Sherwood Anderson en est un bon
exemple. Né en 1876 dans un village de
l’Ohio, au sud du lac Erié, dans une famille
très modeste qui déménage souvent, il
quitte l’école à quatorze ans, pratique mille
métiers, combat à Cuba lors de la guerre
hispano-américaine, fonde une famille
qu’il abandonne après quelque temps, ainsi
que la petite entreprise qu’il dirige à Elrya,
une ville de l’Ohio,
avant de gagner Chicago. Il y rejoint un
groupe de journalistes, de peintres
d’avant-garde et
d’écrivains radicaux, dont Theodore Dreiser, scandaleux porte-flambeau de la lutte
contre le puritanisme et l’hypocrisie,
auteur d’une production littéraire aussi
dense que militante.
C’est qu’il a été lui-même saisi par le
démon de l’écriture. Au point de laisser à
sa mort, en 1941, une œuvre diverse,
romans (Poor White, Beyond Desire), nouvelles (Horses and Men, Death in the
Woods), reportages, essais (Puzzled America), poèmes en prose (Mid-American
Chants, A New Testament), récits autobiographiques (A Story Teller’s Story, Tar : A
Midwest Childhood), publiés à partir de
1916 et qui ont influencé la génération des
Faulkner et des Hemingway.
Si Henry Miller lui reconnaît « le génie
de s’emparer du trivial et de le rendre
important, universel », si Faulkner a dit de
lui qu’il était « un géant parmi les pygmées », Sherwood Anderson, figure marquante de ce que l’on a pu appeler, dans les
années 1912-1920, la Renaissance de Chicago, reste peu connu chez nous.
Il fit pourtant, en 1921, un séjour à Paris
(il y rencontra Gertrude Stein et Adrienne
Monnier, laquelle évoque « son air de
vieille squaw fumant sa pipe au coin de
l’âtre ») et plusieurs volumes de lui, mais
non l’intégralité de son œuvre, furent traduits en français entre 1920 et 1930.
Cependant, en dépit d’une embellie dans
les années 1960, il est loin de jouir de la
réputation qu’il mérite.
●
Voilà pourquoi il faut saluer la sortie d’un
recueil de quatre nouvelles, Les Chevaux
de l’adolescence (*), écrites entre 1919 et
1923 et publiées dans l’ordre chronologique. Ces textes, augmentés d’extraits
tirés d’autres œuvres et relatifs au cheval,
sont tout à fait caractéristiques de l’art de
Sherwood Anderson.
Ces nouvelles se déroulent toutes dans
le milieu des courses et ont pour héros un
jeune narrateur passionné de chevaux —
à l’évidence l’auteur qui rêvait, selon ses
propres dires, « d’écrire aussi bien que
courent les pur-sang ». En perpétuel vaet-vient entre le monde des propriétaires
d’écuries, des jockeys, des lads, des
entraîneurs – un monde fascinant où
règne le dieu cheval – et l’univers ordinaire des hommes, l’adolescent
peine à trouver sa propre identité.
Chacun des récits met l’accent
sur un décalage ou un conflit
perçu, le plus souvent, comme
une blessure intime. Différence
sociale ou raciale décrite avec
réalisme — les nègres et les blancs ont
des caractères physiques et moraux spécifiques évoqués sans tabous ni précautions oratoires, ce qui, précise l’auteur de
l’introduction, « met parfois le traducteur de la fin du XXe siècle mal à
l’aise » (sic) —, opposition entre la
nature et la culture livresque chargée de
tous les maux de la civilisation urbaine,
entre la pureté originelle du cheval et la
grossière concupiscence des hommes.
Entre l’amour et la mort.
Au milieu, un jeune garçon tiraillé entre
des pulsions contradictoires qu’il ressent
sans pouvoir les définir.
Tout le pousse vers le métier des courses,
et d’abord sa connaissance intuitive de
l’animal : « D’une certaine manière, je ne
saurais dire comment, je devinais ce
qu’éprouvait intérieurement Sunstreak.
Tranquille, l’étalon laissait des Noirs lui
frictionner les jambes, et M. Van Riddle en
personne lui passer la selle, mais intérieurement, c’était un torrent déchaîné, l’eau
du Niagara au moment où elle va tomber
dans l’abîme. Ce cheval ne pensait pas
qu’il allait courir. Il n’avait pas besoin d’y
penser. Il ne pensait qu’à se contenir jusqu’au moment du départ. Je le devinais. Je
pouvais lire en lui. »
En même temps, il découvre son attirance
pour l’autre sexe et connaît ses premiers
émois, vit, à son corps défendant, une
aventure ambiguë (L’Homme qui devint
femme), découvre à ses dépens que le mensonge pervertit les sentiments les plus purs,
au point de provoquer l’échec d’une
conquête amoureuse. Un mélange de naïveté et de finesse que traduit l’acuité de
l’observation. Un mal-être diffus qui n’exclut ni l’humour, ni l’auto-dérision. Ni,
surtout, le sens aigu de l’observation.
Tout cela est conté avec une
spontanéité apparente. En réalité,
un langage travaillé, des maladresses et des redites calculées.
Autant de gages d’authenticité.
Anderson voit à travers le regard
de son personnage, s’exprime par ses mots.
Le parti pris du style “oral” (qui, chez
nous, était celui de Giono, de Céline)
confère à ses textes une saveur particulière.
_____
* Les Chevaux de l’adolescence. Nouvelles
présentées par Claire Bruyère. Introduction,
annexes, références, esquisse bio-bibliographique. Editions du Rocher, 193 pages,
20,90 €.
L’enfant qui aimait les chevaux
D.R.
