LA FIFA SE DÉGONFLE
Zidane a donc écopé de 3 matches de
suspension et 4 750 € d’amende. Pour
« provocations répétées », Materazzi s’est
vu infliger deux matches de suspension
et 3 200 €. C’est donc l’Italie qui a été
« victime de discrimination » comme l’a
déploré le ministre transalpin des Sports,
Giovanna Meandri.
En effet, tout en proclamant que la
sanction « nous servira de jurisprudence », le
président de la Fédération française de
foot, J.-P. Escalettes, affirme que « cette
affaire Zidane-Materazzi est d’une banalité
affligeante : on en a dix mille par an ». Alors,
pourquoi tout ce raffut ? Plus que jamais
l’« insulte à la mère et à la sœur » de Zidane
paraît n’avoir été qu’un prétexte. C’est
pour d’autres raisons que le capitaine
des Bleus a « pété les plombs ». Et, sur
ce sujet, la FIFA s’est dégonflée : on ne
lui retirera même pas son titre de
« meilleur joueur de la Coupe du
Monde ». Récemment sur La Cinq,
Denis Robert, le dénonciateur de Clearstream, avertissait que, lorsque « ça explosera dans le foot, ce sera énorme ». Tout à fait
d’accord !
R. B.
médiocres. Si, en 2002/03, le
Real remporta la Coupe
UEFA et le championnat
d’Espagne, en 33 matches
Zidane ne marqua que 9 buts.
Et 6 en 2004/05 dont un
contre Séville qui, pendant
deux ans, alimentera en
boucle, sur toutes les chaînes
TV européennes, la Zizoumania. Et 9 encore en 2005/06
sur 37 matches. L’équipe se
faisant siffler le 7 mai lors de
sa soirée d’adieux au stade
Bernabeu, après un difficile
3 à 3 face à Villareal.
Cette carrière espagnole
s’achevait sur un fiasco.
Comme sa campagne
1996/01 à la Juve : pas un
titre entre 1998 et 2001. Mais
à dire vrai, le palmarès de ce
joueur très protégé dont, en
1994, l’entraîneur de
l’équipe nationale algérienne
Abdelhamid Kermali refusa
la sélection, lui reprochant de
n’être « pas assez rapide »,
ne justifie guère la « légende
Zidane ». Surgissant comme
un Zorro miraculé, derrière
l’équipe de France ethnique
à la dérive de Domenech, il réalise
quelques exploits contre les îles Feroë,
Malte, Israël, l’Eire. Asthmatique contre
la Suisse et la Corée, ses deux cartons
jaunes et sa suspension lui sont providentiels. Même Guy Roux, l’hystérique supporter des bleus-blacks, doutait que cette
équipe tienne physiquement la répétition,
en phase finale, des rencontres de très
haut niveau. Or, non seulement elle tint
mais elle monta en puissance…
Après la victoire laborieuse contre le
Togo, dont le seul joueur de qualité, Adebayor, fut d’une inefficacité suspecte,
Zidane put affronter, reposé, la juvénile et
fringante Espagne. Miracle,
les vieux canassons de
Domenech sont devenus étalons. A la 86e minute, Zidane
traverse tout le terrain pour
marquer. Et nul ne s’interroge ? Non plus que sur sa
prestation contre, il est vrai,
la plus médiocre seleçao
jamais présentée par le Brésil. « Il a joué son meilleur
match depuis huit ans »,
conviendra Perreira, l’entraîneur brésilien. Justement : et
ça n’étonne personne ? Face
au Portugal, moins pétillant
en seconde mi-temps, le capitaine des Bleus
participa néanmoins allégrement au “supercatenaccio” que Domenech bétonna pendant une heure devant le but de Barthez,
après le penalty qui donna l’avantage à la
France. Lors de la finale, avant son expulsion à la 110e minute, il courait toujours
comme un dératé… alors qu’il fume comme
un sapeur, ainsi que le montrent certaines
photos.
Etait-il dans un état normal lorsqu’il a
frappé Materazzi ? C’est en réalité la
seule question qui importe. Son retour
miraculeux, sa forme transcendante, son
excitation permanente, son regard halluciné lors de l’ultime action qu’ensuite
toute sa camarilla s’efforcera de transformer en geste antiraciste, tout cela “interpelle”.
… JOHNNY MET LES
PIEDS DANS LE PLAT !
La créatine de la Juve n’est pas le seul
faux-pas qu’on lui connaisse. On s’étonnera du silence fait autour d’un article
paru dans Le Monde du 2 juin dernier. Le
journaliste Stéphane Mandard y évoquait
une émission de Canal + d’octobre
2003 — « Merci pour l’Info » — au
cours de laquelle Johnny Halliday
dévoila tranquillement le secret de sa
vitalité : une clinique suisse spécialiste
de l’autotransfusion sanguine et dont…
Zidane lui avait donné l’adresse. « Il y va
deux fois par an, précisait le chanteur, et
je le comprends. » Ayant les mêmes effets
que l’EPO (Erythropoïétine qui, en multipliant les cellules rouges, renforce la
capacité du corps à produire de l’oxygène
Le foot, un sport plus “propre” que le cyclisme ?
N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 9
(Dessin de CHARD.)
LA DRÔLE DE “LISTE DE BLATTER”
Un quart d’heure avant son carton rouge, Zidane était désigné comme le meilleur
joueur de la Coupe du Monde 2006. Par qui, d’abord ? Par les journalistes sportifs
assistant à cette compétition. C’est-à-dire par la corporation qui depuis dix ans a
fabriqué de toutes pièces le mythe Zidane, dressant autour de sa personne une sorte
de tabernacle. Avec 2012 suffrages, il devance Cannavaro (1977) et Pirlo (715) qui
furent incontestablement les meilleurs de la compétition. Sans recevoir de carton ni
être expulsés.
Les jurés ont choisi sur une liste de dix noms dressée par « le groupe technique de
la FIFA » : les Français Zidane, Vieira, Henry, les Italiens Cannavaro, Pirlo, Buffon
et Zambrotta, les Allemands Ballack et Klose et le Portugais Maniche. Ne figurent ni
Philip Lam, la grande révélation de cette compétition, ni Riquelme, Figo, Marquez,
le Mexicain, Muntari le Ghanéen ou Tevez l’Argentin pour ne citer que les plus méritants.
L’équipe la plus spectaculaire aura été le Portugal, qui fit l’objet de toutes les
attaques des journalistes français dès lors qu’elle devint adversaire des tricolores.
Les plus fair play — ex-equo — le Brésil et l’Espagne qui cessa également de paraître
honorable lorsque les Bleus durent l’affronter. Le meilleur jeune fut Podolski. Le
meilleur buteur Klose. Le meilleur goal, Buffon. Si on peut s’étonner de l’absence
dans ces palmarès d’un représentant de l’Argentine, laquelle offrit avec l’Allemagne
les meilleures prestations, on s’aperçoit que, Zidane mis à part, l’équipe de France
n’apparaît nulle part. Et c’est justice.
R. B.
risque plus efficace (sic) dans la société. »
Onze mois plus tard, LTCM s’effondrait :
on y avait transformé 3 milliards de $ de
capital investi en 100 milliards de crédit
bancaire à partir desquels avaient été distribués 1 200 milliards de $ de placements
financiers hasardeux. Et on estime à 3 000
milliards de $ les produits dérivés distribués par la société faillie.
ACCÉLÉRATION DE L’IMPASSE
FINANCIÈRE MONDIALE
Lyndon LaRouche, qui s’intéresse de près
depuis quinze ans à cette pratique dangereuse, écrivait le 23 mai 1993 : « Que sontils, ces dérivés du crédit ? Une manière de
participer à une bulle qui se nourrit de la
taxation de l’économie réelle, suçant son
sang en évitant tous les risques de l’entrepreneur. Ils tirent leur origine du défaut
d’entretien des infrastructures comme les
systèmes d’approvisionnement en eau. De
la destruction de la capacité industrielle.
De la fermeture d’usines pour plus de profit dans des régions à faible coût salarial.
Grâce à eux, ils peuvent piller l’Europe
orientale. Piller l’ancienne Russie soviétique. Piller la Chine par des projets esclavagistes. » Et il lançait cet avertissement
qui aujourd’hui résonne avec plus de force
encore : « Les produits dérivés du crédit
menacent directement le système financier
tout entier. C’est le chaos et la destruction
des processus physiques actuels de fabriempire de dettes. Le premier étant fournisseur de “derivatives” comme le second
l’est de créances ».
Et il ne fait pas de doute que Goldman
Sachs lui doive d’être en quelques années
devenu un géant dont la puissance a été
décuplée par les produits dérivés du crédit.
Ceux-ci apparurent aux Etats-Unis au
début des années 1990. Au départ opérations bénignes consistant à assurer les
risques financiers internationaux, ils permettaient aux banques de développer leurs
crédits sans se préoccuper des aléas. Sauf
que, progressivement, le système s’est
dévoyé. Pour les investisseurs — assurance, banque, hedge funds ou fonds alternatifs de protection —, ce fut une incitation illimitée à la spéculation en s’épargnant les risques. Dont les trusts, qui se
sont constitués autour des dérivés du crédit, assurent la couverture financière par
des émissions d’obligations dotées de privilèges que n’ont pas les obligations normales. Plus encore que les hedge funds, ils
offrent des rendements considérables — de
20 à 25 % —, une absence totale de publicité et une domiciliation dans les paradis
fiscaux des Petites Antilles qui les mettent
à l’abri d’agaçantes curiosités.
