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11/21/25

 


On ne sache pas que le « quotidien de

référence » ait consacré une colonne, ni

même une ligne, à ce rebondissement.

mobile… et les automobilistes ?

Société plurielle

pire, des mafieux et des oligarques, enfants

mutants du soviétisme. D’ailleurs, le

10 octobre, alors que se déroulaient les

obsèques d’Anna Politkovskaïa, était commis un assassinat beaucoup moins médiatisé, celui d’Alexandre Plokhine, l’un des

directeurs de la Vnechtorbank, tué à son

domicile dans les mêmes conditions que la

journaliste… et comme l’avait été en septembre l’un de ses collègues, Andreï Kozlov, numéro deux de la Banque centrale de

Russie où il était chargé de la supervision

des enquêtes sur l’argent sale.

Ce qui nous ramène à la disparition d’un

autre journaliste russe si oublié aujourd’hui qu’aucun confrère ne l’a évoqué :

Paul Klebnikov, tué de quatre balles à la

sortie de son bureau de Moscou, le 9 juillet

2004 (voir RIV. du 23/7/ 2004). Une élimination attribuée aux séparatistes tchétchènes. Puis, à l’issue d’un procès peu

convaincant — et au verdict d’ailleurs

annulé —, une autre piste a été désignée :

celle des oligarques, Klebnikov ayant écrit

un livre accablant, Le Parrain du Kremlin, publié chez Robert Laffont (voir RIV.

du 26/7/02) et sous-titré « Boris Berezovski

et le pillage de la Russie ». Y était soulignée la collusion du richissime et cosmopolite Boris avec… la rébellion et les

gangs tchétchènes !

On ne saura sans doute jamais la vérité

sur la mort de l’infortuné Klebnikov. Ce

qui est sûr, c’est que, quand les journalistes

d’investigation russes s’occupent de la

Tchétchénie ou des oligarques, nombreux,

sont ceux qui peuvent réagir avec

violence : les militaires russes, les séparatistes et les affairistes apatrides qui prospèrent sur la sale guerre. La responsabilité

de Poutine est une piste qui ne peut évidemment être écartée, mais la privilégier

dès le départ dans le meurtre d’Anna Politkovskaïa, commentatrice du bihebdomadaire Novaïa Gazeta, est une attitude largement dictée par des considérations surtout politiciennes. Les mêmes considérations expliquent la médiatisation de ce

drame et l’entretien d’une émotion accusatrice, même le maire de

Paris Bertrand Delanoë

ayant cru devoir exprimer

son « intense émotion »

devant cet « ignoble

assassinat » dans une

lettre adressée le

9 octobre au directeur de

Novaïa Gazeta… mais

aussitôt communiquée à

toute la presse française (y compris RIVAROL !) Ce n’est pas toujours le cas :

d’autres éliminations de journalistes

gênants, mais qui ne cherchaient pas du

côté autorisé, avaient laissé de marbre la

profession et donc l’opinion — voir cicontre.

CRIME POLITIQUE

OU VENGEANCE

DES OLIGARQUES ?

Vladimir Poutine a promis que les autorités feraient tout leur possible pour élucider

l’assassinat de Politkovskaïa. Il a assuré à

son homologue américain George Bush,

dans un entretien téléphonique rapporté par

le Kremlin, que « tous les efforts nécessaires seraient déployés pour conduire une

enquête objective sur cette mort tragique ». De son côté, le rédacteur en chef

de Novaïa Gazeta, Dimitri Mouratov, a

précisé que sa collaboratrice mettait la dernière main à un article sur la torture et les

enlèvements en Tchétchénie, abus qu’elle

imputait à Ramzan Kadyrov, Premier

ministre prorusse de la petite république

caucasienne. Mais, dans ce texte, elle

aurait également évoqué le rôle d’oligarques faisant de fructueuses affaires avec

les autorités tchétchènes et les militaires

russes, sans occulter le jeu complexe de

certaines mafias avec les indépendantistes.

En somme, elle reprenait le fil interrompu

par la liquidation de Klebnikov.

Dernière piste : une « provocation politique » orchestrée de l’étranger pour discréditer le régime, thèse évoquée par le

Kremlin… On le voit, la vérité ne paraît

pas près de sortir du puits mais une chose

est sûre : pour Poutine, l’impact est négatif et il sera exploité par ses adversaires de

l’intérieur comme de l’extérieur.

LE CACTUS GÉORGIEN

Lesquels utilisaient déjà le dossier géorgien contre le maître du Kremlin, persuadé

d’être visé par un plan américain d’encerclement de la Russie par des régimes pro-occidentaux. Le basculement de l’Ukraine en

2004, l’alliance entre les nouveaux dirigeants de Tbilissi et de Kiev renforcent ce

soupçon. En face, le discours du président

géorgien Saakachvili se radicalise contre les

régions séparatistes soutenues par Moscou.

L’armée russe rechigne de son côté à évacuer ses bases, en dépit d’un accord conclu

en 2005. L’interpellation de présumés

espions russes à Tbilissi a été considérée par

Poutine comme une provocation de trop…

et un bon prétexte pour ne pas évacuer de

base militaire supplémentaire mais organiser au contraire un blocus de la petite république et renvoyer chez elles par centaines

des familles entières de Géorgiens installés

en Russie, les autres faisant l’objet d’un

fichage ethnique précis.

La Russie et la Géorgie traversent une nouvelle phase de crise aiguë, une de plus dans

6 N° 2782 — 20 OCTOB

Douchambé, octobre 2006

AL’OCCASION du scrutin présidentiel qui aura lieu au Tadjikistan le

6 novembre, également jour de la

constitution, l’opposition a apporté la

preuve de son incapacité à présenter un

candidat crédible face au président (et candidat à sa propre succession) Rakhmonov,

qui aura de toute évidence fait table rase

des obstacles durant ces derniers mois. Il

continue en effet de consolider sa position

et brigue un troisième mandat à la présidence de ce pays et sa victoire semble

assurée. Il bénéficie d’ailleurs d’un large

soutien populaire, incarnant l’Homme de

la paix et de la stabilité (toute relative), et

revendique également l`amélioration de

conditions de vie et les progrès économiques dans ce pays.

Le Tadjikistan à majorité sunnite, vaste

territoire de 143 000 km2 pour une population de 6,7 millions d’habitants — dont

deux tiers de Tadjiks parlant une langue

indo-européenne, un quart d’Ouzbeks turcophones et 7,3 % de Russes —, est considéré comme le plus pauvre des pays d’Asie

centrale. Frontalier du Kirghizitan, de

l’Ouzbékistan, de l’Afghanistan et de la

Chine, il souffre d’une immigration croissante, d’une corruption généralisée et d’un

trafic de drogues en progression.

