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11/21/25

 


DEBBOUZE “L’ICISSIEN”

Interviewé par Le Nouvel Obs du 28/9,

Jamel Debbouze s’explique : « On est légitime dans ce pays, on a grandi ici, on est des

“Icissiens”. Ce pays, c’est le nôtre. Moi,

j’aime la France… Pour ses fromages, son

“Club Dorothée”… Il faut compter avec

nous. On est une force vive de ce pays… »

Et le même, à propos du financement

d’“Indigènes” : « On n’a eu aucun scrupule

à solliciter les gens sollicitables pour donner corps à

un projet. Ce n’est plus une

histoire politique, mais

citoyenne. On remercie tout

le monde, Nicolas Sarkozy

comme Jean-Paul Huchon,

et on ne remercie personne,

parce que c’est normal.

Mais c’est vrai que les régions de droite ont

répondu plus vite et mieux. »

Dont acte.

● De Hélène L. (Draguignan) :

CONTINUEZ !

Jeune maman de trois petits, je me fixe

comme objectif de terminer chaque RIVAROL avant l’arrivée du suivant ; j’y parviens malgré le temps qui fuit sans cesse et

j’avoue que, grâce à vous, je me détends

intellectuellement !

J’apprécie votre ligne indépendante politiquement et je trouve que chaque membre

de votre équipe a des qualités propres qui

forment un tout des plus harmonieux. Ces

analyses, ces synthèses et ce sens de la

répartie détonnent tellement à côté de tout

ce qui ose se donner le terme de “journal” !

Et puis il y a cette belle langue française

que vous maîtrisez si bien... Et les étonnants dessins et caricatures de notre Chard

nationale (quel talent ! Bravo !)

Continuez donc longtemps, que Dieu vous

garde et nous accorde, si c’est Sa volonté,

la France dont nous rêvons tous !

● De Christian M. (courriel) :

INJUSTICE FRANÇAISE

Quand M. Sarkozy dénonce un certain

laxisme de la justice française, ceci est la

triste réalité depuis plus de 15 ans… Mais

aujourd’hui l’énorme responsabilité de

cette justice française se traduit au quotidien.

Pendant plus de 15 ans où je fus formateur du jeu d’échecs au niveau de la jeunesse tant dans des écoles primaire du “93”

(zone d’éducation prioritaire Clichy-sousBois, Aulnay) qu’en milieu carcéral (prisons de Villepinte, Bois d’Arcy, Fleury, la

Santé, Fresnes et Poissy), j’ai pu constater,

impuissant, que l’absence du père ou de la

mère est préjudiciable dans au moins 80 %

des cas à l’équilibre du jeune et à son rapport à l’autorité.

La volonté de la justice de vouloir

détruire le lien père/enfant est l’un des

points essentiels de l’actuelle réalité… Pour

protéger son système qui fait vivre grassement les 400 000 permanents s’occupant de

la misère familiale, la justice française

n’apportera jamais la réponse à la délinquance qu’elle a créée.

● De Lucien Y. (Choisy) :

LES ARMÉNIENS NE

SONT PAS A VENDRE

A Erevan, dans un pathos embarrassé où

se reconnaissait le souci de ménager « la

chèvre et le chou », et en mélangeant allégrement les génocides, « les fautes et les

erreurs », Chirac a invité la Turquie à se

grandir en reconnaissant le génocide des

Arméniens. Bien.

Et il ajoute : « On pourrait le dire de la

France dans d’autres circonstances. »

Qu’est-ce à dire ? La France aurait-elle

plusieurs génocides sur la conscience ? On

respire. Voilà qui ramène « les fautes »

turques à leur juste proportion…

Selon RIVAROL (N° 2783), c’est le lobby

arménien « qui ne voit pas plus loin que le

bout de son nez » qui aurait poussé à

l’adoption de la loi punissant la négation du

génocide. Mais les Arméniens ne sont pas

des idiots. Ils savent qu’ils n’ont rien à

gagner à ce nouveau déballage. Parce que

D’ABORD français, ils n’entendent pas

être mêlés à des textes attentatoires à la

liberté des Français. Que la loi Gayssot

s’occupe de ses ouailles. Les Arméniens ne

sont pas à vendre.

● De Jean-Louis B. (Versailles) :

FÊTES… DE L’ÉGALITÉ

Le Furet, dans son excellent article du

6 octobre sur les Fêtes de nuit au bassin de

Neptune à Versailles, souligne deux points :

— le prix élevé des places,

— le peu d’applaudissements in fine.

Je voudrais compléter l’information en

signalant que, dans ces spectacles, il est distribué un grand nombre de billets gratuits

pour les meilleurs emplacements aux amis

des organisateurs (les hommes sont égaux,

mais certains le sont davantage).

On peut donc en conclure qu’une bonne

part des rares applaudissements venaient

de ces favorisés de la république égalitarisante.

● De Jean G. (Bordeaux) :

L’ARROGANCE DE JUPPÉ

J’admire l’arrogance avec laquelle Juppé

triomphe, comme un coq sur son tas de

fumier avec ses 56,24 % du corps électoral

de notre ville.

En bonne règle représentative, cela aurait

dû ne lui fournir que 34 ou 35 “conseillers”,

en réserver 15 ou 16 à la gauche, 7 ou 8 aux

Verts, 3 ou 4 au FN, et 1 ou 2

à la LCR, en admettant

même que les abstentionnistes se soient répartis

comme les votants (au lieu,

respectivement de 49, 8, 3, 1

et 0).

En fait, les abstentions

nous ont permis d’économiser les frais du 2e tour que

nous aurait imposé un ballottage, ceux que j’ai rencontrés jugeant

inutile de participer au simulacre de démocratie imposé par l’ancien et futur maire

pour des motifs personnels.

● De Jean P. (Le Puy) :

REVANCHE

« Si les Français veulent nous désarmer, ils

n’auront pas de pires ennemis que nous » a

déclaré le Hezbollah.

C’est précisément ce qu’Israël attend

pour intervenir de nouveau au Liban,

prendre sa revanche et finir de détruire le

Liban avec son aviation.

● De Thomas SCHROEDER :

LES TRAGÉDIES DE LA SOMME

Vous avez très bien fait de parler des

batailles de la Somme (RIV. n° 2775). II

convient de rappeler que, jusqu’en juin

1916, la Somme/Picardie, occupée depuis

l’été de 1914 par l’armée allemande, était

restée presque intacte, au point que l’armée

de terre impériale avait édité un petit

« Guide de la Somme

occupée », dûment illustré

et “pittoresque” en style

touristique. A partir du

juillet 1916, on ne trouva

plus qu’un désert, comme

ravagé par quelques

explosions atomiques. Ce

constat permet de

remettre en place les accusations stupides

et haineuses, associées aux tractations de

Versailles, comme quoi ce fut l’armée allemande qui par pure brutalité aurait

« détruit la France » alors que ce fut la

guerre tout court, d’où la justesse du

monument aux morts à Péronne, montrant

une vieille femme en colère, sous-titré « La

Picardie maudissant la guerre ».

