Noëlle SACLET.
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DOUBLE ASSASSINAT
ISLAMIQUE A RABAT ?
Le 18 septembre dernier étaient assassinés
à Rabat, dans des circonstances affreuses,
Alessandro Missir di Lusignano, issu d’une
grande famille catholique levantine et chef
de la section Affaires politiques de la délégation de la Commission européenne au
Maroc, ainsi que son épouse, née Ariane
Lagasse de Locht.
« Selon la presse belge comme française, il s’agi- rait d’un cambriolage qui aurait mal tourné, nous
écrit Alain Escada, président de Belgique
& Chrétienté (1) dont les malheureuses victimes étaient proches. Selon la presse italienne,
par contre, ce meurtre d’une rare sauvagerie est de
nature islamiste » et L’European Strategic
Intelligence & Security Center affirme
même que « les chefs d’unité de la Commission
européenne ont vigoureusement appelé leurs collaborateurs à ne pas évoquer la possibilité d’un crime
à connotation religieuse » bien que, selon les
quatre enfants du diplomate qui ont
échappé au carnage mais y ont hélas assisté,
l’assassin ait « notamment hurlé “Allahou Akhbar” en égorgeant leurs parents ».
Mais, alors que toute l’Oumma était en
révolution après les propos, pourtant prudents, tenus six jours plus tôt à Ratisbonne
par Benoît XVI, sans doute fallait-il éviter
toute nouvelle de nature à exciter encore les
si chatouilleux esprits… et à convaincre les
autres que l’islam n’est peut-être pas aussi
pacifique que l’Establishment politique
nous l’affirme.
Rappelons qu’en
janvier 2005, quand
l’adolescent Benjamin Van Severen
(17 ans) fut poignardé à mort par Abdelillah Al Meziane
Ben Ali alors qu’il se promenait avec ses
parents (sa mère Monique fut également
blessée par le forcené) dans la médina de
Fès, les autorités marocaines et le Quai
d’Orsay refusèrent de retenir l’hypothèse
du crime religieux. Or, l’assassin avait également hurlé « Allahou Akhbar » en frappant ses victimes. Après trois reports du
procès, la chambre criminelle près de la
cour d’appel de Fès a finalement condamné
Al Meziane à la prison à perpétuité en
février dernier, mais en imputant son geste
à la toxicomanie.
_____
(1) Rue de la Cible 48 — B-1030 Bruxelles ou
<www.bechrist.be>.
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 10
Directeur de l’Institut démographique et de
l’Académie autrichienne des sciences.
Les chiffres du Dr Vonach sont alarmants. Pour l’année 2030, il estime à 35 %
la part de la population immigrée en
Autriche — 57 % à Vienne. Ces projections ont été reprises par la grande presse
dont le Wiener Zeitung qui précisait qu’annuellement, le nombre des nouveaux
immigrants serait supérieur d’environ
38 000 à celui des naissances autochtones,
et cela jusqu’en 2030.
Sur le plan politique, la publication de ces
chiffres a bien sûr été défavorablement
commentée par les syndicats et partis de
gauche qui, comme le SPÖ, critiquent le fait
que l’on considère également comme étrangères les personnes naturalisées depuis le
1er janvier 2000. Alors que les statistiques
officielles estiment actuellement la part des
étrangers à 9,8 %, le Dr Vonach rectifie ce
chiffre à 12 %. Répondant aux invectives de
la gauche, le physicien affirme qu’« il ne
s’agit pas de générer le racisme, mais d’exposer très clairement la vérité pour tirer des
conclusions sans faire la politique de l’autruche ». Quand on lui reproche de cataloguer comme “étrangers” les personnes nouvellement naturalisées, il poursuit avec
beaucoup de courage et de bon sens que
« ce n’est pas parce que l’on décidera de
naturaliser tous les étrangers que les problèmes y afférents disparaîtront ». « Quand
j’ai mené cette étude, ajoute-t-il, je me suis
d’abord posé la question de savoir si mon
petit-fils appartiendrait dans son propre
pays à une majorité ou à une minorité. Je
n’ose penser à cette dernière éventualité ».
Dans un autre volet de son exposé, le
Dr Vonach donne des précisions sur le
taux de fertilité des différentes populations en Autriche. Une autochtone n’aurait ainsi en moyenne que 1,3 enfant
contre 2 pour une immigrée ou une
« nouvelle naturalisée ». Si l’on considère uniquement la population ayant
moins de 15 ans, les statistiques du
Dr Vonach établissent qu’en 2030, 46 %
de la population autrichienne (67 % à
Vienne) seront constitués d’immigrés.
Dans son ouvrage Die Freiheit, die ich
meine (La liberté à laquelle je pense), Jörg
Haider abordant le problème de l’immigration écrit que cette question est primordiale
pour l’Autriche (8 millions d’habitants),
qui compte 230 habitants au km2 tandis
que cette moyenne serait de 100 pour le
reste de l’Europe. Il précise que la ville de
Vienne recense 100 000 étrangers illégaux.
On voit — avec beaucoup de tristesse —
que dans ce petit pays charmant, que l’on
appelle aussi en allemand l’Alpenrepublik,
se profile un destin dont la couleur n’a rien
à voir avec celle des cimes si pures du
Tyrol et du Vorarlberg.
L. B.,
<Laurent-Blancy@neuf.fr>. _____
National Zeitung — DSZ Verlag — 81238
München — Allemagne (anzeigen@dsz-verlag.de).
Jörg Haider : Die Freihiet, die ich meine ; Verlag Ullstein GmbH; p. 98 ; (1993).
CURIOSITÉ
Une Croix de Guerre TOE
offerte par son état-major
(dont De Gaulle Charles) au
Maréchal sera mise aux
enchères en octobre prochain par la firme munichoise Hermann Historica (<www.hermann-historica.com>). Il s’agit du Lot 2304,
Vente 51.
Avis aux amateurs !
En prévision des législatives du
1er octobre en Autriche, le Parti conservateur du chancelier sortant Schüssel (ÖVP,
crédité de 38 % des intentions de vote) et
les socio-démocrates (35 % devant des
Verts à 12 %) se disputent les électeurs de
l’« extrême droite » désormais éclatée
entre le FPÖ maintenu sous
la conduite de Heinz-Christian Strache (7 à 8 % d’intentions de vote) et le BZÖ
créé par Jörg Haider après
qu’il eut quitté le parti. Pour
ces électeurs “populistes”, la
réduction des flux migratoires submergeant le pays
est un enjeu majeur.
