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11/21/25

 


● De


Jean LECONTE :

JUDAÏSME ET MARXISME

L’antisémitisme russe serait toujours aussi

vivace, selon Le Figaro du 17 octobre qui

nous apprend qu’il y aurait en Russie de

300 000 à 600 000 juifs — l’écart montre

qu’on ne sait pas très bien, « malgré l’émigration massive déclenchée par la chute de

l’URSS (un million de départs vers Israël,

autant vers les Etats-Unis.) » Cette émigration massive signifie tout simplement que les

juifs ne s’accommodaient pas trop mal du

régime soviétique.

● De Robert BLOND, ancien de la “Charlemagne” :

NUANCES

Très intéressé par votre écho sur « Les

Bienveillantes » dans votre numéro du

3 novembre, je me permets d’attirer votre

attention sur le point suivant, qui n’est pas

sans importance : le personnage central,

Max Aue, n’est pas un officier de Waffen SS

(la SS « en armes »), mais il appartient

donc à l’Allgemeine SS (la SS «générale»,

vouée aux tâches d’administration et de

police) ; en effet, à aucun moment, tout au

ENTRE NOUS

(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)

Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres

rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un

numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.

Les textes doivent nous parvenir dix jours

avant la parution et être rédigés en caractère

d’imprimerie très lisibles.

DIVERS

◆ Vigneron rivarolien vd vin rouge sélectionné

2,50 € la bouteille, vin blanc chardonnay 3 €

(prix départ). François CATHALA, « Les Pouzets », 11100 Narbonne. Tél : 04-68-32-08-75.

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RELATIONS

◆ H. 34 ans souhaite correspondre avec lecteurs et lectrices de RIVAROL pour amitié et

échanges sur travail, famille, monde rural,

environnement. Ecr. 2785/1270.

N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 9

scandalisé, a dénoncé « des idées aussi

malsaines ». Norbert de Jonge, le trésorier de ce parti des bas-fonds — créateur

d’un site pour « amoureux des très jeunes

filles » — ayant repris des études d’orthopédagogie (spécialisation destinée aux

enfants à problèmes) s’est fait renvoyer

le 15 juin dernier de l’université catholique de Nigmegen.

A contrario, le député DVDA (équivalent

du parti socialiste chez nous), Niesco

Dubelboer — bien qu’horrifié par le

PNVD, mais prêt à tout au nom de la

Démocrature — s’opposa à son interdiction

(faveur qu’il refuse comme de bien entendu

à la droite populiste hollandaise…), sous

prétexte qu’il faut faire « confiance au

jugement des électeurs. Ces gens sont si

éloignés de la réalité qu’ils n’obtiendront

que zéro virgule zéro voix. » Vœu pieux ?

En tout cas, le gouvernement Belkenende

refusa catégoriquement de choisir entre

“morale” et « liberté d’expression » et son

porte-parole estime que « dans la mesure

où le PNVD ne trouble pas l’ordre public,

nous n’avons aucun motif d’empêcher sa

validation. »

Soumettons aux grands démocrates de

La Haye cette citation d’un démocrate

patenté, Victor Hugo : « On tue les tigres

pour la peau, les meurtriers pour

l’exemple. »

Jean DORVAL,

<jean-dorval@wanadoo.fr>.

C’EST mercredi prochain, 22

novembre, qu’auront lieu aux PaysBas les élections législatives. Verrat-on s’y présenter le premier parti politique

au monde prônant la pédomanie, le NVD

(Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit,

autrement dit : « Amour du prochain,

Liberté et Diversité… ») ? En effet, les fondateurs de cette scandaleuse déformation

politique considèrent la pédomanie comme

une « orientation sexuelle comme une

autre », voire un progrès contre « la peur et

l’intolérance ». Martijn Uittenbogaard

(34 ans), le président, Ad van den

Berg, le trésorier (62 ans, ancien président de l’assoce Martijn, une des

plus importantes organisations pédophiles d’Europe), et Norbert de Jonge

(28 ans), le secrétaire, ont poussé la

provoc’ jusqu’à prendre comme

devise, la célèbre phrase de Kant

« Sapere aude » — Ose réfléchir.

Tous les adhérents de ce pédoparti,

soit plus de 200 déviants, sont bien

sûr tous membres de l’assoce Martijn dont le site internet, comme les magazines Nambla et OK Magazine, charrient

un torrent de boue. La loi néerlandaise

autorisant le sexe “consentant” à partir de

16 ans mais interdisant la pornographie

enfantine, Martijn la contourne en usant

d’une « subtilité juridique »… Elle fait

l’apologie de la pédomanie, sans faire référence à une quelconque pratique, et surtout, sans mettre aucune photo pédopornographique… Ainsi, cette assoce diabolique

instille progressivement son venin dans la

société hollandaise, et partout dans le

monde !

Si ces délinquants sexuels obtiennent mercredi des sièges au Parlement, ils feront tout

pour que leurs obsessions se concrétisent :

âge minimum du consentement ramené à

12 ans (mais à terme, cette limite disparaîtra totalement…) pour avoir des relations

sexuelles avec un adulte, jouer gratuitement

dans des films X ou à des jeux d’argent,

boire de l’alcool, faire usage de drogues

douces, choisir le lieu de sa résidence et

voter ; autorisation de se prostituer et de

consommer des drogues dures dès 16 ans ;

films pornographiques diffusés à la télévision à toute heure ; fermeture des écoles

confessionnelles et suppression du

mariage ; instauration de la nudité

publique ; légalisation à usage privé de la

pédopornographie ; défense de la zoophilie (acte contre-nature déjà légalisé

aux Pays-Bas). D’autre part, ils considèrent l’abattage des animaux à des

fins alimentaires comme un meurtre,

mais ne conçoivent pas la menace que

représente, pour les droits de l’enfant,

le fait de les jeter en pâture aux amateurs de chair fraîche.