LE 7 décembre, alors que la
LICRA-Sport présentait en
grande pompe à
Vanves les deux
films publicitaires illustrant sa campagne
contre le pire fléau de notre
temps que serait « le racisme
dans les stades », un rapport de
l’Inspection générale des services, dite « police des polices »
mettait en cause le comportement de policiers dans l’électrocution, qui déclencha les trois
semaines d’émeutes raciales de
l’automne 2005, de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, le
Tunisien Zyed Benna et le
Malien Bouna. Lesquels, du
reste, s’étaient volontairement
réfugiés dans un transformateur
EdF après en avoir forcé les portes malgré
les inscriptions « Défense d’entrer — Danger de mort ». L’IGS ne le nie pas mais
reproche aux policiers d’avoir poursuivi les
garçons — déjà connus de leurs services —
et d’avoir fait preuve d’une « légèreté et
d’une distraction surprenantes ». Déjà
entendus en tant que témoins assistés pour
« non-assistance à personnes en danger » car
ils n’auraient pas alerté EdF en voyant les
Jeunes s’engouffrer dans le transformateur,
les flics pourraient donc être mis en examen
pour mise en danger de la vie d’autrui,
comme le souhaitent les familles des victimes.
LA MORT DE JULIEN,
SIMPLE DÉGÂT COLLATÉRAL
Commentant le passage de Nicolas Sarkozy sur France 2, le critique télé du Monde
Dominique Dhombres avait relevé le
2 décembre une « question étonnante »
posée par Alain Duhamel au ministre de
l’Intérieur : « Y a-t-il un racisme antifrançais ? » Oui, répondit d’ailleurs le candidat
déclaré de l’UMP en évoquant les « bandes
ethniques qui, dans certains quartiers, ont
eu des injures raciales à l’égard des Français ».
Plût à Dieu et à Descartes que ce fût seulement « dans certains quartiers » ! Hélas, le
racisme antifrançais est désormais la chose
la plus répandue dans notre beau pays, et
donc au Monde en général… ainsi que dans
la chronique dudit Dhombres en particulier.
Car, revenant trois jours plus tard sur le
drame du Parc des Princes où le jeune Julien
Quemener fut tué (assassiné ?) le
23 novembre par le policier Antoine Granomort, le même rubriquard résumait l’affaire
à sa façon : « Les assaillants poussaient des
cris de singe : le policier est antillais. Ils
voulaient rouer de coups un jeune juif français sur le pavé parisien. Que venait faire
Julien Quemener dans cette galère ? L’enquête judiciaire devra établir les faits. Deux
certitudes. Un jeune homme est mort à
Paris, tué par un policier. Un lynchage a été
évité. »
Comment le journaliste peut-il être “certain” que le supporteur du club Napoël de
Tel-Aviv allait être lynché et que seule l’intervention du policier antillais qui l’avait pris
« sous sa protection » a évité cette issue
fatale ? On l’a compris en tout cas : l’essentiel est que le Black et le Feuj s’en soient
tirés sains et saufs. La mort (le nettoyage
ethnique ?) de Julien n’est donc qu’un dégât
collatéral.
Vous avez dit racisme antifrançais ?
UN POLICIER HÉROS,
DES FLICS SALAUDS
Car si Dominique Dhombres ne souffle
mot dans son article des antécédents judiciaires pourtant croustilleux du sieur Granomort qui, pour justifier en 2005 l’utilisation frauduleuse de la carte bleue de
son beau-père, avait inventé de toutes
piocheuse agression par des malfrats qui
n’auraient pas hésité à le violer — un
« gigantesque mensonge » selon la justice qui l’a inculpé pour « escroquerie et
Me permettra-t-on d’estimer au
contraire parfaitement justifiée la sévérité du tribunal ? Car Camille Zeghmouli,
l’inspirateur du trio, n’est pas un minable
malfrat mais un distingué professeur
d’économie officiant au lycée Mangin de
Sarrebourg. Et c’est en jouant sur la “fascination” qu’il exerçait sur
Joël et Jean-Bernard, deux
anciens élèves avec lesquels il
s’était « lié d’amitié », qu’il
avait obtenu leur concours
dans le braquage destiné à le
tirer d’une mauvaise passe
financière.
Quand ils ne l’ont pas traitée
à la blague comme Le Monde,
les media ont été très discrets,
voire muets, sur l’inqualifiable
dérive de l’enseignant, dont le
défenseur plaide l’“immaturité” (à 41 ans !). Auraient-ils
fait preuve de la même indulgence et du même tact si, au
lieu de s’appeler Zeghmouli et
d’exercer dans le public, le
prof-pirate de la route avait par exemple
enseigné dans une école de la Fraternité ?
A QUAND LES ASSISES POUR
UN INCENDIAIRE D’EGLISE ?
La question est légitime quand l’on sait
que, « pour la première fois » comme s’en
est vanté le ministère de la Justice qui avait
réclamé un « jugement exemplaire », quatre
hommes accusés de s’être attaqués à un lieu
de culte ont été déférés devant une cour d’assises. Celle de Haute-Savoie en l’occurrence
où le quatuor (comprenant, circonstance
aggravante, deux anciens militaires et un exhooligan supporteur du PSG) a comparu du
4 au 8 décembre sous l’inculpation d’avoir
incendié en mars 2004 deux salles de prières
musulmanes (l’une fut à peine noircie) à
Annecy et à Seynod. Cette « dégradation
grave du bien d’autrui à raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes » risquait de leur valoir jusqu’à
vingt ans de réclusion criminelle.
Le 25 novembre 2005, sous le titre « Deux
ans de profanations antichrétiennes », nous
avions publié l’interminable liste non seulement des cimetières vandalisés et des religieux agressés mais aussi des églises et
même des temples protestants incendiés : à
Montpellier le 16 février 2004. A Rouen le
23 février 2004. A Ostwald le 12 avril 2004.
A Amiens le 23 février 2005. A Bourges le
15 juillet 2005. A Mulhouse le 18 juillet
2005. A Bourges encore le 15 juillet 2005. A
Limoges le 2 octobre 2005. A Liévin le
6 novembre 2005. A Houdain le
11 novembre 2005, à Romans le
15 novembre 2005, etc. (1)… Bien que, la
plupart du temps, les incendiaires aient été
identifiés, comme ce fut le cas à Romans où
il s’agissait de « jeunes défavorablement
connus des services de police » (on connaît
la traduction exacte de cette expression), bien
que ces sinistres aient failli parfois entraîner
mort d’homme (ainsi à Houdain où un prêtre
polonais, Jan Bojda, qui dormait dans la
sacristie, échappa par miracle aux flammes),
les auteurs de ces crimes n’ont JAMAIS
comparu devant des jurys d’assises.
