Il est vrai que, depuis que la gauche
s’est aperçue que des lois mémorielles pouvaient jouer contre ses
dogmes (en rappelant par exemple
les « effets bénéfiques » de la colonisation), elle est sur le reculoir. « Si
l’on criminalise la négation du génocide arménien, pourquoi pas demain
la négation du génocide vendéen ? »
s’effrayait ainsi un député socialiste.
Un “engrenage” fatal que dénonçait
le 18 octobre dans Le Monde
Me Jean-Philippe Feldman, professeur agrégé des facultés de droit,
sous le titre : « Il faut abolir la loi
Gayssot ! »
Applaudissons bien fort, et d’autant
plus que nous n’avons pas attendu
M. Feldman pour penser, et écrire, que
cette loi d’exception érigeant « en
infraction l’expression d’une idée jugée
indésirable » tend à prouver « qu’une
“société” qui éprouve le
besoin de défendre ainsi la
“vérité” historique doit la
juger bien fragile ».
« De même qu’elle ne lutte
pas contre le terrorisme en
usant de ses méthodes,
une démocratie ne combat
pas les négationnistes en
leur ôtant les droits consubstantiels à
tout individu… La loi Gayssot n’a
d’autre mérite que de mériter l’oubli : il
faut l’abolir », conclut Jean-Philippe
Feldman.
En attendant de l’abroger, on pourrait
peut-être cesser de l’appliquer. Qualifié de « démagogie politique » par
l’historien Michel Wieworka, et déplorable à tant d’égards, le vote du
12 septembre ramènera-t-il à la raison
tant les politiques que les juges ?
<galic@rivarol.com>. _____
(1) Mme Royal est-elle pour ou contre l’adhésion de la Turquie ? Interrogée le 11 octobre
à ce sujet lors d’une conférence de presse
justement consacrée à l’Europe, elle a fait
cette réponse désolante de niaiserie : son
opinion sera… « celle du peuple français » !
« C’est le peuple français qui doit se prononcer. Le processus doit se dérouler normalement », a-t-elle ajouté. Tant va la cruche à
l’eau qu’à la fin elle se casse…
paix civile » (cf. Patrick Devedjian,
porte-parole de Sarkozy), c’est réussi.
D’AUTANT qu’on avait cru comprendre que « c’en était fini des lois
totalitaires imposant une histoire officielle », comme l’a dit Jean-Marie
Le Pen en qualifiant de « tache honteuse dans l’histoire de la liberté d’expression » ce « vote a minima d’une loi
inutile ». En effet, le chef de l’Etat
n’avait-il pas déclaré solennellement le
9 décembre dernier : « Dans la République, il n’y a pas d’histoire officielle.
Ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire.
L’écriture de l’histoire, c’est l’affaire des
historiens… Il n’y a pas d’Histoire officielle en France » ? Mais, dix mois
plus tard presque exactement, une loi
de circonstance se mêle à nouveau
d’« écrire l’histoire ». Et que fait le premier magistrat de France ?
Rien. A part, on l’a vu, téléphoner à
Erdogan, qui a immédiatement rendu
publics des propos censés rester privés : « Le président Chirac m’a appelé
pour me dire qu’il est désolé… qu’il
pense que nous avons raison. »
Raison de nier le génocide ? Etrange,
on en conviendra, de la part de celui
qui, à peine élu président de la RépuSUITE DE L’EDITORIAL
LES syndicats en général et la CGT
en particulier sont en pleine perte
de vitesse. Ainsi, le 14 octobre, la
centaine de défilés organisés par Bernard
Thibault en protestation contre la fusion
Suez-GdF actuellement examinée au
Sénat a réuni moins de 2 000 manifestants à Paris et à peine quinze mille dans
toute la France. Le bide total.
Le salut pour la centrale communiste
viendra-t-il… de l’Elysée ? S’adressant
aux membres du Conseil économique et
social trois jours plus tôt, Jacques Chirac
avait allégrement foulé aux pieds la sépaNOS DEUILS : OLIVIER MATHIEU
L’Association des Amis d’Olivier MATHIEU (AAM — BP 220, F-92108
Boulogne cedex) nous informe du décès de celui-ci, la veille de son 46e anniversaire. Ses cendres ont été dispersées au square du Vert-Galant le
dimanche 15 octobre.
Esprit non conformiste, extrêmement brillant et fou de littérature, Olivier
Mathieu avait collaboré à RIVAROL au début des années 1980. On lui
doit plusieurs ouvrages, entre autres une biographie d’Abel Bonnard dont
la personnalité le fascinait. Le 6 février 1990, lors d’une émission animée
par Christophe Dechavanne, il s’était écrié « Faurisson a raison ! » devant
Jean-Pierre Pierre-Bloch, qu’accompagnait une dizaine de militants de
l’OJC, qui rouèrent de coups le perturbateur et sa fiancée. Le professeur
Faurisson devait ensuite révéler qu’un « personnage important des milices
juives » était présent : « Moshe Cohen, ancien sous-lieutenant de l’armée israélienne, responsable, à l’époque, du Tagar, la branche étudiante du Bétar ». « Un
agresseur sera interpellé par la police et relâché quelques heures plus tard sur
l’intervention de Jean-Pierre Pierre-Bloch », précisait R. Faurisson. (Dessin de CHARD.)
Chirac au secours de la CGT
Contrairement à ce qu’affirme Villiers, tous les liens ne sont pas coupés
entre le ministre de l’Intérieur et lui. A preuve la décision prise par la commission nationale d’investiture de l’UMP le 10 octobre de ne pas présenter de candidat dans les deux circonscriptions vendéennes (4e et 5e) détenues par le MPF. Ce qui a aussitôt fait réagir Marine Le Pen qui considère que « c’est la démonstration éclatante qu’un accord existe entre le candidat de
Villiers et le système UMPS qu’il fait mine de pourfendre, et que sa candidature est
télécommandée pour empêcher Jean-Marie Le Pen d’accéder au second tour. Cela démontre aussi la
déloyauté et le mensonge dont M. de Villiers use envers les électeurs. » Cela suffira-t-il à ouvrir
les yeux des nationaux naïfs ?
