On ne sache pas que le « quotidien de
référence » ait consacré une colonne, ni
même une ligne, à ce rebondissement.
mobile… et les automobilistes ?
Société plurielle
pire, des mafieux et des oligarques, enfants
mutants du soviétisme. D’ailleurs, le
10 octobre, alors que se déroulaient les
obsèques d’Anna Politkovskaïa, était commis un assassinat beaucoup moins médiatisé, celui d’Alexandre Plokhine, l’un des
directeurs de la Vnechtorbank, tué à son
domicile dans les mêmes conditions que la
journaliste… et comme l’avait été en septembre l’un de ses collègues, Andreï Kozlov, numéro deux de la Banque centrale de
Russie où il était chargé de la supervision
des enquêtes sur l’argent sale.
Ce qui nous ramène à la disparition d’un
autre journaliste russe si oublié aujourd’hui qu’aucun confrère ne l’a évoqué :
Paul Klebnikov, tué de quatre balles à la
sortie de son bureau de Moscou, le 9 juillet
2004 (voir RIV. du 23/7/ 2004). Une élimination attribuée aux séparatistes tchétchènes. Puis, à l’issue d’un procès peu
convaincant — et au verdict d’ailleurs
annulé —, une autre piste a été désignée :
celle des oligarques, Klebnikov ayant écrit
un livre accablant, Le Parrain du Kremlin, publié chez Robert Laffont (voir RIV.
du 26/7/02) et sous-titré « Boris Berezovski
et le pillage de la Russie ». Y était soulignée la collusion du richissime et cosmopolite Boris avec… la rébellion et les
gangs tchétchènes !
On ne saura sans doute jamais la vérité
sur la mort de l’infortuné Klebnikov. Ce
qui est sûr, c’est que, quand les journalistes
d’investigation russes s’occupent de la
Tchétchénie ou des oligarques, nombreux,
sont ceux qui peuvent réagir avec
violence : les militaires russes, les séparatistes et les affairistes apatrides qui prospèrent sur la sale guerre. La responsabilité
de Poutine est une piste qui ne peut évidemment être écartée, mais la privilégier
dès le départ dans le meurtre d’Anna Politkovskaïa, commentatrice du bihebdomadaire Novaïa Gazeta, est une attitude largement dictée par des considérations surtout politiciennes. Les mêmes considérations expliquent la médiatisation de ce
drame et l’entretien d’une émotion accusatrice, même le maire de
Paris Bertrand Delanoë
ayant cru devoir exprimer
son « intense émotion »
devant cet « ignoble
assassinat » dans une
lettre adressée le
9 octobre au directeur de
Novaïa Gazeta… mais
aussitôt communiquée à
toute la presse française (y compris RIVAROL !) Ce n’est pas toujours le cas :
d’autres éliminations de journalistes
gênants, mais qui ne cherchaient pas du
côté autorisé, avaient laissé de marbre la
profession et donc l’opinion — voir cicontre.
CRIME POLITIQUE
OU VENGEANCE
DES OLIGARQUES ?
Vladimir Poutine a promis que les autorités feraient tout leur possible pour élucider
l’assassinat de Politkovskaïa. Il a assuré à
son homologue américain George Bush,
dans un entretien téléphonique rapporté par
le Kremlin, que « tous les efforts nécessaires seraient déployés pour conduire une
enquête objective sur cette mort tragique ». De son côté, le rédacteur en chef
de Novaïa Gazeta, Dimitri Mouratov, a
précisé que sa collaboratrice mettait la dernière main à un article sur la torture et les
enlèvements en Tchétchénie, abus qu’elle
imputait à Ramzan Kadyrov, Premier
ministre prorusse de la petite république
caucasienne. Mais, dans ce texte, elle
aurait également évoqué le rôle d’oligarques faisant de fructueuses affaires avec
les autorités tchétchènes et les militaires
russes, sans occulter le jeu complexe de
certaines mafias avec les indépendantistes.
En somme, elle reprenait le fil interrompu
par la liquidation de Klebnikov.
Dernière piste : une « provocation politique » orchestrée de l’étranger pour discréditer le régime, thèse évoquée par le
Kremlin… On le voit, la vérité ne paraît
pas près de sortir du puits mais une chose
est sûre : pour Poutine, l’impact est négatif et il sera exploité par ses adversaires de
l’intérieur comme de l’extérieur.
LE CACTUS GÉORGIEN
Lesquels utilisaient déjà le dossier géorgien contre le maître du Kremlin, persuadé
d’être visé par un plan américain d’encerclement de la Russie par des régimes pro-occidentaux. Le basculement de l’Ukraine en
2004, l’alliance entre les nouveaux dirigeants de Tbilissi et de Kiev renforcent ce
soupçon. En face, le discours du président
géorgien Saakachvili se radicalise contre les
régions séparatistes soutenues par Moscou.
L’armée russe rechigne de son côté à évacuer ses bases, en dépit d’un accord conclu
en 2005. L’interpellation de présumés
espions russes à Tbilissi a été considérée par
Poutine comme une provocation de trop…
et un bon prétexte pour ne pas évacuer de
base militaire supplémentaire mais organiser au contraire un blocus de la petite république et renvoyer chez elles par centaines
des familles entières de Géorgiens installés
en Russie, les autres faisant l’objet d’un
fichage ethnique précis.
La Russie et la Géorgie traversent une nouvelle phase de crise aiguë, une de plus dans
6 N° 2782 — 20 OCTOB
Douchambé, octobre 2006
AL’OCCASION du scrutin présidentiel qui aura lieu au Tadjikistan le
6 novembre, également jour de la
constitution, l’opposition a apporté la
preuve de son incapacité à présenter un
candidat crédible face au président (et candidat à sa propre succession) Rakhmonov,
qui aura de toute évidence fait table rase
des obstacles durant ces derniers mois. Il
continue en effet de consolider sa position
et brigue un troisième mandat à la présidence de ce pays et sa victoire semble
assurée. Il bénéficie d’ailleurs d’un large
soutien populaire, incarnant l’Homme de
la paix et de la stabilité (toute relative), et
revendique également l`amélioration de
conditions de vie et les progrès économiques dans ce pays.
Le Tadjikistan à majorité sunnite, vaste
territoire de 143 000 km2 pour une population de 6,7 millions d’habitants — dont
deux tiers de Tadjiks parlant une langue
indo-européenne, un quart d’Ouzbeks turcophones et 7,3 % de Russes —, est considéré comme le plus pauvre des pays d’Asie
centrale. Frontalier du Kirghizitan, de
l’Ouzbékistan, de l’Afghanistan et de la
Chine, il souffre d’une immigration croissante, d’une corruption généralisée et d’un
trafic de drogues en progression.
