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N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 12
Père Noël sortit de son enchantement. Il
tourna la tête de droite et de gauche d’un
air quelque peu égaré, si bien que
Gabrielle, la fliquette débutante, se mit au
garde-à-vous en écrasant les orteils chaussés de fourrure du bon porteur de hotte.
— Comment ? s’entendit-il prononcer,
bonhomme certes mais non dépourvu d’àpropos. Comment ? Pas de jambon ?
— Pas de jambon, pas de rillettes ! rétorqua avec morgue le commissaire. Ces
ingrédients déplaisent à qui vous
savez ! Cochon si je
m’en dédis !
— Mais, s’insurgea enfin le santa
qui s’étrangla de
colère, on attente à
mes droits ! Droit
de salaisons et de
libre circulation, qui
plus est un soir de
24/12 de l’an zéro
six du troisième
millénaire !
Et le Père Noël se
dressa dans sa
gloire et sa houppelande pourpre, les
poils de sa barbe se
hérissèrent et il cria
vers les nuées dissimulées par le plafond déprimant du
commissariat : « A
moi les anges ! »
Aussitôt, deux
archanges descendirent du ciel, seulement armés de leur trompette. Ils
n’avaient pas d’épée. En effet, ce n’était
pas la saison : ils étaient occupés à claironner le triomphe de la Nativité au-dessus d’une crèche, lorsque l’appel du Santa
Claus avait jailli, tel un éclair, des basfonds de la France abîmée dans une servitude apeurée. Dieu merci, le souffle des
anges reste utile en cas d’urgence. Lorsqu’ils aperçurent le Père Noël entravé,
leur colère céleste se (et le) déchaîna. Le
son aigu de leurs trompettes brisa les
menottes qui blessaient les poignets chenus de leur ami tout rouge. Simultanément, un superbe Mirage se posait vélocement sur la neige. Au tintamarre, les
enfants de France accoururent en pyjama
et se rassemblèrent en garde rapprochée
autour de l’avion arrivé du ciel. Subséquemment, si positivement discriminé
qu’il fût par les anges en l’occurrence et
profitant de la sidération des tympans
éprouvés, le Père Noël s’enfuit du commissariat vers cet opportun traîneau de
rechange. Avec une étonnante agilité au
regard de sa corpulence, il s’y engouffra
tel un coup de vent. Gabrielle le suivit
sans barguigner, n’écoutant que son sens
du devoir. Elle s’installa aux commandes.
L’avion décolla aussitôt. C’est ainsi qu’à
Noël, en 2006, nos deux héros légendaires
filèrent en Mirage, loin vers le nord, ou
peut-être la Russie. Des points de chute,
ce n’est pas ce qui lui manque, au Nono.
Prenez-en de la graine, commissaire.
Les enfants en bas crièrent force encouragements jusqu’à ce que l’avion miraculeux eût totalement disparu, d’autant plus
que le santa leur laissait sa hotte. Elle était
pleine de trompettes dont ils s’emparèrent. Ils les portèrent à leurs lèvres cerise,
gonflèrent leurs joues de pêche. Un tohubohu de fin du monde emplit l’espace.
Les anges affolés par la cacophonie y
mirent du leur, dans l’espoir bien vain
d’empêcher les catastrophes qui ne font
pas de quartiers, et parfois même aucun
distingo. C’est ainsi que la clameur
céleste brisa enfin pour de bon le lourd
silence ahuri du pays engrisaillé. Elle
rompit les amarres et les chaînes, fracassa
les certitudes, déboussola les navigateurs
internet et les émissions télévisées. Et la
lumière fut. Explosive. Tout s’éclaira
d’un jour nouveau. Tant l’on crie Père
Noël qu’à la fin il vient.
Maintenant, la question se pose : quid du
Père Noël et de ses plans actualisés ?
Nous lui avons envoyé un courriel.
Reviendra-t-il en France après un tel
accueil ? Il est bien brave, mais il ne faut
pas le prendre pour un canard sauvage
atteint de grippe aviaire. On ne connaît
pas encore sa réponse et les spéculations
vont bon train sur Internet : il reviendra,
lit-on ça et là, mais avec certains
archanges. Et pas pour tout le monde : il
choisira, figurez-vous. Il passera farine et
grumeaux au travers de mailles fines. Il
étudiera les candidatures à la loupe. Il
hochera la tête de haut en bas ou de
gauche à droite. Il examinera tous les
détails. Il acceptera sans doute, mais parfois, ne vous déplaise, il refusera. Il fera
un tri et il jettera tout ce qui ne lui sert à
rien. Appelez ça comme vous voudrez :
un choix mûrement réfléchi, une sélection
rigoureuse, un filtre au tamis ? Il discriminera, quoi.
KAËL.
EN HOMMAGE
A BAINVILLE
En cette fin d’année 2006, 70e anniversaire de la mort du grand historien (et
écrivain) Jacques Bainville, ces quelques
citations qui n’ont rien perdu de leur pertinence
« En politique, ce qui est inutile est souvent nuisible. »
« Il y a une autre liberté que la liberté politique,
c’est celle qui se gagne par rapport aux idées
reçues. »
« Ce qui est curieux, ce n’est pas tant qu’on ait
tout dit, mais qu’on ait tout dit en vain, de sorte
que tout est toujours à redire. »
« Le pouvoir d’oublier, très fort chez les individus, l’est encore plus dans les sociétés humaines. »
« Ayant dit un nombre prodigieux de sottises,
la Révolution en a fait encore dire plus.»
« Ce qui contribue à donner à l’histoire les plus
fausses couleurs, ce sont les mémoires. »
« L’optimisme est la foi des révolutions. »
« Les vieux se répètent et les jeunes n’ont rien à
dire. L’ennui est réciproque. »
LE Père Noël a été arrêté en France.
On l’accuse d’être discriminatoire
et offensant. Il pense qu’on lui
reproche quelques kilos en trop et tente
d’expliquer au commissariat où on l’a
intercepté la nuit du 24 au 25 décembre
2006, que ce surpoids somme toute jovial,
loin de prétendre discriminer les maigres,
excessivement soucieux sans doute,
constitue une mesure de protection traditionnelle en pays froid.
— Au fait, citoyen Nono, dit le commissaire… Père comme pervers ! No…
comme… nauséabond ! Ce mot que vous
venez d’utiliser, là… NOÈ… Ah ! J’ai
bien de la peine à l’éructer… Père
Noël !… oui c’est ça… C’est pas autorisé
ce mot, dites donc. Y en a que ça offense.
Comme l’a dit la sociologue de service à
la TV ce soir : avez-vous seulement pensé
aux répercussions fragilisantes et traumatiques qu’entraîne la seule émission
sonore de ce vocable chez nos jeunes indigènes de la République ? Avez-vous songé
une seule minute aux voitures de vos voisins qui brûleront à coup sûr à chaque
occurrence de ce lexème ? Vous faites de
l’amalgame et de la provocation en plus
du délit discriminatoire ! Les peuples
s’entr’aimeront coûte que coûte et vaille
que vaille et surtout sans leur accord ! Il
vous faudra un sacrément bon avocat, mon
lascar.
Le Père Noël n’y comprit goutte. Il cessa
de fredonner et sifflota dans sa tête. La
jeune recrue Gabrielle, aidée de son
sixième sens, perçut néanmoins la
romance par son talkie-walkie. La
chanson du beau sapin la faisait
rêver et elle sourit sans aucune
raison. Le commissaire la repéra du coin
de l’œil et décida de s’en souvenir au
moment des promotions, décorations et
évictions de début d’an neuf. Le Père
Noël se réjouit de ce sourire impromptu
et il sifflota de plus belle. Joli thème ! Oui
l’avocat allait aimer. Tout le monde aimait
le roi des forêts. Ce que lui serinait ce
commissaire des
peuples (et de leurs
amitiés forcées)
n’était que verbiage
et calembredaines.
Le bon sens reviendrait avec l’odeur du
sapin, le feu qui
flambe dans la cheminée, tout comme
le petit Jésus sur sa
paille, chaque
24 décembre au soir.
— Tout comme le
petit Jésus sur sa
paille ! s’exclama le
Père Noël avec optimisme.
— A propos de
paille, dit le commissaire. Emmenez-moi
ce perd-les-Fêtes-deFin d’Année au
cachot ! Pain sec !
Eau trouble ! Ni
jambon ni
saucisses ! Et que ça
saute !
Pour le coup, le
Le Père Noël est un gros dur !