Accord Sarko-Villiers : la preuve par la Vendée !
N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 3
Seine. Sous le sceau de l’anonymat, un
ministre a ainsi confié à Libération, le
4 octobre, qu’au second tour il préférerait voter Ségo plutôt que Sarko.
Quant au président de l’Assemblée
nationale, il y va carrément au bazooka
dans le Journal du dimanche, le 15
octobre : « Dénigrer, contester, critiquer
la politique d’un gouvernement dont on
est membre est non seulement une erreur
mais une faute politique. (...) L’idée de la
rupture ne justifie en aucun cas les provocations et les attaques incessantes
contre le gouvernement. Ce dénigrement
continu est insupportable. » Et, à propos
de la présidentielle, Jean-Louis Debré
d’ajouter, cinglant : « Au nom de quoi
empêcher Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin ou qui que ce soit
d’autre d’être eux aussi candidats ? »
Les difficultés s’accumulent donc pour le
très pressé président de l’UMP d’autant que
la brusque réactivation de la guérilla dans les
banlieues occupées et la forte hausse des
violences contre les personnes ces douze
derniers mois assombrissent son bilan place
Beauvau. A l’instar de la plupart des
ministres de l’Intérieur de la Ve qui sont des
hommes de verbe et non d’action, Sarkozy
s’agite mais ne fait rien. De sorte que, sur
Canal +, Jean-Marie Le Pen a ironisé le 16
octobre sur ce « candidat de la rupture avec
lui-même ».
LE RETOUR DANS
LE JEU DE JUPPÉ
Par ailleurs, la réélection, dès le premier
tour, à Bordeaux, avec 56,24 % (et, il est
vrai, une participation faible de 44,82 %)
de son ennemi de toujours, Alain Juppé,
TIENDRONT-ILS encore six mois ?
C’est la question qui vient aux
lèvres lorsque l’on constate le degré
de haine, au sein de l’UMP, entre les clans
chiraco-villepiniste et sarkozien. Quelques
jours seulement après que le Premier
ministre eut complimenté son numéro
deux lors des journées parlementaires de
l’UMP, il n’a eu de cesse de lui planter des
banderilles dans le dos. Objectif : déstabiliser le ministre de l’Intérieur en évoquant,
de manière récurrente, l’idée d’une autre
candidature UMP. C’est ainsi que Michèle
Alliot-Marie a confié dans Le Figaro :
« De nombreux militants me demandent
d’être candidate ou me disent que je suis
la seule à pouvoir battre Ségolène Royal ».
UN VRAI SUPPLICE CHINOIS
Et Mme le ministre de la Défense d’ajouter, cruelle, que si le locataire de la place
Beauvau avait toutes les chances de l’emporter aujourd’hui, il n’en serait pas forcément de même dans sept mois ! Une agression insupportable pour l’ambitieux Nicolas qui, dès le lendemain de l’interview, se
faisait porter pâle en prétextant une
migraine et en annulant tous ses rendezvous. Cette céphalée a fait jaser dans le
Landerneau car c’est la seconde fois en un
an que l’ex-maire de Neuilly fait état de ce
problème de santé pour justifier le manquement à ses obligations. Or, curieusement, en 2005 déjà, une migraine l’avait
affligé dans un grand moment de tension
avec Villepin. L’extrême nervosité de
Sarko, son manque de sang-froid expliqueraient-ils cette façon soudaine de se
défiler ? On se souvient qu’en pleine
affaire Cécilia, le chef de l’UMP avait
brusquement annulé sa présence au vingt
heures de TF1, cela quelques jours seulement avant un référendum capital sur la
Constitution européenne. « Il a ses vapeurs
dès qu’on le contrarie » ironise l’ultra-chiraquien Jean-Louis Debré. Et les anti-sarko
de se demander si l’on pourra un jour
confier le feu nucléaire à un individu aussi
fébrile. Grief plutôt paradoxal puisque l’on
a longtemps fait le même reproche à Chirac ! D’ailleurs, à y bien réfléchir, c’est
parce qu’il sait que Sarko lui ressemble
tant que « l’homme qui ne s’aimait pas », comme l’écrit Eric Zemmour à propos de
l’Elyséeen, lui voue une telle haine.
Reste que, comme le reconnaissait un de
ses proches dans Libération, « Nicolas a
fait une erreur de débutant en croyant
que c’était plié pour lui. Il aurait dû tuer
Villepin avant, il en avait l’occasion avec
GdF. Maintenant il n’y aura plus de paix
possible. » Et un autre député UMP
confiait au Parisien : « Ayant choisi de ne
pas demander la tête de Villepin après le
CPE et Clearstream, les amis de Nicolas
vont essuyer ses assauts jusqu’au bout.
Cela va être un vrai supplice chinois. »
On peut en effet compter sur les chiraquiens pour savonner la planche au président du conseil général des Hauts-depatron de l’UMP ne s’attendait pas à une
remontée dans les sondages de Villepin
qui, dans le dernier baromètre IFOPParis-Match, gagne 10 points, 40 % des
Français approuvant (on se demande bien
pourquoi) son action à la tête du gouvernement, tandis que Sarko baisse, lui, de
six points avec 56 % de popularité. Plus
ennuyeux pour le ministre de l’Intérieur,
toujours selon le même institut, 39 % des
sympathisants UMP sont désormais favorables à une candidature Villepin à la présidentielle.