A l’heure actuelle, ce sont huit partis politiques enregistrés qui se partagent l’étroite
scène politique de Douchambé (ex-Stalinabad). Six d’entre eux ont participé aux
législatives de février 2005 et deux jeunes
formations (Le Parti des réformes économiques et le Parti agricole), enregistrées en
novembre 2005, ont quelque peine à se
rendre crédibles dans cette arène. La nomination des candidats au scrutin présidentiel
est officiellement ouverte depuis le 16 septembre.
DES PARTIS POLITIQUES
DIVISÉS… ET MANIPULÉS
Depuis 2002, date du véritable cessez-lefeu de la guerre civile qui débuta en 1992
et fit plus d’un millier de morts et des
dizaines de milliers de réfugiés, le président Rakhmonov s’est employé à concenL A FAMEUSE « démocratie d’opinion » fonctionne également au plan
mondial. Elle représente une
approche journalistique très Politiquement
Correcte des problèmes internationaux. La
sélection hebdomadaire de la publication
dirigée par Alexandre Adler, Courrier
international, en témoigne. Cette « démocratie d’opinion internationaliste » déteste
Vladimir Poutine dont le national-autoritarisme est un obstacle au mondialisme idéologique, le réveil des ambitions de la Russie-puissance étant un obstacle à la démocratisation globale voulue par les financiers capitalistes et leurs alliés politiques.
LA LIQUIDATION
DE POLITKOVSKAÏA :
LE PRÉCÉDENT KLEBNIKOV
Cela étant posé, il ne faut pas céder au
romantisme et voir en Poutine le sauveur
du monde blanc. Le nouveau tsar présente
des aspects séduisants, mais il reste par
formation, et cela se vérifie dans certaines
de ses actions, une créature du soviétisme
et le colonel du KGB qu’il fut. Faut-il pour
autant le charger de tous les péchés du
monde ? Il a été désigné de fait par la
« démocratie d’opinion » comme le responsable de l’assassinat de la journaliste
Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre, à
l’entrée de sa maison au centre de Moscou,
de deux balles, dont l’une dans la tête. Si
ce n’est pas lui directement qui a armé le
bras des “éradicateurs”, c’est son système
et le climat qu’il instaure. Analyse prématurée, surtout dans un pays où règne audelà de la violence d’Etat celle, encore
D’autres journalistes Tadjikistan : u liquidés… en France
Le 16 octobre 1978, ce n’est après tout
pas si vieux, un journaliste était assassiné
par une police secrète communiste. Non
pas à Moscou, mais en plein Paris, alors
que, comme Anna Politkovskaïa, il venait
de regagner son domicile. La grande presse
resta pourtant muette, comme les radios et
la télévision. Cet assassinat ne l’intéressait
visiblement pas.
Il est vrai que la victime, Bruno Busic,
était un journaliste nationaliste croate, et
que ses assassins appartenaient à l’UDBA
du cher maréchal Tito, avec lequel la
France de Giscard entretenait les
meilleures relations.
Or, né en Croatie en 1939, Busic était l’un
des principaux collaborateurs de la Revue
croate (Hrvatska Revija), une publication
littéraire et artistique lancée en 1966 à
Paris par Vinko Nikolic, et où Belgrade
voyait une insupportable “atteinte” au centralisme politique et culturel yougoslave.
Bien qu’il fût de nationalité française,
Nikolic fut finalement expulsé de France
et un numéro de sa revue fut saccagé à
l’imprimerie — par la police française —
en 1967. La résistance intellectuelle croate
se poursuivant cependant, l’exécution de
Bruno Busic, qui avait publié des faits et
des chiffres, précis et accablants, sur la
féroce répression menée par les titistes, fut
décidée. Et elle eut donc lieu, sans susciter
la moindre émotion, sept mois après l’attentat sanglant qui, en Normandie, le
18 mars 1978, avait coûté la vie à un autre
journaliste, notre ami et collaborateur
François Duprat, et grièvement blessé sa
jeune femme.
Duprat, alors âgé de 37 ans, était candidat
du Front national (dont il était membre du
Bureau politique) aux législatives. Il s’apprêtait à publier chez Alain Moreau un livre
intitulé Le Pouvoir et l’argent et il avait
longuement précisé dans RIVAROL le rôle
joué par Berlin-Est dans les mouvements de
subversion issus de Mai-68 et qui ensanglantaient alors l’Europe avec la Rote
Armée Fraktion en Allemagne et les Brigades rouges en Italie. Enfin, très proche de
Maurice Bardèche, il diffusait en France les
écrits révisionnistes du Britannique Harwood, disciple de Paul Rassinier. Quatre
pistes possibles pour expliquer l’attentat,
d’une rare technicité et donc à l’évidence
commis par des professionnels. Lesquels ?
On ne le sut jamais… ou les autorités
comme les limiers du journalisme ne voulurent jamais le savoir — et le faire savoir.
Mais Jean-Marie Le Pen, effondré par la
mort brutale de Duprat (que l’on voit ici
lors d’un meeting à Assas en 1972), devait
révéler que celui-ci, quatre jours avant sa
mort et se sachant menacé, avait sollicité
une autorisation de port d’arme. Qui lui fut
refusée, mais oralement. Surtout, pas de
traces… Cette révélation, jamais démentie,
ne fut alors reprise que par Le National
(dont Jean-François Chiappe était le rédacteur en chef) et dans notre journal.
Nous renvoyons donc les larmoyants crocodiles d’aujourd’hui à leur criminelle
indifférence d’hier.
J. L.
(Dessin de CHARD.)
Poutine entre assassinat et blocus
BRE 2006 — RIVAROL 7
Actuellement, la Chine est considérée
comme la quatrième puissance économique avec une croissance annuelle de
11 %. Depuis des années, l’Inde connaît
également une prospérité sur le plan économique, tout comme un autre Etat, très
discret et beaucoup moins connu, le Kazakhstan. Au Nord, la Russie tire des dividendes juteux de la progression ininterrompue du prix du gaz et du pétrole. Cette
région est en plein essor et la république
du Kazakhstan est, avec 2,7 millions de
km2 (cinq fois la superficie de la France),
le 9e plus grand pays du monde. Il tire tous
ses avantages d’une situation privilégiée,
au carrefour des échanges des énergies
naturelles.
