ce qui lui donna des idées pour la mosquée
Bleue et autres merveilles ?
Au fil des salles, quelques tapis, des verreries et des porcelaines inspirées des artisans
d’Iznik (Nicée), qui imitaient eux-mêmes les
Chinois, mais surtout d’étonnants tableaux
de Bellini et de Carpaccio, dont les portraits
d’une série de sultans qui, peu soucieux des
directives du Coran, semblent trop heureux
de poser (devant des Infidèles) pour la postérité. Conséquence des unions avec les
esclaves razziées sur tout le pourtour méditerranéen, les deux rives de la mer Noire et
jusqu’en mer d’Irlande, de souverain en souverain les traits turcomans s’estompent ; certains sultans ont l’air de farouches bédouins,
d’autres — Mourad III — sont presque nordiques. Est-ce ce métissage systématique des
élites qui fit de l’Empire « l’homme malade
de l’Europe » et causa finalement sa chute ?
Comme toujours à l’IMA, il n’y a pas foule
et les visiteurs sont quasi exclusivement
européens. Certains parlent anglais,
quelques-uns italien. Mais personne ne s’entretient en arabe ou en turc. Cette indifférence des Néo-Français pour leur culture
Tiens ta femme et tu tiendras la France
T’es cocu Sarko et tout le monde le pense
Dans les tess’on a pris conscience
Qu’on a pas confiance en ta présidence
(…) Sarko, je m’appelle Sarko,
Quand on lui chie dessus,
il aime ça c’est scato
Sado maso, putain de nabot,
Cerveau de facho, va chercher ta go !
(…) La France une pute où Sarko est le mac.
LA PHILOSOPHIE DANS
LE BOUDOIR… DU GYNÉCO
Le 3 novembre, à l’Elysée, notre président
a fait commandeur de la Légion d’honneur
Antoinette Fouque, frénétique fondatrice du
MLF en 1968. Avec cette charmante sarkonnade, Joeystarr sera-t-il le prochain récipiendaire ? Et s’il ne remporte pas dans la foulée
le Grand Prix de poésie de l’Académie française, ce sera à désespérer des Quarante.
D’ailleurs, on taquine beaucoup la plume
chez les rappeurs. Ainsi, frère ennemi de
Starr sur le plan politique puisque lui fréquente l’écurie Sarkozy, Bruno Beausir,
alias Doc Gynéco, a signé à la Foire du
Livre de Brive son premier opus intitulé
« L’homme nature » — sous-titre, en toute
simplicité : « Ma vie, ma philosophie » —
et publié au Rocher. Mme Christine Angot,
écrivaine très vaine de son état et elle aussi
présente à Brive, a-t-elle été emballée par la
philosophie du nouveau Schopenhauer ?
Toujours est-il qu’« elle s’est langoureusement lovée dans les bras de Doc Gynéco
pour un show d’enfer » — cf. Aujourd’hui
en France qui ajoute : « Tout le monde
assure qu’ils sont partis ensemble. » Beausir — mais pas gentilhomme pour autant —
énumère dans le bouquin signé de son nom
(non, je vous épargnerai les facéties sur son
nègre) toutes ses conquêtes féminines passées. La mère Angot figurera-t-elle dans le
prochain ? Et le pire, c’est qu’elle en serait
toute fiérote.
EXTRÊME JEUNESSE,
ULTRA-VIOLENCE
C’est dans la forêt de Tremblay, au nord
de Paris, que le bon roy Henri préférait
chasser, le sanglier plutôt que la poule, au
pot ou pas. Aujourd’hui, c’est un autre genre
de chasse qui s’y pratique : un autobus
municipal, un de plus, a cramé à Tremblayen-France le 5 novembre après que trois
(très) Jeunes y eurent jeté des cocktails
Molotov et gazé le chauffeur, un malheureux Ahmed qui a par miracle échappé aux
flammes. Mais, du coup, 117 lignes de bus
sont coupées dans trois départements de la
couronne, les 450 machinistes des courriers
d’Ile-de-France (CIF) ayant débrayé. Une
catastrophe pour les personnes âgées et les
plus démunis qui, ne possédant (ou ne
volant) pas de voiture ou de moto, n’ont
d’autre moyen que l’autobus pour rejoindre
les stations de RER, souvent lointaines.
Après tant d’autres “incivilités” non pas
dues à l’inconscience ou à un esprit grégaire, comme l’assurent les bonnes âmes,
mais dûment préméditées, le raid de
Tremblay prouve l’implication croissante
des mineurs dans l’extrême violence.
Selon l’Observatoire de la délinquance
présidé par Alain Bauer, conseiller spécial de Sarkozy, près de 54 000 “gamins”
ont été ainsi mis en cause pour atteintes
aux biens pendant le seul premier
semestre 2006, soit 6,4 % de plus qu’en
2005. Leurs domaines de prédilection
étant les vols à l’étalage, les vols violents
sans arme, les destructions et dégradations et les incendies volontaires qui sont
pour près de la moitié (47 %) le fait
d’adolescents.
Si près de 26 600 mineurs ont été mis en
cause du 1er janvier au 30 juin pour des
« atteintes volontaires à l’intégrité physique », soit + 19,3 % par rapport à 2005,
le plus préoccupant est leur participation
à des « violences physiques non crapuleuses ». Autrement dit des « actes gratuits », dont 27,8 % ont été perpétrés par
des adolescents,16 000 d’entre eux ayant
d’ailleurs été interpellés de ce chef. Egalement inquiétante : l’augmentation
(+ 12 %) des violences imputables aux
filles. Le mythe de la Beurette ou de la
studieuse Black qui « en veut » et, au
contraire de ses frères, travaille d’arrache-pied pour sortir de sa cité et s’intégrer a donc du plomb dans l’aile… ce qui
était fatal avec l’explosion des communautés immigrées.
NE PAS CONFONDRE
ORIGINE ET NATIONALITÉ
L’Observatoire, dont on rappellera que le
fondateur Alain Bauer fut Grand Maître du
Grand Orient (et pourrait bien le redevenir
sous peu), se veut toutefois rassurant. Qu’on
se le dise, « la part des étrangers mis en
cause au premier semestre est, quant à elle,
stable depuis plusieurs années », se situant
« autour de 14 % depuis le premier semestre
2000 ». Voilà une constatation bien consolante. Comme l’est celle du garde des
Sceaux Pascal Clément estimant le
5 novembre devant le “Grand jury RTL-Le
Figaro-LCI” qu’il ne faut tout de même pas
faire un fromage autour des « affaires de
guet-apens » tendus à des policiers
puisqu’« elles sont limitées à une dizaine ou
une vingtaine par an ». Autant dire rien. Les
flics apprécieront.
