serait finalement éteint en 1964, protégé par
le dictateur Stroessner tout récemment disparu (RIV. du 1/9/06).
A l’appui de ses dires, Basti cite les
anciens domestiques d’un homme d’affaires ami d’Hitler (la camériste ainsi que
le jardinier auraient « reconnu au téléphone
la voix » du chancelier) et surtout un rapport ultra-secret du FBI. Seul ennui : les
investigations du Bureau Fédéral étatsunien sont strictement limitées au territoire national, l’OSS devenu la CIA s’occupant de l’étranger. Mais n’importe : les
exemplaires du livre de Basti se vendent
comme des petits pains.
“POUVOIR AUX
BLANCS !”
Le 27 août, les militants du Mouvement
national-socialiste américain se sont rassemblés près du Capitole de l’Etat du
Wisconsin. But de la manifestation : protester contre la politique d’immigration,
trop laxiste, de George W. Bush et surtout la guerre en Irak dont, selon eux, il
faudrait « retirer les troupes américaines pour
les déployer le long de la frontière mexicaine
avec ordre de tirer pour tuer ». Encadrée par
300 policiers, la manif néo-nazie s’est dispersée aux cris de « Pouvoir aux Blancs ! ».
LE CANADA A
L’ÉCOLE…
DU TALMUD
Pour lutter contre l’analphabétisme et
améliorer les résultats scolaires des petits
Occidentaux, va-t-il falloir les soumettre
aux méthodes d’étude talmudique
connues sous le nom hébreu de chevrouta ? Si l’on en croit l’agence de
presse judéo-américaine JTA, ces
méthodes sont en usage depuis deux ans
dans certaines écoles de Toronto, où elles
donneraient toute satisfaction.
Le retour tonitruant
de Jörg Haider
résumée dans l’audition de drones.
C’est en général
dans le calme du
matin ou du soir.
On se pose la question : « Quel est
l’original qui fait sa
séance d’Aéro-club
ou d’aéromodélisme ? » Le son est
presque inaudible,
on cherche l’appareil des yeux dans
ce bruit caractéristique d’un Cessna.
Puis on comprend
que c’est un de ces
fameux drones. On ne peut les voir.
Sur le même pont, je vous envoie la photo
d’un ami de l’UFE : le colonel Mallet qui
avait pris sa retraite au Liban après avoir
été actif dans la FINUL. Eh bien ! Il
reprend un peu de service.
Demain à sept heures, il y aura un cessez-le-feu. Quand la poussière retombera,
les revendications de victoire seront
8 N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL
d’autant plus
bruyantes que ce
ne sera pas évident.
Comment va
évoluer le Hezbollah ? Tout le
monde craignait
une provocation
venant des Palestiniens pro-syriens
mais l’allumette
est venue du Parti
de Dieu. Quel
contresens !
Le drame pour
Israël et le Liban,
c’est que la société
civile des bourgeois chiites semble brisée
tandis que, même au milieu des ruines et
des cadavres, le Hezbollah n’a pas à
changer son discours martial. La communauté internationale pourra-t-elle modifier cette musique ?
Michel R.,
13 août.
