Loin de nous l’idée de nous indigner de
ces démarches, prouvant une solidarité
ethnique dont les indigènes de l’Hexagone pourraient utilement s’inspirer.
Les 10 et 11 novembre, 96,43 % des
communistes ont désigné Marie-George
Buffet pour les représenter à la présidentielle de 2007. Tout irait donc pour le
mieux pour le successeur de Robert
Hue. A ceci près que le collectif national
de la gauche antilibérale ne veut pas
entendre parler du numéro un du
PC“F”. Les 9 et 10 décembre, les délégués des collectifs auront donc le choix
entre cinq prétendants pour représenter
la gauche dite antilibérale : Buffet bien
sûr mais aussi José Bové, Clémentine
Autain, adjointe apparentée PC au maire de
Paris, Yves Salesse de la
fondation Copernic et
Patrick Braouezec, l’exmaire communiste de
Saint-Denis.
Mais les animateurs du
collectif refusent qu’un
dirigeant d’un parti politique porte les couleurs
de la gauche antilibérale
en 2007. Car, disent-ils, si Buffet est
investie, cela apparaîtra comme une candidature communiste pur jus et non
comme le choix autonome de la gauche
du non à la Constitution européenne.
“Fabien” ne l’entend évidemment pas
de cette oreille et les proches de MarieGeorge font valoir qu’elle est la plus légitime, la plus crédible, la plus connue et
que sa désignation va donc de soi. Fort de
ses 134 000 adhérents revendiqués et de
ses 10 000 élus, le PC “F” qui a mis ses
moyens financiers et humains au profit
des collectifs pour le non (beaucoup de
réunion s’étant déroulées au siège national du Parti) veut croire que les militants
de base de la gauche antilibérale, qui
comprend des Verts, des alternatifs, des
le fait par exemple que « 80 % de la
population pénale en France est constituée d’immigrés ou de Français issus de
l’immigration » peuvent aussi le rendre
sympathique.
Il faut néanmoins savoir que Pierre Lellouche est le plus sûr soutien hexagonal
de la clique “neo-conservative” au pouvoir à Washington. Il aime parler de sa
“copine” Condoleezza Rice, se réfère ad
nauseam à ses “copains” Richard Perle,
Paul Wolfovitz et autres Michael
Ledeen — le théoricien du “chaos” en
Irak. Echange de bons
procédés, ce sont eux qui
l’ont fait élire en 2004
président de l’Assemblée
parlementaire de l’OTAN,
où le député du IXe arrondissement de Paris se
déchaîne régulièrement
contre la nouvelle bête
immonde qu’est le « fascisme vert » ou l’“islamofascisme”, cible facile mais erronée de la
Maison-Blanche (voir RIV. du 10 nov.
2006).
A noter pourtant que cette allergie au
vert a des limites. A l’instar de ses gourous d’outre-Atlantique dont il est le
porte-voix en Europe, mais aussi de son
clone socialiste Dominique Strauss-Kahn
(qui a peu ou prou les mêmes inspirateurs… et les mêmes intérêts sionistes),
Lellouche est un partisan acharné de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Ainsi, à Jean-Pierre Raffarin qui
s’inquiétait en 2004, dans son style inimiEGLISE INCENDIÉE
A LYON : ENFIN
CHIRAC S’ÉMUT
Indice probant de la « tentation de
l’Elysée » taraudant à nouveau Jacques
Chirac et l’obligeant donc à ratisser
large ? Le 13 novembre, le chef de l’Etat
a réagi publiquement à l’incendie criminel ayant ravagé un lieu de culte catholique — en l’occurrence la sacristie d’une
église de La Duchère, quartier très
chaud du IXe arrondissement de Lyon.
« Le président de la République a appris
avec émotion et indignation l’incendie criminel de la sacristie de l’église Notre-Dame
de la Sauvegarde à Lyon. Il condamne très
fermement cet acte odieux et a demandé au
gouvernement de tout mettre en œuvre pour
rechercher et arrêter ses auteurs, afin qu’ils
soient très sévèrement punis », annonçait
un communiqué de l’Elysée publié lundi
13 novembre.
Cet acte odieux — et d’autant plus que,
quinze jours plus tôt, l’église avait déjà
connu profanations et dégradations —, le
quotidien dit catholique La Croix l’avait
expédié en une dizaine de lignes mais il
devait consacrer deux fois plus de place
le lendemain à l’émouvante solidarité
témoignée au primat des Gaules Philippe Barbarin par ses « frères en
Dieu » — notamment le recteur de la
Grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, et le Grand rabbin Richard Wertenschlag — proclamant que « lorsqu’un
lieu de culte juif, musulman ou chrétien est
ainsi attaqué, c’est l’ensemble des croyants
qui sont touchés dans leur foi ».
Mais, bien dressé, le P. François Christin, curé de Notre-Dame de la Sauvegarde, s’emploie à minimiser les choses :
selon lui, les incendiaires ne seraient nullement des profanateurs et leur geste,
bien que répréhensible, relèverait du
seul “vandalisme”.
Tel n’est pas l’avis de Bernard Antony
qui, au nom de l’AGRIF qu’il préside, a
annoncé se porter partie civile dans cette
affaire.
POLÉMIQUE POUR
UN PAPE DÉFUNT
Une statue monumentale (9 mètres de
hauteur) de Jean-Paul II, sculptée par
l’artiste russe d’origine géorgienne Zourab Tsereteli qui
l’a offerte au maire UMP
Paul Ancelin, sera-t-elle érigée sur la place de Ploërmel
déjà dédiée au défunt pontife ? Et, « provocation supplémentaire, le 9 décembre
prochain, jour anniversaire de la loi de
1905 de séparation de l’Église et de l’État »,
comme le déplore l’institutrice Marylène
Guillaume ? Militante
laïque de choc, Mme
Guillaume a constitué
contre la statue un collectif appelant à une “large
manifestation”. Pour M.
Ancelin, il s’agit avant
tout d’un hommage à « un
chef d’État étranger, géant
du siècle dernier et tombeur
du communisme » mais ses
adversaires redoutent que
la place où s’élèvera l’effigie de Jean Paul II ne
devienne « un lieu de culte
puisque le maire a lui-même
dit qu’elle serait un lieu de
pèlerinage », un « circuit
Jean-Paul II » entre
Ploërmel et le sanctuaire
voisin de Sainte-Anne
d’Auray (où s’était rendu
le prédécesseur de
Benoît XVI) étant en effet
envisagé.
Devant le tour qu’a pris
la polémique, le nonce
apostolique Fortunato
Baldelli, dont la présence
était prévue lors de
l’inauguration, risque fort
de se faire porter pâle,
ainsi que Bernadette Chirac, également invitée par
M. Ancelin.
Et la Turquie en Europe
L’américanomane Lellouche à la Défense ?
Fondateur-directeur (1951-1970) : René Malliavin
Directeur (1970-1973) : Pierre Dominique
Directeur (1973-1983) : Maurice Gaït
Directeur de la publication et de la rédaction,
Editorialiste : (Mme) Camille-Marie Galic
CONSEIL DE RÉDACTION :
J.-P. Angelelli, P.-P. Belesta, J. Bourbon, Chard,
J. Langlois, Cl. Lorne, Petrus Agricola, R. Versais.
Les manuscrits ne sont pas renvoyés — Il n’est pas tenu compte
des lettres et courriels anonymes.
ABONNEMENTS : 2 ans : 176 € — 1 an : 104 € — 1 an avec reliure : 134 €
— 6 mois : 58 € — 3 mois : 33 € — Soutien : 160 € — Propagande : 192 € — 80 € pour étudiants et chômeurs.
ETRANGER : 6 mois : 68 € — 1 an : 115 €. ● Supplément par avion : 21 €. ● Reliure : 30 € au guichet, 36 € franco.
● Pour tout changement d’adresse joindre 1,60 € et la dernière bande (ou indiquer l’ancienne adresse). Ecrire nom et adresse en CAPITALES. Délai dix jours.
Règlement par chèque établi sur une banque domiciliée
en France, à l’ordre d’Editions des Tuileries ou virement
à notre compte : La Banque Postale FR69 3004 1000 0104
5321 9K02 023 (BIC = PSSTFRPPPAR).
SARL “Editions des Tuileries”, au capital de 51 900 € pour 99 ans, à partir du 20 mai 1949.
