Search This Blog

Translate

خلفيات وصور / wallpapers and pictures images / fond d'écran photos galerie / fondos de pantalla en i

Buscar este blog

PopAds.net - The Best Popunder Adnetwork

11/19/25

 


Mort d’un lansquenet

Le Devo 23 juillet 1562 : ir d’Histoire de Pierre Vial

N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 15

● Au sommaire du n° 8 de Dubitando,

petite revue révisionniste trimestrielle disponible uniquement par internet en la

demandant à <haas397@hotmail.com>) : des

articles de Robert Faurisson, Louis Binamé,

Henri van den Berg et Maurice Haas-Colle.

● « Face à la situation d’échec avéré de l’éducation nationale » et à l’« abandon de la jeunesse

de France », des parents ont, en 2004, créé

un collège privé hors contrat dans l’Est

parisien. Si vous souhaitez les accompagner dans leur entreprise, ou inscrire vos

enfants : Collège Padre-Pio, 45 rue du

Pont de Créteil — 94100 Saint-Maur-desFossés — Tél. : 01-55-96-38-06 ou <collegepadrepio@wanadoo.fr>.

● Le n° 56 de Nouvelle Ecole est largement consacré au grand romancier Knut

Hamsun, rénovateur de la langue norvégienne et précurseur de la véritable écologie dans la mesure où, dès le début du

XXe siècle, il pourfendit le mythe du progrès et les dangers que celui-ci contenait en

germe. Célébré comme un trésor national

des décennies durant, Hamsun disparu en

1952 connut une vieillesse assombrie par

les très graves ennuis que lui avait valus sa

germanophilie : âgé de 86 ans, il connut,

écrit Alain de Benoist, « un sort comparable à

celui d’Ezra Pound : condamné à payer à l’Etat

une amende qui le réduisit à la misère, il fut interné

dans un hôpital psychiatrique pour avoir “collaboré”. Aujourd’hui encore, pas une rue, pas un

bâtiment public ne porte son nom en Norvège… » Et d’autant moins que, si nos souvenirs

sont bons, son fils aîné combattit dans la

Waffen SS Norje. Dédié à Jean Mabire, ce

dossier Hamsun permet de retrouver le

grand universitaire finnois Tarmo Kunnas,

spécialiste de Brasillach et qui dirigea longtemps le Centre culturel finlandais à Paris.

(Nouvelle Ecole, le n° 20 €. Le Labyrinthe, 18-24 quai de la Marne, 75164 Paris

cedex 19. Tél. 01-44-84-85-29).

● Hommage à Jean Mabire également dans le n° 23 (été 2006) du trimestriel

Réfléchir & Agir (6,50 € ou 20 € l’abt

1 an. CREA, BP 80432, F-31004 Toulouse cedex 6) qui propose un dossier

« Où va l’Europe ? » avec des interviews

de l’Anglais Nick Griffin et de l’Italien

Gabriele Adinolfi… et des attaques un

peu simplistes contre le Front national,

coincé « entre une altersarkozienne dont le seul

programme est de s’appeler Le Pen et un cathotradi ultra-réactionnaire et passéiste (Gollnisch) », et le catholicisme, dont les rédacteurs semblent mal connaître l’histoire :

c’est la Réforme qui ramena le christianisme au « premier mondialisme » venu du

Jourdain, dont la Papauté s’était au

contraire éloignée sous l’influence de la

Renaissance.

● « Un siècle sous les armes, 14-18, 39-45 et

quelques autres », thème du catalogue n° 68

de la librairie Les Oies sauvages (BP 16,

F-77343 Pontault-Combault cedex. Tél.

01-60-34-72-67 ou <www.oies-sauvages.fr>).

● Désormais, cette institution française

qu’est « Le Bénézit », Dictionnaire critique

et documentaire des peintres, dessinateurs, graveurs de tous les temps et de

tous les pays, ne sera plus réédité qu’en

langue anglaise, car il est destiné à 70 % à

l’exportation. C’est ce que révèle — entre

bien autres choses — le mensuel Lectures

Françaises dans son n° 590, qui comprend des dossiers sur Clearstream et le

pouvoir laïco-maçonnique devant les

sectes (le N° : 6,50 €. Abt 1 an : 66 €.

DPF, BP 1, F-86190 Chiré-en-Montreuil).

● « Comment la France met le cap à droite », tel

est le thème du dossier présenté dans le n°

de juillet-août du Choc du Mois (6,50 €).

On voudrait le croire, mais le mensuel ne

pèche-t-il pas par optimisme ? Certes,

L’Huma et Libé sont en quasi faillite et

Arlette ne fait plus recette, mais quelle

importance puisque c’est toute la classe

politique et intellectuelle, toutes étiquettes

confondues, qui a intégré les valeurs et les

objectifs des artisans de Mai-68 et que ce

sont des trotskistes recyclés dans le néoconservatisme qui mènent le monde… et

Sarkozy ?

● Animées par le courageux Jean Plantin,

les éditions Akribeia (45/3 route de

Vourles, 69230 St-Genis-Laval), qui

publient la revue Tabou, proposent leur

catalogue de vente par correspondance.

● Edité par Yann Penn (114 rue de la

Gare, 29380 Bannaleo), le Testament

politique de Jean-Edern Hallier en Bretagne (36 pages, 5 €).

Quoi de neuf ?

cuisses adultes, et leurs mains des jarrets,

leurs petits doigts, des cervelas… Assurément, les canons de la beauté se modifient,

nous revenons aux siècles d’antan, aux

trois grasses… Comme l’écrit en 1935 le

docteur Carrel, « La qualité de l’individu

dépend en partie de sa surface » ; à défaut

de qualité, nous avons la quantité. L’ami

René Blanc vous l’a dit : il y a en France

trois à quatre fois plus d’enfants obèses

que dans les années 1970, et le surpoids

touche 20 % de la population des « Chères

têtes brunes » (si vos enfant sont blonds,

teignez-les).

Mais maintenant une page de

publicité : « Créée en 1994, sous l’égide

de la Fondation de France, la fondation

Ronald McDonald a pour vocation d’agir

pour le bien-être des enfants et de leur

famille. » C’était un communiqué de ladite

Fondation, 5e édition du Prix famille au

cœur (atrophié sans doute), ou quand l’hôpital se moque de la charité… (J’invente

rien, je parle pas à la dandinette comme

dirait le docteur Destouches, la preuve :

<www.fondation.mcdonalds.fr>, fallait

oser !)

Qu’est-ce t’en dis, Alexis ? : « La publicité est faite uniquement dans l’intérêt des

producteurs, et jamais des consommateurs.

Par exemple on a fait croire au public que

le pain blanc est supérieur au brun… les

consommateurs mangent sans s’en douter

un produit inférieur. Et dans tous les pays

où le pain est la partie principale de l’alimentation, les populations dégénèrent…

Des quantités de produits alimentaires,

inutiles, et souvent nuisibles, sont devenus

une nécessité pour les hommes civilisés.

C’est ainsi que l’avidité des individus,

assez habiles pour diriger le goût des

masses populaires vers les produits qu’ils

ont à vendre, joue un rôle capital dans

notre civilisation ».

M. Patrick Le Lay, directeur de TF1, ne

dit pas autre chose et s’en trouve bien aise,

il valide sans pudeur les prédictions du docteur Alexis Carrel (« La vie moderne est

opposée à la vie de l’esprit ») ; d’ailleurs

on ne brille plus à table et l’art de la conversation est mort entre les deux guerres.

Résultat des courses : « Les manipulations chimiques des denrées alimentaires

ont été acceptées uniquement parce que

ces innovations étaient agréables et commodes. Mais leur effet probable sur les

êtres humains n’a pas été pris en considération…/… La civilisation moderne se

trouve en mauvaise posture, parce qu’elle

ne nous convient pas. Elle a été construite

sans connaissance de

notre vraie nature ».

Qu’en sera-t-il, pauvres

de nous ? Après que nous

avons subi les produits

allégés, édulcorés au poison d’aspartame, les alimentations survitaminées (inutiles, les vitamines ne sont pas stockées par l’organisme),

les fruits et légumes calibrés, ronds et lisses,

colorés artificiellement,

sans la force ni les bienfaits du soleil, les plats

aseptisés, neutralisés,

dénaturés, voici la bouffe

transgénique ! Tout ça

nous rend malades, allergiques, de manière héréditaire et, plus grave

chez les garçons, stériles

et même sourds (« Le

goût, c’est la musique

des papilles » disait

Léon Daudet). Nous

tremblons à vous lire,

docteur : « Les effets

d’un mode d’alimentation, d’une discipline

intellectuelle ou morale

sont tardifs… » et l’avis

des nutritionnistes qui

parlent à la télé, rétribués

par Danone ou Procter

and Gamble (fabricant de

solvants et de jus

d’orange) d’autant plus inquiétant que

« l’éminence même d’un spécialiste le

rend plus dangereux ».

MANGEZ PALÉOLITIQUE…

ET MARCHEZ !

Le programme de salubrité alimentaire du

bon docteur Alexis est simple ! C’est la cuisine paléolithique si chère à Courtine et la

décroissance, qui entraînera celle des corps

et de l’embonpoint : « Est-il nécessaire

d’augmenter sans cesse la production, afin

que les hommes consomment une quantité

de plus en plus grande de choses inutiles ?

