● De Michel C. (Londres) :
PARASITES
Tout ce que vous écrivez sur « combien
gagnent nos politiciens » (n° 2771 de RIV.)
est bien vrai, sans doute, et bien triste. Mais
estimez-vous heureux de ne pas avoir à
entretenir, comme nous le faisons, nous
autres qui vivons au Royaume-Uni, les politiciens élus et, de surcroît, les parasites non
élus de l’aristocratie. Je ne parle pas de la
famille royale elle-même, du moins pas de la
famille restreinte, mais de tous ceux qui,
grâce uniquement à leur naissance et non
certes à leur mérite, bénéficient de ce qu’on
nomme ici « grace and favour », euphémisme
anglais pour privilèges. Les monarchies suédoise, danoise, hollandaise n’ont pas, elles,
ces ribambelles de courtisans et de princes
du sang ayant droit, selon leur degré de
parenté, à des pensions payées par le contribuable britannique.
Estimez-vous heureux de n’avoir à écrire
que sur les politiciens !
● De Patrick D. (courriel):
A LA POURSUITE DES LOBBIES
Dans cette pré-campagne présidentielle les
politiques redoublent d’amabilités envers les
lobbies pour aller pêcher les voix.
Quel silence assourdissant devant le génocide des populations civiles arabes perpétré
par l’Etat d’Israël. Destruction des infrastructures libanaises, famine organisée dans
les territoires palestiniens privés d’eau avec
la construction du mur. Qu’attendent les
hommes et femmes politiques de notre pays
pour condamner cela et demander des sanctions contre cet Etat assassin ? Qui osera
après cela aller en Israël pour se faire adouber par la communauté ? Pour certains, spécialistes de la pêche aux voix en eau trouble,
la mort de centaines d’hommes, de femmes
et d’enfants ne semble pas
compter. Il faut bien satisfaire
le lobby.
Autre lobby très courtisé par
les politiques : le lobby homosexuel. Ce lobby, puissant en
Europe et en France, demande
dans notre pays les mêmes
droits que ceux de la famille.
Chacun est libre de vivre
comme bon lui semble et ce
choix doit être respecté. Dans notre civilisation européenne chrétienne, une famille, un
couple c’est une femme et un homme et des
enfants. Lorsque l’on demande que soit fait
référence aux valeurs chrétiennes de l’Europe dans le préambule de la constitution
européenne, il ne faut pas vanter les mérites
de la laïcité dont chacun sait qu’elle est destructrice de toutes les valeurs fondamentales
de notre société et qu’elle est la valeur principale de la maçonnerie. Il est grand temps
d’ouvrir les yeux. Derrière le lobby homosexuel se cache l’action des loges maçonniques.
La droite nationale a toujours défendu les
valeurs de la famille. Il serait préjudiciable
demain d’assouplir la doctrine pour faire
plaisir au politiquement correct en sachant
qu’elle n’y gagnerait aucune voix. On ne
transige pas avec la loi fondamentale et les
valeurs naturelles.
● De Bernard K. (Paris) :
UNE ABOMINATION
Vous avez publié dans le Courrier du
28 juillet une lettre de Louis M. relative au
concubinage homosexuel. Cette personne
cite, pour tenter de justifier la confrérie,
l’épisode de la Femme Adultère : « … Que
celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Mais Notre Seigneur ajoute
à l’adresse de la pécheresse repentie : « Va,
et ne pèche plus. » Ce qui change tout !
Sur ce sujet scabreux, l’Ecriture Sainte
est sans équivoque. Dieu envoie le feu du
Ciel pour exterminer les habitants de
Sodome et Gomorrhe. Dieu désigne la sodomie comme une abomination (Lév. 18,22) et
la punit de mort (Lév. 20,13). Saint Paul dit
(Rom., 1) : « Ni les impudiques, ni les idolâtres,ni les efféminés… ne posséderont le
Royaume de Dieu… » « Ils déshonorent
leur propre corps… Dieu les a livrés à des
passions infâmes, car leurs femmes ont
changé l’usage naturel en celui qui est
contre nature ; et, de même, les hommes
abandonnent l’usage naturel de la femme,
se sont enflammés dans leurs désirs les uns
pour les autres, commettant des choses
infâmes et recevant le salaire de leur égarement. »
Le vice contre nature est la conséquence
de l’impiété.
● De Louis M. (Paris) :
LES ABERRATIONS
DU MAMMOUTH
Vous avez parlé à plusieurs reprises et
avec raison dans vos colonnes des scandales — financiers entre autres — du
“Mammouth”. En voici un exemple
concret :
Ma nièce est professeur dans un lycée
d’une banlieue des Yvelines. Elle est bien
notée depuis 30 ans puisqu’elle émarge au plafond de
sa position. Elle a divorcé
d’un confrère qu’elle avait
connu en faculté. Il a les
mêmes diplômes qu’elle et a
exercé plus ou moins sa profession jusqu’à ce que son
éthylisme l’entraîne à l’hôpital depuis trois ans. Il est
depuis lors toujours en traitement mais
encaisse 7 000 € par an de plus que son exépouse qui, elle, est toujours en activité.
Qui dit mieux ? Je tiens les preuves à votre
disposition.
● De Raymond L. (Rosny) :
HARO SUR GALLIÉNI !
A Montreuil (Seine-St-Denis), existait
encore récemment une avenue du Général
Galliéni ; depuis le 12 juillet, la voici rebaptisée rue du Capitaine Dreyfus, au motif
qu’il fallait bien célébrer le centenaire de
la proclamation de l’innocence dudit capitaine !
En quoi ce brave général Galliéni a-t-il
démérité pour se voir ainsi “dégradé” à son
tour ? Il est vrai qu’on a aussi débaptisé
récemment la rue Léon Gaumonet qui s’appelle maintenant rue Benoît Frachon !
Sans m’attarder sur le caractère tortueux
de la réhabilitation de Dreyfus, le baptême
de Montreuil a été entouré de nombreuses
festivités en présence notamment du maire
Jean-Pierre Brard, crypto-communiste
notoire, et de Jean-Louis Debré et Pierre
Mazeaud, néo-gaullistes tout aussi notoires.
Comme si on profitait de l’occasion pour
renouer l’alliance de 1944 pour s’assurer le
contrôle du pays !
● De Xavier L. (Grenoble) :
NOUVELLE MORALE
Lisant dans Le Monde (5 août) la nécrologie de la grande cantatrice Elisabeth
Schwartzkopf, sous la plume de Renaud
Machart, j’y trouve ceci : « Elle avait fait
preuve d’une célérité certaine dans le ralliement à l’idéal national-socialiste et s’y était
attachée par des affiliations officielles. La
soprano conviendra qu’elle avait en effet profité du régime, mais ne l’avait fait que par
arrivisme et non par idéal politique. » On respire !
C’est un peu comme si l’on disait à une
dame : « Vous avez couché avec une
crapule. — Oh ! ce n’était pas par amour :
c’était pour ma carrière. — A la bonne
heure ! Dans ce cas, c’est tout différent, et
vous êtes un exemple pour la jeunesse ! »
La morale antifasciste est décidément bien
curieuse.
● De G de B. (Boulogne) :
MIRACLE
Je renouvelle mon abonnement avec plaisir
car c’est toujours un miracle de pouvoir compter sur votre hebdo qui a traversé — et traverse — autant de tempêtes dans une France
probablement moribonde et trahie par les
fausses élites. Et pourtant il y a des miracles ;
le dernier en date étant le Mondial qui a vu
une équipe dominante se faire battre et l’icône
de ladite équipe se laisser aller… Qu’aurionsnous connu si cette équipe avait gagné ?
Un hebdo comme RIVAROL nous permet
de rester vigilants et actifs malgré le désespoir qui pourrait nous atteindre.
● De J. PRUDHOMME :
SUR MARCUSE ET WIESENTHAL
Porté aux nues en Mai-68 mais oublié
depuis, Herbert Marcuse, philosophe germano-américain d’origine juive, tout à la
fois, marxiste et freudien, avait indiqué à la
gauche la marche à suivre : n’ayant plus
d’ouvriers à instrumentaliser, il faut se servir du prolétariat immigré ainsi que des marginaux (homos, féministes, etc.) pour saper
la société. C’est ce que font très bien les trotskistes de Droit au logement avec leurs
bataillons de clandestins africains.
Pour sa chasse aux “nazis”, Wiesenthal
s’appuyait sur des dossiers fabriqués par le
KGB qui fournissait aussi des témoins ! En
réalité, les “nazis” étaient le plus souvent des
opposants au système soviétique (voir le film
“Music Box” avec l’acteur autrichien Armin
Mueller Stahl : un passage explique ce montage), de même que sous la révolution française, toute personne opposée aux jacobins
était un “ci-devant”, un aristocrate ! On voit
le sérieux de la chose !
● De Jacques SOUCHET :
SANS-PAPIERS !?
Français de sol et de sang, j’ai l’obligation
d’avoir des papiers, un permis pour ma voiture, une carte d’identité pour ma banque,
une carte vitale pour la sécurité sociale.
Alors, quelle n’est pas ma stupéfaction d’entendre crier à cor et à cri par des ETRANGERS « Des papiers pour tous » ! S’ils
n’avaient pas pénétré sur notre sol frauduleusement, ils seraient en règle. Le livre Le
Camp des saints est malheureusement en
train de se réaliser.
En 2007, j’espère que l’élu du peuple mettra fin à cette invasion et qu’il se nommera
Jean-Marie Le Pen et non pas François Hollande qui, sur tv5 Monde le 16 juillet, disait :
« Il faut tous les régulariser ! »
● De Jérôme GUERRAND :
COMME A UN MATCH
Un défilé polymédiatique d’histrions, de
batteurs d’estrades, de marchands de cravates, de prestidigitateurs, d’illusionnistes,
de marchands d’orviétan, d’escamoteurs et
de faussaires est engagé dans une vaste campagne de putanat électoral.
Les Français totalement décervelés vont
assister à ça comme à un match de football.
On va ressortir le slogan : « Le Pen, la
haine ! », vociféré par des millions de
bouches écumantes et tordues dans des
visages convulsés. C’est si facile de penser
par slogans et, quand ça rime, c’est encore
plus simple à retenir.
L’enjeu c’est pourtant la survie de la
Nation française, ce que précisément les candidats de la droite-caviar et de la gauche
s’acharnent à détruire. Ce sont des gens qui
n’aiment pas la France, qui savent qu’ils ne
seront jamais des Français et qui
veulent donc faire de ces derniers un conglomérat sans identité dans lequel ils se sentiront enfin à l’aise.
● De Patrick BINDER, président du
groupe FN au Conseil régional d’Alsace :
LE DIALOGUE EST-IL
POSSIBLE AVEC L’ISLAM ?
Ceux qui s’indignent des récents propos du
pape sur l’islam devraient méditer sur une
autre déclaration, celle du musulman Rachid
Kaci : « Il est une religion où ce débat doit
s’ouvrir : l’islam. Malheureusement, il n’a pas
lieu et ce sont les plus fanatiques qui tiennent
le haut du pavé. Or, force est de
constater que les musulmans
tardent à réagir face à la barbarie dite islamiste qui impose sa
loi. »
Le pape Benoît XVI a tout
simplement voulu attirer l’attention sur la violence pratiquée par certains au nom de
l’islam. Mais au lieu d’envisager un sursaut
et un début d’autocritique (…), une nouvelle
fois une vague de “victimisation” et de paranoïa s’empare des rues arabes, le tout
orchestré et organisé. Les dégâts du fanatisme et de l’intolérance religieuse qui sévissent à travers le monde ne sont pas le fait de
la religion chrétienne !
