● Ils ont cassé l’Ecole qui n’aurait jamais
dû devenir le lieu de toutes les expérimentations pédagogiques, l’asile des délires d’apprentis sorciers, mais rester ce creuset où le
jeune enfant apprenait à devenir Français
et citoyen et d’abord, bien sûr, à lire, à écrire
et à compter. Ils ont cassé la natalité, par la
banalisation de l’avortement où l’enfant,
réduit à un objet pénible à produire, n’est
plus conçu comme le vital renouvellement
des générations et le vecteur de l’amour
entre elles mais comme une charge qu’ils
veulent faire assumer demain par l’immigration… Ils ont cassé notre agriculture et
abîmé nos campagnes, par une politique de
surproduction planifiée à Bruxelles pour
aboutir en 2012 à sa disparition.
● Oui, il faut rompre, changer !…
Durant ces 30 ans, je n’ai cessé de sonner l’alarme, de faire le bon diagnostic,
de prévoir, de prédire où allait finir par
conduire cette politique désastreuse et
suicidaire. Vilipendés comme réactionnaires, extrémistes, fascistes (…), nous
étions en réalité l’avant-garde, l’espoir
du renouveau et j’ose le dire sans peur du
paradoxe, la conscience progressiste de
ce pays !
● Face à la mondialisation sauvage,
face à l’individualisme consumériste destructeur de responsabilité et d’harmonie,
la communauté nationale, la grande et
belle idée de Nation, est la solution.
Nous, peuple de France qui, de Bouvines
à Verdun, des terrils du Nord aux plaines
de Champagne, avons, siècle après
siècle, façonné de nos têtes et de nos
mains ce pays de liberté, d’égalité et de
fraternité qu’ils s’acharnent à détruire…
● Liberté, Egalité, Responsabilité et Fraternité, voilà sur quoi se fonde notre action.
● La liberté passe par la maîtrise de notre
monnaie, de nos frontières, de notre budget.
Nous ne serons plus jamais un peuple libre
si nous ne récupérons pas notre souveraineté juridique, alors qu’une norme sur 4
applicables en France est d’ores et déjà
issue de l’Union Européenne… La liberté,
cette valeur fondamentale doit être insufflée
dans l’économie… Pour cela, il faut faire
confiance au peuple, à son sens de l’initiative et de la responsabilité… C’est pourquoi
il nous faut en finir avec le chômage plutôt
que de l’indemniser. Il nous faut réduire les
inégalités de revenu par l’enrichissement
des plus défavorisés, plutôt que par la redistribution. Rendre marginal l’Etat Providence par l’élévation du niveau de vie en
assurant à tous la maîtrise de leur destin
économique.
● Une femme sur deux dans notre pays
aimerait avoir un enfant supplémentaire,
c’est notre devoir aussi de leur donner cette
liberté là, si nécessaire, au demeurant, à
l’équilibre démographique de la France.
● La liberté enfin c’est la nôtre, nos libertés
individuelles qui se réduisent comme peau
de chagrin. Liberté de pensée, de
conscience, de religion. Et, par-dessus tout,
liberté de choisir entre le bien et le mal, cette
fameuse morale qui déplaît tant à notre
classe politique, tant cela l’arrange que
leurs turpitudes ne soient pas mesurées à
l’aune de cette échelle de valeurs.
● Le second principe fondamental qui guide
notre action est l’égalité, mais celle que
l’Etat se doit de faire respecter entre ses
nationaux, pas l’égalité avec le monde
entier… Le Français, même SDF, doit avoir
plus de droits que l’étranger, aussi brillant
et sympathique soit-il, car le grand-père du
SDF est mort à Verdun pour défendre notre
patrie, parce que, outre être des citoyens,
nous sommes des héritiers, héritiers d’un
patrimoine immense, matériel, intellectuel,
artistique, juridique, social, qui a été constitué, non par nous, mais par, au long des
siècles, le travail, les efforts, les souffrances
des générations qui nous ont précédés et que
nous avons le devoir sacré de transmettre à
nos enfants et à ceux qui naîtront d’eux.
que préside notre ami Alain Escada. Que
ceux qui n’ont pas été cités, faute d’avoir
été vus (président de la Ligue de Défense
juive, Antony Attal était-il rééllement présent ? Le Monde l’a affirmé), nous excusent. Mais les stands étaient innombrables,
avec la «presse amie», moult associations
et la plupart des départements représentés,
et la foule (dont beaucoup de très jeunes
gens, plus prolos que BoBos, ce qui n’empêcha pas nombre d’entre eux d’assister à
la messe tridentine célébrée par l’abbé
Schaeffer en présence de J.-M. Le Pen et
de B. Gollnisch notamment) très dense.
Devant une telle affluence et la joie de
revoir des amis parfois disparus depuis le
divorce de 1998, la satisfaction était
immense, mais aussi l’angoisse : “JeanMarie” va-t-il obtenir ses parrainages ? Nous
avons quelques raisons de croire (merci à
notre “taupe” UMP !) que notre une du dernier n° : « Chirac-Villepin-Sarkozy, l’union
sacrée contre Le Pen » avait fait un certain
bruit dans les allées du pouvoir. D’où la
déclaration de Bernard Accoyer, chef du
groupe parlementaire UMP : « Pour la santé
de la démocratie, il vaut mieux que le président du FN soit présent au premier tour…
Les élus sont hyper-responsables, donc je me
garderai bien de leur donner une consigne »
car « donner sa signature de parrainage
pour que tel ou tel candidat puisse être présent au premier tour, ça n’est en aucune
façon soutenir les idées de tel ou tel candidat ». Déclaration contredite quelques
heures plus tard par l’intéressé : « Les élus
UMP ont, évidemment, vocation à apporter
leur parrainage au candidat ou à la candidate soutenu par l’UMP », assurait cette fois
Accoyer en jurant n’avoir aucune « connivence avec les extrêmes ». Propos d’autant
plus stupide que, devait convenir Le Parisien du 13 novembre, « la diabolisation ne
marche plus » en ce qui concerne Le Pen.
Lequel « élargit son électorat », avoue également Roland Cayrol, directeur de l’institut
CSA accordant 15 % d’intentions de vote au
président du FN.
Tout au long de la Convention, celui-ci a
montré une forme physique étonnante, restant debout des heures, riant (ainsi avec
Chard, à notre stand, voir ci-contre), parlant,
chantant, valsant… Ce n’est pas lui qui
souffrirait des migraines lancinant à répétition ce pauvre Sarko, cette “girouette”,
« atlantiste en Amérique pour plaire à ses
mentors, tiers-mondiste au Sénégal pour
doubler Ségolène et franchouillard de
retour en France, sitôt qu’il chute dans les
sondages », qu’il a durement épinglée, ainsi
que « Lady Nunuche ou la Fée Gribouille »
(Royal), dans son long discours programmatique décliné dimanche sur le thème
“liberté-égalité-responsabilité-fraternité” devant 8 000 miliants enthousiastes et dont
on lira dans cette page quelques extraits
(l’intégralité de ce discours figure sur le site
<frontnational.com> et les lecteurs non
internautes pourront le dire dans la livraison
de janvier d’Ecrits de Paris).
Que nous réserverons les prochains
mois ? La bonne humeur, la camaraderie et
la détermination ayant marqué cette
convention sont en tout cas autant d’heureux présages.