En effet, c’est sous le titre « Bientôt
35 % d’étrangers en Autriche ? » que
notre bon confrère allemand, la National
Zeitung, reprenait dans son n° du 11/08/06
l’étude « Änderungen der ethnischen
Zusammensetzung der österreichischen
Bevölkerung in den nächsten
Jahrzehnten » (Les changements de la
composition ethnique de la population
autrichienne dans les prochaines décennies) réalisée par l’éminent Dr Herbert
Vonach, spécialiste autrichien en physique
nucléaire et professeur d’université. Etude
d’autant plus importante qu’elle contredit
le rapport officiel du Pr Rainer Münz,
I. QUESTIONS D’ACTUALITÉ
1c (Chirac accident vasculaire) — 2b
(Bouteflika au Val-de-Grâce) — 3b
(L’Haÿ-les-Roses, vengeance féminine) —
4c (la petite-fille de Papon virée du ministère des Anciens Combattants) — 5b (27
octobre, début des émeutes raciales) — 6b
(le général Poncet inculpé) — 7a (Château-Jobert/Conan) — 8b (Arno Klarsfeld/« penseur à roulettes ») — 9a (François Hollande/Cecilio) — 10a (“l’étrangleur” Lucien Léger réincarcéré pour trafic de haschich) — 11c (train de la SaintSylvestre : vols, actes de terreur et tentatives de viol commis par des Jeunes) —
12a (Chirac promet l’inscription de l’abolition de la peine capitale dans la Constitution) — 13 b (Chirac fait invalider par le
Conseil constitutionnel un article de loi
reconnaissant le rôle positif de la colonisation) — 14c (10 mai, Journée de la
Mémoire des abolitions de l’esclavage) —
15c (Youssouf Fofana, patron du gang
assassin d’Ilan Halimi) — 16b (Gollnisch
jugé bien qu’ayant bénéficié d’un non-lieu
du juge d’instruction) — 17b (Königsberg
russe) — 18a (le Marocain Mohamed
Bouyeri assassin de Theo van Gogh) —
19a (30 août 2005, ouragan Katrina) —
20b (mort de Simon Wiesenthal, chasseur
de nazis) — 21a (les jumeaux Kaszinski,
hommes politiques polonais) — 22b (en
Egypte, percée électorale des Frères
musulmans) — 23a (béatification du Père
de Foucauld) — 24b (Mehmet Ali Aqca
tire sur Jean Paul II) — 25a (Angela Merkel fille d’un pasteur) — 26a (Ariel Sharon dans le coma) — 27a (février 2006 :
crise des caricatures de Mahomet) — 28b
(René Préval, président de Haïti) — 29 b
(Kofi Annan inaugure le musée des Arts
premiers) — 30c (Sami Naceri mis en examen pour violences et injures racistes).
II. QUI A DIT QUOI ?
Chirac : « Dans la République, il n’y a pas
d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi
d’écrire l’histoire.»
Alessandra Mussolini : « Mieux vaut être
fâcho qu’homo. »
Le Pen : « Philippe de Villiers n’est pas
seulement Duplicator, c’est Contrefactor. »
Sarkozy : « Les racailles, il faut les passer au Kärcher. »
Finkielkraut : « L’équipe de France n’est
pas black-blanc-beur, elle est black-blackblack, ça fait rire le monde entier. »
Mahmoud Ahmadinejad : « Le peuple
allemand est prisonnier de l’Holocauste…
Jusqu’à quand devra-t-il porter ce
fardeau ? »
III. BIBLIOTEST
V. VOLKOFF : Le Tortionnaire, Le Montage, La Désinformation, arme de guerre.
Marina GREY : Mimizan-sur-guerre, Le
Général sort à minuit, Les Armées
blanches (en coll. avec J. Bourdier).
Ch. de LA MAZIÈRE : Le Rêveur casqué.
P. MONNIER : A l’ombre des grandes
têtes molles, Les
Pendules à l’heure.
J. MABIRE : Drieu
parmi nous, Les
Vikings en Normandie, La Brigade
Frankreich.
G.-P. WAGNER : La
Comédie parlementaire, Maurras en
justice, L’Entredeux-guerres.
BRAVO AUX
GAGNANTS !
Mmes Anne-Marie
Deranque et France
Jourdan-Joubert,
MM. Thierry Eblin,
M. Lejeune,
Guy Monaville, Bernard Mulocher, ainsi
qu’un(e) rivarolien(ne) de Sablésur-Sarthe, qui a
omis d’indiquer ses
nom et adresse et le
“prix” de son choix.
Réponses aux Jeux de l’été
Bientôt 35 % d’étrangers en Autriche ?
Bibliothèque RIVAROL
— Jacques ABOUCAYA : Paraz le rebelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21,40 €
— Philippe ALMÉRAS : Les idées de Céline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 €
— Jean-Paul ANGELELLI : Une guerre au couteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 €
— Maurice BARDÈCHE : L’œuf de Christophe Colomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €
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— Gilbert COMTE : Notes sur un temps rompu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €
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— Pol VANDROMME : La Droite buissonnière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 €
- Les saisons de Drieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 €
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 11
I
L AURA fallu beaucoup de vigilance
pour connaître, après les élections du
17 septembre dans le land de Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, le
score des partis identitaires allemands et
notamment celui du NPD.
PERCÉE POUR
LA DROITE RADICALE
Le doute a été entretenu en effet sur l’étendue d’une poussée et sur sa conséquence en
termes de sièges. Le soir même, on était audessous de 6 % pour la Poméranie, pour terminer tout de même avec un résultat définitif de 7,3 % des suffrages, au-delà des prévisions des sondages, et de 6 élus.
Ces élections régionales partielles confirment que la “gross” coalition déçoit plus la
réussi à entrer au sénat de la ville-Etat de
Berlin où le système électoral est comparable à celui des landers, avec une barre à
5 %.
L’extrême droite allemande se renforce
grâce à l’ex-RDA : le NPD avait fait une
entrée fracassante au parlement régional de
Saxe (9,2 % des suffrages) en septembre
2004. Le NPD a profité du taux de chômage
élevé à l’Est et de l’attrait exercé par le vote
protestataire sur une partie de la jeunesse. La
génération de ceux qui sont nés avec la
réunification a grandi l’extrême droite qui
s’est intégrée habilement aux luttes sociales.
L’espace social existe, il fallait le concrétiser politiquement ; la « Grande Coalition »
a ouvert une opportunité pour la droite nationale, qui souffre en Allemagne de divisions
et de diabolisation.
MERKEL CHUTE,
LE SPD RÉSISTE
Cette diabolisation médiatique et politique
n’empêche pas cependant, surtout après le
fracas provoqué par la dernière tentative
d’interdiction du NPD, la démocratie de
fonctionner au niveau du droit électoral. La
constitution allemande accorde en effet aux
partis politiques des recettes proportionnelles au nombre de voix engrangées. Le
NPD, fort de ses succès passés, a dépensé
400 000 euros pour sa campagne dans le
Mecklembourg, autant que la CDU ou le
SPD. Plus de moyens, et donc meilleure
campagne et meilleurs résultats.
L’autre vainqueur du scrutin est le maire
sortant de Berlin. Le social-démocrate Klaus
Wowereit a réussi à se maintenir sans difficulté à la tête de cette ville ayant le statut de
land. Mais le net revers enregistré par les
anciens communistes du Parti de gauche
pourrait aboutir à un changement de coalition à la tête d’une ville où l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière
Angela Merkel continue à perdre du terrain.
droite que la gauche. La droite au
pouvoir faisant la politique des
vaincus associés, le désappointement est logique. La perdante est
bien entendu la chancelière Angela
Merkel. Dans l’Est de l’Allemagne
et à Berlin, là où les majorités
régionales sont de gauche avec
appui des ex-communistes, le
mécontentement des masses populaires et ouvrières se reporte vers la
droite antisystème, la gauche radicale souffrant de sa participation
aux pouvoirs locaux.