Certes, on ne compte peut-être que 14 %
d’étrangers parmi les terreurs de banlieue
puisqu’elles sont pour la plupart nées françaises par le droit du sol, ou de parents déjà
naturalisés; mais si l’on se penche sur l’origine ethnique des chefs de gangs comme
l’avaient fait en 2005 les Renseignements
généraux dans un fameux rapport qui leur
vaut d’être d’être poursuivis en justice par
SOS-Racisme pour discrimination (2), il en
va cette fois tout autrement : 9 % seulement
des caïds des cités sont des « de souche »,
Gitans compris.
CONTRE LES SAUVAGEONS,
LA MÉTHODE A GIGILLES
En ce qui concerne en tout cas les tabassages d’enseignants, on sera heureux d’apprendre que le ministre de l’Education
national a trouvé la panacée pour les faire
cesser, même s’il a expliqué sa recette
miracle dans un style moins percutant que
sa méthode : « Dans tous les cas où il y a
un responsable de violences, celui qui est
responsable des violences doit supporter
les coûts induits par ces violences… Cela
peut être des salaires d’enseignants qui ne
peuvent plus enseigner… Il est normal que
la facture de ces salaires soit envoyée aux
responsables de violences, c’est une façon
juste et équitable de ne pas faire supporter
par le budget de l’Etat les conséquences
des violences faites par d’éventuels délinquants », a en effet déclaré Gilles
de Robien le 8 novembre à l’issue du
Conseil des ministres.
On aurait toutefois aimé que l’Excellence
précisât comment, dans un pays où les
agents EDF relevant les compteurs ne se
hasardent plus dans les banlieues qu’avant
11 heures du matin, « quand ils dorment
encore », les huissiers de l’Educ’ Nat’ feront
casquer les casseurs de profs. Et comment,
supposé qu’ils y consentent, les sauvageons
acquitteront leur dette : en augmentant la
cadence de leurs deals de shit ?
_____
(1) Ainsi qu’une exposition de bijoux berbères
avec un spectaculaire collier en argent à pendentif en croix gammée (d’une bonne dizaine de centimètres). Prix : 950 euros. Alerte !
(2) Nouvel objectif de SOS-Racisme : la destruction du fichier ELOI recensant les clandestins. Et le pire est que l’assoce pourrait
bien obtenir satisfaction.
Chronique des arts, des lettres et des maîtres
d’origine, dont ils ne cessent pourtant, avec
les encouragements de toutes nos “élites”,
d’exalter la supériorité sur la nôtre, me
frappe une fois de plus de stupeur.
LANG, TAG ET RAP
Sur ma lancée, j’irais bien au Louvre qui a
invité la romancière américaine (et noire)
Toni Morrison, Prix Nobel de littérature en
1993 et deuxième personnalité après Badinter à « porter son regard sur les arts visuels
et leur histoire, à renouveler l’approche des
collections et du palais du Louvre en suscitant le débat culturel », notamment « sur les
évolutions récentes des questions communautaires tant en Europe qu’en Afrique, au
Moyen-Orient et dans les Antilles » (nous
voici assez loin des Taureaux de Khorsabad,
de la Pietà d’Avignon ou des Trois Grâces).
Hélas, Mme Morrison ne commencera que
lundi ses exhibitions.
Retour donc au journal où une dépêche
signale le dernier combat de Ségolène
Royal, cette fois contre les mineurs délinquants : « Ce ne sont pas des gamins de
12 ans qui vont faire la loi dans le pays. Ni
à l’école, ni dans leur famille, ni dans le
quartier », a martialement déclaré à Midi
Libre la fille du colonel (dont, les absents
ayant toujours tort, L’Express vient de brosser un nouveau portrait horrificque, copiécollé d’un article du Monde en juin dernier)
en précisant : « La première, la plus petite
transgression, doit être sanctionnée. Je ne
parle pas de police ou de justice mais de travaux d’intérêt général. Quand on dégrade
une école, un abribus, pour un tag par
exemple, il doit y avoir réparation. »
Quoi, le tag assimilé à une nuisance ?
Qu’en pense Jack Lang dont une autre
dépêche signale qu’il fait officiellement
allégeance à Ségo, avec l’espoir de jouer
« un rôle majeur dans le dispositif de campagne » de la candidate, voire d’être son
Premier ministre au cas où le peuple souverain — ou plutôt le pouvoir
médiatique — catapulterait Mme Royal à
l’Elysée ? L’ancien ministre de la Culture
n’est-il pas en effet celui qui fit du tag un
art à part entière ? Ce que, grâce à lui toujours, devait ensuite devenir le rap, car ce
distingué riverain de la place des Vosges
où flottent encore les ombres de
Mme de Rambouillet et de Mlle de Scudéry se pâmait devant les délicats couplets
de Nique Ta Mère.
Le groupe NTM a vécu mais sa vedette
Didier Morville, alias Joey Starr récemment
rebaptisé Joeystarr, occupe plus que jamais
le devant de la scène. Si elle ne figure pas
sur son CD de crainte de procès, sa dernière
chanson est devenue l’hymne des cités.
Quelques extraits pour vous mettre en appétit ?
La présidence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devait revenir à un Français.
C’était plié, au point que Philippe Douste-Blazy lui-même avait songé à renoncer à sa bonne
ville de Toulouse et au Quai d’Orsay pour se mettre sur les rangs, solidement occupés
depuis des mois par Bernard Kouchner, célébrissime « French Doctor », ancien ministre de
la Santé et ancien gauleiter du Kossovo pour l’OTAN, de plus chaudement soutenu par
Chirac qui n’avait pas hésité à mettre l’avion présidentiel à la disposition du candidat afin
qu’il puisse plus aisément faire campagne et à vanter ses mérites dans toutes les enceintes
internationales où il se rendait — tout récemment encore en Chine.
Est-ce cette insistance qui a déplu ou la personnalité et peut-être l’origine ethnique de
Kouchner ? Toujours est-il que le compagnon de la « reine Christine » (Ockrent) a été éliminé le 6 novembre dès le premier tour de scrutin par d’illustres inconnus, et que c’est finalement la Chinoise Margaret Chan qui a été choisie.
Il paraît que l’ego du cher Bernard en a pris un sale coup. Allons, le prochain président
français, quel qu’il (ou elle) soit, l’en consolera avec un maroquin !
par
Claude LORNE
(Dessins de CHARD.)
OMS : Kouchner malade… de dépit !
RIVAROL.
● Suite page 2.
qu’à Marseille, où elle a réuni entre 72
et 73 % des suffrages, Ségolène Royal
a encore amélioré ce score canon
dans les quartiers Nord… où la plupart
des « nouveaux adhérents » du PS
sont maghrébins. Comme quoi les
Français de souche ne sont pas seuls
à être “indécrottablement antisémites”.
Les Néo-Français pourraient l’être plus
viscéralement encore. Un facteur qu’il
faudra prendre désormais en compte
dans les calculs politiques… et dont
devrait se préoccuper Nicolas Sarkozy.
