LÉON DEGRELLE,
1906– 2006
A l’occasion du centenaire de la naissance de Léon Degrelle, l’association des
Anciens Volontaires de la Légion Wallonie au Front de l’Est a frappé une médaille
commémorative, tirée à 150 exemplaires
seulement. L’avers présente le profil du
dernier Commandeur de la Légion Wallonie (voir ci-dessus), le revers cite, entre
deux reproductions des Feuilles de Chêne
de la croix de Chevalier de la Croix de
Fer, un texte écrit par Degrelle le 8 mai
1945 : « Nous avons lutté pour l’Europe, sa foi,
sa civilisation. Nous avons été jusqu’au bout de
la sincérité et du sacrifice. Tôt ou tard, l’Europe
et le monde devront reconnaître la justesse de
notre cause et la pureté de notre don. ». Prix de
la médaille : 36 euros port compris. Buste
en plâtre patiné bronze : 320 € (+ port).
Buste original en bronze : 2 396 € (+
port). Rens. et commandes à BP 76, B1080 Bruxelles 8. IBAN: BE04 2100 4559
7631 — BIC: GEBABEBB.
La Suisse va-t-elle renoncer à sa loi Gayssot ?
Panneau électoral des candidats socialistes à Anvers, envoi d’un lecteur.
en Syrie pour venir au secours de la révolte
anti-anglaise de Rachid Ali en Irak. Ce qui
ne servit à rien car, pour Hitler, l’Irak était
très secondaire à un moment où il avait
engagé l’opération Barbarossa contre
l’URSS.
Le général Dentz isolé ainsi que ses troupes,
soumis à des ordres contradictoires, refusa de
mettre bas les armes mais aussi l’aide allemande. Parce qu’il était loyal vis-à-vis du
Maréchal et que s’il s’était rallié aux Anglais
et à De Gaulle, cela aurait été une violation
de l’armistice aux yeux des Allemands.
Les combats durèrent cinq semaines et
furent meurtriers malgré la disproportion
des forces. Il y eut peu de défections du côté
de Dentz dont les cadres et les contingents
“indigènes” (Noirs, Algériens, Tunisiens) ne
lâchèrent pas. Quant aux légionnaires et
autres, il y en eut des deux côtés. D’excellentes cartes portent sur ces batailles
oubliées, du côté du Golan, du Litani, de la
Bekâa, toujours dans l’actualité. Finalement,
Dentz signa un armistice et non une capitulation, les Anglo-Australiens rendant à ses
troupes les honneurs de la guerre et leur permettant, à la grande colère
de De Gaulle, d’être rapatriées en France. Ce qu’elles
firent dans leur très grande
majorité, malgré chantages
et débauchages. Sur 38 000
hommes, seuls 6 000 choisirent la “dissidence”. Et le
Levant passa sous contrôle
anglais les années suivantes avant que n’interviennent en 1945 l’indépendance du
Liban et celle de la Syrie. Pour De Gaulle, ce
fut une amère victoire avant une défaite politique — lire Deuil au Levant de Fabre-Luce.
Restait à châtier le bouc émissaire Dentz,
condamné à mort en 1944 puis gracié par
De Gaulle. Mais âgé, malade, il décéda fin
45 à la prison de Fresnes après avoir connu
une détention inhumaine. Le dernier chapitre du livre, “Vae Victis”, lui rend sobrement hommage.
J.-P. A. _____
505 pages avec notes, index et bibliographie.
24,80 €. Editions Perrin.
LA ROUGE POUR
BOLLYWOOD
Bien peu de Français connaissent sans
doute Amitabh Bachchan, tout récemment
promu officier dans l’ordre de la Légion
d’Honneur pour son éminente « contribution
à la vie culturelle internationale ». Il faut savoir
en effet que ce ténébreux sexagénaire de
lointaine ascendance persane est considéré
comme le plus grand acteur du cinéma
indien (“Bollywood”), et pas seulement par
la taille (1,91 mètres), chacune de ses apparitions provoquant des émeutes du Caire à
Bangkok. Proche de la dynastie Gandhi et
du Parti du Congrès, il fut aussi élu député
d’Allahabad, sa ville natale.
Reste à savoir si tous ses atouts justifient
l’attribution de la Légion d’Honneur.
Même compte tenu de la présence de plus
en plus massive en France des compatriotes de M. Bachchan…
LE NOBEL
POUR UN TURC
L’écrivain turc Orhan Pamuk, âgé de
55 ans et dont nous avions chroniqué
dans ce journal deux romans, Le Château
blanc et le très tarabiscoté Mon nom est rouge, n’est pas un auteur insignifiant. Méritait-il
pour autant le Nobel de littérature qui lui
a été attribué le 12 octobre ? Tout indique
que l’Académie de Stockholm a plutôt
voulu récompenser le “progressiste” qui
avait condamné la fatwa lancée contre Salman Rushdie et surtout la répression
menée en Turquie même contre les
Kurdes, ce qui lui avait valu d’être poursuivi pour « insulte à l’identité turque ». M.
Pamuk (coton, en turc) ayant d’ailleurs
aggravé son cas en déplorant l’occultation
du “massacre des Arméniens”. Car tout
démocrate qu’il est, le romancier turc se
refuse à parler de “génocide”, semblable
en cela à tous ses compatriotes.
Espérons en tout cas que cet auteur
citoyen fera profiter les Turcs les plus
démunis du pactole de 1,36 million de
dollars qu’il va recevoir avec son prix.
10 N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL
Alain SANDERS
ROGER NIMIER
HUSSARD BLEU ET
TALON ROUGE
Roger Nimier fut-il un dandy, un dandy
véritable, dans sa vie et dans son œuvre ?
Beaucoup seraient tentés de répondre par
l’affirmative, tant cela semble évident. Il est
vrai que Nimier lui-même ne contribua pas
peu à entretenir ce qui
relève peut-être de la seule
légende. La question est
pourtant moins simple qu’il
n’y paraît.
L’ami Sanders la pose dès
l’entrée de son essai. Il en
précise les contours, la
palpe, la scrute sous toutes
ses coutures, la place sous
l’éclairage des années 1950, celle des Hussards (encore le terme, utilisé le premier par
Bernard Frank, est-il impropre et récusé, du
reste, par ceux qu’il désignait).
Il analyse aussi bien la vie que l’œuvre,
débusque dans l’une et l’autre la moindre
trace qui pourrait faire de l’auteur du Hussard Bleu le lointain héritier de Brummell,
Barbey ou Baudelaire. Pour faire bonne
mesure, il interroge des écrivains, parmi lesquels notre cher Robert Poulet. Leurs opinions, parfois surprenantes, sont pour le
moins contrastées. Nous sommes à la fin des
années 1970, preuve que la genèse de ce livre
a été longuement mûrie.