Le NPD a évidemment été qualifié de néo-nazi, mais s’il l’était
vraiment dans ses statuts, ses discours et ses actes, il serait interdit,
et accusé d’avoir mené une campagne haineuse. En l’occurrence,
la campagne de son leader régional Udo Pastörs a été plus sociale
que nationaliste ; il a peu parlé d’immigration mais d’appauvrissement des Allemands
du land déjà le plus pauvre de la République
fédérale.
Une fois de plus, l’Allemagne de l’Est a
montré que voter à l’extrême droite n’est
plus un tabou. Le NPD a réalisé une percée
aux élections régionales du MecklembourgPoméranie, dans le nord de l’ex-RDA, ainsi,
mais de manière plus limitée et avec une
alliance, qu’aux municipales de Berlin. Dans
le Mecklembourg-Poméranie, dont la chancelière Angela Merkel est député — ce qui
fait que le vote est considéré par la presse
comme un net désaveu et une gifle personnelle —, le NPD aura donc désormais six
députés sur les bancs de l’hémicycle à
Schwerin. Aux municipales de Berlin, il a
franchi, associé aux Republikaner, ce qui
montre que le rapprochement est possible,
la barre des 3 % des votes ce qui leur ouvre
l’accès au conseil municipal de cinq arrondissements, dont quatre à l’est de la capitale
allemande. En revanche, le NPD n’a pas
Avec 30,8 % des voix, le Parti social-démocrate (SPD) a gagné un point par rapport au
précédent scrutin de 2001, lorsque la CDU,
minée par un scandale bancaire et des dissensions internes, avait dû abandonner le
pouvoir après dix ans de règne. Pour
M. Wowereit, homosexuel revendiqué de
52 ans, il s’agit d’un succès personnel.
Durant son premier mandat, il a mené une
politique d’austérité draconienne, tout en
parvenant à donner à sa ville surendettée une
image positive.
En revanche, le Parti de gauche a beaucoup
souffert de l’exercice du pouvoir au côté du
SPD. Avec 13,4 % des voix, il a perdu près
de dix points en cinq ans. Dans l’est de la
ville, son traditionnel fief, il a même chuté
de 20 points. Héritière de l’ancien parti communiste est-allemand, cette formation a déçu
une bonne partie des nostalgiques de l’ancien système, dont le nombre diminue peu à
peu au fil des ans. Les postmarxistes meurent et ne se renouvellent pas. Les nationalistes, eux, font des petits : on comprend que
cela perturbe le système.
Hermann TRAPIER
Allemagne : à l’Est, du nouveau pour le NPD
du travail », compte tenu du nombre de
Suédois, de souche ou non, se trouvant en
préretraite ou en arrêt-maladie. Pour
convaincre ce million d’inactifs qu’il est
« payant de travailler », la coalition prévoit une diminution de 15 % des allocations de chômage, de maladie ou de préretraite qui peuvent représenter jusqu’à 80 %
du salaire antérieur avec un maximum de
2 180 euros par mois.
La toute-puissante centrale syndicale LO
acceptera-t-elle ces mesures ou, furieuse
de la défaite du parti social-démocrate qui
est son bras politique, et forte des 80 % de
Suédois syndiqués, ira-t-elle vers l’affrontemennt ?
D’autre part, comment remettre un million de gens au travail dans un pays où
l’agriculture et l’industrie (notamment les
usines automobiles et les chantiers navals)
sont sinistrées en raison de leurs très hauts
coûts de production ? Le taux de croissance de 5 % dont se prévaut le royaume
des Trois Couronnes repose sur le seul secteur des services, mais tout le monde ne
peut y être embauché, et surtout pas les
immigrés analphabètes kurdes ou marocains, si nombreux. Restent les « services
à la personne », en pleine expansion avec
le vieillissement de la population indigène,
mais cela ne peut que renforcer l’Etat-Providence que le juvénile député Reinfeldt se
jurait il y a dix ans de jeter bas… Du temps
où les conservateurs voulaient également
lutter contre l’immigration, dont leur président ne souffle plus mot aujourd’hui
alors que la délinquance allogène ravage
des villes entières. En Scanie notamment
avec Malmö où se multiplient les viols
quasiment rituels de Suédoises par des
musulmans.
Mais les descendants des fiers Varègues
auraient-ils intégré ce fléau et se contenteraient-ils pour tout combat identitaire de
hisser le pavillon national quand ils arrivent dans leur maison de campagne ?
D’ailleurs victimes de leurs divisions,
aucun des petits partis identitaires n’a
LE RÉSULTAT des élections du
17 septembre en Suède constitue-til comme l’ont dit tant de media un
« virage historique » ? Certes pas. D’abord
parce que la victoire de la coalition des
droites contre le bloc des gauches n’a été
acquise que par 2 points (48,1 % des voix
contre 46,2 % pour les sociaux-démocrates du Premier ministre sortant Göran
Persson associés aux Verts). Ensuite parce
que ces droites l’avaient déjà emporté en
1976 puis en 1991, sans parvenir à se
maintenir au pouvoir et qu’il en ira peutêtre encore de même cette fois. Enfin,
peut-on parler de “droites” ?
DES MODÉRÉS TRÈS…
MODÉRÉS
Certes, avec 26,1 % des suffrages
(+ 10,9 % par rapport à 2002), le parti
Moderatna (conservateur) domine ses
alliés centristes et démo-chrétiens dont il
sera ainsi moins dépendant. Mais son jeune
président (41 ans) Fredrik Reinfeldt, s’il
fut ultra-libéral à ses débuts en politique,
n’a rien d’un homme de droite. Non
content de tirer les conservateurs vers le
centre-gauche, il avait tout au long de la
campagne électorale célébré l’Etat-providence et même qualifié sa formation de
« nouveau parti du travail ». Clone de
Tony Blair qui avait lancé le New Labour
pour se démarquer des dinosaures travaillistes, Reinfeldt se veut le leader des
« nouveaux conservateurs », répétant sa
volonté de baisser certes les charges patronales, mais avant tout pour favoriser l’emploi des jeunes et les immigrés (12 % des
“Suédois” à l’heure actuelle sont nés à
l’étranger), les catégories les plus touchées
par le chômage — dont le taux est très
bas : 5,7 % de la population active, au
moins officiellement.
Mais pour le chef du Moderatna, et sur ce
point on ne lui donnera pas tort, ce taux est
totalement illusoire. 17 % de la population
seraient en effet « sur le bord de la route
réussi à franchir la barre des 4 % permettant d’accéder au Parlement.
DE STOCKHOLM A OSLO
Au contraire de ce qui s’est passé au
Danemark où le Folkepartiet de Pia Kjaersgaard, fort d’un poids électoral de 12,6 %
des voix, a réussi à faire
prendre des mesures
dissuasives contre l’immigration. Et de ce qui
pourrait se produire prochainement en Norvège
où les “populistes” du
Parti du Progrès (FrP),
qui avaient raflé 22 %
des suffrages aux législatives de septembre
2005, sont désormais crédités de 30 à 35 %
d’intentions de vote. Devant le parti travailliste au pouvoir.