De son côté, toujours sur le plan économique, la Chine devrait l’an prochain certainement dépasser l’Allemagne, avoir rattrapé le Japon en 2015, et les Etats-Unis en
2040. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) et de la banque
d’investissement Goldman Sachs, l’Inde
pourrait en 2035 surclasser le niveau de
tous les Etats occidentaux du G7, à l’exception des Etats-Unis et du Japon. A
terme égal, la Russie aura dépassé l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et
l’Italie. C’est la raison pour laquelle les
économistes, les entreprises, les investisseurs montrent un intérêt particulier pour
la Chine, l’Inde, la Russie. Pour le long
terme, cette situation est prometteuse car
ces différents Etats peuvent de par leur
proximité bénéficier d’un effet de synergie, ce qui n’est pas le cas des Etats industrer toujours plus les pouvoirs et à réduire le pluralisme politique. La presse
muselée, la population en
permanence menacée d’un
nouveau conflit fratricide
en cas d’activisme politique et une situation régionale bien instable font
qu’Emomali Rakhmonov
dirige d’une main de fer ce
pays enclavé et pratiquement dépourvu de ressources naturelles. Les différentes menaces comme le
terrorisme, l’instabilité
afghane, la montée de l’islam radical sont autant de
paramètres qui empêchent
le Tadjikistan de « tourner
rond ».
Les élections parlementaires de 2005 ont
assuré à Rakhmonov une suprématie au
Parlement et la présence de ses affidés
dans la quasi-totalité des administrations
du pays, ce qui rend sa réélection encore
plus probable.
Son Parti Populaire Démocratie (PDPT),
installé au pouvoir depuis 1997, détient la
majorité absolue au Parlement. Seuls le
Parti communiste (PCT) et le Parti islamique (IRPT) ont gagné l’an dernier respectivement 4 et 2 sièges sur les 63 du
« Mjlissi Namoyandagon » (Chambre
basse). Le Parti communiste, qui progresse
fort peu et ne mérite pas la dénomination
de parti d’opposition, ne doit les quelques
sièges obtenus qu’à une certaine tradition
ancrée dans la partie vieillissante de la
population.
Saïd Abdullo Nuri, leader du Parti islamique et président de la Commission de
réconciliation (et ci-devant chef de guerre
de l’Opposition unifiée du Tadjikistan
durant la guerre civile), est mort le 9 août
dernier, laissant un mouvement divisé entre
“modérés” et “radicaux” qu’il unifiait sous
sa houlette. Malgré les risques de scission,
annoncée par certains dans les mois à venir,
le Parti islamique reste néanmoins celui
qui, au sein de la population tadjike, bénéficie de la plus large écoute. Le soutien
populaire qui portera vraisemblablement
les islamistes au pouvoir dans ce pays est
cependant assez difficile à cerner car les
autorités actuelles ont l’habitude de lier
tous les mouvements islamiques de la
région, comme le Mouvement Islamique
d’Ouzbékistan ou le Hizb-Ut tahrir anglopakistanais, au Parti Islamique, ce qui ternit la réputation de celui-ci.
Les Socio-démocrates (SDPT) et le Parti
Démocratie (DPT) recensent à eux deux
moins de 15 000 membres et ont du mal à
survivre face aux diverses attaques et
menaces dont ils sont la cible. Ils souffrent
également de nombreuses divisions en leur
sein, ce qui, comme pour les socialistes,
influe énormément sur la préparation de
l’actuelle campagne électorale. La
condamnation l’an dernier à 23 ans d’emprisonnement du leader du Parti démocrate, Mahmadruzi Iskandarov, a décapité
le mouvement, qui manque aussi cruellement de ressources.
Le Parti social-démocrate a lui aussi subi
d’importantes pressions après les législatives de février 2005. Deux de ses
membres ont été arrêtés et son chef,
M. Zoirov, est tombé subitement malade.
Ce parti voulait présenter un candidat
unique pour l’opposition mais l’idée, peu
soutenue, a été abandonnée.
Les Socialistes quant à eux revendiquent
15 000 supporters mais souffrent depuis
2004 d’une grave scission organisée à
l’évidence par les autorités. La branche
historique, héritière de Safarali Kenjaev
(fondateur assassiné en 1998), est menée
par M. Narziev mais se retrouve isolée et
peine à faire reconnaître ses droits face à
la machine administrative et judiciaire à la
botte du président Rakhmonov tandis que
l’autre branche, dirigée par M. Gafforov,
est trop visiblement encouragée par les
autorités tadjikes pour être crédible.
VERS UNE
RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE ?
Dans cette course à l’élection présidentielle, l’opposition a accusé le Pouvoir
d’actions visant à éliminer les rivaux
potentiels du président et d’avoir fabriqué
une façade de “multipartisme” à seule fin
de conforter l’image de bon élève que veut
se donner le Tadjikistan.
Alors que les principaux partis ont choisi
un candidat (appelé à faire de la figuration)
ou déclaré officiellement leur non-participatrialisés répartis de la Manche au Pacifique.
De plus, l’Inde, la Chine et la Russie
comptabilisent ensemble 20 % des rendements économiques mondiaux. Lors du
sommet économique de Saint-Pétersbourg
en juillet dernier, les chefs d’Etat des pays
les plus industrialisés ont par conséquent
élargi leur session à ces nouvelles puissances émergentes. Ainsi avons-nous vu le
président russe Vladimir Poutine à côté de
Nursultan Nasarbajev, son homologue du
Kazakhstan. A maints égards, ce pays présente un bilan et un profil économiques particulièrement attractifs. Ces dernières dix
années, il s’est distingué par une croissance
exponentielle à deux chiffres, d’environ
10 % par an depuis 2000. Pour 2006 et
2007, le FMI prévoit une croissance de 9 %
qui pourra se stabiliser, voire augmenter si
la Russie, la Chine et l’Inde poursuivent
leur industrialisation et leur croissance. Par
une longue histoire commune. Staline était
né à Gori en Géorgie et parfois surnommé
Koba, du nom d’un héros populaire de ce
peuple caucasien. A l’époque tsariste comme
soviétique, les Géorgiens ont entretenu des
rapports ambigus avec leur grand voisin du
Nord, vu tantôt en protecteur face aux Perses
et aux Turcs, tantôt en oppresseur. Parfois,
les deux à la fois. Mais la Géorgie, la Colchide des Grecs — là où Jason et les argonautes cherchèrent la Toison d’or — peut se
vanter d’une plus longue histoire que la
“Rous’” puisque cette contrée caucasienne
déjà connue dans l’antiquité sous le nom
d’Ibérie était peuplée d’Indo-Européens ou
de Proto-Européens dont la langue a été parfois comparée au basque. Conquis par les
Perses puis libéré par Alexandre, royaume
indépendant puis protectorat romain sous
Pompée, le pays sera disputé entre Perses et
Byzantins puis, reconstitué en royaume vers
1200 sous le règne des Bagratides, il constituera face aux Turcs un grand bastion chrétien contre l’islam. Après la chevauchée des
Mongols, les ravages de Tamerlan et la chute
de Constantinople, le
peuple géorgien faillit
disparaître dans les
guerres entre Ottomans
et Iraniens, ces derniers
ayant envisagé un génocide. La protection russe
ne débouchera pas sur un
retour de l’indépendance mais une russification puis une annexion en 1801. La survie de
l’identité géorgienne entre islamisation et
russification est cependant la preuve d’une
vitalité historique exemplaire.
