DEBBOUZE “L’ICISSIEN”
Interviewé par Le Nouvel Obs du 28/9,
Jamel Debbouze s’explique : « On est légitime dans ce pays, on a grandi ici, on est des
“Icissiens”. Ce pays, c’est le nôtre. Moi,
j’aime la France… Pour ses fromages, son
“Club Dorothée”… Il faut compter avec
nous. On est une force vive de ce pays… »
Et le même, à propos du financement
d’“Indigènes” : « On n’a eu aucun scrupule
à solliciter les gens sollicitables pour donner corps à
un projet. Ce n’est plus une
histoire politique, mais
citoyenne. On remercie tout
le monde, Nicolas Sarkozy
comme Jean-Paul Huchon,
et on ne remercie personne,
parce que c’est normal.
Mais c’est vrai que les régions de droite ont
répondu plus vite et mieux. »
Dont acte.
● De Hélène L. (Draguignan) :
CONTINUEZ !
Jeune maman de trois petits, je me fixe
comme objectif de terminer chaque RIVAROL avant l’arrivée du suivant ; j’y parviens malgré le temps qui fuit sans cesse et
j’avoue que, grâce à vous, je me détends
intellectuellement !
J’apprécie votre ligne indépendante politiquement et je trouve que chaque membre
de votre équipe a des qualités propres qui
forment un tout des plus harmonieux. Ces
analyses, ces synthèses et ce sens de la
répartie détonnent tellement à côté de tout
ce qui ose se donner le terme de “journal” !
Et puis il y a cette belle langue française
que vous maîtrisez si bien... Et les étonnants dessins et caricatures de notre Chard
nationale (quel talent ! Bravo !)
Continuez donc longtemps, que Dieu vous
garde et nous accorde, si c’est Sa volonté,
la France dont nous rêvons tous !
● De Christian M. (courriel) :
INJUSTICE FRANÇAISE
Quand M. Sarkozy dénonce un certain
laxisme de la justice française, ceci est la
triste réalité depuis plus de 15 ans… Mais
aujourd’hui l’énorme responsabilité de
cette justice française se traduit au quotidien.
Pendant plus de 15 ans où je fus formateur du jeu d’échecs au niveau de la jeunesse tant dans des écoles primaire du “93”
(zone d’éducation prioritaire Clichy-sousBois, Aulnay) qu’en milieu carcéral (prisons de Villepinte, Bois d’Arcy, Fleury, la
Santé, Fresnes et Poissy), j’ai pu constater,
impuissant, que l’absence du père ou de la
mère est préjudiciable dans au moins 80 %
des cas à l’équilibre du jeune et à son rapport à l’autorité.
La volonté de la justice de vouloir
détruire le lien père/enfant est l’un des
points essentiels de l’actuelle réalité… Pour
protéger son système qui fait vivre grassement les 400 000 permanents s’occupant de
la misère familiale, la justice française
n’apportera jamais la réponse à la délinquance qu’elle a créée.
● De Lucien Y. (Choisy) :
LES ARMÉNIENS NE
SONT PAS A VENDRE
A Erevan, dans un pathos embarrassé où
se reconnaissait le souci de ménager « la
chèvre et le chou », et en mélangeant allégrement les génocides, « les fautes et les
erreurs », Chirac a invité la Turquie à se
grandir en reconnaissant le génocide des
Arméniens. Bien.
Et il ajoute : « On pourrait le dire de la
France dans d’autres circonstances. »
Qu’est-ce à dire ? La France aurait-elle
plusieurs génocides sur la conscience ? On
respire. Voilà qui ramène « les fautes »
turques à leur juste proportion…
Selon RIVAROL (N° 2783), c’est le lobby
arménien « qui ne voit pas plus loin que le
bout de son nez » qui aurait poussé à
l’adoption de la loi punissant la négation du
génocide. Mais les Arméniens ne sont pas
des idiots. Ils savent qu’ils n’ont rien à
gagner à ce nouveau déballage. Parce que
D’ABORD français, ils n’entendent pas
être mêlés à des textes attentatoires à la
liberté des Français. Que la loi Gayssot
s’occupe de ses ouailles. Les Arméniens ne
sont pas à vendre.
● De Jean-Louis B. (Versailles) :
FÊTES… DE L’ÉGALITÉ
Le Furet, dans son excellent article du
6 octobre sur les Fêtes de nuit au bassin de
Neptune à Versailles, souligne deux points :
— le prix élevé des places,
— le peu d’applaudissements in fine.
Je voudrais compléter l’information en
signalant que, dans ces spectacles, il est distribué un grand nombre de billets gratuits
pour les meilleurs emplacements aux amis
des organisateurs (les hommes sont égaux,
mais certains le sont davantage).
On peut donc en conclure qu’une bonne
part des rares applaudissements venaient
de ces favorisés de la république égalitarisante.
● De Jean G. (Bordeaux) :
L’ARROGANCE DE JUPPÉ
J’admire l’arrogance avec laquelle Juppé
triomphe, comme un coq sur son tas de
fumier avec ses 56,24 % du corps électoral
de notre ville.
En bonne règle représentative, cela aurait
dû ne lui fournir que 34 ou 35 “conseillers”,
en réserver 15 ou 16 à la gauche, 7 ou 8 aux
Verts, 3 ou 4 au FN, et 1 ou 2
à la LCR, en admettant
même que les abstentionnistes se soient répartis
comme les votants (au lieu,
respectivement de 49, 8, 3, 1
et 0).
En fait, les abstentions
nous ont permis d’économiser les frais du 2e tour que
nous aurait imposé un ballottage, ceux que j’ai rencontrés jugeant
inutile de participer au simulacre de démocratie imposé par l’ancien et futur maire
pour des motifs personnels.
● De Jean P. (Le Puy) :
REVANCHE
« Si les Français veulent nous désarmer, ils
n’auront pas de pires ennemis que nous » a
déclaré le Hezbollah.
C’est précisément ce qu’Israël attend
pour intervenir de nouveau au Liban,
prendre sa revanche et finir de détruire le
Liban avec son aviation.
