Herman a pris la tête du contingent international en attendant la nomination d’un
nouveau commandant brésilien.
DEUX SIÈCLES DE CHAOS
A ce stade, ce qui se passe aujourd’hui en
Haïti est du domaine du chaos. Les haines
minent une société qui n’en finit pas d’accumuler ses dictateurs et ses fractures. Les
pro-Duvalier et ceux qui l’ont combattu,
les pro-Aristide et ceux qui l’ont fait partir, les démocrates et les partisans d’un
pouvoir autoritaire, les intellectuels autoproclamés et le peuple, les quelques nantis
et les démunis, les pro-Américains et les
nationalistes, les militaires et les civils, les
artistes en exil et les analphabètes (deux
tiers de la population), les “mulâtres” et les
“nègres” n’en finissent pas de remâcher
leurs frustrations et leurs échecs, aggravés
par l’une des démographies les plus élevées du monde (34 ‰) et la propagation du
sida frappant 12 % des
urbains. Une société sans
repères se déchire dans un
pays sans Etat.
Cette moitié d’île, à
quelques semaines des
élections présidentielle et
législatives, ressemble
donc à un chaudron vaudou. Il y a cinquante partis
politiques, 32 candidats à
l’élection présidentielle — pour la plupart
inconnus de l’opinion —, 1 300 candidats
pour 130 sièges à pourvoir, une campagne
électorale polluée par les violences. Selon
un sondage Gallup : à la question « De
quel parti vous sentez-vous le plus
proche ? », 45 % des sondés répondent :
“aucun”. Parmi les partis politiques cités,
Lavalas, l’ancien parti d’Aristide, est à
4 %, l’un des meilleurs scores, ce qui
montre l’émiettement. Parmi les personnalités dont les Haïtiens se disent le plus
proches : Jean-Claude Duvalier (« Bébé
Doc ») est cité en premier, devant Titid,
c’est tout dire.
Une île désespérante et ça ne date pas
d’aujourd’hui. C’est en 1517 que sont installés les esclaves noirs dans l’ancienne
terre des Indiens Arawaks devenu l’Hispaniola de Colomb. Elle est ravagée par
l’Anglais Francis Drake et les boucaniers
de l’île de la Tortue. En 1659, la France
colonise la partie occidentale de l’île l’actuelle, Haïti. La colonie fut florissante :
600 000 habitants dont 500 000 esclaves
pour 8 000 plantations — café, canne à
sucre. Mais la révolution française, accordant des droits aux Noirs, provoque la
révolte du Spartacus des Antilles, Toussaint Louverture. Il va conquérir la partie
espagnole (l’actuelle Saint-Domingue)
avant d’être battu par le général Leclerc,
époux de Pauline Bonaparte.
La révolte va reprendre et les Français
vont devoir évacuer l’île en 1805 mais ils
ne reconnaîtront son indépendance qu’en
1825.
Haïti se dote sans rire d’un empereur en
la personne d’un fidèle de Louverture le
“général” noir Dessalines, qui prend le titre
de Jacques 1er. Haïti, réunifiée provisoirement par la
force et dans la tyrannie, va vite sombrer
dans la division et l’anarchie et jamais la
« première république nègre de l’histoire »
ne connaîtra plus la stabilité et la liberté.
Depuis 1840, les anciens esclaves ont
échoué dans toutes leurs tentatives, et leurs
descendants n’ont pas jusqu’à ce jour été
plus heureux. C’est pourquoi tant de Haïtiens ont fui leur pays pour celui de l’ancien maître “esclavagiste”, trustent les
taxis à New York… ou envahissent le
Canada, dont l’une des leurs, Michaëlle
Jean, est même devenue l’automne dernier
la gouverneure générale (voir ci-contre).
ET SI L’ON S’OCCUPAIT
PLUTÔT DE LA GUYANE ?
Voilà qui devrait donner à réfléchir dans
les territoires français d’Amérique, les
Antilles, certes, mais aussi la Guyane. Une
Guyane victime de plus en plus d’une
immigration sauvage venant du
Surinam — jadis colonie néerlandaise dont
les femmes viennent en masse accoucher à
Cayenne afin d’obtenir les allocs et la
nationalité française pour leurs rejetons, ce
qui inquiète fort l’actuel ministre du Tourisme français Léon Bertrand… qui ne s’en
plaint pas moins du racisme… en France !
La Guyane attire également les clandestins de l’orpaillage, des chercheurs d’or
sans foi ni loi, presque tous mulâtres,
pillant le pays et pratiquant des méthodes
qui menacent l’équilibre écologique et la
vie traditionnelle des Indiens en forêt. Un
gravissime danger pour l’environnement,
qui ne trouble guère nos écologistes mais
qui a coûté la vie à un gendarme français,
victime le 7 janvier d’un abordage qui a
fait chavirer son embarcation.
Depuis quatre ans, les gangs de l’orpaillage clandestin sont sous la pression
des opérations “Anaconda”, qui visent à
détruire les chantiers illégaux et à couper
leurs voies de ravitaillement. En 2005, plus
d’une centaine d’opérations ont entraîné
des destructions et confiscations évaluées
à 20 millions d’euros.
Le drame du 7 janvier confirme la dégradation de la situation en Guyane malgré les
engagements de Nicolas Sarkozy qui avait
en juillet 2003 promis un hélicoptère…
dont nos pandores ne prendront livraison
qu’en 2007 ! En août 2005, quatre hommes
armés ont assassiné, à son domicile,
Divino de Castro, un patron orpailleur
d’origine brésilienne qui passait auprès de
certains clandestins pour un informateur de
la gendarmerie et, à ce titre, avait reçu des
menaces de mort. Le 19 novembre 2005,
un riverain du fleuve Approuague, qui collaborait parfois avec la gendarmerie, a été
retrouvé mort.
Les forces françaises seraient mieux
employées en Guyane qu’en Haïti, où un
mouvement de grève a été déclenché le
10 janvier pour protester contre toutes les
violences, notamment les enlèvements qui
terrorisent la population et annihilent les
efforts de stabilisation politique de l’île.
Des efforts ruineux, qui restent largement
inutiles. Comme quoi la fin de l’esclavage
n’est pas forcément le début de la liberté.
Pierre-Patrice BELESTA.