Non plus d’ailleurs que les participants aux
« émeutes du ramadan » 2005 qui, elles
aussi, ont fait des morts et des blessés et pas
seulement parmi les forces de l’ordre
puisque l’on compta « trois victimes innocentes » comme aurait dit Raymond Barre
Barre : des malheureux autochtones s’étant
trouvés là où il ne fallait pas et l’ayant payé
de leur vie.
SELON QUE VOUS SEREZ
MICHEL LAJOYE
OU MAMADOU SAW
Juste avant le procès à Annecy des
“racistes” Michel Guégan, Nicolas Paz,
Anthony Savino et Damien Gallaud, avait
d’ailleurs eu lieu à Evreux le procès de huit
des douze émeutiers du quartier de la Madeleine accusés d’avoir blessé plusieurs policiers et brûlé de nombreux magasins lors de
la « terrible nuit » du 5 au 6 novembre 2005.
Inutile de préciser que, comparaissant pour
la plupart en prévenus libres malgré la multiplication d’exploit dont un seul valut en juin
1990 au nationalité Michel Lajoye de passer
à l’inverse aux assises et d’être condamné à
la réclusion à perpétuité avec peine de sûreté
de 18 ans (strictement appliquée, puisqu’il
est toujours embastillé), ces « chances pour
la France » furent simplement déférées
devant le tribunal correctionnel. Où elles s’en
sont tirées le 29 novembre avec des peines
allant de 18 mois à 5 ans de prison ferme
(pour le meneur Mamadou Saw). Au grand
scandale de leurs familles qui ont menacé les
juges lors de l’énoncé du jugement. Et même
de l’agence Reuters qui a parlé de « lourdes
peines » alors que la presse a généralement
jugé indulgentes les condamnations (de 1 à
5 ans également) prononcées par les jurés de
Haute-Savoie, où personne n’avait pourtant
subi le moindre dommage physique.
Il est vrai que la nuit où Evreux fut mise à
sac, le premier magistrat de France n’avait
manifesté aucune émotion alors qu’il avait
émis « une très vive condamnation » après
l’incendie survenu à la mini-mosquée de
Seynod, où le ministre de l’Intérieur Nicolas
Sarkozy s’était illico rendu pour exprimer sa
tristesse et sa sympathie à la communauté
musulmane. Au procès d’Evreux, de surcroît, il n’a jamais été question des lectures
ou des goûts musicaux des émeutiers alors
qu’à Annecy, le ministère public et les avocats des six parties civiles (dont la LICRA
de l’ultra-sioniste Gaubert, toujours trop
contente de s’ériger en championne de l’islam) ont ad nauseam insisté sur la « littérature néo-nazie » et les « disques SS » découverts au domicile de certains des inculpés.
Qu’est-ce exactement que la « littérature
néo-nazie » ? Et les arbitres des élégances
éthiques et citoyennes que sont les avocats
du MRAP et de la LICRA rangent-ils le
ravissant et romantique “Westerwaldlied”
dans la discographie SS sous prétexte que
des Waffen SS ont pu la chanter, comme nos
Marsouins chantaient « Ma Tonkinoise » ?
Peu importe : le point capital est que,
comme dans l’affaire Lajoye, on a jugé et
condamné à Annecy non pas tant les délits
commis que l’idéologie (par définition sulfureuse) censée les avoir inspirées. Mais une
idéologie qui, étrangement, n’est jamais
imputée à crime qu’aux indigènes de ce pays.
N’en déplaise à M. Dhombres, non seulement le racisme antifrançais existe mais il
est devenu l’ossature même de la pensée
dominante.
_____
(1) Les lecteurs ne possédant plus cette liste
(qu’il faudrait mettre à jour) peuvent nous en
demander copie.
Chronique du racisme-qui-n’existe-pas
dénonciation mensongère à une autorité
judiciaire », mensonge qui lui vaudra
d’être jugé le 7 mars 2007 (voir notre
dernier n°) —, ce n’est bien sûr pas par
adhésion à la cause des flics.
Au contraire, le quotidien « de
référence » où sévit Dhombres a par
exemple fait grand cas du calvaire de
quatre jeunes Nordistes, Sofiane,
Alexandre, Bernard et Hocine (vive la
France plurielle !) qui ont passé un mois et
demi en détention provisoire à la prison de
Sequedin « à cause d’un mensonge de
CRS ». En « mission de renforcement de
lutte contre la violence urbaine » dans une
banlieue de Lille en octobre dernier, ceuxci avaient en effet affirmé avoir été « attaqués par les camarades de Sofiane, alors
qu’ils l’embarquaient dans leur véhicule »,
de sorte qu’ils durent répliquer par des jets
de gaz lacrymogène et des plaquages au
sol. Une version des faits qu’aurait contredite l’enregistrement (évidemment muet)
des caméras vidéos installées dans le
centre commercial. Ce sont donc aujourd’hui les CRS qui risquent de se retrouver
derrière les barreaux. Ou, du moins, d’être
frappés d’une suspension de longue durée
dans l’attente de leur jugement.
Mesure conservatoire classique à l’encontre de tout flic ayant fauté mais qui,
curieusement, n’a jamais été prise après
la mise en examen de Granomort en 2005
ni même après son coup de feu mortel du
23 novembre 2006. En vertu de la « discrimination positive » bénéficiant aux
seules « minorités visibles » ou, carrément, par racisme antifrançais ?
Passer un mois et demi en taule comme
Sofiane et ses potes n’a rien d’agréable.
Mais nul doute que, s’il avait pu choisir
entre perdre six semaines de sa vie et
perdre la vie tout court, Julien Quemener
n’aurait pas hésité. Ce choix ne lui a pas
été laissé.
