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11/21/25

 


VIENNE : L’“EXTRÊME

DROITE” RÉSISTE

Si Lula a été sanctionné pour corruption, le Premier ministre hongrois Ferenc

Gyurcsany a été étrillé aux élections

municipales pour mensonge. Là aussi, les

sondages le donnaient gagnant alors qu’il

ne sauve la mise, et encore de justesse,

qu’à Budapest. Il ne veut pas démissionner mais le président hongrois l’a cependant désavoué.

Cette parodie de démocratie qui a provoqué la fureur populaire (voir édito du

29/9) et jeté les foules dans la rue est

l’objet d’un reportage sur place voir cicontre.

Les sondages qui voyaient le socialiste

s’en tirer en pays magyar pronostiquaient

la victoire du conservateur en Autriche.

Voilà qui peut sembler étrange, on aurait

plutôt vu la sondocratie tenter de privilégier le socialiste autrichien. Ce serait

oublier que le chancelier Schüssel, diabolisé en 2000 et mis au ban de l’Europe

pour son alliance électorale avec le

“populiste” Jörg Haider, est depuis considéré comme un saint démocrate puisqu’il

aurait réussi à marginaliser les méchants

xénophobes.

Malgré ses bons résultats en matière

économique, Wolfgang Schüssel est donc

devancé d’une courte tête par le socialiste

Alfred Gusenbauer (35,7 contre 34,2 %

en attendant encore les voix de l’étranger). Ce dernier aurait volontiers gouverné avec les Verts qui font plus de

10 %, le meilleur score jamais obtenu en

Europe par des écolos, mais le compte ne

sera pas suffisant. Car, si spectaculaire

que soit le résultat des Grünen, le véritable événement de ce vote est la remontée (elle-même due à la hausse de l’immigration) de la droite nationale et populiste. C’est en effet cette extrême

droite — que Schüssel devait faire disparaître comme Mitterrand l’avait fait avec

les communistes — qui, en se rétablissant, a fait perdre le

Machiavel viennois au

petit pieds. Jörg Haider

reste au parlement de justesse avec 4,2 % pour son

BZÖ , mais c’est HeinzChristian Strache qui

triomphe, portant le FPÖ

maintenu à 11,2 %.

En 2002 la participation

de Haider au gouvernement et ses contorsions avaient fait tomber le mouvement

national de 27 à 10 %. Aujourd’hui,

même divisé, il remonte à 16 % des suffrages. Strache n’entend rien concéder

pour participer à un gouvernement : au

contraire du gouverneur de Carinthie (qui

dirige son land avec les socialistes), il ne

semble pas sensible, lui, au syndrome

Fini.

Le SPÖ socialiste décroche ainsi 68

sièges sur les 183 que compte le Parlement, contre 66 pour l’ÖVP conservateur

dont la défaite précipite logiquement

celle de l’extrême droite de Jörg Haider,

qui s’était hissée au pouvoir en tant que

partenaire de coalition. Le FPÖ s’est

scindé, en avril 2005, en deux mouvements rivaux : le FPÖ maintenu, aux

mains du jeune Strache, qui a donc décroché 21 sièges, et l’Alliance pour l’avenir

de l’Autriche (BZÖ), le nouveau mouvement créé par Jörg Haider, qui a sauvé sa

représentation parlementaire avec 8

sièges. Les Verts ont 20 sièges. Les

grandes manœuvres ont débuté pour

dégager une coalition susceptible de gouverner le pays. Option favorite des Autrichiens, une « grande alliance rougenoir » pourrait voir le jour entre sociauxdémocrates et conservateurs, avec Alfred

Gusenbauer pour chancelier. Elle ne

devrait toutefois pas se concrétiser avant

plusieurs semaines.

BOSNIE : DES “MODÉRÉS”

TRÈS NATIONALISTES

Reste la Bosnie qui fit partie de l’Autriche-Hongrie, laquelle l’annexa en 1908

après l’avoir administrée (fort bien : lire

« Il est un pont sur la Drina », du Prix

Nobel Ivo Andric, qui montre les efforts

entrepris par les Impériaux en matière de

Du Brésil à l’Autriche, la sondocratie en échec

(Dessin de CHARD.)

A côté de cela, on note aussi une grande

nervosité dès lors que « la communauté »

est critiquée pour une chose ou une autre.

On se souvient qu’en 2000, les propos anodins et parfaitement justifiés de l’écrivain

Renaud Camus sur la “surreprésentation”

des juifs à France-Culture avaient provoqué un tollé totalement disproportionné. Le

diagnostic médical insiste sur cette

« grande intolérance à la frustration ».

R. : Et quel serait, selon vous, le rapport avec la “Psychanalyse” ?

H. R. : Il se trouve que de nombreux

intellectuels juifs ont exprimé leur angoisse

identitaire : Jean Daniel, Albert Cohen,

André Glucksmann, Serge Moati ou le

romancier américain Philip Roth, par

exemple. Le journaliste Alexandre Adler

relève effectivement que la

judéité peut être parfois une

« névrose obsessionnelle ».

Naturellement, Freud avait

réfléchi à la question en son

temps, à partir de son cas

personnel, mais en projetant

ses découvertes sur le plan

universel. En vérité, la

« projection pathologique » est un concept

freudien, pour ne pas dire typiquement

judaïque. Cette tendance de fond à systématiquement inverser les rôles et à accuser

les autres explique pourquoi les intellectuels juifs, dans leur ensemble, accusent les

antisémites d’être des « malades men10 N° 2781 — 13 OCTOBRE 2006 — RIVAROL

taux ». Voyez ce qu’a déclaré tout récemment Abraham Foxman, le président de la

ligue antiraciste américaine, au sujet de

Mel Gibson, le réalisateur de La Passion du

Christ, qui s’était un peu laissé aller, sous

l’emprise de l’alcool, à quelques propos

jugés “antisémites”, avant de s’excuser

auprès de la communauté juive sous l’effet

d’on ne sait quelle pression : « Qu’il soigne

son alcoolisme est une bonne chose,

déclara Foxman en substance, mais il faudrait aussi qu’il soigne son

antisémitisme. » L’antisémitisme est pour

eux une “maladie”. Les propos à ce sujet

sont innombrables. Et l’on comprend

mieux à leur lecture pourquoi les opposants

étaient enfermés dans des asiles psychiatriques en URSS et dans les pays staliniens.

R. : Que vous a appris la lecture attentive de Sigmund Freud ?

H. R. : Freud a projeté sa propre pathologie sur le plan universel. Ce n’est pas

pour rien qu’il a commencé sa carrière en

travaillant sur le phénomène hystérique.

On trouve dans l’hystérie tous les symptômes qui se calquent parfaitement avec

ceux que j’ai pu déceler dans le comportement et le discours des intellectuels cosmopolites. Les similitudes sont vraiment

étonnantes : la dépression, l’introspection,

l’angoisse, la paranoïa, l’hyperémotivité,

l’amnésie sélective, la fabulation, la sensibilité à l’opinion des autres, l’égocentrisme, la tendance à se donner en spectacle, l’incapacité à s’observer, l’intolérance à la frustration, le délire mégalomaniaque, etc. Tout y est, et jusque dans les

origines de la pathologie que Freud avait

mises en évidence. Quand j’écrivais Les

Espérances planétariennes, je constatais

sans comprendre que la

question de l’inceste revenait de manière lancinante

et mystérieuse sous la

plume de certains intellectuels juifs (Jacques Attali,

Jurgen Habermas, Stéphane

Zagdanski…), comme s’il y

avait des choses à cacher.