Puisqu’il est enfin possible de parler de ce

premier grand conflit “mondial” (en réalité

surtout européen), constatons que le militarisme anglais, la stubborness (obstination

stupide) et le cynisme des généraux britanniques, sans oublier leur incroyable propagande anti-allemande diffusée à travers

tout le Commonwealth, étaient absolument

équivalents aux pires excès “prussiens“ en

ces domaines, et probablement les dépassaient de loin. D’un autre côté, on trouve

des traits étonnamment parallèles entre les

armées anglaises et allemandes, au niveau

des mentalités surtout. Ainsi le choc de la

Somme, curieusement symbolisée par l’innocent coquelicot, avait causé aux soldats

du Commonwealth une sorte de dépression

collective dont ils ne purent plus jamais se

débarrasser complètement, ce qui se répercute par exemple dans nombre de poésies

de guerre, aussi mélancoliques que les allemandes, et très émouvantes.

La Somme étant parsemée de cimetières

militaires, les Anglais sont incontestablement

les plus beaux, très supérieurs aux nôtres par

leur conception. Et chez eux, point de « soldats inconnus », car cet heureux pays

échappe à la « laïcité française » : les soldats

non identifiés portent la formule « Known

unto God » — Connu de Dieu seul !

Nuance…

● De Ch. GILLES :

MÉTISSAGE ET OGM

Il existe deux modes de destruction sur

cette Terre :

1) le mode masculin : la violence, de tout

type ;

2) le mode féminin : le métissage racial,

dont les conséquences sont encore plus irréversibles.

Le principe de précaution devrait donc

s’appliquer. Les peuples métissés sont stratifiés racialement, et c’est inévitable. Le degré

de racisme primaire et social y est infiniment

plus élevé que dans les sociétés racialement

homogènes. Pour les classes dirigeantes, le

métissage c’est pour les autres, pour la plèbe,

qui deviendra ainsi une main-d’œuvre manipulable (sans racines) à bas prix, au service

du Grand Capital. Exactement ce que les

bobos gauchistes et autres crétins utiles pensent contrer par le métissage généralisé, instrumentalisé.

Mais de quel droit s’opposer aux OGM et

autres manipulations génétiques quand,

dans le même temps, on joue comme un

enfant avec un hochet avec son propre patrimoine génétique dont la création, le développement et la finalité nous échappent totalement ?

● De Patrick BLOND :

D’ABORD, AVANCER

Le déplacement de Jean-Marie Le Pen à

Valmy a fait grincer des dents certains élus

et militants du Front National. Ce sont souvent les mêmes ou leurs semblables qui critiquent le président du FN, quand celui-ci

fait référence aux rois de France et au

catholicisme qui ont fait la France. Et que

n’ai-je jamais entendu ici et là de la part de

ces “contre-révolutionnaires” quand des

militants FN brandissaient des drapeaux à

la gloire de la monarchie dans les défilés du

● Nous avons le plaisir de dédier ce

numéro à M. Bernard R., de Charleville-Mezières, « ami de RIVAROL »

dont la générosité nous permet de

vous offrir ce Spécial 16 pages.

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter

notre site Internet, pour vous assurer

que notre hebdomadaire a bien paru et

en connaître le sommaire.

Pour toutes les correspondances

administratives, utiliser l’adresse

<contact@rivarol.com>, l’adresse

<galic@rivarol.com> étant réservée

au courrier rédactionnel. Les lecteurs

internautes qui souhaitent faire figurer

leur adresse électronique doivent le

spécifier et les autres peuvent nous

demander de transférer leur message

au correspondant choisi.

Suite au probable « déblocage liturgique » de Benoît XVI, autorisant le

retour du rite tridentin dans nos églises,

en parallèle de la messe dite de Paul VI,

l’évêque de Metz éructe « ses craintes »

dans Le Figaro du 12 octobre. Encouragé

certainement en cela par le flou artistique

de la décision pontificale, dont l’application — ou non — relèvera de la seule

autorité des évêques… Cela rappelle

étrangement le libéral Motu Proprio de

feu Jean-Paul II, jamais appliqué,

puisque laissant déjà le libre arbitre à des

prélats refusant encore et toujours de se

plier aux ordres — ou plutôt aux suggestions — de Rome.

DE L’ÉVÊQUE DE METZ…

Dans une tribune publiée dans le dernier

n° de la Revue d’éthique et de théologie

morale, Mgr Pierre Raffin, évêque de

Metz où il parraina des rave-parties dans

les églises, écrit ainsi : « Il va sans dire

que nous suivrions la détermination de

Benoît XVI, même si nous la regretterions

et en redouterions les répercussions

négatives dans le peuple chrétien majoN° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 7

ritairement attaché, quoi qu’on en dise,

à la messe dite de Paul VI ». Et le prélat

de s’interroger benoîtement : « Le sacré

requiert-il que l’on dérobe la célébration

des mystères en tenant les fidèles à distance de l’autel ? » Pour ce dominicain

très attaché aux dérives de Vatican II « la

messe n’est pas un saint spectacle auquel

assistent des fidèles recueillis », mais un

spectacle tout court, dénué de tous sens.

De même redoute-t-il la “concurrence”

des deux rites, « à la fois très proches et

très différents », ce qui « finirait par

nuire à l’unité de l’Église catholique ».

A n’en pas douter, Mgr Raffin préfère

discuter avec un imam au pot de la mairie, ou prier avec lui, plutôt que de se

mettre à la table du Seigneur avec des tradis…

… AU MAIRE DE WOIPPY

En ce mois d’octobre dédié au ramadan,

Woippy-la-Doulce (Moselle) continue,

d’année en année, à prendre des couleurs

locales… Une fois de plus, le députémaire François Grosdidier s’est fendu

d’une invitation écrite à participer aux

“festivités” du ramadan,

« discipline qui s’impose

aux pulsions biologiques » (sic) et permet de

mieux orienter sa « pensée

vers Dieu ». Sous l’intitulé

« Découverte du Monde du

Maghreb », l’édile propose

donc des soirées très “animées” (avec certainement,

au passage, quelques voitures d’indigènes brûlées ou

embuscades tendues à des

patrouilles de police…) par

les chanteurs Abdelwhad

(spécialiste du Rai), Momo

et Ali (venus de Tunisie et

du Maroc) ; un concert de

Djembé (percussion africaine…) ; la troupe folklorique « Dekka Marrakchia »

d’Ouled El Bahja (la Lorraine profonde en quelque

sorte !) ; un défilé de robes

de mariées algériennes,

marocaines et tunisiennes

(quoi, encore des “youyou”

à la mairie de Woippy ?) ; un

préparateur de thé à la

menthe officiel ; et un stand

de tatouages au henné. Le

tout sur un fond de décors

orientaux, de menus épicés,

de pâtisseries orientales et

de prières à discrétion.