Ce ne sont pas les sciences mécaniques,

physiques et chimiques qui nous apporteront la moralité, l’intelligence, la santé,

l’équilibre nerveux, la sécurité et la paix. »

La diversité et le retour à la terre et à la

nourriture du peuple, (« Dis-moi ce que tu

manges, je te dirai d’où tu viens », écrivait

Jean Giono) : « Nous sommes littéralement

faits du limon de la terre. C’est pourquoi

notre corps et ses qualités physiologiques et

mentales sont influencés par la constitution

géologique du pays où nous vivons, par la

nature des animaux et des plantes dont nous

nous nourrissons (…) Au lieu de reconnaître

la diversité nécessaire des êtres humains, la

civilisation industrielle les a comprimés. »

et la promenade apéritive ou digestive :

« C’est pour cette raison, peut-être, qu’Aristote et ses élèves avaient l’habitude de se

promener quand ils discutaient les hauts

problèmes de la philosophie et de la

science. »

Voilà l’été, promenez-vous donc les p’tits

amis, puisque le Nobel Carrel nous y invite

à raison, dégotez son livre « L’Homme cet

inconnu » et méditez la fin, les presque derniers mots, au dernier chapitre intitulé « La

reconstruction de l’homme »:« A ce monde

(vétuste et sans joie), il nous est impossible

de nous adapter. Nous nous révolterons donc

contre lui. Nous transformerons ses valeurs.

Nous l’ordonnerons par rapport à nous. »

Franck NICOLLE,

<fn@caralsol.com>.

« Obésité des enfants : le cri d’alarme des

cardiologues français. Les enfants mangent trop, trop de sucre, trop de graisse, et

ne se dépensent pas assez (trop de télé, de

vidéo) ». AFP.

« Si un enfant reçoit autant de nourriture

qu’il est capable d’en absorber, il s’accoutume à manger de façon inutilement abondante. Ensuite il ne peut plus se passer de

cette habitude. Nous ne connaissons pas

encore toutes les conséquences organiques

et mentales de ces excès alimentaires.

Nous savons seulement qu’elles se manifestent par une augmentation du volume et

de la taille du squelette, et par une diminution de l’activité générale de l’individu,

comme il arrive aux lapins de garenne

qu’on transforme en lapins domestiques. »

Docteur Alexis Carrel. L’Homme, cet

inconnu.

« Au Beurgeur King Muslim, implanté

dans le quartier sensible des Bosquets et

la cité du Bois du temple, les employées

peuvent garder leur voile et les familles

déguster des burger halal à toutes les

sauces : Bakon Halal, Double Koull

Cheese, Koull filet (Koull signifie mange

en arabe), frites, Coca colas, Sundays,

donuts et autres desserts glacés. » Altermedia.

ALLONS ! Il ne faut pas tout voir en

noir ! Même si la conquête islamique perd un peu de son charme

dans les « Beurgeurs Ratawoui ». L’intégration joyeuse est en marche, par la tripe,

et cela dès le plus jeune âge. Les Françaises de papier sont aujourd’hui championnes d’Europe de la natalité et le ventre

toujours fécond n’est pas celui qu’on croit,

sous la burqa réglementaire. L’acculturation se fait, elle est réussie, grâce à l’huile,

au sucre, à la viande halal et au coca (le

rabbin Moshe Landau a été autorisé à

contrôler qu’il s’agissait bien d’un produit

casher, il est l’une des

rares personnes au monde

à connaître la composition du produit). La cellulite finira par gommer

toutes les différences,

tous les petits Français

(tout veau né dans une

écurie s’appelle poulain

puis cheval) quelles que

soient leur race (ça

n’existe pas), leur origine

(citoyenne du monde) ou

leur religion (elles se valent toutes) finiront

par se ressembler et les tournantes s’arrêteront toutes seules quand les Jeunes ne

pourront plus voir leurs pieds.

Souhaitons donc longue et grasse vie à

BKM (Beurgueur King Muslim) pour son

initiative de salubrité publique en faveur

du goût, et plus de chance qu’à cette entreprise “strasbourgeoise” plus ancienne, au

but similaire, mais qui n’a pas su trouver

son “marché” malgré un emplacement

favorable. Il faut admettre, à son corps

défendant, que cette société commerciale

“provinciale” n’a pas bénéficié d’une journée complète de publicité gratuite sur

France-Intox (un flash info toutes les

heures pour BKM).

LES TROIS GRASSES

Quelle joie, déjà, de voir autour des

lycées et collèges tous ces “Mac-Machin”

,ces “kebab” fleurir et dispenser l’odorante

nourriture, et ces fleuves de soda, pétillant

mieux que champagne, plus sucré que

muscat ou que Layon ! Il faut contempler

la marmaille s’égailler tout autour des

porches, les poches pleines de trésors

sucrés-salés, les voir entrer, sortir des gargotes, gueuler, dégueuler à même le sol,

avaler des pains blancs garnis de coulis et

de fromages synthétiques (des produits qui

sont sains, qui sortent tout propres de

l’usine comme l’écrivait Jean Yanne) fondants ; et même de frites (des frites dans le

pain, trop fort !)

Et quel spectacle amusant (il vaut mieux

faire envie que pitié) de voir l’été, dans les

piscines publiques, patauger les loukoums

et les dondon-dodues si chères à André

Bourvil, âgées de 6, 8 ans, coincées dans

les tobogans à mi-chemin du parcours, agiter leurs petits bras qui semblent des

Table d’hôte Il est midi, docteur Carrel

Couverture du magazine américain Time le

16 septembre 1935 pour saluer l’événement mondial

que fut la publication de « L’Homme, cet inconnu ».

16 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL

semaines et faire trois morts et 250 millions d’euros de dégâts — c) le réaménagement complet de l’Elysée ?

6) Ancien commandant en chef de l’opération Licorne, le général Henri Poncet

a été a) promu commandant militaire de

Paris — b) mis en examen pour complicité dans la liquidation du « coupeur de

routes » ivoirien Fabien Mahé — c)

nommé au cabinet de Chirac ?

7) Mort le 29 décembre 2005, le colonel

Pierre Château-Jobert était connu sous

le surnom de a) Conan — b) Mowgli —

c) Le Loup ?

8) Fin décembre 2005, Sarkozy chargeait

de rédiger un « travail approfondi sur la

loi, l’histoire et le devoir de mémoire »

un personnage que l’éditeur Pierre

Assouline a qualifié de « penseur à roulettes ». Il s’agit de a) Philipppe Candeloro — b) Arno Klarsfeld — c) Christian

Estrosi ?

9) Déjà surnommé “Culbuto”, François

Hollande a désormais un autre

sobriquet : a) Cecilio — b) Roméo — c)

Ténorino ?

Frères musulmans — c) la présence de

candidats se réclamant de Sesostris III ?

23) Béatification le 13 décembre au Vatican a) du Père Charles de Foucauld — b)

de Mgr Marcel Lefebvre — c) du cardinal Daniélou ?

24) Le 12 janvier 2006 était libéré en

Turquie Mehmet Ali Aqca. Il avait été

longtemps incarcéré pour avoir a) été le

lieutenant du leader kurde Ocalan à la

tête du PKK — b) tiré sur Jean Paul II en

1981 place Saint-Pierre — c) tenté d’incendier le temple d’Ephèse ?

25) Nouveau chancelier d’Allemagne

fédérale, Angela Merkel est la fille d’un

a) pasteur — b) Waffen SS — c) officier

de la STASI ?

26) Le 20 janvier 2006, un drame se produisait en Israël. a) Le Premier ministre

Ariel Sharon tombait dans le coma — b)

La Syrie attaquait le Golan — c) Les deux

grands rabbins sépharade et ashkénaze de

l’Etat s’excommuniaient mutuellement ?

27) En février 2006, le monde musulman

et la communauté musulmane d’Europe

sont entrés en révolution à la suite a) de

la publication de caricatures de Mahomet

dans plusieurs quotidiens — b) d’une

tentative d’attentat chimique à

Téhéran — c) d’un lâcher de porcs sur

l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem ?

28) A une élection présidentielle, le candidat René Préval, en ballottage au soir

du premier tour le 11 février, était finalement déclaré vainqueur le 16 à la suite

de violentes émeutes. Cela se passait a)

au Québec — b) à Haïti — c) en Suisse ?

29) Secrétaire général de l’ONU, Kofi

Annan s’est rendu en juin à Paris pour

a) déposer une gerbe sur le Parvis des

Droits de l’homme — b) inaugurer le

musée des Arts premiers voulu par Chirac — c) apporter le soutien de son organisation à la Gay Pride ?

30) Prix d’interprétation à Cannes pour

son rôle dans le film “Indigènes”, Sami

Naceri s’est également illustré par a) ses

actions philanthropiques — b) son livre

autobiographique sur la vie dans les

cités — c) ses mises en examen et incarcérations répétées pour violences et

injures racistes ?

II. QUI A DIT

QUOI ?

A) « Dans la République, il n’y a pas d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi d’écrire

l’histoire. C’est l’affaire des historiens. »

1) Elie Wiesel — 2) Jacques Chirac — 3)

Henri Amouroux.

B) « Mieux vaut être fâcho qu’homo. » 1)

Alessandra Mussolini — 2) Gianfranco

Fini — 3) Vladimir Poutine.

