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11/20/25

 


Le Kossovar apostrophe un autre

passant : Ah, merci monsieur Français, merci

accueillir famille et moi pour

rester ici.

Il est interrompu avant

d’avoir terminé sa phrase : Moi pas français, moi chinois.

Le Kossovar hèle un autre passant :

Monsieur Français, moi remercier pour hospitalité, vous…

— Moi, mon ami, tu vois que je suis noir ! Je

suis malien, pas français.

Mais, répond le Kossovar dépité : Où

sont les Francais, alors ?

Le Malien regarde sa montre et

répond : Oh, à cette heure-ci, ils bossent.

vous êtes le seul » et Mitterrand par son

allergie aux anglicismes. Rattrapé par son

trouble passé, le jeune monarque républicain (45 ans) en fin de règne est sur le

point d’être éclaboussé par un vilain scandale. Guidé par sa machiavélique éminence grise Saint Guillaume (Claude Rich,

grandiose !), un personnage évoquant

François de Grossouvre, il va devoir user

de tous ses privilèges et abus de pouvoir

pour le conserver. Quitte à faire pas mal

d’entorses aux institutions, à la Constitution et à la morale laïque et républicaine.

Delplanque, bien inspiré par la satire

politique proprement dite, fait ressortir

avec une verve vengeresse la pourriture

sous les ors de la ripoublique bananière et

toutes les magouilles et saloperies qui se

cachent derrière les grandes phrases

humanistes, mais il gâche quelque peu sa

démonstration dans les méandres d’une

sombre intrigue de vengeance abracadabrantesque, guère convaincante. Ce Président-là ne mériterait certes pas nos suffrages, mais le récit de ses turpitudes est

plutôt plaisant.

A défaut d’être un grand cinéaste, Oliver

Stone est un petit malin. Avec un titre générique tel que World Trade Center, on pouvait craindre (ou espérer) que ce pourfendeur libéral (gauchiste chez nous) de la

société américaine nous donnerait un nouveau brûlot contestataire épinglant les

défaillances et les mensonges de l’Administration Bush. Il n’en est rien. Après le

terrible échec de son Alexandre, il ne pouvait se permettre, sans risque pour sa carrière, de s’aliéner la presse et l’opinion

publique américaine, d’où virage idéologique à 180°. World Trade Center apparaît en quelque sorte comme son « Patriot

Act » intime dans lequel il se fait le chantre

dur des valeurs américaines conservatrices : religion, famille, patrie. Le subterfuge a marché aux Etats-Unis où la droite

a plutôt aimé ce film

consensuel, manipulateur et larmoyant qui

retrace les événements

par le petit bout de la

lorgnette. Le scénario

d’une nouvelle venue,

Andrea Berloff, se

concentre sur l’histoire

vraie de deux policiers

de l’Autorité portuaire

de New York qui, dépêchés sur place après

le crash du premier avion, se retrouvèrent

ensevelis sous des tonnes de décombres et

de poussière. Par quel miracle sont-ils

parvenus à survivre et comment ont-ils été

sauvés, au bout de 22 heures de cauchemar ? La première demi-heure est assez

réussie et même impressionnante mais

après, Stone nous joue une bien conventionnelle partition de film catastrophe hollywoodien avec actions héroïques, courage

surhumain, familles admirables, émotions

intenses et bons sentiments gluants. On

s’ennuierait même ferme n’était le pompiérisme, carrément kitsch par moment de

certaines séquences, en particulier les

interventions d’un Marine exalté ivre de

vengeance envers les terroristes, et les

deux apparitions furtives de Jésus en personne. Les dégâts collatéraux du 11-Septembre continuent.

Patrick LAURENT.

Lambris et décombres

LIRE SOUS LES POMMIERS LE 1er OCTOBRE

Anne Brassié vous invite à « lire sous les pommiers », ce dimanche 1er octobre à

Pennedepie. Vous rencontrerez des auteurs, normands ou non, entendus sur Radio

Courtoisie qui dédicaceront leurs livres. Parmi eux, Jean Madiran, Dominique Venner, Jean Raspail, Philippe Conrad, Jacqueline Dauxois, Philippe Maxence, Reynald Secher, François-Marie Algoud, Philippe Prévost, Noëlle Le Coutour, Armelle

Barguiller… Des journalistes aussi : Chard et Jérôme Bourbon, Serge de Beketch,

Emmanuel Ratier, Olivier Pichon, Jeanne Smits, Olivier Figueras, Rémi Fontaine…

Des poètes — Daniel Ancelet, Yves Tarentik et Philippe Martineau — des artistes

graveurs — Maïté Geiger — et l’association Présence de La Varende.

Rendez-vous au Manoir de Blosseville (300 m de la mer), à Pennedepie, sur la

D513, entre Honfleur et Deauville. En provenance de Paris, sur l’A13 à Beuzeville,

prendre direction Honfleur, sortie Saint-Gatien. Accueil à l’arrivée du train de 8h49

de Paris à Trouville-Deauville et transport jusqu’à Pennedepie. Site : <www.manoirdeblosseville.com>.

De 11 h à 18 h. Entrée gratuite. Pique-nique tiré du sac (apporter son pliant).

Repli assuré en cas de pluie.

AGENDA

☞ 30 septembre à Neuilly (Théâtre municipal,

167 av. De Gaulle, 16 h). Conférence de Bernard

Zeller sur le général Salan. Part. 8 €. Gratuite pour

adhérents du Cercle Algérianiste et de l’Association

les Amis de Raoul Salan.

☞ 30 septembre à Paris 15e (Hôtel Mercure,

69 bd Victor, de 9 à 17 h). Colloque du Conseil

scientifique du FN organisé par l’IFOREL : « Quel

avenir pour l’automobile ? » Conclusions de J.-M.

Le Pen. Part. 5 €. Rens. 01-41-12-50-52.

☞ 30 septembre-1er octobre à Paris 9e (Fondation Dosne-Thiers, 27 place St-Georges). Université du Club de l’Horloge : « Les ruptures nécessaires — Une stratégie pour redresser la France ».

Part : 60 €.

☞ 1er octobre dans le Cher (Château de La Chapelle d’Angillon à 13 h). Grand déjeuner de rentrée

du FN-Cher avec Bruno Gollnisch. Part. 15 €. Rés.

02-48-73-41-10. Accueil dans la tradition berrichonne : sonneurs de trompe de chasse.

☞ 5 octobre à Paris 3e (hôtel Libéral Bruant, 1 rue

de la Perle, 19 h). Réunion-débat sur « la crise des

finances publiques » avec Jean-Louis Davet, JeanClaude Martinez et Pierre Rochat (entrée libre).

Dîner ensuite, part. 48 €. Rés. Nouveau Dialogue,

11 quai de la Feuilleraie 77590 Bois-le-Roi. Tél.

06-15-71-49-86 ou <nouveaudialogue@aol.com>.

☞ 6 et 7 octobre à Paris 13e (Librairie Primatice,

10 rue Primatice). Le Dr Doublier-Villette signe La

saga de Saint Joseph, 2000 ans d’Histoire et

d’Œuvres d’art et L’apocryphe de Saint Joseph à

La Salette (tél. au 01-42-17-00-48 pour horaires).

☞ 7 octobre à La Pommeraye (de 11 à 18 h).

Journée vendéenne. Inauguration d’une plaque

commémorative du général Forestier, vin d’honneur

en mairie, déjeuner aux Jardins d’Anjou, promenade-conférence. Part. 25 €. Rés. Vendée militaire,

2 av. de la Gare, 49123 Ingrandes-sur-Loire. Tél.

02-41-39-25-36.

☞ 7 octobre à Lyon 8e (Le Clos Fleuri, 213 av. Berthelot, 11 h). Déjeuner débat sur le thème « Le christianisme, Israël et l’islam » avec Bernard Antony qui

dédicacera ses derniers livres. Part. 24 €. (Etud.

15 €). Rés. Maurice Depierre, 4 promenade Bouloukian, 69800 Lyon. Tél. 04-78-74-32-96.

☞ 7 octobre à Aix-en-Provence (Maison

Alphonse Juin, 9 av. de Tübingen, 14h30). Xe

congrès de l’association Veritas sur l’Algérie française. Rens, fax : 05-61-09-98-73.

☞ 8 octobre à Villepreux (voir page 7).

☞ 12 octobre à Paris 15e (Forum Grenelle, 5 rue

de la Croix-Nivert, à 20h). Conférence de l’abbé

Francesco Ricossa sur « la crise de l’autorité dans

l’Eglise ». Part. 8 € (4 € pr étud., chôm. familles

nbreuses). Rens. 06-78-37-81-43.

☞ 12 octobre à Paris 7e (ASIEM, 6 rue Albert de

Lapparent, 18h30). Conférence de Anne Coffinier :

« Pourquoi il est possible de sauver l’école. » Part.

10 € grat. pr les adhérents de Catholiques pour les

Libertés économiques.

☞ 12 octobre à Tours (hôtel de l’Univers, 5 bd

Heurteloup, à 20h30). Conférence du Pr Jean-René

Peltier sur « Mandat céleste et droit divin ». Rens.

Cercle Touraine, tél. 02-47-05-72-99.

☞ 13 octobre à Pont-Ste-Marie (Le Pavé des

Hallles, Zone des Ecrevolles, 20h). Dîner-débat

sur l’environnement avec Eric Pinel. Part. 20 €.

Rés. FN-Aube, 03-25-73-64-76.

