car ils étaient athées, dénonçaient le “judéochristianisme”, considéraient les Juifs
comme une race (qu’ils jugeaient biologiquement différente, voire inférieure à ce
qu’ils appelaient eux-mêmes la « race
aryenne »), et reprochaient aux antisémites
catholiques de laisser aux Juifs une porte de
sortie par la conversion. Occulté par l’affaire
Dreyfus, l’antisémitisme de gauche a resurgi
à la fin des années 1930, lorsque bon nombre
de socialistes ancrés dans leurs convictions
pacifistes ont eu le sentiment que les Juifs
poussaient à la guerre.
Propos recueillis par
Jérôme BOURBON.
Entretien avec Jean-Claude Valla : “Les socialistes,
éléments moteurs de la Collaboration”
CHARLES TILLON PLUS FORT
QUE LAENNEC ET CADOUDAL
A Rennes, le Lycée technique Laennec ayant été rénové, le Rectorat a décidé de le
rebaptiser Lycée Charles Tillon. Heureusement qu’on a un gouvernement de droite,
sinon c’eût été carrément le Lycée Lénine ou Staline !
Le prétexte de ce changement ? Charles Tillon a été élève de cet établissement avantguerre. Mais la vraie raison, c’est que la FSU (syndicat proche, très proche, du Parti
communiste) règne plus que jamais sur l’Académie de Rennes, et peut imposer sa loi au
Rectorat.
Celui-ci, quand le Conseil d’Administration d’un collège public du Morbihan proposa,
vers 1990, de prendre le nom de Georges Cadoudal, refusa sèchement, au motif que ce
grand homme posait des bombes. On voit qu’il y a bombes et bombes, et que celles
des FTP de Charles Tillon sont recommandées. Comme fait dire Michel Mohrt à un
personnage de Mon Royaume pour un cheval, « vous verrez qu’il n’y aura que les chouans
et les miliciens (de 1943-1944) à avoir commis des crimes » (cité par Bergeron et Randa
dans leur Dictionnaire, éd. Dualpha).
LE 7 novembre, au soir
des élections américaines de mi-mandat, la
caste intello-médiatique occidentale saluait le retour des
sauveurs Démocrates. Le lendemain, on apprenait que le
président de la Chambre des
représentants, troisième personnage de l’Etat, serait, pour
la première fois dans l’Histoire
des Etats-Unis, une femme :
Nancy Pelosi. De surcroît issue
d’une minorité, opposée à la
guerre d’Irak et d’extrêmegauche. Puis Donald Rumsfeld
annonçait son départ. Son remplaçant, Robert Gates, partisan
d’un retrait rapide d’Irak, était
aussitôt adoubé par le Comité
ad hoc du Sénat, derrière son
futur chef de file Démocrate,
Carl Levin. Sur quoi l’Iraki
Study Group, machin bipartisan auquel participait Gates et
présidé conjointement par l’ancien secrétaire d’Etat Jim
Baker et le Démocrate Lee
Hamilton — vieux cheval de
retour du sérail —, présentait
un rapport semblant prendre à
contre-pied la politique moyenorientale de Georges Bush. N’y avait-il
donc pas ample matière à justifier l’euphorie générale ?
LA CHORALE ISRAÉLIENNE
ET SES CHEFS
Certes. Sauf que Nancy Pelosi, John Murtha, Dennis Kucinich et les quelques Démocrates favorables au retrait immédiat des
troupes US sont fort esseulés. 64 % des candidats Démocrates aux dernières élections
s’y étaient déclarés opposés, à l’instar de
Sylvestre Reyes, prochain président du
Comité Parlementaire sur le Renseignement
et qui, subordonnant ce retrait à la dissolution des milices, réclame l’envoi de 30 000
GI’s en plus. D’ailleurs, l’Italienne Pelosi est
loin de faire l’unanimité à la Chambre.
Depuis 1987, date de sa première élection,
son combat au service de la mondialisation
a suscité peu d’adhésion. En revanche, son
implication dans un maelström de corruption
et de népotisme lié au scandale immobilier
des chantiers navals Hunter Point de San
Francisco n’a pas fini de faire des vagues.
Enfin son activisme en faveur d’Israël —
« Les USA et Israël sont liés de manière
indéfectible, à la paix à la guerre, pour le
meilleur et pour le pire » dérange depuis que
les universitaires Mearsheimer et Wald ont
exposé les manigances de l’AIPAC (RIV. du
7 avril 2006).
J’expose dans la livraison d’Ecrits de Paris
à paraître en janvier le pouvoir qu’à la tête
du Comité du Congrès pour la Campagne
Démocrate détient l’élu de l’Illinois Rham
Emanuel. Répartissant les aides aux candidats, c’est lui qui impose ses choix. Or cet
ancien conseiller de Clinton, fils d’un compagnon de Menahem Begin dans l’organisation terroriste Irgoun, est d’abord un militant sioniste, que le regretté Sherman Skolnick, journaliste franc-tireur, tenait pour le
directeur adjoint du Mossad en Amérique du
Nord. Devenu le chef de file des néo-conservateurs Démocrates, il fait siens dans un
livre récent, « The Plan : big Ideas for America », tous les thèmes chers aux neo-cons
“bushiens” : « l’Amérique doit conduire le
monde dans son combat contre le terrorisme… consolider nos forces spéciales…
accroître de 100 000 unités nos effectifs
militaires… pour protéger nos libertés
civiles, créer une nouvelle force anti-terroriste etc. ».
Un discours bien reçu dans le camp Démocrate. Dans son dernier éditorial de RIVAROL justement consacré à ce « catalogues
de bonnes intentions » qu’est le Rapport
Baker-Hamilton, Camille Galic évoquait
justement les retombées du voyage que
Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères israélienne, vient de faire à Washington. Elle en profita pour présider une discrète conférence au Saban Center for Middle
East Policy du Brooking’s Institute. De
celui-ci, Mearsheimer et Wald observent :
8 N° 2791 — 22 DÉCEMB
« Aujourd’hui (sa) réorientation
est financée par Haïm Saban, un
ardent sioniste. Ce qui autrefois
était une fondation indépendante appartient maintenant à
la chorale israélienne ».
VERS LA “DESTRUCTION CRÉATIVE”
Haïm Saban, c’est l’homme
qui monte et qui compte. Les
13 millions de $ qu’il a versés
au Saban Center ne sont
qu’une partie de ce qu’il aura
distribué au Parti
Démocrate — 7 millions de $
rien que sous Clinton — et en
Israël. Cet ami personnel de
l’ancien Président — qui s’est
offert il y a quelques mois le
premier empire médiatique
d’Europe, celui de l’Allemand
Léo Kirch — se présente
comme « un Démocrate qui
veut renforcer le Patriot Act ».
« Sur les questions de sécurité
et de terrorisme je suis, dit-il,
un super-faucon ». Proche
d’Ariel Sharon, il n’avoue
« qu’une seule obsession :
Israël ».
