at ine : Wa shing t on en é che c
LES élections
américaines de
mi-mandat ont
quelque peu éclipsé la
victoire, dès le premier
tour de la présidentielle
au Nicaragua, de
Daniel Ortega. Il s’agit
cependant d’un sacré
retour, celui de l’ancien
“Comandante”, chef
marxiste et révolutionnaire, ennemi public
numéro un des EtatsUnis. Ortega a troqué
son treillis de guérillero
pour l’habit d’un prédicateur chrétien « de
l’amour, de la paix et
de la réconciliation »
qui ne convainc cependant pas Washington,
dont il reste un ennemi
juré.
Il parle, c’est vrai,
désormais plus de Dieu
que de Marx, mais il n’est pas le seul
marxiste ou révolutionnaire à le faire dans
ce continent en ébullition. Ce qui est sûr,
c’est que Washington a tout fait pour
empêcher sa réélection. Les Américains
ont tenté en vain d’unifier la droite nicaraguayenne qui lui était favorable, ils ont
menacé la population de sanctions si elle
ne votait pas “bien”, une ingérence qui
s’est révélée contre-productive.
Pourtant, Bush aurait dû se méfier, il y a
des signes qui ne trompent pas. Le président américain avait anticipé un revers
électoral et programmé le remplacement de
Donald Rumsfeld par… Robert Gates.
L’histoire décidément adore les pieds de
nez. Le même Gates s’était en effet
retrouvé dans la tourmente de l’Irangate,
c’est-à-dire le détournement de fonds
occultes provenant de ventes d’armes à
ministre du Bâtiment et des Transports Oliver Wittke (CDU) a en effet déclaré que
« cette construction montre que nous
sommes très sérieusement sur la voie de
l’intégration. La mosquée est un projet
architectural plein
d’avenir pour toute
la région de la
Ruhr, qui constituera aussi un nouveau lieu de rassemblement ». N’en
doutons pas !
La plus grande
mosquée d’Allemagne s’étendra sur une superficie de
2 500 m2. De plus, sur les 7,7 millions
d’euros estimés pour sa construction,
3,2 millions seront versés par l’Union
européenne et le gouvernement du Land.
Tandis que le maire de Duisburg Adolf
Sauerland (lui aussi CDU) considère également cette mosquée comme « le signe
visible d’une entente intellectuelle et intercommunautaire », à une centaine de kilomètres seulement d’ici, les habitants de
Cologne, regroupés autour de l’association
Pro Köln, s’opposent cependant à un projet semblable concernant leur ville : l’implantation de deux très grandes salles de
prières coraniques. Ils expliquent que « ces
salles amèneront plus tard l’érection d’un
minaret et la présence d’un muezzin dont
l’appel à la prière sera bien entendu autorisé par les élus de Cologne ». Judith Wolter, responsable de ce collectif, pense que
ces projets ne sont pas des vecteurs d’intégration, mais de grossières erreurs qui a
contrario marginaliseront la communauté
turque.
Tout indique en effet qu’il ne s’agit plus
d’intégrer les populations immigrées, mais
au contraire de les radicaliser, dans une
volonté ultime de destruction de la civilisation européenne. Le discours de l’intégration est révolu. Il a servi ! A ce phénomène de l’islamisation, qui dissout notre
société, ses traditions, nos libertés et qui
s’enracine dans d’importantes villes
comme en Allemagne, s’ajoute une autre
Politikpropaganda dont le mémorial juif
de Berlin ou la Shoah sont les signes extérieurs. Ce sont les desseins de la prochaine
dictature mondialiste, qui doit d’abord passer par la déchristianisation de l’Europe et
la mise au pas de nos sociétés par les
adeptes du Veau d’or, des Loges, des sectes
et de leurs larbins goyim.
Laurent BLANCY,
<Laurent-Blancy@neuf.fr>.
UN PEINTRE
TRÈS COTÉ
Prix record en Grande-Bretagne pour
dix-neuf aquarelles d’Adolf Hitler (des
scènes bucoliques peintes pendant la Première Guerre mondiale alors que le caporal était stationné dans les Flandres) qui
se sont vendues début octobre entre 6 000
et 19 975 dollars. Les acheteurs ont gardé
l’anonymat.
urg, bientôt la plus
osquée d’Allemagne
sés sur les cartes à jouer pour préserver
leur identité et leur Liban. Ces démissions
ont été provoquées par la volonté du gouvernement de créer, à la demande de
l’ONU, un tribunal à caractère international pour juger les présumés responsables
de l’attentat ayant tué Rafic Hariri.
Le Premier ministre (sunnite) Fouad
Siniora a toutefois affiché son intention de
rester à la tête du gouvernement libanais
sans céder à « la tyrannie de la minorité »
politique formée par le Hezbollah et ses
alliés, auxquels il a refusé un droit de veto
au sein de son cabinet. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’est de son côté
engagé à poursuivre ses efforts pour renverser le gouvernement libanais, estimant
que le cabinet Siniora avait perdu toute
crédibilité après la démission de six
ministres. Selon la presse libanaise, le
cheikh Nasrallah, qui a menacé d’organiser des manifestations monstres si sont
rejetées ses exigences pour la formation
d’un gouvernement d’union nationale, a
toutefois exclu toute nouvelle guerre
civile. L’invasion ratée par Tsahal et la
défaite électorale de Bush ont à l’évidence
affaibli le camp du Liban indépendant sous
protection occidentale.
Un retour gagnant de la Syrie n’est donc
pas exclu et ne pourrait que rendre encore
plus périlleuse la mission de la nouvelle
Finul dans le sud du pays. L’attitude d’Israël renforce également le camp anti-occidental : la tension au Sud-Liban est remontée de plusieurs crans, tout particulièrement en raison de la violation de certaines
clauses du cessez-le-feu. Si, demain, les
Américains quittent l’Irak, la situation au
Sud-Liban deviendra incontrôlable et la
Finul, assimilée à une force d’occupation,
sera coincée entre Israël et le Hezbollah
dans un petit Irak méditerranéen. L’Irak
libanisé, le Liban irakisé et toute la région
balkanisée, mais au profit de Damas et
Téhéran… Il faut être Ehoud Olmert pour
affirmer que, grâce à Bush et à sa « guerre
contre la terreur » et Saddam Hussein, le
Moyen-Orient est désormais “stabilisé”.
Pierre-PATRICE BELESTA.
(Dessins de CHARD.)
Bush battu aussi… au Nicaragua !
POT DE L’AMITIÉ
le SAMEDI 9 DÉCEMBRE
de 14 h 30 à 19 h 30 à l’Espace Dubail
18 passage Dubail 75010 Paris (angle 54 bd de Magenta)
Entrée : 10 € par personne
(15 € par couple).
GRATUIT pour les “AMIS DE RIVAROL”,
sur présentation de leur carte à jour de cotisation.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ASSOCIATION A 16 H
(Métro : Jacques-Bonsergent ou Gare de l’Est
bus 30, 31, 39, 54, 56, 65)
Parking (payant) passage Dubail
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 10
la monarchie de Juillet, croyant le rallier
contre reconnaissance de la souveraineté
française (comme tant de chefs de tribu de
l’époque), lui concède par le traité de la
Tafna conclu en 1837 presque les deux tiers
du territoire algérien, qu’il
gouvernera d’une main de fer
au point de soulever contre lui
des chefs locaux. « Un tel
traité peut être considéré
comme la plus grave défaite
subie par la France en Algérie
avant les accords d’Evian »,
devait écrire Xavier Yacono
dans son Histoire de l’Algérie
de 1830 à 1954 (Editions de
l’Atlanthrope, 1993) peu
connue, sauf des spécialistes.
Quand les autorités françaises
s’aperçurent qu’elles avaient été imprudentes (et dupées) il fallut sous la conduite
du général Bugeaud, se lancer contre l’Emir
dans une guerre implacable où les violences
ne furent pas à sens unique comme le
prouva la décapitation de nombreux soldats
français faits prisonniers et qui se termina
par la défaite et la soumission d’Abd el
Kader en 1847.
Emprisonné en France de 1848 à 1852,
il fut libéré par Napoléon III et se retira à
Damas où il finit ses jours. Non sans
avoir protégé les chrétiens lors des massacres commis dans cette ville en 1860 —
bienfait dont il fut récompensé par la
légion d’honneur. On sait moins qu’en
1870, il désavoua la révolte kabyle de
Mokrani. Des Kabyles qui n’avaient pas
voulu rejoindre l’émir lors de sa lutte
contre la France, inspirée par des motifs
plus religieux que politiques.
En pleine euphorie du centenaire de la
conquête de l’Algérie (1930), on définissait ainsi Abd el Kader : « Notre adversaire seize ans, notre prisonnier quatre
ans, notre ami trente et un ans. » Et des
dizaines de livres furent écrits à sa gloire,
au point que l’historien et érudit Gabriel
Esquer protesta contre son “idéalisation”.
A noter que les nationalistes algériens
furent longtemps très réservés à son
égard, même si son corps fut finalement
transféré de Syrie en Algérie après l’indépendance. Peut-être parce que l’Emir
était musulman mais de la tendance mystique soufie, plus tolérante que l’islamisme contemporain et qui explique sans
doute sa bienveillance
(litote) pour la Maçonnerie.