● De Thomas SCHROEDER :
LES TRAGÉDIES DE LA SOMME
Vous avez très bien fait de parler des
batailles de la Somme (RIV. n° 2775). II
convient de rappeler que, jusqu’en juin
1916, la Somme/Picardie, occupée depuis
l’été de 1914 par l’armée allemande, était
restée presque intacte, au point que l’armée
de terre impériale avait édité un petit
« Guide de la Somme
occupée », dûment illustré
et “pittoresque” en style
touristique. A partir du
juillet 1916, on ne trouva
plus qu’un désert, comme
ravagé par quelques
explosions atomiques. Ce
constat permet de
remettre en place les accusations stupides
et haineuses, associées aux tractations de
Versailles, comme quoi ce fut l’armée allemande qui par pure brutalité aurait
« détruit la France » alors que ce fut la
guerre tout court, d’où la justesse du
monument aux morts à Péronne, montrant
une vieille femme en colère, sous-titré « La
Picardie maudissant la guerre ».
Puisqu’il est enfin possible de parler de ce
premier grand conflit “mondial” (en réalité
surtout européen), constatons que le militarisme anglais, la stubborness (obstination
stupide) et le cynisme des généraux britanniques, sans oublier leur incroyable propagande anti-allemande diffusée à travers
tout le Commonwealth, étaient absolument
équivalents aux pires excès “prussiens“ en
ces domaines, et probablement les dépassaient de loin. D’un autre côté, on trouve
des traits étonnamment parallèles entre les
armées anglaises et allemandes, au niveau
des mentalités surtout. Ainsi le choc de la
Somme, curieusement symbolisée par l’innocent coquelicot, avait causé aux soldats
du Commonwealth une sorte de dépression
collective dont ils ne purent plus jamais se
débarrasser complètement, ce qui se répercute par exemple dans nombre de poésies
de guerre, aussi mélancoliques que les allemandes, et très émouvantes.
La Somme étant parsemée de cimetières
militaires, les Anglais sont incontestablement
les plus beaux, très supérieurs aux nôtres par
leur conception. Et chez eux, point de « soldats inconnus », car cet heureux pays
échappe à la « laïcité française » : les soldats
non identifiés portent la formule « Known
unto God » — Connu de Dieu seul !
Nuance…
● De Ch. GILLES :
MÉTISSAGE ET OGM
Il existe deux modes de destruction sur
cette Terre :
1) le mode masculin : la violence, de tout
type ;
2) le mode féminin : le métissage racial,
dont les conséquences sont encore plus irréversibles.
Le principe de précaution devrait donc
s’appliquer. Les peuples métissés sont stratifiés racialement, et c’est inévitable. Le degré
de racisme primaire et social y est infiniment
plus élevé que dans les sociétés racialement
homogènes. Pour les classes dirigeantes, le
métissage c’est pour les autres, pour la plèbe,
qui deviendra ainsi une main-d’œuvre manipulable (sans racines) à bas prix, au service
du Grand Capital. Exactement ce que les
bobos gauchistes et autres crétins utiles pensent contrer par le métissage généralisé, instrumentalisé.
Mais de quel droit s’opposer aux OGM et
autres manipulations génétiques quand,
dans le même temps, on joue comme un
enfant avec un hochet avec son propre patrimoine génétique dont la création, le développement et la finalité nous échappent totalement ?
● De Patrick BLOND :
D’ABORD, AVANCER
Le déplacement de Jean-Marie Le Pen à
Valmy a fait grincer des dents certains élus
et militants du Front National. Ce sont souvent les mêmes ou leurs semblables qui critiquent le président du FN, quand celui-ci
fait référence aux rois de France et au
catholicisme qui ont fait la France. Et que
n’ai-je jamais entendu ici et là de la part de
ces “contre-révolutionnaires” quand des
militants FN brandissaient des drapeaux à
la gloire de la monarchie dans les défilés du
● Nous avons le plaisir de dédier ce
numéro à M. Bernard R., de Charleville-Mezières, « ami de RIVAROL »
dont la générosité nous permet de
vous offrir ce Spécial 16 pages.
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Chaque jeudi, vous pouvez consulter
notre site Internet, pour vous assurer
que notre hebdomadaire a bien paru et
en connaître le sommaire.
Pour toutes les correspondances
administratives, utiliser l’adresse
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spécifier et les autres peuvent nous
demander de transférer leur message
au correspondant choisi.
Suite au probable « déblocage liturgique » de Benoît XVI, autorisant le
retour du rite tridentin dans nos églises,
en parallèle de la messe dite de Paul VI,
l’évêque de Metz éructe « ses craintes »
dans Le Figaro du 12 octobre. Encouragé
certainement en cela par le flou artistique
de la décision pontificale, dont l’application — ou non — relèvera de la seule
autorité des évêques… Cela rappelle
étrangement le libéral Motu Proprio de
feu Jean-Paul II, jamais appliqué,
puisque laissant déjà le libre arbitre à des
prélats refusant encore et toujours de se
plier aux ordres — ou plutôt aux suggestions — de Rome.
DE L’ÉVÊQUE DE METZ…
Dans une tribune publiée dans le dernier
n° de la Revue d’éthique et de théologie
morale, Mgr Pierre Raffin, évêque de
Metz où il parraina des rave-parties dans
les églises, écrit ainsi : « Il va sans dire
que nous suivrions la détermination de
Benoît XVI, même si nous la regretterions
et en redouterions les répercussions
négatives dans le peuple chrétien majoN° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 7
ritairement attaché, quoi qu’on en dise,
à la messe dite de Paul VI ». Et le prélat
de s’interroger benoîtement : « Le sacré
requiert-il que l’on dérobe la célébration
des mystères en tenant les fidèles à distance de l’autel ? » Pour ce dominicain
très attaché aux dérives de Vatican II « la
messe n’est pas un saint spectacle auquel
assistent des fidèles recueillis », mais un
spectacle tout court, dénué de tous sens.
De même redoute-t-il la “concurrence”
des deux rites, « à la fois très proches et
très différents », ce qui « finirait par
nuire à l’unité de l’Église catholique ».