Depuis que ce programme a été

divulgué, Martijn Uittenbogaard est

menacé quotidiennement de mort.

Sera-t-il l’objet d’une fatwa islamique ?

Dans tous les cas, cela n’a pas changé son

mode de vie, puisque son appartement de

Leiden est toujours tapissé de photos de

jeunes garçons, presque nus, dans des

positions lascives. De son nid de prédateur, décoré de peluches représentant des

personnages de Walt Disney, il dénonce

une « société fasciste et répressive »,

regrette toute honte bue la permissivité

des années 1970, « où l’on pouvait toucher les enfants sans que cela fasse de

drames ».

Tenant du même délire, Ad Van den Berg,

le numéro deux du pédoparti, assène « Sa

Vérité », estimant qu’il est temps de faire

voler en éclats « les tabous et les dogmes »,

dénonçant la « chasse aux sorcières dont

sont victimes les pédophiles depuis l’affaire

Dutroux ».

Le psychothérapeute amstellodamois

Ruud Bullens, spécialiste des pédomanes

depuis 32 ans, indique que ces malades « ne

se perçoivent pas comme une menace pour

la société ». Selon lui, « les fondateurs du

NVD prétendent donner de la liberté aux

enfants de 12 ans en autorisant les relations

physiques avec des adultes », alors qu’en

réalité « ils les privent du droit de découvrir

leur sexualité à leur rythme, ils impriment

une marque indélébile sur la vie sexuelle de

ces jeunes », menant le plus souvent au suicide.

UN GOUVERNEMENT

IRRESPONSABLE

Ce parti n’avait pas encore d’existence

juridique que ses fondateurs se retrouvaient devant les tribunaux. Le 9 juin

2006, ils ont été condamnés à changer le

nom de leur formation à la demande

d’une firme de gardiennage et de l’association des zoos néerlandais, utilisant les

mêmes initiales et redoutant d’être assimilées au “pédoparti”. Le “P” de parti

précède désormais le sigle “NVD”. Une

seconde plainte en référé, déposée le

7 juillet dernier par l’association de protection de l’enfance Stichting Soelaas

d’Irene Van Engelen, tentait de faire

interdire le pédoparti pour « trouble de

l’ordre public ». Le bon sens a été

débouté par l’Injustice qui légalise

in facto ce regroupement de pervers ! A

la grande fureur des Néerlandais dont

80 % réclament l’interdiction du PNVD

et des poursuites contre ses animateurs.

Plusieurs députés ont interpellé le gouvernement à ce sujet, sans résultat. Le

parlement de La Haye, majoritairement

Pays-Bas, très haut niveau de laxisme

L A POLYGAMIE tendrait à régresser

en Afrique, mais elle connaît, depuis

quelques années, les faveurs de certaines Africaines (encore) minoritaires

dans la société, les “intellectuelles”.

Sur le continent noir, cette forme de

mariage est surtout — mais pas exclusivement — répandu dans les pays musulmans.

Elle autorise un homme à avoir jusqu’à

quatre épouses s’il peut les traiter équitablement. Mais selon le sociologue mauritanien Bios Diallo, « cette coutume est

antérieure à l’existence de plusieurs religions, dont l’islam ». Toutefois, admet-il,

« c’est l’islam qui a adapté la survivance

culturelle de la polygamie ». Si l’ancien

président tunisien Habib Bourguiba, pour

sa part, a interdit la polygamie dans le code

du statut personnel promulgué en 1956

(une exception avant-gardiste dans le

monde arabe), ce régime matrimonial est

inscrit depuis 1972 dans le code de la

famille du Sénégal, où cette coutume est

fréquente : selon l’Institut de la statistique

et de la démographie, en 2002 un quart des

mariages était polygamique. Surtout en

milieu rural : « Les femmes surchargées de

travail demandent à leur mari de prendre

une autre épouse pour réduire leurs

tâches. Pour elles c’est normal, c’est la

tradition », souligne Binta Sarr, présidente

de l’Association pour la promotion de la

femme sénégalaise (Aprofes) et elle

ajoute : « Cela les soulage de l’activité

sexuelle permanente », dont pour les

mâles, en milieu rural, c’est parfois le seul

“travail” ! Et dire que le défunt pape JeanPaul II prêchait l’abstinence en Négritie

pour vaincre le Sida !

Dans les villes, des sociologues et associations notent l’émergence de femmes

éduquées et jouissant d’une bonne situation professionnelle qui choisissent

d’épouser un polygame. C’est que les

“intellectuelles” peinent à se caser, parce

que les hommes craignent d’épouser des

femmes qui, du fait de leur éducation, risquent d’être moins dociles. Or, en Afrique,

c’est encore le mariage qui fait la femme.