(…) Le principe de la laïcité de notre République doit être sauvegardé, car il est aujour-
● Nous avons le plaisir de dédier ce
numéro à M. Christian St.-M., de
Caluire, « ami de RIVAROL » dont la
générosité nous permet de vous offrir
ce Spécial 16 pages.
LIBÉRATION DE LAJOYE :
DÉLIBÉRÉ LE
MARDI 10 OCTOBRE
P AR TRADITION, c’est en septembre que les radios lancent leur
nouvelle “grille” de programmes.
Depuis septembre 2002, le jeune (31 ans)
Nicolas Demorand était chargé des
« Matins de France Culture », émission
d’actualité et de “direct” de cette antenne.
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure,
licencié en philosophie, agrégé de Lettres
modernes, il avait jusque-là enseigné en
“prépa”, à HEC et en lycée technique. Rien
qui le destinâr à intégrer une radio vouée à
la défense et l’illustration d’une expression
culturelle eurofrançaise classique. Mais on
entendait révolutionner l’institution.
On a peu suivi, faute d’écho mediatique,
les protestations véhémentes des auditeurs
de FC. Leur constitution en associations
d’usagers. Leurs campagnes de signatures,
consciencieusement occultées.
SOS France-Culture notamment dénonça
violemment l’équipe qui s’était emparée
de la station entre 1999 et 2005. Lui reprochant « d’avoir largement diminué la
Connaissance et la Culture au profit des
débats sur l’actualité la plus immédiate »,
par exemple dans les séquences de 7h/9h,
12h/14h et 18h/19h30 dont étaient refusés
le « tout-contemporain, le présentisme »,
plébiscités par les radios commerciales.
Réclamant que l’on « redonne à la correction de la prononciation et de la langue, la
richesse de l’expression, l’exigence de
qualité qui furent la marque de fabrique de
la chaîne », l’association rappelait que « la
transmission de la Culture et des savoirs »
est la seule mission de cette radio.
Demorand n’était certes pas responsable
personnellement de ces mouvements d’humeur. Mais il les favorisa en promouvant
des débats, un état d’esprit et un journalisme aux antipodes de ce qui existait
jusque-là — ce que dénoncent les auditeurs militants pour lesquels les critères de
recrutement devraient être définis par « la
compétence et non la notoriété médiatique
ou le “copinage” », faisant de la connaissance de l’Histoire une base essentielle du
choix, critiquant le partenariat avec
Le Monde, L’Express ou Le Nouvel Observateur, qui « nuit à l’indépendance de
France Culture » réduite à « un simple
agent de médiation de l’Industrie Culturelle ».
“UNE RADIO
COMME LES AUTRES”
Et c’est bien là où M. Demorand est au
cœur de la controverse. Car c’est lui qui,
dans ses Matins et soutenu par la directrice de l’époque, Laure Adler, s’entoura
d’une garde éditorialiste à l’impeccable
conformisme idéologique. Si l’on
excepte l’“économiste” Pastré, professeur à Paris VIII, dont la chronique quotidienne enrobe d’un pathos agaçant sa
complaisance envers le mondialisme, les
quatre autres, le figaresque Alain-Gérard
Slama, l’ubiquiste Alexandre Adler, l’exmao Marc Kravetz et Olivier Duhamel —
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 7
intellectuel irascible qui cultive depuis
trente ans une haine pathologique du
nationalisme —, sont des néo-conservateurs sionistes orthodoxes.
Ecoutons les « auditeurs en colère »
remettre en cause la « doctrine radiophonique de
l’équipe Adler » où l’on
retrouve, pêle-mêle « le
primat des émissions en
direct, la relégation du
patrimoine et de la culture,
les missions “citoyennes”
de la radio ». Ce qu’ils
dénoncent, en somme, c’est la démolition
par laquelle serait substituée à un établissement bien en phase avec la culture prédominante dans ce pays, une tout autre
conception du monde.
On se souvient de ce qu’il advint de
l’écrivain Renaud Camus, pourtant
homosexuel et qui n’est certes pas de
notre famille —, lorsqu’il osa s’interroger sur l’omniprésence d’intellectuels
juifs à France Culture. Laure Adler n’est
pas juive et peu nous chaut qu’elle ait fait
d’Alain Weinstein, homme de lettres et
pilier de France Culture, son compagnon.
A moins que cela ne soit l’expression
d’une empathie particulière pour une certaine communauté. D’autant qu’élevée
dans l’Algérie post-indépendante, elle a
toujours proclamé son attirance pour
l’Afrique et ses populations. Cela aussi
est affaire de goût et de choix personnel.
Sauf si ceux-ci influent sur l’orientation
d’un instrument capital pour la
diffusion de notre Culture. Or
tous ceux qui ont eu l’occasion
de suivre les émissions de
Mme Adler — sur France 2, Le
Cercle de Minuit qu’elle reprit
de Michel Field, et Permis de
Penser sur Arte —, ont pu
observer la place démesurée
accordée aux invités juifs ou
musulmans, ainsi que la nécessité de posséder un rigoureux
curriculum vitae gauchiste pour
avoir le « droit de penser » en
sa compagnie. « J’ai le cœur à
gauche », n’hésite pas à proclamer cette proche de Jack Lang,
ancienne protégée de Mitterrand, qui considère, ainsi
qu’elle le déclara un jour au
Monde, que « France Culture
est une radio comme les
autres ». Exprimant ainsi clairement son projet de démantèlement d’une structure pourtant
créée afin d’assurer la propagation de la culture euro-française
dans ce pays.
Il n’est pas innocent, par
conséquent, qu’elle ait confié
en 2002 à un nouveau venu,
propulsé par sa notoriété
mediatique et le copinage, une
émission périodique d’actualité, « Le Rendez-vous des Politiques », qui n’accueilla jamais aucun
représentant de notre famille de pensée.
Ali Baddou, puisque c’est de lui qu’il
s’agissait, possédait justement le profil
dénoncé par les contestataires.
LA RÉVOLUTION CULTURELLE
SELON GRAMSCI
Ce fils d’ambassadeur marocain (en
Suède), Marocain lui-même, éduqué au
Lycée Henri IV et aux Etats-Unis, agrégé
de philo, maître de conférence en philosophie politique à Sciences-Po-Paris depuis
2000, a vu sa carrière prendre un essor foudroyant après qu’il eut été le conseiller
« pour les questions de discrimination positive » de
Jack Lang, alors ministre de
la Culture. Et surtout depuis
que, fréquentant une certaine Mazarine Pingeot, il
eut ses entrées à l’Elysée, et
se mit à voyager dans le
monde, y compris en Afrique du Sud poyr
y rencontrer Mandela, aux frais des Français. Devenu chroniqueur chez Field et
pour Laure Adler dans Permis de Penser,
Ali Baddou est l’illustration caricaturale
d’un soi-disant racisme français, nécessitant, paraît-il, des lois d’exception afin de
permettre aux pauvres Maghrébins d’intégrer les professions auxquelles l’immense
majorité des « de souche » n’ont, eux,
aucune chance d’accéder.
En novembre 2005, Laure Adler quittait
la direction de France Culture. Pour la
remplacer, un choix s’imposa dans cet
Etat « de droite » : David Kessler, ancien
du CSA et du Centre National de la Cinématographie, diplômé de Normale Sup et
de l’ENA, conseiller culturel de Lionel
Jospin. Parisien dont les racines plongent
dans la communauté israélite alsacienne,
il n’a rien à envier à Laure Adler. Surnommé « Fidel Castro » pour la vigueur
de ses purges, il a récemment licencié la
très antimarxiste Elisabeth Lévy dont
l’émission, Le Quatrième Pouvoir, était
trop impertinente envers les media.
Pour le reste, annonçant sa nouvelle
grille en décembre 2005, il fit savoir qu’il
agirait « dans la continuité de ce qui a été
fait ». C’est donc à Ali Baddou que Kessler confia la tranche horaire vedette de
France Culture.
Une semaine aura suffi pour ôter toute
illusion aux auditeurs mécontents. Les
Matins de France Culture, plus que
jamais immergés dans une actualité aussi
polémique que partisane, sont en ordre de
marche, à l’orée d’une année électorale
capitale, pour conforter l’emprise médiatique “citoyenne” sur tout ce qui touche
à l’immigration, au racisme anti-Européen et au néo-conservatisme sioniste.
Tandis que la “grille” fait de plus en plus
la part belle au judeo-islamisme, la culture autochtone euro-française ne cesse
de refluer. Quand elle n’est pas l’objet
des attaques les plus odieuses.
Quant à Demorand, il vient de recevoir
son bâton de maréchal, en
attendant mieux encore. Depuis
le 4 septembre, il dirige la
tranche matinale de France
Inter (il s’y distingua vendredi
dernier en invitant le ralisateur
du film “Indigènes”, qu’il
jugea visiblement trop indulgent avec la France). Et l’in
retrouve sur cette antenne Ivan
Levaï le samedi le dimanche
ainsi que… Mazarine, devenue
officiellement en 2005 Pingeot-Mitterrand — après avoir
abandonné Ali Baddou pour un
autre Marocain, Mohamed
Ulad-Mohand, dont elle a eu un
fils, Ascot.
Décidément, si on veut comprendre la stratégie adoptée par
nos nouveaux maîtres, il est
urgent de consulter les Ecrits
Politiques d’Antonio Gramsci.
C’est bien sa Guerre Culturelle
qui est en train de triompher.
Simplement au lieu de combattre « l’hégémonie bourgeoise » par une « hégémonie
culturelle prolétarienne » c’est
une « hégémonie métisse et
antiraciste » qui insidieusement se trouve partout renforcée.
René BLANC.
France Culture ? L’anticulture française
Non contente de « faire vivre
l’enfer » aux automobilistes francîliens, selon la formule
d’Yves Contassot,
pour les obliger à
abandonner leur voiture, la municipalité
Delanoë, poussée aux
fesses par ses alliés
« Khmers Verts », a
également réussi à réduire drastiquement le nombre de chiens dans
la capitale : Paris en comptait
190 000 en 2002, ils ne sont plus
que 147 000 en 2006, soit une
baisse de 22,6 % en quatre ans à
force d’impôts et d’amendes, sans
qu’on sache si les bêtes disparues
sont mortes de leur belle mort ou
ont été abandonnées dans les bois
de l’Ile-de-France.
Mais l’intraitable Crotassot,
comme l’avait surnommé le cher
A.D.G., ne s’estime pas encore satisfait. C’est désormais la peau des
184 chevaux de la Garde Républicaine qu’il exige, au nom de la propreté, et la gendarmerie a beau lui
répondre que le cheval est le moyen
de transport le plus écologique, l’élu
Vert n’en démord pas. Selon lui, les
gardes n’ont qu’à
« s’équiper en motocrottes » et « affecter
un gendarme au
ramassage des ordures
derrière les
patrouilles ». Ou
alors renoncer à
leurs montures.
Peut-on savoir
quelles mesures
Contassot compte
prendre également
contre les clochards (et
autres…) qui compissent et
conchient consciencieusement les
impasses et les porches de la capitale, cela en toute impunité et en
insultant même les riverains qui ont
l’audace de tenter de les ramener à
un peu plus de propreté et de
décence ?
