Le 14 décembre, José Bové était placé en
garde à vue à Millau, résultat de la destruction d’une parcelle de maïs transgénique le
30 juillet, quand plus de 200 militants antiOGM du collectif des « Faucheurs volontaires » s’étaient attaqués à un champ
proche de Muret (Haute-Garonne).
Ses amis font beaucoup pleurer sur le sort de l’ancien
porte-parole de la Confédération paysanne, mais est-il sûr
que le moustachu lui-même
soit si désolé de cette nouvelle
interpellation ? Dès octobre
2005, pour faire avancer les
revendications portées par le
« Non de gauche » à la Constitution européenne, José Bové envisageait d’être candidat à l’élection présidentielle de 2007 et, le
13 juin 2006, il se déclarait officiellement
candidat dans Libération, s’estimant le plus
apte à « rassembler la gauche de la gauche ».
Certes, son ambition ayant suscité peu
d’enthousiasme chez les chers camarades,
il s’était désisté fin novembre. Mais, dans la
mesure où les collectifs antilibéraux ont
refusé d’investir la communiste MarieGeorge Buffet (voir notre dernier n°) dont
la rivale Clémentine Autain est elle aussi
très contestée, Bové peut estimer qu’un
boulevard s’ouvre à nouveau devant lui.
Surtout avec sa nouvelle auréole de “martyr” de la cause verte.
donc voté sans vergogne la disposition
scandaleuse.
LA FERME OPPOSITION
DU FRONT NATIONAL
Seul, une fois de plus, le Front national se
sera démarqué puisque, à l’issue d’un tout
récent voyage en Nouvelle-Calédonie,
Marine Le Pen avait flétri cette « rupture
d’égalité entre Français établis sur la même
partie d’un territoire de la République », et
appelé les « exclus du droit de vote à ne plus
payer leurs impôts » ! Et la directrice stratégique de la campagne présidentielle de JeanMarie Le Pen d’exhorter bien sûr les élus de
la nation à « rejeter le projet de loi qui, audelà de la trahison morale qu’il contient,
peut s’avérer un précédent dramatique pour
l’unité nationale ». « Il serait paradoxal que
vous votiez ce projet de loi “gelant” le corps
électoral en Nouvelle-Calédonie aux élections locales au moment où vos formations
politiques se prononcent pour le droit de
vote des immigrés en métropole, à ces
mêmes élections », poursuivait la vice-présidente du Front national qui estimait indispensable de « consulter les Calédoniens sur
cette question précise par la voie d’un nouveau référendum ».
LA PERMANENCE DANS
L’IMPOSTURE DU GAULLISME
Il est en effet ahurissant que ceux-là
mêmes qui sont directement concernés (les
Français de l’archipel) n’aient pas le droit
de décider de leur propre sort. Cela rappelle un précédent dramatique : le 8 avril
1962, lors du référendum qui avait suivi les
funestes accords d’Evian, les Français
d’Algérie avaient été privés de vote, les
métropolitains, lassés par sept années de
conflits, décidant seuls (et de la façon
qu’on sait !) du destin de leurs compatriotes d’au-delà de la Méditerranée.
L’histoire retiendra que ce sont une nouvelle fois les gaullistes, et singulièrement la
si maléfique gens Debré, qui portent un coup
mortel à une partie de notre territoire national. Voilà qui en dit long sur l’imposture
d’un gaullisme qui se prétend défenseur de
l’indépendance et de la grandeur françaises
alors qu’il n’est depuis plus de soixante ans
que le fossoyeur de la nation et le plus grand
commun diviseur des Français.
J. B.
<jeromebourbon@aol.com>.
Polynésie : Temaru renversé
(Dessin de CHARD.)
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 4
DU KÄRCHER
AUX CARESSES
Après avoir menacé d’un nettoyage au
Kärcher les “racailles” des cités, le
ministre de l’Intérieur a réuni le
13 décembre des « jeunes des quartiers populaires ». Ces retrouvailles organisées par la
très arriviste Rachida Dati, conseillère de
Sarko en matière d’immigration, ont eu
lieu dans la grande salle des fêtes de la
place Beauvau où se tenaient six tables
rondes — sur l’égalité des chances, l’Education, l’urbanisme, les médias ou les
femmes — en présence de moult personnalités telles Patrick de Carolis, le PDG
de France-Télévision (qui, après le « scandale Sevran » — voir page 16 — a annoncé
son intention de faire signer une « charte
éthique » à tous les présentateurs et animateurs de ses chaînes), Jean-François
Cirelli, le président de Gaz de France, l’acteur beur Roschdy Zem, réalisateur du
récent film Mauvaise foi sur l’idylle entre
une juive et un Arabe, Rony Brauman,
ancien président de MSF ou Fettouma
Ziounai, « une violoncelliste qui a réussi en banlieue ».
Démentant vertueusement toute « volonté
de récupération politique », Sarko a néanmoins couvert les Jeunes d’éloges avant
de leur lancer cet émouvant “message” :
« La République doit vous tendre la main. » Fûtce aux dépens des malheureux allogènes,
qu’elle laissera couler.
A noter que, selon l’AFP, les débats
avaient « été préparés et menés avec des jeunes
de l’association “Bleu Blanc Rouge” (BBR)
d’Argenteuil ». Au voleur !
SARKOZY TRAHI
PAR JOHNNY
Fin août dernier, toute la famille Hallyday (Johnny, sa jeune épouse Laetitia et
son fils David) assistait au discours prononcé par le président de l’UMP à Marseille, en clôture de l’université d’été du
parti, après s’être encartée en grande
pompe à l’UMP. Le 29 juillet, le chanteur
avait d’ailleurs déclaré à Nice-Matin son
admiration pour Nicolas Sarkozy, qui doit
« absolument être notre président ». Et Johnny
LES “RAVES” ET
LEURS RAVAGES
Le 12 décembre s’est ouvert devant la
cour d’assises de Loire-Atlantique le procès de Vincent Favreau, un chauffeur de
bus de 26 ans jugé pour le viol et le
meurtre de la jeune Ludivine Guihard
dont le corps avait été retrouvé en partie calciné près de Guérande en mai
2004, à l’issue d’une “rave-party” dans
un champ des environs.
Coïncidence : rendant compte dans
son édition du 10 décembre de la “raveparty” géante se déroulant en marge des
Transmusicales de Rennes, Le Parisien
énumérait les divers “incidents” ayant
émaillé ce “Teknival”. Entre autres : « Un
jeune homme a été poignardé. De multiples
malaises dus à l’usage de stupéfiants ont été
signalés. Les forces de l’ordre ont d’ailleurs saisi
toutes sortes de drogues, dont près de 1 500
doses de LSD. » Jusqu’à quand les autorités-sic autoriseront-elles ces suicidaires “raveparties” ? Et le ministre de l’Intérieur ne
devrait-il pas être inculpé pour mise en
danger de la vie d’autrui ?
RÉPUBLIQUE
BANANIÈRE
Décidément, la France ressemble de
plus en plus à une République bananière. Début décembre, deux diplomates
ont comparu devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour trafic de
visas : l’ancien ambassadeur de France à
Sofia, Dominique Chassard, et son
ancien chef du service des visas français,
Rudy Demange. Entre 1999 et 2001, des
milliers de visas avaient en effet été frauduleusement attribués à des Bulgares,
souvent des prostituées prétendant se
rendre en France en « voyage d’affaires »
ou effectuer des « stages en entreprise ».
Le parquet avait requis des peines de
prison à l’encontre des deux diplomates.
On apprendra sans surprise que, le
6 décembre, l’ambassadeur Chassard a
été relaxé, seul son sous-fifre, époux
d’une Bulgare, étant condamné — à
huit mois de prison avec sursis.