6 N° 2747 — 20 JANVIE
L A CAMPAGNE pour les Législatives
fédérales du 23 janvier a prouvé que la
classe politique n’était guère plus soucieuse que d’habitude des véritables enjeux
auxquels le pays est confronté. Le Parti libéral du Canada (PLC), détenteur du pouvoir
lors de la dissolution de la Chambre, s’est
particulièrement distingué par son manque
d’à-propos, la formation dirigée par Paul
Martin ayant oublié que la charge publique
n’est pas tant une fin qu’un moyen d’assurer
le bien commun.
La campagne des libéraux a débuté par un
dérapage dont le cadre a été tracé par le leader du Bloc québécois (BQ), Gilles Duceppe.
Celui-ci a déclaré, le 4 décembre dernier,
qu’il voulait « faire disparaître » le PLC de
la carte électorale du Québec. Ce qui a piqué
au vif le ministre des Transports, Jean
Lapierre, bras droit du Premier ministre Martin au Québec, qui a vu dans « ce genre de
langage un petit ton de nazisme ».
GUERRE DES GANGS
Lapierre eût été mieux inspiré de parler de
maoïsme, dont Duceppe fut un admirateur.
D’autant que le Congrès juif canadien et
l’Ordre des B’naï B’rith se sont empressés de
reprocher au ministre de « minimiser les horreurs du nazisme » ! Le comble du ridicule,
c’est que Duceppe a quant à lui jugé bon de
s’excuser de ses propos virulents.
Des violences malheureusement bien
réelles, survenues le 26 décembre à Toronto,
ont cependant fait ressortir toute l’insignifiance des politiques qui briguent les suffrages des Canadiens. Ce jour-là, une
fusillade entre bandes “ethniques” rivales
s’est déroulée sur la rue Yonge, en plein quartier commercial de la métropole canadienne
et alors qu’il y avait foule à l’occasion des
grandes ventes du lendemain de Noël. Bilan
de l’échange de coups de feu entre malfrats
(selon toute vraisemblance d’origine
antillaise) : sept victimes parmi les chalands,
dont une fille de quinze ans qui a succombé à
ses blessures. Il s’agit de Jane Creba, élève
VOICI une noble cause pour les
« Indigènes de la République » :
voler au secours de leurs frères haïtiens — comme les y incitait d’ailleurs le
16 décembre l’éditorial de RIVAROL. Car
si Napoléon rétablit l’esclavage dans cette
île avec, un temps, la souveraineté française, on ne peut pas dire que son abolition
ait instauré une ère de liberté et de développement économique.
L’ONU IMPUISSANTE
Haïti, deux ans après le départ du prêtreagitateur-président Jean-Bertrand Aristide,
dit Titid, qui voulait
fêter en fanfare, en janvier 2004, le bicentenaire de l’indépendance,
mais fut débarqué avant,
reste la proie des gangs
et de milices aussi criminelles que politiques
malgré la présence de
9 000 Casques bleus
onusiens, dont des centaines de Français.
Les habitants survivent à peine sous perfusion de la communauté internationale. Le
dernier événement en date dramatise
encore une situation catastrophique. Le
7 janvier, le général brésilien Texeira,
commandant du contingent de l’ONU, a
été retrouvé mort dans sa chambre de l’hôtel Montana, à Port-au-Prince. Une enquête
est ouverte, a annoncé le chef de la police
haïtienne, Mario Andrésol. Urano Texeira
avait été nommé en remplacement de son
homologue également brésilien Augusto
Heleno, le 31 août dernier. On le disait
déprimé autant par le manque de moyens
que par un sentiment d’impuissance et
d’abandon. La thèse du suicide a tout de
suite été évoquée, mais dans son entourage, on n’y croit guère.
Sur le plan politique, reporté à quatre
reprises, le premier tour des élections présidentielle et législatives est toujours prévu
le 7 février. C’était la date limite fixée par
le Conseil de sécurité de l’ONU et par
l’Organisation des Etats américains. Le
général de l’ONU ne pensait pas pouvoir
organiser le scrutin.
Des experts brésiliens sont arrivés à Portau-Prince pour enquêter sur sa mort. Selon
un rapport préliminaire de la Mission des
Nations unies pour la stabilisation en Haïti
(Minustah), « il s’est apparemment suicidé
en se tirant une balle dans la bouche ».
Mais, de son côté, le ministre brésilien des
relations extérieures, Celso Amorim, a
estimé peu probable « l’hypothèse du suicide ».
Quoi qu’il en soit, le porte-parole de la
Minustah a cru devoir immédiatement préciser que cette mort n’entamerait pas la
Canada : la vio
L’ITALIE ENVAHIE
Favorable au retour au calme à Ceuta et Melilla, le renforcement des frontières de ces
deux enclaves espagnoles du Maroc est catastrophique pour… l’Italie ! Qui, depuis,
voit affluer sur ses côtes méridionales des réfugiés chérifiens dont l’immigration a progressé en quelques semaines de 2,4 % à 32,4 % de la masse des clandestins. Ce qui suscite « les plus vives préoccupations du gouvernement italien », qui rappelle la conclusion il y a
six ans avec Rabat d’un accord pour le rapatriement des clandestins expulsés, qui n’a
toujours pas été ratifié.
Au total, 23 000 clandestins ont envahi en 2005 l’Italie par mer, soit 10 000 de plus
que l’année précédente 2004 et 14 % du total des immigrants illégaux. 29 % arrivent
par camion ou en train et 67 % par la voie légale, avec un visa de tourisme… jamais
renouvelé. Ainsi, 120 000 irréguliers ont-ils été interpellés par Rome en 2005, et ce ne
serait qu’une “avant-garde” selon le ministère de l’Intérieur italien qui a été averti par
des rapports que « des centaines de milliers de réfugiés d’Afrique subsaharienne n’attendent qu’une
occasion de pouvoir s’embarquer vers l’Europe ».
PLUS DE DROIT DU SOL
EN NOUVELLE-ZÉLANDE
Résultat des dernières élections en Nouvelle-Zélande et de la coalition entre travaillistes et conservateurs, le pays a renoncé au droit du sol automatique. Désormais,
les nouveau-nés ne sont enregistrés comme néo-zélandais que si c’est déjà le cas d’au
moins l’un de leurs parents ou ressortissants de territoires de la mouvance, telles les îles
Cook, Tokelau ou Niue.
Bien qu’accompagnée d’incitations à obtenir la nationalité néo-zélandaise, cette mesure
a été très mal accueillie par les allogènes, d’origine indienne notamment. Représentant
du Conseil des Réfugiés, le Dr Nagalingham Rasalingham l’a par exemple dénoncée,
arguant de la “détresse” qu’allaient connaître les « demandeurs d’asile ».