C) « Philippe de Villiers n’est pas seulement Duplicator, c’est contrefactor. » 1)

Jacques Bompard — 2) Jean-Marie

Le Pen — 3) Christine Boutin.

D) « Les racailles, il faut les passer au Kärcher. » 1) Marine Le Pen — 2) Nicolas Sarkozy — 3) Malek Boutih ?

E) « L’équipe de France n’est pas blackblanc-beur, elle est black-black-black, ça

fait rire le monde entier. » 1) Alain Finkielkraut — 2) Bruno Mégret — 3) Michel Platini.

F) « Le peuple allemand est prisonnier de

L’Holocauste… Jusqu’à quand devra-t-il

porter ce fardeau ? » 1) Helmut Kohl — 2)

Mahmoud Ahmadinejad — c) Alexandre

Soljenitsyne.

1) Le 2 septembre 2005, Jacques Chirac

était hospitalisé en catastrophe pour a)

une opération de la cataracte — b) un

cancer de la prostate — c) un « petit accident vasculaire » ?

2) Deux mois après Chirac, un autre chef

d’Etat était hospitalisé au Val-de-Grâce.

Il s’agissait de a) Bhumipol, roi de Thaïlande — b) l’Algérien Bouteflika — c)

Abdallah II, roi de Jordanie ?

3) Le 4 septembre, un incendie faisait 18

morts à L’Haÿ-les-Roses. C’était le triste

résultat a) d’un court-circuit — b) d’une

vengeance féminine entre « chances pour

la France » — c) d’un crime raciste ?

4) En septembre 2005, une conseillère au

ministère des Anciens Combattants était

obligée de démissionner. Parce qu’elle

était a) mise en examen pour détournements de fonds — b) impliquée dans le

réseau pédomaniaque d’Angers — c) la

petite-fille de Maurice Papon ?

5) Le 27 octobre commençait en France

a) une campagne nationale de “tri sélectif” des ordures — b) une vague

d’émeutes raciales qui allaient durer trois

10) Le 3 octobre 2005 était libéré

“l’étrangleur” Lucien Léger, assassin du

petit Luc Taron. Deux mois plus tard,

Léger était réincarcéré pour a) transport

de 10 kg de haschich acheté en

Espagne — b) tentative d’enlèvement

d’enfant — c) attentat raté contre le garde

des Sceaux ?

11) Outre les incendies de voiture habituels (425), la Saint-Sylvestre 2005 a été

marquée par des incidents à bord d’un

train Nice-Lyon. Il s’agissait a) d’un

déraillement dû à des jets de parpaing sur

la voie — b) de débordements de permissionnaires — c) de vols, d’actes de terreur et de tentatives de viol commis par

des Jeunes ?

12) Cette même Saint-Sylvestre, Jacques

Chirac a promis lors de ses vœux aux

Français a) l’inscription de l’abolition

de la peine capitale dans la

Constitution — b) le SMIC pour les

mères au foyer — c) le rétablissement de

la proportionnelle ?

13) Publié au Journal officiel, l’article 4

d’une loi était invalidé le lendemain par

le Conseil constitutionnel à la demande

de Chirac. Cet article concernait a) le

statut pénal du chef de l’Etat — b) la

reconnaissance du rôle positif de la présence française, notamment en Afrique

du Nord — c) la répression du révisionnisme historique ?

14) En France, le 10 mai sera désormais

la Journée a) du sida — b) de la Réconciliation nationale — c) de la Mémoire

des abolitions de l’esclavage ?

15) Youssouf Fofana, le “cerveau des

Barbares”, est le chef a) d’un groupe de

rap — b) d’une dissidence de la rébellion

ivoirienne — c) du gang qui a enlevé, torturé et achevé le juif Ilan Halimi ?

16) Bien qu’ayant bénéficié d’un non-lieu

du juge d’instruction pour des propos

tenus en 2004, un homme politique risque

d’être condamné à l’automne pour ces

mêmes propos sur citation directe de la

LICRA. Il s’agit de a) José Bové — b)

Bruno Gollnisch — c) Christian Vanneste ?

17) Le 3 juillet 2005, le chancelier

Schröder et le président Poutine fêtaient

ensemble le 750e anniversaire de la fondation de Königsberg. A l’heure actuelle,

cette ville enclave est-elle a)

allemande — b) russe — c) polonaise ?

18) Le 11 juillet 2005 aux Pays-Bas,

Mohamed Bouyeri était condamné à la

réclusion à vie pour l’assassinat en 2004,

par égorgement et arme à feu, du

cinéaste Theo van Gogh. Citoyen néerlandais, Bouyeri est d’origine a) marocaine — b) afghane — c) irakienne ?

19) Le 30 août 2005, une nouvelle catastrophe s’abattait sur les Etats-Unis avec

a) l’ouragan Katrina — b) une bombe au

Pentagone — c) une panne géante d’électricité à New York ?

20) Le même 30 août décédait à Vienne

Simon Wiesenthal connu comme a) dernier des « peintres dégénérés » — b)

chasseur de nazis — c) spécialiste des

concertos de Mozart ?

21) Les jumeaux Kaszinski sont a) les

deux hommes politiquement les plus

importants de la Pologne — b) la

meilleure paire du tennis masculin mondial — c) les auteurs de best-sellers écrits

à quatre mains ?

22) En décembre 2005, les élections

législatives égyptiennes ont été marquées par a) l’élection d’une majorité de

femmes — b) la spectaculaire percée des

1) Deux d’entre elles

ont beaucoup fait

pleurer dans les

chaumières.

2) Rime trop souvent, hélas, avec

cocaïne — Vieil

Indien.

3) Première en

tout — Son marteau

s’appelle Mjöllnir —

Base de calcul.

4) Peut-être dolorosa — Figure marseillaise.

5) Fatales aux cuirs

les plus durs —

Beaucoup entendu à

Roland-Garros.

6) Négation — On

peut ne pas apprécier ceux de Barbès.

7) Pièce de

charrue — Il y en a

beaucoup à l’université…

8) Si Chirac en était un, ça se saurait —

Allée… les Ch’tis !

9) Ce qu’était une substance appréciée

par Malraux — Aucun rapport avec AH,

quoi qu’en ait pensé Brecht.

10) A l’Ouest, rien de nouveau.

VERTICALEMENT

I) Ce que fait Ségolène à l’école de Tony

Blair.

II) Comme une façade… ou une voiture

volée — Une autre

base de calcul.

III) Ce que doit toujours être une

guide — Mieux vaut

l’avoir dans l’estomac que le recevoir

sur la tronche.

IV) Une demiânerie — Source de

beaucoup de nos malheurs — Le vider est

parfois dangereux.

Quatrième et dernière épreuve des « Jeux de l’été » :

constituer deux mots à partir des lettres figurant dans les

cases en grisé de la grille de mots croisés et inscrire ces

“sésames” à la suite des réponses aux « Questions d’actualité », à « Qui a dit quoi ? » et au “Bibliotest”.

Mots-sésame

● Comme chaque année et afin que vous ne nous oubliiez pas d’ici au

vendredi 1er septembre (n° 2775), nous vous proposons une série de jeux

portant sur l’actualité de l’année écoulée et dont les “solutions” ont paru

dans RIVAROL. Les heureux gagnants, que nous espérons nombreux,

auront le choix entre un abonnement de trois mois à Ecrits d e Paris et un

dessin original de Chard. Veuillez nous préciser le “prix” choisi et le nom

du destinataire au cas où il s’agirait d’un tiers. Il ne pourra malheureusement être tenu compte des lettres arrivées après le 20 septembre, car les

réponses seront publiées dans notre numéro du 29 septembre, avec le

nom des gagnants.

Bon “travail”, bonnes vacances et amusez-vous bien !

Les jeux de l’été

III. BIBLIOTEST

L’année écoulée a été dure pour les écrivains de notre famille avec les décès successifs de

Vladimir Volkoff (le 14 septembre 2005), de Marina Grey-Denikine-Chiappe (le

16 novembre) de Christian de La Mazière (le 14 février 2006), de Pierre Monnier (le

27 mars), de Jean Mabire (le 29 mars) et de Georges-Paul Wagner (le 11 juin). Nous vous

proposons ci-après une liste de livres, mélangés mais identifiés par des lettres (a, b, c,

etc.) et que vous rendrez à chaque auteur disparu.

a) Drieu parmi nous — b) La Comédie parlementaire — c) Le Rêveur casqué — d) Le

Tortionnaire — e) Mimizan-sur-guerre — f) Le Montage — g) Les Vikings en

Normandie — h) Maurras en justice — i) A l’ombre des grandes têtes molles — j) Le

Général sort à minuit — k) La Désinformation, arme de guerre — l) L’Entre-deuxguerres — m) Les Pendules à l’heure — n) La Brigade Frankreich — o) Les Armées

blanches.

V. VOLKOFF : (par ex. a, b, c… )

Marina GREY :

Ch. de LA MAZIÈRE :

P. MONNIER :

J. MABIRE :

G.-P. WAGNER :

V) Pénétrera — Compte bien des cantons.

VI) Ce ministre-là n’était pas un lion —

Passée par l’IFOP.

VII) BB la représenta — Aujourd’hui, on

parle plutôt de SDF.

VIII) Un ver académique — Pièce de literie.