Maquettiste : Bruno Archier— Imprimerie Rotos 93, 3 rue du Parc, 93155 Le Blanc-Mesnil cedex
— Dépôt légal : à parution — Principaux associés : M.-L. Wacquez, J.-B. d’Astier de la Vigerie,
F. Pichard. Gérant : Quitterie Saclier de la Bâtie. CPPAP n° 0208 I 82763, ISSN n° 0035 56 66.
1, rue d’Hauteville, 75010 Paris
www.rivarol.com — Rédaction : <galic@rivarol.com>
Administration : <contact@rivarol.com>
CCP Editions des Tuileries : 4532.19 K
Rédaction — Administration
Tél. : 01-53-34-97-97 — Fax : 01-53-34-97-98
4 décembre à Paris 16e
Salons Etoile-Marceau,
79 bis avenue Marceau,
de 13 à 18h.
3e Salon du Livre d’histoire
avec plus de 50 écrivains qui
dédicaceront leurs livres.
Rens. Parthénon événements :
06-66-61-25-17.
Buffet au placard ?
I
MAGE finale et caricaturale à la télévision de l’humiliante visite de Nicolas Sarkozy à Alger les 13 et 14
novembre : il enlace amoureusement
Abdelaziz Bouteflika (enfin, Sarko a
trouvé plus petit que lui !) après un entretien “amical” de quelques heures. A son
tour, Boutef’ se fend d’un communiqué sur
la France et l’Algérie « condamnées à un
avenir commun » et, après avoir avoué
qu’il avait été « très malade », se vante
d’en être sorti « d’une manière absolument
fabuleuse ». Sans en remercier, notons-le,
les médecins français du Val-de-Grâce qui
sont quand même pour beaucoup dans le
“miracle”.
Faisons maintenant la synthèse de ce
voyage dont Jean-Marie Le Pen s’est à
juste titre indigné le 16 novembre sur
France 2 en espérant qu’il dessillerait enfin
des yeux des naïfs de l’UMP. A Alger,
comme en a témoigné la presse locale, Sarkozy a été d’abord accueilli froidement, en
raison des propos tenus en octobre 2005
sur les “racailles” de banlieue et la nécessité de les « nettoyer au Kärcher », le quotidien El Watan l’accusant même d’avoir
« brouté sur les pâturages nauséabonds de
l’extrême droite lepéniste ». Et, ce qui a été
moins remarqué, lui reprochant son « soutien actif à l’Etat d’Israël »…
Il a cependant été traité comme un chef
d’Etat puisque, comme Mitterrand et Chirac avant lui, il fut autorisé à déposer une
gerbe au monument des “martyrs” surplombant Alger — des “martyrs” qui
avaient pu être en même temps des assassins et des bourreaux… Mais Sarkozy
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 5
salua leur mémoire avec émotion pour témoigner de sa
« façon de respecter les Algériens ». Il y eut ensuite, après sa
visite au cimetière français de
l’ex-Saint Eugène (fort mal
entretenu si l’on en juge par des
images furtives sur le petit
écran), cette scandaleuse déclaration sur le système colonial
“injuste” suivi d’une référence
énigmatique à « ces hommes et
femmes qui, à côté, quelles que
soient leurs origines, ont été
victimes de cette injustice ».
Colonisateurs et colonisés ainsi
mis dans le même sac mais,
pour les premiers, à condition
de s’humilier et de cracher sur
leurs ancêtres même si le président de l’UMP a reconnu que
« les fils ne doivent pas payer
pour leurs pères ».
A la veille du départ de Sarkozy, le Cercle
algérianiste qui, par ses milliers d’adhérents, est la plus importante organisation
des repliés, l’avait incité dans un communiqué à tenir au président algérien « un
langage de vérité » sur le passé français de
l’Algérie. Sur le terrain, on a vu les résultats. Loin de demander raison à son interlocuteur de ses propos insultants sur le
“génocide” prétendument infligé par la
France, Sarkozy a cautionné la vulgate
FLN sous prétexte d’éviter « les paroles
qui blessent ». Peu nous chaut qu’il n’ait
pas été jusqu’à la “repentance”, ou qu’il
n’ait pas fait état du « traité d’amitié » dont
le ministre algérien de l’Intérieur
Zerhouni, en recevant son homologue
hexagonal, a d’ailleurs précisé que, pour
l’instant, il n’intéressait pas son gouvernement. Place à “l’amitié” et à sa « réalité
quotidienne » ! Ce qui ne mange pas de
pain. Car Sarkozy a accordé aux Algériens
l’essentiel soit, comme nous l’annoncions
dans notre n° du 10 novembre, l’accélération de la procédure d’obtention des visas.
Encore que là-dessus, si l’on en croit Le
Canard enchaîné, il y ait eu un os. Les services français (DGSE, DST, RG) s’étaient
en effet inquiétés de la possibilité pour des
milliers d’islamistes algériens repentis
(officiellement) de venir librement en
France où ils auraient eu les coudées
franches pour reconstituer des réseaux.
Averti et pas mécontent de faire un crocen-jambe à son numéro deux, même si,
selon Le Nouvel Observateur, le voyage
avait été préparé à l’Elysée, Dominique
de Villepin lui aurait intimé par téléphone
Alors que la peine encourue par Kamli,
multirécidiviste d’actes délictueux commis sous l’empire de l’alcool, était de
10 ans de prison et que le procureur de
la République, en avait requis huit, le
chauffard s’en est tiré avec six ans seulement bien qu’après le drame, il eût
aggravé son cas en prenant la fuite en
Belgique — où il fut arrêté fortuitement
pour défaut de billet dans un train.
Ce qui est le plus étonnant toutefois est
que, malgré l’extrême gravité des faits,
Kamli avait échappé aux Assises, étant
simplement déféré devant un tribunal
correctionnel.
… ET RELAXE POUR
LE PROCUREURINFORMATEUR
C’est sans surprise aucune qu’on a
appris la relaxe par le tribunal correctionnel de Paris du
magistrat Albert Lévy,
poursuivi pour « violation du secret de l’instruction » après avoir
remis des pièces d’une
procédure (visant la mairie Front national et
Jean-Marie Le Chevallier) à un journaliste alors qu’il était substitut à Toulon en 1998, ledit journaliste,
Claude Ardid, bénéficiant de la même
clémence.
M. Albert Lévy, en effet, n’a-t-il pas
toujours argué que les accusations lancées à son encontre relevaient du seul
“antisémitisme” et qu’il était innocent de
toute indiscrétion ? Ce qu’a retenu le tribunal en estimant que « la seule circonstance que ce magistrat ait, dans l’exercice de ses
fonctions, détenu certaines des pièces litigieuses (…), jointe à sa proximité intellectuelle
et amicale avec Claude Ardid (…) ne saurait
constituer une preuve suffisante » pour les
condamner.
Au demeurant, la “persécution” qu’affirme avoir subie M. Lévy était des plus
bénignes puisque, s’il perdit son poste à
Toulon, ce fut pour se retrouver au parquet de Lyon, combien plus prestigieux.
APRÈS SANGATTE
Le 26 septembre dernier, la police procédait au démantèlement d’un squat
situé près de la gare maritime de Cherbourg (Manche). Le 12 novembre, c’est
un bâtiment municipal de la même ville
qui était investi par une cinquantaine de
clandestins, Irakiens, Iraniens, Syriens et
Afghans, tous désireux de se rendre en
Grande-Bretagne via les navires de la
compagnie transmanche Brittany Ferries
et refoulés à l’embarquement.
A quoi a donc servi la fermeture à
grand spectacle par Nicolas Sarkozy du
camp de Sangatte, près de Calais, sinon
à disséminer les clandestins dans toutes
les localités riveraines de la Manche et
de la mer du Nord, et donc à multiplier
les zones de problèmes ?
LES SUITES DU
DRAME DE CLICHY
Etrange titre d’une dépêche de
l’agence Reuters le 15 novembre : « Les
policiers de Clichy-sous-Bois échappent à une
mise en examen ». Les policiers en question sont bien sûr ceux qui avaient été
accusés d’avoir coursé le 27 octobre
2005 trois adolescents jusqu’à les inciter à se réfugier dans un transformateur
EdF où deux d’entre eux, le Tunisien
Zyed Benna et le Malien Bouna Traoré,
devaient mourir électrocutés.
Dans un premier temps, le seul rescapé, un jeune Turc, avait exonéré les
policiers de toute responsabilité dans ce
drame, qui devait donner le coup d’envoi à l’« intifada des banlieues », avant
de se rétracter à sa sortie de l’hôpital et
d’accabler les cinq fonctionnaires incriminés. Accusation reprise par le socialiste Jean-Pierre Mignard, avocat des
familles des deux victimes (et ami
intime du couple Hollande-Royal) qui
entendait bien obtenir une mise en examen. Celle-ci a donc été refusée par le
juge d’instruction Olivier Géron, qui a
cependant entendu les policiers en tant
que « témoins assistés », statut supposant l’existence d’« indices rendant vraisemblable la participation à l’infraction comme
auteur ou complice ».
