● De
Jean LECONTE :
JUDAÏSME ET MARXISME
L’antisémitisme russe serait toujours aussi
vivace, selon Le Figaro du 17 octobre qui
nous apprend qu’il y aurait en Russie de
300 000 à 600 000 juifs — l’écart montre
qu’on ne sait pas très bien, « malgré l’émigration massive déclenchée par la chute de
l’URSS (un million de départs vers Israël,
autant vers les Etats-Unis.) » Cette émigration massive signifie tout simplement que les
juifs ne s’accommodaient pas trop mal du
régime soviétique.
● De Robert BLOND, ancien de la “Charlemagne” :
NUANCES
Très intéressé par votre écho sur « Les
Bienveillantes » dans votre numéro du
3 novembre, je me permets d’attirer votre
attention sur le point suivant, qui n’est pas
sans importance : le personnage central,
Max Aue, n’est pas un officier de Waffen SS
(la SS « en armes »), mais il appartient
donc à l’Allgemeine SS (la SS «générale»,
vouée aux tâches d’administration et de
police) ; en effet, à aucun moment, tout au
ENTRE NOUS
(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)
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échanges sur travail, famille, monde rural,
environnement. Ecr. 2785/1270.
N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 9
scandalisé, a dénoncé « des idées aussi
malsaines ». Norbert de Jonge, le trésorier de ce parti des bas-fonds — créateur
d’un site pour « amoureux des très jeunes
filles » — ayant repris des études d’orthopédagogie (spécialisation destinée aux
enfants à problèmes) s’est fait renvoyer
le 15 juin dernier de l’université catholique de Nigmegen.
A contrario, le député DVDA (équivalent
du parti socialiste chez nous), Niesco
Dubelboer — bien qu’horrifié par le
PNVD, mais prêt à tout au nom de la
Démocrature — s’opposa à son interdiction
(faveur qu’il refuse comme de bien entendu
à la droite populiste hollandaise…), sous
prétexte qu’il faut faire « confiance au
jugement des électeurs. Ces gens sont si
éloignés de la réalité qu’ils n’obtiendront
que zéro virgule zéro voix. » Vœu pieux ?
En tout cas, le gouvernement Belkenende
refusa catégoriquement de choisir entre
“morale” et « liberté d’expression » et son
porte-parole estime que « dans la mesure
où le PNVD ne trouble pas l’ordre public,
nous n’avons aucun motif d’empêcher sa
validation. »
Soumettons aux grands démocrates de
La Haye cette citation d’un démocrate
patenté, Victor Hugo : « On tue les tigres
pour la peau, les meurtriers pour
l’exemple. »
Jean DORVAL,
<jean-dorval@wanadoo.fr>.
C’EST mercredi prochain, 22
novembre, qu’auront lieu aux PaysBas les élections législatives. Verrat-on s’y présenter le premier parti politique
au monde prônant la pédomanie, le NVD
(Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit,
autrement dit : « Amour du prochain,
Liberté et Diversité… ») ? En effet, les fondateurs de cette scandaleuse déformation
politique considèrent la pédomanie comme
une « orientation sexuelle comme une
autre », voire un progrès contre « la peur et
l’intolérance ». Martijn Uittenbogaard
(34 ans), le président, Ad van den
Berg, le trésorier (62 ans, ancien président de l’assoce Martijn, une des
plus importantes organisations pédophiles d’Europe), et Norbert de Jonge
(28 ans), le secrétaire, ont poussé la
provoc’ jusqu’à prendre comme
devise, la célèbre phrase de Kant
« Sapere aude » — Ose réfléchir.
Tous les adhérents de ce pédoparti,
soit plus de 200 déviants, sont bien
sûr tous membres de l’assoce Martijn dont le site internet, comme les magazines Nambla et OK Magazine, charrient
un torrent de boue. La loi néerlandaise
autorisant le sexe “consentant” à partir de
16 ans mais interdisant la pornographie
enfantine, Martijn la contourne en usant
d’une « subtilité juridique »… Elle fait
l’apologie de la pédomanie, sans faire référence à une quelconque pratique, et surtout, sans mettre aucune photo pédopornographique… Ainsi, cette assoce diabolique
instille progressivement son venin dans la
société hollandaise, et partout dans le
monde !
Si ces délinquants sexuels obtiennent mercredi des sièges au Parlement, ils feront tout
pour que leurs obsessions se concrétisent :
âge minimum du consentement ramené à
12 ans (mais à terme, cette limite disparaîtra totalement…) pour avoir des relations
sexuelles avec un adulte, jouer gratuitement
dans des films X ou à des jeux d’argent,
boire de l’alcool, faire usage de drogues
douces, choisir le lieu de sa résidence et
voter ; autorisation de se prostituer et de
consommer des drogues dures dès 16 ans ;
films pornographiques diffusés à la télévision à toute heure ; fermeture des écoles
confessionnelles et suppression du
mariage ; instauration de la nudité
publique ; légalisation à usage privé de la
pédopornographie ; défense de la zoophilie (acte contre-nature déjà légalisé
aux Pays-Bas). D’autre part, ils considèrent l’abattage des animaux à des
fins alimentaires comme un meurtre,
mais ne conçoivent pas la menace que
représente, pour les droits de l’enfant,
le fait de les jeter en pâture aux amateurs de chair fraîche.
