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11/19/25

 


LA FIFA SE DÉGONFLE

Zidane a donc écopé de 3 matches de

suspension et 4 750 € d’amende. Pour

« provocations répétées », Materazzi s’est

vu infliger deux matches de suspension

et 3 200 €. C’est donc l’Italie qui a été

« victime de discrimination » comme l’a

déploré le ministre transalpin des Sports,

Giovanna Meandri.

En effet, tout en proclamant que la

sanction « nous servira de jurisprudence », le

président de la Fédération française de

foot, J.-P. Escalettes, affirme que « cette

affaire Zidane-Materazzi est d’une banalité

affligeante : on en a dix mille par an ». Alors,

pourquoi tout ce raffut ? Plus que jamais

l’« insulte à la mère et à la sœur » de Zidane

paraît n’avoir été qu’un prétexte. C’est

pour d’autres raisons que le capitaine

des Bleus a « pété les plombs ». Et, sur

ce sujet, la FIFA s’est dégonflée : on ne

lui retirera même pas son titre de

« meilleur joueur de la Coupe du

Monde ». Récemment sur La Cinq,

Denis Robert, le dénonciateur de Clearstream, avertissait que, lorsque « ça explosera dans le foot, ce sera énorme ». Tout à fait

d’accord !

R. B.

médiocres. Si, en 2002/03, le

Real remporta la Coupe

UEFA et le championnat

d’Espagne, en 33 matches

Zidane ne marqua que 9 buts.

Et 6 en 2004/05 dont un

contre Séville qui, pendant

deux ans, alimentera en

boucle, sur toutes les chaînes

TV européennes, la Zizoumania. Et 9 encore en 2005/06

sur 37 matches. L’équipe se

faisant siffler le 7 mai lors de

sa soirée d’adieux au stade

Bernabeu, après un difficile

3 à 3 face à Villareal.

Cette carrière espagnole

s’achevait sur un fiasco.

Comme sa campagne

1996/01 à la Juve : pas un

titre entre 1998 et 2001. Mais

à dire vrai, le palmarès de ce

joueur très protégé dont, en

1994, l’entraîneur de

l’équipe nationale algérienne

Abdelhamid Kermali refusa

la sélection, lui reprochant de

n’être « pas assez rapide »,

ne justifie guère la « légende

Zidane ». Surgissant comme

un Zorro miraculé, derrière

l’équipe de France ethnique

à la dérive de Domenech, il réalise

quelques exploits contre les îles Feroë,

Malte, Israël, l’Eire. Asthmatique contre

la Suisse et la Corée, ses deux cartons

jaunes et sa suspension lui sont providentiels. Même Guy Roux, l’hystérique supporter des bleus-blacks, doutait que cette

équipe tienne physiquement la répétition,

en phase finale, des rencontres de très

haut niveau. Or, non seulement elle tint

mais elle monta en puissance…

Après la victoire laborieuse contre le

Togo, dont le seul joueur de qualité, Adebayor, fut d’une inefficacité suspecte,

Zidane put affronter, reposé, la juvénile et

fringante Espagne. Miracle,

les vieux canassons de

Domenech sont devenus étalons. A la 86e minute, Zidane

traverse tout le terrain pour

marquer. Et nul ne s’interroge ? Non plus que sur sa

prestation contre, il est vrai,

la plus médiocre seleçao

jamais présentée par le Brésil. « Il a joué son meilleur

match depuis huit ans »,

conviendra Perreira, l’entraîneur brésilien. Justement : et

ça n’étonne personne ? Face

au Portugal, moins pétillant

en seconde mi-temps, le capitaine des Bleus

participa néanmoins allégrement au “supercatenaccio” que Domenech bétonna pendant une heure devant le but de Barthez,

après le penalty qui donna l’avantage à la

France. Lors de la finale, avant son expulsion à la 110e minute, il courait toujours

comme un dératé… alors qu’il fume comme

un sapeur, ainsi que le montrent certaines

photos.

Etait-il dans un état normal lorsqu’il a

frappé Materazzi ? C’est en réalité la

seule question qui importe. Son retour

miraculeux, sa forme transcendante, son

excitation permanente, son regard halluciné lors de l’ultime action qu’ensuite

toute sa camarilla s’efforcera de transformer en geste antiraciste, tout cela “interpelle”.

… JOHNNY MET LES

PIEDS DANS LE PLAT !

La créatine de la Juve n’est pas le seul

faux-pas qu’on lui connaisse. On s’étonnera du silence fait autour d’un article

paru dans Le Monde du 2 juin dernier. Le

journaliste Stéphane Mandard y évoquait

une émission de Canal + d’octobre

2003 — « Merci pour l’Info » — au

cours de laquelle Johnny Halliday

dévoila tranquillement le secret de sa

vitalité : une clinique suisse spécialiste

de l’autotransfusion sanguine et dont…

Zidane lui avait donné l’adresse. « Il y va

deux fois par an, précisait le chanteur, et

je le comprends. » Ayant les mêmes effets

que l’EPO (Erythropoïétine qui, en multipliant les cellules rouges, renforce la

capacité du corps à produire de l’oxygène

Le foot, un sport plus “propre” que le cyclisme ?

N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 9

(Dessin de CHARD.)

LA DRÔLE DE “LISTE DE BLATTER”

Un quart d’heure avant son carton rouge, Zidane était désigné comme le meilleur

joueur de la Coupe du Monde 2006. Par qui, d’abord ? Par les journalistes sportifs

assistant à cette compétition. C’est-à-dire par la corporation qui depuis dix ans a

fabriqué de toutes pièces le mythe Zidane, dressant autour de sa personne une sorte

de tabernacle. Avec 2012 suffrages, il devance Cannavaro (1977) et Pirlo (715) qui

furent incontestablement les meilleurs de la compétition. Sans recevoir de carton ni

être expulsés.

Les jurés ont choisi sur une liste de dix noms dressée par « le groupe technique de

la FIFA » : les Français Zidane, Vieira, Henry, les Italiens Cannavaro, Pirlo, Buffon

et Zambrotta, les Allemands Ballack et Klose et le Portugais Maniche. Ne figurent ni

Philip Lam, la grande révélation de cette compétition, ni Riquelme, Figo, Marquez,

le Mexicain, Muntari le Ghanéen ou Tevez l’Argentin pour ne citer que les plus méritants.

L’équipe la plus spectaculaire aura été le Portugal, qui fit l’objet de toutes les

attaques des journalistes français dès lors qu’elle devint adversaire des tricolores.

Les plus fair play — ex-equo — le Brésil et l’Espagne qui cessa également de paraître

honorable lorsque les Bleus durent l’affronter. Le meilleur jeune fut Podolski. Le

meilleur buteur Klose. Le meilleur goal, Buffon. Si on peut s’étonner de l’absence

dans ces palmarès d’un représentant de l’Argentine, laquelle offrit avec l’Allemagne

les meilleures prestations, on s’aperçoit que, Zidane mis à part, l’équipe de France

n’apparaît nulle part. Et c’est justice.

R. B.

risque plus efficace (sic) dans la société. »

Onze mois plus tard, LTCM s’effondrait :

on y avait transformé 3 milliards de $ de

capital investi en 100 milliards de crédit

bancaire à partir desquels avaient été distribués 1 200 milliards de $ de placements

financiers hasardeux. Et on estime à 3 000

milliards de $ les produits dérivés distribués par la société faillie.

ACCÉLÉRATION DE L’IMPASSE

FINANCIÈRE MONDIALE

Lyndon LaRouche, qui s’intéresse de près

depuis quinze ans à cette pratique dangereuse, écrivait le 23 mai 1993 : « Que sontils, ces dérivés du crédit ? Une manière de

participer à une bulle qui se nourrit de la

taxation de l’économie réelle, suçant son

sang en évitant tous les risques de l’entrepreneur. Ils tirent leur origine du défaut

d’entretien des infrastructures comme les

systèmes d’approvisionnement en eau. De

la destruction de la capacité industrielle.

De la fermeture d’usines pour plus de profit dans des régions à faible coût salarial.

Grâce à eux, ils peuvent piller l’Europe

orientale. Piller l’ancienne Russie soviétique. Piller la Chine par des projets esclavagistes. » Et il lançait cet avertissement

qui aujourd’hui résonne avec plus de force

encore : « Les produits dérivés du crédit

menacent directement le système financier

tout entier. C’est le chaos et la destruction

des processus physiques actuels de fabriempire de dettes. Le premier étant fournisseur de “derivatives” comme le second

l’est de créances ».

Et il ne fait pas de doute que Goldman

Sachs lui doive d’être en quelques années

devenu un géant dont la puissance a été

décuplée par les produits dérivés du crédit.

Ceux-ci apparurent aux Etats-Unis au

début des années 1990. Au départ opérations bénignes consistant à assurer les

risques financiers internationaux, ils permettaient aux banques de développer leurs

crédits sans se préoccuper des aléas. Sauf

que, progressivement, le système s’est

dévoyé. Pour les investisseurs — assurance, banque, hedge funds ou fonds alternatifs de protection —, ce fut une incitation illimitée à la spéculation en s’épargnant les risques. Dont les trusts, qui se

sont constitués autour des dérivés du crédit, assurent la couverture financière par

des émissions d’obligations dotées de privilèges que n’ont pas les obligations normales. Plus encore que les hedge funds, ils

offrent des rendements considérables — de

20 à 25 % —, une absence totale de publicité et une domiciliation dans les paradis

fiscaux des Petites Antilles qui les mettent

à l’abri d’agaçantes curiosités.