AUTRE clin d’œil ironique : c’est
dans l’interview accordée à RIVAROL le 7 janvier 2005 et qui lui a été si
hystériquement reprochée car il y parlait de l’occupation allemande dans les
termes qu’avaient employés avant lui
presque tous les historiens de la
période tels Robert Aron, Henri Amouroux, Hervé Le Boterf… et même le
haut commandement britannique (1)
que Jean-Marie Le Pen nous avait
dit sa conviction que les couleurs
socialistes seraient deux ans plus
tard portées par Ségolène Royal.
Prédiction passée inaperçue dans le
vertueux tumulte qui faisait alors
rage (encore qu’à retardement,
puisque c’est seulement le 13 janvier
que le réveilla Le Monde pour sonner le tocsin).
Le président du Front national fondait son analyse sur le fait évident
que Miss Chabichou, comme on la
surnommait avec condescendance
au PS, était une femme ; ce qui,
dans le contexte de féminisation que
traverse l’Occident, constituait un
atout imparable. En effet, dès que la
compagne de François Hollande sortit du bois, tous les media entonnèrent le péan, ce qui s’explique aisément, autant par leur insatiable
appétit de chair fraîche que par la
féminisation galopante des rédactions : tout directeur de journal refusant de succomber aux charmes de
Ségo compte tenu de son arrivisme
et d’une incompétence qui allait se
révéler flagrante sur nombre de dossiers — celui de la Turquie et du
nucléaire iranien entre autres — eût
été catalogué machiste par ses
rédactrices (2).
De plus, comme l’a répété JeanMarie Le Pen le 16 novembre sur
France 2, le physique si “français” de
la candidate, surtout comparé à la
trombine et à l’allure de ses “compétiteurs” PS (et aussi UMP), son origine
familiale, son nom même de Royal ne
pouvaient qu’envoyer des « messages
subliminaux » à ses compatriotes et
dicter leur choix à ceux d’entre les
socialistes qui appartiennent encore à
la France profonde ou en ont la nostalgie et, certes in intimo pectore, sont un
peu excédés de se voir représentés au
festival de Cannes par M. Jamel Debbouze, aux Victoires de la Musique par
les rappeurs congolais du groupe
R I VA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
ce crime contre l’intelligence qu’est la
loi Gayssot. En réalité loi GayssotRocard-Fabius, de même que la loi
Veil est en fait la loi Veil-Chirac-Giscard, puisque c’est le sémillant Laurent
qui, alors président de l’Assemblée
nationale, fit inscrire à l’ordre du jour
du Palais-Bourbon et voter la proposition de loi présentée par l’obscur
député communiste qu’était encore
Jean-Claude Gayssot. Et n’oublions
pas non plus le rôle majeur simultanément tenu par le même Fabius dans la
monstrueuse manipulation de “Carpentras” ainsi que dans la manifestation non moins monstrueuse qui suivit
place de la République, avec égorgement rituel d’un Le Pen en effigie.
« Nos péchés ont de longues
ombres », dit un proverbe anglais sur
lequel M. Fabius et Mme Sinclair
auront désormais tout loisir de méditer,
ainsi que sur cette cruelle ironie qui fait
2030 : la faim du monde ?
Sarkozy à Alger : des visas pour tous
Moyen-Orient, Amérique latine : Bush en échec
Comment Chirac s’accroche à l’Elysée
Spécial 16 pages
N° 2787 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 24/11/2006
N° 2787 du 24 NOVEMBRE 2006
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Une victoire de la “lepénisation des esprits”
«Ces Français, d’indécrottables
antisémites !” C’est ce qu’aurait
dit un avocat “tune” à Laurent
Fabius pour le consoler de son
humiliante défaite face à Ségolène
Royal lors de la primaire socialiste
qu’il n’espérait certes pas gagner,
mais où il ambitionnait du moins de
contraindre la présidente de PoitouCharente à un second tour. Lequel
n’aura donc pas lieu : avec 60,70 %
des suffrages exprimés, l’ancienne
jospinette simplement déléguée à
l’Enseignement scolaire puis à la
Famille a littéralement balayé le
16 novembre et l’ex-« plus jeune
Premier ministre donné à la
France » en 1984 (mais renvoyé en
2006 dans les ténèbres extérieures
avec 18,73 % seulement des voix
socialistes) et l’ancien ministre de
l’Economie et des Finances qui
n’aura guère fait mieux (20,57 %)
malgré sa flatteuse réputation internationale et les doctorats honoris
causa dont l’ont bardé de prestigieuses universités.
On ne pleurera pas sur le mari de
Mme Strauss-Kahn — qui, dit-on,
avait amassé un trésor de guerre,
celui constitué par les colossales
indemnités de départ arrachées à
TF1, pour aider son cher et tendre
et elle-même à accéder à l’Elysée,
éclatante revanche sur ceux qui
avaient ricané sur la « pulpeuse charcutière », ennemie intraitable du Front
national. Et moins encore sur Laurent
Fabius, responsable et coupable, bien
que jamais condamné, de ce crime
d’Etat que fut le scandale du sang
contaminé au virus HIV mais aussi de
(Dessin de CHARD.)
3:HIKMPD=[UXUZ[:?c@h@i@r@k; M 02536 - 2787 - F: 3,05 E
Imprimé en France/Printed in France
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 2
Passi, sur les terrains de foot par Alou
Diarra et en littérature par la nouvelle
Immortelle Assia Djebbar ou par le
Congolais Alain Mabanckou, dernier
lauréat du prix Renaudot.
De manière très symptomatique en
effet, si Ségolène Royal n’a pu passer
la barre des 48 % à Paris où, avec un
DSK à 37,25 %, elle en aurait été
quitte pour un second tour, elle a
dépassé 70 % en Vendée, dans
l’Ariège, en Haute-Marne, dans les
Alpes-de-Haute-Provence, et frôle
même les 84 % en Lozère ! Paradoxalement, ce plébiscite provincial
traduirait-il la « lepénisation des
esprits » redoutée il y a près de
vingt ans maintenant par Robert
Badinter, supporter quant à lui de
DSK ? Force est de reconnaître que
dans son désir d’“écouter” les Français plutôt que de leur ânonner le programme socialiste, la fille du colonel
Royal en est venue à reprendre à son
compte, sans complexes, le programme du… Front national, qu’il
s’agisse du traitement musclé à réserver aux “sauvageons”, de la remise en
ordre de l’Alma Mater ou de la remise
en cause des 35 heures et de la carte
scolaire, etc. au point d’être taxée de
“populisme” par ses adversaires du
PS. Loin de la plomber, ces emprunts
à une « extrême droite » honnie l’ont
grandement servie, et ils la serviront
encore — de même que Sarkozy, lui
aussi “duplicator” d’élite — jusqu’à la
présidentielle.