J’ai poursuivi évidemment

mes recherches de ce côté, et ce que j’ai pu

découvrir sur ce point est vraiment très

éclairant…

Propos recueillis par

Victor GRAND. _____

(1) (2) Les Espérances planétariennes, 2005, 432

pages, 26 €. Psychanalyse du judaïsme, 2006,

400 pages, 26 €. Commandes à : Éditions Baskerville, SDE Domiciliations, 14 rue Brossolette,

92300 Levallois. Chèque à l’ordre de Hervé François. Ajouter 2 € de frais de port.

RIVAROL : Après avoir fait paraître

l’année dernière Les Espérances planétariennes (1), livre très documenté sur le

rôle des intellectuels juifs dans le monde

contemporain, vous publiez Psychanalyse du judaïsme (2). Que voulez-vous

démontrer avec cette nouvelle étude ?

Hervé RYSSEN : Après la rédaction des

Espérances, il me semblait que l’analyse

du phénomène “planétarien” n’était pas

complète. Je constatais en effet, sans pouvoir l’expliquer, ce qui me semblait relever d’une “anormalité”. Je pense notamment à ces ahurissantes dénégations des

intellectuels juifs au sujet du rôle de leurs

coreligionnaires dans le régime bolchevique. La vérité est que de très nombreux

doctrinaires, fonctionnaires et tortionnaires

juifs ont joué un rôle absolument accablant

dans cette tragédie qui reste, avec ses

trente millions de morts, le crime le plus

effroyable de l’histoire de l’humanité, le

maoïsme excepté. Pourtant, il faut constater avec Soljénitsyne que la quasi-totalité

des intellectuels juifs

refusent d’endosser leurs

responsabilités, de faire

leur mea culpa et de présenter des excuses aux

familles des victimes.

On peut retrouver ces

curieuses dispositions à

nier les évidences, à

inverser les rôles et finalement à retourner

l’accusation dans quelques autres cas,

anciens ou récents : le rôle de gros négociants sépharades (dont la famille Mendès

France) dans la traite des Noirs, celui de

certains juifs influents (Perle, Wolfovitz,

Kristol, Ledeen, etc.) dans le déclenchement de la guerre contre l’Irak, par

exemple. Que dire encore de cette « mafia

russe », de ces “oligarques” dont on nous

a tant rebattu les oreilles, et qui n’ont de

russe que le nom ?

R. : Pouvez-vous donner quelques

exemples de cette “anormalité” ?

H. R. : A côté de ces sujets délicats, systématiquement occultés, balayés sous le

tapis, les media grossissent démesurément

le moindre incident qui paraît relever de

l’antisémitisme. Le 30 septembre, France

Info menait grand tapage sur une nouvelle

“affaire” : le journal L’Est républicain

aurait refusé de publier une annonce nécrologique qui comprenait les termes idéologiques : « victime de la barbarie nazie ».

Immédiatement, cette information ridicule

fut relayée dans les grands media, provoquant une fois de plus « l’émoi dans la

communauté ». Ce sont des réactions qui

ne me paraissent pas “normales”. Il y a

dans cette communauté une émotivité de

nature pathologique, une fragilité émotionnelle, un besoin de dramatiser qui prend

parfois l’aspect d’une paranoïa pure et

simple. Comme l’a écrit justement Shmuel

Trigano, la communauté juive semble se

complaire dans un « lamento victimaire ».

Cinéma

Une rubrique ciné à forte fragrance littéraire cette semaine puisque deux des principales nouveautés sont des adaptations de

livres, et non des moindres, s’agissant de

deux des romans les plus connus des littératures française et allemande : Le Grand

Meaulnes et Le Parfum.

Le triomphe spectaculaire des Choristes

n’est sans doute pas pour rien dans la décision de porter à l’écran le chef-d’œuvre

d’Alain-Fournier. Les producteurs du

Grand Meaulnes, réalisé par le téléaste

Jean-Daniel Verhaeghe, exploitent en effet

peu ou prou le même filon nostalgique : une

nouvelle évocation de la douce France

rurale d’avant les invasions barbares, avec

en tête d’affiche, dans le rôle de François,

le témoin et narrateur de l’histoire d’amour

absolu entre son copain Augustin Meaulnes

et la mystérieuse Yvonne de Galais, le jeune

héros à la voix d’ange du film de Christophe

Barratier, Jean-Baptiste Maunier. Aussi

opportuniste soit-elle, l’intention est

louable mais la partie n’est pas gagnée

d’avance quant à l’accueil du public. Lit-on

encore Le Grand Meaulnes dans les collèges et lycées de la Ve République sous

influence cosmopolite ? Ce titre risque fort

de parler plus aux anciens qu’aux nouvelles

générations mais il convient quand même

de saluer le courage et la probité du réalisateur et de son scénariste, l’inévitable Jean

Cosmos. Ils n’ont pas cherché à dénaturer

ou à moderniser l’œuvre originale, même si

le dénouement, plus en phase avec la biographie de l’écrivain, mort au champ

d’honneur dans les premiers mois de la

Grande Guerre, diffère de celui du roman

et si l’approche en est plus prosaïque que

poétique. La magie et le merveilleux font

défaut mais Le Grand Meaulnes 2006 est

quand même supérieur à la version de JeanGabriel Albicocco de 1967 avec Jean Blaise

et Brigitte Fossey, où le romantisme évanescent de l’intrigue sombrait dans une surcharge esthétique grotesque. Rien d’exhibitionniste dans la mise en images de Verhaeghe qui se cantonne dans un académisme de

bon aloi, avec des décors et des costumes

d’époque qui restituent bien l’ambiance et

le charme de la Sologne de 1913 telle que

décrite dans les pages d’Alain-Fournier. Là

où le film achoppe sérieusement, c’est dans

l’interprétation pas vraiment probante de

Nicolas Duvauchelle (Meaulnes) et de Maunier (François) qui paraissent plus que

gênés aux entournures par leurs personnages de jeunes Français d’un autre âge.

Heureusement, Marielle (M. de Galais),

Torreton (l’instituteur), Malik Zidi (Frantz)

et les demoiselles sont plus dans le ton du

livre.