Coépouses dont le mari navigue d’un logeOn nous permettra bien sûr de préférer Chard pour la

sûreté de son trait (et de ses traits, dévastateurs pour l’Establishment français ou étrangers) mais après elle, aucune

contzstation possible : avant qu’il ne se retire au désert,

pour mettre au point un véhicule miracle auquel il travaille depuis vingt ans pour le bonheur de l’humanité et

son plaisir propre, Konk était le meilleur dessinateur français. Profondément original et très supérieur à Plantu

avant que Le Monde, où il faisait le dessin de Une, ne se

débarrasse de lui, terrifié par ses faiblesses pour le révisionnisme.

Venu de l’extrême gauche, le paria se recycla à Minute

et à National Hebdo. Pour tous ceux qui se lamentent de

ne plus le retrouver dans les colonnes de ces hebdomadaires, une grande consolation : un auditeur toulousain

leur offre sous le titre Tout le monde il est français une

sélection de 300 dessins au vitriol, luxueusement présentés dans un album cartonné et dont les têtes de chapitre

donnent une idée du contenu… explosif : Immigration,

une chance pour la France — Le devoir de mémoire (particulièrement percutant) — Religions (l’Aïd est à la

fête) — et Europe (Turquie comprise).

Un cadeau de Noël idéal pour réveiller les endormis.

J. L. _____

25 ou 28 € franco. A commander à Auda Isarn, BP 80432,

F-31004 Toulouse cedex 6.

ment à l’autre, elles échappent ainsi aux

pressions d’une société qui refuse le célibat, tout en restant “libres”. De plus en plus

de cadres ou encore de présidentes d’entreprises s’en accommodent afin de pouvoir

mener tranquillement leurs affaires et de

partir quelques jours seules pour un colloque ou autre déplacement.

Aussi bien, à la ville comme à la campagne, sur un continent rongé par la pauvreté, accepter une coépouse est parfois une

affaire de gros sous. Par exemple : « Au

Mali, de très jeunes filles préfèrent se

marier à des polygames aisés plutôt

qu’avec les jeunes du pays qui sont au chômage », déplore Kadida Sidibé, présidente

de l’Association malienne pour le suivi et

l’orientation des pratiques traditionnelles.

Les chômeurs et les petits revenus se

retrouvent ainsi sur le carreau. Paradoxal,

lorsque les femmes se plaignent du manque

d’hommes. En effet, beaucoup de régions

subsahariennes connaissent un déséquilibre

démographique : 48 % d’hommes contre

52 % de femmes au Mali, au Burkina Faso,

au Sénégal. Déséquilibre dû à l’émigration

clandestine des jeunes hommes sansemploi vers l’Eldorado européen.

Si les raisons pour lesquelles les femmes

épousent un polygame varient, cette forme

d’union tendrait donc à reculer car entretenir plusieurs épouses — et leurs enfants —

revient cher. Mais, pour autant, ce régime

matrimonial n’est pas près de disparaître

dans la négritude. Il se déplace simplement

de l’Afrique à l’Europe, notamment en

France où, légalement interdit, il est toléré

dans notre société multiculturelle respectueuse des “différences”. Bien plus, il y est

encouragé, puisque les contribuables français offrent le logement aux familles polygamiques, souvent flanquées d’une vingtaine d’enfants et les entretient par les allocations familiales et nombreuses autres

aides sociales. Il y aurait 30 000 à

70 000 familles “nombreuses” vivant à nos

crochets, en parasites : c’est la polygamie

« à la française ».

Noëlle SACLET.

La polygamie “à la française”

Vous reprendrez bien un coup de Konk ?

Vendredi 24 novembre

SPÉCIAL 16 PAGES

un numéro à ne pas manquer

nant comme un roman d’espionnage ». C’est

vrai, mais l’enquête de Jürgen Elsässer est

surtout terrifiante dans la mesure où elle

oblige à se poser constamment la question :

« Mais à qui peut-on se fier ? » Réponse :

« A personne, sans avoir soumis hommes et

faits à un doute systématique. » L’akribeia

de l’ami Plantin…

Dans sa préface, l’ancien ministre socialiste de la Défense Jean-Pierre Chevènement espère que le travail d’Elsässer

« contribuera utilement à un sain pluralisme

et à l’éclosion de vérités pas toujours bonnes à

dire », et surtout qu’il fera « réfléchir audelà des passions souvent instrumentées à des

fins pas toujours avouables ». Car d’autres

mauvais coups sont en préparation en

Europe. Au Kossovo et en Albanie notamment où se nouent d’étranges alliances.

J. L. _____

300 pages avec bibliographie et index des lieux et

des noms, 19 €. Xenia éditions, CP 395, CH1800 Vevey ou <www.xeditions.com>. Site de l’auteur : <www.juergen-elsäesser.de>.

Boualem SANSAL

POSTE RESTANTE : ALGER

L’auteur est un écrivain algérien francophone révélé au grand public par un étrange

roman policier, mélange de Céline et de San

Antonio se déroulant en Algérie, Le Serment

des barbares (Gallimard 1999).

Il y témoignait déjà d’un très mauvais

esprit pour les mythes et légendes de l’Algérie indépendante. Il récidive dans ce court

essai sous-titré Lettre de colère et d’espoir à mes

compatriotes. En fait, c’est une attaque en

règle contre le régime bouteflikien présenté

comme « une dictature policière, bureaucratique et bigote ». Une dénonciation de l’arabisation, de l’islam religion d’état, du million et

demi de martyrs d’une

guerre qu’il qualifie de

libération sans guillemets… mais peut-être par

précaution. Boualem Sansal démasque et dénonce

ces « gardiens autoproclamés du temple » qui ont

scellé sur l’Algérie une chape de plomb.