LA “BONNE
ALLEMAGNE AU
SECOURS D’ISRAËL”
Le 31 août, le ministre allemand de la
Défense Franz Josef Jung a fait sensation
en confirmant l’envoi au Liban de 1 200
soldats au moins de la Bundeswehr, ce
qui ferait de la RFA le troisième contributeur de la “FINUL+”… et pourrait
l’obliger à intervenir contre Israël en cas
d’“intrusion” de ce pays. Mais il semble
que l’objectif prioritaire des Casques
bleus allemands soit d’« empêcher que des
armes soient livrées au Hezbollah ». Berlin s’implique de plus en plus au
côté de l’Etat hébreu puisque, a révélé le
Jerusalem Post en août, Israël a acheté le
6 juillet à l’Allemagne deux nouveaux
sous-marins Dolphin. Ces submersibles à
propulsion diesel ultra-modernes, financés pour un tiers par Berlin soit dit en
passant, seront-ils
livrés « en 2010 au plus
tôt » comme l’a affirmé
le porte-parole du gouvernement Merkel ou
au contraire « rapidement opérationnels » comme le soutient au
contraire le Jerusalem
Post qui écrit qu’« Israël
entend envoyer un message
clair à l’Iran : l’Etat
hébreu aura la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire » ? Et le quotidien de citer
Michael Karpin, spécialiste de l’arsenal
nucléaire israélien, selon lequel « les sousmarins nucléaires sont l’instrument de riposte
idéal » car, à la différence des avions, ils « peuvent rester opérationnels pendant une
durée quasiment illimitée sans être frappés ». En confirmant l’envoi de soldats au
Liban, M. Jung a admis : « Ne nous faisons
pas d’illusions, nous pourrons être entraînés
dans des combats. » C’est, en effet, ce que
beaucoup redoutent outre-Rhin après les
révélations sur l’achat des Dolphin.
MALAISE EN
MALAISIE
Un contingent malaysien devrait donc
rejoindre la FINUL au Liban et cette
initiative de Kuala Lumpur a été diversement appréciée par la population
malaise, même si l’envoi de Casques
bleus constitue pour les pays du TiersMonde une importante source de
devises. Mais on doute que la nouvelle
ait été davantage appréciée par Israël.
D’abord parce que la Malaisie est un
pays musulman où progresse l’islamisme
(qui, de là, menace le sud de la Thaïlande), et surtout parce que son ancien
Premier ministre Mahathir Mohamad,
resté très influent, a souvent pris position contre l’Etat sioniste. Le 29 juillet
encore, scandalisé par la « sauvage agression » du Liban, il exhortait les pays du
monde à utiliser « le yen, l’euro ou l’or plutôt que le dollar américain » dans leurs transactions internationales, « afin de
contraindre Washington à cesser de soutenir
Israël ». Car, précisait-il, ce pays ne
renoncera pas « à l’oppression et à la cruauté
dont il use envers les Libanais et les Palestiniens
tant qu’il se sentira protégé, quoi qu’il fasse,
par les Etats-Unis ». Mais le Dr Mahathir
n’a guère d’espoir car, estime-t-il, « même
l’Organisation de la Conférence islamique
n’aura pas le courage de se dresser contre les
USA ».
Lors des bombardements des ponts du
Késerwan de bon matin, un responsable du
Hezbollah fut sûrement atteint. Un ami travaillant dans une chaîne de télévision et
habitant dans le même immeuble m’a
raconté : « Quand des cameramen se sont
approchés du lieu de l’impact du missile,
ils ont vu une Mercedes de luxe vide, mais
ils ont entendu la radio qui marchait toujours. Elle émettait sur la bande musicale
du Hezbollah. On suppose que les voitures
accompagnatrices prirent à bord les passagers victimes. » En effet le Parti de Dieu
n’aime pas annoncer les pertes que lui
infligent les Israéliens. Les civils, oui, ont
droit à la plus large publicité, surtout si ce
sont des femmes ou, mieux encore, des
enfants. Ils ont droit à une pleine page dans
la presse et à un passage en boucle sur les
chaînes de télévision. Cela fait partie de la
guerre des media. Toutefois, un officier
israélien affirme que Tsahal a la certitude
d’avoir tué 450 combattants Hezbollahis
dont elle garde les dépouilles. Elle peut en
identifier 240. D’autres, plus optimistes,
disent qu’environ 900 combattants furent
ensevelis sous les ruines de Bint Djebel. Le
silence tactique du Parti de Dieu peut se
révéler une arme à double tranchant.
Que de négociations pour l’après-guerre !
Pensons aux négociations irano-irakiennes
sur le même sujet.
Un aspect étrange est l’absence de prisonniers dans les deux camps.
Il n’en reste pas moins que les performances destructrices des nouvelles armes
nous laissent stupéfiés. Durant la dernière
guerre du Liban, nous avons tous pu voir
des immeubles ayant reçu des dizaines
d’impacts d’obus tout en conservant leurs
structures ; maintenant tout l’immeuble
s’effondre sur lui-même, d’un seul coup.
