étrennes dont George

W. Bush se serait certainement passé.

Pierre-Patrice BELESTA. _____

(1) On a beaucoup reproché à Pinochet et aux

autres “golpistes” les dizaines d’enlèvements

de l’automne 1973. Mais beaucoup de ces “kidnappés” devaient réapparaître sous une autre

identité en Argentine où certains d’entre eux

furent même emprisonnés et torturés pour leurs

activités subversives.

C OMME si l’on

assistait à un passage de relais, la

réélection triomphale de

Hugo Chavez à la présidence du Venezuela avec

plus de 61 % des suffrages

face à son principal opposant, le social-démocrate

Manuel Rosales (moins de

39 %) a coïncidé le

3 décembre avec l’absence de Fidel Castro aux

grandes célébrations

organisées pour ses

80 ans et avec l’hospitalisation d’Augusto Pinochet, frapé d’un grave

malaise cardiaque

quelques jours après ses

91 ans. Clin d’œil de

l’histoire : certains quittent la scène et d’autres

s’y installent.

“DICTADOUCE”

POUR AUGUSTO PINOCHET

Celui qui présida le Chili du “golpe” de

septembre 1973 à 1990 s’est éteint le

10 décembre. La grosse presse, qui avait été

autant indignée que surprise par les manifestations de sympathie autour de l’agonisant

puis du défunt devant la dépouille duquel ils

ont été des dizaines de milliers à défiler dans

la cour de l’Ecole militaire de Santiago,

ignore ou veut ignorer que, pour de nombreux Chiliens, il avait évité au pays une

dérive marxiste totalitaire avec la prise de

pouvoir par les fanatiques du MIR (la

Gauche révolutionnaire qui, débordant le

régime d’Unité populaire de Salvador

Allende, avait plongé le pays dans l’anarchie

en 1971-1973). De même avait-il assuré son

progrès économique comme sa transition

vers ce que le général lui-même

a appelé d’une formule savoureuse la “dictadouce”. A noter

que des anciens pairs du général, seule Margaret Thatcher a

osé faire part de sa “tristesse”.

L’actuel président américain a

cru bon en revanche de se

joindre à la meute des hyènes

en accablant le défunt Pinochet

alors que Bush père fut le patron de la CIA

et n’était donc pas étranger au “golpe” de

1973.

Les cris d’orfraie des pseudo-« défenseurs

des droits de l’homme » furieux que la

Camarde les aie privés d’un procès à grand

spectacle du “criminel” Pinochet n’en sont

que plus choquants. Tout comme les manifestations violentes orchestrées à Santiago

par l’extrême gauche après la mort du

“tyran” et l’annonce que les honneurs militaires lui seraient rendus — des funérailles

nationales étant évidemment exclues encore

qu’elles auraient été méritées.

“GOULAG TROPICAL”

POUR CASTRO

Car après la répression ayant suivi le coup

d’Etat, le Chili s’était répétons-le “démocratisé” sans drames et surtout enrichi, avec une

élévation du niveau de vie concernant toutes

les classes sociales. Il n’en sera certainement

pas de même pour le Cuba de l’après-Fidel.

Pinochet a su passer la main, le clan Castro

s’accroche. Cela fait une sacrée différence,

comme les vrais historiens le constateront (1).

Le Quid impute en effet 2 900 meurtrtes et

assassinats au régime Pinochet, mais 9 800

à celui de Castro. Ce qui n’empêche pas

celui-ci, malgré le « goulag tropical » perdurant à Cuba, d’avoir toujours eu meilleure

presse — à l’étranger en tout cas — que

l’ancien chef d’Etat chilien. A cet égard, un

procès du marxiste Castro aurait été bien

plus intéressant que celui du conservateur

Pinochet. Mais les mêmes qui enragent

aujourd’hui de n’avoir pu faire condamner

le caudillo chilien de son vivant et réclament

encore pour lui un Nuremberg posthume

(qui pourrait d’ailleurs avoir lieu en 2008 en

France en 2008 où un procès est instruit par

la juge Sophie Clément), sont très satisfaits

de l’impunité dont continue à bénéficier le

lider maximo cubain.

