LES FAUX ELECTEURS
DE DOMINATI
Quand ils ne volent pas, les élus UMP trichent, les deux activités étant d’ailleurs
parfaitement cumulables. Dans l’affaire
des faux électeurs du IIIe arrondissement
de Paris, les procureurs Laurent Zuchowicz et Alexandre Aubert ont requis le
25 octobre contre Jacques Dominati, sénateur de la capitale, la peine maximale de
douze mois avec sursis assortis de cinq ans
d’inéligibilité et contre ses deux fils, Philippe, sénateur lui aussi, et Laurent, ancien
député, ont été demandés six mois avec
sursis et une inéligibilité de trois ans. En
écho à l’un des avocats des parties civiles,
Me Antoine Comte, qui, à l’audience, avait
qualifié cette affaire de « crime contre les
citoyens », Laurent Zuchowicz a évoqué
« des faits de nature exceptionnelle qui
n’ont pas de précédent dans les annales
judiciaires et qui portent atteinte aux fondements de notre démocratie (...) Parti
républicain, Union pour la Démocratie
française, Rassemblement pour la République, ces mots ont un sens et on ne peut
pas balayer tout cela au nom d’une “coutume” républicaine qui permettrait de passer au-dessus de la loi ! » Car, dans ce dossier, a ajouté le vice-procureur, « il ne
s’agit pas d’inscriptions électorales saupoudrées de çà, de là, mais de fraude organisée ».
Evoquant les inscriptions par vagues, fin
1988, soit quelques mois avant les élections municipales, le magistrat a ironisé sur
« toutes ces personnes qui ont le même jour
à la même heure la même révélation : il
faut aller s’inscrire à la mairie du 3e ! Je
ne crois pas à cette transhumance spontanée de milliers de manchots qui, mus par
un instinct irrépressible, convergent vers
cette mairie avant que la glace ne se
referme sur le bureau des élections ! »
« Ce qui domine, c’est un sentiment de permissivité dans un contexte politique où l’on
s’autorise tout et où l’on s’affranchit de
toutes les règles », a encore observé l’accusation, en dénonçant un « système de
fraude totalement verrouillé à tous les
LE DOUBLE mandat présidentiel de
Jacques Chirac aura encore creusé le
fossé entre les citoyens et leurs dirigeants. Ainsi, selon une enquête du Cevipof
sur la probité des hommes politiques, plus
de 60 % des sondés considèrent que « les
élus et dirigeants politiques sont plutôt corrompus ». Cette défiance recouvre des
appréciations contrastées. En tête des institutions perçues comme les plus touchées par
la corruption figurent le gouvernement avec
78 % d’opinions négatives, puis la présidence de la République (69 %), les députés
(68 %) et sénateurs (58 %). Arrivent en
queue de peloton les maires que 39 % des
personnes interrogées considèrent comme
« beaucoup ou assez corrompus ». Cette
relative indulgence ne nous paraît pas justifiée car les maires sont en première ligne
dans tout ce qui a trait à l’attribution des
marchés publics. La mairie de Paris, sous
Jacques Chirac, a été ainsi une vaste entreprise totalement mise au service d’un parti
et d’un homme : sans l’infrastructure de la
première ville de France et toutes les activités délictueuses qui pouvaient s’y déployer,
le fondateur du RPR n’aurait sans doute
jamais pu devenir président de la République. D’autres affaires récentes (Carignon,
Noir, Boucheron, Bédier) ont également mis
en cause des maires dans l’exercice de leurs
fonctions.
L’enquête du Cevipof révèle aussi que plus
le niveau d’études est élevé, plus les gens
sont insérés socialement et proches des partis dits de gouvernement, plus leur niveau de
confiance dans l’administration, les institutions politiques et le sentiment d’être bien
représentés par leurs élus sont forts. Inversement, les personnes appartenant aux milieux
les moins favorisés stigmatisent une corruption de grande ampleur et affichent leur
défiance dans les cadres politiques et institutionnels. Ce qui témoigne que plus l’on
passe de temps sur les bancs de l’école, plus
l’on est formaté et moins l’on est lucide ! De
plus, les personnes fortunées ont souvent des
liens étroits avec les pouvoirs en place, ce
qui explique bien des complicités et des
indulgences.
LES MARCHÉS PUBLICS
TRUQUÉS DE BÉDIER
Que nous soyons gouvernés par des
mafias qui s’entendent entre elles pour
sauvegarder leurs prébendes, le pays dûtil en mourir, l’actualité nous en donne des
preuves quotidiennes. Pour rester sur le
terrain judiciaire, il suffit de citer les
affaires Bédier et Dominati. Contre le
maire UMP de Mantes-la-Jolie et président du conseil général des Yvelines, le
procureur Marie-Christine Daubigney a
requis dix-huit mois de prison avec sursis, 80 000 euros d’amende et trois années
d’interdiction de droits civiques pour
avoir accepté des largesses de l’industriel
Michel Delfau en échange de l’attribution
de marchés publics. Ironisant sur ses
anciennes responsabilités gouvernementales « en relation avec la passation de
marchés publics » (Bédier fut secrétaire d’État aux programmes immobiliers de la
justice, ça ne s’invente pas !) ou le comparant à un jeune cambrioleur tout heureux d’avoir trouvé un stage dans une
entreprise de serrurerie, le procureur a
évoqué les sommes en liquide, estimées à
un peu moins de 200 000 euros : « Pierre
Bédier les a reçues pour son bien-être
personnel », « de l’argent volé à ses
administrés, à ses contribuables », « un
vol qui le rend indigne d’exercer des fonctions politiques » a tonné le magistrat face
à un Bédier qui, en bon chiraquien, a fait
preuve d’arrogance et n’a cessé de montrer son exaspération. Bédier n’est du
reste pas le seul impliqué dans cette sordide affaire de marchés truqués et d’enrichissement personnel, même s’il est la
personnalité la plus connue. Contre
Jacques Masdeu-Arus, député-maire
UMP de Poissy, ont été requis deux ans
d’emprisonnement avec sursis,
200 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de droits civiques. Et contre
Gilles Forray, vice-président UMP du
gravité. Il risque donc d’en aller de cette disposition comme de la possibilité dans la
Constitution gaullienne de juger le chef de
l’Etat « pour haute trahison », un qualificatif
qui n’a jamais été défini et qui aurait pourtant pu parfaitement s’appliquer aux cinq
présidents successifs de la Ve, de De Gaulle
à Chirac, qui ont tous encouragé une immigration massive en France, dont nous
voyons chaque jour davantage les conséquences apocalyptiques sur l’avenir de la
nation et la survie de la civilisation. Née sur
une forfaiture initiale (faire croire au sauvetage de l’Algérie française alors que son largage avait été décidé dès le début), la Ve ne
vit depuis bientôt un demi-siècle que sur les
trahisons, les mensonges, les coups bas et les
coups tordus.