Sans doute Sarkozy paye-t-il sa surexposition dans les media. Les Français
n’aiment pas qu’on les dépossède de leur
choix. Souvenons-nous du fameux duel
annoncé des mois à l’avance entre Chirac
et Jospin et qui s’est achevé de la façon
dont on sait, un 21 avril… Ségolène
Royal enregistre elle-même une très
légère diminution de sa popularité à
gauche, au profit de Dominique StraussKahn, c’est sans doute le même phénomène d’overdose qui est à l’origine de
cette fort relative décrue.
CONTESTÉ PAR LES SIENS
Autre souci pour Sarko, le refus des
autres présidentiables de l’UMP de se
plier au processus de désignation interne
au parti. Pour l’heure, ni le député souverainiste de l’Essonne, Nicolas DupontAignan qui tenait un meeting à la Mutualité le 18 octobre pour lancer sa campagne présidentielle, ni la présidente des
Forums républicains et sociaux Christine
Boutin, ni Michèle Alliot-Marie ne semblent accepter de se plier au vote des
militants. Sachant qu’elles seraient écrasées par Sarkozy dans un parti où les
adhérents sont confits en dévotion devant
sa personne, comme les militants du RPR
le furent durant trente ans devant Jacques
Chirac (c’est la détestable tradition gaulliste du culte de l’homme prétendument
providentiel au détriment de la logique de
conviction et de cohérence des idées !),
ces personnalités UMP préfèrent se présenter directement devant le suffrage universel. Ce qui est une épine dans le pied
de Sarko incapable de faire respecter la
discipline interne et qui court le risque
d’une élimination dès le 22 avril 2007 si
les candidats foisonnent dans son camp.
D’autant qu’il faut ajouter à ces éventuels
candidats dissidents de l’UMP la concurrence de François Bayrou, qui monte fortement avec 57 % de bonnes opinions, le
Béarnais rêvant de Matignon, et celle de
Philippe de Villiers, même s’il stagne
dans les sondages à 2 ou 3 %.
UN SECOND TOUR FN-PS ?
Bref, si les bisbilles au sein de la droite
parlementaire continuent à ce train dans
les six mois qui viennent, un second tour
FN-PS est plausible. Un scénario idéal
qui, d’une part aurait le mérite de démasquer Sarkozy — dont il ne fait évidemment aucun doute que, comme Bayrou, il
appellerait à voter pour le candidat résiduel de la gauche. Que ferait dans ce cas
de figure le vicomte de Villiers ? —, et
d’autre part pourrait permettre une
recomposition des droites en France.
Mais nous n’en sommes pas encore là.
Six mois en politique, c’est une éternité !
Jérôme BOURBON,
<jeromebourbon@aol.com>.
n’est sûrement pas pour plaire à Sarko
d’autant que son prédécesseur à la tête de
l’UMP ne va pas se cantonner dans une
fonction exécutive locale. Dès les résultats connus, Juppé abandonnait la
(fausse) modestie qu’il affichait jusquelà pour s’écrier avec une belle arrogance :
« Oui, le peuple de Bordeaux m’a donné
sa confiance et, vous le comprenez, après
une période difficile, pour moi c’est un
nouveau départ ». Il entend désormais
récupérer la présidence de la communauté urbaine de Bordeaux détenue par le
socialiste Alain Rousset, revenir en juin
prochain à l’Assemblée nationale et peser
fortement sur la campagne présidentielle.
Et dire que Juppé prétendait il y a
quelques jours encore ne s’intéresser
qu’à Bordeaux et ne nourrir aucune ambition personnelle ! Sans rire, l’ex-chef du
RPR a déclaré le 10 octobre sur France
Info qu’il était “disponible” pour « servir
à réunir l’UMP », tout en réaffirmant
bien sûr qu’il ne recherchait « aucune
responsabilité nationale ». Tout comme
Jean-Pierre Raffarin qui se voit en « pacificateur » et qui en fait guigne la présidence de l’UMP qui sera en principe
vacante lorsque Sarko annoncera officiellement sa candidature.
S’agissant de Juppé, on ne voit pas ce qui
l’empêcherait de revenir au premier plan
de la vie politique puisque les Bordelais
l’ont absous et même réhabilité en lui
accordant un score nettement supérieur à
ses résultats de 1995 (50,28 %) et de 2001
(50,96 %). Il est donc démontré une nouvelle fois que le peuple se moque comme
d’une guigne de la corruption des dirigeants politiques et qu’une condamnation,
même définitive, par la justice n’est d’aucun effet. On l’avait déjà mesuré à Béthune
pour le socialiste Jacques Mellick, dans les
Landes pour Henri Emmanuelli, lui aussi
socialiste, auprès des adhérents UMP pour
Alain Carignon dans l’Isère et maintenant
dans la capitale girondine pour Juppé.
Cette dilution du sens moral est affligeante. Comme le constatait Camille Galic
dans son éditorial du 29 septembre, la
France n’est pas la Hongrie et, contrairement à ce qui s’était passé en février 1934
dans les rues de Paris, ce n’est certes pas
chez nous désormais que
pourrait se faire jour un vaste
mouvement de protestation
populaire contre un politicien qui aurait menti et triché. Au contraire : des centaines de milliers de gens ont
défilé, au printemps 2002,
pour soutenir « l’escroc »
contre « le facho » !
OVERDOSE
MÉDIATIQUE
Non seulement Sarko doit
faire face au retour de
Juppé mais également à la
résistance inattendue de ses
adversaires dans son camp.
Arrogant et sûr de lui, le
(Dessin de CHARD.)
PARAS FRANÇAIS SUPPLICIÉS EN
AFGHANISTAN : LA PAROLE EST A MAM
Les media nous ont beaucoup parlé du premier « veuf de guerre »
de l’histoire militaire française, Alain Pujol, dont le compagnon
David Poulain, avec lequel il s’était pacsé en 2001, a été tué le
20 mai dernier en Afghanistan. Le défunt, caporal-chef au 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, était en effet membre
des forces spéciales et le “veuf” réclame la pension et le capital
décès auxquels il estime avoir droit. Soutenu en cela par le ministre
Michèle Alliot-Marie qui a écrit le 28 septembre à son collègue du
Budget, Jean-François Copé, pour lui demander de « reconsidérer, à
titre exceptionnel, la demande de monsieur Pujol ».