Que faut-il imaginer pour la génération
suivante ?
Pour moi la guerre, concrètement, s’est
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N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 9
où les communautés kurdes sont également nombreuses et politisées. Mais cette
instrumentalisation stratégique irrite les
Turcs. Le PKK est un mouvement classé
“terroriste”. Pourquoi donc refuser à
Ankara ce qu’on laisse faire à Israël ?
L’engagement turc au Liban cache peutêtre une autre action au Kurdistan ou en
Irak mais cette fois sans ONU ni FINUL,
et sans la bénédiction d’Israël ni des USA.
Quant au général Büyükanit, opposé par
kémalisme — et comme le président Necdet — à tout retour vers le pays des cèdres,
il a déclaré pour expliquer ses réticences :
« La Turquie n’a jamais été exposée à
autant de menaces extérieures qu’aujourd’hui. »
Un pays en danger, donc, mais aussi très
dangereux. Et dont l’adhésion à l’Europe,
injustifiable historiquement et culturellement, est plus que jamais en totale contradiction avec ce fameux principe de précaution qu’on nous présentait comme absolu
et qui décidément est d’abord sélectif.
Pierre-Patrice BELESTA.
CARTON ROUGE
POUR LE MUFTI
Tant que le mufti Taj Din al-Hilali, le
plus important chef religieux islamique
d’Australie, appelait au djihad et laisait diffuser dans les lieux de culte des manuels
de terrorisme, Canberra n’avait guère
réagi. Mais le mufti a franchi la ligne
rouge lors d’un récent sermon où il a qualifié l’Holocauste de « mensonge sioniste ». Le
Premier ministre conservateur John
Howard a aussitôt fait annoncer que le
religieux n’obtiendrait pas le renouvellement de son poste de dirigeant du Groupe
de référence de la communauté musulmane, et la communauté juive demande
son expulsion du territoire.
I
L EST bien évident que la guerre ratée
d’Israël au Sud-Liban aura de durables
répercussions régionales. L’Iran voit
renforcées son influence et sa position de
puissance majeure et incontournable dans
le « Grand Moyen Orient » où George
W. Bush voulait le dissoudre. La Syrie,
malgré les réticences françaises, revient
dans le jeu libanais et desserre un peu
l’étau international mis en place depuis le
meurtre de Rafic Hariri.
Mais on a moins mis en évidence l’impact des événements libanais sur la Turquie, membre de l’OTAN, candidate à
l’entrée dans l’Union européenne, alliée
militaire de l’Etat juif et impliquée par le
problème kurde dans la poudrière irakienne.
LE RETOUR DES OTTOMANS…
Le Liban est né de l’effondrement de
l’empire ottoman. Le retour dans ce pays
de troupes turques, même sous commandement français puis italien à partir de
février prochain, même sous les couleurs
de la FINUL, aura un autre retentissement
dans le monde arabe que l’arrivée de
contingents indonésiens ou malais. Alors
que, malgré les objurgations de Chirac, les
pays arabes rechignent — à l’exception du
Qatar — à participer à cette force internationale, le retour du Turc au Liban et à la
frontière syrienne est d’autant plus provocant pour certains que ce pays, même en
voie d’islamisation accélérée, est associé à
Israël par une étonnante alliance militaire
et stratégique que de nombreux Turcs
dénoncent comme contre-nature.