Depuis que ce programme a été
divulgué, Martijn Uittenbogaard est
menacé quotidiennement de mort.
Sera-t-il l’objet d’une fatwa islamique ?
Dans tous les cas, cela n’a pas changé son
mode de vie, puisque son appartement de
Leiden est toujours tapissé de photos de
jeunes garçons, presque nus, dans des
positions lascives. De son nid de prédateur, décoré de peluches représentant des
personnages de Walt Disney, il dénonce
une « société fasciste et répressive »,
regrette toute honte bue la permissivité
des années 1970, « où l’on pouvait toucher les enfants sans que cela fasse de
drames ».
Tenant du même délire, Ad Van den Berg,
le numéro deux du pédoparti, assène « Sa
Vérité », estimant qu’il est temps de faire
voler en éclats « les tabous et les dogmes »,
dénonçant la « chasse aux sorcières dont
sont victimes les pédophiles depuis l’affaire
Dutroux ».
Le psychothérapeute amstellodamois
Ruud Bullens, spécialiste des pédomanes
depuis 32 ans, indique que ces malades « ne
se perçoivent pas comme une menace pour
la société ». Selon lui, « les fondateurs du
NVD prétendent donner de la liberté aux
enfants de 12 ans en autorisant les relations
physiques avec des adultes », alors qu’en
réalité « ils les privent du droit de découvrir
leur sexualité à leur rythme, ils impriment
une marque indélébile sur la vie sexuelle de
ces jeunes », menant le plus souvent au suicide.
UN GOUVERNEMENT
IRRESPONSABLE
Ce parti n’avait pas encore d’existence
juridique que ses fondateurs se retrouvaient devant les tribunaux. Le 9 juin
2006, ils ont été condamnés à changer le
nom de leur formation à la demande
d’une firme de gardiennage et de l’association des zoos néerlandais, utilisant les
mêmes initiales et redoutant d’être assimilées au “pédoparti”. Le “P” de parti
précède désormais le sigle “NVD”. Une
seconde plainte en référé, déposée le
7 juillet dernier par l’association de protection de l’enfance Stichting Soelaas
d’Irene Van Engelen, tentait de faire
interdire le pédoparti pour « trouble de
l’ordre public ». Le bon sens a été
débouté par l’Injustice qui légalise
in facto ce regroupement de pervers ! A
la grande fureur des Néerlandais dont
80 % réclament l’interdiction du PNVD
et des poursuites contre ses animateurs.
Plusieurs députés ont interpellé le gouvernement à ce sujet, sans résultat. Le
parlement de La Haye, majoritairement
Pays-Bas, très haut niveau de laxisme
L A POLYGAMIE tendrait à régresser
en Afrique, mais elle connaît, depuis
quelques années, les faveurs de certaines Africaines (encore) minoritaires
dans la société, les “intellectuelles”.
Sur le continent noir, cette forme de
mariage est surtout — mais pas exclusivement — répandu dans les pays musulmans.
Elle autorise un homme à avoir jusqu’à
quatre épouses s’il peut les traiter équitablement. Mais selon le sociologue mauritanien Bios Diallo, « cette coutume est
antérieure à l’existence de plusieurs religions, dont l’islam ». Toutefois, admet-il,
« c’est l’islam qui a adapté la survivance
culturelle de la polygamie ». Si l’ancien
président tunisien Habib Bourguiba, pour
sa part, a interdit la polygamie dans le code
du statut personnel promulgué en 1956
(une exception avant-gardiste dans le
monde arabe), ce régime matrimonial est
inscrit depuis 1972 dans le code de la
famille du Sénégal, où cette coutume est
fréquente : selon l’Institut de la statistique
et de la démographie, en 2002 un quart des
mariages était polygamique. Surtout en
milieu rural : « Les femmes surchargées de
travail demandent à leur mari de prendre
une autre épouse pour réduire leurs
tâches. Pour elles c’est normal, c’est la
tradition », souligne Binta Sarr, présidente
de l’Association pour la promotion de la
femme sénégalaise (Aprofes) et elle
ajoute : « Cela les soulage de l’activité
sexuelle permanente », dont pour les
mâles, en milieu rural, c’est parfois le seul
“travail” ! Et dire que le défunt pape JeanPaul II prêchait l’abstinence en Négritie
pour vaincre le Sida !
Dans les villes, des sociologues et associations notent l’émergence de femmes
éduquées et jouissant d’une bonne situation professionnelle qui choisissent
d’épouser un polygame. C’est que les
“intellectuelles” peinent à se caser, parce
que les hommes craignent d’épouser des
femmes qui, du fait de leur éducation, risquent d’être moins dociles. Or, en Afrique,
c’est encore le mariage qui fait la femme.
Coépouses dont le mari navigue d’un logeOn nous permettra bien sûr de préférer Chard pour la
sûreté de son trait (et de ses traits, dévastateurs pour l’Establishment français ou étrangers) mais après elle, aucune
contzstation possible : avant qu’il ne se retire au désert,
pour mettre au point un véhicule miracle auquel il travaille depuis vingt ans pour le bonheur de l’humanité et
son plaisir propre, Konk était le meilleur dessinateur français. Profondément original et très supérieur à Plantu
avant que Le Monde, où il faisait le dessin de Une, ne se
débarrasse de lui, terrifié par ses faiblesses pour le révisionnisme.
