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11/21/25

 


Rarissimes sont, il est vrai, les mariages

d’amour dans les annales royales (voir la

nomenclature de Ph. Weber), mais, paradoxalement, c’est celui que connut au

XIIIe siècle le plus chaste de nos rois,

Louis IX, avec Marguerite de Provence,

fille du comte Raymond-Bérenger V

voyer sa bru à peine veuve (en 1560)

dans son royaume calédonien dont elle

ignore tout, et qui est le théâtre de luttes

féroces entre grands féodaux catholiques

(Huntly) et protestants (dont son frère

illégitime Jacques Stewart, comte de

Moray), ces derniers excités par le fanatique John Knox.

La « Queen of Scots » était-elle taillée

pour rétablir l’ordre dans un royaume

encore très primitif, voire tribal, en proie

à des luttes religieuses encore attisées par

l’Angleterre sur laquelle régnait sa cousine Elizabeth 1ère ? Certes, par la beauté

et la stature (1,81 m, taille gigantesque

pour l’époque), Marie en imposait, mais

ses hésitations, son désastreux mariage

avec son cousin Darnley qui n’avait

d’autres qualité que d’être plus grand

qu’elle, l’assassinat de l’époux encombrant en 1567 à l’instigation du comte de

Bothwell que Marie épousa plus tard, éloignèrent peu à peu tous ceux qui auraient

pu la soutenir : arrêtée en 1567 par une

confédération de nobles écossais, la reine

qu’avait choisie pour lui la régente

Blanche de Castille. Tout à la fois

pieuse et très gaie, intelligente et

cultivée, Marguerite, de sept ans

plus jeune que le futur saint Louis,

lui donnera onze enfants et, même

enceinte, n’hésitera pas à le suivre

aux Croisades où elle fit preuve

d’un étonnant courage et d’une

détermination sans failles quand le

roi fut capturé. Dans la très vivante

biographie qu’elle consacre à cette

princesse aussi méconnue que

“moderne” (3), Christiane Gil

montre combien les époux se complétaient et combien, dans certaines

situations difficiles, Louis fut aidée

par Marguerite à laquelle on ne peut

reprocher que deux choses : le désir

de récupérer le comté de Provence

et son affection pour sa sœur Eléonore,

épouse de Henry III d’Angleterre. Toutes

choses fort légitimes mais pouvant porter

préjudice aux intérêts du royaume. Toutefois, Christiane Gil s’interroge : certaines

initiatives aventurées de Marguerite, visà-vis de Londres notamment, ne lui

auraient-elles pas été soufflées par Louis ?

Celui-ci, en partance pour la 8e Croisade, mourut à Tunis en 1270. Brièvement régente au côté de son fils

Philippe III, la Provençale s’éteignit en

1295 à l’âge canonique de 74 ans, ayant

multiplié les bonnes œuvres.

Une existence bien différente de celle

de Marie Stuart (voir portrait ci-contre)

dont René Guerdan vient de publier une

passionnante biographie (4). Epouse de

notre roi François II, “Mairi” (en gaélique écossais) était aussi française par sa

mère Marie de Guise, et c’est sans doute

dans notre pays que la fille de Jacques V

d’Ecosse (qui mourut en 1542 alors

qu’elle n’avait que six jours, lui laissant

le trône) connut ses seules années de bonheur, même si François II était un avorton et sa belle-mère la redoutable Catherine de Médicis qui n’eut de cesse de rend’Ecosse dut abdiquer en faveur de son

fils Jacques, âgé d’un an. Vaincue en 1568

à la bataille de Langside, elle fit le bien

mauvais choix de s’enfuir en Angleterre

où elle se retrouva bientôt assignée à résidence, et pendant dix-huit ans, sous la

garde du comte de Shrewsbury.

Les multiples complots — avec projets

d’attentat contre Elizabeth — qu’elle ourdit alors avaient-ils quelque réalité ou

furent-ils au contraire fabriqués par ses

ennemis ? Reste qu’après avoir fait

montre d’une étrange patience, la reine

d’Angleterre décida d’en finir avec l’exreine d’Ecosse, qui fut exécutée au château le 8 février 1587 comme suspecte

dans la participation d’un énième complot.

D’abord enterré dans la cathédrale de

Peterborough, son corps repose à dix

mètres de celui de sa cousine à laquelle la

liait une détestation-fascination dont

R. Guerdan montre bien l’extrême complexité. Une semaine après avoir proclamé

« Oui, je la ferai décapiter ! », Elizabeth

ne sévit-elle pas contre tous ses ministres

ayant participé à la liquidation de Marie ?

Evidemment réaction de défense, tous les

gouvernements européens ayant été scandalisés par l’exécution de Marie Stuart.

Mais la France, qui cria le plus fort,

n’avait-elle pas abandonné à son sort l’infortunée veuve de François II ? Une trahison comme il s’en est hélas beaucoup

commis dans notre histoire. Et pas seulement sous la monarchie…

Jacques LANGLOIS. _____

(1) Les Reines de France, par W. Weber,

Librio, 94 pages, 2 €.

(2) Anne d’Autriche, par M-C. Vignal Souleyreau, 231 pages avec index. Ed. Flammarion.

(3) Marguerite de Provence par Ch. Gil, 240

pages avec chronologie, arbres généalogiques

et illustrations, 21 €. Ed. Pygmalion.

(4) Marie Stuart par R. Guerdan, 332 pages

avec notes et illustrations, 21 €. Ed. Pygmalion.

A signaler la publication chez le même éditeur

de Caroline Bonaparte (300 pages, 19,90 €),

biographie de Florence Vidal qui nous avait déjà

donné l’an dernier un intéressant portrait d’une

autre sœur de l’empereur, Elisa.

N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 15

Télévision

Brelan de reines

Récemment, sur un plateau de télévision, étaient servis des fruits délétères

parfumés par les effluves embaumés de

la médiocrité culturelle. En effet, on

entendit au sujet de Jacques Chardonne :

« Ecrivain pour

notaire » ! Hélas,

notre ère, pétrie

dans le moule de

l’ignorance et ainsi

peu propice aux

charmes de la

contrepetterie, ne

sait plus apprécier Le Bonheur de Barbezieux. Les cafards à lunettes de la culture

métissée se montrent particulièrement

voraces pour bouffer le papier blanc du

talent.

« Ecrivain pour notaire » ? Tout a commencé ainsi : Jacques Chardonne (JeanJacques Boutelleau), né à Barbezieux en

1884, était héritier de marchands de

cognac. Et tout naturellement, l’ivresse

du terroir (je pense à notre cher A.D.G.)

le fit grandir dans un art de vivre. Peu de

lycéens et d’étudiants lisent Chardonne.

Chardonne ?… connaît pas. C’est qui

ça ? Dommage. Cet écrivain était un

grand styliste, beaucoup apprécié par un

président de la Ve République, Mitterrand pour ne pas le nommer.

Sur le même plateau de télévision, un

autre fruit pourri était servi. Un fruit de

mer, encore plus délétère. On entend une

voix « Céline : un pourri. » Une autre

voix : « Céline, il est responsable de la

mort de Robert Desnos » ! Ça devient de

plus en plus pourri. Sur le plateau, les

fruits de mer clapotent et remettent leurs

capotes. Ils ont froid. Le monstre est là,

toujours venimeux, toujours fécond, toujours prêt à envahir les esprits purs des

lycéens et des étudiants. Robert Desnos ?

Il s’était engagé dans la résistance ; il fut

arrêté et déporté. Par la volonté des Allemands, par la politique allemande. Céline

ou pas Céline, cela n’aurait rien changé

aux faits. Céline ne pouvait pas changer

la politique allemande. Il pouvait faire

des choix, choisir de ne pas dénoncer des

voisins juifs ; il n’a pas dénoncé ses voisins juifs. Peu importe, « Céline : un

pourri. »

Certains, avec regrets, reconnaissent

que Céline était un créateur de langage,

mais refusent tout mérite à Robert Brasillach qui ne serait qu’un écrivain de

seconde zone. Quand on étudie bien Le

Marchand d’oiseaux ou Comme le temps

passe, on se rapproche plutôt de la zone

d’excellence. D’ailleurs, un autre président de la Ve République (Pompidou), à

l’époque où il était professeur, avait proposé à ses étudiants Comme le temps

passe… Hélas, les temps ont changé. Sous prétexte de lutter contre la bête immonde,

notre époque voit germer les cabotins,

agents de déliquescence de la véritable

littérature. Dans un monde qui doit être

soumis aux forces obscures de la science,

de la technique, du matérialisme effréné,

de l’individualisme forcené, on réduit les

esprits libres à une forme de silence.