… ET L’INQUIÉTUDE
DES ARMÉNIENS
C’est à la suite de massacres confessionnels, déjà, entre Druzes et Maronites de
1840 à 1860, et qui avaient beaucoup ému
l’Europe, que les grandes puissances de
l’époque (la France en tête mais aussi la
Grande-Bretagne, l’Autriche-Hongrie, la
Russie, la Prusse…)
envoyèrent un corps expéditionnaire et obligèrent
l’Empire ottoman à créer
en 1861 une province autonome du Mont Liban. Cette
mutasarrifiya devait être
dirigée par un gouverneur,
sujet ottoman mais chrétien, sous la surveillance
des consuls européens. Un
conseil consultatif central,
majoritairement composé de chrétiens, fut
également mis en place sur une base communautaire proportionnelle. Peu après la
Première Guerre mondiale, en 1920, la
France obtint de la Société des Nations un
mandat sur les régions syriennes du
Levant. Le royaume de Syrie est proclamé,
tout en réservant au Mont Liban le statut
de région autonome. Mais progressivement, un mouvement nationaliste arabe
mobilise des intellectuels de Beyrouth et
du Mont Liban qui aspirent à l’indépendance de la Syrie, sous la direction d’un
souverain arabe, tandis que d’autres, parmi
lesquels les maronites sont majoritaires,
pensent à un État libanais indépendant,
protégé par ses liens privilégiés avec la
France. Sous la pression des maronites, le
gouverneur français défait les nationalistes
syriens, proclame l’État du Grand Liban et
fixe ses frontières. Voilà au passage la justification des revendications syriennes sur
la Grande Syrie incluant le pays des
Cèdres.
La présence du Français au Liban au côté
du Turc n’est donc pas neutre pour les
Libanais. Logiquement, ceux d’origine
arménienne, relativement nombreux, se
sont déjà indignés de l’arrivée d’un contingent turc — une inquiétude qui sera sans
doute répercutée par la diaspora arménienne, notamment en France. Certains
milieux politiques à Ankara considèrent
d’ailleurs leur pays comme l’héritier de la
Sublime Porte par rapport à plusieurs
populations de l’ex-empire, des Balkans au
Proche-Orient.
Washington semble jouer cette carte néoottomane au sein de l’OTAN pour mieux
diviser l’Europe, affaiblir l’espace slavoorthodoxe et bien sûr soutenir Israël, que
la Turquie fut le premier Etat musulman à
reconnaître en 1949. Depuis 1996, en
outre, les deux pays sont liés par un accord
de coopération militaire. Pour de nombreux Arabes, la Turquie joue par sa position au sein de l’OTAN le rôle de chien de
garde américain vis-à-vis du monde arabe.
Cette vision est partagée par une grande
partie des islamistes turcs qui reprochent
au Parti au pouvoir à Ankara de ne pas
s’opposer à la politique d’alignement sur
les Américains imposée par l’état-major.
Le gouvernement turc est sur le fil du
rasoir par rapport à son opinion publique
comme l’ont d’ailleurs prouvé les manifestations anti-israéliennes qui ont suivi l’intervention militaire de Tel Aviv au SudLiban.
ERADIQUER LE HEZBOLLAH
OU D’ABORD LE PKK ?
Le Liban n’est pas le seul sujet qui divise
l’opinion turque : la conduite à tenir en
Irak, notamment face au problème kurde,
en est un autre. La décision
de Tayyip Erdogan de participer à la FINUL est donc
largement remise en cause :
on lui reproche de se disperser. Le Parti d’Action
nationaliste considère que
ce n’est pas au Liban mais
en Irak qu’il faut s’engager, ce n’est pas le
Hezbollah qu’il faut neutraliser, mais les
irrédentistes kurdes et particulièrement
ceux du PKK d’Ocalan — qui, ayant
échappé à la peine de mort, appellerait ses
camarades au combat de sa prison où il
serait pourtant soumis à des conditions
d’incarcération inhumaines.
L’armée conteste également la diplomatie du régime Erdogan car elle voit la Turquie menacée par la montée de périls multiples. On comprend d’ailleurs parfaitement que le peuple turc soit plus sensible
aux menaces terroristes chez lui qu’en
Israël. Les attentats dirigés à la fin août
contre les étrangers hantant la partie occidentale d’Istanbul et les stations balnéaires
d’Antalya et de Marmaris, attentats qui ont
fait trois morts et une trentaine de blessés,
ne peuvent que pousser les militaires à
demander au gouvernement islamiste un
feu vert pour une ligne dure.