IX) Ont été singulièrement négligées

pendant les émeutes anti-CPE —

Humaine, elle est plutôt courte.

X) Fonctionne à petit train — Un modèle

pour Sharon ?

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

I II III IV V VI VII VIII IX X

I. QUESTIONS D’ACTUALITÉ

IV. MOTS CROISÉS ET MOTS-SÉSAME

HORIZONTALEMENT

N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 17

Né en 1924 et décédé le 11 juillet 2006,

cet historien — pourtant le meilleur spécialiste français de la Grande Guerre, fils

d’ouvrier devenu doyen de la faculté des

lettres du Mans (où il se montra très courageux en Mai-68), professeur à la Sorbonne

et à Saint Cyr-Coëtquidan, président de

l’Institut d’histoire de la Défense et auteur

de plusieurs dizaines d’ouvrages —, n’a

guère vu sa mémoire honorée.

Négligence estivale ? Voire… En effet, le

premier travail historique de Guy Pedroncini s’intitulait « Les Mutineries françaises

de 1917 ». Il y mettait à mal les thèses antimilitaristes (la décimation des régiments

révoltés) et saluait la méthode humaine

pratiquée par le général Pétain pour apaiser la rébellion des régiments saignés par

les hécatombes du Chemin des Dames en

1917. A cette occasion, comme il l’a

raconté lui-même, Guy Pedroncini s’était

souvenu que sous l’occupation, alors qu’il

tenait des propos hostiles au chef de l’Etat,

un ancien Poilu l’avait interrompu : le

général Pétain lui avait sauvé la vie, ainsi

qu’à de nombreux camarades

A partir de là l’historien s’était lancé dans

un vaste travail de reconstitution de la biographie du Maréchal, « ni hagiographie, ni

dénigrement », d’autant que pour lui, l’historien n’était « ni un juge, ni un procureur,

ni un avocat ». Cela fit de lui, selon le mot

(amical) d’Emmanuel Le Roy Ladurie,

Un grand universitaire, l’historien Guy Pedroncini

« un éminent pétainologiste ». Mais Marc

Ferro, lui-même auteur d’un Pétain pas

totalement négatif, lui reprochait de « persister à vouloir restaurer l’image du vainqueur de Verdun ».

Outre de nombreuses études spécialisées,

Guy Pedroncini publia aux éditions Perrin

deux maîtres-livres : en 1989, Pétain, le

soldat et la gloire (1851-1918) et, en 1995,

Pétain, la victoire perdue (novembre 1918-

juin 1940). Il y démontrait que, lors du premier conflit mondial, Philippe Pétain

n’avait pas été le défaitiste hostile aux opérations offensives (calomnie encore

vivace) et que son rôle avait été essentiel

de Verdun à 1918. Dans le second livre,

s’appuyant sur les archives notamment du

Conseil Supérieur de la Guerre entre 1919

et 1939, Pedroncini révélait que le Maréchal, dans les années 1920, n’avait ignoré

ni les blindés ni l’aviation (contrairement

à De Gaulle), qu’il avait été très réservé sur

la ligne Maginot et avait lancé des avertissements prophétiques quant à un futur

conflit franco-allemand. Le pouvoir politique lui refusa hélas les moyens qu’il exigeait.

Félicité par Le Roy Ladurie pour s’en

prendre aux « icônes sacrées », Guy

Pedroncini travaillait à un troisième tome

sur le Maréchal et la période 1940-44, mais

son état de santé précaire bloqua ses

recherches.

A la fin du deuxième livre, prenant par

avance le contre-pied de Chirac, il justifiait l’armistice de juin 1940, qui était

« la seule décision d’Etat possible » et

avait « limité la défaite ». Dans l’avantpropos de son premier livre, s’il avait

déploré « les inexcusables mesures du

régime de Vichy : les lois antitjuives, la

Milice, les Sections spéciales », il précisait en note : « De quels sacrifices fut

payée la paix en Algérie ? » Considérant

le Maréchal comme l’une des « personnalités les plus controversées du

XXe siècle », il estimait que l’on ne lui

rendrait justice que « dans cent ou deux

cents ans ».

Bonne chance aux futurs historiens.

Seront-ils plus libres que ceux d’aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. En regrettant

que Guy Pedroncini n’ait pu terminer son

travail de bénédictin, saluons la mémoire

de ce grand universitaire.

J.-P. A.

Paquette-la-Chantefleurie voulut savoir

ce qu’elle avait, et si sa jolie petite

Agnès ne serait pas un jour impératrice

d’Arménie ou d’autre chose. Elle la

porta donc aux Egyptiens et les Egyptiennes d’admirer l’enfant, de la caresser, de la baiser avec leurs bouches

noires… Elles firent fête surtout aux

jolis pieds et aux jolis souliers. L’enfant

n’avait pas encore un an… Elle fut très

effarouchée des Egyptiennes, et pleura.

Mais la mère la baisa plus fort, et s’en

alla ravie de la bonne aventure que les

devineresses avaient dite à son Agnès.

Ce devrait être une beauté, une vertu,

une reine. Elle retourna donc dans son

galetas de la rue Folie-Reine, toute fière

d’y rapporter une reine. Le lendemain,

elle profita d’un moment où l’enfant dormait sur son lit, car elle couchait toujours avec elle, laissa tout doucement la

porte entr’ouverte, et courut raconter à

une voisine de la rue de la Sécheresse

qu’il viendrait un jour où sa fille Agnès

serait servie à table par le

roi d’Angleterre et l’archiduc

d’Ethiopie, et cent autres surprises. A son retour, n’entendant pas de cris en montant

son escalier, elle se dit :

« Bon ! l’enfant dort toujours. » Elle trouva sa porte

plus grande ouverte qu’elle

ne l’avait laissée, elle entra

pourtant, la pauvre mère,

et courut au lit… L’enfant

n’y était plus, la place

était vide. Il n’y avait

plus rien de l’enfant,

sinon un de ses petits

souliers. Elle s’élança

hors de la chambre, se

jeta au bas de l’escalier, et se mit à battre

les murailles avec sa

tête en criant : « Mon

enfant ! qui a mon

enfant ? qui m’a pris

mon enfant ? » La rue

était déserte, la maison

isolée ; personne ne

put lui rien dire. Elle

alla par la ville, fureta

toutes les rues, courut

ça et là la journée

entière, folle, égarée,

terrible, flairant aux

portes et aux fenêtres

comme une bête

I

L ARRIVA un jour à Reims des

espèces de cavaliers fort singuliers.

C’étaient des gueux et des truands

qui cheminaient dans le pays, conduits

par leur duc et leurs comtes. Ils étaient

basanés, avaient les cheveux tout frisés,

et des anneaux d’argent aux oreilles. Les

femmes étaient encore plus laides que

les hommes. Elles avaient le visage plus

noir et plus découvert, un méchant

roquet sur le corps, un vieux drap de

tissu de cordes lié sur l’épaule, et la chevelure en queue de cheval. Les enfants

qui se vautraient dans leurs jambes

auraient fait peur à des singes. Une

bande d’excommuniés. Tout cela venait

en droite ligne de la basse Égypte à

Reims par la Pologne… Toute la bande

campa près de la porte de Braine, sur

cette butte où il y a un moulin… Et ce fut

dans Reims à qui les irait

voir. Ils vous regardaient

dans la main et vous

disaient des prophéties

merveilleuses ; ils

étaient de force à prédire

à Judas qu’il serait pape.

Il courait cependant sur

eux de méchants bruits

d’enfants volés, de

bourses coupées et de

chair humaine mangée.

Les gens sages disaient

aux fous : « N’y allez

pas » et y allaient de leur

côté en cachette…

Les mères faisaient

grand triomphe de leurs enfants depuis

que les Egyptiennes leur avaient

lu dans la main toutes sortes

de miracles écrits

en païen et en

turc. L’une

avait un

empereur,

l’autre un

pape,

l’autre un

capitaine.

La pauvre

farouche qui a perdu ses petits. Elle était

haletante, échevelée, effrayante à voir,

et elle avait dans les yeux un feu qui

séchait ses larmes. Elle arrêtait les passants et criait : « Ma fille ! ma fille ! ma

jolie petite fille ! Celui qui me rendra ma

fille, je serai sa servante, la servante de

son chien, et il me mangera le cœur s’il

veut. » Elle rencontra M. le curé de

Saint-Rémy, et lui dit : « Monsieur le

curé, je labourerai ma terre avec mes

ongles, mais rendez-moi mon enfant !…

Le soir, elle rentra chez elle. Pendant

son absence, une voisine avait vu

deux Egyptiennes y monter en cachette

avec un paquet dans leurs bras, puis

redescendre après avoir refermé la porte,

et s’enfuir en hâte. Depuis leur départ on

entendait chez Paquette des espèces de

cris d’enfant. La mère rit aux éclats,

monta l’escalier comme avec des ailes,

enfonça sa porte comme un canon d’artillerie, et entra. « Une chose

affreuse !… » Au lieu de sa gentille

petite Agnès, si vermeille et si fraîche…

une façon de petit monstre hideux, boiteux, borgne, contrefait, se traînait en

piaillant sur le carreau… La Chantefleurie s’était jetée sur le petit soulier, tout

ce qui lui restait de tout ce qu’elle avait

aimé. Elle y demeura si longtemps

immobile, muette, sans souffle, qu’on

crut qu’elle y était morte. Tout à coup

elle trembla de tout son corps, couvrit sa

relique de baisers furieux, et se dégorgea en sanglots comme si son cœur

venait de crever… Puis, elle se mit à

courir dans Reims en criant : « Au camp

des Egyptiens ! au camp des Egyptiens !

