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11/20/25

 


Une lourde infrastructure a été mise en

place que la canicule valorise. Des

dizaines de milliers de permanents d’innombrables observatoires prospèrent des

froidures hivernales et des chaleurs estivales, nécessairement excessives.

Ce qui s’est passé en juillet s’apparente

assez à une inquiétante opération orwellienne. Tendant à faire passer pour exceptionnellement dramatiques des températures assez normales — celles d’août

furent même largement inférieures à ce

qu’elles auraient dû être. En revanche, on

a moins fait de bruit médiatique autour

d’une sécheresse qui s’étend inexorablement à travers l’Europe. Après un hiver

marqué par des déficits pluviométriques

considérables, un printemps peu arrosé,

les intempéries de la majeure partie de

l’été furent insignifiantes.

Tournée vers l’agriculture et l’élevage,

la société rurale craint une raréfaction de

l’eau et de la pluie qui conditionnent sa

survie. La mégapole, déconnectée de la

VIVE LA TEUF!

Selon les autorités, le Teknival d’Angoulême, organisé début septembre sur un

aérodrome dont les responsables avaient —

vainement — déposé un recours en justice

et où avaient afflué trente mille teufeurs

avec la bénédiction de Sarkozy, s’est

déroulé le mieux du monde, « sans incidents majeurs ». En effet, avec une vingtaine d’hospitalisations et un viol seulement, le bilan est positif. Même si les gendarmes ont saisi 2 400 cachets d’ecstazy et

1,2 kilo de cannabis… ce qui signifie, selon

l’un des pandores, qu’il y en avait « dix fois

plus en circulation ». Si l’on pense qu’on a

retrouvé 6 000 euros en liquide dans la

poche des dealers arrêtés, on peut imaginer

le profit réalisé par les quantités d’autres qui

sont passés à travers les mailles du filet.

Eté 2006 : la sécheresse, plus que la canicule

Les faits s’étaient passés le 9 septembre

1996, voici exactement dix ans. Dans une

rue du centre-ville de Marseille, à

quelques pas de la Canebière, un lycéen

de 16 ans, Nicolas Bourgat, était tué d’un

coup de couteau par Kthab El Hailoufi,

alors âgé de 15 ans. Ce drame avait causé

une profonde émotion à Marseille, où

Jean-Marie Le Pen s’était rendu quelques

jours après pour dénoncer l’insécurité

liée à l’immigration. Pour cet acte totalement gratuit, le meurtrier s’en était tiré

avec sept ans de prison ; le prix de la vie

d’un jeune Français…

Ces années de prison ont-elles au moins

servi à Kthab El Hailoufi à comprendre

la monstruosité de son crime et à se

mettre sur le droit chemin ? Il faut croire

que non, puisque dix ans plus tard, âgé de

25 ans, il vient d’être condamné, par le

tribunal correctionnel de Marseille, à

quatre ans d’emprisonnement, dont un

avec sursis. En juillet dernier, il avait

forcé la porte du domicile de sa sœur

aînée, menacé d’égorger tout le monde,

et enlevé sa jeune sœur, qui vivait là. Il

voulait, disait-il, lui donner « une bonne

éducation ».

Ce prétexte pourrait prêter à rire, de la

part d’un Jeune qui, le mois précédent,

avait agressé le directeur d’une école

maternelle et une enseignante, qui refusaient de le laisser partir avec ses nièces

de 2 et 4 ans et qui, toujours le même

mois, avait frappé et mordu (!) sa petite

amie. Il est donc retourné en prison.

Quand il en sortira, que fera-t-il ?

Luc DELONCLE.

COLONISATION

Alors que le conflit entre Greenpeace

et les marins-pêcheurs de Marseille (voir

l’article de Petrus Agricola dans RIV. du

1er septembre) a permis à nos lecteurs

d’apprendre que le président des

pêcheurs se nommait Mourad Kahoul,

la « Feria du Riz », qui s’est déroulée le

week-end dernier à Arles, a mis en

vedette un nouveau torero, Mehdi de

son prénom.

MARSEILLE : Nicolas, mort pour rien

« L’événement : Enfin une vraie mosquée rue de Tanger », tel était le titre triomphal le

1er septembre du Journal de Paris, édité par Le Parisien. Dont le journaliste Benoît

Hasse nous apprend que « les salles de prières pourront accueillir 1 300 fidèles », ce qui

semble un peu exigu puisque « Adda’wa accueille jusqu’à 4 000 fidèles dans les grandes

occasions et a développé une intense activité socio-éducative ». On devine dans quel sens :

Adda’wa, dont le recteur Larbi Kechat avait été soupçonné en 1994 de collusion avec

le GIA algérien et brièvement incarcéré, est un repaire de fondamentalistes, dont

certains ont pris le chemin de l’Afghanistan et de l’Irak.

Ce qui explique sans doute le blocage du permis de construire sous Jean Tiberi avant

que l’équipe Delanoë n’autorise la construction (à concurrence de 10 millions d’euros) en

2002. « Laïcité oblige, conclut B. Hasse, la mairie de Paris ne financera évidemment pas le projet. Elle

a en revanche mis à la disposition de l’Association une friche viabilisée, porte de la Villette », pour « l’installation d’une salle de prières provisoire pendant le chantier ». Voilà qui devrait faire pardonner à

Delanoë ce faux-pas que fut le 3 septembre l’inauguration de la place Jean Paul II.

Une nouvelle grande mosquée pour Paris

AGENDA

☞ 16 septembre à Carentan. Voir page 5.

☞ 16 septembre à Paris 11e (La Licorne Bleue, 3 bis

rue Jules Vallès. Tél. 01-46-59-18-20). De 15 à 18 h 30,

Alain Soral dédicace « Chut ! Eloge de la disgrâce ».