L’affaire est très triste mais il y a sans doute plus sinistre encore, dont aucun
media n’a parlé, excepté le site <novopress.info> le 9 octobre, d’après des sources
britanniques : selon toute vraisemblance, le caporal-chef Poulain faisait partie
des militaires français des forces spéciales tués par les Taliban et qui, selon des
soldats anglais arrivés trop tard sur les lieux pour les secourir et qui n’ont trouvé
qu’« un abattoir humain », avaient été « suspendus puis éventrés vivants » par l’ennemi après leur capture.
Si diserte en ce moment, Mme Alliot-Marie doit confirmer ou démentir cette
épouvantable nouvelle. Et expliquer aux Français pourquoi son patron Chirac,
chef des Armées, maintient nos meilleures troupes en Afghanistan où elles n’ont
que faire, sinon remplacer les GIs trop occupés en Irak. Il faut cesser de les
envoyer se battre pour le roi Bush, au risque pour elles de finir dans d’atroces
souffrances. Il paraît que Chirac envisage un retrait. Pas trop tôt !
Nanard triomphait déjà. Quelle éclatante victoire
pour lui que la décision de la cour d’appel de Paris
l’an dernier, lui accordant 135 millions
d’euros de dommages et intérêts au motif
que l’homme d’affaires aurait été gravement lésé par le Crédit lyonnais lors de
la revente d’Adidas ! Début octobre, la
cour de cassation a cependant cassé cet
arrêt. Un nouveau procès aura donc lieu
dans les deux ans qui viennent. La saga Tapie continue. Mais rassurez-vous, l’ancien ministre n’est pas à
la rue. Certes, il a confié lors d’une conférence de
presse qu’il aurait désormais le niveau de vie « d’un
cadre supérieur et non plus d’un grand capitaine d’industrie »
mais il a toujours la jouissance de son superbe hôtel
particulier de la rue des Saints-Pères.
La Chiraquie mobilise contre Sarkozy
Echec et mat pour Tapie
4 N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL
tiques, y compris et surtout dans des zones
et sur des routes où il n’y a aucun danger
pour la sécurité, est-elle un moyen pour les
pouvoirs publics de faire facilement de
l’argent. L’on constate pareillement que la
police, qui a peur d’aller dans les cités
occupées rétablir l’ordre et le droit, se rattrape sur le dos des automobilistes, à l’encontre desquels elle se montre d’une
rigueur sans failles.
Or, la plupart des gens n’achètent pas une
voiture par plaisir mais parce qu’ils en ont
besoin pour leur travail, leurs courses,
leurs enfants. Et traiter le conducteur
comme un délinquant en puissance en dit
long sur l’inversion des valeurs et des priorités à la tête de l’Etat. Ce sont en effet les
mêmes qui sont d’une intransigeance absolue face à tout excès de vitesse, même
minime, et qui en revanche font preuve de
la plus grande mansuétude pour les voyous
des cités ou pour les fameux “sanspapiers”. En fait, la société moderne pour
fonctionner a besoin de boucs émissaires :
l’automobiliste en est un. Et s’il est indigène on est à peu près sûr qu’il ne se révoltera pas et paiera sans sourciller ses contraventions.
UNE “AUTOPHOBIE
PAROXYSTIQUE”
C’est dire qu’était opportun le colloque
organisé le 30 septembre, à l’occasion du
Mondial de l’Automobile, par le Conseil
Scientifique du Front National et à l’initiative de Bruno Gollnisch, sur le thème
« Quel avenir pour l’Automobile ? ». Le choix de ce sujet
étant d’autant plus judicieux
que, de plus en plus, l’automobiliste est la vache-à-lait et
le souffre-douleur de l’Etat.
Le colloque du FN, qui a
réuni plus de deux cents personnes, ne s’est cependant pas
contenté de défendre l’automobiliste contre un pouvoir injuste. Il a
abordé de manière universitaire toutes les
questions actuellement posées par la voiture. Serge Laroze, ingénieur de l’aéronautique, a ainsi brossé un historique rapide
des moyens de transport, jusqu’au véhicule
personnel, à sa démocratisation et à sa
diversification, la généralisation de la voiture étant somme toute un phénomène
assez récent, ne remontant qu’à quelques
décennies. Joëlle Melin, docteur en médecine, a, quant à elle, étudié le contenu symbolique et l’influence de la voiture sur les
comportements individuels et collectifs. On
a en effet observé qu’une personne au
volant ne se comporte pas toujours de la
même façon que lorsqu’elle ne conduit pas.
La voiture est parfois le moyen d’évacuer
une agressivité consubstantielle à la nature
humaine en général et à l’homme contemporain en particulier, agressivité que renforcent évidemment les embouteillages.
Hugues Petit, maître de conférence à la
Faculté de Droit de l’université de Grenoble et président du Conseil scientifique
du FN, a pour sa part démontré que derrière le discours officiel et les politiques
de restriction de l’automobile se cachait
une idéologie socialiste par essence collectiviste et donc foncièrement hostile à
l’automobile, instrument de liberté. D’où
la volonté de la gauche de promouvoir à
tout prix les transports en commun,
même quand ils sont sales et dangereux.
Il s’agit d’obliger les gens à se mélanger,
à se métisser : c’est le fameux brassage
des populations alors que la voiture évite
précisément cette promiscuité.
Martial Bild, conseiller régional de
Paris et directeur du magazine Français
d’Abord, qui avait déjà consacré en
février 2006 un dossier fort bien fait de
S ALON de l’Automobile ou pas, ce
n’est pas dans RIVAROL que l’on
niera les dommages sur l’environnement causés par l’excès de véhicules à
moteurs, surtout dans les mégalopoles.