HUMOUR ET POLITIQUE
Parmi les « petites phrases » sélectionnées pour le
prix « Press club, humour et politique » qui sera
décerné le 2 octobre, on en retiendra deux particulièrement savoureuses. La première de Philippe de Villiers : « Docteur Sarko et Doc Gynéco, c’est la com’ et la
came » et la seconde du député socialiste de l’Ardèche
Pascal Terrasse à propos de Lionel Jospin : « C’est la
première fois qu’un déserteur passe ses troupes en revue. »
On remarquera que Jean-Marie Le Pen, dont
nombre de saillies sont pourtant restées fameuses, n’a
jamais figuré parmi les favoris de ce jury, il est vrai
présidé par l’ex-figaresque Jean Miot. Le lauréat
2005 avait été Nicolas Sarkozy pour sa phrase : « Je
ne suis candidat à rien. »
Crotassot, le Khmer Vert
Page “Philosophie” de l’album de Chard
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I
L Y A, de l’aveu même de Pékin, deux
cents manifestations par jour, essentiellement dans les campagnes. Les exclus du
grand bond (capitaliste) en avant de la Chine
rouge supportent de moins en
moins les disparités et le
maintien d’un régime totalitaire qui favorise la corruption des dirigeants locaux et
des policiers. Les craquements se font de plus en plus
audibles. Le régime, sans
pour autant s’affoler, en tient compte. Quant
aux partenaires de la Chine, ils ont trop besoin
de ce marché colossal pour tenter de le déstabiliser.
L’INFORMATION MUSELÉE
Alors que des images d’émeutes dans une
ville de province circulaient abondamment sur
« la Toile », l’agence de presse Chine nouvelle
faisait savoir le 7 septembre qu’elle entendait
détenir un monopole renforcé sur l’information. Aucune nouvelle venant de l’étranger ne
peut être diffusée en Chine sans passer par
Xinhua — c’est un peu comme si, en France,
on contrôlait avant autorisation d’émettre les
journaux télé de CNN ou de Fox News. De
plus, aucune information « contraire aux intérêts de la République populaire », notion très
extensive, n’est autorisée. Pas question de parler par exemple des problèmes des minorités.
Ce verrouillage politique très maoïste a aussi
son pendant très capitaliste. Pékin reprend en
main toute la manne des informations économiques et financières qui étaient traitées par
des agences internationales. Le régime est
cohérent dans sa logique de faire concilier un
marxisme politique avec un capitalisme économique. La Chine apparaît de plus en plus
comme une “aberration” mais tolérée car elle
participe à la croissance mondiale qui ne peut
s’en passer. Henry Paulson, le secrétaire au
Trésor américain en visite à Pékin, l’a
reconnu : « La moitié de la croissance mondiale depuis cinq ans a été le fait des USA et
de la Chine. Nous serons dans le futur les
locomotives de la croissance ».
CETTE HYPOCRITE “COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE”
Le G7 se préoccupe de la monnaie chinoise.
Le 21 juillet 2005, Pékin avait abandonné le
lien fixe arrimant le yuan au dollar. La Banque
centrale de Chine autorise désormais la mon8 N° 2779 — 29 SEPTEM
naie à varier quotidiennement de plus ou
moins 0,3 % par rapport au cours pivot du
jour. Cette réforme a permis au yuan des fluctuations de 4 %. L’Union européenne, le
Japon et surtout les Etats-Unis accusent donc
la Chine de fournir à ses exportateurs, grâce
au faible niveau de sa monnaie, un avantage
compétitif indu sur les marchés mondiaux.
Pékin est d’autant plus sous pression que le
pays affiche des excédents commerciaux
records avec ses principaux partenaires. La
question de la sous-évaluation du yuan est l’un
des sujets les plus sensibles à l’ordre du jour
de la réunion des ministres des Finances et
banquiers centraux des pays du G7 à Singapour (Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni,
France, Canada, Italie et Allemagne).
L’attitude de l’autoproclamée « communauté
internationale » vis-à-vis de la Chine mérite
réflexion. Le bobardement médiatique sur le
11-Septembre a eu entre autres avantages
celui d’occulter presque totalement le trentième anniversaire de la mort de Mao Dzedong (Mao Tsé Toung). C’était le 9 septembre
1976. Si l’on parle de massacres commis par
les régimes totalitaires dans l’époque
moderne, Mao est le champion incontesté
avec plus de 60 millions de victimes, devant
Staline. Mais les héritiers, qui n’ont jamais
rien renié, bien au contraire, du premier empereur rouge, sont traités avec tous les honneurs.
Imagine-t-on un régime nazi ayant survécu à
Hitler, en pleine ascension économique et
considéré comme un partenaire incontournable malgré ses erreurs passées ? Evidemment non, mais vis-à-vis du maoïsme et des
maoïstes subsiste une complaisance infinie
(comme à tout ce qui touche aux crimes du
marxisme) et en plus très intéressée.
GLOIRE AUX ZÉLATEURS
DU GRAND TIMONIER !
Encore aujourd’hui, non seulement des militants maoïstes plus ou moins repentis (Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Serge July, Georges
Frêche…) exercent le pouvoir
culturel et trustent les antennes,
mais des partisans actuels de
Mao peuvent s’exprimer sans
être inquiétés le moins du
monde, tel cet Alain Badiou —
qualifié par Le Figaro de « négationniste
rouge » — qui professe dans ses livres que la
Chine communiste a fait partie de la « marche
du progrès de l’humanité » contre les réactionnaires économiques ou politiques du
monde.
Cette légende révolutionnaire maoïste paralyse les socialistes du monde entier alors que
la croissance de la Chine vitrifie les libéraux.
C’est pourquoi on passe vite sur les révélations récentes — et gênantes — qui montrent
que Mao avait passé des accords avec le Japon
contre les nationalistes chinois, que la Longue
Marxi sme -l énini sme : l e
UNE des cinq anciennes républiques
d’Asie centrale devenues indépendantes en 1991 lors de la dissolution
de l’URSS, le Turkménistan est un pur produit du système soviétique. Au nord de l’Iran
et de l’Afghanistan, à l’ouest de la mer Caspienne, ce territoire désertique de
488 000 km2 et peuplé de 4,3 millions d’habitants trouve dans le gaz naturel son unique
mais immense richesse dont, possédant une
des plus grandes réserves de la planète, il est
le quatrième producteur mondial. Pays très
fermé et peu connu, il ne figure sur aucun
circuit des voyagistes.
Premier secrétaire du Parti communiste
depuis 1985, puis président du Soviet
suprême de la République en 1990, Saparmourad Niazov, aux cheveux teints en noir
de jais, est élu président de la République
indépendante (il a alors 51 ans), puis de nouveau en 1992 au cours d’une élection à la
soviétique : 98,39 %, puis 99,5 % des suffrages ! La Constitution adoptée en 1992
institue un système présidentialiste et,
depuis lors, les Turkmènes vivent sous l’une
des pires dictatures du monde.
L’imitation du système soviétique atteint
sa caricature avec le culte de la personnalité,
symbole d’un pouvoir fort, qui entoure le
président. Saparmourad Niazov est appelé
“Turkmenbachi” (le père de tous les Turkmènes) ; son nom est systématiquement
donné aux grandes avenues des villes, à l’aéroport d’Achkhabad, la capitale, et à un port
sur la Caspienne. Revendiquant volontiers
une filiation divine, il ne se reconnaît
comme égal que l’astre solaire, à qui il se
mesure chaque jour sur la place centrale
d’Achkhabad (voir ci-contre) : sa statue en
or de quatorze mètres, juchée au sommet
d’une tour haute de soixante-quinze mètres,
Au Turkménista
Marche a été réinventée, que le démiurge de
la Chine populaire a été l’homme de toutes les
épurations, des désastres économiques, des
enfants cannibales dénonçant les parents et de
toutes les horreurs de la Révolution culturelle.
“9-11” oblige, l’anniversaire de la disparition de Mao a été célébré avec discrétion et
cela a arrangé la Chine. A part un concert de
chants révolutionnaires organisé au Palais du
peuple, sur la place Tienanmen, et quelques
dossiers historiques publiés dans des magazines, il semble que l’événement ait peu été
exploité par le régime.
“70 % DE POSITIF
ET 30 % DE NÉGATIF”
Si le Parti communiste chinois (PCC) se doit
d’exalter la mémoire de celui qui reste l’un
des fondements de la légitimité du régime
autoritaire de Pékin, il lui faut aussi se livrer à
de difficiles contorsions idéologiques pour
justifier le gouffre existant entre la rigueur
maoïste d’antan et la réalité contemporaine de
l’économie de marché. Ainsi, à destination des
cadres du Parti, on relance les études
marxistes et maoïstes et, pour les écoliers et
étudiants, on “gomme” dans les manuels scolaires les références trop appuyées au
maoïsme pour privilégier les études sur l’économie. Le Parti n’avait-il pas, d’ailleurs,
déclaré, après la chute de la « bande des
quatre » et la mort du « Grand Timonier », que
« Mao, c’est 70 % de positif et 30 % de négatif » ? Une manière de résumer dans une formule le désastre et les dizaines de millions de
mort du « Grand Bond en avant », des « Cent
Fleurs », des « Quatre Mobilisations » et de
la « révolution culturelle ».
Mais le monde, par ailleurs si sourcilleux sur
un autre passé, doit-il, par simple intérêt mercantile et aussi parce que les victimes n’appartiennent pas à certaine catégorie privilégiée,
accepter la lecture de l’histoire imposée par le
parti communiste chinois sans se préoccuper
des ravages aujourd’hui exercés par le capitalistico-marxisme, ce mutant incontrôlable du
monstrueux despotisme maoïste ?
Pierre-Patrice BELESTA.
Chine : capitalisme et despotisme
30 ans après la mort de Mao
(Dessin de CHARD.)
La vérité, lentement, se fait jour : on découvre aujourd’hui sur le site internet de la radio polonaise (1) que le massacre — imputé aux nationaux-socialistes — de 200 000 à 300 000 personnes en Ukraine a en fait été perpétré par le NKVD soviétique.
Selon Polskie Radio, une commission gouvernementale ukrainienne vient en effet de conclure
que des milliers de corps enfouis dans un charnier des environs de Kiev sont ceux de victimes
des purges de Staline. Des conclusions qui rejoignent les témoignages apportés par les personnes âgées du village voisin de Bykovnia qui disaient avoir vu des camions ruisselant de
sang se dirigeant vers cet emplacement dans les années 1930, donc avant l’occupation de la
région par les Nazis. « Le chiffre, non officiel, du nombre de cadavres contenus dans ce charnier oscillerait entre 200.000 et 300 000. »
C’est au moment où le gouvernement ukrainien érigea, en mai 1988, un monument imputant ce crime aux occupants nazis que les habitants du village de Bykovnia avaient brisé
cinq décennies de silence pour accuser la police secrète de Staline. En décembre, les villageois forcèrent les autorités ukrainiennes à mettre en place une commission, constituée sous
le nom de « Commission chargée de poursuivre les auteurs de crimes commis contre la
nation polonaise » et placée sous la direction du Dr Slawomir Kalbarczyk, lequel s’est
exprimé lors de la conférence internationale scientifique « Archéologie et Terreur » qui
s’est tenue à Tallin en novembre 2005.
Les fosses de Bykovnia n’ont pas dit leur « dernier mot » et sont susceptibles de fournir encore
beaucoup de renseignements précieux puisque d’autres exhumations sont prévues sur ce site,
en présence de procureurs de l’Institut de la mémoire nationale.
On a trouvé à Bykovnia de nombreux objets appartenant sans nul doute à des citoyens polonais, entre autres des uniformes, des couvre-chefs militaires, des bottes de cavalier, des pièces
de monnaie polonaises ainsi que des objets fabriqués en Pologne ou en Europe occidentale et
un permis de conduire. D’une valeur cruciale car appartenant à une personne dont le nom figure
sur une liste partielle des civils exécutés en Ukraine, liste dressée par le NKVD.