Ce dernier, atteint d’un cancer, est-il

proche de la fin ? Après son absence à la

grande parade militaire prévue en son honneur, Cuba se prépare, non sans inquiétude,

à entrer dans une phase nouvelle sous la

conduite de Raul, frère de Fidel et gardien

déclaré de la « continuité révolutionnaire ».

Ce dernier a fait une timide ouverture,

immédiatement repoussée, vers Washington.

CHAVEZ EST-IL COMMUNISTE ?

Mais si les Etats-Unis vont être débarrassés de Fidel, ils ne le seront pas forcément

du castrisme et certainement pas de son

enfant mutant, la révolution bolivaro-socialiste.

Hugo Chavez se réclame volontiers de

Fidel Castro. Il l’a fait une fois de plus, et

bruyamment, après avoir été réélu à la présidence du Venezuela, une victoire dont

L’Humanité s’est non moins bruyamment

réjouie.

Pour autant, Chavez est-il communiste ? A

beaucoup de ses partisans, il apparaît — à

tort ou à raison — moins socialiste que

populiste et nationaliste. Et fort attaché au

pouvoir : ne souhaiterait-il pas modifier la

constitution de telle sorte qu’elle ne limite

plus le nombre de mandats

(actuellement : deux,

comme aux Etats-Unis),

ce qui lui assurerait une

présidence à vie, comme

celle dont jouit depuis

1959 le Barbudo Supremo,

plus vieux chef d’Etat du

monde en exercice ?

« Unissons-nous et nous

serons libres », s’est

exclamé Chavez depuis le

palais de Miraflores à

Caracas devant des milliers de partisans en délire,

en s’adressant à l’Amérique latine entière au soir

de sa réelection du

3 décembre, victoire qu’il

a donc dédiée aussi à son

homologue cubain. Contre

« l’impérialisme nordaméricain », l’ancien

colonel de paras poursuivra sa révolution nationale

et continentale en espérant

infliger d’autres défaites au diable Bush et à

cette Amérique qui veut dominer le monde

et coloniser le continent latin.

Au crépuscule de Fidel Castro, Hugo Chavez, lui-même rescapé en 2002 d’un coup

d’Etat manqué inspiré par les USA et, en

2004, d’un référendum “révocatoire” organisé par les amis deWashington, prend plus

que le relais de la résistance aux Etats-Unis.

Son ambition bolivarienne semble en effet

s’inscrire dans une offensive à l’échelle du

Cône sud plutôt que dans une guerre de positions. Avec les revenus du pétrole et ses

61 % de suffrages, il peut revendiquer un

rôle de leader sud-américain.

CONTAGION DANS

LE CÔNE SUD

Après le Pérou et la Bolivie, l’Equateur,

autre signe convergent, s’est en effet choisi

un président anti-américain, proche de Chavez, populiste et indianiste. Un nouveau

pays hispanique rejoint donc le camp disparate d’un nationalisme de gauche. Ce vote

crée une sorte d’arc andin ou d’arc inca,

rêvant utopiquement d’un retour à un passé

La France LICRAtisée

par Anne KLING :

préface d’Alain Soral

463 pages 35 €

ou (39 € fco)

En vente à nos bureaux

chèque à

Editions des Tuileries.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris

(Dessin de CHARD.)

LE DERNIER ALBUM DE CHARD

10 € l’exemplaire (12 € franco) ou

25 € les 3 exemplaires (29 € fco).

Dédicace sur demande. Chèques à

Editions des Tuileries,

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

que la médecine, l’hygiène amélioreraient le

genre humain, adouciraient les conditions de

vie, et il avait son programme social (le

« communisme Labiche », dans L’Ecole des

Cadavres — un titre très hogarthien !)

ENTRE CANDIDE

ET TOM JONES

En vérité, Hogarth ne s’est pas limité au

genre satirique. L’exposition du Louvre fait

découvrir le portraitiste, qui restait hâtif, et

on le lui reprocha (mais sa Marchande de

Crevettes de 1740 figure dans tous les dictionnaires en France, parce qu’elle a quelque

chose d’un Manet). Nous lui reprocherons

surtout des visages rarement expressifs. On

s’extasie sur la toile représentant ses six

10 N° 2790 — 15 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL

domestiques... Aucun des six n’exprime

autre chose qu’une honnête médiocrité.