Echappant à toute réglementation, ils ont

pris sur le marché financier mondial une

importance que la plupart ignorent. On

estime à une cinquantaine le nombre des

trusts — 80 % aux Etats-Unis et en

Grande-Bretagne — spécialisés dans les “derivatives”.

Leur terrain d’exercice s’est

haussé à des niveaux ahurissants. En 1988 estimés à

1 000 milliards de $, ils

auraient en 2005 atteint

285 000 milliards de $. Soit 7

fois le volume de l’économie

mondiale et 27 fois celui de l’économie

américaine.

Certes, les maîtres de l’économie globalisée et leurs valets des media spécialisés,

lorsqu’ils sont interrogés, ne manquent

jamais d’assurer que tout est en ordre.

Récemment, un rapport de la Banque des

Règlements Internationaux estimait que les

risques présentés par les dérivés du crédit

étaient « modestes par rapport au total des

risques existant dans le système financier

mondial ». Pourtant, de tels chiffres donnent le vertige. Et un spécialiste aussi

averti que le milliardaire spéculateur boursier Warren Buffet (lire article en page 11)

affirmait dès 2003 que les dérivés du crédit étaient « une mega-catastrophe en

devenir » et représentaient « une véritable

arme de destruction massive financière ».

Une menace qui vise directement trois institutions bancaires US majeures : JP Morgan-Chase, Bank of America et CitiBank.

On rappellera d’ailleurs qu’au cours des

vingt dernières années, les dérivés de crédits furent la cause de quelques séismes

boursiers fameux. Celui de 1987. Celui de

la Metallgesellshaft en 1993. Celui de la

banque anglaise Barings, une institution

vieille de 223 ans, que le raider Nick Leeson dynamitera en 1995. En 2001, Enron.

En 2003, Fanny Mae qui perd 1,9 milliard

de $ de “derivatives” et explose. Au fil des

années, des dizaines de sociétés — Cargill,

Procter, Sumitomo, etc., vont voir des centaines de millions de $ partir en fumée.

En septembre 1998, l’intervention de la

Réserve Fédérale (“Fed”) pour un montant

de 4 milliards de $ évitera que l’effondrement de Long Term Capital Management

ne fasse imploser le marché. Ce LTCM est

intéressant parce que ses promoteurs

Robert Merton et Myron Scholes avaient

reçu le 14 octobre 1997 le Prix Nobel

d’Economie pour leur « nouvelle méthode

d’évaluation des produits dérivés ».

L’Académie de Suède tenant à préciser :

« Ils ont développé des formules pionnières

d’évaluation des stock options… Ce qui a

généré de nouveaux types d’instruments

financiers et facilité un management du

C HOISI par George W. Bush avec le

soutien du Congrès, Henry dit Hank

Paulson est devenu le 28 juin

ministre des Finances à la place de John

Snow, démissionnaire… et aussitôt embauché par la première banque

d’investissements mondiale,

Goldman Sachs. Le plus

inquiétant est-il que Bush ait

confié ce poste à un tel personnage ou bien le silence de

béton qui aura entouré sa

nomination ?

Comme, déjà, le ministre des Finances de

Clinton, Michaël Rubin, Paulson était en

effet, depuis 1999, le PDG de Goldman

Sachs qui domine les Bourses occidentales

chancelantes. Avec, en 2005, quelque

5,6 milliards de dollars de profits. Et

1,5 milliard au premier trimestre 2006. Son

ex-président n’a pas à s’en plaindre, dont la

rémunération, stocks options compris, aura

été l’an dernier de 35 millions de $.

UN ETRANGE ECOLOGISTE

La fortune de ce fils de fermiers de l’Illinois, contraint par la loi de se défaire de

ses parts dans son entreprise — 3,23 milliards de $ —, atteindrait plus de 700 millions de $. Au point qu’on est en droit de

s’interroger sur les raisons qui lui ont fait,

à 61 ans, accepter une fonction ministérielle considérablement moins gratifiante.

Le sens du devoir, diront ceux qu’impressionne ce protestant rigide, appartenant à

la Christian Science et qui consacre ses

loisirs et une part importante de ses revenus à la défense de la “biodiversité”. Ainsi

appartient-il à la direction de Nature

Conservancy, créée en 1951, qui est, avec

3,3 milliards de $, la première ONG environnementale au monde. Il en préside

d’ailleurs la branche orientale, l’Asia Pacific Council. Mais c’est un militantisme

équivoque qui dévoile peut-être déjà un

aspect intéressant du personnage. Au sommet de ce Conseil, il a introduit le président de Sony, Nobuyinki Idei, Shoichiro

Toyoda, président honoraire de Toyota, et

le PDG de Ford, Bill Ford. Outre l’entretien d’un archipel corallien à Palau, en

Micronésie, il développe dans le Yunnan,

de conserve avec le gouvernement chinois,

un immense parc naturel protégé. Président-fondateur de l’Ecole d’Economie et

d’Administration de Tsinghua, à l’université de Pékin, Paulson a en effet ses entrées

en Chine communiste.

Pourtant Nature Conservancy, qui fait

l’objet d’une enquête du Sénat américain,

souscrit à des méthodes peu orthodoxes.

Faut-il s’en étonner lorsque siègent dans sa

direction les représentants d’un certain

nombre de multinationales de l’électronique et du Big Pharma qu’on a peine à

relier à la défense de l’environnement ? Et

c’est tout le débat : la biodiversité dont il

est question repose sur la technologie, les

sciences et l’analyse systématique mises en

pratique dans des zones protégées du

monde, définies comme

« les derniers grands

espaces ». Il est dommage alors que des terrains situés dans ces

zones privilégiées aient

été vendus par l’ONG à

ses membres très fortunés. C’est ce qui fait l’objet de l’enquête

du Sénat.

LA BULLE DES

“PRODUITS DÉRIVÉS”

Cette digression écologique n’est pas

sans intérêt car, malgré sa discrétion, Paulson est l’une des personnes les plus

influentes de l’économie mondialisée. Certains ont pu le comparer à Alan Greenspan,

le « fabulous virtuoso » de la finance globale. Et il se dit dans les milieux concernés que Paulson « serait aux produits dérivés du crédit — “derivatives” — ce que

Greenspan fut au crédit. L’un construisant

un empire de produits dérivés, l’autre un

10

Stupéfiant : le patron de Goldman-Sachs

Grand Argentier de Bush !

N° 2774 — 28 JUILLET — 3

ATTISÉE par les dernières convulsions du Proche-Orient, la polémique tend un peu partout dans le

monde vers une vraie révolution intellectuelle. En France, elle est désormais illustrée par les positions brutales d’un Finkielkraut : ne sommes-nous pas entrés dans

une ère nouvelle où l’antisémitisme de

papa, bien codifié et bien encadré, d’une

simplicité rassurante, aurait volé en

éclats ? Pendant un demi-siècle, la ligne de

démarcation était claire, même si déjà le

révisionnisme montrait la voie en fusionnant dans une solidarité exceptionnelle

l’extrême gauche et l’extrême droite et en

faisant de la contestation par de nombreux

intellectuels juifs (Maxime Rodinson,

Noam Chomsky et surtout Israël Shamir)

des vérités historiques et de la légitimité

sioniste un phénomène de moins en moins

marginal.

LE CHAUDRON PALESTINIEN

Depuis l’apparition en 1948 du Mensonge

d’Ulysse de Rassinier puis surtout, à la fin

des années 70, du Mémoire en Défense de

Faurisson, du Hoax of the Twentieth Century de Butz, de l’Institute of Historical

Review de Mc Calden ainsi que du formidable combat médiatique de Zündel, la

stratégie du gouvernorat des esprits fut

simple. Fabriquer des lois liberticides, jeter

en prison, comme en Allemagne, des

dizaines de contestataires ou leur retirer

tout moyen d’expression ou de survie en

faisant donner le tam-tam de la renommée

afin que nul n’ignore les terribles sanctions

qui frappaient la plus petite velléité de

“négationnisme”.

Tout au long de ces vingt-cinq années, le

révisionnisme fut assimilé au nazisme, au

racisme, au fascisme, à l’extrême droite,

bref une sorte de cocktail luciférien.

Appuyé sur les innombrables relais de

l’absurdité trotskiste née de Mai-68, le système fonctionna admirablement : en

Révision

D u c ô t é de s “ f inanc i e r s

Le 26 juin a été scellé à Luxembourg le mariage entre Arcelor et Mittal Steel ou, plutôt, l’absorption par le second du premier qui, pour échapper au prédateur indien, avait

envisagé une fusion avec le géant russe de l’acier Severstal (RIV. du 2/6/06). Lequel se

retrouve finalement cocu, à la grande fureur de Vladimir Poutine.