A l’heure actuelle, ce sont huit partis politiques enregistrés qui se partagent l’étroite

scène politique de Douchambé (ex-Stalinabad). Six d’entre eux ont participé aux

législatives de février 2005 et deux jeunes

formations (Le Parti des réformes économiques et le Parti agricole), enregistrées en

novembre 2005, ont quelque peine à se

rendre crédibles dans cette arène. La nomination des candidats au scrutin présidentiel

est officiellement ouverte depuis le 16 septembre.

DES PARTIS POLITIQUES

DIVISÉS… ET MANIPULÉS

Depuis 2002, date du véritable cessez-lefeu de la guerre civile qui débuta en 1992

et fit plus d’un millier de morts et des

dizaines de milliers de réfugiés, le président Rakhmonov s’est employé à concenL A FAMEUSE « démocratie d’opinion » fonctionne également au plan

mondial. Elle représente une

approche journalistique très Politiquement

Correcte des problèmes internationaux. La

sélection hebdomadaire de la publication

dirigée par Alexandre Adler, Courrier

international, en témoigne. Cette « démocratie d’opinion internationaliste » déteste

Vladimir Poutine dont le national-autoritarisme est un obstacle au mondialisme idéologique, le réveil des ambitions de la Russie-puissance étant un obstacle à la démocratisation globale voulue par les financiers capitalistes et leurs alliés politiques.

LA LIQUIDATION

DE POLITKOVSKAÏA :

LE PRÉCÉDENT KLEBNIKOV

Cela étant posé, il ne faut pas céder au

romantisme et voir en Poutine le sauveur

du monde blanc. Le nouveau tsar présente

des aspects séduisants, mais il reste par

formation, et cela se vérifie dans certaines

de ses actions, une créature du soviétisme

et le colonel du KGB qu’il fut. Faut-il pour

autant le charger de tous les péchés du

monde ? Il a été désigné de fait par la

« démocratie d’opinion » comme le responsable de l’assassinat de la journaliste

Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre, à

l’entrée de sa maison au centre de Moscou,

de deux balles, dont l’une dans la tête. Si

ce n’est pas lui directement qui a armé le

bras des “éradicateurs”, c’est son système

et le climat qu’il instaure. Analyse prématurée, surtout dans un pays où règne audelà de la violence d’Etat celle, encore

D’autres journalistes Tadjikistan : u liquidés… en France

Le 16 octobre 1978, ce n’est après tout

pas si vieux, un journaliste était assassiné

par une police secrète communiste. Non

pas à Moscou, mais en plein Paris, alors

que, comme Anna Politkovskaïa, il venait

de regagner son domicile. La grande presse

resta pourtant muette, comme les radios et

la télévision. Cet assassinat ne l’intéressait

visiblement pas.

Il est vrai que la victime, Bruno Busic,

était un journaliste nationaliste croate, et

que ses assassins appartenaient à l’UDBA

du cher maréchal Tito, avec lequel la

France de Giscard entretenait les

meilleures relations.

Or, né en Croatie en 1939, Busic était l’un

des principaux collaborateurs de la Revue

croate (Hrvatska Revija), une publication

littéraire et artistique lancée en 1966 à

Paris par Vinko Nikolic, et où Belgrade

voyait une insupportable “atteinte” au centralisme politique et culturel yougoslave.

Bien qu’il fût de nationalité française,

Nikolic fut finalement expulsé de France

et un numéro de sa revue fut saccagé à

l’imprimerie — par la police française —

en 1967. La résistance intellectuelle croate

se poursuivant cependant, l’exécution de

Bruno Busic, qui avait publié des faits et

des chiffres, précis et accablants, sur la

féroce répression menée par les titistes, fut

décidée. Et elle eut donc lieu, sans susciter

la moindre émotion, sept mois après l’attentat sanglant qui, en Normandie, le

18 mars 1978, avait coûté la vie à un autre

journaliste, notre ami et collaborateur

François Duprat, et grièvement blessé sa

jeune femme.

Duprat, alors âgé de 37 ans, était candidat

du Front national (dont il était membre du

Bureau politique) aux législatives. Il s’apprêtait à publier chez Alain Moreau un livre

intitulé Le Pouvoir et l’argent et il avait

longuement précisé dans RIVAROL le rôle

joué par Berlin-Est dans les mouvements de

subversion issus de Mai-68 et qui ensanglantaient alors l’Europe avec la Rote

Armée Fraktion en Allemagne et les Brigades rouges en Italie. Enfin, très proche de

Maurice Bardèche, il diffusait en France les

écrits révisionnistes du Britannique Harwood, disciple de Paul Rassinier. Quatre

pistes possibles pour expliquer l’attentat,

d’une rare technicité et donc à l’évidence

commis par des professionnels. Lesquels ?

On ne le sut jamais… ou les autorités

comme les limiers du journalisme ne voulurent jamais le savoir — et le faire savoir.

Mais Jean-Marie Le Pen, effondré par la

mort brutale de Duprat (que l’on voit ici

lors d’un meeting à Assas en 1972), devait

révéler que celui-ci, quatre jours avant sa

mort et se sachant menacé, avait sollicité

une autorisation de port d’arme. Qui lui fut

refusée, mais oralement. Surtout, pas de

traces… Cette révélation, jamais démentie,

ne fut alors reprise que par Le National

(dont Jean-François Chiappe était le rédacteur en chef) et dans notre journal.

Nous renvoyons donc les larmoyants crocodiles d’aujourd’hui à leur criminelle

indifférence d’hier.

J. L.

(Dessin de CHARD.)

Poutine entre assassinat et blocus

BRE 2006 — RIVAROL 7

Actuellement, la Chine est considérée

comme la quatrième puissance économique avec une croissance annuelle de

11 %. Depuis des années, l’Inde connaît

également une prospérité sur le plan économique, tout comme un autre Etat, très

discret et beaucoup moins connu, le Kazakhstan. Au Nord, la Russie tire des dividendes juteux de la progression ininterrompue du prix du gaz et du pétrole. Cette

région est en plein essor et la république

du Kazakhstan est, avec 2,7 millions de

km2 (cinq fois la superficie de la France),

le 9e plus grand pays du monde. Il tire tous

ses avantages d’une situation privilégiée,

au carrefour des échanges des énergies

naturelles.