Il y a Caucasiens et Caucasiens et Poutine
aurait tort de l’oublier.
Pierre-Patrice BELESTA.
une présidentielle sans surprises mais un avenir incertain
rapport à ces trois Etats, la position du
Kazakhstan est stratégique. Il partage au
nord avec la Russie la plus longue frontière
du monde, soit 3 000 km. Avec la Chine, le
Kazakhstan a 1 000 km de frontière commune et, au sud, l’Inde est à seulement
1 000 km, séparés notamment par l’Afghanistan et de petits Etats ayant notamment
appartenu à l’Union soviétique, comme le
Turkménistan et l’Ouzbékistan.
Ces proximités confèrent l’avantage au
Kazakhstan de pouvoir vendre d’autant
mieux ses matières premières, d’exporter
son pétrole à des voisins dont la croissance
les rend en partie dépendants. C’est pourquoi au dernier G8, comme le savent nos
lecteurs (RIV. du 28/7), Poutine et Nasarbajev ont signé un partenariat d’exploitation et d’exportation du pétrole et du gaz.
Laurent BLANCY,
<Laurent-Blancy@neuf.fr>.
tion au scrutin présidentiel, la décision du
Parti islamique (le seul de son espèce à siéger dans un parlement en Asie centrale) de
choisir cette seconde solution peut surprendre. Elle s’explique par la crainte de
M. Kabiri de perdre tous les acquis du parti
au cours de ce seul scrutin en s’exposant
contre le président dont la victoire écrasante
ne fait aucun doute. Le fait de simplement
oser rivaliser avec Rakhmonov pourrait en
effet sonner le glas du jeune et prometteur
Kabiri dont la stratégie est plutôt de travailler sur le long terme grâce à un terreau
incontestablement favorable (taux de natalité important, chômage, etc.) et de se concilier la population en vue des prochaines
échéances électorales (législatives de 2010)
qui restent à ses yeux plus importantes que
la présidentielle de novembre. Mais en cas
de victoire politique, dans quatre ans ou dans
dix ans, les leaders du Parti islamique opteront-ils pour une radicalisation fondamentaliste ou pour le modèle turc ?
Pierre SARNEZ.
Le Kazakhstan, nation émergente
Jeunes filles tadjikes : musulmanes
mais très indo-européennes (D.R.)
Le pape Benoît XVI va peut-être « alléger bientôt les restrictions sur la messe en latin » afin
d’« aider à surmonter le schisme et à faire regagner le giron de l’Eglise aux traditionalistes » comme
on l’a appris le 12 octobre de source vaticane, mais on reste confondu devant les propos qu’il a tenus le 29 septembre au nouvel ambassadeur d’Albanie,
Rrok Logu, venu présenter au Saint-Siège ses lettres de créance. « L’Albanie aspire à une intégration, y compris institutionnelle, avec les nations européennes
car elle se sent déjà liée à elles pour des raisons non seulement géographiques mais
surtout historiques et culturelles. Je ne peux que souhaiter la pleine réalisation de
ces aspirations », a en effet déclaré l’ex-cardinal Ratzinger.
Espérait-il, par ces bonnes paroles, faire oublier le “dérapage” de Ratisbonne et apaiser le climat dans lequel se déroulera son voyage en Turquie ? En tout cas, il est stupéfiant de voir le Souverain Pontife appeler
de ses vœux, et cela sans conditions, l’entrée dans l’Union européenne
d’un des pires « Etats voyous » de la planète, profondément marqué par sept siècles
d’occupation musulmane mais aussi d’adhésion à l’islam, au point que les tribus qui en
rajoutaient dans le fanatisme sunnite reprochaient souvent à la Sublime Porte son
laxisme envers les dhimmis, catholiques ou orthodoxes ! Benoît XVI ignore-t-il donc
que déjà, par son rôle de centre de transit des clandestins et de plaque tournante des
trafics de stupéfiants et de la traite des blanches, le « Pays des Aigles » a durablement
déstabilisé l’Europe avec la bénédiction des gouvernements successifs de Tirana ?
Etrange contribution “culturelle” à l’Union, on en conviendra.
VOYAGER OU CRACHER
Voyager ou cracher, il faut choisir, telle est désormais la consigne donnée par Pékin aux Fils
du Ciel se rendant à l’étranger, où la manie des Chinois de semer glaviots à tout vent est très
mal vue, et les fait considérer comme “sous-développés”, déplore l’agence de presse Chine nouvelle en soulignant la mauvaise image ainsi donnée du pays. A Singapour par exemple, ville
très chinoise à l’origine mais que ses dirigeants ont totalement occidentalisée à grands coups
d’amendes, voire de punitions corporelles, « le personnel hôtelier ne supporte plus les touristes chinois qui
crachent dans leur chambre », et ne parlons pas du personnel hôtelier d’Europe ou des Etats-Unis.
A Pékin, où auront lieu les Jeux olympiques de 2008, le maire a d’ailleurs lancé une
campagne de sensibilisation pour apprendre aux habitants de la capitale à respecter les
files d’attentes, à ne pas laper en buvant et bien entendu à ne pas cracher. Comme quoi
devenir riche n’a pas que des avantages.
Le pape, parrain de l’Albanie dans l’Union
Les harkis méritaient mieux…
IN MEMORIAM
JEAN FERRÉ
C’est en présence d’une foule
aussi nombreuse qu’attristée
qu’ont eu lieu lundi à 15 heures,
en l’église St-Germain de SaintGermain-en-Laye, les obsèques
du très regretté Jean Ferré, fondateur de cet inestimable carrefour de la vraie droite qu’est
Radio-Courtoisie (voir notre
dernier n°).
Pour les Parisiens qui n’ont
pas pu se déplacer ce jour là,
une messe de Requiem sera
célébrée le samedi 4 novembre
à 10 heures à St-Nicolas
du Chardonnet (Paris Ve). par
l’abbé Lorans, lui-même animateur très apprécié de RadioCourtoisie.
longues années après. Il lui reste maintenant à s’associer à la pétition lancée par
diverses associations pour exhorter l’Etat
français à reconnaître sa responsabilité.
Comme il l’a fait pour d’autres…
PAS DE VISA ALGÉRIEN
POUR JAMEL
Avant “Harkis”, il y a eu “Indigènes”,
plus grand succès du cinéma pendant ses
deux premières semaines d’exploitation
en France avec 1 309 883 entrées (mais,
curieusement, à peine 200 000 pour Paris
et sa banlieue). L’un des héros du film, le
plus médiatique, son producteur Jamel
Debbouze, n’a pu d’ailleurs présenter
“Indigènes” à Alger, le visa lui ayant été
refusé. Pour les amis de l’acteur, ce niet
s’expliquerait parce que, Marocain,
Jamel a pris parti pour son pays dans le
conflit du Sahara Occidental qui l’oppose
8 N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL
à l’Algérie. Mais il se pourrait aussi que
ses antécédents judiciaires aient joué.