Les prévenus avaient argué de leur
innocence, expliquant qu’ils ne faisaient
que « mettre en œuvre une politique » dictée
par les autorités françaises « au plus haut
niveau ». Politique très généreuse puisque
le nombre de visas délivrés était passé de
25 000 en 1999 à 65 000 en 2000.
39 % jugeant qu’il ne représente pas un
danger pour la démocratie. Une majorité
de sondés sont par ailleurs sceptiques sur
la capacité du ministre de l’Intérieur à
faire baisser et même à limiter l’audience
de Le Pen. 39 % seulement en croient
capables le numéro deux du gouvernement Villepin.
Le Monde voit dans ces
résultats les premiers fruits
de l’entreprise de dédiabolisation conduite par
Marine Le Pen. Mais ces
chiffres ne s’expliquent-ils
pas plutôt par la prise de
conscience par un nombre
grandissant de nos compatriotes de la situation dramatique de notre pays, et
ne sont-ils pas la conséquence directe des scènes
de guérilla raciale dans les
banlieues occupées ? Selon
nous, la question n’est
donc pas d’adoucir l’image
et le discours pour plaire
aux media mais de convertir une majorité de Français aux propositions du
programme frontiste. Sans
aucun reniement ni attiédissement de la ligne politique et des fondamentaux
nationalistes.
J. B.
voient en Le Pen le représentant d’une
« droite patriote et attachée aux valeurs
traditionnelles », 65 % le considérant
comme « le représentant d’une extrême
droite nationaliste et xénophobe ».
Fort inquiétant pour Sarkozy : 36 % des
sympathisants de l’UMP sont d’accord
avec les idées de Jean-Marie Le Pen,
Pour le président du Front national, les
sondages se suivent et se ressemblent :
après que le 25 novembre, un institut lui
eut accordé 17 % des voix au premier tour
de la prochaine présidentielle, un record,
plus d’un Français sur quatre (26 %) se
déclare désormais d’accord avec ses idées
selon l’enquête annuelle TNSSofres/Le Monde. Soit,
hormis le pic de mai 2002,
le plus haut niveau d’adhésion depuis une dizaine
d’années. De même, le
pourcentage des sondés
jugeant “inacceptables” les
positions de Le Pen sur les
grands problèmes de
société est en forte baisse,
passant de 48 % en 1997 et
1998 à 34 % en 2006. En
revanche, 39 % des sondés
se disent en accord avec sa
défense des valeurs traditionnelles (+ 6 points en un
an). Ses positions sur la
situation dans les banlieues
occupées sont approuvées
par 33 %, celles sur la sécurité et la justice par 32 %.
Ses critiques contre la
classe politique sont partagées par 29 % des personnes interrogées tandis
que 22 % approuvent ses
positions sur les impôts.
Enfin, 28 % des sondés
Hallyday de préciser avec fougue : « Je ne vais pas me contenter de voter pour lui, je vais
lui donner un coup de main dans la mesure de
mes moyens. » Apprenant la nouvelle, la parlementaire sarkozyste Nadine Morano
s’exclamait : « Nous sommes très, très heu- reux ! »
On est un peu moins heureux à l’UMP
depuis que L’Express a révélé le
13 décembre sur son site internet que le
même Hallyday, après avoir vainement
tenté de se faire naturaliser belge pour
payer moins d’impôts, allait s’installer dès
la fin du mois à Gstaad, la célèbre station
de l’Oberland bernois, où il résiderait « six
mois plus un jour par an » afin de bénéficier
d’un statut fiscal avantageux. Récemment
rallié à Sarkozy, le ministre délégué au
Budget Jean-François Copé n’a d’ailleurs
pas caché son embarras. Interrogé sur le
cas Hallyday, il a dit « regretter qu’un certain nombre de nos compatriotes s’expatrient, surtout
quand c’est motivé pour des raisons fiscales ». Quant à Sarko lui-même, il a soigneusement évité le sujet à la sortie du Conseil
des ministres. Le prochain à choisir la
liberté dans un paradis fiscal sera-t-il un
autre de ses flamboyants soutiens médiatiques, le rappeur Doc Gynéco ?
QUAND L’HÔPITAL
SE MOQUE
DE LA CHARITÉ
Que Ségolène Royal soit « à la remorque
des sondages d’opinion » avec sa « démocratie participative » est une évidence.
Mais que cette accusation soit lancée par
Sarkozy, qui a basé toute sa carrière sur
les sondages d’opinion, voilà qui dépasse
l’entendement !
« Je n’attends pas des Français qu’ils me disent
ce que je dois penser », a ainsi noblement
déclaré le 12 décembre le candidat UMP,
invité d’honneur de la Fédération nationale des agents immobiliers (FNAIM) qui
tenait congrès. « Je n’attends pas des Français qu’ils me disent le programme que je dois présenter à la France… Je ne suis pas à la remorque
des sondages d’opinion. C’est à nous les candidats de donner une cohérence aux aspirations parfois contradictoires du peuple français. C’est à
nous d’avoir le courage de prendre des engagements… Même s’il est plus complexe et plus dangereux d’apporter des solutions, je crois que la
démocratie est là pour cela. » Là-dessus, Sarko a promis aux congressistes de « faire de la France un pays de propriétaires ». Demain, on logera gratis…
LA “MESSE
DE TOUJOURS”
ENFIN LIBÉRÉE ?
On apprenait le 13 décembre du Vatican, qu’à la suite d’une longue réunion
de la Commission Ecclesia Dei, un motu
proprio pourrait être très prochainement
publié sur la libéralisation du rite tridentin. « Nous avons étudié le document dans le
calme et effectué quelques corrections », déclarait le cardinal Medina Estevez à l’issue
de cette réunion. C’est désormais au Souverain Pontife de décider de la date où ce
“document” sera rendu public. Au début
de 2007 ou dès ce Noël, ce qui constituerait un inestimable présent pour tant de
fidèles ?
Le District de
France de la Fraternité Sacerdotale
Saint-Pie X y est en
tout cas préparé qui a
réalisé un superbe
film d’une durée
d’1h30 sur « La Messe de toujours ». Ce
DVD, où sont expliqués tous les détails
de la célébration, est propose à tous les
prêtres qui souhaitent “apprendre” le rite
tridentin auquel restent attachés 60 % des
catholiques français selon un récent sondage CSA.
Le District d’Allemagne de la FSSPX
avait donné l’exemple, et sur les 8 000
religieux approchés outre-Rhin, 100
séminaristes et 950 prêtres ont déjà souhaité recevoir le film. Quel sera chez
nous le taux de “retour” ?
On peut espérer le succès en France de
cette initiative due aux abbés Régis
de Cacqueray, supérieur du District de
France, et Patrick de La Rocque, déjà
responsable de la « Lettre à nos frères
prêtres » (1), puisque, en juillet dernier, le Chapitre général de la Fraternité avait
demandé aux prêtres et aux fidèles attachés à la Tradition un million de chapelets que Mgr Fellay aurait présentés au
pape « pour la liberté de la messe tridentine,
pour la restauration du règne social de Notre
Seigneur et pour le triomphe du Cœur Immaculé de Marie ». Or, nous apprend l’abbé
Alain Lorans dans son dernier éditorial
de <dici.org>, « au lieu du million attendu,
ce sont plus de deux millions et demi de chapelets qui ont été recueillis dans les soixante pays
que la Fraternité dessert de par le monde » : « une gerbe magnifique » pour aider le Saint
Père à « libérer totalement la Sainte Messe de
toujours, partout et pour tous ». Un vœu
(pieux) qui pourrait très vite devenir réalité.