De son côté, toujours sur le plan économique, la Chine devrait l’an prochain certainement dépasser l’Allemagne, avoir rattrapé le Japon en 2015, et les Etats-Unis en

2040. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) et de la banque

d’investissement Goldman Sachs, l’Inde

pourrait en 2035 surclasser le niveau de

tous les Etats occidentaux du G7, à l’exception des Etats-Unis et du Japon. A

terme égal, la Russie aura dépassé l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et

l’Italie. C’est la raison pour laquelle les

économistes, les entreprises, les investisseurs montrent un intérêt particulier pour

la Chine, l’Inde, la Russie. Pour le long

terme, cette situation est prometteuse car

ces différents Etats peuvent de par leur

proximité bénéficier d’un effet de synergie, ce qui n’est pas le cas des Etats industrer toujours plus les pouvoirs et à réduire le pluralisme politique. La presse

muselée, la population en

permanence menacée d’un

nouveau conflit fratricide

en cas d’activisme politique et une situation régionale bien instable font

qu’Emomali Rakhmonov

dirige d’une main de fer ce

pays enclavé et pratiquement dépourvu de ressources naturelles. Les différentes menaces comme le

terrorisme, l’instabilité

afghane, la montée de l’islam radical sont autant de

paramètres qui empêchent

le Tadjikistan de « tourner

rond ».

Les élections parlementaires de 2005 ont

assuré à Rakhmonov une suprématie au

Parlement et la présence de ses affidés

dans la quasi-totalité des administrations

du pays, ce qui rend sa réélection encore

plus probable.

Son Parti Populaire Démocratie (PDPT),

installé au pouvoir depuis 1997, détient la

majorité absolue au Parlement. Seuls le

Parti communiste (PCT) et le Parti islamique (IRPT) ont gagné l’an dernier respectivement 4 et 2 sièges sur les 63 du

« Mjlissi Namoyandagon » (Chambre

basse). Le Parti communiste, qui progresse

fort peu et ne mérite pas la dénomination

de parti d’opposition, ne doit les quelques

sièges obtenus qu’à une certaine tradition

ancrée dans la partie vieillissante de la

population.

Saïd Abdullo Nuri, leader du Parti islamique et président de la Commission de

réconciliation (et ci-devant chef de guerre

de l’Opposition unifiée du Tadjikistan

durant la guerre civile), est mort le 9 août

dernier, laissant un mouvement divisé entre

“modérés” et “radicaux” qu’il unifiait sous

sa houlette. Malgré les risques de scission,

annoncée par certains dans les mois à venir,

le Parti islamique reste néanmoins celui

qui, au sein de la population tadjike, bénéficie de la plus large écoute. Le soutien

populaire qui portera vraisemblablement

les islamistes au pouvoir dans ce pays est

cependant assez difficile à cerner car les

autorités actuelles ont l’habitude de lier

tous les mouvements islamiques de la

région, comme le Mouvement Islamique

d’Ouzbékistan ou le Hizb-Ut tahrir anglopakistanais, au Parti Islamique, ce qui ternit la réputation de celui-ci.

Les Socio-démocrates (SDPT) et le Parti

Démocratie (DPT) recensent à eux deux

moins de 15 000 membres et ont du mal à

survivre face aux diverses attaques et

menaces dont ils sont la cible. Ils souffrent

également de nombreuses divisions en leur

sein, ce qui, comme pour les socialistes,

influe énormément sur la préparation de

l’actuelle campagne électorale. La

condamnation l’an dernier à 23 ans d’emprisonnement du leader du Parti démocrate, Mahmadruzi Iskandarov, a décapité

le mouvement, qui manque aussi cruellement de ressources.

Le Parti social-démocrate a lui aussi subi

d’importantes pressions après les législatives de février 2005. Deux de ses

membres ont été arrêtés et son chef,

M. Zoirov, est tombé subitement malade.

Ce parti voulait présenter un candidat

unique pour l’opposition mais l’idée, peu

soutenue, a été abandonnée.

Les Socialistes quant à eux revendiquent

15 000 supporters mais souffrent depuis

2004 d’une grave scission organisée à

l’évidence par les autorités. La branche

historique, héritière de Safarali Kenjaev

(fondateur assassiné en 1998), est menée

par M. Narziev mais se retrouve isolée et

peine à faire reconnaître ses droits face à

la machine administrative et judiciaire à la

botte du président Rakhmonov tandis que

l’autre branche, dirigée par M. Gafforov,

est trop visiblement encouragée par les

autorités tadjikes pour être crédible.

VERS UNE

RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE ?

Dans cette course à l’élection présidentielle, l’opposition a accusé le Pouvoir

d’actions visant à éliminer les rivaux

potentiels du président et d’avoir fabriqué

une façade de “multipartisme” à seule fin

de conforter l’image de bon élève que veut

se donner le Tadjikistan.

Alors que les principaux partis ont choisi

un candidat (appelé à faire de la figuration)

ou déclaré officiellement leur non-participatrialisés répartis de la Manche au Pacifique.

De plus, l’Inde, la Chine et la Russie

comptabilisent ensemble 20 % des rendements économiques mondiaux. Lors du

sommet économique de Saint-Pétersbourg

en juillet dernier, les chefs d’Etat des pays

les plus industrialisés ont par conséquent

élargi leur session à ces nouvelles puissances émergentes. Ainsi avons-nous vu le

président russe Vladimir Poutine à côté de

Nursultan Nasarbajev, son homologue du

Kazakhstan. A maints égards, ce pays présente un bilan et un profil économiques particulièrement attractifs. Ces dernières dix

années, il s’est distingué par une croissance

exponentielle à deux chiffres, d’environ

10 % par an depuis 2000. Pour 2006 et

2007, le FMI prévoit une croissance de 9 %

qui pourra se stabiliser, voire augmenter si

la Russie, la Chine et l’Inde poursuivent

leur industrialisation et leur croissance. Par

une longue histoire commune. Staline était

né à Gori en Géorgie et parfois surnommé

Koba, du nom d’un héros populaire de ce

peuple caucasien. A l’époque tsariste comme

soviétique, les Géorgiens ont entretenu des

rapports ambigus avec leur grand voisin du

Nord, vu tantôt en protecteur face aux Perses

et aux Turcs, tantôt en oppresseur. Parfois,

les deux à la fois. Mais la Géorgie, la Colchide des Grecs — là où Jason et les argonautes cherchèrent la Toison d’or — peut se

vanter d’une plus longue histoire que la

“Rous’” puisque cette contrée caucasienne

déjà connue dans l’antiquité sous le nom

d’Ibérie était peuplée d’Indo-Européens ou

de Proto-Européens dont la langue a été parfois comparée au basque. Conquis par les

Perses puis libéré par Alexandre, royaume

indépendant puis protectorat romain sous

Pompée, le pays sera disputé entre Perses et

Byzantins puis, reconstitué en royaume vers

1200 sous le règne des Bagratides, il constituera face aux Turcs un grand bastion chrétien contre l’islam. Après la chevauchée des

Mongols, les ravages de Tamerlan et la chute

de Constantinople, le

peuple géorgien faillit

disparaître dans les

guerres entre Ottomans

et Iraniens, ces derniers

ayant envisagé un génocide. La protection russe

ne débouchera pas sur un

retour de l’indépendance mais une russification puis une annexion en 1801. La survie de

l’identité géorgienne entre islamisation et

russification est cependant la preuve d’une

vitalité historique exemplaire.