Mais ces esprits libres préservent le

secret. Le secret de la littérature est dans

le secret du bonheur. Jacques Chardonne

et Paul Morand, écrivains du secret, sont

des fruits exquis qui mûrissent pour

l’éternité, loin de l’agitation de la ténébreuse modernité.

Jacques DOUAI.

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2006

Jérôme BOURBON : Abolition de la peine de mort, progrès ou recul de la civilisation ? — René BLANC : Sarkozy : programme écologique de “rupture” ou stratégie d’esbroufe ? — Georges MAÎTRE : “Indigènes”, le bobard comme un art

orwellien — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES LIVRAISONS — Jean CURUTCHET : Quelle paix pour le Pays basque ? — Carrefour des lecteurs — Xavier

EMAN : Savorgnan de Brazza, un héros très discret — Frédéric BARTEL :

Antoine de Rivarol, chroniqueur, pamphlétaire et moraliste — Nikita PROCOFIEFF : Les favorites de la IIIe République — Patrick LAURENT : Du frivole au

pompier — Bibliothèque — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

Fruits pourris

Chard sur la Toile

Allez donc vous délecter des caricatures de Chard auxquelles un de ses

admirateurs, fervent lecteur de RIVAROL, vient de consacrer un site, déjà

très fréquenté :

<http://dessinsdechard.free.fr>

C’EST une conjuration !

Le 8 novembre, toute

l’Autriche était en émoi

après que le nouveau

député FPÖ Wolfgang

Zanger, 37 ans et élu de Styrie, eut

déclaré tout de go lors d’un débat dans

l’émission “Report” : « Bien entendu que

le nazisme a eu des bons côtés, seulement nous ne voulons plus les voir

aujourd’hui » — alors qu’il est permis et

même recommandé d’exalter les bons

côtés, et même les mauvais, du communisme.

Mais l’émotion s’était à peine apaisée

que des cris d’orfraies retentissaient à

nouveau. Cette fois en Italie où Tommaso

Coletti, président de la province de

Chieti, a choisi le slogan « Le travail

rend libres » pour les dépliants et les

encarts publicitaires vantant les Centres

pour l’emploi de sa province. Les démocrates lui ayant immédiatement reproché

cette récupération inconsidérée de la

phrase fatale inscrite sur le portail d’Auschwitz, « Arbeit macht frei », le signor

Coletti, qui ne doit pas lire souvent les

livres de Primo Levi, répondit tranquillement : « Je ne me souviens pas où j’ai lu

cette phrase mais c’est une de ces citations qui vous frappent immédiatement,

parce qu’elles renferment une immense

vérité. »

Devant tant d’ingénuité, le Congrès juif

mondial justement réuni à Paris (voir

page 5), était encore coi de stupeur que

des States arrivait le 11 novembre une

atteinte imprévue aussi bien que mortelle

puisque d’innocents enfants en étaient la

cible. En Caroline du Nord, histoire de

mieux “motiver” l’équipe de foot du

lycée de Forestview qui devait affronter

le team du lycée catholique de Charlotte,

l’entraîneur avait diffusé 90 secondes

durant le passage d’un discours de

Joseph Goebbels incitant les ados à se

battre comme des lions, « vers la victoire ». Ce qui a d’ailleurs été le cas :

ainsi dopés par les mâles accents du feu

Reichspropagandaminister, les joueurs

de Forestview l’ont emporté 1 à 0.

Mais on imagine l’indignation de

l’Anti-Defamation League devant ce

assommé à coups de

pied, arrosé d’essence et

brûlé vif. Un crime sordide mais surtout un

crime racial, que notre

journal fut le seul à évoquer en France.

Quelques jours plus tard,

un autre indigène devait

subir à peu près le même

sort, les tortionnaires

étant cette fois des

demandeurs d’asile irakiens qui, de leur propre

aveu, se promenaient en

cherchant « quelqu’un à

tabasser ». Le sort

tomba sur Lee Massey,

15 ans lui aussi, mais qui

a survécu. Hélas très

diminué mentalement à

la suite de polytraumatismes crâniens. Et c’est

seulement la semaine dernière que les trois

Irakiens ont été identifiés et incarcérés. En

effet, souligne The Sunday Times, « l’enquête de police fut paralysée par la “Political Correctness” car les officiers redoutaient

que la divulgation de l’attaque si bestiale

d’un adolescent blanc par des demandeurs

d’asile suscite des tensions raciales dans un

secteur déjà très agité ».

« Si notre Lee avait écrasé l’un de ces Irakiens, il aurait été arrêté aussitôt et envoyé

en prison pour le restant de sa vie », accuse

de son côté la mère du jeune martyr. Mais le

numéro un de la police britannique, sir Ian

Blair, qu’on avait beaucoup vu après les

attentats de Londres, accuse en revanche la

presse du royaume d’être, mais si, « institutionnellement raciste ».

Sans doute préfère-t-il ignorer que, sur les

58 personnes tuées entre 1995 et 2004 outreManche « en raison de la couleur de leur

peau », on comptait plus de la moitié de

Blanc(he)s. Quant aux Britanniques de

souche agressés pendant la même période,

ils seraient 92 000, soit près de cinq fois

plus nombreux que les Blacks ou les Asians

victimes du racisme. Et les sévices subis

sont bien plus cruels que le coup de boule

donné au Sénégalais du Mans.

UN BON GUARDIAN…

CONTRE LA LOI GAYSSOT

Quelques semaines avant que le The

Sunday Times n’étrillât ainsi le Racialement Correct, le quotidien travailliste The

Guardian avait épinglé les députés français, tout fiérots d’avoir voté la loi interdisant sous peine d’amendes colossales de

nier le génocide des Arméniens par les

Turcs. « Il est grand temps, pour l’Europe, de détruire des tabous, et non d’en

créer de nouveaux. Au lieu de criminaliser le déni de génocide arménien, il faudrait décriminaliser le déni de l’Holocauste », titrait ainsi l’éditorialiste Timothy Garton Ash le 19 octobre avant de

ridiculiser « le philosophe français Bernard-Henri Lévy » qui « se livre à d’impressionnantes contorsions intellectuelles

afin d’expliquer pourquoi il s’opposait à

toute loi restreignant les critiques envers

la religion, tout en soutenant celles qui

interdisent le négationnisme. Une chose

est, disait-il, de remettre en question une

croyance religieuse, mais nier un fait historique est une tout autre chose. Mais ça

ne marche pas. Les faits historiques sont

établis, précisément, grâce au fait qu’ils

sont discutés et testés ab absurdo. Sans ce

processus de mise à l’épreuve — allant

jusqu’à, y compris, l’extrémité révisionniste du déni total — nous n’aurions

jamais découvert quels faits sont véritablement incontestables ».

Les “contorsions” de BHL me sont revenues en mémoire le 14 novembre après l’annulation par la Cour de cassation d’un arrêt

interdisant une affiche publicitaire inspirée

de « La Cène » de Léonard de Vinci, au

motif qu’elle constituait une injure aux sentiments des catholiques. En première instance puis en appel, les magistrats parisiens

saisis par l’épiscopat avaient estimé en avril

2005 que cette campagne, destinée à faire

vendre les fringues des “créateurs” Marithé

et François Girbaud, faisait « gravement

injure aux sentiments religieux et à la foi des

catholiques » et que « cette représentation

outrageante d’un thème sacré détourné par

une publicité commerciale causait un

trouble manifestement illicite ». “Censure”

bruyamment dénoncée par plusieurs associations de défense des Droits de l’homme.