Des sergents pour brûler les

sorcières ! » Les Egyptiens étaient partis. Il faisait nuit noire. On ne put les

poursuivre.

Victor HUGO dans Notre-Dame de

Paris, chapitre 3 du Livre sixième

NDLR. La petite Agnès aux « bruns

cheveux si fins », et dont l’auteur laisse

entendre que Paquette-la-Chantefleurie l’avait eue d’un noble vicomte, sera

donc élevée par les bohémiens sous le

nom de la Esmeralda et deviendra une

danseuse. Quant au « petit monstre »

qui lui avait été substitué, l’archevêque

de Reims s’intéressa à lui, le bénit, lui

ôta « bien soigneusement le diable du

corps » et l’envoya à Paris, où il devint

sonneur.

Comment Agnès devint Esmeralda

● Y a-t-il gloire plus républicaine et humaniste, bref : citoyenne, que

Victor Hugo, panthéonisé comme faillit l’être Dreyfus ? Certes, la statue avait été quelque peu effritée par Pierre-Antoine Cousteau qui,

profitant de ses longs loisirs (forcés) à Clairvaux, avait relu tout

l’œuvre immortel et en avait tiré son décapant Hugothérapie, mais

l’ouvrage rapidement épuisé ne fut jamais réédité (nous en avons

publié de larges extraits dans la livraison de juillet-août 2002 de notre

revue Ecrits de Paris). De plus, qui aurait ajouté foi aux élucubrations

d’un affreux collabo, condamné à mort pour ses libelles infâmes ? Totor reste donc

intouchable et, transformé en comédie musicale, son roman Notre-Dame de Paris a

été un triomphe. Tout le monde a bien sûr lu dans sa jeunesse ce monument de la

littérature française. Mais en a-t-on retenu la substantificque moelle qui vaudrait

aujourd’hui les foudres de la loi Gayssot à l’auteur, lequel démontre de plus un

regrettable racialisme dans la création de son personnage principal, la belle Esmeralda qui n’est nullement une Bohémienne comme on le croit généralement (et

comme l’affirme l’encyclopédie Larousse) mais une petite Gauloise volée à sa

mère ? Ce qui explique et justifie donc l’amour fou que lui portent tous les Blancs

qui croisent son chemin, l’archidiacre Frollo ou le beau Phoebus de Châteaupers.

C’est donc à une relecture critique que nous vous invitons ici, en guise de devoir de

vacances !

(Dessin de CHARD.)

Ecrits de Paris

AU SOMMAIRE D’AOÛT-SEPTEMBRE 2006

Georges DILLINGER : Le vicomte à l’assaut... de l’électorat — Bibliothèque —

Georges GRIMAL : D’un Front populaire l’autre… et toujours un gouvernement

de lâches — Noëlle SACLET : A quoi joue Chirac en Côte d’Ivoire ? — Petrus

AGRICOLA : Soja, une petite graine toxique pour soumettre les peuples — Thomas SCHROEDER : La désinformation dans la “Drôle de Guerre” — Carrefour

des lecteurs — Arnaud CHALLE : Louis Mandrin, brigand sans vergogne ou

contrebandier-justicier ? — Edmond BRUA : Rencontre avec Malaparte, octobre

1943 — Patrick LAURENT : Comédies d’été — Notes de lecture.

1 rue d’Hauteville, 75010 Paris. Prix : 5 €. Abt un an : 43 €.

Chèques à l’ordre d’Editions des Tuileries

Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97.

18 N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL

Georges BORDONOVE

CHARLES VI

Les jours les plus sombres de notre histoire

ne sont-ils pas ceux qu’a connus la France

pendant le règne de Charles VI (1368-

1422), qui fut aussi, hélas, l’un des plus

longs ?

Tout avait pourtant bien commencé pour

le fils de Charles V le Sage mais également

de Jeanne de Bourbon — qui montrait des

signes de démence. Couronné dès l’âge de six

ans tandis que ses oncles (les ducs de Bourbon, d’Anjou, de Berry et de

Bourgogne) sont chargés de

la régence, le roitelet est intelligent, travailleur, cultivé,

sportif et, ce qui ne gâte rien,

très beau, avec de grands

yeux clairs et une blondeur

toute “franque”. Volontaire,

il s’aperçoit vite que les ducs

sont mus plus par l’ambition

ou l’esprit de lucre que par le

dévouement au bien public,

et se conduisent en grands

féodaux. Il rappelle donc les

conseillers de son père, qui lui feront bonne

politique et bonnes finances. Mais, déjà, des

signes de déséquilibre apparaissent, et le

drame est consommé lors du “bal des

ardents” (janvier 1393). Sa raison vacille

dans les flammes et ne reviendra que par

intermittences, de plus en plus éloignées. Le

pouvoir échoit aux oncles, qui se le disputeront âprement, n’hésitant ni devant l’assassinat ni devant la traîtrise, Philippe de Bourgogne héritier de la Flandre puis son fils Jean

Sans Peur étant les plus acharnés à saper

l’institution royale, le premier pour s’en

emparer, le second — qui n’hésita pas à faire

occire Orléans — pour assurer sa puissance.

Tant que, de l’autre côté de la Manche,

régna Richard II, plutôt pacifiste, les choses

n’allèrent pas trop mal pour le royaume des

Lys, mais les choses changèrent avec l’avènement d’Henry V de Lancastre, souverain

énergique et calculateur et bientôt vainqueur

d’Azincourt (octobre 1415) où Charles

d’Orléans, fils du duc assassiné et chef des

Armagnacs, sera fait prisonnier avant de passer des décennies à la tour de

Londres, n’ayant pour distraction que ses poèmes.

Transbahuté d’un château à

l’autre, soumis d’une

influence l’autre — son

épouse Ysabeau de Bavière

n’étant guère plus sensée —,

le malheureux roi enfermé

dans sa folie n’est plus qu’une

machine à signer ordonnances et contre-ordonnances, selon que Bourgogne

ou le connétable d’Armagnac

commande à Paris, et jusqu’aux textes les

plus infamants comme le honteux traité de

Troyes (22 mai 1420) aux termes duquel,

épousant Catherine de France, Henry V doit

hériter du royaume à la mort de Charles VI

et, en attendant, prend la régence, le dauphin étant destitué. La France se délite et

dans la capitale livrée à la soldatesque, à la

“larronnaille” et aux démagogues les plus

sanglants (Caboche puis Capeluche), les

émeutes succèdent aux épurations.

La France se meurt, la France est morte ?

On pourrait le croire tant, à Bourges, le futur

Charles VII — qui lui non plus n’est pas un

tendre : il fait assassiner Jean Sans Peur sous

prétexte de venger Orléans — semble isolé,

privé de tout moyen. Et pourtant, mais ceci

est une autre histoire, le miracle est en route

qui se matérialisera bientôt sous les traits

d’une pucelle : Jeanne la Lorraine, de

laquelle viendra la résurrection après l’interminable ordalie.

On doit à Georges Bordonove la superbe

série des « rois qui ont fait la France », mais

rarement l’historien aura été aussi émouvant,

aussi inspiré que dans ce tableau d’un règne

qui faillit défaire la France. Ce qui n’exclut

ni l’érudition ni la précision. Un grand livre.

J. L. _____

320 pages, 21,50 €. Ed. Pygmalion.

Robert C. DAVIS

ESCLAVES CHRÉTIENS,

MAÎTRES MUSULMANS,

L’ESCLAVAGE BLANC

EN MÉDITERRANÉE

Sous le titre « Et si l’on parlait des esclaves

blancs ? », RIVAROL avait été l’un des premiers en France à évoquer, dès le 11 mars

2005, les travaux de l’historien états-unien

Robert C. Davis, auteur d’un ouvrage sur

la traite des Blancs du XVIe au XIXe siècle

après enlèvement d’Européens (principalement italiens : 7 000 Napolitains pour la

seule année 1544) par des pirates musulmans d’Afrique du Nord. René Blanc écrivait ainsi : « Davis évalue leur nombre de

1 million à 1 250 000 entre 1530 et 1780,

et précise qu’au XVIIe siècle, il y avait

annuellement plus d’esclaves blancs razziés

que d’Africains déportés aux Amériques ». L’ouvrage fondamental de Robert

C. Davis est désormais accessible aux lecteurs français. Jacques Chirac ne pourra

donc plus feindre d’ignorer qu’au cours de

l’Histoire, plus d’un million d’Européens

furent eux aussi réduits en esclavage après

avoir été enlevés non seulement sur « la

mer de la peur » qu’était devenue la Méditerranée après les conquêtes islamiques,

mais jusqu’à la Manche et à la mer d’Irlande, les pirates partis du port marocain

de Safi montrant une audace folle. C’est

ainsi d’ailleurs qu’une fille de diplomate

écossais et la cousine de Joséphine de Beauharnais, enlevées, se retrouvèrent vendues

sur des marchés nord-africains, achetées

par des eunuques turcs, et envoyées au

sérail de Stamboul où elles finirent sultanes

“Validés”.