☞ 16 septembre à Thiberville, près Lisieux. Hommage aux Gardes Suisses. 10h30 : messe de Requiem.

12h30 : déjeuner salle Labbé. 14h30 : troupe des

Cœurs de Chouans puis conférence du Pr A. J. CrouxTornareg. Rens. 06-71-02-26-47 ou 06-80-42-46-71.

☞ 16 septembre à Rancy (« Le Vieux Pressoir »,

6 km de Cuisery, 12 h). Déjeuner-débat du FN-71 avec

Ch. Launay et Joëlle Melin. Part. 18 €. Rés. 03-85-24-

60-30 ou 06-64-93-40-75.

☞ 20 septembre à Paris 8e (Lloyd’s, 23 rue Treilhard, 20 h). Dîner-débat avec le Pr Philippe Lauvaux

sur « Nouveau dialogue : une autre approche de la

politique ». Part. 45 €. Rés. Union des Intellectuels

indépendants, 11 rue de Castellane, 75008 Paris. Tél.

06-86-37-25-63.

☞ 22 septembre à Nice (hôtel Splendid, 50 bd Victor Hugo. Tél. 04-93-16-41-72, à 17h45). Sous la présidence de Bernard Antony, conférence de Judith

Cabaud sur « Pie XII et le nazisme : la désinformation contre l’Eglise catholique ». Part. : 6 €. Repas

possible ensuite sur place (conférence + dîner : 34 €).

Rés. par chèque à l’ordre de Larmande-AGRIF, 35 av.

St-Barthélémy, 06100 Nice. Rens. 04-93-84-12-57 ou

06-79-46-63-59.

☞ 22 septembre à Paris 7e. Voir page 5.

☞ 23 septembre à Saussines (Hérault). A partir de

9h30, rassemblement annuel à la mémoire des victimes de la révolution française. 10h30 : messe. 12 h :

repas 10 € ou tiré du sac. 14 h : allocutions. Rens.

04-66-77-30-77 ou 06-81-72-31-11.

☞ 23-24 septembre dans les Bouches-du-Rhône :

ventes-dédicaces des Mémoires du lieutenant de vaisseau Guillaume par Elisabeth Escale. Samedi 23 à Aixen-Provence (Maison Maréchal Juin, 29 av. de Tubingen, à partir de 17h). Dimanche 24 à Puyricard (place

de l’Eglise, à partir de 10h). Rens. Colonel (ER) Castillon, 06-98-28-99-95.

☞ 24 septembre à Vaucouleurs. Départ à 9 h du

château pour le Pèlerinage de Domrémy où une

messe solennelle sera célébrée à 16 h. Rens. L’Etoile

du Matin, 03-87-06-53-90.

☞ 26 septembre à Marcq-en-Barœul (Espace Saint

Joseph, 25 rue Raymond Derain 20h30). Conférence

de Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance

Catholique : « Nos cinq raisons d’espérer pour la

France ». Part. 6 € — 3 € pr étudiants.

☞ 27 septembre à Paris 13e (« Le Grenadier, gare

d’Austerlitz,19h30). Dîner-débat avec Jean Alcader

sur le thème « Islam et christianisme ». Part. 25 €

(étudiants et chômeurs 20 €). Rés. La voix du silence,

5 rue Dufrenoy, 75116 Paris.

☞ 30 septembre-1er octobre à Paris 9e (Fondation

Dosne-Thiers, 27 place St-Georges). XXIIe Université annuelle du Club de l’Horloge (4 rue de Stockholm, 75008 Paris) sur le thème : « Les ruptures

nécessaires — Une stratégie pour redresser la

France ». Avec le samedi D. Maupas, G. Berthu, J.-

Y. Le Gallou, H. Petit, Ph. Maxence, F.-G. Dreyfus et

le dimanche B. Mazin, A. Fernandez, B. Lemennicier,

J. Garello et H. de Lesquen. Part : 60 € (120 avec

déjeuners). Rés. au Club.

☞ 1er octobre à Pennedepie (D513 entre Honfleur et

Deauville). Au Manoir de Blosseville de 11 à 18 h : opération « Lire sous les pommiers ». Entrée gratuite.

Pique-nique tiré du sac (apporter son pliant). Repli

assuré en cas de pluie. Très nombreux auteurs et journalistes présents (dont, pour RIVAROL, Anne Brassié,

Chard et Jérôme Bourbon). Accueil à l’arrivée du train

de 8h49 de Paris à Trouville-Deauville et transport jusqu’à Pennedepie.

Site : <www.manoirdeblosseville.com>.

☞ 1er octobre dans le Cher (Château de La Chapelle d’Angillon à 13 h). Grand déjeuner de rentrée

du FN-Cher avec Bruno Gollnisch. Part. 15 €. Rés.

02-48-73-41-10. Accueil dans la tradition berrichonne : sonneurs de trompe de chasse.

N° 2777 — 15 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 5

DEUX HUCHON

EN CORRECTIONELLE

C’est finalement début janvier

qu’aura lieu le procès du président

socialiste du conseil régional d’Ile-deFrance, renvoyé le 4 septembre devant

le tribunal correctionnel de Paris pour

« prise illégale d’intérêt » en raison

d’un emploi fictif présumé (mais fort

bien rémunéré : 4 583 euros par mois)

dont aurait bénéficié son épouse, également poursuiviepour « recel de prise

illégale d’intérêt ». Intermittente du

spectacle, Dominique Le TexierHuchon fut en effet, après la réélection

de Jean-Paul Huchon en avril 2004,

salariée du cabinet de son mari, qui lui

confia l’organisation du Festival international du film d’environnement

(8 000 spectateurs). Auparavant,

Huchon aurait, lors de son précédent

mandat, fait salarier Madame par trois

sociétés de conseil et de communication, lesquelles auraient en échange

bénéficié de contrats avec la région.