Pour ceux qui ont lu Le Parfum, restituer

au cinéma l’essence du livre à gros tirage

(ou best-seller) de Patrick Süskind, où les

émotions et les sentiments du monstrueux

héros de l’histoire passent par son odorat

surdéveloppé, relevait de la gageure, et

nombre de cinéastes de première grandeur

dont Kubrick et Ridley Scott, mis au parfum de l’adaptation entreprise par le producteur Bernd Eichinger (Le Nom de la

rose), se sont échinés en vain sur un scénario qui tienne la route. Le jeune réalisateur allemand Tom Tykwer s’est plutôt

bien tiré des problèmes soulevés par la

nature et la complexité d’un livre que l’auteur lui-même juge « infilmable, absurde

et horrible » (sic). Effectivement, ce n’est

pas évident de filmer les aventures plutôt

nauséabondes de Jean-Baptiste Grenouille, né en 1744 dans les bas-fonds les

plus fangeux de Paris et nez infaillible,

apprenti parfumeur et tueur en série de

jeunes filles (25 dans le livre, 13 seulement dans le film) pour créer le parfum

ultime. Là où Süskind parvenait à travers

les mots à rendre presque tangibles les

odeurs, Tykwer imprègne littéralement

l’écran des effluves les plus diverses, entre

puanteurs (beaucoup) et douces senteurs

(plus rarement), par la puissance et l’imagination débridées de sa réalisation.

Le Parfum de Tykwer est à la fois une

évocation historique saisissante de la

France du XVIIIe siècle, avec des décors

somptueux et une recherche picturale de

tous les instants en même temps qu’un film

fantastique qui rappelle par son aspect

“gothique” exacerbé les classiques

anglais de la célèbre Hammer Films des

années 1960. La profusion et la magnificence visuelles ainsi que la présence

étrange et inquiétante du jeune comédien

shakespearien Ben Whishaw, un nouveau

venu dont on reparlera sans aucun doute,

font passer les nombreuses longueurs et

les scènes tombant dans le malsain ou le

grotesque, le gigantesque pandémonium

orgiaque de la fin en particulier. Ce film

aux relents sulfureux et mortifères ne sera

certes pas en odeur de sainteté chez tous

les spectateurs.

Patrick LAURENT.

Grand cœur et mauvaises odeurs

Le poids du milieu

Hervé Ryssen, psychanalyste du judaïsme

Oscar Wilde eut-il la prescience du prix à payer l’outrage aux bonnes mœurs… ou à

leurs apparences ? Qui lui coûta cher : deux ans de travaux forcés eurent raison du flamboyant dandy amoral et de sa brillante carrière littéraire, brisée net.

Derrière L’Eventail de Lady Windermere se cache une profession de foi résolument

féministe, mais le militant se dérobe devant les lourdes conséquences d’une émancipation

irréfléchie.

Mme Erlynne (Geneviève Casile), blessée par un mari inconstant, le plante là, ainsi que son enfant dans les langes, pour suivre

le premier venu. Exclue de la Society, elle entreprend vingt ans

plus tard d’y rentrer de haute lutte en faisant chanter son gendre

(Jean-Philippe Bèche) pour conquérir incognito l’amitié de sa

fille, la vertueuse Lady Windermere (Elisa Sergent) qui ignore sa

faute et la croit morte.

La perfide duchesse de Berwick (Marie-France Santon) persuade

la tendre épouse qu’elle est odieusement trompée. Celle-ci, folle de douleur et de honte,

se prépare à renouveler le coup de tête de sa mère en prenant la fuite avec Lord Darlington (Sébastien Azzopardi), libertin touché par la grâce de l’amour. Mais la fibre maternelle de Mme Erlynne lui dicte un stratagème en forme de sacrifice pour épargner à sa

fille le scandale et les suites désastreuses de sa propre vie de déracinée. Après avoir réconcilié le couple, elle disparaît avec panache.

La comédie frôle souvent le drame dans cette suite d’aphorismes cyniques et souvent

profonds (« Le drame de la vieillesse, ce n’est pas qu’on se fait vieux, c’est qu’on reste

jeune. »), dialogues éblouissants d’esprit contestataire où chaque réplique fait mouche.

Mise en scène par Sébastien Azzopardi, une troupe remarquablement homogène entoure

Geneviève Casile, parfaite d’élégance. Dans un décor raffiné d’Olivier Prost, les comédiens ont le ton juste de leur personnage. Un beau spectacle, finalement plutôt édifiant.

Marie-Gabrielle DECOSSAS. _____

L’Eventail de Lady Windermere Théâtre 14 Jean-Marie Serreau — 20 avenue Marc Sangnier 75014

Paris. Réservation : 01-45-45-49-77. Jusqu’au 28 octobre.

Théâtre

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter

notre site Internet, pour vous assurer

que notre hebdomadaire a bien paru et

en connaître le sommaire.

Pour toutes les correspondances

administratives, utiliser l’adresse

<contact@rivarol.com>, l’adresse

<galic@rivarol.com> étant réservée

au courrier rédactionnel. Les lecteurs

internautes qui souhaitent faire figurer

leur adresse électronique doivent le

spécifier et les autres peuvent nous

demander de transférer leur message

au correspondant choisi.

N° 2781 — 13 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 11

Roger BÉS U S

UN FRAGMENT

D’ETERNITÉ

JOURNAL 1970-1972

Avec une louable opiniâtreté, les éditions

Bertout poursuivent la publication du Journal de Roger Bésus dont voici déjà le septième tome. Est-il utile d’ajouter qu’il est

en tous points digne des précédents ? Cette

œuvre en marge de l’œuvre, qui la commente et la prolonge, permet de connaître

quasiment en son intime un homme à la

forte personnalité, au jugement sûr, doté

d’une insatiable curiosité d’esprit et d’une

profonde spiritualité.

Les notes jetées au jour le jour dans ce

Journal permettent de suivre à la fois son

évolution personnelle et celle de son œuvre

romanesque. De partager ses espoirs et ses

doutes, ses enthousiasmes et ses déceptions. Il s’y livre en effet sans fard et ce

mélange d’événements plus ou moins ténus

ou anodins et de réflexions plus générales

(sur l’art, sur ses lectures, mais aussi sur

l’actualité) fait que l’intérêt de cette chronique ne faiblit pas de la première à la dernière page.

Elle offre aussi, et ce n’est pas le moindre

de ses attraits, un panorama de la vie intellectuelle et artistique du début des

années 1970. Avec le recul, on est frappé

de la perspicacité et de la justesse des commentaires sur tel auteur ou telle œuvre.

Aucune concession à la mode du temps,

mais toujours le souci de les placer sub specie aeternitatis. Roger Bésus est en cela

proche de son ami Michel Ciry, auquel on

doit le beau portrait illustrant la couverture.

P.-L. MOUDENC. _____

391 pages, avec cahier d’illustrations noir et couleurs et index, 20 €. Editions Bertout (6 rue

Gutenberg, 76810 Luneray).

QUAND VOUS

SEREZ EN FRANCE

Sous-titré « Débarquement juin 44 — Instructions aux soldats britanniques », ce fascicule ne manque pas d’intérêt car il montre

comment le haut commandement britannique percevait la France occupée, dont

« tous les hommes ont été déportés », où le

« chauvinisme régional est vif ». et où le « gouvernement collaborationniste de Vichy » n’a pas

osé s’attaquer au Code civil légué par Napoléon, « le plus grand génie militaire français ».

