Luc Ferry
L A LECTURE de Kant que nous propose le philosophe et ancien
ministre de l’Education nationale (1)
est le contraire d’un ouvrage de vulgarisation. Si ce texte offre à l’esprit une excellente gymnastique (encore faut-il s’armer
d’un dictionnaire de la philosophie), il ne
rend pas Kant plus accessible, loin de là.
Luc Ferry souligne à très juste titre la
fameuse révolution copernicienne que
constitue l’œuvre du philosophe de Königsberg,
ce changement radical de
point de vue entre la
conscience et le monde
qui l’entoure, mais il
n’insiste pas sur le rôle
des mathématiques dans
la philosophie jusqu’à
Kant. Des mathématiques
qui conduiront Descartes, entre autres, aux
savantes erreurs de sa métaphysique.
Car la révolution copernicienne de Kant
et non de l’astronome, est d’abord une
phénoménologie, une prise de conscience
de quelque chose. Mais Descartes dans
son fameux discours, et avec un style
beaucoup plus clair et beaucoup plus
allègre que celui de l’Allemand, commença lui aussi ses recherches par cette
prise de conscience, le cogito sum, qui
représente un premier pas timide vers la
phénoménologie. Toutefois, en bon
mathématicien qui se respecte, il ne sépare
pas les mathématiques de la faculté de
penser et de connaître. Pour Descartes, les
mathématiques et le fonctionnement de
l’esprit sont indissociables. La question ne
se pose même pas. Depuis Socrate, qui
incitait fermement les gardiens de la cité à
faire de la géométrie pour élever leur
esprit jusqu’aux Idées, les mathématiques
étaient une science incontournable pour le
philosophe. Ce sera Kant qui, en déterminant les catégories de l’entendement,
fixera définitivement leurs limites. Elles
sont un instrument, mais ne peuvent servir de clef à la métaphysique. Le mathématicien Saunderson, auquel Diderot
consacra des pages émouvantes, était
aveugle de naissance. Sur son lit de mort,
il rétorque à ceux qui lui vantent la beauté
de la création, qu’il ne connaît pas le
monde. Car pour découvrir le monde, il
nous faut voir d’abord, puis constater,
expérimenter, coller notre œil aux lentilles
du télescope ou du microscope. Les
mathématiques restent un exercice cérébral, à moins qu’elles ne soient associées
à l’expérimentation. D’où la fracture entre
pré et postkantiens.
Or, cette partie de La Critique de la raison pure, la plus significative pour l’histoire de la philosophie, est à peine effleurée par Luc Ferry alors qu’elle méritait,
surtout aujourd’hui, un long développement. Amplement traitée, elle aurait permis aux profanes d’accéder pour de bon à
l’œuvre de Kant, ardue certes mais fondamentale pour l’histoire des idées.
Le livre de Luc Ferry reste précieux pour
les spécialistes, les agrégatifs et les kantiens irréductibles. Un ouvrage solide mais
difficile.
François MORA. _____
(1) Luc Ferry : Kant, une lecture des trois “critiques”. 375 pages, 21.90 €. Grasset éditeur.
sur le gin. Charles par contre manifeste un
chagrin évident dans la belle et émouvante
scène de l’hôpital parisien où il est venu se
recueillir sur la dépouille de son ex.
La principale réussite de ce film chargé
d’humour et d’émotion
dans lequel Frears mêle
judicieusement images
d’archives, fiction et
reconstitution historique,
réside cependant dans la
mise en opposition subtile
de la pesanteur liée à la
Cour et à ses traditions et
de l’agitation “démocratique” autour de Tony Blair, le “modernisateur” de la société britannique qui va se
faire l’avocat dévoué de la Reine, au grand
dam de son retors conseiller et de son
épouse Cherie, tous deux violemment antimonarchistes. Vous l’avez compris, The
Queen est un divertissement royal !
●
Le nom de Christopher Smith est familier à tous les aficionados du film d’horreur depuis son très éprouvant (pour les
nerfs) premier long-métrage, Creep (un
dégénéré monstrueux sème la terreur
dans les sombres entrailles du métro londonien). Avec Severance, titre faisant
référence au fameux Delivrance de John
Boorman et au formulaire de licenciement en usage dans les entreprises en
Grande-Bretagne, Smith reste dans les
conventions du genre qui lui a si bien
réussi pour ses débuts. Sauf que, cette
fois, l’action ne se déroule plus dans une
ambiance de claustrophobie aiguë mais
au grand air, dans une nature aussi belle
que chargée de menaces, et le réalisateur
y joue à fond la carte de l’humour, le plus
noir, of course.
L’intrigue est simple voire élémentaire.
Sept cadres d’une compagnie multinationale d’armements vont passer un week-end
de motivation au fin fond d’une forêt en
Hongrie. A la suite d’un incident de parcours, ils échouent dans un ancien centre
de réinsertion pour militaires psychopathes, dont certains des éléments les plus
dangereux rôdent encore dans les parages
à l’affût de gibier humain. La partie de
paint-ball destinée à renforcer l’esprit
d’équipe va virer pour de bon au jeu de
massacre.
La mise en place est assez laborieuse
dans la première demi-heure consacrée à
la présentation des personnages mais elle
donne l’occasion d’une satire féroce de
l’horreur économique à l’anglaise. Dès
que les choses sérieuses commencent,
Smith nous entraîne dans un grand huit
infernal de scènes choc provoquant aussi
bien les montées d’adrénaline que les fous
rires grâce aux nombreux gags macabres
dégoulinant de gros gore qui tache. Les
aspects comiques de Severance n’en font
toutefois pas une bête parodie de film
d’épouvante et l’action monte crescendo
dans l’horrible et le suspense jusqu’à un
dénouement assez époustouflant. Après
Shaun of the dead et The Descent, le
cinéma anglais nous offre ici un nouveau
diamant noir. Rule Britannia !
Patrick LAURENT.
Les automates au Vernet-la-Varenne :
encore un instant de bonheur
Semaine anglaise
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CETTE chronique sera résolument
éclectique. Je n’y recenserai pas les
centaines de romans « de rentrée ».
Pas davantage n’y désignerai mes favoris
pour la foire d’empoigne des prix littéraires.
Ces vanités m’ennuient, mes vieux lecteurs
le savent. Les nouveaux en seront informés.
Pour qui veut briller dans le monde, montrer
qu’il est « dans le coup » en dissertant sur le
dernier best-seller, je fais, je le sais bien, un
piètre cicerone. Tant pis. J’assume cette singularité, convaincu de longue date qu’être
pendu aux basques de l’actualité ne constitue pas, quel que soit le domaine, un brevet
de bon goût.
Il est, ailleurs, dans des revues bien plus
riches que la nôtre (pécuniairement
s’entend !), assez de mes confrères qui ont
ainsi bâti leur réputation : ils ont lu avant les
autres, dans l’urgence, ce que la mode
impose d’avoir lu. Dans leur genre, des
champions de vitesse, ce que je leur accorde
volontiers.