L’exposition montre aussi les très mondaines scènes de genre que réalisait Hogarth.

Conversations d’hommes. Salons où l’on

prend le thé. Et cette très jolie scène où la

comédienne allemande Eva Veigel, qu’avait

épousée le grand acteur Garrick, vient lui

enlever la plume au moment où il écrit une

Préface. A moins qu’elle ne vienne guider sa

plume ? Car on nous dit avec gravité qu’elle

était « son Egérie ». Connaissant Hogarth,

et malgré toute la dignité du tableau, on

pourrait penser à un clin d’œil plus coquin.

Mais Garrick se prenait sans doute au

sérieux. Plus que Fielding, le romancier de

Tom Jones, qui était pourtant magistrat, mais

permettait à Hogarth de le caricaturer en président de chambre sévère ou somnolent. Et

plus que John Gay, autre ami de Hogarth, et

immortel auteur de l’Opéra du Gueux dont

le peintre a représenté la scène du procès. Au

fond, comme John Gay, c’est une

grande comédie sociale que Hogarth

nous a laissée, mais plus âpre, plus

large aussi dans ses thèmes et ses

méditations, et pas si éloignée du

Candide de Voltaire, qui est contemporain.

L’exposition du Louvre présente

80 pièces. L’exposition de la Tate

Britain à Londres, de février à avril,

sera plus vaste (et Madrid prendra la

suite de mai à août). Le catalogue du

Louvre (35 €) n’est guère satisfaisant, car il se perd en discours sur les

précurseurs et de prétendus héritiers

de Hogarth sans nous donner le

minimum : une explication des multiples détails de ses tableaux (le

volume de Flammarion en 1978,

Tout l’Œuvre peint…, est encore

supérieur sur bien des points !)

Comment expliquer, par exemple, la

présence si fréquente de nègres (un

valet noir caresse même une laitière

au teint de rose), négresses,

négrillons dans les tableaux et gravures de Hogarth ? Pur pittoresque

londonien ? Symboles de la sensualité ? Ou bien Hogarth, en bon disciple des philosophes, suggère-t-il

l’égalité des humains ? Le catalogue

est muet sur ces questions précises

et concrètes.

Et puis, comme notre bon confrère

Samuel traitant, lui, de l’exposition de dessins de Rembrandt (Présent du

11 novembre), dénonçons l’arnaque qui

nous fait payer dix euros un obligatoire billet

groupé Hogarth + Rembrandt. Hogarth doit

s’en retourner dans sa tombe, lui qui détestait « the ridiculous manner of Rembrandt »… (On songe encore à Céline, à son

mépris pour la « façon tarabiscotée de

Proust »…)

François LECOMTE.

AVEC sa façon de composer des

séries de quatre, six ou douze gravures sous-titrées, William Hogarth

(1697-1764), dont une exposition est présentée au Louvre jusqu’au 8 janvier, est

incontestablement un précurseur de la bande

dessinée. Et de la bande dessinée la plus

hard. Prenons Le Mariage à la mode (en

français dans le titre). Tout le monde a vu

l’un des trois premiers tableaux (car ce sont

des tableaux avant d’être des gravures) : 1.

le contrat de mariage ; 2. le petit déjeuner

des jeunes mariés, quelques jours plus tard,

après une nuit échevelée passée à dilapider

la dot au jeu ; 3. la toilette de Madame, avec

toutes sortes d’entremetteurs. On connaît

moins la suite : 4. Monsieur découche et f…

la vérole à une jeune personne prostituée par

sa mère (tout le monde se retrouve chez le

charlatan) ; 5. Madame prend un amant, qui,

surpris en flagrant délit, tue Monsieur. 6.

Madame s’empoisonne quand on lui

annonce que son amant vient d’être pendu,

et l’on voit sur son petit garçon les séquelles

de la syphilis. Bilan, donc, de cette série a

priori fort comique : trois morts précoces,

une jeune femme infectée, un enfant infirme.