Y revient en leitmotiv, d’ailleurs relevé par

Pierre Assouline dans sa préface, l’obsession de faire meilleure impression que les

Allemands, qui « se sont conduits en France

avec une remarquable correction » (page 23)

même si, ce faisant, ils faisaient ce qu’« on

leur avait ordonné afin de convertir la France

à l’“Ordre Nouveau” nazi ». Idem page 29

(souligné en gras dans le texte) : « Les soldats allemands, sur ordre de leur hiérarchie,

se sont efforcés à la plus grande “correction”.

Dans leur volonté de paraître amicaux, ils

sont, du moins au début, presque parvenus à

leur fins. Nous nous devons, en tant que soldats britanniques, de bien nous comporter en

toutes circonstances. » Ainsi faut-il éviter

l’alcool, rouler prudemment pour ne pas

risquer d’écraser enfants ou anciens et

montrer la plus grande déférence aux

femmes, « jeunes ou vieilles ». « Sinon, indiquent ces Instructions, vous porteriez

atteinte à la réputation des soldats britanniques en vous conduisant moins bien que les

Allemands qui, du moins au début, ont fait

preuve d’une remarquable retenue » (page

61). Ultime piqûre de rappel page 66 :

« Souvenez-vous qu’individuellement, les soldats allemands se sont souvent bien comportés en France. Vous devez donc faire encore

mieux qu’eux. »

De fait, les “Tommies” se comportèrent

plutôt bien — au sol du moins. Car on n’en

saurait dire autant de leurs aviateurs qui, sur

ordre, détruisirent des villes entières. Et

encore moins des GIs qui firent trop souvent

régner la terreur. Mais peut-être le Pentagone

n’avait-il pas jugé utile de distribuer semblable vade mecum à ses troupes où, de plus,

les African-Americans étaient nombreux.

Dans le cimetière de Quibou, près de SaintLo (Manche), la tombe de Louis Guérin précise ainsi qu’il fut « tué par les Noirs » en juin

1944, après le viol de son épouse, le bébé du

couple ayant été renversé dans son landau.

J. L. _____

122 pages y compris version anglaise du texte,

9,90 €. Ed. Les Quatre Chemins, 31 rue Henri

Chevreau, 75020 Paris.

Pierre COSME

AUGUSTE

Un livre qui fait le point sur un grand

homme souvent mésestimé. On ne veut voir

que l’Octave des guerres civiles, non pas

l’homme qui s’est dépassé, a réussi à ramener

la concorde, à recoudre le tissu

romain déchiré par les troubles,

à créer un nouvel ordre, en

inventant le principat. La République avait été sur le point de

perdre la patrie. Auguste fut un

nouveau fondateur de la cité de

la Louve, et de l’empire qu’elle

avait conquis. Il créa un Etat

nouveau, des lois, un ordre social

qui tint pendant des siècles. Et

l’intérêt romain, à cette charnière des temps

(l’ère du Christ commence), c’est l’intérêt de

la civilisation même. Suétone dit de lui ceci et

cela, mais j’en retiens un point capital. « Persuadé qu’il était important de conserver le peuple

romain pur de tout mélange de sang étranger ou

servile, il fut très avare du droit de cité, et restreignit les affranchissements. » Qu’on ne me fasse

pas rire en parlant de racisme. Il avait simplement l’expérience (toujours vérifiée) que les

nouveaux venus n’ont aucun attachement vrai

à la cité qui les adopte. Il voulait limiter le

risque.

G. Ly. _____

350 pages, 21,2 €. Ed. Perrin.

LE 23 JUIN 1966, bordée de noir, la

une de RIVAROL affichait :

« Notre ami Ben est parti en

voyage. Nous ne le reverrons plus en

Absurdie. » Ben était mort le 17 juin dans

un hôpital parisien et, outre l’éditorial de

Maurice Gaït, notre journal rendait hommage, par la plume de Jean-François

Chiappe et de bien d’autres, dont Jacques

Perret, à celui qui l’avait honoré de son

dessin de couverture de 1952 à 1966.

Mais si son nom évoque bien des souvenirs pour nos plus anciens lecteurs, les

nouveaux se demanderont : « Qui était

Ben ? »

D’abord, c’était un pseudonyme qui

faillit lui coûter cher sous l’Occupation

où il fut dénoncé comme juif par un malfaisant de sa connaissance, mais il se

refusa ensuite à poursuivre. Benjamin

Guittonneau naquit en 1908 à Vauldenay

(Val d’Anjou) de parents viticulteurs. Il

entama des études (« malheureuses et

stupides », de son propre aveu) pour être

architecte — ce que devint son fils,

André — mais ses dons de dessinateur en

décidèrent autrement. Catholique et royaliste (bon sang ne saurait mentir), il

débuta en 1927 à L’Etudiant Français

(dépendant de l’AF)) puis collabora à

d’autres organes (Le Charivari, L’Ami du

peuple, etc.), « un peu partout sauf dans

les feuilles de gauche », disait-il, par

exemple dans la presse sportive, ce qui

lui valut un prix littéraire… du football

en 1936 ! Entre 1940 et 1944, on le

retrouve aux Compagnons de France

(maréchalistes) où il administra un

groupe vocal qui devait devenir célébrissime — les Compagnons de la Chanson,

tout en animant un groupe théâtral et en

continuant à dessiner.

VOYAGE AU BOUT

DE L’ABSURDIE

Sa rentrée politique, Ben la fit en 1946

quand parut clandestinement sous la

signature d’un mystérieux Arouet (Voltaire avec nous !) un pamphlet au titre

curieux, Voyage en Absurdie, qui racontait les découvertes et étonnements d’un

certain Suédois, Syllog, dans un pays

“imaginaire” qui était en réalité la France

de la libération, de l’épuration et du résistancialisme triomphant, décrite avec une

verve élégante et des caricatures féroces.

Ce Voyage devint, comme l’a écrit Galtier-Boissière dans son premier Dictionnaire des Contemporains (1950), l’un des

“best-sellers” de l’après-guerre. D’autant

que ce pamphlet sous forme de “conte

satirique” fut attribué à des gloires

comme Sacha Guitry ou Pierre Gaxotte.

Quand la vérité fut connue, Ben était

lancé. D’autres œuvres illustrées par ses

dessins parurent : Le Cirque Amer (voir

son dessin le plus connu), La vie du général de la Perche (De Gaulle), La vie de

Jocrisse Morèze (Thorez), Hou, le laid

(Mendès-France). Des livres très difficiles voire impossibles à trouver. Le

Voyage, lui, a été réédité en 1994 par

Marie-Madeleine Martin.

En même temps, Ben reprenait

le combat national dans les

colonnes d’Aspects de la France

(1949-1964) et dans RIVAROL

où, passionné de théâtre, il tenait

aussi une chronique dramatique

illustrée par lui-même.

Au-delà de ses deux tribunes

préférées, on l’avait rencontré

aussi à Paroles françaises, puis

au Crapouillot, C’est-à-dire, aux

Nouvelles littéraires, Combat où

son crayon acéré faisait merveille (1).

Cela lui (nous) attira quelques

ennuis judiciaires. En 1959, il

renoua avec Arouet pour un

numéro spécial de RIVAROL

(23 mars), « Retour en Absurdie », qui portait sur le gaullisme

revenu un an plus tôt au pouvoir.