Parce que, pour des policiers, poursuivre des individus soupçonnés d’un
délit constituerait désormais une
“infraction” ?
l’ordre de tenir bon sur ce sujet, l’accusant
en privé « d’attitude irresponsable, prêt à
lâcher sur les visas pour faire un coup politique ». Sarkozy-la-girouette (dixit Le Pen)
s’est cependant incliné, les autorités algériennes lui ayant assuré (?) qu’elles nous
fourniraient la liste des “indésirables” en
France. A noter qu’à Alger, le candidat à la
présidentielle a fait à la presse une déclaration de politique intérieure sur la candidature Ségolène Royal qui pour lui serait
« tout bénéfice ». Propos indécents dans un
pays étranger et de plus hostile. Il est vrai
qu’à plusieurs reprises, Chirac avait fait de
même. Mais ce n’est pas une excuse.
Le 15 novembre, la presse algérienne
enterrait la visite de Sarkozy en minimisant ses résultats avec des commentaires
du genre « beaucoup de bruit pour rien ».
Sans doute une ruse car le ministre
d’Etat, ministre de l’Intérieur a, volontairement ou non, fait un pas de plus politiquement et moralement dans l’obéissance
aux oukases d’Alger. Le comble, c’est
que après certaines informations, il disposerait dans les milieux dits “rapatriés”
et harkis de petits télégraphistes qui s’activeraient pour lui apporter, lors de la présidentielle, les suffrages des patriotes
« au cœur tricolore » comme disait feu le
colonel Battesti. Si cela se confirme,
nous en reparlerons.
Jean-Paul ANGELELLI.
Sarkozy à Alger : l’abaissement
Cet honneur insigne vous aura peut-être échappé mais c’est le Palais du Luxembourg
qui, grâce à la bienveillance du frère Christian Poncelet, président du Sénat et donc
deuxième personnage de l’Etat, a eu le plaisir et l’avantage d’héberger (à nos frais) la
réunion du Congrès juif mondial, présidé par Edgar Bronfman et dont l’invité d’honneur fut le 12 novembre notre Premier ministre Dominique de Villepin (voir ci-dessus
la belle photo figurant sur le site internet de Matignon). Inutile de préciser que l’auguste aréopage fut également reçu Place Beauvau — où fut évoquée l’effrayante recrudescence des « actes antisémites » : 30 en tout pendant le second trimestre 2005, voir
RIV. du 10 novembre — par Nicolas Sarkozy avant le départ du ministre de l’Intérieur
pour Alger, puis à l’Elysée pour un « échange franc, direct et chaleureux ». En effet, la France
fut à cette occasion vivement encouragée à « jouer un rôle de premier plan pour que le monde
aide l’économie palestinienne, gage de sécurité » (traduction : nous détruisons, vous payez). En
échange, et Chirac peut être content ainsi que la triade Fabius-Gayssot-Rocard, c’est la
législation française qui est citée en exemple au monde par le CJM « en matière de lutte
contre l’antisémitisme ». Quel privilège !
Aux petits soins pour le CJM
VERDICT CLÉMENT
POUR UN TUEUR…
Le 16 décembre 2005 à Thionville, un
certain Mohammed Kamli, en état
d’ébriété plus qu’avancée (deux bouteilles de whisky englouties), volait une
ambulance du SAMU et percutait quatre
fillettes revenant de l’école — et qui se
trouvaient sur un trottoir. Lola, 11 ans,
était tuée sur le coup. Son amie Julie,
11 ans également, restera handicapée à
vie et les deux jeunes sœurs de Julie
souffrent encore des séquelles de l’“accident”.
D.R.
www.rivarol.com
Chaque jeudi, vous pouvez consulter
notre site Internet, pour vous assurer
que notre hebdomadaire a bien paru et
en connaître le sommaire.
Pour toutes les correspondances
administratives, utiliser l’adresse
<contact@rivarol.com>, l’adresse
<galic@rivarol.com> étant réservée
au courrier rédactionnel. Les lecteurs
internautes qui souhaitent faire figurer
leur adresse électronique doivent le
spécifier et les autres peuvent nous
demander de transférer leur message
au correspondant choisi.
● De Robin TURGIS :
AUX PAYS DES
GRANDS MENSONGES
Comme l’a indiqué Jean-Paul Angelleli
dans son article sur l’insurrection hongroise (RIV. 27/10), David Irving aujourd’hui emprisonné pour ses idées avait
publié en 1981 un excellent livre sur le
sujet, intitulé précisément Insurrection ! Il
y insistait sur le fait qu’il ne s’agissait pas
d’une révolution avec ce qu’elle suppose
d’intrigues politiciennes, mais bien de la
révolte spontanée d’une population voulant
en finir avec la vie imposée par le régime
communiste. Les insurgés hongrois n’exprimaient pas pour autant le désir d’un
autre régime, comme s’ils avaient déjà compris en 1956 que tous les régimes ont leurs
tares et anticipé la mini-révolte de 2006.
Celle-ci est sans aucun doute la première
manifestation d’envergure contre les avatars
du néo-capitalisme libéral qui a succédé au
capitalisme d’Etat soviétique dans les pays
de l’Est. Comment ne pas voir dans l’aveu
d’un Premier ministre qu’il a « menti matin,
midi et soir » l’image même de la « société du
spectacle » qui règne sans partage dans le
monde actuel ? Et comment ne pas souscrire
a contrario à cette assertion de Céline :
« Aucun régime ne résisterait à deux mois de
vérité » ?
● De Jean-Claude L. <cjclahitte@wanadoo.fr> :
APRÈS LE CLEM’,
LE FRANCE-TITANIC ?
Bruno Mégret a dénoncé l’utilisation pour le
moins abusive par Michèle-Alliot Marie d’un
Chêne comme symbole de l’association qui
soutient sa précandidature à la présidentielle.
On sait que cet arbre est à la fois l’emblème et
le titre de l’organe du MNR dont le président
aurait pu aussi ironiser sur le fait que le
ministre de la Défense emprunte sans vergogne le symbole d’un parti qu’elle déteste
sans doute autant que le Front National, et
pour lesquels elle affiche un souverain mépris.
Il pourrait aussi envisager d’intenter un procès à la “plagiaire”. Ce qui lui permettrait, si
justice lui était (enfin) rendue, de récupérer les
sommes que lui ont soutirées, dans divers procès, certains tribunaux qui ne
lui voulaient pas que du bien.
Mais il nous est permis, à
nous simples électeurs, de
nous demander comment
MAM peut avoir la prétention de tirer d’une situation
pour le moins critique le
“France-Titanic”, elle qui a
géré de façon si calamiteuse
le dossier du Clemenceau. Un dossier pourtant
autrement moins compliqué.
● De Yves DALBERT :
LA GUERRE DE SYRIE
Le 20 octobre, l’ami Angelelli a consacré la
place qu’il méritait au livre bien documenté
d’Henri de Wailly sur La Guerre de Syrie de
juin-juillet 1941. De Gaulle, reniant sa parole
de ne jamais faire couler le sang français,
n’avait pas hésité à faire marcher contre nos
troupes loyales quelques maigres unités FFL
venues prêter main forte aux agresseurs angloaustraliens bien décidés à nous chasser du
Liban et de la Syrie. Comme chacun devrait le
savoir, l’immense majorité de nos 40 000 soldats composant l’Armée du Levant s’est refusée à rejoindre la “dissidence” en dépit de tous
les avantages que leur offraient les Gaullistes.
Bien mieux, j’ai rencontré il y a peu à Paris
un brave homme de confession israélite né en
1912 qui en faisait partie et avait lui aussi
choisi de rentrer en France, ajoutant malicieusement qu’il avait même reçu un « costume Pétain », désignant par là le costume
civil offert à leur retour à nos soldats rapatriés de Syrie.
Chaque officier ou soldat est passé devant
une commission constituée d’Anglais et de
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 6
Français des deux bords afin de se déterminer en toute liberté. C’est pourquoi il est faux
de prétendre, comme le fait l’historien breveté Azéma dans le livre qu’il vient de consacrer à Jean Moulin, que « les soldats voulant
rejoindre De G. ont eu les plus grandes difficultés à opter pour les FFL ».
● De Claude G. (courriel) :
UNE OCCUPATION
“PAS SI TERRIBLE”
Ce matin 18 octobre sur RTL, j’entends
l’opinion du journaliste et auteur dramatique
Remo Forlani sur la Cinémathèque française.
R. Forlani déclare : « Les Allemands lors de
l’Occupation ont plus aidé la Cinémathèque
que quiconque avant eux » et ce n’est « pas
être révisionniste de le dire ».