Echappant à toute réglementation, ils ont
pris sur le marché financier mondial une
importance que la plupart ignorent. On
estime à une cinquantaine le nombre des
trusts — 80 % aux Etats-Unis et en
Grande-Bretagne — spécialisés dans les “derivatives”.
Leur terrain d’exercice s’est
haussé à des niveaux ahurissants. En 1988 estimés à
1 000 milliards de $, ils
auraient en 2005 atteint
285 000 milliards de $. Soit 7
fois le volume de l’économie
mondiale et 27 fois celui de l’économie
américaine.
Certes, les maîtres de l’économie globalisée et leurs valets des media spécialisés,
lorsqu’ils sont interrogés, ne manquent
jamais d’assurer que tout est en ordre.
Récemment, un rapport de la Banque des
Règlements Internationaux estimait que les
risques présentés par les dérivés du crédit
étaient « modestes par rapport au total des
risques existant dans le système financier
mondial ». Pourtant, de tels chiffres donnent le vertige. Et un spécialiste aussi
averti que le milliardaire spéculateur boursier Warren Buffet (lire article en page 11)
affirmait dès 2003 que les dérivés du crédit étaient « une mega-catastrophe en
devenir » et représentaient « une véritable
arme de destruction massive financière ».
Une menace qui vise directement trois institutions bancaires US majeures : JP Morgan-Chase, Bank of America et CitiBank.
On rappellera d’ailleurs qu’au cours des
vingt dernières années, les dérivés de crédits furent la cause de quelques séismes
boursiers fameux. Celui de 1987. Celui de
la Metallgesellshaft en 1993. Celui de la
banque anglaise Barings, une institution
vieille de 223 ans, que le raider Nick Leeson dynamitera en 1995. En 2001, Enron.
En 2003, Fanny Mae qui perd 1,9 milliard
de $ de “derivatives” et explose. Au fil des
années, des dizaines de sociétés — Cargill,
Procter, Sumitomo, etc., vont voir des centaines de millions de $ partir en fumée.
En septembre 1998, l’intervention de la
Réserve Fédérale (“Fed”) pour un montant
de 4 milliards de $ évitera que l’effondrement de Long Term Capital Management
ne fasse imploser le marché. Ce LTCM est
intéressant parce que ses promoteurs
Robert Merton et Myron Scholes avaient
reçu le 14 octobre 1997 le Prix Nobel
d’Economie pour leur « nouvelle méthode
d’évaluation des produits dérivés ».
L’Académie de Suède tenant à préciser :
« Ils ont développé des formules pionnières
d’évaluation des stock options… Ce qui a
généré de nouveaux types d’instruments
financiers et facilité un management du
C HOISI par George W. Bush avec le
soutien du Congrès, Henry dit Hank
Paulson est devenu le 28 juin
ministre des Finances à la place de John
Snow, démissionnaire… et aussitôt embauché par la première banque
d’investissements mondiale,
Goldman Sachs. Le plus
inquiétant est-il que Bush ait
confié ce poste à un tel personnage ou bien le silence de
béton qui aura entouré sa
nomination ?
Comme, déjà, le ministre des Finances de
Clinton, Michaël Rubin, Paulson était en
effet, depuis 1999, le PDG de Goldman
Sachs qui domine les Bourses occidentales
chancelantes. Avec, en 2005, quelque
5,6 milliards de dollars de profits. Et
1,5 milliard au premier trimestre 2006. Son
ex-président n’a pas à s’en plaindre, dont la
rémunération, stocks options compris, aura
été l’an dernier de 35 millions de $.
UN ETRANGE ECOLOGISTE
La fortune de ce fils de fermiers de l’Illinois, contraint par la loi de se défaire de
ses parts dans son entreprise — 3,23 milliards de $ —, atteindrait plus de 700 millions de $. Au point qu’on est en droit de
s’interroger sur les raisons qui lui ont fait,
à 61 ans, accepter une fonction ministérielle considérablement moins gratifiante.
Le sens du devoir, diront ceux qu’impressionne ce protestant rigide, appartenant à
la Christian Science et qui consacre ses
loisirs et une part importante de ses revenus à la défense de la “biodiversité”. Ainsi
appartient-il à la direction de Nature
Conservancy, créée en 1951, qui est, avec
3,3 milliards de $, la première ONG environnementale au monde. Il en préside
d’ailleurs la branche orientale, l’Asia Pacific Council. Mais c’est un militantisme
équivoque qui dévoile peut-être déjà un
aspect intéressant du personnage. Au sommet de ce Conseil, il a introduit le président de Sony, Nobuyinki Idei, Shoichiro
Toyoda, président honoraire de Toyota, et
le PDG de Ford, Bill Ford. Outre l’entretien d’un archipel corallien à Palau, en
Micronésie, il développe dans le Yunnan,
de conserve avec le gouvernement chinois,
un immense parc naturel protégé. Président-fondateur de l’Ecole d’Economie et
d’Administration de Tsinghua, à l’université de Pékin, Paulson a en effet ses entrées
en Chine communiste.
Pourtant Nature Conservancy, qui fait
l’objet d’une enquête du Sénat américain,
souscrit à des méthodes peu orthodoxes.
Faut-il s’en étonner lorsque siègent dans sa
direction les représentants d’un certain
nombre de multinationales de l’électronique et du Big Pharma qu’on a peine à
relier à la défense de l’environnement ? Et
c’est tout le débat : la biodiversité dont il
est question repose sur la technologie, les
sciences et l’analyse systématique mises en
pratique dans des zones protégées du
monde, définies comme
« les derniers grands
espaces ». Il est dommage alors que des terrains situés dans ces
zones privilégiées aient
été vendus par l’ONG à
ses membres très fortunés. C’est ce qui fait l’objet de l’enquête
du Sénat.
LA BULLE DES
“PRODUITS DÉRIVÉS”
Cette digression écologique n’est pas
sans intérêt car, malgré sa discrétion, Paulson est l’une des personnes les plus
influentes de l’économie mondialisée. Certains ont pu le comparer à Alan Greenspan,
le « fabulous virtuoso » de la finance globale. Et il se dit dans les milieux concernés que Paulson « serait aux produits dérivés du crédit — “derivatives” — ce que
Greenspan fut au crédit. L’un construisant
un empire de produits dérivés, l’autre un
10
Stupéfiant : le patron de Goldman-Sachs
Grand Argentier de Bush !
N° 2774 — 28 JUILLET — 3
ATTISÉE par les dernières convulsions du Proche-Orient, la polémique tend un peu partout dans le
monde vers une vraie révolution intellectuelle. En France, elle est désormais illustrée par les positions brutales d’un Finkielkraut : ne sommes-nous pas entrés dans
une ère nouvelle où l’antisémitisme de
papa, bien codifié et bien encadré, d’une
simplicité rassurante, aurait volé en
éclats ? Pendant un demi-siècle, la ligne de
démarcation était claire, même si déjà le
révisionnisme montrait la voie en fusionnant dans une solidarité exceptionnelle
l’extrême gauche et l’extrême droite et en
faisant de la contestation par de nombreux
intellectuels juifs (Maxime Rodinson,
Noam Chomsky et surtout Israël Shamir)
des vérités historiques et de la légitimité
sioniste un phénomène de moins en moins
marginal.
LE CHAUDRON PALESTINIEN
Depuis l’apparition en 1948 du Mensonge
d’Ulysse de Rassinier puis surtout, à la fin
des années 70, du Mémoire en Défense de
Faurisson, du Hoax of the Twentieth Century de Butz, de l’Institute of Historical
Review de Mc Calden ainsi que du formidable combat médiatique de Zündel, la
stratégie du gouvernorat des esprits fut
simple. Fabriquer des lois liberticides, jeter
en prison, comme en Allemagne, des
dizaines de contestataires ou leur retirer
tout moyen d’expression ou de survie en
faisant donner le tam-tam de la renommée
afin que nul n’ignore les terribles sanctions
qui frappaient la plus petite velléité de
“négationnisme”.
Tout au long de ces vingt-cinq années, le
révisionnisme fut assimilé au nazisme, au
racisme, au fascisme, à l’extrême droite,
bref une sorte de cocktail luciférien.
Appuyé sur les innombrables relais de
l’absurdité trotskiste née de Mai-68, le système fonctionna admirablement : en
Révision
D u c ô t é de s “ f inanc i e r s
Le 26 juin a été scellé à Luxembourg le mariage entre Arcelor et Mittal Steel ou, plutôt, l’absorption par le second du premier qui, pour échapper au prédateur indien, avait
envisagé une fusion avec le géant russe de l’acier Severstal (RIV. du 2/6/06). Lequel se
retrouve finalement cocu, à la grande fureur de Vladimir Poutine.