L’ENFANT DE MARIE

ET SON COME-BACK

La décision des juges de Casse vient évidemment un peu tard pour nos “créateurs”

dont la collection vantée (nolens volens) par

le divin Léonard doit être aujourd’hui

passée… de mode. Mais les Girbaud,

qui avaient ouvert la Cène au sexe

faible en féminisant certains apôtres

sur l’affiche controversée, vont pouvoir prendre leur revanche : en Allemagne, et ça ne saurait tarder de ce

côté-ci du Rhin, La Bible dans une

langue juste (sic) réserve quelques

surprises. En effet, Jésus ne dit plus le

Pater mais s’adresse à « Notre Mère

et Notre Père qui êtes aux Cieux »,

avant de « faire son come-back », ce

qui est évidemment plus géant que de

ressusciter. D’ailleurs, il n’est plus le

“Seigneur”, appellation tout à la fois

trop aristocratique et trop virile, ni

même le “fils” de Dieu, mais simplement son “enfant” afin de ne choquer

ni les demoiselles ni, suppose-t-on, les

transsexuelles. De même le fils de

Marie (ou l’enfant de Marie ?)

s’adresse-t-il systématiquement à ses

« frères et sœurs », et si, dans cette

édition proposée à la foire de Francfort où

elle s’est vendue à 20 000 exemplaires en

deux semaines, il évoque « le diable », il se

garde bien de parler de “diablesse”, tout ce

qui est féminin étant par définition au-dessus de tout reproche. Ainsi que tout ce qui

relève du judaïsme que La Bible dans une

langue juste (toujours sic) dont la maîtresse

d’œuvre est du reste une pastoresse, Frau

Hanne Köhler, s’emploie à réhabiliter. Ou

plutôt à placer über alles. Bien entendu, certains ont, tel Der Spiegel, aussitôt raillé le « politiquement correct » de l’entreprise par rapport à la vérité

historique, et surtout la sottise de ses

concepteurs. Mais au jour d’aujourd’hui,

avec les lois que nous subissons de ce côtéci du Channel, mieux vaut être accusé de

blasphème que de risquer l’ergastule qui

attend le député du FPÖ, catalogué nostalgique du nazisme pour un constat que Churchill avait fait pas mal d’années avant lui,

en regrettant d’avoir « tué le mauvais

cochon ».

Chronique de quelques blasphèmes

dérapage, se fût-il produit dans un bled

paumé du Vieux Sud.

QUI SONT LES BRUTES

RACISTES ?

A propos de foot, non pas américain mais

bien de chez nous. Vous avez forcément

entendu parler de ces supporteurs du Paris

Saint-Germain qui, accompagnant leur

équipe au Mans, y avaient agressé dans la

nuit du 11 au 12 septembre un Franco-Sénégalais de 19 ans. La main de justice est tombée aussitôt sur les sombres brutes

dont deux ont écopé de prison

ferme — six mois et quatre mois pour

« violences volontaires en réunion »

avec comme circonstance aggravante

que les supporters avaient « entonné

des chants racistes et proféré des

insultes racistes » à l’encontre de leur

victime. Qui, si elle a bien été traitée

de « sale nègre » et a reçu un coup de

boule très zidanien, s’en est tirée selon

l’AFP avec « une blessure légère et

une incapacité de travail de trois

jours ».

Simultanément circulait sur Internet

le compte rendu par The Sunday Times

du procès des trois Pakistanais, meurtriers en octobre 2003, dans le Yorkshire, d’un garçon de 15 ans, Kriss

Donald, qui n’avait commis d’autre

méfait que de les croiser dans la rue.

Ce qui lui valut d’être jeté à terre,

Après Alain Finkielkraut raillant

l’équipe de France non pas “Black-BlancBeur” mais “Black-Black-Black”, après

Jean-Marie Le Pen constatant à la veille

du dernier Mondial de foot que ses compatriotes avaient quelque « mal à se reconnaître dans le Onze dit tricolore », c’est

Georges Frêche qui vient de se voir

décerner un carton rouge pour “racisme”.

« Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze.

La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre.

Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en

a autant, c’est parce que les Blancs sont nuls…

J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze

Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot,

ça me fait de la peine », a déclaré le

14 novembre le président socialiste de la

région Languedoc-Roussillon lors d’un

conseil d’agglomération.

Encore que, comme l’a souligné JeanMarie Le Pen lors de son excellente prestation sur France 2 le 16 novembre, le

propos eût été prioritairement insultant

pour les Blancs, qualifiés de “nuls”, il a

suscité l’indignation du chef de l’Etat en

personne, de Bayrou, du communiste

Jean-Claude Gayssot, vice-président du

conseil régional et rival de Frêche, mais

aussi de nombreux socialistes, en particulier les fabiusiens et les kahnistes

puisque l’imprévisible Frêche est devenu

groupie de Ségolène (qui a dû le désavouer). Et Claude Bartolone, lieutenant

PASSÉ… RECOMPOSÉ

Est-ce RIVAROL, vraiment, qui « parle

trop du passé », avec une complaisance morbide ? Ce reproche, entendu à trois

reprises aux BBR, est cocasse après les

unes et les dossiers successivement consacrés par Le Nouvel Obs’ (du 21 septembre)

puis par Le Point (du 9 novembre) aux

nazis, le mince prétexte de ces numéros

sensationnalistes étant le succès d’édition

remporté par le roman « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, autobiographie phantasmée d’un « bourreau SS »,

officier des Einsatzgruppen.

de Laurent Fabius, de rappeler avec malignité que lors d’une cérémonie le

11 février 2006 à Montpellier, Frêche

avait déjà dérapé en traitant de “soushommes” des harkis ayant participé le

matin même à une manifestation de

l’UMP, ce qui lui avait valu d’être suspendu pour deux ans des instances nationales du PS. Suspension que réclame à

nouveau Bertrand Delanoë, scandalisé

par la « conversion indigne » du Septimanien

« à l’idéologie et à la rhétorique de l’extrême

droite à l’heure où le devoir de la gauche est au

contraire (…) de favoriser une diversité accrue

de notre représentation nationale » — le maire

de Paris n’annonçant toutefois pas dans

son communiqué son intention de céder

sa place à Fodé Sylla par exemple.

En l’occurrence, ce qu’on pourrait surtout reprocher à Frêche, c’est de ne pas

avoir révélé pourquoi l’équipe dite de

France compte « neuf Blacks sur onze »

joueurs. Est-ce réellement parce que les

Blancs sont “nuls” ou bien plutôt parce

que l’ordre de privilégier outrageusement

les « minorités visibles », sur les stades

comme dans les media, vient de très haut

lieu ? Notre ami René Blanc a montré

dans ces colonnes comment d’excellents

joueurs « de souche » étaient défavorisés

par rapport aux Noirs, l’exception Ribery

s’expliquant par la conversion de ce Nordiste à l’islam.

par

Claude LORNE

(Dessins de CHARD.)

Frêche raciste… anti-Blancs

3:HIKMPD=[UXUZ[:?c@h@s@s@a; M 02536 - 2788 - F: 3,05 E

● suite page 2

Belgique, Luxembourg : 3,25 €

Canada : . . . . . . . . . . . . . 5,25 $

Mayotte : . . . . . . . . . . . 3,89 €

Suisse : . . . . . . . . . . . . . . . 5 FS

Port. Cont. : . . . . . . . . . . 3,50 €

RIVAROL.

R I VA R O L

“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

N° 2788 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 1/12/2006

N° 2788 du 1er DÉCEMBRE 2006

www.rivarol.com

est vrai que « la commune, c’est le lieu par

excellence où

s’exerce la démocratie ». « C’est pour

cela, précisait l’auguste visiteur, qu’il

faut lever au maximum les contraintes

qui pèsent sur vous et

vous donner les

moyens d’agir. »

M. LE président

plaisante, sans

doute. Car dans son

édition du

25 novembre annonçant à la une à la fois

la légitime liquidation

d’un supporteur du

PSG réputé fasciste

et lepéniste (voir

page 2) et les « 17 %

d’intention de vote

pour Le Pen » selon

un sondage CSA,

Le Monde titrait en

page intérieure que

« pour les maires

ruraux, le parrainage

reste un sujet tabou »

tant « ils ont peur que cela se

retourne contre eux ». Démissions

d’adjoint, représailles préfectorales,

menaces physiques, tel est en effet

le lot des édiles qui, utilisant pour la

bonne marche de la démocratie leurs

« moyens d’agir », osent exercer en

toute liberté la prérogative dont les a

investis la Constitution. « Il faudrait

ne pas rendre publiques les signatures », estime donc une édile

savoyarde.

C’est justement ce que Jean-Marie

Le Pen, rappelant l’article 3 de notre

Constitution qui dispose : « Le suffrage peut être direct ou indirect,

mais il est toujours universel, égal et

secret », avait demandé le

17 novembre à Dominique de Villepin

au motif que « si l’institution du parrainage (…) est bonne, la publication

des parrains contrevient en revanche

absolument aux objectifs initiaux du

législateur ».

