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11/20/25

 


serait finalement éteint en 1964, protégé par

le dictateur Stroessner tout récemment disparu (RIV. du 1/9/06).

A l’appui de ses dires, Basti cite les

anciens domestiques d’un homme d’affaires ami d’Hitler (la camériste ainsi que

le jardinier auraient « reconnu au téléphone

la voix » du chancelier) et surtout un rapport ultra-secret du FBI. Seul ennui : les

investigations du Bureau Fédéral étatsunien sont strictement limitées au territoire national, l’OSS devenu la CIA s’occupant de l’étranger. Mais n’importe : les

exemplaires du livre de Basti se vendent

comme des petits pains.

“POUVOIR AUX

BLANCS !”

Le 27 août, les militants du Mouvement

national-socialiste américain se sont rassemblés près du Capitole de l’Etat du

Wisconsin. But de la manifestation : protester contre la politique d’immigration,

trop laxiste, de George W. Bush et surtout la guerre en Irak dont, selon eux, il

faudrait « retirer les troupes américaines pour

les déployer le long de la frontière mexicaine

avec ordre de tirer pour tuer ». Encadrée par

300 policiers, la manif néo-nazie s’est dispersée aux cris de « Pouvoir aux Blancs ! ».

LE CANADA A

L’ÉCOLE…

DU TALMUD

Pour lutter contre l’analphabétisme et

améliorer les résultats scolaires des petits

Occidentaux, va-t-il falloir les soumettre

aux méthodes d’étude talmudique

connues sous le nom hébreu de chevrouta ? Si l’on en croit l’agence de

presse judéo-américaine JTA, ces

méthodes sont en usage depuis deux ans

dans certaines écoles de Toronto, où elles

donneraient toute satisfaction.

Le retour tonitruant

de Jörg Haider

résumée dans l’audition de drones.

C’est en général

dans le calme du

matin ou du soir.

On se pose la question : « Quel est

l’original qui fait sa

séance d’Aéro-club

ou d’aéromodélisme ? » Le son est

presque inaudible,

on cherche l’appareil des yeux dans

ce bruit caractéristique d’un Cessna.

Puis on comprend

que c’est un de ces

fameux drones. On ne peut les voir.

Sur le même pont, je vous envoie la photo

d’un ami de l’UFE : le colonel Mallet qui

avait pris sa retraite au Liban après avoir

été actif dans la FINUL. Eh bien ! Il

reprend un peu de service.

Demain à sept heures, il y aura un cessez-le-feu. Quand la poussière retombera,

les revendications de victoire seront

8 N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL

d’autant plus

bruyantes que ce

ne sera pas évident.

Comment va

évoluer le Hezbollah ? Tout le

monde craignait

une provocation

venant des Palestiniens pro-syriens

mais l’allumette

est venue du Parti

de Dieu. Quel

contresens !

Le drame pour

Israël et le Liban,

c’est que la société

civile des bourgeois chiites semble brisée

tandis que, même au milieu des ruines et

des cadavres, le Hezbollah n’a pas à

changer son discours martial. La communauté internationale pourra-t-elle modifier cette musique ?

Michel R.,

13 août.

LA “BONNE

ALLEMAGNE AU

SECOURS D’ISRAËL”

Le 31 août, le ministre allemand de la

Défense Franz Josef Jung a fait sensation

en confirmant l’envoi au Liban de 1 200

soldats au moins de la Bundeswehr, ce

qui ferait de la RFA le troisième contributeur de la “FINUL+”… et pourrait

l’obliger à intervenir contre Israël en cas

d’“intrusion” de ce pays. Mais il semble

que l’objectif prioritaire des Casques

bleus allemands soit d’« empêcher que des

armes soient livrées au Hezbollah ». Berlin s’implique de plus en plus au

côté de l’Etat hébreu puisque, a révélé le

Jerusalem Post en août, Israël a acheté le

6 juillet à l’Allemagne deux nouveaux

sous-marins Dolphin. Ces submersibles à

propulsion diesel ultra-modernes, financés pour un tiers par Berlin soit dit en

passant, seront-ils

livrés « en 2010 au plus

tôt » comme l’a affirmé

le porte-parole du gouvernement Merkel ou

au contraire « rapidement opérationnels » comme le soutient au

contraire le Jerusalem

Post qui écrit qu’« Israël

entend envoyer un message

clair à l’Iran : l’Etat

hébreu aura la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire » ? Et le quotidien de citer