Mais l’épreuve du temps leur est parfois
cruelle. S’ils relisaient leurs articles dix ans,
que dis-je, dix mois après, ils mesureraient
souvent l’inanité de leur jugement. Et combien de chefs-d’œuvre qu’ils ont louangés
finissent leur carrière dans les caves des soldeurs. Quand ce n’est pas au pilon. Je ne
citerai pas de noms, peu soucieux d’attirer
sur moi le courroux de ces augures qui, à
l’inverse de ceux de Cicéron, peuvent se rencontrer sans éclater de rire. Du reste, chacun
les reconnaîtra.
On voudra bien me pardonner ces propos
moroses et cet accès de bile. Il n’est que
temps d’entrer dans le vif du sujet.
●
Je commencerai donc par un roman, le
second de Laurent Maréchaux. Son premier,
Les Sept Peurs (même éditeur), témoignait
déjà de qualités qui font le prix de ce Fils du
Dragon (1). A savoir une alacrité de plume,
un sens du récit et du rythme, de l’imagination, l’art de camper des personnages assez
attachants pour que le lecteur les suive jusqu’au bout avec intérêt, voire passion.
Toutes vertus nécessaires à l’auteur de
récits d’aventures, de Dumas à Jacques Perret en passant par Henri de Monfreid — je
cite presque au hasard. Justement, Perret eût
sans doute aimé ces aventures maritimes, ces
bourlingueurs dont les routes se croisent aux
quatre coins du monde, ces histoires d’orphelins, de naufrages, d’amitiés nouées dans
la complicité du trafic et de la poésie, à l’escale, dans la fumée des bordels du port.
On ne résume pas l’odyssée de Victor
Combault, dit le Dragon, parti de Nantes
dans les années 1880 pour courir mers et
océans. Marseille, les mers du Sud, Java,
Singapour, le cap Horn, les Caraïbes,
l’opium et la contrebande, les amours coloniales, les embrouilles du sort et des
hommes, la vie à bord, narrée avec un raffinement de termes techniques (encore
Perret !) qui témoigne d’une familiarité de
l’auteur avec les choses de la mer.
Au cours de ses voyages, le Dragon va rencontrer deux hommes pittoresques avec lesquels il se liera d’amitié. Le premier, un
dandy polonais, le comte Joseph, Théodore,
Conrad de Korzeniowski. Féru de littérature
autant que d’aventures, il signera plus tard
Joseph Conrad les manuscrits qu’il entasse
à bord dans une malle. L’autre, un homme
de Charleville, un certain Arthur Rimbaud.
Un poète étrange, vaticinant des vers hermétiques, attachant et excessif.
Le trio se perdra et se ressoudera au fil des
escales, des retrouvailles imprévues, des
aléas de leur existence respective. Jusqu’au
jour où le Dragon, qui a laissé à Nantes sa
femme après l’avoir engrossée, décide de
disparaître en laissant croire à sa mort. De
quoi donner envie à Rodolphe, ce fils qu’il
n’a pas connu, de partir à sa recherche.
Inutile d’en dire plus, sinon que Laurent
Maréchaux conte tout cela vent arrière,
pour vous. » Et le pauvre Fallet n’avait pas
tout vu !
Ailleurs, il s’engoue pour Jacques Perret,
« muscadet des lettres », ou fustige la
médiocrité du personnel politique. Il était,
on le sait, l’ami de Georges Brassens. C’est
assez dire qu’un tel homme ne saurait être
foncièrement mauvais.
●
Autre fidèle de Brassens, Louis Nucéra.
André Asséo lui consacre une biographie,
Louis Nucéra. L’homme-passion (3), qui
retrace, jusqu’à sa mort tragique (il fut renversé par un chauffard le 9 août 2000) le parcours de cet écrivain qui avait le culte de
l’amitié.
Certes, tout ce qu’écrit Asséo est exact.
Mais pour qui a lu les romans (Avenue des
Diables Bleus, Chemin de la lanterne) et
les souvenirs (Mes ports d’attache), cet
essai n’apporte rien qui ne soit déjà connu.
Pis encore, il édulcore le personnage, insistant sur certains épisodes de sa vie,
glissant sur d’autres.
Il en ressort un Nucéra qui aurait
abjuré le communisme de sa jeunesse pour rejoindre, enfin désabusé,
le camp Politiquement Correct. Un
Nucéra définitivement bien-pensant,
amoureux de sa femme, de sa ville
de Nice et de la littérature, ami des
chats, de la bicyclette et d’un certain
nombre d’artistes et d’écrivains. Un
Nucéra affadi, aseptisé, saint-sulpicien en quelque sorte. Admirable,
sans doute. Sans grand relief, pour
tout dire.
J’ai connu Louis dans les dernières
années de sa vie. Partagé plus d’une
fois avec lui, Alphonse Boudard,
Raoul Mille, Pierre Monnier (qu’Asséo ne cite pas. Crainte de la compromission ?) les petits beignets de fleurs de
courgettes et le rosé de Provence. J’affirme
qu’il n’avait rien de ce personnage un peu
falot. Il lui arrivait de tonitruer en des
termes que je n’aurai garde de reproduire
pour ne point effaroucher la police de la
pensée. C’est peu de dire qu’il était bien
toutes voiles dehors,
et qu’on prend un
plaisir extrême à braver avec lui coups de
chien et paquets
d’embruns. Ultime
précision : il a écrit un vrai roman, pas des
élucubrations fuligineuses. Il n’aura sûrement pas le Goncourt — ce dont, je suppose,
il se moque comme de sa première chique.
●
Changeons de genre, comme annoncé.
Voici, après les Chroniques littéraires du
Canard enchaîné (Les Belles Lettres, 2004),
les Chroniques de la vie quotidienne (2)
que René Fallet donna, principalement à
Franc-Tireur, entre 1955 et 1980. Elles ont
été, comme les précédentes, réunies et présentées par Christiane et Michel Lécureur.
Disons-le tout de suite : tout n’est pas d’un
intérêt égal dans ces articles liés si étroitement à une actualité désormais lointaine que
les présentateurs ont cru bon de les
assortir, mus par un louable souci
pédagogique, de notes dont certaines
paraîtront à beaucoup superfétatoires.
Il est vrai que l’ignorance crasse des
générations actuelles pour tout ce qui
concerne le passé justifie sans doute
l’entreprise.
Quoi qu’il en soit, on y retrouve le
Fallet frondeur, impertinent, pour qui
il n’est pas de petit sujet. Il brocarde,
sur le même ton, avec son bon sens
d’autodidacte, aussi bien le trou des
Halles que Beaubourg (nous sommes
en 1977), et la culture officielle :
« Ladite culture est à la mode et se
porte courte. Elle a ses maisons, que
la tolérance n’a plus. Il est de bon
ton d’y donner des festivités de rebec
(instrument de musique du Moyen
Age, précisent les compilateurs) ou d’y
chanter n’importe quoi pourvu que cela
soit du seizième siècle. (…) L’heure est
aux troubadours décédés et désinfectés.