Rallié à un Etat-Providence que lui aussi
flétrissait auparavant, le FrP dirigé par une
jeune femme, Siv Jensen, depuis le retrtait
de son charismatique fondateur Carl Ivar
Hagen, diffère toutefois essentiellement
sur un point du parti conservateur suédois :
il entend réserver la richesse nationale
(185 milliards d’euros) en priorité aux
nationaux. Encore que Hagen ait toujours
refusé avec hauteur toute assimilation à un
Jean-Marie Le Pen grotesquement diabolisé par la presse scandinave, attitude imitée par ses successeurs qui proclament
« n’avoir rien à voir avec le Front national », il ne s’est jamais gêné pour dénoncer la « criminalité étrangère » et mettre
en doute « la loyauté des immigrés nommés à des postes de responsabilité ».
Quant à Fru Jensen, elle stigmatise « la
naïveté qui a conduit à importer de la criminalité plutôt que d’aider ceux qui ont
besoin d’être secourus ».
Le tout est de savoir, évidemment, si, au
pouvoir, le FrP continuerait à tenir le même
langage. Et à agir en conséquence.
Jacques LANGLOIS.
SUÈDE : la victoire d’un clone de Tony Blair
QUE VEUT
RÉELLEMENT BUSH ?
Une semaine après avoir dit qu’il ne
pourrait « pas envoyer des milliers de soldats au
Pakistan à la recherche de Ben Laden sans l’invitation du gouvernement pakistanais » car « le
Pakistan est un pays souverain », George
W. Bush a déclaré le 20 septembre à la
chaîne de télévision CNN qu’il engagerait
« une action militaire au Pakistan si des renseignements indiquaient qu’Oussama Ben Laden ou
d’autres dirigeants terroristes s’y cachaient ». Une
telle opération est-elle envisageable à l’intérieur des frontières pakistanaises, a insisté
le journaliste de CNN, croyant avoir mal
entendu ? Réponse du président américain : “Absolument.”
Un girouettisme plutôt inquiétant de la
part du dirigeant de l’Hyperpuissance…|
A moins évidemment que Bush parle pour
ne rien dire, convaincu qu’il est que
Ben Laden n’est plus de ce monde, comme
l’a annoncé la presse française le 23 septembre à la suite d’une fuite de la DGSE
indiquant que le chef nominal de la nébuleuse Al Qaïda était mort de maladie au
printemps dernier. Information démentie
quatre jours plus tard de source taliban en
Afghanistan. Mais, pour des raisons
inverses, les fondamentalistes islamistes
n’ont-ils pas autant intérêt que l’administration Bush à entretenir le mythe Oussama pour garder leurs troupes
mobilisées ?
MENACES
CONTRE LE PAPE
Benoît XVI a bien pu se déclarer
« profondément désolé » par l’effet produit dans l’Oumma par ses propos de
Ratisbonne sur l’islam (voir notre dernier n°), il n’en fait pas moins l’objet de
graves menaces. Les forces de police italiennes, qui assurent la sécurité du Vatican, ont renforcé leur présence par
crainte que des sites catholiques à
Rome ne soient pris pour cibles par des
terroristes.
A part ça, le Coran est source de paix
et de tolérance.
Udo Pastörs (ph. New Order) vient de rendre
hommage à Ernst Zündel,
«combattant de la liberté de pensée»
NOS DEUILS
Fervente rivarolienne, dévouée
autant à la cause animale qu’au
Front national dont elle était
bénévole depuis un quart de
siècle, la comtesse Marie-Bernadette de MONSPEY s’est éteinte
le 22 septembre, emportée par
une cruelle maladie. L’évêque
de Moulins — sa ville natale —
ayant refusé qu’un prêtre de la
Fraternité sacerdotale St-Pie X
officie à ses funérailles, ses
obsèques ont eu lieu à Meillers
le 26 septembre, en présence de
Jean-Marie Le Pen. L’équipe de
RIVAROL assure de sa sympathie le comte de Monspey, lui
aussi lecteur fidélissime.
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 12
d’influence et de manipulation des “intellectuels”, financée par la C.I.A. (?).
C’est sur Washington que, pour sa part,
le professeur Patrick J. Hearden, auteur
d’Architects of Globalism, a concentré
son attention. Bien loin du fracas des
champs de bataille européens, à l’ombre
du Capitole et de la Maison-Blanche où
Roosevelt, quoique gravement malade,
poursuit son rêve de rendre le monde
« plus sûr pour la démocratie », les
hommes du Président travaillent sans
relâche. Des comités d’experts, dont il
serait intéressant d’étudier l’origine ethnique de bon nombre des membres,
appointés par la Fondation Rockefeller
ou par les services de renseignements,
issus des brain trusts du Council on
Foreign Relations (CFR) ou des prestigieuses universités de l’Ivy League, ont
reçu du Président la délicate mission de
dessiner le monde de l’après-guerre, nous
dirions aujourd’hui le Nouvel Ordre mondial. Et cela bien avant Pearl Harbor, qui
voit logiquement les warmongers de l’entourage de Roosevelt, survivants
du New Deal, l’emporter définitivement sur la majorité silencieuse isolationniste. Ce Novus
Ordo, faut-il le préciser, est
censé faire coïncider l’établissement de la justice et de la paix
dans le monde, avec la satisfaction des intérêts commerciaux et
financiers US, lesquels dépendent de la
mise en place d’un marché mondial sans
barrières douanières. Il apparaît que
l’hostilité des dirigeants américains visà-vis des expériences fascistes européennes tient tout autant à la volonté de
voir le grand marché européen demeurer
ouvert aux exportations états-uniennes
qu’à celle de promouvoir partout les principes de la Charte de l’Atlantique (1941).
C’est dans cette logique que nous
voyons les hommes du Postwar Planning
refuser de relayer l’offre de paix faite par
Hitler aux Britanniques au lendemain de
la conquête de la Pologne (septembre
1939), posant ainsi le premier jalon de la
funeste politique de l’Unconditional Surrender (capitulation sans conditions), qui
sera définie à Casablanca en 1943, et
dont Montgomery lui-même, en soldat et
vrai gentleman, a montré le caractère
catastrophique en termes de pertes
humaines.
Nous les voyons aussi, par la suite, établir pour chaque pays occupé en Europe
des listes de dirigeants potentiels suffisamment dévoués
aux intérêts de
l’Oncle Sam, qu’il
s’agira ensuite de
mettre sur le devant
de la scène, l’OSS
adjuvante, une fois
la “libération” intervenue.
Les mêmes sont
passés maîtres dans l’art de manipuler les
différents gouvernements en exil — polonais, belge, français et autres — conjointement avec les Soviétiques.
Tout est méticuleusement prévu par nos
bureaucrates : la décolonisation, la “stabilisation” du Proche et de l’ExtrêmeOrient, la réintégration de l’Allemagne
dans la sphère de libre-échange, la mise
en place du système des Nations-Unies,
etc.