CLEARSTREAM :
VILLEPIN DANS LE VISEUR
A preuve les derniers développements
de l’affaire Clearstream qui avait fait la
une des gazettes ce printemps. Après le
temps médiatique, voici venu le temps
judiciaire. Un véritable défilé politique
se poursuit dans le cabinet des juges
Jean-Marie d’Huy et Henri Pons qui tentent de comprendre dans quel cadre
Dominique de Villepin, alors patron de la
diplomatie française, a missionné le
général Rondot, théoriquement sous les
ordres du ministre de la Défense Michèle
Alliot-Marie, pour qu’il enquête sur les
faux comptes Clearstream livrés par
Jean-Louis Gergorin. Avant Jean-Pierre
Raffarin, qui a confirmé ne jamais avoir
été informé des listings fabriqués de cette
société luxembourgeoise ni d’une
enquête confiée au général Rondot en
2003-2004, les deux magistrats ont
convoqué le successeur au Quai d’Orsay
de Dominique de Villepin. Or Michel
Barnier, qui est certes passé dans le camp
Sarkozy depuis que Chirac et Villepin
l’ont exclu du gouvernement au lendemain du référendum sur la Constitution
européenne, s’est livré à une attaque en
règle du Premier ministre. « Au cours de
l’entretien que j’ai eu avec mon prédécesseur lors de la passation des pouvoirs,
il n’a jamais été question de ce dossier »
affirme sur procès-verbal Barnier qui
ajoute que « ce dossier n’était pas traité
par les services du ministère, ni par le
cabinet du ministre. (…) Il ne relevait
pas des attributions du ministère des
Affaires étrangères, sinon il aurait fait
l’objet d’une transmission au nouveau
ministre ». La charge est rude, Barnier
accusant Villepin de s’être livré à une
sorte d’enquête parallèle et ayant même
“négligé” de prévenir son directeur de
cabinet Pierre Vimont qui, entendu également par les juges, jure n’avoir jamais
été tenu informé de l’enquête.
Si, en bon sarkoziste, Barnier a tout intérêt à voir Villepin sombrer tant la haine est
palpable entre le camp du président de
l’UMP et celui du chef du gouvernement,
force est de constater que le rôle de Galouzeau dans ce dossier à tiroirs n’est pas particulièrement ragoûtant et s’apparente à de
la basse politique. Comme quoi l’on peut
aimer la poésie et ne pas répugner aux
coups fourrés et aux petitesses du pouvoir.
Après l’audition comme témoin de
Michèle Alliot-Marie, ministre de la
Défense au rôle là aussi peu clair, ce sera
au tour de M. le Premier de s’expliquer...
dans l’espoir de mieux enterrer l’affaire ?
UNE FIN DE RÈGNE
NAUSÉABONDE
Le spectacle que donne la majorité
actuelle est donc on ne peut plus nauséeux.
Au moment où les banlieues se mettent à
nouveau à brûler, il est impossible à nos
dirigeants d’appeler au respect de l’ordre
et de la loi lorsque eux-mêmes prennent de
telles libertés avec la morale, la justice, le
droit et la vérité. Comme le disait en 2002
devant les caméras de télévision un jeune
Beur choqué des discours de Chirac sur le
respect de la loi : « lui, le voleur, comment
y peut dire aux autres de pas voler ? » De
fait, quelle légitimité a le premier délinquant de France pour présider aux destinées du pays et donner des leçons de
morale à la terre entière ? Et quelle crédibilité ont les mafias politiciennes pour être
écoutées et respectées des Français, qu’ils
soient de souche ou de papier ?
Jérôme BOURBON,
<jeromebourbon@aol.com>.
stades », depuis la “complaisance” des
fonctionnaires du bureau des élections —
dont deux anciens responsables, Patrick
Grundmann et Jacques Vitzling, figurent
parmi les prévenus — en passant par la
commission administrative de contrôle et
les élus eux-mêmes qui se chargent de faire
le recrutement des électeurs et de faciliter
leur inscription en leur fournissant une
adresse fictive.
UN SEUL RESPONSABLE
(PÉNALEMENT
IRRESPONSABLE) : CHIRAC !
L’instruction sur cette affaire de faux électeurs a duré dix-sept ans et elle nous renvoie
encore à l’époque où Jacques Chirac était
maire de Paris. Après avoir été humilié par
Mitterrand à la présidentielle de 1988 (54 %
contre 46 %), ce qui avait fait dire à Bernadette : « Les Français n’aiment pas mon
mari », Chirac avait un pressant besoin de
se relancer politiquement. D’où son obsession de réussir à tout prix le grand chelem
aux municipales parisiennes de mars 1989,
c’est-à-dire la victoire dans les vingt arrondissements. Ce qui n’était pas chose aisée.
D’où l’organisation d’une fraude massive,
délibérée et systématiquement organisée. Si
donc les Dominati sont logiquement dans le
box des prévenus, manque le principal responsable qui, pour cette affaire comme pour
toutes les autres, est à l’abri sous les lambris
dorés de l’Elysée. D’ailleurs, même lorsque
Chirac aura quitté ses fonctions, il n’a guère
de souci à se faire puisque tous les dossiers
dans lesquels son nom a été cité sont définitivement prescrits, à la seule exception de
l’affaire des emplois fictifs de la mairie de
Paris de l’aveu même du juge Halphen dans
le reportage en deux parties que France 2 a
consacré à Chirac les 23 et 24 octobre.
D’ailleurs c’est sans doute parce qu’il sait
ne plus rien risquer sur le plan judiciaire que
le chef de l’Etat s’est enfin décidé à honorer
une promesse électorale en demandant à son
gouvernement de parvenir à l’adoption du
projet de loi sur la réforme du statut pénal du
président de la République avant la fin de la
législature. Le texte propose de confirmer
l’immunité du chef de l’Etat pendant son
mandat et instaure un processus de destitution « pour des faits d’une particulière gravité manifestement incompatibles avec
l’exercice de ses fonctions ». Le problème,
c’est que n’est à aucun moment précisé ce
que pourrait être ces faits d’une particulière
(Dessin de CHARD.)
Le règne tous azimuts de la
corruption dans l’Etat-UMP
4 N° 2784 — 3 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL
constitue pas véritablement un outil révolutionnaire destiné à modifier l’essence
même de la vie sociale. Elle n’est que la
protection symptomatique de la prostituée blessée dans son orgueil. Dreyfus,
lui, enchaîne les victoires, aujourd’hui
plus qu’hier, et à un rythme et à une
allure “exponentiellement” croissants.
C’est à la lumière de cette dynamique
morbide qu’il faut appréhender le jugement rendu le 26 septembre dernier à
Nancy à l’encontre d’un ancien lieutenant
de 28 ans, sorti de Saint-Cyr.
SOLDATS OU MAUVIETTES ?