Outre la perspicacité de Sanders — je pense
notamment à son étude des pastiches, Bernanos, Giraudoux, Proust, Céline, la Marquise
de Sévigné — et sa parfaite connaissance du
sujet car sa bibliographie est un modèle du
genre, le lecteur de cet ouvrage ne peut qu’être
séduit par le sérieux d’une enquête à placer à
côté de la biographie publiée par Marc
Dambre chez Flammarion en 1989, Roger
Nimier, hussard du demi-siècle.
P.-L. MOUDENC. _____
290 pages avec annexes, 29 €. Editions de Paris
(13 rue Saint-Honoré, 78000 Versailles).
Mgr Jean Benjamin SLEIMAN
DANS LE PIÈGE IRAKIEN
« Les Irakiens se divisent en Arabes, Kurdes,
Assyriens, Arméniens, Turkmènes et autres, tout
en se distinguant en musulmans (…), chrétiens, yézidis, etc. ». Faire tenir ensemble un
tel patchwork de communautés, dont les
ethnies et les croyances religieuses diverses
demeurent imprégnées des lois coutumières
de la tribu ancestrale, est un défi que le lien
ténu du sentiment patriotique avait en partie relevé sous « le régime
sécuritaire répressif » de Saddam Hussein, le raïs
« honni mais accepté, craint
mais souhaité » par une
population hétéroclite où
les minorités non islamisées
subirent la dhimmitude
d’usage en terre musulmane — malgré le conflit originel, sunnites
et chiites obéissant au même principe —, les
chrétiens, d’obédiences disparates, la plupart
d’ailleurs en marge de Rome, étant assujettis
plus que d’autres à un statut similaire.
Libanais polyglotte, l’archevêque de Bagdad des Latins (intronisé en 2001) brosse à
grands traits le panorama historique mésopotamien et rappelle l’apport civilisateur du
christianisme dans cette région ; il dresse un
tableau sans complaisance de l’Etat irakien
sous la férule du parti Baath, officiellement
laïque, protégeant la liberté de tous les
cultes, mais jouant habilement des contradictions ethniques et religieuses pour asseoir
son pouvoir.
Malgré toute sa bonne volonté œcuménique et les dialogues interreligieux instaurés
par l’Eglise post-conciliaire pour promouvoir les droits de l’homme au sein d’une
société égalitaire, Mgr Sleiman reconnaît que
les gros sabots démocrates américano-britanniques, en libérant le peuple de la “tyrannie”
et en détruisant toutes les structures institutionnelles, ont supprimé les liens de convivialité qui unissaient au quotidien ces communautés musulmanes et chrétiennes juxtaposées. Ravivant ainsi les conflits claniques
récurrents, avec leurs séquelles de massacres
et de brigandage.
Le prélat termine son intéressante étude par
des paroles d’espoir : « Les chrétiens d’Irak ne
sauront préserver leur identité et la perpétuer
sans assumer leur mission de rassembleurs, de
médiateurs et d’interlocuteurs agréés de tous
leurs autres partenaires (…) Il faut qu’ils
repartent de la patrie, de la citoyenneté, (…)
du bien commun, de la rationalité dans l’organisation. » En attendant, l’Irak se vide de ses
chrétiens en un incessant exode.
Marie-Gabrielle DECOSSAS. _____
192 pages, 16 €. Presses de la Renaissance.
Henri de WAILLY
SYRIE 1941
Ce fut une guerre sans merci qui, en juinjuillet 1941, mit aux prises la petite armée
du Levant commandée par le général Dentz,
fidèle au Maréchal, et une force anglo-australienne appuyée par quelques milliers de
Français libres. L’auteur a rouvert le dossier
de cette guerre civile franco-française (les
sous-titres de son livre sont d’ailleurs éloquents : « Vichystes contre Gaullistes » et
« La guerre occultée »).
A partir de documents et livres français
(rares sur la guerre elle-même, sauf celui du
général Le Corbeiller) et étrangers, anglais et
surtout australiens, les “Aussies” étant en première ligne.
Qui fut responsable du conflit ? Henri
de Wailly, après avoir présenté les protagonistes d’une manière très objective, met en
cause Churchill (qui visait à nous supplanter en Syrie et au Liban) et De Gaulle qui
n’hésita pas à lancer ses meilleures troupes,
contrairement à sa promesse de 1940. Le
prétexte : l’erreur de Darlan qui pensa
adoucir les contraintes de l’Occupation
(par les “Protocoles” de Paris) en autorisant
des avions allemands camouflés à se poser
Cinéma
L’embouteillage suicidaire continue
dans les salles obscures avec près d’une
trentaine de nouveautés depuis la
semaine dernière. Koivoir ? comme
dirait la Zazie de Raymond Queneau. Les
choix ne sont pas évidents, mais deux
premiers films aussi singuliers qu’attachants, U et Bye bye, blackbird, méritent
de retenir l’attention des familles, pour
le premier, et des cinéphiles purs et durs,
pour le second.
U. Ce titre aussi laconique que sibyllin
constitue une nouvelle démonstration de
la bonne santé et du dynamisme de
l’école française du dessin animé artisanal à l’ancienne. Il y avait Michel Ocelot
(Kirikou et très bientôt Azur et Asmar) et
Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville). Il faudra désormais compter avec
le tandem Grégoire Solotareff-Serge Elissalde. U sort vraiment des sentiers battus du film pour enfants aussi bien par
son scénario évitant les pièges de la mièvrerie et des bons sentiments gluants, que
par sa cocasserie. Les grandes personnes
devraient aussi être amusées par les tribulations colorées, au meilleur sens de
ce mot galvaudé dans notre société plurielle, de la petite princesse Mona,
grande bringue canine et
orpheline, qui se morfond
d’ennui dans son grand
château en compagnie de
deux rats patibulaires,
Goomi et Monseigneur. A
force de geindre, elle
attire l’attention de sa bonne fée, en l’occurrence une licorne miniature, U, qui
devient sa confidente, son amie et la voix
de sa conscience. Les années passent et
un beau jour Mona rencontre son âme
sœur, Kulka, un chat rouge au béret noir
qui joue de la guitare au sein d’une
troupe de saltimbanques itinérants, les
Wéwés. La pauvre licorne va se sentir
bien inutile.
Sans avoir l’air d’y toucher, ce conte
malicieux peuplé d’une faune pittoresque
(Lazare, le lézard bavard en particulier)
délivre des réflexions pleines de sensibilité et de mélancolie sur la perte de l’innocence enfantine, les premiers émois
amoureux, le passage à l’âge adulte et
autres problèmes existentiels. La bande
son soignée et la musiquette entraînante
du chanteur Sanseverino, qui prête sa
voix au chat rouge, parachèvent la réussite.