De la réception de Tzipi Livni, Yedioth
Internet précise que l’ordre du jour embrassait « une pléthore de sujets sur la situation
au Liban, la menace du Hezbollah, le
contrôle de l’autorité palestinienne par le
Hamas, les tirs continuels de fusées Qassam,
la menace iranienne, le défi représenté par
l’alliance Iran/Syrie/Hezbollah, etc. ». Aussi
ce que dit des participants l’Agence Télégraphique Juive ne manque pas d’intérêt. Parmi
« de nombreux représentants de l’administration Bush et de législateurs israéliens » figuraient David Welsh, l’envoyé spécial de Bush
dans la région, Shimon Peres, vice-Premier
Ministre, les époux Clinton, Amos Yadlin,
directeur du Renseignement militaire israélien et Avigdor Lieberman, ministre du Planning stratégique. Celui-ci, ami intime de
Saban — « Quand il y a une attaque terroriste, aime à dire ce dernier, je deviens Lieberman. Parfois je suis plus à droite que
lui » —, serait selon le pacifiste Uri Avnery,
membre de la Knesseth, un partisan farouche
du “transfert” des Arabes israéliens et il aurait
menacé de détruire l’Egypte en faisant sauter
le barrage d’Assouan !
Que vient faire dans un tel agencement un
Robert Gates, salué par toute une extrêmegauche internationale qu’exaspérait Rumsfeld ? A l’ombre de William Casey, il a
grandi dans une CIA orthodoxe dont il fut
par deux fois le directeur, sous Reagan puis
George T. Bush. Pendant quinze ans, il
aura été, avec le Mossad, de tous les coups
fourrés dénoncés par cette même extrême
gauche : otages de Téhéran, libération
magouillée de ces otages lors de la présidentielle Carter/Reagan, guerre Iran-Irak,
Irangate, IrtanContraGate (échanges
armes/drogue), enfin la création en Afghanistan de ce qui allait devenir la fantomatique Al Qaïda. En juin 1991, Carl Levin
s’était opposé à sa nomination à la tête de
la CIA. Evoluant, comme James Baker, au
sein d’une cabale qui avait d’autres soucis
que le nationalisme juif, il était détesté des
Israéliens et en particulier d’Itzhak Shamir. Ainsi que des néo-conservateurs en
pleine ascension. En sorte que sa
remarque, sitôt arrivé, sur « Israël, seul
Etat du Moyen Orient à posséder l’arme
nucléaire » ne pouvait qu’ajouter aux
colères glacées suscitées par nombre des
conclusions du rapport Baker, dont Ledeen
s’indigne que « l’approche s’apparente à
un activisme de l’apaisement ». Tandis que
Michaël Rubin menace : « Les calculs
froids et réalistes de Baker pourraient
livrer l’Irak à l’Iran. »
Pourtant personne ne croit en ce plan que
rejettent Israéliens et Irakiens. Le retrait
des forces combattantes US satisfera
L e s j eux t r è s dang e
L’Iran cité en exemple par une agence de l’O
rant et a dû fort déplaire à George Bush. En
politique de prévention et de répression de la
des Nations Unies sur les Drogues et la Crimin
la République des mollahs.
Infesté d’héroïne venue d’Afghanistan et ven
quants, peut-être dans un but de déstabilisation
ciers et militaires tués et 15 000 autres grav
contre le narco-trafic afghan, a en effet fait e
cours des dix dernières années. Mais il ne s’est
de l’UNODC, Roberto Arbitrio, constate ain
l’épine dorsale d’une politique de réinsertion, qui s’ar
de soins ». M. Arbitrio, qui a organisé une vi
niennes, rapporte aussi que ces magistrats « o
prévention anti-sida en Iran ; pour beaucoup de ces
avancée qu’en certains pays d’Europe en milieu carcéra
CONTESTATION M
L’OCCUPATIO
Pour la première fois depuis l’invasion de l’Ir
taires d’active, de la réserve et de la Garde nati
ton le 13 décembre contre l’occupation de ce p
fistes, nous ne sommes par contre la guerre mais nous
de marine Jonathan Hutto.
Le Pentagone redoute que les contestataires d
certes tous ceux qu’angoisse l’hécatombe
de GI’s planant sur les échéances présidentielles de 2008. Mais de retrait total, il
n’est nullement question, et imagine-t-on
vraiment que l’armée irakienne puisse
désarmer les milices en quelques mois ?
Dès lors, le Plan Baker/Hamilton serait
strictement à usage interne ainsi qu’il est
du reste exposé en préambule : « Le succès
dépend de l’unité du peuple américain en
ce temps de polarisation politique… La
politique étrangère est condamnée à
l’échec si elle n’est pas soutenue par un
consensus aussi large que solide. ». D’où
l’insistance sur le caractère “bi-partisan”
de la mission. Républicains et Démocrates
ouvrent leur parachute : en cas d’échec le
bon peuple n’aura qu’à s’en prendre à luimême. Ou bien un leurre pour détourner
des vrais enjeux ?
Prêtons l’oreille à ce qui se dit et se passe
derrière l’écume du bobard médiatique.
Lors de l’invasion du Liban, Condoleeza
Rice, accolée à Olmert, proclame : « En un
sens, nous voyons là (dans l’opération libanaise) le développement — « dans les douleurs de l’enfantement » — d’un Nouveau
Moyen Orient. Et nous ne
reviendrons pas vers l’ancien. » Marc LeVine,
Pr. d’Histoire du Moyen
Orient à l’Université de Californie, Juif et radical antisioniste, pose un regard
lucide sur ces faits : « Les
globalistes néo-libéraux
(Démocrates) et néo-conservateurs (Républicains), vient-il d’écrire, s’empareront de
la « destruction créative » — référence
évidente à la « terrifiante force révolutionnaire de la destruction créative » de
Michaël Ledeen — « comme une manière
de décrire le processus par lequel ils
entendent imposer leurs nouveaux ordres
mondiaux ».
Au-delà du Plan Baker/Hamilton et des
remue-ménage de Congrès, cette « destruction créative » est en fait ce que Joshua
Muravchnik, ancien président de la Ligue
des Jeunes Socialistes dans les années
1970 et jusqu’au-boutiste-“néo-con”
pathologique de l’American Enterprise
Institute, exprime avec la brutalité de son
camp : « Se préparer à bombarder les installations nucléaires iraniennes devrait
être une priorité absolue dans les deux
années à venir… Ce que doit faire le président Bush avant de s’en aller… Préparons-nous intellectuellement maintenant
afin d’être prêts à passer à l’action le
moment venu. »
Peut-être en effet que tout le reste n’est
que de l’écume…
Jim REEVES.
Le “Nouveau Moyen-Orient” :
Un train fou lancé sur ses rails
(Dessin de CHARD.)
Noël 2006
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1 rue d’Hauteville, 75010 Paris
Héroïne et sida :
cité en exemp
9
servi dans les troupes commandos d’Extrême-Orient et en Corée, déclare devant le
National Security Council que cette « politique de la défaite » entrait dans les plans
de la guerre froide. C’est après 1956 que le
colonel Corso, assigné au Comité de coordination des opérations du conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche,
découvre cette politique de la “non-victoire” opérée au profit de la guerre froide
et de l’expansion du communisme.