Aux microfilms et aux diapos, à l’idée
fonctionnelle et garantie pour longtemps.
A la quantité. A la pâtée ronron. On pense
revenu de son stalinisme : il en exécrait les
relents avec une vigueur non pareille.
La biographie d’Asséo est assurément
une œuvre pie, un témoignage d’amitié et
d’admiration. Dommage qu’elle n’arrive
pas à la cheville de son sujet.
●
Pour finir, un essai comme je les aime.
Délirant et troublant à la fois. L’œuvre
d’un « fou littéraire » comme on en compte
à toutes les époques, féru d’étymologie, de
numérologie, de mythologie, d’ésotérisme.
Capable d’expliquer les plus grands mystères avec une telle force de conviction que
le lecteur, entraîné entre certitudes,
approximations et hypothèses, finit par
abandonner tout esprit critique.
Ce soir l’Apocalypse (4) de Bertrand
Acquin est donc une exégèse du texte de
Saint Jean et de quelques sources païennes
à la lumière des sciences citées plus haut,
sciences auxquelles il convient d’adjoindre
une bonne part d’intuition.
La thèse de l’auteur est que les signes
annonciateurs de l’Harmaguédon, cet
ultime combat, se sont manifestés ces dernières années, sans que nous en ayons
conscience. Et que l’homme, selon la terrible prophétie de H.G. Wells, « est parvenu au terme de ses possibilités ».
Il en apporte des preuves multiples sans se
départir d’un humour qui rend son imposant
volume non seulement digeste, mais passionnant en plus d’un point. Canular ? On
est d’abord tenté de le croire. Pourtant, plus
on avance dans la lecture, plus on se persuade de la sincérité de l’auteur et de sa
bonne foi. Et il est tellement convaincant…
_____
1. Le Fils du Dragon. Editions Le Dilettante, 213 pages, 16 €.
2. Chroniques de la vie quotidienne. Editions Les Belles Lettres, 198 pages, 19 €.
3. Louis Nucéra. L’homme-passion. Editions du Rocher, 171 pages, 18 €.
4. Ce soir l’Apocalypse. Il était temps !
Préfacé par Hubert Monteilhet. Editions
L’Age d’Homme, 574 pages 40 €.
N° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 15
Li t térature en tout genre
DES bœufs tiraient un attelage. Un
ours tira l’un d’eux. Saint Eloi, qui
faisait construire un oratoire,
condamna le coupable à prendre la place
de sa victime. A cette légende, Ourscamps, près de Noyon, doit son nom. Il est
moins étonnant de trouver dans les Pyrénées, près d’Ax-les-Thermes, un sommet
appelé Tute de l’Ours. L’animal a laissé son nom à bien
d’autres localités : Valoursière, Pas de l’Ours, etc.
Lançons-nous donc, par le
biais des noms de lieux de
notre pays, sur la piste des
animaux d’hier ou d’aujourd’hui. Autre carnivore d’actualité, le loup se retrouve abondamment
dans la Toponomastique. Depuis la Valléeaux-Loups, à Chatenay-Malabry, dans la
banlieue parisienne, où vécut Chateaubriand, jusqu’au Bois du Loup Pendu (dans
le même secteur) et à Licourt, dans la
Somme, sans oublier la rue de la Brècheaux-Loups, à Paris.
La capitale compte aussi une rue du Chat
qui pêche — simple fente dans le
quai Saint-Michel — et une rue aux Ours
qui doit son nom aux nombreux rôtisseurs… d’oies qui y étaient installés, oies
étant ensuite devenues ours. La Butte-auxCailles et la rue du Champ de l’Alouette
nous rappellent que le XIIIe arrondissement avait jadis un aspect plus bucolique.
Simple chaussée entre Grenelle et Passy,
l’allée des Cygnes, où la promenade est
fort agréable, a usurpé le nom d’une île
disparue, dont ces oiseaux peuplaient les
abords.
Si nous suivons notre littoral, il est des
sites qui inclinent à la nostalgie. Proche
d’Etretat, la Roche aux Guillemots a donné
son titre à une nouvelle de Maupassant, qui
nous décrit le massacre dont ces oiseaux
furent victimes. Il n’y a pas non plus de
faucons pèlerins sur les rochers de la Fauconnière, au cap Fréhel, ni de grands corbeaux, promontoire oriental de l’île d’Yeu,
ni de baleines au large de la pointe des
Baleines ou de Saint-Clément-desBaleines — sites chers aux fidèles d’Henri
Béraud, dans l’île de Ré (1). Disparus aussi
les phoques moines qui laissèrent leur
marque à la baie du Bœuf Marin, dans
l’îlot de Bagaud, près de Port-Cros (2).
LES TERRASSIERS
DE LA BIÈVRE
Mais le phoque gris, lui, fréquente toujours la roche du Phoque (Karreq ar folk),
à Ouessant. Notre littoral compte encore
une île aux Moutons au large de Concarneau, une île aux Oiseaux dans le bassin
d’Arcachon, et la célèbre île des Faisans,
au milieu de la Bidassoa, près d’Hendaye,
où fut signé en 1659 le traité des Pyrénées.
Quant à la baie des Anges, où s’abrite
Nice, elle doit sans doute son appellation
aux anges-de-mer, étranges poissons intermédiaires entre les raies et les requins.
L’immense étang de Vaccarès, au cœur
de la Camargue, nous rappelle que les
célèbres taureaux de cette fascinante
région ont aussi des femelles. Si le plateau de Millevaches est le fief de la race
limousine, la falaise
des Vaches Noires, à
Villers-sur-Mer, est
ainsi appelée en raison de l’aspect des
rochers couverts
d’algues.
La Bièvre, petite rivière d’Ile-deFrance, dont le parcours parisien n’est
plus qu’un égout, comme aussi Vibraye,
Lamotte-Beuvron, etc., perpétuent le souvenir du castor, ou bièvre en ancien français. Le rocher de l’Aigle, dans la forêt
de Fontainebleau, semble attester la nidification passée de l’aigle royal. Des
bandes compactes de pluviers guignards
sillonnaient naguère la Beauce, mais on
en fit tant de « pâtés de Chartres » que,
seules, des localités comme Guigneville
en gardent la trace.
Enfin, la grotte de la Cigalière, au sudouest de Saint-Girons, doit bien son nom
aux “cigales”, mais ce sont les chocards,
sortes de petits corbeaux au bec jaune, que
l’on appelle ansi dans la région.
Jean-Jacques BARLOY. _____
(1) La baleine figure sur les armoiries de certaines villes de la côte basque, comme Biarritz.
Il s’agit de l’espèce dite précisément baleine
des Basques.