A Julien Quemener et à Michel Lajoye, tous deux
privés de Noël en famille par toujours les mêmes.
du Monde. Celui-ci illustre bien les
ambiguïtés d’Uriage : démocratechrétien de gauche, Beuve-Méry fait
partie du Conseil de « l’Ordre »,
organisation au nom ambitieux
constituée en 1943 par lui-même et
quelques autres pour pérenniser,
après la suppression d’Uriage, l’esprit qui y régnait. Or les conditions
d’admission à cet “Ordre” excluent
« les Israélites » car, est-il précisé,
« nous ne pouvons pas sous-estimer le
danger d’une revanche juive ni
méconnaître l’existence d’une internationale juive dont les intérêts sont
opposés à ceux de la France ».
Autre ambiguïté, fournie par un
texte rédigé en 1943-1944 par plusieurs anciens animateurs d’Uriage
(entre autres, outre Beuve-Méry, J.-
M. Domenach et Simon Nora), désormais très impliqués dans des actions
de résistance mais qui ont voulu
témoigner des idéaux d’Uriage. Le
national-socialisme y est violemment
dénoncé mais les auteurs écrivent
aussi : « Il y a dans l’élite nazie de la
jeunesse un dynamisme, un héroïsme
et une largeur d’horizon qui ne peuvent être perdus sans appauvrissement
pour l’Europe. » Déjà, quand Uriage
fonctionnait encore, on trouvait dans
un ouvrage officiel de l’école cette
curieuse appréciation des écoles de
cadres de l’Allemagne hitlérienne :
« L’ordensburg est un séminaire
laïque dont le caractère sévère rappelle
à la fois le monastère et l’ordre de chevalerie. »
Ceux qui écrivaient ces lignes prirent, en 1943, le maquis, entre autres
dans le Vercors, Segonzac prenant,
lui, la tête, en 1944, du maquis de la
Montagne Noire, dans le Tarn.
Pierre VIAL.
Il a 34 ans — ce qui n’empêchera pas
les jeunes gens qu’il va prendre en
main de le surnommer affectueusement, avec une consonance très
scoute, « le vieux chef ».
Il n’est pas homme à laisser traîner
les choses. Dès le 12 août 1940 — soit
moins de deux mois
après l’armistice —, il
installe sa jeune école au
château de la Faulconnière, en Auvergne.
Mais, en octobre, déménagement à Uriage, dans
le Dauphiné, où le château du chevalier
Bayard se prête à l’évocation des
figures héroïques de l’histoire de
France. Autre avantage : on est plus
loin de Vichy…
A Uriage, le stage de formation dure
six mois et n’accueille que des volontaires, jusqu’en juillet 1942. A cette
date, l’amiral Darlan décide que s’y
adjoindront les jeunes gens reçus aux
concours de la fonction publique, à
qui il est bon d’inculquer les principes du maréchalisme. En outre, plusieurs centaines de chefs des Chantiers de jeunesse, organisation très à
l’honneur à Vichy, passent aussi par
Uriage.
La formation est basée sur des activités physiques intenses (travaux
forestiers en équipe) destinées à affermir les muscles mais plus encore le
caractère et à créer un esprit communautaire, entretenu par des veillées et
des chants. On pourrait parler de
scoutisme pour adultes si ne s’y ajoutaient des activités intellectuelles, animées par des universitaires de Lyon
et de Grenoble ou des conférenciers
comme Emmanuel Mounier, célèbre
fondateur de la revue Esprit, ou
Hubert Beuve-Méry, futur directeur
E N SIGNANT le décret de dissolution de l’école des cadres
d’Uriage, le 27 décembre 1942,
Pierre Laval met fin à une expérience
fort intéressante, encore qu’assez
ambiguë.
Au départ, la fougue d’un officier de
cavalerie, sorti de Saint-Cyr dans la
même promotion qu’Henri Frenay, le
fondateur du mouvement résistant
“Combat”. Pierre Dunoyer de Segonzac (voir croquis ci-dessous) appartient à une famille de vieille aristocratie. Après avoir commandé un escadron de chars pendant la bataille de
France, il fait partie de ces hommes,
nombreux à l’époque, qui font
confiance au maréchal Pétain pour
surmonter de la meilleure façon la
défaite, c’est-à-dire en bâtissant une
France nouvelle, purifiée des tares de
la IIIe République grâce à une Révolution. Nationale, bien entendu.
Une Révolution a besoin, impérativement, d’une élite militante pour la
conduire et la mener à bien. Poussé
par sa conviction et le besoin de servir, Segonzac obtient le feu vert de
Vichy pour créer, donc, une école
dont la mission est de former les
futurs cadres du jeune Etat français.
L’école des cadres d’Uriage, une expérience ambiguë
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 27 décembre 1942 :
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 13
Vous restez à dîner, monsieur Maigret ? J’ai de la mouclade… Je
n’oublie pas que je suis né à La
Rochelle où ma mère était marchande de poissons de sorte que je
connais les bonnes recettes… Vous
avez déjà mangé la chaudrée fourrasienne ? Maigret récita : Une
soupe d’anguilles, de petites soles
et de seiches. (Simenon. Le voleur
de Maigret).
Tous les jours, la cloche rassemble,
triste repas de reclus,
Alors nous parlons ensemble des
choses qu’on ne voit plus…/…
Mais un jour dans notre vie, le printemps refleurira,
Liberté, Liberté chérie, je dirais tu
es à moi…
A Michel Lajoye. Le chant des
marais.
D’ABORD la ballade des
cimetières ! D’abord saluer Béraud
qui repose, le brave, le gourmand,
le gourmet, dans son île de Ré, à l’abri des
vents et des flots chargés des influences
tièdes et fortes du « Gulf stream » (qu’il
me pardonne le terme, mais faut-il mettre
les anglicismes en esclavage ?)
Goûter les patates de l’île, et les asperges
et le Ptit’Sergent (vin très fameux pour
détartrer les dents au risque de les déchausser). Et puis, suivre notre chemin (il suffit
de passer le pont) après ce bonjour gai et
triste et sincère, et trinquer avec lui et tous
ses compagnons d’infortune, « ceux qu’on
enferme dans le froid, sous les serrures
solennelles », dont Michel Lajoye à cette
heure encore. Je ne voudrais pas que ce
soit le parc de Sceaux à l’horizon qui livrât
aujourd’hui les libres images avec lesquelles les prisons essayent de le tenir
sage, mais le vent du large pour le Noël de
trop, en taule, de notre ami, et des chants !
Le Tourdion des manants pour l’année
nouvelle, les parfums de l’Aunis… « Dès
que fine le convis, n’est que briches et pain
bis, attrayons-nous au baril, trop longtemps viné, le vin se tourne en esgre, Aprez
beau temps gros temps, aprez le printemps
nous prend la pluye la tempeste et le vent,
aprez l’esté, l’antonne et l’yver qui fine
l’an ».
VIVE LA CAGOUILLE
Feu Eugène Deloncle n’y est pour rien,
les Charentais sont appelés Cagouillards.
Aussi, vive la cagouille ! Car c’est un plat
de fête de fin d’année ici, une tradition
veut même que l’on en mange à la Noël
pour avoir de l’argent toute l’année. Les
cagouilles sont appelées également lumas,
comme dans le Poitou, et ce sont les petitsgris… Les amateurs savent débusquer leur
saveur de terroir et les préfèrent à tous les
autres. Si Brasillach les appréciait grillés,
au feu de fortune, sur la plage, assaisonnés
de sable, les Charentais les goûtent volontiers en soupe (escargots dégorgés au
vinaigre et au sel, lavés, passés une heure
au court-bouillon épicé avec des pommes
de terre et des poireaux, le tout servi sur
des tranches de pain grillé dans des
assiettes creuses).
Autre soupe de l’hiver : la Goraille ou
bouillon de boudins pochés dans une
“mazarine” (plat creux, comme son nom
l’indique, en terre cuite), avec de l’eau, des
épices, du sel, de l’oignon, de l’ail, poireaux, choux, carottes, navets et couennes
de porc. C’est un plat qui nourrit et qui
réchauffe d’autant plus que ni le relief, ni
le temps ne sont rudes en ces pays. Ici,
comme l’écrivait Chardonne (aimé du père
de Mazarine), « pas d’autres monts que des
collines rondes, les eaux vagabondes et
douces, des forêts qui ont plutôt l’air de
bosquets ; rien ne brusque le regard » et
l’apéro que nous avons pris « Aux trois
bicoques » est doux comme le climat, un
petit pineau blanc ou plutôt rosé et frais ;
c’est un vin muté par le cognac, qui titre
dans les 15 à 22°. Attention à sa douceur
traître… qui se prête bien, cela dit, à l’accompagnement des petits melons de Charente.