Décidément, quand l’ennemi travaille de l’intérieur

pour mieux saper notre civilisation gréco-romaine et

chrétienne, rien ne va plus !

Alors faites vos jeux électoraux, mais les bons cette

fois-ci, pour les Présidentielles de 2007… Il est

temps que le casino change

de directeur, sous peine de

fermer !

Jean DORVAL,

<jean-dorval@wanadoo.fr>.

● Le 13 octobre, Mgr Fellay, supérieur

général de la Fraternité sacerdotale

Saint-Pie X venu à Paris présider les

« Journées de la Tradition » à Villepreux, recevait à Saint-Nicolas du Chardonnet quelques journalistes, qui l’interrogèrent évidemment sur le Motu

proprio, dont il est tant question, libéralisant la messe traditionnelle. Mais

« s’agit-il d’une autorisation plus large

ou de la libération totale » que la FSSPX

appelle depuis si longtemps de ses

vœux ? Mgr Fellay s’est donc refusé à

analyser un « texte que personne n’a

encore pu lire ». En revanche, il a confié

que les conversations entre lui-même et

le cardinal Castrillon Hoyos étaient

gelées depuis le 15 novembre dernier, en

raison d’une « incompréhension

mutuelle ». Une semaine plus tard, nous

recevions de la FSSPX la mise au point

suivante :

« Le Figaro du lundi 16 octobre 2006 a

fait paraître un article de Sophie de Ravinel sous le titre “Lefebvristes : Rome

sur le point de lever les sanctions”. Cet

article, qui prétend annoncer l’envoi d’un

courrier au pape par Mgr Fellay pour

demander une levée d’excommunication,

contient deux confusions qui mènent à

une contre-vérité :

« Sophie de Ravinel confond les deux

préalables formulés par Mgr Fellay au

début de 2001 (libéralisation de la messe

traditionnelle et retrait du décret d’excommunication) avec le bouquet spirituel

d’un million de chapelets qu’il adressera

au pape à la fin du mois d’octobre pour

demander la liberté de la messe tridentine.

« Et elle confond ce bouquet spirituel

adressé au pape avec la réponse que

Mgr Fellay doit faire à une lettre du cardinal Castrillon Hoyos. Dans cette lettre

du mois de juin dernier — qui pourra être

publiée en temps opportun —, il n’est

question ni d’une « prochaine remise à

l’honneur de la messe en latin », ni d’une

demande de lettre pour le « rétablissement de la pleine communion avec le

siège de Pierre ».

« Ces distinctions faites, il est faux d’affirmer comme le fait Sophie de Ravinel :

“Le supérieur de cette Fraternité fondée

par Mgr Lefebvre en 1970 a en effet

annoncé au Figaro son intention d’envoyer un courrier à Benoît XVI contenant

cette requête (la levée des sanctions)

ainsi qu’une demande de la libéralisation

de la messe selon le rite tridentin… et ce,

“en réponse à un courrier envoyé il y a

quatre mois environ par le cardinal Castrillon Hoyos”.

« L’article du Figaro multiplie les

verbes au conditionnel : Mgr Fellay

serait sur le point…, cette lettre serait

une réponse…, un courrier où le cardinal

Castrillon aurait assuré… On aimerait

moins d’hypothèses et plus de faits. Il en

résulte que cet article donne une vision

profondément fausse de l’état des relations entre Rome et la Fraternité SaintPie X.

« Plutôt que de prêter au supérieur

général des propos qu’il n’a pas tenus, il

nous semble préférable de mettre à la disposition de tous, sur le site de DICI

<www.dici.org>, l’enregistrement intégral de la conférence qu’il a donnée à Villepreux, le samedi 14 octobre, et au cours

de laquelle il montre où en sont exactement les relations entre Rome et Ecône.

On verra en quels termes précis Mgr Fellay parle du “retrait du décret d’excommunication” qu’il distingue bien d’une

levée des sanctions. »

A bas le rite tridentin,

vive le ramadan !

Mise au point de la FSSPX

sur un article du Figaro

Bibliothèque RIVAROL

— Jacques ABOUCAYA : Paraz le rebelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21,40 €

— Philippe ALMÉRAS : Les idées de Céline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 €

— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €

— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— CHARD : - 7 cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 € franco

- 20 ans de malheur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 €

- La France métisse de A à Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 €

— Pierre CHASSARD : Du marxisme théorique et pratique . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Gilbert COMTE : Notes sur un temps rompu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Pierre-Antoine COUSTEAU : En ce temps-là… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Mines de rien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 €

— Georges DILLINGER : Mai-68 ou la mauvaise graine . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

- Chronique de la France asservie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 €

— Christophe DOLBEAU : Les parias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Roland GAUCHER-Philippe RANDA : Les réseaux de Georges Albertini . . . 24 €

— Philippe GAUTIER : La Toussaint blanche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 €

- Le Racisme anti-allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Une nuit blanche à Honfleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

— Hubert KOHLER : Présence germanique en France . . . . . . . . . . . . . . . . 22,20 €

— Marc LAUDELOUT : RIVAROL, l’hebdomadaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Jean MABIRE : Mourir pour Dantzig . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Jean MADIRAN : La révolution copernicienne dans l’Eglise . . . . . . . . . . . . 18 €

— Robert POULET : L’homme qui n’avait pas compris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 €

NOUVEAUX TITRES

— Anne BRASSIÉ : Brasillach ou encore un instant de bonheur . . . . . . . . . . . 27 €

— CHARD : Ma déclaration des droits de l’homme . . . . . . . . . 10 € ou 12 € franco

— Eric DELCROIX : Manifeste libertin (contre l’ordre moral antiraciste) . . . 18 €

— Pierre GILLIETH : B.A.-BA Gaulois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Georges LAFFLY : Monnerot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— P.-L. MOUDENC : Livres propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 €

— Dr Jean-Claude PÉREZ : L’islamisme dans la guerre d’Algérie . . . . . . . . . 35 €

— Franck NICOLLE : Tables d’Hôte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Mots et Mets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19,90 €

- Pain d’épice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,50 €

- Saveurs et paysages d’Alsace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,90 €

- Saveurs et paysages des Vosges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,90 €

— Pol VANDROMME : La Droite buissonnière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Les saisons de Drieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 €

Port et emballage : 4 € par titre, 6 € à partir de 2 livres.