Cette brutalité, on la retrouve dans les

Quatre Etapes de la Cruauté, ou la Carrière

d’un Roué (huit tableaux), la Carrière d’une

prostituée (idem). Plus brutal encore : les

deux tableaux intitulés Avant, Après. C’està-dire avant et après l’acte de chair, qui, lui,

n’a pas les honneurs d’une image, il est

réduit explicitement à une chiennerie

puisque le couple des jeunes amants est doublé par un chien : en rut, puis s’endormant.

« L’infini mis à la portée des caniches », dira

plus tard Céline de l’amour charnel…

Hogarth ne faisait pas dans la dentelle, et il

avait délibérément rompu avec l’académisme. Quand on jette un coup d’œil sur sa

biographie, on est frappé des analogies avec

Céline, justement, autre artiste en rupture.

Comme Ferdinand, il naquit au cœur d’une

capitale grouillante, dont il connut vite les

bas-fonds, les vices, les cabarets, mais aussi

les ateliers et les théâtres. Il n’eut pas

la patience des études régulières,

malgré un père professeur de latin,

mais endetté (Céline avait un grandpère agrégé de grammaire). Il se rattrapa en épousant la fille de son

patron, le peintre d’histoire James

Tornhill, comme Céline épousa la

fille du Pr Follet, à Rennes — et en

se donnant une culture par des lectures boulimiques (sur son autoportrait, il garde sous le coude Shakespeare, Milton, Swift). Il est xénophobe, mais pacifiste (en 1760, une

gravure contre la guerre que mène

l’Angleterre en Europe lui vaut

quelques avanies). Il ose tout montrer, dans un style neuf qui peut

dérouter, plus proche de l’illustration

que de la grande peinture, accumulant avec verve les détails, les allusions : plusieurs actions même figurent souvent sur la même toile (l’assassin s’en va par la fenêtre, les gendarmes entrent déjà par la porte).

Certes, Hogarth se situait, pour sa

part, dans un courant dominant de

son siècle, celui de l’humanitarisme.

On rencontre beaucoup de francsmaçons parmi ses amis. Mais après

tout, avant la grande désillusion des

années 1940, Céline aussi espérait

Cinéma

Ce n’est pas si fréquent. Le maître mot de

la rubrique ciné cette semaine est religion,

mais pour une fois ce n’est pas le christianisme qui est mis sur la sellette. En effet,

deux des nouveautés à l’affiche ont trait

l’une à la foi musulmane et à cet autre

opium du peuple post-marxiste (Karl et

non pas Groucho) qu’est le football, Hors

jeu, et l’autre aux rapports tumultueux

entre islam et judaïsme, Mauvaise foi.

Hors jeu ou comment l’esprit (de contestation) vient aux filles iraniennes supportrices de leur équipe nationale. Dans son

dernier film, Grand Prix du jury du dernier

festival de Berlin, Jafar Panahi aborde

sous l’angle de la comédie sportive la

condition féminine dans la République

islamique, sujet qu’il avait traité dans un

registre beaucoup plus grave et dramatique dans Le Cercle en 2000 (le chemin de

croix de six pécheresses dont une prostituée dans la capitale iranienne). Sa nouvelle héroïne est prête à tout pour pouvoir

pénétrer dans le stade de Téhéran afin

d’assister au match de qualification pour

la Coupe du monde opposant l’Iran au

“Onze” du Bahreïn. Mais les femmes sont

strictement bannies de stade, les docteurs

de la loi coranique leur interdisant l’accès

aux manifestations sportives sous le prétexte qu’il serait indécent qu’elles voient

des hommes en petite culotte, spectacle

réservé aux mâles de leurs familles. Ses

vêtements de garçon et son visage peinturluré aux couleurs du drapeau national ne

trompent pas les vigilants Gardiens de la

révolution et de la moralité publique. Elle

est interceptée et parquée avec d’autres

dangereuses délinquantes folles de foot

dans un enclos grillagé sous la surveillance de jeunes soldats, en attendant

d’être emmenée à la brigade

des mœurs. L’un des

bidasses, accepte de commenter le match pour les prisonnières tel qu’il peut

l’apercevoir à travers un

trou dans le mur…

Dans un style réaliste

proche du reportage d’actualités filmé

quasiment en unité de lieu et de temps,

Panahi brosse un portrait léger, voire franchement comique par moments (la scène

des toilettes) de la société théocratique iranienne. Dans Hors jeu, le football et la

liesse populaire qu’il engendre après la

victoire des joueurs iraniens, aussi bien

chez les radicaux que chez les progressistes, révèlent avec force, mais d’une

façon subtilement détournée par l’humour

et la dérision, l’absurdité et l’iniquité de

la misogynie d’Etat.