A Paris, l’universitaire
Bruno Étienne, professeur à
Aix-Marseille et auto-intronisé meilleur spécialiste
d’Abd el Kader, après l’avoir
salué comme « un pont entre
l’Orient et l’Occident », a
cité l’une de ses plus célèbres
phrases : « Si les chrétiens et
les musulmans pouvaient
m’écouter, je cesserais leurs
querelles, je ferais d’eux des
frères à l’intérieur comme à l’extérieur. »
Nobles paroles mais ne correspondant plus
(sauf pour les naïfs et les sentimentaux) à
l’islamisme radical qui gangrène tous les
pays musulmans. Et gagne l’Europe.
Bruno Étienne sait-il que les mots qu’il
a cités avaient été gravés sur une immense
stèle ornant un monument à la mémoire
d’Abd el Kader ? Monument inauguré (cf.
les Mémoires d’Alain de Sérigny, Presses
de la Cité, 1974) à Cacherou, dans le sud
oranais, sur l’emplacement d’un ancien
camp de l’Emir, le 15 octobre 1949, en
présence des autorités françaises de
l’époque, dont le gouverneur général en
personne, le socialiste Edmond Naegelen.
De nos jours honni pour avoir été très dur
contre les mouvements nationalistes et
avoir couvert un truquage électoral pour
leur barrer le pouvoir légal. Une erreur,
certes. Mais c’est exactement ce qu’ont
fait les dirigeants civils et militaires algériens dans les années 80-90 de l’autre
siècle pour briser les partis islamistes qui
avaient gagné les élections, ce qui
entraîna une terrible guerre civile, toujours pas terminée.
Deux discours avaient été prononcés
devant ce monument (sans doute détruit
après 1962). L’un, en arabe, par un petitneveu de Bugeaud, Raymond Ortes.
L’autre, en français, par un petit-fils d’Abd
el Kader (qui avait eu une nombreuse descendance), l’Emir Sahel… Si elle n’échappait sans doute pas à une certaine “récupération”, cette cérémonie du temps de l’Algérie française revêtit une noblesse qui a
manqué à celle, complaisante et démagogique, du 16 novembre à Paris.
J.-P. A.
Le 16 novembre à Paris, l’une des
places les plus anciennes de la capitale,
celle du Puits de L’Ermite dans le
Ve arrondissement, a été rebaptisée
« Place Abd el Kader ». Pourquoi pas,
encore qu’on aurait pu choisir une voie à
connotation non religieuse pour la dédier
à un musulman ? D’ailleurs, ce n’est pas
une première : il y a des rues au nom de
l’émir à Pau, à Amboise et même, d’après
un journal algérien, à Toulon, celle-ci
inaugurée sous le régime de Vichy !
Mais la place parisienne honore « un
héros national algérien ». Et le froufroutant maire Delanoë a enfoncé le clou dans
son discours, saluant « un nationaliste
qui s’est battu contre la France », dénonçant « une colonisation d’une violence
inouïe, une action injuste » (tiens tiens,
les termes mêmes de Sarkozy à Alger !),
le tout se terminant par : « C’est Paris
(modeste Delanoë !) qui dit merci à
l’Emir Abd El Kader, inscrit dans son
éternité. » C’est beau comme l’antique.
On l’a compris. Cette sacralisation est
au goût du jour d’un pays qui renie et
outrage son passé. Car il faut rappeler
que, pour ce qui concerne sa véritable
histoire, Abd el Kader doit son auréole
autant à ses mérites (de guerrier, d’organisateur, et même d’homme d’Etat) qu’à
la colonisation alors balbutiante.
C’est le gouvernement français qui, sous
Abd el Kader, d’aujourd’hui à hier
Bibliothèque RIVAROL
— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €
— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €
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Le second tirage des cartes postales de Chard, LES PEUPLES DE LA
GAULE, étant épuisé depuis deux ans, nous avons décidé, devant l’afflux
des demandes à l’approche des Fêtes, de faire procéder à un troisième
tirage. Ces cartes en couleur et de grandes dimensions (14,5 sur 20,3 cm),
aussi esthétiques qu’originales, peuvent en effet faire de superbes cartes
de vœux. Elles sont disponibles au prix de 2 € l’une (ou 2,50 € franco) et
de 5 € les trois (6 € franco ou 7 € pour l’étranger).
Commandes aux Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, F-75010 Paris.
AGENDA
☞ 24 novembre à Paris 5e (St-Nicolas du Chardonnet, 19h15). Messe célébrée par l’abbé Beauvais à la
mémoire du général Franco. Cercle Franco-Hispanique, 4 bis rue Caillaux, 75013 Paris.
☞ 24 novembre à Mézières-sur-Oise (« Le Robinson », 20 h). Dîner-débat avec Marine Le Pen. Part.
20 €. Rés. FN-Aisne : 03-23-67-65-95.
☞ 25 novembre à Reims (Salle St-Thierry, 19 rue
St-Thierry, 20 h). Conférence du Dr Jean-Pierre Dickès sur « Le moralement correct : de la nature
humaine à l’homme artificiel ». Rens. Prieuré N.-D.
de Fatima, 03-26-61-70-71.
☞ 25 novembre à Paris 7e (salle municipale, 7 rue
Jean Nicot, de 11 à 17h30) et 26 novembre à Rambouillet (hôtel Ibis Le Bel Air, RN10, de 11 à 17h30).
Journées du Livre sur l’œuvre française et l’armée
en Afrique du Nord organisées par Mémoire de notre
Temps. Nbreux auteurs présents.
☞ 25 novembre à Sion (hôtel Ibis, Avenue GrandChampsec 21, à 17h15). Assemblée Générale du
Mouvement Chrétien Conservateur Valaisan.
18h30 : conférence de Me Eric Delcroix sur
« Décadence du droit, partialité du juge et viol des
consciences ». 20h30 : repas (35 FS + boissons).
Rés. au Mouvement, CP 200, CH-1926 Fully. Tél.
027/746-31-76 ou 078/ 634-77-07.
☞ 28 novembre à Paris 2e (centre St-Paul, 12 rue
St-Joseph, 20 h). Conférence de Jean Castrillo sur
“Constantinople”. Part. 5 €.
☞ 29 novembre à Paris 5e (Mutualité, 20 h). Conférences de Nouvelles de Chrétienté. L’actualité religieuse par l’abbé Alain Lorans et « Voltaire
méconnu » par le Pr Xavier Martin qui signera son
livre sur « Voltaire démasqué ». Part. 5 €. (étud. 3 €).
☞ 29 novembre à Paris 13e (« Le Grenadier », gare
d’Austerlitz, 19h30). Dîner-débat avec Dominique
Tassot sur le thème : « Dieu a-t-il voulu
l’évolution ? ». Part. 25 €. Rés. La voix du silence,
5 rue Dufrenoy, 75116 Paris.
☞ 30 novembre à Paris 5e (Centre Charlier, 70 Bd
Saint-Germain, 19h30). Conférence de Henry de Lesquen sur le thème « Le discours de Ratisbonne, nouveau départ pour l’Europe et la Chrétienté ». Buffet.
Part. : 8 € — Etudiant, Chômeur : 4 €.
☞ 1er décembre à Paris 13e (Brasserie Paris gourmand, 64 rue de la Glacière, à partir de 19h30).
Dîner-débat sur l’insurrection de Budapest avec Lajos
Marton, organisé par l’Amicale du 9e RCP. Part.
35 €. Rés. J.-P. Rondeau, 01-44-51-62-20 ou 01-30-
54-93-98 ou <jprondeau@wanadoo.fr>.
☞ 2 décembre à Paris 6e (Institut universitaire StPie X, 21 rue du Cherche-Midi, de 14h à 18h30). Colloque « L’Église, la France et la démocratie » présidé par l’abbé Christian Thouvenot et Michel Fromentoux. Part. 5 €, étud. 2 €. Inscriptions au 01-42-
22-00-26 ou <iuspx@free.fr>.
☞ 2 décembre à Dijon (20 h). Fête du solstice d’hiver et dîner. Part. 20 €. Rés. Cercle culturel burgonde, BP 30811, F-21008 Dijon cedex, tél. 06-68-
87-78-52.
☞ Du 2 au 15 décembre à Paris 6e (Société des
Poètes français, 16 rue Monsieur le Prince, de 14 à
19 h du mardi au dimanche). Denis Seignez expose
ses peintures à l’huile. Rens. 01-39-32-13-64 ou
<dseignez@yahoo.fr>.
☞ 3 décembre à Paris 7e (ASIEM, 6 rue Albert
de Lapparent de 9 à 17h30). 2e congrès de Civitas sur
le thème : « Face à la crise politique : l’alternative
catholique — Rassembler la Chrétienté ». Messe
(9h), conférences (de Pierre Bernard et Olivier
Pichon), débats, stands, dédicaces. Part : adultes :
7 €/Couples : 10 €/ Étudiants et jeunes (16 à
18 ans) : 5 €. Gratuit pour les - de 16 ans. Repas possible (8 € ou 5 €/enfant) sur rés.
à <congres2006@civitas-institut.com>.
ISRAÉLIENS…
ET DEMANDEURS
D’ASILE !