Les passages concernant la France sont
particulièrement instructifs : on savait
déjà que le secrétaire d’Etat US Summer
Welles, disciple du président Wilson,
entendait réserver à la France, réputée
nationaliste, belliqueuse et colonialiste,
un sort guère plus favorable que celui qui
serait infligé à l’Allemagne. Elle serait
désarmée, sous haute surveillance, occupée par les Britanniques, et verrait ses
colonies démantelées. On suit dans l’ouvrage de Hearden le revirement tardif des
Américains, conscients des risques d’une
guerre civile et de l’établissement d’une
« République populaire » en France, visà-vis du “gouvernement” de Gaulle, en
qui ils finissent par voir un moindre mal.
Notre anti-américanisme, souvent
appuyé sur des motifs trop exclusivement
sentimentaux, ne peut que gagner à la
lecture du travail à froid, mesuré, riche
en références indéniables, de Hearden, en
ce sens que le combat pour l’indépendance de l’Europe que nous entendons
mener a besoin de s’appuyer sur de tels
ouvrages, propres à développer notre
connaissance de l’histoire contemporaine, et particulièrement celle des
méthodes d’action et des armes de l’ennemi, lesquelles varient peu sur l’essentiel.
Jean-François DEVERDON. _____
Patrick J. Hearden : Architects of Globalism :
Building a New World Order during World
War II, Fayetteville, University of Arkansas
Press, 2002, 418 pages, 33,47 €. Disponible sur
<amazon.fr> ainsi que les autres livres cités.
OCCIDENTALISATION
La Chine commence décidément à
s’occidentaliser furieusement : le tribunal de Guilin vient d’ordonner à un
homme divorcé d’accorder à son exfemme un droit de visite à… leur chien,
dont il avait obtenu la garde après la
séparation (houleuse) des deux conjoints
qui traitaient l’animal « comme leur propre
enfant ».
Certes, Guilin est
l’une des villes les
plus touristiques de la
Chine en raison de la
beauté de son site
(qui n’est pas sans
rappeler la baie
d’Along au Vietnam) et, à ce titre, reçoit
beaucoup d’étrangers. Mais c’est à des
faits divers comme celui-ci qu’on mesure
l’évolution d’un pays. Jusqu’à présent,
les Fils du Ciel aimaient surtout les
chiens en rôti. On ne se plaindra pas du
changement.
“SUPERSOLDIERS”
C’est sous ce titre provocant, mais en
anglais, que les éditions munichoises FZ-Verlag publient leur dernier livre consacré à la
Wehrmacht vue par les « experts étrangers ».
« The best men didn’t win » (Les meilleurs
n’ont pas gagné) titrait ainsi le quotidien canadien The Sun dans un numéro commémoratif de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
« Their Wehrmacht was better than our Army »
(Leur Wehrmacht était meilleure que notre
armée), a renchéri le Britannique Max Hastings, professeur d’histoire militaire à Oxford
dans son livre Armaggedon 1944-1945. Une
opinion partagée par l’historien français Philippe Masson et bien sûr par Benoist-Méchin,
largement cité dans le livre qui reproduit également les éloges décernés aux soldats allemands par François Mitterrand dans son discours du 8 mai 1995 à Berlin, quelques
heures après avoir à tout jamais quitté l’Elysée. Un véritable testament, dont ne tint
aucun compte son successeur.
En annexe, Supersoldiers réserve une surprise : les innombrables timbres émis en
hommage à l’armée allemande par de multiples pays, des îles Marshall à la Gambie, du
Guyana au sultanat d’Oman. Un livre
curieux, abondamment illustré, qui peut
intéresser même les non-germanophones.
J. L. _____
160 pages, 14,90 €. FZ-Verlag, 81238 Munich
(Allemagne) ou <www.fz-verlag.de>.
L’IMAGE d’Epinal du valeureux GI
luttant pour libérer l’Europe des
hordes nazies en 1944-45, si elle
demeure pieusement révérée de ce côtéci de l’Atlantique, est de plus en plus
mise à mal, paradoxalement, par des historiens et universitaires anglo-saxons. On
se prend à rêver lorsqu’on constate avec
quelle liberté, si ce n’est impertinence,
ces scholars prennent plaisir, archives à
l’appui, à déboulonner les icônes de la
« croisade des démocraties » : Churchill,
Roosevelt, Eisenhower… Certes, en
Europe, nous avons eu récemment l’Allemand Jörg Friedrich qui, avec L’Incendie, brillante et émouvante synthèse sur
l’horreur des bombardements alliés sur
l’Allemagne, marche sur les traces de
l’ouvrage pionnier de l’Anglais David
Irving, auteur en 1965 de La destruction
de Dresde, livre suspect depuis que son
auteur croupit pour trois ans au fond des
geôles autrichiennes. Mais c’est au Canadien James Bacque que nous devons les
premiers travaux grand public (Autres
pertes) sur le traitement inhumain infligé — soixante ans
avant Abou Graïb — par les
Alliés aux prisonniers de guerre
de l’Axe, c’est l’Américain J.
Robert Lilly qui, dans La Face
cachée des GIs, a révélé le comportement fréquemment peu correct — c’est le moins que l’on
puisse dire — des soldats US vis-à-vis
des populations autochtones européennes
“libérées” (?), tandis que la Britannique
Saunders confirmait en 2003, avec Qui
mène la danse ? que, dans le sillage de
leurs chars Sherman, les Américains
avaient entrepris dès 1944 la conquête
“culturelle” du continent européen
exsangue, à travers une vaste opération
L’Europe “libérée” par l’Oncle Sam
L’architecte Viollet-leDuc, mort le 17 septembre 1879, continue
aujourd’hui à susciter
bien des débats sur le
bien-fondé de son œuvre.
Peu d’architectes, même
parmi les plus grands,
peuvent se targuer d’un
tel privilège, car leur nom
est la plupart du temps
tombé, souvent injustement, dans l’oubli alors
que celui de Viollet-leDuc nourrit encore les
passions.
Petit-fils d’un entrepreneur parisien ayant
œuvré, entre autres, sur
le chantier de l’Odéon, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc a révélé, dès ses
années de collège, un remarquable don
pour le dessin. Son père, conservateur
des résidences royales, se passionnait
pour Nicolas Boileau, qu’il a réédité, et
avait une très belle bibliothèque, composée en particulier de littérature
médiévale. Il accueillait, dans le salon
familial, Stendhal, Sainte-Beuve, Mérimée. Voilà, pour un adolescent, des fréquentations enrichissantes…
Né en 1814, le jeune Eugène-Emmanuel, sourd aux conseils de ceux qui
lui proposent d’entrer à l’Ecole des
Beaux-Arts, préfère travailler dans
des cabinets d’architecte. Puis, à vingt
et un ans, il décide de parcourir la
France pour voir des édifices prestigieux qu’il ne connaît que par des
références livresques. Ensuite, c’est à
l’appel de l’Italie qu’il répond. Les
œuvres de Bramante mais aussi les
vestiges de l’Antiquité en Campanie le
fascinent. De retour en France, grâce
à Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, il
reçoit mission de restaurer l’abbatiale
de Vézelay. Il a alors vingt-six ans.
Suivent d’autres commandes, tout
aussi prestigieuses : la restauration de
la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame
de Paris, des cathédrales d’Amiens, de
Chartres, de Narbonne, de Reims, de
Sens, de Toulouse, de Troyes. Sans
oublier la basilique de Saint-Denis et
les remparts de la Cité de Carcassonne.