En 1997, les autorités de Kiev avaient pratiqué des exhumations dans les environs de l’ancienne prison du NKVD de Vladimir en Volhynie afin de vérifier des informations livrées par
la population locale sur l’inhumation à cet endroit d’opposants à Staline. On a retiré de ces
fosses les restes de 100 personnes dont l’arrière du crâne portait la trace d’une exécution par
balle. Sur les cadavres, on a retrouvé un certain nombre d’articles d’origine polonaise : épaulettes militaires et policières polonaises, boutons d’uniforme avec l’image de l’Aigle Blanc,
etc. Tout récemment, l’Institut de la mémoire nationale a été informé que l’une des enquêtes,
conduite par le bureau du procureur militaire d’Ukraine, a fait état de la découverte à Kiev des
restes de 270 officiers polonais non identifiés.
Toujours selon Polskie Radio, « en coopération avec les Ukrainiens les Polonais vont faire
de leur mieux pour trouver une explication à cette sombre atrocité qui, on peut le supposer,
pourrait avoir un lien avec le crime de Katyn. Une telle supposition est justifiée par le fait que
la trace des prisonniers assassinés en Ukraine s’arrête, entre autres, à la prison de Kiev ».
Y. S. _____
(1) <www.polskieradio.pl/polonia/article.asp?tId=40422&j=2>).
On attendait Hitler c’était Staline !
9
sadeurs, des directeurs de banques, et le
directeur du service des « transferts illégaux de capitaux » du BND, Wilhelm Martin Sudhoff. Pendant deux ans, équipés du
matériel informatique le plus sophistiqué,
les enquêteurs ont pu étudier certains dossiers et comptes de la Banque nationale
hongroise. Mais encore une fois, certains
problèmes ont paralysé le déroulement des
enquêtes. Mystérieusement, la commission
n’a jamais pu poursuivre ses recherches
dans d’autres instituts financiers, et les
documents ne pouvaient pas être expertisés
en profondeur ; ils étaient uniquement
consultables sur place.
Un autre groupe de travail réunissant des
agents du BND et des services secrets hongrois a été constitué. L’actuel ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter
Steinmeier, alors chef du cabinet de la
chancellerie, rencontra ses homologues
hongrois en août 2005 pour perfectionner les techniques et les
méthodes de recherche entre les
services secrets des deux Etats.
Complémentairement, les services hongrois ont sollicité les
connaissances de deux personnes ayant pris
une part active dans les transactions frauduleuses de capitaux. Un autre problème
s’est encore posé… La banque nationale
hongroise affirme ne plus posséder certains
dossiers relatifs à des comptes montrant des
liens évidents entre la RDA et le SED.
C’est le cas des 148 millions de francs
suisses, dont seulement 42 millions ont été
identifiés. Cette somme appartenait à Günther Forgber, ancien agent de la Stasi et
ancien homme d’affaires de RDA qui
importait à l’époque des deux blocs, notamment en provenance de Vienne et de Zurich,
des produits sous embargo. Cependant, le
remboursement de cette somme ne peut
plus être exigé, car son propriétaire est mort
en début d’année, renversé par une automoMBRE 2006 — RIVAROL
bile en Espagne. Ce cas n’est pas unique !
Wolfgang Langitschke, responsable des
placements financiers du SED, a lui aussi
été victime en 1998 d’un accident de la circulation, à Lugano, petite ville balnéaire
suisse paisible… Troublante coïncidence.
Ainsi, nous serions fort intéressés de
connaître les éventuelles implications des
partis communistes de l’Europe de l’ouest,
et en particulier celles du PC “F”, dans ces
transactions financières.
Ont-ils aidé le SED ou l’actuel PDS à camoufler certains capitaux ? Pierre de
Villemarest avait expliqué
le rôle des époux Aubrac,
chargés d’acheminer les
capitaux de Moscou en
Tchécoslovaquie, alors
plaque tournante des financements des partis communistes européens
après la seconde guerre mondiale. Accusation en partie confirmée par L’Humanité
dans l’article Artur et Lise London : des
agents de Moscou ? (n° du 7/11/1996) :
« Raymond Aubrac — qui avait fondé et
dirigé de 1948 à 1958 le BERIM (Bureau
d’études et de recherches pour l’industrie
moderne) — était introduit auprès des plus
hautes instances tchécoslovaques, avec les
recommandations directes des principaux
responsables du PCF. Et présenté comme
un camarade qui aurait été partie prenante
d’un réseau de financement du PCF par
l’intermédiaire de sociétés d’import-export
qui constituaient la forme d’aide probablement la plus importante (…) de collaboration avec les sociétés sœurs. »
Toutes ces investigations du BND aboutiront-elles ? On peut en douter tant elles risqueraient de dévoiler des vérités insoupçonnées… et de faire tomber les têtes de
gouvernements en place…
Laurent BLANCY.
e c a d avr e r emue enc o r e
Schatz der Arbeiterklasse » (Le trésor de la
classe des travailleurs), se révèle extrêmement compliquée. Le chef de la commission, Christian von Hammerstein, et ses
collaborateurs se heurtent à la ramification
des nombreuses pistes de blanchiment des
capitaux du SED, dont on sait qu’ils ont été
réinvestis par d’anciens fonctionnaires du
parti, à des fins personnelles et pour l’édification du PDS. Selon Ch. von Hammerstein, le SED avait prévu et systématiquement cherché à protéger le détournement
des capitaux par l’intermédiaire et la bienveillance de l’Etat est-allemand. C’est
pourquoi la commission entend faire pression sur le PDS. Mais les camarades sont
peu bavards…
Les investigations se poursuivent également à l’étranger avec des résultats probants. Selon le Spiegel du 21/08/06, la
commission a mis la main sur 2,6 millions
d’euros détournés par le SED et
placés sur un compte au Lichtenstein ; elle a aussi obligé la
femme d’affaires Rudolfine
Steinling, « Fini la rouge », qui
travaillait pour le compte de la
société d’import-export est-allemande
Novum, à rembourser 7,3 millions d’euros.
Dans une banque de Genève, la commission a retrouvé l’enregistrement de
148 millions de francs suisses. Une partie
de cet argent a disparu dans d’autres transactions faites à Prague et à Budapest. De
plus, la commission entreprend de faire
débloquer des comptes suisses 237 millions
d’euros ayant constitué « le trésor des
Camarades ».
Il s’agit là de minces succès. Car malgré
la participation du Bundesnachrichtendienst (BND), les enquêtes sont bloquées.
A cet effet, en février 2004, le BND a dû
constituer en Hongrie une commission
d’enquête mixte à laquelle participent les
secrétaires d’Etat des deux pays, les ambastourne sur elle-même pour toujours faire
face au soleil…
Servi par une police et des espions compétents et fidèles, cet Inca des steppes exerce
une cruelle tyrannie sur un peuple qu’il voudrait entièrement servile, se consacrant totalement au culte de la “divinité” turkmène, et
que dans ce but il abêtit, infantilise, conditionne, endoctrine. Tous les lieux à dimension culturelle sont fermés, l’éducation
depuis le plus jeune âge se ramène à l’étude
et à la récitation du “Rouhnamé”, le “livre
de l’âme” signé de sa main. Un « guide spirituel » de 400 pages en deux volumes que,
initiative choquante dans un pays à majorité
musulmane, quoique officiellement laïque,
il présente comme l’égal du Coran et de la
la Bible. Tous ceux qui osent la moindre protestation contre la mégalomanie et la tyrannie vont rejoindre les dizaines de milliers de
prisonniers politiques arbitrairement retenus
dans les geôles nationales engorgées.
an, une dictature “solaire” soutenue par les droits-de-l’hommards
ABERLIN, le 17 août, le soleil brille
sur la cour de la Karl-LiebknechtHaus, le siège du Linkspartei. Le
chef de la fraction parlementaire, Gregor
Gysi, prononce un discours élogieux à l’occasion des 65 ans du président du parti communiste
rénové, Lothar Bisky. Les
camarades entourent Markus Wolf, un éminent responsable de l’ancienne
police secrète, la Stasi. Car,
nos lecteurs le savent depuis
les nombreux articles de
Renée Versais consacrés à
l’actuel parti communiste allemand, le PDS
a succédé au SED-PDS, parti qui, sous la
présidence du conseil d’Egon Krenz, assura
la période de transition en 1989-90, après
le SED. Changements qui ne sont pas étrangers à un autre phénomène plus important :
la disparition des capitaux de la RDA…
Depuis plusieurs années, une Commission
spéciale indépendante chargée de la vérification des financements des partis politiques et des organisations de la RDA
(Unabhängige Kommission zur Überprüfung des Vermögens der Parteien und Massenorganisationen der DDR) essaye de
retrouver ces capitaux “volatilisés”, que
des fonctionnaires roublards ont détournés
après 1989. De son côté, avec le gouvernement fédéral et d’ici la fin de l’année, le
Bundestag entend se doter de lois qui élargiront le champ des recherches et les pouvoirs de cette commission, considérés trop
restreints bien que, pendant ses dix-sept
années d’investigations, elle ait retrouvé
1,6 milliard d’euros ayant appartenu au
SED-PDS. Cette importante manne financière a été utilisée pour la rénovation des
anciens Länder de l’est.
Cette chasse « aux capitaux des camarades », comme le rappelle un ancien dossier du Spiegel (n° 50/2001) intitulé « Der
Le Bundesnachrichtendienst et le trésor des camarades
La vente du gaz ne profite pas à la population que le pouvoir maintient cyniquement
dans le plus effroyable dénuement afin
qu’elle soit plus malléable… Niazov, dictateur corrompu, détourne sur un compte en
Allemagne des milliards de dollars et ce
qu’il n’a pas détourné, il le consacre à des
réalisations aussi pharaoniques qu’inutiles,
souvent confiées au groupe français
Bouygues (qu’une dictature ne rebute pas) :
un lac artificiel immense en plein désert, une
piste de ski dans un pays où il fait 50°C en
été et les inévitables palais, mosquées et statues en or massif à sa gloire.
Ce dictateur régnant sur une population
dont une partie est asservie et affamée, tandis que l’autre partie, rebelle, croupit derrière les barreaux, devrait “interpeller” les
grandes consciences droits-de-l’hommistes.
Mais la Communauté internationale qui a
besoin du gaz turkmène (en particulier
l’Union européenne) ne tient pas à faire tomber un des rares pouvoirs stables de la
région, de surcroît non contaminé par l’islamisme radical. La Russie cherche à renforcer sa mainmise énergétique dans cette
région d’Asie centrale riche en hydrocarbures et contrôle en grande partie le Turkménistan dépendant presque exclusivement
de Moscou pour ses exportations gazières.
Quant aux Etats-Unis, ils apprécient de
pouvoir librement survoler cette zone stratégique qui jouxte l’Iran et l’Afghanistan.
D’autre part, depuis peu, Washington courtise Achkhabad pour lui faire accepter la
construction d’un gazoduc depuis le Turkménistan vers l’Inde et le Pakistan, concurrent d’un projet à partir de l’Iran. Le 14 août
dernier, le diplomate américain Steven
Mann rencontra le président turkmène pendant deux heures et, sous forme de menace
voilée, expliqua devant la presse locale que
Washington « était très fortement opposé »
au projet iranien (les Persans qui narguent
l’hyperpuissance avec leur joujou
nucléaire…) Le “Turkmenbachi” a compris
que s’il voulait garder le pouvoir, il se devait
de privilégier le projet de gazoduc des Américains, même s’il doit ainsi passer sous leur
coupe.