●
Bye bye blackbird a beau se dérouler
dans l’univers du cirque, les bambins ne
seraient pas très à l’aise sur les gradins du
chapiteau imaginé par le réalisateur,
Robinson Savary, rejeton de Jérôme, fondateur du célèbre Grand Magic Circus. En
effet, son premier long-métrage baigne
dans une ambiance étrange et morbide
assez proche des fantasmes de David
Lynch ou du Freaks de Tod Browning. Ce
qui n’a rien de vraiment surprenant, le scénario étant (librement) inspiré de Première
souffrance, une courte nouvelle de Franz
Kafka, écrivain qui n’incite pas vraiment
à la bonne humeur et à la joie de vivre. Le
clown de service (un rôle mémorable pour
Michael Lonsdale) y inspire d’ailleurs plus
la pitié et l’inquiétude que les fous rires,
ce qui est tout à fait dans la note d’une
sombre histoire d’amour fou située à
Londres au début du siècle dernier, dans
un cirque qui périclite. Josef (incarné par
un autre enfant de la balle, le Suisse James
Thierrée, l’un des petits-fils de Charles
Chaplin), ex-ouvrier en bâtiment traumatisé par l’accident mortel d’un de ses
camarades, s’y fait engager. Devenu trapéziste d’exception, il tombe sous le
charme de sa partenaire Alice, fille du
patron, et Monsieur Loyal, du cirque, Lord
Dempsey (l’acteur anglais Sir Derek
Jacobi). Nina l’écuyère, sa fille adoptive
elle-même amoureuse de Josef, supporte
mal l’idylle entre les deux jeunes gens qui
ont monté un numéro de voltige aérienne
défiant les lois de la gravité. Le succès
revient, mais la tragédie n’est pas loin.
Plus on tombe de haut… Air connu.
Le romantisme exacerbé des personnages
et des sentiments exprimés prête parfois à
sourire et le récit n’est pas toujours limpide, mais Savary, aidé par le charisme de
ses comédiens, transcende les maladresses
et les lacunes inhérentes à une première
œuvre grâce à l’esthétisme somptueux de
sa mise en scène, magnifiée par la photo
du chef opérateur Christophe Beaucarne.
Rien que pour ses séquences d’acrobaties
en état d’apesanteur d’une beauté à couper le souffle, Bye bye blackbird vaut le
coup d’œil.
Patrick LAURENT.
Humour fin et amour fou
ENTRE NOUS
(Une ligne : maximum 50 signes et espaces.)
Demandes d’emploi : 3,05 €. Autres
rubriques : 3,81 €. CARNET (Mariages, naissances, deuils…) : 5 €. Domiciliation sous un
numéro : 3,05 €. TVA 19,60 % en sus.
Les textes doivent nous parvenir dix jours
avant la parution et être rédigés en caractère
d’imprimerie très lisibles.
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idées. Ecr. n° 2782/1268.
N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 11
de haut “vol”, antinational de surcroît, et que
Drumont, « immortel auteur de la France
Juive », le traita comme il convenait.
● De Gautier SERRIÈRE :
L’EXEMPLE SUISSE
Malgré les exhortations de Ruth Dreyfuss, le
peuple suisse a massivement voté pour un durcissement de la loi sur l’immigration non européenne. Le 6 octobre, le chef de l’UDC et
ministre de la justice Christoph Blocher a
confirmé son souhait de réexaminer l’article 261 bis du code pénal. Il a déclaré qu’il
existait « une contradiction entre le principe
de la liberté d’expression, condition importante de la démocratie, et la norme pénale
antiraciste » (voir RIV. du 13/10). Bien
entendu la fédération suisse des communautés
israélites s’est dite indignée par une telle proposition. Rappelons que depuis l’affaire des
fonds en déshérence, 20 % des citoyens suisses
se déclarent antisémites.
● De Jürgen HENKE :
ACHARNEMENT
Le cas du prétendu criminel Sören Kam,
extradé au Danemark par l’Allemagne (cf.
Chronique de Cl. Lorne, n° 2779) mérite un
commentaire. S. Kam était Danois et combattit volontairement dans la W-SS-Div.
“Wiking” contre le bolchevisme. Brillant soldat, il fut promu lieutenant avec la Croix des
Chevaliers. Plus tard on lui imputa le meurtre
d’un résistant danois et pour cette affaire un
camarade fut exécuté. En 1971 et 1999,
S. Kam fut accusé, mais acquitté pour manque
de preuves. Son arrestation actuelle, résultat
de la chasse aux octogénaires et nonagénaires
par le Centre Simon Wiesenthal, est rendue
possible par le nouveau mandat d’arrêt européen.
● De Franck M. (Liège) :
VOTE TRIBAL
Evidemment, comme je m’y attendais, malgré les scandales le PS conforte ses positions
car, en République populaire de Wallonie, le
vote est d’ abord tribal.
Les élus PS vivent bien ?
« Bravo, fieu, c’ est les nôtres
les plus malins ! »
Tant qu’il y aura des
miettes de prébendes, des
logements sociaux, des chantiers attribués entre la poire
et les putes, tous ces immenses réseaux clientélistes qui irriguent le cœur pulsant de l’Assistanat Socialiste Généralisé en Wallonie, et des
crétins d’Ardennais indépendants pour payer
des cotisations sociales, les nouvelles élites
populaires pourront faire bâtir et ronronner
leurs 4X4 BM TDI.
Les moules sont chères, hein, cette année
mais no povons èsse fîr di noss pitit’ patreye !
● De Fabien L. (courriel) :
TRÈS CHERS
DEMANDEURS D’ASILE
Je lis dans un vieux numéro (juin 2006) du
Monde diplomatique : « Limité à 120 000
entre 1975 et 1979, le nombre des demandeurs d’asile en Allemagne est passé à
310 000 entre 1980 et 1985 et à 600 000 au
cours des cinq années suivantes. La baisse de
ce chiffre dans les années 90 a fait faire aux
caisses de l’Etat de substantielles économies :
de 2,8 milliards d’euro en 1996 les prestations sociales sont tombées à 1,5 milliard en
2002. »
La même chose dite dans RIVAROL vous
aurait sans doute valu les foudres des officines spécialisées…
● De Luc D. (Nice) :
RENÉGATS
Je rebondis sur le film de France 2, “Harkis”. Etant Algérien de souche auvergnate,
quand je vois ces braves gens qui luttaient
avec nous pour que ce pays reste avec la
France et qui nous ont suivis dans notre malheur (le leur étant plus grand encore) en restant fidèles à leurs convictions, je me pose la
question : pourquoi sont donc venus ou
demeurés en France les immigrés algériens
sympathisants FLN qui ont obtenu ce qu’ils
voulaient, l’indépendance, c’est-à-dire la
séparation d’avec la France ? Ce ne sont que
des traîtres à leur pays, des déserteurs.
Tout cela se paiera un jour, on ne construit
pas un pays avec des renégats.