Autant de dérapages qui, s’ils étaient

avérés, pourraient entraîner une peine

d’inéligibilité pour le président de la

région capitale.

La date du procès, initialement prévu

fin novembre, a donné lieu à d’âpres

marchandages. Arguant que son client

« est porte-parole de l’un des candidats

soialistes, Dominique Strauss-Kahn »,

l’avocat de Huchon avait indiqué que

son client « ne pourrait être présent au

tribunal ». Et en décembre ? Mais le

président de région devra alors « finaliser le schéma directeur d’aménagement

de l’Ile-de-France ». Et début 2007 ?

« La tradition républicaine, ou coutume

judiciaire, veut qu’un responsable politique ne puisse être jugé en pleine période

électorale », a sévèrement rappelé

Me Philippe Dehapiot.

Un argument que pourrait reprendre

la défense de Jean-Marie Le Pen dans

l’incroyable procès qui lui est intenté

(ainsi qu’à notre journal) à propos du

caractère inhumain, ou pas, de l’occupation allemande en France.

L’ETAT SPECTACLE

On aurait à la rigueur admis cette

facétie d’un édile inconnu, mais c’est

François Hollande en personne qui a

cru devoir procéder le 1er septembre au

“mariage” symbolique d’EdF et de

GdF ; lors de ce simulacre, organisé à la

mairie de Tulle à l’initiative du syndicat CGT-Energie Corrèze-Cantal

opposé à la privatisation de GDF et à

son alliance avec le groupe Suez, le Premier secrétaire du Parti socialiste, par

ailleurs député de la Corrèze, a dans les

règles interrogé les futurs “époux” sur

leur « volonté d’un accès pour tous à

l’énergie, des prix égaux pour tous sur tout

le territoire, un haut niveau de desserte et

de sécurité et un pôle public de l’énergie ».

Selon l’AFP, « les mariés, Roger

Déhaiffe (Jean-Luc Revert) et Aimée Lectricité de France (Marie-Amélie Rivière)

étaient arrivés en grande pompe, à bord

de voitures tous avertisseurs hurlants.

Elle, coiffée d’un abat-jour, portait une

robe représentant une ampoule électrique

inversée, un bouquet de loupiotes et roses

rouges à la main. Lui avait revêtu la

tenue classique du “gazier”, casque, gilet

fluo, pantalon et chaussures de chantier.

Ils ont échangé les anneaux, deux tresses

de cuivre ornées de chatterton. »

Après cette “cérémonie” grotesque,

Hollande avait bonne mine d’exalter à

l’Assemblée « toute l’importance des

choix qui vont peser sur l’avenir énergétique de la France ».

raison d’en discuter longtemps. Il y a un

temps pour nationaliser : en 1936, après

un siècle de capitalisme anarchique, la

création de la SNCF a été, économiquement, une rationalisation, à l’heure où les

réseaux étaient autant de boutiques séparées, le Nord aux Rothschild etc. Et un

temps pour privatiser, quand les sociétés

nationales se sont ossifiées et qu’il faut

les rappeler aux réalités en les exposant

aux aléas du marché.

Alors, quels autres éléments font de

cette petite affaire une affaire d’Etat, au

point que les députés de l’opposition élèvent, avec leurs amendements (137 347 :

il faudrait huit ans aux parlementaires

pour les examiner tous), un mur de papier

d’un kilomètre de haut, évidemment destiné à obliger le gouvernement à recourir

au 49.3, tandis que les élus de la majorité

UMP renâclent à suivre ledit gouvernement ? Dont le chef, il est vrai, a commis

l’erreur déjà commise dans le cas du CPE

de négliger les syndicats qui auraient pu

le soutenir ou du moins le conseiller, en

l’occurrence la CFDT

LE SCANDALE

PERMANENT DE LA CCAS

L’un des grands inconvénients de la

démocratie française est l’impossibilité

de gouverner sereinement pendant l’année qui précède des élections nationales :

pendant cette période, l’espoir du changement aide à soulever les masses. Mais

encore y faut-il un prétexte, et pourquoi

celui-ci ?

Tout simplement parce que, dix-sept ans

après la chute du Mur de Berlin, en

France le communisme est encore redoutable et redouté (voir l’article d’Angelelli

dans notre dernier n°). On ne le dit pas

ouvertement, mais que craignent au juste

les députés ? L’agitation furieuse des

syndicats CGT d’EdF et GdF, qui défendront bec et ongles leur juteuse abbaye,

l’un des plus forts points d’appui du communisme en France. La célèbre CCAS, la

Caisse centrale des activités sociales

d’EdF et GdF, perçoit depuis 1945 et sans

aucune justification 1 % du chiffre d’affaires de ces entreprises, pactole qui lui

permet d’employer, dit-on, 4 à 5 000 permanents, en majorité cégétistes, et d’aider puissamment le parti communiste. Un

rapport de la Cour des Comptes, l’année

dernière, a notamment relevé l’attribution

de 100 000 euros à la Fête de l’Humanité, le coût excessif des cantines dont les

fournisseurs sont choisis sans appel

d’offres, et autres pratiques scandaleuses,

bien connues du monde politique depuis

50 ans. Et contre lesquelles les gouvernements dits de Droite n’ont jamais osé

réagir.

La vraie question à propos de GdF, ce

n’est pas de savoir si on va le « livrer aux

capitalistes » en réduisant à 34 % la part

de l’Etat dans son capital : c’est de savoir

si un secteur capital de l’économie, qui

reste bel et bien livré à l’influence dominante du communisme, va recevoir une

chance d’y échapper enfin. Mais, bien

sûr, ce n’est pas cette question qui est

mise en avant de part et d’autre : d’un

côté on parle de logique économique, de

l’autre on inquiète le consommateur en

lui disant que le prix du gaz va augmenter (il augmentera forcément, mais après

les élections, quel qu’en soit le vainqueur !) Notre démocratie n’est pas non

plus le règne de la clarté. Mais une

réforme qui provoquera la résistance

furieuse du lobby communiste constitue

un point de fixation idéal pour tous les

opposants. On comprend donc qu’après

l’affaire du CPE au printemps, la perspective d’une affaire GdF à l’automne

fasse paniquer les députés de la majorité.