Jacques LANGLOIS.
REBAPTISÉES « Convention Présidentielle » en cette année-préélectorale, les BBR 2006 furent celles
de toutes les surprises. Car nul n’aurait
imaginé voir un jour voisiner les éditions
Clovis, très proches de la Fraternité sacerdotale St-Pie X, avec des livres à la gloire
de la Russie et de Poutine (au stand des
« Enfants martyrs de Beslan », pris en
otages et tués par des commandos tchétchènes), le Moto-Club de Belgrade et le
chœur Montjoie Saint-Denis, les écrivains
Jean Raspail et Alain Soral et enfin Dieudonné discutant avec l’Alsacien Robert
Spieler, serrant la main de Jean-Marie
Le Pen puis sirotant un thé avec Jany (voir
ci-dessus) sous la tente caïdale de SOSEnfants d’Irak ?
DIEUDO AVEC NOUS ?
Déclarant : « Je suis pour la réconciliation nationale, il faut apaiser les tensions
communautaires », Dieudonné expliqua
qu’il venait « faire un tour » aux BBR,
comme il s’était rendu à la Fête de L’Huma
(sur le site « La banlieue s’exprime », il
devait ensuite préciser : « Le Pen peut
déstabiliser le système, créer une révolution, avant les législatives. Il a été diabolisé à l’extrême ». Il reconnut aussi avoir
été roulé par SOS-Racisme « et tous ces
imposteurs »). Mais cette “promenade” ne
fit visiblement pas l’unanimité parmi les
militants et les élus FN. Si certains jubilaient devant la stupéfaction et l’embarras
des journalistes de la « grosse presse »,
d’autres reprochaient à M’Bala M’Bala
son “islamo-antisémitisme” ou ne pouvaient lui pardonner l’attitude face à l’indomptable Marie-France Stirbois lorsqu’il
fit son entrée en politique en se présentant
contre elle à Dreux. Sans doute n’avait-il
pas encore compris à l’époque quel était
l’ennemi principal…
LA FOULE DES
TRÈS GRANDS JOURS
Mais la vraie, la divine surprise fut le
nombre des participants, dès le vendredi
10 novembre, ouverture de la Convention.
Marquée par de multiples “ateliers” consacrés aussi bien à la Culture qu’aux Anciens
combattants, au redressement de l’économie qu’à la santé, à l’équité sociale qu’à
l’entreprise, à l’Europe qu’à (bien sûr)
l’immigration, avec des exposés et des
débats de haute tenue.
22 000 assistants selon Martial Bild, ce
AFGHANISTAN :
LE CNC EXIGE LA VÉRITÉ
Dans notre n° du 20 octobre, nous évoquions le témoignage de soldats britanniques sur le martyre subi par
certains soldats français servant dans les forces spéciales
en Afghanistan et tombés aux mains des Taliban. Au
nom du Cercle National des Combattants qu’il préside,
Roger Holeindre exige que « le gouvernement, et en tout premier lieu le ministre de la Défense, fassent connaître la vérité sur
le sort qui aurait été réservé par les Taliban à ces soldats ».
Et le CNC de s’interroger : « Est-il vrai, oui ou non, que
plusieurs de nos commandos ayant été fait prisonniers ont été éventrés vivants ? Comment, si cette information, de provenance
anglaise est vraie, notre gouvernement peut-il n’avoir rien à déclarer ? D’où vient que la totalité des media observe un silence absolu
sur ce crime impardonnable ? » Si ces crimes sont confirmés, Roger Holeindre
demande « ce qui est prévu comme représailles contre ces assassins et leurs chefs ».
Les (bonnes) surprises d’une Convention
“Ils vous mentent !”
Photos Anne SETA
N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 3
geants de l’église post-Vatican II de privilégier les juifs dans le fameux dialogue interreligieux. Cette tendance, déjà sensible sous
Jean Paul II, s’est encore accentuée sous
Benoît XVI : à Cologne, en marge des Journées mondiales de la jeunesse, Josef Ratzinger s’était rendu dans la synagogue de la
ville pour dire tout le bien qu’il pensait du
judaïsme et son horreur de l’“Holocauste”
mais il n’était pas allé à la mosquée, même
s’il avait reçu une délégation de musulmans.
Et, comme le notait dans sa brillante conférence parisienne du 12 octobre l’abbé Francesco Ricossa, directeur de la revue Sodalitium, depuis son élection Benoît XVI a reçu
plus de rabbins que Jean Paul II pendant tout
son règne, ce qui n’est pas peu dire ! Le discours de Ratisbonne, tenu quelques jours
seulement après que l’entité sioniste eut
bombardé avec une sauvagerie inouïe le
Liban, est forcément apparu comme une
insupportable provocation aux yeux des
mahométans qui n’oublient pas non plus que
George Bush, qui assistait avec ses deux prédécesseurs aux funérailles de Jean Paul II
(une première !), avait dit de Josef Ratzinger qu’il serait « un grand pape ».
LE “PAPE DES SANS-PAP”
Pour les néo-conservateurs américano-sionistes, c’est sûr. Et pour les immigrés également. On se souvient ainsi des propos scandaleux que Josef Ratzinger avait tenus le
19 décembre au nouvel ambassadeur de
France près le Saint-Siège, au lendemain de
la guérilla raciale que nous avions subie trois
semaines durant. Appelant notre pays à
« remercier » les immigrés de la « richesse
économique, culturelle et sociale à laquelle
ils ont participé » (il est sûr qu’en faisant
brûler des bus et des voitures, les jeunes allogènes font grimper le PIB !), le successeur
de Jean Paul II avait insisté sur la nécessité
du « dialogue et de la proximité fraternelle
avec les jeunes (immigrés) » et souhaité
qu’« un pas supplémentaire pour l’intégration de tous dans la société » soit franchi,
« au nom même de la dignité intrinsèque de
toute personne et de son caractère central
dans la société, que rappelait le Concile
œcuménique Vatican II (Gaudium et spes) ».
Or, voilà que recevant le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège,
Benoît XVI a défendu dans son allocution
du 26 octobre les droits des “sans-papiers”
non seulement outre-Quiévrain mais audelà, dans tous les pays du Vieux Continent.
« L’accueil d’immigrés de plus en plus nombreux et la multiplication sur un même sol
de communautés différentes par leur culture
d’origine ou leur religion rendent absolument nécessaire, dans nos sociétés, le dialogue entre les cultures et entre les
religions » a ainsi affirmé Josef Ratzinger
pour lequel « il convient d’approfondir la
connaissance mutuelle, en respectant les
convictions religieuses de chacun et les légitimes exigences de la vie sociale, conformément aux lois en vigueur, et d’accueillir les
immigrés, de sorte qu’on respecte toujours
leur dignité ».
Et d’appeler à une « politique (d’immigration) soutenue par une volonté d’intégration
qui ne laisse pas se développer des situations de rejet ou de non-droit, comme le
révèle le drame des sans-papiers » afin
d’« éviter les risques du repli sur soi, du
nationalisme exacerbé ou même de la xénophobie ».