Et il ajoute : « L’Occupation n’a pas été si
terrible, lors de cette occupation et c’est grâce
à eux que nous devons d’avoir une si merveilleuse Cinémathèque. »
Il me semble que c’est une partie des propos de JMLP, lui étant poursuivi, ainsi que votre journal,
pour une phrase similaire.
DEUX poids DEUX
mesures.
Idem pour les auteurs corses
des SEPT attentats commis
contre des immigrés : 6 mois
à 7 ans de prison alors que M. Lajoye est
depuis 2 décennies enfermé, lui, pour UN seul
attentat sans victimes.
● De Alain D. (courriel) :
LES GOUMIERS EN CORSE
A propos du courrier de Christian G.
(n° 2782). Ce sont bien les Allemands, Panzergrenadiers et Waffen SS, que les goumiers ont affrontés et vaincus au col de
Teghime lors de la libération de la Corse, et
non les Italiens qui avaient tourné casaque
et appuyaient les troupes françaises.
● De R. R. (Paladru) :
MATRAQUAGE
Le matraquage médiatique destiné à nous
faire rentrer de force dans le crâne que les
immigrés sont là et bien là est de plus en
plus intense de semaine en semaine et de
plus en plus manifestement orchestré à
l’échelle nationale, et européenne, pour ne
pas dire mondiale.
— Un accident entre un train luxembourgeois et un TER français dans l’Est : qui
interviewe-t-on complaisamment pendant
de longues minutes sur la 1, et la 2, et probablement la 3 ? : un cheminot maghrébin
pour la France et un passager noir pour le
Luxembourg. N’y avait-il pas d’autres
témoins plus représentatifs ?
— Un fait divers très triste, relatif à des
meurtres de bébés : quel spécialiste en psychiatrie interviewe-t-on longuement pour
nous expliquer ce genre de problème ? Une
dame très bronzée et portant un nom à coucher dehors (mais qui apparemment,
cependant, couche en France).
● De Ginette R. (courriel) :
DRÔLE DE NEUTRALITÉ
Sur France Inter le 12 octobre de 8h45 à
9h, émission ouverte aux questions des
auditeurs sur un sujet donné. Ce matin, il
s’agit du refus de la Turquie de reconnaître
le génocide arménien. Lorsque l’animateur
déplore l’absence de liberté d’expression en
Turquie et que ceux qui tentent de s’exprimer sont emprisonnés, une comparaison
me vient immédiatement à l’esprit, c’est
tellement évident ! Et justement un auditeur l’a fait ! Aussitôt, sur un ton coléreux
et impératif, l’animateur interdit à l’auditeur de continuer sur le sujet du révisionnisme en France. Ce genre d’incident se
reproduit chaque fois qu’un auditeur ose
déborder si peu que ce soit de la ligne du
politiquement correct. Et cette radio nationale, que nous payons, revendique sa neutralité politique…
● De Jean-Marie L. (Etampes) :
CHANTAGE ET PROVOCATION
La famille Klarsfeld veut imposer aux
chemins de fer fédéraux allemands, la
Deutsche Bahn, la tenue d’une exposition
déjà imposée à la SNCF il y a quelques
années et censée retracer la déportation de
« Juifs de France » vers le Reich, ou plus à
l’est.
La Deutsche Bahn n’en veut pas : le brouhaha, l’agitation qui règnent normalement
dans les gares ne conviendraient pas au
recueillement qui siérait à une telle exposition. Ce n’est pas le meilleur argument. Si
j’étais en position d’en donner un ou deux,
je dirais que ce projet d’exposition constitue une provocation, et qu’il est dans
l’ordre des choses que parmi les victimes de
la Seconde Guerre Mondiale, celles qui me
tiennent le plus à cœur ne sont pas celles
que mettent en avant les « Fils et Filles des
déportés juifs de France », d’autant plus
que la loi Fabius-Rocard-Gayssot interdit
de revisiter la version du “tribunal” de
Nuremberg sur ces questions. A la fin, et
immédiatement après la Seconde Guerre
Mondiale, il y a eu des Allemands (et
d’autres), dont des enfants, qui ont été
expulsés, massacrés à raison de leur origine
ethnique. Alors que le souvenir des expulsions, des épurations ethniques ayant
frappé des Allemands, est encore tabou et
constitue un objet de contentieux du point
de vue de l’actuel gouvernement polonais,
l’imposition par le chantage moral d’une
telle exposition ne peut être ressentie que
comme une provocation.
● De Hervé Le M. (Avranches) :
CETTE FRANCE QUI CHANGE
II y a quelques semaines, une de mes cousines, qui vit aux Etats-Unis depuis plus de
trente ans, est venue me visiter, pour la première fois depuis 1994. Nous sommes allés
dans le Nord, avant de passer quelques
jours en Normandie. Quel n’a pas été
l’étonnement de cette parente de voir le
changement de notre pays au cours de ces
douze années ! Elle avait gardé une image
de la France où l’immigration était limitée
à quelques quartiers, en périphérie de certaines grandes villes. Mais lors de notre
pèlerinage familial, nous sommes passés
par de nombreuses localités du Nord et du
Pas-de-Calais et, pourtant prévenu, je me
suis moi-même trouvé surpris tant la présence d’allogènes est désormais massive,
même dans des villages.
Une anecdote : nous avons désespérément
cherché entre Lille et Arras un restaurant
français bon marché. Nous n’avons trouvé
que des gargotes chinoises ou des bouges
avec kebabs à emporter, déserts en période
de ramadan, et où l’employé de service
vous faisait sentir que votre présence
n’était pas désirée. Nous avons dû nous
rabattre sur un fast food, où nous avons
rencontré de jeunes Français de souche,
avachis, acculturés et ayant adopté les
codes de la culture-banlieue. Ce n’est qu’au
fin fond du bocage normand que nous
avons pu trouver une France préservée,
mais pour combien de temps encore ?
Avant de repartir, ma cousine, qui est plutôt de gauche et vote démocrate aux EtatsUnis, m’a confié que la France d’aujourd’hui lui faisait penser à un pays de l’ancien
bloc de l’Est en voie de tiers-mondisation.
Elle a même ajouté que si elle était restée en
France, elle en serait peut-être venue à voter
pour ceux qui défendent l’identité de la
France. Espérons que ce qui saute aux yeux
d’une expatriée, les autochtones de ce pays
s’en apercevront aussi.
● De Giacomo V. (courriel) :
PLÉBISCITE POUR
LA MESSE TRIDENTINE!
A propos de l’excellent article
de J. Bourbon sur Benoît XVI
face aux “tradis” et ses hésitations à rétablir le rite
tridentin : si vous voulez voter
pour (ou contre) la messe en
latin à l’occasion du sondage
organisé par le quotidien milanais Il Corriere della sera sur
Internet, il suffit de cliquer sur
le lien suivant :
<www.corriere.it/appsSondaggi/pages/corriere/d_176.jsp>.
Le 10 novembre, la messe en latin était plébiscitée par 78 % des internautes, chiffre
tombé à 74 % le 14 novembre.
● De François T. (Vendôme ) :
LIEN
Un petit lien à propos de la tristesse indicible de Camille Galic (RIV. du 15/9) devant
les églises brûlées de l’ex-Yougoslavie (par
l’Islam modéré ?) et le courriel de J. M. sur
les meilleurs qui s’en vont .
Qui n’a pas dans sa ville des vestiges
d’une église brûlée par les protestants et
achevée par les fils de la révolution, en
révolte contre l’Eglise (corps mystique du
Christ) par amour de la pauvreté ? trois
siècles après, l’on doit pleurer le départ de
riches bourgeois faisant défaut à l’économie française ? Cherchez l’erreur ! Il est
bon de rappeler que Bossuet, Mme de Sévigné , La Bruyère et La Fontaine ont célébré
la révocation de l’édit de Nantes ! Sans
doute pourra-t-on arguer de leur aveuglement idéologique par le rayonnement du
Roi Soleil. L’homme moderne devant sans
doute sa clairvoyance à la lampe
de poche Chirac !
● De Alex AUVRAY :
LA CIRCONCISION ET LA
DÉRIVE DU JUDAÏSME
L’article « Hervé Ryssen, psychanalyste du
judaïsme » (n° 2781) recoupe les thèses du
professeur Roger Dommergue de Ménasce.
Cet endocrinologue, psychologue, et accessoirement professeur à la Sorbonne, juif
lui-même, a proposé dès les années 1980,
dans une série d’ouvrages aujourd’hui difficiles à trouver, de considérer la « névrose
obsessionnelle » et autres syndromes pathologiques auxquels ressortissent, comme
l’observe si justement Ryssen, bon nombre
de comportements propres à la communauté juive, dont le perpétuel « lamento victimaire », comme le résultat d’une altération fonctionnelle du système endocrinien
consécutif à la pratique de la circoncision
pratiquée le 8e jour après la naissance.