Du nord au sud, longeons la côte, de
Nieul jusqu’au port de La Palice, célèbre
pour sa base sous-marine de la Kriegsmarine et son réduit, illustrés il y a peu sous
la forme d’un jeu pour PC (Commando 3).
Pas loin, Marcilly, où résidait Georges
Simenon (avis aux amateurs, sa maison est
en vente) dont les séjours nombreux ont
inspiré force romans et nouvelles dans lesquels nous connaissons tout de l’appétit
régionaliste de Maigret et parfois quelques
recettes du cru. Visitons La Rochelle* et
goûtons-y quelques spécialités comme les
œufs à la huguenote (œufs mollets cuits
au jus de viande) ou la soupe de moules (1
rouget, 1 dorade, 1 morceau de congre
revenus en cocotte avec de l’ail, de l’oignon et du poivre, mouillés au vin rouge
de l’île de Ré avec un bouquet garni, thym,
eau et persil — on ajoute après les moules,
quelques langoustines et du safran).
CHATELAILLON
SANS MÉMOIRE
Passons par Aytré, ville autrefois côtière
mais quittée par la mer (tandis qu’Antioche, l’Ys de Ré se noyait) jusqu’à Chatelaillon, charmant patelin désuet, genre
1900 où Paul Fort connut l’enfance et
l’adolescence. Il n’y a pas à Chatelaillon
de mémorial de la Mémoire, de monument
contre l’Oubli, de musée de la Déportation,
ça manque ! C’est d’ici pourtant que partaient les “réfractaires” pour un voyage
sans retour, victimes de la Barbarie républicaine… Pour l’instant, seuls les vitraux
de la petite église, sur la place, commémorent le martyre.
Calmons notre colère en marchant le long
des grèves, jusqu’à Royan, où nous en
consommerons, grillés (les royans sont des
sardines fraîches) ; nous traverserons les
villages des boucholeurs par des routes
improbables, étroites et caillouteuses qui
mènent droit à la mer, aux pibalous, larges
paniers marins montés sur perches et poulies, nécessaires à la récolte des civelles et
des crabes mous (chancres mous, crabes
dit enragés, crabes d’un vert étrange, sans
carapace pendant la mue — quand les
peuples cessent de les estimer, ils cessent
de les frire, c’est dommage).
ECLADE ET MOUCLADE
Les amateurs de fruits de mer se risqueront sur ces chemins à peine carrossables
afin d’y rencontrer quelque payse proposant sa récolte d’huîtres fameuses et
diverses. Gagnons la presqu’île de Fouras
et emportons notre pique-nique, car sur
place, et sur la plage au moins, aucun restaurant ne tient plus son rang. Fouras,
remis au goût du jour par une émission de
télé, est protégée par son château et par le
fort Boyard ; on y dégustait jadis la chaudrée (solettes, plies, raiteaux ou petites
raies, casserons ou petites sèches mises à
cuire sur un hachis d’ail et de persil,
mouillés à l’eau et au vin blanc, salés, poivrés, beurrés). Ajoutons à l’inventaire culinaire côtier, l’éclade (moules cuites sous
les aiguilles de pin au feu), la mouclade
(moules cuites à feu doux passées au roux
avec une pointe de curry ou à la crème),
l’anguille à la charentaise, les raiteaux et
céteaux frits (petites
raies et soles), les casserons sautés (petites
sèches), l’esturgeon
mariné au vin blanc
(créats charentais). Atteignons Rochefort et sa
corderie royale, entre
Oléron et Royan (ville
tapissée de bombes
“alliées” à la dernière et
reconstruite à la “BerlinEst”, pas d’intérêt, sinon
la baie, bonjour tristesse), goûtons aux
huîtres de Marennes et
rentrons en les terres
pour apprécier la daube
charentaise (gîte ou
aloyau aux carottes, vin
rouge, oignon, ail, cuits
ensemble en cocotte), les
monjhettes et les pains de poireaux ou les
porées de l’Aunis, le chou farci charentais
au lard et aux herbes, les fromages de brebis d’Oléron, le Trois Cornes, la Jonchée
d’Aunis et les desserts ! Caillebotte à la
chardonette et au cognac, Cruchade à la
confiture (1 l d’eau avec 50 g de sucre en
poudre, 1 pincée de sel, le tout mis à
bouillir, ajoutez 1 livre de farine de maïs,
du cognac, étalez, découpez en losanges et
mettez à frire ces “merveilles” que vous
souderez deux à deux avec votre confiture
préférée), Gâteau charentais (4 œufs dont
les blancs sont en neige, 120 g de farine,
120 g de sucre, 120 g de poudre
d’amandes, l’appareil moulé et enfourné à
160°C pendant 20 min), Galette charentaise (6 œufs, 350 g de sucre, 550 g de
farine, 150 g de beurre, poudrez de sucre
et enfournez).
L’air marin a fini de nous saouler, voici
Saintes (Saint Eutrope sous les Romains,
mais quelle appellation demain ?), Cognac,
Jarnac où nous prendrons un fameux coup,
sinon frappé, bien frais (c’est ainsi qu’il se
boit) et d’autres cités aux noms jolis, SaintJean d’Angély, Surgères, Jonzac, Angoulême, cité médiévale avec tout ce qu’il faut
de pittoresque : église monolithe et son
clocher, église collégiale et son cloître,
grotte de l’Hermitage du moine Emilion
(santé !)… Le pays évoque déjà les vins du
Bordelais, nous y tremperons notre biscuit,
macaron d’Angoulême oblige.
Allez ! je passe la “since”, je “débauche”,
je m’en vais, copain, clopant avec l’ami
Pierre Dudan (qui chantait « Jeunes de
mon pays, redécouvrez la France, faitesvous guérisseurs de sa vive navrance… »)
en vous disant à bientôt, A moi
l’Auvergne ! Et bonne et heureuse année à
tous !
Franck NICOLLE,
<fn@caralsol.com>. _____
*A la Rochelle, je vous conseille l’hôtel SaintJean d’Acre, demandez si possible une vue sur
les tours, c’est magique, et même un peu plus !
Le restaurant sur le port « Chez André » propose de beaux plats de fruits de mer, poissons
et aussi bonnes viandes dans une ambiance fort
agréable ; ceux qui ont de quoi iront chez Coutanceau le père (ambiance prout-prout-machère), mais délaisseront les attrape-tout branchés et tellement tendance du fils.
Angoumois, Saintonge… Aunis, l’an neuf !
Alain Sanders pouvait-il ne pas écrire ce
livre ? Il lui ressemble tellement qu’on ne
saurait en douter. Et on s’en félicitera, tant
Remember the Alamo — De la légende à
l’Histoire, au-delà des images enfouies,
nous en apprend sur une région mythique
et une histoire qu’Hollywood a plaquées sur
notre inconscient collectif. Pour beaucoup,
Alamo c’est un nom et
quelques silhouettes.
Davy Crockett (voir cicontre), de lointaine
origine française et
dont on a vaguement
su qu’il y était mort.
Jim Bowie. John
Wayne. Un fait d’arme
éblouissant, à la Camerone. Sanders nous en
dit plus. Entomologiste
du Sud profond, il a
retourné chaque pierre,
traqué chaque fantôme
dans la petite églisemusée, ausculté
chaque trace laissée
autour des Long Barracks où se forma le
dernier carré d’irréductibles. Ayant achevé ce
livre, héroïque, qui va
bien au-delà de la simple narration du fait
de guerre, on pense tout savoir de ce qui y
aura conduit et de ce qui en échut.
D’autant que, par le fourmillement de sa
documentation, il laisse au lecteur tout loisir de démêler ce qui est la légende et ce
qui est le fait. D’où une lecture passionnante à conseiller en antidote à tous ceux
que l’Amérique actuelle exaspère.
Etude exhaustive qui va de la colonisation par les Américains d’un territoire que
le Mexique prétendait lui appartenir, au
sacrifice des 189 combattants. Ouvrant un
mois et demi plus tard sur la victoire de
Sam Houston sur Santa Ana, à San Jacinto,
et la capitulation mexicaine par laquelle les
Etats-Unis s’approprièrent l’un des territoires les plus vastes et les plus riches du
Mexique.