Et dire que nombre de fidèles comptent sur
Benoît XVI pour reconstruire la chrétienté
LE VOYAGE en Turquie de
Benoît XVI, du 28 au 30 novembre,
s’annonce mouvementé tant de nombreux musulmans reprochent au successeur
de Jean Paul II ses propos liant l’islam à la
violence dans sa fameuse conférence de
Ratisbonne le 12 septembre dernier. Le cardinal Bertone, chargé de la Secrétairerie
d’Etat, a eu beau rappeler que « la position
de Benoît XVI sur l’islam est clairement
celle qui est exprimée dans le document
conciliaire Nostra Aetate, que son option en
faveur du dialogue interreligieux et interculturel est tout aussi claire, et qu’il n’avait
absolument pas l’intention de faire sien le
jugement de l’empereur byzantin Manuel II
Paléologue, qu’il cite dans le discours de
Ratisbonne », Benoît XVI lui-même a eu
beau rencontrer depuis de nombreux dignitaires musulmans, leur redisant tout son respect pour l’islam (mais sans embrasser le
Coran comme le fit son prédécesseur en
1999), la cote de Josef Ratzinger dans
l’“Oumma” reste basse et beaucoup de Turcs
n’acceptent pas de le voir souiller le sol de
l’ex-empire ottoman. Ainsi, le 2 novembre,
un jeune homme a tiré en l’air devant la résidence du consul d’Italie à Istanbul tout en
proférant des insultes contre Benoît XVI et
en appelant à l’annulation de sa visite.
Preuve qu’il ne s’agit pas là d’un acte isolé,
un prêtre catholique avait été assassiné en
Turquie en pleine polémique sur le discours
de Ratisbonne.
L’AFFRONT D’ERDOGAN
D’ailleurs, sauf surprise de dernière
minute, il n’y aura pas de rencontre entre le
successeur de Jean Paul II et le Premier
ministre turc, Recep Tayyip Erdogan arguant
de sa présence nécessaire au sommet de
l’OTAN justement prévu les 28 et
29 novembre à Riga en Lettonie et de la
réunion le 30 du Conseil militaire suprême
de Turquie, qu’il se doit de présider.
Ces prétendus empêchements ne trompent
évidemment personne. Le voyage de
Benoît XVI en Turquie était annoncé depuis
septembre 2005, les différentes étapes de
son séjour ayant été révélées dès le 23 mai
par le cardinal Walter Kasper, président du
Conseil pontifical pour la promotion de
l’unité des chrétiens. S’il avait vraiment
voulu rencontrer Josef Ratzinger, Erdogan
l’aurait pu. Mais l’ancien maire islamiste
d’Istanbul avait vivement critiqué le discours de Ratisbonne et il doit faire face à une
opinion publique très remontée. D’autant
que, les élections en Turquie approchant, il
serait politiquement dévastateur pour le Premier ministre sortant de rencontrer un dignitaire religieux désormais détesté par la plupart de ses coreligionnaires.
Il s’agit d’un affront pour l’occupant du
siège de Pierre qui comptait beaucoup sur sa
première visite d’un pays musulman pour
dissiper ce qu’il estime être un malentendu.
Car il est clair que pour le cardinal Bertone
ce voyage dans l’ex-Constantinople est
« une nouvelle phase » des rapports des
chrétiens avec l’islam, une façon de « continuer le dialogue interreligieux et interculturel et la collaboration en vue des objectifs
communs, des idéaux, des valeurs communément partagées par la religion chrétienne
et la religion islamique ». C’est cependant
une erreur de croire que les différends entre
le Vatican et les musulmans pourraient se
réduire par ce type de déclarations très
conciliaires. Les mahométans font généralement — et non sans raison — grief aux diribrer la messe en latin avec la bénédiction de
l’Eglise, mais que diront-ils dans leur homélie ? » Est-on sûr en effet qu’ils diront du
bien de la laïcité, de l’islam, du judaïsme, de
l’idéologie des droits de l’homme, de l’immigrationnisme et du mondialisme ?
VRAIE OU FAUSSE REMISE
EN CAUSE DE VATICAN II ?
La remise en cause de Vatican II a cependant peu de chances d’être entreprise : dans
son fameux discours à la Curie du
22 décembre 2005, si Benoît XVI critique
un certain « esprit du concile », c’est pour
mieux faire l’éloge de Vatican II.
Si la très éventuelle libéralisation de la
messe tridentine peut permettre à un plus
grand nombre de baptisés de découvrir les
richesses liturgiques et artistiques de l’Eglise
et de revivifier leur foi, beaucoup de traditionalistes s’en réjouiront. Mais le problème,
c’est que la messe tridentine soit mise au
service des nouvelles orientations conciliaires. En effet, dans le Panthéon d’Assise,
il y a aussi de la place pour la messe traditionnelle ! De plus, des études se sont attachées à démontrer le caractère douteux voire
invalide des nouveaux rites sacramentels. La
dernière en date, celle de l’abbé Anthony
Cekada, Le nouveau rituel à la lumière de la
foi (disponible sur le site
<roresanctifica.org>) s’emploie à mettre en
évidence l’invalidité du nouveau rite de
consécration épiscopale. Ce qui pose des
questions redoutables sur la pérennité d’un
sacerdoce et d’un épiscopat sacramentellement valides. Enfin, mettre quasiment au
même niveau le novus ordo de Paul VI qui
serait considéré comme « la forme
ordinaire » du rite romain et la messe tridentine, qui en serait la « forme extraordinaire », n’est pas sans dangers.
Le combat traditionaliste, loin de se
réduire à la défense de la messe canonisée
par le concile de Trente, est une condamnation motivée de la nouvelle messe,
synaxe protestantisée et désacralisée.
Devrait-on accepter ce que l’on refusait
hier encore, à savoir la coexistence de deux
rites radicalement incompatibles ? Enfin,
l’expérience prouve que rejoindre les rangs
de l’église conciliaire induit toujours une
édulcoration voire un reniement des positions préalablement défendues. Peut-on en
effet faire partie de la même institution
lorsqu’il n’y a aucune unité sur la doctrine,
sur la foi ? Faut-il donc que la résistance
traditionaliste cesse ou s’estompe alors
que les aberrations doctrinales, les innovations pastorales et les dérives politiques
sont aussi graves qu’il y a quarante ans, au
risque d’augmenter davantage encore le
désordre et la confusion des esprits et de
participer à l’apostasie générale ?
Jérôme BOURBON,
<jeromebourbon@aol.com>.
et en finir avec la crise de l’Eglise ! Il est vrai
que les mêmes comptaient naguère sur Jean
Paul II ! Les pontifes conciliaires passent,
les illusions demeurent.
L’ÉPISCOPAT DRESSÉ CONTRE
LA MESSE TRIDENTINE
C’est dans ce contexte que Benoît XVI
pourrait prochainement signer un décret
libéralisant la messe tridentine. Si l’on ne
connaît encore ni la date exacte de la publication de ce motu proprio (d’aucuns parlaient initialement de novembre, d’autres de
Noël, l’on évoque davantage aujourd’hui le
printemps prochain voire… les calendes
grecques !) ni les conditions qui entoureront
cette hypothétique libéralisation (la liberté
de dire la messe sera-t-elle totale ? Faudra-til toujours l’autorisation préalable de
l’évêque diocésain ? Faudra-t-il un nombre
minimal de signataires — trente ou peut-être
cent — pour obtenir de droit la messe tridentine ?), il est clair qu’il s’agirait pour
Benoît XVI, après l’érection de l’Institut du
Bon Pasteur (RIV. du 22/09/06), de faire un
nouveau geste à l’égard des traditionalistes.