● De Christian G. (courriel) :
AUTRE PAIRE DE MANCHES
Je me trouve actuellement en Corse et j’en
ai profité pour discuter, avec les anciens du
cru, de la libération de la Corse en 1943. Si
des “indigènes” (marocains) ont participé à
cette libération, on oublie souvent de préciser que la Corse était occupée par l’armée
italienne. Commentaire des anciens de
Corse : s’ils avaient eu les Allemands en
face d’eux, ça aurait été une autre paire de
manches !
LES ouvrages concernant le Front
National, son étude, son leader, ses
électeurs, son histoire et son idéologie sont très nombreux, trop nombreux
peut-être au regard du contenu de la plupart d’entre eux. On retiendra toutefois la
synthèse du professeur Jacques Le Bohec
intitulée Sociologie du phénomène
Le Pen (1), au travers de laquelle l’auteur
propose non seulement d’exposer d’une
manière exhaustive les différents types
d’analyse tentant l’explication du cas
FN/Le Pen (délicieuse panoplie de spéculations hasardeuses, de mensonges, de
haine, de vantardises et de paresse intellectuelle), mais aussi ses propres pistes de
recherche. Vaste programme pour un
opuscule de 128 pages appartenant à une
collection se voulant de qualité et d’usage
universitaires (2). Mais force est de reconnaître qu’avec un sujet comme celui du
nationalisme, toutes les règles élémentaires, toutes les prudences, toute prise de
distance savante, en définitive toute
objectivité s’évaporent sans alerter outre
mesure nos chers directeurs de publication. Jacques Le Bohec n’échappe pas à
cet écueil quoique le pourfendant allégrement.
Etait-il donc nécessaire de discréditer les
thèses les plus boiteuses tentant désespérément l’appréhension du phénomène
Le Pen pour, dans le même temps, affirmer vouloir valider la plus absconse
d’entre elles ?
Il est vrai que, par interstices, l’auteur se
révèle lucide et élimine les fausses explications vulgaires (persistant dans le petit
monde des sciences politiques uniquement grâce à leur extrême négativité bien
pensante et à l’autosatisfaction suffisante
de ses tenants).
Parce que, pour les chercheurs, dit-il justement, « le besoin d’en découdre prend
souvent le pas sur les considérations de
rigueur », il a souvent été écrit le plus
sérieusement du monde, par exemple, que
la supposée majorité des hommes au sein
de l’électorat frontiste découlait directement d’un… trouble de l’identité masculine (pathologie qu’il est d’ailleurs interdit de prêter aux adorateurs de la Gay
Pride…) ! Il recherche donc également la
cause majeure de la prégnance et de la
diffusion de ces inepties injurieuses (et
nous le félicitons sur ce point), attitude
semblant relever, il est vrai, davantage du
règlement de compte microcosmique que
de la traque chevaleresque du mensonge.
« II s’est instauré en sciences politiques,
écrit-il ainsi, une division du travail de fait
qui délègue au Cevipof (3) le quasi-monopole de l’explication électorale grâce à
une concentration des moyens et au soutien d’instances extérieures au milieu
scientifique : partis, médias, sondeurs. »
II est tout à fait honorable que le professeur Le Bohec dénonce ce hold-up intellocrate qui a pour première conséquence de
duper les Français intimidés par l’autorité
morale des Nonna Mayer, Pierre Birnbaum, Jean-Yves Camus, Michel Winock,
Pierre-André Taguieff, Daniel Boy, Jean
Chiche, Jérôme Jaffré, Anne Muxel,
Etienne Schweisguth, Gérard Grunberg.
Il est en revanche dommage
et ridicule que notre auteur
fasse un tel constat pour, à
son tour, déblatérer des
hypothèses poussives et
indubitablement erronées.
Voici l’axe de sa pensée telle
qu’il la présente : « Les électeurs auraient d’autant plus
de chances de choisir tel
candidat ou parti occupant
une position donnée dans la
structure d’offre politique
qu’ils se trouvent eux-mêmes
dans une position homologue. Dans ces conditions,
les caractéristiques de la trajectoire sociobiographique
de J.M. Le Pen seraient primordiales pour expliquer les
mécanismes d’identification.
Cette hypothèse, ajoute-t-il
sans sourciller, est une piste
qu’il s’agirait d’explorer et
de préciser. » Ainsi s’intéresse-t-il en premier lieu à
l’étude biographique de
Jean-Marie Le Pen espérant
saisir presque psychanalytiquement « les ressorts intérieurs » de son « ambition
insatiable ».
Cette méthode guignolesque est, elle aussi, bien
sûr, un véritable cache-sexe
destiné à camoufler les vraies
raisons motivant l’électorat
du Front national. Electorat
qui, sans nul doute, se fiche
de savoir si le Menhir a connu x femmes
dans sa vie, s’il a réussi professionnellement, s’il pense en son for intérieur qu’il
est digne d’être le fils de son père, s’il
appartient à la petite bourgeoisie ou à une
classe sociale supérieure, s’il préfère les
moules aux huîtres, ou s’il porte caleçon
plutôt que slip. Ce que ce sociologue ne
comprend pas, à l’instar d’une pléthore
de ses collègues, c’est que les partisans
du Front national, les convaincus et ses
électeurs fidèles (qui représentent largement, désormais, la majorité de ses
votants) ne se tournent pas vers le nationalisme par hasard, en faisant fi de la
doctrine arborée, seulement séduits par
un personnage qui leur ressemble, mais
afin de défendre des valeurs et des principes essentiels avec lesquels on ne peut
transiger. Toutefois, même en pressentant
cette évidence, ces gardiens du système
ne pourraient délier leur esprit tant les
tabous sont solides au sein de l’Institution universitaire : ne jamais exposer
froidement les doctrines et théorèmes
nationalistes, n’évoquer en aucun cas
Carl Schmitt et Jules Monnerot, se méfier
comme de la peste de Julien Freund, éviter Georges Sorel, diaboliser Gustave
Le Bon (4), faire de Tocqueville, Max
Weber, Durkheim et Pareto des libéraux
intégraux (5)… Au profit exclusif d’une
idéologie antiraciste et mondialiste qui ne
cesse d’affaiblir les défenses immunitaires de notre peuple.
François-Xavier ROCHETTE. _____
(1) Editions La Découverte (Collection repères,
n° 428). 10 €.
(2) A ce propos, nous recommandons au lecteur
le très intéressant La question nationale au
XIXe siècle de P. Cabanel, sans complaisance
pour son sujet, mais riche et précis (128 pages,
10 €) même éditeur.
(3) Centre d’études de la vie politique française,
entité liée à Paris-I (Sciences Po).
(4) Auteurs permettant de comprendre notamment l’attirance légitime d’une population
éclairée envers le nationalisme.
(5) En modifiant le sens de leurs propos via
quelques jolis tours de force.
● De Maurice ANDRÉ :
PROPAGANDE
S’il est une chose inquiétante, c’est bien la
réussite de l’incroyable opération de propagande qu’aura été la diabolisation du tabac.