(2) A Belle-Ile, des nids de cormorans huppés
étaient alignés sur les corniches d’une grotte
comme des bocaux sur un rayon, d’où son nom
de Grotte de l’Apothicairerie.
Des lieux en forme d’empreintes
VOICI exactement un an,
trois Jeunes plus ou moins
favorablement connus des
services de police forçaient
les portes d’un transformateur EdF de Clichy-sous-Bois pour échapper aux flics. Et l’électrocution de deux
d’entre eux, le Tunisien Ziad Benna et le
Malien Bouna Traoré, allait être le prétexte
trois semaines durant des plus longues et
des plus violentes émeutes raciales que les
deux rives de l’Atlantique aient jamais
connues, avec d’énormes
dégâts collatéraux sur l’ensemble du territoire même si
la région capitale fut la plus
touchée : non contents de
blesser — parfois grièvement — 217 pompiers et
membres des forces de
l’ordre, d’incendier 45 588
véhicules et 6 996 bâtiments
et édifices publics et de causer pour plus de 250 millions
d’euros de dégâts qui anéantirent 20 000 m2 de surface
industrielle (chiffres des
Renseignements généraux),
les allogènes déchaînés
mirent sauvagement à mort
trois passants innocents, dont
deux Bretons, qui n’avaient
commis d’autre crime que de
croiser leur chemin au mauvais moment.
Alors qu’en un an, malgré
la présence au ministère de
l’Intérieur du terrible Sarkozy-Kärcher, la « criminalité de voie publique », souvent gratuite d’ailleurs, a littéralement explosé —
+ 14,2 % pour les violences
à personnes, + 22,4 % pour
les vols avec violence selon
le préfet de la Seine-Saint-Denis d’où partit l’incendie en octobre 2005 —, comment
les “cités” vont-elles fêter cet
anniversaire ? Multipliées ces dernières
semaines dans tous les départements de la
Grande Couronne au rythme de 15 par jour
(pour les voitures brûlées, on en est à 115
par nuit — cf. Le Parisien du 18 octobre),
les embuscades tendues aux policiers avec
la complicité de toute la population des
“quartiers” laissent présager le pire. D’où
sans doute la consigne donnée à ses fonctionnaires par le susdit Sarkozy-Kärcher de
se « montrer discrets ». Surtout, pas de
vagues, les Jeunes risqueraient d’y voir
une provocation.
NUIT BENGALIE POUR MAHARANI AUBRY ET LE GRAND
PALAIS POUR LES RAPPEURS
En outre, et de même que les empereurs
romains offraient « panem et circenses » à
la plèbe dans l’espoir de prévenir toute
révolte, maires et ministres tentent d’amadouer les occupants par une orgie de festivités. Artistement drapée dans un sari,
Martine Aubry a ainsi convié le 15 octobre
les Néo-Chtis à l’« éléphantesque » parade
d’ouverture de « Bombaysers (sic) de
Lille » à laquelle, sur fond sonore de
« puissants barrissements », ont participé
selon l’AFP « quelque 1 400 danseurs
habillés en costumes acheminés tout spécialement de Bombay et accompagnés de
fanfares du Rajastan », cependant que plusieurs immeubles étaient, à l’instar du
siège du quotidien La Voix du Nord, et foin
des économies d’énergie, « illuminés
comme des palais de Maharajah ». Dame,
il s’agissait de célébrer dignement Diwali,
« la fête des lumières qui rythme chaque
année, pendant quatre jours, la vie des
Indiens ».
Les Jeunes auront-ils apprécié cette « nuit
bengalie » qui a dû faire se retourner Mircea Eliade dans sa tombe ? Simultanément,
leurs congénères francîliens se sont en tout
cas pressés avec enthousiasme au Grand
Palais — tout récemment rénové, pour
rue », désormais partie intégrante sinon
première de notre culture, va donc devenir
institutionnelle.
THIERRY MARIANI,
SOCIALO-COMMUNISTE
HONORAIRE
Sans évidemment calmer le moins du
monde les « enfants des cités » — dites
técis puis désormais tess. Avant-hier, alors
que ce numéro de RIVAROL était sous
presses, une « Marche des doléances »
devait avoir lieu de la place DenfertRochereau à l’Assemblée nationale à l’appel du collectif AC Le Feu (Association,
Collectif, Liberté, Egalité,
Fraternité, Ensemble, Unis)
créé par « des citoyens et des
militants associatifs des
quartiers dits “sensibles” »
afin de faire « remonter la
parole des habitants des
quartiers auprès des institutions supérieures ». Quant au
RAIDH, Réseau d’Alerte et
d’Intervention pour les
Droits de l’Homme, il s’indigne de « l’attribution des
armes Taser à plus de 5 000
représentants des forces de
l’ordre » et s’inquiète des
« conséquences de l’escalade de violence que provoquera l’introduction de ces
pistolets à électrochocs »
puisqu’il est bien entendu
que si les keufs se laissaient
tirer comme des lapins, une
paix édénique régnerait dans
nos riantes banlieues.
Les angoisses du RAIDH
sont partagées par une douzaine de parlementaires
socialistes et communistes
qui réclament un moratoire
sur la distribution des Taser
mais aussi par deux UDF (le
sénateur Yves Détraigne et le
député Francis Hillmeyer) et même, ce qui
dessillera sans doute les yeux des naïfs du
Vaucluse, par Thierry Mariani, l’un des
députés théoriquement les plus à droite de
l’UMP, en pointe dans le combat pour
l’ordre et la loi. Nul doute donc que, loin
de ses électeurs, M. Mariani examinera
avec la plus grande bienveillance les
« cahiers de doléances » remis aux élus
mercredi dernier.
LES ASSEDIC, POMPE A
PHYNANCES DU PKK
Si cette lecture lui laisse quelque loisir,
peut-on lui suggérer de s’intéresser aussi
aux découvertes de son collègue et voisin
Dominique Tian, également député UMP
(des Bouches-du-Rhône) et président de la
mission d’information parlementaire chargée d’évaluer les moyens de contrôle de
l’Unedic ? Selon M. Tian, qui s’en est
ouvert le 17 octobre au quotidien économique Les Echos, ce ne sont pas seulement
6 400 faux chômeurs qui vivraient dans
toute la France aux frais des ASSEDIC
(voir ma chronique du 24/2/06 : « Vol de
criquets sur les ASSEDIC ») mais bel et
bien « 10 000 personnes », et cela « rien
qu’à Paris », le député insistant sur « l’aspect mafieux de ces fraudes » extrêmement
organisées, avec des réseaux bien structurés ayant créé 677 sociétés fictives. Le
député est formel : une partie de l’argent
part à l’étranger et « sert même à financer
dans certains cas des partis politiques
comme le PKK kurde » — du camarade
Ocalan.