Venu de l’extrême gauche, le paria se recycla à Minute
et à National Hebdo. Pour tous ceux qui se lamentent de
ne plus le retrouver dans les colonnes de ces hebdomadaires, une grande consolation : un auditeur toulousain
leur offre sous le titre Tout le monde il est français une
sélection de 300 dessins au vitriol, luxueusement présentés dans un album cartonné et dont les têtes de chapitre
donnent une idée du contenu… explosif : Immigration,
une chance pour la France — Le devoir de mémoire (particulièrement percutant) — Religions (l’Aïd est à la
fête) — et Europe (Turquie comprise).
Un cadeau de Noël idéal pour réveiller les endormis.
J. L. _____
25 ou 28 € franco. A commander à Auda Isarn, BP 80432,
F-31004 Toulouse cedex 6.
ment à l’autre, elles échappent ainsi aux
pressions d’une société qui refuse le célibat, tout en restant “libres”. De plus en plus
de cadres ou encore de présidentes d’entreprises s’en accommodent afin de pouvoir
mener tranquillement leurs affaires et de
partir quelques jours seules pour un colloque ou autre déplacement.
Aussi bien, à la ville comme à la campagne, sur un continent rongé par la pauvreté, accepter une coépouse est parfois une
affaire de gros sous. Par exemple : « Au
Mali, de très jeunes filles préfèrent se
marier à des polygames aisés plutôt
qu’avec les jeunes du pays qui sont au chômage », déplore Kadida Sidibé, présidente
de l’Association malienne pour le suivi et
l’orientation des pratiques traditionnelles.
Les chômeurs et les petits revenus se
retrouvent ainsi sur le carreau. Paradoxal,
lorsque les femmes se plaignent du manque
d’hommes. En effet, beaucoup de régions
subsahariennes connaissent un déséquilibre
démographique : 48 % d’hommes contre
52 % de femmes au Mali, au Burkina Faso,
au Sénégal. Déséquilibre dû à l’émigration
clandestine des jeunes hommes sansemploi vers l’Eldorado européen.
Si les raisons pour lesquelles les femmes
épousent un polygame varient, cette forme
d’union tendrait donc à reculer car entretenir plusieurs épouses — et leurs enfants —
revient cher. Mais, pour autant, ce régime
matrimonial n’est pas près de disparaître
dans la négritude. Il se déplace simplement
de l’Afrique à l’Europe, notamment en
France où, légalement interdit, il est toléré
dans notre société multiculturelle respectueuse des “différences”. Bien plus, il y est
encouragé, puisque les contribuables français offrent le logement aux familles polygamiques, souvent flanquées d’une vingtaine d’enfants et les entretient par les allocations familiales et nombreuses autres
aides sociales. Il y aurait 30 000 à
70 000 familles “nombreuses” vivant à nos
crochets, en parasites : c’est la polygamie
« à la française ».
Noëlle SACLET.
La polygamie “à la française”
Vous reprendrez bien un coup de Konk ?
Vendredi 24 novembre
SPÉCIAL 16 PAGES
un numéro à ne pas manquer
nant comme un roman d’espionnage ». C’est
vrai, mais l’enquête de Jürgen Elsässer est
surtout terrifiante dans la mesure où elle
oblige à se poser constamment la question :
« Mais à qui peut-on se fier ? » Réponse :
« A personne, sans avoir soumis hommes et
faits à un doute systématique. » L’akribeia
de l’ami Plantin…
Dans sa préface, l’ancien ministre socialiste de la Défense Jean-Pierre Chevènement espère que le travail d’Elsässer
« contribuera utilement à un sain pluralisme
et à l’éclosion de vérités pas toujours bonnes à
dire », et surtout qu’il fera « réfléchir audelà des passions souvent instrumentées à des
fins pas toujours avouables ». Car d’autres
mauvais coups sont en préparation en
Europe. Au Kossovo et en Albanie notamment où se nouent d’étranges alliances.
J. L. _____
300 pages avec bibliographie et index des lieux et
des noms, 19 €. Xenia éditions, CP 395, CH1800 Vevey ou <www.xeditions.com>. Site de l’auteur : <www.juergen-elsäesser.de>.
Boualem SANSAL
POSTE RESTANTE : ALGER
L’auteur est un écrivain algérien francophone révélé au grand public par un étrange
roman policier, mélange de Céline et de San
Antonio se déroulant en Algérie, Le Serment
des barbares (Gallimard 1999).
Il y témoignait déjà d’un très mauvais
esprit pour les mythes et légendes de l’Algérie indépendante. Il récidive dans ce court
essai sous-titré Lettre de colère et d’espoir à mes
compatriotes. En fait, c’est une attaque en
règle contre le régime bouteflikien présenté
comme « une dictature policière, bureaucratique et bigote ». Une dénonciation de l’arabisation, de l’islam religion d’état, du million et
demi de martyrs d’une
guerre qu’il qualifie de
libération sans guillemets… mais peut-être par
précaution. Boualem Sansal démasque et dénonce
ces « gardiens autoproclamés du temple » qui ont
scellé sur l’Algérie une chape de plomb.
Il a même été plus direct lors de son intervention au récent congrès algérianiste de
Toulouse où il reçut un accueil enthousiaste
mais sut dissiper bien des illusions sur le présent et même l’avenir de l’Algérie. C’est un
homme courageux (il vit en Algérie), utilisant un style brillant et très fleuri, incarnant
semble-t-il une « Algérie du silence » qui
nous empêche de désespérer d’une nouvelle
donne (encore que lointaine) entre les deux
pays.