J. L. _____
(1) LNPF, 2245 avenue des Plantes, 31380
Gragnane.
PROFANATIONS :
EN FLANDRES AUSSI
Déjà si fréquentes en France, les profanations de cimetière se multiplient chez
nos voisins. Dans les Flandres, à Gentbrugge, près de trois cents tombes et
urnes funéraires ont récemment été profanées, notamment celles de la pelouse
des Anciens Combattants, où un très
grand nombre de croix ont été réduites en
miettes. L’aspect le plus sordide de cette
profanation à grande échelle a été la destruction systématique des tombes de
bébés et d’enfants décédés en bas âge. Il
semble que les symboles de nos traditions
funéraires, comme les croix ou les cœurs,
aient été plus particulièrement visés.
L’auteur de ces horreurs, a révélé le
quotidien De Standaard le 8 décembre,
est une Turque de 29 ans, domiciliée à
Sint-Amandsberg. Elle a été surprise, de
nuit, en pleine action dans le cimetière,
armée d’une barre de fer. L’énergumène
femelle détenait aussi plusieurs couteaux
et des sprays au poivre, ce qui prouve
qu’elle n’avait pas l’intention de s’attaquer seulement aux morts, mais aussi
aux vivants.
Bien entendu, les autorités ont aussitôt
considéré la femme comme une “déséquilibrée” et elle pourrait donc échapper à
tout procès. Mais, écrit Robert Steuckers
en nous communiquant ces informations,
« si un déséquilibré européen autochtone avait
détruit un cimetière juif ou musulman, et visé les
symboles religieux de ces confessions, l’aurait-on
considéré comme un “cas psychiatrique” ? »
Les Français veulent un Le Pen musclé
Marine Le Pen, qui a présenté le 11 décembre à la presse les affiches de la
campagne présidentielle, trouvera-t-elle beaucoup de militants du Front
pour accepter de coller celle-ci ?
C’est à li re
C’est dans une ambiance chaleureuse et
surtout très détendue — peut-être grâce
aux deux caisses d’excellent Pouilly
apportées par le non moins excellent
Dr Le Bris, en son nom et en celui du Front
national de la Nièvre ! — que s’est déroulé
le 9 décembre le “pot” des Amis de RIVAROL. Comme à l’habitude couplé avec
l’Assemblée générale de l’association (1),
dont le bureau, présidé par Anne Brassié et
vice-présidé par Ghislain de Diesbach, a
été reconduit.
En ces cinquante-cinq ans d’existence de
notre hebdomadaire, cette réunion coïncidait à quelques semaines près avec les
soixante ans de notre “revue-mère”, Ecrits
de Paris, seule revue française à notre
connaissance à avoir franchi ce cap sans
subir la moindre interruption. Ce fut l’occasion pour Jérôme Bourbon de faire un
très brillant exposé sur la genèse de ce
mensuel mais aussi ses combats actuels, en
totale fidélité avec la démarche de ses fondateurs dont René Malliavin — on lira
l’intégralité de cet historique dans la livraison de janvier d’Ecrits de Paris.
Après les sombres (mais très spirituelles
) prédictions de Ghislain de Diesbach et les
« pensées heureuses » d’Anne Brassié,
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 5
notre avocat,
M e Eric
Delcroix, fit
le point sur
l’état de la
justice française en
général et
les suites
probables de
notre prochain procès
en particulier, puis notre équipe se prêta longuement
au jeu des questions-réponses sur l’actualité. Pour les rivaroliens est urgente la
concrétisation de l’« Union des patriotes »,
qui donnerait un fantastique coup d’accélérateur à la mobilisation des nationaux.
Saluons les confrères venus partager ce
moment d’amitié (Jean-Claude Varanne,
directeur de National-Hebdo, Jeanne
Smits, directrice de Présent, Christian Brosio, secrétaire général de la rédaction de
Spectacle du Monde, René Burande, directeur administratif de Militant…) ainsi que
les écrivains (Philippe Gautier, Eric Vatré,
Louis Castay), les politiques Pierre Sidos,
président de l’Œuvre française, Claudine
ils sont trop intelligents pour ne pas savoir
ce qu’ils valent et se moquent bien, une fois
au pouvoir, de leurs électeurs, oubliant leurs
promesses et, lorsqu’ils veulent se faire
réélire, s’engageant alors à faire enfin ce
qu’ils avaient déjà promis de faire s’ils
étaient élus.
Aussi, une fois au pouvoir, leur tâche principale est-elle de préparer leur réélection. La
France est donc perpétuellement en période
électorale et déjà bien des politiques s’affairent en pensant à l’élection présidentielle de
2012… celle de l’année prochaine étant
comptée comme un coup pour rien.
Telles sont les réflexions désabusées que je
vous livre aujourd’hui, en y ajoutant mon
affliction de voir que nos princes actuels non
contents de brader le pays, ainsi que l’a montré M. Jean Roux dans un excellent livre*
dont je vous recommande la lecture, en
dénaturent le langage et la culture, entreprise
de démolition commencée par Malraux avec
ses maisons de la culture, et ardemment
poursuivie par ses successeurs.
_____
* La Grande Braderie du patrimoine public
français — Une OPA géante sur la France, éd.
François-Xavier de Guibert, 327 pages, 24 €.
Certains jours, je doute un peu que la
France ait jamais existé. Il y a certes des
monuments pour en laisser un témoignage, mais eux-mêmes
sont remis en question.
Ainsi, dans un tract de
Force Ouvrière des
Affaires culturelles du
mois d’octobre 2006,
peut-on lire que « le
château de Versailles est
un ensemble de bâtiments construits par le
peuple, dans la douleur
et la misère, sur les
ordres d’un roi pour ses
besoins personnels… La
royauté et le clergé une
fois décapité (sans s) par
la Révolution, cet
ensemble architecturale
(avec un e) nous arrive
aujourd’hui en héritage
d’un patrimoine culturel dont nous partageons les richesses avec l’humanité… »
Ainsi fait-on bon marché du passé, comme
en Egypte où l’on apprend que le canal de
Suez a été construit par les Egyptiens, sans
aucune mention de Ferdinand de Lesseps ni
de l’impératrice Eugénie venue l’inaugurer…
L’Egypte est née en 1952, avec la chute de
Farouk. Avant elle n’existait pas. Il en est de
même en France où, dans ma jeunesse, les
instituteurs jacobins la faisaient naître en
1789. J’en ai eu naguère un émouvant témoignage. Allant dîner rue de l’Elysée — c’était
en 1988 — je ne pus passer par le coté
Champs-Elysées, dont un CRS m’interdisait
l’entrée. Comme je protestais, il me dit :
— II faudra vous y habituer, car l’année
prochaine cet accès sera interdit pendant plusieurs mois.
— Pourquoi l’année prochaine ? Qu’y
aura-t-il de si important ?
— L’année prochaine ? mais c’est l’anniversaire de la naissance de la France ! me
répondit ce pandore, qui d’ailleurs retardait.
En effet, aujourd’hui cette lointaine origine
est oubliée. La vraie France est celle de la
Résistance. Elle est née en 1944 et bientôt
on nous affirmera qu’elle n’a guère eu
d’existence légale avant 1968. Tout cela est
bien difficile à comprendre pour l’historien
et même pour le simple citoyen.
Dupont-Tingaud, présidente de RéAgir, le
conseiller régional FN Miguel de Peyrecave, l’ancien député et ex-conseiller général de Noyon Pierre Descaves, par ailleurs
actuel conseiller régional de Picardie et
doyen du bureau politique du Front national, qui lança un déchirant appel pour la
survie de notre France.
A l’année prochaine !