☞ 14 octobre à Paris 2e, de Notre-Dame des Victoires (départ à 17h30) au Sacré-Cœur de Montmartre, 16e Marche pour la Vie et contre la culture

de mort. Rens. Renaissance Catholique, 89 rue

Pierre Brossolette 92130 Issy-les-Moulineaux. Tél.

01-46-62-97-04 — Fax : 01-46-62-95-19. Site :

<www.renaissancecatholique.org>.

☞ 14 octobre dans le Finistère. Déjeuner-débat

avec Alexis Arette. Thème : « Quelle nation pour le

3e millénaire ? » Part. 25 €. Rens. et rés. auprès de

RéAgir au 02-98-90-64-87, jusqu’au 7 octobre.

☞ 14 et 15 octobre à Paris 15e (Parc Georges Brassens, 104 rue Brancion). 15e Exposition vente : « les

livres d’enfants d’autrefois » Au théâtre du Parc :

spectacle de Marionnettes. Entrée libre. Rens. Gippe :

51 rue Santos-Dumont, 75015. Tél. 01-42-50-80-25.

☞ 14-15 octobre à Villepreux (Grand’Maisons, chemin de Grand’Maisons). Journées de la Tradition organisées par l’Association St-Pie X. Samedi 14 (14 h) :

conférences, soirée barbecue. Dimanche 15 (10h30) :

messe solennelle. Conférences. Stands, livres.

☞ 10, 11 et 12 novembre au Bourget. Fête des

Bleu-Blanc-Rouge.

☞ 9 décembre à Paris 10e (Espace Dubail, de

14h30 à 19h30). Réunion des « Amis de

RIVAROL ».

LE BUT de l’histoire est de dire la

vérité sur le passé. Ce n’est pas si

facile, et le livre de Jacques Heers,

L’histoire assassinée, énumère avec rigueur

la série d’obstacles qui s’y opposent.

Pour commencer, les documents et les

témoins du moment ne sont pas fiables. Dès

que l’on remonte un peu loin, les archives

qui restent sont amputées de ce que les

incendies, les inondations, les souris ont

dévoré. Sans parler des documents détruits

par les autorités. Les témoins laissent

d’abondants mémoires, où ils pensent à se

justifier plus qu’à exposer la vérité. On

connaît le mot du maréchal Pétain : « Ecrire

mes mémoires, pourquoi ? Je n’ai rien à

cacher. » Les mémoires de Montluc, de

Retz, de Saint-Simon sont des chefsd’œuvre, souvent peu fiables. Ne parlons pas

des souvenirs sur la Seconde Guerre mondiale. L’imposture s’y étale. Simone Weil

disait de la justice : « cette fugitive du camp

des vainqueurs ». La vérité aussi en est chassée.

Notez que les historiens ne sont pas à l’abri

de reproches, eux qui expliquent tout et estiment avoir tout compris. Retz remarque :

« Ne doit-on pas admirer l’insolence des historiens vulgaires, qui croiraient se faire tort

s’ils laissaient un seul événement dans leurs

ouvrages dont ils ne démêlassent pas tous

les ressorts, qu’ils montent et qu’ils relâchent presque toujours sur des cadrans de

collège ? » Pour ma part, je suis frappé de

l’insuffisance de certains biographes, bien

évidemment dépassés par la hauteur et le

génie de leur sujet. Il y a aussi l’incapacité

des étrangers à sentir l’esprit d’un pays,

d’une époque. Paxton ne comprend rien à la

France de 1940 à 1944, Morand le dit très

bien dans son Journal. Mais Paxton fait

autorité, maintenant que nous sommes intellectuellement colonisés.

Autre cause d’erreur : la routine. Des

erreurs dénoncées depuis longtemps sont

reprises, de génération en génération.

Paresse. Respect de l’opinion établie.

l’histoire enseignée à partir de

la IIIe République. Reconnaissons que ces faits “légendaires”

donnaient à l’enfant une image

attachante du passé français : le

chevalier d’Assas, et son cri

« A moi Auvergne, voilà l’ennemi », ou saint Louis sous son

chêne de justice — à quoi je ne

vois rien de sulpicien — et il y

avait aussi Jeanne Hachette et

le Grand Ferré, pour que Jeanne

d’Arc ne soit pas toute seule. Et

Bayard, dont J. Heers dit

« peut-être sans peur et sans

reproche », mais c’est déjà dans

Brantôme, comme d’ailleurs le

panache d’Henri IV. Je ne vois

là rien d’insultant pour la vérité,

mais évidemment je ne suis pas

historien. Reste que la Ve a fait

pis, en supprimant toute

connaissance de notre passé si

l’on excepte la Révolution de

1789, la Commune de 1871 et

la Libération, détachant ainsi les jeunes

Français de leur patrie, dont il est vrai on ressasse la série ininterrompue de crimes.

L’école et la télévision s’y emploient. Les

films aussi : la monarchie est haïssable et

ridicule. Voyez Que la fête commence, La

Reine Margot et Ridicule, titre qui dit tout.

Enfin, comme cause capitale d’erreur, il y

a l’idéologie. La foi dans le progrès technique fait qu’on y voit la vraie cause des

grandes découvertes. Mais, dit Heers, on ne

sait exactement ce qu’était une caravelle :

dire que Colomb leur doit sa découverte est

arbitraire. Le marxisme, ensuite, nous a valu,

dans la lignée des Annales (grande école historique) et avec la puissance communiste

dans l’Université à partir de 1945 (voir les

dociles : Le Goff, Duby, F. Furet et autres)

toute une série de travaux sur la lutte des

classes à travers les âges, et l’analyse économique ou démographique, bref une histoire quantitative, qu’on disait la seule vraie.

L’ennui, c’est les documents. Pour la lutte

des classes, on oublie que dès le XIVe siècle,

nombre de marchands achètent des fiefs, et

J. Heers note que les moines furent, il est

vrai, de grands défricheurs, mais qu’il ne

faut pas oublier les petits propriétaires qui

empiétaient sournoisement sur la forêt du

seigneur. Ils n’avaient pas intérêt à faire

enregistrer leurs larcins. De même les premiers groupements “communaux” pour

limiter les droits féodaux furent le fait de

ruraux. Dans les villes, les libertés communales furent souvent le résultat de luttes

internes entre deux partis, d’ailleurs également menés par des aristocrates. En

France, ce sont les rois capétiens qui ont

construit les hôtels de ville (en conclusion

de ces luttes), et en Flandre, le comte de

Flandre.

Sur les Croisades, les caricatures ne manquent pas. Non, les Croisés n’allaient pas au

Levant pour s’y tailler des fiefs. Ils abandonnaient au contraire leurs domaines. Et ce

n’était pas pour les “épices” : Heers rappelle

que la marchandise la plus recherchée était

la soie. A poids égal, elle valait douze fois

plus que le poivre. Il y eut bon nombre de

mariages entre “poulains” (la deuxième

génération de Croisés) et filles du pays :

c’est qu’il y avait au Levant encore de fortes

minorités chrétiennes, Arméniens, Arabes,

etc. Et en somme, il y eut des Croisades pour

pouvoir prier en paix à Jérusalem et à Bethléem. Cela avait été longtemps possible,

mais, depuis le milieu du XIe siècle, le pouvoir seljoukide l’empêchait. D’où ces

guerres.

LES LÉGENDES

J. Heers s’en prend avec humeur à une

autre routine, celle des légendes reçues. Il va

un peu fort, quelquefois. Il écrit : « On ne

sait qui a découvert Vercingétorix parmi tant

de chefs de bandes plus ou moins obscurs ou

légendaires. » Mais il sait très bien que cela

vient de la place tenue par Vercingétorix

dans les Commentaires de César. Heers

place cet exemple dans la catégorie de la

propagande, qui tient une grande place dans

encaissent les droits féodaux (moins lourds

d’ailleurs que la fiscalité royale). C’est le cas

du grand-père de Montaigne. Pour l’économie, on oublie les variations des monnaies,

on feint de croire que “grain” et “blé” désignent toujours le froment. Pour calculer les

exportations de vins de Bordeaux en Angleterre, on hésite : les tonneaux contenaientils 220 ou 900 litres ? De même en démographie. On s’entend pour fixer le nombre

d’habitants d’un “feu” entre 3,4 et 4. Or, il y

a des “feux” de 5, de 8, et même de 25 habitants. Tous les calculs par terre. N’oublions

pas ceux qui se fondent pour évaluer les

revenus sur les déclarations fiscales (à peu

près les seuls registres subsistants) comme

si ces déclarations n’étaient pas les plus fréquemment faussées.

Dernière manifestation de l’idéologie :

nous devons tout à l’islam. Oubliant que

l’islam lui-même doit tout à l’héritage

grec, au persan et à l’hindou (le zéro vient

de l’Inde). Oubliant aussi que les relations

avec Constantinople ne cessaient pas, que

de Ravenne à la Sicile, une part de l’Italie

fut longtemps byzantine, et que ces voies

naturelles étaient plus sûres que les traductions arabes d’Aristote ou d’Hippocrate,

faites à partir de versions syriaques (araméennes) des textes grecs. Et les savants

du monde islamique étaient souvent chrétiens, juifs, ou persans. Quant à l’heureux

temps des « trois cultures » en Espagne,

autre imposture. Les persécutions antichrétiennes et antijuives étaient bien réelles, et

la méfiance, la haine, contre toute culture

non-coranique, avec destruction des livres

impies.

Jacques Heers termine son livre par un

exposé des règlements et interventions étatiques qui limitent la liberté de recherche, et

contribuent à la vaste opération de censure

qui caractérise notre temps. La vérité historique semble l’ennemie de nos dirigeants. Ce

livre est un antidote nécessaire et stimulant

contre cette œuvre de ténèbres.