Il a même été plus direct lors de son intervention au récent congrès algérianiste de

Toulouse où il reçut un accueil enthousiaste

mais sut dissiper bien des illusions sur le présent et même l’avenir de l’Algérie. C’est un

homme courageux (il vit en Algérie), utilisant un style brillant et très fleuri, incarnant

semble-t-il une « Algérie du silence » qui

nous empêche de désespérer d’une nouvelle

donne (encore que lointaine) entre les deux

pays.

J.-P. A. _____

59 pages, 5,50 €. Gallimard, qui publie toute

l’œuvre de B. Sansal (quatre romans dont Le Serment).

Philippe THOMAS-DEREVOGE

LE VIZIR

Selon Michel de Grèce qui a raconté l’histoire dans La Nuit du sérail (Livre de Poche),

la petite Créole Aimée Dubuc de Rivery,

cousine de Marie-Rose Josèphe Tascher de la

Pagerie, future impératrice Joséphine, fut

enlevée par des pirates barbaresques qui l’offrirent au sultan Abdul Hamid qui en fit une

sultane. Après la mort de son protecteur,

Aimée alias Nakshidil aima son successeur,

Selim III, qu’elle incita à certaines réformes.

Se non è vero, è ben trovato, mais ce qui est

sûr est que Selim III offrit à Napoléon

Le Vizir, un pur-sang qui, selon la prophétie

du sultan, allait devenir « le plus illustre cheval » de l’empereur qu’il suivit par monts et

par vaux.

Ceux que passionne la gent équine aimeront cette biographie (très) romancée à travers laquelle l’auteur raconte les campagnes

du Premier Empire fatales à des centaines de

milliers de chevaux qui restèrent « morts ou

mutilés sur les champs de bataille et plus souvent encore au bord des chemins, anéantis par

des marches forcées harassantes ». Un sort

auquel échappa Le Vizir, qui mourut en

1826, à « l’âge canonique et exceptionnel de

trente-deux ans ».

J. L. _____

328 pages, 17,90 €. Ed. du Rocher, coll. Cheval

Chevaux.

10 N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL

Un grand expert :

Alexandre Adler

Le 23 octobre, lors de l’émission « C dans

l’air » consacrée à la Hongrie, l’un des participants insinua que les manifestants anticommunistes du Paris d’alors sévissaient déjà

pendant les années noires au service de la

bête immonde. Mais en culottes courtes,

l’âge moyen des jeunes participant en 1956 à

l’assaut du PC étant d’une vingtaine d’années ! Un propos absurde mais dépassé dans

l’article qu’Alexandre Adler a publié dans

Le Figaro du 2 novembre sur l’insurrection

hongroise. Après avoir affirmé que Staline

avait voulu anéantir la « chevalerie bolchevique » (sic), Adler aurait retrouvé celle-ci à

Paris en 1956 dans ces « courageux typographes de L’Humanité qui luttaient au péril

de leur vie pour sauver leur journal en

flammes des émeutiers d’extrême droite ».

Voilà qui est servi tout chaud aux bourgeois

libéraux lecteurs du Figaro.

Même L’Huma actuelle n’a

pas osé aller jusque-là !

Dans le même article, Adler

rend un hommage (posthume)

à Youri Andropov dont il fait

le précurseur de la “glasnost”.

Cet andropovisme n’est pas

surprenant pour ceux qui ont lu la biographie

d’Adler dans l’Encyclopédie Politique française, tome 2. Né en 1950, époux de Blandine Kriegel, fille du chef communiste Maurice Kriegel-Valrimont (sur lequel Antoine

Blondin avait commis un méchant calembour : « Kriminel-Valrimont, député de

Meurtre-et-Moselle »), Alexandre le Gros

fut longtemps communiste et même

conseiller de Georges Marchais en politique

étrangère. Il fit partie du collectif qui publia

aux Editions Sociales (communistes) l’opuscule « L’URSS et nous » où Lénine était

salué comme un grand démocrate. Cela dura

jusqu’en 1981, quand Adler quitta le PC et

incita à voter Mitterrand. Dans son livre

« L’Histoire démaquillée », Thierry Wolton

épingle cet « admirateur d’Andropov, qui

cache mal sous des allures critiques sa nostalgie du communisme, version démocratisée ».

Depuis, Alexandre Adler, agrégé d’histoire,

est devenu un spécialiste reconnu de l’histoire contemporaine, notamment sur Arte et

la chaine Histoire (TPS) où il traite d’un peu

de tout dans le sens le plus politiquement

correct. Surtout quand il parle des fascismes,

des régimes autoritaires de droite et enfin

des populismes. Il a collaboré à diverses

publications (dont Courrier international)

et chaque fois qu’il le peut, il s’en prend à

Jean-Marie Le Pen. Entré en 1983 au comité

éditorial du Figaro où il bénéficie d’une

chronique hebdomadaire, il serait bien en

cour auprès de Jacques Chirac dont sa

femme est depuis 2002 une conseillère écoutée. Selon Emmanuel Ratier, il aurait été initié en 2000 à la grande Loge Nationale Française. Enfin il est au mieux avec LA communauté et appartient à la rédaction de Tribune Juive. Tout cela fait beaucoup pour ce

spécialiste omniscient, doublé d’un gourou

ventripotent.