LES CLANDESTINS, UNE
PARENTHÈSE JAMAIS FERMÉE
Bien entendu, l’UNEDIC a poussé les
hauts cris en ressortant ses chiffres de
février mais ce démenti évoque irrésistiblement la déclaration faite par Nicolas
Sarkozy le 18 septembre dernier sur
France 2. « La parenthèse est refermée »,
assurait alors le ministre de l’Intérieur en
annonçant la délivrance d’une carte de
séjour d’un an à 6 924 adultes prétendus
sans-papiers, parents d’enfants scolarisés
dans notre beau pays.
Refermée, vraiment, cette parenthèse ?
Car se poursuivait alors l’occupation par
d’autres clandestins du gymnase de
Cachan et, celui-ci à peine évacué et scellé,
la comédie se transportait à Toulouse où
une centaine de sans-papiers, dont quarante-huit enfants, ont investi le 17 octobre
la place du Capitole puis des locaux
annexes de la mairie avant d’obtenir satisfaction — des logements proportionnés à
la taille des tribus.
Bien entendu, l’opération désormais parfaitement rodée s’est déroulée avec le soutien — ou plutôt à l’instigation — des
habituelles associations collabotes, celles
que le ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo
qualifie de « si utiles » alors
qu’il devrait les mettre hors-laloi, et de quelques belles âmes
comme l’ultra-chiraquienne
Dominique Versini, nouvelle
Défenseure des enfants, soutenant que « quelle que soit la
situation administrative de ces
personnes, la présence d’enfants campant sur la place du
Capitole n’est pas admissible au regard de
la Convention internationale des droits de
l’enfant ». Ou encore la conseillère municipale de l’opposition Yvette BenayounNakache qui proclamait, la main sur le
cœur : « Qu’ils soient étrangers ou non, on
ne jette pas des enfants dans la rue pour
qu’ils y dorment » — cette pétition de principe ne s’appliquant naturellement pas aux
enfants de Gaza et du Liban bien obligés,
eux, de dormir dans la rue dès lors que leur
maison n’est plus que ruines, grâces en
soient rendus aux coreligionnaires israéliens de Mme Benayoun-Nakache. Au
contraire, les quarante-huit négrillons de
Toulouse ont, eux, vocation à devenir français.
LA TRAHISON DES CLERCS
Dans son “message” du 18 octobre, la
Conférence des évêques de France faisait
d’ailleurs savoir avec un beau jésuitisme
que si la France « ne peut pas recevoir tout
le monde », elle devrait s’interdire de
« renvoyer tous les clandestins » qui,
comme tous les migrants, ont leur « place
dans la société nationale ». Mais comment
peut-on espérer une quelconque intégration de ceux qui sont « chez eux chez
nous » et donc éviter que ne se renouvelle
indéfiniment l’intifada des banlieues survenue en 2005 quand tout l’Establishment
politique, intellectuel, religieux et caritatif
s’acharne à ce que de l’immigration, le
ventre soit toujours plus fécond ?
Chronique d’une année de braise
300 millions d’euros — où le ministre de
la Culture Renaud Donnedieu de Vabres
avait décidé d’accueillir « l’événement
Rue », que le slameur John Pucc’Chocolat
résume ainsi : « Ah, la rue, c’est un
concept, c’est le bordel. »
Pour le bordel, cela fut en effet une réussite, les matches de street-basket se télescopant avec les démonstrations de smurf
dans un déluge de décibels — « Gueulez,
faites du bruit », hurlaient les
animateurs — et les tagueurs — pardon,
les graffeurs, ça fait plus noble — s’en
donnant à cœur joie sur les 500 m2 de
bâches qui dégringolaient de la grande verrière pour leur permettre d’exercer leurs
talents — alors qu’ils squattent déjà le
palais de Tokyo, dans le très rupin quartier
du Trocadéro.
LA DROITE LA PLUS
BÊTE DU MONDE
« Quel dommage que Jack [Lang] n’ait
pas pensé à ça avant », regrettait un cultureux tandis que les rappeurs beuglaient à
s’en péter les cordes vocales le hit du
moment : « Fuck Sarko ». Mais pourquoi
se seraient-ils gênés ? « Ils financent notre
campagne contre la Droite, on en profite »,
a expliqué l’un d’eux à Libération.
D’ailleurs, le ministre est ravi de cette
« première étape » : « Je souhaitais organiser un événement national annuel dans
un lieu exceptionnel du patrimoine français. J’ai tendu une main, j’ai l’impression
qu’elle a été saisie… Il ne faut pas que cela
soit une fête sans lendemain, un rendezvous éphémère. Cela doit devenir un événement national annuel (bis) dans d’autres
lieux emblématiques du patrimoine ». Lesquels, dès lors qu’ils « bénéficient d’une
subvention de l’Etat, devront mettre à leurs
programmations des spectacles d’arts de
la rue ».
Les merveilleuses journées du Grand
Palais ayant « permis de gommer les clichés, de rassembler les artistes dans une
même énergie créatrice », Donnedieu
de Vabres va donc désigner dans les prochains jours « une personnalité représentative des arts de la rue » (pourquoi pas
Doc Gynéco ?), à charge pour elle d’« élaborer des propositions destinées à être
appliquées dès 2007 ».
On peut certes espérer qu’en 2007, RDV
ne sera plus rien et que les “propositions”
qu’il appelle de ses vœux seront mises au
panier. Mais l’expérience enseigne, hélas,
que les initiatives les plus démagogiquement extravagantes prises par tel ministre
de tel gouvernement sont pieusement
reprises à leur compte par ses successeurs.
Quel titulaire “de droite” de la rue de
Valois a jamais osé supprimer la Fête de la
musique inventée par Jack Lang ou faire
abattre les colonnes de Buren ? La pollution du Grand Palais par les « arts de la
par
Claude LORNE
(Dessin de CHARD.)
SOS-RACISME (ET SARKO) CONTRE LES RG
On comprend à la rigueur que Sarkozy ait fait appel à la LICRA de Patrick Gaubert
pour servir de médiateur dans l’affaire des squatteurs de Cachan, compte tenu de puissants liens communautaires et du fait que Thierry Gaubert, frère de Patrick, est l’un de
ses intimes. Mais l’appel à SOS-Racisme a été d’autant plus mal pris par les personnels
du ministère de l’Intérieur que cette association vient justement d’intenter un procès
aux Renseignements généraux pour « discrimination et constitution de fichier ethnique ». On se
souvient qu’en janvier 2005, les RG avaient établi un rapport (resté confidentiel jusqu’à
sa publication un an plus tard dans Le Monde) affirmant que sur « 436 meneurs recensés
dans 24 quartiers sensibles, 87 % ont la nationalité française, 67 % sont d’origine maghrébine et
17 % d’origine africaine. Les Français d’origine non immigrée [c’est-à-dire de souche] représentent
9 % des meneurs ».
C’est évidemmment cette réalité que SOS-Racisme veut absolument dissimuler au
public mais on comprend mal que le ministre ait porté sur le pavois un lobby aussi nuisible au lieu de défendre son propre service.
