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11/20/25

 


Noëlle SACLET.

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter

notre site Internet, pour vous assurer

que notre hebdomadaire a bien paru et

en connaître le sommaire.

Pour toutes les correspondances

administratives, utiliser l’adresse

<contact@rivarol.com>, l’adresse

<galic@rivarol.com> étant réservée

au courrier rédactionnel. Les lecteurs

internautes qui souhaitent faire figurer leur adresse électronique doivent

le spécifier et les autres peuvent nous

demander de transférer leur message

au correspondant choisi.

DOUBLE ASSASSINAT

ISLAMIQUE A RABAT ?

Le 18 septembre dernier étaient assassinés

à Rabat, dans des circonstances affreuses,

Alessandro Missir di Lusignano, issu d’une

grande famille catholique levantine et chef

de la section Affaires politiques de la délégation de la Commission européenne au

Maroc, ainsi que son épouse, née Ariane

Lagasse de Locht.

« Selon la presse belge comme française, il s’agi- rait d’un cambriolage qui aurait mal tourné, nous

écrit Alain Escada, président de Belgique

& Chrétienté (1) dont les malheureuses victimes étaient proches. Selon la presse italienne,

par contre, ce meurtre d’une rare sauvagerie est de

nature islamiste » et L’European Strategic

Intelligence & Security Center affirme

même que « les chefs d’unité de la Commission

européenne ont vigoureusement appelé leurs collaborateurs à ne pas évoquer la possibilité d’un crime

à connotation religieuse » bien que, selon les

quatre enfants du diplomate qui ont

échappé au carnage mais y ont hélas assisté,

l’assassin ait « notamment hurlé “Allahou Akhbar” en égorgeant leurs parents ».

Mais, alors que toute l’Oumma était en

révolution après les propos, pourtant prudents, tenus six jours plus tôt à Ratisbonne

par Benoît XVI, sans doute fallait-il éviter

toute nouvelle de nature à exciter encore les

si chatouilleux esprits… et à convaincre les

autres que l’islam n’est peut-être pas aussi

pacifique que l’Establishment politique

nous l’affirme.

Rappelons qu’en

janvier 2005, quand

l’adolescent Benjamin Van Severen

(17 ans) fut poignardé à mort par Abdelillah Al Meziane

Ben Ali alors qu’il se promenait avec ses

parents (sa mère Monique fut également

blessée par le forcené) dans la médina de

Fès, les autorités marocaines et le Quai

d’Orsay refusèrent de retenir l’hypothèse

du crime religieux. Or, l’assassin avait également hurlé « Allahou Akhbar » en frappant ses victimes. Après trois reports du

procès, la chambre criminelle près de la

cour d’appel de Fès a finalement condamné

Al Meziane à la prison à perpétuité en

février dernier, mais en imputant son geste

à la toxicomanie.

_____

(1) Rue de la Cible 48 — B-1030 Bruxelles ou

<www.bechrist.be>.

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 10

Directeur de l’Institut démographique et de

l’Académie autrichienne des sciences.

Les chiffres du Dr Vonach sont alarmants. Pour l’année 2030, il estime à 35 %

la part de la population immigrée en

Autriche — 57 % à Vienne. Ces projections ont été reprises par la grande presse

dont le Wiener Zeitung qui précisait qu’annuellement, le nombre des nouveaux

immigrants serait supérieur d’environ

38 000 à celui des naissances autochtones,

et cela jusqu’en 2030.

Sur le plan politique, la publication de ces

chiffres a bien sûr été défavorablement

commentée par les syndicats et partis de

gauche qui, comme le SPÖ, critiquent le fait

que l’on considère également comme étrangères les personnes naturalisées depuis le

1er janvier 2000. Alors que les statistiques

officielles estiment actuellement la part des

étrangers à 9,8 %, le Dr Vonach rectifie ce

chiffre à 12 %. Répondant aux invectives de

la gauche, le physicien affirme qu’« il ne

s’agit pas de générer le racisme, mais d’exposer très clairement la vérité pour tirer des

conclusions sans faire la politique de l’autruche ». Quand on lui reproche de cataloguer comme “étrangers” les personnes nouvellement naturalisées, il poursuit avec

beaucoup de courage et de bon sens que

« ce n’est pas parce que l’on décidera de

naturaliser tous les étrangers que les problèmes y afférents disparaîtront ». « Quand

j’ai mené cette étude, ajoute-t-il, je me suis

d’abord posé la question de savoir si mon

petit-fils appartiendrait dans son propre

pays à une majorité ou à une minorité. Je

n’ose penser à cette dernière éventualité ».

Dans un autre volet de son exposé, le

Dr Vonach donne des précisions sur le

taux de fertilité des différentes populations en Autriche. Une autochtone n’aurait ainsi en moyenne que 1,3 enfant

contre 2 pour une immigrée ou une

« nouvelle naturalisée ». Si l’on considère uniquement la population ayant

moins de 15 ans, les statistiques du

Dr Vonach établissent qu’en 2030, 46 %

de la population autrichienne (67 % à

Vienne) seront constitués d’immigrés.

Dans son ouvrage Die Freiheit, die ich

meine (La liberté à laquelle je pense), Jörg

Haider abordant le problème de l’immigration écrit que cette question est primordiale

pour l’Autriche (8 millions d’habitants),

qui compte 230 habitants au km2 tandis

que cette moyenne serait de 100 pour le

reste de l’Europe. Il précise que la ville de

Vienne recense 100 000 étrangers illégaux.

On voit — avec beaucoup de tristesse —

que dans ce petit pays charmant, que l’on

appelle aussi en allemand l’Alpenrepublik,

se profile un destin dont la couleur n’a rien

à voir avec celle des cimes si pures du

Tyrol et du Vorarlberg.

L. B.,

<Laurent-Blancy@neuf.fr>. _____

National Zeitung — DSZ Verlag — 81238

München — Allemagne (anzeigen@dsz-verlag.de).

Jörg Haider : Die Freihiet, die ich meine ; Verlag Ullstein GmbH; p. 98 ; (1993).

CURIOSITÉ

Une Croix de Guerre TOE

offerte par son état-major

(dont De Gaulle Charles) au

Maréchal sera mise aux

enchères en octobre prochain par la firme munichoise Hermann Historica (<www.hermann-historica.com>). Il s’agit du Lot 2304,

Vente 51.

Avis aux amateurs !

En prévision des législatives du

1er octobre en Autriche, le Parti conservateur du chancelier sortant Schüssel (ÖVP,

crédité de 38 % des intentions de vote) et

les socio-démocrates (35 % devant des

Verts à 12 %) se disputent les électeurs de

l’« extrême droite » désormais éclatée

entre le FPÖ maintenu sous

la conduite de Heinz-Christian Strache (7 à 8 % d’intentions de vote) et le BZÖ

créé par Jörg Haider après

qu’il eut quitté le parti. Pour

ces électeurs “populistes”, la

réduction des flux migratoires submergeant le pays

est un enjeu majeur.