Mais sait-on que dans la « guerre sans concession » qui a opposé cinq mois durant Arcelor
et Mittal, les deux belligérants étaient conseillés par… deux frères ? Michael et Yoël
Zaoui, dont Le Monde a publié dans son n° du 1er juillet un portrait très fouillé — sans
préciser toutefois si les deux quadragénaires ont un lien de parenté avec l’avocat Michel
Zaoui, vice-président de la LICRA et très actif dans les procès Touvier, Papon, etc.
Michael, qui « travaille pour la banque d’affaires Morgan Stanley et a conseillé Arcelor », et
Yoël, qui « œuvre chez Goldman Sachs et s’est battu aux côtés de Mittal », tous deux chapeautant, « pour leur boutique, les activités de fusions et acquisitions en Europe », sont les dignes fils
de Charles Zaoui, qui « fut directeur de cabinet de plusieurs ministres au Maroc,
son pays d’origine, avant d’être directeur d’administration centrale à Rabat, puis de
rejoindre l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
à Rome et l’Unesco à Paris ». Ce sont aussi des amis de Jacques Attali qui a
confié au quotidien vespéral : « On dîne régulièrement mon frère Bernard
(ancien PDG d’Air France), les deux Zaoui et moi. On appelle ça les dîners de
A à Z. » L’ex-conseiller à l’Elysée et président de la BERD estime que si
les Zaoui « ont si bien réussi dans un environnement si particulier », celui de la
haute banque d’affaires américaine, c’est qu’ils possèdent « un très grand
sérieux, une très grande fiabilité ». Et, sans doute, de très hautes relations et protections
dans certain milieu communautaire.
VIOLEUR… AVEC L’AIDE DE L’ETAT !
Poursuivi devant la cour de Justice de Manhattan le 28 juin pour le viol de deux habitantes de Greenwich Village, dont l’actrice Kelly McGillis, le Noir Leroy Johnson, issu
d’une famille de drogués et qui avait commis son premier viol à 13 ans, a fait expliquer
par son avocat qu’il était sous l’empire de plusieurs substances médicamenteuses dont
le Viagra, qui lui avaient toutes été délivrées gratuitement dans le cadre de Medicaid,
programme d’aide sanitaire aux nécessiteux ! Toujours aux frais des contribuables, le
criminel suivait lors de son arrestation une formation de… garde du corps.
Condamné à 50 ans de prison, Johnson a qualifié son procès de « lynchage judiciaire » au motif que dix des douze jurés étaient blancs ainsi que le juge, qui de plus s’appelle
White.
Des marieuses très spéciales
pour l’union Mittal-Arcelor
DANS une société vouée au culte de
l’argent, les milliardaires américains Warren Buffet et Bill Gates
font figure de saints laïques. Les deux
hommes les plus riches de notre époque
n’offrent-ils pas leurs dollars pour édifier
un monde meilleur ?
« Dieu m’a donné mon argent… Je crois
qu’il est de mon devoir d’en gagner encore
davantage et de l’utiliser pour le bien de
mon prochain. » Cette définition de la philanthropie à l’américaine est
signée John Rockefeller
(1839-1937) dont les contributions diverses ont été estimées à 450 millions de dollars. D’autres capitaines
d’industrie avant lui ont fait
des donations évaluées aussi
en millions de dollars.
LA PLANÈTE DU BIEN
Les records sont battus
quand la fortune des deux
Américains les plus riches du
moment se chiffrent par milliards : Bill Gates (50 milliards de dollars) et son suivant immédiat Warren Buffet
(44 milliards) comptent
parmi les dix philanthropes
les plus généreux de la planète du Bien. Ainsi, lors
d’une conférence tenue à
New York le 26 juin dernier
par Warren et Bill, celui-ci
accompagné de son épouse
Melinda, le premier annonça
11
œuvre-t-elle activement pour l’accès des
pays pauvres à la technologie et, grâce à la
générosité de Bill et Melinda, dispose de
quelque 29 milliards de dollars, auxquels
s’ajouteront désormais les 31 dodus milliards de Warren Buffet. Basée à Seatle,
employant actuellement environ 250 personnes, cette fondation caritative travaille
de façon très concrète à l’amélioration planétaire de la santé — vaccinations contre
la poliomyélite dans le Tiers-monde et
financement de recherches
sur des vaccins contre le sida
et le paludisme qui ne doivent pas bénéficier qu’aux
pays riches, car « la santé
mondiale est la pierre angulaire du développement
humain. » Et avec la santé
pour tous, pour tous les
pauvres, sera réalisé le rêve
d’un monde idyllique !
Ami et partenaire de bridge
de Bill Gates, Warren Buffet, 75 ans, veut, à la
manière de Rockefeller,
« retourner à la société l’argent qu’il a gagné » et a été
convaincu par l’initiative de
la fondation Gates en vue de
combler le fossé entre les
pays riches et les pays
pauvres — d’où ce don faramineux pour faire appliquer
les principes de la charité
new look basée sur le fric et
le bluff. Mais, contrairement
au projet visionnaire du fondateur de Microsoft, il a bâti
sa fortune sur des valeurs
classiques, les produits de
grande consommation comme Coca-Cola,
les crèmes glacées, les assurances, etc. ; il
est aujourd’hui à la tête de Berkshire
Hathaway, une des plus riches sociétés
d’investissement. Par sa capacité à prévoir
les mouvements des marchés financiers, il
est écouté et suivi par le monde entier, tel
un oracle.
BIENFAITEUR DE L’ERETZ
Non content d’aider l’humanité souffrante que la pauvreté exclut de l’accès aux
médicaments et aux soins élémentaires, ce
self-made man, pourtant ni juif ni sioniste,
est également un bienfaiteur de l’Etat
hébreu dont il veut relever l’économie
défaillante en l’introduisant dans les circuits internationaux du mondialisme. Le
6 mai dernier, le plus gros investisseur du
monde a apporté la plus importante somme
jamais injectée dans l’économie israélienne : pour quatre milliards de dollars,
Warren Buffet a racheté 80 % des parts
d’ISCAR, le numéro deux de la machineoutil. D’autre part, ce gourou de la finance
à l’échelle planétaire a expliqué devant des
gestionnaires internationaux que l’Eretz
est pour lui la meilleure opportunité du
moment et qu’en dehors des USA, il préfère y placer son argent plutôt qu’en
Europe ou ailleurs, déclenchant ainsi en
Israël un afflux de capitaux internationaux.
Les billets verts pleuvent depuis sur l’Etat
hébreu, tel le Déluge biblique, puisque le
compère Bill Gates a également décidé
d’augmenter localement les activités de
recherche/développement de Microsoft, de
recruter sur place à cet effet des centaines
d’ingénieurs — espèce qui abonde parmi
le « peuple élu » dont le QI est le plus
élevé du monde, du moins s’en flatte-til — et de faire lui aussi l’acquisition d’une
firme israélienne, Whale Communication, pour 80 millions de dollars !
Warren Buffet et Bill Gates, les deux
amis américains et généreux philanthropes,
amputant leur fortune de plusieurs milliards de dollars pour l’amélioration de la
santé et des conditions de vie dans les pays
pauvres, financent ainsi leurs “dons” avec
l’argent que leur rapportent les juteuses
affaires qu’ils réalisent avec l’Etat
d’Israël ! Business is business…
Noëlle SACLET.
qu’il avait pris ses dispositions pour que
85 % de ses actifs (soit 37,5 milliards)
soient distribués, dans les années à venir, à
cinq fondations caritatives, dont 80 % à
celle de Bill et Melinda Gates, soit 30 milliards de dollars !
Bill Gates, 50 ans, au projet visionnaire,
a créé Microsoft parce qu’il pensait que
« la programmation informatique ouvrait
des possibilités immenses dans tous les
domaines de la vie. » Aussi sa Fondation
cation, de distribution et d’emploi… Ils
doivent être rapidement mis sous
contrôle. » Le 4 janvier 1997, LaRouche
réclamait la convocation d’un nouveau
Bretton Woods, assurant que « tous les systèmes financiers, tous les systèmes bancaires du monde sont en état de banqueroute ». Depuis rien n’a été fait. Le chaos
est là.
On se doute que la nomination extraordinaire du directeur de Goldman Sachs à la
tête de l’économie et des finances étatsuniennes est en rapport direct avec cette
dramaturgie. Officiellement, il est là pour
rétablir une situation compromise entre inflation et
déflation, personne ne
voyant — à commencer par
Bernanke, le président du
“Fed” — comment échapper
à l’une sans tomber dans
l’autre. Paulson a fait savoir
qu’il était partisan d’une
réduction du déficit budgétaire, contre le
relèvement des impôts, pour une réévaluation du yuan chinois, contre les niches et la
fraude fiscales. Bla-bla-bla… C’est l’économie et la finance mondiales qui sont
menacées. Tandis qu’un gigantesque tsunami est en train de gonfler sous le scandale Wanta — 27 500 milliards de $ détournés — une affaire qui, montée à l’occasion
de l’effondrement de l’empire soviétique,
implique toute la classe dirigeante US, de
Reagan à l’actuel Bush en passant par les
Clinton, Hillary autant que Bill, la CIA,
Gorbatchev et les plus grosses banques
d’affaires mondiales. Plus personne,
semble-t-il, ne paraît en mesure d’étouffer
un processus de nature à faire exploser le
système financier international. “Hank”
Paulson a de l’ouvrage devant lui…
Jim REEVES.