Que reproche-t-on à cet officier du
516e Régiment de Toul ? De supposées
violences volontaires commises le
8 octobre 2004 lors d’un exercice militaire… nocturne (ce qui paraît déjà oléolé pour le journaliste de L’Est républicain qui relate cet épisode anodin). Le
bon magistrat président Dominique Fornet répond quant à lui à cette question par
un angélisme qui en dit long sur sa profonde ignorance concernant la chose
militaire (et là est le fond du problème) :
« Qu’on demande ce genre de choses à
des commandos, tout le monde comprendra. Mais pas à des soldats de base. »
Soldats de base… Ceux qui fument quotidiennement leur pétard une bière à la
main et qui doivent être considérés
comme des fonctionnaires lambda ? Oui,
assurément, et les tenants de notre belle
morale républicaine s’appliquent à le
faire savoir par le truchement des tribunaux.
Mais quels sont ces faits si compromettants qui équivalent à quatre mois de prison avec sursis pour notre lieutenant zélé ?
— Des hommes cagoulés qui tombent en
pleine nuit sur de jeunes soldats affolés,
préalablement apeurés par l’obscurité.
— Une simulation de prise d’otages.
— La présence d’un chien (ne mordant
personne).
— Un prétendu coup dans le dos ne provoquant aucune blessure, aucune contusion, aucune marque.
— Et le clou de la soirée symbolisant à
lui seul la déliquescence de l’Armée française : lors d’un cross, quelque temps
avant cette nuit terrible, notre pauvre
lieutenant a eu l’outrecuidance de motiver dans la plus belle camaraderie l’un de
ses subalternes en lui demandant ingénument de « tenir le coup ». Quel
impudent ! On comprend aisément que
nos juges ne pouvaient laisser évoluer
tranquillement ce monstrueux bourreau
au sein de l’Armée de l’Ile aux enfants et
de Casimir. Alors que nos « soldats de
base » ne sont même plus capables d’assumer une partie de paint-ball, dans le
même temps, les Jeunes s’endurcissent
dans leurs sempiternelles guérillas
urbaines, brûlant dès six ans leur première poubelle collective, combattant
L’ACTION FRANÇAISE était née
de cela : de cette première alerte
gangreneuse apparue lors de l’Affaire Dreyfus à la toute fin du XIXe siècle.
Maurras avait ainsi compris que la polémique engagée ne constituait pas un événement conjoncturel que d’aucuns pensaient ourdi par une minorité très active
afin d’user l’Armée au profit de l’ogre allemand. Elle était avant tout une manifestation aiguë de la toute-puissante philosophie républicaine et individualiste qui
noyait désormais les différentes strates étatiques et intellectuelles de notre nation. Le
maître martégal savait que la volonté des
hommes de bien pesait peu devant un système écrasant toute entreprise ré-actionnaire. D’autant plus que le régime le chapeautant se nourrissait d’une utopie
maçonnique élevée de fait au rang de religion, celle des Droits de l’Homme — virtuelle, bien évidemment.
L’affaire des fiches du sinistre général
André (et du Grand Orient) illustra dans
une certaine mesure la thèse de Maurras.
La Grande Muette, en effet bien bâillonnée, se révélait être sous la houlette de
big brother. Tout était désormais
contrôlé, surveillé et en définitive verrouillé. Néanmoins, cette sombre affaire
de fiches, heureusement révélée, ne
représente qu’une arme défensive destinée à la protection de la gueuse, de ses
dignitaires et de ses thuriféraires. Cette
méthode mise en exergue par Syveton ne
entre eux dans les caves, à mains nues,
dès huit ans, lapidant les forces de l’ordre
dès dix ans. Bref, pendant que le « Pays
légal » s’échine à castrer ce qu’il reste à
castrer, à ramollir ce qu’il reste à ramollir, à chloroformer ce qu’il reste à chloroformer, le Pays réel s’enfonce dans le
chaos, croyant benoîtement qu’en cas
d’extrême urgence, il y aura toujours, par
exemple, le 516e de Toul pour le préserver de la barbarie.
François-Xavier ROCHETTE.
UN DRONE ISRAÉLIEN
POUR LES CITÉS ?
Coproduit par Israël Aircraft Industries
et EADS sous l’égide de l’agence chargée
des acquisitions au ministère de la
Défense, un drone dérivé du modèle
israélien Mahatz déjà utilisé par l’armée
de l’air israélienne a effectué à la mi-septembre un vol d’essai réussi. Comme il y
a peu de chances que ce drone, très utilisé
pendant la dernière campagne libanaise
de Tsahal, soit employé par la France en
Afghanistan, certains se demandent s’il
n’a pas pour vocation de surveiller nos
chères banlieues. Le Mahatz coûte 40 millions d’euros.
Dernier stade de putréfaction
pour l’Armée française
C’EST dans l’effervescence que
depuis trois mois, la vingtaine de
cellules que compte le Parti communiste réunionnais (PCR) s’activait pour
préparer la conférence extraordinaire qui
s’est tenue le 24 septembre à l’Etang-Salé
(sur la côte ouest de l’île). A ce grand rassemblement fut adopté, non pas la Bible,
ni Le Capital — la précision est d’Elie
Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais — mais un « plan de
développement de La Réunion » à la sauce
PCR.
Ce document servira de profession de foi
pour les échéances électorales à venir :
présidentielle, législatives, municipales,
cantonales. Et on y découvre le nouveau
mot d’ordre : après “l’autonomie” dans les
années 1970, « l’égalité sociale » (l’égalité des chances (?) par rapport à la Métropole), dans les années 1980 et 1990 — qui
enthousiasma aussi bien Mitterrand que
Chirac, en campagne électorale, se disputant les faveurs de Paul Vergès, le charismatique leader du PCR, actuellement président de la Région — , c’est aujourd’hui
« l’égalité collective » que prône et revendique le Parti.
« Nous avons arraché l’égalité sociale
individuelle mais nous constatons aujourd’hui que le compte n’y est pas en matière
d’égalité collective », déclare le secrétaire
général. « Nous affichons un taux de chômage de 31 % à La Réunion contre 9 % en
métropole. Il y a entre 100 000
et 120 000 illettrés dans l’île
(sur 700 000 habitants, soit dit en passant).
C’est une situation qu’on ne peut pas tolérer ! » D’où l’élaboration d’un « nouveau
contrat social à la Réunion basé sur l’égalité collective ».
C’est sur le fondement de ce contrat et
compte tenu de ceux qui l’avaliseront que
le PCR donnera ses consignes de vote. Avis
à Sarkozy, l’attrape-tout ! A La Réunion,
le Parti pèse lourd, électoralement. Dans sa
revendication d’« égalité collective », le
parti de Vergès et de Hoarau, son fidèle
disciple, propose « d’arrêter les recrutements extérieurs » et demande — tout simplement — à l’Etat de bloquer pendant une
quinzaine d’années l’arrivée sur l’île de
fonctionnaires métropolitains ! Si cette
mesure restrictive est impossible à appliquer, le recrutement se faisant par un
concours national, objectent les citoyens
respectueux de la loi, alors « réservons le
concours aux Réunionnais et la notion
même de concours sera préservée », répliquent cyniquement les Rouges auxquels
tout est dû…
Voilà qui relance le débat sur l’embauche
des Zoreils, si fertile en polémiques.