Si elle les fait aller dans le mur en 2007,

ils paieront le prix des cinquante ans de

lâcheté de leurs prédécesseurs.

Aurélien CHAMPROUX.

F AUT-IL approuver la privatisation

de Gaz de France, prélude à l’achat

de la compagnie de Suez et à la

fusion des deux sociétés, privatisation qui

fait l’objet d’une session extraordinaire

du Parlement ? Du point de vue économique, on peut en discuter : par exemple,

certains évoquent une solution alternative, en mettant Total, autre groupe travaillant dans le gaz, à la place de Suez ;

mais c’est une proposition tout abstraite,

Total n’ayant rien demandé, alors qu’au

contraire la fusion GdF-Suez a été préparée par les deux entreprises. Et quant au

fond, personne ne conteste l’utilité — pas

seulement française — de renforcer GdF

de façon à disposer d’un puissant groupe

énergétique européen capable, en particulier, de négocier avec plus de force les

tarifs du gaz russe… ou algérien.

UN MUR DE PAPIER

D’UN KILOMÈTRE DE HAUT

Alors, quels sont les obstacles ? Il y a

les inquiétudes des actionnaires de Suez ;

les exigences de Bruxelles contre la

constitution de monopoles ; la menace

d’OPA sur Suez du groupe italien Enel.

Mais il est déjà prévu, par exemple,

d’apaiser l’Italie en venant à l’aide d’Alitalia, qui, si l’on ose dire, bat de l’aile, et

qu’Air France-KLM — un exemple de

fusion réussie — pourrait secourir Bref,

s’il n’y avait en jeu que les données économico-financières, il n’y aurait aucune

François Hollande sera-t-il mis en examen pour ses liens présumés avec l’ancienne Mutuelle des instituteurs (Cref),

aujourd’hui en faillite ? C’est en tout cas

ce que réclament à la justice les milliers

d’anciens sociétaires ruinés par une gestion calamiteuse (frais de bouche extravagants, club avec maître d’hôtel recourant

aux plus grands traiteurs de la place de la

Madeleine, cartes de crédit à gogo, golden

parachutes dignes d’une multinationale,

voitures de fonction, logements spacieux

pris en charge et équipés aux frais de la

direction, etc.) Depuis qu’en 2001, Valeurs

Actuelles a révélé le scandale, les investigations de Sylvia Legendre, juge au pôle

financier au tribunal de Paris, épaulée par

les policiers de la Brigade financière, ont

déjà abouti à neuf mises en examen pour

abus de confiance, dont celle, emblématique, en février 2002, de l’ancien ministre

socialiste des Affaires sociales, le frère

René Teulade, qui a cumulé la présidence

de la mutuelle et celle de la Mutualité française, de 1974 à 1992. Il présida aussi jusqu’en 2003 le comité économique, social

et culturel du PS et, toujours maire socialiste d’Argentat, en Corrèze, il fut suppléant du député Hollande jusqu’en juin

2002.

Les parties civiles, défendues par

Me Nicolas Lecoq-Vallon, réclament sept

nouvelles mises en examen— notamment

de Danielle Mitterrand et de François Hollande, en leur qualité, respectivement, de

présidente et trésorier de l’association

Cause commune. Cette association proche

du Cref et qui était située dans le bâtiment

même de la mutuelle au 1 rue Paul-Baudry,

dans le VIIIe arrondissement de Paris, n’a

en effet jamais rien déboursé. Aucune facture, aucun règlement d’un loyer ni d’aucune charge n’a été retrouvé par les enquêteurs lors des différentes perquisitions, et

lorsque ces derniers ont fait le déplacement

rue de Solferino, François Hollande a

déclaré ne rien savoir. Or, « qu’un trésorier ne se préoccupe pas d’une charge

aussi naturelle qu’un loyer, d’autant plus

dans une association présidée par l’épouse

du président de la République, remarque

un avocat, paraît assez peu crédible, même

si les faits remontent à plus de vingt ans. »

Les malversations sont pourtant

énormes : 450 000 fonctionnaires, souvent

modestes, ont été spoliés, voire ruinés

après la disparition du Cref. Leurs pertes

financières représenteraient jusqu’à 75 %

de l’épargne investie ! Les malheureux

n’ont que leurs yeux pour pleurer.

J. B.

Scandale du Cref : Hollande bientôt inculpé ?

(Dessin de CHARD.)

De l’eau rougie dans le Gaz de France

VENDREDI 22 SEPTEMBRE, PARIS 7e

(ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent à 20 h)

RÉUNION DE SOUTIEN A MICHEL LAJOYE

Avec Camille Galic, Chantal Spieler, Odile Bonnivard, Me Eric Delcroix,

Olivier Pichon, Serge de Beketch et Richard Roudier

Part. 6 € (recette versée à M. Lajoye). Rens. <contact@cepe-liberte.com>

ou ESE/CEPE : BP 4-7187, F-30914 – Nîmes Cedex

Samedi

16 septembre

près de CARENTAN

En présence de Fernand Le Rachinel

Déjeuner-débat avec

Camille Galic

sur l’actualité nationale

et internationale

Prix du repas : 20 €

Rés. FN-50 : 02-33-90-18-17

ou <jmdenier@wanadoo.fr>

que le patrimoine

culturel et religieux ne relevait

pas de leur mandat ! Sauf que

l’AER a remis en

état le musée de

Pristina et de

vieilles maisons

turques. Et que la

mission O’Hara a

souvent remarqué,

dans les zones où

l’AER édifie de

nouveaux

ensembles d’habitations, « le dôme

et le minaret d’une

nouvelle mosquée,

à proximité d’un

groupe de maisons, le tout financé par l’Arabie séoudite ».