Aux dernières nouvelles, sa Blandine

d’épouse se verrait très bien présidente du

Conseil supérieur de l’Audiovisuel à l’expiration du mandat de Dominique Baudis.

J.-P. A.

Jürgen ELSÄSSER

COMMENT LE DJIHAD

EST ARRIVÉ EN EUROPE

En bonne logique, le journaliste allemand

d’investigation Jürgen Elsässer aurait dû

être poursuivi en justice par d’innombrables gouvernements (dont le sien) pour

propagation de fausses nouvelles, diffamation publique, atteinte à l’honneur des

Etats américain, britannique, allemand,

bosniaque, etc. On a préféré étouffer son

livre. Qui, il est vrai, est terrible. Mais,

faute de démentis officiels à ses dires

(appuyés par un impressionnant appareil

de notes), comment la « communauté

internationale » peut-elle laisser se poursuivre la comédie du Tribunal pénal international de La Haye sur les crimes serbes

dans l’ex-Yougoslavie ? Comment n’exiget-elle pas la fermeture immédiate du camp

de Guantanamo et… la vérité sur les attentats du 11-Septembre 2001 ?

Car avant la destruction des Twin Towers

de Manhattan, il y eut les sanglants attentats de Sarajevo (1992, 1994) attribués aux

Serbes mais dont le journaliste Bernard

Walter affirma le 18 février 1994 sur TF1

que, selon un « rapport de l’ONU tenu

secret », les Musulmans étaient « sans aucun

doute » responsables, à seule fin de provoquer « des frappes aériennes contre les Serbes

de Bosnie », « pas des pichenettes mais une

guerre aérienne lourde et si possible de longue

durée » comme devait le déclarer Richard

Holbrooke, chargé d’affaires pour la Bosnie de l’administration Clinton. Bernard

Walker, raconte Elsässer, fut « traîné devant

les tribunaux pour ses propos, mais il a gagné

son procès, début 1998 ». Il est vrai que le

général Rose lui-même, commandant (britannique) de la Forpronu, devait admettre

que « le tir de mortier n’était pas parti des

positions serbes mais de la partie de la ville

qui était sous contrôle musulman ».

Le stratagème qui avait si bien réussi

contre les Serbes en Bosnie fut-il utilisé en

septembre 2001 par le clan Bush pour lancer sa « guerre contre le

terrorisme » dont l’Irak

était supposé être la

plaque tournante (on

sait qu’un très récent

rapport parlementaire

US a fait litière de ces

accusations — cf. RIV.

du 15/9), ce qui justifiait sa vitrification et le

renversement du régime de Saddam Hussein ?

Ce qui est sûr, c’est que l’islamisme et le

terrorisme islamique sont des serpents que

l’Occident, à commencer par les EtatsUnis, a réchauffés dans son sein, d’abord

contre l’URSS — c’était la théorie de

« l’Empire éclaté » — via l’Afghanistan.

Conflit sur lequel l’auteur cite des confidences renversantes de Zbigniew Brzezinski, le « Monsieur Politique étrangère »

du président Carter, se vantant d’avoir

ourdi les provocations qui devaient précipiter l’intervention soviétique. Et sans

doute les neo-conservatives actuellement au

pouvoir à Washington persévèrent-ils dans

la même voie avec la Tchétchénie.

Sans originalité excessive, le prière d’insérer du livre qualifie celui-ci de « passion4 décembre à Paris 16e

Salons Etoile-Marceau,

79 bis avenue Marceau,

de 13 à 18h.

3e Salon du Livre d’histoire

avec plus de 50 écrivains qui

dédicaceront leurs livres.

Rens. Parthénon événements :

06-66-61-25-17.

Télévision

Le Parc des félins vient de s’ouvrir en

Seine-et-Marne. Les concepteurs ont profité d’un grand espace (60 ha) avec prairies, bois, fourrés, étang, afin d’offrir aux

lions, tigres, léopards et à bien d’autres

membres de la famille féline un habitat

d’autant plus extraordinaire que ces animaux, nés en captivité ou récupérés chez

des particuliers irresponsables par les services des Douanes, ne connaissaient que

des aires assez exiguës. A Nesles, on peut

au contraire voir s’ébattre, se reproduire,

courir, les grands félins aimés des enfants

mais aussi beaucoup de représentants d’espèces moins connues comme le caracal, le

jaguarondi, ou le marguay ; guère plus gros

que nos chats domestiques, ces animaux

vivent dans de vastes cubes grillagés (le

nom de cage ne convient pas) où abonde la

végétation, ce qui fait qu’il faut quelquefois attendre pour les apercevoir : leur vue

se mérite !

Le parc est divisé en sections européenne (la plus petite, on s’en doute),

asiatique, africaine et américaine. Ces

bêtes magnifiques (M. Patrick Jardin,

créateur du parc avec l’aide du département de Seine-et-Marne, n’aime pas le

mot “fauve”), les robes rayées, tachetées

de tant de manières, unies dans des tons

chauds, ou noires, valent un séjour d’au

moins trois heures dans ce parc, et plusieurs visites.

L’endroit est en lui-même un lieu de promenade agréable, on y trouve un restaurant,

une aire de pique-nique, une boutique avec

jouets, tee-shirts et livres et une ferme pédagogique avec chèvres et volailles (qui ne

servent pas à l’alimentation des félins !)