Mais sur un point au moins, tout le monde
est d’accord : la chasse aux automobilistes,
lorsqu’elle devient une politique d’Etat, est
proprement insupportable.
L’ENFER DES VERTS
On se souvient ainsi que les Verts parisiens s’étaient juré de « faire connaître
l’enfer aux automobilistes ».
Promesse tenue mais l’enfer est général :
il n’y a jamais eu autant d’embouteillages,
et donc de pollution, dans la capitale que
depuis qu’a commencé l’ère Delanoë. De
même la généralisation des radars automace mensuel (FDA n° 411) au « règne de
l’autophobie », a stigmatisé la persécution “paroxystique” des automobilistes
par les municipalités socialistes de Paris
et de Lyon, dont le but est de chasser les
conducteurs de ces villes, avec des résultats mitigés en termes économiques,
sociaux et même, on l’a vu, environnementaux. Marine Le Pen a, quant à elle,
dénoncé l’hypocrisie des Verts en démontrant que, loin de s’attaquer à ceux qui
retardent les investissements dans les
biocarburants qui ne sont d’ailleurs pas
une panacée — voir, ci-contre, l’article
de Petrus Agricola —, ce parti a focalisé
sa haine sur les automobilistes, sans
aucune logique véritablement écologique, ce qui est une totale
imposture. Francis Rongier,
fondateur du mouvement
« Auto Défense », et délégué général du club
« Défense Permis », s’est
attaché à prouver, exemples
à l’appui, que le principal
outil de répression des automobilistes, le permis à
points, créé en 1992 par le gouvernement
de Pierre Bérégovoy, donnait lieu à de
formidables injustices… et à de juteux
trafics. Jean-Marie Le Pen est d’ailleurs
le seul candidat à la présidentielle qui
milite ouvertement pour sa suppression
pure et simple.
EN FINIR AVEC
LA PERSÉCUTION
FISCALE DES CONDUCTEURS !
Bruno Gollnisch, reprenant les analyses
des juges Gaillot et de Maillard, a brossé
le tableau des dénis de droit et des abus
administratifs auxquels la répression routière donnait lieu, jugés illégaux par le
médiateur de la République lui-même et
contraires à la Convention Européenne des
droits de l’Homme dont pourtant nos politiciens se gargarisent ad nauseam. Après
plusieurs autres intervenants qualifiés,
Jean-Marie Le Pen a clôturé le colloque en
rappelant son attachement à la liberté,
dont l’automobile est à la fois un symbole
et un instrument. Le président du Front
national a appelé à un soutien public de la
recherche de nouveaux carburants, de
nouvelles motorisations, d’amélioration
de la qualité des infrastructures routières
et de la sécurité des véhicules, et à de
réelles politiques de transports au service
du public. Il a réclamé la fin de la persécution fiscale et pseudo-sécuritaire des
automobilistes par un Etat en pleine déliquescence, impuissant à faire respecter
l’ordre et la loi sur des parties entières du
territoire. Le Menhir s’est ainsi engagé,
une fois élu à la magistrature suprême, à
amnistier toutes les contraventions pénalisant des automobilistes ne mettant pas en
danger la vie d’autrui. Chiche !
De toute façon, la parole sera aux électeurs-conducteurs dès le 22 avril !
Fabienne BALLARIN.
ÇA NE COÛTE PAS
CHER DE S’ATTAQUER
A UN ELU FN
On sait (RIV. du 1/9) que Jacques Vassieux, conseiller régional FN de Savoie,
avait été harcelé jour et nuit au téléphone par un individu proférant à son
égard des menaces de mort.
Identifié au terme d’une longue
enquête, l’individu en question, Alain
D., d’ailleurs fonctionnaire territorial à
la Communauté Urbaine du Grand
Lyon (!) a reconnu les faits et comparu
le 28 septembre en justice… où, compte
tenu « de la sincérité et de la situation » du
prévenu, le substitut du procureur de la
République a estimé à 300 euros seulement les dommages et intérêts qu’il aura
à verser à sa victime (voir le site
<jacques.vassieux.free.fr>).
Conduire, une activité désormais à hauts risques
E N MARS dernier, la vente intempestive et hâtive d’actions EADS, à un
cours alors très élevé, par le principal dirigeant de cette entreprise, l’ancien
conseiller industriel de Jacques Chirac
Noël Forgeard, avait précédé l’annonce,
qui en faisait aussitôt chuter le cours, de
difficultés industrielles de la société Airbus qui allaient imposer des retards de
livraison considérables concernant l’A380.
En septembre, des informations plus précises ont été données. Elles constatent
l’ampleur des retards, décortiquent les
conséquences commerciales et financières
que ces délais vont imposer aux clients
d’Airbus et à EADS, et chiffrent les
lourdes pénalités qu’Airbus va supporter
pour dédommager les acquéreurs du gros
porteur, d’autant plus furieux de ces retards
que l’on s’attend à une baisse du trafic
aérien mondial à partir de 2020 en raison
de la hausse du prix de l’énergie fossile
comme des taxes sur les billets d’avion.
Les dépassements de coûts pourraient donc
atteindre 6,3, voire 10 milliards d’euros.
Et comme si cela ne suffisait
pas, en même temps que l’actionnaire britannique BAE
annonçait son intention de
vendre sa participation dans
EADS pour 2,75 milliards
d’euros, la banque publique russe VTB prenait 5,02 % du capital, ce qui lui assure une
minorité de blocage dans EADS. Deux opérations qui ont un peu plus déstabilisé le
groupe à un moment déjà critique.
Pour faire face aux conséquences économiques des retards, le conseil d’administration réuni le 3 octobre, une semaine avant
la démission du PDG Christian Streiff et son
remplacement par Louis Gallois, président
exécutif d’EADS, a reconnu un nouveau
retard — le troisième. Pour y faire face est
évoquée une réorganisation industrielle
visant à réduire les cycles de fabrication et
assortie d’un vaste plan d’économies de
2 milliards d’euros par an jusqu’en 2012.