L’« égalité collective », thème démagogique et porteur, séduit nombre de locaux
pour qui le chômage et l’illettrisme c’est
« la faute des Zoreils », lesquels considéreraient comme des citoyens de seconde
zone les métis et les noirs descendants
d’esclaves, qui les jalousent et souhaitent
en être débarrassés. Frustration malsaine
entretenue par le subversif « Collectif des
Dom », déplorant, entre autres turpitudes
de la France colonialiste que, dans le
feuilleton estival de France 2, « Les
Secrets du volcan », tourné à La Réunion,
« tous les rôles importants soient tenus par
des métropolitains ».
Avec une dialectique implacable, sous le
slogan « socialement correct » de l’égalité
collective, Elie Hoarau voudrait en fait
appliquer à La Réunion, département français, « la préférence régionale », chère à
l’extrême droite xénophobe et mal-pensante, mais relevant du racisme et de la discrimination, crimes des plus infamants
dans notre République humanitariste et
égalitariste. Le secrétaire général du PCR
n’en a cure et, même, enfonce le clou en
faisant appel aux valeurs citoyennes : « Si
les fonctionnaires métropolitains veulent
faire un acte de solidarité avec les
Réunionnais, qu’ils ne postulent pas pour
venir à La Réunion. » Sic !
Aussi bien, le PCR pourrait peut-être se
pencher sur les mesures incitatives qui attirent les métropolitains dans l’île : la surrémunération ainsi que les congés bonifiés
sont des “acquis” dont profitent autant les
fonctionnaires réunionnais que métropolitains et que l’Etat ne peut remettre en question sans se casser les dents même si, depuis
trente ans, ils sont frappés d’obsolescence
avec la révolution du transport aérien qui
met La Réunion à douze heures de Paris.
Tant que les exorbitants salaires des fonctionnaires en poste dans ce département
d’Outre-mer ne seront pas revus à la baisse
et alignés sur ceux de la métropole — une
opération pénalisant aussi les Réunionnais,
donc électoralement irréalisable —, les
Zoreils continueront d’affluer à La
Réunion.
Noëlle SACLET.
Comment arrêter les flux migratoires…
des “Zoreils” vers la Réunion ?
Dans l’armée de MAM, tous les
Saint-Cyriens doivent-ils ressembler à ça ?
Dessin de Chard, RIV. du 22/2/2002
L’ÉTONNANTE CLÉMENCE
DU MRAP ENVERS VILLIERS
« L’islam est le terreau de l’islamisme et l’islamisme est le terreau du terrorisme ».
Cette déclaration de Philippe de Villiers, le 16 juillet 2005 sur TF1, lui
avait valu d’être poursuivi en justice pour « incitation à la haine raciale et
religieuse » par le Mrap, le Conseil islamique Rhône-Alpes-Mosquée-deLyon et la Ligue islamique mondiale. Or, on apprend qu’après avoir été
reporté, le procès qui devait s’ouvrir le 22 octobre au tribunal de grande
instance de Bobigny n’aura finalement jamais lieu, les trois parties civiles s’étant toutes
désistées in extremis arguant une erreur de procédure. Naturellement le vicomte
triomphe : le Mrap, le Conseil islamique Rhônes-Alpes-Mosquée-de-Lyon et la Ligue
islamique mondiale « espéraient m’intimider en portant plainte. Puis, constatant leur échec, ils ont
eu peur de la confrontation » plastronne Villiers. Argument qui ne tient pas la route, l’organisation de Mouloud Aounit n’ayant jamais hésité à multiplier les poursuites contre
tous ceux qui tiennent des propos vigoureux sur l’immigration, l’islam ou tout autre
question taboue. Aussi ce brusque et unanime retrait de plainte est-il des plus suspects
et tend à prouver, qu’en dépit de fanfaronnades démagogiques, Villiers reste profondément un homme du système.
AGENDA
☞ 4 novembre à Paris 5e (St-Nicolas du Chardonnet, 10 h). Messe de requiem pour Jean Ferré, dite par
l’abbé Alain Lorans.
☞ 4 novembre à Paris 11e (La Licorne Bleue, 3 bis
rue Jules-Vallès, de 15 à 18h30). Jean Castrillo dédicace “Constantinople”. Rens. : 01-46-59-18-20.
☞ 4 novembre à Paris 17e (Hôtel Gril Campanile,
4 bd Berthier, 10h30). AG de l’ADIMAD (68 traverse
des Loubes, 83400-Hyères. Adhésion : 20 €). Part.
déjeuner : 32 €. Rens. : 04-94-57-52-91.
☞ 5 novembre à Paris 15e (Eglise Ste-Rita, 27 rue
François Boivin à 15h30). Messe et bénédiction des
animaux.
☞ 8 novembre sur Radio Courtoisie, 10 h. Gérard
Marin reçoit Georges Dillinger, auteur de « Désacralisée, la France devient folle » (éd. Dualpha).
☞ 8 novembre à Paris 13e (Forum Jeunesse, 165 rue
Jeanne d’Arc, 19 h). Réunion sur la Hongrie avec
Laszlo Toroczkai, fondateur du HVIM, et N. de Lamberterie, HVIM-France. Rens. 01-41-12-12-12.
☞ 10-12 novembre au Bourget. Fête des BBR.
☞ 11 novembre à Bourg-la-Reine (cimetière, 15h).
Cérémonie à la mémoire de tous les morts de l’Algérie Française organisée par le Cercle Jean BastienThiry (BP 70, F-78170 La Celle-Saint-Cloud. Tél/fax
01-39-18-45-05.)
☞ 12 novembre à Paris 5e (Mutualité). Fête de
Radio Courtoisie. Rens. 01-46-51-00-85 ou <radiocourtoisie.com>.
☞ 19 novembre à Paris (Notre Dame, 15 h). Messe
en mémoire des millions de victimes des famines
organisées en Ukraine (1921-1922 et 1932-1933).
☞ 19 novembre à Bruxelles (Maison des Ailes,
1 rue Montoyer). Journée d’hommage à Marcel
De Corte. 12h30 : déjeuner. 14h : exposés de Jean
Claude Absil, Gérard Picard et de l’abbé Alain
Lorans. Stands de livres. Part : 5 €. Avec déjeuner
(facultatif) : 30 €. Rés. Belgique et Chrétienté, tél.
02-503-55-21. Covoiturage possible à partir de Paris.
Rens. M. Lambert, 01-40-39-92-06.
☞ 25 novembre à Paris 7e (salle municipale, 7 rue
Jean Nicot, de 11 à 17h30) et 26 novembre à Rambouillet (hôtel Ibis Le Bel Air, RN10, de 11 à 17h30).
Journées du Livre sur l’œuvre française et l’armée en
Afrique du Nord organisées par Mémoire de notre
Temps. Nbreux auteurs présents.