N’est-ce pas d’ailleurs, ajoutait le

président du Front national, « parce

que les systèmes de parrainages

publics donnent naissance à des

pressions intolérables que l’UMP,

parti du président de la République,

parti majoritaire et parti du Premier

ministre, a organisé une présélection

de son candidat à la mairie de Paris

basée sur la confidentialité » ? Et lors

d’un déplacement à Breuches-lèsLuxeuil, le 10 novembre dernier, le

Premier ministre n’avait-il pas luimême déclaré : « Je suis attaché à

ce que la diversité de l’élection présidentielle soit préservée et que ceux

qui sont soutenus par une partie du

peuple français puissent trouver les

moyens de s’exprimer » ?

C’est donc « avec confiance » que

le président du FN disait attendre la

réponse de Matignon, « qui peut simplement intervenir sous la forme de

l’inscription immédiate d’un projet de

loi organique à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale ». La réponse est

tombée le 22 novembre, devant le

congrès des maires de France justement où le Premier ministre a proclamé : « Je tiens à ce que la règle

prévue pour les parrainages (…)

reste la même. Je ne vois pas de raison aujourd’hui, à quelques mois des

échéances, de modifier les règles du

jeu ». Ce qui « revient à dire, lui a

rétorqué le tombeur de Jospin, que

vous ne voulez pas faire une chose

qui vous semble absolument nécessaire et que vous pourriez faire très

facilement. De qui vous moquezvous, Monsieur le Premier Ministre ?

De Le Pen ou du peuple français ? »

La question est évidemment rhétorique, d’autant que le Premier

ministre, accroché à ses « règles du

jeu » quand ça l’arrange, n’hésite pas

à les bouleverser quand ça l’arrange

également. Par exemple quand il

décide avec le Conseil constitutionnel de réduire à 16 jours le délai de

recueil des parrainage, qui avait été

de cinq semaines en 2002. Mesure

évidemment fatale aux candidats

« ne disposant pas des grands

réseaux d’élus », comme l’a déploré

Le Pen.

Le premier magistrat de France et

tout le gouvernement ont donc bien

Europe démesurément élargie, Europe affaiblie

PSG : enfin une bonne violence policière !

Sarkozy, de la posture à l’imposture

On demande des maires courage

GRANDE affluence au 89e

congrès de l’Association des

maires de France (AMF) qui a

réuni plus de 10 000 édiles du 21 au

23 novembre à Paris. Et, surtout, que

du bien monde ! Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou et bien sûr

dame Royal, cette immaculée

conception (médiatique), pour les

candidats déclarés à la présidentielle,

plus une palanquée de dix-sept

ministres dont bon nombre de plus ou

moins présidentiables (Dominique

de Villepin, Nicolas Sarkozy, et

Michèle Alliot-Marie), sans parler du

chef de l’Etat en personne, présent

pour la première fois depuis 2001 au

rendez-vous de l’AMF dont il prononça le discours d’ouverture. En lieu

et place de son Premier ministre,

auquel il ravit ainsi la vedette.

Pour dire quoi ? Sa « fierté d’avoir

été maire » lui-même et son “bonheur” de se retrouver parmi ses

anciens collègues pour leur « parler

de ce qui doit nous rassembler : la

République, surtout devant “la montée de l’individualisme, les antagonismes, le risque du communautarisme » contre lequel Jacques Chirac

a trouvé un remède-miracle : l’institution dès le premier trimestre 2007

d’une « cérémonie de citoyenneté »

pour les « jeunes Français majeurs »,

avec « accueil en mairie, où chacun

se verrait remettre sa carte d’électeur

ainsi qu’un “Code républicain” qu’il

signerait pour exprimer son adhésion

aux valeurs de la République » tant il

Imprimé en France/Printed in France

2 N° 2788 — 1er DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL

naliste l’interviewant exprime la moindre

indignation : « Je déplore qu’il y ait eu

un mort, mais c’est quand même des

racistes. »

LE BON FÂCHO

EST LE FÂCHO MORT

Alors qu’Antoine Granomort, le policier

tueur, est, lui, un Antillais. Autre circonstance atténuante, il protégeait de la violence des “fascistes” du

“Kop” de Boulogne un

supporteur israélien du

club Hapoël Tel-Aviv (en

fait, bien qu’il ait brandi le

drapeau à Maghen David

comme la plupart de ceux

qui étaient venus encourager le Napoël et dont beaucoup appartenaient à la

Ligue de Défense Juive, ce

spectateur était de nationalité française). La cause est

donc entendue : ce n’est

pas une bavure, clament

d’une même voix Le Monde (1) et Libé et,

bien que le cogne coloured eût négligé

d’arborer son brassard “Police” et tiré

directement au thorax alors qu’il aurait

pu viser les jambes par exemple, tout

indique qu’il sera rapidement… blanchi.

D’ailleurs, l’information d’abord ouverte

pour « homicide volontaire » ne retient

plus que des « coups ayant entraîné la

mort sans intention de la donner ». Granomort le bien nommé n’a donc pas été

mis en examen mais simplement entendu

en qualité de témoin assisté, le juge d’instruction ayant admis qu’il avait agi « en

état de légitime défense » face aux « nervis fascistes, suant de haine (2), qui prennent le foot en otage » (dixit Bernard

Pivot invité de France 3 le 25 novembre)

et qui, en outre, selon le procureur de la

République Jean-Claude Marin,

« criaient “Le Pen président” (2) et hurlaient des slogans nazis » ? Ce qui est

infiniment plus grave que de violer une

meuf ou que de caillasser policiers et

pompiers. D’ailleurs, alors que la justice

s’est toujours refusée à condamner les

rappeurs appelant au « sacrifice de poulets » ou à « exterminer les ministres et

les fachos », le gouvernement s’apprête à

dissoudre les clubs de supporteurs.

Certes, il y a eu mort d’homme le

23 novembre porte de Saint-Cloud mais,

comme le dit si bien le policier favori de

Mme Royal, il n’est pas sûr qu’un sale

raciste soit encore un homme. Même si

l’on sait maintenant que si la malheureuse victime de l’Antillais Granomort

s’appelait Julien Quémener, son copain

blessé au poumon répondait quant à lui

au nom de Mounir Bouchaer… « Point de

détail » embarrassant pour SOS-Racisme

et le MRAP de Mouloud Aounit. D’autant

que M. Bouacher conteste formellement

la thèse de la légitime défense avancée

par Granomort.

Cl. L. _____

(1) En revanche, Le Monde titrait le

29 novembre sur quatre colonnes à la une sur

« l’émotion aux Etats-Unis après la mort d’un

jeune Noir tué par la police à New York ».

Cynisme ou inconscience ?

(2) A voir la une du Figaro du 25/11 ornée

d’une gigantesque photo des fans du Napoël,

on avait plutôt l’impression que c’étaient eux

les haineux et les énergumènes.

(3) Jean-Marie Le Pen, s’estimant victime

d’une “provocation” alors qu’il est en pleine

ascension dans les sondages, a déposé plainte

contre M. Marin au nom du Front national

pour «diffamation publique».

OÙ SONT

LES SECTAIRES ?

Le 21 novembre, à l’instigation du Syndicat national des Journalistes, Le Progrès de Lyon a subi une grève symbolique de

deux heures. Motif : le quotidien régional avait organisé ce jourlà un « Face aux lecteurs »

avec Jean-Marie Le Pen…

comme il l’avait fait précédemment avec deux autres

présidentiables, Ségolène

Royal et François Bayrou,

sans que cela suscite le

moindre remous. Mais

« dérouler le tapis rouge à

Le Pen » et déshonorer ainsi

« notre tradition républicaine », pas question

pour le délégué syndical SNJ Jean-Philippe Vigouroux qui a accusé la direction

du quotidien d’avoir « franchi la ligne jaune

en invitant à sa table un parti qui n’a rien de

fréquentable », et ainsi porté « une grave

atteinte » à l’image du journal.

N’est-ce pas plutôt « une grave atteinte »

à la crédibilité de la profession qui a été

portée par Vigouroux et ses camarades

dont le sectarisme a été démontré avec

éclat ?