C’est une première : trois Israéliens,
certes biélorusses d’origine, demandent
l’asile politique en France, où leur fille
s’est mariée, arguant des “persécutions”
dont ils seraient victimes dans l’Etat
hébreu. Dimitri et Margarita Kirillov et
leur fils Alexandre, 20 ans, obtiendrontils satisfaction ? L’OFPRA les ayant
déboutés, ils ont saisi la Cour européenne
des droits de l’homme. L’affaire embarrasse beaucoup le Consistoire…
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 11
S ELON les derniers rapports de la FAO,
l’Organisation pour l’Alimentation et
l’Agriculture, en 2005/2006 la production mondiale de céréales (riz compris)
atteindra 1,984 millions de tonnes, soit
18 millions de moins qu’en 2004/05. La
consommation, en revanche, avec 2.015 millions de t, augmente de 10 millions par rapport à 2005. Sur les sept dernières années,
six ont été déficitaires. Toute la planète, à
quelques régions près, subit le même sort.
L’Australie, 3e exportateur mondial de blé,
est passée de 24 millions de t. à 11 millions.
L’Amérique du Nord est en forte baisse. En
blé dur — semoules et pâtes — Etats-Unis
et Canada, qui détiennent 60 % du marché
mondial, ont vu leur production chuter de
20 % en 2005. 36 % en moins dans l’Union
Européenne où la production céréalière est
en retrait de 3 % avec 119 millions de t en
2006. La Chine, pour la troisième année
consécutive, sera en-deça du cap des 100
millions de t. qu’en 2001 elle avait franchi
avec 120 millions de t. En Russie, les prévisions portent sur 70/73 millions de t (78 millions en 2005). En maïs, le Brésil, avec 43,1
millions de t., est en recul de 4,4 millions.
L’Argentine, avec 12,5, en a perdu 2,8.
LES BONS CÔTÉS
DU COLONIALISME
L’Afrique du Sud, tutrice d’une Afrique
australe en perdition, a produit 7,5 millions
de t., soit moins 2,2. La FAO peut bien
imputer la famine africaine endémique aux
excès climatiques et aux guerres civiles, on
voit bien que le premier responsable en est
le racisme anti-Blancs. Ne doit-on pas aux
expropriations « à la Zimbabwe » du Transvaal et d’ailleurs, ainsi qu’aux 2 000 fermiers blancs assassinés en dix ans, qu’en
2005/2006 les soles de sorgho et de maïs
aient plongé de 60 % et de 40 % ? Au Zimbabwe, convient la FAO, avec une inflation
que le FMI situe à 1 205 %, 1,4 millions, soit
17 % des ruraux, ne recevront pas le minimum alimentaire vital. Il y a deux ans encore
on pourchassait les derniers « fermiers commerciaux » blancs qui, depuis un siècle,
nourrissaient ce pays et ses voisins, y compris après la déclaration d’indépendance de
Ian Smith et le très rigoureux blocus onusien. Un aspect positif de la colonisation qui
n’intéresse pas les historiens BoBos repus
du Nord, sauf de rares exceptions comme
Bernard Lugan…
La FAO continue à imputer à l’échec de
Doha l’effondrement des productions céréalières dans le monde. S’entêtant à prétendre
que les mesures préconisées par l’OMC,
« destinées à libérer le commerce mondial
en supprimant les taxes douanières industrielles et agricoles, auraient indiscutablement aidé les pays en voie de développement
à s’ouvrir des marchés lucratifs ». Alors que
c’est le libre échange qui, depuis un demisiècle, a précipité le chaos mondial. « Il est
clair, martèle-t-on à l’ONU, que les barrières douanières sont peu efficaces dans
l’élévation du niveau de vie des familles
rurales, dans l’encouragement à un développement économique durable, dans le
maintien de communautés rurales solides et
la protection de l’environnement. » Quand
c’est leur disparition qui a provoqué la désagrégation de la ruralité, le désert rural, l’agriculture de mort, l’urbanisation cataclysmique, l’asphyxie écologique de régions de
plus en plus étendues !
En plaçant sous le signe du Darfour, le
16 octobre, sa Journée Mondiale de l’Alimentation, la FAO, relayée par des centaines
velles biotechnologies à outrance,
appuyées sur la recherche et la chimie.
Ainsi la Chine projette-t-elle de semer
d’ici à 2020 33,5 millions d’hectares
d’un “superblé” capable de produire
100qx/h au lieu des 40 actuels. Mais à
coup d’engrais, d’intrants et d’irrigation
qui ont stérilisé les terres d’Europe et
d’Amérique du Nord. Le ministère de
l’Agriculture du Pakistan met triomphalement sur le marché quatre semences
hybrides hyper-productives, distribue aux
paysans des engrais — phosphates et
potasse — à prix coûtant et importe
500 000 t d’urée. Ainsi a-t-on fait disparaître en 50 ans 98 % des paysans d’Europe. Ainsi l’UE a-t-elle entrepris d’en
finir avec ceux de l’Est.
2031 : 65 % DES CÉRÉALES
DU MONDE POUR
1, 4 MILLIARD DE CHINOIS
Hors celles utilisées pour les viandes
industrielles, 60 % des céréales vont à la
consommation humaine directe et 3 % aux
carburants. Sauf que la croissance des deux
premières catégories varie peu — 1 %/an —
quand la troisième progresse de 20 %/an.
L’industrie agro-chimico-mécanique, responsable de l’actuel désastre, le sait fort bien
qui se tourne, parce que c’est là que seront
profits et subventions, vers le pactole biopétrolier. Le Plan-éthanol de Bush prévoit la
transformation de 55 millions t/an de maïs
quand la production US aura été en 2006 de
268 millions de t et l’exportation avoisine,
justement, les 55 millions de t. Les USA
d’ONG, dont le misérabilisme compassionnel tient
lieu de fonds de commerce,
larmoyait sur « les 40 pays
qui se trouvent en état d’approvisionnement alimentaire catastrophique ». Elle
n’en signalait pas moins
« l’effondrement des
stocks ». S’inquiétant que
« les approvisionnements ne
suffisent pas à satisfaire la
demande mondiale sans que
les prix ne montent au-delà
des niveaux actuels ».
Fin 2006, les « stocks de
sécurité » devraient représenter 57 jours de consommation. Du jamais vu
depuis 1972, quand les prix
du blé avaient doublé selon
un mécanisme inflationniste
qui s’enclenche dès que ces
stocks passent la barre des
60 jours. Pour le ministère
de l’Agriculture états-unien,
le cours du blé devrait augmenter de 14 % et celui du
maïs de 22 %. Or, 36 % des
céréales mondiales étant
absorbées par la production de viande industrielle, elles en conditionnent le prix. Dès
qu’une population accède à un certain
niveau d’aisance, elle abandonne son alimentation traditionnelle, frugale, et passe au
modèle diffusé par la société de consommation : céréales transformées et protéines animales — viandes, poissons d’élevage, œufs,
très gourmands en céréales et protéagineux.
Entre 3 et 4 milliards d’individus sont en
train de quitter la première phase et accèdent
à la seconde. Déjà, entre 1950 et 2005, la
consommation de viandes industrielles avait
bondi de 44 à 265 millions. Quel que soit le
réchauffement climatique — chaque degré
additionnel entraînant une baisse de production de 10 % des céréales — pendant les
vingt années à venir, il faudra nourrir 70 millions de nouvelles bouches par an. Le déficit céréalier des seuls pays en voie de développement, de 103 millions de t. en 1999 —
9 % de leur consommation —, atteindra en
2030 265 millions de t — soit 14 % de leur
consommation. La production mondiale
devra alors avoir augmenté d’un milliard de
t/an. Or, si la terre peut à l’extrême rigueur
supporter 3 milliards de Bangladais continuant à vivre selon leurs normes ancestrales
de frugalité, elle ne saurait nourrir plus de
700 millions d’Américains.
Alors, quelles solutions ? Celle qu’un
rapport parlementaire français du 21 janvier 2004 préconisait après avoir décrit
l’impasse dans laquelle se débat la
société mondiale : « La sécurité alimentaire ne peut être assurée que de deux
façons : par l’accroissement de la production et par celle des importations » ?
Ce qui revient au même. Ou celle de la
FAO — « OCDE-FAO — Agricultural
Outlook — 2006/2005 — cramponnée à
la solution “miracle” qui a mené à la substitution de l’industrie et de la chimie aux
agricultures paysannes, privilégiant le
modèle de la mégapole, lieu de surconsommation, de gaspillage et de casse
environnementale ? « Améliorer,
explique-t-on, la capacité de production
domestique de ces pays : investir dans
l’éducation, la formation, les infrastructures. »
Et c’est ce schéma qui partout se répand
de l’Amérique du Sud à l’Asie : noumanquant de terres arables,
il faudra donc se passer du
premier exportateur mondial.
On sait que la biogénétique — OGM —, en production comme en gains
technologiques, n’améliore
aucunement l’actuelle agriculture à base d’hybrides.
Pas plus qu’on ne saurait
attendre de révolution dans
les techniques et les
intrants. En revanche, les
ressources en eau, absorbées par les gigantesques
conurbations, commencent
à faire défaut aux cultures
dont l’existence repose sur
l’irrigation. L’Amérique
elle-même y est déjà
confrontée. L’épuisement
de l’immense nappe phréatique de l’Ogallala est en
train de contraindre les fermiers du Texas, de l’Oklahoma et du Kansas à retourner à des cultures sèches
nettement moins productives.