Elle prouve en effet que nos populations
décervelées gobent tout ce qu’on peut leur
raconter. Rien de plus facile donc, demain,
que de les persuader que certains sont à l’origine de tous les maux et qu’il faut les livrer
aux lions tels, jadis, les Chrétiens.
● De Alain RENAULT :
SUR FLOQUET
C’est bien en 1867 et à l’encontre
d’Alexandre II que Charles Floquet lança
son apostrophe « Vive la Pologne,
Monsieur ! »
Ajoutons que ce Floquet était un affairiste
La pensée unique en sociologie aussi… et surtout !
Article 21/1 : Toute personne a le droit de prendre
part à la direction des affaires publiques de son
pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de
représentants librement choisis.
Extrait du dernier album de CHARD :
Ma Déclaration des Droits de l’Homme
10 € l’exemplaire (12 € franco)
ou 25 € les 3 (29 € fco).
Dédicace sur demande.
Chèques à Editions des Tuileries,
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE D’OCTOBRE 2006
DOSSIER LE CHOC DES MESSIANISMES — Jérôme BOURBON : La guerre
au Liban, vraie ou fausse défaite pour Israël ? — Jim REEVES : Liban, Irak,
Afghanistan, Shoah, qui dirige réellement l’Amérique ? — Christian CALVAGNA : Le Maroc paradis des “seniors” ? Attention aux mirages ! — Laurent
BLANCY : L’islam et sa déferlante analysés par la presse italienne — DOCUMENT : Les chrétiens de Turquie eux aussi persécutés — Thomas SCHROEDER :
Günter Grass, Prix Nobel… et ancien SS ! — Carrefour des lecteurs — François
LECOMTE : Les petits papiers d’Antoine Blondin — Bibliothèque — Patrick
LAURENT : De la fleur bleue aux fleurs du mal — Notes de lecture.
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.
Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.
APRÈS l’ethnomasochisme épinglé par
Guillaume Faye, le cathomasochisme. L’un n’excluant d’ailleurs pas l’autre
comme Mgr Michel Santier, évêque de
Luçon, en fournit un désolant exemple. Cet
indigne successeur de Richelieu, bien
digne en revanche de figurer dans Le Livre
noir des évêques de France (1), s’était déjà
illustré au printemps dernier avec une
repentance adressée au « nombre important de personnes témoignant de blessures
reçues de l’Église et de ses membres ».
« Des hommes et des femmes ont souffert
de cette emprise sur leur vie personnelle et
sociale. Je pense aux personnes séparées,
divorcées remariées, à d’autres qui vivent
une orientation sexuelle qu’ils n’ont pas
choisie. Des paroles de jugement prononcées de notre part, je vous demande pardon », déclarait-il alors.
DIALOGUE FRATERNEL
OU MAUVAISE RENCONTRE ?
Son message aux musulmans à l’occasion
du ramadan est de la même eau — plus
croupie que bénite.
« Depuis plus de 500 ans, les règles et les
théories d’un vieux cheikh arabe, et les
interprétations abusives de générations
de “prêtres” crasseux et ignares ont
fixé, en Turquie, tous
les détails de la loi
civile et criminelle…
L’islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un
cadavre putréfié qui empoisonne nos
vies », avait coutume de dire Mustapha
Kemal (cité par Benoist-Méchin dans sa
biographie d’Atatürk, Albin Michel 1954).
Le P. Santier crie au contraire sa “joie” de
pouvoir, « au nom des évêques de
France », exprimer aux disciples de Mahomet «son « désir profond (…) de continuer
à tisser des liens de fraternité et d’amitié
partout où nous vivons, particulièrement
là où vivre ensemble n’est pas facile à
cause des difficultés qui touchent les
jeunes dans leurs perspectives d’avenir, de
la violence, du refus des autres, différents
par leur culture ou leur religion. » Et
comme si cela ne suffisait pas, le mitré de
poursuivre : « Je souhaite vous redire que
l’Eglise catholique “regarde avec estime
les musulmans qui adorent le Dieu Un,
vivant et subsistant, miséricordieux et tout
puissant, créateur du ciel et de la terre, qui
a parlé aux hommes”, selon les mots du
Concile Vatican II… Nous désirons continuer les chemins de dialogue engagés
depuis des années entre vous et nous, dans
notre pays… Que ce mois de Ramadan,
pour vous moment d’ouverture des cœurs
et de conversion à Dieu, soit l’occasion
pour vous et pour nous, pour les communautés musulmanes et les communautés
catholiques, de prendre des initiatives de
rencontre, de dialogue, pour nous
connaître et ainsi mieux servir la paix et la
justice pour tous. Que Dieu qui est la
source de toute justice, de toute paix et de
tout amour fasse grandir les liens de l’amitié et de la fraternité entre nous… »
LE MARCHÉ HALAL :
3 MILLIARDS D’EUROS !
Mgr Santier peut être satisfait : les églises
sont vides, le denier du culte s’étiole et
moins de 50 % des Français font désormais
baptiser leurs enfants mais une dépêche
AFP en date du 10 octobre et signée d’un
certain Amer Ouali, the right man in the
right place, signale que le marché des produits halal, « resté longtemps marginal, est
désormais estimé entre 1,5 et 3 milliards
d’euros et croît d’environ 15 % l’an »
cependant que « le ramadan attire de plus
en plus d’adeptes en France, y compris
chez des musulmans non pratiquants ».
Il est logique que toujours plus de gens
suivent le ramadan puisqu’il y a toujours
laire Passion d’Oberammergau, en
Bavière, avait déjà été “allégée” afin
d’apaiser le peuple élu qui s’estimait diffamé — car, l’a-t-on assez remarqué ? la
stratégie du « toujours plus » aujourd’hui
pratiquée au nom du Coran et surtout des
« atrocités de la colonisation » est celle
qui avait si bien réussi à la Communauté
pour, au nom du martyrologe holocaustique, établir sa primauté.
A côté de la renonciation de l’Espagne
à sa propre histoire peut paraître anecdotique le refus d’un chauffeur de taxi “londonien”, Abdul Rachid Majekodumni, de
charger une cliente âgée et aveugle,
Mrs Jane Vernon, sous prétexte qu’elle
était accompagnée de son labrador-guide
et que la religion de M. Majekodumni lui
interdit de laisser entrer dans sa voiture
un « animal impur ». Mais, après ça, Mgr
Santier a bonne mine d’insinuer que le
« refus des autres, différents par leur culture ou leur religion » est le triste apanage des chrétiens.
POLYGAMIE ET
PROXÉNÉTISME : AVEC LA
BÉNÉDICTION D’ALLAH
L’évêque de Luçon, qui semble s’intéresser particulièrement aux divorcés
remariés, sera en revanche heureux d’apprendre que les contraintes du saint mois
de ramadan n’empêchent pas les fidèles
de convoler, fût-ce pour la… 201e fois !