Et après ? Si la dame en blanc était
battue au printemps prochain après son
éclatante victoire du 16 novembre, elle
deviendrait la pestiférée du PS, immédiatement piétinée par les éléphants (et
la « cause des femmes » en serait
plombée pour un bon bout de temps).
Mais si le malheur voulait qu’elle fût
élue, ne nous faisons aucune illusion.
Oubliant la Lozère, Mme Royal retournerait tel le chien de l’Ecriture à son
vomissement. Déjà, elle a totalement
viré sur le droit au mariage et à l’adoption des “couples” homoxexuels. Ancien
cofondateur de SOS-Racisme, Julien
Dray est son Père Joseph, Jack Lang
son Lancelot et le Frère Rebsamen son
du Guesclin, ce qui augure mal de l’avenir. Et le vote du 16 novembre ne nous
a nullement débarrassés de Fabius et
de Strauss-Kahn. Déjà, escomptant un
fructueux retour d’ascenseur, le premier
a appelé les socialistes « à se rassembler pour battre la droite » et, vendredi
dernier, le second a assuré de sa « disponibilité totale » celle dont, l’avantveille encore sur Europe 1, il flétrissait
la « fin de campagne assez indigne ».
Royal à l’Elysée et DSK à Matignon afin
d’« en finir avec les Français de
souche » (discours de la “Zapatera” à
Vitrolles le 24 mars dernier), voilà ce
que signifierait sans doute un succès
socialiste le 6 mai 2007.
<galic@rivarol.com>. _____
(1) Voir ses “Instructions” aux troupes du
débarquement en Normandie d’avoir à se
« comporter encore mieux » que la Wehrmacht (RIV. du 13/10/06).
(2) Accusation qu’il serait difficile de porter
contre le directeur de RIVAROL… qui
n’avait donc aucune raison de ménager
« lady Nunuche ».
L’abjection :
après Le Pen,
Villiers
S’il s’agit d’une “manipulation” visant
à « abattre un candidat à l’élection présidentielle » comme l’a assuré mardi Philippe de Villiers, elle est effectivement
« odieuse et sordide » puisqu’elle aurait
consisté à convaincre son fils cadet Laurent, 22 ans, de déposer plainte pour abus
sexuels contre son aîné Guillaume,
29 ans. Et à faire savoir (dans Le Parisien du 21 novembre) que celui-ci avait
été mis en examen pour des “viols”
remontant à une quinzaine d’années mais
non prescrits. Après avoir subi une expertise psychiatrique et une confrontation
avec son frère ayant mené à sa mise en
examen, Guillaume de Villiers a retrouvé
la liberté mais sous contrôle judiciaire et
avec interdiction de rencontrer le plaignant — que sa famille assure être “fragile” et familier des « dénonciations
calomnieuses ».
L’affaire d’Outreau aurait dû de plus
inciter à la prudence magistrats et journalistes puisque le mis en examen, marié
et père de trois enfants que l’épisode
risque de perturber cruellement, nie formellement les faits qui lui sont reprochés. De son côté, Philippe de Villiers se
demande si Guillaume, consultant pour
le développement international des entreprises et « travaillant dans
l’intelligence », n’est pas « la cible des
barbouzes du renseignement qui lui
reprochaient de m’avoir fourni des documents pour mon livre Les Mosquées de
Roissy ».
Ce coup de théâtre est intervenu alors
que, selon l’ancien député Robert Spieler, président de « Strasbourg d’abord »,
qui disait le tenir « de la bouche du cheval », Philippe de Villiers envisageait de
renoncer à concourir pour la Présidentielle. Le chef du MPF avait tout misé en
effet sur le fait que Jean-Marie Le Pen
n’aurait pas ses signatures alors que les
obtenir ne serait pour lui, président de
conseil général, qu’une formalité. Or, il
n’aurait réuni que 300 promesses de parrainage. Ecœuré par le faible retentissement de sa campagne dans l’opinion et sa
stagnation dans les sondages (2 à 3 %), il
aurait donc annulé une très importante
réunion électorale prévue de longue date
à Strasbourg où son représentant Jacques
Kotoujansky avait appelé le 5 octobre
dernier les électeurs du Bas-Rhin à se
mobiliser pour la « conquête du pouvoir
par la droite nationale ». Cette conquête,
écrivait M. Kotoujansky, « Jean-Marie
Le Pen en avait les opportunités ! Mais
il les a gâchées, et nombre de dirigeants
du Front National avec lui, par cette
manie incompréhensible de vouloir
réécrire l’histoire de la Seconde Guerre
mondiale — sur fond d’antisémitisme
absurde et obsessionnel — qui a rendu
toute parole de lui sur la cause nationale,
même sensée, définitivement inaudible
pour l’immense majorité des Français. »
A Paris, en revanche, est toujours maintenue à notre connaissance la Grande
Fête des jeunes Patriotes organisée
samedi sur un bateau-mouche par le MPF
qui la réserve « exclusivement au moins
de 35 ans » et au cours de laquelle Philippe de Villiers doit prononcer un
« important discours ». Nul doute qu’il
s’y expliquera sur la
manipulation dont
Guillaume et par ricochet
lui-même sont victimes (1). Mais si le mensonge est avéré, cela
prouvera, après les montages aussi ignobles dont
fut la cible Jean-Marie
Le Pen (affaire Demarquet, affaire Pierrette,
affaire de la torture « avec un poignard
de Hitlerjugend », etc.), que tout, y compris l’abjection, est décidément permis
contre tout ce qui s’apparente de près ou
de loin à la droite nationale.
J. L. _____
(1) Un « grand meeting » est d’autre part
annoncé à Sorgues (salle des Fêtes, 20 h) pour
le 28 novembre avec Villiers et J. Bompard.
METZ : PROJECTIONS
DE HAINE
CONTRE LE FN
« Le porc est à Metz (…) stoppons les fachos
par tous les moyens nécessaires, pas de quartier
pour les nazis. » L’intitulé d’un tract gauchogroupusculesque était évocateur ! Pour les
700 participants venus paisiblement soutenir le présidentiable JMLP à la Foire
Internationale de Metz, lors d’un banquet
patriotique, le début de fête s’est transformé en lynchage politique. Une bonne
centaine de “gauches” haineux (composés
majoritairement d’allogènes et de petits
collabos indigènes…) les attendaient,
maîtres du terrain, en pleine répétition de
lutte des classes (des races ?). Arlette la
rouge étant à Metz, ceci explique cela !
Ces prédateurs ont, en toute impunité,
tenté de décourager les gens à coups d’insultes, d’intimidations physiques —
entrave à la liberté de circulation —, jets
de canettes de bière, de pierres, etc. Un
père tenant sa fille dans ses bras a reçu
une bouteille de verre en pleine tête ! Le
DPS a été empêché par la police nationale
(aux ordres…) de protéger nos compatriotes contre ces nervis. L’intervention de
Bruno Bilde, conseiller régional FN de
Lorraine, et de Louis Aliot, secrétaire
général du FN, auprès du sous-préfet de
Metz-Campagne n’a rien changé.