En effet, c’est sous le titre « Bientôt

35 % d’étrangers en Autriche ? » que

notre bon confrère allemand, la National

Zeitung, reprenait dans son n° du 11/08/06

l’étude « Änderungen der ethnischen

Zusammensetzung der österreichischen

Bevölkerung in den nächsten

Jahrzehnten » (Les changements de la

composition ethnique de la population

autrichienne dans les prochaines décennies) réalisée par l’éminent Dr Herbert

Vonach, spécialiste autrichien en physique

nucléaire et professeur d’université. Etude

d’autant plus importante qu’elle contredit

le rapport officiel du Pr Rainer Münz,

I. QUESTIONS D’ACTUALITÉ

1c (Chirac accident vasculaire) — 2b

(Bouteflika au Val-de-Grâce) — 3b

(L’Haÿ-les-Roses, vengeance féminine) —

4c (la petite-fille de Papon virée du ministère des Anciens Combattants) — 5b (27

octobre, début des émeutes raciales) — 6b

(le général Poncet inculpé) — 7a (Château-Jobert/Conan) — 8b (Arno Klarsfeld/« penseur à roulettes ») — 9a (François Hollande/Cecilio) — 10a (“l’étrangleur” Lucien Léger réincarcéré pour trafic de haschich) — 11c (train de la SaintSylvestre : vols, actes de terreur et tentatives de viol commis par des Jeunes) —

12a (Chirac promet l’inscription de l’abolition de la peine capitale dans la Constitution) — 13 b (Chirac fait invalider par le

Conseil constitutionnel un article de loi

reconnaissant le rôle positif de la colonisation) — 14c (10 mai, Journée de la

Mémoire des abolitions de l’esclavage) —

15c (Youssouf Fofana, patron du gang

assassin d’Ilan Halimi) — 16b (Gollnisch

jugé bien qu’ayant bénéficié d’un non-lieu

du juge d’instruction) — 17b (Königsberg

russe) — 18a (le Marocain Mohamed

Bouyeri assassin de Theo van Gogh) —

19a (30 août 2005, ouragan Katrina) —

20b (mort de Simon Wiesenthal, chasseur

de nazis) — 21a (les jumeaux Kaszinski,

hommes politiques polonais) — 22b (en

Egypte, percée électorale des Frères

musulmans) — 23a (béatification du Père

de Foucauld) — 24b (Mehmet Ali Aqca

tire sur Jean Paul II) — 25a (Angela Merkel fille d’un pasteur) — 26a (Ariel Sharon dans le coma) — 27a (février 2006 :

crise des caricatures de Mahomet) — 28b

(René Préval, président de Haïti) — 29 b

(Kofi Annan inaugure le musée des Arts

premiers) — 30c (Sami Naceri mis en examen pour violences et injures racistes).

II. QUI A DIT QUOI ?

Chirac : « Dans la République, il n’y a pas

d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi

d’écrire l’histoire.»

Alessandra Mussolini : « Mieux vaut être

fâcho qu’homo. »

Le Pen : « Philippe de Villiers n’est pas

seulement Duplicator, c’est Contrefactor. »

Sarkozy : « Les racailles, il faut les passer au Kärcher. »

Finkielkraut : « L’équipe de France n’est

pas black-blanc-beur, elle est black-blackblack, ça fait rire le monde entier. »

Mahmoud Ahmadinejad : « Le peuple

allemand est prisonnier de l’Holocauste…

Jusqu’à quand devra-t-il porter ce

fardeau ? »

III. BIBLIOTEST

V. VOLKOFF : Le Tortionnaire, Le Montage, La Désinformation, arme de guerre.

Marina GREY : Mimizan-sur-guerre, Le

Général sort à minuit, Les Armées

blanches (en coll. avec J. Bourdier).

Ch. de LA MAZIÈRE : Le Rêveur casqué.

P. MONNIER : A l’ombre des grandes

têtes molles, Les

Pendules à l’heure.

J. MABIRE : Drieu

parmi nous, Les

Vikings en Normandie, La Brigade

Frankreich.

G.-P. WAGNER : La

Comédie parlementaire, Maurras en

justice, L’Entredeux-guerres.

BRAVO AUX

GAGNANTS !

Mmes Anne-Marie

Deranque et France

Jourdan-Joubert,

MM. Thierry Eblin,

M. Lejeune,

Guy Monaville, Bernard Mulocher, ainsi

qu’un(e) rivarolien(ne) de Sablésur-Sarthe, qui a

omis d’indiquer ses

nom et adresse et le

“prix” de son choix.

Réponses aux Jeux de l’été

Bientôt 35 % d’étrangers en Autriche ?

Bibliothèque RIVAROL

— Jacques ABOUCAYA : Paraz le rebelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21,40 €

— Philippe ALMÉRAS : Les idées de Céline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 €

— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €

— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— CHARD : - 7 cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 € franco

- 20 ans de malheur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 €

- La France métisse de A à Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 €

— Pierre CHASSARD : Du marxisme théorique et pratique . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Gilbert COMTE : Notes sur un temps rompu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Pierre-Antoine COUSTEAU : En ce temps-là… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Mines de rien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 €

— Georges DILLINGER : Mai-68 ou la mauvaise graine . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

— Christophe DOLBEAU : Les parias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Roland GAUCHER-Philippe RANDA : Les réseaux de Georges Albertini . . . 24 €

— Philippe GAUTIER : La Toussaint blanche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 €

- Le Racisme anti-allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Une nuit blanche à Honfleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 €

— Hubert KOHLER : Présence germanique en France . . . . . . . . . . . . . . . . 22,20 €

— Marc LAUDELOUT : RIVAROL, l’hebdomadaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Jean MABIRE : Mourir pour Dantzig . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

— Jean MADIRAN : La révolution copernicienne dans l’Eglise . . . . . . . . . . . . 18 €

— Robert POULET : L’homme qui n’avait pas compris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 €

NOUVEAUX TITRES

— Anne BRASSIÉ : Brasillach ou encore un instant de bonheur . . . . . . . . . . . 27 €

— CHARD : Ma déclaration des droits de l’homme . . . . . . . . . 10 € ou 12 € franco

— Eric DELCROIX : Manifeste libertin (contre l’ordre moral antiraciste) . . . 18 €

— Pierre GILLIETH : B.A.-BA Gaulois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— Georges LAFFLY : Monnerot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 €

— P.-L. MOUDENC : Livres propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 €

— Dr Jean-Claude PÉREZ : L’islamisme dans la guerre d’Algérie . . . . . . . . . 35 €

— Franck NICOLLE : Tables d’Hôte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

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- Saveurs et paysages des Vosges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,90 €

— Pol VANDROMME : La Droite buissonnière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €

- Les saisons de Drieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 €

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 11

I

L AURA fallu beaucoup de vigilance

pour connaître, après les élections du

17 septembre dans le land de Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, le

score des partis identitaires allemands et

notamment celui du NPD.

PERCÉE POUR

LA DROITE RADICALE

Le doute a été entretenu en effet sur l’étendue d’une poussée et sur sa conséquence en

termes de sièges. Le soir même, on était audessous de 6 % pour la Poméranie, pour terminer tout de même avec un résultat définitif de 7,3 % des suffrages, au-delà des prévisions des sondages, et de 6 élus.

Ces élections régionales partielles confirment que la “gross” coalition déçoit plus la

réussi à entrer au sénat de la ville-Etat de

Berlin où le système électoral est comparable à celui des landers, avec une barre à

5 %.

L’extrême droite allemande se renforce

grâce à l’ex-RDA : le NPD avait fait une

entrée fracassante au parlement régional de

Saxe (9,2 % des suffrages) en septembre

2004. Le NPD a profité du taux de chômage

élevé à l’Est et de l’attrait exercé par le vote

protestataire sur une partie de la jeunesse. La

génération de ceux qui sont nés avec la

réunification a grandi l’extrême droite qui

s’est intégrée habilement aux luttes sociales.

L’espace social existe, il fallait le concrétiser politiquement ; la « Grande Coalition »

a ouvert une opportunité pour la droite nationale, qui souffre en Allemagne de divisions

et de diabolisation.