Ainsi, Algérien d’origine, Sami Nacéri a
lui aussi été décrété persona non grata. Le régime craignant qu’il ne soit du plus
mauvais exemple pour la jeunesse locale.
Dans les prochaines semaines, deux
films feront passer ces deux productions
pour de l’eau de rose. Vous l’auriez
deviné, c’est la reprise de la campagne
contre les atrocités françaises de la guerre
d’Algérie, la torture évidemment, déjà
évoquée dans « La Bataille d’Alger », film réalisé en 1965 à l’initiative du proxénète et chef terroriste
Yacef Saadi devenu entre-temps
patron de Casbah Films et qui valut
en 1966 le Lion d’Or de Venise à son
réalisateur, Gilles Pontecorvo (1).
Le premier de ces nouveaux films,
tourné en Algérie, est « Mon
Colonel », de Costa Gavras. L’Algérie, Gavras connaît pour y avoir réalisé “Z” qui dénonçait les colonels…
grecs ! Il y avait alors sur place le
régime de fer d’un autre colonel,
Houari Boumediène, mais cela
n’avait gêné en rien Costa Gavras.
Il y aura ensuite, tourné au Maroc,
mais se passant en Kabylie, « L’Ennemi intime », inspiré par un documentaire de l’ex-trotskiste Patrick
Rotman qui avait déjà sévi à la télévision dans une série portant ce
même titre. Ce film du réalisateur
Florent Siri a bénéficié de gros
moyens. Et de vedettes connues
comme Benoît Maginel et Albert
Dupontel. Il contiendrait des scènes
croquignolettes comme l’exécution
par des soldats français d’un Algérien
n’ayant pu répondre aux questions…
parce que sourd-muet. Enorme ! Une
autre vedette du film est Mohamed
Fellag, jusque-là spécialisé dans l’humour maghrébin pour public hexagonal.
Mais qui change de registre. Ce qui n’est
pas étonnant : de Fellag à fellagha ou fellouze, il n’y a qu’un pas…
Jean-Paul ANGELELLI.
_____
(1) S’affirmant dans le quotidien britannique
The Guardian comme « pas un révolutionnaire
mais simplement un homme de gauche, comme
beaucoup de juifs italiens », Pontecorvo s’est
justement éteint à Rome le12 octobre dernier.
Son dernier film, “Ogro” (1979), était une
charge contre le franquisme.
NE PAS CONFONDRE
REDEKER
ET FAURISSON
Sous le titre « Affaire Redeker » (du nom
d’un enseignant toulousain ayant reçu des
menaces de mort après la publication
dans Le Figaro d’une tribune libre violemment anti-islamiste — voir RIV. du 6/10),
l’Union nationale interuniversitaire
(UNI, proche de l’UMP) a lancé une pétition pour « défendre la liberté d’expression
menacée en France », et « de façon si grave qu’il est urgent de donner un coup d’arrêt ». Dans ce
texte dont 50 000 exemplaires vont être
diffusés, les universitaires sont donc sommés de se mobiliser pour défendre « la possibilité pour chacun, en principe et en fait, d’exprimer publiquement ce qu’il pense » car, « faute
de liberté d’expression, c’est la pensée elle-même
qui est étouffée. Au-delà, c’est la vitalité du pays
qu’il faut préserver en donnant un coup d’arrêt
contre les menaces actuelles ». Fort bien, mais on ne sache pas que
l’UNI se soit jamais mobilisée pour
défendre la liberté du professeur Robert
Faurisson, même quand celui-ci fut victime à Vichy en septembre 1989 non pas
de simples menaces comme Robert Redeker, mais d’une sauvage agression qui
faillit lui coûter la vie… et dont les
auteurs, réfugiés en Israël, n’ont jamais
été inquiétés. De même, dans son n° du
12 octobre, Actualité juive, qui avait beaucoup pleuré sur le sort de M. Redeker,
déplore que « Faurisson n’écope que du sursis » pour avoir accordé une interview à
une chaîne satellitaire iranienne inconnue
en France… où personne n’avait pu la
capter.
VALISE D’AUSCHWITZ :
ÇA S’ARRANGE
Nous évoquions dans notre n° du 8 septembre la plainte déposée par Pierre Levi,
fils d’un déporté juif, contre le musée
d’Auschwitz auquel il réclamait — sans
succès — la valise de son père. Heureusement, retour d’un voyage en Pologne,
Serge Klarsfeld a annoncé que « ça pourrait
s’arranger ». Serait donc évité le procès
dans lequel « il n’y aurait eu que des
perdants », comme l’avait dit le porteparole du musée.
DISCRIMINATION
Début octobre, la Conférence sur les
biens matériels juifs devant être restitués
par l’Allemagne (Conference on Jewish
Material Claims Against Germany) a
décidé d’attribuer quelque 3 millions de
dollars d’allocations aux quelque 120 000
survivants de la Shoah résidant dans le
nord d’Israël « pour les aider à subvenir à la
difficile situation économique à laquelle ils sont
confrontés depuis la guerre de 34 jours entre
Israël et le Hezbollah ».
Ne s’agit-il pas là d’une mesure discriminatoire envers les habitants du nord d’Israël tout aussi démunis mais non rescapés ?
IDYLLE COULEUR
DU TEMPS
Confirmant sa réputation, le tribunal de
Bobigny a ordonné le 6 octobre la remise
en liberté de Patrick, un clandestin camerounais, à condition toutefois qu’il
« revienne prochainement devant le magistrat
muni des documents attestant de son futur
mariage avec Frédéric, son compagnon résidant
dans la région du Brabant-Wallon », en Belgique. « Je me réjouis
de me rendre compte que
la France a toujours du
cœur, s’est écrié le
fiancé, même si la politique de l’immigration
s’est resserrée voire cadenassée. » A noter que
le Camerounais a
bénéficié de l’aide de
l’Association pour le droit au séjour des
homosexuels étrangers, l’Ardhis, et, à nos
frais, d’une avocate commise d’office.
« Soulagés et le cœur léger, Frédéric et Patrick
devraient donc pouvoir se marier à la mioctobre », commente le quotidien internet
du magazine homo Têtu, dans le meilleur
style Veillée des chaumières. Et ils feront
beaucoup d’enfants bronzés, grâce aux
progrès de la médecine ?
ANNONCÉ comme un grand événement télévisuel, le film “Harkis” (le
10 octobre sur France 2) laisse des
impressions contradictoires. Les interprètes étaient de qualité avec Smaïn (l’ancien harki) et Leila Bekhti incarnant sa
fille, prise entre deux mondes, le traditionnel et l’occidental.