Alamo appartient-il pour autant au
passé ? C’est le parti pris de l’auteur d’arrêter sa narration à la déclaration d’indépendance du Texas en 1836. Certains lecteurs pourtant se sentiront un peu frustrés :
un chapitre rappelant une actualité brûlante, n’eût pas été superflu. La migration
de masse actuelle rendra les hispaniques
majoritaires au Texas entre 2026 et 2035.
En 1836, les Tejanos ou Texians hispaniques étaient des descendants de colons
venus des îles Canaries. Les Chicanos
d’aujourd’hui, qui
revendiquent la création d’un Atzlan imaginaire au nom d’un
racialisme “latino” purement idéologique,
n’ont pas plus de liens
avec eux qu’avec les
Indiens autochtones.
L’armée mexicaine
d’Alamo était une
armée “espagnole”
dont la mission coloniale ne se distinguait
pas de celle dont s’investirent les volontaires civils venus de
toute l’Europe et des
Etats de l’Ouest. Et
dont s’acquittèrent les
troupes régulières de
Houston.
Depuis un siècle et
demi, la frontière sur
le Rio Grande n’a
cessé d’être le théâtre de violences.
Aussi, plus que l’hypothétique construction d’un mégakilométrique « mur de la
honte » censé empêcher l’afflux des Chicanos vers les Etats-Unis, doit-on prendre
à la lettre le discours de George W. Bush,
le 15 septembre 2001, devant la Chambre
de Commerce d’Albuquerque : « Il est
important pour nous de supprimer les
barrières et les murs qui séparent le
Mexique et les Etats-Unis ». Cette question, suscitant déjà plus qu’un débat idéologique, sera au cœur de la Présidentielle
de 2008.
Alors, Remember Alamo : un cri de ralliement bien vivant qui pourrait ne pas être
qu’un rappel historique, gelé le 13 octobre
1845 par la proclamation du Texas comme
28e Etat de l’Union ?
Jim REEVES. _____
Remember the Alamo. 326 pages, 29 €. Editions de Paris.
Alamo, légende et histoire
Voyage gourmand dans nos provinces
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 14
Cinéma
Dans quelques jours s’achèvera l’année
Mozart. Mais pas avant que le cinéma y
apporte sa contribution avec la sortie dans
les salles obscures de La Flûte Enchantée, l’ultime opéra de Wolfgang Amadeus,
revu et (très) corrigé par le cinéaste britannique Kenneth Branagh. De son propre
aveu total béotien en art lyrique, était-il
l’homme de la situation pour réaliser ce
projet ambitieux et dispendieux (27 millions d’euros) porté sur les fonts baptismaux par le producteur français Pierre
Olivier Bardet (Madame Butterfly, version
Frédéric Mitterrand en 1996) ? La
réponse serait plutôt négative devant le
délire visuel de l’ouverture de l’œuvre, filmée à grands renforts d’effets spéciaux
numériques aussi hideux que tape-à-l’œil
et de mouvements de caméra vertigineux,
qui ont de quoi faire frémir d’indignation
n’importe quel mozartien. On se rappelle
alors que Branagh, shakespearien réputé,
avait porté à l’écran plusieurs pièces du
Barde de Stratford upon Avon d’une
manière tout à fait iconoclaste, en particulier dans son dernier opus en 2000, Peines
d’amour perdues, traité comme une comédie musicale des années 1930. Et l’inquiétude du mélomane de grandir. Branagh vat-il faire subir au divin Mozart les derniers
outrages du modernisme et de la cuistrerie
branchée dont sont trop souvent victimes
ses ouvrages sur scène ? Car sa conception pour le moins frénétique de La Flûte
Enchantée semble à l’exact opposé de
l’admirable version d’Ingmar Bergman
François BRIGNEAU
SI MUSSOLINI
M’ÉTAIT CONTÉ
Excellent dans la chronique, le récit vrai
et vivant, Brigneau raconte à ses petitsenfants l’étonnante aventure de ce journaliste, révolutionnaire, lecteur de Karl Marx
et de Georges Sorel, qui devint le Duce
gouvernant l’Italie pendant
vingt ans et finit fusillé, par les
partisans communistes (mais
d’autres, y compris les Alliés,
avaient intérêt à cette mort),
après avoir été trahi par ses
proches.
Mussolini a sorti l’Italie de la
situation de détresse où elle se
trouvait après 1918 : Etat sans
autorité, monnaie sans valeur, chômage et
grèves, émeutes. Il rétablit l’Etat, la monnaie, l’ordre. Il remet le pays au travail (« le
fascisme, c’est quand les trains arrivent à
l’heure »), construit les premières autostrades (autoroutes), crée une aviation,
assèche les marais Pontins. Il renforce
l’unité italienne. Mais la suite est désastreuse. Il est vrai que les démocraties l’ont
idiotement poussé du côté d’Hitler. Et
Mussolini rêvait trop de grandeur
“romaine” et de conquête, sans pour autant
bâtir une armée efficace. Il attaque une
France déjà vaincue, en juin 1940, « coup
de poignard dans le dos ». Il fait étriller ses
divisions mal équipées, peu armées, en
Grèce, en Libye, en Russie (voyez Le Cheval Rouge, d’Eugène Corti, éd. L’Age
d’Homme). Et cela se termine par son
assassinat dans une Italie tombée à nouveau
en situation de détresse.
Le récit de Brigneau rappelle un certain
nombre de vérités qu’il n’est pas courant
d’énoncer aujourd’hui, mais ne cache pas
la fatale erreur qui termina l’aventure en
catastrophe.
Georges LAFFLY. _____
84 pages. 15 €. Auto-édition F.B. 41 rue des Tennerolles 92210 Saint-Cloud.
Dominique BROMBERGER
CLICHY-SOUS-BOIS
VALLÉE DES ANGES
On se souvient qu’à l’automne 2005, le
soulèvement des banlieues prit naissance à
Clichy-sous-Bois, révélant à la France entière
l’état de banlieues devenues un monde clos :
urbanisation inadaptée, taux de chômage
élevé, zones de non-droit soumises à tous les
commerces illicites, flambées récurrentes de
violence, autant de raisons de désespérer. De
croire à une fatalité qui rendrait inopérante
et inutile toute tentative de changer les
choses.
Pour y voir plus clair, pour cerner une réalité connue seulement à travers des media
misant avant tout sur l’aspect spectaculaire, Dominique Bromberger a choisi,
une fois le calme (précaire ?) revenu, de s’installer pour quelques semaines
au cœur même de la banlieue. Une immersion totale
qui lui a permis de nouer des contacts, au
sein de la cinquantaine de communautés qui
y cohabitent plus ou moins pacifiquement,
avec tous les milieux, toutes les générations,
toutes les religions, mais aussi avec les autorités municipales, les associations, les professeurs et nombre de corps de métier.
Le témoignage qu’il rapporte de cette expérience fera, à coup sûr, grincer bien des
dents. C’est qu’il remet en question nombre
de certitudes, à commencer par les siennes,
et que quelques lieux communs complaisamment véhiculés sont balayés par cette plongée insolite dans une mosaïque de populations et de cultures qui se côtoient sans se
mêler, cohabitent sans enthousiasme. Avec
honnêteté, l’auteur pointe du doigt les raisons pour lesquelles l’intégration demeure
un mythe — sinon un leurre. Un reportage
vivant, un témoignage à lire ne serait-ce que
pour rectifier les perspectives imposées par
la pensée unique.
P.-L. MOUDENC. _____
207 pages, 20 €. Editions Arléa.
Pierre DIMECH
LA DÉSINFORMATION
AUTOUR DE LA CULTURE
DES PIEDS NOIRS
Dans ce livre, très documenté, l’auteur
réagit contre les media qui, un demi-siècle
plus tard, donnent une vision caricaturale
des Européens d’Algérie, qu’ils voient à travers Roger Hanin, Enrico Macias ou
Alexandre Arcady. Un folklore caricatural et
réducteur alors que, comme le prouve Pierre
Dimech, au XIXe et au XXe siècle, s’épanouit
outre-Méditerranée une importante culture
littéraire et artistique avec — pour ne considérer que la littérature — Louis Bertrand,
Musette (créateur du gavroche algérois
Cagayous), Robert Randau, Edmond Brua,
Gabriel Audisio, Jean Brune (dont le souvenir reste si vivant chez ses amis) ou Albert
Camus. Mais seul ce dernier a pu franchir
(non sans y laisser des plumes) l’ostracisme
des gendelettres parisiens.