Naturellement, il faudrait être soi-même
endocrinologue pour juger dans l’absolu du
bien-fondé de la thèse de Dommergue de
Ménasce.
En tant que juif, Dommergue de Ménasce
va d’ailleurs plus loin : pour lui, les individus dont l’auteur de Psychanalyse du
judaïsme étudie le comportement usurpent
le nom et la qualité de juif. Dommergue
définit et identifie ce groupe d’individus,
dont « Marx, Freud, Rothschild et
Picasso » sont selon lui le parangon, comme
la « secte athée et spéculative des circoncis
au 8e jour » et les considère comme de dangereux criminels menant le monde à sa
perte. Il appelle de ses vœux une prise de
conscience de la communauté juive quant à
ce phénomène essentiellement physiologique, et affirme qu’il suffirait d’abolir le
rituel pour que le comportement psychologique de ses congénères se normalise. Mais
on retiendra aussi et peut-être surtout que,
comme Céline et d’autres bien avant lui,
Dommergue de Ménasce s’interroge sur le
mystère de l’apathie, l’inconscience et l’esprit de soumission des “goys” face aux
menées d’une « poignée de circoncis ».
● De François DOP :
L’ALLEMAGNE CULPABILISÉE
J’ai assisté le 14 octobre 2006, depuis la
tribune dominant le champ de bataille
d’Iéna, à la reconstitution par plus de 1 500
figurants des combats qui s’étaient déroulés en ce lieu deux siècles plus tôt. Etaient
présents dans cette tribune une centaine de
Français, plus d’un millier d’Allemands, et
quelques Anglais.
Un défilé de toutes les troupes a clos cette
manifestation, et au passage des Français
les Anglais ont sifflé ! Puis la musique française joua La Marseillaise, et c’est alors que
les Allemands présents se levèrent : ce fut
un instant magnifique.
Je voudrais que ce témoignage donne à réfléchir
aux « bouffeurs de
Boches » encore trop nombreux dans nos rangs, qui
s’obstinent toujours à voir
dans le peuple allemand
(qui a fait avancer le monde par la science
et la technique, l’a illuminé par la philosophie et l’a enchanté par la musique) un
ennemi héréditaire et « un éternel candidat
à la civilisation » (dixit Maurras, dans son
Allemagne éternelle).
Il faut savoir que ce peuple ne supportera
peut-être plus longtemps cette culpabilisation qui paralyse l’Europe et la France :
c’est ce qui ressort des entretiens que j’ai
pu avoir au cours de ce voyage qui m’a
conduit de Berlin à Erfurt, en passant par
Weimar et léna.
● Nous avons le plaisir de dédier ce
numéro à Mme Marcelle B., d’Uppsala
(Suède), admirable « amie de RIVAROL » dont la générosité nous permet
de vous offrir ce Spécial 16 pages.
☞
UNE MISE AU POINT DE J.-PH. WAGNER
Qualifié dans notre n° du 3 novembre d’“ex-MNR”, le conseiller régional de Lorraine
Jean-Philippe Wagner, non inscrit, nous fait savoir qu’« il est totalement faux, ubuesque et
presque risible » de lui attribuer une appartenance à un parti qu’il a « dès le départ démasqué,
dénoncé et bombattu ». « Mon refus de suivre Bruno Mégret dans sa folle aventure scissionniste m’a
conduit à perdre mon emploi avant d’être réambauché par le patron du nouveau groupe FN, réduit de
13 à 4 membres, nous écrit-il. On m’a lors demandé, en contrepartie de mon emploi, de prendre des
responsabilités dans ce qui restait de l’appareil fantimatique du FN, moi qui n’en étais même pas
membre… Cet éclairage est indispensable pour comprendre ma situation actuelle : mon élection en
2004 comme conseiller régional sur la liste FN ne s’explique que comme récompense pour services rendus à ce parti (…).
Enfin, sachez que je ne suis pas “provisoirement conseiller régional MPF”, n’avait pas été élu et ne
me reconnaissant pas sous cette étiquette. »
● De Georges S. (Paris) :
UNE ETERNELLE QUERELLE
« La démarche scientifique et la démarche
religieuse semblent en contradiction l’une
avec l’autre… Les scientifiques poursuivent
l’œuvre du créateur. Ils ne sauraient se substituer à lui… L’éternelle querelle entre
scientifiques et croyants me semble caduque,
chacun prétendant détenir la vérité, c’est le
dogmatisme qui prévaut. Ce qui compte c’est
l’universalité du message. » Telle était la
réponse de Louis Leprince-Ringuet, dans
son livre « Foi du physicien ». Un message
toujours actuel.
● De Jean L. (Saint-Denis) :
SÉLECTIFS “ESSENTIELS”
Grâce au Figaro et moyennant une
dépense modique, nous avons pu acquérir
« Les Essentiels universalis », collection de
22 volumes constituant une somme encyclopédique intéressante.
« L’Encyclopédie thématique d’Universalis
repose sur un choix très sélectif d’articles
considérés comme les plus importants ou les
plus abordables, selon trois grands axes :
Culture, Sciences humaines, Sciences »,
nous annonçait le prospectus. On comprend bien qu’il fallait faire un choix dans
un domaine aussi vaste, mais on a pu
constater que ce choix a été en effet « très
sélectif » tout au moins dans la partie “Culture”.
Parmi les écrivains français, on ne trouve
ni Déon, ni Laurent, ni Nimier, ni Peyrefitte, Raspail ou Perret, pas plus d’ailleurs
que Dutourd ou Druon. Et si Blondin a
trouvé une place, on peut supposer que le
seul des “Hussards” rescapé le doit à Gabin
et Depardieu et à ses chroniques sportives
dans le quotidien L’Equipe.
En revanche, figurent en
bonne place Ben Jelloun,
Didier Daeninckx,
Modiano, Pérec, Sollers…
Montherlant et Morand
n’ont quand même pas été
“oubliés” mais ils tiennent
chacun la moitié de la place accordée à
Pérec.
Quant à Alexis Carrel, on ne le trouvera
pas plus dans la partie “Culture” que dans
les parties « Sciences humaines » et
“Sciences”.
Consolation : le célèbre penseur-philosophe, vedette des media, qu’est BernardHenri Levy est lui aussi absent.
● De Jean D. (Toulon) :
MÉPRIS
Recevant le président Iouchtchenko, Chirac
nous a annoncé la candidature de l’Ukraine à
l’Union européenne. Ainsi, malgré les refus
français et hollandais et l’hostilité connue
d’autres nations, le système dit “européen”
continue sa route comme si de rien n’était.
Ce mépris évident de nos volontés va fatalement entraîner, à brève échéance, certaines contestations…
Je souhaite y voir participer activement
l’union des vraies droites françaises et
européennes.
Elles peuvent, dans le contexte actuel, rassembler l’opinion de beaucoup en faisant
entendre leurs voix autour des thèmes :
l’« Europe aux Européens » ; le retour aux
sources : l’Europe des Six ; et la généralisation des référendums, pour rendre aux
peuples la parole que leur ont confisquée
leurs représentants nationaux et européens.
● De Jean-Paul R. (Evecquemont) :
PLAISIR ET NÉCESSITÉ
Lire RIVAROL chaque semaine est toujours un plaisir et une nécessité. Et ce
depuis mes 17 ans, en 1964. Bravo en tout
cas à toute l’équipe ! Et j’avoue avoir eu
une mauvaise pensée : celle de commencer
à jouer (et bien sûr de gagner !) au Loto et
autres attrape-nigauds, afin de pouvoir
faire profiter chaque semaine les rivaroliens d’un 20 pages ! Votre talent serait-il
diabolique ? Bien nationalement vôtre.
● De Gérard N. (Lyon) :
LE BILAN DE VILLEPIN-SARKOZY
9 000 actes de « violence urbaine » ont été
recensés par les Renseignements Généraux
tous les mois depuis janvier 2005, dont
deux tiers d’incendies criminels (plus de
20 000 véhicules ont notamment été brûlés
entre le 1er janvier et le 1er septembre).
L’année 2005 devrait, en atteignant 100 000
faits significatifs enregistrés, constituer un
nouveau record : malgré un changement de
système de comptage, les RG n’avaient
recensé que 28 500 faits en 2000, et l’ensemble des forces de police 50 000 en
2001… Voilà le brillant bilan du passage
Place Beauvau de Villepin et de Sarkozy
qui, pas gênés par leur terrible échec, se
disputent l’Elysée !