MERKEL CHUTE,

LE SPD RÉSISTE

Cette diabolisation médiatique et politique

n’empêche pas cependant, surtout après le

fracas provoqué par la dernière tentative

d’interdiction du NPD, la démocratie de

fonctionner au niveau du droit électoral. La

constitution allemande accorde en effet aux

partis politiques des recettes proportionnelles au nombre de voix engrangées. Le

NPD, fort de ses succès passés, a dépensé

400 000 euros pour sa campagne dans le

Mecklembourg, autant que la CDU ou le

SPD. Plus de moyens, et donc meilleure

campagne et meilleurs résultats.

L’autre vainqueur du scrutin est le maire

sortant de Berlin. Le social-démocrate Klaus

Wowereit a réussi à se maintenir sans difficulté à la tête de cette ville ayant le statut de

land. Mais le net revers enregistré par les

anciens communistes du Parti de gauche

pourrait aboutir à un changement de coalition à la tête d’une ville où l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière

Angela Merkel continue à perdre du terrain.

droite que la gauche. La droite au

pouvoir faisant la politique des

vaincus associés, le désappointement est logique. La perdante est

bien entendu la chancelière Angela

Merkel. Dans l’Est de l’Allemagne

et à Berlin, là où les majorités

régionales sont de gauche avec

appui des ex-communistes, le

mécontentement des masses populaires et ouvrières se reporte vers la

droite antisystème, la gauche radicale souffrant de sa participation

aux pouvoirs locaux.

Le NPD a évidemment été qualifié de néo-nazi, mais s’il l’était

vraiment dans ses statuts, ses discours et ses actes, il serait interdit,

et accusé d’avoir mené une campagne haineuse. En l’occurrence,

la campagne de son leader régional Udo Pastörs a été plus sociale

que nationaliste ; il a peu parlé d’immigration mais d’appauvrissement des Allemands

du land déjà le plus pauvre de la République

fédérale.

Une fois de plus, l’Allemagne de l’Est a

montré que voter à l’extrême droite n’est

plus un tabou. Le NPD a réalisé une percée

aux élections régionales du MecklembourgPoméranie, dans le nord de l’ex-RDA, ainsi,

mais de manière plus limitée et avec une

alliance, qu’aux municipales de Berlin. Dans

le Mecklembourg-Poméranie, dont la chancelière Angela Merkel est député — ce qui

fait que le vote est considéré par la presse

comme un net désaveu et une gifle personnelle —, le NPD aura donc désormais six

députés sur les bancs de l’hémicycle à

Schwerin. Aux municipales de Berlin, il a

franchi, associé aux Republikaner, ce qui

montre que le rapprochement est possible,

la barre des 3 % des votes ce qui leur ouvre

l’accès au conseil municipal de cinq arrondissements, dont quatre à l’est de la capitale

allemande. En revanche, le NPD n’a pas

Avec 30,8 % des voix, le Parti social-démocrate (SPD) a gagné un point par rapport au

précédent scrutin de 2001, lorsque la CDU,

minée par un scandale bancaire et des dissensions internes, avait dû abandonner le

pouvoir après dix ans de règne. Pour

M. Wowereit, homosexuel revendiqué de

52 ans, il s’agit d’un succès personnel.

Durant son premier mandat, il a mené une

politique d’austérité draconienne, tout en

parvenant à donner à sa ville surendettée une

image positive.

En revanche, le Parti de gauche a beaucoup

souffert de l’exercice du pouvoir au côté du

SPD. Avec 13,4 % des voix, il a perdu près

de dix points en cinq ans. Dans l’est de la

ville, son traditionnel fief, il a même chuté

de 20 points. Héritière de l’ancien parti communiste est-allemand, cette formation a déçu

une bonne partie des nostalgiques de l’ancien système, dont le nombre diminue peu à

peu au fil des ans. Les postmarxistes meurent et ne se renouvellent pas. Les nationalistes, eux, font des petits : on comprend que

cela perturbe le système.

Hermann TRAPIER

Allemagne : à l’Est, du nouveau pour le NPD

du travail », compte tenu du nombre de

Suédois, de souche ou non, se trouvant en

préretraite ou en arrêt-maladie. Pour

convaincre ce million d’inactifs qu’il est

« payant de travailler », la coalition prévoit une diminution de 15 % des allocations de chômage, de maladie ou de préretraite qui peuvent représenter jusqu’à 80 %

du salaire antérieur avec un maximum de

2 180 euros par mois.

La toute-puissante centrale syndicale LO

acceptera-t-elle ces mesures ou, furieuse

de la défaite du parti social-démocrate qui

est son bras politique, et forte des 80 % de

Suédois syndiqués, ira-t-elle vers l’affrontemennt ?

D’autre part, comment remettre un million de gens au travail dans un pays où

l’agriculture et l’industrie (notamment les

usines automobiles et les chantiers navals)

sont sinistrées en raison de leurs très hauts

coûts de production ? Le taux de croissance de 5 % dont se prévaut le royaume

des Trois Couronnes repose sur le seul secteur des services, mais tout le monde ne

peut y être embauché, et surtout pas les

immigrés analphabètes kurdes ou marocains, si nombreux. Restent les « services

à la personne », en pleine expansion avec

le vieillissement de la population indigène,

mais cela ne peut que renforcer l’Etat-Providence que le juvénile député Reinfeldt se

jurait il y a dix ans de jeter bas… Du temps

où les conservateurs voulaient également

lutter contre l’immigration, dont leur président ne souffle plus mot aujourd’hui

alors que la délinquance allogène ravage

des villes entières. En Scanie notamment

avec Malmö où se multiplient les viols

quasiment rituels de Suédoises par des

musulmans.

Mais les descendants des fiers Varègues

auraient-ils intégré ce fléau et se contenteraient-ils pour tout combat identitaire de

hisser le pavillon national quand ils arrivent dans leur maison de campagne ?

D’ailleurs victimes de leurs divisions,

aucun des petits partis identitaires n’a

LE RÉSULTAT des élections du

17 septembre en Suède constitue-til comme l’ont dit tant de media un

« virage historique » ? Certes pas. D’abord

parce que la victoire de la coalition des

droites contre le bloc des gauches n’a été

acquise que par 2 points (48,1 % des voix

contre 46,2 % pour les sociaux-démocrates du Premier ministre sortant Göran

Persson associés aux Verts). Ensuite parce

que ces droites l’avaient déjà emporté en

1976 puis en 1991, sans parvenir à se

maintenir au pouvoir et qu’il en ira peutêtre encore de même cette fois. Enfin,

peut-on parler de “droites” ?

DES MODÉRÉS TRÈS…

MODÉRÉS

Certes, avec 26,1 % des suffrages

(+ 10,9 % par rapport à 2002), le parti

Moderatna (conservateur) domine ses

alliés centristes et démo-chrétiens dont il

sera ainsi moins dépendant. Mais son jeune

président (41 ans) Fredrik Reinfeldt, s’il

fut ultra-libéral à ses débuts en politique,

n’a rien d’un homme de droite. Non

content de tirer les conservateurs vers le

centre-gauche, il avait tout au long de la

campagne électorale célébré l’Etat-providence et même qualifié sa formation de

« nouveau parti du travail ». Clone de

Tony Blair qui avait lancé le New Labour

pour se démarquer des dinosaures travaillistes, Reinfeldt se veut le leader des

« nouveaux conservateurs », répétant sa

volonté de baisser certes les charges patronales, mais avant tout pour favoriser l’emploi des jeunes et les immigrés (12 % des

“Suédois” à l’heure actuelle sont nés à

l’étranger), les catégories les plus touchées

par le chômage — dont le taux est très

bas : 5,7 % de la population active, au

moins officiellement.