La veille à l’occasion du 20e anniversaire
de l’association pro-vie, SOS Tout-petits,
le docteur Dor et ses amis avaient été pris
pour cible dans leur prière contre l’avortement, à Nancy, face à l’évêché, par des
Jeunes… Liberté chérie, décidément,
quand tu nous tiens !
J. D.
DIEUDO PROPHÈTE…
DE MALHEUR ?
Diversement appréciée des militants
lepénistes dont certains l’ont encore sur
l’estomac — telle Marine Le Pen s’étonnant de la venue de ce « communautariste
convaincu » et « d’extrême gauche » qui « a été
un adversaire acharné du FN vis-à-vis duquel il
a eu des mots très durs », la visite de Dieudonné aux BBR le 11 novembre n’en finit
pas de susciter commentaires et controverses sur les sites Internet, spécialement
ceux animés par des Africains comme
<grioo.com> qui a demandé au comique de
s’expliquer. Réponse de “Dieudo” :
« N’étant plus candidat à la présidentielle faute
de pouvoir réunir les 500 signatures, j’ai besoin
d’observer, de rencontrer toutes les formations
pour voir quels sont les moyens mis en œuvre. J’ai
prévu d’aller voir tout le monde, notamment Bayrou et Chevènement. Alors il y a une diabolisation qui touche Jean-Marie Le Pen et je suis sensible à ce genre de diabolisation médiatique, ayant
été l’axe du mal à moi tout seul pendant plusieurs
mois… Aujourd’hui la réalité est toute différente
et d’ailleurs le fait que Jean-Marie Le Pen soit
présent au second tour des élections présidentielles
la dernière fois et que tout le monde le donne présent cette année encore, ça me fait dire que c’est
intéressant de voir ce qui se passe. A aucun
moment ce n’est un appel au vote pour JeanMarie Le Pen, mais je regarde, j’observe. » Et
ce que M’Bala M’Bala observe, c’est « un grand changement de direction » : « Le discours
de Le Pen aujourd’hui est beaucoup plus soft, et
d’ailleurs plus souple sur les immigrés que celui
de Sarkozy qui, lui, aime se faire prendre en
photo à côté des avions d’expulsés. » Autre avantage du président du Front
national selon l’ancien adversaire de MarieFrance Stirbois aux élections législatives à
Dreux : « Jean-Marie le Pen peut révolutionner la République puisqu’il serait un président qui ne
peut pas gouverner car n’ayant pas de majorité, il
n’a pas un seul député à l’Assemblée. Comme nous
sommes dans un régime parlementaire, nous aurions
des élections législatives ensuite qui seraient passionnantes puisque là toutes les cartes seraient redistribuées et on irait vers une Sixième Constitution. C’est
une stratégie que j’entends un peu partout, et dans
les milieux altermondialistes d’extrême gauche. Je
la trouve intéressante mais pour cela il faut créer
des ponts et discuter, voir la demande et… Pourquoi pas ? En tout cas voir, comment ça se passe et
peut-être que Jean-Marie Le Pen aujourd’hui est
capable de se couper d’une base radicale réputée
raciste pour envisager une main tendue à l’extrême
gauche, c’était cela tout le discours de Valmy donc
je pense que ça peut créer les conditions d’un séisme
politique et prérévolutionnaire. »
LE MYSTÈRE ATTAL
Anthony Attal, président de la Ligue
de défense juive, s’est-il réellement
rendu aux BBR ? La rumeur, apparemment répandue par Me Wallerand
de Saint-Just, en a couru, reprise notamment par Le Monde (voir notre dernier
n°) mais la presse communautaire n’en
a pas fait état. Et Attal lui-même a
démenti formellement : « Je ne me suis pas
rendu à cette manifestation. D’abord parce que
je faisais shabbat et ensuite parce que c’est un
parti qui considère l’existence des chambres à
gaz comme un détail de l’histoire de la seconde
guerre mondiale », faisait-il savoir, tandis
que son avocat Lev Forster parlait
« d’une manipulation orchestrée par le FN » afin de faire contrepoids à la visite de
Dieudonné.
BERNIE DÉCLARE
“LA GUERRE”
A JEAN-MARIE
Interrogée par Le Nouvel Obs’, Bernadette
Chirac ne se contente pas d’espérer un
troisième mandat de son époux à l’Elysée
car « cinq ans, c’est très court » (mais qu’a
donc fait Chirac Premier ministre puis
président depuis 1995 ?) ni de déclarer :
« Dès que mon mari aura annoncé sa décision,
quelle qu’elle soit, je serai en
campagne ». Elle a aussi
lancé à la journaliste
Carole Barjon : « Guerre à
Le Pen, oui, guerre à
Le Pen ! » en « levant le poing, au souvenir funeste du 21 avril
2002 ». Une loyauté absolue est
certes chose précieuse dans un couple.
Mais la première dame de France n’outrepasse-t-elle pas ses attributions ?
SUITE DE L’EDITORIAL
Un document, dont RIVAROL avait fait état il y a deux ans déjà, circule à nouveau
beaucoup à Paris depuis la victoire de la “Zapatera” à la primaire socialiste : il concerne
la société civile immobilière La Sapinière (RCS Paris D 377 552 955. Siret :
377552955000025) dont les gérants sont « M. HOLLANDE François » et « Mme ROYAL
Marie-Ségolène ». Créée en janvier 2000 et ayant pour siège social le 28 avenue Duquesne
à Paris 7e, cette SCI a comme activité la « location d’autres biens immobiliers » et elle est dotée
d’un capital social de près d’un million d’euros (914 694,01 exactement), ce qui n’est
pas rien, même avec l’explosion des prix de l’immobilier.
Selon nos informateurs, l’immeuble (ancien) de l’avenue Duquesne aurait été acheté
par le couple pour un montant fort élevé vu le quartier, proche de l’Ecole militaire. Les
nouveaux propriétaires firent rénover les lieux à grands frais et obtinrent par miracle le
départ des locataires, dont des personnes âgées payant un loyer régi par la loi de 1948.
François et Marie-Ségolène ont longtemps occupé le deuxième étage (aujourd’hui vide)
et ils auraient acquis dans le même et prestigieux arrondissement de Paris deux autres
immeubles dont les appartements sont également mis en location, à des tarifs les réservant aux cadres supérieurs.
Ces logements verront-ils prochainement intervenir le groupe d’agitateurs gauchistes
Jeudi-Noir, qui s’invite et fait du barouf lors de la visite d’appartements au loyer jugé
excessif ?