Cette mesure dont la Fraternité sacerdotale
Saint-Pie X a fait depuis 2001 l’un de ses
préalables (l’autre étant le retrait du décret
d’excommunication des quatre évêques
sacrés par Mgr Lefebvre le 30 juin 1988),
avant tout éventuel accord avec la Rome
moderniste, suscite, comme l’on pouvait
s’en douter, une levée de boucliers dans
l’épiscopat français. Les évêques, au terme
de leur assemblée plénière qui a eu lieu à
Lourdes du 4 au 9 novembre, n’ont ainsi pas
fait mystère de leurs extrêmes réserves face
à ce qui n’est encore qu’un projet et ont tenu
à réaffirmer « les richesses de l’enseignement du concile Vatican II et (leur) attachement à la rénovation liturgique » . Par
ailleurs, le cardinal Lustiger, bien que très
malade et octogénaire, a fait le déplacement
jusqu’à Rome pour dire à Benoît XVI le
23 octobre tout le mal qu’il pensait de cette
initiative. Son successeur à l’archevêché de
Paris, Mgr André Vingt-Trois, a fait de
même tout comme le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux et président (réélu) de la
Conférence épiscopale qui a révélé que le
décret sur la messe tridentine serait finalement amendé par la commission Ecclesia
Dei dont il est membre. Quant à la presse la
plus progressiste — La Vie, Témoignage
chrétien, Golias —, elle se déchaîne.
Ce que craint, ou feint de craindre, tout ce
beau monde, c’est moins la messe en latin
elle-même que, d’une part, la remise en
cause, ouverte ou implicite, de Vatican II
qu’elle pourrait provoquer et, d’autre part,
la légitimation de courants proches politiquement de la maudite « extrême droite ».
Comme certains prélats du Vatican s’en
inquiétaient auprès de Libération des 3 et 4
novembre : « C’est une chose de permettre
à certains prêtres de Mgr Lefebvre de célé-
(Dessin de CHARD.)
Très mauvaise nouvelle donnée dans le n° de novembre du Cercle Jean BastienThiry (1) : « L’étude de la cause de canonisation d’Edmond Michelet, ministre de la Justice de Charles De Gaulle de 1959 à 1961 a été récemment reprise sous la houlette de Mgr Bernard Charrier, évêque
de Tulle », qui « a reçu le Nihil Obstat de Rome ». Le nom de Michelet ne dit évidemment rien à nos jeunes lecteurs. Mais pour ceux qui
ont connu le drame algérien, c’est celui d’un traître qui, loin d’être saint, se voulut bourreau, ainsi que le rappelait en février 1999 dans Historia le commandant Hélie de SaintMarc, qui avait été son camarade de déportation avant d’être prisonnier du Viêt-minh
puis de la France, en tant qu’officier du 1er REP et participant au putsch d’Alger en
avril 1961 : « Ministre de la Justice, Michelet était intervenu au moment du procès des généraux
Challe et Zeller. Il avait demandé à l’avocat général de requérir la peine de mort. L’avocat général
avait d’ailleurs rejeté brutalement de telles injonctions. » Et Saint-Marc de préciser : « Ensuite,
nous fûmes un certain nombre qui avions connu Michelet, à être détenus criminels à Tulle, au centre de
son fief, la Corrèze. Nos conditions de vie personnelle et familiale étaient difficiles. Je n’ai pas l’impression qu’il se soit souvenu du précepte évangélique : “J’étais en prison et vous m’avez visité”. A
ma connaissance, il n’a porté aucun intérêt à nos personnes alors que d’autres, pourtant de conviction
opposée aux nôtres, ont pratiqué à notre égard générosité et courage. »
En revanche, le ministre français qui avait déclaré sous la IVe République que l’abandon de l’Algérie Française serait une « victoire posthume d’Hitler » (!) s’était découvert sous
De Gaulle une telle sympathie pour le FLN qu’il fut après l’indépendance de l’Algérie
fait citoyen d’honneur de la ville d’Alger, privilège insigne. Ce qui explique sans doute
la mobilisation en la faveur de ce salaud, au sens sartrien du terme, d’un certain épiscopat, activement relayé par le Quai d’Orsay et l’Elysée.
_____
(1) BP 70, F-78170 La Celle St-Cloud.
Benoît XVI face à
l’islam… et aux tradis
Un renégat bientôt canonisé ?
4 N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL
mis à un feu roulant de questions lors d’une
conférence de presse qui traitait de différents
sujets d’actualité, je me suis simplement
prononcé, comme je l’ai toujours fait, pour
la liberté de discussion en histoire. Considérant que je ne suis pas un spécialiste de la
question, je m’en suis remis au jugement des
historiens concernant tous les aspects du
drame concentrationnaire.
JOURNALISTES OU INDICS ?
On m’a ainsi reproché ma mise en cause du
tribunal militaire international de Nuremberg mais, comme les débats et témoignages
l’ont indiscutablement établi, je ne l’ai faite
qu’à propos de Katyn. Dans l’acte d’accusation, le procureur soviétique nommé par Staline affirme mensongèrement que le massacre de 11 000 officiers polonais est le fait
des Allemands. S’agissant des chambres à
RIVAROL : Vous sortez de deux jours
d’un procès physiquement et nerveusement épuisant qui s’est achevé le mercredi 8 novembre à minuit. Quelles
impressions en gardez-vous ?
BRUNO GOLLNISCH : C’est un procès
où Kafka le dispute à Ubu ! Tout s’est
résumé à un aphorisme diabolique : Gollnisch est négationniste parce qu’il est antisémite et il est antisémite parce qu’il est
négationniste ! Or, j’affirme que si je
conteste la loi Fabius-Rocard-Gayssot,
d’inspiration stalinienne, et milite pour son
abrogation, conformément au programme
du Front national et comme l’ont demandé
il y a moins d’un an un certain nombre d’historiens éminents, je ne l’ai nullement
enfreinte. Contrairement à ce qu’on lit ici ou
là, je n’ai jamais fait de déclaration ex cathedra sur les chambres à gaz homicides. Sougaz, j’ai simplement évoqué la controverse
Noir-Wellers En 1986, sur Europe 1, Michel
Noir, alors maire de Lyon, avait affirmé que
son père, déporté à Mathausen, lui avait
raconté avoir vu des chambres à gaz. Or,
l’historien Georges Wellers, ancien déporté
racial, lui avait rétorqué en direct que c’était
impossible car il n’y a jamais eu de
chambres à gaz dans ce camp de concentration et non pas d’extermination. J’avais par
erreur mis cette déclaration sur le compte de
Claude Lanzmann ; et de toutes façons je me
garderai de me prononcer sur ce point.