Les réserves de gaz n’étant pas près de se
tarir dans cette république d’Asie centrale,
les Turkmènes subiront longtemps encore la
terrible dictature “solaire” de Saparmourad
Niezov, soutenue par la communauté internationale — dont l’intransigeance vis-à-vis
du respect des droits de l’homme est si
hypocritement sélective —, puis de ses successeurs potentiels formés à son école.
Noëlle SACLET.
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Chaque jeudi, vous pouvez consulter
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administratives, utiliser l’adresse
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internautes qui souhaitent faire figurer leur adresse électronique doivent
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demander de transférer leur message
au correspondant choisi.
DOUBLE ASSASSINAT
ISLAMIQUE A RABAT ?
Le 18 septembre dernier étaient assassinés
à Rabat, dans des circonstances affreuses,
Alessandro Missir di Lusignano, issu d’une
grande famille catholique levantine et chef
de la section Affaires politiques de la délégation de la Commission européenne au
Maroc, ainsi que son épouse, née Ariane
Lagasse de Locht.
« Selon la presse belge comme française, il s’agi- rait d’un cambriolage qui aurait mal tourné, nous
écrit Alain Escada, président de Belgique
& Chrétienté (1) dont les malheureuses victimes étaient proches. Selon la presse italienne,
par contre, ce meurtre d’une rare sauvagerie est de
nature islamiste » et L’European Strategic
Intelligence & Security Center affirme
même que « les chefs d’unité de la Commission
européenne ont vigoureusement appelé leurs collaborateurs à ne pas évoquer la possibilité d’un crime
à connotation religieuse » bien que, selon les
quatre enfants du diplomate qui ont
échappé au carnage mais y ont hélas assisté,
l’assassin ait « notamment hurlé “Allahou Akhbar” en égorgeant leurs parents ».
Mais, alors que toute l’Oumma était en
révolution après les propos, pourtant prudents, tenus six jours plus tôt à Ratisbonne
par Benoît XVI, sans doute fallait-il éviter
toute nouvelle de nature à exciter encore les
si chatouilleux esprits… et à convaincre les
autres que l’islam n’est peut-être pas aussi
pacifique que l’Establishment politique
nous l’affirme.
Rappelons qu’en
janvier 2005, quand
l’adolescent Benjamin Van Severen
(17 ans) fut poignardé à mort par Abdelillah Al Meziane
Ben Ali alors qu’il se promenait avec ses
parents (sa mère Monique fut également
blessée par le forcené) dans la médina de
Fès, les autorités marocaines et le Quai
d’Orsay refusèrent de retenir l’hypothèse
du crime religieux. Or, l’assassin avait également hurlé « Allahou Akhbar » en frappant ses victimes. Après trois reports du
procès, la chambre criminelle près de la
cour d’appel de Fès a finalement condamné
Al Meziane à la prison à perpétuité en
février dernier, mais en imputant son geste
à la toxicomanie.
_____
(1) Rue de la Cible 48 — B-1030 Bruxelles ou
<www.bechrist.be>.
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 10
Directeur de l’Institut démographique et de
l’Académie autrichienne des sciences.
Les chiffres du Dr Vonach sont alarmants. Pour l’année 2030, il estime à 35 %
la part de la population immigrée en
Autriche — 57 % à Vienne. Ces projections ont été reprises par la grande presse
dont le Wiener Zeitung qui précisait qu’annuellement, le nombre des nouveaux
immigrants serait supérieur d’environ
38 000 à celui des naissances autochtones,
et cela jusqu’en 2030.
Sur le plan politique, la publication de ces
chiffres a bien sûr été défavorablement
commentée par les syndicats et partis de
gauche qui, comme le SPÖ, critiquent le fait
que l’on considère également comme étrangères les personnes naturalisées depuis le
1er janvier 2000. Alors que les statistiques
officielles estiment actuellement la part des
étrangers à 9,8 %, le Dr Vonach rectifie ce
chiffre à 12 %. Répondant aux invectives de
la gauche, le physicien affirme qu’« il ne
s’agit pas de générer le racisme, mais d’exposer très clairement la vérité pour tirer des
conclusions sans faire la politique de l’autruche ». Quand on lui reproche de cataloguer comme “étrangers” les personnes nouvellement naturalisées, il poursuit avec
beaucoup de courage et de bon sens que
« ce n’est pas parce que l’on décidera de
naturaliser tous les étrangers que les problèmes y afférents disparaîtront ». « Quand
j’ai mené cette étude, ajoute-t-il, je me suis
d’abord posé la question de savoir si mon
petit-fils appartiendrait dans son propre
pays à une majorité ou à une minorité. Je
n’ose penser à cette dernière éventualité ».
Dans un autre volet de son exposé, le
Dr Vonach donne des précisions sur le
taux de fertilité des différentes populations en Autriche. Une autochtone n’aurait ainsi en moyenne que 1,3 enfant
contre 2 pour une immigrée ou une
« nouvelle naturalisée ». Si l’on considère uniquement la population ayant
moins de 15 ans, les statistiques du
Dr Vonach établissent qu’en 2030, 46 %
de la population autrichienne (67 % à
Vienne) seront constitués d’immigrés.
Dans son ouvrage Die Freiheit, die ich
meine (La liberté à laquelle je pense), Jörg
Haider abordant le problème de l’immigration écrit que cette question est primordiale
pour l’Autriche (8 millions d’habitants),
qui compte 230 habitants au km2 tandis
que cette moyenne serait de 100 pour le
reste de l’Europe. Il précise que la ville de
Vienne recense 100 000 étrangers illégaux.
On voit — avec beaucoup de tristesse —
que dans ce petit pays charmant, que l’on
appelle aussi en allemand l’Alpenrepublik,
se profile un destin dont la couleur n’a rien
à voir avec celle des cimes si pures du
Tyrol et du Vorarlberg.
L. B.,
<Laurent-Blancy@neuf.fr>. _____
National Zeitung — DSZ Verlag — 81238
München — Allemagne (anzeigen@dsz-verlag.de).
Jörg Haider : Die Freihiet, die ich meine ; Verlag Ullstein GmbH; p. 98 ; (1993).
CURIOSITÉ
Une Croix de Guerre TOE
offerte par son état-major
(dont De Gaulle Charles) au
Maréchal sera mise aux
enchères en octobre prochain par la firme munichoise Hermann Historica (<www.hermann-historica.com>). Il s’agit du Lot 2304,
Vente 51.
Avis aux amateurs !
En prévision des législatives du
1er octobre en Autriche, le Parti conservateur du chancelier sortant Schüssel (ÖVP,
crédité de 38 % des intentions de vote) et
les socio-démocrates (35 % devant des
Verts à 12 %) se disputent les électeurs de
l’« extrême droite » désormais éclatée
entre le FPÖ maintenu sous
la conduite de Heinz-Christian Strache (7 à 8 % d’intentions de vote) et le BZÖ
créé par Jörg Haider après
qu’il eut quitté le parti. Pour
ces électeurs “populistes”, la
réduction des flux migratoires submergeant le pays
est un enjeu majeur.
En effet, c’est sous le titre « Bientôt
35 % d’étrangers en Autriche ? » que
notre bon confrère allemand, la National
Zeitung, reprenait dans son n° du 11/08/06
l’étude « Änderungen der ethnischen
Zusammensetzung der österreichischen
Bevölkerung in den nächsten
Jahrzehnten » (Les changements de la
composition ethnique de la population
autrichienne dans les prochaines décennies) réalisée par l’éminent Dr Herbert
Vonach, spécialiste autrichien en physique
nucléaire et professeur d’université. Etude
d’autant plus importante qu’elle contredit
le rapport officiel du Pr Rainer Münz,
I. QUESTIONS D’ACTUALITÉ
1c (Chirac accident vasculaire) — 2b
(Bouteflika au Val-de-Grâce) — 3b
(L’Haÿ-les-Roses, vengeance féminine) —
4c (la petite-fille de Papon virée du ministère des Anciens Combattants) — 5b (27
octobre, début des émeutes raciales) — 6b
(le général Poncet inculpé) — 7a (Château-Jobert/Conan) — 8b (Arno Klarsfeld/« penseur à roulettes ») — 9a (François Hollande/Cecilio) — 10a (“l’étrangleur” Lucien Léger réincarcéré pour trafic de haschich) — 11c (train de la SaintSylvestre : vols, actes de terreur et tentatives de viol commis par des Jeunes) —
12a (Chirac promet l’inscription de l’abolition de la peine capitale dans la Constitution) — 13 b (Chirac fait invalider par le
Conseil constitutionnel un article de loi
reconnaissant le rôle positif de la colonisation) — 14c (10 mai, Journée de la
Mémoire des abolitions de l’esclavage) —
15c (Youssouf Fofana, patron du gang
assassin d’Ilan Halimi) — 16b (Gollnisch
jugé bien qu’ayant bénéficié d’un non-lieu
du juge d’instruction) — 17b (Königsberg
russe) — 18a (le Marocain Mohamed
Bouyeri assassin de Theo van Gogh) —
19a (30 août 2005, ouragan Katrina) —
20b (mort de Simon Wiesenthal, chasseur
de nazis) — 21a (les jumeaux Kaszinski,
hommes politiques polonais) — 22b (en
Egypte, percée électorale des Frères
musulmans) — 23a (béatification du Père
de Foucauld) — 24b (Mehmet Ali Aqca
tire sur Jean Paul II) — 25a (Angela Merkel fille d’un pasteur) — 26a (Ariel Sharon dans le coma) — 27a (février 2006 :
crise des caricatures de Mahomet) — 28b
(René Préval, président de Haïti) — 29 b
(Kofi Annan inaugure le musée des Arts
premiers) — 30c (Sami Naceri mis en examen pour violences et injures racistes).
II. QUI A DIT QUOI ?
Chirac : « Dans la République, il n’y a pas
d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi
d’écrire l’histoire.»
Alessandra Mussolini : « Mieux vaut être
fâcho qu’homo. »
Le Pen : « Philippe de Villiers n’est pas
seulement Duplicator, c’est Contrefactor. »
Sarkozy : « Les racailles, il faut les passer au Kärcher. »
Finkielkraut : « L’équipe de France n’est
pas black-blanc-beur, elle est black-blackblack, ça fait rire le monde entier. »
Mahmoud Ahmadinejad : « Le peuple
allemand est prisonnier de l’Holocauste…
Jusqu’à quand devra-t-il porter ce
fardeau ? »
III. BIBLIOTEST
V. VOLKOFF : Le Tortionnaire, Le Montage, La Désinformation, arme de guerre.
Marina GREY : Mimizan-sur-guerre, Le
Général sort à minuit, Les Armées
blanches (en coll. avec J. Bourdier).
Ch. de LA MAZIÈRE : Le Rêveur casqué.
P. MONNIER : A l’ombre des grandes
têtes molles, Les
Pendules à l’heure.
J. MABIRE : Drieu
parmi nous, Les
Vikings en Normandie, La Brigade
Frankreich.
G.-P. WAGNER : La
Comédie parlementaire, Maurras en
justice, L’Entredeux-guerres.
BRAVO AUX
GAGNANTS !
Mmes Anne-Marie
Deranque et France
Jourdan-Joubert,
MM. Thierry Eblin,
M. Lejeune,
Guy Monaville, Bernard Mulocher, ainsi
qu’un(e) rivarolien(ne) de Sablésur-Sarthe, qui a
omis d’indiquer ses
nom et adresse et le
“prix” de son choix.