☞ 9 décembre à Paris 10e (Espace Dubail, de
14h30 à 19h30). Réunion des « Amis de
RIVAROL ».
N° 2784 — 3 NOVEMBRE 2006 — RIVAROL 5
Q : Anne Kling, pourquoi cette enquête
au pays de la Ligue internationale
contre le racisme et l’antisémitisme ?
Anne Kling : En 2000, j’ai été poursuivie sur dénonciation de la LICRA pour
incitation à la haine raciale à propos d’un
tract évoquant un lien possible entre immigration et délinquance des jeunes. J’ai été
relaxée, mais j’ai pu constater en cette
occasion, et plutôt douloureusement, le
très fort pouvoir exercé en France par la
LICRA. Un pouvoir qui fait d’elle, depuis
des décennies, le partenaire quasi obligé du
monde politique, de la justice et même de
l’éducation nationale. Etonnant, non ?
Comment une “simple” association, que
ses statuts qualifient d’apolitique, peut-elle
réussir à exercer pareil pouvoir ? J’ai souhaité en savoir un peu plus sur une officine
aussi puissante, et me suis aperçue qu’à
part quelques hagiographies publiées par
la Ligue elle-même, il n’existait aucun
ouvrage documenté sur la question. J’ai
donc décidé de mener l’enquête moimême. Elle s’est révélée en tous points
passionnante et instructive. Elle m’a
menée en droite ligne jusqu’à la révolution
bolchevique de 1917, la LICRA ayant été
créée en 1927 par des communistes de la
première heure. Ce qui projette, vous en
conviendrez, un éclairage singulièrement
révélateur sur l’action qu’elle mènera avec
constance à partir de ce moment-là.
Q : Dans la préface qu’il vous accorde,
l’écrivain Alain Soral écrit : « …Pour en
revenir à la LICRA, en fonction des
valeurs qu’elle affiche et qu’elle prétend
défendre, là on se situerait plutôt dans
l’exploitation…de la crédulité humaine !
C’est d’ailleurs la vertu de ce livre, et son
sérieux, de l’expliquer très bien. » Audelà de l’exploitation d’une telle crédulité, que doit savoir le grand public qu’il
ne sait pas encore sur la LICRA ?
A. K. : Le grand public sait de la LICRA
ce qu’il est autorisé à croire. C’est-à-dire
ce que les media relaient à longueur de
colonnes. Des media qui, je ne vous
apprendrai rien, sont très majoritairement
à gauche en France. Ou ralliés à la pensée
unique dominante et au politiquement correct imposé, ce qui revient strictement au
même. Pour l’essentiel, le combat
LICRA/media est donc commun : imposer
aux esprits les dogmes internationalistes et
anti-identitaires propres à la gauche pour
les faire accéder au pouvoir. Car il faut
savoir que depuis sa création, bien avant la
seconde guerre mondiale, la LICRA n’a
jamais cessé de mener un véritable combat
politique, quoique bien dissimulé par le
rideau de fumée de l’antiracisme.
Elle a ainsi soutenu de toutes ses forces
l’immigration de peuplement arabo-musuls’indignait d’un tract qui dénonçait (déjà !)
« la démocratie LICRAtisée ». J’ai trouvé
l’expression excellente, et l’ai adoptée
pour mon livre — en la transformant un
peu — car elle exprime parfaitement la situation. Si l’auteur
de cette expression me lit
aujourd’hui, qu’il en soit
remercié !
En fait d’éveil des
consciences, j’ai surtout
essayé de rétablir certaines
vérités occultées ou déformées concernant les liens de
la LICRA avec un régime
communiste qui, bien que particulièrement nocif et pervers,
reste mystérieusement épargné par la rage des repentances, les raisons du tabou qu’elle a jeté
sur la période troublée de Vichy, qui mérite
un jugement bien plus nuancé que ce qu’il
est de bon ton d’affirmer péremptoirement
aujourd’hui, ainsi que bien d’autres points
qui concernent notre histoire plus actuelle.
En fait, toute la période de notre histoire
qui démarre à la seconde guerre mondiale
a été soumise, en grande partie en raison
des fortes pressions de la LICRA, à une
lecture unilatérale, qui ne souffre aucun
débat, aucune opinion contraire. Il serait
salutaire que les Français se réveillent et
que l’on cesse de confondre histoire et
militantisme politique ou défense communautaire.
Q : L’Alsace est-elle LICRAtisée ?
A. K. : Tout particulièrement. Dame !
n’a-t-elle pas une forte tendance naturelle
à “mal” voter ? Il convient donc de la surveiller de très près, mais Dieu merci, ses
(ir)responsables politiques et ses media
sont là pour y veiller. Tous plus serviles
les uns que les autres à l’égard d’une
LICRA locale qui a droit à tous les
égards, y compris auprès de la justice.
J’en donne plusieurs exemples significatifs. Ainsi, pour assurer le suivi des lois
dites antiracistes qu’elle a imposées, la
LICRA entretient des contacts étroits avec
la justice, les institutions politiques et la
presse. Le Droit de Vivre va jusqu’à préciser benoîtement que les responsables
locaux de la Ligue rencontrent mensuellement le procureur de la République pour
des « échanges d’informations » et
ajoute : « Depuis quelques années, le Parquet de Strasbourg nous avise d’ailleurs
systématiquement lorsqu’il y a une procédure de racisme de façon à ce que nous
puissions nous constituer partie civile ».
Les relations de la LICRA Bas-Rhin
sont tout aussi idylliques avec la presse
locale. Son responsable ne souligne-t-il
pas qu’il « écrit systématiquement à
l’AFP et aux Dernières
Nouvelles d’Alsace qui
prennent le relais de
manière excellente » ?
Encore plus fort : c’est
carrément dans les locaux
du Conseil Régional d’Alsace que la LICRA locale se
réunit en juin 2005, ce qui
permettra aux DNA de
titrer : « La LICRA se pose
en partenaire privilégié du
Conseil Régional. »
« Vous êtes le président
exemplaire d’une région
exemplaire » dira à cette occasion le responsable local de la Ligue, l’élu socialiste Raphaël Nisand, à Adrien Zeller,
président de la Région. Qu’ajouter de
plus à ce merveilleux tableau ?
Q : Peut-on libérer le débat politique de
l’emprise du discours “LICRAtiste” ?
A. K. : Où est-il, le débat politique ? Où
est le débat sur les questions vitales qui
intéressent l’avenir des Français et sur les
choix de société possibles ? J’observe que
tous les candidats du système, avec une
touchante unanimité, se gardent bien
d’évoquer le fond des problèmes. Pour une
bonne raison : tous sont, peu ou prou,
exactement sur la même longueur d’onde
et ne diffèrent que sur des broutilles. Le
système auquel ils appartiennent, et qui
seul peut leur permettre de se faire élire,
n’autorise plus de choix divergent. C’est
une forme de totalitarisme. Soft, je vous
l’accorde, mais totalitarisme tout de même.