Pseudopode du PKK, les Faucons de la
liberté du Kurdistan qui ont revendiqué ces
dernières actions avaient annoncé en avril
leur intention de prendre pour cibles des
zones touristiques afin de tarir cette importante source de revenus. Ils ont tenu parole,
avec notamment une attaque, qui a coûté
la vie en juillet 2005 à cinq personnes, dont
une adolescente irlandaise et une Britannique, dans la station balnéaire de Kusadasi, près d’Ephèse, et de Smyrne.
Le tourisme a rapporté l’an dernier
14,1 milliards d’euros de revenus à la Turquie. Mais, déjà affecté par la crise des
caricatures de Mahomet, ce secteur a
connu une baisse de 6,4 % du nombre de
visiteurs étrangers depuis le début de l’année par rapport à 2005, selon les statistiques officielles, et les très rares voyagistes qui, comme Mediades, proposaient
la découverte de l’« Anatolie orientale »,
c’est-à-dire le Kurdistan (ou plutôt l’ancienne Arménie) de Diyarbakir à Dogubayazit et à Erzorum, y ont sagement
renoncé.
La Turquie qui s’engage au Liban peutelle en profiter pour engager une action
militaire antikurde en Irak ? C’est en tout
cas la position du nouveau chef d’étatmajor, Yasar Büyukanit. Ce général est la
bête noire des islamistes qui le soupçonnent d’être un extrémiste du laïcisme, de
plus lié à des escadrons de la mort antikurdes. Pour lui, une opération dans le
Kurdistan irakien peut se révéler indispensable. Il se heurte là aux intérêts américains qui veulent se servir des Kurdes du
PKK comme menace pour la Syrie et l’Iran
La Turquie écartelée entre Irak et Liban
ALORS que Radio Israël rendait
public le 31 août un sondage selon
lequel 64 % des habitants de ce pays
souhaitent une enquête « exhaustive, objective et indépendante » sur la conduite des
opérations au Liban de la part du gouvernement et le degré de préparation de l’armée,
s’ouvrait à Stockholm la première conférence de pays donateurs pour réunir en
urgence les fonds indispensables à la reconstruction du pays des Cèdres. 130 000
immeubles y ont été réduits en cendres, mais
aussi 77 ponts, des terminaux, des centrales
et autres infrastructures. Car quelques
semaines de « Punition adéquate » (nom de
code de l’opération israélienne) ont causé
plus de ravages au Liban que l’interminable
guerre civile. Coût de cette agression selon
l’ONU : près de 11 milliards d’euros de
dégâts… et ne parlons pas de la neutralisation des milliers de bombes à fragmentation
et de mines disséminées dans les champs et
qui ont déjà tué 14 paysans.
L’Union européenne a porté à 100 millions
d’euros son aide depuis le début du conflit,
l’Arabie séoudite a déboursé 500 millions de
dollars et le Koweit 300 millions mais, a
averti le secrétaire général adjoint des
Nations unies, Mark Malloch Brown, ce
pactole sera inutile sans la « fin immédiate
du blocus » maritime et aérien imposé par
Israël depuis le 12 juillet et dont Kofi Annan
n’a pu obtenir la levée. Si bien que les matériaux nécessaires à la reconstruction du
Liban — et donc au retour chez eux des
300 000 réfugiés —, ne peuvent être acheminés.
ET TOUJOURS LE RACKET
CONTRE LA SNCF
Beaucoup se demandent pourquoi les
Etats arabes et l’Europe doivent payer la
note d’une agression programmée par
Israël à seule fin officiellement de récupérer deux de ses soldats enlevés (à la frontière, voire même en territoire libanais)
par le Hezbollah. Ceux-là trouveraient
assez légitime que la « communauté nationale », au lieu de faire la manche auprès
de pays innocents, contraigne Tel-Aviv,
sous peine de sanctions radicales, à assurer de ses deniers la remise en état du
Liban. Après tout, annonçait le 28 août
Me Avi Bitton, les familles de 200 anciens
déportés ne vont-elles pas, plus de
soixante ans après les faits, sommer la
SNCF de les indemniser pour le rôle que
l’entreprise aurait joué dans le transport de
leurs proches vers les camps nazis durant
la Seconde Guerre mondiale ? Et si la
SNCF ne verse pas presto les « plusieurs
millions d’euros » exigés, les familles
(françaises, américaines, belges et canadiennes mais aussi israéliennes) « vont
saisir un ou plusieurs tribunaux administratifs pour faire valoir leurs droits », a
menacé Me Bitton en se référant à la décision du tribunal administratif de Toulouse
qui a condamné le 6 juin dernier l’Etat et
la SNCF à verser 62 000 euros à la famille
de l’eurodéputé Vert Alain Lipietz, dont
quatre parents avaient été déportés de Toulouse à Drancy en 1944.