Pierre Dimech se bat pour conserver le souvenir de cette culture que les Cercles algérianistes essaient d’entretenir mais à laquelle il
a manqué « le nombre et le temps ». Une
bibliographie succincte mais précise clôt son
ouvrage.
Qui pourrait être complété par une étude
approfondie des calomnies qui ont fait des
« Pieds noirs », avant comme après 1954, des
boucs émissaires commodes à travers les
mythes du gros colon prédateur ou du verre
d’eau vendu aux appelés. « Ces gens-là »
comme disait un certain général. De ce
mépris, il reste encore quelque chose.
J.-P. A. _____
101pages. 16 €. L’Etoile du Berger, 11 rue des
Récollets, 75010 Paris. Tél. 06-74-68-24-40.
Les 120 ans de
La France Juive
En 1886, l’auteur d’un magnifique recueil
historique sur Paris couronné par l’Académie Française faisait irruption dans la vie
politique française avec un ouvrage
explosif : La France Juive, essai d’histoire
contemporaine, qui eut un immense retentissement. En effet, « l’ouragan sorti de ce
volume, de ces deux gros volumes, a d’abord
soufflé chez les hommes de lettres, puis dans
le public assis des lecteurs, puis dans les
divers milieux sociaux, les soulevant, les
étreignent, les forçant à réfléchir ; il a rencontré le boulangisme, qu’il a traversé sans
presque s’y mêler ; il a rencontré l’Affaire
Dreyfus, par laquelle les Juifs ont su prendre
leur revanche des révélations foudroyantes
de Drumont. Il est ressorti de
l’autre côté, animant cette fois
une jeunesse énergique et décidée. Nul ne peut savoir où il
s’arrêtera. » (Léon Daudet,
Fantômes et Vivants).
Le livre va marquer les
débuts du nationalisme français et la pensée de Drumont inspirera durablement des générations de penseurs tel
Charles Maurras, qui dira de lui : « La formule nationaliste est née presque tout
entière de lui ; et Daudet, Barrès, nous tous,
avons commencé notre ouvrage sur sa
lumière. »
Malheureusement, cet écrivain est aujourd’hui oublié et calomnié par une grande
majorité de Français, et c’est en toute impunité que Bertrand Delanoë, maire de Paris, a
pu faire effacer de la pierre tombale de Drumont au cimetière du Père Lachaise l’épitaphe « à l’auteur immortel de la France
Juive » sous prétexte de « trouble à l’ordre
public » (RIV. du 30/6/06). Quand à ceux
que certaines idées de Drumont effrayent,
qu’ils méditent ceci : « Mais il ne faudrait
pas croire que toute sa pensée et son œuvre
se résument au mot Juif. L’horizon intellectuel du vieux lutteur à la magnifique carrure
fut autrement vaste et vivant. Tout passa par
l’impitoyable broyeur de sa critique : aussi
bien la société, avec sa bourgeoisie rapace
et en décadence, avec son haut-clergé trop
soumis, que la magistrature, que le monde
des politiciens, que l’armée elle-même ; le
peuple, ses ouvriers, son petit clergé, ses
grands écrivains nationaux eurent toutes ses
amours et reçurent la place royale ; les vues
les plus riches d’avenir du socialisme — du
socialisme national (le mot est de lui et en
toutes lettres) — sont au centre même de son
œuvre, nous devrions plutôt dire de sa
vision. Car au delà de tout, Edouard Drumont, écrivain de la plus haute envergure,
est et restera en définitive un des grands
classiques français, et chez lui comme chez
tous les grands génies qui ont apporté leur
message à l’humanité, aussi bien Dante que
Goethe, Corneille que Hugo, la pensée est
avant tout une vision, le frémissement d’un
monde à venir… » (Joseph-Marie Rouault,
La Vision de Drumont).
Jean de SAINT-HERBOT. _____
Certains de ses livres sont encore disponibles à
SA DPF,ou à la Librairie Dobrée de Nantes : La
France Juive (Ed. Charlemagne, (2 tomes) — La
Fin d’un monde (Charlemagne) — Le secret de
Fourmies (Ed. Deterna). Ainsi que des biographies et bibliographies d’Edouard Drumont :
Georges Bernanos, La Grande Peur des Bienpensants (Livre de Poche) — Henry Coston,
Signé : Drumont (Publications Coston) — Jean
Drault, Drumont. La France Juive et la Libre
Parole (Deterna) — Alain de Benoist, Bibliographie générale des Droites Françaises, Tome 1
(Deterna).
(1975), qui jouait modestement la carte de
la représentation théâtrale filmée (et chantée en suédois) dans le cadre baroque du
petit opéra du château de Drottningholm,
et qui reste à ce jour le plus abouti des
films opéras.
Sous le prétexte d’en faire un grand spectacle populaire destiné à ceux qui n’ont
pas les moyens, ou l’envie, de se rendre à
l’opéra, Branagh se lâche dans l’extravagance en transposant l’action dans les
tranchées de la première guerre mondiale.
La fable maçonnique d’Emmanuel Schikaneder, le librettiste et compagnon de loge
de Mozart, y est détournée en plaidoyer
pacifiste du genre « Faites l’amour, pas la
guerre ». Le texte allemand est adapté en
anglais par le talentueux comédien et
romancier Stephen Fry (il a notamment
incarné Oscar Wilde au cinéma et pour la
télévision l’ineffable valet Jeeves de
P.G. Wodehouse). Il est préférable de goûter l’humour typiquement british pour sourire aux “innovations” de Fry et Branagh.
Ainsi Tamino, non plus prince mais lieutenant dans l’infanterie, est sauvé non pas
du serpent mais des effets mortels du terrible gaz moutarde par trois bonnes
sœurs ; Papageno l’oiseleur est un soldat
dont les canaris servent à détecter la présence de gaz et la Reine de la nuit, lors de
son premier aria, fait jaillir de sa bouche
des chars d’assaut. Les deux compères
n’en sont qu’au tout début de leurs facéties. Est-ce Mozart qu’on va assassiner
cette fois encore ? Le temps que l’oreille
s’habitue à l’étrangeté sonore de cette
Zauberflöte en anglais, le sortilège de sa
musique nous rend plus indulgent envers
les partis pris discutables de Branagh,
ceux-ci ne touchant après tout que le livret
de Schikaneder, dont Lucien Rebatet avait
si piètre opinion (voir Ecrits de Paris,
livraison de mars 2006). Certaines trouvailles de la mise en scène sont drôles et
poétiques en particulier dans les numéros
de Papageno, d’autres ratent complètement leur effet (les épreuves initiatiques de
Tamino et Pamina) mais l’ensemble
emporte finalement l’adhésion par son
dynamisme et son côté ludique.
C’est surtout la qualité de l’interprétation musicale de cette Flûte revisitée, sous
la baguette nerveuse de James Conlon à la
tête de l’Orchestre de chambre d’Europe,
qui incite cependant à fermer les yeux, si
vous me passez l’expression, sur les incongruités patentes de la mise en images. La
cosmopolite distribution est de tout premier ordre avec notamment la grande
basse allemande René Pape qui campe un
Sarastro d’exception, la Russe Lyubov
Petrova, Reine de la nuit aux vocalises
stratosphériques, le Canadien Joseph Kaiser, vaillant Tamino, et l’Américain Benjamin Jay Davis, espiègle et bondissant
Papageno. Si la représentation cinématographique du chef-d’œuvre de Mozart est
contestable, côté vocal et orchestral, l’enchantement est total.
Patrick LAURENT.