Mais il s’agissait là de privilégiées, le taux

de mortalité étant généralement de 15 %

parmi les esclaves blancs.

Ajoutons d’ailleurs que l’abolition de l’esclavage voici plus d’un siècle et demi par la

totalité des pays de l’Occident chrétien n’a

pas pour autant sonné le glas de cette pratique. Selon l’ONG anglaise Anti-Slavery

International, on compte actuellement

27 millions d’esclaves dans le monde,

presque exclusivement en Afrique et en

Asie. Ce qui est sans importance pour le

lobby noir et ses complices pour lesquels,

comme l’écrivait encore René Blanc, « seule

compte la vision mythifiée d’un esclavagisme

européen qui leur sert de fonds de commerce

idéologique et permet d’entretenir ce dolorisme indispensable à l’expansion de l’imposture multiraciale ».

J. L. _____

308 pages, 22 €. Ed. Jacqueline Chambon.

Jean CLAIR

JOURNAL ATRABILAIRE

Ecrivain, grand connaisseur des arts,

organisateur d’expositions dont récemment

l’excellente Mélancolie, Jean Clair est un

esprit indépendant, chose rare. Et qui a son

franc-parler. Il faut lire ce «journal», suite

de remarques sur les sujets les plus divers.

On n’est évidemment pas obligé d’être toujours de son avis. Mais comment ne pas

applaudir ceci sur les tags : « Les graffiti, je

m’en aperçois aujourd’hui, sont les camouflages de notre époque. Ce sont les déguisements d’une guerre qui ne veut pas dire son

nom et dont l’ennemi à abattre, en vérité,

c’est nous. »

Voyez aussi ce qu’il dit de l’euthanasie, qui

devient peu à peu officielle, ou sur les

musées, devenus des cénotaphes, des tombeaux vides, si on préfère. Tout le livre est

écrit dans une langue ferme et dense.

G. Ly. _____

226 pages, 16,5 €. Ed.Gallimard.

Figures de proue, radicalement

contraires, de l’ultime rubrique ciné de la

saison, les prolos paumés de La raison du

plus faible et les flibustiers déjantés de

Pirates des Caraïbes : le secret du coffre

maudit.

Le cinéma belge d’expression française

ne se limite pas aux Dardenne et à Benoît

Poelvoorde. Il faut compter aussi sur le

quatrième mousquetaire de la bande :

Lucas Belvaux dont le 6e long métrage, La

raison du plus faible, présenté cette année

à Cannes, nous rappelle fort opportunément que l’auteur de la remarquable trilogie de 2001 (Un couple épatant, Cavale, Après la vie) est un des jeunes cinéastes

européens les plus attachants. Ce titre

détourné de La Fontaine recouvre une

fable sociale corrosive en forme de film

noir dans laquelle la comédie côtoie allégrement le drame.

Dans la première partie, on se croirait

d’ailleurs dans une version wallonne des

films engagés de Ken Loach et des comédies italiennes de la grande époque en particulier Le Pigeon. Comme dans le chefd’œuvre de Monicelli, l’histoire inspirée

lointainement d’un fait divers authentique

tourne autour de quelques laissés-pourcompte aux conditions d’existence précaire, réduits à des extrémités illégales

pour pouvoir survivre, tout simplement.

Belvaux brosse un portrait de groupe aussi

truculent qu’émouvant dans un paysage

dévasté par la crise économique. Le film

commence d’ailleurs avec une fermeture

d’usine délocalisée laissant nombre d’ouvriers sur le carreau. En deux ou trois

plans saisissants, le réalisateur ancre son

film dans la réalité sociale déprimante de

Liège en proie aux effets pervers de la

mondialisation. Jean-Pierre, paraplégique, et son copain Robert, deux anciens

métallos au chômage et au cœur d’or, ont

perdu leurs illusions sur leurs chances de

s’en tirer mais pas le sens de la dignité et

de la solidarité. Pour venir en aide à

Carole et Patrick, un couple ami qui n’a

pas les moyens de se payer une mobylette,

ils mettent au point avec Marc, un troisième pied nickelé, petit délinquant qui

vient de purger une peine de prison, un

braquage chez un ferrailleur plein aux as,

celui-là même qui démantèle les usines.

Les éléments purement polar de l’intrigue

sont classiques mais bien exploités par

Belvaux avec ce qu’il faut de suspens,

d’action et de tension, et un étonnant dernier quart d’heure, mais ils restent

constamment à l’arrière-plan d’une comédie humaine chaleureuse, peuplée de très

sympathiques “misérables”, interprétés

par une équipe de comédiens belges et

français en parfaite osmose avec leur metteur en scène.

Succès planétaire surprise de l’été 2003,

Pirates des Caraïbes ne pouvait rester

longtemps sans descendance. C’est chose

faite, et bien faite même, avec le second

volet Le Secret du coffre maudit (sortie

le 2 août) qui est lui aussi

très bien monté à l’abordage des salles obscures,

pulvérisant même les

records de Star wars — La

Revanche du Sith aux USA

(plus de 258 millions de

dollars de recettes en seulement 10

jours !) Le bon peuple outre-Atlantique

n’a pas écouté, et il a eu raison, les critiques grincheux qui ont cherché des poux

dans la tête au film bariolé du talentueux

Gore Verbinski. Celui-ci a repris les

mêmes derrière et devant les caméras —

on ne change pas une équipe qui gagne,

air connu — pour de nouvelles aventures

encore plus extravagantes dans le monde

merveilleux des pirates revu et corrigé

par oncle Disney. Les scénaristes Ted

Elliott et Terry Rosso ont encore poussé

plus loin les codes du film de cape et

d’épée maritime dans les eaux territoriales du fantastique et du légendaire.

Jack Sparrow, l’excentrique pirate campé

par un Johnny Depp outrageusement

maquillé qui en fait des tonnes pour notre

plus grand plaisir, a retrouvé son cher

navire le Black Pearl, mais pas sa tranquillité d’esprit. Ayant signé un pacte voici

treize ans avec le diabolique Davey Jones,

le maître des sept mers au faciès tentaculaire, il risque de perdre son âme dans

l’enfer de la damnation éternelle. Pour

éviter ce sort funeste, il doit mettre la main

sur le coffre où sont enfermées les âmes

récoltées par le Méphisto des Caraïbes.

Ses jeunes amis anglais, Will et Elisabeth

(Orlando Bloom et Keira Knightley), sont

bien sûr aussi de la fête. Et aussi des cannibales “premiers”, un monstre marin

géant, le Kraken, des zombies et toute une

flopée de pirates aux mines patibulaires

ivres de rhum et de massacres.

Cocktail fortement épicé d’aventures

spectaculaires, d’humour, d’action et de

romance, Pirates des Caraïbes : le secret

du coffre maudit est certes trop long

(2h25) et parfois too much dans la bouffonnerie et le délire, mais ne nous plaignons pas que la mariée soit trop belle. On

passe un moment vraiment euphorisant en

compagnie de Johnny Depp et Cie. Par les

temps qui courent, ce n’est pas à dédaigner. Le film idéal pour les vacances !

Patrick LAURENT.

“Cassés” liégeois et bouteilles de rhum

PEINTURE ET TRADITION :

UNE EXPO EN BRETAGNE

Dans la plus pure tradition du Bleun Brug (Fleur de Bruyère), le mouvement culturel fondé par l’abbé Perrot en 1905, les Dominicaines

enseignantes de Kernabat (en Plouisy, près de Guingamp) présentent

cet été (tous les jours du 15 août au 3 septembre, 11 h à 18 h) les

œuvres de deux disciples de l’abbé : Yves Floc’h (1906-1990), un des

meilleurs impressionnistes de la Bretagne des années 1930-1980, et

Ronan Caouissin (1914-1986), qui ne fut pas seulement journaliste et cinéaste, mais sculpteur-céramiste à la fin de sa vie.

Et donc, selon la coutume du Bleun Brug, cette manifestation artistique débutera par une

messe d’action de grâces (rite de St Pie V), le lundi 14 août à 17 h, suivie d’une bénédiction

de l’exposition et d’un apéritif. Aux œuvres d’Yves Floc’h et de Ronan Caouissin seront

jointes quelques œuvres de Marguerite Floc’h-Villard, veuve d’Yves

Floc’h, à thèmes religieux ; l’une

d’elles, La chapelle Notre-Dame de Châteaulin, sera d’ailleurs vendue aux

enchères le 3 septembre à 15 h au profit de l’Association Renaissance de

Kernabat grâce à laquelle on restaure

le manoir où est installée l’école primaire et secondaire tenue par les

Dominicaines.

On peut prendre un premier contact

avec l’œuvre d’Yves Floc’h sur un site

internet (<www.yvesfloch.org>). Ci-dessus le portrait de son père et ci-contre

une vue de la chapelle de Traon à

l’encre de Chine.

J.-G. KERLEAU.

Cinéma

CETTE chronique, la dernière avant la

rentrée, mêlera sans vergogne les

genres. Peut-être suggèrera-t-elle à

mes lecteurs quelques titres à se procurer

pour la transhumance estivale. Laquelle ne

saurait négliger ni le délassement ni la stimulation de l’esprit.

Voilà pourquoi je commencerai par recommander Les perles et les cochons (1) qui

relève à la fois des deux vertus précitées.