Il y a Caucasiens et Caucasiens et Poutine

aurait tort de l’oublier.

Pierre-Patrice BELESTA.

une présidentielle sans surprises mais un avenir incertain

rapport à ces trois Etats, la position du

Kazakhstan est stratégique. Il partage au

nord avec la Russie la plus longue frontière

du monde, soit 3 000 km. Avec la Chine, le

Kazakhstan a 1 000 km de frontière commune et, au sud, l’Inde est à seulement

1 000 km, séparés notamment par l’Afghanistan et de petits Etats ayant notamment

appartenu à l’Union soviétique, comme le

Turkménistan et l’Ouzbékistan.

Ces proximités confèrent l’avantage au

Kazakhstan de pouvoir vendre d’autant

mieux ses matières premières, d’exporter

son pétrole à des voisins dont la croissance

les rend en partie dépendants. C’est pourquoi au dernier G8, comme le savent nos

lecteurs (RIV. du 28/7), Poutine et Nasarbajev ont signé un partenariat d’exploitation et d’exportation du pétrole et du gaz.

Laurent BLANCY,

<Laurent-Blancy@neuf.fr>.

tion au scrutin présidentiel, la décision du

Parti islamique (le seul de son espèce à siéger dans un parlement en Asie centrale) de

choisir cette seconde solution peut surprendre. Elle s’explique par la crainte de

M. Kabiri de perdre tous les acquis du parti

au cours de ce seul scrutin en s’exposant

contre le président dont la victoire écrasante

ne fait aucun doute. Le fait de simplement

oser rivaliser avec Rakhmonov pourrait en

effet sonner le glas du jeune et prometteur

Kabiri dont la stratégie est plutôt de travailler sur le long terme grâce à un terreau

incontestablement favorable (taux de natalité important, chômage, etc.) et de se concilier la population en vue des prochaines

échéances électorales (législatives de 2010)

qui restent à ses yeux plus importantes que

la présidentielle de novembre. Mais en cas

de victoire politique, dans quatre ans ou dans

dix ans, les leaders du Parti islamique opteront-ils pour une radicalisation fondamentaliste ou pour le modèle turc ?

Pierre SARNEZ.

Le Kazakhstan, nation émergente

Jeunes filles tadjikes : musulmanes

mais très indo-européennes (D.R.)

Le pape Benoît XVI va peut-être « alléger bientôt les restrictions sur la messe en latin » afin

d’« aider à surmonter le schisme et à faire regagner le giron de l’Eglise aux traditionalistes » comme

on l’a appris le 12 octobre de source vaticane, mais on reste confondu devant les propos qu’il a tenus le 29 septembre au nouvel ambassadeur d’Albanie,

Rrok Logu, venu présenter au Saint-Siège ses lettres de créance. « L’Albanie aspire à une intégration, y compris institutionnelle, avec les nations européennes

car elle se sent déjà liée à elles pour des raisons non seulement géographiques mais

surtout historiques et culturelles. Je ne peux que souhaiter la pleine réalisation de

ces aspirations », a en effet déclaré l’ex-cardinal Ratzinger.

Espérait-il, par ces bonnes paroles, faire oublier le “dérapage” de Ratisbonne et apaiser le climat dans lequel se déroulera son voyage en Turquie ? En tout cas, il est stupéfiant de voir le Souverain Pontife appeler

de ses vœux, et cela sans conditions, l’entrée dans l’Union européenne

d’un des pires « Etats voyous » de la planète, profondément marqué par sept siècles

d’occupation musulmane mais aussi d’adhésion à l’islam, au point que les tribus qui en

rajoutaient dans le fanatisme sunnite reprochaient souvent à la Sublime Porte son

laxisme envers les dhimmis, catholiques ou orthodoxes ! Benoît XVI ignore-t-il donc

que déjà, par son rôle de centre de transit des clandestins et de plaque tournante des

trafics de stupéfiants et de la traite des blanches, le « Pays des Aigles » a durablement

déstabilisé l’Europe avec la bénédiction des gouvernements successifs de Tirana ?

Etrange contribution “culturelle” à l’Union, on en conviendra.

VOYAGER OU CRACHER

Voyager ou cracher, il faut choisir, telle est désormais la consigne donnée par Pékin aux Fils

du Ciel se rendant à l’étranger, où la manie des Chinois de semer glaviots à tout vent est très

mal vue, et les fait considérer comme “sous-développés”, déplore l’agence de presse Chine nouvelle en soulignant la mauvaise image ainsi donnée du pays. A Singapour par exemple, ville

très chinoise à l’origine mais que ses dirigeants ont totalement occidentalisée à grands coups

d’amendes, voire de punitions corporelles, « le personnel hôtelier ne supporte plus les touristes chinois qui

crachent dans leur chambre », et ne parlons pas du personnel hôtelier d’Europe ou des Etats-Unis.

A Pékin, où auront lieu les Jeux olympiques de 2008, le maire a d’ailleurs lancé une

campagne de sensibilisation pour apprendre aux habitants de la capitale à respecter les

files d’attentes, à ne pas laper en buvant et bien entendu à ne pas cracher. Comme quoi

devenir riche n’a pas que des avantages.

Le pape, parrain de l’Albanie dans l’Union

Les harkis méritaient mieux…

IN MEMORIAM

JEAN FERRÉ

C’est en présence d’une foule

aussi nombreuse qu’attristée

qu’ont eu lieu lundi à 15 heures,

en l’église St-Germain de SaintGermain-en-Laye, les obsèques

du très regretté Jean Ferré, fondateur de cet inestimable carrefour de la vraie droite qu’est

Radio-Courtoisie (voir notre

dernier n°).