J.-P. A. _____
59 pages, 5,50 €. Gallimard, qui publie toute
l’œuvre de B. Sansal (quatre romans dont Le Serment).
Philippe THOMAS-DEREVOGE
LE VIZIR
Selon Michel de Grèce qui a raconté l’histoire dans La Nuit du sérail (Livre de Poche),
la petite Créole Aimée Dubuc de Rivery,
cousine de Marie-Rose Josèphe Tascher de la
Pagerie, future impératrice Joséphine, fut
enlevée par des pirates barbaresques qui l’offrirent au sultan Abdul Hamid qui en fit une
sultane. Après la mort de son protecteur,
Aimée alias Nakshidil aima son successeur,
Selim III, qu’elle incita à certaines réformes.
Se non è vero, è ben trovato, mais ce qui est
sûr est que Selim III offrit à Napoléon
Le Vizir, un pur-sang qui, selon la prophétie
du sultan, allait devenir « le plus illustre cheval » de l’empereur qu’il suivit par monts et
par vaux.
Ceux que passionne la gent équine aimeront cette biographie (très) romancée à travers laquelle l’auteur raconte les campagnes
du Premier Empire fatales à des centaines de
milliers de chevaux qui restèrent « morts ou
mutilés sur les champs de bataille et plus souvent encore au bord des chemins, anéantis par
des marches forcées harassantes ». Un sort
auquel échappa Le Vizir, qui mourut en
1826, à « l’âge canonique et exceptionnel de
trente-deux ans ».
J. L. _____
328 pages, 17,90 €. Ed. du Rocher, coll. Cheval
Chevaux.
10 N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL
Un grand expert :
Alexandre Adler
Le 23 octobre, lors de l’émission « C dans
l’air » consacrée à la Hongrie, l’un des participants insinua que les manifestants anticommunistes du Paris d’alors sévissaient déjà
pendant les années noires au service de la
bête immonde. Mais en culottes courtes,
l’âge moyen des jeunes participant en 1956 à
l’assaut du PC étant d’une vingtaine d’années ! Un propos absurde mais dépassé dans
l’article qu’Alexandre Adler a publié dans
Le Figaro du 2 novembre sur l’insurrection
hongroise. Après avoir affirmé que Staline
avait voulu anéantir la « chevalerie bolchevique » (sic), Adler aurait retrouvé celle-ci à
Paris en 1956 dans ces « courageux typographes de L’Humanité qui luttaient au péril
de leur vie pour sauver leur journal en
flammes des émeutiers d’extrême droite ».
Voilà qui est servi tout chaud aux bourgeois
libéraux lecteurs du Figaro.
Même L’Huma actuelle n’a
pas osé aller jusque-là !
Dans le même article, Adler
rend un hommage (posthume)
à Youri Andropov dont il fait
le précurseur de la “glasnost”.
Cet andropovisme n’est pas
surprenant pour ceux qui ont lu la biographie
d’Adler dans l’Encyclopédie Politique française, tome 2. Né en 1950, époux de Blandine Kriegel, fille du chef communiste Maurice Kriegel-Valrimont (sur lequel Antoine
Blondin avait commis un méchant calembour : « Kriminel-Valrimont, député de
Meurtre-et-Moselle »), Alexandre le Gros
fut longtemps communiste et même
conseiller de Georges Marchais en politique
étrangère. Il fit partie du collectif qui publia
aux Editions Sociales (communistes) l’opuscule « L’URSS et nous » où Lénine était
salué comme un grand démocrate. Cela dura
jusqu’en 1981, quand Adler quitta le PC et
incita à voter Mitterrand. Dans son livre
« L’Histoire démaquillée », Thierry Wolton
épingle cet « admirateur d’Andropov, qui
cache mal sous des allures critiques sa nostalgie du communisme, version démocratisée ».
Depuis, Alexandre Adler, agrégé d’histoire,
est devenu un spécialiste reconnu de l’histoire contemporaine, notamment sur Arte et
la chaine Histoire (TPS) où il traite d’un peu
de tout dans le sens le plus politiquement
correct. Surtout quand il parle des fascismes,
des régimes autoritaires de droite et enfin
des populismes. Il a collaboré à diverses
publications (dont Courrier international)
et chaque fois qu’il le peut, il s’en prend à
Jean-Marie Le Pen. Entré en 1983 au comité
éditorial du Figaro où il bénéficie d’une
chronique hebdomadaire, il serait bien en
cour auprès de Jacques Chirac dont sa
femme est depuis 2002 une conseillère écoutée. Selon Emmanuel Ratier, il aurait été initié en 2000 à la grande Loge Nationale Française. Enfin il est au mieux avec LA communauté et appartient à la rédaction de Tribune Juive. Tout cela fait beaucoup pour ce
spécialiste omniscient, doublé d’un gourou
ventripotent.
Aux dernières nouvelles, sa Blandine
d’épouse se verrait très bien présidente du
Conseil supérieur de l’Audiovisuel à l’expiration du mandat de Dominique Baudis.
J.-P. A.