Cas de Malam Shehu, « un vieux mais
vigoureux musulman du nord du
Nigeria » qui, à 68 printemps, a donc
divorcé d’une épouse un peu trop blette à
son goût (« Les seins qui tombent, ça ne
m’excite pas ») pour s’unir dans la foulée à une jeunesse. Sans doute la dernière
de sa longue vie matrimoniale car, père
de 47 enfants, dont 29 toujours vivants,
et 39 fois grand-père, ce pieux mahométan va désormais se « contenter de [s]es
quatre femmes actuelles » bien qu’il ait
« un goût exceptionnel pour les femmes,
et un appétit sexuel en conséquence », ce
qui l’incite à prendre « toujours des
voluptueuses ». Y compris sa 200ème
épouse avec laquelle, s’enorgueillit-il,
son mariage fut officialisé par le Sultan,
la plus haute autorité traditionnelle et spirituelle pour les musulmans du Nigeria.
Le proxénétisme est-il lui aussi béni par
oulémas et imams ? Le réseau démantelé
la semaine dernière dans le XVIIIe arrondissement de Paris était en tout cas uniquement composé de musulmans
(maliens, ghanéens, algériens, marocains
et sénégalais) auxquels leur “religion
d’amour” n’interdisait apparemment pas
d’exploiter près d’une centaine de clandestines africaines dans des conditions
d’hébergement et d’hygiène déplorables.
Mais peu chalait à leurs protecteurs dont
le seul souci était de faire le maximum de
fric dans les meilleurs délais — on a
d’ailleurs saisi à leur domicile
15 000 euros en liquide. Et tant pis pour
les clients si les malheureuses bêtes
d’abattage opérant dans les gourbis de la
Goutte d’Or étaient porteuses du sida.
STEPH’ DE MONAC’
“COMME UN OURAGAN”…
CONTRE ROME
D’ailleurs, si la pandémie se répand à la
vitesse d’un feu de brousse, c’est avant tout
la faute à l’Eglise catholique. Cette thèse,
qui fait florès dans les milieux gays, vient
de recevoir un appui de poids : celui de la
princesse Stéphanie de Monaco. Prenant le
10 octobre à Genève ses fonctions d’ambassadrice de bonne volonté de l’ONUSIDA,
l’intermittente du Gotha a reproché à Rome
de favoriser la propagation du fléau par son
hostilité à l’usage du préservatif alors
qu’« il n’existe pas d’alternative aux préservatifs pour la prévention de l’épidémie
de sida ». D’ailleurs, a-t-elle fait judicieusement remarquer « en tant que mère et en
tant que femme de ce siècle », puisque
« l’Eglise catholique est aussi contre l’avortement », comment peut-elle s’opposer aux
“présos” qui « éviteraient aussi des avortements » ?
Comme bien l’on pense, cet avis autorisé
compte tenu de la riche expérience de l’altesse a aussitôt été répercuté par les
gazettes, où l’on se félicite du vent nouveau
soufflant sur la principauté depuis la disparition de ce vieux réac de Rainier.
ILS SONT TOUS FOUS, FOUS,
FOUS DU VAUDOU
Sur sa lancée, et bien que le catholicisme
soit religion d’Etat sur le Rocher, Steph’
de Monac’ va-t-elle s’en détourner pour
choisir la « Regla de Ocha » ? Cette variante
cubaine du culte vaudou, importée par les
esclaves yorubas au
XVIe siècle et que les
Espagnols appelaient
Santeria, est en effet
furieusement à la
mode chez les BoBos,
qui, telle l’anthropologue helvète Géraldine Correa, native de
Fribourg et convertie
depuis avril 2005, sont
conquis par « la
grande tolérance » de
leur nouvelle “religion” et le « rapport
très personnel avec les
divinités, qui vivent
avec vous ».
Même si ce rapport
inclut quelques pratiques peu ragoûtantes
comme les sacrifices
d’animaux, 1 169
Nord-Américains et
Européens ont déjà
adopté ce culte dont
Cuba se veut
La Mecque. A la
grande satisfaction et pour le plus grand profit de Fidel Castro qui voit ainsi affluer des
touristes “captifs”, lesquels remplacent
avantageusement les Tchèques, Polonais et
autres Soviétiques, si nombreux à La
Havane au temps du communisme triomphant, puisqu’ils paient jusqu’à 4 000 dollars pour leur “initiation”.
L’anthropologue cubain Tato Quiñones,
“parrain” de Géraldine Correa, explique cet
engouement par une « quête de
spiritualité » désormais impossible à assouvie en Europe. Cette dérive ne devrait-elle
pas “interpeller” l’évêque Santier (2) et ses
pairs conciliaires et les inciter à délaisser un
instant les « chemins du dialogue » avec les
muftis — qui se fichent d’eux comme de
leur première djellaba — pour s’occuper de
leurs ouailles en déshérence ? Quelques
semaines après le ramadan viendra l’Avent.
Une bonne occasion pour parler un peu
moins politique et droits de l’homme, et un
peu plus de spiritualité.
_____
(1) 217 pages, 20 € fco. Ed. Renaissance catholique, 89 rue Pierre-Brossolette, 92130 Issy-lesMoulineaux. Voir RIV. du 6/10/06.
(2) Tél. : 02-51-28-53-00 — Fax 02-51-28-53-
27 ou <eveque@catho85.org>.
Chronique du cathomasochisme
plus de musulmans en France, Maghrébins, Africains, Turcs ou Pakistanais. Malheureusement, et ce n’est pas nous qui le
disons, il s’agit moins de la manifestation
d’une foi revigorée et d’un désir d’ascèse
que du « signe d’un “communautarisme”
accru » et de la volonté d’humilier « un
pays à tradition laïque ». Ainsi, selon l’anthropologue Malek Chebel, auteur de nombreux ouvrages sur l’islam cité par le journaliste, pendant le temps du jeûne, « les
musulmans de France ont le sentiment de
ressembler à tous les autres à travers le
monde », tel « cet écrivain algérien arrivé
en France il y a une dizaine d’années,
marié à une Française, militant communiste et athée » mais qui observe le ramadan « par pure nostalgie ». Parallèlement,
observe Malek Chebel, « la prédication a
fini par provoquer un complexe de culpabilité chez les non-pratiquants qui n’osent
même plus s’afficher au milieu des pratiquants ».