(Dessin de CHARD.)
Haïti en perdition :
La faute à Napoléon ?
ER 2006 — RIVAROL 7
les « victimes antillaises de l’esclavage qui
vivent aujourd’hui de l’assistance de la
métropole ».
Or, le 10 janvier, Le Monde relativisait, par
la plume de Jérôme Gautheret, la part prise
par l’Europe à ce « phénomène né pendant
l’antiquité, et dont on ne prit réellement
conscience qu’au XVIIIe siècle… » justement en Europe, dont les esprits éclairés
s’employèrent dès lors, et avec succès, à en
obtenir l’abolition — proclamée dès 1815 au
Congrès de Vienne et dès lors totalement
résiduelle. En ce qui concerne la traite “triangulaire” (entre l’Europe, l’Afrique et les
Amériques), J. Gautheret note aussi que
« les esclaves étaient acheminés par des
négriers africains jusqu’aux côtes », précisant qu’« on estime que 2 % seulement des
prisonniers qui traversèrent l’Atlantique
avaient été capturés par des Occidentaux ».
Lesquels, en outre, n’ont aucune part ni
studieuse, sportive, jolie et membre de la
majorité euro-canadienne déclinante. Une
adolescente qui promettait beaucoup, mais
qui ne sera pas en mesure de contribuer à
l’avancement de la société.
A part la tristesse, quel sentiment le drame
a-t-il suscité chez Paul Martin ? « Cet acte
doit nous faire prendre conscience que les
Canadiens ne peuvent tenir la paix pour
acquise. De tels actes démontrent les conséquences de l’exclusion. » Voilà les inepties
que le chef du gouvernement a formulées le
27 décembre, tandis qu’il prodiguait des amabilités dans un centre communautaire juif de
Montréal. Le ministre de la Justice, Irwin
Cotler, accompagnait le leader libéral chez
ses coreligionnaires. D’après Cotler, « il faut
procurer aux jeunes de l’espoir et de plus
grandes perspectives d’avenir », en plus de
serrer la vis aux propriétaires d’armes à feu.
Le PLC s’est d’ailleurs engagé, dès le lancement de la campagne électorale, à renforcer
les contrôles relatifs aux pistolets. Cette
déclaration d’intention a eu comme effet pervers de déclencher une ruée sur les armureries…
Au lieu de critiquer la politique du PLC en
cette matière, échec patent et cause de malversations encore plus considérables que
celles qui ont été constatées dans l’énorme
« scandale des commandites », Duceppe s’est
pour sa part lamenté sur « les jeunes frappés
d’exclusion », et qui n’ont d’autre recours que
d’« adopter pour modèle celui offert par les
criminels ».
Seul le leader du Parti conservateur du
Canada (PCC), Stephen Harper, a tenu un discours déviant du Politiquement Correct : il
entend soutenir davantage la police et instaurer des peines exécutoires pour châtier les
individus qui commettent des crimes en se
servant d’armes à feu.
Il reste que personne n’a remarqué que ce
ne sont pas les armes à elles seules qui constituent un problème. Il y aurait lieu de s’aviser
qu’une certaine immigration traîne avec elle
des us, des coutumes et des traits culturels
délétères. Si des contrôles doivent être resserrés, ne serait-ce pas aux postes frontières ?
QUAND LES PARTISANS
DE “TITID” S’EN MÊLENT
Un second événement troublant s’est produit entre Noël et le Jour de l’An, lequel
aurait dû faire réfléchir les plus obtus. Déambulant le 28 décembre dans une station du
métro de Montréal, le ministre des Affaires
étrangères, Pierre Pettigrew, a été agressé par
un peintre en bâtiment du nom de Frédérick
Estel. Hélas pour les inconditionnels du multiculturalisme (y compris le chef de la diplomatie canadienne lui-même), Estel est noir.
Lorsque les media ont révélé les faits, les
journalistes ont mis l’accent sur la maladie
mentale supposée de l’agresseur. Aussi le
juge qui a traité l’affaire a-t-il exigé une
expertise psychiatrique. Les résultats en ont
été rendus publics le 10 janvier : l’inculpé ne
souffre ni d’une psychose, ni d’une dépression. Puisqu’il est sain d’esprit, pourquoi
donc s’en est-il pris à un homme dont il
n’ignorait nullement — de son propre
aveu — qu’il s’agissait d’une célébrité ?
Il faudrait donc soulever l’hypothèse d’un
attentat de nature politique. Il se trouve que,
depuis quelques mois, un groupe qui s’appelle « Haïti Action Montréal » (HAM) a pris
pour cibles les personnalités du gouvernement fédéral qu’il tient pour responsables de
la fâcheuse situation de la Perle des Antilles.
Nostalgique du régime de Jean-Bertrand Aristide et proche des milieux anarchistes, HAM
diffuse des affichettes sur lesquelles Pettigrew est accusé de « crimes contre l’humanité », rien de moins. En juin 2005, un des
militants de ce groupe, Yves Engler, a versé
de la peinture rouge sur les mains du ministre
des Affaires étrangères afin de contester l’appui d’Ottawa au gouvernement transitoire
haïtien.
A la faveur des Législatives, un autre mouvement a vu le jour, le « Comité haïtien pour
les élections fédérales 2006 », dont l’objectif
est d’empêcher la réélection de Pettigrew car
il aurait conspiré à la chute d’Aristide. Située
à Montréal, la circonscription du ministre
compte une forte proportion d’immigrés haïtiens dont plusieurs seront tentés de punir le
PLC malgré la nomination d’une native de
Port-au-Prince, Michaëlle Jean, au poste de
gouverneur général.
Bien entendu, les questions formulées ici ne
sont absolument pas discutées, vu qu’il
importe de faire croire que l’immigration est
un phénomène constructif sur le plan social
et que les communautés allogènes collaborent
à la bonne marche de la politique étrangère
du pays. Tout ce que les politiciens trompètent, ce sont d’éventuelles mesures visant à
faciliter l’actuel processus de substitution de
populations.
Pour autant qu’il signifie quelque chose, le
verdict des électeurs s’annonçait défavorable
à Paul Martin. Minoritaire ou majoritaire, un
gouvernement Harper saurait-il restaurer la
confiance de citoyens dont les dirigeants du
PLC ont abusé ? Une chose est certaine, il
faudra faire plus que purger l’État de la corruption libérale pour rendre au peuple son
intérêt pour la chose publique.