R. : A l’exception de Florent Dessus,
directeur de l’hebdomadaire lyonnais
Vox, les six journalistes qui se sont succédé à la barre ont plutôt chargé la
barque. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
B.G. : Quand on met bout à bout les
témoignages de ces journalistes, on arrive
cependant à reconstituer presque tout
l’entretien, auquel il manque encore leurs
questions, ce qui n’est pas rien ! Tous
n’ont pas été odieux, tant s’en faut. Celui
du Progrès a été correct. Mais par
exemple Bernard Fromentin, ancien de
Libération, s’est cru autorisé à déposer,
non pas tant sur les faits, que sur les
intentions qu’il me suppose, ou la stratégie du Front National, qu’il invente de
toutes pièces ! Je suis littéralement effaré
par l’attitude de ceux des journalistes qui
se comportent ainsi, non en témoins
impartiaux, mais en adversaires politiques, acceptant même de se transformer
en indicateurs de police en allant déposer
contre moi auprès de l’officier de la brigade criminelle de Lyon au cours de l’enquête préliminaire et en remettant même,
pour plusieurs d’entre eux, leur carnet de
notes ! Si j’avais été journaliste et que
j’avais interrogé un homme politique mis
ultérieurement en cause par la justice
pour les propos qu’il a tenus, et même si
je les désapprouvais totalement, jamais je
n’aurais accepté d’aller dire quoi que ce
soit à la police ! Certains hommes de
presse se targuent de déontologie alors
qu’ils se comportent de manière parfaitement indigne !
Par ailleurs, l’oralité des débats a permis de montrer de manière éclatante les
contradictions entre les différentes versions des journalistes. Aucune version
n’est identique. Ce qui n’est pas étonnant
puisque la conférence de presse n’a été ni
enregistrée ni filmée. Comment voulezvous que plus de deux ans après les faits
quiconque se souvienne exactement de ce
qui a été dit ? Des journalistes qui ont
témoigné sous serment à la barre ont
affirmé péremptoirement des choses
contradictoires. Voyez le sérieux de l’accusation !
R. : Les parties civiles et le procureur
de la République ne vous ont pas non
plus ménagé, c’est le moins que l’on
puisse dire…
B. G. : En effet, les uns et les autres
n’ont eu de cesse de procéder par amalgames, en tronquant les citations, en les
sortant de leur contexte, en essayant de
prouver ma culpabilité à cause de mes
fréquentations, de mes arrière-pensées ou
parce que, interrogé à l’audience sur des
auteurs qualifiés de “négationnistes”, j’ai
dénoncé le caractère odieux et contreproductif pour la manifestation de la
vérité des persécutions subies notamment
par un Jean Plantin, un Henri Roques ou
un David Irving.
On ne recule devant aucune manipulation. Première manip’ : on oublie de dire
que, si j’ai parlé des chambres à gaz,
c’est à propos de la controverse NoirWellers. Deuxième manip’ : dans les
articles de presse, on omet de mentionner
que c’est à propos de Katyn que j’ai parlé
de Nuremberg. Troisième manip’ :
Le Monde fait sauter l’adverbe “intégralement” dans ma phrase : « il n’y a aucun
historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du tribunal de
Nuremberg ». Et affiche le sous-titre
dévastateur : « M. Gollnisch émet des
doutes sur l’existence des chambres à
gaz ». Quatrième manip’ : Libération
publie la phrase amputée de la référence
à Katyn et du mot intégralement avec la
Les 7 et 8 novembre, le délégué général du Front
national comparaissait devant la 6e chambre du
tribunal correctionnel de Lyon présidée par Fernand Schir pour « contestation de crime contre
l’humanité ». Il lui était reproché d’avoir tenu des
propos ambigus sur les chambres à gaz lors d’une
conférence de presse, au siège de la fédération FN
du Rhône, le 11 octobre 2004. Le procureur
adjoint Bernard Reynaud a requis contre lui
10 000 euros d’amende et la publication, aux frais
du prévenu, du jugement dans les huit publications représentées par des journalistes lors de la
conférence de presse incriminée. Quant à l’avocat du MRAP, il a carrément réclamé contre Gollnisch une peine de prison ferme.
Les parties civiles étaient d’ailleurs fort nombreuses : le MRAP (à la fois le comité du Rhône
et l’association nationale), SOS Racisme (section
départementale et siège national), la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), la Fondation pour la mémoire de la déportation, l’Union
nationale des internés et déportés. Me Alain Jakubowicz représentait la LICRA, l’Union
des étudiants juifs de France (UEJF) et l’Amicale des déportés d’Auschwitz-Birkenau,
des camps de Haute-Silésie et des militants du souvenir du Rhône. A la stupéfaction
générale, et à la grande fureur des autres parties civiles, il s’est désisté après six heures
d’audience, au cours du procès, dès que le numéro deux du FN a accepté personnellement une déclaration consignée par la greffière à la demande de l’avocat de la LICRA,
reconnaissant que « l’extermination organisée des juifs d’Europe par le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale constitue un crime contre l’humanité non contestable
perpétré notamment par l’utilisation des chambres à gaz ».
Jugement le 18 janvier 2007.
légende d’une photo représentant l’entrée
du camp d’Auschwitz. C.Q.F.D.
Tout est de la même veine !
R. : Précisément Me Alain Jakubowicz
s’est retiré du procès après votre reconnaissance explicite de l’“Holocauste”,
indiquant à la sortie de l’audience : « Cet
aveu public est la plus belle des victoires
qui puisse être faite aux parties civiles ». Et
Le Progrès du 8 novembre a titré en une :
« Shoah : Gollnisch admet le crime ».
Après deux ans de lutte acharnée et la
perte pour cinq ans de votre chaire à
l’université Lyon III, n’avez-vous pas
l’impression d’un formidable gâchis ?
B.G. : Me Jakubowicz prétendait que, si je
faisais une telle déclaration, il en serait
“satisfait”. Je l’ai poussé dans ses retranchements jusqu’à ce qu’il veuille bien admettre
que “satisfait”, pour une partie civile, cela
ne pouvait avoir d’autre sens que de se retirer de l’audience. Il serait apparu d’une
totale mauvaise foi s’il ne l’avait pas fait. Il
faut bien qu’il exprime sa satisfaction, ne
serait-ce que par rapport à ses clients qu’il
n’a pas eu le temps de consulter avant de
s’engager ainsi.
LIBERTÉ POUR L’HISTOIRE !
Si vous vous reportez aux quelques
réponses et déclarations publiques que j’ai
pu faire depuis vingt ans sur tout ce qui
touche à la Seconde Guerre mondiale, vous
n’en trouverez aucune où je nie l’existence
des chambres à gaz homicides. En ce sens,
il n’y a donc rien de nouveau.
En revanche, j’étais et je demeure plus que
jamais favorable à la plus totale liberté de
recherche et d’expression sur tous les sujets.
Reconnaître sans équivoque un événement
est une chose ; interdire d’en discuter sous
peine de sanctions pénales en est une autre.
Ceci vaut aussi bien pour l’histoire de la
deuxième guerre mondiale que pour celle de
la première (massacre des Arméniens) ou de
la décolonisation. Je trouve donc tout à fait
scandaleux que, dans des pays qui se disent
attachés aux libertés et au pluralisme, l’on
condamne à des amendes ruineuses, des
dommages et intérêts exorbitants, voire pire
encore à des peines de prison des historiens
et des chercheurs dont les travaux et les
conclusions ne sont pas conformes aux
dogmes de l’histoire officielle.
Propos recueillis par
Jérôme BOURBON.
Bruno Gollnisch : “Un procès où Kafka le dispute à Ubu”
Alors que Michèle
Alliot-Marie s’apprêtait à témoigner (onze
heures durant) devant
les juges Henri Pons
et Jean-Marie d’Huy
sur son implication
éventuelle dans la
ténébreuse affaire
Clearstream, on apprenait une nouvelle
incroyable : les agendas 2003 et 2004 de
Dominique de Villepin, dont les mêmes
magistrats avaient demandé communication afin de vérifier les affirmations du
général Rondot, chargé d’une enquête
sur Sarkozy, sur ses rencontres avec le
ministre, n’auraient « pas été conservés ». Et
détruits également les agendas des secrétaires particulières du ministre quand
celui-ci officiait au Quai d’Orsay. Il paraît
que cela correspondrait « aux pratiques suivies depuis de longues années dans ce ministère ».