Règlement : Editions des Tuileries

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. CCP Paris 4532-19 K.

(Dessin de CHARD.)

CACHEZ CETTE CROIX…

Outre-Manche, on voit de plus en plus de policiers

arborer le turban et le bracelet sikhs et de fliquettes

voilées, une hôtesse d’accueil de British Airways vient

d’être licenciée sans indemnité car elle persistait à garder une petite croix pendant ses heures de travail.

Nombre de ses collègues “indigènes” font profil bas

mais Nadia Eweida se croyait protégée par son ascendance. D’origine égyptienne, elle n’est en effet ni

anglicane ni méthodiste ou “papiste”, mais copte.

La décision de la compagnie aérienne a déclenché

un tollé d’autant que British Airways, contre laquelle

certains députés conservateurs ont lancé des

consignes de boycottage, a déclaré assez stupidement

que l’ostracisme sur les symboles chrétiens — également pratiqué par une autre compagnie britannique,

British Midland — ne pouvait s’appliquer aux

employés musulmans, hindous ou sikhs qui, eux, portent « des hidjabs, des turbans ou des bracelets qu’il ne leur

serait pas facile de cacher sous leurs uniformes ».

LE MARTYRE DES

CHRÉTIENS D’IRAK

Alors qu’était sous presses notre n° du 20 octobre contenant le compte rendu par M.-G. Desossas du livre de

Mgr Sleiman (1) sur le martyre des chrétiens d’Irak, on

apprenait que le Père Paulos Iskander, prêtre syrien

orthodoxe, avait été enlevé onze jours plus tôt par un

groupe islamique inconnu qui réclamait pour sa libération la pharamineuse rançon de 350 000 dollars.

Ce groupe avait exigé et obtenu en outre que la communauté syrienne orthodoxe de Mossoul rédige et

appose trente grandes affiches blâmant Benoît XVI pour

ses « attaques anti-islamiques » de Ratisbonne. Mais rien n’y

a fait : le cadavre décapité du prêtre a été retrouvé le

14 octobre. Deux jours plus tard, c’est un adolescent

orthodoxe de 14 ans qui était crucifié dans la zone d’Albasra où, le 4 octobre, un attentat à la bombe avait fait

neuf victimes — toutes chrétiennes.

Faut-il s’étonner que les chrétiens d’Irak, toutes confessions confondues, regrettent chaque jour davantage “Saddam-Hitler” et vouent aux gémonies la « majorité

morale » américaine qui, sous la houlette du “chrétien rené” George Bush, a “libéré” leur pays ?

_____

(1) Dans le piège irakien, Presses de la Renaissance, 16 €.

I

L Y A cinquante ans, du 23 octobre au

4 novembre 1956 (mais ce ne fut pas la

fin de la tragédie), la Hongrie communiste connut une insurrection nationale

sauvagement réprimée par l’Armée rouge.

Nul doute que cet événement sera commémoré bien au-delà du pays des Magyars,

car il eut un retentissement international.

Pour le revivre, nous nous sommes

appuyés sur la véritable somme que constitue le très récent livre d’Henri-Christian

Giraud, Le Printemps en Octobre. Une

histoire de la Révolution hongroise (1)

qui permet de suivre journée par journée,

voire heure par heure, cette insurrection de

la Hongrie contre le communisme. Une

histoire étayée non seulement sur de nombreux ouvrages (dont Insurrection, de

David Irving, Albin Michel 1981), mais

également sur des articles de presse de

l’époque et surtout sur ce que nous ont

révélé depuis les documents et archives

hongrois, américains et russes.

LES CAUSES DE LA RÉVOLTE

Il y a évidemment, au départ, le choc de

la déstalinisation : en déboulonnant Staline

au XXe Congrès du Parti communiste de

l’Union soviétique (PCUS), Khrouchtchev

se livrait à un règlement de comptes, sans

toutefois vouloir remettre en cause le système soviétique intérieur et extérieur —

mais l’apprenti-sorcier fut dépassé.

Le premier pays ébranlé fut la Pologne : le

28 juin 1956, des émeutes ouvrières éclatent à Poznan. A la mi-octobre, le pays

connaît de nouvelles tensions ; les Soviétiques sont prêts à intervenir mais trouvent

une solution évitant l’épreuve de force : le

retour au pouvoir d’un ex-dirigeant communiste, Gomulka, qui avait été emprisonné et

torturé sous Staline. Gomulka tint le Parti

non sans ambiguïtés, mais évita le pire.

En Hongrie, l’opinion avait

été très sensible à l’Octobre

polonais, mais le Parti était

alors entre les mains de staliniens qui n’avaient pas senti

venir la tempête. Certes, le

sinistre Matias Rakosi, qui

avait dirigé le pays entre

1952 et 1955 par un système

de terreur effrayant et systématique, a été écarté du pouvoir en juillet 1956 par les

Soviétiques, qui ont également fermé les yeux sur la

réhabilitation de Laszlo

Rajk, condamné à mort et

exécuté en 1949 pour crime

de “titisme”. A noter que

Rajk avait été aussi, après

1945, un épurateur de la

Hongrie “horthyste“ alliée de

l’Allemagne. N’importe, le

6 octobre 1956, des centaines

de milliers de personnes

assistèrent à Budapest aux

funérailles nationales de

Rajk. Mais cette soupape de sûreté ne pouvait faire oublier aux

Hongrois l’économie

exsangue du pays,

pressuré au maximum

par le grand frère de

Moscou, ruiné par la

collectivisation agraire,

le poids écrasant d’une industrie

lourde (dans une région sans fer ni

charbon !), l’uranium national bradé,

etc. Une agitation sourde, partant des

milieux étudiants — pourtant sous la

coupe d’un “syndicat-maison” (vite

renversé) — et d’intellectuels, avait

commencé à se développer sur un

programme en 14 points relativement

modéré. Le PC hongrois n’y avait

pas prêté attention même si, le

14 octobre 1956, le camarade Gerö,

secrétaire général du parti, avait

“réintégré” Imre Nagy jadis écarté

par Rakosi et considéré comme

“modéré” (ce qui était exact, comparé aux autres). Gerö n’avait rien

trouvé de mieux que de quitter son

pays pendant plusieurs jours avant de

rentrer à Budapest le 23 octobre. Il

était allé rendre visite au camarade

Tito, désormais fréquentable.

C’est ce jour-là que tout commença.