A n’en pas douter, Mgr Raffin préfère
discuter avec un imam au pot de la mairie, ou prier avec lui, plutôt que de se
mettre à la table du Seigneur avec des tradis…
… AU MAIRE DE WOIPPY
En ce mois d’octobre dédié au ramadan,
Woippy-la-Doulce (Moselle) continue,
d’année en année, à prendre des couleurs
locales… Une fois de plus, le députémaire François Grosdidier s’est fendu
d’une invitation écrite à participer aux
“festivités” du ramadan,
« discipline qui s’impose
aux pulsions biologiques » (sic) et permet de
mieux orienter sa « pensée
vers Dieu ». Sous l’intitulé
« Découverte du Monde du
Maghreb », l’édile propose
donc des soirées très “animées” (avec certainement,
au passage, quelques voitures d’indigènes brûlées ou
embuscades tendues à des
patrouilles de police…) par
les chanteurs Abdelwhad
(spécialiste du Rai), Momo
et Ali (venus de Tunisie et
du Maroc) ; un concert de
Djembé (percussion africaine…) ; la troupe folklorique « Dekka Marrakchia »
d’Ouled El Bahja (la Lorraine profonde en quelque
sorte !) ; un défilé de robes
de mariées algériennes,
marocaines et tunisiennes
(quoi, encore des “youyou”
à la mairie de Woippy ?) ; un
préparateur de thé à la
menthe officiel ; et un stand
de tatouages au henné. Le
tout sur un fond de décors
orientaux, de menus épicés,
de pâtisseries orientales et
de prières à discrétion.
Décidément, quand l’ennemi travaille de l’intérieur
pour mieux saper notre civilisation gréco-romaine et
chrétienne, rien ne va plus !
Alors faites vos jeux électoraux, mais les bons cette
fois-ci, pour les Présidentielles de 2007… Il est
temps que le casino change
de directeur, sous peine de
fermer !
Jean DORVAL,
<jean-dorval@wanadoo.fr>.
● Le 13 octobre, Mgr Fellay, supérieur
général de la Fraternité sacerdotale
Saint-Pie X venu à Paris présider les
« Journées de la Tradition » à Villepreux, recevait à Saint-Nicolas du Chardonnet quelques journalistes, qui l’interrogèrent évidemment sur le Motu
proprio, dont il est tant question, libéralisant la messe traditionnelle. Mais
« s’agit-il d’une autorisation plus large
ou de la libération totale » que la FSSPX
appelle depuis si longtemps de ses
vœux ? Mgr Fellay s’est donc refusé à
analyser un « texte que personne n’a
encore pu lire ». En revanche, il a confié
que les conversations entre lui-même et
le cardinal Castrillon Hoyos étaient
gelées depuis le 15 novembre dernier, en
raison d’une « incompréhension
mutuelle ». Une semaine plus tard, nous
recevions de la FSSPX la mise au point
suivante :
« Le Figaro du lundi 16 octobre 2006 a
fait paraître un article de Sophie de Ravinel sous le titre “Lefebvristes : Rome
sur le point de lever les sanctions”. Cet
article, qui prétend annoncer l’envoi d’un
courrier au pape par Mgr Fellay pour
demander une levée d’excommunication,
contient deux confusions qui mènent à
une contre-vérité :
« Sophie de Ravinel confond les deux
préalables formulés par Mgr Fellay au
début de 2001 (libéralisation de la messe
traditionnelle et retrait du décret d’excommunication) avec le bouquet spirituel
d’un million de chapelets qu’il adressera
au pape à la fin du mois d’octobre pour
demander la liberté de la messe tridentine.
« Et elle confond ce bouquet spirituel
adressé au pape avec la réponse que
Mgr Fellay doit faire à une lettre du cardinal Castrillon Hoyos. Dans cette lettre
du mois de juin dernier — qui pourra être
publiée en temps opportun —, il n’est
question ni d’une « prochaine remise à
l’honneur de la messe en latin », ni d’une
demande de lettre pour le « rétablissement de la pleine communion avec le
siège de Pierre ».
« Ces distinctions faites, il est faux d’affirmer comme le fait Sophie de Ravinel :
“Le supérieur de cette Fraternité fondée
par Mgr Lefebvre en 1970 a en effet
annoncé au Figaro son intention d’envoyer un courrier à Benoît XVI contenant
cette requête (la levée des sanctions)
ainsi qu’une demande de la libéralisation
de la messe selon le rite tridentin… et ce,
“en réponse à un courrier envoyé il y a
quatre mois environ par le cardinal Castrillon Hoyos”.
« L’article du Figaro multiplie les
verbes au conditionnel : Mgr Fellay
serait sur le point…, cette lettre serait
une réponse…, un courrier où le cardinal
Castrillon aurait assuré… On aimerait
moins d’hypothèses et plus de faits. Il en
résulte que cet article donne une vision
profondément fausse de l’état des relations entre Rome et la Fraternité SaintPie X.
« Plutôt que de prêter au supérieur
général des propos qu’il n’a pas tenus, il
nous semble préférable de mettre à la disposition de tous, sur le site de DICI
<www.dici.org>, l’enregistrement intégral de la conférence qu’il a donnée à Villepreux, le samedi 14 octobre, et au cours
de laquelle il montre où en sont exactement les relations entre Rome et Ecône.
On verra en quels termes précis Mgr Fellay parle du “retrait du décret d’excommunication” qu’il distingue bien d’une
levée des sanctions. »
A bas le rite tridentin,
vive le ramadan !
Mise au point de la FSSPX
sur un article du Figaro
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Port et emballage : 4 € par titre, 6 € à partir de 2 livres.
Règlement : Editions des Tuileries
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. CCP Paris 4532-19 K.
(Dessin de CHARD.)
CACHEZ CETTE CROIX…
Outre-Manche, on voit de plus en plus de policiers
arborer le turban et le bracelet sikhs et de fliquettes
voilées, une hôtesse d’accueil de British Airways vient
d’être licenciée sans indemnité car elle persistait à garder une petite croix pendant ses heures de travail.
Nombre de ses collègues “indigènes” font profil bas
mais Nadia Eweida se croyait protégée par son ascendance. D’origine égyptienne, elle n’est en effet ni
anglicane ni méthodiste ou “papiste”, mais copte.
La décision de la compagnie aérienne a déclenché
un tollé d’autant que British Airways, contre laquelle
certains députés conservateurs ont lancé des
consignes de boycottage, a déclaré assez stupidement
que l’ostracisme sur les symboles chrétiens — également pratiqué par une autre compagnie britannique,
British Midland — ne pouvait s’appliquer aux
employés musulmans, hindous ou sikhs qui, eux, portent « des hidjabs, des turbans ou des bracelets qu’il ne leur
serait pas facile de cacher sous leurs uniformes ».
LE MARTYRE DES
CHRÉTIENS D’IRAK
Alors qu’était sous presses notre n° du 20 octobre contenant le compte rendu par M.-G. Desossas du livre de
Mgr Sleiman (1) sur le martyre des chrétiens d’Irak, on
apprenait que le Père Paulos Iskander, prêtre syrien
orthodoxe, avait été enlevé onze jours plus tôt par un
groupe islamique inconnu qui réclamait pour sa libération la pharamineuse rançon de 350 000 dollars.