L’ECOLE DU CRIME
Emu jusqu’aux larmes par la malaventure de Sofiane and Co, Le Monde
s’amuse beaucoup, en revanche,ce que,
dans son édition du 6 décembre, il appelait un « braquage de Pieds Nickelés ». Certes, le 30 novembre, la vice-présidente du club d’épargne La Familiale de
Moselle a connu la peur de sa vie quand,
près de Sarrebourg, un homme armé et
encagoulé l’a obligée à arrêter sa voiture
et à lui remettre les 52 700 euros en
numéraire qu’elle allait déposer dans une
banque, avant de l’abandonner en rase
campagne. Mais après tout, il ne faut
jamais refuser un peu de sel dans une trop
quiète existence, un mascaret dans le
long fleuve tranquille de la vie, et la
dame (si insignifiante en soi que le quotidien ne précise ni son identité ni son
âge : il s’agit en fait de Mme Annie Mazedier, 49 ans) a dû s’en remettre. Car tout
est bien qui finit bien : le gangster, vite
identifié grâce à son téléphone portable
oublié dans la voiture volée, a restitué les
fonds.
Un Pied Nickelé, on vous dit, et
Le Monde trouve bien répressifs les juges
correctionnels de Metz qui, devant juger
l’agresseur et ses deux complices en
comparution immédiate, ont requalifié le
délit en vol aggravé en réunion avec violences et fait écrouer les trois hommes
jusqu’au 18 décembre, date fixée pour
l’audience au fond.
Le 6 décembre, Bertrand Delanoë a dévoilé au Quartier Latin une plaque à la mémoire
de Malik Oussekine, un étudiant « tué par la police il y a vingt ans » en marge de manifestations étudiantes. En fait, Oussekine ne fut pas tué mais, très malade d’un rein et sous
dialyse, il n’avait pas survécu à une bousculade… où il n’avait que faire vu son état de
santé. Son décès n’en signa pas moins l’arrêt de mort des réformes des universités et de
la nationalité que Jacques Chirac avait formellement promises pendant la campagne des
législatives de mars 1986.
On espère que, sur sa lancée, le maire socialiste de Paris dévoilera l’an prochain une
plaque à la mémoire du nationaliste Alain Escoffier qui s’immola le 10 février 1977
devant l’Aeroflot sur les Champs-Elysées afin de dénoncer les atrocités du communisme.
Qu’il n’oublie pas non plus un autre nationaliste, Sébastien Deyzieu qui, poursuivi
jusque sur les toits par la police à la suite d’une manifestation du GUD (en rappel des
bombardements américains sur la Normandie), fit une chute mortelle le 7 mai 1994. Ni
Julien Quemener, également victime de la violence policière le 23 novembre 2006.
par
Claude LORNE
(Dessin de CHARD.)
D’autres martyrs
RIVAROL.
● Suite page 2.
islamisée, le Royaume chrétien de Jérusalem ait en tant
que tel duré moins de
nonante ans. Pourtant,
avant l’invasion arabe, la
Palestine n’avait-elle pas été
chrétienne sept siècles
durant ? Mais il semble que
pour certains, la seule histoire qui vaille ait commencé
en 1933.
EH bien cette histoire,
justement, parlons-en.
Obnubilés par le congrès
“négationniste” de Téhéran
et la présence à cette
conférence, en invité
vedette, du diabolique professeur Faurisson, nos
media ont ignoré une autre
avancée spectaculaire du
révisionnisme : la publication de la passionnante
étude Les Fusillés :
Répression et exécutions
pendant l’Occupation (1940-1944)*,
due à Jean-Pierre Besse et Thomas
Pouty, deux chercheurs qui ne sont
pas de nos amis. Docteur en histoire
et correspondant du conformiste Institut d’Histoire du Temps présent,
M. Besse est l’auteur principal du
cédérom La Résistance dans l’Oise
et il collabore au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier également publié par les Editions de l’Atelier. Thésard en histoire, M. Pouty a
choisi comme sujet « La répression
par mise à mort en France occupée ».
Or, se penchant sur le cas des personnes exécutées en France par l’occupant durant la Seconde Guerre
mondiale et sur lesquelles « les
chiffres ont souvent varié : on a parlé
de 10 000 fusillés, puis de 80 000…
en confondant souvent toutes les victimes des forces d’Occupation : morts
au combat, otages, exécutés sommaires, massacrés, fusillés après
condamnation à mort », le tandem
conclut au chiffre d’« environ 4 000
personnes fusillées comme otages
ou après condamnation à mort ».
Ainsi, ce que MM. Besse et Pouty
appellent eux-mêmes « la stratégie
répressive des diverses autorités
allemandes et de Vichy » se sera-telle soldée par 4 000 exécutions. En
plus de quatre années d’une occupation que la vulgate nous impose de
considérer comme « particulièrement
inhumaine ». 4 000 exécutions, soit
moins de 1 000 par an, c’est peu au
regard des 120 000 Français tombés
au combat pendant la si brève guerre
de 39-40. Et c’est une très petite moitié du bilan de l’Epuration en
quelques mois, selon l’hypothèse la
plus basse — 10 000 victimes, mais
on rappellera que le pieux démocrate-chrétien Teitgen, alors garde
des Sceaux, se vanta le 6 août 1946
d’un total de 100 000 condamnations
à mort, ajoutant qu’auprès de son
gouvernement, « Robespierre n’était
qu’un enfant ».
Comme le dit l’éditeur, pour une fois
sans exagération, « ce livre éclaire
un point majeur de l’histoire de l’Occupation en France ». Et fait au passage table rase d’un mensonge qui
nous a fait tant de mal, la légende du
PC“F”, « parti des 75 000 fusillés »
(en trois ans seulement, de la rupture
du pacte germano-soviétique en juin
1941 à la Libération d’août 1944).
Ce mythe, qui rendait intouchables
les « moscoutaires de langue française » (cf. le socialiste Guy Mollet),
et justifiait toutes les compromissions
avec ces valeureux rescapés, a été
pendant des décennies complaisamment accepté et même repris par la
droite gaulliste. Après examen et
recoupement rigoureux des faits, des
archives, des témoignages, il n’en
reste rien. Ne subsiste que la vérité,
« qui nous rend libres » désormais —
du moins veut-on l’espérer.