Gilbert GENDRON.
responsabilité dans l’esclavage actuel, qui
continue à prospérer en toute impunité
dans notre « planète globale » où tout
déplacement est pourtant suivi par quantité
de satellites d’observation : « Le HautCommissariat aux droits de l’homme de
l’ONU et le Bureau international du travail (BIT) estiment qu’il y aurait à ce jour
27 millions d’adultes en esclavage et 250
à 300 millions d’enfants soumis à des
conditions de travail comparables à l’esclavage dans le monde », indique l’historienne Nelly Schmidt, chercheur au CNRS,
en regrettant que les organisations internationales enquêtant sur le sujet « manquent
à l’évidence de relais médiatiques ».
C’est le moins qu’on puisse dire, alors que
le chiffre de 27 millions d’adultes en esclavage en ce début de millénaire correspond à
deux fois et demi le nombre total des
esclaves déportés du XVe au XIXe siècle par
les Européens — soit 11 millions
d’individus selon la communauté
scientifique internationale.
Comme l’écrit Louis Chagnon,
professeur chassé de l’enseignement et persécuté par le MRAP
parce qu’il avait critiqué l’islam,
dans une longue et érudite étude
sur les négriers musulmans mise
en ligne sur le site <Libertyvox>
(où l’on voit la gravure ci-contre,
montrant des Barbaresques
conduisant des esclaves noirs),
« après la décolonisation, l’esclavage revint en force dans certains pays africains. La République Islamique de Mauritanie
s’illustre dans cette catégorie.
Sous les pressions internationales, ce pays a aboli l’esclavage
en… 1981 ! Mais les décrets
Le « quotidien de référence » va-t-il être à
son tour poursuivi pour contestation de
crimes contre l’humanité, en l’occurrence
l’esclavage, reconnu comme génocide par la
loi Taubira du 21 mai 2001 et auquel
Jacques Chirac a décidé de dédier une journée de repentance, pour les deux pages
“révisionnistes” publiées dans son n° du
10 janvier ?
La veille, en effet, le Collectif des Filles et
Fils d’Africains déportés (COFFAD), le
Mouvement pour une nouvelle Humanité
(MNH) et la Fédération des Associations
d’Outre-mer et d’Europe (FAOME), prétendant tous « défendre la mémoire des esclaves
et l’honneur de leurs descendants », avaient
porté plainte pour « apologie de crime
contre l’Humanité » contre l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau. Ce dernier — professeur à l’Université de Lorient et auteur du
livre « Les traites négrières — essai d’histoire globale », couronné par le
prix du Sénat du livre d’histoire
2005 — coupable à leurs yeux
d’avoir déclaré dans une interview que « les traites négrières
ne sont pas des génocides » et
s’étant étonné que les « descendants d’esclaves » discriminent
ainsi entre leurs ancêtres qui
pouvaient « être soit des hommes
libres, soit des esclaves, soit des
négriers ». Propos profanant « la
mémoire de tous les descendants
d’esclaves qui attendent depuis
plusieurs siècles une réparation
morale de principe », selon les
plaignants, qui poursuivent également le philosophe Alain Finkielkraut pour les « propos tendancieux » tenus le 6 mars dernier sur RCJ où il avait épinglé
olence allogène s’invite dans la campagne
d’application ne furent jamais promulgués.
Aujourd’hui, l’esclavage existe donc toujours dans ce pays ! Quel intellectuel ou
homme politique français ose demander des
comptes à M. Maaouya Ould Sid’Ahmed
Taya, président de la République Islamique
de Mauritanie ? Personne ! Est-ce que
Mme Taubira demande à ce qu’il soit traduit
devant une cours de justice internationale
pour “crime contre l’humanité” ? Pas du
tout ! Sa loi, en ne condamnant que le seul
esclavage pratiqué par les Occidentaux
alors qu’il n’existe plus depuis plus de
150 ans, légitime implicitement l’esclavage
arabo-musulman qui existe toujours en
Afrique. » Et le professeur Chagnon de
conclure : « La loi Taubira de 2001 est, par
conséquent, une loi anti-humanitariste et
parfaitement scandaleuse… Tout ceci
démontre que les campagnes de falsifications historiques sur l’esclavage, lancées
par certains communautaristes n’ont pas
pour objectif la lutte contre l’esclavagisme,
mais d’asseoir leurs revendications communautaires, brisant un peu plus la citoyenneté
française. L’objectif reste en définitive toujours le même : salir la civilisation occidentale pour mieux la soumettre. »
Jacques LANGLOIS.
SCOTLAND YARD ET LES
DANGERS DE LA
DISCRIMINATION
POSITIVE
« 37 % des hommes noirs de Grande-Bretagne
sont inscrits dans le fichier ADN de la police »,
s’indignait le 6 janvier un titre du Monde…
dont il fallait lire l’article in extenso pour
apprendre que si plus d’un tiers des Africains ou Antillais résidant outre-Manche
sont effectivement mis sur fiche (alors que
« seuls 9 % des hommes blancs et 13 % des Asiatiques y figurent »), c’est parce que ce fichier
concerne les 2,7 millions de personnes
« arrêtées, inculpées ou condamnées ». Population
parmi laquelle les Noirs sont-ultra majoritaires bien qu’ils ne représentent que 2 %
des personnes présentes sur le sol britannique. Il est donc difficile d’incriminer le
« racisme institutionnalisé » de la police ou des
autorités britanniques en général.
D’autant que cette révélation a coïncidé
avec le succès remporté par le sergent Leslie Turner, ancien garde du corps de
Camilla Parker-Bowles, qui avait porté
plainte contre Scotland Yard pour « discrimination raciale », accusant le
Yard de… l’avoir « trop
favorisé en tant que Noir » !
L’affaire se complique
selon le plaignant du fait
que, ayant assuré sa promotion, la police ne lui
aurait pas donné la formation nécessaire
pour assurer au mieux sa mission, si bien
qu’il aurait commis « certaines erreurs » provoquant au bout de quatre mois sa mutation et son remplacement auprès de
l’épouse du prince Charles par la fliquette
(blanche) Sandra Perry.
Pour prix de cette “discrimination”, le policier a obtenu un dédommagement de
30 000 livres (43 700 euros).