Ce groupe avait exigé et obtenu en outre que la communauté syrienne orthodoxe de Mossoul rédige et
appose trente grandes affiches blâmant Benoît XVI pour
ses « attaques anti-islamiques » de Ratisbonne. Mais rien n’y
a fait : le cadavre décapité du prêtre a été retrouvé le
14 octobre. Deux jours plus tard, c’est un adolescent
orthodoxe de 14 ans qui était crucifié dans la zone d’Albasra où, le 4 octobre, un attentat à la bombe avait fait
neuf victimes — toutes chrétiennes.
Faut-il s’étonner que les chrétiens d’Irak, toutes confessions confondues, regrettent chaque jour davantage “Saddam-Hitler” et vouent aux gémonies la « majorité
morale » américaine qui, sous la houlette du “chrétien rené” George Bush, a “libéré” leur pays ?
_____
(1) Dans le piège irakien, Presses de la Renaissance, 16 €.
I
L Y A cinquante ans, du 23 octobre au
4 novembre 1956 (mais ce ne fut pas la
fin de la tragédie), la Hongrie communiste connut une insurrection nationale
sauvagement réprimée par l’Armée rouge.
Nul doute que cet événement sera commémoré bien au-delà du pays des Magyars,
car il eut un retentissement international.
Pour le revivre, nous nous sommes
appuyés sur la véritable somme que constitue le très récent livre d’Henri-Christian
Giraud, Le Printemps en Octobre. Une
histoire de la Révolution hongroise (1)
qui permet de suivre journée par journée,
voire heure par heure, cette insurrection de
la Hongrie contre le communisme. Une
histoire étayée non seulement sur de nombreux ouvrages (dont Insurrection, de
David Irving, Albin Michel 1981), mais
également sur des articles de presse de
l’époque et surtout sur ce que nous ont
révélé depuis les documents et archives
hongrois, américains et russes.
LES CAUSES DE LA RÉVOLTE
Il y a évidemment, au départ, le choc de
la déstalinisation : en déboulonnant Staline
au XXe Congrès du Parti communiste de
l’Union soviétique (PCUS), Khrouchtchev
se livrait à un règlement de comptes, sans
toutefois vouloir remettre en cause le système soviétique intérieur et extérieur —
mais l’apprenti-sorcier fut dépassé.
Le premier pays ébranlé fut la Pologne : le
28 juin 1956, des émeutes ouvrières éclatent à Poznan. A la mi-octobre, le pays
connaît de nouvelles tensions ; les Soviétiques sont prêts à intervenir mais trouvent
une solution évitant l’épreuve de force : le
retour au pouvoir d’un ex-dirigeant communiste, Gomulka, qui avait été emprisonné et
torturé sous Staline. Gomulka tint le Parti
non sans ambiguïtés, mais évita le pire.
En Hongrie, l’opinion avait
été très sensible à l’Octobre
polonais, mais le Parti était
alors entre les mains de staliniens qui n’avaient pas senti
venir la tempête. Certes, le
sinistre Matias Rakosi, qui
avait dirigé le pays entre
1952 et 1955 par un système
de terreur effrayant et systématique, a été écarté du pouvoir en juillet 1956 par les
Soviétiques, qui ont également fermé les yeux sur la
réhabilitation de Laszlo
Rajk, condamné à mort et
exécuté en 1949 pour crime
de “titisme”. A noter que
Rajk avait été aussi, après
1945, un épurateur de la
Hongrie “horthyste“ alliée de
l’Allemagne. N’importe, le
6 octobre 1956, des centaines
de milliers de personnes
assistèrent à Budapest aux
funérailles nationales de
Rajk. Mais cette soupape de sûreté ne pouvait faire oublier aux
Hongrois l’économie
exsangue du pays,
pressuré au maximum
par le grand frère de
Moscou, ruiné par la
collectivisation agraire,
le poids écrasant d’une industrie
lourde (dans une région sans fer ni
charbon !), l’uranium national bradé,
etc. Une agitation sourde, partant des
milieux étudiants — pourtant sous la
coupe d’un “syndicat-maison” (vite
renversé) — et d’intellectuels, avait
commencé à se développer sur un
programme en 14 points relativement
modéré. Le PC hongrois n’y avait
pas prêté attention même si, le
14 octobre 1956, le camarade Gerö,
secrétaire général du parti, avait
“réintégré” Imre Nagy jadis écarté
par Rakosi et considéré comme
“modéré” (ce qui était exact, comparé aux autres). Gerö n’avait rien
trouvé de mieux que de quitter son
pays pendant plusieurs jours avant de
rentrer à Budapest le 23 octobre. Il
était allé rendre visite au camarade
Tito, désormais fréquentable.
C’est ce jour-là que tout commença.
Les étudiants avaient lancé le mot
d’ordre d’une manifestation en se
référant à la révolution hongroise de
1848 qui avait été matée par la Russie : tout un symbole ! D’abord interdite par un PC très surpris, la manif fut
finalement autorisée. Une masse humaine
déferla alors dans les rues, les étudiants
étant rejoints par les ouvriers de Budapest
(que le Parti croyait sûrs). Puis, en fin
d’après-midi, une fusillade éclata devant la
Maison de la Radio assiégée par les manifestants mais tenue par les plus féroces
partisans du régime, les membres de
l’AVH (les “Bleus”), la police politique
dont les atrocités étaient notoires (des
dizaines de milliers d’opposants arrêtés,
torturés, déportés). Provocation ou acte
spontané ? On ne l’a jamais su. A partir de
ce moment, tout dérape. Les Soviétiques
sont sur place avec l’ambassadeur Andro8 N° 2783 — 27 OCTOB
pov (le futur maître du Kremlin) et le général Serov (du KGB) qui mesurent la gravité
de la situation. Gerö leur lance un appel,
tout en faisant croire qu’il provient d’Imre
Nagy, nommé Premier ministre le
24 octobre.