En revanche, la lutte pour le monopole de
l’opium s’intensifie. Dans ce trafic, nous
trouvons des militaires appartenant au haut
commandement de l’armée vietnamienne,
comme le général Dang Van Quang,
conseiller militaire du président Nguyen
Van Thieu pour la sécurité… Quang organise un réseau de stupéfiants par l’intermédiaire des Forces spéciales vietnamiennes
opérant au Laos, un autre fief de la CIA.
Le général Vang Pao, chef de tribu des
Meo, reçoit l’opium à l’état brut cultivé
dans toute la partie nord du Laos et le fait
acheminer à Thien Tung à bord d’hélicoptères appartenant à une compagnie de la
CIA, Air America. Thien Tung est un
énorme complexe construit par les EtatsUnis. Il porte le surnom de « Paradis des
espions ». C’est ici que l’opium du général
Pao est raffiné pour devenir de l’héroïne
blanche. La CIA intervient à ce stade de la
fabrication pour sa distribution. Et Vang
Pao dispose à cet effet d’une ligne aérienne
personnelle. Dans le milieu, elle est appelée « Air Opium ».
DE L’HEROÏNE DANS
LE CERCUEIL DES GIS !
Les points essentiels du trafic sont établis
à proximité des bases aériennes américaines comme celle de Tan Son Nhut. Une
partie de la drogue est d’ailleurs destinée à
la consommation des militaires américains.
Chapeauté par les réseaux de Quang, la
plus grande part de la production est expédiée à Marseille d’où elle part à Cuba, via
la Floride. Là-bas, le gang des Santos Trafficante contrôle le marché. Ce détour est
essentiel ; il faut récupérer les paquets
d’héroïne dissimulés à l’intérieur des corps
des soldats américains morts que l’on rapatrie. De plus, leur sort indiffère les représentants politiques. Le secrétaire d’Etat
Henri Kissinger déclarera aux journalistes
Woodward et Berristein du Washington
Post que « les militaires sont stupides, ils
sont des animaux bornés dont on se sert
comme des pions pour les intérêts de la
politique extérieure ». Les bénéfices seront
investis en Australie, à la Nugan Hand
Bank.
Le cas du Cambodge est semblable à
celui de ses voisins. Après son invasion par
les Etats-Unis en mai 1970, un autre réseau
voit le jour. Des régions entières sont destinées à la culture de l’opium. La contrebande est contrôlée par la marine vietnamienne. Elle dispose de bases à Phnom
Penh et le long du Mékong. Une semaine
avant le début des hostilités, une flotte de
140 navires de guerre de la Marine vietnamienne et américaine commandée par le
capitaine Nyugen Thaanh Chau pénètre au
Cambodge. Après le retrait des troupes
américaines, le général Quang, considéré
dans son pays comme un grand trafiquant
d’opium, séjourne quelque temps sur la
BRE 2006 — RIVAROL
base militaire de Fort Chaffee dans l’Arkansas, et s’installe à Montréal ! Concernant la Birmanie, elle produit en 1961
quelque 1 000 tonnes d’opium, que
contrôle Khun Sa, un autre valet de la CIA.
Le gouvernement américain est son unique
acquéreur.
L’ERADICATION
DE LA CONCURRENCE
Devons-nous croire aux principes d’une
« politique anti-drogue » ? En 1991, le
Pr Alfred Mc Coy dénonce à la radio un
rapport institutionnel volontairement trop
proche entre le Drug Enforcement Administration (DEA) et la CIA. Avant la création de ce premier organisme, dans les
années 1930, est fondé le Federal Bureau
of Narcotics (FBN) qui a pour fonction
gouvernementale et secrète la vente des
narcotiques. Le FBN emploie des agents
dans le cadre d’opérations clandestines. Ils
seront transférés après 1945 dans le nouvel Office of Strategic Services (OSS), précurseur de la CIA. Ces
imbrications rendent impuissant le DEA contre les
magouilles de la CIA. Car la
drogue qui entre aux EtatsUnis est sous le monopole de
la CIA qui en détient tous les
circuits de distribution
depuis le sud-est asiatique et
la Turquie. Quand, en 1973,
le président Richard Nixon
lance « la guerre à la
drogue », il provoque la fermeture du réseau de la
contrebande turque qui passait par Marseille. Le résultat en est une augmentation
directe de la demande d’héroïne provenant
du Triangle d’Or et particulièrement de
Birmanie.
●
Aujourd’hui, nous avons suffisamment de
recul pour nous interroger lucidement et
remettre en doute le rôle officiel de la CIA
et la politique des Etats-Unis dans le
monde. Nous observons que le commerce
de l’opium et autres drogues, par des cartels dont les populations blanches et européennes sont la cible, s’opère depuis toujours entre la CIA et des partenaires présentés au grand public comme des ennemis
à abattre : le communisme et l’islam.
Cet état de fait est d’autant plus grave
qu’il intervient après les événements du
11 septembre 2001, le conflit du
Kossovo — dont l’emblème national sous
Tito était un pavot ! — et l’invasion de
l’Irak par l’armée américaine. La CIA et la
drogue apparaîtraient donc comme les
piliers cachés mais bien réels d’une stratégie mondialiste ayant pour but l’asservissement des peuples. Enfin, les arguments
étudiés prouvent, d’une part, que le pouvoir n’est pas l’affaire du peuple (particulièrement en démocratie), et d’autre part,
que notre actualité et notre avenir ne sont
pas le fruit du hasard, mais le résultat de
plans mis en œuvre secrètement par des
groupes d’influence extrêmement dangereux.
Laurent BLANCY,
<Laurent-Blancy@neuf.fr>.
r eux d e Wa shing t on
Samuel Russell, William Hintington, fonde
le premier cercle américain des Skull and
Bones qui rassemble des financiers et des
politiques du plus haut rang comme Mord
Whitney, Taft, Jay, Bundy, Harriman,
Bush, Weherhauser, Pinchot, Rockefeller,
Goodyear, Sloane, Simpson, Phelps, Pillsbury, Perkins, Kellogg, Vanderbilt, Bush,
Lovett. D’autres familles influentes
comme les Coolidge, Sturgi, Forbes, Tibie
rejoindront cette nébuleuse fermée. Ces
noms démontrent qu’au fil des générations
la démocratie reste l’affaire de cercles
pseudo-élitistes. Le pouvoir ne se partage
pas ! A noter aussi que tous ces membres
du Skull and Bones ont toujours entretenu
des liens très étroits avec les services
secrets américains… L’ancien président
des Etats-Unis George
Bush Sr., ancien étudiant
à Yale, a par exemple été
directeur de la Central
Intelligence Agency
(CIA) en 1975-76. Ajoutons que pour cet établissement, tout a commencé quand quatre
diplomates y ont formé le Culper Ring, qui
est le nom d’une des premières missions
des services secrets américains montée par
George Washington dans le but de
recueillir des informations sur les Britanniques pendant la Guerre d’Indépendance.