Mais pour le chef du Moderatna, et sur ce

point on ne lui donnera pas tort, ce taux est

totalement illusoire. 17 % de la population

seraient en effet « sur le bord de la route

réussi à franchir la barre des 4 % permettant d’accéder au Parlement.

DE STOCKHOLM A OSLO

Au contraire de ce qui s’est passé au

Danemark où le Folkepartiet de Pia Kjaersgaard, fort d’un poids électoral de 12,6 %

des voix, a réussi à faire

prendre des mesures

dissuasives contre l’immigration. Et de ce qui

pourrait se produire prochainement en Norvège

où les “populistes” du

Parti du Progrès (FrP),

qui avaient raflé 22 %

des suffrages aux législatives de septembre

2005, sont désormais crédités de 30 à 35 %

d’intentions de vote. Devant le parti travailliste au pouvoir.

Rallié à un Etat-Providence que lui aussi

flétrissait auparavant, le FrP dirigé par une

jeune femme, Siv Jensen, depuis le retrtait

de son charismatique fondateur Carl Ivar

Hagen, diffère toutefois essentiellement

sur un point du parti conservateur suédois :

il entend réserver la richesse nationale

(185 milliards d’euros) en priorité aux

nationaux. Encore que Hagen ait toujours

refusé avec hauteur toute assimilation à un

Jean-Marie Le Pen grotesquement diabolisé par la presse scandinave, attitude imitée par ses successeurs qui proclament

« n’avoir rien à voir avec le Front national », il ne s’est jamais gêné pour dénoncer la « criminalité étrangère » et mettre

en doute « la loyauté des immigrés nommés à des postes de responsabilité ».

Quant à Fru Jensen, elle stigmatise « la

naïveté qui a conduit à importer de la criminalité plutôt que d’aider ceux qui ont

besoin d’être secourus ».

Le tout est de savoir, évidemment, si, au

pouvoir, le FrP continuerait à tenir le même

langage. Et à agir en conséquence.

Jacques LANGLOIS.

SUÈDE : la victoire d’un clone de Tony Blair

QUE VEUT

RÉELLEMENT BUSH ?

Une semaine après avoir dit qu’il ne

pourrait « pas envoyer des milliers de soldats au

Pakistan à la recherche de Ben Laden sans l’invitation du gouvernement pakistanais » car « le

Pakistan est un pays souverain », George

W. Bush a déclaré le 20 septembre à la

chaîne de télévision CNN qu’il engagerait

« une action militaire au Pakistan si des renseignements indiquaient qu’Oussama Ben Laden ou

d’autres dirigeants terroristes s’y cachaient ». Une

telle opération est-elle envisageable à l’intérieur des frontières pakistanaises, a insisté

le journaliste de CNN, croyant avoir mal

entendu ? Réponse du président américain : “Absolument.”

Un girouettisme plutôt inquiétant de la

part du dirigeant de l’Hyperpuissance…|

A moins évidemment que Bush parle pour

ne rien dire, convaincu qu’il est que

Ben Laden n’est plus de ce monde, comme

l’a annoncé la presse française le 23 septembre à la suite d’une fuite de la DGSE

indiquant que le chef nominal de la nébuleuse Al Qaïda était mort de maladie au

printemps dernier. Information démentie

quatre jours plus tard de source taliban en

Afghanistan. Mais, pour des raisons

inverses, les fondamentalistes islamistes

n’ont-ils pas autant intérêt que l’administration Bush à entretenir le mythe Oussama pour garder leurs troupes

mobilisées ?

MENACES

CONTRE LE PAPE

Benoît XVI a bien pu se déclarer

« profondément désolé » par l’effet produit dans l’Oumma par ses propos de

Ratisbonne sur l’islam (voir notre dernier n°), il n’en fait pas moins l’objet de

graves menaces. Les forces de police italiennes, qui assurent la sécurité du Vatican, ont renforcé leur présence par

crainte que des sites catholiques à

Rome ne soient pris pour cibles par des

terroristes.

A part ça, le Coran est source de paix

et de tolérance.

Udo Pastörs (ph. New Order) vient de rendre

hommage à Ernst Zündel,

«combattant de la liberté de pensée»

NOS DEUILS

Fervente rivarolienne, dévouée

autant à la cause animale qu’au

Front national dont elle était

bénévole depuis un quart de

siècle, la comtesse Marie-Bernadette de MONSPEY s’est éteinte

le 22 septembre, emportée par

une cruelle maladie. L’évêque

de Moulins — sa ville natale —

ayant refusé qu’un prêtre de la

Fraternité sacerdotale St-Pie X

officie à ses funérailles, ses

obsèques ont eu lieu à Meillers

le 26 septembre, en présence de

Jean-Marie Le Pen. L’équipe de

RIVAROL assure de sa sympathie le comte de Monspey, lui

aussi lecteur fidélissime.

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 12

d’influence et de manipulation des “intellectuels”, financée par la C.I.A. (?).

C’est sur Washington que, pour sa part,

le professeur Patrick J. Hearden, auteur

d’Architects of Globalism, a concentré

son attention. Bien loin du fracas des

champs de bataille européens, à l’ombre

du Capitole et de la Maison-Blanche où

Roosevelt, quoique gravement malade,

poursuit son rêve de rendre le monde

« plus sûr pour la démocratie », les

hommes du Président travaillent sans

relâche. Des comités d’experts, dont il

serait intéressant d’étudier l’origine ethnique de bon nombre des membres,

appointés par la Fondation Rockefeller

ou par les services de renseignements,

issus des brain trusts du Council on

Foreign Relations (CFR) ou des prestigieuses universités de l’Ivy League, ont

reçu du Président la délicate mission de

dessiner le monde de l’après-guerre, nous

dirions aujourd’hui le Nouvel Ordre mondial. Et cela bien avant Pearl Harbor, qui

voit logiquement les warmongers de l’entourage de Roosevelt, survivants

du New Deal, l’emporter définitivement sur la majorité silencieuse isolationniste. Ce Novus

Ordo, faut-il le préciser, est

censé faire coïncider l’établissement de la justice et de la paix

dans le monde, avec la satisfaction des intérêts commerciaux et

financiers US, lesquels dépendent de la

mise en place d’un marché mondial sans

barrières douanières. Il apparaît que

l’hostilité des dirigeants américains visà-vis des expériences fascistes européennes tient tout autant à la volonté de

voir le grand marché européen demeurer

ouvert aux exportations états-uniennes

qu’à celle de promouvoir partout les principes de la Charte de l’Atlantique (1941).

C’est dans cette logique que nous

voyons les hommes du Postwar Planning

refuser de relayer l’offre de paix faite par

Hitler aux Britanniques au lendemain de

la conquête de la Pologne (septembre

1939), posant ainsi le premier jalon de la

funeste politique de l’Unconditional Surrender (capitulation sans conditions), qui

sera définie à Casablanca en 1943, et

dont Montgomery lui-même, en soldat et

vrai gentleman, a montré le caractère

catastrophique en termes de pertes

humaines.

Nous les voyons aussi, par la suite, établir pour chaque pays occupé en Europe

des listes de dirigeants potentiels suffisamment dévoués

aux intérêts de

l’Oncle Sam, qu’il

s’agira ensuite de

mettre sur le devant

de la scène, l’OSS

adjuvante, une fois

la “libération” intervenue.

Les mêmes sont

passés maîtres dans l’art de manipuler les

différents gouvernements en exil — polonais, belge, français et autres — conjointement avec les Soviétiques.

Tout est méticuleusement prévu par nos

bureaucrates : la décolonisation, la “stabilisation” du Proche et de l’ExtrêmeOrient, la réintégration de l’Allemagne

dans la sphère de libre-échange, la mise

en place du système des Nations-Unies,

etc.