Au Kremlin, au nom du Comité Central,
Khrouchtchev, en position difficile parce
que les durs lui reprochent la déstalinisation, décide l’intervention des troupes
soviétiques, surtout des blindés, stationnées en Hongrie-même. Le 24 au matin, les
chars déferlent sur Budapest. A partir de ce
moment, c’est une insurrection nationale :
« Hongrois contre Russes ». Erreur de calcul des Soviétiques qui avaient cru à une
simple « opération de police » ? En fait,
c’est une guerre qui commence. Les insurgés sont rejoints par une grande partie des
forces armées hongroises qui leur livrent
des armes. Les paysans, les ouvriers sont
aux côtés des étudiants. Les chars russes,
coincés dans les rues de Budapest, sont
attaqués par des gamins qui leur balancent
à bout portant des cocktails Molotov, artisanaux mais meurtriers. Des communistes
hongrois (comme le colonel Pal Maleter)
se joignent aux nationalistes. Et le soulèvement gagne toutes les provinces.
LE LÂCHAGE AMÉRICAIN
Les nombreux journalistes occidentaux qui
ont pu passer en Hongrie via l’Autriche
assistent, médusés, au spectacle de combattants, surtout civils, pratiquant une guérilla
efficace contre un ennemi considéré jusqu’alors comme invincible. Il y a même ici
et là des fraternisations entre officiers et soldats soviétiques dépassés par les événements, perdus au milieu d’une immense
pagaille. Car les insurgés, brandissant un
drapeau hongrois troué (amputé de la faucille et du marteau) n’ont pas de véritable
organisation. Le PC hongrois perd les
pédales. Le malheureux Nagy est coincé
entre les attentistes et les staliniens, Janos
Kadar remplace Gerö discrédité.
Nagy est patriote mais aussi « bon communiste. » La bataille persistant, des contacts
se nouent avec des envoyés soviétiques, dont
l’hypocrite Mikoyan. A Moscou, c’est l’affolement. Et si les Etats-Unis intervenaient ?
Leur radio Free Europe installée à Munich
lance aux Hongrois d’imprudents messages
d’encouragement… Mais à Washington,
c’est la “retenue” qui domine : on est en
pleine campagne électorale. L’ex-général
Dwight Eisenhower (qui se représente) ne
veut pas jouer les boutefeus — il a d’autres
soucis. Car il est informé de l’imminente
intervention franco-britannique et israélienne à Suez (2). Le 28 octobre, par une note
américaine officielle, Moscou est avertie que
les Etats-Unis ne remettront pas en cause le
Octobre-novembre 1956 : le statu quo de 1945. Les Soviétiques comprennent qu’ils ont les mains libres…
D’ailleurs, fin octobre, il semble qu’un
arrangement soit possible : Nagy, qui a
formé un gouvernement de Front national
(retour à 1945) avec la participation d’anciens partis non communistes, obtient des
Soviétiques qu’ils retirent leurs troupes. Le
cessez-le-feu est proclamé.
L’ECRASEMENT
Les Soviétiques déclarent le 30 octobre
qu’ils sont favorables à de nouveaux rapports avec leurs sujets « dans l’égalité des
droits et le respect de la souveraineté ». Et
pourquoi pas un « communisme national »
comme Tito en a donné l’exemple ? Les
Hongrois exultent. Les journaux sont
libres, les geôles ouvertes (on y découvre
des prisonniers détenus depuis 1945 et…
oubliés). Par contre, une féroce chasse aux
policiers AVH est ouverte. Ceux qui sont
reconnus sont lynchés sans pitié. Comme
il y avait parmi eux des juifs hongrois, on
parlera d’antisémitisme (d’autant qu’il y
avait eu Bela Kun en 1919 et que
Rakosi était également juif) mais pas
de pogroms. D’ailleurs, la minorité
juive hongroise a généralement été
solidaire des anticommunistes.
Dans les débuts du mois de
novembre, Nagy a cru à une Hongrie
libre. S’inspirant du modèle autrichien, il proclame la neutralité du pays
et son retrait du Pacte de Varsovie.
Est-ce l’imprudence suprême qui
déclenche la deuxième intervention
soviétique ? En fait, elle a été décidée au Kremlin dès le 27 octobre,
Khrouchtchev et ses séides ne pouvant admettre une Hongrie sortie de
leur orbite et faisant ensuite sauter
tout leur glacis central et oriental
(déjà la théorie des dominos). Ils ont
donc eu recours à une ruse diabolique. Assurés que leurs alliés (surtout la Chine mais aussi la Yougoslavie de Tito, qui avait pourtant sympathisé un moment avec les Hongrois) les approuvent, ils sont aussi
énormément aidés par la crise de
Suez qui bloque les diplomaties
européennes. Et le Département
d’Etat américain, secondé par le tiers
monde anti-occidental, mobilise
l’ONU pour imposer un cessez-lefeu. L’URSS menace d’envoyer des
fusées. Aux Nations-Unies, l’examen de la question hongroise est
reporté à plus tard.
Nagy n’a pas tenu compte des renseignements abondants qui lui parvenaient. Les armées soviétiques, qui n’ont
pas quitté totalement la Hongrie, sont
rejointes par des renforts où les Asiates
(plus sûrs que les Russes) dominent. Les
media soviétiques (relayés par leurs complices internationaux) dénoncent le
« retour des fascistes », voire des “nazis”
hongrois, hurlent à la « Terreur blanche »
et à la “Contre-révolution”. Pal Maleter,
inconscient, convoqué à une réunion fraternelle le 3 novembre avec le commandement soviétique s’y rend et
tombe dans le piège. Le
4 novembre au matin, onze
divisions blindées avec
2 000 chars dont les plus
modernes (T54) déferlent
sur la Hongrie. Cette fois,
pas de quartiers ; bombardements aériens, « boucherie d’artillerie », Budapest
et la Hongrie sont écrasées,
malgré une résistance
héroïque et un ordre de grève générale
lancé par les « conseils ouvriers » nés dans
les usines. Il y eut des combats, des
maquis, des sabotages. Mais en quelques
semaines, le rouleau compresseur fit son
œuvre. Avec le soutien du judas Kadar qui
a lâché Nagy et gagné Moscou. Début
novembre, Nagy s’est réfugié à l’ambassade de Yougoslavie. Mais il sera “enlevé”.
Avec lui, Maleter et d’autres responsables
seront jugés secrètement en 1958 et
condamnés à mort. Avant leur pendaison,
Nagy et Maleter, dupes jusqu’au bout, crieront « Vive la Hongrie libre et socialiste ».
Dans le monde, le scandale est énorme.