N° 2787 — 24 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 7
I
L EST légitime que l’Etat intervienne
sur le cadre juridique dans lequel se
déroule la vie économique et le modifie en fonction des circonstances. Il peut
même intervenir dans la sphère économique pour garantir la sécurité nationale,
la stabilité sociale, une plus grande justice distributive, etc. Par contre, il doit
s’abstenir d’intervenir si les décisions
prises ne sont pas compatibles avec le
mécanisme des prix, c’est-à-dire à
l’adaptation de l’offre à la demande. Il
devrait s’assurer de l’efficacité des
mesures prises, puis respecter deux
conditions : déclarer le coût public de ses
interventions, les financer à l’aide de prélèvements fiscaux dans le cadre d’un
budget et d’une trésorerie en équilibre.
Or, en réalité, l’Etat, quand il fait légiférer sur les entreprises ou les salariés, se
garde bien de chiffrer la perte de bienêtre ou de pouvoir d’achat que cela
entraînera pour la collectivité des
consommateurs, et l’accroissement des
charges que cela provoque pour la masse
des contribuables ou des assurés sociaux.
Les organisations patronales supportent
le fait qu’elles n’ont pas su, pu ou voulu
s’opposer à une politique à prétention
sociale et redistributive, en démontrant
qu’elle imposerait des charges telles à la
production qu’elle ne pourrait plus supporter la concurrence des prix mondiaux,
avec pour conséquence une double incapacité : ne pas pouvoir résister sur le marché national aux importations à faible
coût de main-d’œuvre et, bien sûr, ne
plus vendre à l’étranger, ou en tout cas
beaucoup moins. Les conséquences
immédiates sont le chômage, la précarité
et de faibles rémunérations conduisant à
de légitimes revendications en vue de
retrouver du pouvoir d’achat.
Paradoxalement, et en totale contradiction avec les règles du libéralisme économique, le MEDEF de
Mme Laurence Parisot, la
CGPME, les éminents et
très médiatisés porteparole du capitalisme, du
libre-échangisme et de
l’économie de marché,
n’ont aucun scrupule. En
effet, exiger de l’Etat protection, soutien et renflouement qui les transforment en castes privilégiées revendiquant
l’appropriation privée des bénéfices et la
socialisation des pertes, leur enlève à la
fois toute raison d’être et enterre le libéralisme économique dont ils se disent les
champions. On sait que la multiplication
des mesures d’exonérations patronales
mises en place depuis 1993 s’élèvent à
plus de 22 milliards d’euros par an. Personne ne peut objectivement dire si ces
exonérations ont eu un impact positif sur
l’emploi. Ce que l’on sait, c’est que le
gouvernement Villepin va rajouter
640 millions d’euros pour alléger les
charges sociales des très petites entreprises, moins de vingt salariés, à hauteur
de 1,6 smic. S’ajoutera la prime transport
dont la distribution sera laissée au bon
vouloir des entreprises, qui les incluront
dans les prix de vente, et par conséquent
de manière particulièrement injuste pour
les salariés. A l’exception des fonctionnaires qui savent déjà qu’ils en bénéficieront dès le 1er janvier 2007.
Ces exonérations n’ont du reste pas
empêché la disparition de 74 000 emplois
en 2005 dans l’industrie manufacturière,
ni la stagnation de la production industrielle, ni la forte progression des importations de produits manufacturés, ni la
place déclinante de l’industrie française
sur le marché national, ni sa perte de terrain face à la concurrence mondiale.
Enfin, avant que les salaires des Chinois,
Indiens et autres Brésiliens ne rattrapent
ceux des salariés français, les mesures
d’exonérations à hauteur de 1,6 smic
auront une conséquence : bloquer les
salaires et le pouvoir d’achat. Si ce n’est
pas du dirigisme, ça y ressemble beaucoup !
On comprend mieux pourquoi le Front
national n’a jamais été invité aux journées du MEDEF.
Paul PERALDI.
Le patronat français s’accommode du dirigisme
L’artiste
antiraciste
poursuivi
par la LICRA
S’il est un adage latin qu’il devient
urgent de connaître dans la France de
notre époque, c’est bien : « Hodie mihi,
cras tibi ». Aujourd’hui, c’est mon tour,
demain, ce sera le tien.
C’est pour l’avoir méconnu qu’un certain Jean-Louis Bartalini, journaliste
dans une feuille antiraciste et président
d’un bidule d’art contemporain à Aix-enProvence, vient de comparaître devant le
tribunal correctionnel de cette ville. Il
était poursuivi par la LICRA — et par le
parquet, puisque l’on sait que la justice
n’a rien à refuser aux officines antiracistes, et plus particulièrement à celle-là.
En novembre 2003, ledit Bartalini avait
exposé, pendant quatre longs jours, une
affiche qui montrait une succession de dessins :
le premier était
une croix gammée, qui se
démantibulait au
fil des autres dessins, pour aboutir
à une étoile de
David. La légende
de l’ensemble
était explicite : « Ghetto de Varsovie,
ghetto de Gaza, SVP stop ! » Provoc’
supplémentaire : l’affiche, dont l’auteur
n’a jamais été identifié, était signée du
pseudonyme d’Eduardo… Cohen !
On imagine la fureur de la LICRA.
Devant ce crime d’antisémitisme, le parquet a requis une amende de 3 000 euros
avec sursis. Ce qui n’est finalement pas
grand’chose. Il est vrai que Bartalini fait
partie du sérail des cultureux antiracistes…
Tout penaud, il a rappelé, pour sa
défense, qu’il était un « journaliste militant », qu’il avait toujours lutté « contre
le racisme, l’antisémitisme et l’extrême
droite » et — sa botte secrète — qu’il
était fils de déporté. Ce viatique lui a
donné l’audace de s’interroger, avec
beaucoup de modération, sur les limites
de « la liberté d’expression des artistes ».
Et si l’on parlait de la liberté d’expression tout court ? De celle des journalistes
de la presse libre, des hommes politiques
n’appartenant pas au Système, des universitaires refusant de s’agenouiller
devant les dogmes ? Et aussi des artisans
qui sont traduits en justice s’ils préfèrent
embaucher des Blancs, des chauffeurs de
bus qui n’osent pas désigner ceux qui
incendient leurs véhicules autrement que
sous le vocable de “Jeunes” ?
La décision sera rendue le 5 décembre.
Quelle qu’elle soit, elle aura démontré au
prévenu qu’il est une catégorie de personnes que l’on n’a pas le droit de mettre
en cause…
Luc DELONCLE.
Article 21/2 : Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux
fonctions publiques de son pays.
Extrait du dernier album de CHARD :
Ma Déclaration des Droits de l’Homme
10 € l’exemplaire (12 € franco) ou 25 € les 3 (29 € fco).
Dédicace sur demande. Chèques à Editions des Tuileries,
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.
Du 13 au 19 novembre a été organisée par l’Association pour l’insertion sociale
et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT) la dixième « Semaine de
l’emploi des personnes handicapées », dont 246 000 voudraient trouver leur place
sur le marché du travail, et les ministres (Philippe Bas et Gérard Larcher) présents à ces différentes manifestations ont rivalisé de démagogie.
Reste, déplore l’ADAPT, que, pour l’heure, le taux de chômage des handicapés est toujours le double de la moyenne nationale, autour de 20 % car « 62 %
des employeurs n’ayant pas de handicapés dans leurs effectifs émettent des réserves à
en embaucher ».
Mais, surtout, ces invalides ne se trouvent-ils pas en concurrence directe avec
les personnes issues des « minorités visibles » dont gouvernement et partis politiques s’acharnent à accélérer l’embauche au détriment des indigènes ? Avant
de privilégier des étrangers devenus français par confort, il serait donc bon de
pratiquer en faveur des handicapés la préférence nationale. D’ailleurs, les différences administrations françaises, qui ouvrent si grand leurs portes aux Coloureds, sont beaucoup moins accueillantes pour les handicapés : 2 à 4 % seulement
parmi leurs effectifs. Ne serait-ce pourtant pas à l’Etat de montrer l’exemple ?
Les handicapés après les “minorités visibles”
LE DÉSAVEU par le peuple américain
de la stratégie des néo-conservateurs
en Irak et dans tout le Moyen-Orient
aura des conséquences bien plus importantes
que prévues initialement. Il semble bien que,
pour réussir un retrait honorable d’Irak,
Washington envisage une solution globale
sous la suggestion pressante de Tony Blair
dont le chef d’état-major, le général
Richardf Dannatt, avait dénoncé publiquement les erreurs commises par les “libérateurs” et préconisé courant octobre un
« retrait rapide » d’Irak. Alors, ce qui est
annoncé le lundi 13 novembre est démenti
le mardi 14, dans une confusion qui prouve
bien qu’on cherche, dans l’affolement, des
pistes de sortie du piège ou l’on s’est fourré
soi-même. Comme nous l’avons toujours
écrit, un scénario se dessine qui va confirmer que la guerre stupide et criminelle
déclenchée contre l’Irak de Saddam Hussein
aura les effets contraires à ceux recherchés.