Mais sait-on que dans la « guerre sans concession » qui a opposé cinq mois durant Arcelor

et Mittal, les deux belligérants étaient conseillés par… deux frères ? Michael et Yoël

Zaoui, dont Le Monde a publié dans son n° du 1er juillet un portrait très fouillé — sans

préciser toutefois si les deux quadragénaires ont un lien de parenté avec l’avocat Michel

Zaoui, vice-président de la LICRA et très actif dans les procès Touvier, Papon, etc.

Michael, qui « travaille pour la banque d’affaires Morgan Stanley et a conseillé Arcelor », et

Yoël, qui « œuvre chez Goldman Sachs et s’est battu aux côtés de Mittal », tous deux chapeautant, « pour leur boutique, les activités de fusions et acquisitions en Europe », sont les dignes fils

de Charles Zaoui, qui « fut directeur de cabinet de plusieurs ministres au Maroc,

son pays d’origine, avant d’être directeur d’administration centrale à Rabat, puis de

rejoindre l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

à Rome et l’Unesco à Paris ». Ce sont aussi des amis de Jacques Attali qui a

confié au quotidien vespéral : « On dîne régulièrement mon frère Bernard

(ancien PDG d’Air France), les deux Zaoui et moi. On appelle ça les dîners de

A à Z. » L’ex-conseiller à l’Elysée et président de la BERD estime que si

les Zaoui « ont si bien réussi dans un environnement si particulier », celui de la

haute banque d’affaires américaine, c’est qu’ils possèdent « un très grand

sérieux, une très grande fiabilité ». Et, sans doute, de très hautes relations et protections

dans certain milieu communautaire.

VIOLEUR… AVEC L’AIDE DE L’ETAT !

Poursuivi devant la cour de Justice de Manhattan le 28 juin pour le viol de deux habitantes de Greenwich Village, dont l’actrice Kelly McGillis, le Noir Leroy Johnson, issu

d’une famille de drogués et qui avait commis son premier viol à 13 ans, a fait expliquer

par son avocat qu’il était sous l’empire de plusieurs substances médicamenteuses dont

le Viagra, qui lui avaient toutes été délivrées gratuitement dans le cadre de Medicaid,

programme d’aide sanitaire aux nécessiteux ! Toujours aux frais des contribuables, le

criminel suivait lors de son arrestation une formation de… garde du corps.

Condamné à 50 ans de prison, Johnson a qualifié son procès de « lynchage judiciaire » au motif que dix des douze jurés étaient blancs ainsi que le juge, qui de plus s’appelle

White.

Des marieuses très spéciales

pour l’union Mittal-Arcelor

DANS une société vouée au culte de

l’argent, les milliardaires américains Warren Buffet et Bill Gates

font figure de saints laïques. Les deux

hommes les plus riches de notre époque

n’offrent-ils pas leurs dollars pour édifier

un monde meilleur ?

« Dieu m’a donné mon argent… Je crois

qu’il est de mon devoir d’en gagner encore

davantage et de l’utiliser pour le bien de

mon prochain. » Cette définition de la philanthropie à l’américaine est

signée John Rockefeller

(1839-1937) dont les contributions diverses ont été estimées à 450 millions de dollars. D’autres capitaines

d’industrie avant lui ont fait

des donations évaluées aussi

en millions de dollars.

LA PLANÈTE DU BIEN

Les records sont battus

quand la fortune des deux

Américains les plus riches du

moment se chiffrent par milliards : Bill Gates (50 milliards de dollars) et son suivant immédiat Warren Buffet

(44 milliards) comptent

parmi les dix philanthropes

les plus généreux de la planète du Bien. Ainsi, lors

d’une conférence tenue à

New York le 26 juin dernier

par Warren et Bill, celui-ci

accompagné de son épouse

Melinda, le premier annonça

11

œuvre-t-elle activement pour l’accès des

pays pauvres à la technologie et, grâce à la

générosité de Bill et Melinda, dispose de

quelque 29 milliards de dollars, auxquels

s’ajouteront désormais les 31 dodus milliards de Warren Buffet. Basée à Seatle,

employant actuellement environ 250 personnes, cette fondation caritative travaille

de façon très concrète à l’amélioration planétaire de la santé — vaccinations contre

la poliomyélite dans le Tiers-monde et

financement de recherches

sur des vaccins contre le sida

et le paludisme qui ne doivent pas bénéficier qu’aux

pays riches, car « la santé

mondiale est la pierre angulaire du développement

humain. » Et avec la santé

pour tous, pour tous les

pauvres, sera réalisé le rêve

d’un monde idyllique !

Ami et partenaire de bridge

de Bill Gates, Warren Buffet, 75 ans, veut, à la

manière de Rockefeller,

« retourner à la société l’argent qu’il a gagné » et a été

convaincu par l’initiative de

la fondation Gates en vue de

combler le fossé entre les

pays riches et les pays

pauvres — d’où ce don faramineux pour faire appliquer

les principes de la charité

new look basée sur le fric et

le bluff. Mais, contrairement

au projet visionnaire du fondateur de Microsoft, il a bâti

sa fortune sur des valeurs

classiques, les produits de

grande consommation comme Coca-Cola,

les crèmes glacées, les assurances, etc. ; il

est aujourd’hui à la tête de Berkshire

Hathaway, une des plus riches sociétés

d’investissement. Par sa capacité à prévoir

les mouvements des marchés financiers, il

est écouté et suivi par le monde entier, tel

un oracle.

BIENFAITEUR DE L’ERETZ

Non content d’aider l’humanité souffrante que la pauvreté exclut de l’accès aux

médicaments et aux soins élémentaires, ce

self-made man, pourtant ni juif ni sioniste,

est également un bienfaiteur de l’Etat

hébreu dont il veut relever l’économie

défaillante en l’introduisant dans les circuits internationaux du mondialisme. Le

6 mai dernier, le plus gros investisseur du

monde a apporté la plus importante somme

jamais injectée dans l’économie israélienne : pour quatre milliards de dollars,

Warren Buffet a racheté 80 % des parts

d’ISCAR, le numéro deux de la machineoutil. D’autre part, ce gourou de la finance

à l’échelle planétaire a expliqué devant des

gestionnaires internationaux que l’Eretz

est pour lui la meilleure opportunité du

moment et qu’en dehors des USA, il préfère y placer son argent plutôt qu’en

Europe ou ailleurs, déclenchant ainsi en

Israël un afflux de capitaux internationaux.

Les billets verts pleuvent depuis sur l’Etat

hébreu, tel le Déluge biblique, puisque le

compère Bill Gates a également décidé

d’augmenter localement les activités de

recherche/développement de Microsoft, de

recruter sur place à cet effet des centaines

d’ingénieurs — espèce qui abonde parmi

le « peuple élu » dont le QI est le plus

élevé du monde, du moins s’en flatte-til — et de faire lui aussi l’acquisition d’une

firme israélienne, Whale Communication, pour 80 millions de dollars !

Warren Buffet et Bill Gates, les deux

amis américains et généreux philanthropes,

amputant leur fortune de plusieurs milliards de dollars pour l’amélioration de la

santé et des conditions de vie dans les pays

pauvres, financent ainsi leurs “dons” avec

l’argent que leur rapportent les juteuses

affaires qu’ils réalisent avec l’Etat

d’Israël ! Business is business…

Noëlle SACLET.

qu’il avait pris ses dispositions pour que

85 % de ses actifs (soit 37,5 milliards)

soient distribués, dans les années à venir, à

cinq fondations caritatives, dont 80 % à

celle de Bill et Melinda Gates, soit 30 milliards de dollars !

Bill Gates, 50 ans, au projet visionnaire,

a créé Microsoft parce qu’il pensait que

« la programmation informatique ouvrait

des possibilités immenses dans tous les

domaines de la vie. » Aussi sa Fondation

cation, de distribution et d’emploi… Ils

doivent être rapidement mis sous

contrôle. » Le 4 janvier 1997, LaRouche

réclamait la convocation d’un nouveau

Bretton Woods, assurant que « tous les systèmes financiers, tous les systèmes bancaires du monde sont en état de banqueroute ». Depuis rien n’a été fait. Le chaos

est là.

On se doute que la nomination extraordinaire du directeur de Goldman Sachs à la

tête de l’économie et des finances étatsuniennes est en rapport direct avec cette

dramaturgie. Officiellement, il est là pour

rétablir une situation compromise entre inflation et

déflation, personne ne

voyant — à commencer par

Bernanke, le président du

“Fed” — comment échapper

à l’une sans tomber dans

l’autre. Paulson a fait savoir

qu’il était partisan d’une

réduction du déficit budgétaire, contre le

relèvement des impôts, pour une réévaluation du yuan chinois, contre les niches et la

fraude fiscales. Bla-bla-bla… C’est l’économie et la finance mondiales qui sont

menacées. Tandis qu’un gigantesque tsunami est en train de gonfler sous le scandale Wanta — 27 500 milliards de $ détournés — une affaire qui, montée à l’occasion

de l’effondrement de l’empire soviétique,

implique toute la classe dirigeante US, de

Reagan à l’actuel Bush en passant par les

Clinton, Hillary autant que Bill, la CIA,

Gorbatchev et les plus grosses banques

d’affaires mondiales. Plus personne,

semble-t-il, ne paraît en mesure d’étouffer

un processus de nature à faire exploser le

système financier international. “Hank”

Paulson a de l’ouvrage devant lui…

Jim REEVES.