Milliardaires… mais philanthropes !
31 AOÛT 2006 — RIVAROL
France, en Autriche, en Italie, en Belgique,
en Allemagne, en Suisse, toute émergence
d’un embryon de critique de l’Histoire
officielle du XXe siècle ou des bastions
politiques qui l’ont faite dogmatique provoquait la descente dans les rues de populaces rééduquées venues brailler les slogans nés de la nouvelle religion droit-del’hommiste.
Certains — notamment parmi les élites
intellectuelles et économiques juives — le
voyaient venir depuis plusieurs décennies :
le chaudron palestinien allait tôt ou tard
faire exploser la belle mécanique. De fait,
l’Intifada a peu à peu limé le formidable
verrou de silence et de désinformation. Les
guerres impériales sionistes et pétrolières
de la dernière décennie ont fait prendre
conscience à la planète de nouvelles solidarités jusque-là impensables. L’émergence des néo-cons bellicistes aux USA,
inféodés au Likoud comme l’ont montré
les deux chercheurs de Harvard Stepher
Wald et John Merscheimer (voir notre dernier n°), fut un coup terrible pour l’image
historique du « petit peuple martyr ».
Lorsque l’étudiante américaine Rachel
Corrie est délibérément écrasée par un
bulldozer de l’armée israélienne parce
qu’elle refuse de s’écarter d’une maison de
Gaza destinée à être rasée, Internet
explose. Rachel devient l’héroïne planétaire d’une nouvelle croisade dont le sionisme, quel qu’il soit, représente l’ennemi,
la victime prend visage de tortionnaire. Les
multitudes islamiques introduites depuis
un demi-siècle dans les pays européens
pour saper les sociétés traditionnelles ricanent devant la Shoah, seules les intéressent
les atrocités perpétrées par Israël. Le
13 juillet, Actualité juive félicitait
l’EUMC, organisme de l’Union européenne pour la lutte contre le racisme et la
xénophobie, de « constater enfin l’émergence d’un antisémitisme autre que d’extrême droite » dans son dernier rapport,
qu’elle jugeait cependant « totalement
insuffisant » car d’une « prudence
extrême » sur les actes du « nouvel antisémitisme » qui « peuvent être commis par
des musulmans ».
LA POLITIQUE ECONOMIQUE
DE HITLER LOUÉE…
A CHICAGO !
Un fait récent illustre le basculement
idéologique en cours, qui s’est passé à la
Glenview State Bank, basée à Chicago et
filiale du groupe Cummins-American Corp.
Dans une lettre interne, son directeur général, Mr Raub, décrivant la situation économique grave dans laquelle se trouvent plongés les Etats-Unis, a fait l’éloge… du chancelier Hitler, « seul homme d’Etat important des années 30 qui ait rétabli avec succès l’économie de son pays alors que les
autres, comme le président Franklin Roosevelt, en étaient incapables… Il incita les
Allemands à travailler plus dur que n’importe où en Europe. » Et le banquier de
poursuivre : « La Grande Dépression des
années 1930 a vu l’effondrement des prix,
un chômage terrifiant et une Bourse mise
en pièces dans le monde entier. Tous les
chefs d’Etat paraissaient incapables de
stopper l’effondrement. A l’exception d’un
seul. Son nom est Adolf Hitler. A la différence de la France et de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, non seulement
l’Allemagne n’a pas décliné mais elle n’a
cessé de se développer. »
Raub conclut d’une façon qui, prise à la
lettre, supposerait une remise en question
draconienne du système économique, politique et idéologique dans lequel depuis
soixante ans le monde a été entraîné : « Si
nous parvenons à comprendre pourquoi
l’Allemagne de la période dépressive a su
résister à la débâcle, alors nous serons
infiniment mieux alertés sur ce qu’il
convient de faire aujourd’hui, en ce début
du XXIe siècle… »
Certes, Richard Hirshhaut, directeur
régional de l’Anti-Defamation League
(ADL) of B’naï Brith, chapitre de Chicago,
a aussitôt exigé des excuses (« La politique
économique d’Hitler, écrivait-il, ne peut
être dissociée de ses grandes entreprises
de génocide, de racisme et de virulent antisémitisme. Il n’existe aucune circonstance
qui puisse prétendre faire d’Hitler un
modèle. ») et la Glenview State Bank a
demandé « sincèrement pardon pour cette
erreur » et présenté ses plates « excuses
pour cet égarement. »
Aucune publicité n’a cependant été donnée à une affaire qui, en d’autres temps, eût
été claironnée aux quatre coins du monde.
Qu’on se souvienne du “séisme” provoqué
il y a huit ans par les propos, favorables à
Hitler, de Jörg Haider sur la politique
sociale du IIIe Reich. Le virage en cours
aux Etats-Unis atteindra-t-il l’Europe ?
J. R.
FINKIELKRAUT,
CLONE DE DIDEROT ?
Sont-ce les lycéens camerounais ou leurs
correcteurs de l’épreuve de français du
baccalauréat qui vont se faire taper sur les
doigts ? Les potaches avaient en effet à
plancher sur un « extrait d’une œuvre du
XVIIIe siècle ». Or, il s’agissait en réalité
d’un passage de « La Défaite de la
pensée », livre d’Alain Finkielkraut publié
en 1987 !
Les initiateurs de l’épreuve se justifient
en estimant que « le style et le ton de l’auteur n’avaient rien de commun avec le
XXe siècle. Il renvoyait plutôt au
(XVIIIe) siècle que nous vous avons indiqué, au regard des caractéristiques littéraires du texte, tel que nous l’enseignons
à nos élèves ».
L’affaire est d’autant plus gênante pour
le Cameroun que fin 2005, Finkielkraut
avait été vivement attaqué dans ce pays
pour ses propos “mélanophobes” et sa
sortie sur « l’équipe de foot black-black-black » qui fait de la France la risée du monde
entier.
nnisme… bancaire
(Dessin de CHARD.)
qui mènent l e mond e ”
…
Pure coïncidence de calendrier : les chapitres généraux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) et de la Fraternité
sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) se sont
déroulés la première quinzaine de juillet.
Le 7 juillet a été élu à Wigratzbad
(Bavière) pour six ans à la tête de la FSSP
l’abbé John Berg, un prêtre américain de
36 ans qui a étudié la philosophie aux EtatsUnis et la théologie en Allemagne et à
Rome et qui a exercé des fonctions pastorales et d’enseignement aux Etats-Unis.
L’abbé Berg est le troisième Supérieur
Général de la Fraternité Saint-Pierre
(<www.fssp.org>) depuis sa fondation en
1988 après les abbés Bisig et Devillers. Le
Chapitre Général de la FSSP
a également élu le Conseil du
Supérieur Général constitué
comme assistants des abbés
Patrick du Faÿ de Choisinet,
Almir De Andrade et Charles
Van Vliet et des abbés Josef
Bisig et Alban Cras
(conseillers).
Le 11 juillet, Mgr Bernard
Fellay a été réélu pour douze
ans à la direction de la FSSPX
(<www.laportelatine.org>). Ce
prélat de 48 ans, ordonné
prêtre en 1982 puis sacré
évêque par Mgr Lefebvre en
1988, occupe la fonction de
supérieur général de la
FSSPX depuis 1994. Pour le
seconder jusqu’en juillet 2018
à la tête de cette société sacerdotale fondée en 1970, le chapitre général réuni au séminaire d’Ecône a élu comme
premier assistant l’abbé Niklaus Pfluger, un prêtre suisse
allemand né en 1958 et
ordonné en 1984, supérieur
du district d’Allemagne et
comme deuxième assistant
l’abbé français Alain-Marc
Nély, né en 1950, ordonné en
1985 et actuellement supérieur du district d’Italie. Mgr
Fellay est le troisième supérieur général de la FSSPX
après Mgr Marcel Lefebvre (1970-1982) et
l’abbé Franz Schmidberger (1982-1994). Le
plus jeune des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X aura notamment à gérer la
poursuite des discussions avec le Vatican,
négociations qui ont commencé à l’été 2000
sous Jean-Paul II et se sont intensifiées
depuis l’avènement de Benoît XVI.
La FSSPX fait savoir d’autre part que
dans les écoles de garçons dirigées par
ses prêtres en France, sur les 76 candidats présentés au baccalauréat, 75 ont
été reçus (soit un taux de 98,6 % de réussite) dont plus de la moitié avec mention, 5 d’entre eux obtenant une mention Très Bien.
12 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL
RIVAROL : Gerhard Frey, peu avant la
rencontre entre George W. Bush et la
nouveau chancelier fédéral en prélude au
sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, votre
maison d’édition, FZ Verlag, a publié une
étude très critique sur Angela Merkel
(Wem Dient Angela Merkel ?). Que lui
reprochez-vous exactement ?
Gerhard FREY : Nous reprochons à
Merkel de diverger de notre loi fondamentale — le Grundgesetz — qui stipule que
l’action politique doit être utile au peuple
allemand. De même que, naguère, Merkel a
avec sa famille, “émigré” de Hambourg en
Allemagne de l’Est, effectuant ainsi une
démarche louangeuse pour la puissance
soviétique, de même aujourd’hui se
consacre-t-elle uniquement aux intérêts des
USA et d’Israël. Les intérêts du peuple allemand ne jouent donc pratiquement aucun
rôle pour elle. L’Allemagne a besoin d’une
politique de paix et de neutralité, d’amitié
aussi avec les nations et les Etats, et surtout
pas d’appuyer des interventions militaires.