Michael Karpin, spécialiste de l’arsenal

nucléaire israélien, selon lequel « les sousmarins nucléaires sont l’instrument de riposte

idéal » car, à la différence des avions, ils « peuvent rester opérationnels pendant une

durée quasiment illimitée sans être frappés ». En confirmant l’envoi de soldats au

Liban, M. Jung a admis : « Ne nous faisons

pas d’illusions, nous pourrons être entraînés

dans des combats. » C’est, en effet, ce que

beaucoup redoutent outre-Rhin après les

révélations sur l’achat des Dolphin.

MALAISE EN

MALAISIE

Un contingent malaysien devrait donc

rejoindre la FINUL au Liban et cette

initiative de Kuala Lumpur a été diversement appréciée par la population

malaise, même si l’envoi de Casques

bleus constitue pour les pays du TiersMonde une importante source de

devises. Mais on doute que la nouvelle

ait été davantage appréciée par Israël.

D’abord parce que la Malaisie est un

pays musulman où progresse l’islamisme

(qui, de là, menace le sud de la Thaïlande), et surtout parce que son ancien

Premier ministre Mahathir Mohamad,

resté très influent, a souvent pris position contre l’Etat sioniste. Le 29 juillet

encore, scandalisé par la « sauvage agression » du Liban, il exhortait les pays du

monde à utiliser « le yen, l’euro ou l’or plutôt que le dollar américain » dans leurs transactions internationales, « afin de

contraindre Washington à cesser de soutenir

Israël ». Car, précisait-il, ce pays ne

renoncera pas « à l’oppression et à la cruauté

dont il use envers les Libanais et les Palestiniens

tant qu’il se sentira protégé, quoi qu’il fasse,

par les Etats-Unis ». Mais le Dr Mahathir

n’a guère d’espoir car, estime-t-il, « même

l’Organisation de la Conférence islamique

n’aura pas le courage de se dresser contre les

USA ».

Lors des bombardements des ponts du

Késerwan de bon matin, un responsable du

Hezbollah fut sûrement atteint. Un ami travaillant dans une chaîne de télévision et

habitant dans le même immeuble m’a

raconté : « Quand des cameramen se sont

approchés du lieu de l’impact du missile,

ils ont vu une Mercedes de luxe vide, mais

ils ont entendu la radio qui marchait toujours. Elle émettait sur la bande musicale

du Hezbollah. On suppose que les voitures

accompagnatrices prirent à bord les passagers victimes. » En effet le Parti de Dieu

n’aime pas annoncer les pertes que lui

infligent les Israéliens. Les civils, oui, ont

droit à la plus large publicité, surtout si ce

sont des femmes ou, mieux encore, des

enfants. Ils ont droit à une pleine page dans

la presse et à un passage en boucle sur les

chaînes de télévision. Cela fait partie de la

guerre des media. Toutefois, un officier

israélien affirme que Tsahal a la certitude

d’avoir tué 450 combattants Hezbollahis

dont elle garde les dépouilles. Elle peut en

identifier 240. D’autres, plus optimistes,

disent qu’environ 900 combattants furent

ensevelis sous les ruines de Bint Djebel. Le

silence tactique du Parti de Dieu peut se

révéler une arme à double tranchant.

Que de négociations pour l’après-guerre !

Pensons aux négociations irano-irakiennes

sur le même sujet.

Un aspect étrange est l’absence de prisonniers dans les deux camps.

Il n’en reste pas moins que les performances destructrices des nouvelles armes

nous laissent stupéfiés. Durant la dernière

guerre du Liban, nous avons tous pu voir

des immeubles ayant reçu des dizaines

d’impacts d’obus tout en conservant leurs

structures ; maintenant tout l’immeuble

s’effondre sur lui-même, d’un seul coup.