L’ONU enfin réagit. L’Assemblée générale
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE D’OCTOBRE 2006
DOSSIER LE CHOC DES MESSIANISMES — Jérôme BOURBON : La guerre au
Liban, vraie ou fausse défaite pour Israël ? — Jim REEVES : Liban, Irak, Afghanistan, Shoah, qui dirige réellement l’Amérique ? — Christian CALVAGNA : Le Maroc
paradis des “seniors” ? Attention aux mirages ! — Laurent BLANCY : L’islam et sa
déferlante analysés par la presse italienne — DOCUMENT : Les chrétiens de Turquie eux aussi persécutés — Thomas SCHROEDER : Günter Grass, Prix Nobel… et
ancien SS ! — Carrefour des lecteurs — François LECOMTE : Les petits papiers
d’Antoine Blondin — Bibliothèque — Patrick LAURENT : De la fleur bleue aux
fleurs du mal — Notes de lecture.
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.
Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.
Staline à Khrouchtchev :
Bravo, je n’aurais pas fait mieux !
Dessin de Léno, RIVAROL du 22 nov. 1956
L’entrée des chars sovietiques à Budapest (D.R.)
9
« une folie quand on
n’a pas élevé le
niveau de vie de la
population ». Sans
commentaires. Il
concluait qu’il restait
“solidaire” des militants communistes,
« même s’ils me
repoussent ». Ah, ne
pas désespérer Billancourt ! Et Sartre
d’ajouter que si le PC
était menacé d’interdiction « à la
demande d’individus (sic) comme
Tixier Vignancour », il
appellerait pour sa
défense « toute la
gauche ». Voilà les
fines réflexions politiques de cette belle
bourrique, fleuron de
l’intelliguentsia française qui plus tard
applaudit le FLN, Castro et Mao.
DES BORDS DU DANUBE
AU MUR DE BERLIN
Concluons en revenant sur la Hongrie soumise au joug soviétique et épurée sans
ménagement. Même si, par la suite, Kadar
sut faire des concessions économiques — le
pays des années 1970-80 incarna, avec un
niveau de vie très supérieur aux autres satellites, le “communisme-goulasch”.
Comme le signale Henri-Christian Giraud,
c’est de Hongrie que partit le 2 mai 1989 le
choc « qui fera tomber le mur de Berlin ».
Le gouvernement hongrois ayant décidé
d’enlever les barbelés séparant le pays de
l’Autriche, des milliers d’Allemands de
l’Est en profitèrent pour se tirer. C’est la
BRE 2006 — RIVAROL
même année 1989, le 16 juin, que fut retrouvée la fosse contenant le corps d’Imre Nagy
et de ses compagnons. Exhumés, ils eurent
droit à des funérailles nationales et Nagy a
maintenant sa statue à Budapest.
BUDAPEST 2006 : ON TIRE
TOUJOURS SUR LA FOULE
On attendait de voir comment la nouvelle
Hongrie, dirigée par un néo-parti communiste en butte à une violente opposition qui
va du centre à l’extrême droite, allait célébrer le cinquantième anniversaire de cette
insurrection certes ratée mais qui, en
quelques jours, ébranla l’empire soviétique
et arracha les masques du communisme —
« Victoire d’une défaite » pour reprendre les
termes de Miklos Molnar. Certes, le Premier
ministre Gyurcsany a invité une vingtaine de
chefs d’Etat européens mais, chassez le
naturel, il a aussi fait tirer le 23 octobre sur
la foule des manifestants antimarxistes
réclamant sa démission, et dont 130 ont été
blessés par des balles en caoutchouc. Quant
à l’ex-URSS, elle n’a exprimé aucun
remords d’avoir étouffé par le sang et le feu
la révolte hongroise.
Jean-Paul ANGELELLI. _____
(1) 810 pages avec bibliographie et notes, 24 €.
Editions du Rocher. Manquent des cartes de
Budapest et de la Hongrie en 1956. On peut compléter par la lecture de Budapest 56. La tragédie telle que je l’ai vue et vécue d’André Farkas
(Tallandier éd.)
(2) Sur le 50e anniversaire de la crise de Suez, lire
l’article de P.-P. Belesta (RIV. 21/7/06)
(3) Voir le témoignage « Paris avec Budapest »
signé Christian Garnier et paru dans le numéro
d’Europe Action de novembre 1966. Et celui de
Dominique Erulin, qui participa à l’assaut, dans son
livre tout récemment paru, La Grande Piste
(<www.editionsdelareconquête.com>).
sanglant automne hongrois
dentiel, reconnut que le Parti avait perdu
25 % de ses effectifs (il affichait alors 5 à
600 000 adhérents !) Désormais le PC fut
plus isolé que jamais et paya Budapest aux
élections de novembre 1958 où il tomba à
19 %.
Parmi les grandes âmes bouleversées par
l’écrasement de Budapest, mentionnons
l’ineffable Jean-Paul Sartre qui s’en expliqua
dans un article de L’Express (mi-novembre).
Quelques extraits : Sartre rendait hommage
à la révolution hongroise « rendue possible
et peut-être nécessaire, du point de vue soviétique évidemment — on notera
l’hypocrisie — par douze ans de terreur et
d’imbécillité. » Bien. Mais outre qu’il établissait une comparaison (faussée) entre les
Russes à Budapest et les Américains au Guatemala, il écrivait froidement que la dénonciation de Staline et de ses crimes avait été
condamne l’URSS, moins les voix des
Soviétiques et de leurs satellites et l’abstention des pays du Moyen-Orient. Qui ne
se sentent pas concernés.
On n’a jamais su le bilan exact des
pertes : 10 à 15 000 Hongrois tués au combat ou massacrés, deux ou trois mille soldats russes également tués et plusieurs centaines de chars détruits.
Avant que la frontière ne se referme,
200 000 Hongrois ont pu s’enfuir. Ils
témoigneront. La Hongrie est “normalisée”…
PARIS SOULEVÉ
CONTRE LES ROUGES
En France, l’impact sur l’opinion fut considérable. Grâce au courage des reporters (dont
l’un, Jean-Pierre Pedrazzini de Paris Match),
on avait pu vivre les événements et surtout
la répression soit en direct à la radio (excellents reportages d’Europe 1 qui venait de
naître) soit à travers les actualités cinématographiques. L’indignation fut unanime, Parti
communiste “français” excepté qui s’aligna
sur les Soviétiques ; son patron Thorez avait
désapprouvé et même caché le Rapport
Khrouchtchev, dont il avait eu connaissance,
et condamné la déstalinisation. Le quotidien
L’Humanité se distingua dans l’ignominie
par des éditoriaux d’André Stil saluant à la
une l’écrasement des “fascistes” et autres
contre-révolutionnaires. L’Huma actuelle
devrait reproduire quelques-uns de ces
articles. Ce serait édifiant…
Le matin du 7 novembre, l’Assemblée
nationale avait salué la révolte hongroise par
un vote unanime, moins les 150 communistes et apparentés. Me Isorni et Me Tixier
Vignancour, alors députés, avaient même
proposé un amendement (repoussé) demandant « la dissolution du parti communiste ».