C’est dire que, non seulement sciences et
techniques sont incapables d’accroître
notablement — 1 % de plus en 2006 — les
productions céréalières face à une
demande en développement exponentiel,
mais qu’elles le seront encore moins dans
les décennies à venir. Le réchauffement
climatique et l’accession de milliards de
nouveaux consommateurs à des marchés
de riches assurent en effet des pénuries qui,
avec un siècle de retard, pourraient bien
confirmer les théories maudites de Thomas
Malthus. Cela s’appelle la Famine.
Lester Brown, « analyste environnementaliste » et directeur du Earth Policy Institute, résume parfaitement cette thématique
que tous les autres, politiques et écologistes, s’obstinent à nier : « La croissance
démographique contribue à la raréfaction
de l’eau, à la conversion des terres arables
en territoires non agricoles, aux congestions routières, aux montagnes de déchets,
à la surpêche, aux entassements humains,
à la dépendance accrue des énergies fossiles… La Chine, ajoute-t-il, consomme
deux fois plus de viande que les Etats-Unis
(67 millions de t contre 39), plus de deux
fois plus d’acier (258 millions de t contre
104 millions). Imaginez qu’elle continue à
se développer à 8 % par an. En 2031,
chaque Chinois aura atteint le niveau de
vie d’un Américain d’aujourd’hui et, à
1 450 millions, ils réclameront les deuxtiers des céréales produites dans le
monde ».
Le reste en effet n’est que roupie de sansonnet pour intellectuel écolo-débile.
Petrus AGRICOLA.
Un tabou absolu : l’effondrement
des stocks mondiaux de céréales (Dessin de CHARD.)
SUBSTITUTION DE POPULATIONS
En 2005, signalait récemment l’hebdo Courrier international, le Royaume-Uni a pour la
première fois passé la barre des 60 millions d’habitants. Avec 60,2 millions d’âmes exactement, la population britannique a progressé de 375 000 unités en un an, la hausse la
plus forte depuis 1962. Malheureusement, et comme en France, les deux-tiers de ces
nouveaux sujets sont issus de l’immigration.
Ce qui a des conséquences assez cocasses. Le même hebdomadaire soulignait ainsi
que l’école Drummond située dans la ville de Bradford, dans le nord de l’Angleterre, a
ainsi été rebaptisée officiellement Iqra (« Je lis », en arabe), et pour cause puisqu’elle
accueille une majorités d’enfants musulmans, dont 15 % de Somaliens, la plupart des
autres étant d’origine pakistanaise ou bangladaise.
Et, pendant ce temps, 114 000 Britanniques ont quitté leur patrie pendant la même
année 2005, un record historique également.
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 12
de la Terre de Gorze. » Le château fut
ensuite vendu comme bien national à
Romain Gary, un particulier de Metz et
non pas le double Prix Goncourt, puis en
1808 aux sieurs Beaujean et Mangeot ; et
en 1811 au Département en vue d’y installer le dépôt de mendicité de la Moselle.
Après, il devient successivement en 1813
hôpital militaire, en 1816 caserne de
cavalerie, en 1828 propriété et succursale
de l’Hôpital Saint Nicolas de Metz, en
1845 dépôt de mendicité, en 1880 asile
départemental, en 1912 maison de refuge,
en 1922 Hospice départemental. Enfin,
en 1978, Centre de soins et d’hébergement.
UN NYMPHÉE ET UNE
CHAPELLE BAROQUES
DANS LA BALANCE
L’édifice actuel souffre des outrages du
temps. En forme de “U”, il rappelle la
mythique abbaye et le plan initial du château. Il « comporte un bâtiment central rectangulaire, encadré de deux pavillons prolongés par deux ailes en retour d’équerre.
Le corps central et les ailes sont coiffés de
toits à la Mansart. »
Au rez-de-chaussée, on accède à une cage
d’escalier tournant, dont la grille d’appui et
les caissons en fer forgé, du XVIIe siècle,
jouxtent une chapelle. Composé d’un vaisseau unique terminé par un chœur à voûte en
cul de four, ce lieu de culte de style baroque
comprend « une peinture à l’encadrement
ovale représente Saint Gorgon patron de
l’abbaye et de la chapelle. » Le décor en
stuc, blanc cassé, représentant des chutes de
fleurs, d’ornements religieux et de trophées,
déroule ses frises sur tout le pourtour. Une
restauration s’impose avec remise aux couleurs d’origine. Il est à noter que les quatorze
tableaux du Chemin de Croix sont relégués
au grenier… Le confessionnal, qui sert aussi
de sacristie, possède deux systèmes pour
confesser ; un panneau séparatif amovible
indépendant et une grille en forme de « tarte
aux pommes », directement incurvée dans la
porte d’entrée et dont se serait inspiré un
pâtissier en 1903 pour faire des rayures sur
ses desserts ; technique largement répandue
de nos jours.
Dehors, surplombant les jardins à la française, se trouve le nymphée ou théâtre
d’eau ; hélas entièrement asséché. Un mur
cintré domine un grand bassin, encadré de
deux petites fontaines bétonnées à tête de
lion. Un escalier semi-circulaire mène à une
seconde terrasse étroite et en arc de cercle,
bordée par un canal surmonté de huit niches
à arcades abritant des scènes mythologiques
ou statues de nymphes, de fleuves, de divinités (Dionysos, Vénus et Poséidon), des
animaux marins ; ou d’abondants décors de
personnages, d’oiseaux, d’arbres et de bâtiments. L’endroit comprend aussi trois fontaines. Le thème de l’eau semble jaillir de
partout, des stalactites bordant le mur, des
urnes et de la gueule des animaux. « Cet élégant ensemble (…) souffre hélas des injures
du temps et de l’indifférence des hommes.
On ne peut que déplorer l’état d’abandon
dans lequel se trouve cette admirable
construction. » La pierre de jaumont est
dévorée par les eaux de ruissellement, les
chocs thermiques et les mousses. Un escalier conduisait autrefois au potager et au verger qui s’étendaient jusqu’à la forêt ; de nos
jours remplacés par la présence défigurante
des bâtiments ultramodernes du Centre de
soins.
Malgré un classement en 1932, aux monuments historiques, de la porte d’entrée, d’un
escalier extérieur, des terrasses et des fontaines, et en 2003 des appartements du 1er
étage, de la chapelle, et de l’escalier à vis à
noyau évidé ; ce patrimoine lorrain unique
en son genre est tombé dans l’oubli. Cette
situation dramatique interroge sérieusement
sur les impératifs culturels du Département
de la Moselle, de la Région et de l’Etat.
Quand on sait que la construction de l’annexe du Centre Beaubourg de Metz (qui promouvra uniquement “l’art” dit moderne des
petits cercles entendus) va coûter plus de
39 millions d’Euros, cela révolte. Alors
simple oubli ? Aveu d’impuissance ? Négligence éhontée ? Ou tout simplement affaire
en cours…
Jean DORVAL,
<jean-dorval@numericable.fr>. _____
Office du Tourisme : 22 rue de l’Eglise 57680
GORZE -Tél./fax : 03-87-52-04-57.
Sources documentaires : « Promenades à Gorze
et dans les environs » de Marcel Gourlot, édité
aux Editions Serpenoise (1992) — « Gorze au fil
des siècles » de Marie-France Jacobs, Conservateur en Chef au Conservatoire du Patrimoine de
Nancy, Editions Serpenoise (1993). Lire également l’article de M. Gourlot publié dans :
« Renaissance du vieux Metz et des Pays
Lorrains » n° 83 de mars 1992.
A20 km au sud-ouest de Metz, aux
portes du parc naturel régional de
la Lorraine, dans la « petite Suisse
messine », où s’épanche limpide la Gorzia, se blottit le bourg millénaire et historique de Gorze. Ce lieu de culture et
d’élevage s’étale majestueusement, paré
d’arbres séculaires et de sources d’eaux
vives ; comme celle des Bouillons, utilisée par les Romains dès le Ier siècle pour
ses qualités, et qui alimenta longtemps,
via un aqueduc, la ville de Divodorum, la
future Metz.
UN LIEU DE MÉMOIRE
CHRÉTIENNE ET PROFANE
A l’aube des temps carolingiens, en 749,
ce coin de Lotharingie fut choisi par le
37e évêque de Metz, Chrodegang,
conseiller de Pépin le Bref, pour fonder
une abbaye bénédictine qui devait briller
pendant plus de treize siècles. Ses
moines, très cultivés, développèrent l’art
du plain-chant dit « chant messin »,
appelé aussi « chant grégorien ». Puis,
dès 934/935, divers courants monastiques
réformateurs agitent la future Lorraine.
Le plus important, sous la férule de
l’abbé Jean de Vandières, restera sans
conteste celui de Gorze. Il eut un retentissement européen. Grâce à l’excellente
formation qu’ils recevaient, les religieux
fort demandés furent souvent missionnaires. L’abbaye devint un haut lieu de
spiritualité. Puissante, elle s’érigea en
seigneurie abbatiale, nommée « Terre de
Gorze » et autonome jusqu’à son rattachement à la France en 1661. Lors de la
Réforme au XVIe siècle, les bâtiments de
l’abbaye (ou château abbatial de l’abbé
Vary de Dommartin) furent incendiés en
1552, pendant le siège de Metz. Les
moines prirent alors le chemin de l’exil,
perdant ainsi définitivement leurs précieuses règles. En 1572, à l’initiative du
cardinal de Lorraine, le pape
Grégoire XIII sécularise l’abbaye de
Gorze pour permettre la création de l’université de Pont-à-Mousson, mais la Terre
de Gorze subsiste avec à sa tête un
abbé commendataire auquel on
adjoint un chapitre de chanoines.