Le téléfilm est tiré du livre de Dalila Kerchouche publié au Seuil sous le titre « Avoir
dix-sept ans dans un camp de harkis ». Dès
sa sortie en 2003, le général Maurice
Faivre, spécialiste du sujet, avait épinglé les erreurs et mensonges de l’ouvrage. L’auteur y félicitait son père
d’avoir livré des munitions au FLN.
Elle évoquait le camp de Bias (qu’elle
avait quitté à… un an !) sans préciser
qu’il était réservé à des « cas sociaux,
infirmes, invalides » et dressait de ce
camp un portrait sinistre, etc. A la télévision, on n’est plus dans un camp
mais en pleine nature, dans des
hameaux forestiers isolés mais plus
humains. Toutefois, le directeur du
hameau, un ancien officier nommé par
le ministère des Rapatriés alors qu’il
dépendait dans la réalité du ministère
de la Défense, est un pied-noir autoritaire, grossier et malhonnête — merci
pour les associations de rapatriés qui
ont inlassablement soutenu la cause
harkie… Bien entendu, les villageois
sont aussi hostiles envers ces “Arabes”.
Racisme ? Plutôt choc des cultures.
Evident, quand Leila flirte avec un
jeune Gaulois et ne veut pas être
mariée contre son gré à son cousin.
Il y a une minute de vérité quand
Smaïn évoque comment, après Evian,
lui et ses compagnons ont été lâchés
(sur ordre) par l’armée et abandonnés
au FLN. Mais, sur un mur de sa maison, il y a un portrait de notre grand
général dont on sait comment, en
privé, il traitait les Algériens et autres
Arabes, ces « clochards mendigots ». Et
combien il se fichait des supplétifs.
On doute donc que cette émission sur
les harkis (qui n’est pas une première) ait
éclairé et ému l’opinion sur ces « sacrifiés de l’histoire ». D’autant que Dalila
Kerchouche tire trop la couverture à elle.
On ne l’a pas attendue pour découvrir ce
qui a été un drame occulté en 1962 et de
Télévision
1, rue d’Hauteville, 75010 Paris
CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K
www.rivarol.com
Rédaction : galic@rivarol.com
Adminstration : contact@rivarol.com
Rédaction — Administration
Tél. : 01-53-34-97-97
Fax : 01-53-34-97-98
Fondateur-directeur (1951-1970) :
René Malliavin
Directeur (1970-1973) : Pierre Dominique
Directeur (1973-1983) : Maurice Gaït
Directeur de la publication et de la rédaction,
Editorialiste : (Mme) Camille-Marie Galic
CONSEIL DE RÉDACTION :
J.-P. Angelelli, P.-P. Belesta,
J. Bourbon, Chard, J. Langlois,
Cl. Lorne, Petrus Agricola, R. Versais.
Les manuscrits ne sont pas renvoyés —
Il n’est pas tenu compte
des lettres et courriels anonymes.
ABONNEMENTS : 2 ans : 176 € — 1 an : 104 € — 1
an avec reliure : 134 € — 6 mois : 58 € — 3 mois : 33 €
— Soutien : 160 € — Propagande : 192 € — 80 € pour
étudiants et chômeurs.
ETRANGER : 6 mois : 68 € — 1 an : 115 €).
● Supplément par avion : 21 €. ● Reliure : 30 € au guichet, 36 € franco.
● Pour tout changement d’adresse joindre 1,60 € et la
dernière bande (ou indiquer l’ancienne adresse). Ecrire
nom et adresse en CAPITALES. Délai dix jours.
Règlement par chèque établi sur une
banque domiciliée en France ou
virement à notre compte :
La Banque Postale
FR69 3004 1000 0104 5321 9K02 023
(BIC = PSSTFRPPPAR).
SARL “Editions des Tuileries”, au capital de 51 900 €
pour 99 ans, à partir du 20 mai 1949. Maquettiste : Bruno
Archier — Imprimerie Rotos 93, 3 rue du Parc, 93155
Le Blanc-Mesnil cedex — Dépôt légal : à parution —
Principaux associés : M.-L. Wacquez, J.-B. d’Astier de
la Vigerie, F. Pichard. Gérant : Quitterie Saclier de
la Bâtie. CPPAP n° 0208 I 82763, ISSN n° 0035 56 66.
AGENDA
Pierre Baudis, bd Lascrosse). 33e congrès du Cercle
Algérianiste et 1er forum Algérianiste du livre.
Entrée gratuite. J.-P. Angelelli signera « Une guerre
au couteau ».
☞ 21-22 octobre à Strasbourg. Week-end identitaire (relance de la soupe au lard, conférence-débat
d’Anne Kling sur « La France LICRAtisée », dîner
le samedi et, dimanche, dépôt de gerbe à la mémoire
des combattants de Budapest en 1956 en présence de
Hilde de Lobel, député du Vlaams Belang, et de
Nicolas de Lamberterie, président du HVIM France).
Rens. 06-85-22-90-56 ou <robert.spieler@free.fr>.
☞ 22 octobre à Paris (Place de la Concorde, 15 h).
Messe de Requiem pour la reine Marie-Antoinette.
☞ 22 octobre à Paris (Arc-de-Triomphe de l’Etoile
à 18h30). 50e anniversaire de la révolution hongroise.
Dépôt de gerbe et ranimation de la Flamme par le
Comité du Souvenir franco-hongrois.
☞ 22 octobre à Villepreux (domaine de Grand’Maisons, 10 à 19 h).Journée de la résistance chrétienne au Tchernobyl médiatique. Messe, tables
rondes, vente de livres. Rens. 01-40-51-74-07.
☞ 25 octobre à Lyon 2e (salle du Vatel, 8 rue Duhamel à 18h30 : Conférence de J.-P. Angelelli : « Renseignement et guerre d’Algérie ». J.-P. A signera
« Une guerre au couteau ». Dîner à 20h (même
salle). Part. 27 €. Rés. Cercle Algérianiste de Lyon.
06-61-85-78-05.
☞ 26 octobre à Paris 3e (hôtel Libéral Bruant, 1 rue
de la Perle, 19 h). Réunion-débat sur « Sommes-nous
en démocratie ? ». Entrée libre. Dîner possible
ensuite : 48 €. Rés. <nouveaudialogue@aol.com> ou
06-15-71-49-86.
☞ 26 octobre à Paris 5e (Centre Charlier, 70 bd StGermain, 19h30). Conférence sur Lénine par Nicolas
Tandler qui dédicacera son livre. Buffet. Part. 8 €.
(étud., chôm. : 4 €).