Ce qui choqua certains démocrates, protestant qu’il fallait tenir compte des cinq millions d’électeurs communistes. On n’entend
pas en ce moment de telles réactions à
l’éventualité que Le Pen soit privé des cinq
cents signatures de maires.
Dans l’après-midi, deux manifestations
eurent lieu à Paris. Des milliers de syndicalistes FO (très anticommuniste) défilèrent
devant l’ambassade d’URSS rue de Grenelle. Et un hommage à Budapest se déroula
en fin d’après-midi à l’Arc-de-Triomphe.
Une cérémonie attirant une foule énorme
dans « l’ordre et la dignité ». Mais des
groupes d’étudiants nationalistes et de combattants revenus d’Algérie (surtout des
jeunes paras) n’entendaient pas en rester là.
« Tous au PC ! » fut un mot
d’ordre spontané et des
milliers de patriotes foncèrent sur le siège du Parti
situé alors carrefour de
Châteaudun (rebaptisé
ensuite Kossuth). L’immeuble fut attaqué, envahi,
pillé. Le service d’ordre du
PC s’était réfugié dans les derniers étages
derrière des portes blindées et déversait sur
la rue différents projectiles. D’où de nombreux blessés parmi les assaillants. Un
incendie fut allumé — une erreur car les
anticommunistes durent se retirer. lls repartirent toutefois à l’attaque des locaux de
L’Humanité, alors boulevard de Bonne Nouvelle, juste en face du Rex. Là, les contacts
furent encore plus sévères car entre temps le
PC avait appelé au secours les tape-dur de la
banlieue Nord amenés par camions. Toute la
nuit, de petits groupes d’extrême droite pratiquèrent une stratégie de guérilla et de harcèlement, mais malheur aux isolés ou aux
égarés qui tombaient aux mains des
cocos (3). Dans de nombreuses villes de province, il y eut comme à Paris des attaques
contre les sièges du PC. Cette action anticommuniste est à l’honneur de notre camp
qui en prit l’initiative.
D’autres réactions se manifestèrent,
notamment chez les intellectuels du Parti ou
compagnons de route dont les yeux s’ouvraient avec du retard : Edouard Herriot et
François Mauriac démissionnèrent de
France-URSS. La traditionnelle vente de
livres du Comité national des Ecrivains (Ces
Haineux, comme disait Paraz) noyauté par
les cocos et autres “progressistes” fut annulée en raison des défections. Mais le PC,
jouant les victimes, tint bon. Sauf qu’en
1957, le rapport Servin, interne mais conficombattants survivants entreprirent de
percer les lignes ennemies pour gagner
la Suisse. Seule une poignée d’hommes
atteignit ce refuge.
Puis la répression s’abattit sur la population lyonnaise. Atroce. La Convention
ayant décrété, le 17 octobre, que la ville
devait être détruite et ne
plus porter que le nom
de Commune Affranchie,
Collot d’Herbois et Fouché se chargèrent de la
besogne. L’un, ancien
comédien, avait participé
aux massacres de Septembre, l’autre,
ancien Oratorien vouant une haine hystérique au clergé, avait voté la mort de
Louis XVI. Tous deux voulaient faire du
zèle. Des arrestations massives provoquèrent l’entassement des “suspects”
dans les prisons. Il fallait faire de la
place. La guillotine ne fonctionnant pas
assez vite — le pavage de la place des
Terreaux disparaissait pourtant sous le
sang —, on emmena, par groupes
enchaînés, des centaines de personnes
dans la plaine des Brotteaux et on tira
sur eux au canon.
Aujourd’hui les restes de ces malheureux reposent dans une chapelle du
quartier. Sur les murs sont gravés les
noms des victimes de la Terreur. Je
m’honore que le nom que je porte soit
mentionné neuf fois. Il s’agissait, entre
autres, d’un artisan menuisier de
43 ans, d’une Carmélite de 72 ans, d’un
apprenti perruquier de 17 ans, d’un
aubergiste de 38 ans… Tous dangereux
terroristes, comme on peut l’imaginer.
P. V.
Une liste de 900 personnes, intitulée
« Boussole des patriotes pour les diriger
sur la mer du civisme », est affichée sur
les murs de la ville. Problème
technique : comment tuer vite ? Chalier
explique devant le club lyonnais des
Jacobins : « On les exécutera sur le pont
Morand et les cadavres seront précipités
dans le Rhône. »
Exaspérés par ce débordement de fanatique sauvagerie, les Lyonnais se soulèvent, en mai, arrêtent Chalier et ses amis
qui, après jugement, sont exécutés le
16 juillet. La ville est administrée par des
Girondins, comme Biroteau ou Chasset,
qui font rapidement une place aux royalistes, conduits par le comte de Précy
(« Précy conduit nos phalanges » dit La
Ligue noire). Ce militaire de carrière,
lieutenant-colonel en 1788, a participé à
la défense des Tuileries le 10 août 1792.
Quand la Convention décide de briser
Lyon par les armes, il quitte ses terres
pour prendre la tête de dix mille volontaires en armes et organiser la défense de
la ville. L’armée de la Convention est dix
fois plus nombreuse, sous les ordres de
Dubois-Crancé, Kellermann et Couthon,
celui-ci étant le commissaire politique car
il fait partie, à Paris, avec Robespierre et
Saint-Just, du “triumvirat” qui dirige le
Comité de salut public. Entre autres titres
de gloire, Couthon a été l’un des organisateurs de la Grande Terreur (Michelet
l’a surnommé « la seconde âme de Robespierre »).
Avec un pareil homme, les Lyonnais
pouvaient s’attendre au pire. Ils ont eu
le pire. Après avoir soutenu un siège
très dur, du 14 août au 13 octobre, ne
pouvant résister davantage, Précy et les
« Verse donc, cher camarade,
De soif tu me fais languir,
Verse encore une rasade
Et je veux vaincre ou mourir ».