Le parc est associé aux meilleurs zoos

d’Europe (en général dans les pays du Nord

et en Allemagne) pour des échanges d’animaux, afin d’éviter les problèmes de consanguinité. Les bêtes ont des puces électroniques pour leur “traçabilité” et sont enregistrées dans des stud-books ; la gestion des

naissances est rigoureuse car certaines

espèces, les lions en particulier, se reproduisent trop vite pour le confort des individus.

Une initiative à laquelle on ne peut que

souhaiter un grand et durable succès.

F. P. _____

Parc des Félins, Nesles, N4 puis D402. Entrée

7 € enfants, 12 € adultes et enfants de plus de

10 ans. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à

16 h. Fermé du 18 décembre au 8 janvier. Se

munir de jumelles, que l’on peut aussi louer sur

place. Tél. : 01-64-51-33-30 — Fax : 01-64-51-

33-34 ou <parc-des-felins.com>.

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter

notre site Internet, pour vous assurer

que notre hebdomadaire a bien paru et

en connaître le sommaire.

Pour toutes les correspondances

administratives, utiliser l’adresse

<contact@rivarol.com>, l’adresse

<galic@rivarol.com> étant réservée

au courrier rédactionnel. Les lecteurs

internautes qui souhaitent faire figurer

leur adresse électronique doivent le

spécifier et les autres peuvent nous

demander de transférer leur message

au correspondant choisi.

Des tigres

dans la Brie !

N° 2786 — 17 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 11

en-deçà de son lyrisme et de sa virtuosité

habituels. Ce n’est certes pas le meilleur de

Palma, mais il s’agit d’un polar de grand

style dans la lignée des classiques du film

noir se déroulant à Los Angeles dans les

années d’après-guerre, Chinatown ou

L.A. Confidential. Malgré son budget limité,

le cinéaste nous dévoile avec maestria la

face cachée, et ô combien perverse, du glamour hollywoodien. Sur le plan de la

reconstitution d’époque et du raffinement

visuel, Le Dahlia noir fait mouche.

On sera plus réservé en ce qui concerne les

prestations un peu trop appliquées et pas

vraiment convaincantes des comédiens, à

l’exception d’Hilary Swank (Million dollar

baby) qui campe la femme fatale de service

avec beaucoup d’humour et surtout de Mia

Kirschner dans le rôle-titre, vulnérable et

bouleversante dans les flash-backs en noir

et blanc de son bout d’essai dirigé par la

voix de Brian de Palma lui-même.

L’intitulé n’est pas très engageant et

trop vague, mais Nouvelle chance, le

petit dernier de Mme Anne Fontaine,

recèle des trésors de fantaisie et d’originalité. Cette salutaire bouffée de fraîcheur dans le petit monde bien balisé et

frelaté du cinéma comique français, on la

doit aux retrouvailles de la réalisatrice

avec son frère et complice, Jean-Chrétien

Sibertin-Blanc, le grand échalas rêveur

et impavide aux allures de Buster Keaton

d’Augustin, roi du Kung Fu, leur précédente collaboration en 1998. Dans ce

nouvel avatar, Augustin, époux d’une

Héroïnes de la semaine, une jeune actrice

de 22 ans sauvagement assassinée à Hollywood dans Le Dahlia noir de Brian de

Palma et une grande dame du cinéma français toujours juvénile à 89 ans : Danielle

Darrieux dans Nouvelle chance d’Anne

Fontaine.

Surnommée le Dahlia noir par la presse en

raison de sa chevelure de jais, la starlette

Elizabeth Short ne trouva la gloire posthume

que comme victime du meurtre le plus

célèbre, et l’un des plus horribles, des riches

annales criminelles américaines : son

cadavre sectionné en deux au niveau de la

taille, vidé de son sang et de ses organes, la

bouche lacérée jusqu’aux oreilles, en un rictus terrible évoquant L’homme qui rit de

Victor Hugo, fut découvert le 11 janvier

1947 dans un terrain vague. De ce fait

divers atroce, non encore élucidé à ce jour,

le romancier James Ellroy, marqué par l’assassinat non élucidé lui aussi de sa mère, a

tiré l’une des œuvres phares de la littérature

policière contemporaine qui dépassait le

cadre étroit du genre par la complexité de

ses personnages et la peinture dantesque de

la décadence morale et de la pourriture qui

gangrenaient la cité des anges, si mal nommée. Un matériau idéal pour Brian

de Palma, grand maître des ambiances délétères et de la violence spectacle la plus flamboyante (voir Scarface avec Al Pacino). Son

Dahlia noir adapté par le scénariste de La

guerre des mondes de Spielberg n’a pourtant pas bonne presse, tant auprès des thuriféraires du livre, éternelle question des

adaptations littéraires, que des siens

propres, dont le principal grief tient à une

réalisation qui serait purement décorative,

Japonaise, et garçon de bains au Ritz,

essaie de monter avec le soutien financier

d’une entreprise suédoise une pièce de

théâtre, Les Salons d’après les échanges

épistolaires entre Madame Du Deffand et

Julie de Lespinasse, figures en vue, amies

puis rivales, des salons parisiens du

XVIIIe siècle. Des rôles dont il trouve

rapidement les interprètes : une vieille

gloire oubliée de l’opérette (Danielle

Darrieux) qu’il a rencontrée dans un

centre d’accueil social où il présentait un

spectacle de kabuki complètement ringard, et Bettina Fleischer (Arielle Dombasle), une actrice de télévision populaire et évaporée qu’il a prise dans ses

filets dans la piscine du Ritz. A partir de

ce canevas, Anne Fontaine a réalisé une

comédie funambulesque entre drôlerie et

mélancolie, qui épingle sans trop de

méchanceté certains ridicules de notre

époque (dont Jack Lang tel qu’en luimême dans une galerie d’art), servie par

des répliques pleines d’esprit et de mordant, avec des séquences franchement

désopilantes.