Pour les Parisiens qui n’ont

pas pu se déplacer ce jour là,

une messe de Requiem sera

célébrée le samedi 4 novembre

à 10 heures à St-Nicolas

du Chardonnet (Paris Ve). par

l’abbé Lorans, lui-même animateur très apprécié de RadioCourtoisie.

longues années après. Il lui reste maintenant à s’associer à la pétition lancée par

diverses associations pour exhorter l’Etat

français à reconnaître sa responsabilité.

Comme il l’a fait pour d’autres…

PAS DE VISA ALGÉRIEN

POUR JAMEL

Avant “Harkis”, il y a eu “Indigènes”,

plus grand succès du cinéma pendant ses

deux premières semaines d’exploitation

en France avec 1 309 883 entrées (mais,

curieusement, à peine 200 000 pour Paris

et sa banlieue). L’un des héros du film, le

plus médiatique, son producteur Jamel

Debbouze, n’a pu d’ailleurs présenter

“Indigènes” à Alger, le visa lui ayant été

refusé. Pour les amis de l’acteur, ce niet

s’expliquerait parce que, Marocain,

Jamel a pris parti pour son pays dans le

conflit du Sahara Occidental qui l’oppose

8 N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL

à l’Algérie. Mais il se pourrait aussi que

ses antécédents judiciaires aient joué.

Ainsi, Algérien d’origine, Sami Nacéri a

lui aussi été décrété persona non grata. Le régime craignant qu’il ne soit du plus

mauvais exemple pour la jeunesse locale.

Dans les prochaines semaines, deux

films feront passer ces deux productions

pour de l’eau de rose. Vous l’auriez

deviné, c’est la reprise de la campagne

contre les atrocités françaises de la guerre

d’Algérie, la torture évidemment, déjà

évoquée dans « La Bataille d’Alger », film réalisé en 1965 à l’initiative du proxénète et chef terroriste

Yacef Saadi devenu entre-temps

patron de Casbah Films et qui valut

en 1966 le Lion d’Or de Venise à son

réalisateur, Gilles Pontecorvo (1).

Le premier de ces nouveaux films,

tourné en Algérie, est « Mon

Colonel », de Costa Gavras. L’Algérie, Gavras connaît pour y avoir réalisé “Z” qui dénonçait les colonels…

grecs ! Il y avait alors sur place le

régime de fer d’un autre colonel,

Houari Boumediène, mais cela

n’avait gêné en rien Costa Gavras.

Il y aura ensuite, tourné au Maroc,

mais se passant en Kabylie, « L’Ennemi intime », inspiré par un documentaire de l’ex-trotskiste Patrick

Rotman qui avait déjà sévi à la télévision dans une série portant ce

même titre. Ce film du réalisateur

Florent Siri a bénéficié de gros

moyens. Et de vedettes connues

comme Benoît Maginel et Albert

Dupontel. Il contiendrait des scènes

croquignolettes comme l’exécution

par des soldats français d’un Algérien

n’ayant pu répondre aux questions…

parce que sourd-muet. Enorme ! Une

autre vedette du film est Mohamed

Fellag, jusque-là spécialisé dans l’humour maghrébin pour public hexagonal.

Mais qui change de registre. Ce qui n’est

pas étonnant : de Fellag à fellagha ou fellouze, il n’y a qu’un pas…

Jean-Paul ANGELELLI.

_____

(1) S’affirmant dans le quotidien britannique

The Guardian comme « pas un révolutionnaire

mais simplement un homme de gauche, comme

beaucoup de juifs italiens », Pontecorvo s’est

justement éteint à Rome le12 octobre dernier.

Son dernier film, “Ogro” (1979), était une

charge contre le franquisme.

NE PAS CONFONDRE

REDEKER

ET FAURISSON

Sous le titre « Affaire Redeker » (du nom

d’un enseignant toulousain ayant reçu des

menaces de mort après la publication

dans Le Figaro d’une tribune libre violemment anti-islamiste — voir RIV. du 6/10),

l’Union nationale interuniversitaire

(UNI, proche de l’UMP) a lancé une pétition pour « défendre la liberté d’expression

menacée en France », et « de façon si grave qu’il est urgent de donner un coup d’arrêt ». Dans ce

texte dont 50 000 exemplaires vont être

diffusés, les universitaires sont donc sommés de se mobiliser pour défendre « la possibilité pour chacun, en principe et en fait, d’exprimer publiquement ce qu’il pense » car, « faute

de liberté d’expression, c’est la pensée elle-même

qui est étouffée. Au-delà, c’est la vitalité du pays

qu’il faut préserver en donnant un coup d’arrêt

contre les menaces actuelles ». Fort bien, mais on ne sache pas que

l’UNI se soit jamais mobilisée pour

défendre la liberté du professeur Robert

Faurisson, même quand celui-ci fut victime à Vichy en septembre 1989 non pas

de simples menaces comme Robert Redeker, mais d’une sauvage agression qui

faillit lui coûter la vie… et dont les

auteurs, réfugiés en Israël, n’ont jamais

été inquiétés. De même, dans son n° du

12 octobre, Actualité juive, qui avait beaucoup pleuré sur le sort de M. Redeker,

déplore que « Faurisson n’écope que du sursis » pour avoir accordé une interview à

une chaîne satellitaire iranienne inconnue

en France… où personne n’avait pu la

capter.

VALISE D’AUSCHWITZ :

ÇA S’ARRANGE

Nous évoquions dans notre n° du 8 septembre la plainte déposée par Pierre Levi,

fils d’un déporté juif, contre le musée

d’Auschwitz auquel il réclamait — sans

succès — la valise de son père. Heureusement, retour d’un voyage en Pologne,

Serge Klarsfeld a annoncé que « ça pourrait

s’arranger ». Serait donc évité le procès

dans lequel « il n’y aurait eu que des

perdants », comme l’avait dit le porteparole du musée.

DISCRIMINATION

Début octobre, la Conférence sur les

biens matériels juifs devant être restitués

par l’Allemagne (Conference on Jewish

Material Claims Against Germany) a

décidé d’attribuer quelque 3 millions de

dollars d’allocations aux quelque 120 000

survivants de la Shoah résidant dans le

nord d’Israël « pour les aider à subvenir à la

difficile situation économique à laquelle ils sont

confrontés depuis la guerre de 34 jours entre

Israël et le Hezbollah ».

Ne s’agit-il pas là d’une mesure discriminatoire envers les habitants du nord d’Israël tout aussi démunis mais non rescapés ?