Wolfgang dans les tranchées
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P ARCE que « parler des tyrans
grecs (…) sans les accabler systématiquement d’opprobre ne risque
plus aujourd’hui de contrarier grandmonde » mais qu’« il en va tout autrement, en revanche, d’un certain nombre
d’hommes que les vicissitudes de l’histoire contemporaine ont conduits à s’opposer, manu militari parfois, à ce que le
XXe siècle avait commodément baptisé le
“sens de l’histoire” », Christophe Dolbeau avait écrit en 2002 un livre très
nécessaire, Les Parias. Sous ce titre
étaient réunis les portraits de treize « fascistes et pseudo-fascistes » et de six
« mal pensants », dont René Benjamin et
Sisley Huddleston si fidèles au Maréchal
que le second, Britannique de bonne race,
prit par défi la nationalité française, le
romancier également britannique Henry
Williamson, l’ethnologue “maudit”
Georges Montandon, l’Argentin Juan
Peron, le Norvégien Vidkun Quisling,
l’Irlandais Eoin O’Duffy (« bête noire de
l’IRA »), l’Indien Subhâs Chandra Bose,
l’Espagnol Onesimo Redondo, qui rallia
les JONS à la Phalange et donna à celleci une orientation plus populaire, les
Russes Konstantin Rodzaevsky et Anastase Vonsiatsky, le Flamand Staf
De Clercq, l’“archange” roumain Corneliu Zelea Codreanu, fondateur de la
Garde de Fer ou encore le grand poète
américain Ezra Pound qui poussa sa passion de la “romanité” jusqu’à épouser la
cause mussolinienne. Ce que ses compatriotes libérateurs de l’Italie lui firent
payer très cher en l’enfermant dans une
cage de fer — les gardiens de la Démocratie, de Guantanamo Bay et d’AbouGhraïb n’ont rien inventé.
Epuisé, ce bel hommage aux Parias de
l’autre siècle (et qui risquent de le rester
dans celui-ci) est à nouveau publié, de
même qu’un autre essai de notre ami,
Croatie, Sentinelle de l’Occident (dans
une édition augmentée et, bien sûr actualisée) par la jeune maison Arctic, qui sort
également le dernier livre de Christophe
Dolbeau : 1917-1989, Face au Bolchevisme. Un Petit Dictionnaire des Résistances nationales à l’Est de l’Europe.
En fait, l’auteur est trop modeste : ce
« petit dictionnaire », qui lui a demandé
plus de dix ans de travail et a pris la
semble même s’intensifier à mesure que
le gibier se fait plus rare (le 21 novembre,
le ministère américain de la Justice a
annoncé avoir déchu de la nationalité
états-unienne et renvoyé à Kiev Orest
Galan, un ancien
membre de la police
ukrainienne qui,
aujourd’hui âgé de
84 ans, avait collaboré
avec les nazis de janvier 1943 à mai 1944).
Mais autant que la
mythification, la simplification est l’ennemie de la recherche
historique et c’est tout
le mérite de Christophe Dolbeau de
débrouiller des itinéraires et des retournements si complexes
que la « Vieille
Europe » préfère les
ignorer… Alors
qu’elle devrait au contraire les étudier à
la loupe pour mieux comprendre les
douze nouveaux entrants auxquels s’est
élargie l’Union et qui lui posent tant de
problèmes.
Bien entendu, ce sont les pays de l’exYougoslavie, dont l’auteur est un spécialiste incontesté, qui sont les plus longuement étudiés, et cela réserve quelques
surprises. Tout le monde sait que les
Slaves islamisés de Bosnie fournirent une
division SS, la Handchar (Cimeterre), au
IIIe Reich et que l’Etat oustachi de Pavelic était proche de Berlin et surtout de
Rome, ce que les Croates tentant de se
réfugier en Autriche payèrent à Bleiburg
de 200 000 morts. Mais si l’historiographie officielle serbe a soigneusement
occulté les rapports des nationalistes belgradois avec l’Italie fasciste et l’Alleforme d’un grand et gros album, est
une véritable somme qui nous
conduit de l’Albanie à l’Ukraine en
passant par les Etats baltes, la Finlande, la Tchétchénie ou le Turkestan. Une vertigineuse plongée dans
le passé eurasiatique qui nous permet de mieux comprendre l’actualité présente et les réactions à la fois
si contrastées et si violentes des
anciens satellites ou “républiquessœurs” face à la Russie née de l’effondrement de l’URSS, mais à
laquelle elle ressemble si fort par
tant d’aspects.
Par la force des choses, les mouvements de résistance au bolchevisme s’appuyèrent souvent sur les
autres régimes totalitaires européens puisque, aussi bien, ils
n’avaient rien à attendre des démocraties trop souvent complices de
Moscou. D’ailleurs, ils n’étaient
pas les seuls à croire à l’« ordre
nouveau ». Comme le rappelle Dolbeau (dans Les Parias), n’est-ce
pas Churchill soi-même qui, en
1938, avait appelé les “chefs” du
Royaume-Uni à « trouver en euxmêmes quelque chose de l’esprit de
ce caporal autrichien qui, voyant
tout en ruines autour de lui, et l’Allemagne apparemment plongée
pour toujours dans le chaos, n’hésita pas
à marcher contre la vaste coalition des
nations victorieuses et a déjà retourné
son pays de manière décisive » ?
Toutefois, l’URSS s’étant retrouvée
dans le camp des vainqueurs et « l’empire du Bien » à la fin de la Seconde
Guerre mondiale, ces mouvements ont
été victimes d’une diabolisation que la
chute du communisme n’a nullement
affaiblie, bien au contraire puisque la
traque des vieillards susceptibles d’avoir
collaboré avec le national-socialisme
magne hitlérienne, ceux-ci ne manquèrent pas, avant comme pendant la guerre.
En novembre 1944, par haine des bandes
titistes semant la terreur et de leur protecteur soviétique, une
partie des membres du
Xe Corps des Volontaires Serbes rejoignit
ainsi la Waffen-SS et
prit le nom de Serbisches Freiwilligen
Korps der SS. S’étant
livrés aux Britanniques qui les livrèrent
eux-mêmes aux communistes, beaucoup
d’entre eux seront
assassinés…
Pour chaque pays
pris par liste alphabétique, Ch. Dolbeau
étudie les mouvements
de résistance et leurs
leaders, pris aussi par
ordre alphabétique.
Son livre étant accompagné d’un très copieux index, la lecture
en est donc extrêmement claire malgré la
difficulté du sujet abordé. Puisqu’« une
tête sans mémoire est une place sans garnison » (Napoléon), on ne saurait trop
recommander ce Dictionnaire à tous les
Européens qui veulent mieux connaître
l’histoire de notre continent afin d’en
préparer au mieux l’avenir.
C.-M. G. _____
Les Parias, 325 pages, 24 €. Croatie, sentinelle de l’Occident, 302 pages, 24 €. Face au
Bolchevisme, Petit Dictionnaire des Résistances nationales, 362 pages, 45 €. Dans tous
les cas, ajouter 5 € de port. Commandes à Arctic Editions, 149 avenue du Maine, 75014
Paris — en se recommandant de RIVAROL.
Nous prévenir en cas de retard.
N° 2791 — 22 DÉCEMBRE 2006 — RIVAROL 15
Parias, sentinelles et résistants
Voilà un anniversaire passé inaperçu :
celui, lors des élections législatives de
janvier 1956, de l’arrivée au Palais-Bourbon de 53 députés menés par leur leader
Pierre Poujade, fondateur trois ans plus
tôt de l’Union des Commerçants et
Artisans.(UDCA). Un succès que
n’avaient pas prévu les RG et qui déclencha une véritable panique.
Le jeune avocat Thierry Bouclier qui,
en 2003, avait publié aux mêmes éditions un excellent Tixier-Vignancour, a entrepris dans Les Années Poujade
(1953-1958) non de nous donner une
biographie de Pierre Poujade mais de
nous raconter à partir de 1953 l’ascension extraordinaire du papetier de SaintCéré que l’indignation contre les injustices et les excès du fisc (les polyvalents)
s’en prenant aux artisans et au petit
commerce conduisit à monter un mouvement qui, trois ans plus tard, fit trembler sur ses bases la Quatrième République. Et cela malgré mille difficultés
comme les persécutions judiciaires, l’utilisation sans complexes des CRS contre
les manifs poujadistes, l’essai (raté)
d’infiltration du
parti communiste,
etc.
La vague monta.
Poujade, grâce à
son habileté et à
son charisme, réussit à élargir son
vivier (« les travailleurs indépendants ») au paysannat (encore important) et parfois à
une frange de la
classe ouvrière.