_____

Jacques Heers. L’histoire assassinée. Editions de

Paris, 270 pages, 28 €.

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 15

L’histoire baîllonnée

Alain trahi par son biographe

Alain, le premier intellectuel (1). On

ne voit pas bien l’utilité de cette biographie due à Thierry Leterre, après celle

d’André Sernin, beaucoup plus complète

et dense (et illustrée, elle), beaucoup

plus libre d’esprit également, et toujours

disponible (R. Laffont, 1986, 17 €).

On voit, hélas, tout ce que nous avons

perdu en vingt ans. Le premier souci du

nouveau biographe ne semble plus être

que de nous présenter un héros politiquement correct : dreyfusard, féministe

(pour l’homme qui a défini la femme

comme « l’animal domestique du philosophe » et a mis cette définition en pratique toute

sa vie durant, c’est un peu fort !), et,

sinon « héros de la Résistance » (horizon

indépassable, dont on souhaiterait une

définition, car il y a beaucoup de

nuances entre Jean Moulin et Joanovici

ou Marguerite Duras), du moins très

éloigné des “abominables” Pétain et

Laval (qui n’ont pourtant ni l’un ni

l’autre souhaité l’invasion de l’Angleterre par Hitler en 1940, comme Alain).

Thierry Leterre prétend certes replacer

dans une perspective sociologique les

informations plus précises données par

André Sernin. Ce n’est guère convaincant quand il nous convie à une visite de

la maison natale d’Alain (qui n’y a peutêtre jamais habité) et déduit de la multiplicité des chambres qu’on n’est pas

dans un milieu ouvrier… Ou quand il

veut à tout prix que l’antisémitisme

d’Alain lui vienne de l’Eglise catholique,

alors que c’est toujours un antisémitisme

de gauche, comme le montre, parmi

d’autres, le mot du 23 juillet 1940 :

« Cette guerre revient à une guerre juive, c’està-dire une guerre qui aura des milliards et

aussi des Judas Macchabées. » Le livre de Thierry Leterre a certes des

vertus pédagogiques, il est souvent très

explicatif, mais c’est parfois au prix de

redondances ou d’approximations. A

quoi bon préciser pour Paul Bourget :

« un plat nationaliste » ? C’est prendre

pour un idiot le lecteur moyen, qui en

sait tout de même un peu plus sur l’auteur du Démon de Midi, le modèle du Bergotte de Proust… Et pourquoi écrire que

Le Pouldu (où Alain avait une amie) est

« à quelques km » de Morgat (où il en avait

une autre) ? Il y a 140 km entre ces deux

villégiatures, mais Thierry Leterre

ignore la Bretagne, sinon il n’aurait pas

mis en valeur un texte d’Alain sur cette

région, qui relève du parfait poncif, inspiré par Renan et Michelet. C’est bien,

la sociologie, mais la géographie ce n’est

pas inutile non plus pour un biographe,

qui devrait toujours aller sur les lieux !

J.G. KERLEAU.

_________

(1) Stock éd., 590 pages. 22,50 €.

par Georges LAFFLY

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE D’AOÛT-SEPTEMBRE 2006

Georges DILLINGER : Le vicomte à l’assaut... de l’électorat — Bibliothèque —

Georges GRIMAL : D’un Front populaire l’autre… et toujours un gouvernement

de lâches — Noëlle SACLET : A quoi joue Chirac en Côte d’Ivoire ? — Petrus

AGRICOLA : Soja, une petite graine toxique pour soumettre les peuples — Thomas SCHROEDER : La désinformation dans la “Drôle de Guerre” — Carrefour

des lecteurs — Arnaud CHALLE : Louis Mandrin, brigand sans vergogne ou

contrebandier-justicier ? — Edmond BRUA : Rencontre avec Malaparte, octobre

1943 — Patrick LAURENT : Comédies d’été — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.

MONNEROT

par Georges LAFFLY

Collection “Qui suis-je ?”

Ed. Pardès, 127 p., 12 €

En vente à nos bureaux (14 € fco)

chèque à Editions des Tuileries.

(Dessin de CHARD.)

DEPUIS dimanche, la

France est en fête. C’est

ramadan ! Pour l’occasion,

nos évêques en commençant par le primat des

Gaules se précipitent dans les mosquées

afin d’y participer à la rupture du jeûne

(une obligation, surtout depuis le dérapage

du pape, qu’il faut absolument réparer) et

le maire de Paris qui, lui, tient à se faire

pardonner l’inauguration de la place Jean

Paul II, organise demain une soirée de fête

« et de partage » au stade Charléty. Avec

buffet strictement halal. Et feu d’artifice.

5 000 personnes sont attendues. Apprécieront-elles l’orchestre (judéo-arabe)

choisi par le maire, car il faut vous dire que

le début du Ramadan et le Roch Hachana

coïncident cette année, ou cette tentative

de fraternisation sur les ruines du Liban

provoquera-t-elle des mouvements divers,

susceptibles de dégénérer ?

SARKO EPINGLÉ : LE

RAMADAN 2006 ENCORE PLUS

EXPLOSIF QUE L’EDITION 2005 ?

Car les Jeunes ont le sang chaud. Et la main

lourde.

Voir Tahar Bourahla, condamné le 22 septembre par les Assises du Nord à trente ans

de réclusion pour l’assassinat de l’étudiante

Marianne Listoir, commis le 19 octobre

2002 avec, s’étonne le Parquet qui en a pourtant vu d’autres, « une sauvagerie surprenante » — dix-sept coups de couteau.

Voir aussi la « vingtaine d’individus » qui,

le 19 septembre à la fameuse cité des Tarterêts de Corbeil-Essonnes, ont tendu un guetapens à deux CRS qui avaient l’audace de

patrouiller dans ce territoire “interdit” et les

ont encerclés et tabassés à terre. Le capitaine

souffre d’un double traumatisme crânien, le

brigadier de blessures au visage et aux côtes.

Dans l’édition du Monde mise en vente le

même jour, on pouvait lire une lettre, en

date du 13 juin mais restée confidentielle

(et pour cause), de Jean-François Cordet,

préfet de Seine-Saint-Denis,

à Claude Guéant, directeur

du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. C’est un véritable

SOS sur la montée de la

délinquance dans le “9-3”

où, précise le haut fonctionnaire, on compte « plus de 1,5 million d’habitants (compte tenu des clandestins) »,

dont « les deux tiers étrangers ou d’origine

étrangère ». Résultat : au cours du premier

semestre 2006, « les violences contre les

personnes ont progressé de 14,11 % par

rapport à 2005. Les vols avec violences ont

augmenté de 22,62 %, les vols avec armes

blanches de 16,19 %. »

Or, tandis qu’explosaient ainsi la population (notamment allogène) et la criminalité, M. Cordet a constaté une « diminution

très perceptible » du nombre de fonctionnaires affectés en sécurité publique. Alors

que ces agents, commandés en outre par

des commissaires « d’une extrême jeunesse », assurent au surplus diverses

« sujétions sans équivalent dans aucun

autre département français » : « les vacations au tribunal et au centre de rétention

administratif de Bobigny et les 25 à 30 soirées par an au Stade de France ». Et ne

parlons pas des exhibitions de telle ou telle

Excellence car la Seine-Saint-Denis est

« le premier département de France en

termes de sécurisation de visites ministérielles, le nombre avoisinant 150 par an,

ce qui là aussi obère d’autant la capacité

d’intervention sur la voie publique ».

Ce constat implacable ayant été corroboré,

comme on l’a su plus tard, par vingt-sept

autres préfets, l’évidence éclate : le retour

Place Beauvau du terrible M. Sarkozy s’est

soldé par une faillite retentissante, le

ministre-candidat ayant sans doute confondu

passage au Kärcher et massage thaïlandais

dans le traitement des “racailles”.

Mais M. Cordet n’est pas plus indulgent

avec les magistrats. Il est après tout logique

quants ». Un plébiscite pour Sarko, d’autant que c’est à lui que 53 % des Français

feraient « le plus confiance pour lutter

contre la délinquance ».

Ainsi est une fois de plus vérifié le principe posé par Pasqua selon lequel les promesses n’engagent décidément que ceux

qui y croient, le psychodrame ayant eu

aussi le grand mérite, pour la vraie gauche

comme pour la fausse droite, d’occulter ce

qui est le véritable nœud du problème : à

savoir que dans le “9-3”, département

sinistré par l’invasion, il

en va de la police et de

la justice comme de

l’école : personne ne

voulant y aller, on y

expédie les fonctionnaires les plus jeunes et

donc les moins aguerris,

avec des résultats catastrophiques. On ne

défendra pas ici les

magistrats de Bobigny,

dont le laxisme est

effectivement scandaleux. Mais, de l’aveu

même de la présidente

de ce tribunal que nous

avions citée ici en 2003,

vols, agressions et intimidations se succèdent

à l’intérieur de l’enceinte judiciaire, toute

réquisition ou jugement

un peu ferme entraînant de la part des prévenus ou de leurs potes menaces de mort

et voies de fait : il n’est pas rare qu’un

magistrat retrouve sa voiture les pneus crevés. Et comme juges et procs ne sont pas

des héros — cela se saurait —, ils préfèrent, d’ailleurs avec la bénédiction de leur

hiérarchie et du Pouvoir, ministre de l’Intérieur compris, traquer les autochtones

racistes ou supposés tels plutôt que les

voleurs, les violeurs, les casseurs et les

incendiaires allogènes dont les voies de fait

et les destructions systématiques sont si

dévastatrices pour les finances publiques,

entre le remboursement par la Sécurité

sociale des soins consécutifs aux coups et

blessures et la remise en état des écoles,

des gymnases, des commissariats partis en

fumée.