En 1857, Viollet-le-Duc est chargé
par Napoléon III et l’impératrice
Eugénie de restaurer le château de
Pierrefonds. Démantelé sous
Louis XIII (il avait abrité “les Mécontents”, aristocrates en rébellion contre
le roi), le château n’était plus qu’une
ruine. De 1857 à 1870, Viollet-le-Duc
en a fait une construction néogothique (voir ci-dessus), destinée à
être un cadre prestigieux pour la cour
impériale. Il fut et il est encore reproché au restaurateur d’y
avoir pris quelques libertés avec l’authenticité
historique. La même
accusation a été portée
pour d’autres grands travaux de l’architecte. Et
sans doute peut-on lui
faire grief d’avoir fait
œuvre personnelle quand
manquaient des informations sur l’état primitif
de tel ou tel bâtiment.
Mais l’équité oblige à lui
reconnaître le mérite
d’avoir sauvé de la ruine
des pans entiers de notre
patrimoine architectural.
Esprit audacieux — il
voit bien en quoi l’utilisation du fer va
bouleverser les données du travail
architectural — qui s’intéressait avec
compétence aux sciences naturelles, à la
botanique, à la géologie, il s’est fait
beaucoup d’ennemis en dénonçant un
enseignement de l’architecture trop
abstrait, trop académique. D’Antoni
Gaudi à Hector Guimard et à Auguste
Perret, beaucoup d’architectes novateurs venus après lui ont reconnu leur
dette à son égard.
Ecrivain fécond, Viollet-le-Duc a
laissé en particulier deux dictionnaires,
consacrés à l’architecture (10 volumes)
et au mobilier (6 volumes) du Moyen
Age, qui font encore autorité.
Pendant le siège de Paris, en 1870-
1871, il fut un efficace lieutenant-colonel du génie pour l’organisation de la
défense de la ville. Farouchement
opposé à Thiers, il fut élu, en 1874,
conseiller municipal de Montmartre.
R. V.
Viollet-le-Duc, bienfaiteur ou iconoclaste ?
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 17 septembre 1879 :
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 13
« Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler
l’imagination. Tout le reste n’est que
déceptions et fatigues. » Céline. Voyage.
« Cela lui plaisait que la serveuse, en costume du pays, fût drue et saine, rieuse,
avec des fossettes et des cheveux blonds
qui frisaient, indemne de toute complication psychologique. Dans le même ordre
d’idée, il lui parut naturel de commander
une choucroute qu’on servait ici plantureuse et abondamment garnie, avec des
saucisses luisantes et du petit salé d’un
rose innocent. » Simenon. Maigret et les
témoins récalcitrants.
« Ne touchez pas aux affaires de
l’Alsace ! » Louis XVI.
F AISONS un rêve ! un voyage gourmand, un petit tour en France avec
Monsieur Jadis, dans la France des
terroirs et des clochers, si chère à feu
Jean-Pierre Stirbois, celle des Provinces
de l’ancien régime, qui évoquaient si bien
la terre et les peuples… leurs patois, leurs
dialectes, leurs us, coutumes, vins, fromages et spécialités du cru… La France
aux trente-quatre drapeaux et des petits
pays…
Les départements sont d’invention trop
suspecte et trop récente pour avoir donné
quelque nom, quelque recette que ce fût
aux douceurs ! Leurs noms composés,
Maine-et-Loire, Haute-Vienne, DeuxSèvres… manquent trop cruellement de
poésie, et ne semblent suggérer que des
circonscriptions… Ils sentent la politique, la ripoublique, les tripatouillages
électoraux stériles à toute évocation culinaire, c’est-à-dire musicale, puisque la
cuisine, comme le disait Léon Daudet, est
la musique des papilles…
Pas plus de hochepot du Pas-de-Calais,
ni de quiche de Meurthe-et-Moselle que
de beurre dans les nuages pour nous faire
saliver et nous mettre en appétit ; mais
voilà qu’il nous reste et demeure, la
quiche et la bière lorraines, la sole normande, les œufs frits à la gasconne, le
potjeveisch et la carbonade flamands, la
fressure et le joli vin d’Anjou, le baeckeoffe du lundi et la choucroute d’Alsace…
Puisqu’il faut bien prendre notre chemin
des écoliers par un bout, et nous mettre
en route, nous commencerons notre
« Tour de France », en bons compagnons
passants du devoir, par les « Marches de
l’Est » et par l’Alsace qui est, si l’on croit
Doppelmeyer, « la cave à vin, la grange
à blé, le garde-manger des pays environnants », possède sur son sol le plus de
chefs étoilés au Michelin et de recettes
tout autant, en jouissant du privilège
d’avoir son patronyme le mieux placé
dans l’alphabet…
Ecoutez donc et réalisez chez vous ces
recettes… Elles vous raconteront, par le
menu, l’histoire des peuples d’Alsace et
d’Europe…
La Flammekueche : du temps que l’Alsace était une terre d’Empire, les natifs
de la rive gauche du Rhin partageaient
avec les Souabes de nombreuses spécialités de pains, tels le célèbre Bretzel lié
au culte du soleil, le Hefezopf (pain brioché tressé), le Doppelwecken (double
boule au froment), le Lebkuchen (littéralement « pain de vie », pain d’épice) ainsi
que ces sortes de “pizzas” à la crème et
aux oignons que sont le Dünnet, le Feuerreiter ou « Cavalier de feu », plus connu
en Alsace sous le nom de Flammekueche,
c’est à dire « Tarte flambée » ou plus précisément « Tarte aux flammes » puisqu’elle est passée au four à bois très
chaud avant que d’être dégustée de la
même manière, tranchée en triangles que
l’on roule avec les doigts, comme une
crêpe, en buvant un bon p’tit coup de
blanc (muscat d’Alsace ou gewurtztraminer par exemple) bien frais. Voilà une
recette idéale pour notre apéritif automnal…
Le foie gras : cette recette a été inventée au XVIIIe siècle par Jean-Pierre
Clause, cuisinier au service du maréchal
de Contades, gouverneur militaire de
Strasbourg qui la présenta à la cour du roi
Louis XVI où elle connut le succès. Le
foie gras entier est chemisé de farce de
veau et de lard finement haché et cuit en
croûte, mais une recette plus simple et
tout aussi succulente consiste à dénerver
le foie, à le faire mariner une nuit dans un
mélange de sel, poivres, bon vin d’Alsace
(30 cl) et cognac (un petit verre) et à le
cuire au four au bain-marie pendant une
heure à 70° C. Le foie gras est bien
meilleur quand il est dégusté sur le
tard — après cinq, six jours. On peut le
servir en entrée avec des toasts tièdes,
une fine tranche de pain d’épice un peu
sèche, un peu de gelée au vin.
Les oignons entrent dans la composition de très nombreuses recettes alsaciennes comme dans la Flammekueche,
mais aussi dans les tartes appelées Zeewelkueche ou Zewelewai (fond de pâte
brisée remplie d’un appareil de 300 g
d’oignon et de lardons fondus avec 3
œufs battus, 25 cl de lait, 25 cl de crème,
sel, poivre et muscade le tout cuit au four
une demi-heure à 200° C.) et les soupes
(Zeewelsupp).