En l’état actuel des choses, et dans ces
conditions, que l’an prochain sorte des
urnes la “droite” ou la “gauche” — illusions
destinées à faire croire à une possibilité de
choix — ne présentera en réalité qu’un intérêt très limité pour notre pays. Pour ne pas
dire nul. Pour le faire émerger de la chape
de plomb sous laquelle il étouffe, il faudrait
qu’il parvienne, d’une façon ou d’une autre,
à se libérer de la pensée unique imposée par
la gauche et se convertisse enfin au pluralisme politique. Mais un pluralisme et une
démocratie réels et non d’apparence.
Nous ne serions plus là dans le registre de
la réforme, mais bel et bien dans celui de
la révolution.
Propos recueillis par
<jeune-alsace.com>.
mane et imposé une série de lois liberticides pour empêcher toute contestation.
Tout comme elle a systématiquement diabolisé les partis défenseurs de l’identité, au
point de les expulser purement et simplement de la vie publique. Encore une fois,
elle a parfaitement réussi à mener à bien ce
véritable programme politique en s’abritant derrière l’affichage neutre d’une association “apolitique” et “non-confessionnelle”, uniquement préoccupée de morale
et de défense des droits de l’homme !
Que sait le grand public de la réalité de
ce combat mené avec opiniâtreté — et
pleine réussite — depuis des décennies ?
Rien. Et la LICRA n’est pas seule en cause.
On pourrait remplir une encyclopédie avec
tout ce que l’on cache aux Français. Finiront-ils par ouvrir un jour les yeux ?
Q : Votre livre a vocation à éveiller les
consciences. Quels messages souhaiteriez-vous que les gens en retiennent ?
A. K. : Dans les années 1980, un numéro
du Droit de Vivre (le journal de la LICRA)
« Et vos enfants ne sauront ni lire ni
compter » (éd. Stock 2004, 21 €), tel est
le titre d’un livre, très exact dans son diagnostic, de Marc Lebris. Le Furet est allé
écouter celui-ci… et est ressorti de la
conférence effaré que des pédagogues
aussi nuisibles aient pu sévir depuis quarante ans, bousillant des milliers de cerveaux enfantins.
Ce livre et son auteur ont toutefois le
mérite de nommer clairement l’ennemi, et
les remèdes.
L’ennemi, ce sont ces inspecteurs pédagogiques et tous leurs clients, la plupart
issus de partis politiques ou de syndicats
gauchistes. Leur philosophie, le constructivisme : les enfants construivent leur
propre savoir. Ce qui les place en situation
d’égalité puisque, selon les théories égalitaires, ils sont tous également intelligents.
La transmission du savoir doit être interdite, source d’inégalité et de maintien de
traditions aussi sottes que dépassées. La
méthode dite globale signifie que l’enfant
doit partir d’un ensemble de données pour
arriver à l’unité. Ce qui est contraire à
toute logique scientifique et l’inefficacité
en a été démontrée depuis longtemps.
Ce qui est nouveau, c’est que Marc
Lebris est lui-même un instituteur qui a
toujours voté à gauche. Son souhait avoué :
que se réunissent pour une même cause les
humanistes d’avant la révolution. Aucune
aversion chez lui contre les écoles dites
libres et celles qui le sont vraiment puisque
hors contrat. Evidemment, ce transfuge du
camp marxiste est traîné dans la boue par
ses anciens confrères. Il n’en a cure ; il est
rejoint par tous les vrais instituteurs, ceux
qui veulent donner aux enfants les
meilleurs outils pour penser et travailler. Il
passe à l’attaque et révèle : les inspecteurs
qui ont été chargés d’appliquer la décision
du ministre de l’Education nationale Gilles
de Robien sur le retour à la méthode syllabique sont précisément les promoteurs…
de la lecture globale ! Ils ont donc, dans
leur circulaire, réaffirmé le bon usage de
leur méthode et des livres dont ils sont
quelquefois les auteurs. Marc Lebris souligne avec humour ce problème d’étatmajor.
Les remèdes préconisés par l’enseignant
sont simples : que les parents reprennent
les choses en main, insistent à l’école pour
que soient choisies les méthodes
efficaces — Boscher, Léo Léa et les autres.
Il conseille aussi aux mères d’apprendre à
lire à leurs enfants.
L’ère des citoyens et des citoyennes soumis aux diktats bolcheviques s’achèveraitelle ? C’est une autre lutte finale qui commence reprise par SOS-Education qui
invite les parents à dénoncer les instituteurs qui n’obéiraient pas au ministre.
“Abomination !” s’exclameront les crétins… qui n’ont jamais bougé quand les
instituteurs traditionnels étaient eux aussi
dénoncés à leur hiérarchie et mal notés.
La meilleure solution reste que chacun
applique la bonne méthode et nos enfants
sauront lire et écrire en français. Ils pourront alors se sentir français, raisonner en
tant que Français et voter de même.
LE FURET.
Des banderilles sur le Mammouth
Anne Kling : “Il faut déLICRAtiser la France !”
● Commentant La France LICRAtisée (1), l’ancien
député Front national Robert Spieler rappelle que
son auteur, Anne Kling, naguère fonctionnaire internationale, « fut licenciée du jour au lendemain sans
indemnités » pour avoir exprimé publiquement son
refus de l’entrée de la Turquie dans l’Europe.
« Mais, combative et déterminée, elle engagea une
procédure devant un tribunal composé de juristes
européens spécialement réunis à cet effet et obtint
gain de cause. L’institution fut forcée de la
réintégrer. » A l’origine des ennuis d’Anne Kling se
trouvait la LICRA, dont elle chercha donc à mieux
connaître l’origine, l’action et les raisons de l’influence politique actuelle. Rappelons en effet que
Chirac, maire de Paris, multiplia les subventions à
la Ligue et, président de la République, imposa
Patrick Gaubert en tête de la liste chiraquienne en Ile-de-France aux dernières élections européennes et que Sarkozy (dont l’un des plus proches conseillers est Thierry
Gaubert, frère de Patrick) prit le relais en imposant cette fois la LICRA comme
médiateur de la République dans l’affaire des squatteurs africains de Cachan.
C’est ce processus de “licratisation” politique et judiciaire — en fait, un processus
de culpabilisation de la France et des Français, visant à les priver de toute défense
immunitaire contre l’invasion mais aussi contre toutes les forces délétères — que
démonte donc Anne Kling dans un livre que devraient lire tous nos compatriotes qui,
à n’importe quel moment, sous prétexte qu’ils se seront rendus coupables de la plus
insignifiante “discrimination”, risquent de tomber dans les griffes de la LICRA et
d’être très lourdement condamnés.
J. L. _____
(1) La France LICRAtisée par Anne Kling. 435 pages avec préface d’Alain Soral, 35 €. Editions
Dualpha/Déterna.
(Dessin de CHARD.)
messagers du Congrès (les fameux pages)
des textes à caractère pédomaniaque. L’affaire depuis s’est beaucoup compliquée.