CHAOS MEURTRIER,
CONFESSIONNEL ET ETHNIQUE
La chute du régime diabolisé devait entraîner un choc démocratique et une contagion
vertueuse sur un espace promis à la prospérité : le « Grand Moyen-Orient ». Le départ
précipité et un peu honteux des Syriens du
Liban correspondant à une repentance de la
Libye de Kadhafi a fait penser à certains que
le processus était lancé. Il aurait fallu, pour
que cette utopie américaine eût un début de
commencement de chance de se réaliser, que
l’Irak soit un exemple enthousiasmant. Or
c’est le chaos meurtrier confessionnel et ethnique qui s’est engouffré dans le trou noir
laissé en héritage par les Américains à la
place de la jeune nation artificiellement
fabriquée au début du XXe siècle et si difficilement unifiée. Le 21 novembre, Bagdad
(sous administration US) a ainsi renoué avec
Damas des relations diplomatiques rompues
depuis 25 ans !
Il est vrai que le chaos (maîtrisé par eux)
faisait partie du plan des faucons du Pentagone qui envisageaient, dans leur délire, un
Moyen-Orient recomposé en fonction d’entités démocratiques issues des Etats actuels
et planifiant une sorte de balkanisation instaurant la supériorité définitive d’Israël et le
contrôle des ressources énergétiques de la
région. Mais trop de chaos a tué le chaos
envisagé par les démiurges américains, et si
le Moyen-Orient se redécoupe, ce ne sera
pas comme l’espéraient Bush et ses mentors,
mais plutôt au profit de la Syrie et de l’Iran.
Si, pour sortir les Anglo-Saxons d’Irak, il
faut négocier globalement avec Damas et
Téhéran en incluant le dossier palestinien,
cette orientation a de quoi inquiéter Israël
mais aussi et surtout le Liban.
A Téhéran, justement, certains rêvent déjà
du grand arc chiite et, à Damas, on voit
renaître une Grande Syrie reconstituée avec
le Liban et, pourquoi pas ? une association
avec la partie sunnite de l’Irak comme
l’avait ambitionné l’émir Fayçal à l’issue de
la Première Guerre mondiale. Se servir de
l’Iran et de la Syrie comme planche de salut,
cela implique des concessions aux deux
capitales. Et c’est un revirement si
capital que ce « chemin de Damas » ne
se fera pas en ligne droite.
GRAND MOYEN-ORIENT,
ADIEU !
Le président Bush peut difficilement
se rallier sans traîner les pieds à cette
nouvelle politique même si elle est
suggérée par le rapport qu’il a
demandé à l’ancien secrétaire d’Etat
James Baker et fortement appuyée par
Blair. Lequel, après avoir envisagé de
rendre publique et d’officialiser la
solution passant par Damas et Téhéran, a fait une marche-arrière remarquée, correspondant d’ailleurs au
séjour aux USA du Premier ministre
israélien Ehoud Olmert. Le Premier
ministre britannique a été également
entendu par la commission Baker qui
doit remettre d’ici la fin de l’année ses
recommandations sur une éventuelle
révision de la politique américaine en
Irak. Mais ses travaux ont pris un tour
nouveau depuis la victoire le
7 novembre des démocrates aux élections
de mi-mandat aux Etats-Unis. Les membres
du Groupe d’études sur l’Irak ont déjà
passé une journée à la Maison-Blanche, ils
ont donc d’abord rencontré dans le Bureau
Ovale le président Bush accompagné du
vice-président Dick Cheney, du conseiller
à la Sécurité nationale Stephen Hadley et
du secrétaire général de la Présidence John
Bolten. La commission devait avoir ensuite
toute une série d’entretiens séparés avec la
secrétaire d’Etat américaine Condoleezza
Rice, le secrétaire à la Défense démissionnaire Donald Rumsfeld, le directeur du
Renseignement national John Negroponte,
le directeur de la CIA Michael Hayden,
l’ambassadeur américain à Bagdad Zalmay
Khalizad et le général George Casey, com8 N° 2787 — 24 NOVEMB
mandant en chef des forces américaines en
Irak.
Tony Blair a donc précisé sa position.
Ayant déclaré à maintes reprises que les
soldats britanniques resteraient en Irak jusqu’à ce que les forces irakiennes puissent
assurer la sécurité du pays, il avait, lors de
son discours annuel de politique étrangère,
appelé l’Occident à faire pression sur
l’Iran pour aider à pacifier l’Irak et à stabiliser le Moyen-Orient. Il a également
affirmé qu’une « stratégie globale au
Proche-Orient » était nécessaire pour trouver une issue à la guerre.
Environ 7 200 soldats britanniques sont
basés dans le sud de l’Irak, un engagement
qui a déjà coûté au Royaume-Uni plus de
4 milliards de livres (5,9 mds d’euros)
depuis 2003, selon des chiffres officiels.
Quatre soldats anglais ont été tués en Irak
le 12 novembre, portant le total des pertes
britanniques à 125 depuis le début de la
guerre, et suscitant de nouveaux appels en
faveur d’un réexamen de la stratégie de
Londres.
Bush et Blair, désavoués, ne résisteront
pas longtemps malgré les belles déclarations martiales qui suivent les ballons d’essais politiques. On comprend donc les
inquiétudes de Tel Aviv et de Beyrouth.
Surtout que le Britannique, s’il est revenu
sur son nouveau positionnement vis-à-vis
de l’Iran, a précisé qu’il fallait en premier
lieu régler le problème palestinien, sans
exclure la Syrie, source de tous les maux.
Voilà qui concerne directement Israël et
aussi, car tout se tient, le Liban.
La défaite électorale de Bush a fortement
inquiété le Premier ministre israélien, luimême en grande difficulté malgré son
alliance politique avec la droite la plus
extrême (voir RIV. des 10 et 17 nov.). Six
mois après avoir été chaleureusement reçu
à la Maison-Blanche dans la foulée de sa
victoire électorale, Ehoud Olmert s’est
donc à nouveau rendu à Washington, mais
dans des circonstances beaucoup moins
confortables. Alors qu’en mai dernier, il
envisageait encore un retrait partiel de Cisjordanie et l’évacuation de dizaines de milliers de colons, il est aujourd’hui confronté
à une dangereuse escalade sur le dossier
palestinien et à une crise de confiance sur
le plan intérieur. Ce déplacement intervient
dans un contexte de réprobation internationale visant Israël suite à la tuerie de Beit
Hanoun, dans la bande de Gaza.
Certes, au Conseil de sécurité de l’ONU, les
Etats-Unis ont opposé le 11 novembre leur
veto à un projet de résolution arabe condamnant les opérations militaires d’Israël à Gaza
et ils ont tenté de rassurer Olmert quant à l’isolement de l’Iran et le refus maintenu d’empêcher l’ex-Perse d’accéder au nucléaire. L’IsMoyen- O r i ent , Amé r ique la
Marxloh est le quartier de Duisburg dans
lequel sera prochainement terminée la
construction de la plus grande mosquée
d’Allemagne, Merkez-Moschee. Le 8 septembre dernier, une cérémonie réunissant
les autorités politiques et religieuses, a
célébré la fin du gros œuvre qui prévoit un
minaret de 34 mètres de haut. La mosquée
pourra accueillir 1 300 fidèles dans un
environnement adéquat : les boutiquots
turcs et les vendeurs de kebabs figent déjà
depuis plusieurs années l’essentiel du paysage et l’activité de Marxloh où la population étrangère, qui n’a cessé de croître,
représente plus du tiers de l’ensemble des
habitants de ce quartier de Duisburg jadis
considéré comme attrayant.
Toutes ces manifestations n’alarment pas
les responsables politiques de Rhénaniedu-Nord-Westphalie. La coalition “rougeverte” en place jusqu’en 2005 avait nommé
ce projet de construction « Das Wunder
von Marxloh » (Le Miracle de Marxloh).
L’enthousiasme de l’actuelle coalition de
droite n’est pas moins prononcé. Le
A Duisbu
grande mo
raélien a pour sa part plaidé pour une initiative de paix mais il a irrité les démocrates en
affirmant sans rire que la guerre d’Irak avait…
« apporté la stabilité au Proche-Orient » !