Possible, mais très stupéfiant, surtout
pour une période si récente. Une chose
est sûre : Villepin ne pourra plus désormais publier ses Mémoires de diplomate
puisque des pièces essentielles lui manqueront. En tout cas officiellement.
Déjà, d’ailleurs, sa mémoire flanche : à
l’occasion de sa visite à Colombey, le
Premier ministre, dont le père était en
poste à Caracas, s’est vanté d’« avoir joué
sur les genoux du Général, à l’occasion d’un
voyage de Charles De Gaulle en Amérique
latine ». Villepin est né en 1953,
De Gaulle se rendit au Venezuela en
1964. 11 ans, c’est un peu vieux pour
jouer sur les genoux d’un étranger.
Villepin en flag’ de mensonge
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CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K
AGENDA ☞ 17 novembre à Paris 14e (Cité internationale universitaire, Fondation Deutsch de la Meurthe, 37 bd
Jourdan). « De Ronsard à Eluard », récital de poésie
par Philippe Lejour, ancien de la Comédie Française.
Soirée organisée par Anne Brassié et Didier Rochard.
Entrée libre.
☞ 18 novembre à Paris 13e (librairie Primatice,
10 rue Primatice, de 14h30 à 18h). Georges Dillinger signe son livre : « Désacralisée, la France
devient folle ».
☞ 18 novembre à Sint-Pieters-Leeuw (Bruxelles
Ring ouest, sortie 16, Château Coloma, de 12h30 à
19h). Journée « Solidarité des Européens » avec
H. van Laethem, F.-X. Robert, R. Steuckers, A. Escada,
O. Bonnivard, P. Vial, etc. Rés. 03/236-76-49 ou
0472/28-10-28 ou <georges.hupin@skynet.be>.
☞ 19 novembre à Paris (Notre Dame, 15 h). Messe
en mémoire des millions de victimes des famines
organisées en Ukraine (1921-1922 et 1932-1933).
☞ 20 novembre à Paris 5e (Mutualité, 20 h). Soirée de
conférences sur le thème « La Tradition, notre bien commun », organisée par l’Institut du Bon Pasteur. Part.
10 €. Rens. Centre St-Paul, 12 rue St-Joseph, 75002
Paris. 01-40-26-41-78 ou <ordistpaul@free.fr>.
☞ 23 novembre à Paris 16e (Place du Trocadéro,
19 h). Rassemblement à l’appel du collectif « Souviens-toi de Budapest ». Rens. <victoire34@europaegentes.com>.
☞ 24 novembre à Mézières-sur-Oise (« Le Robinson », 20 h). Dîner-débat avec Marine Le Pen. Part.
20 €. Rés. FN-Aisne : 03-23-67-65-95.
☞ 24 novembre à Paris 5e (St-Nicolas du Chardonnet, 19h15). Messe célébrée par l’abbé Beauvais à la
mémoire du général Franco. Cercle Franco-Hispanique, 4 bis rue Caillaux, 75013 Paris.
☞ 25 novembre à Paris 7e (salle municipale, 7 rue
Jean Nicot, de 11 à 17h30) et 26 novembre à Rambouillet (hôtel Ibis Le Bel Air, RN10, de 11 à 17h30).
Journées du Livre sur l’œuvre française et l’armée
en Afrique du Nord organisées par Mémoire de notre
Temps. Nbreux auteurs présents.
☞ 25 novembre à Sion (hôtel Ibis, Avenue GrandChampsec 21, à 17h15). Assemblée Générale du Mouvement Chrétien Conservateur Valaisan. 18h30 : conférence de Me Eric Delcroix sur « Décadence du droit,
partialité du juge et viol des consciences ». 20h30 :
repas (35 FS + boissons). Rés. au Mouvement, CP 200,
CH-1926 Fully. Tél. 027/746-31-76 ou 078/ 634-77-07
N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 5
E N L’AN de grâce 2006, la couleur
du socialisme français n’est plus
celle du drapeau rouge : c’est le
jaune des panneaux de circulation restreinte, et son mot d’ordre n’est plus « A
bas la bourgeoisie ! » — quoi de plus
“bobo” (“bourgeois-bohème”) que les
socialistes parisiens ? — mais “Déviation”, « Voie unique » ou « Circulation
alternée ». Quand on arrive dans une ville,
à quoi reconnaît-on qu’elle a un maire
socialiste ? A ce qu’elle met
en place un tramway — et ça
se voit tout de suite : non
seulement les automobilistes, race honnie (au fait,
est-ce que Delanoë va à son
bureau à pied ? ou à vélo ?),
mais aussi les piétons sont
contraints à des cheminements labyrinthiques, et ce n’est pas par
humilité que les gens y ont les yeux baissés : c’est pour ne pas se tordre les pieds.
Il y a, c’est vrai, quelque chose d’authentiquement socialiste là-dedans : on nous
promet un avenir radieux. Aujourd’hui on
s’empoisonne la vie, mais quand viendra
le Grand Soir de l’inauguration, alors, là,
qu’est-ce qu’on va s’éclater !
PLUS D’IMPÔTS,
PLUS DE POLLUTION,
DANS DES VILLES PARALYSÉES
Certes, il n’y a pas que les tramways
socialistes à être empoisonnants : celui de
Juppé à Bordeaux, a accumulé les
déboires. Maintenant il marche bien, nous
dit-on — et les électeurs n’en ont pas
voulu à Juppé, ce qui doit rassurer Delanoë
et ses émules. Mais quels sont les avantages du tramway ? Un seul : il transporte
beaucoup de voyageurs (sur les boulevards
des Maréchaux, à Paris, le tram, de 43
mètres de long, pourra transporter 304 personnes, contre 100 dans un bus assurant le
même parcours aujourd’hui) moyennant
peu de personnel de service ; grande économie en budget de fonctionnement —
théoriquement, car le jour de sa mise en
service, la R.A.T.P. et les autres régies de
transports publics vont-elles mettre à la
porte les chauffeurs de bus surnuméraires ?
C’est statutairement et socialement impossible. Alors, que devient l’économie de
personnel ? En revanche, l’investissement
(en achat de matériel, et surtout création de
voies), bien supérieur à ce qu’aurait coûté
un simple renforcement des bus, va peser
longtemps sur le budget des malheureuses
villes roses : selon 20 minutes du 16/10,
l’endettement de la capitale, par tête d’habitant, aura augmenté de 55 % pendant la
mandature de Delanoë — qui, selon
Le Parisien du 17, est « d’accord pour une
hausse d’impôts en 2008 », c’est-à-dire
une fois réélu.
La pollution ? Le tramway, indirectement
mais indéniablement, l’aggrave, en obligeant les voitures à rouler au pas (ah, à
Paris, les boulevards des Maréchaux pentrois fois moins souvent. Une manif (et
Dieu sait si elles sont fréquentes !) ? On
détourne le bus. Allez détourner le tram…
Et quand les rails sont gelés, plus de tram
(voyez Grenoble en hiver).