En 1903, la Divinity School de Yale
monte plusieurs écoles et hôpitaux sur tout
le territoire chinois. Le très jeune Mao Tse
Toung collaborera plus tard à ce projet. La
diplomatie actuelle de ces deux pays en
est-elle une des conséquences ? Quoi qu’il
en soit, le commerce de l’opium se développe. Son sous-produit, l’héroïne, est un
nom commercial de l’entreprise pharmaceutique Bayer qu’elle lance en 1898.
L’héroïne reste légalement disponible jusqu’à ce que la Société des Nations l’interdise. Paradoxalement, après sa prohibition,
sa consommation augmente de manière
exponentielle : on crée un besoin et une
population dépendante ; des textes définissent ensuite les contours d’une nouvelle
législation, fixent de nouvelles interdictions, afin d’accroître la rentabilité d’un
produit ou le cas échéant d’une drogue.
L’IMPLICATION DES HAUTS
COMMANDEMENTS MILITAIRES
Imitant leurs homologues états-uniens,
les services secrets français développent en
Indochine la culture de l’opium. Maurice
Belleux, l’ancien chef du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), confirme le fait lors d’un
entretien avec le Pr Alfred Mc Coy : « Les
renseignements militaires français ont
financé toutes les opérations clandestines
grâce au contrôle du commerce de la
drogue en Indochine. » Ce commerce sert
à soutenir la guerre coloniale française de
1946 à 1954. Belleux en révèle le fonctionnement. Nos paras sont contraints de
prendre l’opium brut et de le transporter à
Saïgon à bord d’avions militaires, où la
mafia sino-vietnamienne le réceptionne
pour sa distribution. Nous constatons une
fois encore que la République n’a aucune
honte à souiller la Nation. De leur côté, les
organisations criminelles corses, sous couvert du gouvernement français, réceptionnent la drogue à Marseille pour la transformer en héroïne avant sa distribution aux
Etats-Unis. C’est la « French Connection ». Les profits sont placés sur des
comptes de la Banque centrale. M. Belleux
explique que la CIA a récupéré ce marché
pour en continuer l’exploitation en s’appuyant au Vietnam sur l’aide des tribus
montagnardes.
Cet élément doit être conjugué à l’évidente supériorité de l’armée américaine
pendant la guerre du Vietnam. Une seule
année aurait suffi pour que les Etats-Unis
remportassent ce conflit. Mais cette
logique n’est pas celle des Affaires étrangères et des cercles d’influence mondialistes. En 1996, le colonel Philip Corso,
ancien chef de l’Intelligence Service ayant
ONU, voilà qui n’est pas coun l’occurrence, c’est pour sa
la toxicimanie que, « Bureau
nalité » (UNODC) a louangé
endue à bas prix par les trafion, l’Iran, qui a eu 3 600 polivement blessés dans la lutte
exécuter 10 000 de ces marchands de mort au
t pas borné là. Le responsable au Moyen-Orient
nsi « prévention et distribution de méthadone forment
articule autour d’une centaine d’institutions d’accueil et
isite de juges européens dans les prisons iraont été étonnés de la modernité et de l’efficacité de la
visiteurs, cette politique de prévention était bien plus
ral ».
MILITAIRE CONTRE
ON DE L’IRAK
Irak en mars 2003, plus d’une centaine de militionale, ont publiquement manifesté à Washingpays. « Je veux être clair : nous ne sommes pas pacius sommes contre cette guerre », a expliqué l’officier
du 13 décembre ne fassent école.
SI LES acteurs du trafic de l’opium
semblent avoir changé, la CIA n’en a
pas moins accru son emprise… et,
depuis la fin de la guerre froide, sa connivence avec l’intégrisme musulman pour
lequel le contrôle de l’opium est vital. Le
même 15 septembre 2006, RIVAROL et
l’hebdomadaire nationaliste autrichien Zur
Zeit révélaient que le territoire afghan où
est cultivé le pavot a augmenté de 59 %
depuis la “libération” de ce pays, rassemblant une superficie de 165 000 hectares.
En termes de production annuelle, cela
représente 6 100 tonnes, soit 92 % de la
production mondiale ! L’ONU rapporte
que dans la province de Helmand, la culture de l’opium a augmenté de 162 % sur
une superficie de 70 000 hectares. Ces statistiques sont d’autant plus alarmantes que
ce sont seulement 6 des 34 provinces
afghanes qui en sont productrices. Les
Nations-Unies ont bien entendu proposé
une aide au développement économique
pour les régions non encore touchées par
cette culture. Ce à quoi le président afghan
Hamid Karsai a répondu de manière très
explicite et franche que l’on devait d’abord
réviser les succès du « camp antidrogue »…
LES SKULLS AND BONES
ET LES SERVICES SECRETS
L’implication des Etats-Unis dans la production et la consommation de la drogue
n’est pas récente. Pour en comprendre les
raisons, il faut remonter plus de 150 ans en
arrière, car elle fait partie intégrante de
l’histoire des Etats-Unis et de celle des
sectes supra-maçonniques. Des noms très
célèbres apparaissent sur le devant de cette
scène très macabre. Ce sont pour la plupart
des membres de la société initiatique des
Skull and Bones (Les Crânes et les Os) de
l’Université Yale qui se partagent le monopole de la commercialisation de l’opium.
L’instigatrice de cet ordre est la famille
Russell, érigée en trust. Les Russell en
constituent encore l’identité légale.
De quoi s’agit-il ? En 1823, Samuel Russel fonde la compagnie de navigation Russell and Company qui lui permet de se
ravitailler en Turquie en opium et d’en
faire la contrebande avec la Chine. En
1830, avec la famille Perkins, il crée un
cartel de l’opium à Boston pour sa distribution avec l’Etat voisin du Connecticut.
A Canton, leur associé s’appelle Warren
Delano Jr., le grand-père de Franklin
Delano Roosevelt. En 1832, le cousin de
La CIA et l’empire de la drogue
PAS ASSEZ VACHES, LES COCHONS
Si, jugeant la soupe au lard discriminatoire, des organisations
juives se sont jointes au tollé contre l’association SdF coupable
de servir des charcutailles à nos sans-abri, les Israéliens n’ont pas,
avec l’accord de l’ancien Grand rabbin d’Israël Mordehaï Eliahou, hésité à utiliser des cochons pour protéger les colonies juives
en Cisjordanie contre des attaques palestiniennes. Ils vont cependant renoncer à cette
garde prétorienne à pattes car, selon Yékoutiel Ben Yaacov, chef de la Légion juive, « les
cochons ont du flair et peuvent repérer des terroristes palestiniens tentant de s’infiltrer chez nous mais
ils ne sont pas assez agressifs », et toutes les tentatives visant à en faire des pitbulls ont
échoué. C’est justement sur des “pits” et des “staff” (Staffordhire terriers) que les colons
vont se rabattre.
le modèle iranien
ple par l’ONU !