Réponses aux Jeux de l’été
Bientôt 35 % d’étrangers en Autriche ?
Bibliothèque RIVAROL
— Jacques ABOUCAYA : Paraz le rebelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21,40 €
— Philippe ALMÉRAS : Les idées de Céline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 €
— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €
— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €
— CHARD : - 7 cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 € franco
- 20 ans de malheur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 €
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N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 11
I
L AURA fallu beaucoup de vigilance
pour connaître, après les élections du
17 septembre dans le land de Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, le
score des partis identitaires allemands et
notamment celui du NPD.
PERCÉE POUR
LA DROITE RADICALE
Le doute a été entretenu en effet sur l’étendue d’une poussée et sur sa conséquence en
termes de sièges. Le soir même, on était audessous de 6 % pour la Poméranie, pour terminer tout de même avec un résultat définitif de 7,3 % des suffrages, au-delà des prévisions des sondages, et de 6 élus.
Ces élections régionales partielles confirment que la “gross” coalition déçoit plus la
réussi à entrer au sénat de la ville-Etat de
Berlin où le système électoral est comparable à celui des landers, avec une barre à
5 %.
L’extrême droite allemande se renforce
grâce à l’ex-RDA : le NPD avait fait une
entrée fracassante au parlement régional de
Saxe (9,2 % des suffrages) en septembre
2004. Le NPD a profité du taux de chômage
élevé à l’Est et de l’attrait exercé par le vote
protestataire sur une partie de la jeunesse. La
génération de ceux qui sont nés avec la
réunification a grandi l’extrême droite qui
s’est intégrée habilement aux luttes sociales.
L’espace social existe, il fallait le concrétiser politiquement ; la « Grande Coalition »
a ouvert une opportunité pour la droite nationale, qui souffre en Allemagne de divisions
et de diabolisation.
MERKEL CHUTE,
LE SPD RÉSISTE
Cette diabolisation médiatique et politique
n’empêche pas cependant, surtout après le
fracas provoqué par la dernière tentative
d’interdiction du NPD, la démocratie de
fonctionner au niveau du droit électoral. La
constitution allemande accorde en effet aux
partis politiques des recettes proportionnelles au nombre de voix engrangées. Le
NPD, fort de ses succès passés, a dépensé
400 000 euros pour sa campagne dans le
Mecklembourg, autant que la CDU ou le
SPD. Plus de moyens, et donc meilleure
campagne et meilleurs résultats.
L’autre vainqueur du scrutin est le maire
sortant de Berlin. Le social-démocrate Klaus
Wowereit a réussi à se maintenir sans difficulté à la tête de cette ville ayant le statut de
land. Mais le net revers enregistré par les
anciens communistes du Parti de gauche
pourrait aboutir à un changement de coalition à la tête d’une ville où l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière
Angela Merkel continue à perdre du terrain.
droite que la gauche. La droite au
pouvoir faisant la politique des
vaincus associés, le désappointement est logique. La perdante est
bien entendu la chancelière Angela
Merkel. Dans l’Est de l’Allemagne
et à Berlin, là où les majorités
régionales sont de gauche avec
appui des ex-communistes, le
mécontentement des masses populaires et ouvrières se reporte vers la
droite antisystème, la gauche radicale souffrant de sa participation
aux pouvoirs locaux.
Le NPD a évidemment été qualifié de néo-nazi, mais s’il l’était
vraiment dans ses statuts, ses discours et ses actes, il serait interdit,
et accusé d’avoir mené une campagne haineuse. En l’occurrence,
la campagne de son leader régional Udo Pastörs a été plus sociale
que nationaliste ; il a peu parlé d’immigration mais d’appauvrissement des Allemands
du land déjà le plus pauvre de la République
fédérale.
Une fois de plus, l’Allemagne de l’Est a
montré que voter à l’extrême droite n’est
plus un tabou. Le NPD a réalisé une percée
aux élections régionales du MecklembourgPoméranie, dans le nord de l’ex-RDA, ainsi,
mais de manière plus limitée et avec une
alliance, qu’aux municipales de Berlin. Dans
le Mecklembourg-Poméranie, dont la chancelière Angela Merkel est député — ce qui
fait que le vote est considéré par la presse
comme un net désaveu et une gifle personnelle —, le NPD aura donc désormais six
députés sur les bancs de l’hémicycle à
Schwerin. Aux municipales de Berlin, il a
franchi, associé aux Republikaner, ce qui
montre que le rapprochement est possible,
la barre des 3 % des votes ce qui leur ouvre
l’accès au conseil municipal de cinq arrondissements, dont quatre à l’est de la capitale
allemande. En revanche, le NPD n’a pas
Avec 30,8 % des voix, le Parti social-démocrate (SPD) a gagné un point par rapport au
précédent scrutin de 2001, lorsque la CDU,
minée par un scandale bancaire et des dissensions internes, avait dû abandonner le
pouvoir après dix ans de règne. Pour
M. Wowereit, homosexuel revendiqué de
52 ans, il s’agit d’un succès personnel.
Durant son premier mandat, il a mené une
politique d’austérité draconienne, tout en
parvenant à donner à sa ville surendettée une
image positive.
En revanche, le Parti de gauche a beaucoup
souffert de l’exercice du pouvoir au côté du
SPD. Avec 13,4 % des voix, il a perdu près
de dix points en cinq ans. Dans l’est de la
ville, son traditionnel fief, il a même chuté
de 20 points. Héritière de l’ancien parti communiste est-allemand, cette formation a déçu
une bonne partie des nostalgiques de l’ancien système, dont le nombre diminue peu à
peu au fil des ans. Les postmarxistes meurent et ne se renouvellent pas. Les nationalistes, eux, font des petits : on comprend que
cela perturbe le système.
Hermann TRAPIER
Allemagne : à l’Est, du nouveau pour le NPD
du travail », compte tenu du nombre de
Suédois, de souche ou non, se trouvant en
préretraite ou en arrêt-maladie. Pour
convaincre ce million d’inactifs qu’il est
« payant de travailler », la coalition prévoit une diminution de 15 % des allocations de chômage, de maladie ou de préretraite qui peuvent représenter jusqu’à 80 %
du salaire antérieur avec un maximum de
2 180 euros par mois.
La toute-puissante centrale syndicale LO
acceptera-t-elle ces mesures ou, furieuse
de la défaite du parti social-démocrate qui
est son bras politique, et forte des 80 % de
Suédois syndiqués, ira-t-elle vers l’affrontemennt ?
D’autre part, comment remettre un million de gens au travail dans un pays où
l’agriculture et l’industrie (notamment les
usines automobiles et les chantiers navals)
sont sinistrées en raison de leurs très hauts
coûts de production ? Le taux de croissance de 5 % dont se prévaut le royaume
des Trois Couronnes repose sur le seul secteur des services, mais tout le monde ne
peut y être embauché, et surtout pas les
immigrés analphabètes kurdes ou marocains, si nombreux. Restent les « services
à la personne », en pleine expansion avec
le vieillissement de la population indigène,
mais cela ne peut que renforcer l’Etat-Providence que le juvénile député Reinfeldt se
jurait il y a dix ans de jeter bas… Du temps
où les conservateurs voulaient également
lutter contre l’immigration, dont leur président ne souffle plus mot aujourd’hui
alors que la délinquance allogène ravage
des villes entières. En Scanie notamment
avec Malmö où se multiplient les viols
quasiment rituels de Suédoises par des
musulmans.
Mais les descendants des fiers Varègues
auraient-ils intégré ce fléau et se contenteraient-ils pour tout combat identitaire de
hisser le pavillon national quand ils arrivent dans leur maison de campagne ?
D’ailleurs victimes de leurs divisions,
aucun des petits partis identitaires n’a
LE RÉSULTAT des élections du
17 septembre en Suède constitue-til comme l’ont dit tant de media un
« virage historique » ? Certes pas. D’abord
parce que la victoire de la coalition des
droites contre le bloc des gauches n’a été
acquise que par 2 points (48,1 % des voix
contre 46,2 % pour les sociaux-démocrates du Premier ministre sortant Göran
Persson associés aux Verts). Ensuite parce
que ces droites l’avaient déjà emporté en
1976 puis en 1991, sans parvenir à se
maintenir au pouvoir et qu’il en ira peutêtre encore de même cette fois. Enfin,
peut-on parler de “droites” ?
DES MODÉRÉS TRÈS…
MODÉRÉS
Certes, avec 26,1 % des suffrages
(+ 10,9 % par rapport à 2002), le parti
Moderatna (conservateur) domine ses
alliés centristes et démo-chrétiens dont il
sera ainsi moins dépendant. Mais son jeune
président (41 ans) Fredrik Reinfeldt, s’il
fut ultra-libéral à ses débuts en politique,
n’a rien d’un homme de droite. Non
content de tirer les conservateurs vers le
centre-gauche, il avait tout au long de la
campagne électorale célébré l’Etat-providence et même qualifié sa formation de
« nouveau parti du travail ». Clone de
Tony Blair qui avait lancé le New Labour
pour se démarquer des dinosaures travaillistes, Reinfeldt se veut le leader des
« nouveaux conservateurs », répétant sa
volonté de baisser certes les charges patronales, mais avant tout pour favoriser l’emploi des jeunes et les immigrés (12 % des
“Suédois” à l’heure actuelle sont nés à
l’étranger), les catégories les plus touchées
par le chômage — dont le taux est très
bas : 5,7 % de la population active, au
moins officiellement.
Mais pour le chef du Moderatna, et sur ce
point on ne lui donnera pas tort, ce taux est
totalement illusoire. 17 % de la population
seraient en effet « sur le bord de la route
réussi à franchir la barre des 4 % permettant d’accéder au Parlement.
DE STOCKHOLM A OSLO
Au contraire de ce qui s’est passé au
Danemark où le Folkepartiet de Pia Kjaersgaard, fort d’un poids électoral de 12,6 %
des voix, a réussi à faire
prendre des mesures
dissuasives contre l’immigration. Et de ce qui
pourrait se produire prochainement en Norvège
où les “populistes” du
Parti du Progrès (FrP),
qui avaient raflé 22 %
des suffrages aux législatives de septembre
2005, sont désormais crédités de 30 à 35 %
d’intentions de vote. Devant le parti travailliste au pouvoir.
Rallié à un Etat-Providence que lui aussi
flétrissait auparavant, le FrP dirigé par une
jeune femme, Siv Jensen, depuis le retrtait
de son charismatique fondateur Carl Ivar
Hagen, diffère toutefois essentiellement
sur un point du parti conservateur suédois :
il entend réserver la richesse nationale
(185 milliards d’euros) en priorité aux
nationaux. Encore que Hagen ait toujours
refusé avec hauteur toute assimilation à un
Jean-Marie Le Pen grotesquement diabolisé par la presse scandinave, attitude imitée par ses successeurs qui proclament
« n’avoir rien à voir avec le Front national », il ne s’est jamais gêné pour dénoncer la « criminalité étrangère » et mettre
en doute « la loyauté des immigrés nommés à des postes de responsabilité ».
Quant à Fru Jensen, elle stigmatise « la
naïveté qui a conduit à importer de la criminalité plutôt que d’aider ceux qui ont
besoin d’être secourus ».
Le tout est de savoir, évidemment, si, au
pouvoir, le FrP continuerait à tenir le même
langage. Et à agir en conséquence.
Jacques LANGLOIS.