Milliardaires… mais philanthropes !

31 AOÛT 2006 — RIVAROL

France, en Autriche, en Italie, en Belgique,

en Allemagne, en Suisse, toute émergence

d’un embryon de critique de l’Histoire

officielle du XXe siècle ou des bastions

politiques qui l’ont faite dogmatique provoquait la descente dans les rues de populaces rééduquées venues brailler les slogans nés de la nouvelle religion droit-del’hommiste.

Certains — notamment parmi les élites

intellectuelles et économiques juives — le

voyaient venir depuis plusieurs décennies :

le chaudron palestinien allait tôt ou tard

faire exploser la belle mécanique. De fait,

l’Intifada a peu à peu limé le formidable

verrou de silence et de désinformation. Les

guerres impériales sionistes et pétrolières

de la dernière décennie ont fait prendre

conscience à la planète de nouvelles solidarités jusque-là impensables. L’émergence des néo-cons bellicistes aux USA,

inféodés au Likoud comme l’ont montré

les deux chercheurs de Harvard Stepher

Wald et John Merscheimer (voir notre dernier n°), fut un coup terrible pour l’image

historique du « petit peuple martyr ».

Lorsque l’étudiante américaine Rachel

Corrie est délibérément écrasée par un

bulldozer de l’armée israélienne parce

qu’elle refuse de s’écarter d’une maison de

Gaza destinée à être rasée, Internet

explose. Rachel devient l’héroïne planétaire d’une nouvelle croisade dont le sionisme, quel qu’il soit, représente l’ennemi,

la victime prend visage de tortionnaire. Les

multitudes islamiques introduites depuis

un demi-siècle dans les pays européens

pour saper les sociétés traditionnelles ricanent devant la Shoah, seules les intéressent

les atrocités perpétrées par Israël. Le

13 juillet, Actualité juive félicitait

l’EUMC, organisme de l’Union européenne pour la lutte contre le racisme et la

xénophobie, de « constater enfin l’émergence d’un antisémitisme autre que d’extrême droite » dans son dernier rapport,

qu’elle jugeait cependant « totalement

insuffisant » car d’une « prudence

extrême » sur les actes du « nouvel antisémitisme » qui « peuvent être commis par

des musulmans ».

LA POLITIQUE ECONOMIQUE

DE HITLER LOUÉE…

A CHICAGO !

Un fait récent illustre le basculement

idéologique en cours, qui s’est passé à la

Glenview State Bank, basée à Chicago et

filiale du groupe Cummins-American Corp.

Dans une lettre interne, son directeur général, Mr Raub, décrivant la situation économique grave dans laquelle se trouvent plongés les Etats-Unis, a fait l’éloge… du chancelier Hitler, « seul homme d’Etat important des années 30 qui ait rétabli avec succès l’économie de son pays alors que les

autres, comme le président Franklin Roosevelt, en étaient incapables… Il incita les

Allemands à travailler plus dur que n’importe où en Europe. » Et le banquier de

poursuivre : « La Grande Dépression des

années 1930 a vu l’effondrement des prix,

un chômage terrifiant et une Bourse mise

en pièces dans le monde entier. Tous les

chefs d’Etat paraissaient incapables de

stopper l’effondrement. A l’exception d’un

seul. Son nom est Adolf Hitler. A la différence de la France et de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, non seulement

l’Allemagne n’a pas décliné mais elle n’a

cessé de se développer. »

Raub conclut d’une façon qui, prise à la

lettre, supposerait une remise en question

draconienne du système économique, politique et idéologique dans lequel depuis

soixante ans le monde a été entraîné : « Si

nous parvenons à comprendre pourquoi

l’Allemagne de la période dépressive a su

résister à la débâcle, alors nous serons

infiniment mieux alertés sur ce qu’il

convient de faire aujourd’hui, en ce début

du XXIe siècle… »

Certes, Richard Hirshhaut, directeur

régional de l’Anti-Defamation League

(ADL) of B’naï Brith, chapitre de Chicago,

a aussitôt exigé des excuses (« La politique

économique d’Hitler, écrivait-il, ne peut

être dissociée de ses grandes entreprises

de génocide, de racisme et de virulent antisémitisme. Il n’existe aucune circonstance

qui puisse prétendre faire d’Hitler un

modèle. ») et la Glenview State Bank a

demandé « sincèrement pardon pour cette

erreur » et présenté ses plates « excuses

pour cet égarement. »

Aucune publicité n’a cependant été donnée à une affaire qui, en d’autres temps, eût

été claironnée aux quatre coins du monde.

Qu’on se souvienne du “séisme” provoqué

il y a huit ans par les propos, favorables à

Hitler, de Jörg Haider sur la politique

sociale du IIIe Reich. Le virage en cours

aux Etats-Unis atteindra-t-il l’Europe ?

J. R.

FINKIELKRAUT,

CLONE DE DIDEROT ?

Sont-ce les lycéens camerounais ou leurs

correcteurs de l’épreuve de français du

baccalauréat qui vont se faire taper sur les

doigts ? Les potaches avaient en effet à

plancher sur un « extrait d’une œuvre du

XVIIIe siècle ». Or, il s’agissait en réalité

d’un passage de « La Défaite de la

pensée », livre d’Alain Finkielkraut publié

en 1987 !

Les initiateurs de l’épreuve se justifient

en estimant que « le style et le ton de l’auteur n’avaient rien de commun avec le

XXe siècle. Il renvoyait plutôt au

(XVIIIe) siècle que nous vous avons indiqué, au regard des caractéristiques littéraires du texte, tel que nous l’enseignons

à nos élèves ».

L’affaire est d’autant plus gênante pour

le Cameroun que fin 2005, Finkielkraut

avait été vivement attaqué dans ce pays

pour ses propos “mélanophobes” et sa

sortie sur « l’équipe de foot black-black-black » qui fait de la France la risée du monde

entier.

nnisme… bancaire

(Dessin de CHARD.)

qui mènent l e mond e ”

Pure coïncidence de calendrier : les chapitres généraux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) et de la Fraternité

sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) se sont

déroulés la première quinzaine de juillet.

Le 7 juillet a été élu à Wigratzbad

(Bavière) pour six ans à la tête de la FSSP

l’abbé John Berg, un prêtre américain de

36 ans qui a étudié la philosophie aux EtatsUnis et la théologie en Allemagne et à

Rome et qui a exercé des fonctions pastorales et d’enseignement aux Etats-Unis.

L’abbé Berg est le troisième Supérieur

Général de la Fraternité Saint-Pierre

(<www.fssp.org>) depuis sa fondation en

1988 après les abbés Bisig et Devillers. Le

Chapitre Général de la FSSP

a également élu le Conseil du

Supérieur Général constitué

comme assistants des abbés

Patrick du Faÿ de Choisinet,

Almir De Andrade et Charles

Van Vliet et des abbés Josef

Bisig et Alban Cras

(conseillers).

Le 11 juillet, Mgr Bernard

Fellay a été réélu pour douze

ans à la direction de la FSSPX

(<www.laportelatine.org>). Ce

prélat de 48 ans, ordonné

prêtre en 1982 puis sacré

évêque par Mgr Lefebvre en

1988, occupe la fonction de

supérieur général de la

FSSPX depuis 1994. Pour le

seconder jusqu’en juillet 2018

à la tête de cette société sacerdotale fondée en 1970, le chapitre général réuni au séminaire d’Ecône a élu comme

premier assistant l’abbé Niklaus Pfluger, un prêtre suisse

allemand né en 1958 et

ordonné en 1984, supérieur

du district d’Allemagne et

comme deuxième assistant

l’abbé français Alain-Marc

Nély, né en 1950, ordonné en

1985 et actuellement supérieur du district d’Italie. Mgr

Fellay est le troisième supérieur général de la FSSPX

après Mgr Marcel Lefebvre (1970-1982) et

l’abbé Franz Schmidberger (1982-1994). Le

plus jeune des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X aura notamment à gérer la

poursuite des discussions avec le Vatican,

négociations qui ont commencé à l’été 2000

sous Jean-Paul II et se sont intensifiées

depuis l’avènement de Benoît XVI.

La FSSPX fait savoir d’autre part que

dans les écoles de garçons dirigées par

ses prêtres en France, sur les 76 candidats présentés au baccalauréat, 75 ont

été reçus (soit un taux de 98,6 % de réussite) dont plus de la moitié avec mention, 5 d’entre eux obtenant une mention Très Bien.

12 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL

RIVAROL : Gerhard Frey, peu avant la

rencontre entre George W. Bush et la

nouveau chancelier fédéral en prélude au

sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, votre

maison d’édition, FZ Verlag, a publié une

étude très critique sur Angela Merkel

(Wem Dient Angela Merkel ?). Que lui

reprochez-vous exactement ?

Gerhard FREY : Nous reprochons à

Merkel de diverger de notre loi fondamentale — le Grundgesetz — qui stipule que

l’action politique doit être utile au peuple

allemand. De même que, naguère, Merkel a

avec sa famille, “émigré” de Hambourg en

Allemagne de l’Est, effectuant ainsi une

démarche louangeuse pour la puissance

soviétique, de même aujourd’hui se

consacre-t-elle uniquement aux intérêts des

USA et d’Israël. Les intérêts du peuple allemand ne jouent donc pratiquement aucun

rôle pour elle. L’Allemagne a besoin d’une

politique de paix et de neutralité, d’amitié

aussi avec les nations et les Etats, et surtout

pas d’appuyer des interventions militaires.