Jacques LANGLOIS. _____
(1) Association des Amis de Rivarol (AAR), 1
rue d’Hauteville, 75010 Paris. Tél. 01-53-34-
97-97 ou <contact@rivarol.com>.
Cotisation à partir de 10 €.
Anne Brassié :
“Quelques pensées heureuses”
Qu’est-ce qu’une association d’amis ?
C’est, selon moi, une seconde famille. Et
j’ai justement dans des papiers de famille
une lettre de mon père (qui était médecin) à
ses parents sous le forme d’une ordonnance.
Sa prescription était la suivante :
« Une pensée heureuse le matin au lever
et le soir avant de dormir dans un peu d’eau.
Et l’amitié du fils, chaque midi au repas. »
Alors, en bonne mère de famille, j’ai cherché quelques pensées heureuses à vous
communiquer et à partager avec vous. J’ai
cherché lontemps et dans les recoins. Les
temps sont à la tourmente, turbulents à souhait.
Mais, première pensée heureuse : notre
petite famille est bien unie derrière Camille
Galic.
2e pensée : la réforme de l’apprentissage
de la lecture s’annonce modestement, certes,
mais le recul des inventions diaboliques
s’amorce et la propagande aura moins de
prise sur des esprits instruits.
3e pensée : le frémissement de volonté qui
se fait sentir chez nos évêques à propos du
Téléthon et des recherches sur l’embryon.
L’un d’eux a osé dire que ce n’est pas parce
que c’est légal que c’est moral. Quand on
s’avance sur cette voie, le paysage s’éclaire.
4e pensée : le pape est allé en Turquie —
ce n’était pas le bon moment, écrit notre
directrice, mais enfin il en est revenu vivant
et intact. J’avais très peur de la célèbre force
de frappe turque. Et son discours de Ratisbonne montre une nouvelle attitude face à
l’islam infiniment plus consciente que par le
passé des élites catholiques.
5e pensée : les programmes de télévision
sont pratiquement faits maintenant de séries
américaines et de jeux débiles. Les familles
vont être obligées de se remettre à lire et à
écouter de la musique, voire même à aller au
théâtre.
6e pensée : le PDG de Canal + vient de
déclarer qu’il préférait faire des programmes intelligents pour un petit nombre
plutôt que des programmes idiots pour un
grand nombre. Miracle ! Et le PDG de
TF1, Patrick Le Lay, qui avait déclaré que
son travail consistait à vendre de l’espace
vide dans les cerveaux pour Coca Cola,
celui-là prend sa retraite.
Enfin le roi est mort vive le roi. Je voudrais vous parler brièvement de Radio
Courtoisie et rendre hommage à Jean Ferré
et à son œuvre qui a indiscutablement permis de réunir et d’augmenter les forces de
droite en propageant nos idées dans toutes
les voitures, les salons, les ateliers et les
cuisines de France et de Navarre. Jean
Ferré, avant de mourir, a bien légué l’été
dernier son micro et son association à
Henry de Lesquen, choix très intelligent
compte tenu de la qualité de ses émissions
et de ses capacités à diriger et à développer les associations, mais il faut lui laisser
le temps de régler les questions urgentes.
La majorité des patrons représentatifs de la
radio sont derrière lui, dont le chef de file
Serge de Beketch.
Dernière pensée : tout ce qui ne nous tue
pas nous rend plus fort.
Hardi les gars, donc, et merci d’être là !
Quand les “Amis
de RIVAROL”
fêtent… les 60 ans
d’Ecrits de Paris
Ghislain de Diesbach : “Deux grands partis
de gauche, dont l’un s’appelle la droite…”
La France est donc une entité vague et
sujette à caution. Elle a tant péché dans son
misérable passé qu’elle peut multiplier les
repentances sans être
jamais pardonnée de tous
ses crimes, des croisades
à la guerre d’Algérie.
Rebaptisée l’Hexagone
afin de retrouver une sorte
d’innocence, elle a encore
un gouvernement, bien
qu’entièrement dirigée de
l’étranger par des entités
supranationales qui dictent leur loi.
A quoi sert ce gouvernement ? On peut se le
demander, mais il doit
présenter un certain attrait
à voir le nombre de prétendants qui se disputent
l’ombre d’un pouvoir
devenu impossible à exercer. En effet, il suffit pour un des ministres
en poste de prendre une décision pour
qu’aussitôt les media protestent et que les
syndicats appellent à descendre dans la rue.
Aussi le parti au pouvoir ne peut-il gouverner qu’en vertu du principe de moindre nuisance, c’est-à-dire céder aux plus forts afin
d’éviter des contestations spectaculaires et
tenir bon lorsqu’il s’agit de revendications
faciles à étouffer, comme celles des restaurateurs et des retraités.
Le général De Gaulle, à qui l’on reprochait
une décision nuisible à l’économie, avait
répondu que la politique de la France ne se
faisait pas à la corbeille de la Bourse.
Aujourd’hui elle se fait sur les stades et dans
les matchs de football, qui ont remplacé les
grandes manifestations religieuses ou patriotiques de jadis.
J’ai parlé de parti au pouvoir… Quel parti ?
Il existe actuellement deux grands partis de
gauche, dont l’un s’appelle la droite et je ne
vois pas de différences essentielles entre les
deux ; ce sont les mêmes hommes, passés
dans les mêmes écoles, dont la maléfique
ENA, barbotant dans les mêmes caisses et
compromis dans les mêmes affaires douteuses, se retrouvant devant les mêmes tribunaux, déjeunant dans les mêmes restaurants, séjournant dans les mêmes palaces,
aux frais du contribuable, et enfin professant
pour ceux qui les élisent le même mépris, car
RIVAROL est-il sexiste ? De gauche à droite,
Marie-Gabrielle Decossas, Chard, Anne Brassié et Camille Galic.
LES MESSAGES DE JEAN-MARIE LE PEN…
C’est avec grand plaisir que je me serais rendu le 9 décembre au pot de l’amitié
de RIVAROL, dont vous savez que, depuis bien longtemps, j’admire le combat
courageux et tenace. Mais Jany, qui aurait été ravie de m’accompagner, et moi,
nous nous accordons à cette date une petite oasis vacancière avant le printemps de
l’espoir.
Tous mes vœux de courage et de succès, et en toute amitié.
…ET DE BRUNO GOLLNISCH
Au moment où vous vous réunirez, je serai retenu à Marseille pour une conférence de presse de présentation des actions judiciaires que j’ai entreprises au nom
du Front National, avec nos responsables locaux, contre la construction, sur fonds
publics, d’une mosquée cathédrale à Marseille.
Je regrette de manquer cette occasion pour saluer chaleureusement toute l’équipe
rédactionnelle de RIVAROL en tant qu’organe de la résistance nationale. Et, tout
particulièrement, Mme Camille Galic.
RIVAROL est l’un des courageux voltigeurs du combat national, de la fidélité à
la Patrie, à ses défenseurs, à ses idéaux, ainsi que de la vérité en politique, en
morale, en philosophie, en histoire. Longue vie à RIVAROL !
Bobos : la France est elle-même trop pauvre
pour subvenir à la misère des « pays
pauvres ». Plutôt que de s’obstiner à entretenir les danseuses du charity business, les nationaux feraient mieux de soutenir l’action courageuse et concrète des militants patriotes de
terrain de « Solidarité des Français » (SDF, BP
10906, 75829 Paris cedex ou <www.associationsdf.com>) : charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même ?
● De Jean MAILLET :
INCOHÉRENCES
On a appris le 24 novembre que le supporter
du PSG blessé d’une balle au poumon s’appelait Mounir Bouchaer. Drôle de nom pour un
supporter présumé « raciste, facho, nazi, d’extrême-droite, etc. etc. ».