Mais l’attrait principal de Nouvelle

chance, sans minimiser la présence étrange

et poétique de Sibertin-Blanc, reste son formidable duo de comédiennes. L’opposition

entre Mme Lévy et Danielle Darrieux fait des

étincelles. La quasi-nonagénaire rayonne

encore de charme et nous gratifie à la fin

d’un moment qui confine au sublime lorsqu’elle chante la Folle Complainte de Trenet. Madame de est éternelle !

Patrick LAURENT.

AVEZ-VOUS lu Gomez Davila ?

C’est peu probable. D’abord parce

que l’œuvre de ce Colombien n’a

pas été traduite en français, sinon partiellement en revues ou sous forme de recueils

(Les Horreurs de la démocratie, Le Réactionnaire authentique, tous deux au

Rocher). Ensuite parce que, selon l’expression de son ami Alvaro Mutis, elle est « un

territoire jalousement maintenu dans la

pénombre ».

La raison en est simple : comme l’indiquent les titres français de ces recueils, il

s’agit d’une pensée à contre-courant. Donc

systématiquement rayée de la carte.

Nicolas Gomez Davila, disparu à la veille

de son quatre-vingt-unième anniversaire

en 1994, est un de ces hommes dont la vie

entière fut consacrée à l’étude et à l’écriture. Peu de détails sur les épisodes de son

existence, sinon qu’il aurait fait des études

à Paris chez les bénédictins, aurait, plus

tard, parcouru l’Europe en automobile et

qu’une chute de cheval le contraignit,

depuis 1949, à vivre cloîtré dans l’immense bibliothèque de sa maison de

Bogota.

Cela pour s’en tenir aux faits les plus

marquants. Ils n’ont eu, semble-t-il, qu’une

incidence secondaire sur une pensée façonnée et nourrie, pour l’essentiel, par des lectures éclectiques. Lectures faites dans le

texte, qu’il s’agisse des langues anciennes,

grec et latin, ou modernes, anglais, français ou allemand.

Son livre principal sinon unique,

entamé en 1977, achevé en 1992,

constamment complété et enrichi,

découpé en tranches pour les besoins de

l’édition et de la traduction, porte un titre

que Borges n’eût pas renié : Escolios a

un texto implicito (Commentaires sur un

texte implicite). Une série de brèves

remarques, d’aphorismes traités à la

Chamfort, à la Rivarol ou à la Berjaud,

qui abordent de nombreux domaines, de

la philosophie politique à la psychologie en passant par la

théologie, voire

l’urbanisme ou l’architecture.

Rien en effet, du Bien, du Vrai et du

Beau, ne saurait être dissocié de l’ensemble. Le monde platonicien est harmonie majeure à laquelle fait injure le modernisme triomphant.

Ces scolies expriment donc la pensée

d’un réactionnaire intégral, nourri de culture européenne, nostalgique de la société

médiévale dont il oppose le système féodal à la mentalité moderne, à la démocratie, au marxisme. Une pensée saisie à son

terme, débarrassée de toute démarche

démonstrative et, par là même, de toute

pesanteur. Elégance d’un auteur pour qui

« l’écrivain bien élevé tâche de se limiter

au nécessaire » et doit « écrire bref, pour

conclure avant de lasser ».

Ces vérités en miettes, n’obéissant à

aucun ordre thématique, jetées comme en

vrac sur le papier, constituent, selon toute

vraisemblance, le « texte implicite »

qu’elles sont censées commenter. A moins,

comme le pensent certains, que le texte

auquel se réfère Gomez Davila ne soit la

production culturelle tout entière de l’Occident. Ou encore quelques pages matricielles de sa propre œuvre. Peu importe. Le

mystère du titre n’entame en rien l’intérêt

des Escolios. Tant s’en faut.

Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit

nullement d’un traité dûment construit, ou

plutôt de traités imbriqués, tant les

matières abordées sont nombreuses. Si

bien que l’on peut aborder

ces fragments au hasard. Tel

était, du reste, le souhait de

l’auteur : « La seule prétention que j’aie, c’est de ne pas

avoir écrit un livre linéaire,

mais un livre concentrique. »

Livre de combat, assurément. Et même de guérillero.

« Nous devons tirer avec

n’importe quelle arme,

affirme l’auteur, depuis n’importe quel buisson, sur toute

idée moderne qui s’avance

seule sur le chemin. » C’est

que l’homme contemporain

est enfermé dans un dogmatisme inébranlable, imperméable aux arguments systématiques. Or « le premier pas

de la sagesse consiste à admettre, avec

bonne humeur, que nos idées peuvent très

bien n’intéresser personne. »

Au fil des aphorismes, se dessine un univers parfaitement cohérent — à condition

de savoir déceler l’essence derrière la

manifestation. Car « tout est banal si

l’homme n’est pas engagé dans une aventure métaphysique ». Une attitude aristocratique, aux antipodes de la médiocrité

moderne qui a fait de l’homme — de

l’homme et de ses droits — l’unique objet

d’un culte parodiant le sacré.