Que faut-il imaginer pour la génération

suivante ?

Pour moi la guerre, concrètement, s’est

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N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL 9

où les communautés kurdes sont également nombreuses et politisées. Mais cette

instrumentalisation stratégique irrite les

Turcs. Le PKK est un mouvement classé

“terroriste”. Pourquoi donc refuser à

Ankara ce qu’on laisse faire à Israël ?

L’engagement turc au Liban cache peutêtre une autre action au Kurdistan ou en

Irak mais cette fois sans ONU ni FINUL,

et sans la bénédiction d’Israël ni des USA.

Quant au général Büyükanit, opposé par

kémalisme — et comme le président Necdet — à tout retour vers le pays des cèdres,

il a déclaré pour expliquer ses réticences :

« La Turquie n’a jamais été exposée à

autant de menaces extérieures qu’aujourd’hui. »

Un pays en danger, donc, mais aussi très

dangereux. Et dont l’adhésion à l’Europe,

injustifiable historiquement et culturellement, est plus que jamais en totale contradiction avec ce fameux principe de précaution qu’on nous présentait comme absolu

et qui décidément est d’abord sélectif.

Pierre-Patrice BELESTA.

CARTON ROUGE

POUR LE MUFTI

Tant que le mufti Taj Din al-Hilali, le

plus important chef religieux islamique

d’Australie, appelait au djihad et laisait diffuser dans les lieux de culte des manuels

de terrorisme, Canberra n’avait guère

réagi. Mais le mufti a franchi la ligne

rouge lors d’un récent sermon où il a qualifié l’Holocauste de « mensonge sioniste ». Le

Premier ministre conservateur John

Howard a aussitôt fait annoncer que le

religieux n’obtiendrait pas le renouvellement de son poste de dirigeant du Groupe

de référence de la communauté musulmane, et la communauté juive demande

son expulsion du territoire.

I

L EST bien évident que la guerre ratée

d’Israël au Sud-Liban aura de durables

répercussions régionales. L’Iran voit

renforcées son influence et sa position de

puissance majeure et incontournable dans

le « Grand Moyen Orient » où George

W. Bush voulait le dissoudre. La Syrie,

malgré les réticences françaises, revient

dans le jeu libanais et desserre un peu

l’étau international mis en place depuis le

meurtre de Rafic Hariri.

Mais on a moins mis en évidence l’impact des événements libanais sur la Turquie, membre de l’OTAN, candidate à

l’entrée dans l’Union européenne, alliée

militaire de l’Etat juif et impliquée par le

problème kurde dans la poudrière irakienne.

LE RETOUR DES OTTOMANS…

Le Liban est né de l’effondrement de

l’empire ottoman. Le retour dans ce pays

de troupes turques, même sous commandement français puis italien à partir de

février prochain, même sous les couleurs

de la FINUL, aura un autre retentissement

dans le monde arabe que l’arrivée de

contingents indonésiens ou malais. Alors

que, malgré les objurgations de Chirac, les

pays arabes rechignent — à l’exception du

Qatar — à participer à cette force internationale, le retour du Turc au Liban et à la

frontière syrienne est d’autant plus provocant pour certains que ce pays, même en

voie d’islamisation accélérée, est associé à

Israël par une étonnante alliance militaire

et stratégique que de nombreux Turcs

dénoncent comme contre-nature.

… ET L’INQUIÉTUDE

DES ARMÉNIENS

C’est à la suite de massacres confessionnels, déjà, entre Druzes et Maronites de

1840 à 1860, et qui avaient beaucoup ému

l’Europe, que les grandes puissances de

l’époque (la France en tête mais aussi la

Grande-Bretagne, l’Autriche-Hongrie, la

Russie, la Prusse…)