QUAND BACHELOT

BALANCE

Cette bonne âme de Roselyne Bachelot s’inquiète pour Jean-Marie Le Pen,

mais oui, et elle a confié ses angoisses au

Point, qui s’est fait un plaisir et un devoir

d’en faire aussitôt état. « Comment [le président du Front national] pourra-t-il assurer physiquement une campagne ?, a ainsi

confié l’ancien (et calamiteux) ministre

de l’Ecologie. Je le vois toutes les semaines au Parlement européen. Il est dans un état

épouvantable. Il a engagé une jeune femme qui

marche tout le temps à ses côtés et qui lui sert

de canne. Ses cuisses ont fondu… Comment les

Français réagiront-ils quand ils le verront

ainsi ? » Si cela peut rassurer Mme Bachelot

décidément prête à tout pour se faire

bien voir de Sarko, voici pour elle une

bonne nouvelle : lorsqu’il a reçu le

2 novembre à Montretout la « presse

amie », non seulement JMLP n’avait nul

besoin d’un bâton de vieillesse pour

assurer ses vieux os, mais il resta debout

de 11h30 à 15h30, blaguant et discutant

sans montrer le moindre signe de

fatigue… au contraire de certains des

journalistes invités. Et que disent de son

« épouvantable état physique » les

dizaines de milliers de Français qui ont

vu leur “président” arpenter les BBR et

se sont entretenus avec lui ?

Police :

Retour à gauche

Jérôme Bourbon vous le dit en page 3 :

les élections professionnelles qui se sont

déroulées dans la police constituent un

coup dur pour Nicolas Sarkozy puisqu’elles ont abouti à la victoire des syndicats classés à gauche. Mais s’agit-il

d’un virage ou d’un retour aux sources ?

Pendant longtemps en effet, du simple

gardien de la paix au commissaire (si

souvent franc-maçon), c’est la Fédération Autonome des Syndicats de police (

FASP) qui domina les corps policiers.

La FASP connut d’ailleurs son heure de

gloire sous François Mitterrand au point

que son ancien secrétaire général Gérard

Monate, démocrate “éclairé” et antifachiste de choc, occupa un poste de très

haute responsabilité auprès du ministre

de l’Intérieur Gaston Defferre. Mais en 1977, il avait

été directeur du groupement

d’achats des collectivités

(en abrégé : Gracco), l’une

des principales pompes à

fric du système Urba finançant le PS (sur lequel

Georges Frêche a menacé

de faire des révélations si

on le chatouillait trop —

voir page 5). Ce qui, en

1991-92, valut à Monate

des ennuis judiciaires… et des condamnations relativement légères. Devant le

tribunal, il avait affirmé avec aplomb :

« Je n’ai jamais donné d’argent au Parti

socialiste. Le parti m’adressait des factures. J’organisais et je prenais en

charge des campagnes politiques » (voir

Encyclopédie politique de Ratier,

tome I).

La FASP a disparu, remplacée par

l’Union nationale des syndicats autonomes de police (UNSA) qui, ayant

conclu un accord avec le Syndicat national des Policiers en tenue (SNPT), est

redevenue le premier syndicat chez les

gradés, gardiens de la paix et même les

CRS où son implantation est “tentaculaire” (40 000 adhérents). Or, son patron

Joaquin Masanet est « encarté au

PS » — cf. Le Point du 17/8/06 qui ajoutait que « c’est au sein de l’UNSA Police

que Ségolène a pioché les gros bras de

son service d’ordre ».

Un proche de Sarkozy aurait déploré

l’ingratitude des syndicats : « Ils réclament toujours plus alors que le gouvernement leur a tant donné. » Il est vrai

que comme l’a dit crûment un responsable syndicaliste, « ce qui motive

d’abord les hommes,c’est un galon ou du

fric ». Des arguments dont on appréciera

la haute tenue civique. Pardon :

citoyenne.

J.-P. A.

PHILIPPE NOIRET,

TRÈS POL’ COR’

Philippe Noiret était certes un excellent acteur. Mais aurait-il eu droit à cette

avalanche d’oraisons funèbres (y compris du chef de l’Etat et des Premiers

ministres Jospin, Raffarin et Villepin)

après sa disparition le 23 novembre à

l’âge de 76 ans s’il n’avait pas été aussi

“bien-pensant” ? Lors d’un passage à la

télévision , il avait ainsi cru bon

d’émettre sur Le Pen et les électeurs du

Front national une opinion outrageante.

Le fait que, ce faisant, le comédien s’alignait sur bien d’autres et qu’il excipait

d’une mère juive (née Lucy Heirman)

n’était pas une excuse.

aux actes les plus extrêmes par le

désespoir, le mal-être et l’écœurement de voir notre pays livrés aux

pourris et aux naufrageurs. Journaux

et politiciens supputent ce que l’absence de Jean-Marie Le Pen (qui rassembla près de six millions d’électeurs lors de la dernière présidentielle) de la course à l’Elysée le

22 avril prochain pourrait apporter au

champion de l’UMP ou inversement à

l’icône du PS, ce qu’elle pourrait

ensuite coûter aux candidats aux

législatives en termes d’abstention et

de reports. Ces calculs sur la destination des voix en déshérence sont

dérisoires au regard du traumatisme

causé, et des séquelles qui en résulteraient sur les êtres les plus fragiles,

qui ont trouvé au Front national tout

à la fois une famille, un suprême

recours et un encadrement légaliste

puisque, quoi qu’en disent ses ennemis (et que déplorent certains de ses

amis !), Le Pen a toujours observé

quant à lui les procédures démocratiques.

Prenant acte le 21 novembre, à la

porte de Versailles, du fait que notre

société « est traversée de tensions »,

le chef de l’Etat a exalté dans « les

principes de la République » une

« force qui porte la nation toute

entière ». Que lui et son clan soient

attentifs à n’exclure personne de

cette nation, faute de quoi ils prendraient le risque d’ajouter la crise

civile à la guerre raciale qui menace

déjà.

<galic@rivarol.com>.

pu défiler porte de Versailles pour

encenser les maires et leur dire que

« les Français les aiment et les respectent », la bande des Quatre (UMP,

PS, UDF et PC) s’affranchit à l’évidence de ce nécessaire respect pour

protéger ses chasses gardées. Il y a

en France 37 600 maires, mais seuls

ceux qui ont renoncé à se représenter auront désormais la folle témérité

de parrainer qui Le Pen ou même Villiers, qui Besancenot ou Laguiller tant

les “grands” partis veillent avec férocité sur leur cassette de signatures.

Plus d’un quart de l’électorat était

déjà tricard de Parlement, le voici

exclu en outre du débat présidentiel.

Et c’est en recourant à un tel arbitraire qu’on prétend « réconcilier les

Français avec la politique », « intéresser les jeunes à la chose

publique » ? Toujours selon

Le Monde citant « des députés de

droite comme de gauche », « l’exaspération désinhibe les électeurs” paupérisés et menacés dans leurs biens

et leur personne par le flux migratoire, si bien que le vote en faveur de

Jean-Marie Le Pen « leur revient

comme une balle de jokari ». Il y a

peu de chances qu’annuler ce vote

par l’impossibilité pour Le Pen de se

présenter ramène au bercail les moutons enragés.

Nul ne peut nier que, par sa seule

existence, le Front national, fédérateur et modérateur, contribue à assurer la paix civile puisqu’il fournit une

structure républicaine à des groupuscules, à des individus qui, livrés à

eux-mêmes, pourraient être portés

SUITE DE L’EDITORIAL

LE 23 novembre comparaissaient

devant le tribunal correctionnel de Bobigny trois policiers accusés d’avoir, le

17 octobre 2001, à Saint-Denis, menotté

et frappé à coups de pied ou de matraque

plusieurs Jeunes, dont deux mineurs,

alors qu’ils avaient été appelés en renfort

par des collègues pour un contrôle

d’identité si difficile qu’une jeune

adjointe de sécurité avait cru à une

« émeute générale en centre-ville ».

Lors du procès, le substitut a requis six

mois de prison ferme à l’encontre de l’un

des fonctionnaires, jugeant ces violences

“inacceptables” car susceptibles de « briser encore un peu plus la relation de

confiance qui doit exister entre une population et sa police ».