De même à Pec, « les trois mosquées historiques auxquelles les Serbes avaient mis le feu

alors qu’ils battaient en retraite sont toutes en

voie de reconstruction », ainsi que la Mosquée

rouge, la Mosquée Bajrakli et le bazar médiéval de Dolac — dont l’église (catholique) de

la Présentation de la Sainte Vierge est toujours

en ruine, tout comme l’église orthodoxe. Egalement reconstruite, en revanche, la vieille

mosquée de Decani, grâce à la munificence du

sultan de Brunei.

N’importe. De sa visite-éclair au “Kosova”

et des contacts qu’elle a eus avec les « Albanais de souche », la mission européenne

conclut que « leur approche de l’islam est

d’une façon générale éclairée ». On comprend dans ces conditions que le Kossovar

Behxet Brajshori, ministre de la Culture, de la

Jeunesse et du Sport, ait exprimé sa « gratitude pour la détermination avec laquelle le

Conseil de l’Europe a pris toute la mesure de

l’importance du patrimoine culturel du

Kosovo, et pour les conseils utiles qu’il a dispensés pour gérer et protéger ce patrimoine

de manière efficace et équitable ».

LES BEYROUTH DES BALKANS

A l’étape, le soir, les télévisions diffusent des

images lancinantes du Liban en ruine. Mais

les routes de mon périple de Belgrade à Belgrade via Zagreb, Ljubljana, Rijeka, Split,

Mostar, Sarajevo, Dubrobnik, Cetinje, Tirana,

Ohrid, Skopje et Nis, sont elles aussi ponctuées de décombres, plongeant le voyageur

dans une tristesse indicible.

Ravagées par les bombes de l’OTAN pendant l’agression du printemps 1999, bien des

usines de Kragujevac, de Pozorevac, n’ont pas

été relevées. Si les ponts de la périphérie de

Belgrade dont, lors de mon dernier séjour en

août 1999, les piles écroulées obstruaient le

Danube, ont été reconstruits, la tâche est loin

d’être terminée à Novi Sad.

En 1991, pendant la guerre contre la Croatie, l’impitoyable siège de Vukovar encerclée par les 600 chars et les 50 000 soldats

de l’armée fédérale encore “yougoslave” a

mutilé la ravissante cité baroque et ses environs comme il a fait fuir 35 000 de ses habitants, 2 000 Croates y laissant la vie lors de

leur héroïque résistance de cinq mois.

En plein centre de Sarajevo, des traces des

combats entre Serbes (qui occupaient les

collines où s’étaient déroulés en 1984 les

Jeux olympiques d’hiver) et Bosniaques terrés dans la cuvette sont encore visibles,

comme à Mostar où, là, c’est entre Croates

et Bosniaques qu’on s’est entretué — de

même qu’on s’est battu à Dubrovnik entre

Croates et Monténégrins, alors plus sûrs

alliés de Slobodan Milosevic, et sacrés boutefeus sous la houlette, déjà, de

Djukanovic.

Si, grâce à l’UNESCO et à des

fonds venus en repentance de

Zagreb, le célèbre « vieux pont »

arqué qui avait donné son nom à

la capitale de l’Herzégovine a

été reconstruit à l’identique et si

des éphèbes plongent toujours

de son parapet quand la provende des badauds a été suffisante, l’hôtel Neretva construit

dans le style sécessionniste viennois pendant l’occupation autrichienne, avec une salle à manger

grande comme la galerie des

Glaces et des chambres vastes

comme une salle de bal, n’est

plus que murs éventrés derrière

la façade surplombant le fleuve

et qui laisse pressentir la splendeur enfuie. Qu’attendent le

géant Hilton ou la chaîne Accor,

pour rendre vie à ces moignons ?

LE TURC ET TITO,

RESPONSABLES DES FUREURS

NATIONALISTES

Les ex-Républiques fédérées ont été séparées par une guerre d’autant plus inexpiable

qu’elle tenait autant de la guerre d’indépendance que de la guerre civile puisque, sauf la

religion et l’histoire, rien ne distingue les ethnies belligérantes, et les rancœurs ne se dissiperont pas de sitôt. Même si une timide

réconciliation s’est tout récemment esquissée

entre Zagreb et Belgrade autour du 150e anniversaire de la naissance du génial physicien

Nikola Tesla. Né dans la Lika frontalière,

Tesla (qui, chaud lapin, se fit paraît-il châtrer

pour se consacrer tout entier à ses recherches

sur l’électricité) se disait « fier de son origine

serbe et de sa filiation croate »… ce qui incita

des extrémistes croates à faire exploser sa

maison natale et le petit musée voisin. Zagreb

les ayant reconstruits, le président Stipe

Mesic a tout récemment convié à leur inauguration son homologue serbe Boris Tadic —

dont c’était la seconde visite officielle chez

ceux que certains de ses compatriotes persistent à qualifier de « vatikanske djoubre » —

ordures vaticanes.