LES AYATOLLAHS AU COLLÈGE
Le voudraient-ils, d’ailleurs, qu’ils ne
pourraient pas le faire. Ainsi, trois adolescentes musulmanes élèves au collège Jean
Mermoz de Lyon, surprises à manger dans
la cour, ont-elles été lapidées le 5 octobre
par quatre collégiens, l’une d’elles étant
blessée à la tête. On se rassure comme on
peut, le procureur de la République Xavier
Richaud a aussitôt fait savoir que les précoces ayatollahs, qui ont été mis en examen pour violence en réunion, n’ont commis qu’une incivilité et nullement « fait
preuve d’une conscience politique ou religieuse aiguisée ». Vraiment ? Leur attitude
montre pourtant que, spontanément ou inspirés par quelque imam, ils ont voulu faire
passer le message que, dans notre République citoyenne, la
loi d’Allah est über
alles et qu’il en coûte
cher de la transgresser. Au collège Jean
Mermoz comme dans
beaucoup d’autres,
d’ailleurs, les élèves
“mécréants” s’abstiennent souvent de
manger, de boire ou
de fumer pendant le
ramadan, moins pour
témoigner leur sympathie à leurs condisciples musulmans
que « pour avoir la
paix », comme l’ont
avoué certains
d’entre eux.
En créant en 2003
son Conseil français
du culte musulman
(CFCM), l’instance
représentative de
l’islam, Nicolas Sarkozy affirmait vouloir sortir cette religion « des caves et des garages ». Il l’en
a si bien sortie que la « Chorba (halal)
pour tous » dispose d’un budget de
150 000 euros grâce aux subventions de
la mairie de Paris, de l’Union européenne
et du ministère de la Jeunesse et des
Sports quand la soupe au cochon est
interdite comme discriminatoire. A ce
train, il faudra peut-être fermer cafés et
restaurants pendant les heures de jeûne.
« Dans vingt ans, la France sera une
République islamique », prédisait en
1987 le cheikh libanais Hussein Moussawi, chef de la mouvance Amal Islamique du Hezbollah. Avec la complicité
d’un certain épiscopat, on y vient.
L’AUTRE RECONQUISTA
Et la France n’est pas seule touchée.
En Espagne, les fêtes populaires Moros
y cristianos (« Maures et chrétiens »)
organisées chaque début octobre dans les
villages proches de Valence pour célébrer
la Reconquista des royaumes maures ont
été fortement édulcorées cette année de
crainte, selon les maires de ces localités,
de « blesser la sensibilité des
musulmans » et de nuire au dialogue
islamo-chrétien… tout comme la sécupar
Claude LORNE
(Dessin de CHARD.)
de citoyens. L’éventuel retour des études
surveillées permettra peut-être d’augmenter le salaire des enseignants, « ce qui sera
bon pour leur pouvoir d’achat, ce qui sera
bon pour l’économie française », soutient
Sarkozy en bon boutiquier, mais rien ne dit
qu’il améliorera le niveau intellectuel et surtout civique des potaches. De plus, comment veut-on les faire prendre l’école au
sérieux, et en respecter l’enseignement,
les locaux et le personnel, quand on la
place sous l’égide d’un Renaud (qui rêvait
naguère d’être un chien « pour pisser sur
Madame Thatcher ») ou d’un Coluche qui
s’employa sa vie durant à ridiculiser toutes
les institutions, qu’il s’agisse du mariage ou
de la présidentielle, et qualifiait d’enfoiré
tout détenteur de l’autorité ? Car ce n’est
pas seulement une place parisienne qui a
été offerte à Michel Colucci en ce vingtième
anniversaire de sa mort, mais aussi un collège : celui de Rougemont-le-Château,
dans le Territoire de Belfort, qui sera inauguré en grande pompe le 7 novembre.
Malgré l’opposition formelle du maire de la
localité, le chevènementiste Michel Berné,
qui aurait voulu voir l’établissement
dédié à un ancien député-maire,
Emile Keller, certes royaliste, mais
qui était « intervenu pour l’interdiction du travail des enfants le
dimanche et la création de l’orphelinat de Rougemont, s’était aussi
élevé contre l’annexion de l’AlsaceMoselle et battu pour que la commune reste française après
1870 ». Las, « le nom d’Emile Keller ne disait rien » aux enfants, a
objecté la principale, qui veut
même faire ériger une statue de
Coluche dans la cour du collège
car « c’est important que les
jeunes se sentent bien dans leur
établissement, l’important aujourd’hui, c’est de reconnaître le droit
à la différence ». En quoi
Coluche, faux anticonformiste et
vrai parangon de pensée
unique — comme du reste
Renaud dont le dernier succès
« Elle est fâcho, Elle vote Sarko »
est consternant de niaiserie “alignée” —, était-il une incarnation
du « droit à la différence »,
morale et idéologique notamment ? En revanche, on voit bien
quelle éminente contribution il
apportera à la « fabrique du crétin ».
Rougemont-le-Château sera la
seconde ville de France à pouvoir s’enorgueillir d’un collège Coluche, après
Liévin (Pas-de-Calais) qui avait ainsi
baptisé son « établissement régional
d’enseignement adapté ». Or, selon le
logiciel Signa recensant les “incivilités”
en milieu scolaire et dont les données
publiées fin août par Le Point avaient fait
scandale dans la gent enseignante, ce
bahut Michel Colucci a été le théâtre
pendant l’année scolaire 2005-2006 de
30 « événements graves » dont 12 « violences physiques » avec ou sans arme.
Voilà qui augure bien du climat futur à
Rougemont. Mais nul doute que là
comme à Lievin, aucun “événement”, si
grave soit-il, n’entraînera une plainte de
l’institution. A l’heure où les familles
nombreuses allogènes sont l’objet de
toutes les attentions du tandem ChiracVillepin, le « droit à la différence »
excuse tout.
RIVAROL.
<galic@rivarol.com>.
R I VA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
nisante. Certes, pour lutter « contre l’absentéisme scolaire » et éviter « les orphelins de
16h » qui, livrés à eux-mêmes, versent
dans la délinquance, le ministre de l’Intérieur a préconisé le rétablissement des
« études à l’école pour que l’ensemble des
familles de France puissent venir chercher
leurs enfants une fois les devoirs faits, sur
la base du volontariat, à 18h ». Mais le
“chanteur” Renaud, qui fait dans la subversion comme Kouchner dans l’humanitaire,
vient d’inaugurer à Mirabel-aux-Baronnies,
dans la Drôme, une école à son nom. Et le
maire de Paris inaugurera ce dimanche
dans le XIIIe arrondissement une place…
Coluche !