IDYLLE COULEUR

DU TEMPS

Confirmant sa réputation, le tribunal de

Bobigny a ordonné le 6 octobre la remise

en liberté de Patrick, un clandestin camerounais, à condition toutefois qu’il

« revienne prochainement devant le magistrat

muni des documents attestant de son futur

mariage avec Frédéric, son compagnon résidant

dans la région du Brabant-Wallon », en Belgique. « Je me réjouis

de me rendre compte que

la France a toujours du

cœur, s’est écrié le

fiancé, même si la politique de l’immigration

s’est resserrée voire cadenassée. » A noter que

le Camerounais a

bénéficié de l’aide de

l’Association pour le droit au séjour des

homosexuels étrangers, l’Ardhis, et, à nos

frais, d’une avocate commise d’office.

« Soulagés et le cœur léger, Frédéric et Patrick

devraient donc pouvoir se marier à la mioctobre », commente le quotidien internet

du magazine homo Têtu, dans le meilleur

style Veillée des chaumières. Et ils feront

beaucoup d’enfants bronzés, grâce aux

progrès de la médecine ?

ANNONCÉ comme un grand événement télévisuel, le film “Harkis” (le

10 octobre sur France 2) laisse des

impressions contradictoires. Les interprètes étaient de qualité avec Smaïn (l’ancien harki) et Leila Bekhti incarnant sa

fille, prise entre deux mondes, le traditionnel et l’occidental.

Le téléfilm est tiré du livre de Dalila Kerchouche publié au Seuil sous le titre « Avoir

dix-sept ans dans un camp de harkis ». Dès

sa sortie en 2003, le général Maurice

Faivre, spécialiste du sujet, avait épinglé les erreurs et mensonges de l’ouvrage. L’auteur y félicitait son père

d’avoir livré des munitions au FLN.

Elle évoquait le camp de Bias (qu’elle

avait quitté à… un an !) sans préciser

qu’il était réservé à des « cas sociaux,

infirmes, invalides » et dressait de ce

camp un portrait sinistre, etc. A la télévision, on n’est plus dans un camp

mais en pleine nature, dans des

hameaux forestiers isolés mais plus

humains. Toutefois, le directeur du

hameau, un ancien officier nommé par

le ministère des Rapatriés alors qu’il

dépendait dans la réalité du ministère

de la Défense, est un pied-noir autoritaire, grossier et malhonnête — merci

pour les associations de rapatriés qui

ont inlassablement soutenu la cause

harkie… Bien entendu, les villageois

sont aussi hostiles envers ces “Arabes”.

Racisme ? Plutôt choc des cultures.

Evident, quand Leila flirte avec un

jeune Gaulois et ne veut pas être

mariée contre son gré à son cousin.

Il y a une minute de vérité quand

Smaïn évoque comment, après Evian,

lui et ses compagnons ont été lâchés

(sur ordre) par l’armée et abandonnés

au FLN. Mais, sur un mur de sa maison, il y a un portrait de notre grand

général dont on sait comment, en

privé, il traitait les Algériens et autres

Arabes, ces « clochards mendigots ». Et

combien il se fichait des supplétifs.

On doute donc que cette émission sur

les harkis (qui n’est pas une première) ait

éclairé et ému l’opinion sur ces « sacrifiés de l’histoire ». D’autant que Dalila

Kerchouche tire trop la couverture à elle.

On ne l’a pas attendue pour découvrir ce

qui a été un drame occulté en 1962 et de

Télévision

1, rue d’Hauteville, 75010 Paris

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Le Blanc-Mesnil cedex — Dépôt légal : à parution —

Principaux associés : M.-L. Wacquez, J.-B. d’Astier de

la Vigerie, F. Pichard. Gérant : Quitterie Saclier de

la Bâtie. CPPAP n° 0208 I 82763, ISSN n° 0035 56 66.

AGENDA

Pierre Baudis, bd Lascrosse). 33e congrès du Cercle

Algérianiste et 1er forum Algérianiste du livre.

Entrée gratuite. J.-P. Angelelli signera « Une guerre

au couteau ».

☞ 21-22 octobre à Strasbourg. Week-end identitaire (relance de la soupe au lard, conférence-débat

d’Anne Kling sur « La France LICRAtisée », dîner

le samedi et, dimanche, dépôt de gerbe à la mémoire

des combattants de Budapest en 1956 en présence de

Hilde de Lobel, député du Vlaams Belang, et de

Nicolas de Lamberterie, président du HVIM France).

Rens. 06-85-22-90-56 ou <robert.spieler@free.fr>.

☞ 22 octobre à Paris (Place de la Concorde, 15 h).

Messe de Requiem pour la reine Marie-Antoinette.

☞ 22 octobre à Paris (Arc-de-Triomphe de l’Etoile

à 18h30). 50e anniversaire de la révolution hongroise.

Dépôt de gerbe et ranimation de la Flamme par le

Comité du Souvenir franco-hongrois.

☞ 22 octobre à Villepreux (domaine de Grand’Maisons, 10 à 19 h).Journée de la résistance chrétienne au Tchernobyl médiatique. Messe, tables

rondes, vente de livres. Rens. 01-40-51-74-07.

☞ 25 octobre à Lyon 2e (salle du Vatel, 8 rue Duhamel à 18h30 : Conférence de J.-P. Angelelli : « Renseignement et guerre d’Algérie ». J.-P. A signera

« Une guerre au couteau ». Dîner à 20h (même

salle). Part. 27 €. Rés. Cercle Algérianiste de Lyon.

06-61-85-78-05.

☞ 26 octobre à Paris 3e (hôtel Libéral Bruant, 1 rue

de la Perle, 19 h). Réunion-débat sur « Sommes-nous

en démocratie ? ». Entrée libre. Dîner possible

ensuite : 48 €. Rés. <nouveaudialogue@aol.com> ou

06-15-71-49-86.

☞ 26 octobre à Paris 5e (Centre Charlier, 70 bd StGermain, 19h30). Conférence sur Lénine par Nicolas

Tandler qui dédicacera son livre. Buffet. Part. 8 €.

(étud., chôm. : 4 €).

☞ 29 octobre près de Tours (la Grange de Meslay, Parçay-Meslay, à 12h). Grand banquet patriotique présidé par Jean-Marie Le Pen. Part. 15 €.

Rés.au 02-47-39-31-40.

☞ 3 novembre à Paris 20e (Père Lachaise, 16 rue

du Repos, 75e Division, 16h30). Pose d’une plaque

d’hommage à Clara Lanzi, fondatrice du Secours de

France. Rens. ADIMAD, 04-94-57-52-91.