Jürgen ELSÄSSER
COMMENT LE DJIHAD
EST ARRIVÉ EN EUROPE
En bonne logique, le journaliste allemand
d’investigation Jürgen Elsässer aurait dû
être poursuivi en justice par d’innombrables gouvernements (dont le sien) pour
propagation de fausses nouvelles, diffamation publique, atteinte à l’honneur des
Etats américain, britannique, allemand,
bosniaque, etc. On a préféré étouffer son
livre. Qui, il est vrai, est terrible. Mais,
faute de démentis officiels à ses dires
(appuyés par un impressionnant appareil
de notes), comment la « communauté
internationale » peut-elle laisser se poursuivre la comédie du Tribunal pénal international de La Haye sur les crimes serbes
dans l’ex-Yougoslavie ? Comment n’exiget-elle pas la fermeture immédiate du camp
de Guantanamo et… la vérité sur les attentats du 11-Septembre 2001 ?
Car avant la destruction des Twin Towers
de Manhattan, il y eut les sanglants attentats de Sarajevo (1992, 1994) attribués aux
Serbes mais dont le journaliste Bernard
Walter affirma le 18 février 1994 sur TF1
que, selon un « rapport de l’ONU tenu
secret », les Musulmans étaient « sans aucun
doute » responsables, à seule fin de provoquer « des frappes aériennes contre les Serbes
de Bosnie », « pas des pichenettes mais une
guerre aérienne lourde et si possible de longue
durée » comme devait le déclarer Richard
Holbrooke, chargé d’affaires pour la Bosnie de l’administration Clinton. Bernard
Walker, raconte Elsässer, fut « traîné devant
les tribunaux pour ses propos, mais il a gagné
son procès, début 1998 ». Il est vrai que le
général Rose lui-même, commandant (britannique) de la Forpronu, devait admettre
que « le tir de mortier n’était pas parti des
positions serbes mais de la partie de la ville
qui était sous contrôle musulman ».
Le stratagème qui avait si bien réussi
contre les Serbes en Bosnie fut-il utilisé en
septembre 2001 par le clan Bush pour lancer sa « guerre contre le
terrorisme » dont l’Irak
était supposé être la
plaque tournante (on
sait qu’un très récent
rapport parlementaire
US a fait litière de ces
accusations — cf. RIV.
du 15/9), ce qui justifiait sa vitrification et le
renversement du régime de Saddam Hussein ?
Ce qui est sûr, c’est que l’islamisme et le
terrorisme islamique sont des serpents que
l’Occident, à commencer par les EtatsUnis, a réchauffés dans son sein, d’abord
contre l’URSS — c’était la théorie de
« l’Empire éclaté » — via l’Afghanistan.
Conflit sur lequel l’auteur cite des confidences renversantes de Zbigniew Brzezinski, le « Monsieur Politique étrangère »
du président Carter, se vantant d’avoir
ourdi les provocations qui devaient précipiter l’intervention soviétique. Et sans
doute les neo-conservatives actuellement au
pouvoir à Washington persévèrent-ils dans
la même voie avec la Tchétchénie.
Sans originalité excessive, le prière d’insérer du livre qualifie celui-ci de « passion4 décembre à Paris 16e
Salons Etoile-Marceau,
79 bis avenue Marceau,
de 13 à 18h.
3e Salon du Livre d’histoire
avec plus de 50 écrivains qui
dédicaceront leurs livres.
Rens. Parthénon événements :
06-66-61-25-17.
Télévision
Le Parc des félins vient de s’ouvrir en
Seine-et-Marne. Les concepteurs ont profité d’un grand espace (60 ha) avec prairies, bois, fourrés, étang, afin d’offrir aux
lions, tigres, léopards et à bien d’autres
membres de la famille féline un habitat
d’autant plus extraordinaire que ces animaux, nés en captivité ou récupérés chez
des particuliers irresponsables par les services des Douanes, ne connaissaient que
des aires assez exiguës. A Nesles, on peut
au contraire voir s’ébattre, se reproduire,
courir, les grands félins aimés des enfants
mais aussi beaucoup de représentants d’espèces moins connues comme le caracal, le
jaguarondi, ou le marguay ; guère plus gros
que nos chats domestiques, ces animaux
vivent dans de vastes cubes grillagés (le
nom de cage ne convient pas) où abonde la
végétation, ce qui fait qu’il faut quelquefois attendre pour les apercevoir : leur vue
se mérite !
Le parc est divisé en sections européenne (la plus petite, on s’en doute),
asiatique, africaine et américaine. Ces
bêtes magnifiques (M. Patrick Jardin,
créateur du parc avec l’aide du département de Seine-et-Marne, n’aime pas le
mot “fauve”), les robes rayées, tachetées
de tant de manières, unies dans des tons
chauds, ou noires, valent un séjour d’au
moins trois heures dans ce parc, et plusieurs visites.
L’endroit est en lui-même un lieu de promenade agréable, on y trouve un restaurant,
une aire de pique-nique, une boutique avec
jouets, tee-shirts et livres et une ferme pédagogique avec chèvres et volailles (qui ne
servent pas à l’alimentation des félins !)
Le parc est associé aux meilleurs zoos
d’Europe (en général dans les pays du Nord
et en Allemagne) pour des échanges d’animaux, afin d’éviter les problèmes de consanguinité. Les bêtes ont des puces électroniques pour leur “traçabilité” et sont enregistrées dans des stud-books ; la gestion des
naissances est rigoureuse car certaines
espèces, les lions en particulier, se reproduisent trop vite pour le confort des individus.