Les étudiants avaient lancé le mot

d’ordre d’une manifestation en se

référant à la révolution hongroise de

1848 qui avait été matée par la Russie : tout un symbole ! D’abord interdite par un PC très surpris, la manif fut

finalement autorisée. Une masse humaine

déferla alors dans les rues, les étudiants

étant rejoints par les ouvriers de Budapest

(que le Parti croyait sûrs). Puis, en fin

d’après-midi, une fusillade éclata devant la

Maison de la Radio assiégée par les manifestants mais tenue par les plus féroces

partisans du régime, les membres de

l’AVH (les “Bleus”), la police politique

dont les atrocités étaient notoires (des

dizaines de milliers d’opposants arrêtés,

torturés, déportés). Provocation ou acte

spontané ? On ne l’a jamais su. A partir de

ce moment, tout dérape. Les Soviétiques

sont sur place avec l’ambassadeur Andro8 N° 2783 — 27 OCTOB

pov (le futur maître du Kremlin) et le général Serov (du KGB) qui mesurent la gravité

de la situation. Gerö leur lance un appel,

tout en faisant croire qu’il provient d’Imre

Nagy, nommé Premier ministre le

24 octobre.

Au Kremlin, au nom du Comité Central,

Khrouchtchev, en position difficile parce

que les durs lui reprochent la déstalinisation, décide l’intervention des troupes

soviétiques, surtout des blindés, stationnées en Hongrie-même. Le 24 au matin, les

chars déferlent sur Budapest. A partir de ce

moment, c’est une insurrection nationale :

« Hongrois contre Russes ». Erreur de calcul des Soviétiques qui avaient cru à une

simple « opération de police » ? En fait,

c’est une guerre qui commence. Les insurgés sont rejoints par une grande partie des

forces armées hongroises qui leur livrent

des armes. Les paysans, les ouvriers sont

aux côtés des étudiants. Les chars russes,

coincés dans les rues de Budapest, sont

attaqués par des gamins qui leur balancent

à bout portant des cocktails Molotov, artisanaux mais meurtriers. Des communistes

hongrois (comme le colonel Pal Maleter)

se joignent aux nationalistes. Et le soulèvement gagne toutes les provinces.

LE LÂCHAGE AMÉRICAIN

Les nombreux journalistes occidentaux qui

ont pu passer en Hongrie via l’Autriche

assistent, médusés, au spectacle de combattants, surtout civils, pratiquant une guérilla

efficace contre un ennemi considéré jusqu’alors comme invincible. Il y a même ici

et là des fraternisations entre officiers et soldats soviétiques dépassés par les événements, perdus au milieu d’une immense

pagaille. Car les insurgés, brandissant un

drapeau hongrois troué (amputé de la faucille et du marteau) n’ont pas de véritable

organisation. Le PC hongrois perd les

pédales. Le malheureux Nagy est coincé

entre les attentistes et les staliniens, Janos

Kadar remplace Gerö discrédité.

Nagy est patriote mais aussi « bon communiste. » La bataille persistant, des contacts

se nouent avec des envoyés soviétiques, dont

l’hypocrite Mikoyan. A Moscou, c’est l’affolement. Et si les Etats-Unis intervenaient ?

Leur radio Free Europe installée à Munich

lance aux Hongrois d’imprudents messages

d’encouragement… Mais à Washington,

c’est la “retenue” qui domine : on est en

pleine campagne électorale. L’ex-général

Dwight Eisenhower (qui se représente) ne

veut pas jouer les boutefeus — il a d’autres

soucis. Car il est informé de l’imminente

intervention franco-britannique et israélienne à Suez (2). Le 28 octobre, par une note

américaine officielle, Moscou est avertie que

les Etats-Unis ne remettront pas en cause le

Octobre-novembre 1956 : le statu quo de 1945. Les Soviétiques comprennent qu’ils ont les mains libres…

D’ailleurs, fin octobre, il semble qu’un

arrangement soit possible : Nagy, qui a

formé un gouvernement de Front national

(retour à 1945) avec la participation d’anciens partis non communistes, obtient des

Soviétiques qu’ils retirent leurs troupes. Le

cessez-le-feu est proclamé.

L’ECRASEMENT

Les Soviétiques déclarent le 30 octobre

qu’ils sont favorables à de nouveaux rapports avec leurs sujets « dans l’égalité des

droits et le respect de la souveraineté ». Et

pourquoi pas un « communisme national »

comme Tito en a donné l’exemple ? Les

Hongrois exultent. Les journaux sont

libres, les geôles ouvertes (on y découvre

des prisonniers détenus depuis 1945 et…

oubliés). Par contre, une féroce chasse aux

policiers AVH est ouverte. Ceux qui sont

reconnus sont lynchés sans pitié. Comme

il y avait parmi eux des juifs hongrois, on

parlera d’antisémitisme (d’autant qu’il y

avait eu Bela Kun en 1919 et que

Rakosi était également juif) mais pas

de pogroms. D’ailleurs, la minorité

juive hongroise a généralement été

solidaire des anticommunistes.

Dans les débuts du mois de

novembre, Nagy a cru à une Hongrie

libre. S’inspirant du modèle autrichien, il proclame la neutralité du pays

et son retrait du Pacte de Varsovie.

Est-ce l’imprudence suprême qui

déclenche la deuxième intervention

soviétique ? En fait, elle a été décidée au Kremlin dès le 27 octobre,

Khrouchtchev et ses séides ne pouvant admettre une Hongrie sortie de

leur orbite et faisant ensuite sauter

tout leur glacis central et oriental

(déjà la théorie des dominos). Ils ont

donc eu recours à une ruse diabolique. Assurés que leurs alliés (surtout la Chine mais aussi la Yougoslavie de Tito, qui avait pourtant sympathisé un moment avec les Hongrois) les approuvent, ils sont aussi

énormément aidés par la crise de

Suez qui bloque les diplomaties

européennes. Et le Département

d’Etat américain, secondé par le tiers

monde anti-occidental, mobilise

l’ONU pour imposer un cessez-lefeu. L’URSS menace d’envoyer des

fusées. Aux Nations-Unies, l’examen de la question hongroise est

reporté à plus tard.

Nagy n’a pas tenu compte des renseignements abondants qui lui parvenaient. Les armées soviétiques, qui n’ont

pas quitté totalement la Hongrie, sont

rejointes par des renforts où les Asiates

(plus sûrs que les Russes) dominent. Les

media soviétiques (relayés par leurs complices internationaux) dénoncent le

« retour des fascistes », voire des “nazis”

hongrois, hurlent à la « Terreur blanche »

et à la “Contre-révolution”. Pal Maleter,

inconscient, convoqué à une réunion fraternelle le 3 novembre avec le commandement soviétique s’y rend et

tombe dans le piège. Le

4 novembre au matin, onze

divisions blindées avec

2 000 chars dont les plus

modernes (T54) déferlent

sur la Hongrie. Cette fois,

pas de quartiers ; bombardements aériens, « boucherie d’artillerie », Budapest

et la Hongrie sont écrasées,

malgré une résistance

héroïque et un ordre de grève générale

lancé par les « conseils ouvriers » nés dans

les usines. Il y eut des combats, des

maquis, des sabotages. Mais en quelques

semaines, le rouleau compresseur fit son

œuvre. Avec le soutien du judas Kadar qui

a lâché Nagy et gagné Moscou. Début

novembre, Nagy s’est réfugié à l’ambassade de Yougoslavie. Mais il sera “enlevé”.