Quant au jeune Juif soi-disant poursuivi par
les méchants, il brandissait un drapeau israélien mais il est “français”. Drôle de “français”
qui supporte une équipe étrangère, adverse de
celle de son pays présumé. Mais peut-être pensait-il qu’il y avait trop de Noirs au PSG ?
Par contre, les “nazis” qui supportent le
PSG, ça n’a pas l’air de les gêner, eux.
Les media non plus ne semblent pas gênés
par tout ce fatras d’incohérences.
● De Jacques OUDIN :
RESPECTER LE MNR
A l’occasion de son interview rapporté par
Jérôme Bourbon (RIV. n° 2785), Louis Aliot,
nouveau secrétaire général du Front national, s’est opposé péremptoirement à toute idée d’alliance
avec le MNR de Bruno
Mégret… De ce qui ressort des
rencontres avec nombre de mes
anciens mais toujours amis du
FN, cette position n’est pas du
tout appréciée, et contrairement à ce que prétend Aliot,
tous sont favorables à cette union des
patriotes et reconnaissent la valeur et la droiture des militants qui sont toujours au MNR.
Je crains pour ce jeune homme qui était
pratiquement encore en barboteuse lorsque
personnellement je collais dans les cités
interdites la fameuse affiche « 3 millions de
chômeurs, c’est 3 millions d’immigrés en
trop », qu’il ne soit un jour obligé de regretter ses déclarations venimeuses à l’égard du
MNR.
Il faudrait vraiment prendre les militants
et sympathisants de ce parti pour de vulgaires godillots pour leur demander de rallier le panache tricolore de Montretout sans
aucune contrepartie permettant aux dirigeants du MNR d’avoir la possibilité de
continuer les combats futurs sous ses propres
couleurs. Cette attitude méprisante, qui
d’après mon petit doigt serait loin d’être
partagée par la majorité dans les hautes
sphères frontistes, pourrait se révéler suicidaire pour le camp de la droite nationale rassemblée.
● De Jacques BLANC :
PEINE DE MORT
Les peines de prison de très longue durée
sont cruelles. Cruelles d’abord pour la victime, son bourreau lui survivant, ensuite
pour le contribuable-payeur, enfin pour le
condamné dont l’éventuelle métamorphose
ne lui servirait à rien. Alors revenons à plus
d’humanité pour tous les trois : rétablissons
la peine de mort, d’application rapide.
● De Michel PASSOT, professeur de
langues vivantes :
ROYAL : LAXISME
ET DÉMAGOGIE
Apparemment, les “ségolistes” ont la
mémoire courte. Auraient-ils oublié qu’à la
fin du siècle dernier, leur championne a été
ministre délégué à l’Enseignement scolaire
dans le gouvernement Jospin ? Sa « politique éducative » tenait en deux mots ;
laxisme et démagogie. C’est elle qui enjoignait aux professeurs de bannir les mauvaises notes et les appréciations défavorables, susceptibles de “traumatiser” les
chers petits jeunes : tout bulletin ou livret
scolaire devait être orné d’un « commentaire constructif » ! D’un élève rebelle à
l’effort et insupportable de surcroît, sans
doute devrait-on écrire qu’il avait le « look
sympa »…
Et on voudrait élever à la magistrature
suprême une politicienne qui, avec la complicité de Claude Allègre et la bénédiction
de la terrible FCPE, a accéléré le délabrement de notre service d’Education (déjà
bien malade au départ) et encouragé la propension à l’amoralisme d’une certaine jeuN° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 6
nesse ! Je constate en outre que parmi les
thuriféraires les plus zélés de Mme Royal,
beaucoup justifient leur choix en invoquant
le physique — réputé avenant — de leur
candidate ! Quand, à l’approche d’une
consultation décisive pour notre pays ! ses
électeurs potentiels attachent une telle
importance à la « tête du client » (en fait,
de la “cliente”), on a tout lieu de se poser
des questions…
● De Jean BERTRAND (courriel) :
JEAN PAUL III
A propos de l’excellent et courageux éditorial du 8 décembre sur Benoît XVI en
Turquie, j’aimerais faire part aux rivaroliens de la réaction elle aussi très saine de
“RU”, le service de presse de l’UNEC, voix
de l’Europe chrétienne (BP 70114, F-95210
Saint-Gratien ou <unec@wanadoo.fr>).
Commentant le voyage du pape et les
concessions faites à la puissance invitante,
“RU” écrit dans son bulletin qu’« à Vienne,
en Autriche, de jeunes catholiques arabes,
affolés de ce qu’ils ont vu sur leurs écrans de
télévision, ont demandé à leurs catéchistes
pourquoi ils ont consenti à subir, en se
convertissant, la séparation souvent très
cruelle de leurs familles. Les catéchistes euxmêmes se demandent pourquoi ils se donnent
tant de mal ». En effet, déplore “RU”, « si
nous attendions “un autre Christ fervent
dans le Temple” ou “un saint Pie V à
Lépante”, “un cardinal Mindszenty devant
les stalinistes”, c’est raté ! Nous n’avons eu
droit qu’à un Jean-Paul III à Assise, récompensé par des accolades diplomatiques
concédées par ceux-là mêmes qui persécutent l’Eglise, Epouse du Christ. »
● De Béatrice B. (courriel) :
HONTE A VOUS !
Je viens de lire l’éditorial de Camille Galic,
intitulé « Piégé, le Pape piège l’Europe ».
(…) Entre autres contre-vérités et interprétations tendancieuses, vous osez écrire « à la
stupéfaction des media, il dissimule soigneusement sa croix pectorale tout au long de sa
visite au mausolée d’Ataturk ».
Honte à vous, vraiment. Honte surtout à
moi, de vous avoir lu fidèlement pendant dix
ans, et de vous avoir cru. Je me demande à
présent si toutes vos autres
“révélations” ont le même
niveau de fiabilité. Pour
votre information, lorsque
le temps n’est pas assez clément pour porter une
simple soutane, qui rend en
effet sa grande croix pectorale bien visible, le Saint
Père porte un manteau
comme il l’avait fait lors de
l’audience générale place Saint-Pierre, le
1er mars dernier. Oseriez-vous prétendre que
ce jour-là, il cachait soigneusement sa croix
pectorale ?
Un conseil : informez-vous, avant d’écrire
n’importe quoi. Un petit détail comme celuici détruit complètement l’édifice de votre
argumentation. Et choisissez mieux vos vrais
ennemis. Pour ma part, je n’ouvrirai plus
votre “journal”.
[Les media turcs ont en effet exprimé leur surprise que, “dissimulée” à dessein ou pas, la
croix pectorale du pape soit restée invisible
lors de sa visite au mausolée d’Ataturk (il n’en
était pas de même à la Mosquée Bleue). Où est
donc la “contre-vérité” ? Pour le reste, RIVAROL étant avant tout un journal politique, la
véritable question est : le voyage de
Benoît XVI a-t-il été bénéfique à la chrérienté,
à la catholicité et à l’Europe blanche ? Ma
conviction est que non, mais l’enjeu est si vital
que je ne demanderais pas mieux que d’être
contredite par les faits. C.-M. G.]