ET LES ACCIDENTS ?
Et puis, faire circuler un train en pleine
ville — car c’est bien de cela qu’il s’agit —
n’est pas sans danger. Les accidents de bus
sont rares, et rarement graves : le bus
manœuvre pour éviter l’obstacle, et il freine
efficacement. Le tramway ne peut faire ni
l’un ni l’autre (autrefois, le wattman avait à
sa disposition un levier pour lâcher du sable
devant ses roues en cas d’urgence !) ; les
accidents seront
sans doute rares,
mais s’il y en a, ils
seront graves. Dans
les grandes avenues avec circulation de tramways et
de voitures, les uns
et les autres en
double sens, la
signalisation par
feux tricolores est
différente pour les
uns et les autres, ce
qui risque d’égarer
le piéton et met sa
vie en danger.
Un tramway peut
rendre service ici
ou là, et sans doute
tel ou tel de nos
lecteurs nous dirat-il qu’il est satisfait de celui qui
passe devant chez
lui. Celui de Strasbourg, ancêtre des
autres tramways
socialistes, reste
discret. Au
contraire, leur multiplication va compliquer la vie de
tout le monde. Connaissez-vous Amsterdam ? Au sortir de la gare, l’enchevêtrement
des voies panique le touriste, qui craint de
revenir de là avec un pied en moins.
En fait, la seule utilité des trams socialistes est politique : ils cimentent les majorités de gauche, en empêchant les Verts de
faire défection (1). Et les communistes euxmêmes deviennent sensibles à la démagogie écolo : l’une des « 119 propositions »
du parti communiste pour 2007 laisse
entrevoir l’abandon du nucléaire, ce qui
nous mettrait à la merci du gaz russe et
algérien. En outre, le mot “socialisme” ne
recouvrant plus aucun contenu, reste l’écologie, ou du moins cet ersatz tapageur et
coûteux, symbolisé par le « gazon
maudit » de Delanoë, type du gadget-alibi,
qui flatte l’électorat urbain “bobo” des
nouveaux beaux quartiers (Bastille,
VIe arrondissement de Paris…) à qui il
donne bonne conscience et qu’il ne gêne
pas, car ceux-là travaillent sur place.
●
Il y a longtemps qu’en ville on ne prend
pas la voiture par plaisir : depuis plusieurs
décennies c’est devenu une galère. Prétendre que les banlieusards mal desservis
par le train ou la R.A.T.P. pour leur travail
à Paris vont laisser leur voiture à un terminal pour prendre le tram est une utopie. On
gardera les embouteillages — aggravés —
et on aura les inconvénients du tram à la
place des commodités du bus (sans parler
de la surveillance que le chauffeur du bus
exerce, tant bien que mal, sur les voyageurs turbulents.).
Les socialistes avaient promis de « changer la vie » : oui — en pire.
Laurent COLLIGNON. _____
(1) Et même pas toujours : à la mairie de Paris,
l’imprévisible Vert Contassot vient de créer un
incident en s’opposant à l’abattage d’un arbre
sacrifié par le Vert Baupin au profit du tramway.
Ainsi jadis Maurras avait-il, par sa protestation,
sauvé un platane qui ombrage aujourd’hui
encore un quai de Seine…
dant les travaux — et encore après, quand
la surface de circulation est définitivement
réduite ! — et à Toulouse, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Le Mans où OuestFrance vient de consacrer une page au
désespoir des commerçants et de leurs
salariés…) D’ailleurs, contrairement à une
idée reçue, la circulation automobile
compte peu parmi les facteurs de
pollution — et si l’on voulait absolument
renoncer au pétrole, pourquoi pas le trolleybus ?
De toute façon, le tramway est très inférieur à l’autobus (et au trolleybus) pour la
souplesse. D’abord, la fréquence des passages : si un tram transporte l’effectif de
trois autobus, cela signifie qu’il passera
Depuis le 6 novembre, il est interdit aux
passagers des avions de prendre en cabine
des flacons (de lait démaquillant par
exemple) ou des tubes (de dentifrice) d’une
capacité supérieure à 100 ml, ces échantillons devant de plus être placés dans un
sac transparent scellé. Pas question, donc,
de se munir d’un quart d’eau minérale pour
affronter les retards prévisibles… Ces précautions, qui occasionnent des queues
impressionnantes, peuvent du reste se
révéler inutiles : du moment que des bars
restent ouverts en zone d’embarquement,
qu’est-ce qui empêchera un serveur complice de glisser un flacon de liquide explosif à un consommateur, ou à une « technicienne de service » de refiler discrètement
un produit verboten à un passager ?
Ces mesures draconiennes ont été adoptées dans l’Union européenne, y compris
sur les vols intérieurs des pays membres, à
la suite des attentats islamistes paraît-il en
préparation à l’aéroport londonien d’Heathrow où ils auraient fait, en cas de succès,
des centaines de victimes.
Toutefois, comme l’a rappelé à juste titre
Jean-Gilles Malliarakis sur son site
<europe.libre.com>, « ce sont les hommes
et non les tubes dentifrices qui sont porteurs de violence ». A preuve « l’horrible
affaire des incendiaires du bus 32 à Marseille où a été grièvement brûlée une étudiante sénégalaise » (dont l’état vient de
s’aggraver) ou encore, écrit Mallia,
« l’événement non moins scandaleux survenu dans le métro parisien le 31 octobre »
et relaté seulement par Le Parisien (du
4 novembre) : à savoir l’irruption d’une
« centaine de vandales » déchaînés sur les
lignes 4 et 12 de la RATP
entre Château-Rouge et
Marcadet-Poissonnier où ils
se sont attaqués à de paisibles usagers, insultés,
dévalisés, molestés et violentés. De manière purement
gratuite puisque, après leur
intervention, les CRS
devaient découvrir dans les
couloirs du métro « un cimetière de téléphones portables » jetés à terre et fracassés.
Aucun journal “sérieux” n’a repris l’information du Parisien, venue pourtant
« de la bouche du cheval » (des machinistes, encore traumatisés). Et pour
cause, ni la fausse droite ni la vraie
gauche n’y ayant intérêt. Villepin et Sarkozy parce qu’est une fois de plus étalée
leur incompétence à la lumière de cet
“incident” dont les victimes sont sorties
pantelantes, les Verts et le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë puisqu’ils
peuvent difficilement, après ce rezzou
d’une violence inouïe, prôner la supériorité des transports en commun.
Sécurité aérienne… et panique dans le métro
BAGAGISTES ET
DJIHADISTES ?
Il y a deux semaines, le terrible M. Sarkozy annonçait le retrait de leur accréditation pour plusieurs dizaines d’employés
de l’aéroport de Roissy « pour des raisons de
sûreté liées à des risques terroristes » ; ces salariés, pour la plupart bagagistes, auraient
en effet été fichés par la DST comme islamistes ou proches des djihadistes. Les suspects, ainsi privés techniquement de leur
emploi puisque, faute de laissez-passer, ils
ne peuvent rejoindre leur travail, protestaient aussitôt et hurlaient au racisme antimusulman, soutenus en cela par les associations habituelles et les syndicats,
notamment la CFDT.
Huit de ces employés déposaient
d’ailleurs un référé contre Nicolas Sarkozy et le préfet de Seine-Saint-Denis
devant le tribunal de Bobigny. Avec succès puisque deux d’entre eux, Abdelhamid Kalai et l’Algérien Abdelhazak
Rabehi, qui affirme avoir « été sali », ont
récupéré leur badge dès le 8 novembre, et
ce n’est qu’un début.