A combien sera condamné, s’il l’est un

jour, le policier en civil qui, au soir de ce

procès, près du Parc des Princes, a non

pas tabassé mais blessé très grièvement

au poumon un jeune supporter du PSG et

en a tué un autre d’une balle en plein

cœur tirée d’un SigSauer 9 mm ? Commentant ce drame le 24 novembre sur

France Info, le socialiste Joaquin Masanet, secrétaire général de l’UNSA-Police,

déclarait textuellement, sans que le jourLa France LICRAtisée

par Anne KLING :

préface d’Alain Soral

463 pages 35 €

ou (39 € fco)

En vente à nos bureaux

chèque à

Editions des Tuileries.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris

Une bonne bavure policière

JUPPÉ EN ISRAËL

Alain Juppé n’aura pas perdu de

temps : à peine réélu maire de Bordeaux au terme de son année d’inéligibilité et de son exil québécois, il s’est

précipité en Israël où il a

séjourné du 24 au

26 novembre. Raison

officielle : le douzième

anniversaire du jumelage entre le port israélien d’Ashdod et la

métropole girondine.

Pour cette visite, l’ancien Premier ministre

s’était fait accompagner du conseiller

municipal Alexis Banayan.

N° 2788 — 1er DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 3

complété dans la détestable loi Perben II

du 9 mars 2004 — qui aggrave les peines

pour crimes et délits en fonction de la

motivation raciste et inverse l’offre de la

preuve pour les services (ainsi, c’est à la

personne qui veut louer un appartement

de prouver que ce n’est pas par discrimination nationale, raciale ou religieuse

qu’elle a évincé un Sénégalais mahométan qui était demandeur) — avec la création des grotesques stages de citoyenneté.

UNE FRÉNÉSIE LÉGISLATIVE

AUX MOTIFS POLITICIENS

Or, ce dispositif de la loi Perben II commence à peine à être mis en œuvre que le

gouvernement Villepin en général et le

ministre de l’Intérieur en particulier souhaitent à nouveau le faire évoluer avec le

projet de prévention de la délinquance.

Cette frénésie législative que rien ne justifie et qui nuit à une bonne et sereine

administration (il faut du temps pour

juger de l’efficacité d’une loi, de ses

insuffisances ou lacunes éventuelles) ne

s’explique que par des raisons bassement

politiciennes : à quelques mois de

l’échéance présidentielle, il s’agit de

faire accroire au grand public que le gouvernement travaille jour et nuit à la sécurité des Français, qu’il a pour seule ambition de rétablir l’ordre.

En fait, tout ce que fait depuis 2002 la

classe politique n’a d’autre but que d’éviter un nouveau 21-Avril. Ce n’est pas un

hasard si Ségolène Royal a choisi pour

slogan « l’ordre juste », une expression à

la connotation très lepénienne. De même,

si Sarko en fait des tonnes, avec force

mouvements de menton et gonflement de

biceps (cette façon qu’il a sans cesse de

remonter ses épaules est typique du complexe du nabot voulant jouer au caïd),

c’est pour ramener dans sa gibecière la

volaille frontiste. Le Système à bout de

souffle n’a trouvé que Sarko et Ségo pour

s’opposer à l’ascension de Le Pen.

En effet, il ne fait aucun doute que si le

PS et l’UMP avaient aligné à la présidentielle leurs dinosaures (DSK, Fabius,

Aubry, Jospin, Hollande, Juppé, Séguin,

Chirac), le président du Front national

n’en aurait fait qu’une bouchée. Chose

inimaginable il y a encore quinze ans, à

une élection nationale Le Pen pèse

aujourd’hui beaucoup plus au premier

tour que tous les présidents de la République (Giscard, Chirac) et Premiers

ministres encore en vie de la Ve République (Messmer, Chirac, Barre, Mauroy,

Fabius, Rocard, Cresson, Balladur,

Juppé, Jospin, Raffarin, Villepin). Sarko

et Ségo sont donc vraiment les dernières

cartouches du Système et, malgré leur

surexposition médiatique (chaque

I

NQUIET des scores de

Ségolène Royal (autour

de 30 %) et de JeanMarie Le Pen (17 à 20 %)

dans les enquêtes d’opinion

qui ne lui assurent pas une

présence automatique en

finale de la présidentielle,

Nicolas Sarkozy, fidèle à sa

méthode fondée sur l’activisme politico-médiatique, et

conscient que son socle de

popularité repose sur sa (prétendue) lutte contre la délinquance et le crime, entend

faire adopter un énième texte

sur cette question avant d’annoncer sa candidature à

l’Elysée. Le projet dit de prévention contre la délinquance, examiné depuis le

21 novembre par le Parlement, prévoit ainsi quelques

mesurettes qui seront de nul

effet comme tous les textes

précédents faute d’une véritable volonté politique :

extension du contrôle judiciaire aux mineurs non

connus de la justice, élargirssement des sanctions éducatives imposées à partir de

dix ans, doublement (de six

mois à un an de prison) de la

peine encourue pour rébellion, enfin instauration d’une

comparution immédiate

devant la juridiction des mineurs pour les

jeunes délinquants récidivistes ayant

moins de 18 ans.

LE PRÉCÉDENT

DE LA LOI PERBEN I

Il s’agit par cette disposition de réformer à nouveau l’ordonnance de 1945 qui

proscrit la procédure de comparution

immédiate pour les mineurs et favorise la

dimension éducative par rapport au volet

répressif. Il est clair que cette ordonnance

n’est plus adaptée aux temps que nous

vivons. Il y a soixante ans, la délinquance

des mineurs était tout à fait marginale :

l’immigration massive, le délitement de

la cellule familiale, l’abandon des

convictions religieuses et des valeurs

morales, la faillite du

système éducatif, le

laxisme soixante-huitard n’avaient pas

encore fait leurs

ravages.

Le gouvernement

Raffarin avait, dès

septembre 2002,

remanié l’ordonnance

de 1945 sur l’enfance délinquante par le

biais de la loi Perben I qui prévoyait des

établissements pénitentiaires pour

mineurs, des centres éducatifs fermés

(CEF) visant les mineurs multirécidivistes de 13 à 18 ans accueillis pour six

mois renouvelables. Par ailleurs, en cas

de non-respect des obligations d’un

contrôle judiciaire, la loi de 2002 rendait

possible la détention provisoire dès l’âge

de 13 ans, pour une durée allant jusqu’à

deux mois. La loi Perben I créait aussi

des procédures de comparution et de

jugement « à délai rapproché », allongeait la retenue judiciaire des 10-13 ans

de dix à douze heures, au stade de l’enquête de police. Enfin, la réforme autorisait le juge des enfants à prononcer dès

10 ans des « sanctions éducatives » dont

le viol par le mineur entraînait la confiscation de l’objet ayant servi à commettre

l’infraction, l’interdiction de paraître sur

certains lieux ou de fréquenter sa victime,

des mesures de réparation et des stages

de formation civique. Ce dispositif a été

trophes de l’ex-camp de Sangatte.

S’il est une corporation qui sait à quoi

s’en tenir sur le bilan véritable de l’actuel

ministre de l’Intérieur, c’est bien celle

des forces de l’ordre. Et précisément les

élections professionnelles dans la police

ont vu ces derniers jours la cuisante

défaite du syndicat proche de Sarkozy

même si c’est hélas la gauche qui en a

profité. A l’issue de quatre jours de vote,

les 125 740 policiers français ont en effet

redonné la majorité à un syndicat classé

à gauche et dirigé par Joaquin Masanet,

un militant socialiste proche de Ségolène

Royal dans le collège des gardiens de la

paix et CRS et ont maintenu la majorité

du syndicat proche de la gauche chez les

officiers. Enorme surprise, les 1 766

commissaires ont par ailleurs infligé dans

leur collège une lourde défaite au

SCHFPN (Syndicat des commissaires et

hauts fonctionnaires de la police nationale), qui bénéficiait en 2003 d’un quasimonopole avec 88 % des voix et qui est

ramené à un score de 58 %. Une organisation créée il y a sept mois, le Syndicat

indépendant des commissaires de police,

affilié à la CFDT, obtient un tiers des suffrages. Le syndicat de gauche Unsa

obtient, quant à lui, environ 6 %. Selon

Olivier Damien, le SCHFPN paie son

soutien à la politique du ministère de

l’Intérieur, en termes de gestion de la

profession et de réformes : « Notre attitude d’accompagnement des réformes

n’a pas toujours été bien perçue et interprétée », a-t-il reconnu devant la presse.