envoyèrent un corps expéditionnaire et obligèrent

l’Empire ottoman à créer

en 1861 une province autonome du Mont Liban. Cette

mutasarrifiya devait être

dirigée par un gouverneur,

sujet ottoman mais chrétien, sous la surveillance

des consuls européens. Un

conseil consultatif central,

majoritairement composé de chrétiens, fut

également mis en place sur une base communautaire proportionnelle. Peu après la

Première Guerre mondiale, en 1920, la

France obtint de la Société des Nations un

mandat sur les régions syriennes du

Levant. Le royaume de Syrie est proclamé,

tout en réservant au Mont Liban le statut

de région autonome. Mais progressivement, un mouvement nationaliste arabe

mobilise des intellectuels de Beyrouth et

du Mont Liban qui aspirent à l’indépendance de la Syrie, sous la direction d’un

souverain arabe, tandis que d’autres, parmi

lesquels les maronites sont majoritaires,

pensent à un État libanais indépendant,

protégé par ses liens privilégiés avec la

France. Sous la pression des maronites, le

gouverneur français défait les nationalistes

syriens, proclame l’État du Grand Liban et

fixe ses frontières. Voilà au passage la justification des revendications syriennes sur

la Grande Syrie incluant le pays des

Cèdres.

La présence du Français au Liban au côté

du Turc n’est donc pas neutre pour les

Libanais. Logiquement, ceux d’origine

arménienne, relativement nombreux, se

sont déjà indignés de l’arrivée d’un contingent turc — une inquiétude qui sera sans

doute répercutée par la diaspora arménienne, notamment en France. Certains

milieux politiques à Ankara considèrent

d’ailleurs leur pays comme l’héritier de la

Sublime Porte par rapport à plusieurs

populations de l’ex-empire, des Balkans au

Proche-Orient.

Washington semble jouer cette carte néoottomane au sein de l’OTAN pour mieux

diviser l’Europe, affaiblir l’espace slavoorthodoxe et bien sûr soutenir Israël, que

la Turquie fut le premier Etat musulman à

reconnaître en 1949. Depuis 1996, en

outre, les deux pays sont liés par un accord

de coopération militaire. Pour de nombreux Arabes, la Turquie joue par sa position au sein de l’OTAN le rôle de chien de

garde américain vis-à-vis du monde arabe.

Cette vision est partagée par une grande

partie des islamistes turcs qui reprochent

au Parti au pouvoir à Ankara de ne pas

s’opposer à la politique d’alignement sur

les Américains imposée par l’état-major.

Le gouvernement turc est sur le fil du

rasoir par rapport à son opinion publique

comme l’ont d’ailleurs prouvé les manifestations anti-israéliennes qui ont suivi l’intervention militaire de Tel Aviv au SudLiban.

ERADIQUER LE HEZBOLLAH

OU D’ABORD LE PKK ?

Le Liban n’est pas le seul sujet qui divise

l’opinion turque : la conduite à tenir en

Irak, notamment face au problème kurde,

en est un autre. La décision

de Tayyip Erdogan de participer à la FINUL est donc

largement remise en cause :

on lui reproche de se disperser. Le Parti d’Action

nationaliste considère que

ce n’est pas au Liban mais

en Irak qu’il faut s’engager, ce n’est pas le

Hezbollah qu’il faut neutraliser, mais les

irrédentistes kurdes et particulièrement

ceux du PKK d’Ocalan — qui, ayant

échappé à la peine de mort, appellerait ses

camarades au combat de sa prison où il

serait pourtant soumis à des conditions

d’incarcération inhumaines.

L’armée conteste également la diplomatie du régime Erdogan car elle voit la Turquie menacée par la montée de périls multiples. On comprend d’ailleurs parfaitement que le peuple turc soit plus sensible

aux menaces terroristes chez lui qu’en

Israël. Les attentats dirigés à la fin août

contre les étrangers hantant la partie occidentale d’Istanbul et les stations balnéaires

d’Antalya et de Marmaris, attentats qui ont

fait trois morts et une trentaine de blessés,

ne peuvent que pousser les militaires à

demander au gouvernement islamiste un

feu vert pour une ligne dure.