D’où le pessimisme volontiers provocant,

mais non dénué d’humour, de certaines

assertions. La religion ? « L’erreur du

chrétien progressiste est de croire que la

polémique éternelle du christianisme

contre les riches est une défense implicite

des programmes socialistes. » La

politique ? Elle « n’est pas l’art d’imposer

les meilleures solutions, mais d’empêcher

les pires. » La civilisation ? « Tout ce que

l’université ne peut pas enseigner. » Ou

encore, « un sourire qui mêle discrètement

ironie et respect. » Car pour Gomez

Davila, « être civilisés, c’est être capables

de critiquer ce en quoi nous croyons, sans

cesser d’y croire. » Voilà sans doute pourquoi « l’homme cultivé a le devoir d’être

intolérant. »

On aurait tort, évidemment, de ne voir là

que pirouettes et gongorismes. Sous la

désinvolture apparente, sous les paradoxes,

se dessine une vraie sapience. Et un auteur

raffiné pour qui « écrire est la seule

manière de prendre ses distances avec le

siècle dans lequel il nous a échu de

naître. »

Pour aborder la lecture de Gomez Davila,

on consultera avec profit le premier

volume des Studia Daviliana (*), études

que lui a consacrées il y a juste trois ans

Philippe Billé. Non seulement cette brochure offre en traduction un choix copieux

de scolies couvrant de nombreux

domaines, mais son auteur, spécialiste

(l’un des rares en France, sinon le seul) de

l’écrivain colombien, y a adjoint un

impressionnant appareil critique.

Hagiographie (!), bibliographie très complète, index onomastique donnant une idée

de la vaste culture de Davila, mais aussi

études critiques, dont des entretiens et une

comparaison entre Davila et Albert Caraco,

écrivain uruguayen de la même veine,

autant d’entrées ouvrant l’accès à ces

Escolios dont on souhaite qu’elles soient,

dans leur totalité, bientôt disponibles dans

notre langue.

_____

* Studia Daviliana. Etudes sur Nicolas Gomez

Davila réunies par Philippe Billé. Chez l’auteur

(20 rue de l’Amitié, 17330 La Croix-Comtesse). 50 pages, prix non communiqué.

Davila, un aristocrate égaré dans notre siècle

Cinéma Fleur vénéneuse et douce fantaisie

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2006

Jérôme BOURBON : Abolition de la peine de mort, progrès ou recul de la civilisation ? — René BLANC : Sarkozy : programme écologique de “rupture” ou stratégie d’esbroufe ? — Georges MAÎTRE : “Indigènes”, le bobard comme un art

orwellien — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES LIVRAISONS — Jean CURUTCHET : Quelle paix pour le Pays basque ? — Carrefour des lecteurs — Xavier

EMAN : Savorgnan de Brazza, un héros très discret — Frédéric BARTEL :

Antoine de Rivarol, chroniqueur, pamphlétaire et moraliste — Nikita PROCOFIEFF : Les favorites de la IIIe République — Patrick LAURENT : Du frivole au

pompier — Bibliothèque — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

SAMEDI 4 NOVEMBRE.

Le monde est très petit.

Attendant patiemment le

“47” à la porte Saint-Martin

pour me rendre à SaintNicolas du Chardonnet où doit être célébrée

la messe à la mémoire de Jean Ferré,

j’échange quelques mots avec une dame

charmante… qui va elle aussi à Saint-Nic.

Mieux, elle lit RIVAROL et le samedi précédent, place du Châtelet, elle a fait partie

de la charrette embarquée et gardée à vue

plusieurs heures durant pour participation à

la manifestation — interdite — commémorant l’insurrection hongroise de 1956. Interdite, me dit-elle, à la demande du gouvernement hongrois, dont on sait qu’il est largement composé d’anciens (?) communistes.

En passant par leurs fourches caudines, notre

aristocratique (mais si, mais si) Nicolas

Sarközy de Nägy-Bocza espère-t-il récupérer les terres et le castel ancestraux ?

Mais foin de ces « considérations politiques », comme dirait Chirac, l’assistance à

la messe doit ramener à un minimum de charité chrétienne. Le service est superbe et

l’abbé Alain Lorans, lui-même pilier de

Radio Courtoisie et ancien recteur de l’Institut universitaire Saint Pie X, rend avec chaleur un hommage mérité à Jean Ferré.

SÉRÉNISSIME…

GRÂCE A L’ISLAM ?

Pour sacrifier à l’« esprit d’Assise », cap

sur l’Institut du Monde arabe qui présente

une exposition « Venise et l’Orient » (1). Philosophie générale de l’expo : avant 828 et

leurs premiers échanges avec les Mamelouks, les Vénètes étaient des barbares, et

quand l’invasion napoléonienne mettra fin

aux relations privilégiées de la Sérénissime

avec la Sublime Porte, Venise retournera à

son obscurité. C’est bien connu, le soleil de

la civilisation se lève à l’Est. Même si Stamboul ne fut grande que parce qu’elle était

l’héritière de Constantinople, que les

Osmanlis encore mal dégrossis de leurs

steppes découvrirent avec éblouissement.

Faut-il d’ailleurs rappeler que le plus fameux

architecte “turc”, Sinan — un Gréco-Arménien soit dit en passant —, étudia à Vienne,

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