R. : Pensez-vous que ses premiers mois

en tant que chancelier fédéral d’Allemagne confirment votre analyse ? A votre

avis, quels sont les points positifs et les

points négatifs de son action ?

G. F. : Je le répète : je ne trouve absolument rien de positif dans la politique de

Merkel depuis son accession à la chancellerie. La route où elle s’est engagée fait de

nous des alliés objectifs d’Israël et des USA

et sape notre traditionnelle amitié avec le

Proche-Orient. Sa politique économique est

stupide : l’augmentation drastique de la

TVA va encore aggraver le chômage.

R. : Quelles chances de durée attribuezvous à la grande coalition CDU/SPD ?

G. F. : Dès lors qu’il n’y a pas vraiment de

différence entre CDU et SPD, cette grande

coalition peut fort bien aller jusqu’à la fin

de la législature !

R. : En cas d’échec de cette coalition,

pensez-vous que la droite radicale allemande et notamment le parti DVU que

vous avez fondé puissent en profiter ?

G. F. : Nous entendons que la DVU ne soit

pas un parti extrémiste de droite, mais bien

qu’elle représente les intérêts du peuple

allemand. Je suis convaincu que nous allons

obtenir des succès électoraux de plus en

plus nets et qu’en même temps la Police de

la Pensée surenchérira encore dans la diabolisation de tous les efforts allemands.

R. : A votre avis, à quoi est due la stagnation de la droite de conviction en Allemagne alors que, comme en France, au

Danemark ou en Grande-Bretagne, la

présence d’une très forte immigration et

l’abandon du droit du sang au profit du

droit du sol auraient dû lui être favorables ?

G. F. : Le peuple allemand a subi, surtout

durant les dix dernières années, un processus de lavage de cerveau. La télévision ne

nous a pratiquement pas laissé la possibilité

d’exprimer nos objectifs réels, nous y

sommes calomniés et diabolisés. Et pourtant nous sommes déjà représentés aux parlements régionaux du Brandebourg et de

Brême.

R. : Quelle est l’audience de la DVU et

de l’hebdomadaire National Zeitung, que

vous dirigez, dans les Nouveaux Länder ?

G. F. : Contrairement à la présentation

qu’en font nos adversaires, les lecteurs de

la National Zeitung et les électeurs de la

DVU ne sont pas les mêmes. Nos lecteurs

appartiennent pour une grande part à une

catégorie de gens hautement diplômés et

cultivés ; les électeurs de la DVU appartiennent, eux, majoritairement à la jeune génération.

R. : Comme RIVAROL, la National

Zeitung avait été très hostile à l’invasion de l’Irak que Gerhard Schröder,

alors chancelier, avait condamnée.

Comment réagissez-vous aux dernières

révélations selon lesquelles, dans le

même temps, les membres des services

secrets allemands encore à Bagdad

renseignaient le Pentagone sur la situation en Irak et les capacités militaires

de Saddam Hussein ?

G. F. : Nous ressentons les positions de

nos media, notamment à propos de l’Irak,

comme une infamie, parce qu’ils donnent

du peuple allemand une image de complices des agresseurs, alors que les Allemands, dans leur immense majorité, refusent carrément toute guerre, et par-dessus

tout cette guerre-là. Comme ils condamnent l’agression à laquelle se livre

aujourd’hui Israël contre les populations

de Gaza et du Liban.

R. : Vous avez toujours milité, par vos

écrits et vos publications, pour une relecture de la Seconde Guerre mondiale et la

déculpabilisation des Allemands. Que

pensez-vous du procès intenté au révisionniste Ernst Zündel à Mannheim et de la

lourde condamnation de l’historien

anglais Irving à Vienne ?

G. F. : Les « autorités morales » occidentales reprochent volontiers à des Etats noneuropéens leurs restrictions à la liberté d’expression. Mais, par des procès comme ceux

que vous évoquez, ce même Occident

encourt le reproche d’être bien hypocrite. Le

président iranien Ahmadinejad a ainsi pu

déclarer qu’on peut bien chez nous se

moquer impunément du Christ et de la Chrétienté, mais que l’holocauste y bénéficie

d’une protection judiciaire. Nous pouvions

vivre, jusqu’à il y a vingt ans, sans ce genre

de procès, qui à mon avis dégradent l’image

de l’Allemagne dans le monde.

R. : Quelle est votre position sur le traité

de constitution européenne ?

G. F. : Nous refusons énergiquement, avec

la grande majorité des Français, Néerlandais, Allemands et Autrichiens, cette constitution européenne ; nous voyons en elle la

tentative d’éradiquer encore plus les droits

fondamentaux inscrits dans nos constitutions

nationales. De toute façon, nous refusons

l’Union européenne dans sa définition

actuelle, car les peuples y sont privés de

droits et elle donne toute-puissance aux

bureaucrates illégitimes de Bruxelles tout en

pressurant nos contribuables. Le but que

nous recherchons est une Europe de nations

amies coordonnant leurs intérêts.

Ainsi, permettez-moi de saluer très chaleureusement les lecteurs de RIVAROL, ainsi

que votre rédaction, admirable dans ses courageux combats. Que Dieu vous protège, et

la France, et l’Europe.

Propos recueillis par

Jacques LANGLOIS.

ANTINAZISME :

LE MIEUX EST

L’ENNEMI DU BIEN

Déception pour la société allemande Nix

Gut, qui avait cru trouver un créneau aussi

humaniste que lucratif en vendant outreRhin des symboles antinazis, par exemple

des autocollants représentant le svastika

barré de rouge. Or, le parquet de Stuttgart

a décidé de poursuivre Nix Gut au motif

que si ces symboles sont « peut-être clairs pour

les Allemands », on n’ose « imaginer la réaction d’un touriste japonais qui voit ça », s’est indigné

le procureur.

Nous est avis qu’un Japonais ne doit pas

être trop terrifié par la vue d’un svastika,

motif des plus répandus dans son pays

comme dans tout l’Orient extrême. Mais

est une fois de plus vérifié l’adage selon

lequel l’enfer, surtout démocratique, est

pavé de bonnes intentions.

Gerhard FREY : “Pour une Europe

de nations amies coordonnant leurs intérêts”

● Né en 1933 dans l’Oberpfalz d’un père ancien

combattant de la Grande Guerre et militant du

Bayerischen Volkspartei (BVP), Gerhard

Michael Frey étudia le droit aux universersités

de Munich et de Graz en Autriche et fit ses

débuts de journaliste à la Neue Presse de Passau

ainsi qu’à la Deutsche Soldaten-Zeitung d’où

naquit en 1954 la Deutsche National-Zeitung,

hebdomadaire dont le tirage a parfois atteint

100 000 exemplaire et qui, sous son impulsion,

donna naissance à une maison d’éditions très

prospère, la DZ Verlag. Depuis sa création, la

National Zeitung qui se décrit parfois comme le

« journal frère » de RIVAROL combat la désinformation sur la Seconde Guerre. Candidat du

NPD en 1969, Gerhard Frey fonda ensuite son

propre parti, la Deutsche Volksunion, très hostile à l’Ostpolitik menée par Willy Brandt et qui

axe maintenant son action sur la lutte contre

l’immigration-submersion.

Elections chez les tradis

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE DE JUILLET 2006

Jean-Marie LE PEN : Pour un référendum sur le rétablissement de la peine capitale — Jacques MARLAUD : La France s’enfonce, l’Europe se couche — Georges

HUPIN : Flandres, retour sur un drame — René BLANC : Le football, rouleaucompresseur de l’idéologie mondialiste — Noëlle SACLET : Qu’est devenu Mengistu, le “Négus rouge” ? — Jacques-Marie URVOY : Bloc-notes d’un catholique

— Anne BRASSIÉ : Une éducation très réussie — Marcel SIGNAC : Un tricentenaire, Mme du Châtelet, l’égérie de Voltaire — Carrefour des lecteurs — Patrick

LAURENT : La belle triade de Cannes — SOMMAIRE DES PRÉCÉDENTES

LIVRAISONS — Notes de lecture — Bibliothèque.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.

UN PASTEUR SUÉDOIS

CHOISIT LA FSSPX

Des pasteurs de l’Eglise anglicane ne sont pas seuls à

revenir au catholicisme devant les dérives de leur hiérarchie. En Suède, le luthérien Sten Sandmark, pasteur

de la paroisse d’Oskarshamn, en face de l’île de Gotland, vient d’annoncer qu’il quittait l’église luthérienne

et “retournait” à l’Eglise romaine. Idée qu’il caressait

depuis une dizaine d’années et qu’il aurait concrétisée

plus tôt mais l’évêque de Stockholm, seul prélat catholique en Suède, l’avait accueilli plutôt fraîchement, préférant lui parler du « cheminement parallèle des Eglises-sœurs

vers le Christ universel ». De plus, avoua le pasteur, « le rite

moderne de l’Eglise catholique ainsi que la théologie contemporaine » l’ont longtemps retenu de franchir le pas : « Je ne

pouvais quitter le luthéranisme pour le retrouver de l’autre côté. »

C’est quand il a accueilli, dans sa propre église d’Oskarshamn, le pèlerinage de l’UNEC sur les traces de

sainte Brigitte (1) et que fut célébrée la messe de Saint

Pie V avec une schola grégorienne venue de France,

que le pasteur décida, ainsi que son adjoint, le jeune

séminariste Joakim, de se convertir officiellement. Ce

qui aura lieu le 30 juillet en France dans une église de

la Fraternité Saint-Pie X. Il n’est pas exclu qu’une partie de la congrégation suive Sten Sandmark.