● De Yvonne S. (courriel) :
UNE LETTRE ETRANGE
Le 5 décembre, Le Monde a publié sous le
titre « Les autres victimes d’une négation »,
la traduction française d’une lettre ouverte
adressée par un Palestinien, Mahmoud AlSafadi, au président iranien Mahmoud
Ahmadinejad pour le supplier de renoncer à
la Conférence sur l’Holocauste car cette
« erreur aussi énorme (…) pourrait se
retourner contre lui et, pis encore, contre son
peuple ». Cette lettre semble sortir tout droit
d’une officine de propagande. Le Palestinien
en question prétend en effet être sorti depuis
peu d’une prison israélienne où il aurait
séjourné 18 ans. Au cours de ces 18 années,
il aurait beaucoup lu et serait parvenu à la
certitude que l’Holocauste n’est pas un
mythe après avoir eu le temps d’étudier tous
les ouvrages sur le sujet (mais il n’en cite
aucun), et lu tous les témoignages (mais il
n’en cite aucun)…
On peut se demander d’ailleurs pourquoi
la bibliothèque de la prison israélienne offrirait aux prisonniers la possibilité de lire les
ouvrages révisionnistes quand on ne peut pas
même les trouver dans les bibliothèques
municipales de nos pays…
● De Arnaud B. (Paris) :
HISTOIRE ET POLITIQUE
A l’intention des rivaroliens qui ne l’auraient pas lu, je tiens à signaler un article
particulièrement pertinent de Henri Amouroux paru sous le titre « Et si les Turcs punissaient la négation du génocide vendéen ? »
Réponse de l’historien : « Nous dirions, sans
doute, que cela ne regarde pas le parlement
turc ; qu’il doit d’abord s’occuper de l’histoire
de son pays… du génocide arménien, par
exemple, et que sa volonté d’interdire, en Turquie, la négation d’un événement historique
qui s’est déroulé en France, dont on peut
débattre librement chez nous, le nier, ou en
excuser les excès, est insupportable. Et nous
aurions raison. »
Mais Amouroux continue : « Il y a bien eu
génocide, cependant, dans ces départements
de l’Ouest où, n’épargnant ni femmes ni
enfants (32 gamins de moins de 15 ans assassinés à La Renaudière par
les soldats de Cordelier),
les armées de la République avaient ordre de
mettre à la raison, par le
fer et le feu, ceux qui
s’obstinaient à défendre
Dieu, le roi, ou plus simplement leurs anciennes
libertés. Une ville comme Cholet perdit dans
les massacres et les combats plus de 37 % de
sa population. A Vihiers, le chiffre atteignit
30 % ; à Chemillé, Clisson, Mortagne, il
dépassa 25 %. Au total, sur les 815 029 habitants que comptaient, en 1790, les 773 communes concernées par l’insurrection et par la
répression, ce sont 117 257 personnes qui disparurent… Or, aucune loi n’interdit, en
France, de discuter, sous-estimer, dissimuler,
nier le génocide vendéen. Des historiens qui
longtemps imposèrent leurs vues — Aulard,
Mathiez, Soboul — le passèrent sous silence
et il fallut les exhortations de Pierre Chaunu,
les travaux de Dupâquier sur Carrier — l’abominable organisateur des noyades de
Nantes —, de Gérard, de Reynald Sécher pour
que la partie cachée du drame enfin révélée,
acceptée, on pût le connaître dans sa totalité
et sa complexité. »
Conclusion : « Ce n’est pas l’affaire des
hommes politiques que d’imposer leur vérité.
On a vu, en URSS stalinienne (…), en Chine
maoïste, en Allemagne hitlérienne, le résultat
de pareilles manipulations… Sur l’immense
chantier de l’histoire, les génocides ont été
nombreux. Mais c’est aux historiens à les
découvrir, à les étudier, à en débattre, à les
dénoncer et non à des parlementaires, réagissant en fonction de leurs passions ou de leurs
intérêts électoraux du moment. »
● De Guy N. (Gisors) :
NE PAS CONFONDRE
MAJORQUE ET MARSEILLE
Récemment, Arte présentait un documentaire que le supplément télé du Nouvel Obs’
présentait ainsi : « A Marseille (…) dont un
habitant sur douze est maghrébin, le littoral a
été bétonné, le couscous et les z’labias ont
détrôné les charcuteries et les patisseries
locales, les prix de l’immobilier se sont envolés, les principaux restaurants, boîtes de nuit,
agences immobilières, terrains de golf, marinas sont devenus propriétés de sociétés outreméditerranéennes. Cette ville est si fermement
entre les mains maghrébines qu’en 1994, un
député de l’assemblée algérienne a proposé à
la France de la racheter pour en faire la dixseptième wilaya. Tout cela est bien agaçant
pour les Marseillais. D’autant que la plupart
des résidents maghrébins ne font pas le
moindre effort pour s’intégrer. Certains se
comportent comme si Marseille était une colonie allemande et regardent l’affabilité, la
convivialité des autochtones avec dédain.
Pourquoi se donneraient-ils la peine d’apprendre le français alors (…) qu’il existe des
chaînes de télévision câblées en arabe, que
l’on trouve des bars de nuit, des maisons de
repos, des coiffeurs, des plombiers, des agents
immobiliers, des garagistes, des pasteurs et des
curés arabes ? »
Vous vous frottez les yeux, vous demandant
comment une chaîne peut passer un documentaire aussi désobligeant pour ceux qui
sont chez eux chez nous ? Vous avez raison :
je me suis contenté de changer les noms de
lieux et de nationalités et de remplacer Land
par wilaya. Car tout ce qui précède ne
concerne pas Marseille, mais Majorque, dont
les si “agaçants” occupants, qui ne font pas
le moindre effort pour s’intégrer, ne sont pas
des Arabes ou des Maghrébins mais des Allemands. Du coup, on respire ! Le Nouvel Obs’
a peut-être ouvert tout grand les vannes du
racisme ordinaire, mais à juste titre puisque
la cible en est des blonds, et des blondes.
● De Frédéric MAGNIEN :
CONTROVERSE
Je relève le 3 décembre dans une dépêche de
l’AFP titrée « Début de polémique en France
autour du voyage de Ségolène
Royal au Liban » cette déclaration de François Fillon :
« Accepter de parler avec un
membre du Hezbollah, organisation qui prône la destruction
d’Israël, qui a provoqué et
mené la guerre contre Israël en
entrant en territoire israélien et
en prenant des otages, était déjà
une faute ».
Ce n’est pas la première fois que je relève
dans les grands media ou dans les déclarations
des politiques du système que le Hezbollah
serait directement responsable de l’agression
du Liban par Israël car c’est lors d’une incursion en territoire israélien que la milice chiite
aurait tué 8 soldats hébreux et enlevé les deux
derniers survivants. Or, c’est une version complètement différente qu’il m’a été donné de
lire dans la presse nationaliste, tant dans
National Hebdo, sous la plume d’Yves Daoudal, que dans RIVAROL ou Ecrits de Paris
sous celles de Camille Galic et de Jérôme
Bourbon. Les soldats israéliens seraient tombés dans une embuscade alors qu’ils se trouvaient en mission en territoire libanais…
Pourriez-vous nous donner des précisions
supplémentaires sur cette affaire ? Il était déjà
tellement scandaleux, au plus fort des bombardements israéliens sur le Liban, d’entendre les
différentes dépêches et autres articles de
presse nous parler des forces de défense israélienne…
[Il a été établi que les soldats enlevés (ou “retenus”) par le Hezbollah se trouvaient sur la frontière, côté libanais, où ce n’était d’ailleurs pas
la première incursion israélienne. Reste à savoir
s’il s’agissait d’une provocation préméditée
pour justifier l’enchaînement ou si le gouvernement Olmert et l’Etat-major ont sauté sur ce
prétexte pour légitimer le déclenchement de
l’opération « Châtiment équitable », préparée
de longue date avec la bénéfiction du Pentagone
et qui, selon les calculs israéliens, devait être
victorieuse.]