On a stigmatisé à juste titre l’aveugle chauvinisme des Serbes, fondé sur leur prééminence dans la lutte contre le Turc, et les chancelleries occidentales sont terrifiées par les

derniers sondages faisant du Parti radical

dirigé par Tomislav Nicolic (depuis l’incarcération à La Haye du charismatique Vojislav

Seselj) la plus importante formation politique

de Serbie, avec 30,7 % des intentions de vote

devant le Parti démocratique du Premier

ministre Vojislav Kostunica et le Parti démocratique serbe du président Tadic. Mais le

nationalisme est la chose la mieux partagée

dans l’ex-Yougoslavie, conséquence logique

d’un demi-millénaire d’invasion puis d’occupation ottomanes — qui provoquèrent

d’énormes mouvements de population — et

de quarante ans de dictature titiste. Aggravée

par cette bombe à retardement que fut la

Constitution de 1974, qui prépara le démantèlement de la Fédération, cette exacerbation

des sentiments nationaux est en partie un héritage de Tito qui, pour assurer son pouvoir personnel, ne cessa pendant trente-cinq de jouer

une République contre l’autre, adoubant successivement comme dauphins le Monténégrin

Djilas, le Serbe Rankovic, le Slovène Kardelj,

etc. et favorisant outrageusement au détriment des chrétiens les mahométans du Kossovo et de Bosnie pour lesquels fut tout

exprès créée la “nationalité” musulmane,

source de tant de désordres dans la décennie 90.

On ne s’étonnera donc pas que, près de la

grande mosquée Begova de Sarajevo,

naguère la ville la plus communiste de Yougoslavie mais où des barbus arabes proposent

aujourd’hui toute une littérature islamique

ainsi que… des contrefaçons de parfums Chanel ou Saint-Laurent, on trouve des maillots

exaltant Tito, « Josip Broz, dobar skroz » —

complètement bon. En vente pêle-mêle,

d’ailleurs, avec des tee-shirts proclamant :

« Je nique (jebem) tout ce qui n’est pas notre

terre Bosnie ».

Point d’effigies du défunt maréchal, pourtant officiellement natif du village de Kumrovec, non loin de Zagreb, en Croatie, où elles

ont été remplacées dans les boutiques par le

drapeau à damier rouge, obsédant au fronton

des postes ou des musées ou simplement aux

fenêtres des particuliers et, de la « région

martyre » de Knin à la Dalmatie, il est impossible de rouler dix kilomètres sans apercevoir

un portrait géant du général Ante Gotovina,

que ses admirateurs accusent le gouvernement de Zagreb d’avoir “vendu” contre un

ticket d’entrée dans l’Europe (en croate, ou

d’ailleurs en serbe, gotovina signifie argent

comptant). Sur les marchés de Serbie, dont la

presse s’est vertueusement insurgée contre la

venue de l’“extrémiste” Jean-Marie Le Pen,

invité le 20 août à donner le coup d’envoi

d’une course motocycliste, on trouve partout

des portraits encadrés de Karadjic, du général

Mladic, de l’évêque Nikolaj Velimirovic, qui

qualifia Hitler de « sauveur de l’Europe »

mais n’en fut pas moins canonisé par l’Eglise

orthodoxe serbe, et même du feu capitaine

Arkan, en uniforme de tchetnik. Et la Macédoine, furieuse de se voir refuser cette appellation par la Grèce qui l’a condamnée à porter le sigle de FYROM, cultive avec soin ses

racines alexandrines et revendique les frères

Cyrille et Méthode qui obtinrent de Rome

l’autorisation d’évangéliser les Slaves en slavon et inventèrent à cet effet l’alphabet glagolitique dont est issu le cyrillique — désormais plutôt plus employé à Skopje qu’à Belgrade.

UN APPAUVRISSEMENT

GÉNÉRAL

La hautaine Slovénie mise à part, maintenant

membre à part entière de l’Union

européenne — jusqu’à héberger une Gay

Pride ! — après avoir cultivé pendant toute la

période titiste sa différence “autrichienne”,

existe pourtant un lien indéniable entre les

frères ennemis : la pauvreté, la peur du lendemain. Le salaire moyen est de 200 euros en

Macédoine et en Bosnie, de 300 en Serbie, de

700 en Croatie, où le chômage semble toutefois reculer. On ne va pas loin avec ça, surtout

quand les denrées et les produits d’habillement sont relativement chers — sous Tito, la

Yougoslavie s’était démesurement endettée à

force d’emprunter pour acheter et proposer

des produits à bas prix, afin de maintenir la

paix sociale. La plupart des gens sont donc

6 N° 2777 — 15 SEPTEM

DANS le monastère serbe de Studenica,

proche de Kraljevo et dont, merci les

Ottomans, trois églises seulement subsistent sur les douze qu’avaient fait construire

les tsars Stefan et Dusan Nemanja, un regret

me taraude : j’aurais dû aussi aller au Kossovo, revoir le monastère de Visoki Decani, le

plus beau sans doute par son architecture (due

à des franciscains) et ses fresques (un gigantesque et extraordinaire Christ au glaive) de

l’ex-Yougoslavie. J’y ai renoncé parce que les

laissez-passer et les escortes auraient nécessité trop de paperasses. Et puis, plus profondément, parce que je ne tiens pas plus à revoir

le Kossovo que l’Algérie, l’Afrique du Sud et

la Rhodésie. Ces lieux ne sont plus ceux que

j’ai tant aimés à un certain moment de leur

histoire.

L’ISLAM “ÉCLAIRÉ”

DES KOSSOVARS : 2 000 ÉGLISES

ET COUVENTS DÉTRUITS

A méditer alors que Chirac déploie 2 500

hommes au Liban : au Kossovo sous contrôle

de la Force internationale de maintien de la

paix et de la sécurité (KFOR), sous commandement de l’OTAN et qui comprend 2 050 de

nos soldats, ne restent que 100 000 Serbes,

pour la plupart clochardisés me dit-on, sur

2 millions d’habitants. Plus un seul Serbe à

Pec (Peja en albanais), siège de l’antique

patriarchie orthodoxe. 200 églises et couvents

ont été incendiés, vandalisés, détruits par les

Shqipetars depuis l’été 1999, dans l’ivresse de

leur “victoire”.