AU bénéfice du doute, ne faudraitil donc pas se réjouir que le gouvernement d’un grand et vieux pays
comme l’Iran, terre de civilisation
multimillénaire, ait pris l’initiative de
réunir des chercheurs pour, comme
diraient les éditions de l’Atelier, tenter d’éclairer un autre point majeur de
l’histoire de l’Occupation non seuleR I VA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
à des réalités plus concrètes et plus
actuelles — se mêle de ce qui ne le
regarde pas, encore que la Shoah, érigée par le Congrès juif européen par
exemple au sommet de « la mémoire
de l’humanité », implique la planète
tout entière ainsi sommée de se sentir
responsable et coupable ou, à tout le
moins, de tout faire pour que « plus
jamais ça » ; mais en quoi le très Britannique Russell et Sartre le Germanopratin étaient-ils autorisés à juger et
à condamner les GIs déployés dans
note ex-Indochine où, contrairement à
ce qui se passerait quarante ans plus
tard en Irak, ils avaient été appelés au
secours par un gouvernement légitime,
celui du Sud-Vietnam attaqué par le
Nord communiste ?
On conçoit aussi qu’Israël apprécie
peu la prophétie du président iranien
selon lequel « tout comme l’URSS a
disparu, le régime sioniste va bientôt
disparaître » — ce qui, soit dit en passant, se traduirait par l’exode de près
de six millions d’Israéliens dont un bon
quart, issu de notre ancienne Afrique
du Nord et souvent francophone,
rejoindrait l’Hexagone. Mais ceux-là
mêmes qui s’émeuvent tant de l’éventuel anéantissement de l’Etat hébreu
estiment parfaitement logique que,
greffé sur une terre déjà largement
USA : bellicisme et narcotrafics
Nouvelle-Calédonie : la triple forfaiture
1940-44 : les socialistes dans la Collaboration
Spécial 16 pages
N° 2791 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 22/12/2006
N° 2791 du 22 DÉCEMBRE 2006
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Tous révisionnistes ?
QUAND on se souvient de l’enthousiasme suscité dans l’Intelliguentsia et les milieux politiques occidentaux par la tenue en
1967 du « tribunal Sartre-Russell » sur
les crimes de guerre américains au
Vietnam, on ne peut que s’étonner de
l’indignation manifestée par les mêmes
autour de la conférence organisée à
Téhéran les 11 et 12 décembre sur
« l’examen de l’Holocauste ».
Certes, en s’interrogeant sur les
conditions et le bilan exacts des persécutions visant les juifs pendant la
Seconde Guerre mondiale, le président Ahmadinejad — que les électeurs
iraniens viennent d’ailleurs de rappeler (Dessin de CHARD.)
3:HIKMPD=[UXUZ[:?c@h@t@l@a; M 02536 - 2791 - F: 3,05 E
Imprimé en France/Printed in France
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 2
ment en France mais dans toute l’Europe ?
A moins évidemment que les intérêts
en jeu — la survie du courageux petit
Etat et la culpabilisation in aeternum
des autres — ne soient considérés über
alles par la Communauté internationale
qui, Union européenne en tête, a été
unanime à flétrir la conférence de Téhéran. La palme revenant à l’Allemagne
d’Angela Merkel et à la France de
Jacques Chirac, lequel, s’asseyant
joyeusement sur le principe de séparation des pouvoirs, a enjoint au ministre
de la Justice d’ouvrir une enquête préliminaire, l’objectif étant bien sûr l’inculpation de Robert Faurisson pour ses
propos tenus en Iran.
Obtempérant à l’injonction du Premier
ministre israélien Ehoud Olmert qui, le
13 décembre, l’avait prié d’intervenir
« personnellement et publiquement »
auprès des chrétiens pour protester
contre la « négation de l’Holocauste »,
Benoît XVI a quant à lui défini la Shoah
comme « une tragédie épouvantable, »
ajoutant que « le souvenir de
ces faits terribles doit rester
comme un avertissement pour
les consciences ».
A l’évidence, même si le
XXe siècle a été fertile en
« faits terribles » dont beaucoup, ceux imputables au
marxisme, semblent déjà
oubliés. Mais s’interroger sur le
déroulement d’une tragédie
n’interdit nullement d’en
conserver le souvenir. Pourquoi, dès lors, en France
comme en Allemagne, en Belgique comme en Suisse, ces
lois-muselières réprimant férocement toute recherche malgré les
vigoureuses protestations et les pétitions (voir RIV. des 13 décembre 2005
et décembre 2006 ainsi que le dossier
« Liberté pour l’histoire » dans la livraison de février 2006 d’Ecrits de Paris)
émises en France par la communauté
historienne ?
La nouvelle inquisition doit se faire une
raison : quel qu’en soit le
sujet, le révisionnisme est
la respiration même de
l’histoire, cette « fille du
temps » selon Shakespeare. D’ailleurs, au
moment même où se
déroulait la conférence de
Téhéran, Ehoud Olmert
interrogé par la chaîne de
télévision allemande SAT 1
sur le « péril nucléaire iranien », opinait et affirmait :
« L’Iran menace ouvertement, explicitement et
publiquement de rayer
Israël de la carte. Pouvezvous dire que c’est une
chose comparable lorsqu’il
aspire à posséder des
armes nucléaires comme
l’Amérique, la France,
Israël, la Russie ? » CQFD.
Même s’il le niait avec obstination depuis 1967, date
à laquelle il acquit la maîtrise de l’atome — grâce
entre autres à notre pays,
avant d’être aidé par
ECHOS DE MARSEILLE
13 ANS, VIOLÉE
ET MENACÉE
Comme ils ne sont âgés que de 13 à
15 ans, il y a peu de chances que l’on
connaisse un jour l’identité — ou simplement les prénoms — des six salopards qui,
pendant deux mois, ont violé une gamine
de 13 ans et demi. Le premier viol, commis peu après la rentrée scolaire, dans les
toilettes d’un collège marseillais, a été
filmé au moyen d’un téléphone portable.
Cet enregistrement a servi de moyen de
pression sur la victime : ou bien elle
acceptait d’autres rapports sexuels, avec
d’autres garçons, ou bien la vidéo était diffusée dans tout le collège.
La grosse presse s’est saisie de ce fait
divers sordide, pour mettre l’accent sur
l’état d’esclavage dans lequel la femme est
“ENCORE” maintenue en France…
Alors que, constatant la régression —
réelle — de la condition féminine dans
notre pays, il faudrait plutôt se demander
quels ont été les facteurs qui ont conduit
à cette dégradation, notamment l’importation massive de populations pour lesquelles la femme a un statut inférieur.