Louis XIV en 1688 offre la Terre de
Gorze au prince abbé de Murbach,
apparenté à la maison régnante de
Bavière, Philippe Eberhardt de Loeuwenstein. « Ce grand seigneur
décide de reconstruire une résidence
digne de son rang (un château ou
palais abbatial, ndlr). Les travaux
commencés en 1696 sous la direction
du sculpteur-architecte Pierre Bourdict, se terminèrent en 1699 ». Le
propriétaire y résida fort peu… « Son
successeur immédiat, le prince
Armand-Jules de Rohan Guéménée,
archevêque de Reims, ne séjourna
pas non plus à Gorze. Les abbés suivants, Monseigneur Bernardin
Giraud, archevêque de Damas, puis
le prince Doria Pamphili, nonce
apostolique à Paris, nommé par
Louis XVI en 1783, ne firent que passer à Gorze. Jusqu’à la Révolution,
les appartements du château furent
occupés par l’abbé de Chevreau,
doyen du chapitre et vicaire général
Gorze : le cri silencieux d’un patrimoine délaissé
censé apporter une solution aux difficultés budgétaires alors qu’il était
pourtant responsable du gouffre de la
dette publique, élément déclencheur
d’un processus de mise en cause de
l’Ancien Régime que, très vite, personne en fait ne contrôlera plus.
Le duc d’Orléans n’en a cure. Elu
député de la noblesse aux Etats Généraux, il a derrière lui un parti largement motivé par des arguments
financiers, qui le désigne à qui veut
entendre comme un régent tout
trouvé au cas où Louis XVI aurait un
“empêchement”… Les journées des 5
et 6 octobre 1789, aboutissant à l’humiliant cortège de la famille royale
contrainte de quitter Versailles pour
Paris, encadrée par la populace, sont
l’œuvre du secrétaire du duc d’Orléans, le très ambigu Choderlos
de Laclos. A partir de là, Louis Philippe adopte une posture de plus en
plus théâtralement radicale : assidu
aux séances du Club des jacobins, il
reçoit à sa table Danton
et, élu à la Convention,
il siège aux côtés de
Robespierre, de Marat,
de Saint-Just et du
boucher Legendre.
Après avoir voté l’abolition de la monarchie,
celui qui se fait appeler désormais
Louis Philippe Egalité se déshonore
en votant la mort pour Louis XVI —
ce qui surprend même les plus virulents des Montagnards.
Le 10 mars 1793, il vote la création
du Tribunal Révolutionnaire. Le mauvais choix de trop. Car, après que son
fils, le futur roi Louis-Philippe, eut été
été compromis dans la trahison de
Dumouriez, il est décrété d’accusation
par le Comité de salut public, arrêté,
jugé et envoyé sur l’échafaud, en
léguant à ses descendants une réputation lourde à porter.
Pierre VIAL.
de l’intrigue va l’amener à jouer avec
un feu révolutionnaire auquel il finira
par se brûler.
Fils de Louis Philippe d’Orléans (dit
Louis Philippe le Gros…) et de
Louise Henriette de Bourbon Conti,
le prince né en 1747 a vécu toute sa
vie dans les contradictions, qu’il
semble multiplier à plaisir. Ainsi il
défie sans relâche, dès qu’il arrive à
l’âge adulte, le milieu qui est le sien.
Dans un Ancien Régime brillant de
ses derniers feux — mais qui ne veut
pas le savoir — il prend à contre-pied
une Cour qui, de Versailles, croit
encore être la tête d’une France pourtant déchirée en profondeur par des
courants contraires.
N’ayant pas ménagé ses critiques,
depuis 1771, contre des ministres
accusés de “despotisme” — le mot est
à la mode et lui vaut une popularité
facile — Louis Philippe se pose, dans
les années 1780, en héraut de l’opposition à une Cour accusée de tous les
maux. Il n’en néglige pas pour autant
ses intérêts : très riche mais très
dépensier, il aménage des boutiques
sur le pourtour de sa résidence parisienne du Palais-Royal, dont il tire
des revenus substantiels. Le lieu, avec
ses jardins accueillants, devient le
rendez-vous à la mode, où se côtoient
contestataires en tous genres, orateurs de carrefour et dames de petite
vertu. C’est là que Camille Desmoulins harangue la foule le 12 juillet
1789 et l’appelle à l’émeute… qui
aboutira le 14 à la Bastille.
Cet épisode, sur lequel il y aurait
beaucoup à dire, est en partie le fruit
des intrigues d’un duc d’Orléans qui
s’est fait recevoir, en 1786, Grand
Maître du Grand Orient et a soutenu
une fronde parlementaire sapant,
avec une forte dose d’inconscience,
l’édifice monarchique. Exilé en 1787
pour avoir critiqué publiquement le
ministre Loménie de Brienne, il
triomphe avec le rappel de Necker,
C’est poudré, habillé et coiffé avec
recherche que monte sur l’échafaud,
le 6 novembre 1793, après avoir été le
jour même condamné à mort par le
Tribunal Révolutionnaire, le citoyen
Louis Philippe Joseph Egalité, cidevant « prince français » (titre porté
de 1791 à 1792) après avoir été, dans
une autre vie, duc de Montpensier
(jusqu’en 1752), duc de Chartres
(jusqu’en 1785), duc d’Orléans (jusqu’en 1792). Etonnant destin que
celui de ce prince du sang, descendant
de Louis XIII et du Régent Philippe
d’Orléans, son arrière-grand-père. Il
possède bien des traits de celui-ci :
attrait marqué pour le libertinage
mais aussi pour les arts, vivacité
d’une intelligence des situations qui
le pousse à saisir les opportunités
politiques. Car il aime s’immerger
dans le jeu politique. Mais son goût
L’arroseur arrosé
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 6 novembre 1793
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 13
Chez les Flamincs
Boirons la bière et le vin,
Comme pain blanc,
Sont damoiselles de Brabant
La Cavalerie bourguignonne.
LES damoiselles de Brabant ne sont
plus blanches comme on le croit ;
les Flandres, de part et d’autre de la
frontière, font parfois penser à des territoires occupés, et le nom du comte d’Artois semble effacé, avec lui l’esprit des
Ultras dont il fut le chef lorsqu’il prit le
nom de Charles X.
Ce titre de comte d’Artois fut donc porté
par Charles-Philippe, petit-fils de
Louis XV et frère cadet de Louis XVI et
l’actualité devrait bien nous inspirer et
imprimer sur nous la marque de son règne :
l’affranchissement de la Grèce du joug
ottoman (et la prise d’Alger, dixit Michel
Mourre dans le Petit Dictionnaire). Las !
La carte de la Turquie est déjà
présente sur nos billets de
banque “européens” (rayezla !) ; Chirac, et Bush, et la CIA,
et Bruxelles poussent à la roue
pour son entrée dans ce qui n’est
plus un « club chrétien » et qui
ne sera plus un club européen
avant longtemps.
Réveillez-vous Picards ! (gens
du pays voisin), Ali Alo voor
maschero ! (Chanson des dockers de Dunkerque), et que le
drapeau blanc d’not comte d’Artois, l’Intransigeant, flotte sur la
marmite. Verdame ! Il reste la
cuisine, des boissons fortes et
identitaires à boire. On ne part
pas au combat le ventre vide !
Par ici les gamelles ! Am’nez
vos quarts ! pour nos dernières
foiridons entre Européens réconciliés, avec l’ami bidasse, on
n’ennuie jamais, entendus qu’on est tous
deux natifs d’Arras, chef-lieu du pas’d’Calais ! (chanson du comique troupier Gaston Ouvrard, contemporain du dragon
Céline blessé, pas loin, en Flandres occidentales lors de la première guerre) à
moins que vous ne préfériez l’amie molette
appelée aussi « Boule de Lille » que l’on
partagera autour del pichatte ed’baudet,
bière qu’on fait à la maison.
RASSAQUACHE
ET POTJEVLEISCH
Bon sang, c’est de la provocation de commencer le repas avec eul’ rassaquache !
C’est de la soupe au lard ! Elle doit cuire
tout doucement, bien longtemps… Là-dessus, une tranchette de Potjevleisch dont
voici une recette : 300 g de sous-noix de
veau, 500 g de lapin non désossé (normalement, mais je le désosse pour que les
hôtes gagnent en confort ce qu’ils perdront
un peu en goût), 250 g de lard, coupé en
morceaux, rangés dans une terrine, bien
serrés. Semez des rondelles d’oignons, épicez bien en thym, laurier, baies de
genièvre, poivre du moulin, mouillez au
vin blanc et d’un peu d’alcool de genièvre,
couvrez de fines tranches de lard et enfournez 3 h à feu moyen au bain-marie. Sortez
et mettez à refroidir. Préparez une gelée
avec du vin pour parer votre potjevleisch
et servez froid. Vous verrez, c’est plus
facile à manger qu’à prononcer…
Une autre petite entrée, luxueuse et
mignonne, consiste en langue Lucullus,
spécialité de Valenciennes — je vous la
recommande si d’aventure vous visitez le
pays (on n’en trouve guère dans les restaurants mais en conserve chez les marchands,
à Lille notamment, admirable cité dont il
faut bien trois jours pour apprécier les
charmes, mais qui tourne Bo-bo). Il s’agit
de langue de bœuf fumée, tranchée et garnie de foie gras.