« Il est arabe, elle est juive, ils vont avoir

un enfant… » C’est d’une manière beaucoup

plus balourde que l’affiche de Mauvaise foi

nous révèle d’emblée le sujet et les enjeux

du premier film réalisé par l’acteur beur

Roschdy Zem : les couples mixtes et les problèmes qui vont avec. Le scénario écrit en

duo avec le comédien feuj Pascal Elbé (l’un

des trois fistons de Noiret dans Père et fils

de Boujenah) ne fait pas dans le détail (pardon !), enfonçant à toute allure les portes

ouvertes sur les corollaires d’un thème de

société aussi porteur : le racisme, la tolérance, l’intolérance, le droit à la différence,

les communautarismes et leurs crispations

etc. Mais ils le font sans trop se prendre au

sérieux. Refusant le misérabilisme tout

autant que le sensationnalisme, Zem et Elbé,

se basant sur leur vécu personnel (l’épouse

du premier est juive), ont imaginé un couple

de BoBos parisiens aisés filant le parfait

amour, indifférents au fait religieux, tout en

ne reniant pas leur culture d’origine :

Ismaël, prof de piano et Clara, psychomotricienne. L’annonce faite à Clara qu’elle est

enceinte va briser la paix du ménage. Leurs

familles respectives, mises au courant de

leur situation, sont scandalisées d’une telle

mésalliance, surtout le papa askhénaze de

Clara qui ne veut à aucun prix d’un gendre

arabe (un numéro savoureux de Jean-Pierre

Cassel) et les deux tourtereaux vont retrouver les préjugés et les réflexes identitaires

de leurs communautés respectives contre

lesquels ils se croyaient immunisés. La

comédie de mœurs folklorique des débuts

vire peu à peu à la foire d’empoigne ethnicoreligieuse. Très riche d’enseignements par

les temps qui courent…

Patrick LAURENT.

Folles de foot et crises de foi

Hogarth : un Céline anglais ?

Tom Nero au faîte de la cruauté (3e étape) : après avoir maltraité

enfant les animaux, il tue et dépèce sa compagne enceinte. La quatrième étape montrera son propre cadavre, charcuté dans un amphithéâtre de médecine.

ENTRE NOUS

(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)

Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres

rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un

numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.

Les textes doivent nous parvenir dix jours

avant la parution et être rédigés en caractère

d’imprimerie très lisibles.

BIBLIOPHILIE

◆ Ch. livre de Jean des Vallières « Et voici la

Légion étrangère » (Ed. André Bonne 1962).

Ecr. Jean Biraud, 20140-Moca-Croce.

DIVERS

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bouteille hors frais de port (conditions spéciales pour fédérations FN). Rens. : FN-51,

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cedex. Tél/ fax : 03-26-70-46-90.

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50/60 ans. Envoyer CV + lettre. Ecr.

n° 2790/1271.

LE NOËL DES “PETITS PRINCES”

Les enfants qui lisent sont des petits princes. En leur honneur, Le Libre

Journal et Marie-Claude Monchaux ont pris l’initiative de décerner le

Prix des Petits Princes, deux fois par an, en décembre et en juin. Dans

ses choix, Mme Monchaux est assistée de Jeanne Smits, directrice de Présent, d’Anne Brassié (Radio Courtoisie), Gabrielle Cluzel (Monde et Vie) et

d’Hélène Fruchard, critique de livres pour enfants.