Avec lui, Maleter et d’autres responsables

seront jugés secrètement en 1958 et

condamnés à mort. Avant leur pendaison,

Nagy et Maleter, dupes jusqu’au bout, crieront « Vive la Hongrie libre et socialiste ».

Dans le monde, le scandale est énorme.

L’ONU enfin réagit. L’Assemblée générale

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE D’OCTOBRE 2006

DOSSIER LE CHOC DES MESSIANISMES — Jérôme BOURBON : La guerre au

Liban, vraie ou fausse défaite pour Israël ? — Jim REEVES : Liban, Irak, Afghanistan, Shoah, qui dirige réellement l’Amérique ? — Christian CALVAGNA : Le Maroc

paradis des “seniors” ? Attention aux mirages ! — Laurent BLANCY : L’islam et sa

déferlante analysés par la presse italienne — DOCUMENT : Les chrétiens de Turquie eux aussi persécutés — Thomas SCHROEDER : Günter Grass, Prix Nobel… et

ancien SS ! — Carrefour des lecteurs — François LECOMTE : Les petits papiers

d’Antoine Blondin — Bibliothèque — Patrick LAURENT : De la fleur bleue aux

fleurs du mal — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.

Staline à Khrouchtchev :

Bravo, je n’aurais pas fait mieux !

Dessin de Léno, RIVAROL du 22 nov. 1956

L’entrée des chars sovietiques à Budapest (D.R.)

9

« une folie quand on

n’a pas élevé le

niveau de vie de la

population ». Sans

commentaires. Il

concluait qu’il restait

“solidaire” des militants communistes,

« même s’ils me

repoussent ». Ah, ne

pas désespérer Billancourt ! Et Sartre

d’ajouter que si le PC

était menacé d’interdiction « à la

demande d’individus (sic) comme

Tixier Vignancour », il

appellerait pour sa

défense « toute la

gauche ». Voilà les

fines réflexions politiques de cette belle

bourrique, fleuron de

l’intelliguentsia française qui plus tard

applaudit le FLN, Castro et Mao.

DES BORDS DU DANUBE

AU MUR DE BERLIN

Concluons en revenant sur la Hongrie soumise au joug soviétique et épurée sans

ménagement. Même si, par la suite, Kadar

sut faire des concessions économiques — le

pays des années 1970-80 incarna, avec un

niveau de vie très supérieur aux autres satellites, le “communisme-goulasch”.

Comme le signale Henri-Christian Giraud,

c’est de Hongrie que partit le 2 mai 1989 le

choc « qui fera tomber le mur de Berlin ».

Le gouvernement hongrois ayant décidé

d’enlever les barbelés séparant le pays de

l’Autriche, des milliers d’Allemands de

l’Est en profitèrent pour se tirer. C’est la

BRE 2006 — RIVAROL

même année 1989, le 16 juin, que fut retrouvée la fosse contenant le corps d’Imre Nagy

et de ses compagnons. Exhumés, ils eurent

droit à des funérailles nationales et Nagy a

maintenant sa statue à Budapest.

BUDAPEST 2006 : ON TIRE

TOUJOURS SUR LA FOULE

On attendait de voir comment la nouvelle

Hongrie, dirigée par un néo-parti communiste en butte à une violente opposition qui

va du centre à l’extrême droite, allait célébrer le cinquantième anniversaire de cette

insurrection certes ratée mais qui, en

quelques jours, ébranla l’empire soviétique

et arracha les masques du communisme —

« Victoire d’une défaite » pour reprendre les

termes de Miklos Molnar. Certes, le Premier

ministre Gyurcsany a invité une vingtaine de

chefs d’Etat européens mais, chassez le

naturel, il a aussi fait tirer le 23 octobre sur

la foule des manifestants antimarxistes

réclamant sa démission, et dont 130 ont été

blessés par des balles en caoutchouc. Quant

à l’ex-URSS, elle n’a exprimé aucun

remords d’avoir étouffé par le sang et le feu

la révolte hongroise.

Jean-Paul ANGELELLI. _____

(1) 810 pages avec bibliographie et notes, 24 €.

Editions du Rocher. Manquent des cartes de

Budapest et de la Hongrie en 1956. On peut compléter par la lecture de Budapest 56. La tragédie telle que je l’ai vue et vécue d’André Farkas

(Tallandier éd.)

(2) Sur le 50e anniversaire de la crise de Suez, lire

l’article de P.-P. Belesta (RIV. 21/7/06)

(3) Voir le témoignage « Paris avec Budapest »

signé Christian Garnier et paru dans le numéro

d’Europe Action de novembre 1966. Et celui de

Dominique Erulin, qui participa à l’assaut, dans son

livre tout récemment paru, La Grande Piste

(<www.editionsdelareconquête.com>).

 sanglant automne hongrois

dentiel, reconnut que le Parti avait perdu

25 % de ses effectifs (il affichait alors 5 à

600 000 adhérents !) Désormais le PC fut

plus isolé que jamais et paya Budapest aux

élections de novembre 1958 où il tomba à

19 %.

Parmi les grandes âmes bouleversées par

l’écrasement de Budapest, mentionnons

l’ineffable Jean-Paul Sartre qui s’en expliqua

dans un article de L’Express (mi-novembre).

Quelques extraits : Sartre rendait hommage

à la révolution hongroise « rendue possible

et peut-être nécessaire, du point de vue soviétique évidemment — on notera

l’hypocrisie — par douze ans de terreur et

d’imbécillité. » Bien. Mais outre qu’il établissait une comparaison (faussée) entre les

Russes à Budapest et les Américains au Guatemala, il écrivait froidement que la dénonciation de Staline et de ses crimes avait été

condamne l’URSS, moins les voix des

Soviétiques et de leurs satellites et l’abstention des pays du Moyen-Orient. Qui ne

se sentent pas concernés.

On n’a jamais su le bilan exact des

pertes : 10 à 15 000 Hongrois tués au combat ou massacrés, deux ou trois mille soldats russes également tués et plusieurs centaines de chars détruits.