Les dernières lignes étaient : « Il

y avait cent cinquante ans, et

plus, que la Gaullie se consumait

en révolutions et en guerres pour

purger la terre de toute trace de

pouvoir personnel. » Il n’en fallut

pas plus pour que le Général, qui

n’avait sans doute pas oublié les affronts

de 1946, exige des poursuites. Mais

RIVAROL et Ben furent acquittés.

Grâce à Jean-François Chiappe, Ben fut

aussi présent à la télévision en tant que

conseiller historique ou monteur de

décors dans des émissions de Guy Lux

comme “Intervilles” ou la « Roue

tourne ».

Il aurait certainement connu d’autres

succès (il envisageait une histoire de l’architecture) si, à cinquante-huit ans, une

longue et méchante maladie n’avait mis

fin à son existence.

Trois de ses confrères s’associèrent au

deuil de RIVAROL qui publia leurs messages : Jean Effel, Moisan, Sennep. Effel

était compagnon de route du PC et

publiait dans L’Humanité, Moisan était un

pilier du Canard enchaîné, illustrant

notamment les acerbes, bien renseignées

et très antigaullistes « Chroniques de la

Cour » d’André Ribaud. Sennep, qui avait

été très proche de l’AF avant 1938, puis

durement antivichyste en 1944-45, était

passé ensuite, avec son immense talent,

au très modéré Figaro. Ces trois hommes

se disaient en “désaccord” avec le Ben

politique mais ils saluaient à l’envi son

talent, sa loyauté, sa gentillesse. Que la

Providence nous garde Chard le plus

longtemps possible mais il n’y a aucune

illusion à se faire : si elle venait à disparaître, il n’y aurait parmi les chers

confrères qu’indifférence… ou joie mauvaise. Ben est mort il y a quarante ans.

Une certaine idée de la civilisation — de

la civilité tout court — aussi.

Jean-Paul ANGELELLI. _____

(1) Dans le précieux et précis Dico-Solo « Plus

de 5 000 dessinateurs de presse » (Éditeur

Aedis, 2004), Ben a droit à une biographie honnête (page 66) où sont recensés tous les organes

de presse auxquels il collabora entre 1927 et

1966. Plus de cinquante titres…

Ben, un grand monsieur

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE D’OCTOBRE 2006

DOSSIER LE CHOC DES MESSIANISMES — Jérôme BOURBON : La guerre

au Liban, vraie ou fausse défaite pour Israël ? — Jim REEVES : Liban, Irak,

Afghanistan, Shoah, qui dirige réellement l’Amérique ? — Christian CALVAGNA : Le Maroc paradis des “seniors” ? Attention aux mirages ! — Laurent

BLANCY : L’islam et sa déferlante analysés par la presse italienne — DOCUMENT : Les chrétiens de Turquie eux aussi persécutés — Thomas SCHROEDER :

Günter Grass, Prix Nobel… et ancien SS ! — Carrefour des lecteurs — François

LECOMTE : Les petits papiers d’Antoine Blondin — Bibliothèque — Patrick

LAURENT : De la fleur bleue aux fleurs du mal — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.

DANS LES ANNÉES 70

de l’autre siècle (comme le

temps passe…), M. JeanFrançois Kahn était la

vedette d’Europe 1. Nous recevions alors

de furieux appels téléphoniques : « C’est

scandaleux, je vais résilier mon abonnement ! Comment avez-vous pu choisir

comme président des “Amis de RIVAROL”

ce gauchiste qui débite de telles inepties à

la radio ? » Notre cher Jean-François

Chiappe — avec lequel on confondait bien

sûr JFK — n’est plus, et Citizen Kahn luimême, depuis qu’il préside aux destinées

de Marianne sur la dépouille de L’Evénement du jeudi, tient des propos tout différents, la gauche-caviar d’hier s’arrosant

désormais de gros-qui-tache, au point que

certains le taxent de “populisme”.

Une “dérive” que son éditorial du 30 septembre ne contribuera certes pas à lui faire

pardonner. Sous le titre : « Graves menaces

sur l’information libre — APPEL A LA

MOBILISATION », le numéro de Marianne

étant lui-même barré de l’énorme manchette

« DANGER ! Comment on manipule l’information », le directeur de l’hebdo se dit

« exaspéré par l’unicité quasi soviétique de

la propagande médiatique » et dénonce « la

prégnance quelque peu (sic) impérialiste de

l’idéologie néosoixante-huitarde dans le discours journalistique dominant ». Il constate,

atterré, « la gravité de la normalisation

médiatique à laquelle nous assistons » et

conclut, des larmes dans l’encre du stylo :

« Les démocrates attachés à ces trésors

irremplaçables que sont la liberté, l’indépendance et le pluralisme de l’information

ne peuvent plus rester neutres ou sur la

réserve. Cette catastrophe les concerne au

premier chef. Ils doivent se mobiliser, agir,

réagir, intervenir. Non seulement soutenir,

mais “pousser aux fesses” les journalistes

sans la résistance et la contre-offensive desquels nous connaîtrons un juin-1940 médiatique. L’enjeu est considérable. Lecteurs,

citoyens, républicains, vous seuls pouvez

encore éviter le pire. Nous allons nous engager, quels qu’en soient les risques, dans ce

combat salvateur. Aidez-nous ! Aidez-les ! »

55 ANS DE COMBAT CONTRE

LE TOTALITARISME RAMPANT

Depuis sa fondation en 1951 (car, si la

situation dépeinte ici s’est aggravée, elle

n’est pas récente), RIVAROL a mis en

garde dans presque chacun de ses

numéros — cette semaine encore, par la

par les différents titres des groupes Dassault et Lagardère, intime avec Martin

Bouygues (TF1) et certains membres, des

plus influents, du conseil d’administration du Monde. Et Kahn de s’étonner :

comment les partisans du président de

l’UMP, « s’ils sont réellement libéraux,

peuvent-ils accepter, tolérer, cautionner

une aussi inquiétante mainmise de leur

propre camp sur l’essentiel des moyens

d’information de masse ? Ne voient-ils

pas que cela peut provoquer, à leur détriment, un terrible retour de manivelle ? »

Là encore, nous en sommes parfaitement d’accord : le parti pris de la quasitotalité de la Mediaklatura en faveur des

seuls duettistes Sarko et Ségo est insupportable, sa dévotion à leurs moindres

faits et gestes écœurante et pourrait

d’ailleurs se révéler totalement contreproductive. Plus on lit, plus on voit

Mme Royal et plus on prend cruellement

conscience qu’elle n’a rien à dire (d’autant que le peu qu’elle dit, elle le dit mal).

Plus la geste sarkozienne nous est contée,

et moins le héros paraît crédible.