Rappelant cruellement le credo de François Hollande (« Moi, je n’aime pas les riches ») formulé le 11 juin dernier sur France 2 où le premier secrétaire du PS était opposé à Michèle
Alliot-Marie, certains sites Internet d’extrême gauche ironisent déjà, tel Indymedia, sur
cette « gauche caviar qui sent le sapin ». Une campagne, reprise par l’UMP, qui pourrait enfler,
et peut-être se révéler dévastatrice pour la candidate (également copropriétaire avec François d’une superbe résidence dans les Alpes-Maritimes), dans les mois à venir.
Hollande-Royal : “La propriété, c’est le vol” ?
C’est à li re
LES sondages ne s’étaient pas trompés. Ségolène Royal a triomphalement gagné, dès le premier tour de
scrutin, le 16 novembre au soir, la primaire
au Parti socialiste avec 60,70 % des voix
contre 20,57 % pour Dominique StraussKahn et 18,73 % pour Laurent Fabius. Le
résultat est d’autant plus impressionnant
que la participation a été de 82 % dans les
quelque 4 200 sections locales du PS.
réunissant 220 000 adhérents. Sauf énorme
surprise, et vu l’état de la droite, tout laisse
désormais à penser que Royal sera le
sixième président de la Ve République.
CONTESTATION
GRANDISSANTE A L’UMP
Même si après ce quasi-plébiscite, les
socialistes ne sont pas à l’abri de nouvelles
chamailleries, leur situation est en effet
objectivement beaucoup plus enviable que
celle qui prévaut au sein de l’UMP. Le
conseil national du parti majoritaire, le
16 novembre, a montré de manière spectaculaire que les chiraquiens feront tout pour
empoisonner la campagne de Nicolas Sarkozy. Si les quelque 2 000 participants ont
massivement approuvé une liste de 535 candidats pour les législatives, dont 35 % de
femmes, et si, à hauteur de 92,1 %, ils ont
donné mandat à la commission du projet de
l’UMP de rédiger le texte définitif du programme de gouvernement (dans lequel figurent en toutes lettres le contrat d’union
homosexuelle et le concept sarkoziste d’immigration choisie, — où en est la droite
régimiste en 2006 ?), Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie ont une nouvelle fois fait entendre leur différence avec
le président de l’UMP. Les travaux du
conseil ont en effet donné lieu à une nouvelle passe d’armes entre le ministre de la
Défense et son collègue de l’Intérieur.
Michèle Alliot-Marie, dont le discours a
été ponctué par beaucoup plus de sifflets et
de huées que d’applaudissements, ce dont
elle s’est plainte dans une lettre vigoureuse
à Sarko, avait ainsi pris le contre-pied du
président de l’UMP sur les institutions et la
notion de « discrimination positive ». Elle
l’avait également accusé à demi-mot
d’avoir “braqué” les Jeunes en parlant de “racailles”. Quant au Premier ministre, il
s’est publiquement opposé à l’organisation
de primaires au sein de l’UMP. Façon de
dire qu’il s’affranchira, s’il est finalement
candidat, du processus de désignation
interne par les militants. Nicolas Sarkozy,
manifestement exaspéré (son extrême nervosité finira par lui jouer des tours : c’est
sans doute ce qu’espèrent les chiraquiens),
a répliqué qu’il n’avait pas l’intention de
changer de discours sur le rôle du président
de la République ou la délinquance juvénile.
Il a également défendu l’idée de « s’attaquer aux injustices » en aidant “davantage”
ceux qui sont victimes de (prétendues) discriminations ou seraient défavorisés du fait
de la couleur de leur peau et de leur situaN° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 3
tion économique et sociale. Un discours qui
devrait ouvrir les yeux des électeurs de
droite s’ils n’avaient pas pour la plupart
d’entre eux un tel manque de lucidité politique qu’ils ont successivement plébiscité
depuis un demi-siècle des imposteurs
comme De Gaulle, Pompidou, Giscard,
Mitterrand et Chirac.
Très applaudi à plusieurs reprises par une
assistance largement acquise à sa probable
candidature à la présidentielle, le ministre
de l’Intérieur a ironisé un peu plus tard sur
l’accueil réservé à Michèle Alliot-Marie,
qui laisse planer un doute sur ses propres
intentions pour 2007. « La réaction de la
salle (...) était sans ambiguïté », a-t-il dit à
des journalistes. Et d’ajouter cruellement :
« Peut-être que Michèle Alliot-Marie voulait mesurer sa popularité dans le parti.
C’est un lancement de campagne réussi ! »
Sarko a eu beau assurer que « tout le
monde » sera nécessaire, au sein de l’UMP,
pour assurer la victoire en 2007, l’incident
a fait grincer des dents parmi les fidèles de
l’Elyséen. Le président de l’Assemblée
nationale, Jean-Louis Debré, qui ne manque
pas une occasion de tacler “l’usurpateur”, a
ainsi jugé “inadmissible” qu’on ait « organisé des sifflets et des hurlements contre
Michèle Alliot-Marie » car « quand on veut
rassembler toute une famille, on doit à tous
les niveaux de la hiérarchie du mouvement
montrer qu’on est un rassembleur », a
ajouté le maire d’Evreux.
Le titulaire du “Perchoir”, qui n’avait pas
prévu de participer au conseil national, a
expliqué être venu exprès après avoir été
informé par la radio des manifestations hostiles au ministre de la Défense. Quant au
député Patrick Ollier, conjoint de MAM, il
s’est demandé s’il était possible de
« débattre au sein de l’UMP » et a jugé “discourtoise” la réponse de son président.
Enfin, le chiraco-villepiniste François Goulard affirme, dans Le Parisien du
20 novembre, que « Sarkozy est incapable
d’admettre un avis différent du sien. Il se
bloque dès qu’une autre voix se fait
entendre. Immédiatement, on la dénigre et
on la fait passer comme un élément de division ». Et le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche d’étriller
« le programme attrape-tout pour ne pas
dire attrape-nigaud » de l’UMP et de pronostiquer que « s’il y a une autre candidature (de la majorité), elle sera forcément
externe à l’UMP. »
VERS UNE CINQUIÈME
CANDIDATURE DE CHIRAC ?
Sans surprise, Dominique de Villepin
est venu à son tour plaider pour la liberté
de parole et la diversité au sein du parti
majoritaire au Parlement. « Le moment
est-il venu de figer les choses ? » a feint
de s’interroger le Premier ministre. « Il
est impératif de poursuivre le débat. Il est
impératif d’aller toujours plus loin dans
nos propositions (…) Aucune prise de
parole n’est illégitime, aucune position
n’est dissidente dès lors que nous obéissons ensemble à une règle claire : formuler des propositions utiles et constructives, faire gagner celui ou celle qui sera
le mieux placé le moment venu. »
L’objectif des chiraquiens est clair : il
s’agit par tous les moyens de déstabiliser
le ministre de l’Intérieur. Quand MAM et
Villepin sonnent la charge contre Sarko,
Bernadette, elle, confie au Nouvel Observateur que l’heure de l’après-Chirac n’a
pas encore sonné et que son époux ira siéger au Conseil constitutionnel, mais
« dans cinq ans ». Façon de dire que l’actuel chef de l’Etat non seulement sera
candidat une cinquième fois à l’électionreine de la Ve République mais qu’il sera
réélu. S’il s’agit d’une forfanterie, il est
manifeste que le président de la République prend plaisir à entretenir le doute.