☞ 4 novembre à Paris 17e (Hôtel Gril Campanile,

4 bd Berthier, 10h30). AG de l’ADIMAD (68 traverse

des Loubes, 83400-Hyères. Adhésion : 20 €). Part.

déjeuner : 32 €. Rens. : 04-94-57-52-91.

☞ 10-12 novembre au Bourget. Fête des BBR.

☞ 9 décembre à Paris 10e (Espace Dubail, 18 passage Dubail de 14h30 à 19h30). Réunion des

« Amis de RIVAROL ».

☞ 21 octobre à Paris 1e (Les Fontaines StHonoré, 200 rue St-Honoré, 12h30). Banquet de

Militant sur « Une géopolitique inquiétante ». Part.

31 €. (23 € pr étud., chôm.)

☞ 21 octobre à Paris 7e (Librairie Duquesne, 27 avenue Duquesne, tél : 01-45-55-87-55, à partir de 14h30).

Laurent Glauzy-Blancy dédicace son livre Le Mystère

de la Race des Géants à la lumière du Créationnisme.

☞ 21 octobre à Roquevaire. Après-midi Maurras.

16h15 : RV devant l’entrée du cimetière pour fleurir

le tombeau du maître et évoquer son œuvre. 18h : apéritif « Au vieux pressoir » (St-Pierre-les-Aubagne),

puis interventions. Part. 25 € (15 € pr étud.). Rés. 06-

14-78-04-98 ou <fedroyprov@club-internet.fr>.

☞ 21 octobre à Paris 11e (La Licorne Bleue, 3 bis

rue Jules Vallès, de 15 à 18h30). Bernard Jacquelin

dédicace « Européens, qui sommes-nous ? » 20 €.

Rens. 01-46-59-18-20.

☞ 21-22 octobre à Toulouse (centre des Congrès

Détournement sur la Toile…

N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 9

cratie d’opinion est bien

un totalitarisme médiatique, CQFD. Eh bien,

malgré la diabolisation —

la pire, celle du silence —

et des divisions de Gaulois, le Front National

belge, en outre dépourvu

de leader puisque, le

18 avril dernier, son président « à vie » Daniel Féret

avait été reconnu coupable

d’incitation à la haine

raciale par la cour d’appel

de Bruxelles, sur base de

tracts et d’extraits de programmes électoraux (et

condamné à dix ans d’inéligibilité), enregistre une progression

dans plusieurs communes de la Wallonie

désindustrialisée. 9,8 % par exemple à

Fleurus. Il a fait aussi un score très

important à Charleroi malgré les dissidences du FN — Front Nouveau de Belgique, Force Nationale et autres. A Charleroi, le PS, qui détenait la majorité absolue, a donc perdu près de 13 points et se

retrouve à 38,5 %, le Front National

approchant les 10 % avec 9,38 %.

En ce qui concerne les partis institutionnels, le VLD (libéraux démocrates flamands), parti du Premier ministre Guy

Verhofstadt qui gouverne avec les socialistes, enregistre une forte baisse en

Flandre, au bénéfice des chrétiens-démocrates du CDV du ministre-président de

la région flamande, Yves Leterme. A

Bruxelles, ville divisée en 19 communes

sans mairie centrale, les socialistes et les

chrétiens-démocrates du CDH apparaissaient comme les grands vainqueurs du

scrutin, au détriment des libéraux et des

écologistes.

Ces élections, commente Jean-Marie

Le Pen, « paraissent marquer un renouveau, assez général en Europe, des idées

nationales ». En effet, constate le président du FN, le résultat « recoupe toute

une série de scrutins en Grande-Bretagne, dans les pays du nord de l’Europe

et en Autriche ». C’est un phénomène qui

témoigne de « l’inquiétude de plus en

plus grande des populations face aux

phénomènes liés à l’immigration massive

en provenance du tiers monde ».

Le sursaut par le vote, certes, est indéniable. Mais le temps démographique

nous est compté.

P.-P. B.

LES observateurs de

la « grosse presse »

se sont une fois de

plus focalisés sur un arbre

pour ne pas voir la forêt. Il

en a été des élections

belges du 8 octobre

comme des augmentations

de l’essence ou de l’électricité. On laisse entendre

que la hausse sera colossale, de l’ordre de 12 centimes, et quand finalement

le gouvernement annonce

plus 9, le ponctionné paraît

heureux de l’être et pousse

un ouf de soulagement.

Mais l’augmentation, elle,

est bien là.

VLAAMS BELANG : LE REVERS

D’ANVERS N’EMPÊCHE

PAS L’“INCRUSTATION”

La hantise des partis régimistes — une

nouvelle poussée de l’extrême droite aux

élections municipales belges — s’était

concentrée sur Anvers, capitale de la

Flandre. Le cauchemar pour les politiciens était de voir Filip Dewinter, le dirigeant local du parti identitaire et nationaliste flamand Vlaams Belang, devenir

bourgmestre du grand port. Aussi, quand

il fut certain que les socialistes du maire

sortant Patrick Janssens allaient conserver la mairie en passant de 19 à 35 % des

suffrages, tout le reste fut en un instant

oublié. Il est vrai que, pour le Vlaams

Belang, le revers d’Anvers est symbolique et que la prise de la ville aurait

transformé en triomphe absolu un succès

incontestable. Le parti classé à l’extrême

droite progresse tout de même de 0,5 % à

Anvers où il a obtenu 33,5 % des suffrages. Il est plus difficile de monter

quand on est déjà très haut. Dans le reste

de la Flandre, au contraire, le Vlaams

Belang s’impose plus nettement là où il

était absent et fait près de 5 % de mieux

qu’en 2000, à plus de 15 %.

Il faut revenir un instant sur ces deux

résultats. En effet, l’“incrustation” dans

les zones où l’immigration est marginale

et la difficulté de la progression à Anvers

s’expliquent très bien. Isabelle Alonso,

vigilante chienne de garde et “penseuse”

de l’émission politique de gauche à

camouflage humoristique « On a tout

essayé », de Laurent Ruquier, croit avoir

tout compris comme d’habitude et elle

prend la peine de l’expliquer au bon

peuple qui est selon elle, cela se lit dans

ses yeux, un peu dur des méninges. On

vote xénophobe, analyse-t-elle sans rire,

là où il n’y a pas d’immigrés car on ne les

connaît pas, mais là où on les côtoie, on

les aime et le racisme recule ! Ce qui est

effrayant, c’est qu’elle y croit. N’a-t-elle

jamais entendu parler du « white flight »

qui pousse justement les urbains ou les

banlieusards parisiens, londoniens… ou

anversois vers les zones rurales afin de

fuir les envahisseurs ? Et puisque

Mme Alonso prétend tout essayer, pourquoi pas la réalité ? On vote pour ceux

qui protègent la tranquillité du peuple

historique dans les zones encore préservées dans l’espoir qu’elles le resteront.