_____

(1) L’UNEC organise un autre pèlerinage “brigittien”, cette

fois en Norvège, du 5 au 14 août 2006 à l’initiative de

l’UNEC. Part. : 1 390 € par personne en chambre, messe du

rite St Pie V tous les jours, hôtels sélectionnés, visite des fjords.

Rés. Voyages BOURMAUD, BP 21, 85620 Rocheservière,

tél. 02-51-94-90-71.

la domination de cette Méditerranée du

Nord.

Cela reste vrai aujourd’hui, et nous ramène

d’ailleurs au sommet de Pétersbourg, alors

que se dessine une voie baltique naturelle

des exportations énergétiques russes vers

l’Europe. Comment Poutine pourrait-il

oublier que les principaux débouchés de

l’Union soviétique sur la Baltique ont été

perdus avec l’indépendance retrouvée des

pays baltes ?

ENTRE SUOMI ET BALTIKUM,

LES ENJEUX DEMEURENT

Le retour de la Russie, par une stratégie

énergétique avec la construction d’un

« oléoduc baltique » (grâce à l’ancien

chancelier allemand Schröder qui, pour

prix de ses bons offices, est devenu au

grand scandale de la Pologne mais aussi de

ses compatriotes l’un des pontes richement

stipendié de Gazprom) et d’un nouveau

port pétrolier à Primorsk, inquiète les Etats

riverains. La lutte pour la Baltique n’appartient pas totalement au passé et les touristes ignorent le plus souvent que leur

bateau, quand il passe de Tallinn à Gdansk,

longe les côtes de la Russie par son enclave

de Kaliningrad (Königsberg) entre Pologne

et Lituanie.

La Baltique, que l’on considère souvent,

mais à tort, comme une mer hors de l’hisJ

E N’ÉTAIS pas retourné à Pétersbourg

depuis plus de deux ans. En deux ans,

Poutine a incontestablement mis les

bouchées doubles pour faire de l’ancienne

capitale impériale, à laquelle il est charnellement attaché, le symbole du retour de la

Russie sur la scène internationale.

L’AIGLE A DEUX TÊTES

Vladimir Poutine est né dans la ville fondée par Pierre le Grand, il y a exercé l’essentiel de sa carrière — au sein du KGB. Cette

ville, il l’a connue comme Leningrad, la bolchevique austère et abandonnée, il en a refait

Saint-Pétersbourg la brillante et la capitale

diplomatique de sa Russie qui se veut

grande puissance économique, politique et

culturelle.

Ce tsar-là continue décidément à vouloir

chevaucher les contradictions. Il a dû manifestement rêver devant le croiseur Aurore,

toujours aussi visité d’ailleurs (voir cicontre), au drame de la dynastie des Romanov en leur Palais d’été. Tout homme, disait

Lawrence, « est une guerre civile ». Poutine

peut-être un peu plus que les autres. Il tente

de réconcilier les Russes avec la grande fracture, il honore le tsarisme sans condamner le

soviétisme et donne en fait deux capitales à

la Russie : Moscou, celle du cœur de l’empire, et Pétersbourg, celle de la diplomatie

ouverte à l’Ouest par la Baltique. Son aigle

a bien deux têtes.

SOMMET SUR FOND DE GUERRE

Du 15 au 17 juillet, il a reçu les grands de

ce monde pour un sommet du G8 — un club

dont il a forcé la porte —, dans le palais

Constantin qui a été, comme la plupart des

palais de la ville, entièrement restauré, à prix

d’or et souvent avec des fonds privés. La

Russie attire à nouveau les capitaux et

Pétersbourg est redevenue la porte économique de l’empire.

Ce sommet n’a certes pas répondu à toutes

ses espérances, mais c’est tout de même lui

qui en est sorti vainqueur au milieu d’une

communauté internationale largement déstabilisée par le nouveau conflit du ProcheOrient, qui a souligné ses divisions et surtout son impuissance. Cette crise a fait monter le prix du pétrole et du gaz, ce qui a renforcé la place retrouvée de la Russie parmi

les grands malgré les divergences sur l’énergie justement et la porte encore fermée à

Moscou par Washington de l’Organisation

mondiale du commerce.

L’agression israélienne contre le Liban a

permis à Poutine, tout juste débarrassé du

chef rebelle tchétchène Chamyl Bassaev, de

jouer le rôle de juge de paix modéré et équilibré, prenant en compte les torts des uns et

des autres. Il a fait oublier toutes les critiques

sur son autoritarisme. Son sourire contrastait d’ailleurs avec les traits tirés par un certain désarroi des Bush, Chirac ou Blair. La

communauté internationale après des atermoiements, notamment ceux du président

français passé sans honte d’une position

défavorable à Israël à une condamnation du

Hezbollah dans la ligne américaine (voir

édito du 21 juillet), se contente d’une unité

de façade qui ne trompe personne. Grâce à

Bush, cette unité fait cependant le jeu de

l’Etat hébreu.

PRÉSIDENCE EUROPÉENNE,

NOSTALGIE HANSÉATIQUE

La Russie de Poutine a donc confirmé son

retour à St-Pétersbourg et le choix de cette

ville est plein de sens car elle porte en effet

un autre symbole que celui de l’ouverture

économique ou culturelle du monde slave

vers l’Europe. Elle rappelle la volonté historique de la Russie de, comme tant d’autres

pays, dominer la Baltique. On peut voir des

signes de ce nouvel enjeu mondial dans le

fait que la présidence tournante de l’Union

européenne soit jusqu’au 31 décembre assumée par la Finlande, dans le fait aussi que la

crise survenue en Méditerranée orientale ait

été discutée dans une des grandes villes de

cette « Méditerranée du nord », ce Baltikum

des Germains, ce lac suédois.

Quand on effleure, comme je l’ai fait ce

mois de juillet, plusieurs capitales de la Baltique, on a le sentiment certainement trompeur que le seul souci de tous ces pays riverains, mais si divers, c’est uniquement le

tourisme. Il y a une frénésie croisiériste

indiscutable — les paquebots luxueux croisent les navettes et ferrys plus populaires. A

Tallinn en Estonie, cette ville balte fondée

par les Danois, important comptoir de la

Hanse et qui ressemble donc aux cités du

Moyen Age allemand sur le Rhin, les Américains âgés et souvent obèses qui débarquent en masse des palaces flottants croisent

les flots de jeunes Finnois ignorant le passé

livonien de la cité, venus faire la fête — surtout alcoolisée — dans une ville plus gaie et

moins chère qu’Helsinki. C’est Pierre, le

fondateur de Pétersbourg, qui conquit Tallinn à la Suède pour en faire le grand port de

la flotte de guerre russe sur la Baltique. Ainsi

changent les souverainetés en Baltique

comme nulle part ailleurs.

Ce qui frappe partout au niveau du paysage, c’est la verdure, les forêts, la beauté de

la nature et une faible démographie. Il y a à

Helsinki une opulence moderniste et informatique dans une architecture un peu grise.

La capitale qui a échappé de peu à la nuit

soviétique gère un passé récent et architectural très social-démocrate, comme si on

avait par les immeubles préparé la population à différentes hypothèses socialistes.

L’animation d’aujourd’hui veut éloigner le

souvenir des inquiétudes d’hier. A Tallinn

également on s’étourdit pour oublier le

passé, celui de la terrible oppression soviétique. Mais c’est certainement à Gdansk,

l’ancienne Dantzig teutonique, que l’impression est la plus forte. La vieille ville libre,

magnifique, a été reconstruite à l’identique

et c’est une merveille. C’est un exorcisme

de pierre, un acte de foi dans un passé plus

heureux reconstitué pour oublier les brûlures

de l’histoire, la destruction de Dantzig

d’abord par les bombardements alliés puis

par les blindés de l’Armée rouge, la déportation de la population allemande d’origine

et l’oppression soviétique des Polonais de

substitution. Les chantiers navals sans activité de Lech Walesa — bien oublié — sont

envahis de bus attendant les touristes des

croisières.

L’impression donnée par Stockholm est

différente, la ville — l’une des plus belles

d’Europe entre mer, lac et canaux — représente le destin à part et préservé d’un pays

qui fit de la Baltique un lac suédois et qui se

prend avec le Danemark et la Norvège à

rêver d’un néo-scandinavisme spécifique

dans l’ensemble européen.