Pour le collège des 96 193 gardiens de

la paix et CRS, l’Unsa-police l’emporte

avec environ 41 % des voix, contre 36 %

à Alliance, qui soutient les options du

ministre de l’Intérieur. Le SGP-FO, lui

aussi très critique à l’égard de Nicolas

Sarkozy, recueille environ 15 % des suffrages. Les deux organisations de droite

nationale, la FPIP et Action police,

obtiennent un modeste 6 %, preuve que

les policiers ne sont pas forcément de nos

amis contrairement à une légende tenace.

SUS A L’IMPOSTEUR !

Lors du précédent scrutin, en 2003,

Alliance avait recueilli 32 % des suffrages,

contre 22 % à l’Unsa, 25 % au SNPT et

12 % à SGP-FO. Enfin, pour être tout à fait

complet, dans le collège des 12 878 officiers de police, le SNOP, plutôt proche de

la gauche, garde sa majorité avec environ

52 % des voix face à Synergie, syndicat

clairement favorable à Nicolas Sarkozy,

qui est stable avec environ 45 %.

La comparaison de ces chiffres montre

certes que les policiers ouvrent (un peu)

les yeux sur la réalité du sarkozisme,

mais elle prouve surtout le danger de la

politique de « discrimination positive »

qui lui est si chère et qui lui est revenue

cette fois comme un boomerang. Ce n’est

pas impunément que, dans la police

comme ailleurs, on peut pratiquer la promotion des femmes et des « minorités

visibles ».

Jérôme BOURBON,

<jeromebourbon@aol.com>.

semaine l’un, l’autre ou les

deux font la une du Point, de

L’Express, du Nouvel Observateur sans parler de la

presse pipole !), ce duo, dans

les diverses élections virtuelles sur Internet, ne parvient pas jusque-là à se détacher vraiment du chef historique de l’opposition nationale.

UN BILAN

CATASTROPHIQUE

C’est que, comme le disait

le barbu Lénine, les faits sont

têtus : d’après les chiffres

officiels du ministère de l’Intérieur depuis 2002, c’est-àdire depuis l’installation

Place Beauvau du terrible

Monsieur Sarkozy, les violences sur personnes ont augmenté de 28 %. Et ce en dépit

des consignes qui sont données dans les commissariats

de faire du rendement et de

livrer de bons résultats. C’est

dire que le bilan réel à l’Intérieur du président de l’UMP

est catastrophique, tant

d’ailleurs sur le terrain de la

sécurité publique que de la

maîtrise de l’immigration, les

deux étant d’ailleurs intimement liés. La seule réussite

du numéro deux du gouvernement est

médiatique : se faire escorter nuitamment

par une foultitude de journalistes et de

caméras dans les commissariats, dans les

cités, prononcer quelques formules-chocs

(racaille, Kärcher) qui sont des motsparavents de son inaction. Une posture

qui déguise une imposture.

Relayée par les media et par la gauche

qui, par ses cris d’orfraie, se fait le complice objectif du ministre de l’Intérieur, la

prétendue fermeté de Sarkozy illusionne

encore hélas nombre de nos compatriotes.

Ainsi lorsque le locataire de la place

Beauvau a fermé le camp de Sangatte et

plus récemment quand il a expulsé les

squatteurs de Cachan, la plupart des Français ont cru que ces immigrés clandestins

(et donc délinquants) avaient été renvoyés

dans leur pays d’origine illico presto. Il

suffit de discuter avec des gens dans la rue

ou même souvent dans sa famille pour se

rendre compte de cette méprise.

LE CINGLANT DÉSAVEU

DES FORCES DE L’ORDRE

Or, la vérité c’est qu’aucun de ces “sanspapiers” n’a été effectivement renvoyé au

pays puisque l’objectif réel de Sarko,

comme de tous ses prédécesseurs à l’Intérieur, est de changer la substance ethnique de la France. On a donc simplement

déplacé ces clandestins, les logeant souvent aux frais du contribuable dans des

hôtels ou de confortables résidences ou

les dispersant dans différentes localités,

ce qui par exemple est un puissant facteur

de délinquance dans les communes limiGUERRE D’USURE AVEC MAM

Le président de l’UMP a finalement fait un geste envers MAM qu’il

déteste : la date-butoir pour présenter sa candidature présidentielle

dans le cadre de l’UMP est désormais le 31 et non le 5 décembre. Cela

dit, il s’agit là d’une concession qui n’en est pas vraiment une puisque

le congrès d’investiture du candidat de l’UMP (choisi par les adhérents) est toujours fixé au 14 janvier 2007. Et ce, alors que le ministre

de la Défense demandait un mois supplémentaire. La Chiraquie (Villepin, MAM,

Debré…) espèrent toujours un effondrement de Sarko pour reprendre l’avantage et

passer à l’offensive. Las cette chute, attendue depuis 5 ans, ne semble toujours pas

venir…

EXCLUSION

A en croire les media, c’est le “tout-politique” qui avait été convié par les organisateurs au 8e salon de l’Education avec « pas moins de 17 personnalités politiques et candidat(e)s à l’investiture présidentielle » selon la Ligue de l’enseignement. Laquelle a bien

sûr exclu d’emblée Jean-Marie Le Pen de la liste de ses invités, incluant, outre les

ministres Gilles de Robien, François Goulard, Michèle Alliot-Marie et Jean-François

Copé, Ségolène Royal, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande,

Jack Lang, Dominique Voynet et Marie-George Buffet.

Vous avez dit exclusion ?

Délinquance : Sarko s’agite mais n’agit pas

Cette publicité pleine page a été généreusement offerte au

Nouvel Observateur de Jean Daniel, supplément “Paris” du

17 novembre, par le président du Conseil général des Hautsde-Seine, lequel n’est autre que Nicolas Sarkozy. Symbolise-telle la « France d’après » voulue par le président (et, demain,

candidat officiel) de l’UMP ? Voilà qui devrait faire réfléchir

les admirateurs, et les électeurs, du terrible ministre de l’Intérieur. Car si l’on peut « mieux vivre » à Neuilly, les habitants

de Colombes ou de Gennevilliers vivent aussi mal que ceux

de la Seine-Saint-Denis.

3 décembre à Paris 16e

Salons Etoile-Marceau,

79 bis avenue Marceau,

de 13 à 18h.

3e Salon du Livre d’histoire

avec plus de 50 écrivains qui

dédicaceront leurs livres.

Rens. Parthénon événements :

06-66-61-25-17.

4 N° 2788 — 1er DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL

“93” : LA PRIÈRE

DU PRÉFET

Las de voir les policiers, paralysés par

leur hiérarchie, n’intervenir qu’a minima, les commerçants d’une commune de

Seine-Saint-Denis se sont organisés : la

nuit, ils se relaient pour patrouiller en

voiture autour de leurs commerces.

Cinq ou six équipages sont opérationnels. A l’intérieur se trouvent au moins

deux personnes : le chauffeur et un passager... ce dernier armé d’un fusil de

chasse. Le préfet et toutes les autorités,

au-dessous de lui comme au-dessus,

tremblent : ils redoutent qu’une attaque

de l’un de ces commerces, suivie d’un

coup de feu, ne donne le signal d’un

embrasement qui serait bien plus grave

que les émeutes de l’an dernier.

MARSEILLE :

HEUREUSEMENT,

DJAMEL…

Près d’un mois après l’incendie criminel du bus à Marseille, à la suite duquel

la victime, une étudiante sénégalaise de

26 ans, lutte toujours contre la mort, les

enquêteurs ont arrêté, les uns après les

autres, sept Jeunes. Il se pourrait que

d’autres encore soient interpellés. Il va

de soi que même leurs simples prénoms

n’ont pas été communiqués. En

revanche, il est difficile d’ignorer l’identité du jeune homme qui, fort courageusement il est vrai, est entré dans le bus

en flammes pour en extraire la victime,

et sans lequel elle serait morte : il se prénomme Djamel, et a été reçu en grandes

pompes par le sénateur-maire de Marseille. Dans notre pays, les prénoms à

consonance maghrébine ne sont donnés

à la connaissance du public qu’en cas de

geste héroïque, de réussite scolaire ou

professionnelle, ou de discrimination.

En revanche, en cas de bus incendié, les

prénoms restent cachés. Surtout, ne pas

dire la vérité aux Français…

BAYROU CANDIDAT

Ce n’est une surprise pour personne.