Tous cheux qui s’occupent ed not’santé y
nous consellent d’minger du pichon deux
fos par semaine. C’est pas ce qui manque
d’ailleurs au pays de Jean Bart et des TerreNeuvas : carrelet et sole, maquereau, barbue, turbot, baudroie, saint-pierre,
hareng… hélas, à c’t’heure cha coute plus
cher que l’viande, et cha m’étonn’ro
qu’cha soit ché pecheurs qui in profitent. Mais on peut encore le vendredi s’autoriser des harengs en papillote à la calaisienne (4 pièces incisées par le dos, arête
centrale ôtée et remplacée par une farce,
oignon, champignons de Paris, persil,
beurre, sel, poivre cuit au four dans du
papier alu pendant 1/4 d’heure), des
harengs grillés que l’on sert ici avec une
salade de betteraves rouges tiède, des
harengs au gratin ou meunière, de la carpe
ou de l’anguille à la bière (tronçons rissolés au beurre, poivrés, salés, farinés et cuits
avec des échalotes. On déglace le fond,
sans le poisson, à la bière et on lie avec 2
jaunes d’œufs. Servez avec des croûtons et
du persil).
La célèbre anguille au vert est préparée
quant à elle avec au moins 14 herbes
fraîches (oseille, épinards, cresson, cerfeuil, estragon…) hachées, ajoutées,
mouillées au vin blanc après la saisie au
beurre. Il est loisible et plaisant de préparer des frites en accompagnement, et
pourquoi pas de les cuire comme dans les
baraques d’aut’fois, au saindoux.
Quelques petotes rattes du Touquet
(variété longue et fine, de petite taille ,à
chair ferme et vendues chèrement) seront
divines une fois blanchies et poêlées au
beurre avec ou sans la pio.
Comme on est à s’barraque, on goûtera
avec mi des fricadelles, sortes de beignets de viandes à la fortune du pot, pis
eune limonate ou cor’ eune bonne bière ;
encore qu’à l’instar de notre « Marine
nationale », en campagne en ch’Nord (où
elle réalisait avec notre « Bourreau de
Béthune », national lui aussi, de jolis
scores) on puisse préférer un ballon de
blanc.
REX-APPEAL
POUR LA CARBONADE
Après cela, une potée. On compte plusieurs façons de la faire, selon que l’on
est en Flandre ou en Artois : le Waterzoi
(littéralement eau qui bout, expression
qui n’est pas sans rappeler « ça bouille,
baisse » aux Martigues) qui est une sorte
de matelote avec des poissons blancs
cuits ensemble et des poireaux, du céleri,
oignon, thym, laurier, persil, fumet de
poisson, vin blanc, beurre et crème. On
peut le préparer également avec du poulet en guise de poisson. La
potée artésienne (1/2 tête de
porc coupée en 4 mis à cuire
dans de l’eau avec 1 livre de
lard, 1 livre de poitrine de mouton cuits pendant une heure,
puis une heure encore avec des
légumes, carottes, navets, haricots blancs, céleri, oignon
piqué, ail, puis une heure
encore avec des petotes). La
potée flamande, dans laquelle
on ajoute, à mi-cuisson, des
choux de Bruxelles et une
andouille (la plus délicate est
faite à base de morceaux de
porc, à Aire-sur-la-Lys, et non
de tripes comme à Armentières,
Cambrai, Douai, Hesdin ou
Valenciennes).
Le Hochepot, composé d’une
livre de plat de côtes de bœuf,
d’une livre d’épaule de mouton
roulée, d’une livre de museau de porc,
d’une livre d’échine de porc salée et d’un
saucisson de veau, le tout cuit dans 4 l
d’eau avec 300 g de poireaux, de navets,
de haricots verts et de céleri, dans les
mêmes proportions, avec de l’ail et un
oignon piqué. C’est, dans les Flandres, le
plat de fête par excellence que l’on servira avec des endives braisées ou cuites
à la flamande (rondelles d’un cm
d’épaisseur tassées dans un moule à
bords droits largement beurré et recouvert de papier sulfurisé beurré, le tout
cuit pendant une heure à l’étouffée). Ce
plat accompagnera avec bonheur ce qui
en Flandre est une institution : la carbonade. En souvenir de la Grande Bourgogne,
combat de toute une vie du « Beau Léon »,
nous la préparerons avec de la moutarde et
du pain d’épice, ce qui lui donnera un air
de fête et un peu de “Rex-appeal”… Dans
une cocotte, faites revenir 4 oignons dans
du saindoux, ajoutez 700 g de basses côtes
de bœuf coupées en morceaux, faites dorer,
salez, poivrez. Tartinez à la moutarde des
tranches de pain d’épice sec, jetez dans la
cocotte, mouillez moitié eau, moitié bière
jusqu’à couvrir, ajoutez un bouquet garni,
portez à ébullition et laissez mijoter deux
heures. Otez alors le bouquet garni, saupoudrez de cassonade, mélangez et laissez
au feu doux encore un quart d’heure.
LES CHAUSSETTES
DU JUIF ERRANT
J’eusse aimé m’étendre encore sur les
saveurs sucré-salées lotharingiennes d’un
potage de betteraves, d’une soupe à la
bière, d’un lapin à la flamingante aux raisins secs et aux pruneaux… je n’ai plus
le temps si je veux goûter avec vous au
Maroilles des bénédictins du monastère
de Maroilles-en-Thiérache, dont le parfum rappelle aux exégètes les chaussettes
usagées du Juif errant, et prendre un petit
dessert, une goyère (au maroilles et au
fromage blanc avec des œufs battus, le
tout cuit en tarte à base de pâte brisée),
une fine tranche de cramique (brioche
avec des raisins), une part de tarte au
libouli (lait bouilli) comme à la ducasse
(fête paroissiale), une gaufre à la crème
et au rhum, ou une petite crème brûlée
à la chicorée. Enfin, une chicorée, un bon café, des
spéculos (gâteaux secs, mi-sablés, mi-pain
d’épice).
Et allez ! le g’nieff ! la bistouille, (boisson ouvrière, alcool de mineur à base de
céréales et de genièvre pour arroser eun’
gout’ ed jus), cul sec ! et en route pour
l’Aunis ! J’va prendre avant, pour eul’
voyach’ eun’ poq eud’bonbons, quequ’
bêtises eud’ Cambrai.
Franck NICOLLE,
<fn@caralsol.com>.
Repues franches et légitimes en Artois et en Flandres
● Des arguments pour lutter contre la
« tentation vendéenne » ? Secrétaire
départementale du FN dans le Vaucluse,
Marie-Odile Rayé sort un percutant petit
fascicule intitulé « De Villiers, rends ta
copie ! », où sont exposés les mensonges, les trahisons et les “contrefaçons” du président du MPF. A commander à Mme Rayé, 112 rue Moricelly,
84200-Carpentras.
● Maurrassianna, publication (de
quatre pages, avec quatre numéros par
an), lancée par l”association Anthinea
d’Yves Chiron et consacrée comme son
nom l’indique au maître de l’Action française. Dans ce premier n°, un compte
rendu de la biographie Maurras, le chaos
et l’ordre, publiée chez Flammarion par
Stéphane Giocanti (Le n° : 2,50 €, les
4 : 10 €. Anthinea, 16 rue du Berry,
36250 Niherne. Fax : 02-54-29-81-65 ou
<chiron.yves@wanadoo.fr>.
● « Budapest, Alger, Suez, trois séries d’évé- nements majeurs et d’inégale signification scandent l’année 1956, une année de grande recomposition historique. » C’est le début de l’éditorial de la NRH, ouvrant le dossier de
son n° 27. A propos de la Hongrie,
Henry Bodgan, spécialiste de l’Europe
centrale, présente le régime du régent
Horthy, puis la soviétisation après 1945
et la révolution écrasée il y a cinquante
ans. Et Stéphane Courtois explique la
mort du communisme. La NRH
(88 avenue des Ternes, 75017 Paris, tél.
01-40-54 -01-70) continue mais n’est pas
sortie d’affaire. Le n° : 6 €. L’abonnement 6 n°s : 32 €.
● Cousine de Lectures Françaises, Lecture
et Tradition fête son 40ème anniversaire dans son n° 353/354 où le directeur
de la publication Jean Auguy raconte la
création et l’histoire de la revue qui a pu
s’enorgueillir de brillantes signatures.
Dans le même n°, Cl. Mouton Raimbault redresse les bretelles à Bigeard et
rappelle que, face à l’offensive du multimedia, le livre demeure le dernier refuge
de l’homme libre. Le n° : 3 € (DPF, BP
1, F-86190 Chiré-en-Montreuil).