☞ 29 octobre près de Tours (la Grange de Meslay, Parçay-Meslay, à 12h). Grand banquet patriotique présidé par Jean-Marie Le Pen. Part. 15 €.
Rés.au 02-47-39-31-40.
☞ 3 novembre à Paris 20e (Père Lachaise, 16 rue
du Repos, 75e Division, 16h30). Pose d’une plaque
d’hommage à Clara Lanzi, fondatrice du Secours de
France. Rens. ADIMAD, 04-94-57-52-91.
☞ 4 novembre à Paris 17e (Hôtel Gril Campanile,
4 bd Berthier, 10h30). AG de l’ADIMAD (68 traverse
des Loubes, 83400-Hyères. Adhésion : 20 €). Part.
déjeuner : 32 €. Rens. : 04-94-57-52-91.
☞ 10-12 novembre au Bourget. Fête des BBR.
☞ 9 décembre à Paris 10e (Espace Dubail, 18 passage Dubail de 14h30 à 19h30). Réunion des
« Amis de RIVAROL ».
☞ 21 octobre à Paris 1e (Les Fontaines StHonoré, 200 rue St-Honoré, 12h30). Banquet de
Militant sur « Une géopolitique inquiétante ». Part.
31 €. (23 € pr étud., chôm.)
☞ 21 octobre à Paris 7e (Librairie Duquesne, 27 avenue Duquesne, tél : 01-45-55-87-55, à partir de 14h30).
Laurent Glauzy-Blancy dédicace son livre Le Mystère
de la Race des Géants à la lumière du Créationnisme.
☞ 21 octobre à Roquevaire. Après-midi Maurras.
16h15 : RV devant l’entrée du cimetière pour fleurir
le tombeau du maître et évoquer son œuvre. 18h : apéritif « Au vieux pressoir » (St-Pierre-les-Aubagne),
puis interventions. Part. 25 € (15 € pr étud.). Rés. 06-
14-78-04-98 ou <fedroyprov@club-internet.fr>.
☞ 21 octobre à Paris 11e (La Licorne Bleue, 3 bis
rue Jules Vallès, de 15 à 18h30). Bernard Jacquelin
dédicace « Européens, qui sommes-nous ? » 20 €.
Rens. 01-46-59-18-20.
☞ 21-22 octobre à Toulouse (centre des Congrès
Détournement sur la Toile…
N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 9
cratie d’opinion est bien
un totalitarisme médiatique, CQFD. Eh bien,
malgré la diabolisation —
la pire, celle du silence —
et des divisions de Gaulois, le Front National
belge, en outre dépourvu
de leader puisque, le
18 avril dernier, son président « à vie » Daniel Féret
avait été reconnu coupable
d’incitation à la haine
raciale par la cour d’appel
de Bruxelles, sur base de
tracts et d’extraits de programmes électoraux (et
condamné à dix ans d’inéligibilité), enregistre une progression
dans plusieurs communes de la Wallonie
désindustrialisée. 9,8 % par exemple à
Fleurus. Il a fait aussi un score très
important à Charleroi malgré les dissidences du FN — Front Nouveau de Belgique, Force Nationale et autres. A Charleroi, le PS, qui détenait la majorité absolue, a donc perdu près de 13 points et se
retrouve à 38,5 %, le Front National
approchant les 10 % avec 9,38 %.
En ce qui concerne les partis institutionnels, le VLD (libéraux démocrates flamands), parti du Premier ministre Guy
Verhofstadt qui gouverne avec les socialistes, enregistre une forte baisse en
Flandre, au bénéfice des chrétiens-démocrates du CDV du ministre-président de
la région flamande, Yves Leterme. A
Bruxelles, ville divisée en 19 communes
sans mairie centrale, les socialistes et les
chrétiens-démocrates du CDH apparaissaient comme les grands vainqueurs du
scrutin, au détriment des libéraux et des
écologistes.
Ces élections, commente Jean-Marie
Le Pen, « paraissent marquer un renouveau, assez général en Europe, des idées
nationales ». En effet, constate le président du FN, le résultat « recoupe toute
une série de scrutins en Grande-Bretagne, dans les pays du nord de l’Europe
et en Autriche ». C’est un phénomène qui
témoigne de « l’inquiétude de plus en
plus grande des populations face aux
phénomènes liés à l’immigration massive
en provenance du tiers monde ».
Le sursaut par le vote, certes, est indéniable. Mais le temps démographique
nous est compté.
P.-P. B.
LES observateurs de
la « grosse presse »
se sont une fois de
plus focalisés sur un arbre
pour ne pas voir la forêt. Il
en a été des élections
belges du 8 octobre
comme des augmentations
de l’essence ou de l’électricité. On laisse entendre
que la hausse sera colossale, de l’ordre de 12 centimes, et quand finalement
le gouvernement annonce
plus 9, le ponctionné paraît
heureux de l’être et pousse
un ouf de soulagement.
Mais l’augmentation, elle,
est bien là.
VLAAMS BELANG : LE REVERS
D’ANVERS N’EMPÊCHE
PAS L’“INCRUSTATION”
La hantise des partis régimistes — une
nouvelle poussée de l’extrême droite aux
élections municipales belges — s’était
concentrée sur Anvers, capitale de la
Flandre. Le cauchemar pour les politiciens était de voir Filip Dewinter, le dirigeant local du parti identitaire et nationaliste flamand Vlaams Belang, devenir
bourgmestre du grand port. Aussi, quand
il fut certain que les socialistes du maire
sortant Patrick Janssens allaient conserver la mairie en passant de 19 à 35 % des
suffrages, tout le reste fut en un instant
oublié. Il est vrai que, pour le Vlaams
Belang, le revers d’Anvers est symbolique et que la prise de la ville aurait
transformé en triomphe absolu un succès
incontestable. Le parti classé à l’extrême
droite progresse tout de même de 0,5 % à
Anvers où il a obtenu 33,5 % des suffrages. Il est plus difficile de monter
quand on est déjà très haut. Dans le reste
de la Flandre, au contraire, le Vlaams
Belang s’impose plus nettement là où il
était absent et fait près de 5 % de mieux
qu’en 2000, à plus de 15 %.
Il faut revenir un instant sur ces deux
résultats. En effet, l’“incrustation” dans
les zones où l’immigration est marginale
et la difficulté de la progression à Anvers
s’expliquent très bien. Isabelle Alonso,
vigilante chienne de garde et “penseuse”
de l’émission politique de gauche à
camouflage humoristique « On a tout
essayé », de Laurent Ruquier, croit avoir
tout compris comme d’habitude et elle
prend la peine de l’expliquer au bon
peuple qui est selon elle, cela se lit dans
ses yeux, un peu dur des méninges. On
vote xénophobe, analyse-t-elle sans rire,
là où il n’y a pas d’immigrés car on ne les
connaît pas, mais là où on les côtoie, on
les aime et le racisme recule ! Ce qui est
effrayant, c’est qu’elle y croit. N’a-t-elle
jamais entendu parler du « white flight »
qui pousse justement les urbains ou les
banlieusards parisiens, londoniens… ou
anversois vers les zones rurales afin de
fuir les envahisseurs ? Et puisque
Mme Alonso prétend tout essayer, pourquoi pas la réalité ? On vote pour ceux
qui protègent la tranquillité du peuple
historique dans les zones encore préservées dans l’espoir qu’elles le resteront.