3:HIKMPD=[UXUZ[:?c@h@s@e@k; M 02536 - 2784 - F: 3,05 E
● suite page 2
Belgique, Luxembourg : 3,25 €
Canada : . . . . . . . . . . . . . 5,25 $
Mayotte : . . . . . . . . . . . 3,89 €
Suisse : . . . . . . . . . . . . . . . 5 FS
Port. Cont. : . . . . . . . . . . 3,50 €
RIVAROL.
R I VA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
N° 2784 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 3/11/2006
N° 2784 du 3 NOVEMBRE 2006
www.rivarol.com
Elections US : un coup de semonce pour Bush
Paris = Budapest et Sarkozy = Bela Kun
L’Etat-UMP vérolé par la corruption
Pitié pour les indigènes !
BIEN entendu, c’est « dans un esprit de
recueillement » et « avec dignité »
que, sous l’égide du maire socialiste
Claude Dilain, a été commémorée le
27 octobre à Clichy-sous-Bois (Seine-SaintDenis) la « mort pour rien » un an plus tôt de
Zyed Benna et Bouna Traoré dont l’électrocution, dans un local EdF dont ils avaient
forcé les portes, allait provoquer pendant
trois semaines un terrifiant déchaînement de
haine raciale. Mais, avant même ce fatidique
vendredi, les Jeunes de la ceinture jadis
rouge et désormais beur-black avaient fêté
à leur manière le tragique anniversaire. En
prenant d’assaut et en incendiant quatre
autobus de la RATP (à Grigny, Nanterre,
Montreuil et Athis-Mons), leurs congénères
rhodaniens prenant la relève à Vénissieux,
dans la banlieue lyonnaise, et les Phocéens
le 28 octobre dans les quartiers Nord de
Marseille, deux autres bus étant brûlés le
même jour au Blanc-Mesnil, dans le “9-3”.
Le prix moyen d’un autobus étant de
150 000 euros, c’est ainsi 1,2 millions d’euros qui sont partis en fumée en une
semaine. Une misère, pour le moment au
moins, au regard des 3,5 millions d’euros
envolés l’automne dernier quand les mêmes
Jeunes, ou leurs grands frères, avaient mis
le feu au dépôt RATP de Trappes et ainsi
détruit 23 véhicules. Et, surtout, la jeune passagère — sénégalaise — prise samedi au
piège des flammes à Marseille risque d’y
perdre la vie.
LEUR cœur saignant exclusivement pour
les voyous — qui seraient tous des
anges de douceur si une société marâtre ne
les avait délaissés et donc poussés à la
révolte, d’où la nécessité non pas de la
« tolérance zéro » rituellement évoquée
mais du “dialogue”, insiste le ségoliste Julien
Dray —, nos grandes consciences glosent
sur le mal-vivre dans les cités et particulièrement à Clichy, où « rien n’a changé en un
an » selon deux médiateurs cités par
Le Monde (du 28/10). Dans les années 70
de l’autre siècle, « il y avait un boucher, un
libraire, une pharmacie et une boulangerie »,
mais « les locaux ont été abandonnés puis
murés de parpaings », « les commerçants
sont tous partis » et « les habitants ont l’impression d’être relégués à l’écart de tout,
méprisés, oubliés ». Ce n’est pourtant pas
faute d’avoir dilapidé l’argent public. Transformé tel Zeus en pluie d’or pour séduire non
pas Danaé mais les “quartiers”, Dominique
de Villepin, qui avait dit deux jours plus tôt
« comprendre le sentiment de
harcèlement » des Jeunes devant les
contrôles de police (cf. Le Parisien du
25/10), s’est vanté lors de sa conférence de
presse mensuelle, tenue en toute démagogie le 26 octobre dans la ZEP de Cergy,
d’avoir débloqué « 100 millions d’euros cette
année pour soutenir l’action des associations », une enveloppe qui « sera reconduite
en 2007 ». Le Premier ministre s’enorgueillit
d’avoir également mis en place « 15 nouvelles zones franches urbaines » qui « permettront de créer 12 000 emplois supplémentaires dont au moins 4 000 pour les
habitants des zones urbaines sensibles »,
fait recevoir « 150 000 jeunes par l’ANPE et
les missions locales depuis le début de l’année » et signer « 135 conventions avec
l’Agence nationale de rénovation urbaine »
afin de « réhabiliter 182 000 logements
sociaux et d’en construire 84 000
nouveaux » pour « plus de deux millions
d’habitants ». « Au total, a conclu triomphalement le Père Noël de Matignon, l’aide de
l’Etat permettra de réaliser plus de 35 milliards d’euros de travaux jusqu’en 2013… Le
gouvernement est tout entier dans l’action…
Ma détermination au service des Français
est plus forte que jamais. »
Au service des Français, vraiment, ou des
naturalisés de fraîche date, voire des clandestins comme ceux de Cachan qui, bien
que doublement délinquants puisque
(Dessin de CHARD.)
Imprimé en France/Printed in France
2 N° 2784 — 3 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL
rer aux ordres de dispersion. Et plusieurs
furent d’ailleurs embarqués sans ménagements. En toute, treize personnes ont été gardées à vue jusqu’à 20 heures, dont deux rivaroliennes septuagénaires. Comme si, obligées par leur ministre de « se montrer discrètes » en banlieue où elles ne
s’aventurent plus qu’en tremblant,
les « forces de l’ordre » se lâchaient
contre les citoyens au-dessus de tout
soupçon. Scène inouïe, tout à la fois
burlesque et déshonorante pour ceux
qui l’avaient provoquée.
Il est vrai que flics et pandores
avaient sans doute du temps à perdre
puisque la nuit tant redoutée du 27 au
28 octobre avait été « relativement
calme » selon un communiqué de la
Direction générale de la police nationale :
seulement six policiers légèrement blessés,
autant de pompiers agressés à Clichy-sousBois, deux bus incendiés dans le “9-3”, et
277 véhicules brûlés dont la moitié en région
parisienne — 59 pour la Seine-Saint-Denis.
Le calme, on vous dit.
CE MINISTRE QUI FAIT HONTE
Ce même samedi, Nicolas Sarkozy était en
Lozère, pour célébrer « la France qui ne
casse rien ». Mais c’est cette France-là que,
quelques heures plus tard, il faisait interpeller par ses fonctionnaires. Pourquoi, sinon
pour complaire au PC“F” et à l’Intelliguentsia marxiste qui ont tout mis en œuvre,
d’ailleurs avec un indéniable succès, pour
que soit occulté le cinquantième anniversaire de l’atroce répression de l’insurrection
de Budapest (voir dans notre dernier n° le
récit de Jean-Paul Angelelli), heures parmi
les plus noires de l’histoire du mouvement
communiste ? On a eu maintes
preuves de la collusion des néo ou
crypto-gaullistes avec ce « collectivisme que nous n’attaquons pas »
(dixit Chirac Premier ministre en
1975). Mais il se trouve, circonstance très aggravante dans le cas du
ministre de l’Intérieur, que, comme
son nom l’indique, M. Nicolas
Sarkösy de Nagy-Bocza est né d’un
père aristocrate magyar censé avoir
fui en 1948 la Hongrie par haine du
communisme. Lors du discours « pour la
France » qu’il prononça à Nîmes le 9 mai
dernier, M. Nicolas Sarkösy de Nagy-Bocza
avait aussi trouvé de beaux accents pour
condamner la dérive imprimée à notre pays
par la révolution marxistoïde de 1968.