L’HONNEUR
D’UN CAPITAINE
Le capitaine Augusto Pinochet Molina,
petit-fils du défunt général, aurait-il formulé une repentance sur l’action de son
grand-père qu’il serait sans doute passé
commandant. Mais, ayant défendu le
12 décembre le bilan de son aïeul qu’il a
loué d’avoir « renversé un
régime marxiste en pleine guerre
froide », le jeune officier a
été exclu de l’armée dès le
lendemain, à la demande de
Michelle Bachelet, présidente de la République et
idole de Ségolène Royal.
Fille d’un politicien opposant au “Golpe”,
Mme Bachelet a également
exigé et obtenu la démission du général
Ricardo Hargreaves qui avait lui aussi
fait l’éloge de l’ancien chef d’Etat car,
avait-il dit, « nous lui devons beaucoup de
choses, non seulement en tant qu’armée mais
comme pays ». En revanche, le petit-fils du général
Pratts (éliminé, dit-on, sur l’ordre de
Pinochet) est considéré comme un
héros : il avait fait la queue huit heures
durant (peuve qu’il y avait du monde…)
pour, parvenu devant le cercueil du
défunt président, cracher dessus.
ARNAQUE POUR
ANKARA
Pour Jean-Marie Le Pen, l’accord entre
les ministres des Affaires étrangères de
l’Union européenne sur la Turquie est
« un exemple typique de l’intoxication de l’opinion publique » à laquelle on fait croire
que cet accord est une sanction qui ralentit les négociations avec la Turquie, en
gelant huit chapitres du Protocole d’Ankara. Or, estime
le président du Front national, « c’est tout le contraire » : « Jusqu’ici, Chypre opposait son
veto à l’ouverture de tout chapitre de négociation. Puisque
l’Union européenne prend des “sanctions”,
Chypre ne pourra plus opposer son veto. Donc
les négociations, qui étaient au point mort, vont
pouvoir s’ouvrir. En gelant les négociations sur
8 chapitres, l’accord européen permet en réalité
de les ouvrir sur 26 chapitres. » Conclusion
de Le Pen : « Ce n’est ni une sanction ni un
gel, c’est un coup d’accélérateur. Et une trahison de plus des peuples d’Europe. »
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 10
le cheminement intellectuel d’un jeune
homme d’abord troublé par les deux
conflits du XXe siècle qui avaient emporté
son père et son grand-père, puis dubitatif
devant la version officielle de la Seconde
Guerre mondiale. Et qui se heurte rapidement à des obstructions de toutes sortes
dans ses recherches, à des menaces de
sanctions professionnelles s’il persiste, et
à la fin se voit traîné en justice.
J’avais donc préparé pour la Conférence
de Téhéran une contribution intitulée
« Notre mission : démonter la calomnie
pour bâtir un monde honnête ». Je me
plaçais là dans une position post-faurissonnienne, en considérant comme le
socle de notre réflexion présente les travaux de Robert Faurisson complétés par
les rapports de Fred Leuchter et de Germar Rudolf. Les conclusions de Robert
Faurisson n’ont pu être réfutées ; les rapports Leuchter et Rudolf n’ont fait non
plus l’objet d’aucun contre-rapport. J’ai
donc examiné dans ma contribution le
cheminement de la croyance imposée et
les conséquences gravissimes
associées — occupation du territoire
palestinien, attaque de l’Irak.
Nous étions plus de soixante intervenants (d’une trentaine de pays) dont trois
Français. La contribution de Robert Faurisson fut brillantissime par son exposé
des vingt points qui démonte la construction des tenants de la version officielle.
Son échange public de vues avec un
tenant iranien de la thèse officielle, le
Dr Golamreza Vatandost de l’Université
de Chiraz, tourna à la confusion de ce
dernier qui s’en tenait à la notoriété
publique de l’“holocauste” ; prié par
Robert Faurisson, à cinq reprises, de
fournir un seul document incontestable à
titre de preuve, l’universitaire capitula.
Au soir de la seconde journée de ces
rencontres, les sessions et ateliers étant
terminés, nous étions là, dans notre Guest
House, le professeur Faurisson et moi,
silencieux, dégustant un thé. Je remarquai un ouvrage, “sa” Clé des Chimères,
posé entre nous sur la table basse. Il
remarqua que j’avais repéré le livre.
Rompant le silence, il me dit alors :
« Voulez-vous que je vous dise des vers
de Gérard de Nerval ? » Cette proposition de sa part ne me surprit qu’à moitié,
je connaissais les facettes de cet homme
étonnant. Venant après la tension de la
conférence, la musique nervalienne me
conquit. Et les vers d’El Desdichado
maintenant me troublaient : n’avais-je
pas devant moi celui qui par deux fois
vainqueur avait traversé l’Achéron ?
Georges THEIL.
Que n’avait-on pas entendu sur la préparation de cette conférence, annoncée
depuis quelques mois ! Un ramassis de
négateurs, animés des plus viles intentions, sponsorisé par un président iranien
acharné à la destruction d’Israël, allait se
réunir à Téhéran pour y éructer d’odieux
propos. Il n’en fut rien, je puis vous le
dire, car j’en ai été le témoin direct. J’y
avais été convié par l’IPIS (le Sciences-Po
iranien), institut bien informé notamment
des énormes peines à moi infligées (un an
de prison et plus de 100 000 euros
d’amendes et de dommages), pour la diffusion d’une bluette autobiographique
intitulée Un cas d’insoumission, qui relate
C’est une étude trés révélatrice que leur
consacre dans son n° 28 (automne 2006)
la revue Histoire et Liberté (ex-Cahiers
d’Histoire sociale). Devant le choc des réalités, c’est le commencement de la fin pour
les intellos du Parti. Mais pas tous.
Comme le dit très franchement Arthur
Kriegel, veuf d’Annie Kriegel, pour elle et
lui « la Hongrie n’a pas constitué un motif de rupture ». Mais leur foi en fut atteinte. Egalement au sommaire : Raymond Aron et
Budapest — Les crises dans les pays de
l’Est — La Hongrie et le Politburo vus par
les archives soviétiques — Amiens 1906.
Le parti socialiste et la CGT par Claude
Harmel… (Histoire et Liberté, 114 pages.
13 €. Abonnement 4 livraisons : 40 €)
Bibliothèque d’Histoire Sociale des Hautsde-Seine, 4 avenue Benoît Frachon, 92023.
Nanterre cedex. Tél. 01-46-14-09-29.
● Pour obtenir le transfert à la Chapelle
expiatoire de la plaque commémorant le
massacre des Gardes suisses aux Tuileries le 10 août 1792, se procurer et signer
Quoi de neuf ?
Témoignage la conférence de Téhéran telle qu’elle fut
la Pétition Gardes suisses, Cedex 62, F21250 Corberon ou <vallet.baux@wanadoo.fr>.