Si, ce qu’à Dieu ne plaise, un attentat est
commis impliquant la responsabilité
d’agents ayant accès aux soutes des
avions, qui sera responsable et coupable ?
La tramwaycratie, ou le socialisme sur les rails
Tous les deux ans ont lieu les élections des représentants étudiants dans la gestion
des Œuvres universitaires (restaurants, cités universitaires, etc.). C’est l’occasion de
mesurer l’audience des diverses confédérations étudiantes, UNEF et autres ; c’est
aussi, ce qui compte beaucoup, un critère pour la répartition entre elles des subventions de l’Etat.
En 2006, ces élections étaient fixées au mois de mars. Là-dessus est arrivée la crise
du CPE : facs bloquées, appel de l’UNEF à boycotter les élections, urnes volées et
autres “incidents” qui perturbèrent le scrutin.
Quand celui-ci fut dépouillé, on s’aperçut que l’UNEF, cette fois, n’arrivait qu’en
deuxième position, loin derrière sa concurrente apolitique, la FAGE : certes la participation électorale était moitié plus faible qu’en 2002, mais le scrutin était équitable,
des partisans de l’UNEF ayant voté malgré la consigne de boycottage, et surtout les
étudiants inquiets pour leurs examens s’étant défoulés dans les urnes à défaut de
pouvoir faire lever le blocus des cours.
Mais l’UNEF, que la répartition des subventions frappait dans ses œuvres vives,
vient d’obtenir des tribunaux administratifs l’annulation des votes dans plusieurs
Académies (Paris, Créteil, Lyon, Nancy-Metz, Toulouse, Dijon, Poitiers — et d’autres
procès sont en cours), et elle obtiendrait même des dommages-intérêts !
Ainsi les confédérations légalistes (FAGE et PDE principalement) se voient-elles
privées de la victoire qu’elles avaient obtenue en jouant le jeu loyalement, tandis que
l’UNEF obtient le droit de rejouer la partie qu’elle a elle-même sabotée ! Quelles
considérations ont pu pousser les juges administratifs à mépriser non seulement le
bon sens, mais surtout la vieille règle de Droit Nemo auditur propriam allegans turpitudinem : « Nul ne peut tirer argument de ses propres méfaits » ?
Page “Faciès” de l’album de Chard
LA FRANCE MÉTISSE DE A À Z — 5 € l’exemplaire ou 7 €
franco. Les 4 : 18 € ou 22 € franco. Dédicace sur demande.
Chèque à Editions des Tuileries: 1 rue d’Hauteville — 75010 Paris.
UNEF et tribunaux administratifs :
la prime aux fauteurs de désordre
et qu’à de multiples reprises, les différents
gouvernements israéliens se sont pourtant
engagés auprès des Etats-Unis à évacuer.
En revanche, son entrée dans le gouvernement Olmert a correspondu comme par
hasard au déclenchement de l’offensive
militaire de Tsahal à Gaza, considérée
comme un durcissement pour effrayer les
populations. On est encore loin bien sûr de
la stratégie à la russe en Tchétchénie, appelée de ses vœux par Liebermann (originaire
de Moldavie), surtout qu’à Gaza, contrairement à Grozny, il y a des journalistes.
L’image de tirs sur des femmes voilées tentant de couvrir une “évasion” d’activistes
bloquées dans une mosquée a fait le tour
du monde. Les “gros” media toujours très
féministes n’ont pas approuvé ce comportement des Israéliens, même s’il est évident que ces pauvres femmes ont, comme
pour le port du voile, été largement instrumentalisées et envoyées volontairement
vers la boucherie. Le port du niqab n’est
certes pas un brevet de pacifisme et même
de moins en moins. Une kamikaze palestinienne s’est d’ailleurs fait exploser près de
soldats israéliens dans la bande de Gaza,
blessant l’un d’eux.
« Nuage d’automne » s’est donc provisoirement retiré mais reste très menaçant dans
le ciel palestinien, qui a d’ailleurs bien du
mal à se dégager, notamment sur le plan
politique. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et les négociateurs du Hamas sont parvenus à un accord
de principe pour la formation d’un nouveau gouvernement, mais les deux parties
doivent encore régler certains détails
importants, a annoncé un ministre appartenant au Mouvement de la résistance islamique. Selon la proposition de compromis,
l’actuel cabinet dirigé par le Hamas céderait la place à un gouvernement d’experts
dans l’espoir de le rendre acceptable vis-àvis de l’Occident et de mettre un terme à
l’interruption de l’aide internationale, qui
handicape tant la direction palestinienne
depuis des mois puisqu’elle ne peut plus
payer fonctionnaires et policiers.
Ainsi le Hamas désignerait huit ministres
et le président Mahmoud Abbas quatre, les
autres portefeuilles étant distribués à des formations plus petites. Le nouveau Premier
ministre serait également désigné par le
Hamas. Attendons.
POURQUOI IL FAUT
FAIRE TAIRE SADDAM
La condamnation à mort de Saddam Hussein a renforcé le communautarisme confessionnel musulman et la fracture fanatique
entre sunnites et chiites. Ainsi les Palestiniens du Hamas dénoncent dans des manifestations cette condamnation, alors que les
chiites libanais proches du Hezbollah et
donc de l’Iran auraient plutôt tendance a
s’en réjouir. Ce procès et son issue rendent
plus difficile un front du refus entre radicaux
de confessions opposées en Irak certes, où
les zones chiites ont explosé de joie à l’annonce du verdict, mais pas seulement. Des
vétérans de la guerre Iran-Irak (1980-88)
aux officiels en passant par des jeunes qui
n’ont pas connu le conflit, l’Iran a applaudi
la peine de mort prononcée contre Saddam
Hussein, mais tout en demandant que les
crimes de guerre contre l’Iran ne soient pas
oubliés. L’an dernier, la justice iranienne a
déposé une plainte contre Saddam Hussein,
notamment pour crime contre l’humanité et
usage d’armes chimiques. Certaines puissances (suivez notre regard vers l’Elysée et
la Maison-Blanche) ne veulent cependant
pas que ce dossier soit ouvert car, dans ce
cas, elles seront aussi mises en cause pour
leur soutien à Bagdad durant ce conflit si
meurtrier, estime-t-on à Téhéran où l’on
redoute en fait une exécution rapide, commanditée depuis Washington pour que Saddam Hussein ne parle jamais de l’essentiel :
l’utilité qu’il représenta pour de nombreuses
capitales occidentales pendant les années 80
de l’autre siècle, et les appuis dont il bénéficia alors au plus haut niveau.
“NE PARDONNER JAMAIS,
N’OUBLIER JAMAIS”
Discuter du fond en prenant en compte le
contexte et toutes les responsabilités et surtout empêcher de nouveaux crimes, voilà
quelle devrait être la ligne de conduite
pour apaiser les haines qui menacent la
paix de la région et du monde. On en est
bien loin. La justice à géométrie variable
et la vengeance en robe de magistrat ont encore de beaux jours
devant elles. Ainsi en Syrie — où
la condamnation à mort de Saddam a été mal accueilli, en général malgré les rivalités entre partis baasistes —, on reparle
d’Aloïs Brunner.
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