Soupes fameuses dans la contrée : aux
grenouilles, aux asperges, à la bière, au
potiron et aux escargots (Schneckes), aux
noques, aux cerises, produits dont les
alsaciens sont très friands.
Les poissons d’eau douce qui proviennent des nombreuses rivières vosgiennes,
du Rhin ou des étangs du Sundgau (partie méridionale de l’Alsace, comme son
nom l’indique) participent à quelques
spécialités locales de très bonne facture
telles que la carpe frite dans le Sundgau
ou la Matelote des bateliers du Rhin, à
base d’anguille, de brochet, de sandre, de
perche et de truite coupés en tronçons
cuits avec de l’ail, de l’oignon, des
carottes, poireaux, persil, estragon, thym,
sel et poivre dans 2 litres d’eau bouillante
pour 2 kg de poisson. On s’en régale en
demandant escorte à un riesling bien frais
que l’on servira dans des hock commercialisés sous le nom de « verres du Rhin »
(à pied fin et généralement de couleur
verte) ou des roemer (verres à pieds
courts et renflés, verts également). Ces
poissons peuvent aussi garnir une choucroute, comme celle inventée par l’excellent chef Guy-Pierre Baumann, plat qui
le rendit célèbre quand il officiait dans la
capitale et qui fit couler tellement
d’encre. La choucroute aux trois poissons
est une recette légère à base de produits
nobles tels que le filet de sandre, de saumon, de truite auxquels on peut ajouter
quelques écrevisses que l’on trouve
encore dans les eaux claires et fougueuses des torrents vosgiens, ou celles
si tranquilles du canal de Vauban ou du
Rhône au Rhin qui longent l’Ill.
La choucroute ou Sauer Kraut —
choux aigre — dont la capitale est Krautergersheim, semble connue en Europe
centrale depuis le temps des invasions de
Gengis Khan. C’est le plat préféré de
Mme Maigret, qui est alsacienne, et de
son bonhomme de mari, qui s’en gourmande en buvant de la bière du pays,
dans presque chaque histoire. Elle est
meilleure, me semble-t-il, un peu
réchauffée…
Le poussin de la wantzenau et le
bibelskaes : bibelskaes signifie « Fromage de poussins » (les petites volailles
étaient nourries de céréales et de fromage) que certains auteurs érudits, innocents ou coquins, traduisent par « Fromage de jeune fille ». C’est tout bonnement du fromage blanc servi avec des
pommes sautées, présenté avec des échalotes hachées, ail et ciboule, poivre et sel.
Le poussin de la Wantzenau, alias Wantzenauer mischtkretzerle, alias Grattefumier Wantzenauvien, est un poussin ou
coquelet qui peut être cuit, fourré sous la
peau d’une mixture d’oignon, d’herbes,
de beurre et de cumin, de curry (la route
des épices n’est pas loin qui mène à
Nuremberg, leur terre promise), au four,
ou en cocotte.
Le Baeckeofe, ou potée boulangère,
était d’ordinaire préparé le lundi quand
les ménagères, avant d’aller laver leur
linge sale en communauté, déposaient
dans le four du boulanger, en un moule
adéquat, la pitance de midi faite de fines
rondelles de pommes de terre et d’oignon
baignant dans du vin blanc épicé, avec
des bas morceaux, d’épaule d’agneau,
d’échine de porc et de pieds de cochons.
Excellent plat avec une salade verte au
vinaigre miellé genre Melfor (spécialité
mulhousienne).
Allons, vite un fromage ! Du munster, frais et blanc, ou affiné et olfactif comme
une arme de destruction massive…
Des desserts ! une Tarte aux quetsches,
aux mirabelles, ou tarte Lintz, des
dampfnudles (sortes de beignets au
cœur de fruit ou de confiture) et sept
vins à choisir parmi les sept cépages de
même nom : gewurztraminer, muscat,
pinot, blanc, gris ou noir, sylvaner et les
spécialités de crémants, edelzwicker
(vins bons, issus de mélanges dont le
premier est mousseux). Pour finir, un
bon café accompagné de bredele, de
kouglof ou de fines tranches de berawecka (petits gâteaux sablés, brioche en
couronne et pain aux poires) et d’alcools
blancs aux parfums innombrables et aux
esprits inoubliables, si vous n’en abusez
guère.
Allez ! ‘s isch heechschti zit (Allez ! Il
est grand temps). Salut bisäme ! (Bonjour
tout le monde) et au mois prochain alors !
Au pays de Bonchamps, dans le « Jardin
de France », l’Anjou. Güet, morje geht’s
los !
Franck NICOLLE,
<fn@caralsol.com> _____
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ancien de la Royale ayant gardé « l’Asie
au cœur » (sa première femme, Cambodgienne, fut assassinée par les Khmers
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35 € ou 44 € fco).
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compris lancée par Guillaume Faye reparaît sous le titre Signal d’alarme, « lettre
mensuelle de désintoxication politique et
culturelle ». L’abonnement “découverte”
de 3 n°s : 8 €. Chèque à l’ordre de
SARL Constant Héraut, 5 cours
Dr Damidot, 69100 Villeurbanne.
● Il y a Céline et tous ceux qui ont
croisé sa route, l’ont connu ou écrit sur
lui. En témoigne l’intéressant sommaire
du n° 278 (septembre) du Bulletin Célinien. Avec des évocations d’André Parinaud, Evelyne Pollet, Pierre Monnier,
Antoine Blondin (qui, profitant d’un
compte rendu de livres, cite Paraz dans
France Soir du 31 mai 1974). Originales
aussi les relations amicales et épistolaires
d’Augustin Tuset, directeur de la Santé
dans le Finistère avec Céline mais aussi
Max Jacob et Jean Moulin (BC, BP70,
B-1000 Bruxelles 22).
● « Combien de temps cela pourra-t-il
durer ? » C’est la bonne question que
pose Dominique Venner dans l’éditorial
du n° 26 (septembre-octobre) de la
NRH (6 €, 88 avenue des Ternes,
75017 Paris). Puisque l’ancien titre de
cette revue historique est interdit et que
la NRH doit débourser la somme
(énorme !) de 45 000 euros. D’où un
appel à l’aide d’autant plus justifié que
le thème de ce numéro est un excellent
« Dossier sur l’école » où sont analysées
les causes de la crise actuelle et l’évolution qui a conduit de l’école de Jules
Ferry (peut-être trop idéalisée) à la
« fabrique des crétins » actuelle. A noter
un entretien avec le recteur de la Sorbonne Jean-Robert Pitte sur l’Université,
des articles sur Bainville, Dominique
Aury, Diane et Oswald Mosley.
● Mme Geneviève Maugis (10 rue
Pierre Picard, 75018 Paris) nous prie de
signaler qu’elle possède encore des
exemplaires de son livre-témoignage :
« Mon demi-frère, Robert Brasillach »
(15 € fco), bien accueilli par la critique
lors de sa parution en 1981.
● Les Editions-ACE (BP 21, F-07800
Charmes/Rhône) proposent de nombreuses nouveautés sur leur site
<www.crevetabous.com>.
Quoi de neuf ?
Voyage gourmand dans nos provinces
TABLES D’HÔTE
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de F ranc k NICOL L E dans RIVAROL, vous les retrouverez dans ce
livre, avec de succulentes recettes
de Wilfried Da Costa Oliveira.