● On a toujours quelques chose à apprendre sur Marcel Aymé. Comme en
témoigne le numéro 24 de son Cahier
Annuel. Au sommaire, une biographie
du père de l’écrivain, Faustin Joseph
Aymé, des extraits d’un mémoire de
maîtrise de Nicolas Parisot (disparu l’an dernier) et la reproduction d’articles de presse portant sur trois pièces dont La
Tête des autres qui déclencha un
scandale politique lors de sa
sortie (1952) à cause des
attaques contre la magistrature
et l’épuration. A noter un
article enthousiaste de Rebatet en 1959
lors de la reprise de la pièce. Mais précisons que le journal nommé X qui publia
en février 1952 « Mon juré chez les
riches » d’Antoine Blondin n’est autre
que notre hebdomadaire. Blondin s’y
payait la tête des adversaires de Marcel
Aymé. Cahier Marcel Aymé,
143 pages, 20 €. Société des Amis de
Marcel Aymé (SAMA), BP 258, F-39103
Dole cedex.
● Avec les Fêtes reviennent les cartes de
voeux de Pinatel. Le millésime 2007
comprend 4 modèles différents sur Sarkoccinelle, Ségo la nymphette internationale, etc. Les 4 cartes : 4 €, la douzaine :
10 €. Et n’oublions pas le dernier et succulent album de notre ami, Parricide la
sortie (23 €). A commander à Pinatel,
22 rue St-Paul, 75004 Paris ou
<http://perso.orange.fr/pinatel>.
Quoi de neuf ?
Voyage gourmand dans nos provinces
TABLES D’HÔTE
Si vous avez aimé les chroniques
gas t ronomi co- cultur e ll e s de
Franck NICOLLE dans RIVAROL,
vous les retrouverez dans ce livre,
ave c de suc cul ent e s r e c e tt e s de
Wilfried Da Costa Oliveira.
Ed. Dualpha, 204 p., 23 €
En vente à nos bureaux (27 € fco)
A lire aussi de Franck NICOLLE :
PAIN D’ÉPICE
(79 p., 7,50 € ou 10 € fco)
chèques à Editions des Tuileries.
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 14
Cinéma
Vous en avez sans doute eu quelques
échos ! La sortie la plus médiatisée de la
semaine concerne l’une des icônes les plus
mythiques du cinéma : l’agent secret le
plus redoutable de Sa Gracieuse Majesté,
James Bond en personne, de retour pour la
21e fois sur les grands écrans de la petite
planète dans Casino Royale. Ce film
marque une étape importante dans l’histoire de la fructueuse franchise Bond, non
pas par la personnalité plutôt terne de son
réalisateur, l’honnête faiseur néo-zélandais Martin Campbell (La marque de
Zorro, Goldeneye) mais parce qu’il s’agit
d’un revigorant retour aux sources originelles de l’œuvre de Ian Fleming. James
Bond n’y est plus le gentleman élégant,
raffiné et l’humour à fleur de peau tel
qu’interprété par les successeurs de Sean
Connery, Roger Moore et Pierce Brosnan
en tête, mais un sociopathe froid, brutal et
plein d’une rage intérieure qui ne demande
qu’à exploser en éclats de violence massacrants.
Le côté machine à tuer implacable du personnage est exposé d’emblée dans la
séquence d’ouverture, tournée en noir et
blanc, relatant la façon fort peu humaniste
dont il a gagné ses galons d’agent secret 00
lui donnant le droit d’occire son prochain
en toute légalité. Le sixième interprète à
endosser la panoplie bondienne, l’acteur
anglais Daniel Craig, si décrié au départ
par les puristes qui lui reprochaient surtout
ses cheveux blonds (!), s’implique dans le
rôle avec un engagement physique et émotionnel de tous les instants. Son magnétisme est tel qu’il ferait presque oublier le
Bond de Sean Connery, jugé pourtant
Pierre SINEUX
QU’EST-CE QU’UN
DIEU GREC ?
La collection « 50 questions », qui a dépassé
la trentaine de volumes, propose, sous une
forme ramassée, des ouvrages qui sont à michemin de l’essai et de l’instrument d’information destiné à un public cultivé ainsi
qu’aux étudiants. Elle est consacrée à la littérature et aux arts, et son éclectisme est des
plus larges puisqu’on y trouve aussi bien
Pour une esthétique du rap (de Christian
Béthune) que L’Anorexie créatrice (d’Isabelle
Meuret) en passant par des textes sur le
cinéma, la peinture ou l’humour.
Professeur d’histoire grecque, Pierre Sineux
propose un livre qui ne dépare en rien la collection et pourrait même en symboliser les
mérites : refus de la vulgarisation réductrice,
utilisation judicieuse des travaux antérieurs
publiés sur le sujet — la bibliographie, qui
fait comme il se doit une large place à Walter Burkert, Jean Rudhardt, Marcel Détienne
et Jean-Pierre Vernant, est
impressionnante —, souci d’apporter un
éclairage nouveau sur des questions que l’on
croyait, parfois à tort, résolues.
Ici le dieu grec est envisagé sous plusieurs
angles, celui de la mythologie, celui des rites
et des cultes religieux, mais aussi dans ses
rapports à l’espace, au temps, aux communautés humaines (la famille, la cité) ainsi que
dans ses représentations.
Cette approche suppose une recherche
multidisciplinaire incluant aussi bien les
récits fondateurs d’Homère et d’Hésiode
que l’histoire et la poésie, le théâtre tragique, l’archéologie et la céramique. Autant
de pièces d’un puzzle que l’auteur s’ingénie à rassembler, balayant au passage
quelques idées fausses, faisant émerger dans
toute leur complexité et leur lumière ces
dieux grecs qui sont une part de notre héritage commun.
P.-L. MOUDENC. _____
190 pages avec bibliographie, 13,50 €. Editions
Klincksieck, coll. « 50 questions ».
Daniel LEFEUVRE
POUR EN FINIR AVEC
LA REPENTANCE
COLONIALE
Ce livre est une douche froide pour ceux
que l’auteur appelle les “Repentants” (avec
un R majuscule). A savoir cette clique
menée par Benjamin Stora (que Lefeuvre a
écrasé lors d’un récent débat sur LCI) et
qui, près d’un demi-siècle après la fin de la
colonisation, en dresse sans cesse un
tableau noir et effrayant : famines, extermination et exploitation du colonisé. Jules
Ferry-Hitler, même combat !
Daniel Lefeuvre, s’appuyant sur des
chiffres et des documents, démontre sur
des sujets précis — la conquête de l’Algérie et son bilan, la participation des soldats
indigènes aux deux conflits mondiaux,
l’immigration algérienne en France et sa
part réelle dans la reconstruction du pays
après 1945 —, que les Repentants ont
accumulé « contre-vérités, billevesées, bricolages ». Le coup est d’autant plus dur pour
eux que Daniel Lefeuvre n’est pas un réactionnaire. Il fut communiste dans sa jeunesse et l’a reconnu volontiers, comme
Jacques Marseille dont il est proche.
Lefeuvre n’est pas non plus un “colonialiste”, et sur ce point nous lui reprocherons
de n’étudier l’Algérie et, au-delà, l’Empire
que sur le seul plan financier. C’est vrai,
l’Outre-Mer coûtait cher à la France (Bernard Lugan l’avait déjà démontré il y a une
dizaine d’années), ce qui explique en partie le décrochage de l’opinion métropolitaine dans les années 1950. Mais c’est
négliger qu’au moins jusqu’en 1939, l’Empire donnait à la métropole une assise géopolitique qui expliquait sa puissance mondiale. Il faudra aussi un jour, et à propos
surtout de l’Algérie, démontrer que la colonisation, pour imparfaite qu’elle fût, a été
un formidable accès à la modernité. Et que
ce n’est pas notre faute si, malgré les
richesses considérables de son sous-sol
(découvertes par la France), les nouveaux
maîtres d’après 1962 ont gaspillé, sous
couvert de socialisme, d’arabisme et d’islamité, cet héritage positif.
Manifestement, il reste encore à dire et à
écrire sur ce passé aujourd’hui calomnié ou
censuré, que fut la colonisation. Notre
maître Xavier Yacono s’y était essayé, il y a
de cela bien des années, dans deux « Que
Sais-je ? » aujourd’hui introuvables.
J.-P. A. _____
230 pages, 18 €. Flammarion.
Enzo et Laurent BERRAFATO
L’ITALIE E N GUERRE
1915-1918
Résumant l’histoire de la formation de
l’Etat italien, ce livre d’Enzo et Laurent
Berrafato, écrit en collaboration avec JeanPierre Verney, s’attache à expliquer les
motivations de l’Italie pour son entrée en
guerre en 1915 au côté de l’Entente et les
conséquences de ce conflit pour son économie, son industrialisation et l’acquisition de ses frontières naturelles.
Les phénomènes sociaux et politiques qui
devaient bouleverser le pays après le Traité
de Versailles et amener l’avènement du fascisme, puis son malheureux engagement
dans la Deuxième Guerre Mondiale, sont
évoqués. L’essentiel de l’ensemble des opérations militaires terrestres, maritimes et
aériennes et les « inutiles massacres des
combattants » sont naturellement décrits,
ainsi que l’organisation de l’Armée italienne pendant le conflit. Cet ouvrage intéressera le lecteur français désireux de comprendre l’attitude italienne avant, pendant
et après la Grande Guerre et il mérite son
attention.
A. R. _____
278 pages, 25 €. Editions 14-18 Paris 2006.