Pseudopode du PKK, les Faucons de la

liberté du Kurdistan qui ont revendiqué ces

dernières actions avaient annoncé en avril

leur intention de prendre pour cibles des

zones touristiques afin de tarir cette importante source de revenus. Ils ont tenu parole,

avec notamment une attaque, qui a coûté

la vie en juillet 2005 à cinq personnes, dont

une adolescente irlandaise et une Britannique, dans la station balnéaire de Kusadasi, près d’Ephèse, et de Smyrne.

Le tourisme a rapporté l’an dernier

14,1 milliards d’euros de revenus à la Turquie. Mais, déjà affecté par la crise des

caricatures de Mahomet, ce secteur a

connu une baisse de 6,4 % du nombre de

visiteurs étrangers depuis le début de l’année par rapport à 2005, selon les statistiques officielles, et les très rares voyagistes qui, comme Mediades, proposaient

la découverte de l’« Anatolie orientale »,

c’est-à-dire le Kurdistan (ou plutôt l’ancienne Arménie) de Diyarbakir à Dogubayazit et à Erzorum, y ont sagement

renoncé.

La Turquie qui s’engage au Liban peutelle en profiter pour engager une action

militaire antikurde en Irak ? C’est en tout

cas la position du nouveau chef d’étatmajor, Yasar Büyukanit. Ce général est la

bête noire des islamistes qui le soupçonnent d’être un extrémiste du laïcisme, de

plus lié à des escadrons de la mort antikurdes. Pour lui, une opération dans le

Kurdistan irakien peut se révéler indispensable. Il se heurte là aux intérêts américains qui veulent se servir des Kurdes du

PKK comme menace pour la Syrie et l’Iran

La Turquie écartelée entre Irak et Liban

ALORS que Radio Israël rendait

public le 31 août un sondage selon

lequel 64 % des habitants de ce pays

souhaitent une enquête « exhaustive, objective et indépendante » sur la conduite des

opérations au Liban de la part du gouvernement et le degré de préparation de l’armée,

s’ouvrait à Stockholm la première conférence de pays donateurs pour réunir en

urgence les fonds indispensables à la reconstruction du pays des Cèdres. 130 000

immeubles y ont été réduits en cendres, mais

aussi 77 ponts, des terminaux, des centrales

et autres infrastructures. Car quelques

semaines de « Punition adéquate » (nom de

code de l’opération israélienne) ont causé

plus de ravages au Liban que l’interminable

guerre civile. Coût de cette agression selon

l’ONU : près de 11 milliards d’euros de

dégâts… et ne parlons pas de la neutralisation des milliers de bombes à fragmentation

et de mines disséminées dans les champs et

qui ont déjà tué 14 paysans.

L’Union européenne a porté à 100 millions

d’euros son aide depuis le début du conflit,

l’Arabie séoudite a déboursé 500 millions de

dollars et le Koweit 300 millions mais, a

averti le secrétaire général adjoint des

Nations unies, Mark Malloch Brown, ce

pactole sera inutile sans la « fin immédiate

du blocus » maritime et aérien imposé par

Israël depuis le 12 juillet et dont Kofi Annan

n’a pu obtenir la levée. Si bien que les matériaux nécessaires à la reconstruction du

Liban — et donc au retour chez eux des

300 000 réfugiés —, ne peuvent être acheminés.

ET TOUJOURS LE RACKET

CONTRE LA SNCF

Beaucoup se demandent pourquoi les

Etats arabes et l’Europe doivent payer la

note d’une agression programmée par

Israël à seule fin officiellement de récupérer deux de ses soldats enlevés (à la frontière, voire même en territoire libanais)

par le Hezbollah. Ceux-là trouveraient

assez légitime que la « communauté nationale », au lieu de faire la manche auprès

de pays innocents, contraigne Tel-Aviv,

sous peine de sanctions radicales, à assurer de ses deniers la remise en état du

Liban. Après tout, annonçait le 28 août

Me Avi Bitton, les familles de 200 anciens

déportés ne vont-elles pas, plus de

soixante ans après les faits, sommer la

SNCF de les indemniser pour le rôle que

l’entreprise aurait joué dans le transport de

leurs proches vers les camps nazis durant

la Seconde Guerre mondiale ? Et si la

SNCF ne verse pas presto les « plusieurs

millions d’euros » exigés, les familles

(françaises, américaines, belges et canadiennes mais aussi israéliennes) « vont

saisir un ou plusieurs tribunaux administratifs pour faire valoir leurs droits », a

menacé Me Bitton en se référant à la décision du tribunal administratif de Toulouse

qui a condamné le 6 juin dernier l’Etat et

la SNCF à verser 62 000 euros à la famille

de l’eurodéputé Vert Alain Lipietz, dont

quatre parents avaient été déportés de Toulouse à Drancy en 1944.