Les « Prix des petits princes » ont été attribués cette année aux « Contes

de Noël » (par Louis Fontaine, éd. Via Romana — voir RIV. du 8/12), à « Thérèse, la

petite fleur de Lisieux » (par Bénédicte de la Roncière, Téqui), à « Patira » (par Raoul

de Navry, Elor) et, pour les plus petits à : « J’apprends à dire merci » (Fleurus).

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter

notre site Internet, pour vous assurer

que notre hebdomadaire a bien paru et

en connaître le sommaire.

Pour toutes les correspondances

administratives, utiliser l’adresse

<contact@rivarol.com>, l’adresse

<galic@rivarol.com> étant réservée

au courrier rédactionnel. Les lecteurs

internautes qui souhaitent faire figurer

leur adresse électronique doivent le

spécifier et les autres peuvent nous

demander de transférer leur message

au correspondant choisi.

N° 2790 — 15 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 11

dront le sobriquet de « baron fou » puis,

nommé néanmoins général de l’armée tsariste, il retrouve sa Sibérie en février 1917

mais arrive en octobre la révolution bolchevique. Sous les ordres de Semenov, Ungern

combat les Rouges mais, refusant d’obéir à

l’amiral Koltchak, chef suprême des Blancs,

le tandem approche le Japon, disposé à créer

un État-tampon dans l’extrême-orient russe,

sous l’autorité de Semenov. Un crime de

haute trahison pour Koltchak et Denikine

dont les menaces font finalement reculer

Semenov. Mais pas Ungern qui continue la

lutte en Transbaïkalie, puis en Mongolie à

partir d’octobre 1920. Avec ses « gardes

blancs » russes et asiates (Tatars, Bachkirs,

Bouriates et Mongols), il rêve de restaurer la

monarchie en Russie et « d’exterminer tous les

Juifs et les Commissaires (communistes) de

Russie » (les deux ne faisant souvent qu’une

seule et même personne). Toutefois, celui qui

revêtait volontiers l’uniforme mongol (voir

photo ci-contre extraite de l’ouvrage) et en

qui le Dalaï-Lama de l’époque voyait la réincarnation d’un Mahakala, divinité bouddhique, finira misérablement, exécuté en

septembre 1921 à Novosibirsk, et les

hommes du « baron fou » devenu le « baron

sanglant » connaîtront le même sort.

L’itinéraire et la personnalité d’Ungern

avaient fasciné Jean Mabire qui lui consacra

un livre. A son tour, Erik Sablé nous brosse

son portrait, assez différent — ne serait-ce

que parce qu’il insiste sur le côté luthérien

du Balte, descendant d’un Porte-glaive, alors

que Mabire voyait plutôt chez lui la tentation du paganisme. Mais tous deux sont

d’accord sur un point : ce n’est pas Ungern

qui était fou, c’était l’époque. Et s’il n’était

pas un tendre, le bilan de ses crimes (comErik SABLÉ

UNGERN

Comme son contemporain l’explorateur

suédois Sven Hedin, comme de nos jours

Stéphane Tesson, le Balte Robert Nicolas

Maximilien (dit Roman Fédorovitch) von

Ungern von Sternberg, né en 1885, diplômé

de l’École militaire Pavlovsk, à Saint-Pétersbourg, et de là envoyé en Sibérie, s’enthousiasma pour les peuples nomades, Mongols

et Bouriates. Ce qui explique sans doute sa

trajectoire pendant la Première Guerre mondiale : combattant d’abord en Galicie avec

une bravoure et une témérité qui lui vaumis d’ailleurs par représailles) reste dérisoire

au regard des dizaines de millions de morts

qu’allait faire le Moloch soviétique en

quelques décennies.

J. L. _____

124 pages avec illustrations et étude astrologique

de Marin de Charette, 12 €. Collection « Qui

suis-je ? » Ed. Pardès, BP 11, F-77880 Grez-surLoing. Tél. 01-64-45-67-23. Egalement paru

dans la même collection : Wagner, par Jacques

Virel (128 pages, 12 €.)