Le vote Front national dans nos campagnes françaises s’explique de la même
façon.
LE LOBBY IMMIGRATIONNISTE
A L’ŒUVRE
En revanche, là où les allogènes sont déjà
en nombre et où ils votent, cela joue bien
sûr en faveur des partis immigrationistes
comme ce fut le cas à Dreux pour la regrettée Marie-France Stirbois et dans les
Bouches-du-Rhône où les trois têtes
d’affiche du FN (Le Pen, Stirbois, Mégret)
échouèrent à se faire élire aux législatives
de 1988 bien que le candidat Le Pen fût
arrivé premier dans ce département à
l’élection présidentielle qui venait d’avoir
lieu. Nous le rabâchons, la démographie
est la limite de la démocratie, tout est
faussé dans le système de la démocratie
élective quand, dans un pays ou une
région, le nombre des électeurs issus de
l’immigration rattrape celui des nationaux.
En Belgique, de nombreux candidats
d’origine étrangère ont ainsi obtenu un
très bon score lors du scrutin communal
et provincial. Des candidats qui se trouvaient souvent en bas ou au milieu des
listes ont été élus et siègeront pour certains grâce aux voix de préférence. En
revanche, une étude syndicale réalisée au
lendemain du scrutin montre qu’à
Anvers, le Vlaams Belang qui avait
obtenu 40,4 % du vote « de souche » est
tombé à 33,5 % compte tenu des suffrages émis par les Néo-Belges ou les
étrangers bénéficiant du droit de vote. Le
communautarisme est bien en marche.
22 des élus socialistes d’Anvers sont
ainsi des Néo-Belges de confession
musulmane. Le système s’appuie sur les
électeurs immigrés contre les nationalistes européens de Belgique. Le phénomène est indiscutable dans des villes
comme Bruxelles, Gand ou Malines. Ce
vote immigré pour les municipales a été
instauré après la poussée de 2000 du
Vlaams Blok. Le système joue l’étranger
aux municipales contre les nationaux :
comment s’étonner dès lors que les victimes veuillent « faire crever » cette Belgique ?
Le renforcement de l’extrême droite
n’en est donc que plus remarquable, et
c’est vrai également en Wallonie où les
nationalistes francophones étaient divisés et interdits de campagne médiatique
par décision du 4e Pouvoir qui avait
décidé leur boycottage total — la démoBelgique : les étrangers contre le vote national
Faire abolir dans la Confédération helvétique l’article 261 bis du Code pénal
suisse, dit loi-bâillon, qui permit entre
autres la condamnation et/ou l’incarcération de l’octogénaire Amaudruz, directeur du Courrier du continent, de l’historien René-Louis Berclaz, de Jürgen Graf
(« L’Holocauste au scanner ») et du professeur Faurisson (condamné à un mois
de prison ferme à Fribourg en 2001 après
avoir été empêché de témoigner au procès de G.A. Amaudruz) ? C’est, semblet-il, l’objectif de Christoph Blocher, dirigeant de l’Union démocratique du Centre
(UDC) et surtout, grâce aux résultats
électoraux (26,4 % des voix), désormais
ministre de la Justice et de la Police.
De retour de Turquie le 8 octobre —
alors que se déroulait dans les cantons
romands une votation visant au rétablissement des notes dans les établissements
scolaires —, Christoph Blocher a en tout
cas annoncé aux nombreux journalistes
qui l’attendaient à l’aéroport de ZurichKloten « étudier la possibilité de modifier ou de supprimer la norme
antiraciste ». « Je déplore les génocides
et les déportations. Mais je veux que,
dans ce domaine comme dans d’autres, il
soit possible de prendre des positions qui
ne conviennent pas à tout le monde…
Depuis son entrée en vigueur, l’article 261 bis a suscité des développements insatisfaisants. Dans un tel
contexte, mes fonctions me donnent le
devoir de le réévaluer. Un groupe de travail a d’ailleurs été constitué à cet effet
au sein de l’Office fédéral de la justice »,
a-t-il déclaré à la grande fureur de la
presse, surtout francophone. Jugeant son
« défi dérisoire. Ou abominable », le
quotidien 24 heures accuse ainsi le Zurichois de se placer sous l’égide de Voltaire
pour réhabiliter « le racisme, la xénophobie et le négationnisme », et cela « sans
le moindre émoi ». D’autant que Christoph Mörgeli, éminence grise de Blocher,
en rajoute, professant que, « dans un Etat
libéral, il doit être possible de tenir aussi
des propos insensés et d’affirmer des
choses fausses ».
L’ECONOMIE AU SECOURS DE
LA LIBERTÉ D’EXPRESSION !
Le débat sur la “loi-bâillon”, adoptée
lors du référendum du 25 septembre
1994, par 54,7 % des 45,3 % de Suisses
qui s’étaient rendus aux urnes, et que
l’UDC avait alors soutenue, est redevenu
d’actualité avec les procédures judiciaires engagées à Lausanne contre un
politicien et un historien turcs accusés
d’avoir nié la réalité du génocide arménien lors de conférences publiques. Le
procès, prévu en mars, a provoqué une
levée de boucliers à Ankara où l’on a
ouvertement menacé la Confédération de
représailles non seulement politiques
(l’ambassade helvétique a d’ailleurs pris
de très rigoureuses mesures de sécurité
pour éviter d’être attaquée et protéger ses
employés) mais aussi économiques. Ce
que l’Establishment
suisse, considérant la
Turquie comme « un
partenaire très
important », voudrait
à tout prix éviter. Des
pressions se multiplient donc pour que
les poursuites engagées contre les deux Turcs soient abandonnées. Mais comment un Etat démocratique pourrait-il continuer de soumettre ses propres citoyens à une législation non applicable aux étrangers commettant les mêmes délits ?
C’est sur cette contradiction que s’appuie Blocher pour préconiser l’adoucissement et même la suppression de l’article 261 bis. S’il menait à bien son projet malgré les obstacles que, n’en doutons
pas, les milieux concernés vont multiplier
sous ses pas, ce serait une véritable révolution judiciaire en Europe… même si la
Suisse ne fait pas partie de l’Union !
J. L.
No comments:
Post a Comment
اكتب تعليق حول الموضوع