LE CAIRE NE VEUT
PLUS DE “CRIQUETS”
Non contente d’avoir le 30 décembre
réprimé dans le sang une manifestation de
demandeurs d’asile (27 morts aux dernières
nouvelles et non dix comme nous l’annoncions dans notre n° du 6 janvier), l’Egypte
va procéder à l’expulsion de 650 d’entre
eux sur les milliers qui campent depuis trois
mois dans le quartier résidentiel de Mohandessine au Caire bien qu’ils s’y disent « victimes de racisme et de mauvais
traitements ». Si le HCR a appelé les autorités égyptiennes « à ne pas expulser ces personnes », le gouvernement Moubarak estime
au contraire avoir « été patient assez longtemps »
et a bien l’intention de reconduire les réfugiés vers la frontière sud, quelle que soit la
casse lors de cette évacuation.
Pas de “relais médiatiques”
pour l’esclavage actuel
Vendredi 27 janvier
SPÉCIAL 16 PAGES
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Pays-Bas : le dur réveil des “idiots utiles”
Hormis l’acheminement par oléoducs et
gazoducs, 95 % du volume mondial des
échanges de produits énergétiques, de
matières premières et de biens se font par
la mer, les mers asiatiques
étant les principaux espaces
par lesquels transitent ces
marchandises. Le détroit de
Malacca représente le couloir
stratégique le plus important :
par ce goulot, long de
800 kilomètres, situé entre la
presqu’île de Malacca et
Sumatra et débouchant sur
l’océan Indien, transitent chaque année
50 000 bâtiments, parmi lesquels 8 000
pétroliers, gaziers et autres transports de
produits chimiques !
Dans une économie mondialisée,
comme celle que nous connaissons
aujourd’hui, la mer est le trait d’union
entre les grands marchés à l’échelle planétaire que sont l’Union européenne,
l’ALENA (accord de libre-échange nordaméricain), l’ASEAN (Association of Southeast Asian
Nations), le Japon et la Chine
ou les pétromonarchies du
Moyen-Orient, et les cargaisons de matières premières et
de produits finis sont le carburant du moteur de la croissance mondiale. Entraver —
même pour une courte
période — ces échanges, a donc le pouvoir de déstabiliser l’économie mondiale.
Or les mers d’Asie, principaux lieux de
passage des navires marchands du
monde, sont aussi des lieux où sévit la
piraterie, opérationnelle surtout non loin
des côtes et qui nuit grandement au commerce mondial. De grands pays comme
l’Inde et le Japon unissent vainement
leurs efforts pour lutter contre ce phénomène prédateur qui a toujours existé en
mers d’Asie à plus ou moins grande
échelle suivant les époques...
Début 2005, alors qu’un tsunami venait
d’engloutir des milliers de kilomètres de
littoral en Asie du sud-est et du sud avant
de se propager à travers l’océan Indien
jusqu’aux côtes de l’Afrique de l’est, les
“experts” aux jugement infaillibles estimaient que la piraterie maritime cesserait
dans les hauts lieux de la flibuste asiatique. Il n’en a rien été… Il n’a pas fallu
deux mois pour que le premier acte de
piraterie dans le détroit de Malacca soit
signalé au Bureau maritime international
de Kuala Lumpur, capitale de la
Malaisie !
C’est qu’à côté d’une « piraterie artisanale », pratiquée par exemple à Sumatra
à l’encontre des petits pêcheurs indonésiens et qui a effectivement disparu en
même temps que ses artisans, les pirates
ne sont souvent que des hommes de main
à la solde de puissants commanditaires
installés dans les grandes mégalopoles
asiatiques, groupes mafieux, locaux ou
régionaux, ils opèrent à l’abri de leurs
honorables devantures et travaillent de
surcroît de manière très étroite avec les
services de sécurité des pays concernés.
Ils n’ont aucun mal à recruter de la
“main-d’œuvre” dans un continent où les
laissés-pour-compte de la croissance sont
légion. Le phénomène de la piraterie
maritime a donc encore de beaux jours
devant lui…
A la menace constante et au danger que
constitue pour l’économie mondiale la
piraterie maritime en Asie, s’ajoute
depuis les débuts des années 2000 un
phénomène souvent évoqué dans ces
colonnes, notamment par P.-P. Belesta et
Jim Reeves : le terrorisme maritime —
peut-être groupes mafieux de la piraterie
et réseaux terroristes islamistes sont-ils
liés par les “affaires” ?
En l’an 2000 a eu lieu l’attaque perpétrée en rade d’Aden par Al-Qaïda, à
l’aide d’un Zodiac bourré d’explosifs,
contre le croiseur lance-missiles américain USS Cole. Mais la marine de guerre
n’est pas seule menacée. La marine marchande a aussi été prise pour cible à plusieurs reprises par le premier groupe terroriste mondial : en 2002, dans le golfe
d’Aden, le pétrolier Limbourg battant
pavillon luxembourgeois est frappé ;
l’année suivante, c’est le terminal pétrolier irakien de Bassorah qui est visé. Dans
l’Asie du Sud-est insulaire, des navires
de guerre US venant se ravitailler ont été
visés, parfois avec succès, aux Philippines, à Singapour, etc. Il pourrait en
aller de même d’un pétrolier géant, ce qui
explique l’inquiétude des clubs de réassurance maritimes (Lloyd’s, Swedish
Club, etc.) et l’augmentation exponentielle des primes, qui influe sur le prix des
carburants à la pompe.
A l’échelle planétaire, imaginons également un scénario catastrophe : et si des
militants d’Al-Qaïda, de la Jema’ah Islamiyah (opérant au sud-Thaïlande, à Singapour, en Indonésie, aux Philippines),
ou de toute autre mouvance djihadiste
bloquaient, ne fût-ce que temporairement, un couloir stratégique tel que le
détroit de Malacca ?
Action moins spectaculaire que l’écroulement des tours du World Trade Center,
ce 11-Septembre maritime infligerait à
l’économie mondiale (et mécaniquement
au cours du pétrole) une paralysie et un
effondrement qui plongeraient l’Hyperpuissance et, avec elle, la planète entière,
dans un chaos dont elle se relèverait difficilement.
Noëlle SACLET.