Il refuse de fermer la porte à une candidature et a même affirmé dans une interview au Figaro, fin octobre, que tout restait possible. Et il a dit à plusieurs
reprises qu’il prendrait sa décision au
cours du premier trimestre 2007. Son
entourage parle volontiers du mois de
mars, soit le plus tard possible, quelques
jours seulement avant le dépôt légal des
candidatures au Conseil constitutionnel.
LA DÉSTABILISATION ORGANISÉE DE L’“USURPATEUR”
Ces déclarations n’interviennent pas à
n’importe quel moment. Depuis plusieurs
semaines, de petites phrases en allusions,
la Chiraquie reprend du poil de la bête.
Et titille celui qui revendique le titre de
champion incontestable de la majorité
lors de la présidentielle : Nicolas Sarkozy, rarement nommé, toujours visé. A
Colombey-Les-Deux-Eglises, où le
ministre de l’Intérieur n’était pas présent
lors de l’inauguration d’un mémorial
dédié à De Gaulle, le chef de l’Etat a délivré une petite leçon de gaullisme en mettant en garde ceux qui voudraient “brader” les institutions (voir notre dernier
n°). A Amiens, dans un quartier sensible,
où il effectuait une visite mi-novembre,
Jacques Chirac s’est offert un bain de
foule. Une manière de montrer sa capacité à aller dans les cités, où le ministre
de l’Intérieur a du mal à se rendre sans
risquer de provoquer une
émeute, la population allogène semblant le détester plus
encore que Jean-Marie Le Pen
qui, soit dit en passant, se
montra remarquable face à
François Bayrou dans l’émission d’Arlette Chabot, A vous de juger, le
16 novembre sur France 2.
Depuis quelques semaines, les proches
du chef de l’Etat ont aussi pris l’initiative
de critiquer systématiquement le président de l’UMP et d’attaquer vigoureusement ses thèmes de campagne et le calenDe la voie Royal à l’impasse Sarko
Interrogé le 14 juillet 2001 sur les dépenses en liquide liées à ses billets d’avion, Jacques
Chirac avait dit des sommes incriminées qu’elles faisaient “pschitt”. En revanche, s’il est un
budget qui ne fait pas pschitt, c’est bien celui de l’Elysée sous la présidence du Corrézien
puisqu’il a été multiplié par neuf. Officiellement de 32 millions d’euros, les dépenses réelles
de l’Elysée approcheraient les 90 millions.
Le député socialiste de l’Aisne René Dosière, qui n’a curieusement pas été réinvesti par la
rue de Solferino pour les prochaines législatives (craindrait-on qu’il ne s’intéressât d’aussi
près aux menus plaisirs d’une présidente nommée Royal ?), a patiemment étudié les
dépenses élyséennes et il y a trouvé nombre d’incongruités. Il s’interroge ainsi sur « les 37
gendarmes qui surveillent jour et nuit la propriété privée du chef de l’Etat en Corrèze, où il ne séjourne
jamais ». Et il reste beaucoup de zones d’ombres : « Il existe 142 personnes qui travaillent pour
l’Elysée et dont on ignore — encore — qui les rémunère. » Autre anomalie : sur les 957 personnes en
poste à l’Elysée, 91 seulement sont rémunérées sur le budget de la présidence de la République. Les autres (866) sont des personnels mis à disposition par les cabinets ministériels
mais il est quasiment impossible d’en identifier avec précision le nombre et le coût par
ministère. Comment se fait-il par ailleurs que le ministère de l’Outre-mer verse 300 000
euros pour les frais de voyage du chef de l’Etat dans les départements et territoires ultramarins ?
Bref, Chirac à l’Elysée se comporte de la même façon qu’il l’a toujours fait partout où il
est passé : au conseil général de Corrèze, à Matignon, à l’hôtel de ville de Paris. Il dépense
sans compter et sans aucune transparence les deniers publics. La rigueur et les économies,
c’est bon pour les autres. Mais sûrement pas pour le clan Chirac qui, du château de Bity
aux palaces cinq étoiles avec suite présidentielle à l’île Maurice, aura toujours affiché un
rapport malsain et insolent à l’argent. Et, qui pis est, à l’argent public.
drier de désignation du candidat. Dominique de Villepin a dénigré la “rupture”
sarkozyste en lui opposant la continuité
chiraquienne : « Les Français n’ont pas
besoin d’une thérapie de choc pour réussir la mondialisation. Ils ont besoin de
persévérance… de savoir où ils vont », a
ainsi déclaré le chef du gouvernement qui
n’a toujours pas renoncé à briguer au dernier moment la magistrature suprême, si
la cote de son numéro deux pâlit.
Le Premier ministre confie même espérer que Jean-Marie Le Pen n’aura pas ses
500 parrainages pour pouvoir se lancer
sans risques dans la
course à l’Elysée. Quant à
Michèle Alliot-Marie, elle
ne renonce pas non plus à
l’idée de concourir à la
présidentielle : « Je m’exprimerai sur ma candidature au début de l’année
prochaine » répète-t-elle, faisant ainsi fi
du calendrier de l’UMP qui fixe le 5
décembre comme date-butoir pour se
porter candidat à l’Elysée.
VERS UN 21-AVRIL
A L’ENVERS ?
La question se pose évidemment de
savoir s’il s’agit là, pour les numéros un
et trois du gouvernement, de préparer
réellement leur propre candidature ou
bien plutôt de déblayer le terrain pour
celle de Jacques Chirac. Ce qui est certain, c’est que la Chiraquie parie sur une
défaite du président du conseil général
des Hauts-de-Seine. Chirac préférerait de
beaucoup que Royal lui succède. Il s’agit
donc de rendre la vie impossible à Sarko
qui doit se demander s’il doit quitter le
gouvernement ou y rester, quitter ou garder la tête de l’UMP, une fois qu’il se sera
déclaré officiellement candidat.
Bref, la machine à perdre est relancée à
droite de l’échiquier politique. Ce qui
pourrait ouvrir la voie à un 21-Avril à
l’envers. C’est précisément ce que craint
le sarkoziste Brice Hortefeux, par ailleurs
ministre délégué aux Collectivités territoriales, qui, invité le 19 novembre du
Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien, évoquait avec angoisse « le danger
d’un face-à-face Royal-Le Pen au second
tour » de la présidentielle.
Perspective en effet très plausible si
l’atomisation des candidatures se poursuit d’ici au printemps prochain. Un scénario en forme de véritable séisme politique, qui déstabiliserait durablement la
droite parlementaire, sonnerait le glas de
quarante ans de chiraquisme et marquerait la spectaculaire revanche des droites
nationale et radicale sur le courant gaulliste qui est depuis plus d’un demi-siècle
leur pire ennemi.