Honneur au contingent italien : en s’interposant, au risque d’ameuter contre lui la populace albanaise, il a protégé et continue de protéger Visoki Decani — et ses 33 moines, soumis au rite grégorien — dont il a fait un véritable camp retranché contre l’avis du général

Valentin, alors commandant français de la

KFOR, qui aurait même voulu lever les checkpoints. Mais, à Prizren, le contingent allemand

a laissé attaquer et détruire la faculté de théologie orthodoxe, le palais épiscopal, toutes les

églises et le monastère des Saints Archanges,

se contentant d’évacuer les moines…

Certes, sur les instances de la Serbie-Monténégro se déclarant (légitimement) « préoccupée par la destruction du patrimoine culturel

et historique chrétien orthodoxe dans la

région du Kossovo-Metohija alors même que

l’ONU (par le truchement de la MINUK) et la

KFOR y maintenaient leur présence », une

mission du Conseil de l’Europe, conduite par

le travailliste britannique O’Hara, s’est très

brièvement rendue sur les lieux les 9 et

10 octobre 2003. Elle y a rencontré des représentants de l’Agence européenne pour la

reconstruction (AER)… qui lui ont indiqué

Sarajevo : tee-shirt à la gloire de Tito

Le centre de Vukovar : toujours en ruine.

Dans les décombres de

Des evzones grecs ? Non, des Macédoniens dansant à

Ohrid pour la fête de Saint Pantélémon.

Carte Documentation française, gouvernement français.

MBRE 2006 — RIVAROL 7

atrocités furent commises contre des civils

serbes lors de l’offensive croato-bosniaque de

la phase finale de la guerre en Bosnie, à l’instigation du général Atif Dudakovic, dont la

Serbie demande l’inculpation par le Tribunal

pénal international). Puis enfin au KossovoMetohija pour tenter d’éloigner la menace que

faisait peser l’UCK albanaise, créée en 1996,

sur la minorité serbo-monténégrine désormais

assiégée.

QUELLE “INDÉPENDANCE”

POUR LE MONTÉNÉGRO ?

Mais aujourd’hui, même le front serbomonténégrin a éclaté. Soucieux de préserver leurs relations avec le turbulent voisin

du Sud et trop contents d’accabler les

Serbes, les Croates avancent que ceux-ci

ont tant exploité leurs cousins montagnards

que le Crna Gora a fini par rejeter cette

tutelle. Nos lecteurs le savent (RIV. du

2/6/06), la réalité est un peu différente.

D’une part, le oui au référendum ne passa

que d’extrême justesse (55,5 % quand

l’Union européenne avait fixé la barre à

55 %), avant tout grâce aux suffrages des

6,5 % d’Albanais et des 14,5 % de Bosniaques également musulmans que le président Milo Djukanovic a d’ailleurs tenu à

remercier… avant de les trahir : en juillet,

la cour Constitutionnelle de Podgorica, exTitograd, a en effet annulé deux articles

d’une loi garantissant à ces minorités un

quota de sièges parlementaires en prévision des élections du 10 septembre.

Mais Djukanovic (qui, depuis seize ans

au pouvoir, a gagné ces Législatives avec

50 % des suffrages pour sa coalition de

centre-gauche et devrait donc disposer de

la majorité absolue au Parlement) pourrait

avoir surtout trahi les électeurs en leur promettant qu’un Monténégro indépendant

deviendrait « le Singapour des Balkans ».

Pour le moment, la minuscule République

(13 812 km2 et 648 000 habitants) n’en

prend pas le chemin même si, contrairement aux ex-républiques fédérées qui ont

chacune leur monnaie (dont le cours est

évidemment toujours différent), elle a

choisi d’adopter l’euro afin d’attirer Italiens et Allemands… et de s’éviter le coût

d’une banque centrale.

« Les seules choses qui marchent, assurent certains Monténégrins, c’est le business avec les oligarques russes qui achètent tout et la contrebande avec l’Italie »,

celle de cigarettes notamment. Mais la

« traite des blondes » ne concernerait pas

seulement les Marlboro. Nid pendant des

siècles de pirates turcs et même barbaresques, le port d’Ulcinj, à l’extrémité sud

du pays, serait redevenu un marché d’esclaves, cette fois pour les « filles de

l’Est ». Une activité qui inquiète passablement Bruxelles. Comme Poutine s’inquiète

des tractations entre Podgorica et Washington pour faire passer dans le giron de

l’OTAN les bases en eaux profondes de

Bar et d’Ulcinj, refuge idéal pour les sousmarins comme le sait bien Moscou puisque

la flotte rouge en bénéficia après la mort

de Tito.

L’indépendance monténégrine était sans

doute inéluctable puisque, excepté au Kossovo, il n’existe aucune frontière commune

entre l’ancienne principauté des princesévêques Niegos et la Serbie. Mais la

seconde qui, sous les Némanides, disposait

sur l’Adriatique des Bouches de Kotor,

supportera-t-elle longtemps d’être privée

de tout accès à la mer alors que la BosnieHerzégovine dispose à Naum d’un corridor

vers la Dalmatie, en vertu d’une antique

dérogation accordée par la république de

Raguse (Dubrovnik) à la Sublime Porte ?

Pour le moment, Belgrade semble résignée, arguant que l’Autriche, la Tchéquie

et la Hongrie sont dans le même cas. On

voit mal, d’ailleurs, ce pays humilié et

durablement appauvri envisageant un nouveau conflit alors que la question du Kossovo reste pendante et continue d’être un

enjeu politique. « Combat pour le

Kossovo » est le mot d’ordre du Parti radical, d’où la surenchère des autres formations. « Nous ne braderons jamais le Kossovo pour un strapontin dans l’Europe »,

déclarait ainsi le Premier ministre Kostunica le 20 juillet dernier. Mais chaque jour

qui passe affaiblit la présence serbe au

Kossovo, où s’accélère au contraire l’immigration albanaise.