AUTEUR de La Fabrique du crétin
(Folio Gallimard 2006, 7 €), charge
virulente contre l’Education nationale, le
professeur Jean-Paul Brighelli estimait le
19 octobre dans Aujourd’hui en France que
l’école actuelle est surtout une réserve de
“barbares” — au sens propre du terme :
individus incapables de parler la langue du
pays d’accueil et donc d’accéder au stade
Les banlieues en feu, les flics au milieu
Le général le Groignec a gagné sa bataille du 18 Juin
Sanglants anniversaires : Lyon 1793, Budapest 1956
Spécial 16 pages
N° 2783 HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE 27/10/2006
N° 2783 du 27 OCTOBRE 2006
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La fabrique des barbares
UN « programme d’enfer »,
c’est ce que, selon Le Journal du Dimanche, préparerait Chirac qui « n’exclut rien,
même pas une candidature ». Ce
programme, on en a eu un avantgoût le 20 octobre. Le gouvernement temporise devant la réforme
de la justice — formellement promise par le premier magistrat de
France après le désastre d’Outreau —, il est incapable de trancher la question des OGM ou celle
des 35 heures, mais il a pris une
décision dont Jean-Marie Le Pen a
été le seul, à notre connaissance,
à mesurer l’importance : la Haute
Autorité de lutte contre les discriminations (HALDE) ayant jugé, à la
suite du Gisti, de la Cimade, du
Mrap et autres lobbies, “discriminatoire” la loi qui réserve la carte de
famille nombreuse aux Français —
de souche mais aussi par naturalisation —, le gouvernement « de
droite » a reconnu que la loi de
1924 était “obsolète” et annoncé
son intention d’étendre très vite le
bénéfice de cette carte aux étrangers en situation régulière par le
biais d’un amendement introduit
dans une loi devant être votée
avant Noël. « Ce ne sont donc plus
le gouvernement et le parlement
qui décident des lois, mais des comités
anonymes et non élus, déplorait le président du Front national. En réalité, ce n’est
pas la carte de ceci ou de cela qui est “discriminatoire” ; c’est la nationalité française.
A quand son abolition ? »
Patience, il en ira de la nationalité comme
de l’Ecole de la République que continuent
d’exalter nos princes alors qu’elle est ago-
(Dessin de CHARD.)
3:HIKMPD=[UXUZ[:?m@r@i@d@a; M 02536 - 2783 - F: 3,05 E
Imprimé en France/Printed in France
N° 2783 — 27 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 2
En Bulgarie où l’historien Gheorghi
Parvanov, « très apprécié car c’est lui qui a
emmené son pays aux portes de l’Union Européenne », était candidat à sa propre succession, le président sortant a certes obtenu
64 % des suffrages le 22 octobre mais il
sera contraint à un second tour dimanche
prochain, la participation n’ayant pas
dépassé 42,1 %. De plus, le candidat
d’« extrême droite » Volen Siderov (voir
ci-dessus), leader du parti Ataka, qui prévoyait dans son programme de démanteler le parti turcophone MRF (puissant en
Thrace orientale) et d’organiser un référendum sur l’octroi de bases militaires
aux Etats-Unis, a réussi un très beau
score : 21,1 % des suffrages. Il est donc
arrivé devant le candidat de la droite classique alors qu’il était vilipendé par tous
les media, nationaux et internationaux.
Commentant cette élection présidentielle, l’agence Euronews estimait ainsi
que « la seule présence d’un ultranationaliste au
second tour va nuire à l’image de la Bulgarie, à
l’aube de son adhésion à l’Union Européenne »
le 1er janvier 2007. Parce que le fait que
Parvanov soit un ancien fleuron du parti
communiste bulgare, l’un des plus répressifs d’Europe sous la conduite du dinosaure Todor Jivkov, constituerait au
contraire un atout pour Sofia aux yeux de
l’Eurocratie ?
Il est vrai que celle-ci est tout aussi stalinienne dans son mode de fonctionnement puisqu’elle n’a de cesse d’obtenir du
Portugal la dépénalisation de l’avortement. Pour réaliser cet objectif, plusieurs
référendums ont déjà eu lieu, le dernier
en 1998, qui ont tous été négatifs. Mais
la Commission européenne, dont l’actuel
patron José Manuel Barroso, est luimême portugais (et ancien maoïste, il est
vrai), ne se décourage pas. A son instigation, et afin d’en finir avec une « législation
rétrograde » qui donne de la Lusitanie « une
image arriérée », le parlement portugais
dominé par les socialistes a approuvé le
19 octobre l’organisation d’un nouveau
référendum.
En janvier prochain, le oui l’emporterat-il ? Rien n’est moins sûr. 47,9 % de ses
compatriotes sont favorables à la dépénalisation de l’avortement, à laquelle plusieurs ministres socialistes sont euxmêmes opposés. Mais quoi, rien ne doit
être négligé pour que le Portugal
devienne enfin « une démocratie avancée ».
Selon les critères européens, bien plus
totalitaires que démocratiques.
LES MÉGRET
CONDAMNÉS A
L’INÉLIGIBILITÉ
Même si elles sont moins sévères que
les réquisitions du procureur qui avait
reclamé deux ans d’inéligibilité, deux
ans de prison avec sursis et 50 000 euros
d’amende pour Catherine et Bruno
Mégret, les condamnations prononcées
le 18 octobre par le tribunal correctionnel de Marseille n’en sont pas moins
exorbitantes pour ce que le président du
MNR a appelé « une simple affaire de
timbres-poste » (voir RIVAROL des 29/9 et
6/10/2006) : un an d’inéligibilité, huit mois de prison
avec sursis et 8 000 euros
d’amende pour l’ex-maire
de Vitrolles et son époux.
Si Mégret a aussitôt fait
appel de cette décision, ce qui suspend
l’application des peines, cette condamnation rendra objectivement plus difficile
la réalisation d’une Union patriotique
avec l’ex-lieutenant de Le Pen, ce que
l’on ne peut que regretter.
LE PC“F” MENACÉ
D’IMPLOSION
La place du Colonel Fabien est au bord
de la crise de nerfs. L’incompréhension
est totale entre les différents clans qui
composent ce qui reste du parti de Thorez et de Marchais. Les refondateurs
organisés autour de Roger Martelli et de
Pierre Zarka ont déjà prévenu qu’ils
feraient sécession si Marie-George Buffet était investie par le seul
PC. A l’inverse, si le Parti
adoube la candidature
choisie par les comités unitaires issus de la campagne
du non de gauche à la
Constitution européenne,
qu’il s’agisse de Clémentine Autain, adjointe apparentée PC au maire de
Paris, de José Bové, de
Patrick Braouezec ou de Yves Salesse, les
“orthodoxes” et autres “conservateurs”
pourraient soutenir un candidat communiste pur jus, tel Maxime Gremetz
Les amis de Robert Hue, très sévères
en privé sur la gestion du Parti par Buffet, pourraient faire de même. Bref, la
secrétaire nationale du PC ne sait comment se tirer de cet imbroglio. Bien que
les sondages lui accordent 2 à 3 % des
voix, soit moins que les frères ennemis
du trotskisme, Laguiller et Besancenot,
Buffet a été investie le 22 octobre par la
conférence nationale du PC comme
« candidate du rassemblement antilibéral ». Mais que se passera-t-il à “Fabien” si les
comités unitaires choisissent fin 2006 un
autre représentant que Buffet ?
LES VERTS EN
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