Sans oublier les
Français d’Algérie,
très favorables à
partir de 1954 à un
défenseur de leur province et de l’Empire. Suivit le ralliement d’une extrême
droite renaissante, ce qui débouchera
sur la vie politique avec un programme
simple mais percutant : « Sortez les sortants ». Une réussite qui, après 1956,
déchaîna contre l’UDCA et son chef un
front qui réunissait les profiteurs du
“système”, un certain lobby qui ne lui
pardonnait pas ses arguments xénophobes (mais il n’existait pas de loi
Gayssot à l’époque), une extrême
gauche mobilisée contre “Poujadolf”, des
syndicats de fonctionnaires comme FO,
etc. Le terme “poujadisme” devint une
caricature et l’est resté un demi-siècle
après, même si “populisme” tend à s’y
substituer…
Toutefois, à l’épreuve du jeu parlementaire, de ses combines (comme l’invalidation scandaleuse de certains de ses
députés) et du choc des événements (la
crise de Suez), le mouvement Poujade se
divisa. Il y eut des démissions comme
celle de Jean-Marie Le Pen (que l’on voit
ici, tout jeune député retour d’Indochine, avec “Pierrot” Poujade — photo
extraite de l’ouvrage) et, à l’intérieur du
parti, des tensions entre les politiques
durs et les professionnels (du commerce
et de la restauration) qui, plus modérés,
refusaient d’aller jusqu’à une rupture
révolutionnaire.
Ayant largement contribué à la crise
qui mit fin au régime (à Alger, les poujadistes furent au premier rang des insurrections du 6 février 1956 et du 13 mai
1958), Poujade n’en recueillit pas les
fruits. De Gaulle l’écarta dès son arrivée
au pouvoir, Poujade ayant prôné le non à
la république gaullienne. En raison du
scrutin majoritaire, son parti s’effondra
aux élections de novembre 1958. Luimême n’en continua pas moins le combat pour l’Algérie française, mais dans la
légalité et, en 1962, ce fut l’échec définitif.
Thierry Bouclier, qui s’appuie sur de
nombreux documents : livres, entretiens,
presse (RIVAROL est souvent cité), a
arrêté là son récit, aussi charpenté que
vivant et où passe le souffle d’une passion
nationale qui, malgré tout, représenta pour des millions de gens un
espoir. Déçu ou trahi… En 2003,
la mort de Poujade (voir notre n°
du 5/9/03) fut à peine remarquée.
Et, comme le conclut l’auteur, il
y a peu de chances aujourd’hui
que la « France des ateliers, des boutiques, des campagnes (ou ce qu’il en
reste) se soulève à nouveau. » Car,
désormais, « Chacun se paie ou se
tait. La France a changé ». A moins
qu’une nouvelle tempête, qu’un
autre “séisme” ne se produise…
J.-P. A. _____
Les Années Poujade. 208 pages avec
index et cahier photos, 19 €. Editions
Remi Perrin, 46 rue Sainte-Anne,
75002 Paris ou <remi.perrin1@free.fr>.
Retour aux “Années Poujade”
Icône moderne roumaine
représentant Codreanu
Ezra Pound
AGENDA
☞ 23 décembre à Paris 11e (La Licorne Bleue, 3 bis
rue Jules Vallès, de 15 à 18 h). Thierry Bouclier dédicace son « Les Années Poujade » (19 €).
☞ 5 janvier à Nancy (place de la Croix de Bourgogne, où fut retrouvé le corps de Charles le Téméraire), RV à 18h, en compagnie de Jean-Marie Cuny,
pour fêter joyeusement le « Nouvel-An lorrain ».
☞ 6 janvier à Montlhéry, 15 h. Galette des Rois avec
conférence de Me Eric Delcroix. Dédicaces. Part. 10 €
(dont 4 € pour Michel Lajoye). Rés. Fier de l’Etre, BP
22, F-91360 Epinay-sur-Orge.
AVANT de défiler le
31 décembre à l’initiative
du “Fonacon” (Front d’opposition à la nouvelle
année) pour dire « Non à
2007 », et donc au « temps qui passe » (y
aurait-il du Brasillach là-dessous ?), vous
pourrez si le cœur vous en dit fêter
« Christmas Marrakech » le 24 décembre
en plein Sentier avec une kyrielle de festivités orientales mais il faut d’abord songer
à Noël et aux cadeaux qui vont avec. Achetés chez les tauliers du commerce équitable, bien sûr, c’est le must de la saison.
GRANOMORT DÉCORÉ,
ZIDANE CANONISÉ
Certains ont d’ailleurs déjà reçu leur présent — plus ou moins équitable. C’est le
cas du policier-escroc-mythomane-assassin Antoine Granomort, invité en Israël
pour y recevoir une haute décoration
(cf. Actualité juive du 7/12), récompense
méritée pour avoir « sauvé du lynchage un
jeune supporter juif ». Même si ce prétendu sauvetage a coûté la vie au jeune
Breton Julien Quémener… qui ne lynchait
personne.
Belle récompense aussi pour deux détenus de la maison d’arrêt de Laval
(Mayenne) qui, grands cœurs, avaient
obtenu le 11 décembre une permission de
sortie pour participer au Téléthon en vendant sur un marché de Caen des gâteaux
qu’ils avaient eux-mêmes confectionnés en
prison, avec l’amour qu’on devine : ils en
ont profité pour se faire la belle, non sans
avoir chouravé la voiture de l’animateur du
stand.
Pour les Algériens également, « Baba Nouël » est
passé en avance, avec dans
sa hotte ce trésor national
qu’est Zinedine Zidane.
« Quand j’ai vu Zizou, j’ai
vu une lumière », racontait
devant les caméras de France 2 un solide
quinquagénaire avant qu’Abedelaziz Bouteflika, tout aussi ému de rencontrer l’idole
et surtout de récupérer la venue du footeux
kabyle sur le plan politique, remette en
grande pompe au héros les insignes de
l’ordre de l’Athir, la plus haute décoration
du pays, entre autres pour sa “sportivité”. Une qualité qu’avait dû particulièrement
apprécier l’Italien Materazzi, cible du
fameux « coup de boule » zidanien lors de
la finale du Mondial de Foot. Les éloges et
l’hospitalité de Boutef’ sont en tout cas
allés droit au cœur de l’homme paraît-il le
plus aimé des Français, qui a rappelé que,
pendant la « guerre d’indépendance », son
père avait été « du bon côté », autrement
dit fellouze, et s’est dit « fier d’être Algérien ». Un aveu à retenir par ses admirateurs franchouillards (dont Chirac)…
Saint Zizou, priez en tout cas pour la malheureuse Algérie, elle en a bien besoin si
j’en juge par le quotidien La Dépêche de
Kabylie, où il n’est question que d’« invasions de rats », de ce « fléau national »
qu’est la corruption au plus haut niveau, du
bizness des enlèvements qui, comme en
Colombie, au Brésil ou en Irak, semble être
devenu un sport (et un fléau) également
national, toutes les régions et toutes les
classes sociales étant touchées, etc.
MISS ET DIS… CRIMINATIONS
Rien ou presque en revanche — à peine
un accessit de seconde dauphine — dans
les petits souliers de Raïssa Boyer lors de
l’élection de Miss France. En ces temps de
promotion des minorités visibles, cette
Miss Réunion aurait dû avoir toutes ses
chances. Mais hélas pour elle, il y avait
aussi en lice une Rachel Legrain-Trapani
venue de Picardie mais portant bien son
prénom, et une Sophie Vouzelaud (Miss
Limousin), malentendante. Du coup, une
minorité chassant l’autre, la Réunionnaise
à dû s’incliner. C’est Rachel, Sophie étant
première dauphine, qui a reçu la couronne
des mains d’Alexandra Rosenfeld, Miss
l’émotion et de la consternation suscitées
par son attitude et ses paroles, en dépit de
ses excuses ».
Mais qu’avaient donc été ces “paroles” ?
Dans son dernier livre, « Le privilège des
jonquilles » (Albin Michel), Sevran écrivait à propos de la famine au Niger : « Ils
signent leurs crimes en copulant à tout va,
la mort est au bout de leur b…, ils peuvent
continuer parce que ça les amuse… Faire
des enfants, le seul crime impuni. ». L’horreur était passée inaperçue mais, interrogé
le 2 décembre par Var
Matin le chanteur-animateur persévérait et signait :
« Et alors ? C’est la
vérité ! Au Niger, les
hommes font neuf enfants
en moyenne à leur femme…
L’Afrique crève de tous les
enfants qui y naissent sans que leurs
parents aient les moyens de les nourrir. Je
ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète ! »
Malgré son caractère provocateur, ce
n’est pas ici où nous répétons depuis plus
de cinquante ans maintenant que la procréation, qui implique toute la chaîne
humaine, doit être un acte responsable et
qu’il est criminel de répandre sa semence
sans se soucier des conséquence, que cette
pétition de principe choquera. Mais on
conçoit l’émotion qui a aussitôt agité les
professionnels de l’antiracisme et, surtout
dans la mesure où la vérité blesse, les originaires du continent visé — dont tout
l’écosystème a été ravagé par une démographie galopante que ne corrige plus la
sélection naturelle, progrès apporté par la
médecine (coloniale) oblige.