La Baltique peut-elle redevenir un trait

d’union et de prospérité comme au temps de

la Ligue hanséatique ? Le boom touristique

et le retour d’une libre circulation des

échanges paraissent le faire espérer. L’influence économique de l’Allemagne, exercée indirectement par les länder voisins dans

une évidente néo-stratégie hanséatique,

semble discrète mais primordiale. Mais cette

ligue, véritable guilde de l’Europe du Nord

dont la Baltique était le « mare nostrum »,

qui faisait et défaisait les rois au Danemark

et régnait sur Novgorod, a cédé devant les

ambitions nationales.

Le rêve de développement économique

transnational s’est toujours heurté à celui de

toire d’aujourd’hui, comme un espace

neutre, a toujours été un enjeu et le demeure.

De ses rives suédoises ont déferlé ces Goths

qui ont germanisé l’Europe puis les

Varègues de Rurik qui ont civilisé les Slaves.

Les Chevaliers Porte-Glaive et autres Teutoniques ont rythmé la Drang nach Osten du

germanisme refluant ensuite devant le slavisme polonais puis soviétique malgré

l’odyssée des Corps-Francs. La Baltique a

été scandinave, dominée par la Suède, puis

elle a vécu au rythme de l’effondrement de

la puissance oubliée polono-lithuanienne et

de ses dépeçages favorables aux Prussiens

ou aux Russes avec une remarquée parenthèse napoléonienne. Elle a subi la domination de Moscou puis de Berlin. Toute sa rive

sud a connu la domination de l’URSS et son

épuration ethnique des Allemands. La Finlande et ses combattants des Guerres d’Hiver et d’Eté se sont sauvés de justesse de la

catastrophe soviétique par un héroïsme guerrier hérité des âges obscurs et — à juste

titre — célébré encore aujourd’hui. Les

Finno-ougriens du Suomi (nom indigène de

la Finlande), directement passés du paganisme du Kalevala au protestantisme luthérien par la Suède, ont vécu, comme les

peuples baltes, la difficulté de rester soimême quand on est si peu nombreux. Leur

réussite économique et culturelle, alors qu’il

y a trente ans encore beaucoup d’entre eux

étaient éboueurs en Suède — qui les méprisait —, reste un exemple extraordinaire de

volonté nationale.

La Baltique est une possibilité de prospérité menacée par les ambitions des puissances dans un espace d’équilibres fragiles

où se heurtent des peuples divers. Le tourisme mondialisant pourrait le faire oublier,

la stratégie énergétique, la géopolitique sont

là pour nous le rappeler et le sommet de StPétersbourg en a apporté une spectaculaire

démonstration.

Le Baltikum des Corps-Francs paraît

presque aussi lointain que le souvenir de

leurs ancêtres teutoniques. Et pourtant, écrivait Ernst Jünger en 1925, « Je vois se lever

en Europe une génération nouvelle de chefs

de file qui ne connaîtront ni peur ni répugnance à verser le sang, dénués d’égards,

habitués à souffrir terriblement, mais aussi

à agir terriblement. » Ce sont « les réprouvés » célébrés par Ernst von Salomon, les

« porteurs maudits de forces créatrices »,

résolus à tout, après la Grande Guerre, pour

maintenir un Reich chancelant et des frontières menacées. Loin vers l’Est, dans les

Pays baltes, face à l’Armée rouge, ils tenteront de reconquérir les terres du Baltikum,

un nom qui deviendra leur symbole. Dominique Venner leur consacra un superbe livre

qu’on lira pour ne pas oublier que la région

de l’ambre est aussi un rivage de fer et de

feu.

Pierre-Patrice BELESTA.

Après le sommet de St-Pétersbourg :

Quel avenir pour la Baltique ?

J’ai beaucoup regretté de ne pouvoir

être présent, pour des raisons familiales, aux obsèques de Maître GeorgesPaul Wagner. C’était un homme — un

vrai — pour lequel j’avais un profond

respect, une grande admiration et aussi

une réelle affection, née au cours de ces

années où j’ai eu l’occasion de travailler avec lui (tu t’en souviens, Françoise) pour apporter aux cadres du FN

cette formation doctrinale sans laquelle

l’action politique risque de n’être qu’un

feu de paille. J’ai alors découvert un

homme d’exception. Probité, générosité, ouverture d’esprit, vaste intelligence et vaste culture : les mots manquent pour qualifier les qualités du

gentilhomme que fut Georges-Paul

Wagner. L’avoir côtoyé est un honneur.

Sa fidélité maurrassienne m’a ému.

Moi qui ne suis pas maurrassien —

tout en ayant conscience de l’immense

apport de Maurras à notre vision politique — j’ai eu beaucoup de joie à visiter, sous la conduite de Georges-Paul

Wagner, la maison de Maurras. Le

Maître revivait dans les paroles,

toutes marquées de simplicité et d’une

chaleur émouvante, de ce disciple fervent mais lucide. C’est cette journée

passée, sous le soleil de Provence, en

compagnie de Georges-Paul Wagner

et de Jean Madiran, qui m’a incité à

relire d’un œil neuf bien des ouvrages

de Maurras. Beau voyage, en vérité.

Qui m’a amené à mieux prendre en

compte la place, immortelle, que tient

Maurras dans le génie de notre civilisation. Ces quelques mots sont pour

moi une façon de remercier GeorgesPaul Wagner, pour tout ce qu’il a fait

dans sa vie de lutteur, combattant

pour la vérité en appliquant, avec

cette calme détermination qui était sa

marque, la maxime de son vieux

Maître : « Le désespoir en politique est

une sottise absolue ».

Pierre VIAL.

QUI EST LE BARBARE ?

« Un Allemand apporte la tête de sa femme

dans une station-service », annonçait le

21 mars l’Associated Press sur son “fil”

international. Dépêche reprise deux

mois plus tard par le moteur de

recherches sur internet Google Deutschland qui précisait toutefois : « Der

Deutsche türkischer Herkunft ». Autrement

dit, l’“Allemand” était d’origine turque.

Mais c’est la dépêche initiale qui restera

gravée dans la mémoire collective mondiale comme la preuve de la barbarie

teutonne.

N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 13

Hommage à Georges-Paul Wagner

RIEN n’est innocent. Surtout pas

l’histoire et encore moins la plus

ancienne, qui touche aux racines

des peuples et de leurs civilisations. L’histoire est devenue l’otage de l’idéologie

dominante qui l’instrumentalise pour se

légitimer. Cela s’est toujours fait mais cela

ne cesse d’empirer. On n’hésite pas à

déformer la vérité et à occulter les découvertes qui gênent le dogme. La démocratie

mondialiste et antiraciste adopte un comportement sectaire sur tous les sujets ; les

Galilée et les Copernic d’aujourd’hui ne

sont pas mieux traités et on refuse même

de les entendre, ils ne peuvent même plus

plaider leur cause dans des procès partiaux.

Deux grands tabous veulent à tout prix

s’imposer aux chercheurs.

LUMIÈRE SUR LES ARTS

PREMIERS, OCCULTATION

DE NOTRE PASSÉ

Alors qu’on nous bassine avec les « Arts

Premiers » — à condition qu’ils soient les

plus exotiques possible —, les découvertes

non politiquement correctes sont ainsi

occultées, nous l’avons dit, et pourtant

elles sont de plus en plus nombreuses, et

dans tous les domaines. L’homo europaeus

se serait répandu sur la planète bien avant

les colonisations historiques connues. On

commence à l’admettre pour l’Amérique

avec la civilisation de Solutré venue d’Europe et antérieure à l’arrivée des PeauxRouges et l’Homme de Kennewick, et la

présence des Proto-Aryens en Asie commence à prendre elle aussi toute sa place

dans la matrice humaine de ce continent.

C’est en Asie justement l’« effet Kennewick » qui se reproduit. Rappelons les

faits : en juillet 1996, deux étudiants qui

pataugeaient dans la rivière Columbia à

Kennewick, dans l’Etat de Washington,

trébuchèrent sur les restes d’un squelette

qui se révéla être celui d’un Européen mâle

d’âge adulte. Tout d’abord, les anthropologues supposèrent qu’il s’agissait d’un

pionnier mort à la fin du XIXe siècle. Mais

la datation au radiocarbone montra que le

squelette était âgé d’environ 9 300 ans. En

fait, « l’Homme de Kennewick » est la dernière d’une série de découvertes d’anciens

squelettes, qui tendent à confirmer la théorie que quelques-uns des premiers habitants de l’Amérique du Nord étaient des

Européens, qui émigrèrent par mer à partir

des côtes “françaises” ou à partir du continent eurasiatique par un pont de terre à travers la Mer de Béring vers la fin de la dernière ère glaciaire, il y a environ 15 000

ans pour les premiers, 12 000 pour les

seconds.

DES ARYENS DANS

L’ANCIENNE CHINE…

Bien sûr, de tels faits posent un problème

majeur à la version « politiquement correcte » de l’histoire, qui encourage l’idée

selon laquelle les Américains blancs ont

honteusement volé leur pays aux Indiens.

Cette affaire emblématique a

marqué un tournant et a largement été suivie dans notre

journal. Mais si des Européens sont passés d’Asie en

Amérique c’est donc qu’ils

étaient en Asie. Ces hommes

semblables aux Européens

modernes ne vivaient ainsi

pas seulement en Europe, mais aussi dans

une zone s’étendant de l’Asie du nord jusqu’au Pacifique. En Sibérie et dans

d’autres régions orientales, ils furent finalement refoulés et absorbés par des peuples

mongoloïdes plus nombreux. Des poches

isolées de gènes européens ont survécu jusqu’à nos jours en Asie du nord. Le peuple

caucasien (désormais métissé) des Aïnous

dans le nord du Japon en est un exemple.