Les passages concernant la France sont

particulièrement instructifs : on savait

déjà que le secrétaire d’Etat US Summer

Welles, disciple du président Wilson,

entendait réserver à la France, réputée

nationaliste, belliqueuse et colonialiste,

un sort guère plus favorable que celui qui

serait infligé à l’Allemagne. Elle serait

désarmée, sous haute surveillance, occupée par les Britanniques, et verrait ses

colonies démantelées. On suit dans l’ouvrage de Hearden le revirement tardif des

Américains, conscients des risques d’une

guerre civile et de l’établissement d’une

« République populaire » en France, visà-vis du “gouvernement” de Gaulle, en

qui ils finissent par voir un moindre mal.

Notre anti-américanisme, souvent

appuyé sur des motifs trop exclusivement

sentimentaux, ne peut que gagner à la

lecture du travail à froid, mesuré, riche

en références indéniables, de Hearden, en

ce sens que le combat pour l’indépendance de l’Europe que nous entendons

mener a besoin de s’appuyer sur de tels

ouvrages, propres à développer notre

connaissance de l’histoire contemporaine, et particulièrement celle des

méthodes d’action et des armes de l’ennemi, lesquelles varient peu sur l’essentiel.

Jean-François DEVERDON. _____

Patrick J. Hearden : Architects of Globalism :

Building a New World Order during World

War II, Fayetteville, University of Arkansas

Press, 2002, 418 pages, 33,47 €. Disponible sur

<amazon.fr> ainsi que les autres livres cités.

OCCIDENTALISATION

La Chine commence décidément à

s’occidentaliser furieusement : le tribunal de Guilin vient d’ordonner à un

homme divorcé d’accorder à son exfemme un droit de visite à… leur chien,

dont il avait obtenu la garde après la

séparation (houleuse) des deux conjoints

qui traitaient l’animal « comme leur propre

enfant ».

Certes, Guilin est

l’une des villes les

plus touristiques de la

Chine en raison de la

beauté de son site

(qui n’est pas sans

rappeler la baie

d’Along au Vietnam) et, à ce titre, reçoit

beaucoup d’étrangers. Mais c’est à des

faits divers comme celui-ci qu’on mesure

l’évolution d’un pays. Jusqu’à présent,

les Fils du Ciel aimaient surtout les

chiens en rôti. On ne se plaindra pas du

changement.

“SUPERSOLDIERS”

C’est sous ce titre provocant, mais en

anglais, que les éditions munichoises FZ-Verlag publient leur dernier livre consacré à la

Wehrmacht vue par les « experts étrangers ».

« The best men didn’t win » (Les meilleurs

n’ont pas gagné) titrait ainsi le quotidien canadien The Sun dans un numéro commémoratif de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Their Wehrmacht was better than our Army »

(Leur Wehrmacht était meilleure que notre

armée), a renchéri le Britannique Max Hastings, professeur d’histoire militaire à Oxford

dans son livre Armaggedon 1944-1945. Une

opinion partagée par l’historien français Philippe Masson et bien sûr par Benoist-Méchin,

largement cité dans le livre qui reproduit également les éloges décernés aux soldats allemands par François Mitterrand dans son discours du 8 mai 1995 à Berlin, quelques

heures après avoir à tout jamais quitté l’Elysée. Un véritable testament, dont ne tint

aucun compte son successeur.

En annexe, Supersoldiers réserve une surprise : les innombrables timbres émis en

hommage à l’armée allemande par de multiples pays, des îles Marshall à la Gambie, du

Guyana au sultanat d’Oman. Un livre

curieux, abondamment illustré, qui peut

intéresser même les non-germanophones.

J. L. _____

160 pages, 14,90 €. FZ-Verlag, 81238 Munich

(Allemagne) ou <www.fz-verlag.de>.

L’IMAGE d’Epinal du valeureux GI

luttant pour libérer l’Europe des

hordes nazies en 1944-45, si elle

demeure pieusement révérée de ce côtéci de l’Atlantique, est de plus en plus

mise à mal, paradoxalement, par des historiens et universitaires anglo-saxons. On

se prend à rêver lorsqu’on constate avec

quelle liberté, si ce n’est impertinence,

ces scholars prennent plaisir, archives à

l’appui, à déboulonner les icônes de la

« croisade des démocraties » : Churchill,

Roosevelt, Eisenhower… Certes, en

Europe, nous avons eu récemment l’Allemand Jörg Friedrich qui, avec L’Incendie, brillante et émouvante synthèse sur

l’horreur des bombardements alliés sur

l’Allemagne, marche sur les traces de

l’ouvrage pionnier de l’Anglais David

Irving, auteur en 1965 de La destruction

de Dresde, livre suspect depuis que son

auteur croupit pour trois ans au fond des

geôles autrichiennes. Mais c’est au Canadien James Bacque que nous devons les

premiers travaux grand public (Autres

pertes) sur le traitement inhumain infligé — soixante ans

avant Abou Graïb — par les

Alliés aux prisonniers de guerre

de l’Axe, c’est l’Américain J.

Robert Lilly qui, dans La Face

cachée des GIs, a révélé le comportement fréquemment peu correct — c’est le moins que l’on

puisse dire — des soldats US vis-à-vis

des populations autochtones européennes

“libérées” (?), tandis que la Britannique

Saunders confirmait en 2003, avec Qui

mène la danse ? que, dans le sillage de

leurs chars Sherman, les Américains

avaient entrepris dès 1944 la conquête

“culturelle” du continent européen

exsangue, à travers une vaste opération

L’Europe “libérée” par l’Oncle Sam

L’architecte Viollet-leDuc, mort le 17 septembre 1879, continue

aujourd’hui à susciter

bien des débats sur le

bien-fondé de son œuvre.

Peu d’architectes, même

parmi les plus grands,

peuvent se targuer d’un

tel privilège, car leur nom

est la plupart du temps

tombé, souvent injustement, dans l’oubli alors

que celui de Viollet-leDuc nourrit encore les

passions.

Petit-fils d’un entrepreneur parisien ayant

œuvré, entre autres, sur

le chantier de l’Odéon, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc a révélé, dès ses

années de collège, un remarquable don

pour le dessin. Son père, conservateur

des résidences royales, se passionnait

pour Nicolas Boileau, qu’il a réédité, et

avait une très belle bibliothèque, composée en particulier de littérature

médiévale. Il accueillait, dans le salon

familial, Stendhal, Sainte-Beuve, Mérimée. Voilà, pour un adolescent, des fréquentations enrichissantes…

Né en 1814, le jeune Eugène-Emmanuel, sourd aux conseils de ceux qui

lui proposent d’entrer à l’Ecole des

Beaux-Arts, préfère travailler dans

des cabinets d’architecte. Puis, à vingt

et un ans, il décide de parcourir la

France pour voir des édifices prestigieux qu’il ne connaît que par des

références livresques. Ensuite, c’est à

l’appel de l’Italie qu’il répond. Les

œuvres de Bramante mais aussi les

vestiges de l’Antiquité en Campanie le

fascinent. De retour en France, grâce

à Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, il

reçoit mission de restaurer l’abbatiale

de Vézelay. Il a alors vingt-six ans.

Suivent d’autres commandes, tout

aussi prestigieuses : la restauration de

la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame

de Paris, des cathédrales d’Amiens, de

Chartres, de Narbonne, de Reims, de

Sens, de Toulouse, de Troyes. Sans

oublier la basilique de Saint-Denis et

les remparts de la Cité de Carcassonne.