Avant que la frontière ne se referme,

200 000 Hongrois ont pu s’enfuir. Ils

témoigneront. La Hongrie est “normalisée”…

PARIS SOULEVÉ

CONTRE LES ROUGES

En France, l’impact sur l’opinion fut considérable. Grâce au courage des reporters (dont

l’un, Jean-Pierre Pedrazzini de Paris Match),

on avait pu vivre les événements et surtout

la répression soit en direct à la radio (excellents reportages d’Europe 1 qui venait de

naître) soit à travers les actualités cinématographiques. L’indignation fut unanime, Parti

communiste “français” excepté qui s’aligna

sur les Soviétiques ; son patron Thorez avait

désapprouvé et même caché le Rapport

Khrouchtchev, dont il avait eu connaissance,

et condamné la déstalinisation. Le quotidien

L’Humanité se distingua dans l’ignominie

par des éditoriaux d’André Stil saluant à la

une l’écrasement des “fascistes” et autres

contre-révolutionnaires. L’Huma actuelle

devrait reproduire quelques-uns de ces

articles. Ce serait édifiant…

Le matin du 7 novembre, l’Assemblée

nationale avait salué la révolte hongroise par

un vote unanime, moins les 150 communistes et apparentés. Me Isorni et Me Tixier

Vignancour, alors députés, avaient même

proposé un amendement (repoussé) demandant « la dissolution du parti communiste ».

Ce qui choqua certains démocrates, protestant qu’il fallait tenir compte des cinq millions d’électeurs communistes. On n’entend

pas en ce moment de telles réactions à

l’éventualité que Le Pen soit privé des cinq

cents signatures de maires.

Dans l’après-midi, deux manifestations

eurent lieu à Paris. Des milliers de syndicalistes FO (très anticommuniste) défilèrent

devant l’ambassade d’URSS rue de Grenelle. Et un hommage à Budapest se déroula

en fin d’après-midi à l’Arc-de-Triomphe.

Une cérémonie attirant une foule énorme

dans « l’ordre et la dignité ». Mais des

groupes d’étudiants nationalistes et de combattants revenus d’Algérie (surtout des

jeunes paras) n’entendaient pas en rester là.

« Tous au PC ! » fut un mot

d’ordre spontané et des

milliers de patriotes foncèrent sur le siège du Parti

situé alors carrefour de

Châteaudun (rebaptisé

ensuite Kossuth). L’immeuble fut attaqué, envahi,

pillé. Le service d’ordre du

PC s’était réfugié dans les derniers étages

derrière des portes blindées et déversait sur

la rue différents projectiles. D’où de nombreux blessés parmi les assaillants. Un

incendie fut allumé — une erreur car les

anticommunistes durent se retirer. lls repartirent toutefois à l’attaque des locaux de

L’Humanité, alors boulevard de Bonne Nouvelle, juste en face du Rex. Là, les contacts

furent encore plus sévères car entre temps le

PC avait appelé au secours les tape-dur de la

banlieue Nord amenés par camions. Toute la

nuit, de petits groupes d’extrême droite pratiquèrent une stratégie de guérilla et de harcèlement, mais malheur aux isolés ou aux

égarés qui tombaient aux mains des

cocos (3). Dans de nombreuses villes de province, il y eut comme à Paris des attaques

contre les sièges du PC. Cette action anticommuniste est à l’honneur de notre camp

qui en prit l’initiative.

D’autres réactions se manifestèrent,

notamment chez les intellectuels du Parti ou

compagnons de route dont les yeux s’ouvraient avec du retard : Edouard Herriot et

François Mauriac démissionnèrent de

France-URSS. La traditionnelle vente de

livres du Comité national des Ecrivains (Ces

Haineux, comme disait Paraz) noyauté par

les cocos et autres “progressistes” fut annulée en raison des défections. Mais le PC,

jouant les victimes, tint bon. Sauf qu’en

1957, le rapport Servin, interne mais conficombattants survivants entreprirent de

percer les lignes ennemies pour gagner

la Suisse. Seule une poignée d’hommes

atteignit ce refuge.

Puis la répression s’abattit sur la population lyonnaise. Atroce. La Convention

ayant décrété, le 17 octobre, que la ville

devait être détruite et ne

plus porter que le nom

de Commune Affranchie,

Collot d’Herbois et Fouché se chargèrent de la

besogne. L’un, ancien

comédien, avait participé

aux massacres de Septembre, l’autre,

ancien Oratorien vouant une haine hystérique au clergé, avait voté la mort de

Louis XVI. Tous deux voulaient faire du

zèle. Des arrestations massives provoquèrent l’entassement des “suspects”

dans les prisons. Il fallait faire de la

place. La guillotine ne fonctionnant pas

assez vite — le pavage de la place des

Terreaux disparaissait pourtant sous le

sang —, on emmena, par groupes

enchaînés, des centaines de personnes

dans la plaine des Brotteaux et on tira

sur eux au canon.

Aujourd’hui les restes de ces malheureux reposent dans une chapelle du

quartier. Sur les murs sont gravés les

noms des victimes de la Terreur. Je

m’honore que le nom que je porte soit

mentionné neuf fois. Il s’agissait, entre

autres, d’un artisan menuisier de

43 ans, d’une Carmélite de 72 ans, d’un

apprenti perruquier de 17 ans, d’un

aubergiste de 38 ans… Tous dangereux

terroristes, comme on peut l’imaginer.

P. V.

Une liste de 900 personnes, intitulée

« Boussole des patriotes pour les diriger

sur la mer du civisme », est affichée sur

les murs de la ville. Problème

technique : comment tuer vite ? Chalier

explique devant le club lyonnais des

Jacobins : « On les exécutera sur le pont

Morand et les cadavres seront précipités

dans le Rhône. »

Exaspérés par ce débordement de fanatique sauvagerie, les Lyonnais se soulèvent, en mai, arrêtent Chalier et ses amis

qui, après jugement, sont exécutés le

16 juillet. La ville est administrée par des

Girondins, comme Biroteau ou Chasset,

qui font rapidement une place aux royalistes, conduits par le comte de Précy

(« Précy conduit nos phalanges » dit La

Ligue noire). Ce militaire de carrière,

lieutenant-colonel en 1788, a participé à

la défense des Tuileries le 10 août 1792.

Quand la Convention décide de briser

Lyon par les armes, il quitte ses terres

pour prendre la tête de dix mille volontaires en armes et organiser la défense de

la ville. L’armée de la Convention est dix

fois plus nombreuse, sous les ordres de

Dubois-Crancé, Kellermann et Couthon,

celui-ci étant le commissaire politique car

il fait partie, à Paris, avec Robespierre et

Saint-Just, du “triumvirat” qui dirige le

Comité de salut public. Entre autres titres

de gloire, Couthon a été l’un des organisateurs de la Grande Terreur (Michelet

l’a surnommé « la seconde âme de Robespierre »).