La crédibilité de cette théorie a été spectaculairement renforcée dans les dernières années par la découverte, remarquable, de plus d’une centaine de corps

d’Européens naturellement momifiés,

vieux de 2 400 à 4 000 ans, dans la région

du bassin du Tarim (70 km à l’ouest de

l’ancien lac du Lop Nor, en Chine de

l’ouest). Etonnamment bien préservées

par le climat aride de la région, ces

momies témoignent de l’existence d’un

peuple de type nordique, avec une culture

avancée, splendidement habillé avec des

tuniques, des pantalons, des bottes, des

bas et des chapeaux. Dans une grande

tombe, les corps de trois femmes et d’un

homme furent découverts. L’homme, âgé

d’environ 55 ans à sa mort, était d’une

taille d’au moins 1 m 80 et avait des cheveux châtain clair qui étaient en train de

blanchir. L’une des femmes les mieux

préservées était d’une taille analogue,

avec des cheveux châtain clair tressés en

nattes. Les dernières momies découvertes

dans le bassin du Tarim sont trop nombreuses, trop anciennes, et trop riches

d’enseignement, pour pouvoir être ignorées. Cependant, ces découvertes n’ont

été connues du grand public qu’à partir

du milieu des années 1990, et encore,

alors que les premières momies ont été

découvertes à partir de 1978-1980. Elles

doivent permettre de rouvrir le débat à

propos du rôle que les Européens ont pu

jouer dans les origines de la civilisation

en Chine, quelques archéologues recommençant à arguer que les Européens

pourraient bien avoir été à l’origine de

l’introduction dans le futur Empire du

Milieu d’éléments de base tels que la

roue et les premiers objets en métal. Il

faut bien sûr être très prudent mais pourquoi serait-il interdit d’en parler ?

…AUX PYRAMIDES DE BOSNIE

D’autant que le « vieil Européen » ne

cesse de reculer dans le temps. Sa civilisation propre est plus ancienne que ce

que l’on croyait. Si on l’occulte, c’est

bien entendu pour que la lumière vienne

encore et toujours de l’Orient, comme le

peuplement primal serait venu de

l’Afrique. Pourquoi minore-t-on, si ce

n’est pour cela, les découvertes extraordinaires que sont celles des pyramides

bosniaques ? Les choses cependant sont

en cours. Des archéologues ont entamé à

la fin du mois de juin dans le centre de la

Bosnie des travaux d’excavation sur un

site qui abriterait au moins deux pyramides, les seules en Europe repérées à ce

jour. Une équipe d’experts a commencé à

creuser à environ quatre kilomètres de

deux collines où seraient dissimulées les

pyramides qui semblent très anciennes, et

même plus que celles d’Egypte. On voit

que le sujet est explosif ! L’initiateur du

projet, l’explorateur bosniaque — et

musulman — Semir Osmanagic, avait

réalisé à la fin 2005 les premières

recherches à proximité des deux collines.

Il est convaincu que ces “constructions”

sont l’œuvre d’une civilisation mystérieuse et qu’elles ont été bâties avec des

blocs de pierre taillés, avant d’être recouvertes d’une sorte de béton primitif.

D’après Osmanagic, les quatre côtés des

“pyramides” correspondent exactement

aux quatre points cardinaux. La colline la

plus grande est haute d’environ 70

mètres. Sa base est un quadrilatère dont

les côtés mesurent 220 mètres. Dans la

pyramide principale dite “solaire”, une

entrée a été trouvée, avec des couloirs et

des inscriptions (de type runique) sur les

murs, témoignant d’un passé très riche.

Le directeur du musée de Vissoko, Senad

Hodovic, dit ne pas mettre en doute les

hypothèses des chercheurs. « Ces pyramides sont évidemment l’œuvre d’une civilisation. Mais nous devons effectuer des

analyses sérieuses pour démontrer par qui

et quand elles ont été construites. » Le secteur concerné était classé zone interdite du

temps des communistes, ce qui est également intrigant. Avec des traces de civilisation remontant à plus de 12 000 ans, la

région est sûrement l’un des berceaux de

l’humanité, ce qui doit en gêner certains

aux entournures.

Cette affaire est bien plus importante

qu’il n’y paraît, car elle pourrait remettre

en cause un dogme historique. C’est pourquoi il faut la surveiller sans commettre les

erreurs de la science établie, ne pas prendre

ses désirs pour des réalités, ne pas tout

interpréter dans son propre sens. Mais exiger une approche impartiale scientifique et

la vérité pour le grand public de ce qui aura

été démontré, même si cela ne plaît pas aux

racistes historiques et archéologiques antieuropéens qui veulent imposer leur sectarisme à notre plus longue mémoire.

Pierre BOISGHILBERT.

Mais qui veut occulter notre plus longue mémoire ?

Nouvelles de l’archéologie Politiquement Incorrecte

14 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL

Mémoires, par des paysans qui, manquant cruellement de chefs militaires

expérimentés, se sont tournés vers lui.

Il est vrai qu’il a alors, à quarante-six

ans, une forte réputation. Il est appelé

le « chevalier à la Main-de-fer »

depuis ce jour de 1504 où il a reçu une

décharge de couleuvrine qui lui a

arraché la main et le poignet. Un forgeron habile lui a fabriqué une prothèse de bois recouverte de métal. Cela

ne l’empêchera nullement de recommencer très vite à s’impliquer jusqu’au cou dans les nombreuses

et souvent confuses guerres

intestines qui déchirent l’Allemagne, opposant entre eux, en

un ballet incessant d’alliances

et de coalitions nouées et

dénouées, princes, évêques,

bourgeois des grandes villes,

chevaliers et paysans.

Götz von Berlichingen est entré dans

la carrière des armes à quinze ans, en

tant qu’écuyer de son oncle. Il n’avait

pas encore dix-sept ans lorsqu’il eut

son premier cheval tué sous lui. Puis il

sera, pendant quarante-sept ans, de

toutes les guerres. Se faisant des amis

mais aussi des ennemis, beaucoup

d’ennemis. Parfois vainqueur, parfois

Ironie du destin : Götz von Berlichingen, qui s’éteint le 23 juillet 1562

à l’âge de quatre-vingt-deux ans,

meurt dans son lit, au château de

Hornberg. Pourtant, il fut de ceux que

la Camarde aurait dû, normalement,

agripper et emporter cent fois plutôt

qu’une au cours de l’une des innombrables batailles qu’il a livrées.

Götz (abréviatif de Gottfried) est né

en 1480 à Jagsthausen, en Souabe. Au

cœur d’un monde germanique en

pleine mutation et marqué par l’ascension des Habsbourg, dont un jalon

important est, en 1477, le mariage de

Maximilien et de Marie, héritière de

Bourgogne. Tandis que monte la puissance des hommes d’argent, comme

les Fugger, et que l’art allemand fleurit avec Mathias Grünewald, Albert

Dürer et bien d’autres, un malaise

profond se développe chez les Allemands, sur le plan politique, social,

religieux. En fond de tableau, un sentiment de frustration qu’exprime bien

Luther lorsqu’il écrit en 1516 : « Il n’y

a pas de nation plus méprisée que l’allemande. » Sa critique virulente de

l’Eglise romaine a un fort impact au

sein du peuple allemand.

Menacés d’être asphyxiés par la

puissance de la bourgeoisie d’argent,

qui impose ses valeurs, cultive l’art de

l’usure et s’allie avec des pouvoirs

princiers soucieux de leurs seuls intérêts, au besoin au détriment du pouvoir impérial, paysans et pauvres chevaliers (dont beaucoup vivent comme

les paysans) se révoltent, prennent les

armes et tournent leur colère contre

monastères et châteaux, dont beaucoup brûlent. La répression des

princes contre cette « Guerre des paysans » est sanglante et laissera de profondes cicatrices.

Götz participe brièvement à cette

guerre civile, pressé, dit-il dans ses

vaincu. C’est le métier qui veut ça.

Fait prisonnier, il passe de longues

années enfermé. Il vit cela avec une

certaine philosophie. En 1542 — il a

alors soixante-deux ans —, il rejoint

sans hésiter l’armée impériale en lutte

contre les Turcs. Un homme de son

expérience est précieux.

La figure de Götz von Berlichingen

est passée à la postérité. Ce fut un chevalier-brigand, illustration haute en

couleur de ces hommes, les lansquenets, vivant pour et par la guerre.

Il ne fut ni pire ni meilleur que

beaucoup d’autres. Mais

Goethe l’a immortalisé en lui

consacrant un drame célèbre,

où il fait de lui le défenseur

des vieux principes chevaleresques, en butte aux médiocrités d’une modernité s’affirmant avec morgue au

XVIe siècle. Le rugueux lansquenet

devient, grâce au génie de Goethe, un

héros qui se déclare prêt « à mourir

plutôt que de devoir à personne, si ce

n’est à Dieu, l’air que nous respirons,

et foi et service à personne, sinon à

l’empereur ».

P. V.

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