PRIORITÉ AUX “RECHERCHES

SUR L’ANTISÉMITISME”

Mais quelle importance que la France

s’appauvrisse du moment qu’elle est

encore assez riche pour accueillir la profusion d’“artistes”, d’“étudiants” et

d’« hommes d’affaires » sénégalais auxquels, en visite anticipée à Dakar pour

griller la politesse à Ségolène attendue ces

jours-ci, Nicolas a promis la délivrance

accélérée de visas ? Et que « Notre Damede-Paris » a encore assez de pécune pour

offrir une fête du ramadan digne de ce nom

aux fidèles de la « deuxième religion de

France » ? Ainsi d’ailleurs que des

« Bourses de recherche de la Ville de Paris

sur la xénophobie et l’antisémitisme ».

Car, constatez l’admirable symétrie, les

musulmans ne sont pas les seuls protégés

de « Madame notre maire ». Le Bulletin

municipal officiel de la Ville de Paris en

date du 19 septembre nous informe en

effet que ces « Bourses de recherche »,

d’un montant de 15 000 euros chacune,

« seront décernées chaque

année ».« Pour l’année 2006, indique

l’arrêté pris par Delanoë (qui devrait se

rendre très prochainement en Israël), les

projets devront porter sur la période du

début de la troisième République à la fin

de la deuxième guerre mondiale ». Quant

au jury, présidé par Mme Danièle Auffray,

adjointe au maire, il comprend « quatre

personnalités qualifiées » — Mme Nonna

Mayer et MM. Michel Wieworka, Marcello Pezzetti et Henry Rousso — et trois

élus représentants du Conseil de Paris —

Mme Karen Taïeb et MM. Sylvain Garel

et Jack-Yves Bohbot. Les recherches sur

les spoliations étant particulièrement

recommandées, M. Bohbot sera orfèvre

pour en juger puisqu’il est présentement

jugé dans le procès des « faux électeurs »

du IIIe arrondissement. Espérons qu’une

condamnation à une peine de prison

ferme ne privera pas le jury de ses

lumières, ni la Communauté d’une de ses

plus attachantes figures (1).

DEAL BUSH-CHIRAC

POUR ISRAËL DANS

LA FRANCOPHONIE ?

Il est vrai que ladite Communauté pourrait

recevoir ce vendredi un sacré lot de consolation avec l’entrée d’Israël dans l’Organisation Internationale de la Francophonie

(OIF), adhésion maintes fois envisagée et

toujours différée faute de vote à l’unanimité,

le Liban s’y étant opposé. Cette fois, les

choses se présentent beaucoup mieux selon

Gilles Munier : le XIe Sommet de la Francophonie se tient à Bucarest où Jacques Chirac se serait beaucoup démené pour que le

président Emile Lahoud, trop prosyrien à

son goût, ne soit pas invité. Sans doute présentée par le Canada, la candidature de l’Etat

hébreu devrait donc passer comme une lettre

à la poste — la poste d’antan, s’entend.

« Tout a commencé, affirme Munier,

avec l’accord Bush-Chirac de partage du

“Grand Moyen-Orient”… Les grandes

manœuvres ont commencé en septembre

2004 avec le vote de la résolution 1 559

de l’ONU et le refus du président français d’accepter la prolongation pour

3 ans du mandat d’Emile Lahoud à la

présidence du Liban… L’idée de Jacques

Chirac d’intégrer rapidement Israël dans

la Francophonie date aussi de 2004. En

février, recevant à Paris le président

israélien Moshé Katsav, il avait déclaré

qu’un consensus devait “permettre dès

que possible l’admission d’Israël… au

sein des instances de la Francophonie”…

Depuis la visite de Moshé Katsav, le Haut

Conseil scientifique franco-israélien est

en activité. Les ventes d’armes et la

coopération militaire franco-israélienne

ont été discrètement relancées. Trois

villes israéliennes : Tel-Aviv, Eilat et

Natanya, ont intégré l’Association francophone internationale de coopération

décentralisée (AFICOD). En 2005, l’université de Tel-Aviv a été admise au sein

de l’AUPELF (Association des universités partiellement ou entièrement de

langue française). Israël est devenu un

des principaux partenaires du Forum

francophone des affaires… Etc… Israël

était présenté comme un pays francophone … et francophile. Un mois plus

tard, “Tsahal” agressait le Liban, les victimes civiles dépassaient le millier et les

infrastructures du pays étaient

détruites… On aurait pu penser que cette

guerre allait renvoyer aux calendes

grecques le projet de candidature israélienne… Il n’en est rien… Deux mois

après l’agression contre le Liban, pays

considéré à juste titre comme un des

piliers de la francophonie dans le monde,

il ne faudra pas s’étonner si le tour de

passe-passe chiraquien est perçu par les

pays musulmans comme un coup de force

pro-israélien. »

On laissera à Gilles Munier la paternité de

ses allégations, se souvenant que, proche de

Saddam Hussein et président des Amitiés

franco-irakiennes, il publia chez Jean Picollec un Guide de l’Irak passionnant mais partial. Toutefois, si Israël — dont le précédent

Premier ministre accusa violemment la

France d’être « la patrie de l’antisémitisme

en Europe » — intègre l’OIF ce vendredi

selon le scénario évoqué, on en déduira que

Chirac le Ricain ne le cède en rien à Sarko

l’Amerloque pour ce qui est des reptations

devant l’Oncle Sam. Et que sa gesticulation

à l’ONU une décade plus tôt exactement

n’était, comme ses déclarations d’amour au

Liban souffrant, qu’hypocrisie, les intérêts

du peuple élu étant les seuls qui lui tiennent

véritablement à cœur. Aujourd’hui Israël

dans la Francophonie ? Et demain, si les

choses tournent vinaigre du côté du Jourdain, les Israéliens chez eux chez nous…

_____

(1) Le procès sera suspendu le 2 octobre, a

annoncé le président Kross, car, « en raison des

fêtes du Grand Pardon (Yom Kippour), de nombreux avocats, prévenus, parties civiles et

membres du tribunal n’auraient pu être présents

ce jour-là » (cf. Actualité juive du 21/9).

Chronique des territoires (doublement) occupés

que la part des mineurs dans la délinquance

dionysienne soit « passée de 44,23 à

47,67 % », et même à 70 % dans la catégorie des vols avec violences, du moment que

l’an dernier, « sur 1651 mineurs déférés au

parquet, seuls 132 ont été écroués, ce qui

donne une idée de la marge de progression

que le parquet possède actuellement, nonobstant le dogmatisme dont peut faire

preuve le juge des enfants dans ce département ». Mais aussi du « sentiment d’impunité » prévalant chez les « petits frères »…

Dont on rappellera qu’un seul fut écroué sur

les 85 déférés à la suite des « émeutes du

ramadan » 2005, pourtant particulièrement

violentes dans le “9-3”.

LA MEILLEURE : CHIRAC,

DÉFENSEUR DES JUGES !

Toujours habile à botter en touche pour

faire oublier ses mauvaises passes, Sarkozy

interpellé à la télévision sauta sur l’occasion

pour reprendre à son compte les chiffres du

préfet Cordet et flétrir la “passivité” des

magistrats. D’où grand émoi chez les chats

fourrés. Le procureur général (et socialiste)

Jean-Louis Nadal se précipitait à Bobigny

pour y assurer de sa solidarité agissante ses

collègues du Syndicat de la Magistrature

(dont il se trouve que la nouvelle présidente,

l’exotique Aïda Chouk, officie justement à

Bobigny), le premier président de la Cour

d’appel de Paris, Renaud Chazal de Mauriac

se hérissait contre cette « stigmatisation de

la justice » et Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, exigeait

d’« être reçu par le président de la République (…) pour lui exposer la gravité de ces

atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le

malaise ressenti par les juges dans une

situation qui compromet l’exercice de la justice ».

Et le chef de l’Etat lui prêtait une oreille si

attentive que, le 23 septembre, Le Monde

barrait sa une de ce titre surréaliste dont on

ne sait si c’est de l’art ou un tour de cochon :

« Jacques Chirac défend les juges ». Un

spectaculaire retournement pour celui qui,

depuis quinze ans que se poursuit l’instruction sur le pillage des finances parisiennes

sous ses mandatures , aura mis tout en

œuvre pour échapper à la justice, n’hésitant

pas à déshonorer celle-ci en faisant avaliser

par la Cour de cassation la totale immunité

pénale du locataire de l’Elysée

LA JUSTICE SOUS

LA LOI ÉTRANGÈRE

Jusqu’où ira l’affrontement — que Chirac a tout intérêt à envenimer — entre la

magistrature et son ministre d’Etat, lequel

n’est d’ailleurs pas perdant dans l’affaire

puisqu’est ainsi renforcée l’image de

marque “répressive” dont il aime à se prévaloir ? Pour 54 % des Français selon un

sondage CSA/Le Parisien publié le même

23 septembre, le ministre de l’Intérieur

Nicolas Sarkozy avait en effet eu raison

d’affirmer que « certains magistrats ont

démissionné de leurs responsabilités », et

selon un autre sondage (IFOP/Le

Figaro/LCI) réalisé simultanément, c’est

même 77 % des personnes interrogées qui

estiment elles aussi que « la justice n’est

pas assez sévère avec les jeunes délinpar

Claude LORNE

(Dessin de CHARD.)