François Bayrou annoncera officiellement sa deuxième candidature à l’élection présidentielle ce samedi 2

décembre. Comme il est le seul candidat

de l’UDF (son adversaire Gilles de

Robien n’osant pas se présenter contre

lui, sachant qu’il irait au casse-pipe), le

Béarnais est sûr d’être investi par les

militants centristes, dont le vote sera

rendu public le 20 décembre. Quelques

jours plus tôt, probablement le

14 décembre, Bayrou devrait tenir son

premier meeting à Lille.

S’il entend défendre une candidature

« au-delà de son parti » et des clivages partisans, Bayrou aura cependant fort à

faire pour réaliser son rêve : arriver en

finale de la reine des élections. Le choix

de Ségolène Royal par les adhérents

socialistes ne lui facilite pas la tâche, le

positionnement à la droite du PS de la

« madone des meetings » obstruant un

espace que lui aurait ouvert une candidature Fabius ou, dans une moindre

mesure, Strauss-Kahn.

De toute façon, le président de l’UDF

aura du mal à incarner une solution

alternative crédible à l’établissement

dont il fait partie par ses idées, ses votes

et tout son parcours politique. N’avait-il

pas, comme Ségo et Sarko, appelé à

voter oui à la Constitution européenne

massivement rejetée par les Français le

29 mai 2005 ?

YOYO

SOUTIENT SÉGO

Bien qu’il n’ait pas ménagé ses critiques

envers celle qui fut son ministre chargé de

l’Enseignement scolaire (1997-2000) puis de

la Famille (2000-2002), Lionel Jospin a finalement apporté dans son blog son soutien à

Ségolène Royal qui « a été désignée de façon très

nette par les adhérents du PS (et qui) est désormais la candidate de tous les socialistes dont je

suis ». Ce soutien, même s’il est a minima et

même s’il s’apparente à son appel, sous

forme de simple communiqué, à voter Chirac contre Le Pen le 5 mai 2002, prouve

que tous les socialistes se sont rangés,

nolentes volentes, derrière la présidente de la

région Poitou-Charentes. A l’exception, il

est vrai, de Claude Allègre qui en pince

pour Chevènement et du sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon, toujours incontrôlable et qui devrait soutenir le candidat

choisi par les comités de la gauche antilibérale. Ce qui entraînera son exclusion du

Parti socialiste selon Stéphane Le Foll,

directeur de cabinet de François Hollande.

QUAND LE “CHE”

PERD LES PÉDALES

Bien que Ségolène Royal ait exprimé

son “admiration” pour lui, Jean-Pierre

Chevènement a fait savoir qu’il ne

voyait « pas de raison de s’effacer » devant

la gagnante du tiercé socialiste. « Ma candidature se justifie pleinement, car le projet du

MRC diverge du projet du PS sur des points

essentiels : la République, la mondialisation et

l’Europe », a précisé l’ancien ministre qui ne changerait d’avis que si JeanMarie Le Pen, « fils bâtard

de l’Establishment », présentait un danger réel.

Comme on l’imagine, le

président du Front national a vivement réagi à

cette attaque, d’autant

que, dans cette déclaration, le “Che”

disait espérer que Le Pen n’aurait pas ses

parrainages et exhortait donc les électeurs frontistes à… voter pour luimême ! « Ce n’est certainement pas en faisant

preuve d’un tel mépris de la démocratie et des

électeurs que Jean-Pierre Chevènement peut

espérer chasser, comme tentent de le faire déjà

plusieurs de ses concurrents, sur les terres de

Jean-Marie Le Pen », a répliqué le FN

dans un communiqué où il souligne :

« Chevènement propose, mais les citoyens disposent. Et ils n’apprécient pas qu’on les prenne

pour un gibier de campagne électorale dévoyée.

Et quand M. Chevènement se pose en candidat

“alternatif “, ils se souviendront que ce personnage a occupé les trois ministères les plus importants (Education nationale, Défense, Intérieur)

de la Ve République décadente. »

ET UN TROTSKISTE

DE PLUS, UN !

La famille trotskiste sera aussi atomisée en

2007 qu’en 2002. En effet, après la confirmation des candidatures présidentielles

d’Arlette Laguiller pour Lutte Ouvrière et

d’Olivier Besancenot pour la Ligue communiste révolutionnaire qui n’entend pas

« servir de caution » à un rassemblement de la

gauche antilibérale, le Parti des travailleurs

fondé par Pierre Boussel-Lambert et dont

Lionel Jospin fut longtemps membre

(même si, à l’époque, il s’appelait l’OCI) a

finalement décidé lui aussi de concourir à

l’élection-reine de la Ve République. Mais

cette fois-ci ce ne sera ni Boussel comme en

1988, ni Daniel Gluckstein comme en 2002

mais un édile rural : Gérard Schivardi, 56

ans, maire de Mailhac dans l’Aude et

conseiller général de ce département. Ainsi

en a décidé le Comité national pour la

reconquête de la démocratie politique, émanation du Parti des travailleurs. Sa campagne sera très en pointe contre l’Union

européenne, la régionalisation et l’intercommunalité, cibles traditionnelles de ce mouvement trotskiste.

QUAND LES FRANÇAIS

ONT PEUR

Ce n’est pas nous qui le disons mais un

sondage TNS/Sofres réalisé pour la revue

Enjeux Logement : pour les habitants des

quartiers en difficulté (lire : les zones de

non-droit, ou de droit islamique), c’est l’insécurité (lire : la criminalité) qui est considérée comme le problème majeur par 63 %

des Français, devant les problèmes d’emploi (56 %) et de pauvreté (49 %), d’échec

scolaire (38 %), d’intégration (35 %), l’état

des logements et des bâtiments (19 %).

Ce qui explique sans doute l’échec du

Réseau Education sans frontières (RESF)

et du nouveau Réseau Universités sans

frontières (RUSF) qui avaient tenté le

22 novembre de remobiliser l’opinion en

faveur des « enfants scolarisés de parents

sans-papiers » en appelant à des rassemblements devant toutes les préfectures de

France.

A Paris, les agitateurs menés par le

trotskiste Richard Moyon, boss du

RESF, n’ont réussi à rameuter que 200

personnes — dont plus de la moitié de

lycéens —, il y eut moins d’une centaine

d’assistants à Bordeaux et à Marseille,

une vingtaine à Agen, une cinquantaine

à Amiens et une trentaine à Lille. C’est

seulement à Toulouse (300 personnes

selon les organisateurs) et surtout à

Bobigny (500 personnes, pour la plupart

de couleur) que les manifestations ont

revêtu quelque consistance. A croire que

profs et instits eux-mêmes, pourtant à la

pointe du combat qui aboutit à la régularisation par Sarkozy de 6 924 familles

(soit 30 000 personnes environ), avaient

baissé les bras.

BLANDINE APRÈS

DOMINIQUE ?

Nous faisions état dans notre n° du

17 novembre de l’ambition dévorante de

Blandine Kriegel, fille d’un député communiste, épouse d’Alexandre Adler et

chargée de mission auprès de Chirac

pour les « questions d’éthique », de succéder à Dominique Baudis à la tête du

Conseil supérieur de l’Audiovisuel alors

qu’elle préside déjà le Haut Conseil à

l’Intégration.

Le 23 novembre, Actualité juive a confirmé notre information en précisant

que Mme Kriegel-Adler se trouvait en

concurrence pour la présidence du CSA

avec Michel Boyon, ancien PDG de

Radio France.

LES JUIFS

EN DANGER ?

« Juifs de France — Attention Danger ! Jews in France — Danger Be Carefull (sic) ! Are we

going to ask for political asil (resic) in other

countries… because of antisemitism in France ?

Devons-nous demander l’asile politique à des

pays tiers ? » C’est l’association Migdal

qui, dans un courriel à nous adressé,

mais oui, « tire la sonnette

d’alarme et appelle tous ses

amis et sympathisants à une

mobilisation générale » car « c’est l’ensemble de la Communauté Juive de France qui

est visée ». De quoi s’agitil donc ? D’une décision

de justice stipulant la

démolition à Marseille de la synagogue

de la Pugette (en fait, un local préfabriqué) pour insalubrité et troubles de

l’ordre public. Mais Migdal n’en démord

pas : « 60 années après la Shoah et Vichy […], les Juifs ne sont plus les bienvenus dans

notre pays », en butte qu’ils sont à « une administration (“vichysement”) répressive ».

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