Le vote Front national dans nos campagnes françaises s’explique de la même

façon.

LE LOBBY IMMIGRATIONNISTE

A L’ŒUVRE

En revanche, là où les allogènes sont déjà

en nombre et où ils votent, cela joue bien

sûr en faveur des partis immigrationistes

comme ce fut le cas à Dreux pour la regrettée Marie-France Stirbois et dans les

Bouches-du-Rhône où les trois têtes

d’affiche du FN (Le Pen, Stirbois, Mégret)

échouèrent à se faire élire aux législatives

de 1988 bien que le candidat Le Pen fût

arrivé premier dans ce département à

l’élection présidentielle qui venait d’avoir

lieu. Nous le rabâchons, la démographie

est la limite de la démocratie, tout est

faussé dans le système de la démocratie

élective quand, dans un pays ou une

région, le nombre des électeurs issus de

l’immigration rattrape celui des nationaux.

En Belgique, de nombreux candidats

d’origine étrangère ont ainsi obtenu un

très bon score lors du scrutin communal

et provincial. Des candidats qui se trouvaient souvent en bas ou au milieu des

listes ont été élus et siègeront pour certains grâce aux voix de préférence. En

revanche, une étude syndicale réalisée au

lendemain du scrutin montre qu’à

Anvers, le Vlaams Belang qui avait

obtenu 40,4 % du vote « de souche » est

tombé à 33,5 % compte tenu des suffrages émis par les Néo-Belges ou les

étrangers bénéficiant du droit de vote. Le

communautarisme est bien en marche.

22 des élus socialistes d’Anvers sont

ainsi des Néo-Belges de confession

musulmane. Le système s’appuie sur les

électeurs immigrés contre les nationalistes européens de Belgique. Le phénomène est indiscutable dans des villes

comme Bruxelles, Gand ou Malines. Ce

vote immigré pour les municipales a été

instauré après la poussée de 2000 du

Vlaams Blok. Le système joue l’étranger

aux municipales contre les nationaux :

comment s’étonner dès lors que les victimes veuillent « faire crever » cette Belgique ?

Le renforcement de l’extrême droite

n’en est donc que plus remarquable, et

c’est vrai également en Wallonie où les

nationalistes francophones étaient divisés et interdits de campagne médiatique

par décision du 4e Pouvoir qui avait

décidé leur boycottage total — la démoBelgique : les étrangers contre le vote national

Faire abolir dans la Confédération helvétique l’article 261 bis du Code pénal

suisse, dit loi-bâillon, qui permit entre

autres la condamnation et/ou l’incarcération de l’octogénaire Amaudruz, directeur du Courrier du continent, de l’historien René-Louis Berclaz, de Jürgen Graf

(« L’Holocauste au scanner ») et du professeur Faurisson (condamné à un mois

de prison ferme à Fribourg en 2001 après

avoir été empêché de témoigner au procès de G.A. Amaudruz) ? C’est, semblet-il, l’objectif de Christoph Blocher, dirigeant de l’Union démocratique du Centre

(UDC) et surtout, grâce aux résultats

électoraux (26,4 % des voix), désormais

ministre de la Justice et de la Police.

De retour de Turquie le 8 octobre —

alors que se déroulait dans les cantons

romands une votation visant au rétablissement des notes dans les établissements

scolaires —, Christoph Blocher a en tout

cas annoncé aux nombreux journalistes

qui l’attendaient à l’aéroport de ZurichKloten « étudier la possibilité de modifier ou de supprimer la norme

antiraciste ». « Je déplore les génocides

et les déportations. Mais je veux que,

dans ce domaine comme dans d’autres, il

soit possible de prendre des positions qui

ne conviennent pas à tout le monde…

Depuis son entrée en vigueur, l’article 261 bis a suscité des développements insatisfaisants. Dans un tel

contexte, mes fonctions me donnent le

devoir de le réévaluer. Un groupe de travail a d’ailleurs été constitué à cet effet

au sein de l’Office fédéral de la justice »,

a-t-il déclaré à la grande fureur de la

presse, surtout francophone. Jugeant son

« défi dérisoire. Ou abominable », le

quotidien 24 heures accuse ainsi le Zurichois de se placer sous l’égide de Voltaire

pour réhabiliter « le racisme, la xénophobie et le négationnisme », et cela « sans

le moindre émoi ». D’autant que Christoph Mörgeli, éminence grise de Blocher,

en rajoute, professant que, « dans un Etat

libéral, il doit être possible de tenir aussi

des propos insensés et d’affirmer des

choses fausses ».

L’ECONOMIE AU SECOURS DE

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION !

Le débat sur la “loi-bâillon”, adoptée

lors du référendum du 25 septembre

1994, par 54,7 % des 45,3 % de Suisses

qui s’étaient rendus aux urnes, et que

l’UDC avait alors soutenue, est redevenu

d’actualité avec les procédures judiciaires engagées à Lausanne contre un

politicien et un historien turcs accusés

d’avoir nié la réalité du génocide arménien lors de conférences publiques. Le

procès, prévu en mars, a provoqué une

levée de boucliers à Ankara où l’on a

ouvertement menacé la Confédération de

représailles non seulement politiques

(l’ambassade helvétique a d’ailleurs pris

de très rigoureuses mesures de sécurité

pour éviter d’être attaquée et protéger ses

employés) mais aussi économiques. Ce

que l’Establishment

suisse, considérant la

Turquie comme « un

partenaire très

important », voudrait

à tout prix éviter. Des

pressions se multiplient donc pour que

les poursuites engagées contre les deux Turcs soient abandonnées. Mais comment un Etat démocratique pourrait-il continuer de soumettre ses propres citoyens à une législation non applicable aux étrangers commettant les mêmes délits ?

C’est sur cette contradiction que s’appuie Blocher pour préconiser l’adoucissement et même la suppression de l’article 261 bis. S’il menait à bien son projet malgré les obstacles que, n’en doutons

pas, les milieux concernés vont multiplier

sous ses pas, ce serait une véritable révolution judiciaire en Europe… même si la

Suisse ne fait pas partie de l’Union !

J. L.

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