● Installées en Amérique du Sud, les
Editions de La Reconquête (qui ont
publié entre autres « La Grande Piste »,
de Dominique Erulin) n’en sont pas
moins très actives. Elles viennent ainsi de
publier onze nouveaux titres, dont six
rééditions de Charles Maurras. Hâtezvous de visiter leur site : <www.editionsdelareconquete.com>.
● Toujours très intéressants, les catalogues
(portant sur la Seconde Guerre mondiale,
les conflits contemporains et l’histoire) de
la librairie Les Oies Sauvages animée par
Marc Vidal (BP 16, F-77343 PontaultCombault. Tél. : 33+ 01-60-34-72-67 ou
<www.oies-sauvages.fr>.
● Après Mes personnages préférés de l’Histoire
de France et Combattants Européens, JeanCharles Letram propose son dernier
album de coloriage Résistants, rebelles et
patriotes européens, de l’Ionien Cimon
au Polonais Walesa. 5 € fco (Fier de l’être,
BP 22, F-91360 Epinay-sur-Orge).
● Après une éclipse, Proxima Thulé, la
très belle et très intéressante revue
d’études nordiques dirigée par FrançoisXavier Dillmann reparaît. Au sommaire
de ce Volume 5, des études sur un crâne
de morse décoré de runes redécouvert au
musée du Mans et l’étiologie du conte, la
traduction d’un poème eddique (la Rigspula), la résurrection des études norroises en Russie, etc. 196 pages, 24 €.
Diffusion De Boccard, 11 rue Médicis,
75006 Paris. Tél. 01-43-26-00-37 ou
<www.deboccard.com>.
● Le SLAM n’est pas seulement du hiphop, c’est surtout le Syndicat de la Librairie Ancienne & moderne dont sont
membres nos amis Louis et Monica
de Condé, propriétaires de la Librairie de
la Tour à Vichy (16 rue de la Source de
l’Hôpital. Tél. : 33(0)4-70-59-97-26). Aussi
peut-on consulter leur catalogue et faire
des recherches approfondies sur le site
<www.slam-livre.fr/libtour>.
● « Revue nationaliste », L’Héritage
(ASMA, BP 80308, F-75723 Paris cedex
15 ou <www.lheritage.net>) sort son n° 4
sous le titre « Partons à la reconquête de
notre territoire » avec d’intéressants
articles sur la Hongrie, les banlieues,
Barrès, saint Grégoire de Tours et Jules
Verne… Le n° : 4 €. Abt 4 n°s : 16 €.
● Henri Béraud d’hier. Un article élogieux de Léon Daudet daté d’avril 1924
(alors que Béraud était classé à gauche)
et une synthèse de l’homme et de son
œuvre (un « colosse des lettres ») par
Jean Rimeize constituent le n° 12
(automne 2006) de ce douzième Cahier
de 31 pages. D’autres sont annoncés sur
Béraud et le cinéma. Association
Rétaise des Amis d’Henri Béraud, BP
3, F-17111, Loix-en-Ré. Cotisation
annuelle : 18 €. Choix d’ouvrages
anciens et récents de et sur Béraud.
● Comment les intellectuels français ont
traité l’insurrection hongroise de 1956.
DEUTSCHER
KALENDER 2007
Comme chaque année, nos amis bavarois de la National Zeitung proposent un
superbe calendrier sur l’histoire de l’Allemagne avec une série de portraits
depuis Arminius jusqu’aux conquérants
du Sud-Ouest africain et aux combattants du Front de l’Est en passant par
Frédéric Barberousse de Hohenstoffen,
Bismarck, et même Krupp. Mais se
mêlent aussi à cette galerie de curieuses
allégories telle celle de Gloria Teutoniae
et l’émouvante photo d’un soldat mutilé
passant devant la Porte de Brandebourg.
(Le Deutscher Kalender 2007, 14,90 €.
En vente à FZ-Verlag, D-81238 München ou <www.deutscher-buchdienst.de>).
Rédaction — Administration
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Fondateur-directeur (1951-1970) : René Malliavin
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Les manuscrits ne sont pas renvoyés — Il n’est
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dernière bande (ou indiquer l’ancienne adresse). Ecrire
nom et adresse en CAPITALES. Délai dix jours.
Règlement par chèque établi sur une banque
domiciliée en France, à l’ordre d’Editions des
Tuileries ou virement à notre compte :
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COURRIELS : Rédaction : galic@rivarol.com
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CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K
GAZA : UN PARFUM D’IRAK
Même si, a assuré le 18 décembre le Dr Rabah, membre du Front de Libération de la
Palestine : « Le Hamas et le Fatah sont d’accord sur tous les points. Ils ont vraiment l’intention d’appliquer cet accord. Dès que nous partirons, le comité appliquera le cessez-le-feu. Même s’il y a des problèmes
dans la rue, les deux parties s’engagent à respecter la trève », on peut redouter la reprise des affrontements. La décision du président Mahmoud Abbas de convoquer des élections anticipées
est en effet inacceptable pour le Hamas, vainqueur du scrutin en janvier mais dont la cote
de popularité est en baisse. Non pas tant en raison de son action propre mais par le véritable boycottage dont la bande de Gaza est victime de la part de la « communauté internationale » qui, à la remorque d’Israël, entend faire payer très cher aux islamistes et leur succès et leur alliance avec l’Iran et a donc suspendu toute aide sérieuse.
C’est pour tenter de desserrer l’étau et au moins payer les fonctionnaires que le Premier
ministre Hanijeh, membre du Hamas, était allé quémander à Téhéran 35 millions de dollars. Qu’il a obtenus mais qui, à la demande de Tel Aviv, ont été bloqués par l’Egypte à
son retour, ce qui a plongé le territoire dans une spirale de violence.
Où Israël a tout à gagner : pendant que les factions rivales se déchirent, les colons n’ont
rien à craindre et, surtout, les Palestiniens administrent la preuve au monde qu’ils sont
incapables de s’entendre et qu’ils seraient donc incapables d’adopter une ligne commune
en cas de paix avec l’Etat hébreu.
TOUS MUSULMANS !
Qui aurait jamais pensé que la Cosette de Victor Hugo, le Tom Sawyer de Mark Twain
et les Trois mousquetaires de Dumas étaient de bons musulmans ? C’est pourtant ce
qu’ils sont devenus en Turquie où, jouant sur la popularité et la notoriété mondiales de
ces héros littéraires, un manuel scolaire les montre convertis à l’islam. Selon Marianne, dans cette rage d’aggiornamento, « même les fables de La Fontaine ont subi un toilettage destiné à prévenir les questions impies et à aligner leur morale sur les enseignements du Coran ».
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 11
DANS Casino Royale, le dernier
James Bond, on peine à savoir qui
trahit qui, pour qui et pourquoi. La
complexité fait partie du roman d’espionnage, et quel roman que cette affaire Litvinenko ! Quel roman que l’empoisonnement
par une « nanobombe nucléaire » de cet
ancien colonel du FSB (ex-KGB), retourné
contre Poutine et ses anciens camarades par
intérêt financier !