SUÈDE : la victoire d’un clone de Tony Blair
QUE VEUT
RÉELLEMENT BUSH ?
Une semaine après avoir dit qu’il ne
pourrait « pas envoyer des milliers de soldats au
Pakistan à la recherche de Ben Laden sans l’invitation du gouvernement pakistanais » car « le
Pakistan est un pays souverain », George
W. Bush a déclaré le 20 septembre à la
chaîne de télévision CNN qu’il engagerait
« une action militaire au Pakistan si des renseignements indiquaient qu’Oussama Ben Laden ou
d’autres dirigeants terroristes s’y cachaient ». Une
telle opération est-elle envisageable à l’intérieur des frontières pakistanaises, a insisté
le journaliste de CNN, croyant avoir mal
entendu ? Réponse du président américain : “Absolument.”
Un girouettisme plutôt inquiétant de la
part du dirigeant de l’Hyperpuissance…|
A moins évidemment que Bush parle pour
ne rien dire, convaincu qu’il est que
Ben Laden n’est plus de ce monde, comme
l’a annoncé la presse française le 23 septembre à la suite d’une fuite de la DGSE
indiquant que le chef nominal de la nébuleuse Al Qaïda était mort de maladie au
printemps dernier. Information démentie
quatre jours plus tard de source taliban en
Afghanistan. Mais, pour des raisons
inverses, les fondamentalistes islamistes
n’ont-ils pas autant intérêt que l’administration Bush à entretenir le mythe Oussama pour garder leurs troupes
mobilisées ?
MENACES
CONTRE LE PAPE
Benoît XVI a bien pu se déclarer
« profondément désolé » par l’effet produit dans l’Oumma par ses propos de
Ratisbonne sur l’islam (voir notre dernier n°), il n’en fait pas moins l’objet de
graves menaces. Les forces de police italiennes, qui assurent la sécurité du Vatican, ont renforcé leur présence par
crainte que des sites catholiques à
Rome ne soient pris pour cibles par des
terroristes.
A part ça, le Coran est source de paix
et de tolérance.
Udo Pastörs (ph. New Order) vient de rendre
hommage à Ernst Zündel,
«combattant de la liberté de pensée»
NOS DEUILS
Fervente rivarolienne, dévouée
autant à la cause animale qu’au
Front national dont elle était
bénévole depuis un quart de
siècle, la comtesse Marie-Bernadette de MONSPEY s’est éteinte
le 22 septembre, emportée par
une cruelle maladie. L’évêque
de Moulins — sa ville natale —
ayant refusé qu’un prêtre de la
Fraternité sacerdotale St-Pie X
officie à ses funérailles, ses
obsèques ont eu lieu à Meillers
le 26 septembre, en présence de
Jean-Marie Le Pen. L’équipe de
RIVAROL assure de sa sympathie le comte de Monspey, lui
aussi lecteur fidélissime.
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 12
d’influence et de manipulation des “intellectuels”, financée par la C.I.A. (?).
C’est sur Washington que, pour sa part,
le professeur Patrick J. Hearden, auteur
d’Architects of Globalism, a concentré
son attention. Bien loin du fracas des
champs de bataille européens, à l’ombre
du Capitole et de la Maison-Blanche où
Roosevelt, quoique gravement malade,
poursuit son rêve de rendre le monde
« plus sûr pour la démocratie », les
hommes du Président travaillent sans
relâche. Des comités d’experts, dont il
serait intéressant d’étudier l’origine ethnique de bon nombre des membres,
appointés par la Fondation Rockefeller
ou par les services de renseignements,
issus des brain trusts du Council on
Foreign Relations (CFR) ou des prestigieuses universités de l’Ivy League, ont
reçu du Président la délicate mission de
dessiner le monde de l’après-guerre, nous
dirions aujourd’hui le Nouvel Ordre mondial. Et cela bien avant Pearl Harbor, qui
voit logiquement les warmongers de l’entourage de Roosevelt, survivants
du New Deal, l’emporter définitivement sur la majorité silencieuse isolationniste. Ce Novus
Ordo, faut-il le préciser, est
censé faire coïncider l’établissement de la justice et de la paix
dans le monde, avec la satisfaction des intérêts commerciaux et
financiers US, lesquels dépendent de la
mise en place d’un marché mondial sans
barrières douanières. Il apparaît que
l’hostilité des dirigeants américains visà-vis des expériences fascistes européennes tient tout autant à la volonté de
voir le grand marché européen demeurer
ouvert aux exportations états-uniennes
qu’à celle de promouvoir partout les principes de la Charte de l’Atlantique (1941).
C’est dans cette logique que nous
voyons les hommes du Postwar Planning
refuser de relayer l’offre de paix faite par
Hitler aux Britanniques au lendemain de
la conquête de la Pologne (septembre
1939), posant ainsi le premier jalon de la
funeste politique de l’Unconditional Surrender (capitulation sans conditions), qui
sera définie à Casablanca en 1943, et
dont Montgomery lui-même, en soldat et
vrai gentleman, a montré le caractère
catastrophique en termes de pertes
humaines.
Nous les voyons aussi, par la suite, établir pour chaque pays occupé en Europe
des listes de dirigeants potentiels suffisamment dévoués
aux intérêts de
l’Oncle Sam, qu’il
s’agira ensuite de
mettre sur le devant
de la scène, l’OSS
adjuvante, une fois
la “libération” intervenue.
Les mêmes sont
passés maîtres dans l’art de manipuler les
différents gouvernements en exil — polonais, belge, français et autres — conjointement avec les Soviétiques.
Tout est méticuleusement prévu par nos
bureaucrates : la décolonisation, la “stabilisation” du Proche et de l’ExtrêmeOrient, la réintégration de l’Allemagne
dans la sphère de libre-échange, la mise
en place du système des Nations-Unies,
etc.
Les passages concernant la France sont
particulièrement instructifs : on savait
déjà que le secrétaire d’Etat US Summer
Welles, disciple du président Wilson,
entendait réserver à la France, réputée
nationaliste, belliqueuse et colonialiste,
un sort guère plus favorable que celui qui
serait infligé à l’Allemagne. Elle serait
désarmée, sous haute surveillance, occupée par les Britanniques, et verrait ses
colonies démantelées. On suit dans l’ouvrage de Hearden le revirement tardif des
Américains, conscients des risques d’une
guerre civile et de l’établissement d’une
« République populaire » en France, visà-vis du “gouvernement” de Gaulle, en
qui ils finissent par voir un moindre mal.
Notre anti-américanisme, souvent
appuyé sur des motifs trop exclusivement
sentimentaux, ne peut que gagner à la
lecture du travail à froid, mesuré, riche
en références indéniables, de Hearden, en
ce sens que le combat pour l’indépendance de l’Europe que nous entendons
mener a besoin de s’appuyer sur de tels
ouvrages, propres à développer notre
connaissance de l’histoire contemporaine, et particulièrement celle des
méthodes d’action et des armes de l’ennemi, lesquelles varient peu sur l’essentiel.
Jean-François DEVERDON. _____
Patrick J. Hearden : Architects of Globalism :
Building a New World Order during World
War II, Fayetteville, University of Arkansas
Press, 2002, 418 pages, 33,47 €. Disponible sur
<amazon.fr> ainsi que les autres livres cités.
OCCIDENTALISATION
La Chine commence décidément à
s’occidentaliser furieusement : le tribunal de Guilin vient d’ordonner à un
homme divorcé d’accorder à son exfemme un droit de visite à… leur chien,
dont il avait obtenu la garde après la
séparation (houleuse) des deux conjoints
qui traitaient l’animal « comme leur propre
enfant ».
Certes, Guilin est
l’une des villes les
plus touristiques de la
Chine en raison de la
beauté de son site
(qui n’est pas sans
rappeler la baie
d’Along au Vietnam) et, à ce titre, reçoit
beaucoup d’étrangers. Mais c’est à des
faits divers comme celui-ci qu’on mesure
l’évolution d’un pays. Jusqu’à présent,
les Fils du Ciel aimaient surtout les
chiens en rôti. On ne se plaindra pas du
changement.
“SUPERSOLDIERS”
C’est sous ce titre provocant, mais en
anglais, que les éditions munichoises FZ-Verlag publient leur dernier livre consacré à la
Wehrmacht vue par les « experts étrangers ».
« The best men didn’t win » (Les meilleurs
n’ont pas gagné) titrait ainsi le quotidien canadien The Sun dans un numéro commémoratif de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
« Their Wehrmacht was better than our Army »
(Leur Wehrmacht était meilleure que notre
armée), a renchéri le Britannique Max Hastings, professeur d’histoire militaire à Oxford
dans son livre Armaggedon 1944-1945. Une
opinion partagée par l’historien français Philippe Masson et bien sûr par Benoist-Méchin,
largement cité dans le livre qui reproduit également les éloges décernés aux soldats allemands par François Mitterrand dans son discours du 8 mai 1995 à Berlin, quelques
heures après avoir à tout jamais quitté l’Elysée. Un véritable testament, dont ne tint
aucun compte son successeur.
En annexe, Supersoldiers réserve une surprise : les innombrables timbres émis en
hommage à l’armée allemande par de multiples pays, des îles Marshall à la Gambie, du
Guyana au sultanat d’Oman. Un livre
curieux, abondamment illustré, qui peut
intéresser même les non-germanophones.
J. L. _____
160 pages, 14,90 €. FZ-Verlag, 81238 Munich
(Allemagne) ou <www.fz-verlag.de>.
L’IMAGE d’Epinal du valeureux GI
luttant pour libérer l’Europe des
hordes nazies en 1944-45, si elle
demeure pieusement révérée de ce côtéci de l’Atlantique, est de plus en plus
mise à mal, paradoxalement, par des historiens et universitaires anglo-saxons. On
se prend à rêver lorsqu’on constate avec
quelle liberté, si ce n’est impertinence,
ces scholars prennent plaisir, archives à
l’appui, à déboulonner les icônes de la
« croisade des démocraties » : Churchill,
Roosevelt, Eisenhower… Certes, en
Europe, nous avons eu récemment l’Allemand Jörg Friedrich qui, avec L’Incendie, brillante et émouvante synthèse sur
l’horreur des bombardements alliés sur
l’Allemagne, marche sur les traces de
l’ouvrage pionnier de l’Anglais David
Irving, auteur en 1965 de La destruction
de Dresde, livre suspect depuis que son
auteur croupit pour trois ans au fond des
geôles autrichiennes. Mais c’est au Canadien James Bacque que nous devons les
premiers travaux grand public (Autres
pertes) sur le traitement inhumain infligé — soixante ans
avant Abou Graïb — par les
Alliés aux prisonniers de guerre
de l’Axe, c’est l’Américain J.
Robert Lilly qui, dans La Face
cachée des GIs, a révélé le comportement fréquemment peu correct — c’est le moins que l’on
puisse dire — des soldats US vis-à-vis
des populations autochtones européennes
“libérées” (?), tandis que la Britannique
Saunders confirmait en 2003, avec Qui
mène la danse ? que, dans le sillage de
leurs chars Sherman, les Américains
avaient entrepris dès 1944 la conquête
“culturelle” du continent européen
exsangue, à travers une vaste opération
L’Europe “libérée” par l’Oncle Sam
L’architecte Viollet-leDuc, mort le 17 septembre 1879, continue
aujourd’hui à susciter
bien des débats sur le
bien-fondé de son œuvre.
Peu d’architectes, même
parmi les plus grands,
peuvent se targuer d’un
tel privilège, car leur nom
est la plupart du temps
tombé, souvent injustement, dans l’oubli alors
que celui de Viollet-leDuc nourrit encore les
passions.