Michel-Eric PAYRAUD

LA DROITE EN

500 QUESTIONS

Entre vieux copains de fac ou de meeting

pour se distraire avec une ou plusieurs parties de Trivial Pursuit politique, ou tout

seul pour savoir si on tient encore le niveau

malgré du poids des ans l’irréparable

outrage, voici un bouquin épatant : un

recueil d’un demi-millier de questions

(dans tous les domaines : histoire de France

et du monde, littérature, politique, philosophie…) auxquelles devrait savoir

répondre l’honnête homme (femme) de

droite, qu’il s’agisse de désigner le fondateur d’Ecône, l’auteur des « Chants du soldat », le fondateur de la British Union of

Fascists ou le créateur du corps des Lansquenets.

In fine, l’auteur remercie les auteurs et

publications qui lui ont permis d’établir

son Quiz. RIVAROL y figure en bonne

place (une question porte d’ailleurs sur

René Malliavin, créateur de notre hebdomadaire et, auparavant, de la revue Ecrits

de Paris) mais Michel-Eric Payraud nous

aurait-il oubliés que nous n’en conseillerions pas moins chaudement la lecture de

son livre. En effet, beaucoup des questions

posées (et qui, toutes, reçoivent bien

entendu une réponse circonstanciée) vont

bien plus loin qu’un simple contrôle des

connaissances. Par exemple celle-ci

(n° 445) : « Sous la Révolution, la Convention interdit tous les clubs et sociétés de

femmes. Vrai ou faux ? » Vrai, bien sûr, car

« les Conventionnels voulaient restaurer les

vertus des femmes, ce qui exigeait le retour à

leurs “fonctions naturelles” ». Et les excluait

de la vie publique, avis à Royal !

Et voici ma question préférée (n° 407) :

quel journal se félicitait donc en 1940 du

fait que « les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se

multiplient », ajoutant : « Nous en sommes

heureux » ? Non pas le Je

suis Partout du « sinistre

tandem » Cousteau-Rebatet (que l’on retrouvera à

RIVAROL), mais L’Humanité du stalinien Marcel Cachin. Pour lequel, à

cette époque au moins,

l’occupation allemande

n’était donc « pas particulièrement inhumaine » puisqu’il mit tout en œuvre pour

obtenir la reparution de son quotidien.

Sans succès, hélas, ce que l’on n’a pas fini

de regretter. N’empêche que, comme le

rappelle M. Peyraud dans sa réponse, deux

négociateurs communistes qui avaient été

arrêtés par les autorités de Vichy furent

promptement « libérés par les Allemands le

25 juin 1940 ».

J. L. _____

154 pages, 19,90 €. MEP Editions, BP 10257,

F-60332 Liancourt Cedex. Tél. 06-68-00-95-24

ou <www.quiz-droite.fr>.

UN DES traits particuliers de nombreux romanciers américains est

qu’ils ont conservé, mieux que

leurs homologues de la « vieille Europe »,

comme disait Rumsfeld, une sorte de candeur qui les place de plain-pied avec leurs

personnages. Une forme de naturel. Voire

de rusticité. Il n’y a chez eux ni la distance,

ni la distinction, ni la gourme qui subsistent toujours peu ou prou chez nos écrivains, même les plus réalistes, même les

plus “régionalistes”.

C’est vrai de Fenimore Cooper et de

Mark Twain, de Walt Whitman, de Jack

London. Et on trouverait des traits semblables chez Hemingway, Faulkner ou

T.S. Eliot comme chez Henry Miller et

Jack Kerouac.

Cela, qui procède d’une ignorance ou

plutôt d’un refus des conventions à l’honneur chez les Pères fondateurs aussi bien

que d’un rejet du puritanisme, a contribué

à définir une catégorie d’auteurs issus du

peuple, aux antipodes des intellectuels de

cabinet. On a parfois qualifié d’écrivains

“prolétariens” ces adeptes du parler vrai et

le terme n’est pas usurpé.

Ils ont l’expérience d’une vie semblable

à celle de leurs héros. Parfois, ce sont euxmêmes des aventuriers. Souvent, ils ont

exercé des métiers manuels, côtoyé des

paysans et des ouvriers qu’ils ont eu tout

loisir d’observer d’après nature. Leur

œuvre en porte la marque, même si elle

n’est pas toujours naturaliste au sens strict

du terme.

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