Que dire en effet de la grotesque palinodie des Mureaux (Yvelines) où la spectaculaire intervention policière, filmée par

une armée de cameramen, lancée le

4 octobre après un rezzou de quelque 250

Jeunes de la cité des Musiciens (où la

zizique n’adoucit visiblement pas les

mœurs) contre des policiers qui avaient

prétendu contrôler l’un des leurs (et dont

le véhicule de service a été brûlé), a

abouti à… une seule interpellation alors

que cinq voyous étaient recherchés ? Un

désolant bilan rappelant celui de l’intervention du 25 septembre dans la cité des

Tarterêts (Corbeil-Essonnes), où les policiers précédés de la nuée de journalistes

dûment avertis par le ministre de l’Intérieur avaient évidemment eu le plus

grand mal à interpeller les « casseurs de

flics » ayant tabassé deux CRS — RIV.

du 22/9.

Et que dire aussi de l’épilogue du

feuilleton des squatteurs africains de

Cachan (voir édito), avec l’applatissement du terrible ministre de l’Intérieur

devant quelques centaines d’allogènes

manipulés par des assoces elles-mêmes

associées au pouvoir médiatique pour

noyer les délits sous le lait de la tendresse

humaine ? Car après tout, si ces malheureux Ivoiriens, Maliens ou Congolais ont

fui leur terre natale ravagée par la misère,

c’est notre faute, notre très grande faute :

sans les esclavagistes (blancs exclusivement) qui l’ont dépeuplée, sans les colonisateurs qui l’ont sauvagement exploitée, l’Afrique serait une terre de lait et de

miel.

CASTE PÉNITENTIELLE ET

MÉMOIRE IMAGINAIRE

« Polémique : Y a-t-il une tyrannie de

la repentance ? », titre justement

Marianne dans ce même numéro en donnant la parole à Florence Assouline, Pascal Bruckner et Benjamin Stora — notre

confrère ne glisserait-il pas à son tour

dans la « manipulation univoque de l’information » dénoncée par son directeur ?

Mais ô miracle, Mme Assouline doute

qu’on résolve la « question mémorielle

de l’immigration » en « s’autoflagellant

comme ont trop tendance à le faire nos

concitoyens », M. Stora estime

qu’« aujourd’hui, tout se passe comme si

les durcissements des mémoires communautaires avaient entraîné une crispation

dans la fabrication (???) des récits historiques » et M. Bruckner, auteur de « La

Tyrannie de la pénitence » (éd. Grasset)

pourfend cette « caste pénitentielle »

dont l’incessant appel au « devoir de

mémoire a corrompu le débat intellectuel, politique et sociologique » : « On a

sacralisé une mémoire qui était en réalité

non pas la mémoire de faits historiques

mais une mémoire très souvent imaginaire qui flatte le narcissisme de certaines minorités. Les dégâts de la victimisation sont énormes », assène-t-il.

CONTRE TOUS LES

DOGMES… SAUF UN

Evidemment, c’est des minorités issues

de l’immigration que traitent ces trois

intellectuels à la lumière du débat sur le

film “Indigènes”, mais il n’est pas interdit de penser qu’ils pourront un jour prochain, foin de l’“intox”, de la “propagande” et du « contrôle

des media », étendre

leur réflexion si salutaire à une autre communauté spécialiste de

la victimisation,

domaine dans lequel

elle fut même précurseur, tout comme elle

innova dans « la fabrication de récits historiques » et d’une

« mémoire imaginaire » devenue dogme

médiatique puis politique et judiciaire

comme on a pu le voir encore le 3 octobre

avec la condamnation par la XVIIe Correctionnelle de Paris de Robert Faurisson

à trois mois de prison avec sursis et au

versement d’un total de 12 000 euros,

prix à payer pour la « contestation d’une

vérité officielle en matière d’histoire »

comme le dit le professeur, jugé coupable

d’avoir « fait état auprès d’une station de

radio-télévision iranienne satellitaire du

résultat de [s]es recherches historiques ».

Peut-on en effet rappeler au patron de

Marianne que ce prurit de la victimisation, notre famille d’esprit et nos journaux furent les premiers et longtemps les

seuls à le dénoncer et à en annoncer les

effets, désormais “énormes” et redoutables pour la cohésion de la nation française et qu’à ce titre, nous sommes les

mieux placés pour l’aider dans son

« combat salvateur » ? Forts de notre très

longue expérience dans la lutte contre la

Pensée unique et aussi contre sa police,

nous lui tendons donc une main secourable. A lui de la prendre. Ou pas.

plume des amis Belesta et

Bourbon — contre ces

outils du totalitarisme rampant que sont « sondages

trafiqués, intox, propagande, pressions, censures, contrôle des

médias ». Inutile donc de

préciser que notre équipe

se met unanime au service

de Jean-François Kahn, et

cela « quels qu’en soient

les risques » — nous en

avons pris d’autres — dans

sa croisade contre « la

manipulation univoque de

l’information ».

Mais ce paladin de la

liberté de la presse voudrat-il de nous ? Nous jugerat-il assez “citoyens” pour lui

donner un coup de main ?

Certes, il regrette « l’expulsion du Parlement français

de ceux-là mêmes auxquels nous sommes, à

des degrés divers, les plus hostiles, l’extrême

droite ». Mais ce qui l’a décidé à revêtir l’armure, c’est l’éventuelle « disparition de

L’Humanité (le journal de Jaurès) » et de

Libération, ce « quotidien essentiel au pluralisme ».

M. Kahn n’a-t-il jamais entendu parler des

difficultés récurrentes de Présent, quotidien

également essentiel au pluralisme mais

auquel l’Etat refuse les subventions qui lui

sont dues sous les prétextes les plus fallacieux et qui se voit même condamné (à

1 500 euros d’amende) pour « abus de procédure » quand il demande par voie de justice à bénéficier de la règle commune aux

« quotidiens aux faibles ressources publicitaires » ? A-t-il jamais parlé de notre journal, pourtant médaille d’or des procès, des

saisies, des pressions et des censures en ses

cinquante-cinq ans d’existence, autrement

que de manière négative, le qualifiant au

mieux d’hebdomadaire d’extrême droite, au

pis de torchon négationniste ?

LA MEDIAKLATURA

HEXAGONALE

ET SON POUTINE

Il est vrai que la “tragédie” qui l’émeut

tant aujourd’hui, c’est l’inféodation de la

presse en général et de Libération en particulier, via l’actionnaire majoritaire

Edouard de Rothschild, à « notre Poutine

à nous », Nicolas Sarkozy, déjà encensé

DSK IL VA GAGNER

Il y a quelque temps, un petit film tourné à l’insu de Dominique

Strauss-Kahn montrait l’ancien ministre des Finances achetant « pour son

petit-fils » le tube du Mondial, « Zidane y va marquer », à l’instigation de

son attaché de communication, un certain Karim. Est-ce sous l’influence

du même que DSK a choisi comme chanson de sa campagne pour la

présidentielle un air de zouk (téléchargeable sur son blog

<http://fr.news.yahoo.com/blogs.html>) interprété par K-banes et Bambou,

deux rappeurs de Sarcelles ? « Strauss-Kahn, y va gagner. La gauche, elle va passer », beuglent les deux lascars, proches du groupe Ministère Amer qui appelait il y a quelques

années au « sacrifice de poulet ».