Consacrant son éditorial du 31 août à
l’initiative des nouvelles 200 familles,
Le Monde les mettait en garde contre « les
effets pervers de leur démarche, en particulier auprès des jeunes générations ». Le
quotidien redoute la banalisation de la
Shoah par cette “judiciarisation” excessive. On peut ajouter que les jeunes générations, et les autres, sont pour le moins
choquées que seule une partie (infime) de
la population mondiale réclame sans trêve
ni repos des “réparations” tous azimuts
alors que le pays qui est sa Terre promise
refuse catégoriquement, quant à lui, d’assumer le coût pécuniaire de ses crimes.
C.-M. G.
A vos poches pour les crimes de guerre d’Israël !
Carte postale de Chard : 1 euro ou 1,5 euro franco
Alain BALALAS
DE L’UKRAINE
Un « Que sais-je ? » mais qui serait écrit
par un amoureux fou de l’Ukraine, ce qui
l’entraîne à certaine partialité antirusse,
anti-autrichienne, anti-allemande, etc. Il
est vrai que le deuxième plus grand pays
d’Europe n’eut guère à se louer de ses voisins, vite prédateurs.
Ce qui est également incontestable, c’est
que la Rous’, plus tard exaltée par les tsars
et même par Staline en cas de péril
extrême, naquit à Kyiv (Kiev). Le terme
vient-il de la Ruthénie ou Roussénié,
comme l’auteur l’affirme, ou de Rurik, fondateur varègue (scandinave) de la dynastie
dont fut issue la reine de France Anne
de Kiev qui, fille de Yaroslav le Sage et
épouse d’Henri 1er, « fonda l’abbaye SaintVincent de Senlis et importa l’évangéliaire
slavon en caractères cyrilliques qui a servi
depuis pour les sacres » de nos rois à Reims ?
Raison pour laquelle, estime M. Balalas,
l’Europe doit accueillir
l’Ukraine comme elle a
acueilli le Portugal. Sur
les plans racial et culturel, c’est en effet une
nation sœur. Sur le plan
politique, c’est autre
chose tant la situation y
est volatile. A peine nommée Premier ministre par
un président Iouchtchenko très réticent, la
blonde Joulia Tymochenko, égérie de la
révolution “Orange” et qui avait réclamé
de nouvelles élections, en raison de son
incapacité à former un gouvernement
stable, a été débarquée et remplacée par le
prorusse Ianoukovitch, concurrent de
Iouchtchenko à la présidentielle !
J. L. _____
110 pages avec annexes (sur Tchernobyl notamment) et bibliographie, 15 €. Ed. Godefroy de
Bouillon.
10 N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL
Jacques le GROIGNEC
RÉPLIQUE AUX
DIFFAMATEURS
DE LA FRANCE (40-44)
Au moment où sous la plume d’un
auteur américain, Jonathan Littell, est stigmatisé « le zèle du gouvernement de Vichy à
déporter la population juive, excédant là les injonctions de la SS »
(voir le compte rendu de Samuel
Blumenfeld dans Le Monde du
1er septembre), le livre du général
le Groignec vient à son heure
pour — une fois de plus mais
jamais une fois de trop puisque la
désinformation est incessante et
même ne cesse de s’aggraver, y
compris dans la bouche des plus
hautes autorités de l’Etat — épingler, corriger, rectifier les mensonges les plus grossiers sur le sujet. Toute
la première partie de ce livre y est consacrée, d’autant plus intéressante que l’auteur, par exemple, ne justifie pas le Statut
des Juifs promulgué en 1940-41 — qu’il
trouve “inique” — mais précise comment
le gouvernement de Vichy, aux prises avec
l’occupant, devait agir pour sauver ce qui
pouvait l’être.