D’HODJA EN BERISHA,

LE CANCER ALBANAIS

Car, d’Enver Hodja en Sali Berisha, l’actuel Premier ministre subventionné par la

BERD après s’être engagé à « éradiquer la

corruption » (comme disait Pasqua, les

promesses n’engagent que ceux qui y

croient), le « Pays des Aigles » n’a toujours pas pris son envol. Le visitant à l’été

1988, j’avais été frappée de stupeur : cette

prétendue terre promise du communisme

pur et dur évoquait surtout le pire TiersMonde, les terres d’islam les plus arriérées, les hommes allongés dans les champs

y fumant tranquillement leur pipe en jouant

aux cartes tandis que les femmes marnaient

comme des bêtes de somme… A Butrint

(Buthronte), les ruines supposées du palais

de l’Epirote Pyrrhus où se déroule l’Andromaque de Racine gisaient dans un

cloaque pestilentiel… A Dürres-Durrazzo,

les plages naguère fréquentées par l’aristocratie italienne tenaient de la décharge

publique et à Tirana, dans l’hôtel éponyme,

orgueil de l’Albanie socialiste et seul

obligés de cumuler plusieurs métiers. Tel

pharmacien se fait taxi de nuit, tel professeur

opérateur de cinéma… et la contrebande — à

Vukovar notamment, séparée de la Serbie par

le Danube — prospère. La prostitution aussi.

SERBIE, GRANDEUR

ET DÉCHÉANCE

Le réveil est particulièrement brutal en Serbie, où était centralisée l’administration yougoslave et où affluaient du monde entier les

délégations étrangères venues s’initier à cette

gigantesque mystification que fut l’autogestion.

Le Monténégro et surtout la Croatie, forte de

son immense façade dalmate comme de cette

« huitième merveille du monde » qu’est la

cascade de lacs de Pritvice (où, soit dit en passant, débuta la guerre de 1991, des Serbes de

la Krajina prenant alors le contrôle du parc

naturel), misent tout sur le tourisme grâce

auquel ils espèrent thésauriser des devises et

se refaire une santé — quitte à perdre à terme

leur âme dans la pollution moderniste. Le clou

du festival de Dubrovnik était cet été les “ballets” du Flamand Jan Fabre, chorégraphe pornographe et scatophile qui, chez nous, avait

déclenché le scandale, d’abord au Théâtre de

la Ville puis à Avignon.

Belgrade n’a pas ce recours : elle n’a plus ni

lacs ni côtes, l’essentiel de son patrimoine

architectural est au Kossovo et les étrangers

sont donc rares — 166 000 pendant le premier

trimestre 2006 — ainsi que les investissements. Seulement 3,5 milliards de dollars

entre 2002 et 2004 et 2 milliards en 2005, les

plus gros investisseurs étant paradoxalement… états-uniens, tels US. Steel et Philip

Morris, ce dernier sans doute ravi de s’installer dans un pays où l’on fume d’autant plus

que le paquet de clopes n’y coûte guère qu’un

demi-euro.

En revanche, les sièges de nombreuses

firmes et d’institutions internationales ont

déserté Belgrade pour Ljubljana après l’adhésion de la Slovénie à l’Union, voire pour Sofia

depuis que l’entrée de la Bulgarie est programmée pour 2007. D’où un chômage frappant 40 % de la population (et 50 % des

jeunes), laquelle doit faire face à un autre —

et énorme — problème : le relogement des

centaines de milliers de réfugiés du Kossovo,

ainsi que de la Krajina jadis serbe mais attribuée à la Croatie par les accords de 1995, et

de la Lika. Comment leur trouver un toit et du

travail alors que l’argent est si rare et que les

emplois manquent si cruellement ?

LINGUISTIQUE ET IDENTITÉ

C’est la raison pour laquelle, après les premières vagues, les exodes se sont peu à peu

taris. Mais c’est une nouvelle source d’inquiétude pour Belgrade : ces Serbes fuyant les

Turcs et que l’Autriche et la Hongrie avaient

implantés aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les

marches croates pour y mener la guérilla

contre les Ottomans, comme “haïdouks” ou

“uskoks”, ne risquent-ils pas de

“s’assimiler” ? D’oublier l’orthodoxie, le

calendrier julien, le cyrillique, et même leurs

particularismes linguistiques ?

La fédération yougoslave comptait trois

langues : le serbo-croate, le slovène et le

macédonien. Désormais, la Croatie, le Monténégro et la Bosnie prétendent que leur

langue est totalement distincte du serbe, ce qui

est évidemment absurde puisque le “serbocroate” résulte d’un accord conclu au milieu

du XIXe siècle, à l’initiative de l’archevêque

croate Strossmayer, artisan de l’union des

Slaves du Sud, et portant sur le choix du dialecte herzégovinien comme étant le plus pur.

C’est surtout d’autant plus absurde que les

antagonistes défendent leur identité linguistique à grands renforts des mêmes injures (à

faire perdre la boule à Zidane !), prononcées

dans les mêmes termes et exactement sur le

même ton.

Cette querelle dissimule bien sûr d’autres

griefs : chacun est convaincu d’avoir été

l’agressé. Slovènes (très brièvement), Croates

et Bosniaques qui rappellent qu’ils n’ont, eux,

jamais porté la lutte sur le territoire serbomonténégrin. Mais aussi les Serbes qui répliquent que c’est avant tout le nettoyage ethnique entrepris contre leurs communautés par

les Croates dans les régions de Vukovar et de

Knin qui les obligèrent à intervenir. Tout

comme ils durent ensuite intervenir en Bosnie

(où deux vidéos récemment diffusées par la

télévision belgradoise prouveraient que des

gratte-ciel de la capitale, les ascenseurs

étaient en panne. Dur quand on loge au

huitième étage !

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