Même si une réduction des coûts de
fabrication d’Airbus de 30 % n’est pas
réaliste, et donc n’inspire qu’une
confiance limitée, le plan d’économies va
d’abord entraîner des suppressions d’emploi, la réduction du nombre de sous-traitants de la région toulousaine et des délocalisations dans des pays à bas coûts et
en zone dollar. Un terrible camouflet
pour les inconditionnels du libre-échangisme qui arguaient, hier encore, que le
rejet du moindre protectionnisme était la
condition impérative pour que la France,
associée quand même à quelques partenaires européens, puisse exporter ses Airbus. Les voilà comblés !
L’image d’Airbus est durablement
atteinte. Les responsables de la crise qui
affecte l’A380 resteront sans doute inconnus, mais on peut imaginer que le succès a
entraîné le laisser-aller et la constitution de
fiefs pour quelques privilégiés menant
ugrand train. Résultat : les relations entre
partenaires allemands et français sont non
seulement perturbées, mais carrément tendues. Un climat qui ne favorise pas des
prises de décisions sereines.
Or, ces monstres industriels sont difficiles
à faire bouger : il faut dans un climat de
rivalité franco-allemande permanente et
féroce prendre des décisions à 1’unanimité
alors que les intérêts sont souvent contradictoires. L’efficacité de la gestion s’en ressent grandement.
Comme d’habitude, ce sont les
salariés et les sous-traitants qui
paieront, et bien sûr les contribuables puisque l’Etat français
est actionnaire à hauteur de
15 %. Comme près de 4l % du
capital d’EADS est flottant et le cours de
l’action très bas, il n’est pas exclu que la
situation créée par la crise réserve de mauvaises surprises quant à 1’identité et l’origine de nouveaux actionnaires et à la stratégie industrielle de demain.
Pierre PERALDI.
L’Airbus 380 cloué au sol :
les coûts, eux, s’envolent
Débat : quel avenir pour l’autom
Le 29 septembre 2006, la commission permanente du Conseil Régional de Lorraine a
voté, toute honte bue, une grassouillette subvention de 14 369,25 € pour l’université Tubitak d’Adana (quatrième plus grande ville de la Turquie, près de la frontière syrienne), aux
fins de « permettre la croissance de la recherche et le développement en Europe »… Cherchez l’erreur ! Le groupe Front National de Lorraine a
naturellement voté contre ces subsides, offerts gracieusement aux frais du contribuable lorrain, à une institution
turque, donc extra-européenne, située dans un pays que
la grande majorité des Français ne souhaitent pas voir
intégrer l’Union Européenne… Mais qui n’en force pas
moins nos portes avec impudence comme le montre cicontre le dernier timbre émis par la Posta turque.
Par contre, aucun scrupule n’a effleuré le MPF JeanPhilippe Wagner : conseiller régional (élu à l’origine sur
une liste FN et qui a trahi ses électeurs… ) et secrétaire
départemental du parti villiériste de Meurthe-et-Moselle, il a approuvé ce financement alors
même que son leader Philippe de Villiers se pose en champion des opposants à l’adhésion
de la Turquie à l’UE.
A méditer pour ceux qui seraient tentés de voter MPF à la présidentielle…
J. D.
Chard sur la Toile
Allez donc vous délecter des caricatures de Chard auxquelles un de ses
admirateurs, fervent lecteur de RIVAROL, vient de consacrer un site, déjà
très fréquenté :
<http://dessinsdechard.free.fr>
Un haut responsable MPF favorable
à la Turquie dans l’Europe !
N° 2782 — 20 OCTOBRE 2006 — RIVAROL 5
S OUDAIN, les voilà tous partis sur
les biocarburants. A la baguette !
Ainsi Mme Royal, ancien ministre
de l’Ecologie : « Il y a, dit-elle, très peu
d’inconvénients technologiques, politiques, environnementaux, économiques
et sociaux à l’utilisation plus massive de
biocarburants ». Il n’y a surtout aucun
avantage (sauf pour les constructeurs,
puisqu’il faudra se débarrasser
des véhicules anciens). Et
comme la candidate socialiste
dénonce l’inertie de l’Etat, Villepin profite du Salon de l’Automobile pour annoncer la mise
en chantier de cinq usines et la
production supplémentaire
d’un million de tonnes d’éthanol et de diester. Les multinationales motorisées se réjouissent : il n’y a jamais eu autant
de modèles bios, écolos,
propres. Surprenant dévergondage verbal, s’agissant de l’objet industriel ayant le plus profondément bouleversé le monde naturel,
des programmes autoroutiers pharaoniques à la Très Grande Distribution, de
l’échange/transport ruineux pour la biodiversité à la forêt tropicale sacrifiée à
l’hévéa.
“CONSOMME PLUS D’ENERGIE
QU’IL N’EN PRODUIT”
Voici donc la Megane Renault au “bio”
éthanol. Le coupé Peugeot à l’hydrogène.
Le Citroën C3 et la Fiat Punto au gaz
naturel. Et la Lexus 600 hybride de
Toyota. Quant aux Chinois, en train d’asphyxier cette planète avec leurs 10 % de
croissance et leur 1,2 milliard d’habitants
(avoués : on serait plus près de 1,4 milliard), ils osent jeter sur le marché mondial une voiture électrique à 4 000 euros
qui est un concentré — batterie
comprise — de tout ce que l’industrie
moderne sait fabriquer de poisons chimiques.
Mais le canular bioénergétique semble
convenir à tous ceux qui font profession
de protéger l’avenir de la planète. L’universel Nicolas Hulot livre ses sites Internet aux sectateurs de la nouvelle tocade,
avec la même perversité que son Ushuaïa
pendant des années briqua l’image de
Leclerc après celle de Rhône-Poulenc.