R. : Pensez-vous que ses premiers mois
en tant que chancelier fédéral d’Allemagne confirment votre analyse ? A votre
avis, quels sont les points positifs et les
points négatifs de son action ?
G. F. : Je le répète : je ne trouve absolument rien de positif dans la politique de
Merkel depuis son accession à la chancellerie. La route où elle s’est engagée fait de
nous des alliés objectifs d’Israël et des USA
et sape notre traditionnelle amitié avec le
Proche-Orient. Sa politique économique est
stupide : l’augmentation drastique de la
TVA va encore aggraver le chômage.
R. : Quelles chances de durée attribuezvous à la grande coalition CDU/SPD ?
G. F. : Dès lors qu’il n’y a pas vraiment de
différence entre CDU et SPD, cette grande
coalition peut fort bien aller jusqu’à la fin
de la législature !
R. : En cas d’échec de cette coalition,
pensez-vous que la droite radicale allemande et notamment le parti DVU que
vous avez fondé puissent en profiter ?
G. F. : Nous entendons que la DVU ne soit
pas un parti extrémiste de droite, mais bien
qu’elle représente les intérêts du peuple
allemand. Je suis convaincu que nous allons
obtenir des succès électoraux de plus en
plus nets et qu’en même temps la Police de
la Pensée surenchérira encore dans la diabolisation de tous les efforts allemands.
R. : A votre avis, à quoi est due la stagnation de la droite de conviction en Allemagne alors que, comme en France, au
Danemark ou en Grande-Bretagne, la
présence d’une très forte immigration et
l’abandon du droit du sang au profit du
droit du sol auraient dû lui être favorables ?
G. F. : Le peuple allemand a subi, surtout
durant les dix dernières années, un processus de lavage de cerveau. La télévision ne
nous a pratiquement pas laissé la possibilité
d’exprimer nos objectifs réels, nous y
sommes calomniés et diabolisés. Et pourtant nous sommes déjà représentés aux parlements régionaux du Brandebourg et de
Brême.
R. : Quelle est l’audience de la DVU et
de l’hebdomadaire National Zeitung, que
vous dirigez, dans les Nouveaux Länder ?
G. F. : Contrairement à la présentation
qu’en font nos adversaires, les lecteurs de
la National Zeitung et les électeurs de la
DVU ne sont pas les mêmes. Nos lecteurs
appartiennent pour une grande part à une
catégorie de gens hautement diplômés et
cultivés ; les électeurs de la DVU appartiennent, eux, majoritairement à la jeune génération.
R. : Comme RIVAROL, la National
Zeitung avait été très hostile à l’invasion de l’Irak que Gerhard Schröder,
alors chancelier, avait condamnée.
Comment réagissez-vous aux dernières
révélations selon lesquelles, dans le
même temps, les membres des services
secrets allemands encore à Bagdad
renseignaient le Pentagone sur la situation en Irak et les capacités militaires
de Saddam Hussein ?
G. F. : Nous ressentons les positions de
nos media, notamment à propos de l’Irak,
comme une infamie, parce qu’ils donnent
du peuple allemand une image de complices des agresseurs, alors que les Allemands, dans leur immense majorité, refusent carrément toute guerre, et par-dessus
tout cette guerre-là. Comme ils condamnent l’agression à laquelle se livre
aujourd’hui Israël contre les populations
de Gaza et du Liban.
R. : Vous avez toujours milité, par vos
écrits et vos publications, pour une relecture de la Seconde Guerre mondiale et la
déculpabilisation des Allemands. Que
pensez-vous du procès intenté au révisionniste Ernst Zündel à Mannheim et de la
lourde condamnation de l’historien
anglais Irving à Vienne ?
G. F. : Les « autorités morales » occidentales reprochent volontiers à des Etats noneuropéens leurs restrictions à la liberté d’expression. Mais, par des procès comme ceux
que vous évoquez, ce même Occident
encourt le reproche d’être bien hypocrite. Le
président iranien Ahmadinejad a ainsi pu
déclarer qu’on peut bien chez nous se
moquer impunément du Christ et de la Chrétienté, mais que l’holocauste y bénéficie
d’une protection judiciaire. Nous pouvions
vivre, jusqu’à il y a vingt ans, sans ce genre
de procès, qui à mon avis dégradent l’image
de l’Allemagne dans le monde.
R. : Quelle est votre position sur le traité
de constitution européenne ?
G. F. : Nous refusons énergiquement, avec
la grande majorité des Français, Néerlandais, Allemands et Autrichiens, cette constitution européenne ; nous voyons en elle la
tentative d’éradiquer encore plus les droits
fondamentaux inscrits dans nos constitutions
nationales. De toute façon, nous refusons
l’Union européenne dans sa définition
actuelle, car les peuples y sont privés de
droits et elle donne toute-puissance aux
bureaucrates illégitimes de Bruxelles tout en
pressurant nos contribuables. Le but que
nous recherchons est une Europe de nations
amies coordonnant leurs intérêts.
Ainsi, permettez-moi de saluer très chaleureusement les lecteurs de RIVAROL, ainsi
que votre rédaction, admirable dans ses courageux combats. Que Dieu vous protège, et
la France, et l’Europe.
Propos recueillis par
Jacques LANGLOIS.
ANTINAZISME :
LE MIEUX EST
L’ENNEMI DU BIEN
Déception pour la société allemande Nix
Gut, qui avait cru trouver un créneau aussi
humaniste que lucratif en vendant outreRhin des symboles antinazis, par exemple
des autocollants représentant le svastika
barré de rouge. Or, le parquet de Stuttgart
a décidé de poursuivre Nix Gut au motif
que si ces symboles sont « peut-être clairs pour
les Allemands », on n’ose « imaginer la réaction d’un touriste japonais qui voit ça », s’est indigné
le procureur.
Nous est avis qu’un Japonais ne doit pas
être trop terrifié par la vue d’un svastika,
motif des plus répandus dans son pays
comme dans tout l’Orient extrême. Mais
est une fois de plus vérifié l’adage selon
lequel l’enfer, surtout démocratique, est
pavé de bonnes intentions.
Gerhard FREY : “Pour une Europe
de nations amies coordonnant leurs intérêts”
● Né en 1933 dans l’Oberpfalz d’un père ancien
combattant de la Grande Guerre et militant du
Bayerischen Volkspartei (BVP), Gerhard
Michael Frey étudia le droit aux universersités
de Munich et de Graz en Autriche et fit ses
débuts de journaliste à la Neue Presse de Passau
ainsi qu’à la Deutsche Soldaten-Zeitung d’où
naquit en 1954 la Deutsche National-Zeitung,
hebdomadaire dont le tirage a parfois atteint
100 000 exemplaire et qui, sous son impulsion,
donna naissance à une maison d’éditions très
prospère, la DZ Verlag. Depuis sa création, la
National Zeitung qui se décrit parfois comme le
« journal frère » de RIVAROL combat la désinformation sur la Seconde Guerre. Candidat du
NPD en 1969, Gerhard Frey fonda ensuite son
propre parti, la Deutsche Volksunion, très hostile à l’Ostpolitik menée par Willy Brandt et qui
axe maintenant son action sur la lutte contre
l’immigration-submersion.
Elections chez les tradis
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE JUILLET 2006
Jean-Marie LE PEN : Pour un référendum sur le rétablissement de la peine capitale — Jacques MARLAUD : La France s’enfonce, l’Europe se couche — Georges
HUPIN : Flandres, retour sur un drame — René BLANC : Le football, rouleaucompresseur de l’idéologie mondialiste — Noëlle SACLET : Qu’est devenu Mengistu, le “Négus rouge” ? — Jacques-Marie URVOY : Bloc-notes d’un catholique
— Anne BRASSIÉ : Une éducation très réussie — Marcel SIGNAC : Un tricentenaire, Mme du Châtelet, l’égérie de Voltaire — Carrefour des lecteurs — Patrick
LAURENT : La belle triade de Cannes — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES
LIVRAISONS — Notes de lecture — Bibliothèque.
1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.
Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.
UN PASTEUR SUÉDOIS
CHOISIT LA FSSPX
Des pasteurs de l’Eglise anglicane ne sont pas seuls à
revenir au catholicisme devant les dérives de leur hiérarchie. En Suède, le luthérien Sten Sandmark, pasteur
de la paroisse d’Oskarshamn, en face de l’île de Gotland, vient d’annoncer qu’il quittait l’église luthérienne
et “retournait” à l’Eglise romaine. Idée qu’il caressait
depuis une dizaine d’années et qu’il aurait concrétisée
plus tôt mais l’évêque de Stockholm, seul prélat catholique en Suède, l’avait accueilli plutôt fraîchement, préférant lui parler du « cheminement parallèle des Eglises-sœurs
vers le Christ universel ». De plus, avoua le pasteur, « le rite
moderne de l’Eglise catholique ainsi que la théologie contemporaine » l’ont longtemps retenu de franchir le pas : « Je ne
pouvais quitter le luthéranisme pour le retrouver de l’autre côté. »
C’est quand il a accueilli, dans sa propre église d’Oskarshamn, le pèlerinage de l’UNEC sur les traces de
sainte Brigitte (1) et que fut célébrée la messe de Saint
Pie V avec une schola grégorienne venue de France,
que le pasteur décida, ainsi que son adjoint, le jeune
séminariste Joakim, de se convertir officiellement. Ce
qui aura lieu le 30 juillet en France dans une église de
la Fraternité Saint-Pie X. Il n’est pas exclu qu’une partie de la congrégation suive Sten Sandmark.