Alors, quand faut-il croire le candidat à
l’élection présidentielle : quand il se dit « de
droite sans complexes » ou quand il sert la
soupe aux nostalgiques du boucher
Khrouchtchev ? S’il est en lice le 6 mai
2007, on n’oubliera pas, en tout cas, comment il se conduisit — et fit se conduire pour
leur plus grande honte les forces dites de
l’ordre — le 28 octobre 2006.
Camille GALIC.
UN SANS-CULOTTES
NOMMÉ VILLEPIN
Très chahutée, ainsi que Laurent Fabius
d’ailleurs, par les partisans de Dominique
Strauss-Kahn lors du grand oral devant les
militants socialistes réunis le 26 octobre au
Zénith de Paris, et chutant de 15 points
selon un sondage CSA quand ses compétiteurs reprenaient 5 points, Ségolène Royal
aura eu du moins une consolation. Certes,
le Premier ministre a feint de railler la proposition ségolienne de « jurys citoyens »
chargés de surveiller l’action des élus, qui
« nous ramène à des expressions d’un autre âge et
souvent funestes », mais il ne l’en a pas moins
reprise à son compte lors de sa conférence
de presse mensuelle. Emettant le vœu que
« les bastilles tombent », le néo-sans-culottes
Dominique de Villepin s’est ainsi dit “favorable” à ce que le Conseil des ministres soit « un jour télévisé, à l’exception d’une part délibérative qui, par définition, comporte une part de
secret ». Et d’annoncer (avant d’être démenti
de Chine par Chirac) : « Le prochain Conseil
interministériel sur l’Europe sera ouvert » car « une démocratie doit avancer à travers la transparence, le contrôle et la participation de tous ». Lors de son tout récent voyage aux
Antilles, le Premier ministre avait entonné
l’hymne à la gloire du “Che” Guevara sous
prétexte qu’il lui « rappelait sa jeunesse vénézuélienne ». Le voici maintenant prêt à
prendre la Bastille. Jusqu’où ne descendrat-il pas dans la démagogie gauchiste ?
ROTMAN, DE
CHIRAC EN VEIL
On conçoit que Jacques Chirac ait été
furieux de la diffusion en prime time, et deux
soirs de suite sur France 2, les 23 (« Le
jeune loup ») et 24 octobre (« Le vieux
lion »), du documentaire de Patrick Rotman où il apparaît tour à tour ridicule et
odieux. Aucun autre président de la Ve n’a
en effet été traité de la sorte de son vivant.
Mais pourquoi la chaîne publique avaitelle décidé de diffuser cette émission ?
Le Point a donné à ce sujet quelques précisions édifiantes. Le documentaire commandé à Rotman ayant été finalement
refusé par France 3, c’est France 2 qui en
hérita mais, après de longues tergiversations, le feu vert ne fut donné par Marc
Tessier, précédent président de la chaîne,
que cinq jours après que celui-ci eut appris
qu’il ne serait pas reconduit dans ses fonctions. Son successeur Patrick de Carolis,
intime des Chirac et notamment de Bernadette avec laquelle il eut des Conversations
qui, publiées, connurent un gros succès de
vente, aurait volontiers enterré le projet
mais il recula devant les protestations que
la gauche en général et les syndicats de
l’audiovisuel en particulier ne manqueraient pas d’émettre. Et se résigna donc à
diffuser ce très encombrant “Chirac”, quitte
à se mettre à dos l’Elysée.
Pour son prochain portrait, Patrick Rotman a choisi de nous offrir un “Simone Veil”.
Gageons qu’il sera beaucoup moins critique que celui du président de la République, même si la vie et l’action de la présidente de la Fondation pour la Mémoire
de la Shoah comportent de très nombreuses zones d’ombre, sur sa déportation
en particulier.
lam. Les 35 milliards si libéralement
dévolus par Villepin à l’insatiable « politique de la ville », n’est-ce pas à la
construction de cités-refuges pour les
naufragés d’un bateau France en perdition qu’il faudrait les consacrer ?
DES zones de non-droit, on est
d’ailleurs passé aux zones interdites. Ne nous y trompons pas : si des
gamins incendient les autobus urbains
après en voir braqué le machiniste, ce
n’est pas seulement pour « faire du
spectaculaire » et jouer les Néron
devant un beau brasier. Eux-mêmes, ou
plutôt ceux qui les téléguident, savent
bien que les conducteurs rescapés
arguant de leur droit de retrait, les itinéraires seront modifiés pour éviter certains secteurs, qui deviendront ainsi
inaccessibles aux “intrus”. C’est à cette
logique qu’obéissent aussi les incendies
de bibliothèque ou de gymnase (après
quoi, les pyromanes se plaindront d’être
“abandonnés”), les agressions contre
les facteurs et même les éboueurs, les
embuscades tendues aux pompiers et
aux policiers, à une telle cadence et
avec une telle violence que la SGP-FO,
troisième syndicat de gardiens de la
paix, a appelé le 25 octobre à une
« journée nationale du droit de
retrait » — ce qui « implique qu’en cas
d’appel au commissariat, les policiers ne
sortent que s’ils disposent de suffisamment d’effectifs » et « de conditions normales de sécurité ». Celles-ci étant rarement réunies quand deux ou trois cents
“lascars” sont sur le pied de guerre, on
imagine ce qu’il adviendra des malheureux Gaulois ayant réellement besoin
d’être secourus. Pour s’évader des ghettos constitués depuis trente ans par les
nouveaux occupants venus du Tiers
Monde, les occupés de notre quartmonde devront-ils abandonner leur
logement, leurs souvenirs et leurs
maigres biens pour les tentes réservées
par Médecins du Monde aux SDF ?
En décembre 2005, Jamel Debbouze
en pèlerinage à Clichy-sous-Bois y avait
harangué les potes de Zied et de Bouna
en leur criant : « On est français, on est
fiers. On est nés ici. On a grandi ici. On
est des Icissiens. » Mot d’ordre
entendu : mille Néo-Clichois se sont
immédiatement inscrits sur les listes
électorales. Constaté dans tous les
“quartiers” où il s’accélère à l’approche
de la clôture des listes le
31 décembre — et des scrutins décisifs
de 2007 —, ce mouvement encouragé
par la fausse droite depuis le terrible
M. Pasqua va totalement bouleverser la
donne au détriment du camp national.