Une initiative à laquelle on ne peut que
souhaiter un grand et durable succès.
F. P. _____
Parc des Félins, Nesles, N4 puis D402. Entrée
7 € enfants, 12 € adultes et enfants de plus de
10 ans. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à
16 h. Fermé du 18 décembre au 8 janvier. Se
munir de jumelles, que l’on peut aussi louer sur
place. Tél. : 01-64-51-33-30 — Fax : 01-64-51-
33-34 ou <parc-des-felins.com>.
www.rivarol.com
Chaque jeudi, vous pouvez consulter
notre site Internet, pour vous assurer
que notre hebdomadaire a bien paru et
en connaître le sommaire.
Pour toutes les correspondances
administratives, utiliser l’adresse
<contact@rivarol.com>, l’adresse
<galic@rivarol.com> étant réservée
au courrier rédactionnel. Les lecteurs
internautes qui souhaitent faire figurer
leur adresse électronique doivent le
spécifier et les autres peuvent nous
demander de transférer leur message
au correspondant choisi.
Des tigres
dans la Brie !
N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 11
en-deçà de son lyrisme et de sa virtuosité
habituels. Ce n’est certes pas le meilleur de
Palma, mais il s’agit d’un polar de grand
style dans la lignée des classiques du film
noir se déroulant à Los Angeles dans les
années d’après-guerre, Chinatown ou
L.A. Confidential. Malgré son budget limité,
le cinéaste nous dévoile avec maestria la
face cachée, et ô combien perverse, du glamour hollywoodien. Sur le plan de la
reconstitution d’époque et du raffinement
visuel, Le Dahlia noir fait mouche.
On sera plus réservé en ce qui concerne les
prestations un peu trop appliquées et pas
vraiment convaincantes des comédiens, à
l’exception d’Hilary Swank (Million dollar
baby) qui campe la femme fatale de service
avec beaucoup d’humour et surtout de Mia
Kirschner dans le rôle-titre, vulnérable et
bouleversante dans les flash-backs en noir
et blanc de son bout d’essai dirigé par la
voix de Brian de Palma lui-même.
●
L’intitulé n’est pas très engageant et
trop vague, mais Nouvelle chance, le
petit dernier de Mme Anne Fontaine,
recèle des trésors de fantaisie et d’originalité. Cette salutaire bouffée de fraîcheur dans le petit monde bien balisé et
frelaté du cinéma comique français, on la
doit aux retrouvailles de la réalisatrice
avec son frère et complice, Jean-Chrétien
Sibertin-Blanc, le grand échalas rêveur
et impavide aux allures de Buster Keaton
d’Augustin, roi du Kung Fu, leur précédente collaboration en 1998. Dans ce
nouvel avatar, Augustin, époux d’une
Héroïnes de la semaine, une jeune actrice
de 22 ans sauvagement assassinée à Hollywood dans Le Dahlia noir de Brian de
Palma et une grande dame du cinéma français toujours juvénile à 89 ans : Danielle
Darrieux dans Nouvelle chance d’Anne
Fontaine.
Surnommée le Dahlia noir par la presse en
raison de sa chevelure de jais, la starlette
Elizabeth Short ne trouva la gloire posthume
que comme victime du meurtre le plus
célèbre, et l’un des plus horribles, des riches
annales criminelles américaines : son
cadavre sectionné en deux au niveau de la
taille, vidé de son sang et de ses organes, la
bouche lacérée jusqu’aux oreilles, en un rictus terrible évoquant L’homme qui rit de
Victor Hugo, fut découvert le 11 janvier
1947 dans un terrain vague. De ce fait
divers atroce, non encore élucidé à ce jour,
le romancier James Ellroy, marqué par l’assassinat non élucidé lui aussi de sa mère, a
tiré l’une des œuvres phares de la littérature
policière contemporaine qui dépassait le
cadre étroit du genre par la complexité de
ses personnages et la peinture dantesque de
la décadence morale et de la pourriture qui
gangrenaient la cité des anges, si mal nommée. Un matériau idéal pour Brian
de Palma, grand maître des ambiances délétères et de la violence spectacle la plus flamboyante (voir Scarface avec Al Pacino). Son
Dahlia noir adapté par le scénariste de La
guerre des mondes de Spielberg n’a pourtant pas bonne presse, tant auprès des thuriféraires du livre, éternelle question des
adaptations littéraires, que des siens
propres, dont le principal grief tient à une
réalisation qui serait purement décorative,
Japonaise, et garçon de bains au Ritz,
essaie de monter avec le soutien financier
d’une entreprise suédoise une pièce de
théâtre, Les Salons d’après les échanges
épistolaires entre Madame Du Deffand et
Julie de Lespinasse, figures en vue, amies
puis rivales, des salons parisiens du
XVIIIe siècle. Des rôles dont il trouve
rapidement les interprètes : une vieille
gloire oubliée de l’opérette (Danielle
Darrieux) qu’il a rencontrée dans un
centre d’accueil social où il présentait un
spectacle de kabuki complètement ringard, et Bettina Fleischer (Arielle Dombasle), une actrice de télévision populaire et évaporée qu’il a prise dans ses
filets dans la piscine du Ritz. A partir de
ce canevas, Anne Fontaine a réalisé une
comédie funambulesque entre drôlerie et
mélancolie, qui épingle sans trop de
méchanceté certains ridicules de notre
époque (dont Jack Lang tel qu’en luimême dans une galerie d’art), servie par
des répliques pleines d’esprit et de mordant, avec des séquences franchement
désopilantes.