ENTRE LE CROISSANT
ET LE MOGHEN DAVID
Car, bien que converti à l’islam — peutêtre à la suite d’amitiés tchétchènes —,
ce Russe d’origine ukrainienne avait rejoint le camp
des oligarques juifs chassés
de la Russie ou ayant dû la
fuir et qui rêvent de
revanche. Il était devenu
homme à tout faire du très
cosmopolite Boris Berezovski, « parrain
du Kremlin » sous Eltsine. Son dernier
voyage à l’étranger l’avait ainsi conduit
en Israël « dans le cadre d’une enquête
sur la liquidation du groupe pétrolier
Ioukos par le Kremlin », affirme Actualité juive, qui précise : « Lors de ce
déplacement, Alexandre Litvinenko
aurait transmis à Leonid Nebzline,
ancien numéro deux du groupe pétrolier,
un dossier explosif sur les dessous de la
prise de contrôle de Ioukos par l’Etat
russe. »
Il a donc pu être éliminé par le nouveau
Kremlin renouant avec les bonnes vieilles
méthodes mais aussi par d’anciens camarades ayant décidé une purge de traîtres ou
simplement par des clients mécontents de
ses nouveaux maîtres. Même 007 aurait du
mal à s’y retrouver !
MAIS QUI RÈGLE SES
COMPTES ?
Quelques repéres.
Tout paraît commencer le 1er novembre
dernier alors que des centaines de Russes
sont à Londres pour le match CSKA Moscou contre Arsenal dans le cadre de la Ligue
des champions. Alexandre Litvinenko rencontre donc à Londres deux compatriotes —
un ex-agent du KGB devenu homme d’affaires, Andreï Lougovoï, et un autre homme
qu’il ne connaît pas — autour d’un thé à
l’hôtel Millenium, ainsi qu’un Italien, Mario
Scaramella, cette fois dans un restaurant
japonais. Scaramella lui remet un document
sur le meurtre de la journaliste russe d’opposition Anna Politkovskaïa, le 7 octobre à
Moscou, et une liste de “cibles” des services
secrets russes. Peu après, Litvinenko se sent
Kovtoun devenu lui aussi homme d’affaires et qui se présente cependant comme
une victime. Il a transporté du polonium,
mais le savait-il ?
L’enquête s’emballe. Les
Anglais sont à Moscou, les
Russes veulent se rendre à
Londres, on parle de plus en
plus d’entendre l’employeur de
Litvinenko, l’oligarque Berezovski et même le leader indépendantiste tchétchène Akhmed
Zakaïev. Car, bien sûr, tous ces
anciens agents reconvertis sont
allés au fric et aux organisations
financières qui font du business
avec les mafias russes et tchétchènes et cela
multiplie les hypothèses et brouille les
pistes.
Avant de quitter (peut-être) le pouvoir à
l’issue de ses deux mandats, Poutine auraitil décidé de faire place nette et de liquider
des traîtres ? Y a-t-il un grand ménage au
sein des anciens ? Les espions reconvertis
sont-ils rattrapés par le gangstérisme qu’ils
se sont mis à fréquenter. Tout est possible.
Les hypothèses vont se multiplier du type
de celle du Sunday Telegraph, lequel croit
avoir identifié la source du document reçu
par Scaramella et dressant, selon lui, la liste
d’« hommes à abattre » établie par le FSB,
sur laquelle figurait notamment son propre
nom, celui du sénateur Paolo Guzzanti (président de la commission Mitrokhine) et celui
d’Alexandre Litvinenko.
Il s’agirait, selon le journal britannique,
d’un ex-agent du KGB vivant à Cluses,
en Haute-Savoie, sous la protection de la
DGSE : Evgueni Limarev. Le document
de « trois pages », celui-là même que
Scaramella a soumis à l’attention de Litvinenko, lors de leur déjeuner à Londres,
indiquerait que « des officiers du renseignement parlent de plus en plus de la
nécessité d’utiliser la force contre PG
[Paolo Guzzanti] et MS [Mario Scaramella], de même que contre M. Berezovski et M. Litvinenko ». Le document
accuserait également ces officiers d’être
à l’origine de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa. Mais, estime le Sunday Telegraph, Evgueni Limarev serait payé par
Boris Berezovski pour mener un travail
de sape contre le Kremlin, en mettant
mal. Il a été alléché par des documents pouvant servir contre le régime de Poutine, c’est
évident, et il s’est fait piéger.
Quinze jours plus tard, Scotland Yard
apprend que Litvinenko se trouve dans un
état grave et confie l’enquête à sa section
antiterroriste. Les services secrets russes
rejettent les accusations selon lesquelles
Moscou est derrière cet empoisonnement.
Le 23 novembre, l’ex-espion devenu
homme de main meurt. L’Agence britannique de protection de la santé (HPA)
annonce qu’il a été empoisonné avec du
polonium 210, substance hautement radioactive. Dans une lettre posthume, Litvinenko
accuse le président russe Vladimir Poutine
d’être responsable de sa mort.
Et puis c’est la contagion.
Du 27 au 30 novembre, des
traces de substances radioactives sont trouvées dans deux
lieux à Londres, dont des
bureaux de Boris Berezovski.
Des traces radioactives, dont du polonium,
sont découvertes dans cinq endroits de la
capitale britannique où Litvinenko s’était
rendu le 1er novembre. Le Premier ministre
Tony Blair assure qu’aucune « barrière
diplomatique ou politique » n’entravera
l’enquête.
De faibles traces de substances radioactives sont découvertes dans des avions de
British Airways qui ont effectué des vols
vers Moscou.
Des traces de radioactivité sont détectées
dans « à peu près douze » lieux de Londres.
Dans les endroits où la substance a pu être
identifiée, il s’agit de polonium.
Le 1er décembre, annonce que deux autres
personnes ont été contaminées : M. Scaramella et Marina, l’épouse de Litvinenko.
EMPOISONNEMENT
NUCLÉAIRE, CONTAMINATION
DIPLOMATIQUE
L’affaire devrait avoir de graves conséquences politiques.
Le ministre russe des Affaires étrangères
Sergueï Lavrov estime qu’accuser les services russes « porte un coup » aux relations
entre Moscou et Londres. Scotland Yard, qui
a requalifié en “meurtre” la mort de Litvinenko, envoie une équipe de policiers à
Moscou dont l’enquête est encadrée. Des
traces de radioactivité sont détectées à l’ambassade de Grande-Bretagne.
Le 8 décembre, rebondissement cette fois
à Hambourg où des traces de polonium 210
sont retrouvées chez un ancien du KGB —
l’un des contacts de la victime, le
deuxième homme du thé au Millenium.
Les soupçons se portent alors sur Dmitri
notamment en place un site d’informations. Il aurait reçu, à ce titre, quelque
100 000 dollars de l’oligarque. Une
somme récusée par un porte-parole de
Berezovski, qui a expliqué qu’une “aide”
ponctuelle de 10 000 à 15 000 dollars a
bien été versée en 2002 à Limarev, mais
que c’était un « non-sens de dire qu’il
était payé par Berezovski ».