UNE CHAPELLE
INCENDIÉE
EN REPRÉSAILLES
Sur décision de justice, à Marseille, une
équipe de maçons avait muré l’entrée
d’un local commercial exploité sans bail
ni la moindre autorisation et qui, depuis
le début du ramadan, servait de mosquée
clandestine. Dans ce quartier encore plus
ou moins tranquille, les maçons avaient
quand même dû travailler protégés par la
police… La réponse n’a pas tardé : dès le
lendemain soir, une dizaine de Jeunes,
tous encagoulés, ont mis le feu à la porte
d’une chapelle voisine. Cet incendie a été
accompagné d’inscriptions telles que :
« Réouverture de la mosquée ou la violence toute
l’année ». La double conclusion va de soi : 1) les
incendiaires n’ont pas été arrêtés ; 2) ni
Chirac ni Sarkozy ni Gaudin, le sénateurmaire de Marseille, ne se sont émus de
l’incident.
GAUDIN CABOT DANS
“PLUS BELLE LA VIE”
La série télévisée « Plus belle la vie » est
l’un des fleurons de la surenchère politiquement correcte qui gangrène la société
en général, la télévision en particulier
(voir page 11).
Cette série, qui se déroule à Marseille,
est d’une simplicité désarmante: la présence de quelques pourris, tous d’extrême
droite, est heureusement compensée par
une foule de gens sympathiques : Maghrébins, homosexuels militants, cultureux
subventionnés bref, que des “citoyens”,
comme on dit aujourd’hui. Sénateurmaire de Marseille, vice-président du
Sénat, numéro deux de l’UMP de Sarkozy, Jean-Claude Gaudin ne pouvait
faire moins que de donner sa caution à
cette entreprise. On le verra donc, jouant
son propre rôle, dans un prochain épisode
de la série dont il mariera deux des protagonistes.
L. D.
Robert Faurisson, que l’on voit ici à
Téhéran en compagnie de Lady Michele
Renouf (ex-Miss Nouvelle-Zélande et
désormais avocate du révisionnisme) et
du rabbin Weiss, sera-t-il poursuivi (ainsi
que Georges Theil) pour sa participation
à la conférence révisionniste ? Non seulement Chirac a saisi la Place Vendôme
le 15 décembre — le jour même où sortait le jeu de société « Jack Pote », sorte
de Monopoly, inspiré de la vie de l’ancien maire de Paris et montrant quels
délits un pourri doit commettre pour
accéder à l’Elysée — mais le ministre des
Affaires étrangères Douste-Blazy lui
« étudie la question » (à quel
titre ?) après avoir été saisi
par de nombreuses associations “représentatives” dont
la LICRA, la Fondation pour
la Mémoire de la Shoah (présidée par Simone Veil) et
l’Union des déportés d’Auschwitz. Toutes ont exprimé
l’horreur que leur inspirait
« un congrès réunissant tous ceux
qui, depuis des années, nient la
réalité historique de la Shoah » et
veulent ainsi « tuer une seconde
fois les millions de victimes de la
barbarie nazie ».
Pour tenter de convaincre les
sceptiques, les anciens déportés ont invité les participants à
la conférence de Téhéran à
« visiter en leur compagnie le camp
de concentration et d’extermination
d’Auschwitz-Birkenau ». Seront-ils cornaqués
dans cette visite par l’excellent guide officiel Standjik qui, en raison de son érudition et de sa parfaite maîtrise de notre
langue, fut d’ailleurs celui de Jacques Chirac lors du déplacement de ce dernier, et
qui prend soin de préciser aux touristes
que la seule chambre à gaz visible « n’a
servi qu’une fois, à titre expérimental, pour 241
déportés » ? Rappelons aussi qu’à Auschwitz, le nombre officiel des disparus a été
diminué du tiers au cours des
années 1990, passant de plus de 4 millions
de victimes à 1,2 million. On s’étonne
donc que dans sa notule “Histoire” du
13 décembre, Le Monde, quotidien de référence, ait encore retenu le chiffre de
« 6 millions de morts », qui « s’est imposé dès
l’après-guerre ». Dans son livre « Les Crématoires d’Auschwitz » (1994), l’“exterminationniste” Jean-Claude Pressac privilégiait
quant à lui une “fourchette” de 630 000 à
710 000 victimes.
CE BEUR N’AIME
PAS LES BLACKS
Six mois de prison ferme, 8 000 euros
d’amende et d’importants dommages et
intérêts à verser aux plaignants, c’est le
jugement (bien plus sévère que les réquisitions du parquet) rendu le
14 décembre par la XIIe Correctionnelle
de Nanterre à l’encontre de l’acteur
Samy Naceri, poursuivi pour outrages et
injures racistes envers des policiers et
surtout l’un d’entre eux, un Antillais
qu’il avait traité de « sale Nègre » en mars
dernier. L’acteur beur, qui avait plaidé
que « ce racisme ne lui ressemblait pas »
mais s’expliquait peut-être par le fait
qu’il avait avalé « une boîte de Lexomil et 15
whiskies », aurait-il été aussi lourdement
condamné s’il s’était borné à insulter des
“flics-jambon” ?
Naceri a déjà été condamné sept fois
pour injures, coups et blessures, et c’est
de ce chef qu’il devait à nouveau comparaître le 18 décembre, cette fois à
Paris, pour le tabassage d’un client dans
un restaurant de la capitale.
l’Afrique du Sud et les Etats-Unis —,
l’Etat hébreu est donc bien une puissance nucléaire. Le Premier ministre
israélien a-t-il confirmé le fait par maladresse comme l’ont dit les media, ou
bien plutôt par calcul, pour tout à la fois
intimider l’Iran et mieux faire passer, à
la faveur de l’émotion engendrée par la
« honteuse conférence négationniste »,
la tardive reconnaissance d’une situation d’ailleurs connue de tous ?
En tout cas, à sa manière, Ehoud
Olmert est lui aussi un révisionniste…
<galic@rivarol.com>. _____
*Les Fusillés. 197 pages, 22 €. Editions
de l’Atelier.