Consacrant son éditorial du 31 août à

l’initiative des nouvelles 200 familles,

Le Monde les mettait en garde contre « les

effets pervers de leur démarche, en particulier auprès des jeunes générations ». Le

quotidien redoute la banalisation de la

Shoah par cette “judiciarisation” excessive. On peut ajouter que les jeunes générations, et les autres, sont pour le moins

choquées que seule une partie (infime) de

la population mondiale réclame sans trêve

ni repos des “réparations” tous azimuts

alors que le pays qui est sa Terre promise

refuse catégoriquement, quant à lui, d’assumer le coût pécuniaire de ses crimes.

C.-M. G.

A vos poches pour les crimes de guerre d’Israël !

Carte postale de Chard : 1 euro ou 1,5 euro franco

Alain BALALAS

DE L’UKRAINE

Un « Que sais-je ? » mais qui serait écrit

par un amoureux fou de l’Ukraine, ce qui

l’entraîne à certaine partialité antirusse,

anti-autrichienne, anti-allemande, etc. Il

est vrai que le deuxième plus grand pays

d’Europe n’eut guère à se louer de ses voisins, vite prédateurs.

Ce qui est également incontestable, c’est

que la Rous’, plus tard exaltée par les tsars

et même par Staline en cas de péril

extrême, naquit à Kyiv (Kiev). Le terme

vient-il de la Ruthénie ou Roussénié,

comme l’auteur l’affirme, ou de Rurik, fondateur varègue (scandinave) de la dynastie

dont fut issue la reine de France Anne

de Kiev qui, fille de Yaroslav le Sage et

épouse d’Henri 1er, « fonda l’abbaye SaintVincent de Senlis et importa l’évangéliaire

slavon en caractères cyrilliques qui a servi

depuis pour les sacres » de nos rois à Reims ?

Raison pour laquelle, estime M. Balalas,

l’Europe doit accueillir

l’Ukraine comme elle a

acueilli le Portugal. Sur

les plans racial et culturel, c’est en effet une

nation sœur. Sur le plan

politique, c’est autre

chose tant la situation y

est volatile. A peine nommée Premier ministre par

un président Iouchtchenko très réticent, la

blonde Joulia Tymochenko, égérie de la

révolution “Orange” et qui avait réclamé

de nouvelles élections, en raison de son

incapacité à former un gouvernement

stable, a été débarquée et remplacée par le

prorusse Ianoukovitch, concurrent de

Iouchtchenko à la présidentielle !

J. L. _____

110 pages avec annexes (sur Tchernobyl notamment) et bibliographie, 15 €. Ed. Godefroy de

Bouillon.

10 N° 2776 — 8 SEPTEMBRE 2006 — RIVAROL

Jacques le GROIGNEC

RÉPLIQUE AUX

DIFFAMATEURS

DE LA FRANCE (40-44)

Au moment où sous la plume d’un

auteur américain, Jonathan Littell, est stigmatisé « le zèle du gouvernement de Vichy à

déporter la population juive, excédant là les injonctions de la SS »

(voir le compte rendu de Samuel

Blumenfeld dans Le Monde du

1er septembre), le livre du général

le Groignec vient à son heure

pour — une fois de plus mais

jamais une fois de trop puisque la

désinformation est incessante et

même ne cesse de s’aggraver, y

compris dans la bouche des plus

hautes autorités de l’Etat — épingler, corriger, rectifier les mensonges les plus grossiers sur le sujet. Toute

la première partie de ce livre y est consacrée, d’autant plus intéressante que l’auteur, par exemple, ne justifie pas le Statut

des Juifs promulgué en 1940-41 — qu’il

trouve “inique” — mais précise comment

le gouvernement de Vichy, aux prises avec

l’occupant, devait agir pour sauver ce qui

pouvait l’être.