S’il craint une « dérive productiviste », le
Vert Yves Cochet, qui ne prône plus la
Révolution, met beaucoup d’espoir dans
les biocarburants. Mme Dominique Voynet et son Mamère en sont — en paroles
au moins — des défenseurs aussi acharnés qu’ils le furent des éoliennes géantes
ou du solaire photovoltaïque, créations,
comme l’atome, de la chimie industrielle.
Sarkozy aussi est dans le coup. Avec sa
médiatique Nathalie Kosciuszko-Morizet, polytechnicienne, ancien cadre d’Alsthom, mondialiste pas honteuse du tout,
et qui enfile les perles écolo-ringardes,
biocarburants compris, avec une crédulité qui fait peine.
Leurs arguments font depuis des années
les gros titres des media-tambours. Moins
de CO2, moins d’effet de serre, réduction
du réchauffement climatique. Alain Prost,
le « Mr Flex » de Chirac, ne cesse de le
clamer, lui qui, pendant vingt ans, pollua
avec ses sports mécaniques plus qu’aucun citoyen ne le ferait dans toute une
vie.
Depuis dix ans, les Américains, indifférents aux bobards de Kyoto, cherchent
des réponses plus efficaces à l’insoluble
dilemme posé par la société chimique
industrielle. Leurs filières de biocarburants ne le cèdent qu’à celles du Brésil
qu’ils tentent à cadence forcée de rattraper. Ce n’est donc pas d’aujourd’hui que
leurs chercheurs se penchent sur leurs
effets positifs et négatifs. Et si leur gouvernement s’obstine dans cette direction,
c’est uniquement sous la pression d’intérêts financiers, commerciaux et politiques considérables.
Le premier à avoir sonné l’alarme est un
Biocarburants : moins une solution qu’un fantasme
trophes écologiques aux conséquences
climatologiques planétaires.
Les biocarburants ne seront pas produits
par des petits paysans mais par des sociétés pétrolières et agrochimiques adeptes
de la grande culture chimique, OGM et
irriguée. En Amérique du Nord, des milliards de dollars ont déjà été investis dans
l’éthanol par Chevron, Goldman Sachs,
Morgan Stanley, Bill Gates, Bronson,
Archer Daniels, les fonds de pension
géants californiens CALPERS ou CALSTRS, etc. Même détaxés et subventionnés, les carburants et dérivés plastiques
végétaux ne pourront rivaliser avec les
énergies fossiles.
PLUS D’ETHANOL : MOINS DE
PAIN ET MOINS DE VIANDE
Mais il est un autre argument que Jim
Pimentel et ses collaborateurs mettent en
avant. Certes, les usagers devront payer
très cher ce carburant — avec 1 litre
d’éthanol ou de diester à 0,80 euro, ils
parcourront 30 à 40 % de moins qu’avec
un litre d’essence — et supporter le poids
des réductions de taxes et des subventions. Or les surfaces consacrées aux biocarburants — 2 millions d’hectares en
France, dans l’immédiat — ne seront pas
les « jachères industrielles » de la PAC
que l’on dit. Il s’agira des meilleures
terres. Aux Etats-Unis, où le processus
est bien entamé, on assiste déjà à une
nette réduction des productions céréalières alimentaires à destination humaine
et animale. Le développement des biocarburants se traduira donc par un renchérissement considérable de l’alimentation
mondiale. Si la demande chinoise en
céréales et en viande est en train d’exploser, on peut s’attendre à pire dans les
années à venir, à mesure que la grande
culture industrielle s’orientera vers les
céréales énergétiques subventionnées.
Le Competitive Enterprise Institute,
réservoir d’idées américain qui, certes,
défend la libre entreprise, pose néanmoins
la question d’une manière qui va au-delà
des conclusions des scientifiques de l’Université Cornell : « Même sans éthanol, peut-on lire dans un document récent, le
monde est confronté à un clash entre nourriture et forêts. L’alimentation humaine et
animale, sur les terres agricoles, fera plus
que doubler d’ici à 2050. Malheureusement, le public américain [NDLR : et le
français donc !] n’a pas encore compris
les très fortes exigences en terres requises
par l’éthanol de maïs non plus que les
conditions uniques [NDLR : destruction
de millions d’hectares de terres tropicales
humides] qui ont permis à l’éthanol de
canne à sucre de faire une modeste contribution au Brésil. »
Plus que jamais les biocarburants ne
sont qu’un miroir aux alouettes pour des
peuples effrayés plus par ce qu’on ne leur
dit pas que par ce qu’on leur dit. Ils ne
sont pas bio, pas économiques, et ne
réduiront pas la sujétion de cette société
à une idéologie de consommation industrielle et à une mystification progressiste
qui la conduisent directement dans le
mur.
Petrus AGRICOLA.