Les amateurs des chants de tradition
connaissent ce passage de La Ligue
noire, présentée comme « le chant des
fantassins lyonnais », dont les paroles
datent du siège de Lyon, en 1793, par les
troupes de la Convention.
Lyon, florissante depuis la fin du
Moyen Age grâce à ses filatures de soie,
ses imprimeries, ses banques reliées à
l’Italie et à la Suisse, a vu son activité
économique péricliter à cause de la
Révolution. Au plan politique, « la ville
de Lyon était soumise à la dictature
d’éléments encore plus extrémistes que
les sans-culottes parisiens » (Jean
Tulard). La municipalité était dirigée
par Marie-Joseph Chalier, surnommé
« le Marat lyonnais », dont les hommes
de main, gens de sac et de corde, au
nombre de 300, étaient surnommés « les
Enragés ». Tout un programme… Programme d’ailleurs d’une grande simplicité : le 28 janvier 1793, Chalier jure,
devant l’arbre de la liberté (sic),
d’anéantir « les aristocrates, feuillants
(c’est-à-dire membres du club des
feuillants, partisans
d’une monarchie
constitutionnelle),
modérés, agioteurs,
accapareurs et autres
usuriers ». Qui correspond à cette terminologie ? C’est Chalier qui
en décide, bien sûr. Et comment appliquer ce beau programme ? Réponse
évidente : la guillotine. Dans la nuit du
5 au 6 février, une grande rafle permet
de saisir toutes celles et tous ceux qui
sont, à tort ou à raison, considérés
comme des ennemis de la Révolution.
Lyon l’insurgée est punie
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 17 octobre 1793 :
Va-t-en maudite tache !… (Lady Macbeth)
La Nausée…, à force d’avoir les Mains sales.
Dessin de Léno, RIVAROL du 15 nov. 1956
sentent sans documents. » Et cette autre :
« Toutes les frontières et les autoroutes
doivent rester ouvertes afin de ne pas
gêner le trafic du commerce domestique
et international. » Le Trans Texas Corridor (TTC) fait partie de ce schéma.
4 000 km d’autoroutes, larges « comme
quatre terrain de football », traversant le
Texas jusqu’au Mexique. Moyennant un
pot-de-vin de 1 milliard de $, la société
espagnole Cintra Concessions de Infrastructuras de Transports SA en a remporté l’adjudication avec H.B. Zachry
Constructions d’Austin (Texas), firme
connue pour ses largesses envers le Parti
républicain. La construction du TTC, première ébauche du Nasco, devrait
s’étendre sur les 50 prochaines années et
coûter 180 milliards $. Déjà, un énorme
projet de plateforme autoroutière, le Kansas-City-Smart-Port est finalisé dans le
Kansas voisin, destiné au transit de
conteneurs en provenance de Chine et
d’Extrême-Orient et débarqués dans les
ports mexicains en eau profonde. 508
semi-remorques/jour sont prévus en 2010
et 881 en 2015.
DERRIÈRE L’IMMIGRATION,
LE CAPITAL
Dans cet esprit, un sénateur du Texas
proche de George Bush, John Cornyn, a
déposé le 13 juillet un projet de loi visant
à créer un Fonds d’Investissement pour
l’Amérique du Nord afin de faire financer
de grands projets d’infrastructure au
Mexique par les contribuables états-uniens
et canadiens. Lou Dobbs, présentateur
vedette de CNN, a violemment attaqué
cette dérive : « Le peuple américain aurat-il l’estomac, interroge-t-il, de se dresser
contre une orientation, imposée par un
groupe élitiste, contre la Constitution, nos
lois et nos valeurs ? » Tancredo, qui soutient Dobbs, a mis au défi « George Bush
de faire toute la clarté sur les activités
d’organismes étatiques qui, sans l’accord
du Congrès, mettent en chantiers de tels
accords trilatéraux ».
Evidemment la Maison-Blanche nie tout
projet d’un super-Etat américain. Pourtant
Geri Word, directrice du SPP (Security and
Prosperity Partnership), un de ces groupes
dénoncés par Tancredo, ne le conteste pas
mais elle justifie sa discrétion par la nécessité de n’être pas « importunée par des
appels émanant du public ». Une autre de
ces organisations, le North American
Forum, s’est réunie le 14 septembre, sous
la présidence de Thomas Shannon, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Hémisphère
Occidental, en présence du ministre de la
Défense Donald Rumsfeld et de son
adjoint Ryan Henry, du général Woolsey,
chef de file néo-conservateur, de Dan Fisk
du Conseil national à la Sécurité, etc. Le
principal intervenant, l’universitaire latino
Robert Pastor, qui appartient à 25 structures mondialo-gauchistes, est l’auteur
d’un livre préconisant la création d’un gouvernement régional nord-américain et
d’une monnaie commune, l’amero.
Faut-il dès lors s’étonner que, lorsque des
millions de Chicanos déferlent dans les
rues en réclamant l’amnistie, ils soient
encadrés par des organisations telles que
Lulac (Ligue des Citoyens Américains
Unis), le Maldef, Fonds pour la Défense
Légale et l’Education des Mexicains Américains, le MeCHA, Mouvement Etudiant
Chicano de l’Aztlan, la Raza, Conseil
national de la Race, financées pour la plupart par les grosses multinationales capitalistes américaines, de Coca Cola à Microsoft, et chapeautées par les Fondations
Ford et Rockefeller ?
L’immigration n’est qu’une façade. Audelà, c’est une formidable coalition de
toutes les puissances économiques et
financières du monde qui pousse à la globalisation. Comme David Duke, comme
Jim Traficant et tant d’autres, Tom Tancredo sera-t-il broyé ? Tout le media, à
quelques courageux près, s’est dressé
contre lui. Récemment invité par la Ligue
du Sud, en Caroline du Nord, il prononça
un discours dans une salle ornée de portraits géants de Robert Lee et de « bars and
stars », le drapeau sudiste. A l’issue de la
réunion, on chanta “Dixie”. Depuis, les
tambours de l’agit’prop’ antiraciste roulent
sur l’Amérique et demandent la démission
de l’odieux personnage.
Tancredo tient. Espérons que ses électeurs du Colorado tiendront aussi…
Jim REEVES.
N° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 10
puis lui interdit la Maison-Blanche. La
question de l’immigration, en fait, masque
la formidable fracture qui s’est creusée à
l’intérieur du Parti Républicain entre mondialistes néo-conservateurs et la majorité
silencieuse des « rank and file ».
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