Jérôme BOURBON,
<jeromebourbon@aol.com>.
QUAND DSK (2006) COPIE JMLP (2002)…
…Cela ne lui réussit guère puisque le vote interne au parti socialiste l’a sèchement
éliminé de la course à la candidature. Pourtant, en faisant procéder à la veille de ce
scrutin à un collage intensif de l’affiche ci-dessus — directement inpirée de celle
choisie par Jean-Marie Le Pen pour la campagne présidentielle de 2002 — dans les
très communautaires IXe et Xe arrondissements de Paris, Dominique Strauss-Kahn
espérait bien attirer à lui les suffrages des militants. Eh bien, c’est raté !
Quand Chirac fait exploser
le budget de l’Elysée
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 4
FILS d’un Grand Maître du Grand
Orient très proche de la Chiraquie
(et tragiquement disparu) et
ministre de l’Outre-Mer à quarante ans à
peine, François Baroin se verrait très bien
à la Défense, poste que lui aurait
d’ailleurs promis Nicolas Sarkozy en
échange de son récent ralliement à la candidature du président de l’UMP. Seul
hic : le petit Nicolas a fait déjà de grandes
promesses, y compris à Pierre Lellouche,
son meilleur relais dans la Communauté.
Et c’est également la rue Saint-Dominique que brigue ce fils de modestes restaurateurs juifs, né en 1951 à Tunis et
arrivé cinq ans plus tard en France où il
se vante d’avoir vécu dans la pauvreté, ce
qui ne l’a pas empêché de devenir docteur en droit, diplômé de Harvard… et
conseiller diplomatique de Chirac à
l’Elysée où il affirme avoir été « victime
d’une épuration ethnique » exigée par un
« corps diplomatique
pro-arabe ».
Si, Sarkozy étant élu,
Lellouche décroche
effectivement le portefeuille de la Défense,
qu’en fera-t-il ?
Certes, l’homme peut
être considéré de droite et même à certains égards d’extrême droite. En ce qui
concerne Israël, bien sûr, mais sa franchise sur la France qui crève de l’assistanat et ses attaques (dans son livre « Illusions gauloises », éd. Grasset 2006)
contre « une omerta obstinée » occultant
table, de voir « le fleuve de l’islam
rejoindre le lit de la laïcité », répliquaitil sans nuances : « Je crois, au contraire,
qu’il faut tout faire pour que la rivière de
l’islam se noie dans l’océan de la démocratie et des droits de l’homme. Je suis
d’ailleurs convaincu que l’islamisme
sera vaincu de cette façon : par l’égalité
homme-femme, par la séparation de
l’Eglise et de l’Etat. Nous avons à côté
de nous un grand pays musulman et
laïque qui veut (sic) partager nos
valeurs. Il fait les réformes nécessaires (resic). Nous
serions fous de lui dire
non. Ce serait une erreur
stratégique majeure.
L’objectif de l’Union
n’est pas de fabriquer un
club chrétien ni un club
de riches mais de réunifier l’Europe dans la paix
et la prospérité… Faire
de la Turquie un enjeu de
politique franco-française (…), c’est polluer le débat. Certains jouent avec la
peur : c’est indigne. » (cf. Le Parisien,
25 septembre 2004).
Apparemment, le refus obstiné d’Ankara de se repentir du génocide des
Arméniens et même d’en reconnaître
l’existence ne gêne nullement Lellouche
qui, « pour protéger les Juifs en France
soixante ans après la Shoah », fut l’inspirateur de la loi de 2003, dite Perben I,
réprimant les actes antisémites. Dans le
tome 2 de son Encyclopédie politique,
Emmanuel Ratier précise d’ailleurs que
si Lellouche, gauchiste et tiers-mondiste
jusqu’à ses fréquents séjours en kibboutz,
a rejoint le RPR, c’est parce qu’il a été
séduit par l’« antifascisme de Chirac » et
son opposition rabique au Front national,
dont lui-même demanda l’interdiction
après qu’un colleur d’affiches frontiste
poursuivi par des Comoriens en 1995 à
Marseille eut tiré sur l’un d’eux (ce qu’il
paya d’une longue peine de prison, où il
mourut d’un cancer).
Voici donc l’homme qui joue un rôle clé
dans le dispositif de Sarko pour la prise
de l’Elysée, et qui en sera récompensé
selon ses mérites. Les nationaux qui,
emballés par le discours pseudo-sécuritaire du ministre de l’Intérieur, voteraient
d’aventure pour lui ne pourront pas dire
qu’ils n’étaient pas prévenus. Et qu’ils ne
viennent pas pleurer si, s’alignant sur son
alter ego Lellouche, un Sarkozy président
accélère encore l’entrée du cheval de
Troie ottoman dans l’Europe.
Jacques LANGLOIS.
trotskistes et des altermondialistes (mais
dont se sont exclus tant Lutte ouvrière
que la majorité dirigeante de la LCR), se
prononceront sans équivoque pour Buffet. Le problème, c’est que beaucoup semblent renâcler, eux aussi, devant le choix
de l’ex-ministre de la Jeunesse et des
Sports de Lionel Jospin que les sondages,
il est vrai, ne créditent que de 2 à 3 % des
voix. Manifestement, à gauche de la
gauche aussi l’union est un combat !
QUESTIONS SUR
UNE LIBÉRATION
Agressé le 29 octobre à son domicile de
Nogent-sur-Marne par trois cambrioleurs armés qui avaient auparavant neutralisé sa femme, un commerçant quinquagénaire se battait avec l’un d’eux, un
Guadeloupéen, parvenait à s’emparer du
pistolet du malfrat et tirait sur lui, le
blessant mortellement et provoquant la
fuite de ses complices, deux Maghrébins.
Immédiatement, ce commerçant, René
Dahan, était mis en examen pour
« homicide volontaire » et incarcéré
avant d’être remis en liberté sous
contrôle judiciaire le 10 novembre.
On ne peut que se féliciter de cette
mesure d’équité car il aurait été insupportable qu’un honnête citoyen attaqué
chez lui et défendant son épouse restât
emprisonné pour avoir éliminé le nuisible qui avait envahi sa demeure. Toutefois, le ministre de l’Intérieur serait-il
intervenu en personne auprès de son
collègue garde des Sceaux pour attirer
« très spécialement » son attention sur le
dossier de M. Dahan et obtenir sa libération si celui-ci avait été catholique ou
protestant ? Et le Bureau National de
Vigilance contre l’Antisémitisme auraitil activé ses réseaux au prétexte que le
magasin du commerçant se trouve boulevard Voltaire, non loin de la boutique
où officiait Ilan Halimi, et que le cambriolage aurait donc pu revêtir un caractère antisémite ?
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