_____
(1) L’UNEC organise un autre pèlerinage “brigittien”, cette
fois en Norvège, du 5 au 14 août 2006 à l’initiative de
l’UNEC. Part. : 1 390 € par personne en chambre, messe du
rite St Pie V tous les jours, hôtels sélectionnés, visite des fjords.
Rés. Voyages BOURMAUD, BP 21, 85620 Rocheservière,
tél. 02-51-94-90-71.
la domination de cette Méditerranée du
Nord.
Cela reste vrai aujourd’hui, et nous ramène
d’ailleurs au sommet de Pétersbourg, alors
que se dessine une voie baltique naturelle
des exportations énergétiques russes vers
l’Europe. Comment Poutine pourrait-il
oublier que les principaux débouchés de
l’Union soviétique sur la Baltique ont été
perdus avec l’indépendance retrouvée des
pays baltes ?
ENTRE SUOMI ET BALTIKUM,
LES ENJEUX DEMEURENT
Le retour de la Russie, par une stratégie
énergétique avec la construction d’un
« oléoduc baltique » (grâce à l’ancien
chancelier allemand Schröder qui, pour
prix de ses bons offices, est devenu au
grand scandale de la Pologne mais aussi de
ses compatriotes l’un des pontes richement
stipendié de Gazprom) et d’un nouveau
port pétrolier à Primorsk, inquiète les Etats
riverains. La lutte pour la Baltique n’appartient pas totalement au passé et les touristes ignorent le plus souvent que leur
bateau, quand il passe de Tallinn à Gdansk,
longe les côtes de la Russie par son enclave
de Kaliningrad (Königsberg) entre Pologne
et Lituanie.
La Baltique, que l’on considère souvent,
mais à tort, comme une mer hors de l’hisJ
E N’ÉTAIS pas retourné à Pétersbourg
depuis plus de deux ans. En deux ans,
Poutine a incontestablement mis les
bouchées doubles pour faire de l’ancienne
capitale impériale, à laquelle il est charnellement attaché, le symbole du retour de la
Russie sur la scène internationale.
L’AIGLE A DEUX TÊTES
Vladimir Poutine est né dans la ville fondée par Pierre le Grand, il y a exercé l’essentiel de sa carrière — au sein du KGB. Cette
ville, il l’a connue comme Leningrad, la bolchevique austère et abandonnée, il en a refait
Saint-Pétersbourg la brillante et la capitale
diplomatique de sa Russie qui se veut
grande puissance économique, politique et
culturelle.
Ce tsar-là continue décidément à vouloir
chevaucher les contradictions. Il a dû manifestement rêver devant le croiseur Aurore,
toujours aussi visité d’ailleurs (voir cicontre), au drame de la dynastie des Romanov en leur Palais d’été. Tout homme, disait
Lawrence, « est une guerre civile ». Poutine
peut-être un peu plus que les autres. Il tente
de réconcilier les Russes avec la grande fracture, il honore le tsarisme sans condamner le
soviétisme et donne en fait deux capitales à
la Russie : Moscou, celle du cœur de l’empire, et Pétersbourg, celle de la diplomatie
ouverte à l’Ouest par la Baltique. Son aigle
a bien deux têtes.
SOMMET SUR FOND DE GUERRE
Du 15 au 17 juillet, il a reçu les grands de
ce monde pour un sommet du G8 — un club
dont il a forcé la porte —, dans le palais
Constantin qui a été, comme la plupart des
palais de la ville, entièrement restauré, à prix
d’or et souvent avec des fonds privés. La
Russie attire à nouveau les capitaux et
Pétersbourg est redevenue la porte économique de l’empire.
Ce sommet n’a certes pas répondu à toutes
ses espérances, mais c’est tout de même lui
qui en est sorti vainqueur au milieu d’une
communauté internationale largement déstabilisée par le nouveau conflit du ProcheOrient, qui a souligné ses divisions et surtout son impuissance. Cette crise a fait monter le prix du pétrole et du gaz, ce qui a renforcé la place retrouvée de la Russie parmi
les grands malgré les divergences sur l’énergie justement et la porte encore fermée à
Moscou par Washington de l’Organisation
mondiale du commerce.
L’agression israélienne contre le Liban a
permis à Poutine, tout juste débarrassé du
chef rebelle tchétchène Chamyl Bassaev, de
jouer le rôle de juge de paix modéré et équilibré, prenant en compte les torts des uns et
des autres. Il a fait oublier toutes les critiques
sur son autoritarisme. Son sourire contrastait d’ailleurs avec les traits tirés par un certain désarroi des Bush, Chirac ou Blair. La
communauté internationale après des atermoiements, notamment ceux du président
français passé sans honte d’une position
défavorable à Israël à une condamnation du
Hezbollah dans la ligne américaine (voir
édito du 21 juillet), se contente d’une unité
de façade qui ne trompe personne. Grâce à
Bush, cette unité fait cependant le jeu de
l’Etat hébreu.
PRÉSIDENCE EUROPÉENNE,
NOSTALGIE HANSÉATIQUE
La Russie de Poutine a donc confirmé son
retour à St-Pétersbourg et le choix de cette
ville est plein de sens car elle porte en effet
un autre symbole que celui de l’ouverture
économique ou culturelle du monde slave
vers l’Europe. Elle rappelle la volonté historique de la Russie de, comme tant d’autres
pays, dominer la Baltique. On peut voir des
signes de ce nouvel enjeu mondial dans le
fait que la présidence tournante de l’Union
européenne soit jusqu’au 31 décembre assumée par la Finlande, dans le fait aussi que la
crise survenue en Méditerranée orientale ait
été discutée dans une des grandes villes de
cette « Méditerranée du nord », ce Baltikum
des Germains, ce lac suédois.
Quand on effleure, comme je l’ai fait ce
mois de juillet, plusieurs capitales de la Baltique, on a le sentiment certainement trompeur que le seul souci de tous ces pays riverains, mais si divers, c’est uniquement le
tourisme. Il y a une frénésie croisiériste
indiscutable — les paquebots luxueux croisent les navettes et ferrys plus populaires. A
Tallinn en Estonie, cette ville balte fondée
par les Danois, important comptoir de la
Hanse et qui ressemble donc aux cités du
Moyen Age allemand sur le Rhin, les Américains âgés et souvent obèses qui débarquent en masse des palaces flottants croisent
les flots de jeunes Finnois ignorant le passé
livonien de la cité, venus faire la fête — surtout alcoolisée — dans une ville plus gaie et
moins chère qu’Helsinki. C’est Pierre, le
fondateur de Pétersbourg, qui conquit Tallinn à la Suède pour en faire le grand port de
la flotte de guerre russe sur la Baltique. Ainsi
changent les souverainetés en Baltique
comme nulle part ailleurs.
Ce qui frappe partout au niveau du paysage, c’est la verdure, les forêts, la beauté de
la nature et une faible démographie. Il y a à
Helsinki une opulence moderniste et informatique dans une architecture un peu grise.
La capitale qui a échappé de peu à la nuit
soviétique gère un passé récent et architectural très social-démocrate, comme si on
avait par les immeubles préparé la population à différentes hypothèses socialistes.
L’animation d’aujourd’hui veut éloigner le
souvenir des inquiétudes d’hier. A Tallinn
également on s’étourdit pour oublier le
passé, celui de la terrible oppression soviétique. Mais c’est certainement à Gdansk,
l’ancienne Dantzig teutonique, que l’impression est la plus forte. La vieille ville libre,
magnifique, a été reconstruite à l’identique
et c’est une merveille. C’est un exorcisme
de pierre, un acte de foi dans un passé plus
heureux reconstitué pour oublier les brûlures
de l’histoire, la destruction de Dantzig
d’abord par les bombardements alliés puis
par les blindés de l’Armée rouge, la déportation de la population allemande d’origine
et l’oppression soviétique des Polonais de
substitution. Les chantiers navals sans activité de Lech Walesa — bien oublié — sont
envahis de bus attendant les touristes des
croisières.
L’impression donnée par Stockholm est
différente, la ville — l’une des plus belles
d’Europe entre mer, lac et canaux — représente le destin à part et préservé d’un pays
qui fit de la Baltique un lac suédois et qui se
prend avec le Danemark et la Norvège à
rêver d’un néo-scandinavisme spécifique
dans l’ensemble européen.