Jean Dutourd y prend les fables et les

légendes, de préférence celles qui ont fait

leurs preuves au fil des âges. Il les pend par

les pattes, les retourne comme jadis les fermiers le lapin qu’ils voulaient dépouiller.

Ainsi troussées, elles changent d’aspect jusqu’à prendre une signification nouvelle.

Sans pour autant cesser — là réside le talent

matois de l’auteur — d’illustrer le bon sens,

autant dire un pessimisme lucide qui n’est

pas celui de leur auteur d’origine, Esope ou

La Fontaine.

Il leur fait dire tout et son contraire avec la

même apparence de raison. Ainsi du Lion et

le rat avec son dénouement digne du Perrichon de Labiche. Ainsi de son Sisyphe qui

ne doit rien à celui de Camus, de son Faust

ou de son Pygmalion. Son héron expérimenté, loin de faire le délicat, se rassasie jusqu’à la nausée de vulgaires limaces par

crainte de manquer de poisson.

Chez Jean Dutourd, tout est détourné,

inversé. La cigale et la fourmi échangent

leurs rôles sans qu’en pâtisse la vraisemblance. C’est, nous dit-il, que nous avons

d’autres raisons que nos ancêtres de nous

montrer pessimistes.

En un temps où la rivière « a été nationalisée par le glorieux peuple des moutons qui

s’est libéré de l’esclavagisme et qui marche

avec confiance vers des lendemains qui

bêlent », où la peur des loups est remplacée

par la fierté d’être devenus leurs égaux, on

conçoit que la moralité tirée par La Fontaine

soit frappée d’obsolescence. C’est dire tout

le profit que l’on tirera de ce divertissement

plus profond qu’il n’en a l’air.

Les amateurs de romans, de vrais romans

qui vont, eux aussi, au-delà des apparences

et dont les vibrations pénètrent jusqu’au plus

subtil de l’esprit et de l’âme, ne manqueront

pas le très beau livre de Bernard Rio, Vagabond de la belle étoile (2).

Inspiré par l’engouement récent des pèlerins qui affluent, de l’Europe entière, vers

Compostelle, c’est le récit de la redécouverte

du monde extérieur et, en même temps, celui

d’un voyage intérieur. Un itinéraire initiatique qui prend à rebours toutes les conventions (son héros, Diego Castelao Valera,

tourne le dos à Saint-Jacques pour emprunter les chemins qui mènent vers le nordouest), jalonné de rencontres symboliques

avec des personnages qui « s’adonnent aux

plaisirs de la conversation et aux brumes de

la légende ». Une réappropriation de l’univers qui met en œuvre non la seule logique,

mais l’usage de tous les sens.

Ainsi apparaissent les liens qui, par-delà les

relations de cause à effet, se tissent entre le

visible et l’invisible. Tel est le sens de tout

vrai pèlerinage — voire de toute déambulation : recréer la relation entre l’homme et les

mondes qui se juxtaposent ou se superposent,

relation que nous avons perdue à force d’accepter l’asservissement à une civilisation qui

réduit en esclavage les corps aussi bien que

les âmes. Le roman de Bernard Rio, allègre,

insolent, inattendu, est un hymne à la liberté.

La nouvelle semble connaître chez nous

un regain de faveur. Pour les connaisseurs,

voici d’abord, de Jean-Claude Renoux,

Baby King (3) qui séduira les amateurs

d’humour plus ou moins noir et les férus

de blues, cette forme musicale typiquement noire elle aussi, née au début du

siècle dernier. Les

Américains la nommaient « musique

du diable » par

opposition au negrospiritual religieux.

Ces courts textes et poèmes incisifs, enlevés, tournent donc autour de la passion pour

le blues et de son incidence sur la vie de gens

ordinaires. Ceux-ci, croqués par un auteur

volontiers malicieux mais aussi plein de tendresse pour ses personnages, composent une

galerie de portraits pittoresques.

Autre recueil, d’un genre fort différent,

l’anthologie intitulée Nouvelles et textes

littéraires français (4) que proposent les

Editions de la Reconquête, désormais établies au Paraguay. On y trouve, de Barbey

d’Aurevilly à Villon, des écrivains de tous

les styles et de tous les siècles, prosateurs

et poètes, connus ou moins connus, auteurs

de témoignages ou d’œuvres de fiction,

dont la caractéristique commune est d’aimer notre langue et de la servir avec talent.

La trentaine d’extraits fort hétérogènes

donnera à certains l’envie d’aller plus

avant dans la découverte d’une œuvre ou

d’un auteur. Tel est le but de l’ouvrage que

ses concepteurs, constatant la désaffection

actuelle pour la lecture, ont voulu aussi

attrayant que possible.

On les louera d’avoir su choisir avec

talent leur “échantillonnage”. Ils évitent les

poncifs, les textes trop connus et réhabilitent des écrivains peu pratiqués de nos

jours, tels saint François de Sales, Schwob,

Joinville ou Habrekorn. Une promenade

salubre qui réserve, comme il se doit, des

plaisirs et des surprises.

A signaler aussi, aux mêmes éditions, le

récit par Robert Brasillach en collaboration

avec Henri Massis de l’un des épisodes les

plus emblématiques de la guerre d’Espagne, le siège de l’Alcazar de Tolède (voir

ci-contre). Illustré de nombreux documents

iconographiques, Les Cadets de l’Alcazar (5) relate par le menu l’héroïque résisTrop souvent prétexte aujourd’hui à

“s’éclater”, les vacances peuvent être aussi

propices à la réflexion et à l’approfondissement de questions, comme celle que pose

l’abbé Claude Barthe dans son nouveau livre

Trouvera-t-Il encore la foi sur la terre ? (1)

Le procès de Vatican II, maintes fois instruit

sous divers éclairages avec des attendus largement négatifs, prend sous la plume de

l’abbé une tonalité singulière à raison des

jalons qu’il repère — comme bien

d’autres — dans un passé très antérieur,

mais interprète et commente à sa manière,

originale et nuancée.

Au contraire de tous les conciles depuis

Nicée, celui-là s’est voulu, selon la volonté

de Jean XXIII,« seulement pastoral » sans

« autorité dogmatique », éminemment “atypique” en ce qu’il se proposait non pas de

délivrer une « explicitation vivante » du

dépôt intangible de la foi transmise par les

apôtres, mais d’étudier les moyens idoines

pour baptiser le monde moderne. “Nonconcile” en quelque sorte puisque sa résultante fut une altération profonde des vérités

à croire, mais dont les effets considérables

chez les fidèles ont bouleversé de fond en

comble la perception du salut.

L’auteur fait un rigoureux historique des

évolutions du magistère de l’Eglise au cours

des XIXe et XXe siècles et des mouvements

de pensée nés dans l’entre-deux guerres en

même temps qu’un cartel de théologiens

novateurs et retors enragés d’aggiornamento — H. de Lubac, von Balthasar,

Congar, Chenu, etc. qui préparèrent habilement l’“esprit” de Vatican II. Qu’entérina

Paul VI, indécis et phagocyté par son aile

gauche en proie à la frénésie œcuménique et

encline à baptiser le communisme athée et à

pactiser sans mesure avec les réformés de

tout poil. Ces derniers bénéficiant d’ailleurs

de l’attention compréhensive… d’un certain

Joseph Ratzinger qui ne broncha pas sur la

constitution Dei verbum, « expression la

plus importante et la plus décisive » (selon

Lubac) du pseudo-concile. La nouvelle

messe, exact reflet de la nouvelle théologie,

s’articule d’elle-même autour d’un contenu

doctrinal vidé de sa substance.

Resté fidèle à la liturgie tridentine, l’abbé

Barthe appelle de tous ses vœux la « délégitimation progressive » de Vatican II,

laquelle, ébauchée doucement durant les

deux dernières décennies, devrait prendre de

la vitesse sous l’égide de Benoît XVI.

Acceptons-en l’augure.

On lira avec autant d’intérêt le Dictionnaire des reliques de la Passion (2) où

Daniel Raffard de Brienne, spécialiste du

Saint Suaire de Turin dont il a en quelque

sorte « fait le tour » dans nombre d’ouvrages et articles prouvant la malhonnêteté des experts scientifiques — les travaux du CIELT font ici l’objet d’un

condensé éclairant —, étudie par ordre

alphabétique d’innombrables reliques,

authentiques ou supposées telles, qui ont

couru le monde dans les siècles de foi, la

légende enjolivant souvent des traditions

avérées. D’Akbar au Voile (conservé à

St-Pierre de Rome) dit de Véronique —

dont certains prétendent qu’elle fut inhumée à Bordeaux en 70… quand les

visions de Catherine Emmerich la font

mourir à Jérusalem —,

des bribes de vêtements,

des clous de la Crucifixion, des fragments de

la Croix ou de la Couronne d’épines, et le

suaire de Cadouin, la tunique d’Argenteuil, etc. ont chacun une histoire que

l’auteur commente avec pertinence.

En V, nous avons inévitablement Vinci, fâcheusement à la mode ces temps-ci :

Lynn Picknett lui attribue le Témoignage

de la Résurrection, repris d’une médiocre

peinture fabriquée à Lirey, l’énigme du

négatif de Secondo Pia étant résolue du

fait que Léonard était gaucher… et

homosexuel !