Georges DILLINGER
DÉSACRALISÉE, LA
FRANCE DEVIENT FOLLE
L’auteur, bien connu de nos lecteurs et universitaire très « politiquement incorrect »,
dénonce — à l’instar de RIVAROL — la
profondeur et la gravité de la crise qui ravage
notre société, véritable rupture de civilisation : triomphe de l’idéologie libertaire et
égalitaire destructrice, engendrant immoralisme, renversement et inversion des valeurs,
individualisme, cosmopolitisme, communautarisme, mettant ainsi à l’encan l’identité, le lien et la cohésion de notre société.
Du coup et quoi qu’en disent les statistiques de l’Insee, la natalité indigène connaît
une chute vertigineuse et s’amenuise chaque
jour le nombre de Français de souche, dont
les descendants risquent fort de se diluer au
sein d’une invasion d’allogènes jeunes et
féconds. Dilution qui sera non seulement
numérique mais également opérée par le
métissage. Ce sera la fin de la France…
Georges Dillinger impute cette déliquescence de notre société à la perte du sacré en
France et en Europe. « Depuis plus de
quinze siècles, le sacré, ce fut le christianisme »,
affirme-t-il. Or, « la déchristianisation
contemporaine est un phénomène effrayant »
qui, coïncidant avec l’expression démesurée
de la science et de la technique — dont les
terres de chrétienté furent le berceau — a
fini de ruiner le sacré et laissé place à un
matérialisme en folie, tel le consumérisme
exerçant son diabolique pouvoir d’attraction
sur l’homme de la “modernité” dépourvu de
toute spiritualité.
Ayant perdu leurs défenses immunitaires
dans ce naufrage du sacré, l’Eglise catholique
pourrie par le libéralisme conciliaire, les politiques et la société civile ne veulent pas voir
le danger d’islamisation de la France consécutif à une immigration-invasion de millions
de musulmans, acceptée avec résignation. A
cette passivité s’ajoute la complicité, comme
le financement de la construction de mosquées. C’est la fin de notre civilisation façonnée par le christianisme.
Georges Dillinger conclut cependant son
ouvrage, pessimiste et apocalyptique, en
exhortant « les orphelins du sacré » à ne pas
désespérer. Car « ce qui est sacré, c’est le courage de se battre même quand il ne reste plus
d’espoir raisonnable. »
Noëlle SACLET. _____
426 pages. 35 €. Editions Dualpha. insurpassable. Daniel Craig constitue vraiment la carte maîtresse de ce Casino
Royale qui se démarque en bien des points
des épisodes précédents par souci de fidélité à l’ambiance sombre du premier roman
de Fleming, publié en 1953, même si le
contexte de la guerre froide a été remplacé
par la guerre contre le terrorisme. Exeunt
les gadgets et les effets spéciaux délirants,
Q, les mégalos à la conquête du monde et
les James Bond girls de service. Ainsi, la
partenaire de Bond, Vesper Lynd (la Française Eva Green), n’a rien d’une potiche et
le Chiffre (le Danois Mads Mikkelsen),
banquier des organisations terroristes,
n’est pas un méchant d’opérette, en particulier dans une séquence éprouvante où il
montre à l’agent secret britannique tombé
entre ses mains ses talents de tortionnaire
sadique. Si la partie de cartes au cœur de
l’intrigue traîne en longueur, les scènes
d’action et les cascades sont impressionnantes avec quelques morceaux de bravoure dignes des plus riches heures de la
saga. C’est sûr, Casino royale est un grand
Bond en avant !
●
Espérons que la personnalité envahissante de ce maître espion ne fera pas trop
d’ombre à deux autres personnages charismatiques, et tout aussi british, des nouveautés en salles, les magiciens rivaux du
dernier film de Christopher Nolan, adapté
du roman éponyme de Christopher Priest
(paru en Folio), Le Prestige. Le jeune réalisateur (il est né à Londres en 1970) de
Memento et de Batman begins démontre
ici qu’il a plus d’un tour dans son sac à
malices en reprenant à son compte de
façon éclatante, tant dans son scénario
(coécrit avec son frère Jonathan) que dans
sa mise en scène, tous les vieux trucs des
rois de l’illusion. Il excelle dans la magie
du VIIe art en distillant avec subtilité les
indices révélateurs, ou trompeurs, tout au
long d’une intrigue à tiroirs assez touffue
à la chronologie éclatée (une constante
chez Nolan) et en détournant quand il le
faut, pour la beauté et l’impact du mystère,
l’attention des spectateurs de ce qui se
passe réellement dans l’envers du décor de
numéros de prestidigitation époustouflants
se déroulant en trois temps : la promesse,
le revirement et le prestige. Des arcanes
qui n’ont bientôt plus de secrets pour deux
apprentis illusionnistes surdoués exerçant
leur art dans le Londres victorien du début
du XXe siècle, l’aristo Robert Angier
(Hugh Jackman) et le cockney Alfred Borden ( Christian Bale). D’abord complices
et amis, les deux hommes deviennent des
adversaires acharnés à la suite de la mort
accidentelle par noyade, durant un tour à
la Houdin, de la femme d’Angier qui n’a
pu se libérer à temps des liens noués par
Borden. Erreur ou volonté de tuer ? L’incertitude et le suspens sont maintenus tout
au long de ce film aux multiples rebondissements et aux images superbes, porté par
une distribution impeccable (on apprécie
particulièrement la prestation du grand
Michael Caine). Le dénouement, vraiment
inattendu pour une fois, ajoute encore à
son impact et à son charme.
Patrick LAURENT.
De l’action et des illusions
Apollon et Daphné
par Arno Breker (1940)
ENTRE NOUS
(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)
Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres
rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un
numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.
Les textes doivent nous parvenir dix jours
avant la parution et être rédigés en caractère
d’imprimerie très lisibles.
BIBLIOPHILIE
◆ Ch. biographie sur Trevor Lubitch Lincoln
parue à l’Homme Libre. Tél : 06-11-36-54-84.
◆ Nièvre : vds bibliothèque sur Seconde
Guerre mondiale, germanisme, œuvres complètes de Wagner, etc. Ecr. n° 2779/1266.
DIVERS
◆ Vigneron rivarolien vd vin rouge sélectionné 2,50 € la bouteille, vin blanc chardonnay 3 € (prix départ). François CATHALA,
« Les Pouzets », 11100 Narbonne. Tél : 04-
68-32-08-75.
◆ Pour Noël, offrez-vous un excellent champagne, la « Cuvée spéciale FN 51 » avec effigies de Le Pen et de Jeanne d’Arc. 16 € la
bouteille hors frais de port (conditions spéciales pour fédérations FN). Rens. : FN-51,
BP78 — F-51006 Châlons-en-Champagne
cedex. Tél/ fax : 03-26-70-46-90.
◆ Trouvé lunettes de vue rouge le 12/11 aux
BBR, stand RIVAROL. Tél. 01-53-34-97-97.
RELATIONS
◆ H. 34 ans souhaite correspondre avec lecteurs et lectrices de RIVAROL pour amitié et
échanges sur travail, famille, monde rural,
environnement. Ecr. 2785/1270.
EFFET “ROYAL” ? Les livres sur les
reines, de naissance ou par mariage,
sortent en rafale. Normal chez l’éditeur Pygmalion qui a créé depuis plusieurs
années une collection Souverains et souveraines de France. Mais paraît en Librio un
très utile mémo dû à Patrick Weber, Les
Reines de France (1), une centaine de biographies succinctes (et reflétant des existences souvent aussi brèves que tragiques)
de la mystérieuse Basine, mère de Clovis,
à Marie-Amélie de Bourbon-Sicile, épouse
de Louis-Philippe, en passant par de quasiinconnues comme Ermengarde de Hesbaye, petite-fille de Charles Martel et
épouse de Louis 1er le Pieux, ou d’illustres
princesses comme Anne d’Autriche (voir
portrait ci-dessus).
●
C’est justement sur la jeunesse de cette
dernière que s’est penchée l’universitaire
Marie-Catherine Vignal Souleyreau dans
une biographie (2) solide mais d’une
langue un peu aride où elle retrace le difficile apprentissage de l’infante, peu
aimée de sa belle-mère Marie de Médicis
qui ne voulait rien abdiquer de ses prérogatives, délaissée — malgré sa grande
beauté — par Louis XIII, d’une timidité
maladive et qui, au contraire de son père
Henri IV, fuyait les femmes. Née dans
une famille très unie, l’infante Ana Maria
Mauricia fut longtemps confinée dans
son entourage espagnol, ce qui l’empêcha
d’apprendre les subtilités de notre langue
et se réfugia dans les secours de la religion, d’autant qu’après une nuit de noces
catastrophique, elle mit des lustres à
concevoir l’héritier si désiré tant étaient
rares les visites de son royal époux. Et
pourtant, éclatante revanche, ce sera elle
la mère du plus célèbre de nos
monarques, ce Roi-Soleil pour lequel,
sous la Fronde, l’Espagnole aidée de
l’Italien Mazarin avait fait des miracles
pour préserver l’unité du royaume contre
les factieux de tous ordres et les appétits
des Grands, nostalgiques du féodalisme.
Bonne chienne chassant de race, la souveraine à la double ascendance Habsbourg — point sur lequel insiste à juste
titre notre auteur — sut ainsi, dans
l’épreuve, mettre les qualités de ses
ancêtres au service des intérêts français.
Louis XIV en était bien conscient qui
idolâtrait sa mère, juste retour des choses
pour cette princesse qui n’avait que tardivement et parcimonieusement reçu de
son mari l’amour qu’elle méritait.
●
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