En 1857, Viollet-le-Duc est chargé

par Napoléon III et l’impératrice

Eugénie de restaurer le château de

Pierrefonds. Démantelé sous

Louis XIII (il avait abrité “les Mécontents”, aristocrates en rébellion contre

le roi), le château n’était plus qu’une

ruine. De 1857 à 1870, Viollet-le-Duc

en a fait une construction néogothique (voir ci-dessus), destinée à

être un cadre prestigieux pour la cour

impériale. Il fut et il est encore reproché au restaurateur d’y

avoir pris quelques libertés avec l’authenticité

historique. La même

accusation a été portée

pour d’autres grands travaux de l’architecte. Et

sans doute peut-on lui

faire grief d’avoir fait

œuvre personnelle quand

manquaient des informations sur l’état primitif

de tel ou tel bâtiment.

Mais l’équité oblige à lui

reconnaître le mérite

d’avoir sauvé de la ruine

des pans entiers de notre

patrimoine architectural.

Esprit audacieux — il

voit bien en quoi l’utilisation du fer va

bouleverser les données du travail

architectural — qui s’intéressait avec

compétence aux sciences naturelles, à la

botanique, à la géologie, il s’est fait

beaucoup d’ennemis en dénonçant un

enseignement de l’architecture trop

abstrait, trop académique. D’Antoni

Gaudi à Hector Guimard et à Auguste

Perret, beaucoup d’architectes novateurs venus après lui ont reconnu leur

dette à son égard.

Ecrivain fécond, Viollet-le-Duc a

laissé en particulier deux dictionnaires,

consacrés à l’architecture (10 volumes)

et au mobilier (6 volumes) du Moyen

Age, qui font encore autorité.

Pendant le siège de Paris, en 1870-

1871, il fut un efficace lieutenant-colonel du génie pour l’organisation de la

défense de la ville. Farouchement

opposé à Thiers, il fut élu, en 1874,

conseiller municipal de Montmartre.

R. V.

Viollet-le-Duc, bienfaiteur ou iconoclaste ?

Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 17 septembre 1879 :

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 13

« Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler

l’imagination. Tout le reste n’est que

déceptions et fatigues. » Céline. Voyage.

« Cela lui plaisait que la serveuse, en costume du pays, fût drue et saine, rieuse,

avec des fossettes et des cheveux blonds

qui frisaient, indemne de toute complication psychologique. Dans le même ordre

d’idée, il lui parut naturel de commander

une choucroute qu’on servait ici plantureuse et abondamment garnie, avec des

saucisses luisantes et du petit salé d’un

rose innocent. » Simenon. Maigret et les

témoins récalcitrants.

« Ne touchez pas aux affaires de

l’Alsace ! » Louis XVI.

F AISONS un rêve ! un voyage gourmand, un petit tour en France avec

Monsieur Jadis, dans la France des

terroirs et des clochers, si chère à feu

Jean-Pierre Stirbois, celle des Provinces

de l’ancien régime, qui évoquaient si bien

la terre et les peuples… leurs patois, leurs

dialectes, leurs us, coutumes, vins, fromages et spécialités du cru… La France

aux trente-quatre drapeaux et des petits

pays…

Les départements sont d’invention trop

suspecte et trop récente pour avoir donné

quelque nom, quelque recette que ce fût

aux douceurs ! Leurs noms composés,

Maine-et-Loire, Haute-Vienne, DeuxSèvres… manquent trop cruellement de

poésie, et ne semblent suggérer que des

circonscriptions… Ils sentent la politique, la ripoublique, les tripatouillages

électoraux stériles à toute évocation culinaire, c’est-à-dire musicale, puisque la

cuisine, comme le disait Léon Daudet, est

la musique des papilles…

Pas plus de hochepot du Pas-de-Calais,

ni de quiche de Meurthe-et-Moselle que

de beurre dans les nuages pour nous faire

saliver et nous mettre en appétit ; mais

voilà qu’il nous reste et demeure, la

quiche et la bière lorraines, la sole normande, les œufs frits à la gasconne, le

potjeveisch et la carbonade flamands, la

fressure et le joli vin d’Anjou, le baeckeoffe du lundi et la choucroute d’Alsace…

Puisqu’il faut bien prendre notre chemin

des écoliers par un bout, et nous mettre

en route, nous commencerons notre

« Tour de France », en bons compagnons

passants du devoir, par les « Marches de

l’Est » et par l’Alsace qui est, si l’on croit

Doppelmeyer, « la cave à vin, la grange

à blé, le garde-manger des pays environnants », possède sur son sol le plus de

chefs étoilés au Michelin et de recettes

tout autant, en jouissant du privilège

d’avoir son patronyme le mieux placé

dans l’alphabet…

Ecoutez donc et réalisez chez vous ces

recettes… Elles vous raconteront, par le

menu, l’histoire des peuples d’Alsace et

d’Europe…

La Flammekueche : du temps que l’Alsace était une terre d’Empire, les natifs

de la rive gauche du Rhin partageaient

avec les Souabes de nombreuses spécialités de pains, tels le célèbre Bretzel lié

au culte du soleil, le Hefezopf (pain brioché tressé), le Doppelwecken (double

boule au froment), le Lebkuchen (littéralement « pain de vie », pain d’épice) ainsi

que ces sortes de “pizzas” à la crème et

aux oignons que sont le Dünnet, le Feuerreiter ou « Cavalier de feu », plus connu

en Alsace sous le nom de Flammekueche,

c’est à dire « Tarte flambée » ou plus précisément « Tarte aux flammes » puisqu’elle est passée au four à bois très

chaud avant que d’être dégustée de la

même manière, tranchée en triangles que

l’on roule avec les doigts, comme une

crêpe, en buvant un bon p’tit coup de

blanc (muscat d’Alsace ou gewurtztraminer par exemple) bien frais. Voilà une

recette idéale pour notre apéritif automnal…

Le foie gras : cette recette a été inventée au XVIIIe siècle par Jean-Pierre

Clause, cuisinier au service du maréchal

de Contades, gouverneur militaire de

Strasbourg qui la présenta à la cour du roi

Louis XVI où elle connut le succès. Le

foie gras entier est chemisé de farce de

veau et de lard finement haché et cuit en

croûte, mais une recette plus simple et

tout aussi succulente consiste à dénerver

le foie, à le faire mariner une nuit dans un

mélange de sel, poivres, bon vin d’Alsace

(30 cl) et cognac (un petit verre) et à le

cuire au four au bain-marie pendant une

heure à 70° C. Le foie gras est bien

meilleur quand il est dégusté sur le

tard — après cinq, six jours. On peut le

servir en entrée avec des toasts tièdes,

une fine tranche de pain d’épice un peu

sèche, un peu de gelée au vin.

Les oignons entrent dans la composition de très nombreuses recettes alsaciennes comme dans la Flammekueche,

mais aussi dans les tartes appelées Zeewelkueche ou Zewelewai (fond de pâte

brisée remplie d’un appareil de 300 g

d’oignon et de lardons fondus avec 3

œufs battus, 25 cl de lait, 25 cl de crème,

sel, poivre et muscade le tout cuit au four

une demi-heure à 200° C.) et les soupes

(Zeewelsupp).

Soupes fameuses dans la contrée : aux

grenouilles, aux asperges, à la bière, au

potiron et aux escargots (Schneckes), aux

noques, aux cerises, produits dont les

alsaciens sont très friands.