SUITE DE L’EDITORIAL
Une conférence et ses conséquences
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE DÉCEMBRE 2006
Camille GALIC : La condamnation à mort de Saddam Hussein n’aura pas sauvé
Bush — Jim REEVES : Un petit-fils de Kényan, de sang royal écossais, premier
président noir des USA ? — Jérôme BOURBON : Banlieues occupées, un an après,
rien n’a changé ! — Petrus AGRICOLA : Alsace : ultime combat d’une identité
régionale contre le cosmopolitisme — Jacques-Marie URVOY : Bloc-notes d’un
catholique, de Greene à Littell — Ghislain de DIESBACH : Physiologie des restaurants parisiens — Carrefour des lecteurs — Louis FONTAINE : Le Noël du soldat ou le sanctuaire de sainte Anne à Jungholtz — Arnaud CHALLE : Espagne
1936, une guerre civile et de si… viles légendes ! — Bibliothèque — Patrick LAURENT : Bons et mauvais élèves — Notes de lecture.
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.
Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.
(Dessin de CHARD.)
L’UNION DES
PATRIOTES,
C’EST PARTI !
A l’heure où nous nous apprêtons à
envoyer ce numéro à l’imprimerie,
Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret
reçoivent ensemble la presse à Montretout, pour annoncer l’accord intervenu entre le président du Front
national et celui du MNR. Quelles en
sont les modalités pratiques et les
perspectives ? Il est évidemment trop
tôt pour le dire et pour parler de réintégration mais Bruno Mégret a
exprimé son soutien explicite à la
campagne de Jean-Marie Le Pen, ce
qui devrait donner à cette campagne
un fort coup d’accélérateur, au moins
psychologique, en remobilisant les
nationaux. Ceux-ci ont reçu un
cadeau de Noël inespéré. Il serait
maintenant criminel de les décevoir.
L’Equipe de RIVAROL.
J
EAN-MARIE LE PEN a parfaitement
résumé l’adoption par les députés du
projet de loi constitutionnel sur la
Nouvelle-Calédonie en la qualifiant de
« triple forfait » : « A l’égard de la Nation,
puisque c’est un pas de plus vers une
sécession d’une partie du territoire national. A l’égard de la République, puisque ce
texte viole directement le principe d’égalité des citoyens. A l’égard de
la Démocratie, puisqu’il exclut
certains citoyens du droit de
vote, mais aussi puisque le
texte a été déclaré adopté sans
que soit organisé un scrutin
public ni même un vote à main
levée. Afin de masquer les divisions de l’UMP, le pouvoir a
supprimé le vote. Cela s’appelle une dictature. »
C’est en effet dans des conditions inouïes, dignes d’une
royauté africaine, que, le
13 décembre, ont été votés (par
moins de cent députés !) ce
texte et notamment son
article 77 définissant quels
électeurs pourront participer
aux futurs scrutins sur le
“Caillou” et au référendum
d’autodétermination prévu au
plus tôt en 2014. Or, cette disposition proprement scandaleuse, alors qu’il n’est question
que de lutte contre les discriminations puisqu’il s’agit de
“geler” le corps électoral de
1998 — en clair : d’empêcher
toute personne installée sur le
territoire après cette date de
voter aux élections territoriales et provinciales ainsi qu’au référendum de 2014 —
a été adoptée sans scrutin public et donc
sans comptage !
Pourtant, cette mesure, annexée aux
accords de Nouméa en 1998, signés par la
gauche alors au pouvoir mais avec la totale
complicité du traître Jacques Lafleur et de
Jacques Chirac, viole si évidemment le
principe d’égalité devant le suffrage en
créant une catégorie de sous-citoyens que
le Conseil constitutionnel n’avait pu que
censurer cette proposition en 1999. Le successeur de Mitterrand avait promis, lors
d’une tournée dans les Dom-Tom en 2003,
de régler la question avant la fin de son
quinquennat. C’est manifestement ce qu’il
est en train de faire… dans la tradition
socialiste.
UNE CLASSE POLITIQUE
UNANIME DANS LA TRAHISON
Car il ne fait aucun doute que la disposition scélérate sera entérinée en janvier par
le Sénat comme elle l’a été la semaine dernière par l’Assemblée nationale, puis,
avant la présidentielle, par les Chambres
réunies en Congrès.Toute la gauche y est
favorable, ainsi que l’UDF, le gouvernement et une large majorité de l’UMP. Soit
tous ceux qui défendent le droit de vote des
immigrés en métropole ! On veut faire
voter des étrangers en France et on enlève
à des Français le droit de vote dans leur
propre pays. Si cela ne s’appelle pas une
trahison et une forfaiture, les mots n’ont
plus de sens. Devant un tel acharnement
antinational, comment ne pas croire à la
volonté délibérée d’en finir à tout prix avec
la France et les Français ? Avis aux naïfs
qui, malgré l’évidence aveuglante des
faits, ne croient pas aux thèses du complot
ni en France ni dans l’Eglise.
En fait, depuis vingt ans, il s’agit pour
les pouvoirs publics de conduire coûte
que coûte la Nouvelle-Calédonie vers une
indépendance dont la majorité des habitants ne veut pas. Déjà, en 1988, les
accords de Matignon entre le porteur de
valises du FLN, Michel Rocard, le chef
du FLNKS, feu Jean-Marie Tjibaou, et le
chef du RPCR (le RPR calédonien)
Jacques Lafleur, prévoyaient un référendum d’autodétermination en 1998 avec
une disposition similaire : il fallait dix
ans de présence ininterrompue dans l’archipel pour pouvoir participer au référendum de 1998. C’était déjà le gel du corps
électoral. Mais à l’approche de ce scruN° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 3
tin, il apparut que subsistait une large
majorité hostile à l’indépendance de la
Nouvelle-Calédonie, malgré le tripatouillage des accords de Matignon. Autre
forfaiture, on renonça donc au référendum prévu pour signer entre Jospin,
Lafleur et le FLNKS les accords de Nouméa que l’on s’empressa de faire avaliser
aux Néo-Calédoniens.