La menace du terrorisme maritime
découvrent aux spécialistes « honteux et
sans scrupules » : sans scrupules vis-àvis de leurs victimes et honteux vis-à-vis
de leurs camarades. L’explication serait à
trouver dans l’incompatibilité totale des
mentalités en présence : un libéralisme
individualiste et tolérant et un autoritarisme intégralement intolérant doublé par
l’esprit de bandes de rues violentes et
arrogantes. Khalid a ainsi tué René
Steegmans, lequel l’avait tancé pour
avoir accroché une vieille dame avec son
scooter. Il croit se justifier en déclarant :
« Je ne pouvais pas accepter que ce type
me parle sur ce ton. » Pour les parents de
Khalid, « Tout cela est la volonté d’Allah. »
SOLDE MIGRATOIRE NÉGATIF
Hans Wermölder s’accuse d’avoir luimême, durant vingt ans, refusé de mesurer les réalités, aujourd’hui éclatantes, et
d’avoir contribué à renforcer la conviction des « idiots utiles » qu’il suffit d’être
né et d’avoir consommé en Hollande
8 N° 2747 — 20 JANVIER 2006 — RIVAROL
pour devenir un bon Hollandais. Aujourd’hui, il ressort de son enquête que les
jeunes criminels des deuxième et troisième générations se sentent en fin de
compte dépréciés, ravalés au rang de
gamins incapables d’une culpabilité véritable. Frustrés des jugements et condamnations
qu’ils estiment mériter, ils
sont incités à commettre
des “exploits” encore plus
graves. Car l’origine de
leur agressivité, l’auteur la
situe dans un complexe de
supériorité que leur
inculque l’islam. Il cite toutefois l’opinion d’une collègue d’origine marocaine,
surnommée par sécurité “Yasmina”, pour
qui la racine du complexe est à trouver
pour beaucoup dans un racisme antiBlancs. Les délits et les violences, ces
jeunes veulent y voir une résistance au
prétendu racisme discriminateur des
Blancs, que ne cessent de dénoncer les
partis et organismes gauchistes. Yasmina
rapproche cela de la démarche soixantehuitarde qui tend à disculper les criminels
par leur enfance défavorisée. Dans les
propositions de solution : des cours obligatoires pour les parents, la dissémination territoriale des trublions et surtout
leur renvoi temporaire au Maroc.
Un climat qui inquiète les allogènes.
« Les immigrés abandonnent les PaysBas », annonçait Libération le 10 janvier
en précisant que, « pour la troisième
année consécutive, le solde migratoire est
négatif », en raison du retour tacite à la
préférence nationale, avec « un taux de
chômage qui frappe beaucoup plus durement les immigrés (16 %) que les Néerlandais ». En cause « également un sentiment d’exclusion de plus en plus marqué ». Et pour cause : les deux tiers des
Bataves « pensent que les immigrés sont
beaucoup trop nombreux aux Pays-Bas ».
Nation dont, décidément, la Belgique et
la France ont beaucoup à apprendre…
Georges HUPIN.
«LES CHOUCHOUS MAROCAINS », c’est sous ce titre (Marokkaanse lieverdjes) que le criminologue et anthropologue néerlandais Hans
Wermölder publie un gros livre, avec un
sous-titre plus explicite : Criminalité et
nuisances chez les jeunes Marocains. Les
intellectuels des Pays-Bas, dégrisés par
les assassinats qu’on sait et d’abord celui
de Theo van Gogh, par un Marocain justement, pondent aujourd’hui des
ouvrages franchement incorrects. Celuici commence par un inventaire de faits
graves qui viennent illustrer le constat
que les jeunes Marocains commettent six
fois plus de délits que les jeunes Hollandais du même âge. A Amsterdam, la proportion de ces jeunes qui ont déjà fait
l’objet d’au moins un PV de police atteint
70 % (on est loin de l’« infime minorité »
de sauvageons qu’admettaient jusqu’ici
media et politiciens). Vus sous l’angle
psychiatrique, dans la tranche des 15-
29 ans, les Néerlandais d’origine chérifienne accusent huit fois plus de troubles
schizophréniques que les Bataves et se
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STILLE NACHT
Dans la grande église Saint-Joseph à Gand, la messe de minuit venait à peine de commencer que les fidèles ont été arrachés à leur recueillement par l’explosion, dans la rue
mitoyenne, d’un pétard de carnaval. Quelques instants plus tard, un deuxième pétard qui
éclatait de l’autre côté du sanctuaire, suivi aussitôt après d’un troisième sous le porche
même de l’église. C’est dans une épouvantable pétarade que s’est poursuivi tout l’office de
Noël. Comment alors, dans cette église, ne pas penser au Kossovo, où on fait sauter les
églises ? Il y a à Gand une forte colonie de “résistants” albanais et kossovars qui y sont
encore réfugiés.
Les fidèles ont cru préférable de ne pas réagir. Si ce n’était pas là une provocation proprement scandaleuse, c’est alors une ignorance tout aussi scandaleuse des valeurs fondamentales et des traditions les plus sacrées du pays d’accueil. Mais n’est-ce pas finalement ce que
souhaitent les princes qui nous gouvernent ?
“TOURNANTES” AU PLAT PAYS
La Belgique n’est pas épargnée par les “tournantes”. Le 10 janvier, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné à 5 ans de prison ferme Halim, Khalid, Hemdanou, Ismaël et
Didier pour le viol d’une adolescente, enlevée, séquestrée dans un appartement, violentée
puis chassée presque nue sous une pluie battante avec menaces de mort au cas où elle s’aviserait de parler… Ce que, terrorisée, elle ne fit qu’au bout de trois semaines.
AGENDA
☞ 21 janvier à Nice (Novotel centre, parvis de
l’Europe, à 17h45). Conférence de Jeanne Smits sur
« à l’extrême pointe de la décadence, les revendications de l’homofolie ». Dîner possible ensuite.
Rens. AGRIF : 04-93-84-12-57 ou 06-79-46-63-59.
☞ 21 janvier au Fresne-Camilly, près de Caen
(Salle des Fêtes, 14h30). Galette des Rois du FN-14
avec Eric Pinel et Régis de la Croix Vaubois. Part.
10 €. Rens. 06-08-64-51-45 ou 02-31-85-92-96.
☞ 21 janvier à Strasbourg (cathédrale NotreDame, à 16 h 30). Messe de rite romain à la
mémoire de Louis XVI. Cercle St-Louis.
☞ 21 janvier à Tournan (chapelle N.D. de Grâces,
ferme de Courcelles, CD 216, à 18h). Messe à la
mémoire de Louis XVI célébrée par l’abbé
de Tanoüarn. Rens. Présence royale en Brie champenoise, tél/fax 01-64-04-89-31.
☞ 21 janvier à Riaumont (11h15). Grand-Messe à
la mémoire de Louis XVI.
☞ 22 janvier à Paris 10e (Place de la République
à 14h30). Départ d’une marche nationale pour le
respect de la vie dès la conception.