Une bibliographie du Linceul de Turin, à

dessein non exhaustive, et un précieux index

des personnes et des lieux cités complètent

cette intéressante étude.

Marie-Gabrielle DECOSSAS. _____

(1) Ed. François-Xavier de Guibert. 214 pages,

19 €. (2) Editions de Paris (13 rue Saint-Honoré, 78000

Versailles). 198 pages, 24 €.

tance de ces hommes qui subirent,

soixante-douze jours durant, le feu des

obus dans une forteresse en ruines et qui,

grâce à leur foi et à leur héroïsme, tinrent

bon jusqu’à la libération de leur ville.

Eût-il inspiré un réalisateur, il aurait

sûrement trouvé place dans le recueil collectif Le Cinéma et la guerre (6), sous la

direction de Philippe d’Hugues et

d’Hervé Coutau-Bégarie. Les auteurs y

analysent le traitement réservé par le septième art à la guerre, depuis l’antiquité

jusqu’à l’actuel conflit en Irak en passant

par les guerres napoléoniennes et celles

du XXe siècle. Une enquête conduite par

la Commission Française d’Histoire Militaire et confiée à une douzaine de spécialistes, historiens, critiques, universitaires.

Elle n’a pas pour objet, comme le précise Philippe d’Hugues dans sa préface,

de « recenser et commenter la totalité de

cette production guerrière qui couvre

aujourd’hui un siècle de cinéma et trente

siècles d’histoire » mais d’en donner un

aperçu général, quitte à en reconnaître les

inévitables lacunes.

Il est vrai que le thème offre aux chercheurs des ressources immenses et que

cet ouvrage leur ouvre la voie. Illustré par

de belles photos tirées de films, il comblera tous les amateurs de cinéma dont

l’imaginaire est peuplé, parfois à leur

insu, d’images issues d’un genre, le film

de guerre, dont le succès — voir Le Jour

le plus long — ne se dément pas, en dépit

de la concurrence de la télévision.

Toujours au rayon “documentaires”, on

recommandera enfin à ceux qui ignoreraient encore, s’il en existe, ce délicieux

écrivain, Jacques Perret, documents et

témoignages (7). Les autres doivent

savoir que ce recueil d’articles pour la

plupart parus dans Reconquête en 2002,

dix ans après sa mort, et, la même année,

dans Action Française 2000, contient des

contributions de ceux qui ont bien connu

le Caporal, comme notre ami Georges

Laffly, et de ceux qui ne l’avaient jamais

rencontré et en gardaient le cuisant

regret, comme notre cher A.D.G.

Abondamment illustré, étoffé d’une biographie et d’une bibliographie, c’est une

excellente introduction à une œuvre que

plusieurs rééditions permettent de découvrir — ou de retrouver — avec un plaisir

toujours intact.

_____

1. Les perles et les cochons. Editions Plon,

218 pages, 14 €.

2. Vagabond de la belle étoile. Editions

L’Age d’Homme, 236 pages, 23 €.

3. Baby King et autres nouvelles noires et

blues. Editions L’Harmattan, 108 pages,

11,50 €.

4. Nouvelles et textes littéraires français.

Editions de la Reconquête (<www.editionsdelareconquete.com> par carte bancaire sécurisée ou par chèque à l’ordre de Serge

de Beketch, 4 place Frantz-Liszt, 75010

Paris), 328 pages, 32 €.

5. Les Cadets de l’Alcazar. Editions de la

Reconquête, même adresse, 123 pages +

copieux documents non-paginés, 32 €.

6. Le Cinéma et la guerre. Editions Economica (45 rue Héricart, 75015 Paris), coll.

« Bibliothèque stratégique », 186 pages,

24 €.

7. Jacques Perret, documents et témoignages. Editions Godefroy de Bouillon, 94

pages, 15 € + 2 € de port.

N° 2774 — 28 JUILLET — 31 AOÛT 2006 — RIVAROL 19

Non-concile et reliques

Vagabondage estival

LE 14 juillet, je vous avais

offert en cadeau laïque et

républicain la chanson

« Zidane y va marquer »,

hymne des supporteurs des Bleus chanté

sur un rythme de zouk. Mais, à l’instigation des frères Emmanuel et Sébastien

Lipszyc, le refrain a été recyclé en

« Zidane, il a tapé » et, sous le titre « Coup

de boule », il pourrait devenir le tube de

l’été. Rapportant ainsi 100 000 euros à ses

promoteurs.

POIVROT, PROC’

ET FRANC-MAC’

Un autre qui a frappé — deux policiers,

dont l’un a été blessé —, c’est le nommé

Philippe Bonnet. Pris de boisson au lendemain de la Fêt. Nat., en l’honneur de

laquelle il avait abusé des libations

citoyennes, il avait fini par effrayer le voisinage de son rupin quartier résidentiel

proche du bois de Vincennes. Appelés, les

flics accueillis à “coup de sabre” se résolurent à neutraliser l’énergumène au flashball, comme une vulgaire racaille.

Banal ? A ceci près que le “sabre” était en

réalité une épée maçonnique. Et que le

dangereux poivrot est de son état… substitut général à la cour d’appel de Paris !

Sans doute n’est-ce pas la première fois

qu’un haut magistrat défraie la chronique

judiciaire. On se souvient de ce juge correctionnel d’Angoulême se déculottant et

se masturbant en pleine audience (comme

le sieur Bonnet, il fut aussitôt placé en

hôpital psychiatrique pour étouffer le scandale). Ou encore de ce procureur bordelais

qui, représentant la France lors d’un

congrès organisé en Allemagne sur

« l’éthique judiciaire », mais oui, vola la

carte de crédit d’un collègue pour s’offrir

quelques gâteries dans un accueillant bordel.

BIENFAITEUR DE

L’HUMANITÉ…

ET DES MOSQUÉES

Pour sa première prestation le 17 juillet

comme remplaçant, « au faciès » (et au

détriment de la “doublure” en titre, le trop

blond Thomas Hugues qui pourrait se

pourvoir aux Prud’hommes), de Patrick

Poivre d’Arvor, le Martiniquais Harry

Roselmack aurait pu raconter aux téléspectateurs cet épisode de haulte graisse, et

combien signifiant.

Il aurait pu également évoquer le cas, tout

aussi édifiant, de Samir Saïd, médecin

tunisien exerçant à Evry, dans l’Essonne,

et mis en examen le 12 juillet pour avoir

depuis 2002 grugé la Sécurité sociale de 2

ou 3 millions d’euros : donnant jusqu’à

147 consultations par jour, il était bien

connu « de la communauté musulmane

pour prescrire arrêts et traitements de

complaisance à des assurés de la France

entière, bénéficiaires de la Couverture

médicale universelle (CMU) », selon les

enquêteurs qui précisent qu’« en contrepartie, il conservait la carte vitale de ses

patients quelques jours et faisait la nuit ou

les jours fériés de fausses consultations »,

évidemment facturées au prix fort à la SS,

40 euros au lieu de 22. Il est vrai que le bon

toubib avait un louable objectif : financer

des mosquées, au Sénégal mais aussi à

Evry dont l’imam s’est d’ailleurs déchaîné

contre les policiers et gendarmes osant s’en

prendre au bienfaiteur de l’humanité souffrante qu’est le docteur Saïd.

ROSELMACK

AFFICHE LA COULEUR

On conviendra qu’entre le fils perdu de

Thémis et le disciple islamo-capitaliste

d’Hippocrate, il y avait du grain à moudre.

Mais l’Antillais de TF1 choisit de retenir

ce soir-là comme seul fait divers la

condamnation d’une coiffeuse de Châteaubriant qui avait évincé une shampouineuse

haïtienne, et qui, poursuivie sur plainte de

la discriminée (poussée aux fesses par

SOS-Racisme), avait expliqué naïvement

à l’audience qu’elle « se sentait mieux avec

des gens de sa couleur » (RIV. du 7 juillet).

Blasphème ! Huguette Rivaud a écopé de

3 000 euros d’amende, dont 1 500 avec

sursis, et elle devra en verser autant à sa

victime, qui répond au charmant prénom

de Clairmise (en plis ?), SOS-Racisme

national et SOS-Racisme Loire-Atlantique

percevant chacune 500 euros de dommages et intérêts.

Après ce premier journal, les media ont

unanimement applaudi le « sans faute » du

nouveau présentateur (qui, après le retour

de PPDA, pourrait présenter

un bulletin d’informations

quotidien à 18 h), louant son

“aisance”, son « élocution

parfaite » et bien sûr sa

« beauté de pharaon », ce qui

est dans la nature des choses

puisque tout Black est par

définition Beautiful, alors

que plus personne ne se

hasarderait à faire rimer

White et Wonderful. On

retiendra surtout son sourire

devant la condamnation de

l’infortunée Bretonne mise

K.-O. par le métis Dominique

Sopo et la Haïtienne Clairmise : c’était celui du chat

venant de bouffer le canari.

DELANOË

DANGER PUBLIC…

No comments:

Post a Comment

اكتب تعليق حول الموضوع

Popular Posts

Popular Posts

Popular Posts

Popular Posts

Translate

Blog Archive

Blog Archive

Featured Post

  ABSTRACT Doxorubicin (Dox) is a highly potent chemotherapy drug. Despite its efficacy, Dox's clinical application is limited due to it...