Mais le général le Groignec, par ailleurs
président de l’Association pour la défense
de la mémoire du Maréchal
Pétain (ADMP), traite aussi de
nombreux points donnant lieu
aux forgeries les plus débridées :
l’armistice de 1940 (qui ne fut
nullement une capitulation), la
légalité (incontestable) de l’Etat
français, le faux appel du 18 juin
40, etc.
On trouve aussi dans cette
vigoureuse Réplique d’intéressantes annexes sous forme de
lettres adressées par lui ès-qualités (et qui ne furent jamais honorées d’une
réponse) à Elie Wiesel, Robert Paxton,
Bernard Pivot — qui laissa insulter le
général lors d’une émission télévisée où il
avait été exceptionnellement invité. L’auteur examine aussi des sondages d’opinion
concernant le Maréchal. Les derniers
remontent à juin 2000 et sont relativement “objectifs”. Le seraient-ils encore
maintenant ? Sans doute pas tant le lavage
des cerveaux (enseignement aidant) a
dépassé les limites de l’insupportable. Mais
il n’est pas interdit d’espérer un retour de
flamme… ou simplement à la raison. Un
index permet de s’y retrouver dans les
auteurs et les citations.
On peut dire du général le Groignec ce
que de Lattre disait du général Salan : « Il
ne s’embarque pas sans biscuits ».
J.-P. A. _____
288 pages, 20 €. Nouvelles Editions Latines.
Cinéma
Parmi les nouveautés recommandables
de la rentrée, deux variations sur le thème
éternel des relations familiales, l’une française et dramatique, Je vais bien, ne t’en
fais pas, et l’autre américaine et drôle,
Little Miss Sunshine. Après ces jolies réussites que furent
Mademoiselle (2000) et L’équipier (2004),
le dernier opus de Philippe Lioret, Je vais
bien, ne t’en fais pas, apporte la confirmation éclatante que ce cinéaste discret est
devenu une valeur sûre du cinéma français. Ce n’est en effet pas à la portée du
premier tâcheron venu de réaliser un film
aussi sobre et émouvant sans sombrer dans
le pathos et la sensiblerie, à partir d’une
histoire qui possédait au départ tous les
ingrédients pour sombrer dans le mauvais
mélo. Après des vacances à Barcelone,
Lili, 19 ans, retrouve ses parents qui l’attendent, la mine sombre, à la gare routière.
Mais son jumeau adoré, Loïc, ne fait pas
partie du comité de réception. Et pour
cause ! Elle apprend qu’il s’est envolé du
nid familial après une violente dispute
avec son père… De chagrin, la jeune fille
en perd l’appétit et même la raison, jusqu’au jour où elle reçoit par la poste
quelques mots griffonnés. A son tour, elle
s’enfuit pour tenter de résoudre le mystère
de la disparition de Loïc.
Quasiment tout au long du film, Lioret
aligne les notations réalistes et intimistes
d’une chronique en demi-teinte autour
d’une famille plongée dans le désarroi et
murée dans les secrets, le chagrin et le
mutisme et brosse en même temps le portrait tout en finesse d’une jeune femme de
notre temps, aussi perturbée que déterminée, avant de quitter ces sentiers bien balisés pour une direction tout autre dans les
dernières minutes qu’il convient de ne pas
dévoiler pour l’agrément des futurs spectateurs. Un retournement de situation qui
bouleverse complètement le point de vue
des spectateurs sur les événements passés,
à la manière du 6ème sens de Shyamalan.
On appréciera ou non le tour de passepasse, mais rien que pour l’interprétation
vraiment inspirée de la jeune Mélanie Laurent (Lili) et de Kad Merad (le père), Je
vais bien, ne t’en fais pas mérite d’être vu.
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