Mais l’attrait principal de Nouvelle
chance, sans minimiser la présence étrange
et poétique de Sibertin-Blanc, reste son formidable duo de comédiennes. L’opposition
entre Mme Lévy et Danielle Darrieux fait des
étincelles. La quasi-nonagénaire rayonne
encore de charme et nous gratifie à la fin
d’un moment qui confine au sublime lorsqu’elle chante la Folle Complainte de Trenet. Madame de est éternelle !
Patrick LAURENT.
AVEZ-VOUS lu Gomez Davila ?
C’est peu probable. D’abord parce
que l’œuvre de ce Colombien n’a
pas été traduite en français, sinon partiellement en revues ou sous forme de recueils
(Les Horreurs de la démocratie, Le Réactionnaire authentique, tous deux au
Rocher). Ensuite parce que, selon l’expression de son ami Alvaro Mutis, elle est « un
territoire jalousement maintenu dans la
pénombre ».
La raison en est simple : comme l’indiquent les titres français de ces recueils, il
s’agit d’une pensée à contre-courant. Donc
systématiquement rayée de la carte.
●
Nicolas Gomez Davila, disparu à la veille
de son quatre-vingt-unième anniversaire
en 1994, est un de ces hommes dont la vie
entière fut consacrée à l’étude et à l’écriture. Peu de détails sur les épisodes de son
existence, sinon qu’il aurait fait des études
à Paris chez les bénédictins, aurait, plus
tard, parcouru l’Europe en automobile et
qu’une chute de cheval le contraignit,
depuis 1949, à vivre cloîtré dans l’immense bibliothèque de sa maison de
Bogota.
Cela pour s’en tenir aux faits les plus
marquants. Ils n’ont eu, semble-t-il, qu’une
incidence secondaire sur une pensée façonnée et nourrie, pour l’essentiel, par des lectures éclectiques. Lectures faites dans le
texte, qu’il s’agisse des langues anciennes,
grec et latin, ou modernes, anglais, français ou allemand.
Son livre principal sinon unique,
entamé en 1977, achevé en 1992,
constamment complété et enrichi,
découpé en tranches pour les besoins de
l’édition et de la traduction, porte un titre
que Borges n’eût pas renié : Escolios a
un texto implicito (Commentaires sur un
texte implicite). Une série de brèves
remarques, d’aphorismes traités à la
Chamfort, à la Rivarol ou à la Berjaud,
qui abordent de nombreux domaines, de
la philosophie politique à la psychologie en passant par la
théologie, voire
l’urbanisme ou l’architecture.
Rien en effet, du Bien, du Vrai et du
Beau, ne saurait être dissocié de l’ensemble. Le monde platonicien est harmonie majeure à laquelle fait injure le modernisme triomphant.
Ces scolies expriment donc la pensée
d’un réactionnaire intégral, nourri de culture européenne, nostalgique de la société
médiévale dont il oppose le système féodal à la mentalité moderne, à la démocratie, au marxisme. Une pensée saisie à son
terme, débarrassée de toute démarche
démonstrative et, par là même, de toute
pesanteur. Elégance d’un auteur pour qui
« l’écrivain bien élevé tâche de se limiter
au nécessaire » et doit « écrire bref, pour
conclure avant de lasser ».
Ces vérités en miettes, n’obéissant à
aucun ordre thématique, jetées comme en
vrac sur le papier, constituent, selon toute
vraisemblance, le « texte implicite »
qu’elles sont censées commenter. A moins,
comme le pensent certains, que le texte
auquel se réfère Gomez Davila ne soit la
production culturelle tout entière de l’Occident. Ou encore quelques pages matricielles de sa propre œuvre. Peu importe. Le
mystère du titre n’entame en rien l’intérêt
des Escolios. Tant s’en faut.
Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit
nullement d’un traité dûment construit, ou
plutôt de traités imbriqués, tant les
matières abordées sont nombreuses. Si
bien que l’on peut aborder
ces fragments au hasard. Tel
était, du reste, le souhait de
l’auteur : « La seule prétention que j’aie, c’est de ne pas
avoir écrit un livre linéaire,
mais un livre concentrique. »
●
Livre de combat, assurément. Et même de guérillero.
« Nous devons tirer avec
n’importe quelle arme,
affirme l’auteur, depuis n’importe quel buisson, sur toute
idée moderne qui s’avance
seule sur le chemin. » C’est
que l’homme contemporain
est enfermé dans un dogmatisme inébranlable, imperméable aux arguments systématiques. Or « le premier pas
de la sagesse consiste à admettre, avec
bonne humeur, que nos idées peuvent très
bien n’intéresser personne. »
Au fil des aphorismes, se dessine un univers parfaitement cohérent — à condition
de savoir déceler l’essence derrière la
manifestation. Car « tout est banal si
l’homme n’est pas engagé dans une aventure métaphysique ». Une attitude aristocratique, aux antipodes de la médiocrité
moderne qui a fait de l’homme — de
l’homme et de ses droits — l’unique objet
d’un culte parodiant le sacré.