● De Fabrice RONSIN :
CHARITÉ BIEN ORDONNÉE…
Les parias français ne peuvent rien attendre
des œuvres caritatives (Politiquement Correctes) qui sévissent en France. Ainsi la CroixRouge qui braque les projecteurs sur son
action hexagonale est largement au service de
l’envahisseur.
Muni du laissez-passer obligatoire délivré
par une assistante sociale du département, le
Gaulois nécessiteux doit subir un deuxième
interrogatoire serré, infligé par les permanents
salariés de cette ONG qui s’assure ainsi, légitimement, que le demandeur de colis alimentaires en a réellement besoin. Notre compatriote dans la mouise devient alors le témoin
de l’explosif et surréaliste sketch qui se joue
en boucle devant lui. Défilent à un rythme soutenu les apatrides en situation irrégulière auxquels la Croix-Rouge sert de boîte aux lettres
de complaisance, afin de leur permettre d’effectuer toutes démarches administratives
rémunératrices, sans que les autorités françaises puissent connaître leur adresse personnelle réelle… pour le cas où viendrait à la
France l’envie de faire le ménage !
Dans le même local, une foule métissée où le
Gaulois est minoritaire attend hargneusement
que les surplus de la société de consommation
lui soient redistribués — c’est autant d’économisé pour le bled afin d’y jouer les caïds.
Comment les inquisiteurs qui m’ont
demandé une tonne de paperasse pour prouver que je vis dans la précarité font-ils donc
pour passer au crible les finances des demandeurs congolais qui nous arrivent des si démocratiques et probes Congos ? N’y a-t-il que les
Gaulois à devoir se justifier d’être pauvre en
Gaule ? La réponse se présente sous la forme
d’un superbe 4X4 dans l’immense coffre
duquel trois « rois de la sape » blacks tassent
la bouffe que la Croix-Rouge leur donne, tout
en se foutant de la gueule des pov’ Blancs présents. Je retrouve régulièrement le même 4X4
de nos amis africains nécessiteux devant
« l’épicerie solidaire » du “Secours Populaire”.
La réalité est plus affligeante encore que la
pire des caricatures de Chard. Il nous faut
faire exploser la légende entretenue par les
● Nous avons le plaisir de dédier ce
numéro à Max P. Morf, et à Michel
Alibert, « amis de RIVAROL » dont la
générosité nous permet de vous offrir
ce dernier Spécial 16 pages de l’année.
● Journaliste et historien, Jean-Claude
Valla vient de publier une passionnante
étude sur Les socialistes dans la Collaboration. De Jaurès à Hitler (Librairie
Nationale, 12 rue de la Sourdière, 75001
Paris, 208 pages, 22 euros + 5 euros de
port).
RIVAROL : Vous écrivez, dans
l’avant-propos de votre livre, que, si l’on
admet volontiers l’existence d’une
gauche collaborationniste, on s’efforce
en général d’en sous-estimer l’importance…
Jean-Claude VALLA : Une légende
tenace, en effet, veut que le collaborationnisme ait été d’abord et surtout un phénomène de droite. Pourtant, ce sont des
hommes de gauche qui, les premiers, se
sont ralliés à la Collaboration, de façon
spontanée et sans états d’âme, à un
moment où la plupart des hommes de
droite, pétris de maurrassisme, hésitaient
encore sur la conduite à tenir à l’égard des
Allemands. L’ancien député socialiste
Marcel Déat est emblématique de cette
attitude, lui qui souhaitait, dès le 5 juillet
1940, « une France intégrée à l’Europe
nouvelle » et une “collaboration” qui ne
soit « ni une nécessité matérielle, ni un
expédient provisoire, mais une doctrine
fondamentale ». Je vous mets au défi de
trouver, à la même époque, une proclamation de ce genre dans la bouche ou sous la
plume d’un homme de droite.
R. : Marcel Déat occupe une place centrale dans votre livre. Pouvez-vous rappeler très brièvement son itinéraire
d’avant-guerre ?
J.-C. V. : Ancien combattant de 14-18,
puis normalien et agrégé de philosophie,
Déat a été président des Etudiants socialistes avant de se faire élire député SFIO
de la Marne, à l’âge de 34 ans. Battu
deux ans plus tard, il devient secrétaire
administratif du groupe socialiste au
Palais-Bourbon et prend une éclatante
revanche électorale en 1932 dans une circonscription populaire de Paris. Déat est
l’une des figures les plus originales de la
SFIO, du moins jusqu’en 1933, date à
laquelle il est exclu du parti pour avoir
prôné le dépassement de la lutte des
classes, la reconnaissance du fait national et une alliance de gouvernement avec
les radicaux-socialistes, dont Léon Blum
ne voulait pas entendre parler à ce
moment-là. Ce qui frappe, c’est la modernité de son analyse, alors que Blum et ses
amis s’accrochent à un discours
archaïque.
DE DÉAT A DORIOT
Chef de file des “néo-socialistes”, Déat
devient peu à peu l’un des principaux
représentants du courant pacifiste. Promu
commandant de réserve en 1938, apprécié
du colonel De Gaulle qui lui prédisait « un
grand destin », il n’est évidemment pas
antimilitariste, ni suspect de défaitisme,
mais il est profondément marqué par l’hécatombe de 14-18. Conscient des faiblesses de l’armée française, il pressent le
désastre que serait un nouveau conflit
mondial, alors que Blum, sensible au sort
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 7
de ses coreligionnaires d’Allemagne,
pousse sans vergogne à la guerre.
R. : Pendant l’Occupation, Marcel Déat
crée le Rassemblement national populaire
(RNP) qui fédère la plupart des hommes
de gauche favorables à la Collaboration,
à l’exception des anciens communistes qui
ont suivi Jacques Doriot au Parti populaire français (PPF). Quel est le poids respectif de ces deux formations ?
J.-C. V. : Le PPF avait plus d’adhérents
que le RNP, mais ce sont, de très loin, les
deux formations les plus importantes de la
Collaboration. Or, elles sont dirigées, l’une
et l’autre, par des hommes venus de la
gauche : l’ancien socialiste Marcel Déat et
l’ancien communiste Jacques Doriot. Cette
simple constatation suffit à balayer la
légende selon laquelle la Collaboration
aurait été essentiellement un phénomène de
droite.
Si l’on affine l’analyse, on se rend compte
que Doriot a recruté, dès avant la guerre, bon
nombre d’hommes de droite déçus par les
ligues nationalistes. Même si les anciens
communistes restent majoritaires dans l’appareil, le PPF tend à échapper au clivage
gauche-droite. Au RNP, les choses en vont
autrement. Dans un premier temps, Déat
s’est associé à Eugène Deloncle, l’ancien
chef de la Cagoule. Alliance contre-nature,
qui n’a duré que quelques mois. Dans la
séparation, qui intervient en octobre 1941,
le RNP perd une bonne partie de ses effectifs, mais gagne en cohérence doctrinale et
peut enfin drainer vers lui une clientèle de
gauche qui n’avait pas voulu, jusqu’alors, se
compromettre avec les cagoulards. Un
ancien dirigeant communiste, Henri Barbé,
qui avait suivi Doriot au PPF, va même
rejoindre le RNP.
R. : Vous écrivez que le RNP a recruté
des socialistes restés fidèles à la SFIO jusqu’en 1939 et que Déat est parvenu ainsi
à réunifier les deux courants que la scission de 1933 avait séparés. Pouvez-vous
citer quelques noms ?