3:HIKMPD=[UXUZ[:?m@h@i@a@k; M 02536 - 2780 - F: 3,05 E

● suite page 2

Belgique, Luxembourg : 3,25 €

Canada : . . . . . . . . . . . . . 5,25 $

Mayotte : . . . . . . . . . . . 3,89 €

Suisse : . . . . . . . . . . . . . . . 5 FS

Port. Cont. : . . . . . . . . . . 3,50 €

RIVAROL.

R I VA R O L

“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

N° 2780 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 6/10/2006

N° 2780 du 6 OCTOBRE 2006

www.rivarol.com

des Droits de l’Homme qui se fonde

davantage sur le principe de la liberté

d’expression que sur les restrictions

apportées à ce principe », cette instance

pourtant très chatouilleuse concluait :

« Le projet de loi doit être retiré » ou à

l’extrême rigueur amputé « des articles

2 et 3 ».

Ceux-ci furent maintenus : ne s’agissait-il pas de sauver des griffes de leurs

bourreaux potentiels de nouveaux

Sébastien Nouchet ? Mais deux ans et

demi plus tard, affirme donc le

Parquet, « le mystère

demeure » sur les conditions

du martyre de Sébastien —

qui avait formellement désigné

en l’un de ses agresseurs un

voisin alors incarcéré. Etait-ce

une tentative de suicide (Nouchet en avait déjà fait dix-neuf,

pour impressionner son compagnon ou tout simplement se

rendre intéressant) ou une

scène de ménage ayant également mal tourné ? Le concubin a déguerpi et l’intéressé, si

disert devant les caméras

après son calvaire, est pour le

moment introuvable. D’ailleurs,

son avocat lui conseille sagement de « ne pas faire appel »

du non-lieu.

Affaire classée, donc. En

revanche, on ne compte plus

les “homophobes” poursuivis

en vertu de la « loi

Nouchet » — en dernier lieu,

un imprimeur breton ayant fabriqué des

autocollants humoristiques pour automobilistes : « Ne serrez pas, je ne suis

pas pédé ».

PETITES causes, grands effets, le

film “Indigènes” (1), précédé et

suivi d’un insupportable tintamarre

médiatique, est en train de provoquer

un séisme identique. Puisque, « sans

ses troupes coloniales, la France

n’aurait jamais pu prétendre faire partie des vainqueurs de la Seconde

Guerre mondiale » (cf le n° 2186 du

Nouvel Observateur dont la une

s’adorne d’une photo du voyou Jamel

Debbouze nous expliquant : « Pourquoi j’aime la France (sic) » sur fond

de drapeau tricolore), nous avons

une dette imprescriptible à l’égard de

ces combattants qui ont « libéré Marseille, Toulon et la Corse » mais aussi

de leurs fils, petits-fils et même de

leur ethnie. Assistant à une projection

privée du film, une Bernadette en

larmes n’a-t-elle pas dit à son

Jacques : « Il faut absolument faire

quelque chose pour ces gens-là » ?

Au nom de l’“égalité”, les 80 000

tirailleurs, goumiers ou spahis encore

en vie toucheront donc autant désormais que les rescapés de Dunkerque

alors que 430 euros de pension menContre l’immigration-invasion, la Belgique imitera-t-elle la Suisse ?

La vraie Ségolène, fille indigne et mythomane

Le retour de Juppé : une note de un million d’euros pour Bordeaux

Nouchet-“Indigènes” :

De la sidération à la

culpabilisation

I

L EST hautement

symbolique que l’alignement des pensions versées aux

soldats “indigènes”

ayant combattu dans

nos rangs pendant la

Seconde Guerre

mondiale sur celles

perçues par les Français ait été annoncé

le jour même où

Sophie Chounavelle,

juge d’instruction au

tribunal de Béthune

(Pas-de-Calais), rendait un non-lieu dans

l’affaire Nouchet, du

nom d’un sodomite

« brûlé vif » le 16 janvier 2004 par de supposés homophobes.

On se souvient de

l’indignation et des

pleurs non seulement

des milieux concernés, mais aussi du

chef de l’Etat qui avait

pris la peine d’écrire,

ainsi que son Premier

ministre Jean-Pierre

Raffarin, à la malheureuse victime et

même de téléphoner

à son concubin tandis

que le garde des

Sceaux de l’époque, le calamiteux

Dominique Perben, promettait aussitôt

une très répressive loi “anti-homophobie”. Le 8 décembre suivant était donc

adopté le texte créant la Haute Autorité

contre les discriminations et incluant un

dispositif contre le sexisme et l’homophobie, cela malgré les réticences de la

Commission nationale consultative des

droits de l’homme. Déplorant « la multiplication de catégories de personnes

nécessitant une protection spécifique »

dans une surenchère « communautariste », au surplus « à contre-courant de

la jurisprudence de la Cour Européenne

(Dessins de CHARD.)

Imprimé en France/Printed in France

2 N° 2780 — 6 OCTOBRE 2006 — RIVAROL

1960, Léopold Sédar Senghor, président

du Sénégal — et agrégé de grammaire

française —, propose de regrouper les

pays africains nouvellement indépendants et désireux de poursuivre avec la

France des relations fondées sur des affinités culturelles et linguistiques. A cet

effet est créée la Conférence des

ministres de l’Education nationale des

pays francophones, embryon de l’organisation appelée plus tard la Francophonie mais dont l’aboutissement, baignant

dans une respectable bien-pensance, ne

répondra pas, malgré des débuts prometteurs, aux attentes des amoureux de la

langue française.

Pendant longtemps, cette entreprise est

perçue par le grand public comme un

simple caprice intellectuel et dispendieux, un rêve éveillé de Senghor donnant la primauté au “culturel” — une

notion si vague dans notre société mercantile… — dont on ne voit pas très bien

quelles sont la fonction et l’utilité.

Quelque chose a pourtant changé ces

trois dernières années ; une mutation

progressive et discrète a transformé aux

yeux des gens la Francophonie en entité

agissante dont on saisit mieux les

contours et la finalité. En somme, la

Francophonie a conquis et affirmé sa raison d’être : la concrétisation de sa vocation politique !

En effet, au fil des années, l’organisation francophone s’est structurée et élargie en s’ouvrant aux continents autres

que l’Afrique. Dotée d’un budget de

300 millions d’euros, auquel s’ajoutent

des contributions annexes, elle rassemble aujourd’hui cinquante-trois pays

membres (dont ne fait

pas partie le « territoire

de Pondichéry »…) et

dix autres associés ; sollicitent même leur adhésion quelques pays dont

le français n’est pas la

langue, supputant là des

avantages autres que culturels. Depuis peu, l’organisation intervient non seulement en Afrique, francophone et non francophone, mais partout

dans le monde et dans des domaines

divers : éducation, formation, assistance

technique, sciences, développement, et

de plus en plus en politique par la promotion de la démocratie et de l’engagement citoyen dans la vie de la cité.

Plusieurs étapes déterminantes auront

marqué le développement de l’organisation. En 1970 est fondée à Niamey

(Niger) l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), premier organisme intergouvernemental de la Francophonie, suivie d’un autre tournant “historique” : en 1986 se tient à Versailles le

premier Sommet de la Francophonie

réunissant les chefs d’Etat ; en 1995, le

Sommet de Cotonou (Bénin) consacre

l’affirmation politique de la communauté

francophone sur la scène internationale

en créant un poste de Secrétaire général.

Au Sommet de Hanoï en 1997, l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, ancien

secrétaire général de l’ONU, fut élu à

cette fonction. En fait, le pouvoir financier était entre les mains de l’administration générale de l’ACCT ; n’ayant au

secrétariat général de la Francophonie

qu’un rôle représentatif, l’Egyptien s’en

accommoda.

Enfin, Abdou le Haut vint ! Dernière

étape “historique” décisive : au Sommet

de Beyrouth en 2002, Abdou Diouf —

ex-président du Sénégal battu à la Présidentielle de 2000 et depuis lors retiré en

France — succède à Boutros-Ghali à la

tête de « l’Organisation internationale de

la Francophonie » (OIF), ainsi appelée

depuis 1998, et une nouvelle culture

s’instaure peu à peu en son sein. Une

francophonie de l’action déployant alors

sa dimension politique, diplomatique et

“humaniste” ! Légalement, Abdou Diouf

évince l’ACCT et le nouveau secrétaire

général, désormais le seul patron, peut

modeler à sa guise l’Organisation dite

francophone : soutenue et financée par

l’ONU et l’UE, la Francophonie est

maintenant plus présente dans les media,

plus impliquée dans les grands enjeux

politiques et s’affirme comme une haute

autorité morale, promotrice vigilante de

valeurs universelles telles que la démocratie, la paix, l’éthique sociale et les

droits de l’homme…

Ainsi, aboutissement de son long parcours, la Francophonie s’est-elle métamorphosée en “machin” du mondialisme

comme le prouve l’adhésion lors du sommet de Chypre ou du Mozambique, pays

où l’étude et l’usage de notre langue sont

insignifiants, ce qui est aussi le cas de la

Bulgarie. On est loin du rêve de

Senghor : rassembler autour de la France

les pays ayant des affinités culturelles et

linguistiques et former dans le monde

une communauté francophone fondée

non sur la politique et l’économie mais

sur la culture, assurant ainsi le rayonnement, la défense et la diffusion de la

langue française sur les cinq continents.

Noëlle SACLET.

LANNION PEUT

DIRE MERCI

AU MARÉCHAL !

Un livre récent, Communications et Territoires

(éd. Hermès-Lavoisier), raconte comment

les Télécommunications se sont développées en Bretagne, avec notamment la création du CNET à Lannion et l’installation

du radôme à Pleumeur-Bodou, grâce à un

Lannionnais, le polytechnicien Pierre Marzin (1905-1994), qui fut sénateur-maire de

sa ville.