Les poissons d’eau douce qui proviennent des nombreuses rivières vosgiennes,

du Rhin ou des étangs du Sundgau (partie méridionale de l’Alsace, comme son

nom l’indique) participent à quelques

spécialités locales de très bonne facture

telles que la carpe frite dans le Sundgau

ou la Matelote des bateliers du Rhin, à

base d’anguille, de brochet, de sandre, de

perche et de truite coupés en tronçons

cuits avec de l’ail, de l’oignon, des

carottes, poireaux, persil, estragon, thym,

sel et poivre dans 2 litres d’eau bouillante

pour 2 kg de poisson. On s’en régale en

demandant escorte à un riesling bien frais

que l’on servira dans des hock commercialisés sous le nom de « verres du Rhin »

(à pied fin et généralement de couleur

verte) ou des roemer (verres à pieds

courts et renflés, verts également). Ces

poissons peuvent aussi garnir une choucroute, comme celle inventée par l’excellent chef Guy-Pierre Baumann, plat qui

le rendit célèbre quand il officiait dans la

capitale et qui fit couler tellement

d’encre. La choucroute aux trois poissons

est une recette légère à base de produits

nobles tels que le filet de sandre, de saumon, de truite auxquels on peut ajouter

quelques écrevisses que l’on trouve

encore dans les eaux claires et fougueuses des torrents vosgiens, ou celles

si tranquilles du canal de Vauban ou du

Rhône au Rhin qui longent l’Ill.

La choucroute ou Sauer Kraut —

choux aigre — dont la capitale est Krautergersheim, semble connue en Europe

centrale depuis le temps des invasions de

Gengis Khan. C’est le plat préféré de

Mme Maigret, qui est alsacienne, et de

son bonhomme de mari, qui s’en gourmande en buvant de la bière du pays,

dans presque chaque histoire. Elle est

meilleure, me semble-t-il, un peu

réchauffée…

Le poussin de la wantzenau et le

bibelskaes : bibelskaes signifie « Fromage de poussins » (les petites volailles

étaient nourries de céréales et de fromage) que certains auteurs érudits, innocents ou coquins, traduisent par « Fromage de jeune fille ». C’est tout bonnement du fromage blanc servi avec des

pommes sautées, présenté avec des échalotes hachées, ail et ciboule, poivre et sel.

Le poussin de la Wantzenau, alias Wantzenauer mischtkretzerle, alias Grattefumier Wantzenauvien, est un poussin ou

coquelet qui peut être cuit, fourré sous la

peau d’une mixture d’oignon, d’herbes,

de beurre et de cumin, de curry (la route

des épices n’est pas loin qui mène à

Nuremberg, leur terre promise), au four,

ou en cocotte.

Le Baeckeofe, ou potée boulangère,

était d’ordinaire préparé le lundi quand

les ménagères, avant d’aller laver leur

linge sale en communauté, déposaient

dans le four du boulanger, en un moule

adéquat, la pitance de midi faite de fines

rondelles de pommes de terre et d’oignon

baignant dans du vin blanc épicé, avec

des bas morceaux, d’épaule d’agneau,

d’échine de porc et de pieds de cochons.

Excellent plat avec une salade verte au

vinaigre miellé genre Melfor (spécialité

mulhousienne).

Allons, vite un fromage ! Du munster, frais et blanc, ou affiné et olfactif comme

une arme de destruction massive…

Des desserts ! une Tarte aux quetsches,

aux mirabelles, ou tarte Lintz, des

dampfnudles (sortes de beignets au

cœur de fruit ou de confiture) et sept

vins à choisir parmi les sept cépages de

même nom : gewurztraminer, muscat,

pinot, blanc, gris ou noir, sylvaner et les

spécialités de crémants, edelzwicker

(vins bons, issus de mélanges dont le

premier est mousseux). Pour finir, un

bon café accompagné de bredele, de

kouglof ou de fines tranches de berawecka (petits gâteaux sablés, brioche en

couronne et pain aux poires) et d’alcools

blancs aux parfums innombrables et aux

esprits inoubliables, si vous n’en abusez

guère.

Allez ! ‘s isch heechschti zit (Allez ! Il

est grand temps). Salut bisäme ! (Bonjour

tout le monde) et au mois prochain alors !

Au pays de Bonchamps, dans le « Jardin

de France », l’Anjou. Güet, morje geht’s

los !

Franck NICOLLE,

<fn@caralsol.com> _____

P.S. : Pour en savoir davantage et découvrir

plus de 100 savoureuses recettes traditionnelles alsaciennes (et vosgiennes), commandez donc « Saveurs et Paysages des Vosges et

d’Alsace du nord » en vente au journal à

9,90 € ou 12 € fco la pièce de 96 pages tout

en couleur ! Qu’on se le dise !

Alsace d’abord !

● Grâce à l’excellent site sans cesse

actualisé <dessinsdechard.free.fr>,

envoyez des cartes postales virtuelles à

vos amis, illustration et timbre au choix.

● Après le succès des Espérances planétariennes, paru en 2005, Hervé Ryssen

publie Psychanalyse du judaïsme, livre

fracassant sur le messianisme juif (Les

Espérances planétariennes, 432 pages,

26 €. Psychanalyse du judaïsme, 400 p.,

26 €. Editions Baskerville, SDE Domiciliation, 14 rue Brossolette, 92300 Levallois. Chèque à l’ordre de HERVÉ FRANÇOIS. + 2 € de port.)

● Fidèle lecteur, Jean-Robert Delorme,

ancien de la Royale ayant gardé « l’Asie

au cœur » (sa première femme, Cambodgienne, fut assassinée par les Khmers

rouges ainsi que toute sa famille),

annonce pour octobre la publication de

ses souvenirs France-Indochine sous le

titre Les Dits du vieux marin. A commander chez l’auteur, Grand Rue, 24310

Bourdeilles (480 pages grand format,

35 € ou 44 € fco).

● Après un long silence, la lettre J’ai tout

compris lancée par Guillaume Faye reparaît sous le titre Signal d’alarme, « lettre

mensuelle de désintoxication politique et

culturelle ». L’abonnement “découverte”

de 3 n°s : 8 €. Chèque à l’ordre de

SARL Constant Héraut, 5 cours

Dr Damidot, 69100 Villeurbanne.

● Il y a Céline et tous ceux qui ont

croisé sa route, l’ont connu ou écrit sur

lui. En témoigne l’intéressant sommaire

du n° 278 (septembre) du Bulletin Célinien. Avec des évocations d’André Parinaud, Evelyne Pollet, Pierre Monnier,

Antoine Blondin (qui, profitant d’un

compte rendu de livres, cite Paraz dans

France Soir du 31 mai 1974). Originales

aussi les relations amicales et épistolaires

d’Augustin Tuset, directeur de la Santé

dans le Finistère avec Céline mais aussi

Max Jacob et Jean Moulin (BC, BP70,

B-1000 Bruxelles 22).

● « Combien de temps cela pourra-t-il

durer ? » C’est la bonne question que

pose Dominique Venner dans l’éditorial

du n° 26 (septembre-octobre) de la

NRH (6 €, 88 avenue des Ternes,

75017 Paris). Puisque l’ancien titre de

cette revue historique est interdit et que

la NRH doit débourser la somme

(énorme !) de 45 000 euros. D’où un

appel à l’aide d’autant plus justifié que

le thème de ce numéro est un excellent

« Dossier sur l’école » où sont analysées

les causes de la crise actuelle et l’évolution qui a conduit de l’école de Jules

Ferry (peut-être trop idéalisée) à la

« fabrique des crétins » actuelle. A noter

un entretien avec le recteur de la Sorbonne Jean-Robert Pitte sur l’Université,

des articles sur Bainville, Dominique

Aury, Diane et Oswald Mosley.

● Mme Geneviève Maugis (10 rue

Pierre Picard, 75018 Paris) nous prie de

signaler qu’elle possède encore des

exemplaires de son livre-témoignage :

« Mon demi-frère, Robert Brasillach »

(15 € fco), bien accueilli par la critique

lors de sa parution en 1981.