D’où le pessimisme volontiers provocant,
mais non dénué d’humour, de certaines
assertions. La religion ? « L’erreur du
chrétien progressiste est de croire que la
polémique éternelle du christianisme
contre les riches est une défense implicite
des programmes socialistes. » La
politique ? Elle « n’est pas l’art d’imposer
les meilleures solutions, mais d’empêcher
les pires. » La civilisation ? « Tout ce que
l’université ne peut pas enseigner. » Ou
encore, « un sourire qui mêle discrètement
ironie et respect. » Car pour Gomez
Davila, « être civilisés, c’est être capables
de critiquer ce en quoi nous croyons, sans
cesser d’y croire. » Voilà sans doute pourquoi « l’homme cultivé a le devoir d’être
intolérant. »
On aurait tort, évidemment, de ne voir là
que pirouettes et gongorismes. Sous la
désinvolture apparente, sous les paradoxes,
se dessine une vraie sapience. Et un auteur
raffiné pour qui « écrire est la seule
manière de prendre ses distances avec le
siècle dans lequel il nous a échu de
naître. »
●
Pour aborder la lecture de Gomez Davila,
on consultera avec profit le premier
volume des Studia Daviliana (*), études
que lui a consacrées il y a juste trois ans
Philippe Billé. Non seulement cette brochure offre en traduction un choix copieux
de scolies couvrant de nombreux
domaines, mais son auteur, spécialiste
(l’un des rares en France, sinon le seul) de
l’écrivain colombien, y a adjoint un
impressionnant appareil critique.
Hagiographie (!), bibliographie très complète, index onomastique donnant une idée
de la vaste culture de Davila, mais aussi
études critiques, dont des entretiens et une
comparaison entre Davila et Albert Caraco,
écrivain uruguayen de la même veine,
autant d’entrées ouvrant l’accès à ces
Escolios dont on souhaite qu’elles soient,
dans leur totalité, bientôt disponibles dans
notre langue.
_____
* Studia Daviliana. Etudes sur Nicolas Gomez
Davila réunies par Philippe Billé. Chez l’auteur
(20 rue de l’Amitié, 17330 La Croix-Comtesse). 50 pages, prix non communiqué.
Davila, un aristocrate égaré dans notre siècle
Cinéma Fleur vénéneuse et douce fantaisie
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2006
Jérôme BOURBON : Abolition de la peine de mort, progrès ou recul de la civilisation ? — René BLANC : Sarkozy : programme écologique de “rupture” ou stratégie d’esbroufe ? — Georges MAÎTRE : “Indigènes”, le bobard comme un art
orwellien — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES LIVRAISONS — Jean CURUTCHET : Quelle paix pour le Pays basque ? — Carrefour des lecteurs — Xavier
EMAN : Savorgnan de Brazza, un héros très discret — Frédéric BARTEL :
Antoine de Rivarol, chroniqueur, pamphlétaire et moraliste — Nikita PROCOFIEFF : Les favorites de la IIIe République — Patrick LAURENT : Du frivole au
pompier — Bibliothèque — Notes de lecture.
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.
Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.
SAMEDI 4 NOVEMBRE.
Le monde est très petit.
Attendant patiemment le
“47” à la porte Saint-Martin
pour me rendre à SaintNicolas du Chardonnet où doit être célébrée
la messe à la mémoire de Jean Ferré,
j’échange quelques mots avec une dame
charmante… qui va elle aussi à Saint-Nic.
Mieux, elle lit RIVAROL et le samedi précédent, place du Châtelet, elle a fait partie
de la charrette embarquée et gardée à vue
plusieurs heures durant pour participation à
la manifestation — interdite — commémorant l’insurrection hongroise de 1956. Interdite, me dit-elle, à la demande du gouvernement hongrois, dont on sait qu’il est largement composé d’anciens (?) communistes.
En passant par leurs fourches caudines, notre
aristocratique (mais si, mais si) Nicolas
Sarközy de Nägy-Bocza espère-t-il récupérer les terres et le castel ancestraux ?
Mais foin de ces « considérations politiques », comme dirait Chirac, l’assistance à
la messe doit ramener à un minimum de charité chrétienne. Le service est superbe et
l’abbé Alain Lorans, lui-même pilier de
Radio Courtoisie et ancien recteur de l’Institut universitaire Saint Pie X, rend avec chaleur un hommage mérité à Jean Ferré.
SÉRÉNISSIME…
GRÂCE A L’ISLAM ?
Pour sacrifier à l’« esprit d’Assise », cap
sur l’Institut du Monde arabe qui présente
une exposition « Venise et l’Orient » (1). Philosophie générale de l’expo : avant 828 et
leurs premiers échanges avec les Mamelouks, les Vénètes étaient des barbares, et
quand l’invasion napoléonienne mettra fin
aux relations privilégiées de la Sérénissime
avec la Sublime Porte, Venise retournera à
son obscurité. C’est bien connu, le soleil de
la civilisation se lève à l’Est. Même si Stamboul ne fut grande que parce qu’elle était
l’héritière de Constantinople, que les
Osmanlis encore mal dégrossis de leurs
steppes découvrirent avec éblouissement.
Faut-il d’ailleurs rappeler que le plus fameux
architecte “turc”, Sinan — un Gréco-Arménien soit dit en passant —, étudia à Vienne,
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