Seulement, voilà… Qui avait hissé ce

modeste ingénieur au sommet de la hiérarchie des Postes et Télécommunications, à

37 ans ? Une annexe du livre le révèle, et

« les auteurs ne cachent pas qu’il y a eu un petit

débat pour le rajout de cette annexe » (Le Trégor,

14 septembre)…

La carrière de Pierre Marzin était bloquée,

en 1941, par les critères de promotion en

vigueur. Le directeur Jean Dauvin voulait

faire de lui son adjoint. Il

fallut un décret spécial préparé par le ministre Jean

Bichelonne et signé par le

Maréchal en personne le

23 février 1942. Ainsi, c’est

au dynamisme de Vichy,

non pas à De Gaulle et à la

Ve République, voire à « la

Résistance », comme on l’avait toujours dit

et cru, que Pierre Marzin, et par voie de

conséquence sa ville de Lannion, durent

leur ascension.

tée par la sidération médiatique,

comme ce fut le cas lors de la “profanation” de Carpentras, de l’attentat

“homophobe” prétendument commis

contre Nunuche Nouchet, de l’attentat “antisémite” censé avoir été perpétré six mois plus tard à bord du

RER D (attentat, on s’en souvient,

inventé de toutes pièces par l’affabulatrice Léonie Leblanc, mais, trop

contents, Villepin et Chirac tombèrent

illico dans le panneau), etc. Et

comme c’est maintenant le cas avec

le maelström lacrymatoire déclenché

par “Indigènes”. Et il est plus regrettable encore que cette émotion, toujours à sens unique, vise en fait à culpabiliser toujours un peu plus le Français moyen, éternel débiteur devant

l’Eternel. Et, finalement, par des

impostures sociétales et/ou historiques (voir encadré), à le désarmer

moralement.

<galic@rivarol.com>. _____

(1) Libération fait la moue, estimant que « les

bons sentiments ne font pas un bon film »

mais il paraît selon notre confrère Présent

qu’“Indigènes” est « un bon film de guerre ».

Ne comptez pas sur nous pour confirmer ou

infirmer. Question de principe, RIVAROL ne

dépensera pas un maravédis pour arrondir

la cagnotte de M. Debbouze. Il suffit que

nous ayons assuré par nos impôts le financement de ce missile antifrançais.

(2) Commise par De Gaulle, qui avait “cristallisé” les pensions en 1959, d’ailleurs à la

demande des gouvernements africains car,

a rappelé Philippe Randa dans sa Lettre,

les revenus de ces anciens combattants

« auraient alors été bien trop supérieurs à

ceux des fonctionnaires locaux, voire

même aux salaires des ministres en exercice ».

suelle ne procurent évidemment pas

le même pouvoir d’achat à Lyon que

le tiers de cette somme à Bamako. Et

tant pis si, introduite en catastrophe

par amendements dans la loi de

finances 2007, la réparation par Chirac de cette « injustice manifeste » (2)

coûtera 1,83 milliard à la collectivité

nationale !

Mais là n’est pas le plus grave : à la

suite de Rachid Bouhired, le metteur

en scène d’“Indigènes”, et des

vedettes du film, dont Debbouze, se

précipitant à Cachan pour assurer les

squatteurs africains de leur solidarité

active, ce n’est qu’un cri parmi les

“associatifs” : la seule façon d’exprimer notre immense gratitude aux

valeureux soldats qui, venus de vingttrois pays différents, nous ont permis

de « faire partie des vainqueurs » en

1945 (et ça nous a rapporté quoi ?),

c’est d’ouvrir tout grand nos portes

aux immigrés venus de ces vingt-trois

pays, et de les entretenir : l’honneur

de la France est à ce prix. Si Chirac,

« mû par des préoccupations humanistes » comme l’a assuré le ministre

des Anciens Combattants Hamlaoui

Mekachera, est « décidé à aller plus

loin » en faveur de nos « camarades

d’armes étrangers », la voie est toute

tracée proclame, non sans logique, le

lobby immigrationniste : c‘est celle

d’un accueil sans conditions à leur

descendance.

ARATISBONNE, le pape avait rappelé que Dieu est raison. Il est

regrettable que « les préoccupations

humanistes » du chef de l’Etat ne se

manifestent à l’inverse que sous le

coup de l’émotion, elle-même susciSUITE DE L’EDITORIAL

DU 25 AU 29 septembre, le

XIe Sommet de la Francophonie

s’est tenu pour la première fois en

Europe — hormis la France. En Roumanie, premier des treize pays “francophones” d’Europe centrale et orientale à

avoir été admis au sein de la Francophonie — comme elle vient de l’être par la

Commission de Bruxelles dans l’Union

européenne où elle entrera formellement

le 1er janvier prochain, ainsi que la Bulgarie. En revanche, s’il a été beaucoup

question en coulisses de l’adhésion d’Israël, rendue théoriquement possible par

l’absence, exigée par Chirac, du président libanais Emile Lahoud, et que Gilles

Munier avait annoncée comme presque

certaine (voir notre dernier n°), le projet

porté par le Canadien Stephen Harper, ne

s’est finalement pas concrétisé en raison

du niet des pays arabes dont les opinions

publiques n’auraient pu accepter un tel

cadeau fait à l’Etat sioniste dix semaines

après l’agression du Liban.

Qu’est-ce donc la Francophonie ? En

L’HISTOIRE, PARLONS-EN !

A l’occasion de la sortie du film, la presse italienne a évoqué les « dizaines de

milliers de viols » commis en Campanie par nos glorieux “indigènes” notamment,

le 19 mai 1944, dans la localité de Ciociara où furent violées 2 000 femmes — de 11

à 86 ans — tandis qu’étaient massacrés 800 hommes qui avaient tenté de défendre

« leurs filles et leur compagne ».

Rappelons quant à nous, en nous référant à l’historien Daniel Lefeuvre (cité par

Jean-Marie Le Pen le 24 septembre sur Europe 1), que la mobilisation des PiedsNoirs « fut énorme », vingt classes — de 1924 à 1944 — étant concernées. De 18 à

45 ans, tous les hommes valides (176 000) furent enrôlés : rapporté à la population

métropolitaine, cela aurait signifié plus de 6 millions de conscrits. Les “indigènes”

furent mobilisés à 9 pour mille, les Corses à 14 % et les Français d’Algérie à 16 %,

avec un taux de mortalité de 8 % — contre 5 % pour les “indigènes”. Mais le cœur

de l’humaniste Chirac ne saigne guère pour cette catégorie de la population.

La Francophonie, un

“machin” du mondialisme

AGENDA

☞ 7 octobre à Paris 9e (librairie Facta, 4 rue de

Clichy, de 14 à 18 h). Anne Brassié dédicace

« Robert Brasillach ou encore un instant de bonheur ». Tél. 01-48-74-59-14.

☞ 7 octobre à Aix-en-Provence (Maison

Alphonse Juin, 9 av. de Tübingen, 14h30). Xe

congrès de l’association Veritas sur l’Algérie française. Rens, fax : 05-61-09-98-73.

☞ 8 octobre à Villepreux (Grand’Maisons, de 10

à 19 h). XIe Table ronde de Terre & Peuple : « Face

au mondialisme, les patries charnelles ». Avec Anatoli Ivanov (Russie), Milan Nickevic (Serbie),

Enrique Ravello (Espagne), Gabriele Adinolfi (Italie), Jean-Gilles Malliarakis et Pierre Vial (France).

Nbreux stands livres et artisanat. Participation de

Chard. Entrée : 8 €. Rens. 06-03-95-23-36.

☞ 8 octobre à Vichy (hôtel Aletti, à partir de 12 h).

Déjeuner-débat avec Louis Aliot, secrétaire général

du FN. Part. 13 €. Rés. 06-82-31-59-28 (Louis

de Condé) ou 04-70-32-61-44 (permanence du FN03) l’après-midi.

☞ Jusqu’au 11 octobre à Paris 5e (Centre Charlier, 70 bd Saint-Germain de 12 à 20 h. sauf dim.).

Grande vente de livres neufs à prix réduit (50 %) et

d’occasion sur la Résistance chrétienne. Nbreux

auteurs. Tél. 01-40-51-74-07.

☞ 12 octobre à Paris 7e (ASIEM, 6 rue Albert de

Lapparent, 18h30). Conférence de Anne Coffinier :

« Pourquoi il est possible de sauver l’école. » Part.

10 € grat. pr les adhérents de Catholiques pour les

Libertés économiques.

☞ 12 octobre à Paris 15e (Forum Grenelle, 5 rue

de la Croix-Nivert, à 20h). Conférence de l’abbé

Francesco Ricossa sur « La crise de l’autorité dans

l’Eglise ». Part. 8 € (4 € pr étud., familles

nbreuses). Rens. 06-78-37-81-43.

☞ 12 octobre à Tours (hôtel de l’Univers, 5 bd

Heurteloup, à 20h30). Conférence du Pr Jean-René

Peltier sur « Mandat céleste et droit divin ». Cercle

Touraine, 02-47-05-72-99.

☞ 13 octobre à Pont-Ste-Marie (Le Pavé des

Halles, Zone des Ecrevolles, 20h). Dîner-débat sur

l’environnement avec Eric Pinel. Part. 20 €. Rés.

FN-Aube, 03-25-73-64-76.

☞ 14 octobre à Paris 2e, de Notre-Dame des Victoires (départ à 17h30) au Sacré-Cœur de Montmartre, 16e Marche pour la Vie et contre la culture

de mort. Rens. Renaissance Catholique, 89 rue

Pierre Brossolette 92130 Issy-les-Moulineaux. Tél.