L’IRAK EVACUÉ,
LE LIBAN RÉOCCUPÉ ?
En rapprochant les frères ennemis, l’offensive sioniste sur Gaza pourrait permettre aux Palestiniens de former finalement leur gouvernement introuvable.
L’agression également sioniste du Liban
débouche comme on pouvait s’y attendre
sur une crise politique qui est la remise en
cause du fragile équilibre instauré après le
départ des Syriens. De nombreux Libanais
craignent que le retour diplomatique de
Damas pour faciliter l’évacuation de l’Irak
ne débouche sur une nouvelle réoccupation, même limitée à une tutelle politique
sur leur pays.
Lequel ne cesse de s’enfoncer dans l’anarchie. Avant l’assassinat mardi dernier du
maronite Pierre Gemayel, fils d’Amine,
ancien président du Liban, neveu de
Béchir, le chef maronite lui-même assassiné, et membre du gouvernement
Siniora, une nouvelle étape avait été
franchie avec la démission le
13 novembre du dernier ministre prosyrien et la réunion d’un gouvernement
jugé désormais illégitime par le président Emile Lahoud. Ce dernier refuse
d’ailleurs l’étiquette de prosyrien dont
on l’affuble mais en revanche il accuse
Chirac d’être « néfaste pour le Liban »
car, pour des raisons personnelles, le
président français jouerait exclusivement la carte du clan Hariri et justifie un
retour en force de la France au pays des
Cèdres, ce qui pour Lahoud est une
erreur et un anachronisme.
Sixième ministre (chargé de l’Environnement) à claquer la porte du gouvernement pro-occidental dirigé par
Fouad Siniora, Yacoub Sarraf est un
chrétien maronite partisan de Lahoud
et de l’entente avec la Syrie comme
l’est le général également chrétien
Michel Aoun. Les maronites sont diviIran-Syrie : “Axe du mal”
ou planche de salut ?
BAGDAD : RAPT DE MASSE
Depuis l’invasion américaine, on croyait avoir tout vu en Irak mais le 14 novembre a
réservé une surprise de taille avec l’attaque à Bagdad du ministère de l’Enseignement supérieur où une quarantaine de personnes ont été prises en otages avant d’être relâchées le
lendemain.
Les ravisseurs étaient arrivés en plein jour au ministère dans le quartier de Karrada à
bord d’une vingtaine de véhicules semblables à ceux utilisés par les forces de sécurité. Ils
portaient les uniformes des commandos de la police irakienne, et cinq haut gradés de cette
dernière ont d’ailleurs été arrêtés après ce rapt dont, selon le Premier ministre Maliki, les
auteurs « sont encore pires que les takfiris », terme définissant les extrémistes sunnites fidèles au
président Saddam Hussein. Pour M. Maliki, toutefois, ce spectaculaire enlèvement collectif
« n’a rien à voir avec le terrorisme, c’est le résultat d’un conflit entre les milices de tel ou tel camp ». Mais
jusqu’à quelles extrémités ira la meurtrière « guerre des milices » dont crève la capitale irakienne ?
AL-JAZIRA EN ANGLAIS
C’est le 15 novembre, en pleine confusion sur l’avenir du « Grand Moyen-Orient » que
Al-Jazeera English (AJE), version anglophone de la chaîne de télévision qatariote al-Jazira,
a commencé à émettre ses informations en continu. Ce qui va faire d’elle une redoutable
concurrente de CNN et de BBC World.
Très recherchée pour ses images et reportages, al-Jazira était en effet incompréhensible
pour l’immense majorité des musulmans d’Afrique et d’Asie, qui ne parlent pas l’arabe.
C’est dire si la nouvelle chaîne, qui émettra à partir de trois bastions (Washington, Londres
et Kuala Lumpur, en Malaisie) équipés d’une matériel ultra-moderne, était attendue. Dans
un premier temps, elle diffusera ses journaux d’information 12 heures par jour, à la grande
fureur de la Maison-Blanche qui accuse al-Jazira d’être le « porte-voix des groupes extrémistes »,
particulièrement en Irak où elle est interdite depuis 2004.
PERSEVERARE…
Libéré de prison le 20 octobre, un
homme a eu le temps de commettre huit
cambriolages avant d’être arrêté le lendemain près de Namur en possession de
bijoux volés, rapporte l’agence Belga. Qui
ne précise pas, hélas, l’identité de ce
“Belge” si actif.
9
l’Iran (pour y favoriser de prétendus
“modérés”) et servant à financer les
“Contras” antisandinistes. Cette affaire
avait failli coûter à Gates sa nomination en
1991 à la tête de la CIA. On l’avait aussi
soupçonné d’avoir manipulé des rapports
pour noircir l’URSS.
Gates luttait partout contre l’« empire du
mal », qui n’était pas tout à fait le même
qu’aujourd’hui, et faisait du zèle. Il
retrouve tout de même l’Iran (à front renversé) et le Nicaragua dans ses dossiers, ce
qui ne manque pas de saveur. Le monde de
l’ancien Gates a bien changé, et qui sait ce
que le nouveau Gates nous réserve ? Le
monde d’Ortega aussi a changé, et il a été
élu dans le mouvement anti-gringo, évoqué
ici même le 3 novembre. Sa victoire a été
saluée par le Brésilien Lula et le Vénézuélien Hugo Chavez qui s’est réjoui que « les
peuples se lèvent à nouveau » et que soit
en marche « l’union des révolutions sandiniste et bolivarienne pour construire le
socialisme du XXIe siècle ». Elle a aussi
réconforté l’égrotant Fidel Castro qui a fait
lire à son « cher Daniel » un message exaltant « cette grande victoire sandiniste
[qui] remplit notre peuple de joie et discrédite le gouvernement américain terroriste
et génocidaire ».
Le 25 février 1990 à cinq heures du
matin, Daniel Ortega, les larmes aux yeux
et seul face à quelques dizaines de journalistes, avait reconnu sa défaite, la présidence du Nicaragua lui ayant été ravie par
la libérale Violetta Chamorro. Il devenait
le premier dirigeant révolutionnaire
d’Amérique latine arrivé au pouvoir par les
armes à le quitter par les urnes, mais se
jurait d’y revenir par tous les moyens. Il a
mis du temps, mais la troisième tentative a
été la bonne. Il n’a d’ailleurs pas hésité à
passer au parlement un pacte avec l’ex-préMBRE 2006 — RIVAROL
sident de droite
Arnoldo Aleman,
aujourd’hui en résidence surveillée pour
corruption. C’est dire
la sincérité des convictions et des conversions du sandiniste !
« Un tigre qui n’a pas
changé ses rayures »,
dit Paul Trivelli, l’ambassadeur des EtatsUnis à Managua qui
aura tout fait pour
l’empêcher de gagner.
« Il se déguise », dit
Eduardo Montealegre,
candidat de droite de
l’Alliance libérale
Nicaraguayenne.
Retrouvant avec
38 % des suffrages la
présidence du Nicaragua qu’il avait donc
perdue en 1990, l’exchef guérillero doit sa
victoire à la division de la droite libérale,
toutefois majoritaire en voix et au Parlement.
Le néo-sandinisme devra donc naviguer
avec prudence entre l’amitié de Fidel Castro ou d’Hugo Chavez et
l’aversion de George
W. Bush. Mais que va
faire réellement Ortega,
cela reste largement un
mystère. Et sa campagne
n’a pas apporté de
réponses claires. Sur les
notes de « Give a chance
to peace » du défunt John Lennon, prônant
la “réconciliation” et un “amour” quasi
biblique tant il invoquait « Dieu qui nous
donne la force de l’esprit », faisant voter
par les députés sandinistes l’abolition de
l’avortement et enfin marié avec sa compagne et mentor Rosario Murillo pour ne
plus vivre dans le péché, l’ancienne idole
des guérilleros d’Amérique centrale, qui a
eu 61 ans le 11 novembre, n’a pas prononcé le mot “nationalisation” pendant
toute sa campagne électorale… A nouveau
« aux Affaires » (et doublement, car il ne
passe pas pour un modèle d’intégrité, de
même que sa nombreuse parentèle), iI y
sera secondé par le vice-président Jaime
Morales Carazo, … ex-banquier et exmembre de la “Contra” ! Soit la contrerévolution financée et armée par Washington grâce à Gates et à tous ses amis pendant la guerre civile contre le régime sandiniste présidé de 1979 à 1990 par Daniel
Ortega.
Les voies de Dieu sont impénétrables et
celles du marxisme sud américain encore
plus. Sans parler des chemins qui mènent
au Pentagone.
P.-P. B.
No comments:
Post a Comment
اكتب تعليق حول الموضوع