Avec un pareil homme, les Lyonnais

pouvaient s’attendre au pire. Ils ont eu

le pire. Après avoir soutenu un siège

très dur, du 14 août au 13 octobre, ne

pouvant résister davantage, Précy et les

« Verse donc, cher camarade,

De soif tu me fais languir,

Verse encore une rasade

Et je veux vaincre ou mourir ».

Les amateurs des chants de tradition

connaissent ce passage de La Ligue

noire, présentée comme « le chant des

fantassins lyonnais », dont les paroles

datent du siège de Lyon, en 1793, par les

troupes de la Convention.

Lyon, florissante depuis la fin du

Moyen Age grâce à ses filatures de soie,

ses imprimeries, ses banques reliées à

l’Italie et à la Suisse, a vu son activité

économique péricliter à cause de la

Révolution. Au plan politique, « la ville

de Lyon était soumise à la dictature

d’éléments encore plus extrémistes que

les sans-culottes parisiens » (Jean

Tulard). La municipalité était dirigée

par Marie-Joseph Chalier, surnommé

« le Marat lyonnais », dont les hommes

de main, gens de sac et de corde, au

nombre de 300, étaient surnommés « les

Enragés ». Tout un programme… Programme d’ailleurs d’une grande simplicité : le 28 janvier 1793, Chalier jure,

devant l’arbre de la liberté (sic),

d’anéantir « les aristocrates, feuillants

(c’est-à-dire membres du club des

feuillants, partisans

d’une monarchie

constitutionnelle),

modérés, agioteurs,

accapareurs et autres

usuriers ». Qui correspond à cette terminologie ? C’est Chalier qui

en décide, bien sûr. Et comment appliquer ce beau programme ? Réponse

évidente : la guillotine. Dans la nuit du

5 au 6 février, une grande rafle permet

de saisir toutes celles et tous ceux qui

sont, à tort ou à raison, considérés

comme des ennemis de la Révolution.

Lyon l’insurgée est punie

Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 17 octobre 1793 :

Va-t-en maudite tache !… (Lady Macbeth)

La Nausée…, à force d’avoir les Mains sales.

Dessin de Léno, RIVAROL du 15 nov. 1956

sentent sans documents. » Et cette autre :

« Toutes les frontières et les autoroutes

doivent rester ouvertes afin de ne pas

gêner le trafic du commerce domestique

et international. » Le Trans Texas Corridor (TTC) fait partie de ce schéma.

4 000 km d’autoroutes, larges « comme

quatre terrain de football », traversant le

Texas jusqu’au Mexique. Moyennant un

pot-de-vin de 1 milliard de $, la société

espagnole Cintra Concessions de Infrastructuras de Transports SA en a remporté l’adjudication avec H.B. Zachry

Constructions d’Austin (Texas), firme

connue pour ses largesses envers le Parti

républicain. La construction du TTC, première ébauche du Nasco, devrait

s’étendre sur les 50 prochaines années et

coûter 180 milliards $. Déjà, un énorme

projet de plateforme autoroutière, le Kansas-City-Smart-Port est finalisé dans le

Kansas voisin, destiné au transit de

conteneurs en provenance de Chine et

d’Extrême-Orient et débarqués dans les

ports mexicains en eau profonde. 508

semi-remorques/jour sont prévus en 2010

et 881 en 2015.

DERRIÈRE L’IMMIGRATION,

LE CAPITAL

Dans cet esprit, un sénateur du Texas

proche de George Bush, John Cornyn, a

déposé le 13 juillet un projet de loi visant

à créer un Fonds d’Investissement pour

l’Amérique du Nord afin de faire financer

de grands projets d’infrastructure au

Mexique par les contribuables états-uniens

et canadiens. Lou Dobbs, présentateur

vedette de CNN, a violemment attaqué

cette dérive : « Le peuple américain aurat-il l’estomac, interroge-t-il, de se dresser

contre une orientation, imposée par un

groupe élitiste, contre la Constitution, nos

lois et nos valeurs ? » Tancredo, qui soutient Dobbs, a mis au défi « George Bush

de faire toute la clarté sur les activités

d’organismes étatiques qui, sans l’accord

du Congrès, mettent en chantiers de tels

accords trilatéraux ».

Evidemment la Maison-Blanche nie tout

projet d’un super-Etat américain. Pourtant

Geri Word, directrice du SPP (Security and

Prosperity Partnership), un de ces groupes

dénoncés par Tancredo, ne le conteste pas

mais elle justifie sa discrétion par la nécessité de n’être pas « importunée par des

appels émanant du public ». Une autre de

ces organisations, le North American

Forum, s’est réunie le 14 septembre, sous

la présidence de Thomas Shannon, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Hémisphère

Occidental, en présence du ministre de la

Défense Donald Rumsfeld et de son

adjoint Ryan Henry, du général Woolsey,

chef de file néo-conservateur, de Dan Fisk

du Conseil national à la Sécurité, etc. Le

principal intervenant, l’universitaire latino

Robert Pastor, qui appartient à 25 structures mondialo-gauchistes, est l’auteur

d’un livre préconisant la création d’un gouvernement régional nord-américain et

d’une monnaie commune, l’amero.

Faut-il dès lors s’étonner que, lorsque des

millions de Chicanos déferlent dans les

rues en réclamant l’amnistie, ils soient

encadrés par des organisations telles que

Lulac (Ligue des Citoyens Américains

Unis), le Maldef, Fonds pour la Défense

Légale et l’Education des Mexicains Américains, le MeCHA, Mouvement Etudiant

Chicano de l’Aztlan, la Raza, Conseil

national de la Race, financées pour la plupart par les grosses multinationales capitalistes américaines, de Coca Cola à Microsoft, et chapeautées par les Fondations

Ford et Rockefeller ?

L’immigration n’est qu’une façade. Audelà, c’est une formidable coalition de

toutes les puissances économiques et

financières du monde qui pousse à la globalisation. Comme David Duke, comme

Jim Traficant et tant d’autres, Tom Tancredo sera-t-il broyé ? Tout le media, à

quelques courageux près, s’est dressé

contre lui. Récemment invité par la Ligue

du Sud, en Caroline du Nord, il prononça

un discours dans une salle ornée de portraits géants de Robert Lee et de « bars and

stars », le drapeau sudiste. A l’issue de la

réunion, on chanta “Dixie”. Depuis, les

tambours de l’agit’prop’ antiraciste roulent

sur l’Amérique et demandent la démission

de l’odieux personnage.

Tancredo tient. Espérons que ses électeurs du Colorado tiendront aussi…

Jim REEVES.

N° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 10

puis lui interdit la Maison-Blanche. La

question de l’immigration, en fait, masque

la formidable fracture qui s’est creusée à

l’intérieur du Parti Républicain entre mondialistes néo-conservateurs et la majorité

silencieuse des « rank and file ».

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