☞ 22 janvier à Paris 8e (Chapelle expiatoire,
10h30). Messe à la mémoire du roi Louis XVI.
☞ 22 janvier à Paris 8e (Place de la Madeleine à
19 h). Départ de la Marche aux flambeaux vers la
Chapelle expiatoire à la mémoire de Louis XVI.
☞ 22 janvier à Nancy (Chapelle du Sacré-Cœur,
11 h). Messe à la mémoire de Louis XVI.
☞ 25 janvier à Tours (hôtel de l’Univers, 5 bd
Heurteloup, 20 h 30). Conférence de J.-P. Brancourt,
professeur de droit de l’histoire, sur « les massacres
de septembre 1792 — la Révolution dans ses
œuvres ». Rens. Cercle Touraine, tél. 02-47-05-72-99.
☞ 25 janvier à Nice (Centre universitaire méditerranéen, 65 promenade des Anglais, 16 h). Conférence de Georges Dillinger sur « le sacré et la violence dans la société contemporaine ». Entrée gratuite. Rens. au 04-97-13-46-10/11.
☞ 26 janvier 2006 à Orange (salle Alphonse Daudet à 19h30). Bernard Antony, président de
l’AGRIF, présente son ouvrage L’Islam sans complaisance. Rens. 06-09-40-45-75.
☞ 28 janvier à St-Brieuc, à 16 h. Galette des Rois
du FN-22 avec Thibault de La Tocnaye. Part. 5 € ,
rés. 02-96-23-36-47.
☞ 28 janvier à Riec-sur-Belon, à 12h30. Déjeuner-débat avec Jérôme Bourbon sur l’actualité politique. Part. 25 €. Rés. 02-98-90-64-87.
☞ 28 janvier à Vichy . FN ALLIER 03 : Déjeunerdébat & Galette des Rois du FN-03 présidé par JeanMarie Le Pen. Part. 30 €. Rés. Louis de Condé,
Secrétaire départemental, au 06-82-31-59-28 (ou
l’après-midi au 04-70-59-97-26) ou
<fnAllier@free.fr>.
☞ 29 janvier à St-Cyr-sur-Loire (salle Grandgousier, ancienne mairie, à 14h30). Galette des Rois avec
Jean Verdon et Martial Bild. Rés. 5 € à FN-37, BP
21605, 37016 Tours cedex 1. Rens. 02-47-39-31-40.
☞ 29 janvier à Blois-Vienne (Salle du Pavillon,
rue Dupré, à 14h30). Galette des Rois du FN-41
avec Martine Lehideux et Miguel de Peyrecave.
Part. 5 €, gratuit pr chômeurs, enfants et FNJ.
Transport possible. Rens. 02-54-42-12-17.
N° 2747 — 20 JANVIER 2006 — RIVAROL 9
petite Madelon de 1917 et quelques autres
croquis de soldats, d’un humour “poilu”
héroïque et familier à la fois ; mais bien
que l’exercice de style se poursuive après
la guerre, le temps des grandes toiles est
désormais fini, finie la carrière classique
avec envois réguliers aux expositions :
faute de la santé que requièrent les grandes
surfaces à couvrir debout devant le chevalet, La Fresnaye se tourne vers les petits
formats et d’autres expériences.
Plusieurs portraits (de son ami Gampert) ou autoportraits (dont le dernier
avant sa mort, reproduit ci-contre) sont
parfaitement classiques, comme le serait
aussi tel paysage si l’on n’y sentait, dans
le chevauchement des plans successifs, le
souvenir des cartons cubistes ; mais la
série très linéaire des Palefreniers et les
dessins qui s’y rattachent évoquent irrésistiblement Chirico, cependant qu’un
parti pris nouveau, dans certains
visages — le Bouvier, le Paysan — rappelle un peu les peintres du XVe siècle.
Enfin, au-delà des recherches de style,
une foule de croquis et dessins — révélations de cette exposition — montrent la
curiosité et, si l’on peut dire, la versatilité d’un artiste-né, que les théories n’enfermèrent jamais.
Marcel SIGNAC. _____
(1) Exposition Roger de La Fresnaye, au musée
de Tessé, Le Mans, avenue de Paderborn, t.l.j.
sauf lundi de 9 à 12 h et de 14 à 18 h, ; beau et
intéressant catalogue, 200 p., 40 €.
(2) La version la plus achevée de ce tableau est
restée à New York pour cause de fragilité.
C OMME le cubisme a été suivi du
surréalisme, on s’imagine aujourd’hui, par illusion rétrospective,
qu’il était aussi un mouvement subversif,
destructeur de la réalité comme son épigone, et animé par des ennemis de la
société, de l’Armée, de l’Eglise et de la
patrie. C’est tout à fait faux, au moins dans
les intentions de l’époque ; l’œuvre de
La Fresnaye (1885-1925), visible au
Mans — à 55 minutes de Paris par le
TGV — jusqu’au 5 février en est la
meilleure illustration (1).
LE CUBISME,
NOUVEAU GOTHIQUE ?
Tous les arts visuels sont des interprétations de la réalité, et le même objet ou le
même paysage est bien différent selon
qu’il est vu par un peintre de l’Egypte
ancienne, un miniaturiste médiéval, le
Greco, Poussin, Boucher, David ou Corot.
En outre, le développement de la photographie, décourageant pour le réalisme pictural, devait fatalement provoquer une crise
de la représentation académique. L’ambition des cubistes fut de rechercher les éléments premiers du monde extérieur, forme
et volumes géométriques, pour le faire voir
d’un œil neuf ; tel était, par exemple, le
projet d’Albert Gleizes. L’œuvre de La
Fresnaye est là
pour montrer que
le premier
cubisme, chez certains artistes, était
à l’opposé du nihilisme surréaliste ;
elle est là aussi
pour montrer
qu’on pouvait parfaitement, dans les
débuts du XXe siècle, produire dans ce
style des œuvres de grande qualité avec la
volonté de construire une tradition. Certains espéraient y trouver le jaillissement
et la solidité d’un nouvel art gothique, et
telle était en somme l’idée de Guillaume
Apollinaire, qui fut comme le Diderot des
peintres de cet avant-guerre.