La Baltique peut-elle redevenir un trait
d’union et de prospérité comme au temps de
la Ligue hanséatique ? Le boom touristique
et le retour d’une libre circulation des
échanges paraissent le faire espérer. L’influence économique de l’Allemagne, exercée indirectement par les länder voisins dans
une évidente néo-stratégie hanséatique,
semble discrète mais primordiale. Mais cette
ligue, véritable guilde de l’Europe du Nord
dont la Baltique était le « mare nostrum »,
qui faisait et défaisait les rois au Danemark
et régnait sur Novgorod, a cédé devant les
ambitions nationales.
Le rêve de développement économique
transnational s’est toujours heurté à celui de
toire d’aujourd’hui, comme un espace
neutre, a toujours été un enjeu et le demeure.
De ses rives suédoises ont déferlé ces Goths
qui ont germanisé l’Europe puis les
Varègues de Rurik qui ont civilisé les Slaves.
Les Chevaliers Porte-Glaive et autres Teutoniques ont rythmé la Drang nach Osten du
germanisme refluant ensuite devant le slavisme polonais puis soviétique malgré
l’odyssée des Corps-Francs. La Baltique a
été scandinave, dominée par la Suède, puis
elle a vécu au rythme de l’effondrement de
la puissance oubliée polono-lithuanienne et
de ses dépeçages favorables aux Prussiens
ou aux Russes avec une remarquée parenthèse napoléonienne. Elle a subi la domination de Moscou puis de Berlin. Toute sa rive
sud a connu la domination de l’URSS et son
épuration ethnique des Allemands. La Finlande et ses combattants des Guerres d’Hiver et d’Eté se sont sauvés de justesse de la
catastrophe soviétique par un héroïsme guerrier hérité des âges obscurs et — à juste
titre — célébré encore aujourd’hui. Les
Finno-ougriens du Suomi (nom indigène de
la Finlande), directement passés du paganisme du Kalevala au protestantisme luthérien par la Suède, ont vécu, comme les
peuples baltes, la difficulté de rester soimême quand on est si peu nombreux. Leur
réussite économique et culturelle, alors qu’il
y a trente ans encore beaucoup d’entre eux
étaient éboueurs en Suède — qui les méprisait —, reste un exemple extraordinaire de
volonté nationale.
La Baltique est une possibilité de prospérité menacée par les ambitions des puissances dans un espace d’équilibres fragiles
où se heurtent des peuples divers. Le tourisme mondialisant pourrait le faire oublier,
la stratégie énergétique, la géopolitique sont
là pour nous le rappeler et le sommet de StPétersbourg en a apporté une spectaculaire
démonstration.
Le Baltikum des Corps-Francs paraît
presque aussi lointain que le souvenir de
leurs ancêtres teutoniques. Et pourtant, écrivait Ernst Jünger en 1925, « Je vois se lever
en Europe une génération nouvelle de chefs
de file qui ne connaîtront ni peur ni répugnance à verser le sang, dénués d’égards,
habitués à souffrir terriblement, mais aussi
à agir terriblement. » Ce sont « les réprouvés » célébrés par Ernst von Salomon, les
« porteurs maudits de forces créatrices »,
résolus à tout, après la Grande Guerre, pour
maintenir un Reich chancelant et des frontières menacées. Loin vers l’Est, dans les
Pays baltes, face à l’Armée rouge, ils tenteront de reconquérir les terres du Baltikum,
un nom qui deviendra leur symbole. Dominique Venner leur consacra un superbe livre
qu’on lira pour ne pas oublier que la région
de l’ambre est aussi un rivage de fer et de
feu.
Pierre-Patrice BELESTA.
Après le sommet de St-Pétersbourg :
Quel avenir pour la Baltique ?
J’ai beaucoup regretté de ne pouvoir
être présent, pour des raisons familiales, aux obsèques de Maître GeorgesPaul Wagner. C’était un homme — un
vrai — pour lequel j’avais un profond
respect, une grande admiration et aussi
une réelle affection, née au cours de ces
années où j’ai eu l’occasion de travailler avec lui (tu t’en souviens, Françoise) pour apporter aux cadres du FN
cette formation doctrinale sans laquelle
l’action politique risque de n’être qu’un
feu de paille. J’ai alors découvert un
homme d’exception. Probité, générosité, ouverture d’esprit, vaste intelligence et vaste culture : les mots manquent pour qualifier les qualités du
gentilhomme que fut Georges-Paul
Wagner. L’avoir côtoyé est un honneur.
Sa fidélité maurrassienne m’a ému.
Moi qui ne suis pas maurrassien —
tout en ayant conscience de l’immense
apport de Maurras à notre vision politique — j’ai eu beaucoup de joie à visiter, sous la conduite de Georges-Paul
Wagner, la maison de Maurras. Le
Maître revivait dans les paroles,
toutes marquées de simplicité et d’une
chaleur émouvante, de ce disciple fervent mais lucide. C’est cette journée
passée, sous le soleil de Provence, en
compagnie de Georges-Paul Wagner
et de Jean Madiran, qui m’a incité à
relire d’un œil neuf bien des ouvrages
de Maurras. Beau voyage, en vérité.
Qui m’a amené à mieux prendre en
compte la place, immortelle, que tient
Maurras dans le génie de notre civilisation. Ces quelques mots sont pour
moi une façon de remercier GeorgesPaul Wagner, pour tout ce qu’il a fait
dans sa vie de lutteur, combattant
pour la vérité en appliquant, avec
cette calme détermination qui était sa
marque, la maxime de son vieux
Maître : « Le désespoir en politique est
une sottise absolue ».
Pierre VIAL.
QUI EST LE BARBARE ?
« Un Allemand apporte la tête de sa femme
dans une station-service », annonçait le
21 mars l’Associated Press sur son “fil”
international. Dépêche reprise deux
mois plus tard par le moteur de
recherches sur internet Google Deutschland qui précisait toutefois : « Der
Deutsche türkischer Herkunft ». Autrement
dit, l’“Allemand” était d’origine turque.
Mais c’est la dépêche initiale qui restera
gravée dans la mémoire collective mondiale comme la preuve de la barbarie
teutonne.
N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 13
Hommage à Georges-Paul Wagner
RIEN n’est innocent. Surtout pas
l’histoire et encore moins la plus
ancienne, qui touche aux racines
des peuples et de leurs civilisations. L’histoire est devenue l’otage de l’idéologie
dominante qui l’instrumentalise pour se
légitimer. Cela s’est toujours fait mais cela
ne cesse d’empirer. On n’hésite pas à
déformer la vérité et à occulter les découvertes qui gênent le dogme. La démocratie
mondialiste et antiraciste adopte un comportement sectaire sur tous les sujets ; les
Galilée et les Copernic d’aujourd’hui ne
sont pas mieux traités et on refuse même
de les entendre, ils ne peuvent même plus
plaider leur cause dans des procès partiaux.
Deux grands tabous veulent à tout prix
s’imposer aux chercheurs.
LUMIÈRE SUR LES ARTS
PREMIERS, OCCULTATION
DE NOTRE PASSÉ
Alors qu’on nous bassine avec les « Arts
Premiers » — à condition qu’ils soient les
plus exotiques possible —, les découvertes
non politiquement correctes sont ainsi
occultées, nous l’avons dit, et pourtant
elles sont de plus en plus nombreuses, et
dans tous les domaines. L’homo europaeus
se serait répandu sur la planète bien avant
les colonisations historiques connues. On
commence à l’admettre pour l’Amérique
avec la civilisation de Solutré venue d’Europe et antérieure à l’arrivée des PeauxRouges et l’Homme de Kennewick, et la
présence des Proto-Aryens en Asie commence à prendre elle aussi toute sa place
dans la matrice humaine de ce continent.
C’est en Asie justement l’« effet Kennewick » qui se reproduit. Rappelons les
faits : en juillet 1996, deux étudiants qui
pataugeaient dans la rivière Columbia à
Kennewick, dans l’Etat de Washington,
trébuchèrent sur les restes d’un squelette
qui se révéla être celui d’un Européen mâle
d’âge adulte. Tout d’abord, les anthropologues supposèrent qu’il s’agissait d’un
pionnier mort à la fin du XIXe siècle. Mais
la datation au radiocarbone montra que le
squelette était âgé d’environ 9 300 ans. En
fait, « l’Homme de Kennewick » est la dernière d’une série de découvertes d’anciens
squelettes, qui tendent à confirmer la théorie que quelques-uns des premiers habitants de l’Amérique du Nord étaient des
Européens, qui émigrèrent par mer à partir
des côtes “françaises” ou à partir du continent eurasiatique par un pont de terre à travers la Mer de Béring vers la fin de la dernière ère glaciaire, il y a environ 15 000
ans pour les premiers, 12 000 pour les
seconds.
DES ARYENS DANS
L’ANCIENNE CHINE…
Bien sûr, de tels faits posent un problème
majeur à la version « politiquement correcte » de l’histoire, qui encourage l’idée
selon laquelle les Américains blancs ont
honteusement volé leur pays aux Indiens.
Cette affaire emblématique a
marqué un tournant et a largement été suivie dans notre
journal. Mais si des Européens sont passés d’Asie en
Amérique c’est donc qu’ils
étaient en Asie. Ces hommes
semblables aux Européens
modernes ne vivaient ainsi
pas seulement en Europe, mais aussi dans
une zone s’étendant de l’Asie du nord jusqu’au Pacifique. En Sibérie et dans
d’autres régions orientales, ils furent finalement refoulés et absorbés par des peuples
mongoloïdes plus nombreux. Des poches
isolées de gènes européens ont survécu jusqu’à nos jours en Asie du nord. Le peuple
caucasien (désormais métissé) des Aïnous
dans le nord du Japon en est un exemple.