Petit-fils d’un entrepreneur parisien ayant
œuvré, entre autres, sur
le chantier de l’Odéon, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc a révélé, dès ses
années de collège, un remarquable don
pour le dessin. Son père, conservateur
des résidences royales, se passionnait
pour Nicolas Boileau, qu’il a réédité, et
avait une très belle bibliothèque, composée en particulier de littérature
médiévale. Il accueillait, dans le salon
familial, Stendhal, Sainte-Beuve, Mérimée. Voilà, pour un adolescent, des fréquentations enrichissantes…
Né en 1814, le jeune Eugène-Emmanuel, sourd aux conseils de ceux qui
lui proposent d’entrer à l’Ecole des
Beaux-Arts, préfère travailler dans
des cabinets d’architecte. Puis, à vingt
et un ans, il décide de parcourir la
France pour voir des édifices prestigieux qu’il ne connaît que par des
références livresques. Ensuite, c’est à
l’appel de l’Italie qu’il répond. Les
œuvres de Bramante mais aussi les
vestiges de l’Antiquité en Campanie le
fascinent. De retour en France, grâce
à Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, il
reçoit mission de restaurer l’abbatiale
de Vézelay. Il a alors vingt-six ans.
Suivent d’autres commandes, tout
aussi prestigieuses : la restauration de
la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame
de Paris, des cathédrales d’Amiens, de
Chartres, de Narbonne, de Reims, de
Sens, de Toulouse, de Troyes. Sans
oublier la basilique de Saint-Denis et
les remparts de la Cité de Carcassonne.
En 1857, Viollet-le-Duc est chargé
par Napoléon III et l’impératrice
Eugénie de restaurer le château de
Pierrefonds. Démantelé sous
Louis XIII (il avait abrité “les Mécontents”, aristocrates en rébellion contre
le roi), le château n’était plus qu’une
ruine. De 1857 à 1870, Viollet-le-Duc
en a fait une construction néogothique (voir ci-dessus), destinée à
être un cadre prestigieux pour la cour
impériale. Il fut et il est encore reproché au restaurateur d’y
avoir pris quelques libertés avec l’authenticité
historique. La même
accusation a été portée
pour d’autres grands travaux de l’architecte. Et
sans doute peut-on lui
faire grief d’avoir fait
œuvre personnelle quand
manquaient des informations sur l’état primitif
de tel ou tel bâtiment.
Mais l’équité oblige à lui
reconnaître le mérite
d’avoir sauvé de la ruine
des pans entiers de notre
patrimoine architectural.
Esprit audacieux — il
voit bien en quoi l’utilisation du fer va
bouleverser les données du travail
architectural — qui s’intéressait avec
compétence aux sciences naturelles, à la
botanique, à la géologie, il s’est fait
beaucoup d’ennemis en dénonçant un
enseignement de l’architecture trop
abstrait, trop académique. D’Antoni
Gaudi à Hector Guimard et à Auguste
Perret, beaucoup d’architectes novateurs venus après lui ont reconnu leur
dette à son égard.
Ecrivain fécond, Viollet-le-Duc a
laissé en particulier deux dictionnaires,
consacrés à l’architecture (10 volumes)
et au mobilier (6 volumes) du Moyen
Age, qui font encore autorité.
Pendant le siège de Paris, en 1870-
1871, il fut un efficace lieutenant-colonel du génie pour l’organisation de la
défense de la ville. Farouchement
opposé à Thiers, il fut élu, en 1874,
conseiller municipal de Montmartre.
R. V.
Viollet-le-Duc, bienfaiteur ou iconoclaste ?
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 17 septembre 1879 :
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 13
« Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler
l’imagination. Tout le reste n’est que
déceptions et fatigues. » Céline. Voyage.
« Cela lui plaisait que la serveuse, en costume du pays, fût drue et saine, rieuse,
avec des fossettes et des cheveux blonds
qui frisaient, indemne de toute complication psychologique. Dans le même ordre
d’idée, il lui parut naturel de commander
une choucroute qu’on servait ici plantureuse et abondamment garnie, avec des
saucisses luisantes et du petit salé d’un
rose innocent. » Simenon. Maigret et les
témoins récalcitrants.
« Ne touchez pas aux affaires de
l’Alsace ! » Louis XVI.
F AISONS un rêve ! un voyage gourmand, un petit tour en France avec
Monsieur Jadis, dans la France des
terroirs et des clochers, si chère à feu
Jean-Pierre Stirbois, celle des Provinces
de l’ancien régime, qui évoquaient si bien
la terre et les peuples… leurs patois, leurs
dialectes, leurs us, coutumes, vins, fromages et spécialités du cru… La France
aux trente-quatre drapeaux et des petits
pays…
Les départements sont d’invention trop
suspecte et trop récente pour avoir donné
quelque nom, quelque recette que ce fût
aux douceurs ! Leurs noms composés,
Maine-et-Loire, Haute-Vienne, DeuxSèvres… manquent trop cruellement de
poésie, et ne semblent suggérer que des
circonscriptions… Ils sentent la politique, la ripoublique, les tripatouillages
électoraux stériles à toute évocation culinaire, c’est-à-dire musicale, puisque la
cuisine, comme le disait Léon Daudet, est
la musique des papilles…
Pas plus de hochepot du Pas-de-Calais,
ni de quiche de Meurthe-et-Moselle que
de beurre dans les nuages pour nous faire
saliver et nous mettre en appétit ; mais
voilà qu’il nous reste et demeure, la
quiche et la bière lorraines, la sole normande, les œufs frits à la gasconne, le
potjeveisch et la carbonade flamands, la
fressure et le joli vin d’Anjou, le baeckeoffe du lundi et la choucroute d’Alsace…
Puisqu’il faut bien prendre notre chemin
des écoliers par un bout, et nous mettre
en route, nous commencerons notre
« Tour de France », en bons compagnons
passants du devoir, par les « Marches de
l’Est » et par l’Alsace qui est, si l’on croit
Doppelmeyer, « la cave à vin, la grange
à blé, le garde-manger des pays environnants », possède sur son sol le plus de
chefs étoilés au Michelin et de recettes
tout autant, en jouissant du privilège
d’avoir son patronyme le mieux placé
dans l’alphabet…
Ecoutez donc et réalisez chez vous ces
recettes… Elles vous raconteront, par le
menu, l’histoire des peuples d’Alsace et
d’Europe…
La Flammekueche : du temps que l’Alsace était une terre d’Empire, les natifs
de la rive gauche du Rhin partageaient
avec les Souabes de nombreuses spécialités de pains, tels le célèbre Bretzel lié
au culte du soleil, le Hefezopf (pain brioché tressé), le Doppelwecken (double
boule au froment), le Lebkuchen (littéralement « pain de vie », pain d’épice) ainsi
que ces sortes de “pizzas” à la crème et
aux oignons que sont le Dünnet, le Feuerreiter ou « Cavalier de feu », plus connu
en Alsace sous le nom de Flammekueche,
c’est à dire « Tarte flambée » ou plus précisément « Tarte aux flammes » puisqu’elle est passée au four à bois très
chaud avant que d’être dégustée de la
même manière, tranchée en triangles que
l’on roule avec les doigts, comme une
crêpe, en buvant un bon p’tit coup de
blanc (muscat d’Alsace ou gewurtztraminer par exemple) bien frais. Voilà une
recette idéale pour notre apéritif automnal…
Le foie gras : cette recette a été inventée au XVIIIe siècle par Jean-Pierre
Clause, cuisinier au service du maréchal
de Contades, gouverneur militaire de
Strasbourg qui la présenta à la cour du roi
Louis XVI où elle connut le succès. Le
foie gras entier est chemisé de farce de
veau et de lard finement haché et cuit en
croûte, mais une recette plus simple et
tout aussi succulente consiste à dénerver
le foie, à le faire mariner une nuit dans un
mélange de sel, poivres, bon vin d’Alsace
(30 cl) et cognac (un petit verre) et à le
cuire au four au bain-marie pendant une
heure à 70° C. Le foie gras est bien
meilleur quand il est dégusté sur le
tard — après cinq, six jours. On peut le
servir en entrée avec des toasts tièdes,
une fine tranche de pain d’épice un peu
sèche, un peu de gelée au vin.
Les oignons entrent dans la composition de très nombreuses recettes alsaciennes comme dans la Flammekueche,
mais aussi dans les tartes appelées Zeewelkueche ou Zewelewai (fond de pâte
brisée remplie d’un appareil de 300 g
d’oignon et de lardons fondus avec 3
œufs battus, 25 cl de lait, 25 cl de crème,
sel, poivre et muscade le tout cuit au four
une demi-heure à 200° C.) et les soupes
(Zeewelsupp).
Soupes fameuses dans la contrée : aux
grenouilles, aux asperges, à la bière, au
potiron et aux escargots (Schneckes), aux
noques, aux cerises, produits dont les
alsaciens sont très friands.
Les poissons d’eau douce qui proviennent des nombreuses rivières vosgiennes,
du Rhin ou des étangs du Sundgau (partie méridionale de l’Alsace, comme son
nom l’indique) participent à quelques
spécialités locales de très bonne facture
telles que la carpe frite dans le Sundgau
ou la Matelote des bateliers du Rhin, à
base d’anguille, de brochet, de sandre, de
perche et de truite coupés en tronçons
cuits avec de l’ail, de l’oignon, des
carottes, poireaux, persil, estragon, thym,
sel et poivre dans 2 litres d’eau bouillante
pour 2 kg de poisson. On s’en régale en
demandant escorte à un riesling bien frais
que l’on servira dans des hock commercialisés sous le nom de « verres du Rhin »
(à pied fin et généralement de couleur
verte) ou des roemer (verres à pieds
courts et renflés, verts également). Ces
poissons peuvent aussi garnir une choucroute, comme celle inventée par l’excellent chef Guy-Pierre Baumann, plat qui
le rendit célèbre quand il officiait dans la
capitale et qui fit couler tellement
d’encre. La choucroute aux trois poissons
est une recette légère à base de produits
nobles tels que le filet de sandre, de saumon, de truite auxquels on peut ajouter
quelques écrevisses que l’on trouve
encore dans les eaux claires et fougueuses des torrents vosgiens, ou celles
si tranquilles du canal de Vauban ou du
Rhône au Rhin qui longent l’Ill.
La choucroute ou Sauer Kraut —
choux aigre — dont la capitale est Krautergersheim, semble connue en Europe
centrale depuis le temps des invasions de
Gengis Khan. C’est le plat préféré de
Mme Maigret, qui est alsacienne, et de
son bonhomme de mari, qui s’en gourmande en buvant de la bière du pays,
dans presque chaque histoire. Elle est
meilleure, me semble-t-il, un peu
réchauffée…
Le poussin de la wantzenau et le
bibelskaes : bibelskaes signifie « Fromage de poussins » (les petites volailles
étaient nourries de céréales et de fromage) que certains auteurs érudits, innocents ou coquins, traduisent par « Fromage de jeune fille ». C’est tout bonnement du fromage blanc servi avec des
pommes sautées, présenté avec des échalotes hachées, ail et ciboule, poivre et sel.
Le poussin de la Wantzenau, alias Wantzenauer mischtkretzerle, alias Grattefumier Wantzenauvien, est un poussin ou
coquelet qui peut être cuit, fourré sous la
peau d’une mixture d’oignon, d’herbes,
de beurre et de cumin, de curry (la route
des épices n’est pas loin qui mène à
Nuremberg, leur terre promise), au four,
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