Dans le texte voté dans l’archipel, on
s’était toutefois bien gardé d’évoquer la
question du gel du corps électoral de 1998,
une mesure directement issue d’un pacte
secret passé entre Jacques Chirac, le
RPCR-UMP et les indépendantistes. Ce
qu’a reconnu dernièrement le FLNKS
Néaoutyne qui a expliqué que cette question délicate (le retrait du droit de vote
pour les Français arrivés après 1998) ne
devait pas être abordée avant les élections
locales de 2004 en Nouvelle-Calédonie
pour ne pas perturber le scrutin, en accord
avec les parties signataires.
UN LARGAGE PROGRAMMÉ
DE LONGUE DATE
Le largage de la Nouvelle-Calédonie est
donc programmé, ce qui relève de la haute
trahison quand on sait l’importance géostratégique pour la France de conserver ce
territoire des antipodes riche en minerais
(il est vrai bradés à l’étranger comme l’exposait René Blanc dans notre n° du
10/11/06), idéalement situé et qui permet à
notre pays de disposer d’un des plus grands
espaces maritimes au monde. Tout est donc
fait pour minimiser le rôle de nos compatriotes dans l’archipel. Or honnêtement,
que serait aujourd’hui la Nouvelle-Calédonie sans les Blancs ? Il faut savoir que
depuis dix-huit ans, toutes les donnnées
démographiques locales sont fausses, l’objectif étant de minorer le nombre des nouveaux arrivants de métropole, qui seront
donc dépouillés du droit de vote.
L’augmentation considérable de la
consommation d’électricité, du nombre
de voitures, l’impossibilité de se loger
dans la région Sud alors que depuis dixhuit ans la construction est dans une
phase de continuelle expansion montrent
surabondamment que la population globale a certainement dépassé les 300 000
âmes bien que l’on continue à l’évaluer
autour de 200 à 220 000. Il y a donc une
forte probabilité pour que la communauté
la plus nombreuse ne soit ni celle des
Kanaks, ni celle des Caldoches, ni celle
des Polynésiens, mais celle des “Zoreils”
et plus certainement encore celle des
“Zoreils” interdits de droit de vote qui
depuis une quinzaine d’années se sont
installés dans le territoire par dizaines de
milliers. Ceux-là sont de plus en plus
rétifs, conscients de leur nombre et de
leur importance économique. Mais
comme ils sont la majorité silencieuse et
n’appartiennent pas aux fameuses
« minorités visibles », les pouvoirs
publics n’en ont cure. Pire : ils les méprisent ouvertement.
SARKOZY, OPPOSANT
EN PEAU DE LAPIN
Pour éviter cependant que les Français ne
mesurent l’infamie qu’ils sont en train de
commettre, le gouvernement et
les différents partis politiques
représentés à l’Assemblée
nationale accélèrent donc le
mouvement. La seule opposition très (relative) venait de
Nicolas Sarkozy. Non bien sûr
qu’il ait le moindre souci des
Français du “Caillou” mais
parce que le candidat déclaré à
l’élection présidentielle de
2007 redoutait que le Front
national ne fît « son miel de
cette réforme ». Après un vif
échange avec le Premier
ministre, Sarkozy s’est toutefois incliné. Et Bernard
Accoyer, président du groupe
UMP à l’Assemblée nationale,
indiquait à son groupe la
marche à suivre en déclarant
benoîtement : « Il s’agit d’un
engagement de la France. Je
pense que le Parlement suivra
la voie que le gouvernement
souhaite emprunter, qui est
celle de la continuité de la
parole de la France. » Il faut
une sacrée dose de cynisme et
d’irresponsabilité pour appeler
parole de la France un pacte
secret négocié avec des virtuoses de la
machettes, tueurs de gendarmes français !
La messe est dite : hormis une poignée
de parlementaires UMP, dont Jacques
Myard et le député calédonien Pierre Frogier (« Qui peut penser qu’un accord qui
a été signé en 1998 peut valoir pour vingt
ans ? La vie évolue, les partis politiques
évoluent, donc il faut rouvrir ce dossier
et évoquer les malentendus » avait-il vainement plaidé), l’Assemblée nationale a
Nouvelle-Calédonie :
les “Métros” privés de vote !
Le 13 décembre, alors même que l’Assemblée nationale française émettait un vote
conduisant à l’indépendance de la NouvelleCalédonie, l’Assemblée de Polynésie française votait par 29 voix sur 57 la censure du
gouvernement d’Oscar Temaru, ce qui
ouvre la voie à l’élection d’un nouveau président. Bien évidemment, le longtemps
inamovible et très corrompu sénateur UMP
Gaston Flosse se voit déjà retrouvant son
fauteuil puisqu’il a réussi à fédérer autour
de lui, au moins le temps d’un vote, l’opposition autonomiste contre l’indépendantiste
Temaru, lâché par deux de ses proches. L’un
d’eux, maire de Rangiroa, expliquant son
virage par « la répétition de propos racistes (?)
tenus par le camp indépendantiste ». Déjà victime d’une motion de censure en
octobre 2004, Temaru avait refusé de quitter le pouvoir, faisant occuper la présidence,
les ministères et les bâtiments publics par
ses sympathisants. En ira-t-il de même cette
fois ou, comme la constitution polynésienne le prévoit, l’élection du nouveau président aura-t-elle eu lieu le 21 décembre ?
Inutile de dire que l’Elyséen, dont Flosse est
un intime, suit de très près la situation.
NEKKAZ SUPERSTAR
Info ou intox ? Le premier des « petits candidats » à avoir obtenu ses 500 parrainages
ne serait pas l’eurodéputé Le Pen, ni Philippe de Villiers, pourtant président de
conseil général, ni même son homologue
centriste François Bayrou, mais le Beur
Rachid Nekkaz, président du Club des Elus
Allez France. Sur son site <nekkaz.com>, il
s’enorgueillissait même le 14 décembre
d’avoir obtenu 500 signatures de maires
urbains et 501 de maires en zone rurale.
Si c’est exact, que penser de ces édiles saisis par la discrimination positive comme
M. Le Trouhadec par la débauche ?
BOVÉ AU BALLON
(D’OXYGÈNE ?)
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