01-46-62-97-04 — Fax : 01-46-62-95-19. Site :

<www.renaissancecatholique.org>.

☞ 14 octobre dans le Finistère. Déjeuner-débat

avec Alexis Arette. Thème : « Quelle nation pour le

3e millénaire ? » Part. 25 €. Rens. et rés. auprès de

RéAgir au 02-98-90-64-87, jusqu’au 7 octobre.

☞ 14-15 octobre à Tournus. 2e Université de rentrée du Parti populiste sur le thème « Les conditions

de la crédibilité de l’Union des Patriotes dans la

bataille de 2007 ». Rens. et rés. sur le site

<www.parti-populiste.com>.

☞ 14 et 15 octobre à Paris 15e (Parc Georges

Brassens, 104 rue Brancion). 15e Exposition

vente : « les livres d’enfants d’autrefois » Au

théâtre du Parc : spectacle de Marionnettes. Entrée

libre. Rens. Gippe : 01-42-50-80-25.

☞ 14-15 octobre à Villepreux (Grand’Maisons,

chemin de Grand’Maisons). Journées de la Tradition organisées par l’Association St-Pie X. Samedi

14 (14 h) : conférences, soirée barbecue. Dimanche

15 (10h30) : messe solennelle. Conférences. Stands,

livres.

☞ 15 octobre à Fabrègues (Prieuré St-François de

Sales, 1 rue Neuve-des-Horts, 9 h 30). Inauguration

de l’église N.-D. de Fatima par Mgr de Galarreta.

Déjeuner salle Paul Doumer, place de la Mairie.

Part. 30 € (ou repas tiré du sac). Rés. au prieuré.

04-67-78-52-24-10 le matin.

☞ 21 octobre à Paris 1e (Les Fontaines StHonoré, 200 rue St-Honoré, 12h30). Banquet de

Militant sur « Une géopolitique inquiétante ». Part.

31 €. (23 € pr étud., chôm).

☞ 10-12 novembre au Bourget. Fête des BBR..

N° 2780 — 6 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 3

seulement après la désignation par les socialistes de leur représentant à l’élection-reine

de la Ve République. D’ailleurs, pour les

soutiens du ministre de l’Intérieur, cela ne

fait aucun doute : Sarko sera l’unique candidat de l’UMP et le seul, au sein de la

droite parlementaire, qui puisse l’emporter

sur la gauche le 6 mai 2007. Bref pour François Fillon — qui, dans La France peut supporter la vérité (Albin Michel), lance un

violent réquisitoire contre Chirac dont il fut

pourtant plusieurs fois ministre —, « c’est

plié », le temps n’y changera rien : c’est

Sarko que les Français veulent ! Le

conseiller politique du président de l’UMP

devrait cependant être plus prudent. Ce sont

les mêmes ou presque qui nous expliquaient

fin 1994-début 1995 que Balladur serait élu

à l’Elysée dans un fauteuil et que tout

concurrent à droite du Premier ministre était

voué à faire de la figuration. Sarko prédisait

même que Balladur serait élu dès le premier

tour. On connaît la suite.

UNE ARROGANCE

A HAUTS RISQUES

Cette arrogance sarkoziste (que l’on

retrouve, au PS, chez les partisans de Ségolène Royal qui entretiennent la rumeur

selon laquelle elle serait désignée, dès le

premier tour le 16 novembre, par les militants socialistes avec 52 à 54 % des voix !)

prouve en tout cas que ces politiciens ne

tiennent aucun compte des leçons du passé.

A preuve Nicolas Sarkozy, dans une

grande interview donnée au Figaro-Magazine du 2 septembre qui professe, sûr de

lui : « Rien ne m’amène à penser que

l’électorat de droite va se tourner vers

l’apocalypse décrite par un monsieur de

bientôt 80 ans ! » Ce genre d’attaques

assez viles ne porte généralement pas

chance à ses auteurs : le dernier qui s’y

était essayé, un certain François Léotard,

lors d’un débat télévisé avec Le Pen sur

France 2, en février 1998, lors de la campagne des régionales en PACA, a depuis

complètement disparu de la scène politique, sauf pour écrire une lettre ouverte

délirante (surtout de bêtise) au président

iranien, et subi un quadruple pontage coronarien !

L’INDÉCENT RETOUR

D’ALAIN JUPPÉ

Le relatif rétablissement de la cote de Villepin dans l’opinion n’est cependant pas le

seul souci de Sarko. Le retour dans la vie

politique active de son vieil ennemi Alain

Juppé est également une mauvaise nouvelle pour l’ex-maire de Neuilly. Certes,

l’ex-Premier ministre affirme pour l’heure

ne s’intéresser qu’à Bordeaux dont il

espère reconquérir la mairie dès ce

dimanche en obtenant les suffrages d’au

moins 50 % des votants

exprimés et 25 % des inscrits. Ce qui sera difficile,

car l’abstention est généralement forte lors de partielles, même si cela est

moins vrai pour des municipales où les gens se sentent plus concernés que

pour des cantonales ou

autres législatives. Certes, à l’instar de

Fabius au PS, Juppé est mal aimé tant dans

son parti que dans le pays et en ce sens il

n’aurait aucune chance de l’emporter dans

un combat frontal contre le président de

l’UMP. Cependant, comme l’écrivait

Camille Galic dans son éditorial du 8 septembre, « Chirac peut utiliser la capacité

de nuisance de son ancien dauphin contre

Nicolas l’usurpateur, et celui-ci aurait

glosé d’abondance sur la péripétie bordelaise pour insinuer que ce cher Alain, avec

lequel il a pourtant dîné en famille le

26 août, a peut-être renoncé à l’agressivité, mais en aucun cas à son arrogance et

à son autoritarisme consubstantiels. »

Le fait est que cette élection anticipée

pour convenances personnelles est un véritable scandale. Même si le recours visant à

invalider l’arrêté préfectoral de convocation des électeurs pour « excès de pouvoir »

QU’IL est difficile, en politique comme

d’ailleurs dans la vie, d’écraser définitivement ses rivaux et adversaires !

Depuis la crise du CPE et l’affaire Clearstream, Sarkozy se croyait en effet définitivement débarrassé de Dominique de Villepin dans la course à l’Elysée. Las, la cote

de popularité du Premier ministre, au plus

bas depuis le printemps dernier, remonte

désormais de manière régulière (voir édito

du 8/9), et le locataire de Matignon n’hésite plus à s’opposer publiquement aux

propositions du président de l’UMP.

LA GUERRE REPREND ENTRE

DOMINIQUE ET NICOLAS

Suppression de la carte scolaire, instauration d’un service civil obligatoire, remise en

question des régimes spéciaux de retraite,

mise en œuvre d’un nouveau mini-traité

européen, thématique de la “rupture”, tout

y passe. Et l’atlantisme intégral du numéro

deux du gouvernement qui est allé aux

Etats-Unis dire tout le mal qu’il pensait de

l’« arrogance française » en matière de

politique étrangère (façon de contester le

discours de Villepin à l’ONU en février

2003 sur la guerre en Irak et l’évocation

implicite du droit de veto par les deux chefs

de l’exécutif) contribue à remettre dans le

jeu un Premier ministre qui espère toujours

coiffer au poteau le chef de l’UMP. D’où par

exemple sa volonté, comme celle des chiraquiens, de reporter le congrès de l’UMP

(prévu le 14 janvier) qui doit décider de

choisir son candidat pour la présidentielle.

Sur ce point, on ne saurait donner tort aux

chiraco-villepinistes. La cristallisation du

choix des électeurs se fait toujours très tard

à une présidentielle, et généralement pas

avant fin février-début mars au plus tôt.

Qu’on se souvienne de l’inversion des

courbes entre Barre et Chirac en 1988 et

entre Chirac et Balladur en 1995. Villepin

n’est d’ailleurs pas le seul à penser qu’il

pourrait, in fine, s’opposer à Sarkozy. Chirac attendra, comme il l’a dit, « le premier

trimestre » de l’année prochaine pour faire

connaître ses intentions pour la présidentielle et nul doute que, s’il a « une fenêtre de

tir » (dixit JMLP), il la saisira, par exemple

une brusque aggravation du contexte international ou de graves tensions intérieures.

Quant à MAM, elle rêve, elle aussi, d’être

candidate. A cette fin, elle va créer ce moisci son association, Le Chêne. Bruno Mégret

demandera-t-il des droits d’auteur ?

Et, comme si cela ne suffisait pas, le revenant Jacques Toubon pointe le bout de son

nez. Non certes pour briguer la magistrature

suprême (l’ex-ministre de la Culture de Balladur a peut-être conscience de ses limites !)

mais, à 65 ans, il vient

d’annoncer sa candidature aux législatives dans

le 13e arrondissement de

Paris dont il fut longtemps maire. Son mandat

d’eurodéputé n’étant

« pas assez visible » à son

goût, il entend revenir au Palais-Bourbon

car, confie-t-il modestement au JDD, « j’ai

l’expérience et la connaissance des choses,

une vraie personnalité et une indépendance

d’esprit (1). Je suis plus novateur que des

gens plus jeunes qui ont des réponses toutes

faites ». Le retour de cet ultra-chiraquien

n’a certainement pas de quoi ravir le président de l’UMP qui doit gérer une situation

difficile dans la capitale : trois responsables

parisiens de l’UMP avaient en effet déjà

annoncé leur intention de se présenter dans

le 13e. D’ailleurs, Toubon avoue qu’il n’est

« pas un sarkoziste pur et dur ». C’est du

reste à Jacques Chirac qu’il doit de présider

la Cité nationale de l’histoire de l’immigration dont le musée ouvrira en avril 2007

porte Dorée dans l’ancien musée des Colonies. Tout un symbole !