Dennis Hastert, le président de la
Chambre, éclaboussé par le scandale puis
soupçonné lui-même d’homosexualité, a
été sommé de démissionner. Deux autres
parlementaires Républicains, Paul Koering
(Minnesota) et Jim Kolbe (Arizona), ont
dû reconnaître leur homosexualité. Ainsi
que deux poids lourds du Parti Républicain, son président Ken Mehleman mais
aussi le tout-puissant Karl Rove, ancienne
éminence grise de Bush.
Pour Tony Perkins, président du très chrétien et conservateur Family Research Institute, « les Républicains sont empêtrés
dans deux affaires de pédophilie ». Parce
que, précise le Los Angeles Times : « Si les
activistes homosexuels aiment à dire que
homosexualité et pédophilie sont deux
orientations différentes on ne saurait nier
un chevauchement disproportionné de
l’une sur l’autre ».
AU PARTI RÉPUBLICAIN,
TOUT CRAQUE
Pour ne rien arranger, un ancien chef de
la majorité Républicaine à la Chambre, et
bras droit du néo-conservateur Newt Gingrich, Dick Armey, élu du Texas, déclarait
au Wall Street Journal que « les responsables du Parti Républicain se sont couchés devant James Dobson et sa bande de
voyous, véritables nervis orduriers ». Ce
Dobson, fondateur de Focus on Family, est
l’un des chefs de file de l’évangélisme
radical auquel Bush doit son élection.
Ainsi, la défaite annoncée de nombreux
Républicains serait imputable à la priorité
accordée aux grands débats moraux sur les
questions économiques. « Les Républicains, ironise-t-il, parlent du mariage gay
et les Démocrates de ce qui intéresse les
gens, leurs factures, par exemple ». Aussi
lorsque Dobson menace, faute de voir respectées les promesses électorales, de préconiser l’abstention, Armey persifle que
ses amis les « économistes conservateurs », excédés de l’influence des religieux sur la Maison-Blanche, n’hésitent
plus à proclamer qu’« qu’avec Clinton au
moins, on est passé de déficits géants à des
cagnottes financières importantes ».
Or, depuis plusieurs mois, c’est la lune de
miel entre les époux Clinton et Rupert
Murdoch. Tout récemment, le magnat des
media est intervenu personnellement pour
imposer sur Fox News, qui venait de la
refuser, une publicité de Clinton attaquant
violemment Bush. Lequel est devenu la
cible de certains néo-cons. Selon David
Frum, l’ancien conseiller du président,
« les conservateurs auraient soutenu une
guerre dure s’ils avaient eu confiance dans
leurs dirigeants ». Est visé Rumsfeld, dont
le refus d’augmenter les effectifs — ce que
promettait l’ancien candidat démocrate à
la présidentielle John Kerry — expliquerait l’échec irakien. William Kristol,
depuis des mois, prend à partie le Secrétaire à la Défense dans le Weekly Standard
de Murdoch qu’il dirige, affirmant que
l’erreur de la Maison-Blanche « ce n’est
pas de taper trop fort mais de ne pas taper
assez fort ».
L’hostilité à l’immigration est le seul
point d’accord entre néo-conservateurs et
extrême droite, opposés au plan d’amnistie
de 12 millions de clandestins imaginé par
les conseillers de Bush. En prévision de la
présidentielle de 2008, les résultats obtenus
dans le Colorado par Tom Tancredo, le chef
de file des anti-immigration (voir notre précédent n°), et ceux des circonscriptions du
Sud-Ouest seront étudiés à la loupe. D’autant que les campagnes anti-Bush auxquelles de nombreux candidats Républicains ont dû se livrer laisseront des traces.
“SIX ANNÉES DE
BUSHISME, ÇA SUFFIT !”
L’économie était le seul domaine favorable à l’administration Bush. Mais les
manigances des présidents successifs de la
Réserve Fédérale (FED), Greenspan et
Bernanke, la font déchanter. Les 8 200 milliards de dollars de dette, le déficit 2006 de
400 milliards, l’explosion de la bulle
immobilière, certes minorée par les media,
le prix du carburant, l’effondrement de
l’industrie automobile, les aléas du dollar
ne peuvent plus être masqués malgré le
zèle des chroniqueurs économiques. Restait Wall Street, qui bat tous ses records,
entraînant derrière le Dow Jones et le Nasdaq une euphorie boursière mondiale. Las,
le 9 octobre, Peter Schiff, analyste
reconnu, publiait un éditorial cinglant intitulé « Ne croyez pas un mot du nouveau
record du Dow Jones », où il expliquait
qu’il s’agissait d’une manipulation boursière et de la FED. Le Dow serait en réalité à 23 % en-dessous de son record de
2000 et le Nasdaq à -63 %, hors inflation.
Une thèse aussitôt confirmée par les spécialistes boursiers Kevin Kerr et Chris
Mayer. Comme pour la bulle immobilière
maintenue dans un coma provisoire, les
élections ont fortement joué sur la perception de la Bourse véhiculée par les media.
Avec un tel bilan, rien d’étonnant si, à
trois semaines de l’élection de midterm, les
sondages — prenons-les avec des pincettes — commencèrent à prévoir une
défaite probable des Républicains. Le
21 octobre, Newsweek donnait un avantage
de 55 %/37 % aux Démocrates. Le lendemain,
Yahoo annonçait que sur
les 6 sièges dont ces derniers avaient besoin pour
s’emparer du Sénat, ils en
avaient 4 et 10 sur les 15
qui leur donneraient la
majorité à la Chambre. Une arithmétique
compliquée mais qui se révèle fatale au
parti au pouvoir : les 25 sièges en ballottage, défavorables pour la plupart, sont en
effet détenus par le parti de l’Eléphant.
Dans le camp Républicain, des voix aussi
autorisées que celles de Richard Viguerie
(« 40 % des Conservateurs souhaitent une
défaite des Républicains ») ou de l’exconseiller économique des présidents Reagan et Bush père, Bruce Bartlett (« Le
Conservateur que je suis a une suggestion
pour le Parti Républicain : qu’il perde ! »)
annoncent la défaite en termes crus. Rejoignant des commentateurs conservateurs
connus : Christophe Buckley qui parle de
“débâcle”, Ramesh Ponnunu, l’éditorialiste — indien — qui monte (« Ce serait
pire si les Républicains gagnaient des
sièges »), ou encore Jeffrey Hart (« le
bushisme a empoisonné le mot même de
conservatisme »). Au fond, c’est peut-être
James Antle qui, le 23 octobre, dans
l’American Conservative, le magazine de
Pat Buchanan, aura exprimé clairement ce
que tous veulent dire : « S’il est facile
d’imaginer comment le Parti Démocrate
de retour pourrait rendre les choses pires
encore, on voit mal comment, en confortant
l’actuelle majorité, les Républicains les
feraient meilleures ».
Jim REEVES.