Mais le général le Groignec, par ailleurs

président de l’Association pour la défense

de la mémoire du Maréchal

Pétain (ADMP), traite aussi de

nombreux points donnant lieu

aux forgeries les plus débridées :

l’armistice de 1940 (qui ne fut

nullement une capitulation), la

légalité (incontestable) de l’Etat

français, le faux appel du 18 juin

40, etc.

On trouve aussi dans cette

vigoureuse Réplique d’intéressantes annexes sous forme de

lettres adressées par lui ès-qualités (et qui ne furent jamais honorées d’une

réponse) à Elie Wiesel, Robert Paxton,

Bernard Pivot — qui laissa insulter le

général lors d’une émission télévisée où il

avait été exceptionnellement invité. L’auteur examine aussi des sondages d’opinion

concernant le Maréchal. Les derniers

remontent à juin 2000 et sont relativement “objectifs”. Le seraient-ils encore

maintenant ? Sans doute pas tant le lavage

des cerveaux (enseignement aidant) a

dépassé les limites de l’insupportable. Mais

il n’est pas interdit d’espérer un retour de

flamme… ou simplement à la raison. Un

index permet de s’y retrouver dans les

auteurs et les citations.

On peut dire du général le Groignec ce

que de Lattre disait du général Salan : « Il

ne s’embarque pas sans biscuits ».

J.-P. A. _____

288 pages, 20 €. Nouvelles Editions Latines.

Cinéma

Parmi les nouveautés recommandables

de la rentrée, deux variations sur le thème

éternel des relations familiales, l’une française et dramatique, Je vais bien, ne t’en

fais pas, et l’autre américaine et drôle,

Little Miss Sunshine. Après ces jolies réussites que furent

Mademoiselle (2000) et L’équipier (2004),

le dernier opus de Philippe Lioret, Je vais

bien, ne t’en fais pas, apporte la confirmation éclatante que ce cinéaste discret est

devenu une valeur sûre du cinéma français. Ce n’est en effet pas à la portée du

premier tâcheron venu de réaliser un film

aussi sobre et émouvant sans sombrer dans

le pathos et la sensiblerie, à partir d’une

histoire qui possédait au départ tous les

ingrédients pour sombrer dans le mauvais

mélo. Après des vacances à Barcelone,

Lili, 19 ans, retrouve ses parents qui l’attendent, la mine sombre, à la gare routière.

Mais son jumeau adoré, Loïc, ne fait pas

partie du comité de réception. Et pour

cause ! Elle apprend qu’il s’est envolé du

nid familial après une violente dispute

avec son père… De chagrin, la jeune fille

en perd l’appétit et même la raison, jusqu’au jour où elle reçoit par la poste

quelques mots griffonnés. A son tour, elle

s’enfuit pour tenter de résoudre le mystère

de la disparition de Loïc.

Quasiment tout au long du film, Lioret

aligne les notations réalistes et intimistes

d’une chronique en demi-teinte autour

d’une famille plongée dans le désarroi et

murée dans les secrets, le chagrin et le

mutisme et brosse en même temps le portrait tout en finesse d’une jeune femme de

notre temps, aussi perturbée que déterminée, avant de quitter ces sentiers bien balisés pour une direction tout autre dans les

dernières minutes qu’il convient de ne pas

dévoiler pour l’agrément des futurs spectateurs. Un retournement de situation qui

bouleverse complètement le point de vue

des spectateurs sur les événements passés,

à la manière du 6ème sens de Shyamalan.

On appréciera ou non le tour de passepasse, mais rien que pour l’interprétation

vraiment inspirée de la jeune Mélanie Laurent (Lili) et de Kad Merad (le père), Je

vais bien, ne t’en fais pas mérite d’être vu.

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