● Les Editions-ACE (BP 21, F-07800

Charmes/Rhône) proposent de nombreuses nouveautés sur leur site

<www.crevetabous.com>.

Quoi de neuf ?

Voyage gourmand dans nos provinces

TABLES D’HÔTE

Si vous ave z aimé l e s chr onique s gas t r onomi c o - cultur e ll e s

de F ranc k NICOL L E dans RIVAROL, vous les retrouverez dans ce

livre, avec de succulentes recettes

de Wilfried Da Costa Oliveira.

Ed. Dualpha, 204 p., 23 €

En vente à nos bureaux (27 € fco)

A lire aussi de Franck NICOLLE :

MOTS ET METS

(165 p., 19,90 € ou 24 € fco)

chèques à Editions des Tuileries.

N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 14

Cinéma

Héros de la semaine dans les salles obscures, des politiciens français corrompus

et des policiers new-yorkais exemplaires.

Il va être question, vous l’aviez sans aucun

doute deviné, de Président de Lionel Delplanque et de World Trade Center d’Oliver Stone.

Une exception culturelle française estelle sur le point de disparaître dans les

poubelles de la petite histoire du cinéma ?

On le sait, nos timorés cinéastes, très en

retard sur leurs confrères américains, ne

s’aventurent pour ainsi dire jamais dans

les coulisses du pouvoir politique (exception notable, Y-a-t-il un Français dans la

salle ? de Mocky ) et encore moins dans

celles de l’Elysée dont le locataire restait

un sujet quasi tabou (sauf dans Le Bon

Plaisir de Francis Girod avec Trintignant

en président fictif encombré d’un enfant

naturel). Les choses commencent à bouger

depuis l’élégiaque Promeneur du Champde-Mars de Guédiguian, avec un Michel

Bouquet impérial en Mitterrand rongé par

sa maladie, et elles ont tendance à s’accélérer dans la perspective des échéances

électorales de 2007. Le cinéma politique,

c’est maintenant tendance !

Président, qui ouvre le bal, nous montre

un chef de l’Etat cynique, manipulateur et

africanophile, interprété avec brio par

Albert Dupontel, dont certains traits de

caractère renvoient de manière plus ou

moins explicite dans les dialogues à trois

présidents de la Ve République : De

Gaulle : « N’oubliez pas que vous parlez à

des veaux » et « Un continent humilié, un

continent martyrisé » (allusion non pas à

l’Europe mais à l’Afrique, natürlich) ; Giscard lorsqu’il affirme à ses collaborateurs

du moment « Vous n’êtes pas le meilleur,

Louis de CONDÉ

VOYAGES

Est-il utile de présenter à nos amis Louis

de Condé ? Sous-lieutenant à la Légion

Etrangère, ami de Bastien-Thiry, il fut de

ceux qui payèrent, par honneur et par fidélité, un lourd tribut à la vindicte gaulliste.

C’est en prison, à Fresnes, dans la cellule

des condamnés à mort en 1965-1966, puis

à la prison du Fort-Thoiras et au cachot de

la Citadelle à Saint-Martin de Ré, en 1967-

1968, qu’il écrivit les

poèmes réunis ici.

Encadré par une préface

signée Alain Sanders et par

une postface de la plume

du colonel Antoine

Argoud, voici donc ce

copieux recueil de quelque

quatre-vingts poèmes. La

facture en est des plus classiques, sonnets, rondeaux, lais et virelais

plus ou moins réguliers, ballades (celle qui

est dédiée au “capitulard” Prince de Broglie

est un petit chef-d’œuvre), quatrains

d’alexandrins ou de décasyllabes — encore

que l’auteur ne dédaigne ni l’impair verlainien, ni les calligrammes dignes d’Apollinaire, ni certaines fantaisies typographiques qui confèrent à l’ouvrage une

variété bien venue.

Tous ces textes, quelle que soit leur

forme, se signalent par la hauteur de l’inspiration. Tous témoignent de la qualité

humaine de Louis de Condé, qu’il aborde

ses voyages antérieurs ou intérieurs, célèbre

Clément Marot (en acrostiche !) ou sa

muse Monica qui deviendra son épouse,

jongle avec les mots à la manière des grands

rhétoriqueurs, chante avec émotion ses

amis disparus, Jean de Brem, Degueldre,

Dovecar, le colonel Bastien-Thiry auquel il

dédie un poème dont la fin vaut d’être

citée :

Soldat tu dois tuer ce juste au fort d’Ivry.

Un sang pur va couler encore

Pour s’unir à jamais aux récents morts d’Isly :

Derrière un drapeau tricolore

En mars de l’an dernier marchaient des Algérois.

Ils sont tombés les bras en croix.

Les douze coups de feu bientôt vont retentir.

Déjà cet homme est un martyr.

P.-L. MOUDENC. _____

334 pages, tirage limité à 1 114 exemplaires, dont

50 sur vergé conquéror numérotés de I à L (90 €)

et 1000 sur vélin blanc numérotés de 1 à 1 000

(30 €). Port : 5 €. Librairie de la Tour (16 rue

de la Source de l’Hôpital 03200 Vichy. <libtour@free.fr>)

R. P. de CHIVRÉ

LA MESSE DE SAINT PIE V

Commentaires

théologiques

et spirituels

Bien plus que des commentaires sur le

Saint Sacrifice, ces conférences théologiques

(1968/70) magnifiant le rite dominicain

d’avant Vatican II constituent un véritable

« traité de vie spirituelle » dont il convient de

ne pas « précipiter la lecture » en raison de « l’effort de méditation » qu’il requiert : sage

conseil de l’abbé Simoulin qui préface la

réédition de l’ouvrage. Du Confiteor à l’Ite

Missa est, le célèbre frère prêcheur explique

et justifie l’intime signification des étapes

successives de la messe tridentine dont l’action première est d’« isoler du péché » les âmes

qui s’ouvrent à la grâce.

L’association créée dans le but « de faire

connaître les écrits et la pensée » du Chouan de

Dieu publie parallèlement une courte biographie de Michel de Chivré dont les origines familiales normandes s’inscrivent dans

une lointaine tradition militaire et

religieuse : dernier de sept enfants — l’aîné

Bernard mourra au champ d’honneur en

1918 —, il naît en 1902 « après cinq calamités » suivant le mot de la vicomtesse sa mère

(cinq filles dont l’une, Geneviève, dotée de

l’indomptable volonté de son frère, sera

pourtant l’ange gardien de trois sœurs psychologiquement diminuées, la quatrième

entrant très tôt au couvent).

Malgré les atteintes cruelles de la maladie,

le frère Bernard-Marie, prêtre de l’Ordre de

saint Dominique, déploiera une énergie

surhumaine dans l’exercice de son apostolat multiple : responsable d’une troupe

scoute, prieur du couvent de Lille, aumônier militaire avec les aviateurs, prieur du

couvent du Havre dont « il restaure la vie

religieuse régulière », il prêche des retraites,

enseigne la doctrine, donne des conseils

théologiques à la revue Itinéraires et

accueillera dans son ermitage de NotreDame du Granit tous les combattants de la

Tradition attachés à perpétuer l’Office

divin de toujours.

Marie-Gabrielle DECOSSAS. _____

222 pages, 22 €. Touraine Micro Edition — Le

Gros Chêne, 37460 Chemillé sur Indrois.

POUR RIRE UN PEU

Un Kossovar débarquant en France

arrête le premier passant : Bonjour, monsieur Français, merci accueillir moi dans beau

pays à vous…

Son interlocuteur l’interrompt : Je ne

suis pas francais, je suis

arabe.

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