Dans une interview au quotidien italien La
Repubblica, Limarev a nié avoir communiqué cette liste à Scaramella ; il affirme également avoir entretenu avec Litvinenko de
simples relations « d’affaires ». Selon lui,
« la recherche obstinée des infiltrations passées du KGB en Italie a beaucoup gêné le
Kremlin […]. Quelqu’un à Moscou s’est
persuadé que Guzzanti et Scaramella étaient
les acteurs d’une opération visant à discréditer le régime russe ».
Pour Limarev, soit Scaramella travaille
pour les services italiens, soit « c’est un
homme de la CIA et des faucons américains
qui, en Occident, veulent discréditer la Russie de Poutine ». Et cela ne fait que commencer !
Il est impossible, à ce stade, de savoir qui
est responsable de l’assassinat du colonel,
décédé donc le 23 novembre après avoir pris
en octobre la nationalité britannique et le
patronyme d’Edwin Carter selon le Times
(qui rappelle que, depuis sa naturalisation en
2004, Berezovski « s’est vu délivrer une
carte d’identité au nom de Platon Elenine »).
C’est en tout cas au cimetière musulman
de Londres qu’a été inhumé Litvinenko,
Ukrainien comme deux autres protagonistes
de l’affaire, Kovtoun et Lougovoï. Ce qui
ouvre encore d’autres pistes à cet invraisemblable imbroglio que The Guardian voudrait
voir entrer « comme cas d’école dans les
programmes scolaires britanniques » !
La campagne médiatique menée en Occident peut déclencher, sur le plan intérieur
russe, un réflexe de « forteresse assiégée »,
une dénonciation de la calomnie et du complot bien utile à seize mois d’une élection
présidentielle en devenir.
Ce sont, en plus, toutes les relations internationales qui, après cet empoisonnement
nucléaire, vont être contaminées.
Pierre-Patrice BELESTA.
Le labyrinthe Litvinenko
Tout se fête de nos jours, même les
divorces. Petites et grandes soirées avec
listes de cadeaux de séparation sont organisées pour permettre aux nouveaux célibataires de commencer leur nouvelle vie
d’un cœur joyeux. Cette mode vient bien
sûr d’outre-Atlantique où des petits malins
ont su tirer parti du malheur des uns pour
enrichir les autres. C’est làbas aussi que l’on a inventé
les funérariums où l’on
maquille vos défunts jusqu’à changer leur personnalité. Toutes ces nouvelles
modes seraient belles et
bonnes, on s’écrierait
“OK !” Mais leur inutilité
et leurs mensonges posent problème. Pourquoi notre société européenne imite-t-elle
si servilement la société américaine ?
Parce qu’on la gave chaque soir de séries
télévisées réalisées là-bas. Ainsi tous les
travers des Etats-uniens, toutes leurs
dérives, se répandent en France. Ils l’ont
écrit, c’est le but avoué. Ajoutez les intérieurs luxueux, laids à faire peur mais coûtant cher, les extérieurs avec piscines —
obligatoire, la piscine, même à 2 mètres de
la mer. C’est un signe extérieur de richesse.
Donc impératif. A quoi sert la richesse si
les autres ne la voient pas ?
On reste donc confondu devant le soutien
médiatique apporté à ces séries. Celle qui
fait paraît-il fureur, Desperate
Housewifes — titre que l’on ne prend même
plus la peine de traduire —, nous propose
platement la même histoire que Flaubert
avec Madame Bovary. Mais il demeure
quelque différence due au génie français. Ne
pas vénérer ce génie, ne pas le favoriser et le
transmettre est criminel. Ne pas exiger un
film, une pièce de théâtre, un concert, un
opéra français à la télévision française est
honteux.
Célébrer ces séries à l’égal du VIIe Art est
gonflé et c’est surtout tout ignorer de leur
fabrication dans les usines à pellicules et
ignorer aussi que les consommateurs de
séries s’appellent en anglais « patates de
canapé » et que la plupart sont obèses et
illettrés. Et ce n’est pas une consolation de
constater que les séries françaises copiées
sur celles d’outre-Atlantique ne sont pas
meilleures. Elles contiennent leur lot de
propagande et de bêtise mais du moins y
voit-on la France — Marseille dans le très
délétère feuilleton journalier La Vie est
belle sur France 3 et la Provence dans le
non moins pernicieux Les enfants vont
bien, merci.
LE FURET.
CACHEZ CE SAPIN…
Aux Etats-Unis, les grands magasins WalMart ont renoué cette année avec la tradition de Noël, s’étant aperçus que la simple
mention des “Fêtes” privilégiées pour « ne pas offenser les
religions non chrétiennes » était
préjudiciable au commerce.
En revanche, la direction
de l’aéroport de Seattle, sur
la côte Ouest, a fait enlever
les sapins ornant le hall, un
rabbin ayant protesté, exigeant à tout le moins la présence d’un
ménorah (chandelier à sept branches) aussi
haut que les arbres pendant la période de
Hanoukkah, fête juive voulant concurrencer Noël.
Le plus gai des mondes
Anticipation en Belgique
Depuis qu’Orson Welles avait réalisé à partir de « La Guerre des Mondes » un montage radio qui avait terrifié l’Amérique, on n’avait jamais vu ni entendu ça. Le
13 décembre au soir, après avoir annoncé « L’heure est grave. Excusez nous pour cette interruption. Evénement exceptionnel, moment exceptionnel. Nous devons en effet interrompre nos programmes pour vous présenter une page très spéciale du journal télévisé : la Flandre va proclamer
unilatéralement son indépendance », le présentateur vedette de la chaîne publique belge a
enchaîné sur une série de reportages-choc : trams arrêtés à la “frontière”, policiers
demandant s’ils devaient endosser un gilet pare-balles pour se rendre sur ladite “frontière”, journaliste campé devant le palais royal d’où il annonçait qu’Albert II se préparait à l’exil, etc.
Les Belges ont été d’autant plus frappés que le scénario présenté était plausible, à
six mois d’élections générales dont le
thème principal sera la renégociation des
pouvoirs entre Flamands et Wallons…
Ce qui posera d’insolubles problèmes
non seulement à l’échelon belge mais
aussi au niveau de l’Union.
Ainsi affaibli en plein sommet européen
de Bruxelles, le Premier ministre Guy
Verhofstadt a bien entendu qualifié
d’“irresponsable” le programme de la
RTBF dont la direction a dû présenter de
plates excuses. Reste que le débat est
ouvert. Sur l’avenir de la Belgique mais
aussi sur la crédibilité de sa télévision.
Comme l’écrit Alain Escada, président de
Belgique et Chrétienté (Rue de la
Cible 48, F-1030 Bruxelles), « si ces journalistes ont pu mentir avec un tel naturel à propos
d’un tel sujet, le doute est désormais légitime à
propos de quantité d’informations que le “politiquement correct” a tout intérêt à travestir ».
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