« Quand le peuple vote mal, on change
le peuple. » La substitution de population entraîne de facto une substitution
d’électorat.
Si dramatique et lourd de conséquences que soit ce retournement, ce
n’est pas lui toutefois qui nous préoccupe aujourd’hui au premier chef mais
le sort des vrais indigènes de ce pays
sacrifiés aux “Icissiens” au nom d’une
mystique pervertie des droits de
l’homme et d’une charité chrétienne
également dévoyée. Toutes deux en
réalité paravents d’une trouille abjecte.
<galic@rivarol.com>.
squatteurs et en situation irrégulière,
ont bénéficié de logements « proportionnés aux besoins des familles » ?
EN ces temps où politiques et associatifs, indifférents au martyre subi
par la Hongrie il y a cinquante ans (voir
ci-dessus), communient en revanche
dans le culte de Zied et de Bouna, c’est
à nos compatriotes les plus démunis
que vont en priorité nos pensées. Ceux
que l’envolée des prix de l’immobilier
empêche de trouver un toit décent dans
un quartier convenable et qui, bon gré
mal gré, doivent végéter, la peur au
ventre, insultés, humiliés, dans des lieux
qui leur sont devenus hostiles. Aux vieux
qui ont connu l’époque où, même
pauvre, il faisait encore bon vivre à Clichy, au Neuhof ou à La Rose et que leur
maigre retraite contraint à rester dans
leur HLM totalement dégradée, dont ils
n’osent plus sortir. Aux jeunes couples
impécunieux hésitant à faire des enfants
qui, les choses étant ce qu’elles sont, se
retrouveraient ultra-minoritaires dans
des écoles pourries avant de sombrer
dans la drogue, la délinquance… ou l’isSUITE DE L’EDITORIAL
DEUX cars et quinze camionnettes de
police et de gendarmerie dans les
rues avoisinantes, deux cents gaziers
en tenue de combat avec casques, boucliers
et jambières sur une place du Châtelet quasiment déserte : en ce bel après-midi du
28 octobre, il ne manquait que le RAID et le
GIGN, le KGB et les AVH pour que l’ordre
soviétique règne à Paris. Motif de ce
déploiement de force ? Faire respecter l’interdiction (signifiée le matin même) par la
Préfecture de Police et le ministère de l’Intérieur de la manifestation d’hommage aux
combattants hongrois de 1956 prévue par les
Jeunesses Identitaires, le Rassemblement
des Etudiants de Droite, Europae Gentes et
Chrétienté-Solidarité. Repaires de dangereux factieux, comme l’on sait. Craignait-on
qu’ils ne se ruassent à “Fabien” pour y tabasser Marie-George ? Qu’ils ne missent le feu
à un autobus ?
« J’ai décidé de mobiliser la totalité des
forces mobiles dont nous disposons au service de la sécurité de ceux qui prennent les
transports en commun », avait déclaré le
ministre de l’Intérieur en menaçant les éventuels délinquants de « peines sévères ».
Mais, place du Châtelet, ce sont les quelques
nationaux qui, tels les conseillers régionaux
frontistes Christian et Myriam Baeckeroot,
Chard et moi-même, n’avaient pas été avertis de l’annulation du rassemblement et
étaient donc exacts au rendez-vous, qui
furent menacés d’être « embarqués, et plus
vite que ça », quand ils tardaient à obtempéLE SOUTIEN DE BAYROU A L’ETA :
DANS L’ESPOIR D’UN PORTEFEUILLE ?
Hasard ou provocation ? C’est le 24 octobre, veille du vote prévu au Parlement européen
d’une résolution socialiste approuvant le « processus de paix » engagé par le gouvernement
également socialiste de Madrid avec les indépendantistes basques, qu’un commando armé
s’est emparé dans une entreprise d’armement de la région nîmoise de plus de 300 pistolets
et revolvers et de milliers de cartouches. Confirmant les soupçons de la police française,
M. Zapatero a reconnu devant la presse que ce raid accompagné d’une longue prise
d’otages (l’épouse du directeur de la société et ses deux enfants, dont un bébé de neuf mois)
était “probablement” l’œuvre de l’ETA. Certes, il s’agit d’un incident « grave et sérieux qui aura
des conséquences le moment venu, a ajouté le président du Conseil espagnol, mais nous n’allons pas
nous précipiter ». Que pense-t-il donc que les Etarras vont faire des pistolets volés ? Des castagnettes ?
Ainsi encouragés par leur ami Zapatero, les eurosocialistes ont maintenu leur résolution
qui, toutefois légèrement amendée, a été approuvée par 321 voix contre 311 et 24 abstentions. Remarquant que cette « résolution communiste, socialiste, verte demandant l’autodétermination
du pays basque espagnol et la remise en cause de l’intégrité territoriale de l’Espagne, sous la pression de
l’organisation terroriste basque ETA, n’a été adoptée que par 10 voix de majorité », Jean-Marie Le Pen
a souligné l’apport décisif des « huit députés français de l’UDF ». Pourquoi Bayrou a-t-il ainsi
volé au secours de la gauche et défendu « des positions sécessionnistes et radicales que ne peuvent
accepter ses électeurs centristes » ? Le président du Front national a sa petite idée : selon lui, le
président de l’UDF « espère ainsi entrer dans une future majorité de gauche socialo-communiste en cas
de victoire de Mme Royal ». « L’UDF ne serait plus ainsi au centre de la vie politique française mais elle
basculerait à gauche avec armes et bagages, devenant du même coup compagnon de route de l’ETA. »
Budapest 1956, Paris 2006 :
Sarkozy, valet du PC
“POP”
Le 28 octobre, dans les quartiers Nord
de Marseille, quatre Jeunes sont entrés
dans un bus, y ont jeté de l’essence et craqué une allumette. Le bus a été réduit en
cendres… et une étudiante sénégalaise de
26 ans grièvement brûlée.
Le lendemain, les réactions du
Système — élus, du PC et des Verts à
l’UMP, presse lobotomisée, représentants
de l’Etat, responsables d’associations de
quartiers, « grands frères » et autres —
étaient prévisibles : c’est un geste isolé, il
ne faut pas faire l’amalgame entre ces
quatre mineurs et l’immense majorité de
leurs coreligionnaires, c’est incompréhensible, et tous les poncifs habituels. On
notera aussi cette curieuse réaction, que
le quotidien La Provence attribue à un
employé anonyme de la Régie des transports marseillais : « C’est une ligne populaire,
qui traverse plusieurs quartiers populaires ».
Alors, si c’est populaire…
N° 2784 — 3 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 3
conseil général des Yvelines et encore
président de la commission d’appel
d’offres, trois ans de prison avec sursis,
150 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de droits civiques. L’Etat-UMP
n’a donc rien à envier à l’Etat-PS sur le
plan de la corruption et du déshonneur.
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