UNE BARRIÈRE
BIDON
Le compromis obtenu par les sénateurs des deux partis sur la future loi
sur l’immigration reposait en grande
partie sur la volonté de réaliser une
barrière de 700 km, infranchissable, à
la frontière américano-mexicaine. En
octobre 2006, un vote du Congrès, dont
l’ampleur souleva un tollé dans le
monde entier, l’officialisa. A la
Chambre des Représentants, 238 voix
contre 138, et au Sénat, 80 voix — dont
celle de John Cornyn — contre 19. Cornyn est important parce qu’il est à la
fois très proche de Bush, Républicain et
élu du Texas. Mais aussi parce que,
dans son parti, il aura été avec John
Mc Cain le plus acharné défenseur
d’une immigration de masse exigée par
le grand capital. Quelques jours après
ce vote sans appel, il expliquait cependant qu’il s’agissait d’« un geste symbolique » et que, de toutes façons, jamais
le Congrès n’en voterait le
financement ! Et Mexico parle carrèment de « comédie électorale » !
6 N° 2784 — 3 NOVEMB
LES 61% d’Américains opposés à la
guerre d’Irak ne croient pas pour
autant que les Démocrates, élus, y
mettraient fin. Il n’empêche, l’aggravation
du chaos n’arrange pas l’administration
Bush. 2 800 GI’s tués, dont une centaine en
octobre. La grogne qui enfle dans les
casernes. L’opinion publique lassée de
l’arrogance officielle. Cheney qui, rentré
de Bagdad, plastronne : « Le gouvernement irakien s’en tire fort bien », quand, la
veille, plus de cent Irakiens étaient tués.
Bush qui délire : « Nous avançons, nous
agissons avec les forces irakiennes pour
que les escadrons de la mort et les terroristes n’intimident plus la population ». Au
moment où les milices chiites du jeune
mollah Mokhtar el Sadr s’emparent d’une
ville importante.
Bush fut plébiscité par une Amérique
patriote qui, abusée, tenait Saddam Hussein pour responsable du 11-Septembre et
comptait sur une guerre-éclair des boys.
Depuis, 300 milliards de $ ont été déversés. Le spectre du Vietnam est aux portes
et, avec un Afghanistan embrasé, le piège
s’est refermé. Ainsi que, il y a trois ans, le
prévoyait avec lucidité le Représentant du
Texas Ron Paul.
Le prix du baril de pétrole a depuis doublé et, comme l’or noir est très peu taxé,
les Américains l’ont subi de plein fouet.
Deuxième sujet de colère. Le troisième est
la douloureuse cicatrice de Katrina.
PÉDOMANIE AU CAPITOLE
Encore faut-il se souvenir qu’en 2004,
George Bush dut d’être réélu à une Amérique blanche, traditionnelle, évangéliste,
exaspérée par la dérive apostate qu’elle
percevait dans l’activisme pro-avortement
et homosexuel, impatiente d’un retour à de
vraies valeurs morales. Un signal que
l’Etat, passé aux mains de néo-conservateurs ayant d’autres obsessions, ignora largement.
On devine le choc que représenta, à
quelques semaines des élections de mimandat le 7 novembre, le scandale Foley,
du nom de ce Représentant Républicain de
la Floride, responsable de la jeunesse au
parti et dont il fut avéré qu’il avait au
moins échangé sur Internet avec de jeunes
LES RÉPUBLICAINS BATTUS ? PAS SÛR !
Le magazine Barron’s, appartenant à la Dow Jones Co et généralement très bien
informé, se méfie des sondages qui, il y a deux ans, à la même époque, donnaient
John Kerry vainqueur. Il rappelle que, depuis 2002, grâce aux statistiques sur les
trésors de guerre respectifs de chaque parti et des sommes mises à la disposition
des candidats, ses prévisionnistes ont annoncé, avec une précision allant jusqu’à
98 %, les résultats réels des différentes élections. Or Barron’s est catégorique : les
Républicains conserveront la majorité à la Chambre, ne perdant au mieux que 8
sièges — ce qui leur en laisserait 224 sur les 435 — et au pire 14, soit encore une voix
d’avance. Au Sénat, pour lequel il admet que son calcul est plus aléatoire, le parti
de Bush perdrait 3 sièges ce qui lui en laisserait 52 sur les 100.
(Dessin de CHARD.)
Elections US : ces (vrais) conservateurs
qui souhaitent leur propre défaite
RV au stand RIVAROL/Ecrits
a
BRE 2006 — RIVAROL 7
1974, avant de gagner cette troisième
demeure, où ses fidèles espèrent qu’un jour,
peut-être, Evita le rejoindra.
Le mausolée à la gloire de celui qui fut trois
fois président a été érigé dans son ancienne
résidence secondaire de San Vicente, en
grande banlieue de Buenos Aires. Elle porte
le nom du « 17-Octobre », date à laquelle en
1945 le caudillo, alors vice-président et secrétaire à la Guerre, emprisonné pour complot
présumé contre le gouvernement précédent,
fut triomphalement libéré alors que des manifestations de masse en sa faveur se multipliaient. S’il y a également eu des affrontement (violents : les chaînes de télévision
argentines ont fait état d’une quarantaine de
blessés), ils ont opposé des syndicalistes tous
péronistes mais d’obédiences rivales, et dont
certains s’estimaient mal placés.
QUAND JUAN ADMIRAIT FIDEL
Ces désordres ont conduit le président Nestor Kirchner à annuler sa présence à la cérémonie. Kirchner se prétend péroniste, mais le
mouvement est aujourd’hui très divisé, très
édulcoré et peu fidèle à
ses racines. Les hommes
politiques l’ont utilisé,
dénaturé et usé, mais la
ferveur populaire
demeure.
La presse compare plus
souvent Hugo Chavez à
Castro qu’à Peron, préférant le dictateur marxiste au caudillo fascisant.
Et pourtant il y a un point commun : l’antiaméricanisme, déjà évident dans un entretien
accordé en 1968 par Peron, alors en exil en
Espagne, au Belge Jean Thiriart. « Castro, dit
l’Argentin, est un promoteur de la libération.
Il a dû s’appuyer sur un impérialisme parce
que la proximité de l’autre menaçait de l’écraser. Mais l’objectif des Cubains est bien la
libération des peuples d’Amérique Latine. Ils
n’ont d’autre intention que celle de constituer
une tête de pont pour la libération des pays
continentaux. Che Guevara est un symbole de
cette libération. Il a été grand parce qu’il a
servi une grande cause, jusqu’à finir par l’incarner. »
L’Amérique latine, qu’elle soit populiste de
droite, de gauche ou faussement démocratique, paraît ne pouvoir s’affirmer que par
opposition au grand voisin du nord. Un sentiment de frustration et d’envie que l’on
retrouve sous toutes ses formes aujourd’hui
encore. D’où l’échec des récentes démocratisations fondées sur le libéralisme imposé par
les Etats-Unis et leurs organisations financières internationales. Cela frôle parfois la
psychanalyse, sinon comment expliquer la
ruée schizophrénique des Mexicains vers ces
USA qu’ils exècrent, et que ne sauraient justifier les seules motivations économiques ?
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