professeur de la faculté d’Agriculture et
des Sciences de la Vie de l’université
Cornell, Jim Pimentel. Pourtant nommé
par le ministère de l’Energie à la tête
d’une mission chargée d’enquêter sur les
avantages des biocarburants. Sa réponse
est brutale : « Utiliser nos précieuses
terres agricoles pour y faire pousser du
maïs destiné à produire à fort coût énergétique des carburants automobiles de basse qualité
revient à subventionner de
façon non durable la combustion d’aliments. »
Pour arriver à cette conclusion, le Pr Pimentel a utilisé
une technique pourtant très
prisée des environnementalistes, « l’empreinte écologique », qui consiste à mesurer le coût réel d’un produit,
du champ ou de la mine à la
déchetterie. Le verdict est
sans appel. Alors que le gallon
(4,54 litres) d’essence coûtait
95 cents, celui de l’éthanol revient à
1,75 $. « Il faut, dit-il, 70 % d’énergie de
plus pour produire un gallon d’éthanol
que celui-ci ne produit d’énergie. » C’est
qu’il retient quelques éléments sur lesquels les écolos font subrepticement
l’impasse. Notamment la dégradation des
sols induite par la grande culture du maïs,
du soja, du colza, du tournesol, du ricin,
de la betterave. Ou la dévastation de la
région amazonienne, pour le soja au Brésil, et le défrichage massif de la forêt de
Bornéo (avec extermination des orangsoutans), pour le palmier à huile. CatasCACHAN : LA
PRÉFÉRENCE TRIBALE
Quand c’est fini ça recommence. A peine
le gymnase de Cachan, tout juste vidé le
11 octobre, avait-il été scellé, que les
assoces, ravies d’avoir obligé le ministre
de l’Intérieur à « manger son chapeau », se
mobilisaient à nouveau : cette fois en
faveur de deux familles africaines expulsées le 12 octobre d’un
immeuble tout proche
de la Bourse où elles
squattaient deux
appartements. « C’est
ignoble, les deux couples
sont maintenant sur le
trottoir avec leur treize
enfants », a déploré un
militant de Droit au
logement (DAL, porté
aux nues par le ministre Borloo en tant
qu’« association très utile »). Ce militant qualifiant également l’expulsion
d’“abominable” bien que les deux familles
aient refusé un relogement dans un hôtel
Formule 1 dans le 14e arrondissement,
trop loin à leur gré de l’école de leurs
enfants. Le feuilleton va donc pouvoir
continuer.
Connaîtra-t-il les mêmes rebondissements que celui de Cachan ? Car l’on sait
maintenant que la cohabitation y a été des
plus explosives entre squatteurs africains
d’une part et maghrébins de l’autre, les
seconds s’estimant bernés par les premiers, et sacrifiés à leur profit dans l’attribution des hébergements, les plus confortables et les mieux desservis par les transports revenant aux Maliens et aux Ivoiriens… Dont l’activisme a également été
dénoncé par des Camerounais ! Au grand
embarras des “supermédiateurs” de SOSRacisme et de la LICRA dont le président, Patrick Gaubert, a dû avouer à
l’AFP que « des Maghrébins ont été mis de côté
au profit d’Ivoiriens ou de Maliens, majoritaires
dans l’ancien squat ».
Comme quoi les pires racistes ne sont
pas obligatoirement blancs.
SARKOZY AUX
ORDRES DU PS
Le 9 octobre était arrêté à Créteil Razzye
Hammadi, président du Mouvement des
Jeunes socialistes (MJS), qui, manifestant
contre la loi de prévention de la délinquance, s’était fait escorter de yamakasis,
acrobates urbains qui escaladèrent un
immeuble, ce qui provoqua un appel des
riverains — redoutant un cambriolage —
aux policiers, qui emmenèrent tout le
monde au commissariat. Pas pour longtemps puisque Hammadi devait préciser à
Libération : « Après avoir reçu un coup de fil lié à
la dimension politique de l’affaire, les policiers m’ont
dit que je n’étais pas en garde à vue. Et ils sont
devenus très sympas… »
Merci Sarko ! Peut-être faut-il préciser
aussi que Razzye Hammadi est au plus mal
avec Ségo.
LA FRANCE
PROFONDE
DERRIÈRE RACHID ?
Alors que Dieudonné a déclaré forfait et
que le FN, la LCR, le MPF, Lutte ouvrière
et même les Verts rament pour décrocher
les 500 parrainages fatidiques pour pouvoir
se présenter à la présidentielle, le premier
des « petits candidats » à les obtenir sera-t-il
Rachid Nekkaz ? Info ou intox, ce jeune
patron kabyle, qui s’est récemment illustré
en demandant au maire de Clichy-sous-Bois
l’inauguration d’une « rue ou place Bouna et
Zyad », les électrocutés du 27 octobre 2005
(voir notre dernier n°), se vante en effet sur
son site <www.nekkaz.com> de détenir déjà
« 396 signatures de Maires de campagne » (mais
aucune de maires de banlieue).
Si c’est vrai, c’est à désespérer de la France
profonde.
ET LE RACISME
ANTIBLANCS ?
Le 13 octobre, Le Monde consacrait une
page entière, avec accroche à la une
(« Racisme : le “Klan” dans le Puy-deDôme »), à l’incendie le 26 septembre à
Espirat de la maison qu’était en train de
construire François Philippe, un métis
anglo-malgache qui avait déjà reçu des
“avertissements” du style : « Negro tu va
creuve » et “Batar”. Le Monde prend soin
de préciser qu’au premier tour de la présidentielle de 2002, 25 des 169 électeurs
du village avaient voté pour Jean-Marie
Le Pen et souligne que, désormais, le
racisme n’épargne pas les campagnes.
Rien de plus exact. Début août, Jean
Paul Frison-Roche, conseiller municipal
Front National du bourg de Scionzier,
en Haute-Savoie,
était sauvagement
poignardé dans le
dos par un certain
Abdamid Bey, bien
connu des services
de police. Ayant fui
dans le sud de la
France où il a été
retrouvé par la gendarmerie, le voyou a
été mis en examen par le juge d’instruction du tribunal de Bonneville, mais le
juge des libertés de ce tribunal a refusé
la mise en détention d’Abdamid Bey.
Heureusement, annonçait Bruno Gollnisch le 12 octobre, le procureur de la
République a interjeté appel de cette
incroyable décision et la Chambre de
l’instruction, après avoir notamment
entendu la victime et son avocat
Me Wallerand de Saint-Just, a « pris enfin
la mesure de la gravité de cette tentative d’assassinat, du trouble causé à l’ordre public et
du danger permanent que représente l’agresseur ». Dont les amis, hélas, n’ont pas
désarmé : à la sortie de son domicile,
Jean-Paul Frison-Roche, qui n’est pas
encore rétabli, a récemment été menacé
de mort au cri de « On va te planter,
facho ».
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