Ce relatif retour en force de la garde rapprochée du chef de l’Etat n’inquiète cependant pas outre mesure les sarkozistes.

D’après Le Figaro, loin de retarder l’annonce de sa candidature présidentielle

comme le souhaiterait le trio Chirac-Villepin-MAM, Sarkozy l’avancerait au

contraire au 4 décembre, soit quelques jours

toute culpabilité et de crier à l’injustice et à

l’acharnement dès que leurs agissements

sont un tant soit peu mis en lumière est proprement insupportable.

En témoigne, pour ne s’attacher qu’à

l’actualité judiciaire la plus récente, le procès de Pierre Bédier. Le maire ultra-chiraquien de Mantes-la-Jolie, secrétaire d’Etat

aux programmes immobiliers de la justice

(ça ne s’invente pas !) du gouvernement

Raffarin, comparaît pour corruption depuis

le 25 septembre et jusqu’à la fin du mois

devant le tribunal correctionnel de Paris. A

ses côtés, Jacques Masdeu-Arus, maire de

Poissy, et son premier adjoint, Gilles Forray. Les trois élus UMP sont accusés

d’avoir reçu des enveloppes d’un montant

de 300 000 francs par an des mains du

patron d’une entreprise de nettoyage,

Michel Delfau, cumulant les marchés

publics dans leurs communes et aujourd’hui décédé d’un cancer… Tout comme

sont morts d’ailleurs, une chance pour

Bédier, la plupart de ses accusateurs.

En bon chiraquien ne reculant devant

aucune contorsion verbale et faisant

preuve d’un immense culot, le conseiller

général UMP des Yvelines a traité à l’audience ses opposants d’“ayatollahs”, d’imbéciles « incapables de comprendre l’économie de marché ». Il faut dire que Bédier

a toute raison d’être optimiste : déjà poursuivi pour favoritisme lorsqu’il présidait

l’office HLM des Yvelines, il avait bénéficié en 2002 d’un non-lieu. Et puis, comment pourrait-on en vouloir à un homme

qui, selon Le Canard enchaîné lui-même,

fut, sous les ordres de Chirac, le maître

d’œuvre de l’opération visant à empêcher

la candidature présidentielle de Le Pen en

2002 ? La République sait être reconnaissante envers ses dévoués serviteurs.

Jérôme BOURBON,

<jeromebourbon@aol.com>. _____

(1) Une indépendance d’esprit douteuse. Alors

qu’il avait été à l’Assemblée nationale l’un des

plus actifs opposants de la loi Gayssot, qui « fait

régresser notre législation car c’est un pas vers

le délit d’opinion », il fut le garde des Sceaux (du

gouvernement Juppé) qui l’appliqua le plus arbitrairement, tentant même de faire adopter une loi

encore plus répressive dont Le Monde convint

qu’« elle visait explicitement le Front national »

(cf. tome II de l’Encyclopédie politique Ratier).

et présenté par Jacques Colombier, tête de

liste FN à Bordeaux, a finalement été rejeté

le 28 septembre par le tribunal administratif qui l’avait dans un premier temps jugé

“recevable”, il reste néanmoins honteux

que le caprice d’un politicien sexagénaire

en mal de reconnaissance coûte à la collectivité des millions d’euro. Juppé ne pouvait-il pas attendre le terme légal du mandat municipal (en mars 2008) pour se présenter à nouveau devant le suffrage des

Bordelais ? La vérité, c’est que ces politiciens ne savent rien faire de leur vie, sinon

accumuler les mandats électifs et les honneurs. Ainsi, sa parenthèse québécoise

refermée, l’ex-président de l’UMP piaffe

d’occuper des fonctions prestigieuses et

rémunératrices. De plus, désireux de redevenir député de Gironde le 17 juin 2007,

Juppé pense accroître ses chances en récupérant la mairie quelques mois avant, ce

qui, espère-t-il, créera en sa faveur une

dynamique d’autant mieux venue que la

gauche est désormais forte dans sa commune et dans sa circonscription, à l’image

d’à peu près toutes les grandes villes, et que

la victoire d’un(e) socialiste à la présidentielle de mai pourrait avoir un effet amplificateur aux législatives de juin. Dans le

Journal du dimanche, le 24 septembre,

Juppé ose se lamenter : son installation à

Montréal fut « très dure » et le fruit d’une

« douloureuse injustice » : « Ma trajectoire

a été cassée » pleurniche-t-il.

BÉDIER, “BÉBÉ-CHIRAC”

EMBLÉMATIQUE

Quand on pense que la présidente de la

cour d’appel de Versailles avait rendu, le

1er décembre 2004, un arrêt d’une complaisance inouïe, réduisant sa peine d’inéligibilité de dix à un an pour lui permettre de rester dans la vie politique (l’intéressé ne s’est

d’ailleurs pas pourvu en cassation), indulgence qui s’explique d’autant mieux que le

frère de cette présidente rédigeait à Matignon les discours de Juppé, on se dit que

l’ancien Premier ministre fait preuve,

comme son mentor, d’une sacrée audace.

Car les sommes détournées au profit du

RPR, et donc de ses dirigeants, par le biais

des emplois fictifs et autres illégalités, ne

sont quand même pas une bagatelle. Cette

façon qu’ont les politiciens de s’absoudre de

(Dessin de CHARD.)

Sarkozy face aux tontons

flingueurs chiraquiens

SÉGOLÈNE, DRESSEUSE DU MAMMOUTH ?

Jour faste que le 28 septembre pour Ségolène Royal : non seulement Lionel Jospin a

annoncé son retrait de la course à l’investiture socialiste mais, à partir d’un sondage

réalisé par Acteurs Publics, le quotidien gratuit Métro l’a sacrée favorite des Français

pour « améliorer la situation en matière d’éducation en France au cours des prochaines années ». Si

82 % de nos compatriotes estiment indispensable de réformer le “Mammouth”, 32 %

font confiance à Ségolène pour ce faire, Sarkozy suivant à 29 %. On ne saurait pourtant

dire que, ministre délégué à l’Enseignement scolaire sous Jospin, Mme Royal ait fait des

merveilles. A moins que la « nouvelle France » ne considère comme une réforme essentielle en matière d’éducation le fait d’avoir autorisé la délivrance de « pilules du lendemain » dans les collèges et lycées…

ET LA LIGNE GÉNÉRALE, CAMARADES ?

Et de trois ! Après la secrétaire générale Marie-Georges Buffet et le député de SeineSaint-Denis Patrick Braouezec, c’est un autre communiste, le député-maire PCF de

Vénissieux André Gerin, qui s’est proclamé le 26 septembre « candidat à la candidature

pour l’élection présidentielle ». Cette fois au nom de l’orthodoxie du Parti, que malmèneraient ses concurrents.

Imagine-t-on Thorez ou même Marchais contestés par de simples députés ?

4 N° 2780 — 6 OCTOBRE 2006 — RIVAROL

que 8 % des voix, il ne pouvait compter

que sur le soutien d’une quinzaine de parlementaires et l’on ne sentait aucun véritable courant de sympathie et d’adhésion

en sa faveur. A Paris, le jospiniste Delanoë était lâché par la plupart de ses

adjoints et collaborateurs. La pression

des ségolistes a également joué un rôle

déterminant. Quelques heures avant sa

décision, François Rebsamen, le numéro

deux du PS, publiait une tribune définitive dans Le Monde où il enjoignait à Jospin de se retirer d’une compétition où il

n’avait aucune chance et où il risquait de

morceler le parti. C’est d’ailleurs la

volonté de ne pas fractionner le PS que

l’ex-candidat à la présidentielle met en

avant dans la lettre qu’il a adressée aux

adhérents socialistes pour leur faire part

de sa désertion. La vérité est moins

noble : après avoir fait et refait tous ses

calculs, Jospin s’est convaincu qu’il allait

mordre la poussière. Ce qui a été également le raisonnement

de Jack Lang qui, après

avoir fait durer le suspens, a fait savoir lundi

sur TF1 qu’il était officiellement forfait.

Ce retrait et surtout

celui de Jospin dont

Hollande a aussitôt

salué la « décision

sage », sont un soulagement pour la direction du PS, même si Lang a lourdement

insisté sur l’insistance du premier secrétaire à le faire abandonner toute idée de

« destin national » alors qu’il reste

« immensément populaire », laissant

ainsi entendre que François servait les

intérêts de la seule Ségolène. Les partisans de Dominique Strauss-Kahn sont

également satisfaits, eux qui arithmétiquement avaient le plus à perdre d’une

candidature Jospin. Mais ce sont les

ségolistes qui sont les grands gagnants.

Sauf énorme surprise, on voit mal désormais ce qui empêchera la compagne de

Hollande d’être investie par le PS. Reste

cependant à savoir qui arrivera second le

16 novembre de Fabius ou de StraussKahn et s’il y aura ou non un second

tour. En tout cas, les ralliements en

masse en faveur de Royal prouvent que

la démocratie d’opinion l’emporte au PS

sur la logique de conviction et de cohérence. Mais est-ce bien étonnant quand

on voit un Mauroy se réclamer du socialisme ouvriériste du XXe siècle pour

soutenir la blairiste Ségolène ? Il est vrai

que Mauroy avait déjà été le champion

d’une candidature de Tapie aux régionales de 1992 sous les couleurs socialistes…

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