Insistons-y : dans ces années, on pouvait
parfaitement, tranquillement et sans état
d’âme, peindre à l’opposé de l’art “pompier” tout en vivant sur des convictions politiques modérées ou réactionnaires ; porter
sur le monde extérieur un regard neuf, et sur
la société un regard traditionnel ; et cela
sans être ni un artiste médiocre, ni un crétin, car cet art n’était pas un art de niais : la
merveilleuse habileté de La Fresnaye est
constamment soutenue par l’intelligence et
l’humour, un humour qu’on apprécie, par
exemple, dans le grand portrait de sa bellesœur, Alice au grand chapeau, où l’air
dominateur de la dame affublée d’une
plume conquérante évoque irrésistiblement,
par anticipation, certains personnages
d’Anouilh. Mais le drapeau français qui
claque dans plusieurs grandes toiles de
La Fresnaye — Le Cuirassier (réinterprété
de Géricault), l’Artillerie, le Quatorze
juillet, La Conquête de l’air (2) — n’est pas
là uniquement pour un effet de couleurs, et
ce sont des tableaux magnifiques, quoique
surprenants pour qui n’aime que les
décalques de la réalité. Même observation
pour le sujet de la Jeanne d’Arc à l’oriflamme « Jésus, Marie », peinte dans un
style différent mais pas davantage traditionnel, et qui échappe à la mièvrerie par une
naïveté voulue et par la forme de son visage,
caractéristique des jeunes femmes peintes
ou, parfois, sculptées par l’artiste.
ESPOIRS ET DESTINS
BRISÉS PAR LA GUERRE
Qu’il y eût de la fierté nationale chez ce
fils d’un artilleur polytechnicien, c’est évident, et, par exemple, la Conquête de l’air,
dont l’un des personnages suspendus dans
le ciel est peut-être un ingénieur de chez
Nieuport, pourrait être interprétée comme
un reflet de la rivalité industrielle entre la
France et les Etats-Unis, les deux pays faisant alors jeu égal en automobile et en
aéronautique ; mais chez les gens intelligents fierté nationale n’est pas chauvinisme. La Fresnaye séjourna à Munich en
1909, et fit en 1910, avec un ami suisse, le
tour des grandes villes germaniques ; en
1912, il envoyait des dessins à l’exposition
du « Blaue Reiter » (= le cavalier bleu) à
Munich. Symétriquement, le plus actif protagoniste du « Cavalier bleu », Franz
Marc, était bilingue franco-allemand, se
réclamait de Cézanne, et à l’exposition
précitée fit accrocher aussi des tableaux de
Picasso, Braque, Derain, Vlaminck, du
douanier Rousseau et de Delaunay, qu’il
alla voir à Paris et dont les recherches sur
la couleur (l’“Orphisme”) eurent beaucoup
d’influence sur les artistes allemands.
Mais que se passa-t-il en 1914 ? Marc fut
engagé volontaire, comme de son côté
La Fresnaye. Le patriotisme ne faisait pour
eux nul problème et ne contredisait pas
l’estime du temps de paix.
Cependant la suite fut triste, pour l’Histoire générale et pour les destins particuliers. Le caporal, puis sergent La Fresnaye
contracta dans les tranchées la tuberculose
dont il devait lentement mourir, symbole
de l’agonie des espoirs d’avant 14. Marc,
parti enthousiaste pour une guerre dont il
attendait la naissance d’un monde plus pur,
était désenchanté quand il tomba devant
Verdun, après son alter ego Macke, tué,
lui, dès les premiers combats — peu avant
Péguy, dont un portrait par Egon Schiele
avait paru dans une revue berlinoise en
1911. Un autre adepte du « Cavalier
bleu », Kirchner, engagé volontaire, s’effondra psychologiquement en 1915. Apollinaire mourut de la « grippe espagnole »
au moment de l’Armistice. Beaucoup d’artistes, au retour de ces horreurs, se réfugièrent dans l’individualisme ou cédèrent aux
tentations du nihilisme et de la subversion :
dada, surréalisme, bolchevisme…
A l’exposition, les plus nombreuses sont
les toiles cubistes conformes au canon de
l’école, avec papiers roulés, cartons géométriques de teintes variées, tables dont le
plateau se dresse face au public comme
sur l’injonction d’un dompteur, la couleur
et le mouvement suppléant (comme chez
le Rameur sans mains, rames ni bateau) à
l’artifice de la convention. Cubistes, les
grands tableaux les plus aboutis, cités plus
haut, comme aussi les Baigneurs de 1912,
l’Homme assis de 1913-14, résumé et
ultime affirmation d’un style solidement
conquis et dominé. Cubistes encore, la
La Fresnaye, un grand artiste dans un contexte oublié
Mgr Marcel LEFEBVRE
LA MESSE DE TOUJOURS
La Frat’, bien campée sur ses arrières irréductibles, n’a pas raté le rendez-vous de
Benoît XVI qui s’avise, après le cardinal
Ratzinger, que la messe de saint Pie V traduit dans sa plénitude la foi de l’Eglise
romaine quand celle de Paul VI la tronque
ou l’édulcore.
Présentée par l’abbé Patrick Troadec et
ramassée par les plus éminentes compétences théologiques et liturgiques des élèves
et disciples de Mgr Lefebvre (dominicains
d’Avrillé, capucins de Morgon, sœurs de la
Fraternité saint Pie X, etc.), la somme des
écrits et propos sur la Sainte Messe, « catéchisme vivant », constitue le véritable testament spirituel du fondateur d’Ecône pour
qui l’Autel est au cœur des Mystères catholiques. Il rappelle, décrit, explique le sens
profond de la prodigieuse mise en scène
tridentine, ce “joyau” préparant le surgissement de Notre Seigneur dans l’hostie —
qui sera là, avec ou sans fidèles, dans toute
sa dimension sacrificielle.
La deuxième partie de l’ouvrage reprend,
de la bouche même de Mgr Lefebvre, les
graves omissions, substitutions, interprétations hasardeuses dont le nouveau rite est
entaché, mettant l’accent sur la confusion
d’inspiration protestante entre l’Ecriture
sainte — où l’Esprit de Dieu n’est présent
« qu’en usage » — et l’Eucharistie qui « est
substantiellement » le Corps glorieux de
Jésus Christ.
Le chapitre consacré à l’Indult relève et
ses fruits positifs (« aveu de faiblesse » du
nouveau rite) et ses aspects négatifs : il est
accordé sous réserve expresse d’adhérer en
même temps à l’ordo de Paul VI — un privilège d’autant plus étriqué qu’il dépend du
bon vouloir épiscopal, souvent pris en
défaut.
Condamnation éclatante
de Vatican II, « la messe de
toujours », même si elle est
répandue largement dans
tous les diocèses, suffira-telle à corriger l’esprit du
Concile ?
M.-G. D. _____
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