Entre Doc Gynéco supporter de Sarko et K-banes et Bambou chantres de StraussKahn, on attend avec impatience le candidat qui choisira le musette…

ZIDANE IL A DICTÉ

La rentrée a bien commencé dans une école du XIIe arrondissement de Paris où, en

présence d’un Gilles de Robien très ravi de la crêche, Zinedine Zidane soi-même a lu

une dictée à une classe de CM2. Inutile de préciser que le texte, rédigé par l’acteur

François Morel, avait pour titre : « Un seul impératif : la solidarité ».

Cet impromptu (pas pour la presse, venue en meute) avait pour objectif de faire

connaître l’association ELA qui lutte pour prévenir les séquelles neurologiques des

bébés prématurés, arrêter l’évolution de la maladie des enfants atteints de leucodystrophies et restaurer les fonctions perdues par des adultes atteints de sclérose en plaques.

LE ONZE “BLACK-BLACK-BLANC” IL A RATÉ

Pour les éliminatoires de l’Euro 2008, les huit Noirs et les trois Blanc (dont un musulman, Ribéry) de l’équipe de France ne devaient faire à Glascow le 7 octobre qu’une

bouchée des Celtes. Las ! si, selon les footballologues, « la France a dominé tout au long du

match », c’est l’Ecosse qui a gagné — 1 à 0.

Commentaire du sélectionneur Domenech dimanche sur France 3 : « Nous avons trop

bien joué. » Comme on vous le dit !

par

Claude LORNE

(Dessin de CHARD.)

RIVAROL toujours présent !

“Appel à la mobilisation” :

3:HIKMPD=[UXUZ[:?m@h@s@c@a; M 02536 - 2782 - F: 3,05 E

● suite page 2

Belgique, Luxembourg : 3,25 €

Canada : . . . . . . . . . . . . . 5,25 $

Mayotte : . . . . . . . . . . . 3,89 €

Suisse : . . . . . . . . . . . . . . . 5 FS

Port. Cont. : . . . . . . . . . . 3,50 €

RIVAROL.

R I VA R O L

“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

N° 2782 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 20/10/2006

N° 2782 du 20 OCTOBRE 2006

www.rivarol.com

jamais ça », nous manifestons devant

les désastres et les crimes d’aujourd’hui une indifférence que nous pourrions payer très cher demain.

LES Turcs ont exterminé sinon

1,5 million d’Arméniens (chiffre fantasmatique puisque le patriarcat arménien de Turquie recensait au début du

XXe siècle 1,8 million de fidèles dans

l’Empire ottoman), du moins plus d’un

demi-million, ce qui est déjà monstrueux. Que le gouvernement d’Ankara

refuse obstinément de reconnaître ces

atrocités est une évidence. Le vote du

12 octobre l’incitera-t-il à la repentance

ou l’enférocera-t-il bien plutôt dans son

“négationnisme” ? Outre que la

seconde hypothèse est la plus probable, disons tout net que la reconnaissance par la Turquie du génocide des

Arméniens ne saurait constituer un

préalable à son entrée dans l’Union

européenne : la Turquie n’a rien à faire

dans l’Europe parce qu’elle est majoritairement asiate et à 98,5 % musulmane, point barre. Et son éventuelle

conversion au droitsdel’hommisme ne

l’autoriserait pas davantage à forcer les

portes de ce qui est encore un club

chrétien… et aryen, n’en déplaise à

Ségolène Royal selon laquelle « si la

Turquie veut un jour confirmer sa candidature et entrer dans l’Europe, c’est

évident qu’il faut qu’elle reconnaisse le

génocide arménien » car « il ne faut

pas en rabattre sur un certain nombre

de valeurs » (1).

OR, en criminalisant la contestation

du génocide arménien pour des

motivations bassement électoralistes,

les 40 députés socialistes souvent

ségolistes et leurs 49 collègues de

l’UMP presque tous sarkozyens ont

placé la France dans une position

impossible vis-à-vis d’Ankara, qui

brandit la menace de représailles

catastrophiques pour nos entreprises

(10 milliards d’euros de contrats sont

en jeu, et plus de 5 milliards d’exportations chaque année). A moins, évidemment, que ne lui soit accordée une

compensation politique. On la connaît

déjà : c’est une accélération des pourparlers sur l’adhésion à l’Union. Nul

doute que Jacques Chirac, qui a dû

s’abaisser à téléphoner le 14 octobre

au Premier ministre Erdogan pour lui

exprimer « ses regrets », lui a donné

tous apaisements dans ce sens.

Bien joué, mesdames et messieurs !

En obéissant au doigt et à l’œil, dans

la perspective des législatives de

2007, au lobby arménien qui, lui, ne

voyait pas plus loin que le bout de son

nez, vous avez précipité l’issue même

que les 400 000 Arméniens de France

redoutent le plus, le processus qui rendra l’Europe frontalière du volcan irakien dès lors qu’elle s’étendra de l’Atlantique à l’Euphrate. Comme « loi de

La Belgique vendue par la partitocratie aux immigrés

Les biocarburants sauveront-ils l’automobile ?

Guérilla urbaine : la tribu ChirKA caillasse Sarkozy

Génocides ? Parlons-en

L E 12 OCTOBRE, le général

Richard Dannatt, chef d’état-major

de l’armée britannique, provoquait

la fureur de Tony Blair et de George

Bush en préconisant le « retrait rapide »

des sept mille soldats de Sa Majesté

déployés en Irak car, déclarait-il au

Daily Mail, la présence des forces de la

coalition « aggrave les problèmes de

sécurité dans ce pays ».

Le général réagissait-il aux révélations

parues la veille dans la revue médicale

britannique The Lancet, considérée

comme l’une des publications les plus

sérieuses du monde ? Tirant les conclusions d’une étude menée par des universitaires américains, The Lancet

accusait en effet : avec « près de

655 000 Irakiens tués depuis l’invasion

militaire de mars 2003 », soit « plus de

4 000 morts par semaine » dont six sur

dix tués par balles et trois sur dix

« directement imputables aux forces de

la Coalition sans distinction entre civils

et militaires », ce qui porte le taux de

mortalité à 13,3 ‰ cette année, le pays

si heureusement “libéré” et rendu à la

« révolution démocratique mondiale »

dont l’administration Bush se veut le

porte-drapeau connaît « un 11-Septembre tous les 5 jours ».

655 000 morts en trois ans, plus de

trois fois le total des victimes de la

guerre au Darfour. Si ce n’est pas un

génocide, c’est en tout cas une hécatombe, et nous y assistons en direct.

Pourtant, ce même 12 octobre, ce

n’est pas l’Irak pantelant qui faisait l’actualité française mais, d’une part, les

1 200 demandes d’indemnisation introduites devant la justice administrative

contre la SNCF par des juifs déportés

en 1943-1944 ou membres de leurs

familles mis en goût par les “réparations” (62 000 euros) obtenues le 6 juin

dernier par le député Vert Alain Lipietz

et plusieurs de ses parents ; et, d’autre

part, l’adoption par 106 voix contre 19,

dans une Assemblée nationale désertée — 129 députés seulement sur 577,

tous groupes politiques confondus —,

de la proposition de loi socialiste punissant d’un an de prison et de

45 000 euros d’amende toute négation

du génocide arménien de 1915 — déjà

reconnu par la loi de 2001.