J.-C. V. : Georges Albertini, tout d’abord,
qui a été promu secrétaire général du RNP
en avril 1942. Il était membre de la SFIO
depuis 1932. Ludovic Zoretti, délégué général du RNP en zone Sud et membre de sa
commission permanente, n’avait jamais
quitté la SFIO, bien qu’il ait été sanctionné
par Léon Blum en 1938 pour avoir écrit en
septembre de cette année-là : « Le peuple
français n’a aucune envie de voir une civilisation anéantie et des millions d’êtres
humains sacrifiés pour rendre la vie plus
agréable aux cent mille Juifs de la région
des Sudètes. »
Ancien membre du bureau confédéral de
la CGT, Zoretti avait été le fondateur du
Syndicat de l’enseignement supérieur. Personnage hors du commun : premier au
concours de l’Ecole normale supérieure en
1899, encore premier à l’agrégation de
mathématiques en 1902, il n’avait pas
encore 30 ans lorsqu’il fut chargé de cours
au Collège de France.
Une autre personnalité de gauche joue un
rôle important au sein du RNP : Paul Rives,
député SFIO de l’Allier, ancien directeur
adjoint du Bureau international du travail
(BIT). Dès le mois d’août 1940, il a créé le
premier quotidien collaborationniste de
gauche de la zone Sud, L’Effort, avec l’aide
de Charles Spinasse, ancien ministre de
l’Economie nationale de Léon Blum. Après
avoir suivi Déat à Sigmaringen et connu les
geôles de l’épuration, Paul Rives rejoindra
Maurice Bardèche au Mouvement social
européen (MSE).
R. : A plusieurs reprises, vous écrivez
que Marcel Déat a pris ses désirs pour des
réalités…
J.-C. V. : Il prêtait à Hitler une bienveillance pour la France que le Führer
n’avait pas et ne pouvait avoir, car la France
avait joué un rôle décisif dans le dépeçage
de l’empire allemand au lendemain de 14-
18. Déat le savait, lui qui avait dénoncé sans
relâche l’absurdité du traité de Versailles. La
France, de surcroît, venait d’aggraver son
cas en déclarant imprudemment la guerre à
l’Allemagne et en refusant, quelques
semaines plus tard, les propositions de paix
du Chancelier. Il ne fallait quand même pas
s’attendre à trop de mansuétude ! Mais Déat
voulait croire au miracle, affirmant en janvier 1942 que « pour tout obtenir » des Allemands, il fallait « tout donner et ne rien
demander ».
A sa décharge, il convient de rappeler qu’il
avait en face de lui, à l’ambassade d’Allemagne, des interlocuteurs francophiles qui
l’ont entretenu dans ses illusions. Le
conseiller Ernst Achenbach, jeune Rhénan
aux idées larges, marié à une Américaine,
souhaitait que la politique de Collaboration
soit défendue par des hommes de gauche.
Otto Abetz voyait en Déat « l’un des plus
remarquables pionniers intellectuels de la
collaboration avec l’Allemagne », alors
qu’il se méfiait de Doriot.
R. : Tous les collaborationnistes de
gauche n’ont pas suivi Marcel Déat, mais,
à vous lire, on a le sentiment que certains
ont cherché à se dédouaner après la
guerre. Qu’en est-il exactement ?
J.-C. V. : Déat, en effet, n’a pas fait l’unanimité. Je citais toute à l’heure Charles Spinasse, qui n’a jamais adhéré au RNP, dont il
désapprouvait la trop grande soumission aux
Allemands. Claude Jamet, l’auteur de Fifi
roi (1947), s’en est également tenu à l’écart.
Ce militant socialiste, qui avait adhéré à la
SFIO en 1936 après avoir sympathisé avec
le parti communiste, est venu à la Collaboration par pacifisme, comme beaucoup
d’autres. Il n’aimait pas Déat, mais, dans ses
Carnets de déroute publiés en 1942, il invitait ses lecteurs à « accepter la victoire allemande, avec toutes ses conséquences », en
attendant une « humanisation de l’hitlérisme ». Estimant « inévitable que l’Europe
s’hitlérise d’abord, jusqu’à un certain
point », il ajoutait : « Dans le nationalsocialisme, après tout, il y a du socialisme ;
il y a, peut-être, le Socialisme. »
D’autres ont quitté le RNP
après y avoir adhéré,
comme René Chateau,
ancien dirigeant du Grand
Orient de France et de la
Ligue des droits de l’homme. Elu député en
1936, dans la vague du Front populaire, il
avait voté les pleins pouvoirs au maréchal
Pétain, le 10 juillet 1940, avant de prendre,
en novembre 1941, la direction de La
France socialiste, quotidien collaborationniste de gauche publié à Paris. Exclu du
RNP en février 1943, pour en avoir critiqué
la dérive totalitaire, il n’en a pas moins
obtenu l’aval d’Otto Abetz pour créer la
Ligue de la pensée française, au sein de
laquelle il s’est efforcé de regrouper les collaborationnistes de gauche qui ne voulaient
plus suivre Marcel Déat dans ce qu’ils considéraient comme une fuite en avant.
R. : Vous consacrez un chapitre entier au
socialiste belge Henri De Man. Pour
quelles raisons avez-vous débordé du
cadre français ?
J.-C. V. : Tout simplement parce que
De Man était une grande figure de la socialdémocratie européenne, dont les idées
avaient exercé en France une influence
considérable : théoricien du planisme,
ancien ministre, président depuis mai 1939
du Parti ouvrier belge (POB), équivalent de
la SFIO, il s’est rallié à la Collaboration dès
le 28 juin 1940. Déat, qui le connaissait bien,
l’a retrouvé à l’ambassade d’Allemagne à
Paris, le 20 août. Otto Abetz avait organisé
la rencontre, de même qu’il allait organiser
un dîner, le 11 septembre, toujours à Paris,
entre De Man et Léon Degrelle, qui acceptèrent, à sa demande, l’idée de constituer
ensemble un gouvernement.
UN SUJET TABOU :
L’ANTISÉMITISME DE GAUCHE
Ce projet n’a pas abouti, parce que Hitler,
qui était prêt à en discuter et devait les rencontrer le 26 octobre, près de Namur, deux
jours après Montoire, a dû se rendre d’urgence en Italie pour tenter, sans succès,
d’empêcher Mussolini d’attaquer la Grèce.
Il est probable que certains dirigeants nationaux-socialistes ont profité de ce contretemps pour convaincre le Chancelier qu’il
était pour le moins imprudent, tant que la
guerre se poursuivait avec l’Angleterre, de
faire des concessions à la Belgique, dont
l’importance stratégique était capitale. Dans
ses mémoires, De Man, qui entre-temps
avait pris ses distances à l’égard des Allemands, se garde bien d’évoquer cette affaire,
sur laquelle nous avons le témoignage de
Léon Degrelle et quelques documents d’archives.
R. : Un dernier mot sur l’antisémitisme
de gauche auquel vous consacrez plusieurs pages et qui, selon vous, aurait
contribué au ralliement de certains socialistes à la Collaboration.
J.-C. V. : L’antisémitisme de gauche est un
sujet tabou. La légende, là encore, veut que
l’hostilité à l’égard des Juifs ait été une
exclusivité de la droite nationaliste et catholique. Or, ce n’est pas vrai. Georges Vacher
de Lapouge, considéré à tort ou à raison
comme un précurseur du racisme hitlérien,
s’est présenté en 1890 aux élections municipales de Montpellier comme candidat
« socialiste révolutionnaire ». Jaurès luimême déclarait en juin 1898 : « Nous savons
bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte
de fièvre, la fièvre du gain, quand ce n’est
pas la fièvre du prophétisme, nous savons
bien qu’elle manie avec une particulière
habileté le mécanisme capitaliste de rapine,
de mensonge, de corruption et d’extorsion. »
Les antisémites de gauche allaient beaucoup plus loin que les antisémites de droite,
No comments:
Post a Comment
اكتب تعليق حول الموضوع