PAS RECOMMANDABLES,
LES AMIS DE MITTERRAND !
M. Sevran, qui se dit victime d’une
“manipulation”, d’une « campagne
indigne », a beau affirmer que « le racisme
le révulse » (à preuve, Patrick Benguigui
alias Bruel était son invité vedette du
10 décembre), le hourvari causé par ses
déclarations “eugénistes” n’est pas
retombé. Seul, et en vertu (si l’on ose dire)
d’une complicité jaquettière, le maire de
Paris Bertrand Delanoë a défendu bec
(enfariné) et ongles (manucurés) son “ami” Sevran.
Enragé il y a deuxmois
contre le socialiste Georges
Frêche après la sortie d’icelui sur les trop nombreux
Blacks de l’équipe de
France, au point qu’il avait
même réclamé du PS l’exclusion du Septimanien,
«Notre-Dame de Paris»
clame aujourd’hui que
l’animateur de France 2
« n’a jamais été effleuré par
la moindre pensée raciste ».
Mais tel n’est pas l’avis
des associations noires, qui
ont aussitôt déposé plainte
pour incitation à la haine
raciale, suivies par le gouvernement du Niger et le
MRAP qui trouve “terrible”
que des personnalités fassent ainsi « sauter les verrous » avec des « propos
révulsants ». Qui sait en
effet jusqu’où la chevillette cherra ?
Tristes étrennes donc pour Pascal Sevran,
ancien commensal de François Mitterrand,
qui choisissait décidément bien mal ses
proches. Un autre de ses intimes, le chansonnier Jean Rigaud — dont le futur président de la République fut même le témoin,
lors du second mariage — ne jugeait-il pas
spirituel de débouler en scène en tonitruant : « On croyait que c’étaient des crématoires, c’étaient des couveuses » ?
Saillie qui — étrange époque vue de la
nôtre, où la tenue d’une docte conférence
sur le révisionnisme suscite l’indignation
générale —, déchaînait alors les rires.
“FINKIE” RELAXÉ :
ET POURQUOI PAS RIVAROL ?
Mais nul ne sait ce que peut réserver Thémis et qui sait si, pour le poursuivi, le crapaud ne se transformera pas en diamant ?
Après tout, Alain Finkielkraut avait lui
aussi attaqué les Noirs en déclarant à un
journal israélien que l’équipe de France de
foot « n’était pas “Black-Blanc-Beur”
mais “Black-Black-Black”, ce qui en faisait la risée du monde entier ». Objet de
deux plaintes déposées par le Collectif des
Filles et Fils d’Africains déportés (Coffad)
et le Mouvement pour une nouvelle humanité, le philosophe vient d’être relaxé par
Nicolas Bonnal, le président de “notre”
XVIIe Correctionnelle, au motif que les
plaintes étaient irrecevables : les statuts de
la Coffad auraient pour objet non pas la
lutte contre le racisme mais seulement « la
réhabilitation et la mémoire des peuples
d’Afrique et de la diaspora ».
Une relaxe, c’est-y pas un cadeau équitable, ça ? En tout cas, c’est celui que je
souhaite de tout cœur à Camille Galic et à
ses “complices” Jean-Marie Le Pen et
Jérôme Bourbon (celui-ci ayant recueilli
de celui-là une interview jugée “scandaleuse” par les tenants de la pensée unique
et de l’histoire estropiée) comme issue à
leur procès de juin prochain — même s’ils
ont pour avocat Me Delcroix et non pas,
comme “Finkie”, Me Zaoui, vice-président
de la LICRA.
Sur ce vœu, bonnes Fêtes à tous… Même
si les RG nous les annoncent très agitées,
avec incendies et violences diverses.
Chronique d’un Noël équitable
France et Miss Europe
2006.
Est-ce pour éviter pareille
discrimination qu’avec une
forte participation financière du maire Jean-Claude
Gaudin, vice-président du
Sénat — et de l’UMP — va
se dérouler à Marseille le
concours « Beauté du
Maghreb » ? Strictement
verboten aux non-musulmanes et aux sacs d’os, car,
estiment les organisateurs
bien de là-bas, dis, une
Vénus orientale se doit
d’être mamelue et fessue. Il
paraît que des centaines de
candidates, “issues” non
seulement de La Rose ou de
Bonneveine mais aussi de
toutes les “cités” de l’Hexagone, se sont déjà inscrites.
Zizou, lui-même enfant de
La Castellane, viendra-t-il,
comme on l’espère,
remettre en personne la pomme d’or à la
lauréate ? En nouveau Pâris, vêtu d’une
jupette de palikari et chaussé de cnémides,
il serait évidemment plus sexy que le bon
M. Gaudin, ce dernier fût-il le premier
magistrat de la ville.
LA VILLETTE :
UNE “VISIBILITÉ” QUI PAIE
Premier personnage de l’Etablissement
public du parc et de la grande halle de La
Villette à Paris, troisième budget culturel
de l’Etat derrière la Comédie-Française et
l’Opéra, Jacques Martial l’est déjà au
terme d’un décret signé par le chef de
l’Etat en personne.
Comment cet obscur (pardon !) comédien
guadeloupéen, compère de Roger Hanin
dans la série télévisée “Navarro”, et dont
le seul fait d’arme est d’avoir mis en scène
et joué un texte du Martiniquais Aimé
Césaire, a-il été préféré à des dizaines de
postulants bien plus qualifiés pour gérer
l’énorme machine de La Villette, extrêmement complexe puisqu’elle combine arts et
techniques et dotée d’un budget de
31,4 millions d’euros ?
Cela n’étonnera personne : créateur de la
Compagnie de la Comédie noire, M. Martial, inconsolable d’avoir été évincé alors
qu’il rêvait de « jouer Oreste dans l’Andromaque de Racine » (mais la naine
Mimy Mathys a-t-elle la moindre chance
d’interpréter la géante Gargamelle, ou
Michel Serrault d’incarner le jeune
Rodrigue ?), est un membre actif et surtout
très revendicatif du collectif Egalité, qui a
pour objectif « la présence effective et
concrète des minorités visibles sur les
grands et les petits écrans français ».
Quels que soient les rôles distribués.
Voilà donc comblé l’ego racial de Martial. Reste à savoir si les habitués de La
Villette seront, à l’usage, aussi satisfaits.
PASCAL SEVRAN, PIRE
D’ALEXIS CARREL
Reste que si le nouveau président de La
Villette est aux anges, ses camarades
d’Egalité, du Conseil représentatif des
associations noires (Cran) et du Collectif
des Antillais, Guyanais, Réunionnais et
Mahorais (Collectifdom), sans parler de
l’Association de la presse panafricaine
(APPA) qui n’a pas hésité à saisir le rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme,
ne décolèrent pas depuis la décision annoncée le 11 décembre par France 2 de maintenir chaque dimpanche à l’antenne Pascal
Sevran, se contentant de lui adresser un
« sévère avertissement » et lui interdisant
« toute prise de position contraire à
l’éthique du service public », « faute de
quoi » la chaîne publique se verrait « dans
l’obligation de remettre en cause le principe de [sa] collaboration ».
Une indulgence aussitôt dénoncée par le
Parti socialiste dont le secrétaire national
adjoint Faouzi Lamdaoui estime qu’« en
maintenant la présence de Pascal Sevran
à l’antenne sur le service public de l’audiovisuel, la direction de France Télévisions ne semble pas prendre la mesure de
JOYEUX NOËL ET RENDEZ-VOUS LE 5 JANVIER
Sur le point de vous abandonner pour une semaine — et conscients,
puisque plusieurs d’entre vous nous l’ont dit le 9 décembre, de vous laisser
en « état de manque » mais il nous faut reprendre des forces pour aborder
une année ô combien chargée —, nous vous souhaitons à tous un saint et
joyeux Noël et vous donnons RENDEZ-VOUS DANS NOTRE N° 2592, EN
DATE DU 5 JANVIER, où vous retrouverez la traditionnelle planche
“rétro-prospective” de Chard.
Et, surtout, tous nos vœux, les plus sincères et les plus fervents, pour que
cette année 2007 vous soit personnellement favorable, et bénéfique pour la
France, qui a tant besoin de nos prières… et de nos efforts.
L’Equipe de RIVAROL.
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