La crédibilité de cette théorie a été spectaculairement renforcée dans les dernières années par la découverte, remarquable, de plus d’une centaine de corps
d’Européens naturellement momifiés,
vieux de 2 400 à 4 000 ans, dans la région
du bassin du Tarim (70 km à l’ouest de
l’ancien lac du Lop Nor, en Chine de
l’ouest). Etonnamment bien préservées
par le climat aride de la région, ces
momies témoignent de l’existence d’un
peuple de type nordique, avec une culture
avancée, splendidement habillé avec des
tuniques, des pantalons, des bottes, des
bas et des chapeaux. Dans une grande
tombe, les corps de trois femmes et d’un
homme furent découverts. L’homme, âgé
d’environ 55 ans à sa mort, était d’une
taille d’au moins 1 m 80 et avait des cheveux châtain clair qui étaient en train de
blanchir. L’une des femmes les mieux
préservées était d’une taille analogue,
avec des cheveux châtain clair tressés en
nattes. Les dernières momies découvertes
dans le bassin du Tarim sont trop nombreuses, trop anciennes, et trop riches
d’enseignement, pour pouvoir être ignorées. Cependant, ces découvertes n’ont
été connues du grand public qu’à partir
du milieu des années 1990, et encore,
alors que les premières momies ont été
découvertes à partir de 1978-1980. Elles
doivent permettre de rouvrir le débat à
propos du rôle que les Européens ont pu
jouer dans les origines de la civilisation
en Chine, quelques archéologues recommençant à arguer que les Européens
pourraient bien avoir été à l’origine de
l’introduction dans le futur Empire du
Milieu d’éléments de base tels que la
roue et les premiers objets en métal. Il
faut bien sûr être très prudent mais pourquoi serait-il interdit d’en parler ?
…AUX PYRAMIDES DE BOSNIE
D’autant que le « vieil Européen » ne
cesse de reculer dans le temps. Sa civilisation propre est plus ancienne que ce
que l’on croyait. Si on l’occulte, c’est
bien entendu pour que la lumière vienne
encore et toujours de l’Orient, comme le
peuplement primal serait venu de
l’Afrique. Pourquoi minore-t-on, si ce
n’est pour cela, les découvertes extraordinaires que sont celles des pyramides
bosniaques ? Les choses cependant sont
en cours. Des archéologues ont entamé à
la fin du mois de juin dans le centre de la
Bosnie des travaux d’excavation sur un
site qui abriterait au moins deux pyramides, les seules en Europe repérées à ce
jour. Une équipe d’experts a commencé à
creuser à environ quatre kilomètres de
deux collines où seraient dissimulées les
pyramides qui semblent très anciennes, et
même plus que celles d’Egypte. On voit
que le sujet est explosif ! L’initiateur du
projet, l’explorateur bosniaque — et
musulman — Semir Osmanagic, avait
réalisé à la fin 2005 les premières
recherches à proximité des deux collines.
Il est convaincu que ces “constructions”
sont l’œuvre d’une civilisation mystérieuse et qu’elles ont été bâties avec des
blocs de pierre taillés, avant d’être recouvertes d’une sorte de béton primitif.
D’après Osmanagic, les quatre côtés des
“pyramides” correspondent exactement
aux quatre points cardinaux. La colline la
plus grande est haute d’environ 70
mètres. Sa base est un quadrilatère dont
les côtés mesurent 220 mètres. Dans la
pyramide principale dite “solaire”, une
entrée a été trouvée, avec des couloirs et
des inscriptions (de type runique) sur les
murs, témoignant d’un passé très riche.
Le directeur du musée de Vissoko, Senad
Hodovic, dit ne pas mettre en doute les
hypothèses des chercheurs. « Ces pyramides sont évidemment l’œuvre d’une civilisation. Mais nous devons effectuer des
analyses sérieuses pour démontrer par qui
et quand elles ont été construites. » Le secteur concerné était classé zone interdite du
temps des communistes, ce qui est également intrigant. Avec des traces de civilisation remontant à plus de 12 000 ans, la
région est sûrement l’un des berceaux de
l’humanité, ce qui doit en gêner certains
aux entournures.
Cette affaire est bien plus importante
qu’il n’y paraît, car elle pourrait remettre
en cause un dogme historique. C’est pourquoi il faut la surveiller sans commettre les
erreurs de la science établie, ne pas prendre
ses désirs pour des réalités, ne pas tout
interpréter dans son propre sens. Mais exiger une approche impartiale scientifique et
la vérité pour le grand public de ce qui aura
été démontré, même si cela ne plaît pas aux
racistes historiques et archéologiques antieuropéens qui veulent imposer leur sectarisme à notre plus longue mémoire.
Pierre BOISGHILBERT.
Mais qui veut occulter notre plus longue mémoire ?
Nouvelles de l’archéologie Politiquement Incorrecte
14 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL
Mémoires, par des paysans qui, manquant cruellement de chefs militaires
expérimentés, se sont tournés vers lui.
Il est vrai qu’il a alors, à quarante-six
ans, une forte réputation. Il est appelé
le « chevalier à la Main-de-fer »
depuis ce jour de 1504 où il a reçu une
décharge de couleuvrine qui lui a
arraché la main et le poignet. Un forgeron habile lui a fabriqué une prothèse de bois recouverte de métal. Cela
ne l’empêchera nullement de recommencer très vite à s’impliquer jusqu’au cou dans les nombreuses
et souvent confuses guerres
intestines qui déchirent l’Allemagne, opposant entre eux, en
un ballet incessant d’alliances
et de coalitions nouées et
dénouées, princes, évêques,
bourgeois des grandes villes,
chevaliers et paysans.
Götz von Berlichingen est entré dans
la carrière des armes à quinze ans, en
tant qu’écuyer de son oncle. Il n’avait
pas encore dix-sept ans lorsqu’il eut
son premier cheval tué sous lui. Puis il
sera, pendant quarante-sept ans, de
toutes les guerres. Se faisant des amis
mais aussi des ennemis, beaucoup
d’ennemis. Parfois vainqueur, parfois
Ironie du destin : Götz von Berlichingen, qui s’éteint le 23 juillet 1562
à l’âge de quatre-vingt-deux ans,
meurt dans son lit, au château de
Hornberg. Pourtant, il fut de ceux que
la Camarde aurait dû, normalement,
agripper et emporter cent fois plutôt
qu’une au cours de l’une des innombrables batailles qu’il a livrées.
Götz (abréviatif de Gottfried) est né
en 1480 à Jagsthausen, en Souabe. Au
cœur d’un monde germanique en
pleine mutation et marqué par l’ascension des Habsbourg, dont un jalon
important est, en 1477, le mariage de
Maximilien et de Marie, héritière de
Bourgogne. Tandis que monte la puissance des hommes d’argent, comme
les Fugger, et que l’art allemand fleurit avec Mathias Grünewald, Albert
Dürer et bien d’autres, un malaise
profond se développe chez les Allemands, sur le plan politique, social,
religieux. En fond de tableau, un sentiment de frustration qu’exprime bien
Luther lorsqu’il écrit en 1516 : « Il n’y
a pas de nation plus méprisée que l’allemande. » Sa critique virulente de
l’Eglise romaine a un fort impact au
sein du peuple allemand.
Menacés d’être asphyxiés par la
puissance de la bourgeoisie d’argent,
qui impose ses valeurs, cultive l’art de
l’usure et s’allie avec des pouvoirs
princiers soucieux de leurs seuls intérêts, au besoin au détriment du pouvoir impérial, paysans et pauvres chevaliers (dont beaucoup vivent comme
les paysans) se révoltent, prennent les
armes et tournent leur colère contre
monastères et châteaux, dont beaucoup brûlent. La répression des
princes contre cette « Guerre des paysans » est sanglante et laissera de profondes cicatrices.
Götz participe brièvement à cette
guerre civile, pressé, dit-il dans ses
vaincu. C’est le métier qui veut ça.
Fait prisonnier, il passe de longues
années enfermé. Il vit cela avec une
certaine philosophie. En 1542 — il a
alors soixante-deux ans —, il rejoint
sans hésiter l’armée impériale en lutte
contre les Turcs. Un homme de son
expérience est précieux.
La figure de Götz von Berlichingen
est passée à la postérité. Ce fut un chevalier-brigand, illustration haute en
couleur de ces hommes, les lansquenets, vivant pour et par la guerre.
Il ne fut ni pire ni meilleur que
beaucoup d’autres. Mais
Goethe l’a immortalisé en lui
consacrant un drame célèbre,
où il fait de lui le défenseur
des vieux principes chevaleresques, en butte aux médiocrités d’une modernité s’affirmant avec morgue au
XVIe siècle. Le rugueux lansquenet
devient, grâce au génie de Goethe, un
héros qui se déclare prêt « à mourir
plutôt que de devoir à personne, si ce
n’est à Dieu, l’air que nous respirons,
et foi et service à personne, sinon à
l’empereur ».
P. V.
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