En cette année préélectorale, il n’est

question que de « France d’après »

(Sarkozy) et de « désirs d’avenir »

(Royal). Mais, sous prétexte que « plus (Dessin de CHARD.)

Imprimé en France/Printed in France

2 N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL

ration des pouvoirs et violé l’esprit des

lois en proposant que soit « soumise au

Parlement, pour être votée avant la fin de

la législature », une loi rendant impossible toute modification du code du travail « sans que les partenaires sociaux

aient été mis en mesure de négocier sur

le contenu de la réforme engagée ».

Ainsi, martelait-il, « aucun projet de loi

ne sera présenté au parlement sans que

les partenaires sociaux soient consultés

sur son contenu ».

Ce serait là « une véritable révolution

des esprits », s’est rengorgé le chef de

l’Etat. De fait, si cette

loi était adoptée, elle

subordonnerait le pouvoir législatif, expression de la représentation nationale, à un

pouvoir syndical

dépourvu quant à lui de

toute représentativité

puisque moins de 8 %

des actifs français sont

encartés à une

centrale !

On comprend bien

l’intention de l’Elyséen

qui, par une telle législation, feint de vouloir

réduire enfin (en

2007 !) la fameuse

« fracture sociale »

qu’il s’était fait fort de

faire disparaître… en

1995 et qui, depuis lors,

n’a cessé de se creuser.

Avantage supplémentaire : avec le vote

de cette « loi juste » dont la présentation

par Villepin en personne ferait oublier

l’intransigeance du Premier ministre sur

le CPE, le chef de l’Etat entend étouffer

dans l’œuf la “rupture” dont se gargarise

l’usurpateur Sarkozy. Enfin, pour l’ancien vendeur de L’Huma-Dimanche, il

s’agit de pérenniser le “système” issu de

la Libération, et dont le PC et la CGT

furent les grands bénéficiaires. Quitte à

faire voter par le Parlement un texte qui

le dépossédera de ses prérogatives essentielles.

C.-M. G.

LE CADEAU DE

L’UMP A LA GAUCHE

Le canton de Charly-sur-Marne, qui

vient de connaître une élection cantonale partielle motivée par la démission

de confort du ministre Renaud Dutreil

(qui porte désormais tous ses efforts sur

Reims, dont il veut devenir maire), a

toujours été à droite. Il est désormais

aux mains de la gauche, le candidat

UMP Capliez ayant refusé de demander

aux électeurs du Front National (dont la

candidate avait dépassé 12 % au premier

tour) de voter pour lui. « Bravo Messieurs

Dutreil et Capliez, l’un a raté sa sortie, l’autre

son entrée, en laissant le département de l’Aisne

à la gauche pour longtemps », a commenté

Me Wallerand de Saint-Just, secrétaire

départemental FN dans ce département.

Guérilla urbaine

et guerre…

au sommet

Le Monde lui-même en convient : les

forces de l’ordre sont devenues la « cible

privilégiée des violences urbaines ». Cellesci, qui s’exercent aussi, d’ailleurs, contre

« les représentants des services publics :

pompiers, personnels de santé, etc. », et

même les éboueurs, sont en hausse de 30 %

au mois de septembre par rapport à août. Et

l’attaque de policiers attirés dans des guetapens semble désormais

le sport favori des caïds

des cités en cette veille

du premier anniversaire

des émeutes raciales qui

mirent la France à feu mais aussi à sang

(trois morts et 135 blessés) du 27 octobre au

18 novembre 2005.

Après le lynchage en règle de CRS aux

Tarterêts (Essonne) et le traquenard des

Mureaux (Yvelines — voir vidéo sur

<http://www.youtube.com/watch?v=CPrdfc

19zJM>), c’est en effet à Epinay (SeineSaint-Denis) que, le 13 octobre, une véritable embuscade a été tendue à une

patrouille de police qu’une quarantaine de

Jeunes, encagoulés et armés de pavés, de

cocktails Molotov et de battes de base-ball

attendaient de pied ferme après avoir téléphoné au commissariat pour signaler un vol

à la roulotte. Des véhicules avaient même

été préparés pour bloquer la voiture de

patrouille.

Aux Tarterêts, le capitaine de CRS (atteint

d’un double traumatisme crânien et facial et

menacé de la perte d’un œil) s’était félicité

après coup de ne pas avoir sorti son arme. A

Epinay, les policiers ont tiré en l’air pour se

dégager, mais l’un d’entre eux a néanmoins

été gravement blessé au visage, et il a fallu

de très nombreux renforts pour disperser les

assaillants.

« Ça commence à faire beaucoup », s’est

indigné Bruno Beschizza, du Synergie officiers, qui a dit « redouter la montée des tensions jusqu’à la présidentielle de 2007 » et

réclame les sanctions judiciaires les plus

sévères contre les agresseurs. Quant au

secrétaire général de FO-Police, il déplore

« ces faits qui se généralisent, la situation

ne s’étant nullement améliorée depuis les

émeutes de banlieue » tandis que, de son

côté, le syndicat Action police estime que

« nous n’avons pas affaire à des jeunes qui

réclament davantage de social mais à des

individus qui déclarent la guerre à la République ».

Est-ce la République ou tout simplement

la France que ces Jeunes veulent humilier, et

quelles sont les parts respectives du combat

politique et de la crapulerie dans les motivations des émeutiers ? Une chose en tout cas

est sûre : non seulement les zones de nondroit (ou, plus exactement, du droit de l’occupant) se multiplient, mais encore les gangs

qui y prospèrent recourent de plus en plus

souvent à l’extrême violence pour en interdire l’accès aux intrus.

Reste à savoir s’ils le font de leur propre

initiative ou s’ils sont encouragés en sousmain de très haut lieu, soupçon qui avait déjà

été émis pendant les « émeutes du

ramadan ». Si tel était le cas, l’instrumentalisation de ces bandes, par nature incontrôlables, à des fins de guérilla politicienne

constituerait un crime d’Etat caractérisé.

Mais que penser aussi d’un ministre de

l’Intérieur, ministre d’Etat, qui, uniquement

préoccupé par l’élection présidentielle,

abandonne à des sous-fifres la gestion de

l’ordre et de la loi ? Nicolas Sarkozy doit

choisir : ou il s’occupe à plein temps de son

ministère et se voue tout entier à sa mission,

ou il démissionne.

R.

blique en 1995 (grâce en partie au lobbying de Serge Klarsfeld dans la Communauté), prononçait son fameux discours du Vel’d’Hiv’ où il reprochait à la

France de Vichy d’avoir « secondé la

folie criminelle de l’occupant » et présentait une repentance en

bonne et due forme. Et

encore plus étrange de la

part de l’homme qui poussa

et applaudit aux lois Perben

II rendant encore plus

lourdes les condamnations

prévues par la loi Gayssot

contre la contestation de

l’holocauste. Ce qui vaudrait pour la

Turquie ne serait donc pas applicable

à la France ?

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