Ed. Dualpha, 204 p., 23 €
En vente à nos bureaux (27 € fco)
A lire aussi de Franck NICOLLE :
MOTS ET METS
(165 p., 19,90 € ou 24 € fco)
chèques à Editions des Tuileries.
N° 2779 — 29 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 14
Cinéma
Héros de la semaine dans les salles obscures, des politiciens français corrompus
et des policiers new-yorkais exemplaires.
Il va être question, vous l’aviez sans aucun
doute deviné, de Président de Lionel Delplanque et de World Trade Center d’Oliver Stone.
Une exception culturelle française estelle sur le point de disparaître dans les
poubelles de la petite histoire du cinéma ?
On le sait, nos timorés cinéastes, très en
retard sur leurs confrères américains, ne
s’aventurent pour ainsi dire jamais dans
les coulisses du pouvoir politique (exception notable, Y-a-t-il un Français dans la
salle ? de Mocky ) et encore moins dans
celles de l’Elysée dont le locataire restait
un sujet quasi tabou (sauf dans Le Bon
Plaisir de Francis Girod avec Trintignant
en président fictif encombré d’un enfant
naturel). Les choses commencent à bouger
depuis l’élégiaque Promeneur du Champde-Mars de Guédiguian, avec un Michel
Bouquet impérial en Mitterrand rongé par
sa maladie, et elles ont tendance à s’accélérer dans la perspective des échéances
électorales de 2007. Le cinéma politique,
c’est maintenant tendance !
Président, qui ouvre le bal, nous montre
un chef de l’Etat cynique, manipulateur et
africanophile, interprété avec brio par
Albert Dupontel, dont certains traits de
caractère renvoient de manière plus ou
moins explicite dans les dialogues à trois
présidents de la Ve République : De
Gaulle : « N’oubliez pas que vous parlez à
des veaux » et « Un continent humilié, un
continent martyrisé » (allusion non pas à
l’Europe mais à l’Afrique, natürlich) ; Giscard lorsqu’il affirme à ses collaborateurs
du moment « Vous n’êtes pas le meilleur,
Louis de CONDÉ
VOYAGES
Est-il utile de présenter à nos amis Louis
de Condé ? Sous-lieutenant à la Légion
Etrangère, ami de Bastien-Thiry, il fut de
ceux qui payèrent, par honneur et par fidélité, un lourd tribut à la vindicte gaulliste.
C’est en prison, à Fresnes, dans la cellule
des condamnés à mort en 1965-1966, puis
à la prison du Fort-Thoiras et au cachot de
la Citadelle à Saint-Martin de Ré, en 1967-
1968, qu’il écrivit les
poèmes réunis ici.
Encadré par une préface
signée Alain Sanders et par
une postface de la plume
du colonel Antoine
Argoud, voici donc ce
copieux recueil de quelque
quatre-vingts poèmes. La
facture en est des plus classiques, sonnets, rondeaux, lais et virelais
plus ou moins réguliers, ballades (celle qui
est dédiée au “capitulard” Prince de Broglie
est un petit chef-d’œuvre), quatrains
d’alexandrins ou de décasyllabes — encore
que l’auteur ne dédaigne ni l’impair verlainien, ni les calligrammes dignes d’Apollinaire, ni certaines fantaisies typographiques qui confèrent à l’ouvrage une
variété bien venue.
Tous ces textes, quelle que soit leur
forme, se signalent par la hauteur de l’inspiration. Tous témoignent de la qualité
humaine de Louis de Condé, qu’il aborde
ses voyages antérieurs ou intérieurs, célèbre
Clément Marot (en acrostiche !) ou sa
muse Monica qui deviendra son épouse,
jongle avec les mots à la manière des grands
rhétoriqueurs, chante avec émotion ses
amis disparus, Jean de Brem, Degueldre,
Dovecar, le colonel Bastien-Thiry auquel il
dédie un poème dont la fin vaut d’être
citée :
Soldat tu dois tuer ce juste au fort d’Ivry.
Un sang pur va couler encore
Pour s’unir à jamais aux récents morts d’Isly :
Derrière un drapeau tricolore
En mars de l’an dernier marchaient des Algérois.
Ils sont tombés les bras en croix.
Les douze coups de feu bientôt vont retentir.
Déjà cet homme est un martyr.
P.-L. MOUDENC. _____
334 pages, tirage limité à 1 114 exemplaires, dont
50 sur vergé conquéror numérotés de I à L (90 €)
et 1000 sur vélin blanc numérotés de 1 à 1 000
(30 €). Port : 5 €. Librairie de la Tour (16 rue
de la Source de l’Hôpital 03200 Vichy. <libtour@free.fr>)
R. P. de CHIVRÉ
LA MESSE DE SAINT PIE V
Commentaires
théologiques
et spirituels
Bien plus que des commentaires sur le
Saint Sacrifice, ces conférences théologiques
(1968/70) magnifiant le rite dominicain
d’avant Vatican II constituent un véritable
« traité de vie spirituelle » dont il convient de
ne pas « précipiter la lecture » en raison de « l’effort de méditation » qu’il requiert : sage
conseil de l’abbé Simoulin qui préface la
réédition de l’ouvrage. Du Confiteor à l’Ite
Missa est, le célèbre frère prêcheur explique
et justifie l’intime signification des étapes
successives de la messe tridentine dont l’action première est d’« isoler du péché » les âmes
qui s’ouvrent à la grâce.
L’association créée dans le but « de faire
connaître les écrits et la pensée » du Chouan de
Dieu publie parallèlement une courte biographie de Michel de Chivré dont les origines familiales normandes s’inscrivent dans
une lointaine tradition militaire et
religieuse : dernier de sept enfants — l’aîné
Bernard mourra au champ d’honneur en
1918 —, il naît en 1902 « après cinq calamités » suivant le mot de la vicomtesse sa mère
(cinq filles dont l’une, Geneviève, dotée de
l’indomptable volonté de son frère, sera
pourtant l’ange gardien de trois sœurs psychologiquement diminuées, la quatrième
entrant très tôt au couvent).
Malgré les atteintes cruelles de la maladie,
le frère Bernard-Marie, prêtre de l’Ordre de
saint Dominique, déploiera une énergie
surhumaine dans l’exercice de son apostolat multiple : responsable d’une troupe
scoute, prieur du couvent de Lille, aumônier militaire avec les aviateurs, prieur du
couvent du Havre dont « il restaure la vie
religieuse régulière », il prêche des retraites,
enseigne la doctrine, donne des conseils
théologiques à la revue Itinéraires et
accueillera dans son ermitage de NotreDame du Granit tous les combattants de la
Tradition attachés à perpétuer l’Office
divin de toujours.
Marie-Gabrielle DECOSSAS. _____
222 pages, 22 €. Touraine Micro Edition — Le
Gros Chêne, 37460 Chemillé sur Indrois.
POUR RIRE UN PEU
Un Kossovar débarquant en France
arrête le premier passant : Bonjour, monsieur Français, merci accueillir moi dans beau
pays à vous…
Son interlocuteur l’interrompt : Je ne
suis pas francais, je suis
arabe.
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